FEDERATION FRANCAISE DES SOCIETES DE SCIENCES NATURELLES
A B.P. 392 — 75232 PARIS Cedex 05 ,‘ -1
4 E > Association régie par la loi du 1°'juillet 1901, fondée en 1919, reconnue d’utilité publique en 1€ \   '\€·' 1
•~. Membre fondateur de l’UICN — Union Mondiale pour la Nature lé  0 ‘
—7
La FÉDÉRATION FRANCAISE DES SOCIÉTÉS DE SCIENCES NATURELLES a été fondée en 1919 et reconnue
d‘utilité publique par décret du 30 Juin 1926. Elle groupe des Associations qui ont pour but, entièrement ou
partiellement, l‘étude et la diffusion des Sciences de la Nature.
La FÉDÉRATION a pour mission de faire progresser ces sciences, d‘aider à la protection de la Nature, de
développer et de coordonner des activités des Associations fédérées et de permettre l‘expansion scientifique
française dans le domaine des Sciences Naturelles. (Art .1 des statuts).
La FÉDÉRATION édite la « Faune de France >>. Depuis 1921, date de publication du premier titre, 90
volumes sont parus. Cette prestigieuse collection est constituée par des ouvrages de faunistique spécialisés
destinés à identifier des vertébrés, invertébrés et protozoaires, traités par ordre ou par famille que l‘on rencontre en
France ou dans une aire géographique plus vaste (ex. Europe de l’ouest). Ces ouvrages s‘adressent tout autant aux
professionnels qu‘aux amateurs. Ils ont l‘ambition d‘être des ouvrages de référence, rassemblant, notamment pour
les plus récents, l‘essentiel des informations scientifiques disponibles au jour de leur parution.
L’édition de la Faune de France est donc l’œuvre d’une association à but non lucratif animée par une
équipe entièrement bénévole. Les auteurs ne perçoivent aucun droits, ni rétributions. L’essentiel des ressources
financières provient de la vente des ouvrages. N’hésitez pas à aider notre association, consultez notre site
(www.faunedefrance.org), et soutenez nos publications en achetant les ouvrages!
La FÉDÉRATION, à travers son comité Faune de France a décidé de mettre gracieusement, sur Internet, à la
disposition de la communauté naturaliste l‘intégralité du texte d’Eugène L. BOUVIER consacré aux Décapodes
marcheurs publié en 1940. Ce volume est actuellement épuisé et ne sera pas réédité.
Cet ouvrage est sous une licence Creative Commons pour vous permettre légalement de le dupliquer, le
diffuser et de le modifier .....
Montpellier, le 6 avril 2007
le Comité FAUNE DE FRANCE

Creative Commons
®Cf6aiiV9
C 0 hl hl U TC 5+ U I-1 li I)
Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage des Conditions Initiales à
l'Identique 2.0 France
Vous êtes libres :
•de reproduire, distribuer et communiquer cette création au public
•de modifier cette création
Selon les conditions suivantes:
BYE Paternité. Vous devez citer le nom de |'auteur original.
.·—r'
Pas d'Utilisation Commerciale. Vous n'avez pas le droit
.= d'uti|iser cette création à des fins commerciales.
Partage des Conditions Initiales à l'ldentique. Si vous
modifiez, transformez ou adaptez cette création, vous n'avez
le droit de distribuer la création qui en résulte que sous un
·-”' contrat identique à ce|ui—ci.
•A chaque réutilisation ou distribution, vous devez faire apparaître clairement aux
autres les conditions contractuelles de mise à disposition de cette création.
•Chacune de ces conditions peut être levée si vous obtenez |'autorisation du
titulaire des droits.
Ce qui précède n'affecte en rien vos droits en tant qu'utilisateur (exceptions au
droit d'auteur : copies réservées à |'usage privé du copiste, courtes citations,
parodie...)
Ceci est le Résumé Explicatif du Code luridique (la version intégrale du contrat).
Avertissement El
Découvrez comment diffuser votre création en utilisant ce contrat

FÉDÈRATION FRANCAISE DES SOCIÉTÉS DE SCIENCES N ITURELLES
OFFICE CENTRAL DE FAUNISTIQU E
Directeur honoraire : P. de BEAUCHAMP
Directeur : L. CHOPARD
DÉCA PODES MA RCHEURS
rm
E.-L. BOUVIER
maman: ne ¤.'ms1·1T¤1·
I-norzssnun nowonmuz AU Muséum NATIONAL DIHISTOIRE unununmz
(Avec 222 figures et I4 planches)
P A R IS
PAUL LECHEVALIER ET Fxns, I2, nm: DE Tommon (vf)
l940
Collection honorée de subventions de l'AcadémIe des Sciences de Paris
(fondation R. Bonaparte et Loutreull). de la Caisse des Recherches Scientifiques.
du Mlnlstère de l'AgrIculture et du Ministère de l'ÉducatIon nationale.

I’ REF ACE
Dans la vaste classe des Crustacés, les Décapodes Marcheurs occupent
pour nous une place de choix, parce qu'ils offrent un intéressant spec-
tacle aux yeux les moins avertis et des matériaux d’une singulière richesse
aux travailleurs scientifiques. Le présent volume est écrit pour satisfaire
aux besoins de ce double public, surtout du second.
Sans doute existent déjà quantité d’ouvrages analogues, mais les au-
teurs de res ouvrages se sont tous restreints aux espèces d'un étroit do-
maine : BELL (1853) aux Décapodes britanniques, BALSS (1926) et Scmzi.-
LENBERG (1928) à ceux de l’Allemagne, Nomm (1936) aux formes portu-
gaises, HELLER (1863) à celles de l'Europe méridionale, et PEsTA (1918)
aux Décapodes adriatiques. lci, le programme sera beaucoup plus vaste ;
il s’étendra non seulement à toutes les eaux françaises, mais à celles de la
Méditerranée entière avec ses dépendances, et à l’Atlantique oriental
depuis le sud de l’Islande et la Norvège jusqu’aux limites de la Maurita-
nie. En outre, tenant compte des trouvailles réalisées par l’exploration
des profondeurs, il étudiera certaines formes des abysses qui remontent
jusqu’au plateau continental (environ 500 mètres) où se limite vers l’0-
céan, depuis la côte, le champ des espèces qui rentrent dans le cadre envi-
sagé. A vrai dire, pour certaines espèces des profondeurs et pour quelques
autres situées aux limites extrêmes du cadre, ils’agira parfois d’une simple
esquisse caractéristique, et non comme pour les autres d’un examen assez
approfondi ; mais de toute manière, le chercheur ne courra pas les risques
de se trouver en présence de matériaux sur lesquels il aurait la déception
de rester sans lumière.
Afin d’être aussi moderne et complet que possible, l’ouvrage fera une
part convenable aux changements faunistiques introduits dans nos ré-
gions par les activités multiples et toujours croissantes de l’industrie hu-
maine : migrations d’espèces dans les deux sens par le Canal de Suez,
transport de formes exotiques par les bateaux ou par toute autre voie, et
acclimatation de ces formes. Ainsi, dans le domaine qu’il embrasse, l’0u-
vrage sera la mise au point de l’état faunistique à 1’époque et dans le pays
où nous vivons.
Et pour donner aux esprits une trame solide où doivent trouver place
Bouvma 1

2 DÉCAPODES Msrionnuas
et se relier entre eux les types étudiés, l’auteur a cru nécessaire, dans la
partie générale, de mettre en relief les caractères essentiels de l’organi-
sation et du développement, dans la partie spéciale d`insister sur les traits
qui enchaînent les groupes et en jalonnent pour ainsi dire l’évolution.
Depuis près d’un demi-siècle, on est fixé sur l’origine homarienne des
Crabes par Pintermédiaire des Dromiacés ; mais pour savoir que les Homa-
riens conservent la double expansion proépipodiale des Branchiopodes, c’est-
a-dire des Crustacés les plus primitifs, il a fallu reconnaître une pleuro-
brancbie cicatricielle dans l’organe tympaniforme signalé par HUXLEY
(1878) à la base des pattes postérieures de l’Écrevisse. Bien plus, on sa-
vait, depuis BoAs (1880), que les Crabes dromiacés semblent servir de
point de départ à tous les autres Crabes, mais les processus de cette déri-
vation restaient bien mystérieux. On verra plus loin qu’ils s’effectuent
suivant deux voies : d’un côté, par certaines formes abyssales qui ratta-
chent directement aux Dromiacés les Crabes oxystomes ; de l’autre par
un groupe qu’avait proposé DANA (1852), celui des Corystiens, qui doit
s`étendre jusqu`aux Cancer ou Crabes tourteaux, et duquel se sont déta-
chés séparément les Brachyrhynques et les Oxyrhynques. Quant à ces
derniers, par la structure de leurs pédoncules antennaires, ils ont eu pour
point de départ les Maïadés et pour formes terminales les Macropodes.
Ces derniers sont de petits Oxyrhynques ; ils portent de très longues pattes
comme le géant des Crustacés, Jtlacrocheim Kaempfferi, espèce japonaise
qu’0n rangeait pour ce motif dans leur voisinage ; mais la longueur des
appendices est un caractère fallacieux, Mïacrochcira n’est rien autre qu’un
Maîadé gigantesque à longues pattes, plus primitif même que les Jtlaia et
par suite fort étranger aux Macropodcs.
Le volume est illustré de 14 planches et de nombreus`es figures disposées
dans le texte. Les figures des planches sont des reproductions photogra-
phiques fort bien exécutées par M. LE Cnxnnns, soit d’après nature, soit
d’après les ouvrages de divers auteurs, notamment de Henri iMILNE—ED-
WARDS; j’ai eu souvent recours aux superbes dessins que l’illustre zoolo-
giste avait fait exécuter par d’habiles artistes pour les Crustacés du rr Règne
animal ». Quant aux figures du texte, elles sont originales pour la plupart
ou tirées de mémoires que j’avais antérieurement écrits, soit seul, soit en
collaboration avec A. MILNE-Enwanos. J’ai dessiné moi-même au crayon
les figures originales, et toutes les figures de l’ouvrage ont été très fidèle-
ment exécutées à la plume, ainsi que leurs lettres, par M. SÉGUY. C’est un
agréable devoir pour moi de rendre hommage à ce très dévoué collabora-
teur, non seulement pour son travail à la plume, mais pour le soin qu’il a
eu de réunir par groupes les figures du texte et des planches ; la besogne
était délicate ; qu’il reçoive ici l’expression de ma vive et affectueuse gra-
titude.
Il m’est également agréable de remercier les gens de Science qui m’ont
prêté leur concours pour l’exécution de l’ouvrage : le regretté Charles

rmërxcrz 3
GRAVIER et son successeur M. Face qui m`ont accueilli dans leur labora-
toire où l’excellent M. Marc ANDRÉ, sous·directeur, m’a offert son aide
très active, et où j’ai rencontré une obligeante Hollandaise, Mlle J. E.
LEENE, qui m’a procuré d’importants matériaux sur certains Crabes accli-
matés dans son pays. Je suis reconnaissant à M. Nouan, de Porto, qui
offrit au Muséum, en ma faveur, de rares espèces portugaises, à mon con-
frère et ami Charles Pxâmsz pour les renseignements qu’il abien voulu me
donner sur la distribution de certaines formes de nos côtes. Enfin, je dois
une particulière gratitude à MM. Robert DoLLrUs et Théodore Mouoo, du
Laboratoire des Pêches, qui m’ont puissamment aidé par leurs connais-
sances bibliographiques et la communication de volumes plutôt rares.
(let ouvrage vient s’aj0uter à une ample série de travaux que je com-
mengai, il y a plus d’un demi-siècle, sous les auspices de l’éminent Ed-
mond PERMER, dont je garde le pieux souvenir. J’étais alors en Sorbonne
élève de Henri MILNE·EDWARDS et je ne pensais guère devenir dans la
suite un carcinologiste, avec l’honneur d’être associé aux recherches de
son fils, A. MILNE-EDWAHDS. Il me plaît de joindre le souvenir de ces deux
Maîtres à celui d’Edmond PERRIER. J’ai souvent songé à eux en écrivant
cet ouvrage qui m’a remis en contact, après un long écart dans un autre
domaine, avec mes vieux favoris les Crustacés. Issu d’une longue expérience
re volume a été produit en pleine allégresse. Etje dois une profonde gra-
titude au Maitre Suprême de toutes choses qui m’a laissé le temps et les
moyens de le conduire au terme, en dépit des années.
28 février 1939.


			
AVIS AU LECTEUR
En divers points de l’ouvrage, et partout dans les figures, les lettres
se rapportent à des organes ou à des structures qui sont précisément nom-
més dans le tableau situé à la suite de cet avis. Toutefois, à moins d'indî
cations contraires ; car certaines figures proviennent de clichés obligeam· _
ment prêtés à l’auteur (‘),clichés où la notation par lettres est souvent
autre, d’ailleurs indiquée ii l’explication des figures qui en proviennent.
Il ne saurait y avoir méprise sur ce point.
Dans la partie spéciale, le plus souvent on s’est abstenu de relever, aux
descriptions des groupes, genres ou espèces, les caractères exposés aux
tableaux synoptiques où se trouvaient réunis ces groupements et les traits
essentiels qui les distinguent les uns des autres. Ceci pour éviter les répé-
titions et obliger le lecteur à recourir aux tableaux, qui sont des guides
nécessaires dans la détermination.
Enfin on à donné autant que possible, pour chaque espèce, le diamètre
des œufs. (lelui—ci présente à coup sûr des variations notables ; d’autre
part, les mesures qui en ont été faites proviennent presque toutes d’exem·
plaires conservés dans l’aleool où la coque est souvent isolée du vitellus
qui a une taille beaucoup moindre; le diamètre indiqué est celui de la
coque. La méthode n’est pas exempte de critique, néanmoins elle donne
des résultats qui ne seront pas sans intérêt (“).
TABLEAU EXPLICATIF mas LETTRES EMP1.oYÉEs DANS L’0Uvn.xoE.
Morphologie externe.
Corps. —- C carapace, Ab abdomen, r rostre, l telson, le tergite, sl
sternite, cpm épimère, pl pleuron, épi épistome, pi ptérygostome, lb labre,
ml métastome, mp mésophragme, br branchiostégite, e et e‘ sillon cervi-
1. Surtout par la librairie Masson, certains par MM. Armmê: et LAMY, un autre par
M. Monoo ;:`i tous mes remerciements.
2. Le plus souvent les dimensions données sont celles que j`ai relevées moi-même.
Pour certaines, j’ai eu recours ai l’obligeance de mes amis:Ju1es Ricuann, Directeur du
Musée océanographique de Monaco, Edouard CHATTUN, Directeur de la Station zoolo-
gique de Banyuls, et Charles Pùnisz, Directeur de la Station de Roscoff. .\ eux tous,
merci. Mais beaucoup de vides (plus d'un tiers) restent encore à combler.

6 DÉcAPonEs Mimciiauns
cal, c sillon subcervical, a sillon branchial, pc portion céphalique et pl
portion thoracique de la carapace, pg ponctuations gastriques, ld ligne
latérale, la ligne anomourienne, lh ligne homolienne, li ligne thalassi—
nienne, Gm aire mésogastrique, GZ aires gastriques latérales ou protogas—
triques, Gp aire urogastrique, Bra et Brp aires branchiales antérieure et
postérieure, Ca aire cardiaque, In aire intestinale.
Appendices. — prc précoxa, co coxa, ba basis, is ischion, me mérus, ca
carpe, pd propode, da dactyle ou doigt mobile, en endopodite, ex exopo—
dite, ep épipodite, pdb podobranchie, arb arthrobranchie, plb pleurobran-
chie, br branchie rudimentaire, po pédoncule oculaire, al antennule, az
antenne avec les articles 1 (coxa urinaire) et 2 (basis) pour son syrnpodite,
3, 4, 5 et fouet pour l’endopodite, ex pour l’écaille ; md mandibule, mœl
maxillule ou mâchoire antérieure, ma:2 maxille ou mâchoire postérieure.
mœpl, mzrpz, mœpa, maxillipèdes ou pattes·mâchoires 1, 2, 3 ; p‘, p2, p"·, p‘*,
pé, pattes ou péréiopodes 1 a 3, la 1*9 pl d’ordinaire en chélipède, les quatre
suivantes d’ordinaire ambulatoires ; pll, plz, pl°, pl‘, plâ pattes ou pléopodes
des cinq segments abdominaux antérieurs, ur pattes ou uropodes du 68
segment.
Morphologie interne.
O bouche, ce œsophage, cs portion cardiaque de l’estomac, ps portion
pylorique, cœ cœcum, mg intestin moyen, hg intestin postérieur, ld et lg
lobes droit et gauche du foie, a anus, h cœur, oa artère ophthalmique, aa
artère antennaire avec sa branche gastrique, ha artère hépatique, aas
artère abdominale supérieure, sa artère sternale, aai artère ventrale, pé
péricarde, vbc veine brancho-cardiaque, ve canal branchial afférent, ui
canal efférent, sc sinus ventral, gn ganglion nerveux, gnl ganglions céré-
broïdes, gnz masse ganglionnaire postœsophagienne comprenant tous les
centres depuis md jusqu’à mxpt, co collier oesophagien avec sa commissure
transverse postoesophagienne; ag muscle gastrique antérieur, pg muscle
gastrique postérieur, me muscles extenseurs de l’abdomen, mf muscles
fléchisseurs.

PARTIE GENÉRALE
MORPHOLOGIE EXTERNE
La morphologie externe des Crustacés, comme de tous les autres Ar-
thropodes, a pour caractère essentiellement dominateur la présence d’un
squelette externe chitineux sécrété par l’assise de cellules ectodermiques
qui revêt le corps et les appendices. La chitine est une substance cornée,
inattaquable par les alcalis bouillants ; on la considère comme une amine
d’hydrate de carbone [(C“ H" 0*) 1° (0H)* (AzH“)° 8H”O)]. Son existence a
pour résultat : 10 de rendre ordinairement très évidente la métamérisa-
tion ou division du corps en segments, et absolument nécessaire l’articu-
lation des appendices avec le corps, ainsi que la division de ces appendices
en articles mobiles les uns sur les autres ; *20 de provoquer les mues qui
permettent à l’animal de grandir. Les Crustacés doivent leur nom et dif-
fèrent des autres Arthropodes au fait que la chitine s’y trouve plus ou
moins imprégnée de carbonate de chaux; elle est recouverte d’un vernis
amorphe (épicuticule) sécrété par les mêmes cellules ectodermiques.
Régions du corps (Pl. I, fig. 1). —Chez les Crustacés Décapodes, le corps
est divisé en deux parties principales: l’une antérieure appelée céphal0·
lhoram (on verra pourquoi tout à l’heure) qui porte la bouche (entre lb et
ml) ét, d’avant en arrière, les appendices sensoriels, les appendices en
rapport avec la bouche et les 5 paires (d’où le nom de Décapodes) qui
jouent le rôle de pattes dans la locomotion, en tout 14 paires d’appendices ;
l’autre postérieure appelée abdomen (de 15 à l) qui compte six segments
portant d’0rdinaire chacun une paire d’appendices plus réduits et se ter-
mine par un ielson (l) sur la face inférieure duquel s’ouvre l’anus (a). L’ab-
domen avec le telson constituent la queue de l’animal, qui mérite vraiment
ce nom chez les Crevettes, les Ecrevisses, les Langoustes, c'est-à·dire chez
les Décapodes qu’on appelle pour cette raison macroures, tandis que chez
les Crabes elle se transforme en une lame qui se rabat et se cache sous le
céphalothorax élargi, ce qui est un caractère de la disposition bmclzyure.
(Fest dans l’abdomen des Décapodes Macroures que se réalise le plus
nettement la structure segmentaire des Crustacés, aussi convient-il de
commencer, par cette région du corps et par les Macroures, l’examen de la
morphologie externe chez les Crustacés Décapodcs.

V
8 DÉCAPODES MARCHEURS
L’a.bd0men. — Les segments abdominaux des Macroures en général et
de l’Ecrevisse en particulier, sont mobiles les uns sur les autres, tous pro-
tégés par une sorte d’anneau où l’on distingue les régions tégumentaires
suivantes (fig. 1) : un lergiie dorsal (Ze), émettant de chaque côté une expan—
sion pleurale ou pleuron (pl), un stemile (sl) ventral à chaque bout duquel
s’articule un appendice ; enfin l’épimère(epm) compris entre ce dernier et
la naissance du pleuron correspondant.
Chez les Macroures, l’abdomen joue un rôle important dans les dépla-
cements du corps et à cet effet contient une musculature puissante qui
lui donne une grande épaisseur ; généralement comprimé sur les flancs
chez les Crevettes et autres formes nageuses, il est plus large et dorsale-
AES
THE
  bg mf
 ` ‘ /”¢  
te ‘l,|l;·f Mia, l }'illn« ·_
/l l Nl "ll l`il|lli1l"l f
\Ã\\flll"*l lllhl ‘.l U: |;¤· 4,
  i Wi, oi,) lmmnl â
,,1 .%@«@@É
‘ / ` .8 ~  
hs   7 z
EPM /er1 sa co
EX
Fm. 1. —· Astacus astacus : coupe transversale dans un segment moyen de 1’abdomen
(d’après PIUXLEY, 1890}.
ment arrondi chez l’Écrevisse, les Homards et les autres Macroures mar-
cheurs. Chez les Brachyures, au contraire, il cesse de jouer un rôle actif
dans les mouvements, perd en grande partie sa musculature et son carac~
tère de prolongement caudal ; suivant l’exagération en volume du cépha—
lothorax, il se rabat et s’applique étroitement sous ce dernier et devient
une grande lame où les pleurons se trouvent sur le même plan que les ter—
gites (Pl. XIV, fig. 2) ; plutôt étroit et triangulaire chez le mâle, fort élargi
et ovalaire chez la femelle où il constitue le plancher d’une chambre à
oeufs dont le plafond est représenté par la face sternale du céphalothorax.
Entre ces deux cas extrêmes il convient de signaler des. formes ano-
moures telles que les Pagurides où l’abdomen reste caudiforme, mais de-
vient mou et d’0rdinaire asymétrique (Pl. IV, fig.3) parce qu’il s’abrite,
le plus souvent, à l’intérieur des coquilles hélicoîdes ; telles aussi que les
Galathéides où l’ahdomen reste apparent mais se recourbe sur lui-même,
disposition qui s’exagère chez les Hippides où se manifeste déjà le carac-
tère des Brachyures.

r.~rn·r11~; oÉNÈnALE 9
LB Céphalothorax.-Autrement complexe, quoique plus simple en appa-
rence, est la structure du céphalothorax. Cette région du corps est pro-
` tégée sur le dos et les flancs (fig.2) par un vaste bouclier, la carapace (Pl. I,
fig. 1, de r à XIV) qui se termine en avant par un rostre (r) saillant en
triangle au·dessus des yeux chez beaucoup de Macroures et de Brachyures,
parfois nul ou presque chez les Pagurides et un grand nombre de Crabes.
Bien que continue et d’une seule pièce, la carapace correspond en réalité
aux 14 segments antérieurs, chacun d’eux extériorisé par une paire d’ap— _
te h Pé me I. ~
 
N   san
É à b
ees W É? Ã T
  \  vbc
bg     ab
    plb
mf ,•   `  
mp · " É 'É
¤:¤··· __  __ _... ..· 
Q  ··'·. · -%..4*.5  /  
,.·· · "   T °°
x` St  
' aai   ba
Fm. 2. ——- Astacus ustacus : coupe transversale schématique dans la portion posté-
rieure du thorax montrant la position relative des téguments et des organes, les bran-
chies (plb, arb, pdb) et la direction du sang dans leurs sinus sanguins jusqu’au cmur
(h) dont le bulbe postérieur émet Partère abdominale supérieure (son point. de départ
uas) et l‘artère sternale (sa).
pendices. Chez la plupart des Crustacés primitifs du groupe des Branchio-
podes (Branchipes, Apus, etc.), les segments des appendices des 6 premières
paires (yeux, antennules, antennes, mandibules, maxillules, maxilles)
sont fusionnés en une tête nettement distincte, de sorte qu'il convient d’ap-
peler céphaliquc (fig. 4 et 28, pc) la partie antérieure du corps qui corres-
pond à ces appendices, chez tous les Crustacés et particulièrement chez
les Décapodes. Quant à la partie correspondant aux appendices des 8
paires suivantes, elle est dite thoracique (pi) car elle correspond au thorax,
si bien que la carapace entière des Crustacés Décapodes mérite le nom
qu’on lui donne de partie dorsale du céphalolhorax. Au cours du dévelop-
pCIHBl'll», la ('HTHPHCG S8 pI`éS€Ilt,G COITIHIG UDC simple expansion l»CI`g3l8 et

IU DÈCAPODES ixmacununs
pleurale de trois ou quatre segments antérieurs du corps, elle s’étend en-
suite sur les segments suivants, d’ordinaire se fusionnant avec leur partie
tergale (fig. 2, le)comme c’est le cas chez les Décapodes, parfois restant libre
au-dessus des trois ou quatre derniers segments thoraciques comme on
l’observe dans l’ordre voisin des Schizopodes (ltlysis).
Aux tergites confondus dans la carapace correspondent les sternites
ventraux. Ils sont en même nombre que les appendices céphalothora-
ciques, mais d’ordinaire soudés entre eux, sauf le premier ou sternite oph-
thalmique qui est le plus souvent libre et très réduit ; dans l’Écrevisse,
les Thalassinidés et les Décapodes Anomoures, le dernier ou sternite des
pattes postérieures est toujours libre et mobile sur les précédents. Il en
est de même des sternites prébuccaux de l’Écrevisse (Pl. l, fig. 2), c’est—à-
dire ceux des pédoncules oculaires, des antennules et des antennes, alors
que chez beaucoup de Décapodes ils sont soudés entre eux ; chez tous les
Décapodes d’ailleurs fait suite le vaste sternite mandibulaire que traverse
l’orifice buccal. Le sternite des antennules (II) est d’ordinaire fort étroit,
mais celui des antennes (III) est large, constituant avec la partie anté-
tieure du sternite mandibulaire ce qu’on nomme épisfome, auquel fait
suite en arrière, au bord antérieur de la bouche, une grande languette
membraneuse, le labre (lb) qui, chez l’Écrevisse, est soutenu par trois
paires successives de pièces transverses solides. Chez l’Écrevisse, le même
sternite s’élargit beaucoup et se prolonge en arrière de I’orifice buccal,
par une paire de lobes saillants opposés au labre, le mélasiome (mf). Les
sternites postbuccaux, d’abord fort étroits, s’élargissent progressivement,
surtout ceux des pattes pénultièmes qui prennent la forme de triangles
relevés sur les bords et a base postérieure échancrée ; quant au sternite
(XIV) de la dernière patte, qui est ici complètement libre, il affecte au
milieu la forme d’une baguette transversale. Les sternites servent de base
articulaire aux appendices, et pour cela, leur partie médiane apparente
émet en avant et en arrière de chaque appendice deux trabécules, l’un
antérieur, l’autre postérieur, qui se fusionnent en dehors, délimitant un
vaste orifice ou passent les muscles et où se fait Varticulation. — Entre
deux sternites (si) successifs s’élève dans l’intérieur du céphalothorax un
repli chitineux ou apodème dans lequel on peut distinguer deux parties
(fig. 3), l’une en pilier interne pair (pi) s’élevant verticalement sur la partie
médiane du sternite, l’autre externe et supérieure (pe). Celle-ci se divise
en deux branches horizontales, l’une qui se joint au pilier interne, l’autre
qui se dirige obliquement en avant pour rejoindre le pilier du segment
qui précède ; cette dernière semble diviser en deux la cavité articulaire
de l’appendice. Quant aux deux piliers internes qui s’élèvent sur la partie
médiane d’un sternite, ils se dilatent à leur partie supérieure délimitant
avec cette partie une sorte de pont (mp) et un sinus (sc) dans lequel passent
l chaîne nerveuse et les artères ventrales. Tout cet ensemble d’apodèmes
(Pl. I, fig. 2), bien figuré par HUXLEY, constitue en apparence un squelette

marin GÉNÉRALE ll
interne, alors qu’il s'agit seulement de replis tégumentaires qui sont reje-·
tés à chaque mue avec la chitine du corps.
(Test l’article mobile situé à la base de l’appendice qui s’articule avec
le sternite correspondant ;mais ledit article, ou coœal, n’est pas le premier
comme on le verra plus loin (fig. 29), il est précédé par un article pré-
comal (prc) lequel, chez l’Écrevisse, reste libre aux pattes de la dernière
paire et, partout ailleurs, se soude avec les épimères pour former avec
eux les flancs du corps dans la région où sont abritées les branchies. Cette-
région est protégée (fig. 2) par les pleurons fusionnés des tergites postbuc-
J  /epm.
  A  t
pe   l i?   Q I f'  ‘ \ 
  ` \  .  
I 1 ` / //4
. (   . %'/
 N g \“u.,.     4,.   / CO
 \ st ‘^ ‘   t
/r$
Fic. 3. — Astarus ustacus : un sternite thoracique et ses apodèmes en relation avec
les épimères (cpm) correspondants : epi apodème interne ; pe apodème externe ; sc
canal sternal (d‘après IIUXLEY, 18z<U).
caux, constituant à droite et à gauche sur les côtés de la carapace un
volet convexe et immobile qui se termine par un bord libre à la base
des appendices. Ce volet (fig. 2) porte le nom de branchioslégile (br) ; il
protège non seulement les branchies, mais les parois subverticales du
corps situées entre son attache supérieure et l’article coxal(c0) ;si bien que
ces parois comprennent deux parties : une inférieure (article précoxal)
de nature appendiculaire, l’autre supérieure bien plus étendue et de na-
ture franchement épimérale (voir fig. 28 et 29).
Cette structure du oéphalothorax reste essentiellement la même dans
toute l’étendue de l’ordre, mais avec des modifications secondaires en
rapport surtout avec l’évolution du type macroure au type brachyure.
(lhez l’Écrevisse et chez les Décapodes Anomoures nous avons vu que les
pattes de la dernière paire et leur sternite gardent une complète indépen-
dance; chez eux le bord inférieur de la carapace reste libre sur toute
sa longueur comme aussi chez les Homariens ; mais chez ces derniers le
sternite de la dernière paire est soudé aux précédents, de même que chez

12 DÉCAPODES Mixncnnuns
les Palinuridés et presque tous les Crabes : bien plus, dans ces deux grou-
pes, le bord antéro-inférieur de la carapace ou plérygoslome est soude
avec les sternites prébuccaux. Dans ces deux groupes aussi, les stermtes
postbuccaux s’élargissent d’avant en arrière, surtout chez les Crabes ou ce
développement coïncide avec le grand élargissement de la carapace.
Sillons, lignes el régions de la carapace (fig. 4 à 14). -— Des sillons et
certaines lignes séparent sur la ca-
PC Pt rapace des régions différentes ; ces
r—··^‘¤ r—’“î régions avaient frappé H. llrlILNE·
2 jé, C/rf,   EDWl\HDS qui en fit une première
I I_ rf _.·’,·*a sa esquisse (1834), mais c’est BoAs
(kb     É (1880) qui en donna la meilleure
" ‘'‘’     _.·’ étude comparative, étude à laquelle
il   ~ r ' 4 j’ai ajouté un complément de quel-
que importance (1897 a).
· Chez les Marcheurs normaux les
sillons se présentent sous leur forme
la plus typique dans le groupe ho-
marien, notamment chez le Ne-
"·——·<.§ Ci _ ··»» ""è—'1L phrops et bien mieux encore chez
a "*?L_,·,_ 6, "Q les Balina, fossiles dont on trouve
"¤,x—-'€   les restes dans les dépôts du Lias et
. ?"*=«·».»¢ . .
· _ . bf 5 du Jurassique. Dans le Balma ven-
·   lrosa MEYER (fig. 4), la carapace
est transversalement coupée sur le
dos par deux sillons profonds: l’un
Pt antérieur e,é correspondant sans
«——-—-— CPC doute au milieu de l’estomac, le
î-î;—«î\ ___ second c qui devait, plus en arriére,
f i ff   toucher ’ l ' ` d · l
,«/ 1 · . .1 a region u cœur , e
  B J 6 premier se continue sur chaque
b\ la flanc par un sillon e et celui-ci à son
\\ · ·
tour par un sillon b recourbe en
FIG. 4 il 6.-- CHPHPHCB (18 Côté HVEC Qlàb si]- avant Où   I-(zjûignalt le bord libre
lons ; c subcervical, pc partie céphalique
G6 la carapace, pt partie thoracique ; (lë la •'3I`3p3C6 E\ll—d€SSOUS des 2111-
É. feline ventrosa, 5. Nephrops nofvegicus, œnncs ; le Second S6 rattache à l»O_
.i slacusastacus(B0Uv1En, 1Z~91 a). _ _ d b _H b bl
r1g1ne e par un si on cour e
lequel, à sa naissance, se continue
par un sillon a sur le haut de la région branchiale. Dans le Nephrops (fig.  
on retrouve une disposition analogue, mais le sillon é est beaucoup moins
développé, d’0rdinaire incomplet du côté dorsal; dans l’Écrevisse (fig. 6),
la réduction est encore plus grande mais c, bl, b sont forts, continus, for-
mant ce que l`l]LNE·—ED\VARDS et la plupart des auteurs appellent sillon

marin GÉNÉRALE 13
cervical. Cette dernière dénomination m’a paru fâcheuse, car on a juste-
ment appelé cervical un sillon qui, chez les Syncarides du genre Anaspi-
des (fig. 8), chez les Schizopodes du groupe des Mysis (fig. 7), est aussi
accentué que le sillon é des Bolina, qui paraît bien lui correspondre et
qui, par sa position antérieure, mérite largement le nom de sillon cerviral
qu’on lui attribue ici, de sorte que le sillon cervical de MILNETEDWARDS,
est appelé par certains auteurs sillon subcervical, dénomination qui lui
convient beaucoup mieux, et qui doit remplacer celle de sillon branchial
que je lui attribuai en 1897 1 le vrai sillon branchial est a, ébauché dans
Bolina, mais fort net dans Nephrops où il se continue en avant par
b‘ et b.
., pc
3 2 1 PC eœ »·^··~
IN ( É
7 e+’C’  
Fm. 7 et 8. -— - (Iarapace de côté avec la partie céphalique pc bien séparée du reste du '
thorax :7 Mysis reliclu ;8 Anaspides lasmaniae (d’après C.u.M».N, 1909).
Chez les Brachyures, la région dorsale de la carapace se sépare d’ordi-
naire des flancs par une crête, qui disparaît dans les Dromiacés primitifs
du genre Homolodromia (fig. 9), où l’on trouve à peu près tous les sillons
des Bolina et des Ncphrops. (les mêmes sillons s’observent sur les flancs
comme sur la face dorsale dans presque tous les Dromiacés, surtout chez
les fossiles jurassiques du genre Pmsnpon (fig. 10) et chez Dromia vulgaris
(fig. ll), par exemple. Au point de vue qui nous occupe, ces formes éta-
blissent une transition évidente entre les Marcheurs du type homarien et
les (Zrabes plus évolués : chez eux deux sillons antéro—postérieurs issus de c
convergent du côté du front et délimitent Paire gaslrique où l’on re-
connaît une région méso-gaslrique impaire (Gm) étirée en pointe, d’ordi-
naire flanquée à droite et à gauche d’une région prologaslrique (Gl) ; sur
les votés s’étendent les aires hépaliques (H) et les aires branrhiales qui sont
divisées en deux parties, l’une antérieure (Ba), l'autre postérieure (Bp)
par le sillon cervicale; quant au sillon e,é, sa partie centrale traversant la
région mésogastrique est tantôt fort accentuée, parfois réduite, souvent
indiquée seulement par une paire de ponclualions gaslriques (pg) que les
anciens carcinologistes appelaient pores. Les pores se trouvent au bord
postérieur de l’attache des muscles stomacaux postérieurs, et sont d’ordi·
naire fort apparents chez les (lrabes ; on les apergoit fréquemment chez
l’Écrevisse (fig. 29) et les Homards, et dans tous les cas, ils jalonnent pour
ainsi dire la place où devrait se trouver le sillon cervical. Comme chez
les Bnlina et Nephrops, le sillon subcervical est en relation étroite, d’une

l
14 DÉCAPODES Mixncnncas
part avec le sillon cervical, de l’autre avec Paire cardiaque (Ca) dont les
flancs sont limités par les restes du sillon branehial ; quand l’aire cardia-
que est également limitée en arrière, l’espace qui la sépare du bord posté-
rieur représente Paire inleslinale (In).
nx"   Q" *.,8. Du côté dorsal ces sillons et ces aires se
_     compliquent et se divisent chez beaucoup
lsl · f'    t ' de Crabes notamment chez les Actées
.1     bf .’
L`~\;;??·' 9 (Pl. X, f1g.13) ; sur les flancs au con-
traire ils sont réduits ou nuls. Les flancs
des Brachyures présentent d’ordinaire
une ligne qui prend naissance en avant
· _ J gi __ au-dessous des antennes,à l’angle antéro—
ix ââî €' inférieur du bord dela carapace, passe
  ,` , au-dessous de b, remonte en une courbe
ez Àmxw ( 5% 3)) . ._
4.-1   »C sur les flancs et se termine en arriere au
(É `_     bout même de la crête latérale. Cette
‘(\ jl) ll __'((' IO ligne apparaît chez les Dromiacés où je
l’avais fait connaître sous le nom de ligne
lalérale (ld) ; elle ne ressemble nullement
à un sillon, mais plutôt marque une dif-
'   ` férence de structure entre le haut et le bas
    ‘ ;GU_H J des flancs. On la retrouve dans presque
_ “*` ‘¤.__ « Gm `·,   tous les Crabes, surtout chez les Cyclo-
. àà ”'î`—~ë,..Èfè Èa métopes (fig. 12), parfois elle est fine et
    ~"lL’;` C ,?l··"`} sans calcification dans sa partie axiale,
"‘«» "I . v" , ·
"“··§` C8 ?î""`B souvent accompagnée de poils ou de gra-
i¤·' .>~*· · · ·
F; ··f~ .3 nules. C est une formation essent1ellement
/ï—B'-—£ H cancérienne.
eîyïfïèè Conformémentà l’opinion de Boris, .0n
·· i' ,, W (-\ -..,· doit peut~etre homologuer cette formation
5«f·,;?§«'·" 1·_   ; .· j· avec une ligne qu’on observe sur les flancs
.       de presque tous les Marcheurs anomou-
`~·;Ã;L__;··"‘ À,/'·_·}’ ' _- riens. Cette ligne anomourzenne (la), tou-
' `lb 'i·_.-" ' ' tefois, a une structure et un trajet qui la
distin uent franchement de la li ne laté-
Fm. 9 fr 11. —- Carapace avec ses 1 _ gu t · t · g I t
sillons :9 de côté dans Homolo- ra C · 6 C GS repœsen 68 mm seu eme!]
drvmia Pamdüm Où la ligne 1até· par un sillon mais par une vraie suture
rale ld est nette, 10 vue dorsale A
dans Prosopon ornatum, 11 vues m€mbï`ân€U$€, @116 naît en avant dans
dorsale et laterale dans Dromza lvéchancrure antennaire, fort loin de yan-
vulgarzs(BoUv1ER, 1897a). 1 t_ _ fr _ d 1 a 3 H
g e an ero-1n erieur e a c r pace, so
trajet est presque rectiligne et, quand
elle se continue jusqu’en arrière comme chez les Galathéides (fig. 13),
se termine à l’angle postéro-inférieur de la carapace.
Quant à la ligne lhalassinienne (fig. 73, ll) qui s’observe chez tous les

PARTIE <;ÉNÉRALE l5
Thalassiniens sauf les Axiidés, elle ne peut être homologuée avec aucune
es eux récé en es · mem raneuse mais or é roi e e souven accom-
d d p d t , b f t t t t t
É S ,
iiwmlllln · 4
4 2*3
'\  1
\
/
k  
FIG. 11 bis.-- Porlunus barbarus, carapace ile côté avec sa lignelatérale lil et les articles
des antennes (original).
pagnée d’un sillon, elle se termine postérieurement au même point que la
première, c’est-à~dire aux bouts externes de l'articulation de la carapace
    I2 É i·. A 4 \
la   ( A , ^ ·
  !_'\ 5;
.  
_, W
Lt C 4 ' · ` ~  
1 V` c ,..e~4
·····=- wëë
ai il/if
I3 I4
F10. 12 in 14. - Carapace avec ses sillons : 12 de côté dans Munida bam//ia avec la
ligne anomourienne ln;13 en haut dans Thalassina anomala, en bas dans Callianassa
avec la ligne thalassinienne; 14 de dos et de côté dans Ilomola Cuvieri avec ia ligne
homolienne (Bouvuan, 1897 zz et original).
avec l’abd0men, comme la seconde au fond de l’échancrure orbitaire au-
dessus des sillons b et b‘, mais elle est à peu près droite, sauf tout à fait
en avant où, d’après les figures de Bons, elle se confondrit avec le sillon

16 ¤ÉcAP0DEs MAncHEURs
d (1880). D’après s position elle me paraît être identifiable avec une
ligne que j’avais appelée hamolienne (lh, fig. 14), parce qu’elle se ren-
contre chez les Dromiacés du genre Hamola, qui présentent d’ailleurs
tous les sillons et toutes les aires des Dromies (1).
Les appendices. — Les appendices abdominaux sont au nombre de 6 pai-
res ; ceux des cinq premiers segments sont connus sous le nom de pléo-
pades, mais ne présentent leur forme normale que sur les segments 3 à 5
où ils se composent (fig. 1) d’un pédoncule ou sympodiie (parfois aussi
appelé praiopodiie) formé d’un petit article basilaire la coma (co) et d’un
second article plus allongé le basis (sa); de ce dernier partent deux ra-
"• ., 8X
* ` /
——   ` s /~.
¤m¤¤iuinin ML,. É
—-—·· .·   ·" -"”"¢    - —
GTL .
 
r *5 
sta 7
 àé
   f r
—î¢  î
Fm. 15. — Astacus fluviaiilis : antennule droite vue par sa face interne avec la position
du statocyte sta ; au—dessous, très grossis, deux des poils olfactifs situés sur le fouet
interne en (d’après Huxuav, 1880).
meaux, l’un interne ou endopadiie (en), l’autre externe l’e.1:0p0diie (ex). '
Chez la femelle les appendices du 28 segment sont semblables ; ceux du IM
très réduits ou nuls ;mais chez le mâle les appendices de ces deux paires sont
modifiés pourla reproduction comme il sera dit dansla suite (p. 68, fig. 54).
Telle est du moins la structure des pléopodes chez l’Écrevisse ; elle pré-
sente des variations nombreuses dans les autres Décapodes,en conservant
d’ail1eurs presque toujours un sympodite portant deux rames aux seg-
ments normaux 3 à 5 ; dans un petit nombre de formes, on observe au
bord interne de l’endopodite un peiiiappendice interne (fig. 57, D,ai), auquel
1. Dans son excellent Traité de Zoologie, (ZALMAN représente (fig. 146, p. 256) d'après
Boansnlunn (1900) la carapace d’un Thalassinien, Callianassa novaebritanniae, ou
ixisterait ii la fois une ligne thalassinienne et une ligne anomourienne. Je n’ai rien vu
de pareil ni chez les Callianasses ni chez les autres Thalassiniens ; la prétendue ligne
thalassinienne de cette espèce ne serait-elle pas le sillon c qui est démesurément long
chez les Callianasses, et la ligne anomourienne l ligne des autres Thalassinidés 7

PARTIE GÉNÉRALE |7
s`ajoute parfois chez le mâle un uppemlicenmsculin (ain). Quant aux appen-
dices du 69 segment, ils n`ont plus qu`un article sympodiàl, mais portent
deux rameaux élargisen rames qui viennent se placer sur lescôtés du telson
et constituent avec lui une nageoire caudale, «l`où le nom d’nrnpmles (Pl. I,
fig:. l, 20) qu’on leur attribue. Chez l’Écrevisse la rameexopodiale est tra-
versée par une suture articulaire qu'on observe egalement sur le telson
(Pl. I, fig. I) ; une nageoire caudale ainsi faite, avec ou sans sutures,·
S'0bserve chez tous les Macroures Marcheurs et tous les Anomoures (à
l’excepti0n des Paguriens où pléopodes et nageoire caudale subissent des
modifications profondes) ; chez les Bra- ·
chyures les uropodes ont totalement ·
disparu, l’abdomen nejouant plus aucun 2
rôle dans la natation.   '
Dans la région céphalique du corps, la p 
structure biramée des appendices n'ap— >,(.,À—_
paraît pas toujours avec la même evi- 5;;* ) " 
dence, pas du tout même aux pédancules S"  I I ‘
oculaires (Pl. I, fig. l, n° I) qui se termi- @Tï  Qt ,€X
nent par la surface cornéenne des yeux  
composés, ces appendices de la lm paire 3__ 
sont portés par un article basal (Pl. I, IL   2
fig. I) d’ordinaire très réduit. Viennent   '
ensuite les antennules ai (fig. 15 et Pl. I, 1
fig. l) avec un pêdoncule de trois articles F';;nîE_· éalm·,îâ'îvîï_”lilfàggîggvânïsàï
Pt deux iOu€tS terminaux rlcllemeflt avec Ijorilice·nrînaire nsur son
articulés ; dans l’article basal plus fort ig    ï£"Ql,i? 
est  un SHC sensoriel   slglgrylg fn etant I`€pI'(;\t‘I\I,é PHY IPB trois
. ~ articles suivants et le fouet termi-
(sla). Les antennes az (f1g. 16 et Pl. I, ,,,,;(,1·,,,m;_ H,.“m,_ w«.,._
fig:. 1) ou appendices de la 39 paire sont
déjà plus normales, avec un sympode de
deux articles dont le premier porte l’orificc urinaire u, le second un
exopodite en forme d’écaille (ex) aiguë ct un endopodite constitué par une
série de trois articles 3, —t, 3 que termine un fouet aux articles multiples.
Sur les côtés de la bouche se trouvent les mandibulcs nul (fig:. IT ct
Pl. I, fig. l, -1) constituées aussi par un sympodite de deux articles, l’un
coxal (co)` très fort qui se termine parune tete broyeuse armée de dents;
un peu en dehors de cette tête est un basis (ba) assez étroit qui se termine
par un endopodite de deux articles ; cet cndopodite et son basis forment lc
palpe mandibnlaire. En arrière de la bouche viennent les deux paires de
mâchoires, mmrillules (mœ‘, iig.l8) et marilles (mm2. fig. lt))quisont des
‘ appendices aplatis où les deux articles sympodiaux émettent vers la ligne
médiane une laine appelée lacinie par Boss (1880) (lobe de Ilxxsizs). .\ux
mâchoires de la lm paire (mxl) qui représentent les appendices cephaliques
de la Je paire, les lobes de chaque article sont simples, Vcxopowlite fait
aouvxsn 2

IS nùcaromas MAacuEURs
défaut et l’endopodite, chez l’Écrevisse, ne présente pas de fouet terminal.
A celles de la 2** paire (mscz), le lobe de la coxa (laeinie interne) et celui du
basis (lacinie externe) sont profondément bifides, l’endopodite est simple
et étiré, mais on observe une puissante lame exopodiale qui joue un grand
rôle dans la circulation de l’eau à I’intérieur de la chambre branchiale.
Ces divers appendices sont loin d’être partout semblables à ceux de
l’Écrevisse ; chez les Crabes, par exemple, les fouets antennulaires sont
êîl
le t ( br ba en
  â '
  en GX
C 0 C O C O
17 18 19
Fm. 17 :`n 19. —— Asiacus asfacus : appendices céphaliques postbuccaux, du côté droit,
17 mandibule, 18 mâchoire antérieure ou maxillule, 19 mâchoire postérieure (d’après
Huxuzv, 1880). ·
très réduits ; chez eux également se réduit beaucoup le fouet des antennes,
tandis que chez les Macroures du groupe des Scyllares il devient une lame ;
chez ces derniers, dans les Langoustes, l’article basal du pédoncule des
antennes rejoint son congénère et se soude à l’épistome ; chez les Crabes
il varie beaucoup et semble se réduire parfois à un simple opercule sur
l’orifice urinaire. Dans la partie spéciale on reviendra sur ces variations ;
disons ici toutefois que le corps des mandibules comprend surtout une
partie molaire ou broyeuse qui est précédée parfois d’un petit lobe incisif.
Arrivons aux appendices ihoraciques. Ils sont au nombre de 8 paires ;
les trois antérieures jouent un rôle dans la mastication des aliments et
sont appelées pour cela maasillipèdes (mzcp), les cinq suivantes servent sur-
tout à la marche d’où le nom de péréiopodes (p) ou de paiies qu’on leur
attribue (Pl. I, fig. 1).
Les maxillipèdes antérieurs (mxpl, fig. 20, 78 paire d’appendices) rap-
pellent les mâchoires par le développement en lobe (simple) de leur coxa
(ro) et de leur basis (ba), ils ont un exopodite (ex) terminé en fouet assez
court et un endopodite (end) simple mais courbé ; ce qui les distingue
c’est le développement sur le bord externe de la coxa d’une grande lame
annexe appelée épipodiie (ep), nom réservéà toutes les expansions coxales
externes. Dans les maxillipèdes des deux paires suivantes [(mxp“, fig. 21),
(mccpa, fig. 22)], on retrouvera chez l’Écrevisse cette expansion épipodiale,
mais garnie de filaments respiratoires; dans ces deux paires d’appendices
l’exopodite reste à peu près le même, tandis que l’endopodite, devenu

PARTIE GÉNÉRALE 19
pédiforme, est formé de cinq articles : un bref ischion (is), un mérus (me)
assez long, puis un carpe (ca), un propode (pp) et un doigt ou dactyle (da);
plus trace de Iobes à la coxa et au basis (1). Ces trois paires d’appendices,
de dimensions progressivement croissantes, sont appliquées les unes sur les
autres du côté buccal.
Les cinq paires (Pl. l, fig. l, 10 à 14) de péréiopodes (p1 à p‘) sont dé-
pourvues d’exop0dites, mais leur endopodite présente les mêmes articles
apparents que celui des maxillipèdes précédents. Chez l'Écrevisse, aux
ex
aù  ` pdb
` 1;}+.  Ng!).
v' îîîâ  
18 ( Q  
ha
Z1
Cx · · · . · 5.
end U _
ba _ . ' · " .7
È EP ca
co Pd  i , ’ 1 Set
H WV, ~·*re.v« _·
i gw ,¤   dit/pg p it  4))
da  1 .,\Q,;§1,|)I¢ / (ll,. ,)··lp,
    Ni ll ‘ )î(^ u**•)l~'~hl  ~‘
· \\···,·2·%}~ ;)··)··· 'ç·»·zfl*·«;
20 ex \l,)lg/'  
` 22 » , za    
is `— "—%'
d
ba C0 P b
Fm. 20 En 22. -—· Aslacus asfacus, maxillipèdes du côté droit : 20 mrpl, 21 mrp•, 22
m1p• avec son faisceau de soies set (d’après IIUXLEY, 1880).
pattes antérieures (l0€ paire d’appendices), le basis et l’ischion sont sou-
dés, et dans ces pattes comme dans les deux paires suivantes (11** et 12**
paires) le propode s’allonge en pouce ou doigt immobile pour s’opposer
au dactyle et former avec lui une pince (zûln), de sorte que ces trois paires
de pattes sont dites chéliformes et souvent appelées chélipèdes, celles des
deux paires suivantes restant simples. On réserve d’0rdinaire le nom de
chêlipedes à celles de la paire antérieure, remarquables par leur grand déve-
loppement et la puissance de leur pince qui capture et saisit violemment
1. A Fexemple de IIANsEx (l925) nous simplifions en appelant cnw, basis, isehfon,
mérus, carpe, propode et dactyle ou doigt les sept articles successifs communément,
appelés coxupodile, basipodile ...... propodile, darlylopodile des appendices thoraciques.

20 niâcaroons MARCHELRS
les substances alimentaires. Sur leur coxa, les pattes portent comme les
maxillipèdes précédents un épidodite respiratoire ou podobranchie (fig.
28, pdb) qui, toutefois, manque totalement aux pattes postérieures (149
paire d’appendices). '
Ces dispositions propres à l’Écrevisse varient beaucoup dans l’ordre,
soit suivant les règles évolutives qui permettent. presque de suivre l’his—
toire phylogénétique d’une forme en étudiant ses appendices, soit par
suite d’adaptations particulières. Les podobranchies sont _des organes
` ancestraux qui disparaissent chez certains Macroures et presque tous les
autres Décapodes marcheurs. Les exopodites peuvent disparaître aussi
dans les maxillipèdes chez certaines espèces comme ils disparaissent tou-
jours sur les pattes des adultes ; les pinces sont plus nombreuses chez les
Polycheles, on n’en trouve sur aucune patte chez les Langoustes; ailleurs
elles sont remplacées par des organes subchéliformes ou le pouce du pro-
podite n’est pas aussi fort que le dactyle, chez les Thalassinidés. par exem-
ple, du genre Gebia (fig, 67, B). Chez les Anomoures les pattes postérieures
sont modifiées dans leur taille et leurs fonctions, etc., etc. .
Appareil branchial (fig. 23 à 29). ——— Essentiellement aquatiques, les
Crustacés respirent l’oxygène dissous dans l’eau par le moyen d’expan-
  @ (\ Vel VG
< rte
  v ï
Vi
24
Vê vi 23 Z5 ze 27
Fra. 23 ai 27. —- Un rang transverse de lamelles branchiales pour indiquer le passage
aux divers types de branchies : 23, dendrobranchie de Peneus (d’après Boss, 1880).
24-, trichobranchied’Astacus(d’après CALMAN, 190902). Passage dela trichobranchie ai
la phyllobranchie. 25 dans Dicranodromicz ovata. 26, dans Dicranodromia .lIahueu:ri
27. Phyllobranohie de Carcinus maenas (Bouvrrzn, 1897) ; re veine externe, ui veine
interne.
sions filamenteuses ou lamelleuses appelées branchies. Dans les formes
primitives, comme les Homards, ces éléments sont filamenteux et·disposés
'en nombre sur les côtés d’un axe ou circulent les canaux sanguins afférents
et efférents ; c’est le type trichobranchial (fig. 24 et 28), qui dérive certai-
nement du type dendrobranchial des Pénéides (fig. 23) où les filaments
sont les franges externes de lamelles disposées en paires. Chez beaucoup
de Pagurides et les Crabes primitifs (fig. 2:3, 26) les filaments sont en paire
sur les côtés de l’axe et, de chaque côté, deviennent parfois concrescents
sur tout ou partie de leur longueur, si bien que la paire de groupes fila-

PARTIE GÉNÉRALE 2]:
menteux devient plus ou moins une paire de·lmelles, c’est le passage du
type trichobranchial au_ type phyllobranchial(fig.27) qui domine presque
absolument chez les Brachyures. Le passage à ce dernier type s’effectue
d’une_ autre manière chez les Thalassinidés où les éléments, toujours au
nombre de deuxà chaque paire, sont étroits dans certaines formes, lamel«
leux chez d’autres. . .
Quelle que soit leur nature les branehies peuvent (fig. 2) s’insérer sun
la coxa des appendices thoraciques, auquel cas ce sont des podobranchies
(pdb) ; d’autres sur la membrane qui rattache aux flancs du corps la
r° Pg rl Pla la 13)* rli
  ~
    ( o;r·   ~rsl  
_,·•’“ s el" 2  
S , ·s 5   r, `( br
 ` '\ · l /'ë'  ·
__ W év     ppc
"%ë V ’ \ si
mxpâ '  c  (    È
`   ` \
Fm. 28. —- Aslacus pallipes ;au céphalothorax et aux deux premiers segments abdomi·
naux du côté gauche, le branchiostégite est enlevé pour mettre en évidence la base
des pattes et de mzp' avec la place de leurs formations branchiales, les flancs épimé-
raux, la part que prennent dans ces derniers les articles précoxaux, surtout celui pm
qui reste libre dans p‘, enfin les pleurobranchies de ces articles (une pleurobranchie
fonctionnelle pl' et une cicatricielle br sur la précoxa libre prr de 5.*, une pleurobran-
chie très réduite pl‘ et pl' sur la préccxa soudée aux épimères de p• et p*, enlin une
cicatrice pli sur la précoxa soudée de p'}. Surles membranes articulaires des coxae la
mar ue d’insertion de deux arthrobranchies ; sur la coxa de m1p• à p• l’attache d’une
podânranchie pdb queqprécède un tubercule ou s‘élèvent les faisceaux de soies dites
sétobranchies. Un a in iqué la ponctuation gastrique pg qui marque la limite posté-
ïiêure de la région côphalique pc de la carapace ; elle n'est pas toujours visible dans
’ crevisse (origîna .
coxa d’où le nom d’arlhr0branchies (arb) qu'on leur donne, d’autres enfin
sur ces flancs eux-mêmes et pour cette raison appelées pleurobranchies
(plb). Les arthrobranchies sont généralement au nombre de deux, une an-
térieure et une postérieure à la base de chaque patte (fig. 28). ·
Les podobranchies sont toujours une annexe de l’épipodite porté par
l’article coxal ; leurs éléments respiratoires naissent parfois sur l'une ·des
faces de ce dernier (Écrevisse. fig. 21 et 22) tantôt d'un axe qui s’élève
sur la base même de l'épipodite (Homard, fig. 29) auquel cas celui-ci
reçoit souvent le nom de masligobranchie. Sur la coxa, tout à côté du point
où s`élève l’épipodite, on observe un tubercule inarticulé qui porte à son
sommet une touffe de longs poils hérissés (fig. 22, sel) de petites sa1ll1es»

22 nxàcxvooes imncneuns
COUTIÈRE (1905, 64), qui a étudié cette formation chez divers Mala-
costracés, voit en elle un dérivé de l’épipodite qui, chez les Pénéides,
serait remplacé par liarthrobranchie antérieure ; BORRADAILE lui donne
le nom de séiobranchie (1907, 462) et la considère comme 1’un des quatre
rameaux issus de l’épipodite, les trois autres étant la mastigobranchie,
la podobranchie et lïarthrobranchie antérieure. Ces quatre parties, en
effet, coexistent chez les Homaridés, mais elles ne semblent pas avoir la
§
)
é l)  s> · P1
   \4
  /\  sg)  Plb b
ïv ` E I
      I,
pdb -   '_;<)«?#
' . »\ /'
\
.   ‘ pvc
’,,` r (
ep If  
— co
  2  »  
\ ba
co [`14
Fm. 29. - Homarus vulgaris : base des pattes 4 et 5 gauches avec leurs formations bran-
Éhialeâ sans lîs arqhrczhranchies ; prc précoxa de p‘ avec sa pleurobranchie plb et sa
I’i-IDC C CICH I’lCl€ C I'.
même valeur: deux seulement sont articulées sur la coxa (Pépipodite por-
tant sa podobranchie et l’arthrobranchie antérieure) et ont le caractère
de formations épipodiales; quant à la sétobranchie, qui est un simple tu-
bercule sans articulation basale, c’est une formation d’un tout autre carac-
tère, au surplus, chez les Marcheurs, à peu près particulière au groupe des
Homaridés.
Les plcurobranchies sont localisées sur les flancs au niveau des pattes
p2 à p5 ; toutes quatre fonctionnelles chez le Homard (fig. 29), la dernière
l’est seule dans les Asiacus (fig. 28) ou Écrevisses, les trois (A. aslacus)
ou les deux précédentes (A. pallipes, A. iorreniium) étant réduites à
un filament, celle des pattes 2 nulle dans lorreniium ou représentée par
une cicatrice dans pallipes (fig. 28).HUXLEY (1878) avait établi que,chez
l’Écrevisse, la coxa (co) des pattes postérieures p‘ est précédée par un
article mobile sur les flancs, mais continu avec le sternite de cette patte.
OP, j’ai montré (1937 a et b) que ledit article (pre) représente exactement
la précoxa signalée par HANSEN (1925, 27) chez certains Crustacés infé-

marre GÉNÉRALE 23
rieurs, notamment chez les Branchiopodes. ll porte non seulement la
pleurobranchie fonctionnelle pls, mais, au-dessous, une forte cicatrice (br)
quelque peu analogue à celle de p“ dans pallipes (*), de sorte que l'article I
précoxal présente deux formations proépipodialcs, une pleurobranchie en
fonction et une pleurobranchie cicatricielle, disposition qui rappelle Chiro-
cephalus Grubei où HANsEN (1923, Pl. [, fig. 2 a) a signalé sur la précoxa
deux lames proépipodiales superposées. Les pattes de la dernière paire
n’ont pas d’autres formations branchiales, mais toutes celles des paires
précédentes sont accompagnées de deux arthrobranchies, l’une antérieure
qui, d’après les recherches de (lmos sur le développement des Pénéides,
se détache de l'article coxal, l’autre postérieure qui nait de la précoxa fu-
sionnée avec.les flancs, fusion dont on voit encore très bien (fig. 28) les
limites dans l’Écrevisse.
De cette étude des Homarides on peut conclure: l° qu’à partir de mxpz,
les appendices thoraciques présentent ii leur base une coxa libre, et une
précoxa d’ordinaire fusionnée avec les flancs ; 20 que chacun de ces deux
articles émet deux formations analogues indépendantes, épipodiales sur
la coxa, proépipodiales sur la précoxa ; 30 que la pleurobrnchie cicatri-
cielle de p* des Homarides est rigoureusement l’hom0logue de l’artl1ro-
branchie postérieure des autres appendices ; -10 que le tubercule appelé sé-
tobranchie est indépendant des formations épipodiales. La formule bran-
chiale suivante de l’Écrevisse est disposée d’après ces observations ; elle
montre que les Homaridés se rattachent à des formes encore plus primi-
tives que les Pènéides actuels où les larves, d’après Cciws. ne présentent
qu’un bourgeon branchial sur leur précoxa. Mais on ignore tout de la struc-
ture branchiale des Pénéides fossiles et VAN STRAELEN (1936) a établi que
les Homarus étient bien plus riches en formes au Crétacé qu’à l’époque
actuelle.
Pattes Maxii1i—
ou péréiopodes pèdes
(V· IV III II IH3 21(_
D
à   lïleurobranchies .,.. . .... 1 rud. rud. rud. U 0 0 0
lâ È É cie.
·¤ ¤-m
É îrthrob. post. ......... 0 1 1 1 l 1 1 0
ff É Xrthrob. ant. .......... U 1 1 1 1 1 O 0
É É- Podobranchies(fi1aments
U- .§·· branchiaux sur Vépipo-
"' ' dite). .............. U 1 1 1 1 1 l Ep.
1. Huxmzv (1878, lig.3 et 4, p. 762),a reconnu cette cicatrice qu‘il compare a une
« membrane tympanique ·, mais il se borne à la signaler.

24 DÉCAPODES MARcHEUns
Etant pour la plupart situées a la base même des pattes, les branchies
participent aux mouvements de ces dernières et favorisent la circulation
de l’eau dans la chambre branchiale. Chez les Macroures Marcheurs, au
surplus, un vrai courant du liquide s’établit dans la chambre grâce aux
oscillations fréquentes du grand exopodite ex (scaphognalhiie) des mâ-
choires postérieures mac? (fig. 19) : filtrée par les soies du tubercule coxal
quand il existe, l’eau pénètre dans la cavité respiratoire entre le bord libre
du branchiostégite et l’artic1e coxal des appendices thoraciques ; elle sort
en avant par un atrium que limite en dedans la base des mandibules et
le flanc, du côté externe la paroi buccale du branchiostégite qui présente
en ce point une petite échancrure.
Chez les Brachyures, le bord du branchiostégite étant appliqué sur la
base des pattes, l’accès de l’eau s’établit surtout en avant et la circulation
du liquide devient autre, suivant des modes assez variables qui seront
indiqués dans la partie spéciale de l’ouvrage. En tout cas. la sortie du
liquide y précède l’orifice d’entrée et, comme chez les Macroures. c’est
gràce aux mouvements oscillatoires du scaphognathite ex de mmf (fig. 19)
que l’eau circule dans la chambre branchiale. C’est H. l`rlILNE-EDWARDS
(1839) qui a mis en évidence le rôle primordial de cet exopodite dans la
circulation du courant d’eau respiratoire. D’après l’illustre zoologiste,
chez tous les Crabes, sauf la plupart des Oxystomes, le liquide pénètre
dans la cavité branchiale par un grand orifice situé en avant il la base
de pl, ai la naissance de l’épipodite de mœp° et limité en dehors par le bord
voisin du branchiostégite ; comme cet orifice afférent (fig. 140, in) pré-
cède les branchies principales, on admettait que l’eau était conduite
en arrière par l’épip0dite de mœp” qui, sous la forme d’un fouet très
allongé (Hg. 141 C, 142 A), se dirige postérieurement entre la paroi interne
de la cavité et les plumes branchiales. Mais Boi~1N (1901) a établi que
l’entrée de l’eau s`effectue également à la base des pattes ambulatoires,
entre celle—ci et le bord contigu du branchiostégite, de façon Si irriguer
toutes les branchies et produisant un courant postéro-antérieur qui sort,
I comme l’avait établi MILNE·EDWARDS, par un orifice efférent situé à l’angle
antéro·externe du cadre buccal, courant dirigé par l’endopodite de mxpl
dilaté (fig. 134 E), dans son bout distal. Tel est le courant normal ou direct
provoqué par le scapbognathite de mœ“ ; mais BoHN a également montré que
soit fatigue, soit à la suite de certaines excitations, les oscillations de cette
lame propulsive peuvent se produire dans le sens contraire, auquel cas le
courant devient inverse. Ces renversements peuvent s`observer chez tous
les Décapodes; dans les Crabes des genres Aielccyclus et Carysles qui pas-
sent une partie de leur existence dans le sable, le courant est constamment
inverse quand l’animal est enfoui, de sorte que les branchies reçoivent
l’eau directement de la surface et risquent moins de s`ensabler. Chez les
Oxystomes typiques (p.191)et certains autres Crabes qui, Si ce point de vue·
seront étudiés dans la suite, l’entrée et la sortie de l’eau présentent des

maria oùnéasnis 25
dispositions particulières. Mais normalement, les fouets épipodiaux ne scr;
vent jamais à diriger le courant ;ce sont des appareils nettoyeurs garnis
à cet effet de poils particuliers ; ceux de mzpa, on l’a vu, se meuvent
entre la facc interne des branchies etla faceinterne de la cavité branehiale;
entre la face externe des premières et le branchiostégite, ils ont pour
correspondants les fouets épipodiaux de marpl,
MORPHOLOGIE INTERNE
Dans ccttc partie comme dans la précédente, on insistera particuliè-
rement sur la structure de l’Écrevisse. Aux lecteurs qui désirent connaître
cette structure d’une manière approfondie, les ouvrages indiqués ci-
dessous (1) ne seront pas inutiles.
Appareil digestif (Pl. l, fig. 3 et 1). —- (lemme chez tous lcs animaux
où il existe, le tube digestif des (lrustacés Décapodes se compose de trois
parties: une antérieure (mg) ou stomodéale qui s’ouvre dans la bouche par
Pœsophage (re), une moyenne spécialement digestive et une postérieure (hg)
ou proctodéale qui se termine à l’anus ; la 1*6 et la 36 sont en fait de sim-
ples invaginations du tégument externe et comme telles tapissées d’une
cuticule chitineuse qui est rejetée et renouvelée à chaque mue.
L‘intestin antérieur est très compliqué chez tous les Décapodes, surtout
les Marcheurs ; il convient de résumer la structure_de cette partie du
tube digestif d’après la superbe étude qu’en a faite HUxLEY chez l’Écre-
vissé. .\u court resophage fait brusquement suite un vaste sac dit sto-
maeal qui sert à broyer et ii filtrer les matériaux alimentaires ; on y
distingue deux parties successives que sépare en dessus une profonde dé-
pression, en dessous une haute valvule (c.p. v.); cette dernière est appelée
pylorique parce qu’on a coutume d’appeler portion pylorique (ps) du sac
sa partie postérieure, porlion cardiaque (cs) sa partie antérieure qui est d’ail-
leurs beaucoup plus large (termes empruntésà1'anatomie humaine et par
là illusoires car, ici, la portion cardiaque est justement la plus éloignée du
coeur). .\u plafond de la chambre cardiaque est une grande et large pièce
de chitine calcifiée (c) qui, sur la paroi antérieure de la dépression dorsale
cardio—pylorique,s’articuleà une sorte de manche (u.c.);de même sur le dos
1. bcumior (W.), 1915 : Die Muskulatur von Astacus fluviulilis (Potamobius ustacus
L.) (Zeitschr. wiss. Zool., CXIII, 165-271 et fig.). —- Bearmans (II.), 1918 : Der Bau
des Komplexauges von... (Id., CXVI, 640-707 et fig.), —- BALJMANN (H.), 1921 : Das
Gefâssystem von... (Id., CXVIII,246-312 et l'ig.). — JAmscn(E.), 1923 : DerBau des
Enddarms von... (Id., CXXI, 1-63 et fig.). —- R1Nc«Ei. (M.), 1924 :Zur Morphologie des
Vorderdarms von... (Id., CXXIII, 498-554 et fig,). —- Bocx (Fl), 1925: Die Respi-
rationsorgane von... (Id., CXXIV, 51-117 et fi2·.). —- '1`oNNEa (F.), 1933: Ein Beitrag
zur Anatomie und Physiologie des pcripherischen Nervensystems von Astacus fluvia-
ilis(l0ol.Jahrb.,LIII,101-152 etf1g.).

26 Dâcixronns MARcnEuns
d’une dilatation pylorique immédiatement suivante estune large pièce (p)
transversale qui s’articule à un manche (pp) occupantla paroi postérieure
de la dépression, lequel manche rejoint le premier en articulation mobile
et se termine par deux petites dents (ml) qui font saillie dansla cavité sto-
macale. Sur chaque côté de la pièce dorsale cardiaque et de la pièce dor-
sale pylorique s’articule une pièce latérale droite, la cardiaque (pc) entrant
en rapport, à son bout libre, avec le bout correspondant de la pylorique
qui émet sur le côté de la chambre cardiaque une puissante dent longitu-
dinale découpée en mamelons (ll) ; au—dessous de cette dent, une autre (ll)
libre et subconique. Ainsi, trois sortes de dents, les deux du manche posté-
rieur, les dents longitudinales mamelonnées et les dents subconiques.
Grâce à deux paires de muscles puissants, les uns antérieurs (Pl. I, fig. 3,
ag) fixés d’une part sur la grande pièce dorsale cardiaque et d’autre part
en arrière du rostre, les autres postérieurs (pg) allant de la grande pièce
pylorique 51 la région qui précède le sillon cervical, ces trois sortes de dents
peuvent entrer en contact et broyer les aliments. Ainsi est constitué le
moulin gastrique. Il est complété par deux énormes pièces calcaires dis-
coïdes ac (goslrolilhes, étrangement appelés « yeux d’écrevisse ») qui oecu-
pent les côtés de la partie antérieure de la région cardiaque, et sont
rejetées 40 jours avant la mue pour se dissoudre ensuite dans l’estomac et
donner au sang une faible partie du calcaire que réclame le tégument
nouveau. Chez les Brachyures comme chez les Homariens pourvus de
gastrolithes, c’est d’une origine tout autre que provient la masse prin-
cipale du calcaire des téguments (voir p. 43).
A cause de la dépression dorsale de la languette ventrale, et de certains
replis latéraux,les communications entre la portion cardiaque et la pylo-
rique sont fort étroites;plus loin les parois de cette dernière région sto-
macalc s`infléchissent en dedans et ne laissent qu’une lumière verticale
divisée vers le bas en deux branches ; et comme ces parties sont garnies
de courts poils, leur 1·ôle est celui d’un filtre qui laisse seulement passer
les liquides avec les particules alimentaires les plus réduites ; tout au bout
cinq valvules [une dorsale (vl) et deux paires latérales (02)] s'opposent au
reflux venant de l’intestin moyen (mg). Ce dernier est très court, sans
chitine, avec un cœcum (cœ) dorsal fort court; sur chacun de ses côtés s’ou-
Vre l’orifice (hp) y amenant la sécrétion digestive d’une glande paire à
laquelle on attribue le nom de foie (fig. 2 et Pl. 3, fig. I, ld, lg), encore
que son rôle digestif soit plutôt celui d’un hépato—pancréas. Le foie se
compose d’une masse volumineuse d’acini située dans le céphalo—
thorax à droite et à gauche du tube digestif ; chacune des moitiés de
l’organe a son conduit excréteur. Au très bref intestin moyen fait suite
l’intestin postérieur (hg) qui, protégé par les puissants muscles abdominaux,
se rend à l’anus (a), ses parois internes présentent six plis longitudinaux.
Chez les autres Marcheurs les gastrolithes n’existent guère en dehors
des Homaridés ; l’intestin moyen de ces derniers est notablement plus

marie «:ÉNÉ1=mL1¤: 27
long que celui de l’Écrcvisse et bien davantage chez certains Paguridés ;
ccux·ci avec le cœcum dorsal pair comme chez les Brachyures où d’ail-
leurs il s`allonge beaucoup et forme deux longs tubes circonvolutionnés.
Chez les Brachyures on observe en outre sur le dos de l’int,estin postérieur
un long czecum impair représenté aussi dans le Homard.
Appareil circulatoire (fig. 2 et 33 ; Pl. I, fig.3 et -4.).--- Les substances
alimentaires rendues assimilables par la digestion traversent les parois
intestinales et passent dans le sang. Celui-ci est un liquide à peu près inco-
lore, très coagulable à l’air libre, riche en globules amiboïdes et, par là,
comparable à la lymphe des Vertébrés ; il remplit toutes les lacunes com-
prises entre les organes, notamment un grand sinus longitudinal médian (sc)
et ventral qui, dans la région thoracique, le conduit aux branchies (fig. 2,
p. 9). De la base à la pointe de ces dernières (fig. 2 et 23 à 27), il circule
dans un canal afférent externe (ve) qui le distribue aux élémentsbranchiaux;
puis, revivifié, il circule de la pointe à la base dans un canal efférent in—
tcrne (vi) qui se continue dans les flancs céphalothoraciques, par un canal
' brancl1io·card1`aq11e (rbc), lequel s`ouvre dans une chambre péricardique (pé)
disposée autour du cœur entre le dos, la partie supérieure des flancs et un
diaphragme étendu comme un plancher au-dessus des viscères de la ré-
gion (fig. 2).
Le cœur (fig. 2 et Pl. l, fig. 3, h) occupe le milieu de la chambre, ratta-
ché aux flancs de celle-ci par des faisceaux de tractus fibreux. (Test un
organe assez hexagonal, musculeux, et perforé par trois paires d’osti0les
munies de valvules : chez l’Écrevisse une dorsale en avant, une latéro·
ventrale en arrière,une submédiane en dessous;chez les Brachyures il y a
ordinairement deux paires dorsales. Par des mouvements réguliers de
contraction ou systole et de relâchementou diastole, le cœur est l’organe
propulseur du liquide sanguin; au moment de la diastolc les valvules ostio-
laires en relâche yilaissent arriver le sang du sinus péricardique, à la sys-
tole suivante, au contraire, les ostioles se ferment et la compression car-
diaque lance le sang dans les arlères (Pl. I. fig. 3), vaisseaux à paroi pro-
pres qui le distribuent aux organes. A l’origine de chaque artère issue du
cœur il y a deux valvules, une dorsale et une ventrale, qui permettent au
sang de s’échapper, mais se rapprochent pour s’opposer à son reflux.
Une artèreimpaire, l’arlère ophthalmique (0a),puis deux paires successives,
les arlères anlcnnaires (aa, ga) ethépaliques (ha), naissentde la partie anté-
rieure du cœur. Lfartère ophthalmique se rend aux yeux et au cerveau ;
avant d’atteindre ces parties, elle se dilate, chez les Macroures, en un petit
sinus très adhérent. Plus fortes, les artères antennaires irriguent les glandes
génitales, la partie antérieure de l’estomac, et toute la région antérieure
du corps y compris les mandibules et les yeux ; quant aux artères hépa-
tiques, elles plongent et se ramifient dans le foie. Mais lorsque celui-ci,
comme chez les Pagurides, est presque totalement rejeté dans l’abdomen,

28 oécxronss MARcHEuns
c’est à peine si les artères hépatiques le touchent un peu, il est alors des-
servi par l’artère abdominale supérieure, d’où l’on·peut conclure,c0mme
je l’ai fait ailleurs (1891 b, 211), que les glandes se constituent et se dépla-
cent avant la formation desvaisseaux. `
Les autres artères naissent de la partie postérieure. A l’exception des
Brachyures, elles sont issues d’un bulbe volumineux (Pl. l, fig. 5),que sé-
parent du cœur des valvules très puissantes. Le bulbe se prolonge en ar-
rière par une puissante artère abdominale supérieure (aas) dont les branches
irriguent la partie postérieure de la carapace, les muscles abdominaux et
l’intestin postérieur. Mais du côté ventral, on voit naître du bulbe une
artère également puissante, l’arlère slernale (sa) qui plonge verticalement,
chez l’Écrevisse traverse la chaîne nerveuse (fig: 33) entre les ganglions
q des pattes III et IV puis, arrivée contre le sternum, se divise en deux troncs
longitudinaux, l’un antérieur puissant qui dessert tous les appendices
thoraciques, l’autre postérieur plus réduit qui joue le rôle d’ar·lère abdomi-
nale inférieure (aai) desservant la face ventrale de l’abd0men et ses appen-
dices. Après Knonn (1834), dont j’ignorais le travail, j’ai montré que l’ar-
tère abdominale inférieure et la supérieure s’anastomosent et forment en
arrière un collier (Pl. 3, fig. 6) autour de l’intestin; des anastomoses ana-
logues, mais plus réduites, s’observent dansla région buccale entrel’artère
ventrale maxillo-pédieuse et les branches des artères antennaires. BAU-
MANN (1921) a justifié ces
observations.   _ _-î,°n
Des modifications profon- ( l  ,·-ce
des s’observent dans les vais-   (  
seaux postérieurs chez les O Q i _   `\
Brachyures: chez les Paguri- O , , . J r i _,
des, l’artère abdominale infé- g ’·' Ã  
rieure est réduite à un faible €È$_ ,' C ____ tu
trongon basal,l’abdomen tout X, ` 4 .
entier dépendant de la volu- J . ‘ " ,.
mineuse abdominale supé- 0'L @ · '
rieure (Voir Bouvirn, 189] b). ’
Appareil excréteur.- L’ap- -
pareil excréteur des Crustacés
S6 COIIIPOSQ de deux p3iI‘€S F1o.30.—î- Glande urinaire des antennes dans une
d’<>rsa¤<=S Sesmentaîœs =1v€¤· tî£È§1îïâ'Ziî’$‘lï;SQÃÉÉ?£’§£i°£ïÈÃ$âÉ"âèïî1;âî
glas dont 1’ung gbuvrg à la etaesonorifice externe(CALMAN,1909a,d’après
base même des antennes, GBOBBENL
l’autre à la base des mâchoi-
res postérieures; ces deux paires ne fonctionnent pas simultanément ;
chez les Crustacés primitifs (fig. 30) la première est propre aux larves, la
seconde aux adultes ; chez les Décapodes, «·’est exactement le contraire.

maria urîniâaua 29
En tout cas, sous leur forme primitive, ces organes comprennent un sac
terminal s’ouvrant dans un tube glandulaire qui débouche au dehors
par un conduit efférent. _
D’après MARCHAL (1892), la paire qui s'ouvre sur l’article basal des an-
tennes (voir p. 17), dans l’Écrevisse, forme de chque côté, à l’intérieur
de la région cêphalique, une masse arrondie désignée à cause de sa couleur
sous le nom de glande verte (fig. ill). La partie arbl '
glanduleuse de l’organe comprend un saccule
terminal cloisonné (S) et un labyrinthe; celui- °··· · ‘ _
ci correspond au tube glanduleux de I’organe sli V
segmentaire, mais complexe et différencié en
deux zones successives, l’une verte (Se) et for-
mant un large réseau à la face inférieure de la gr
i
V · `
abd.- - -
/ 2 T" —··`S-   J Si
CV- ‘'»·  · l `
 ( ‘  "
O Cs SC _ · ï
Fm. 82.- pchema des glan-
Fro. 31.-- Schéma indiquant la structure d’une glande   gëmîuleî dâ l,Eupaglu`
urinaire dans l’Écreviss_e, ~es parties isolées de leur I labvççnfllîê   'îuîîgîclàrel;
contact: S saccule cloisonné, bc substance- corti· vésicûle arbm_PSœnt€’ en
cale verte, si substance intermediaire (petit tube avant ses deux parues
contourné et transparent), Cs cordon spongieux ou msümhées en un grand Sac
substance médullaire blanche, V vesicule, Lu canal impair UM dans 1,abd0_
de, la vésicule, O orifice du canal sur le tubercule ec-wc- men Oormœ de la vésicule
creteur du 1** articlehdes pedoncules antennaires (CMJMAN, mwa, dmprès
(ri après ÃIARCHAL,. lètll). MARCHAL).
glande, l’autre en cordon tubuliforme blanc (Cs), de structure spongieuse,
qui se loge entre la précédente et le saccule, puis s'0uvre au·dessus dans
le canal efférent dilaté en vessie   Ces organes jouent un rôle capital
dans la fonction .d’élirnination excrétrice, comme des tubes urinaires.
Abstraction faite du cordon tubuliforme qui semble propre à l’Écrevisse,
on rencontre ces parties plus ou moins modifiées dans tous les Décapo-
des; ce qui varie surtout, comme l’a montré BIARCIIAL, c'est le dévelop-
pement de leur conduit efférent qui, en simple vésicule chez l’Ecre·
visse, devient arborescent et envoie des rameaux parmi les organes

30 oâcixronns MARCHEURS
céphalothoraciques chez les Brachyures, se complique davantage encore
chez les Pagurides où ses diverticules pénètrent jusqu’au bout de l’ab- ·
domen et s’y déversent dans une paire de longs récepteurs parfois fusion-
nés en un seul (fig. 3‘2).
Système nerveux et muscles. - La forme fondamentale du système ner-
veux des Articulés est, comme on sait, scalariforme avec, pour chaque
segment, une paire de ganglions réunis transversalement par une com-
missure, chaque ganglion étant d’ailleurs rattaché, par un connectif longi-
tudinal, au précédent et au suivant (fig. 33).
1
gn gna gna P gn? sa gna
das
*î’·" L¤..¤.¤
....   :\· ai j
,5}.)   S3'
J. ,· .-···— -  i ax-   '
  aar *
B I î L
· l' ` F *  7 8"iû
4 I `\ca
2,
I ‘ g \
Flo. 33. -— Schéma indiquant les rapports du système nerveux avec l`appareil cir-
culatoire artériel dans l’Ecrevisse : h cœur, sa artère sternale, aus artère abdominale,
supérieure, aai artère ventrale;gn¤ cerveau, co collier œsophagien avec sa commissure
postœsophagienne, gn" masse ganglionnaire postcesophagienne, gns ganglions de
pg8g?6n“ dernier ganglion suivi par le collier artériel périintestinal (d’après Bouvnsn,
Mais cette disposition schématique n’est jamais totalement réalisée.
Chez les Crustacés primitifs du groupe des Branchiopodes, les ganglions
des yeux (proiocerebrum) et ceux des antennules (deuiocerebrum) sont fu-
sionnés en un cerveau qui précède l’œsophage, ceux des antennes (fri-
loccrebrum) reçoivent leurs nerfs de ganglions situés juste en arrière de
celui·ci. Dans tous les autres Crustacés, cette paire ganglionnaire vient
rejoindre les deux précédentes sans d’ailleurs entraîner sa commissure
postœsophagienne (d, fig. 34, c, fig. 36); de sorte que le cerveau (gn) com-
prend en réalité trois paires de ganglions, quelquefois encore un peu indi-
quées sur ses bords. En arrière de la commissure postcesophagienne, chez
l’Écrevisse, les ganglions d’une même paire sont en contact sans qu’on puisse
voiràl'oeil nu les fibres commissurales quiles réunissent. Avec cette contrac-
tion latérale coïncide une concentration longitudinale de tous les ganglions

Marie GÉNÉRALE 31
innervant les appendices huccaux depuis les mandibules j usqu’aux maxilli·
pèdes postérieurs gn“. En arrière les paires de chaque somite sont toutes
` bien distinctes et il leur place : 5 dans le thorax, 6 dans l’abdomen,
la dernière abdominale (gn “) desservant aussi le rectum et le telson,
ll en est il très peu près de même chez tous les Macroures Marcheurs,
sauf toutefois chez les Scyllarides où s’unissent tous les ganglions réphalo-
tlioraciques. A mesure qu'on s’éloigne des Macroures (fig. 34, l, 2, 3) on
1 C 2
  (   ,i'/''i ' .
‘ —`_,_  ff"   l 1
x ( I ` l· `V iâz “” '
d   E,   , mv
(fg _ 7-   111.1
._‘¢/    
°     j' .
ml   ”· ~ ., 7,
l ,·  
pû   .//H 4;`\¥Ã [L
l · .
\ ge. ____ n
a. 4l\ ‘
·\Z? 5
GI- l À `
( ` ' 7TL•
  %
G! ·
, , 7 sq
ITE!
“ , / is
°‘ •‘ (ll) 11
Fm. 34. — Système nerveux : 1, complet de Galathea slrigosa. En arrière du collier
uasophagienc 2, dans Eupagurus ber·nhardus;3, dans Corystes casswclaunus. ccerveau
suivi du collier œsophagien ou se voit la commissure postoesophagienne d et les ori-
gines .7: du stomato·gastrique ; o ganglions des appendices buccaux ; m‘ ii m' des
pattes, al à u¤ et a des segments abdominaux. ces ganglnons condensés en n dans 2
et 3 (Edmond Panama d’après Bouvima, 1889).
voit s'accuser la concentration, la chaîne abdominale restant encore dans
l’abdomen (Porcellana longicornis) (fig. 35, l ct‘2)ou, réduite,rentrantdans
le céphalothorax (Porcellana plalycheles, Dromies) (fig. 35, 3 et 4) pour se
fusionner finalement avec la masse céphalothoracique (fig. 36). La masse
résultante est encore traversée (fig. 3l—36, en p) par l’artère sternale
(comme chez les Macroures où elle passe entre les ganglions des pattes [II
et [V), mais dans les Crabes supérieurs, la masse est imperforée et précède
l’artère.
Les ganglions servent non seulement à innerver les appendices, mais
également les muscles (fig. 2 et Pl. I, fig. 3) du corps dont les principaux,

32 DÉCAPODES MARCHEURS
outre eeux de l’estomac (ag, pg), sont les moteurs de la queue (Pl. 1, fig. 1),
tres developpes chez les Macroures où 1ls se divisent en deux groupes, les
uns eœienseurs (me) et dorsaux, les autres beaucoup plus volumineux, flé-
chzsseurs (mf) et ventraux. Ces muscles sont pairs et prennent leur atta-
che en avant dans le céphalothorax, en arrière sur les téguments solides
des segments abdominaux.
2
ëf   _ 5 ce
'\`·  _' ,.'/  
œ œî  ‘ ··% K, gr"; kâ
2; | ~ ' · ' ·: —Ã
x 2E œ ‘ y
‘ O wi ___ _____
_   . ‘»   ai ,1; im} [
m10      ' `g\‘\\yll/ Q
· '  s  `  Q; Q É \` il ’ '
    < 6. · œQ\ l`   */- Xd
[U 2/,  \> lill ( . _7t‘(,1 Ml  
HL!  ,1 __ A  C / I   4,:42
à `·"`*"i.'   `  
  A \ [ I A ' , F  
l ` ' g I ' x ·’ . Ã l ï\\
(1: at. ;   M5 Ã \
i ·: g_ g @1 // la xs
4, -9   al az * f'
ae É /· ‘   Z g
au   gs Fm. 35. —- Système nerveux de
· Gz · is i Carcinus maenas: rz cerveau,
· b collier cesophagien, c com-
· missure postoesophavienne, d
Fm. 35. —« Système nerveux de Poreellana longi— masse de tous les ganglions
cornis 1 et 2, et de Porcellana platgcheles 3 et 4; veàtrauxperforéepourle pas-
lettres comme dans la fig. 34 (Edmond Pnnnrnu sage de 1’artère ~tern11e (d’a—
d’après Bonvxna, 1889). pres Edmond PERn1En,1893).
Il y a également un système nerveuxviscéral(stomato-gastrique) dont
l’origine principale se trouve dans trois nerfs, un médian issu du cerveau
et une paire issue en .1î(llg 35) des commissures œsophagiennes. (les nerfs
se ramifient en plexus sur l’intestin, notamment dans sa partie stomaoale,
0I'g3·1'18S des sens. — Organes de la rL1e.Situés au boutlibre de pédoncules
presque toujours mobiles. les yeux des Macroures sont revêtus par une
cornée chitineuse transparente et divisée «·n un tres grand nombre de
cornéules polygonales. d’où le terme d’yeu7c composés (fig. 37) qu'on leur
attribue. Cha ue cornéule corres ond et un élément o ti ue ou ommalidie
Cl P P CI
dont les parties successives sont, de l`extérieur à l’1ntér1eur,les suivantes:
10 un groupe de petites cellules épidermiques sécrétrices de la cor-
néulel ; 20 un groupe de quatre cellules crislalliniennes(s, leur noyauï lon-
itudinalement `uxta osées ui se rétrécissent en arrière cr. et se
g J P Cl t
différencient extérieurement sous la forme d’un crislallin en lentille
allongée ;30 une rëlinule formée par une couronne de sept autres cellules
(r onalement allongées qui se mettent en relation au bout proximal avec

marin GÉNÉRALE Z3
les fibres (n) du ganglion optique situé à la base de I’oeil dans le pédoncule
oculaire; ces cellules rétiniennes (r) entourent un bàtonnet central pénétré
par leurs fibrilles nerveuses et issu de leur différenciation. Le tout, en
arrière de la région cornéenne, dans un fourreau de deux cellules qui
l’isole des éléments contigus ; ce fourreau est richement pigmenté ; en
dehors des cellules rétiniennes, vers la base de celles-ei, s’intercalent des
cellules pigmentées dejaune qui constituent le lapis de l’œil. Grâce à son
cristallin, chaque élément optique
[ -\..—·"' — eut former sur la rétine l’image
•¤ ° P . . . .
5. ..,...   d’un objet extérieur situé suivant
son axe ; la cornée de l’œil étant
" convexe, les objets un peu éloignés
formeront autant d’images qu’il y a
  de cornéules. C‘est la « vision en
‘" ··‘‘‘‘ -·® ~
 
   
r., `l»' À  
  "‘i~ll iQ
  YÃÉÃ
· l l   ···· 'iâ r is
çi  âgé; · i&'llT2§:    
r '·····’ , •` V· Wir ,`!'«.
_ _  .     ` 'niuj,
r.._.'  ` .   \ È,
` C
Il
F10. 37. - Elément d’un œil composé : l
lentille superposée au noyau de la cel- ,;v ·'_ ,,.
lule ectodermique sécrétrice ; cr cône ,   g ` `,
cristallin forme par un groupe de 4 cel- F ‘   * W"
lules ; r cellules rétiniennes en relation 06
avecles fibres n du nerf optique, la par- _
tie centrale du groupe constituant un _ Fm. 38.- Appareil sexuel mâle d‘Ecre-
hatonnet, le rhabdôme (d’apx·ès Banss, visse ; Vd canal délérent (d’après Ed-
1927*). mond Panama, 1893).
mosaïque » de Johannes l\IüLL1=:a, mais il est probable qu’elle se résout en
une image simple comme chez les Vertébrés où les deux yeux ne donnent
qu’une sensation simple.
On tenait pour audilif, mais on appelle maintenant slalocyle (sla) un
petit sac sensoriel logé dans l’article basal de chaque antennule (fig. 15),
ledit sac présentant sur son plancher une ou plusieurs séries de soies pen-
nées où plonge la fibre terminale d’une cellule nerveuse située à la base.
Chez les Macroures Marcheurs et la plupart des Anomoures, le sac s’ouvre
sur la face supérieure de l’article par une fente courbe et garnie de poils
sur un de ses bords ; dans les Brachyures, il est encore ouvert chez les lar.
ves, mais il est clos chez les adultes où il s’ouvre d’ailleurs à chaque mue
pour rejeter sa cuticule interne et ses soies, comme dans les Macroures.
nouviaa 3

34 mâcaronas imncrrnuns
Un liquide occupe la cavité du sac, avec des grains de sable englobés dans
un mucilage de même nature et sans doute de même origine que le
vernis cutané épicuticulaire. Cela rappelle un peu les sacs auditifs des
Mollusques, mais on sait aujourd’hui que les statocytes assurent l’équilibre
et la direction. Chez les Brachyures, où les otolithes font défaut, les
statocytes régularisent la marche latérale.
Les Crustacés Décapodes ont l’0doraf sensible ; ils se rendent très vite
aux appâts qu’on leur présente pour la pêche. Leurs organes olfactifs,
d'après LEYDIG(l857),SO1'1t des poils groupés en faisceaux au bord anté-
rieur et au bord postérieur de la plupart des articles dans le fouet externe
des antennules (fig. 15), poils délicats, obtus ou terminés par une papille ài
leur bout libre et en relation avec une cellule nerveuse.
On ne sait rien du goûl, encore que des auteurs attribuent un rôle gus-
tatif à certaines cellules des parois oesophagiennes. Quant au iaci il a
certainement son point de départ dans les poils qui s’élèvent en diverses
parties du corps et des appendices, notamment surles fouets antennu—
laires et antennaires.
REPRODUCTION `
Sauf quelques très rares exceptions (Calocaris, p. 95) où il y a herma—
phrodisme, les sexes sont séparés chez les Décapodes, le plus souvent avec
glandes mâles ou femelles assez semblables, toujours au nombre d’une
paire et presque toujours plus ou moins anastomosées sur la ligne médiane.
Celles de l’Écrevisse, par exemple, sont dégagées en avant, réunies au
milieu, fusionnées plus loin en un lobe impair et médian, assez court chez
le mâle (fig. 38), assez long chez la femelle ; situées entre le péricarde et
l`intestin, elles forment une masse trilobée qui, suivant l’époque, déborde
en avant et en arrière. Chez les Paguriens et la plupart des Thalassiniens,
les glandes des deux sexes sont rejetées dans l’abdomen ;partout ailleurs
elles se logent (rgfig.2) dans le céphalothorax,entre le péricarde (pé) et le
tube digestif (hg), localisées totalement dans cette région chez les Bra-
chyures, parfois pénétrant un peu dans la partie antérieure de l’abdomen
comme c’est le cas pour les ovaires du Homard.
Chaque glande présente un canal particulier qui conduit les éléments
sexuels au dehors.
Les conduits sexuels du mâle sont simples chez les Marcheurs, assez
semblables à ceux de l’Écrevisse (fig. 38), et composés de trois parties
successives : une simple et étroite qui part du testicule (T), une seconde
(Vd) plus épaisse et glandulaire, circonvolutionnée dans l’Écrevisse, mu-
nie d’annexes en caecum chez la plupart des Brachyures, une troisième
musculeuse ducius ejaculaiorius, qui aboutit à l’orifice sexuel (Oo). Ce
ductus (nd, pl. l, fig.1) s`ouvre à la face interne de la coxa des pattes posté-
rieures (Fu) chez tous les Macroures et Anomoures et chez presque tous les

PARTIE GÉNÉRALE  
Brachyures à l’excepti0n des Catomét0pes.Un pénis (pé) membraneuxpro—
longe au dehors le conduit chez les Astaciens du genre Cambarus, chez
un certain nombre de Paguriens et chez tous les Brachyures où, dans le
,,ç;î` $·~. _ , 1:52* ·.
:"* ;f·"'ïî?’y . — `éfr,
sg h"i;"E§,#, ~:»;¢·ïâ"”I" " aêrî
ê' '“r:l;,_   ` 6:
' "'·.‘î: É-€î"‘ `
 »
s   —
Fm. 39. —-· Appareil génital femelle de Cancer pagurus avec ses deux réceptacles
séminaux (d‘après BALss, 1927a).
groupe des Catométopes (fig. 176, p.278), tantôt il émerge d’un sillon ster-
nal, tantôt il prolonge dans le sternitc le canal éjaculateur. Les mâles de
presque tous les Marcheurs se distinguent par leurs pléopodes des deux
\
\
  \\ I
aa  ,
/ 1%  
/ 1/(  
Fm. 4-0. -— Spermatozotde d‘Écrevîsse démesurément grossi
(d'après Hvxmav, 1880).
premières paires qui deviennent des appendices sexuels (Pl. I, fig.1 et fig.
54, p. 65) ; ceux de la lm (Pl. I) sont simples etcreusés en gouttière, par-
fois bifides ; ceux de la suivante (Pl. II) sont plus normaux, avec fouet
exopodial et endopodite, celui-ci (fig. 57, D) d’ordinaire accompagné d’un

36 DÉCAPODES Maacnnuas
appendice inicrnc (ai) flanqué d’un petit appendice masculin (am) ; le même
pléopode, chez les Brachyures, se réduit à un stylet biarticulé dont le
segment terminal représente l’endopodite avec son appendice. Les deux
paires sont rabattues en avant contre le sternum ; elles manquent complè-
tement chez les Écrevisses parastaciennes, les Scyllarides, quelques Tha-
lassinidés et la plupart des Pagurides.
Les oviducics (fig. 39) sont plutôt courts et simples chez les Macroures
et les Anomoures; chez les Brachyures ils s’allongent dans leur partie ter-
minale pour servir de vagin et présentent dans leur partie moyenne une
ou deux dilatations sacciformes qui servent de récepiacle séminal et ren-
ferment dans leurs parois des glandes cémentaires. Leurs orifices(0d, Pl. l,
dx ljlm îlïv êbî abz
,,..,   ’ ' ,‘
  » ··—» /· ü-- · rw /
· ~·¤ ,·
    “* ¢'§î*e‘*t`"  <"‘ (
    rla     /
" T_—iÃ=%   ~ Ã * ï—  
Fm. 41. — Accouplement du Cambarus affïnis : lh ru, thv pour p°, p5 ; abl, ab?
pour les pléopodes 1 et 2 (Scnnrnnmsnno 1927, d’après Awnmzws).
fig. 1) se trouvent sur la face postéro-interne de la coxa des pattes Ill chez
les Macroures, Anomoures, les Brachy11res primitifs de la famille des Dro-
miidés et beaucoup de Crabes oxystomes ; chez tous les autres Crabes,
ils débouchent directement sur le sternum. Dans ce sexe, les pléopodes
antér1eurs sont seuls modifiés, toujours simples et sans grand rôle dans
la reproduction ; aussi manquent-ils dans les Écrevisses parastaciennes,
chez tous les Palinura, la plupart des Anomoures et presque tous les Crabes
en dehors des Dromiacés.
Au cours de l’acoouplement la semence mâle est confiée à la femelle
sous la forme de spermatophores ; ces derniers se composent d’une enve-
loppe sécrétée par la portion glandulaire des canaux efférents, enve-
loppe où sont inclus en nombre indéfini les spermatozoïdes ou germes
mâles qui présentent toujours des prolongements externes, lesquels, chez
l’Écrevisse, sont nombreux et s’irradient autour d’une masse centrale
(fig. 40). Dans les autres Macroures, les spermatophores sont allongés et

maris: GÉNÉRALE 37
filamenteux ; ce sont de petites ampoules fixées sur un ruban commun
chez les Paguriens et Galathéides, indépendantes chez les Brachyures. L’ac-
couplement n’est connu que dans un petit nombre de formes: les Homards,
les Écrevisses, les Cambarus (fig. 41) et certains Crabes; il se produit peu
après la mue des femelles. Ces dernières s’étendent sur le dos, les mâles
au-dessus, leur face ventrale regardant la face ventrale de la femelle ;
la position, d’après BRANnEs (1897), serait exactement inverse chez les Gala-
théides. Dans l’Écrevisse, les spermatophores, à leur sortie des orifices,
sont recueillis par les pléopodes sexuels de la 1*8 paire, poussés au dehors
par ceux de la paire suivante, puis déposés sur les sternites thoraciques
postérieurs où ils restent à l’état de matière crayeuse qui déborde souvent
sous le premier anneau abdominal. Le Homard les introduit dans une
sorte de poche ventrale recouverte par trois processus des sternites tho-
raciques des deux paires de pattes postérieures ; cette poche séminale est
un rappel du lhélycum femelle des Pénéides, on le rencontre un peu modifié
dans les Nephropsis (Pl. II, fig.3) et sous la forme d’anneau ventral dans
les (Jam barus (fig. 56). Chez les Brachyures, les petits spermatophores sont
portés dans le réceptacle séminal de la femelle par les pléopodes sexuels
subtubuleux dela 1*** paire qui s’introduisent dans la vulve, ilsy sont
poussés par les pléopodes suivants qui agissent à la manière d’un piston,
aidés en cela par les pénis (fig. 176).
La fécondation se produit au moment de la ponte qui s’effectue sans
doute dans des attitudes très diverses; chez le Homard américain, d’a-
près HEma1cx(1909), Ia femelle se tient, comme 1'Écrevisse, sur le dos, l’ab-
domen recourbê ventralement contre la face ventrale du thorax, formant
ainsi une sorte de poche close en arrière. La paroi des spermatophores
est dissoute par la sécrétion des glandes cémentaires contenues dans les
pléopodes et pleurons abdominaux ; l même sécrétion coagulée en vernis
recouvrira ensuite chaque œuf pour le fixer par un pédoncule aux poils
du sympode et de l’endopodite des pléopodes 2à   Chez les Brachyures,
les glandes cémentaires étant situées dans les parois du réceptacle sémi-
nal, c’est là que se dissout l’enveloppe des spermatophores et que les sper-
matozoïdes devenus libres atteignent l’œuf et le fécondent.
Les œufs sont en nombre très variable suivant leurs dimensions qui
varient beaucoup avec les espèces ; ils sont au nombre d’environ 200 dans
les Écrevisses, mais on peut en compter jusqu’à 70.000 chez les Homards,
100.000 chez notre Langouste et 2.000.000 dans le Ncplunus (Callinecles)
sapidus ou Crabe comestible américain.
DÉVELOPPEMENT
Le développement des Crustacés Décapodes comprend trois âges succes-
si‘fs, l’un embryonnaire qui s’effectue dans l’œuf, le second larvaire où le
jeune, très différent de l’adulte, se meut en pleine eau,le troisième posilar-

38 Diêcaronxas MA1=icHEtRs
vaire dont la forme et les habitudes se rapprochent déjà beaucoup de l’état
définitif.
Les Nageurs du groupe des Pénéides diffèrent de tous les autres Déca-
podes en ce que leurs œufs sont rejetés dans l’eau et y éclosent vite, leur
développement embryonnaire étant très simple, mais suivi par un déve-
loppement larvaire long et assez complexe que Fritz MuLr.1=P. (1863) a le
\
\ /
l   ) / ’
\   l" W
_ il / '••·-     ¢,¢•’
D ' ï I'
·°\~  
. ww, — lu ‘
J ‘ ll ~ ·»:î·« » î,»·Ip( ë\
"   lllp li   ` V ,)· ll) Ã  ` ·
,“l, `·  
V ` :r‘¤(l:À
/ )\ , ‘· \
Fra. 42. - Stade nauplius de Pénée. Fm. 43. — Stade protozoé de Pénée.
premier fait connaître (1) et qui comprend la série successive des stades
suivants: —
1° nauplius (fig. 42): pas de segmentation, une petite tache oculaire sur
le front ; trois paires d’appendices ; antennules simples, antennes, man-
dibules biramées et natatoires (c’est la forme sous laquelle naissent la
plupart des Entomostraeés) ;
20 méianauplius : ébauche des 4 paires suivantes, saillie masticatrice
aux mandibules ;
30 proiozoé (fig. 43) : le palpe mandibulaire disparaît pour un temps, les
deux paires antérieures de maxillipèdes sont natatoires et biramées, an-
tennules et antennes également natatoires ; début de la carapace et des
pédoncules oculaires, la segmentation du thorax s’achève et un peu plus
tard commence celle de l’abdomen, celui—ci est bifurqué au bout ;
1. Les observations de MGLLER viennent d’être conürmées et étendues par M¤¤¤’J.
H. HELDT (1938). ,

marin <;ùxÈn.·.L12: 39
4° zoé : les pédoncules oculaires deviennent mobiles, la carapace acquiert
une pointe frontale, tous les membres thoraciques en arrière de mœpz indi-
qués par des bourgeons, abdomen complètement segzmenté avec rudiment
des uropodes ;
‘5° mysis (fig. 44) 2 tous les appendices biramés, ceux du thorax nata-
, r '}' _——`\
a  ge--
_·_ _, ,,._;g\ \`, yy] ·  
 m/ ,_j_.,yl _< < 4 '· ~ Us}
  // (X/ _/ / qa
A / » fr // / Il R .
' \
Fm. 44. —· Larve mysis du Homard commun (d'après Edmond Panama, lt<E>3).
toires, grande nageoire caudale et long rostre ; antennules et antennes
prennent leurs caractères définitifs ;
60 stade posllarvaire : les exopodites thoraciques se réduisent ; la fonc-
tion natatoire passant aux pléopodes, d’où la dénomination de naiani
donné à ce stade par Bons (1880) chez les Macroures Marcheurs.
~.
 
  gs ‘
X ’ · ‘    i
il   \ É;. [
·-   ·`·-«‘·‘~ ·· X X  iii   / · 
.·;:;lî:J.f···`·?··':·:?}‘·îL?  xi  `l)i)\  · I
.-1*IîQ`??§îÈîQl—§*§}`;i,î}3?<?»€i‘.> · ..,,,__ ~;çi'l ml / '
fI‘·‘·*`.··':;=·.i· ···€~::Z'::i. · ,· · ~‘ , ;;m="""\
·‘î;·t·:·_-«î°·:   6·:·.;>q·.I»·r`lê·, i  iliil*“(u••)"l]'I1lm«'yfuîiil ~
.·::·z;·‘·t.‘··..@:a·· =1   "’ l··e "®l—l*"·""1·>¢w’}É 
4\::.:.,.·,'; ·.·! "‘:,:=?`â= ,;?_": }l ,:z;·w‘?·  ")ÀI),"h ,ë t
_*;.==.=;—::‘·*,` ‘.·a:¢€ê ..     .. `” ··i»- ~·ï gw" “’*~·
î·'f?_·,t:;.·1\l\§· _ ,-5 ·,·j:r;i-$(üë;É‘ _
‘·\·`f:·~·‘_·:I_—¤ F \ ·· _~E:__;5`#>£;: A _
‘J'~‘.·$=`F·ï‘·f···   ' rïzfeuëïr «« .··~
‘ï·=i:2::4.'1'·'·   ‘2·*J-$·' J ···· ····-·=>
`·:·.·É··‘1È,fJ·‘l·`«*"·Q2‘ï]`2,a"'É?î`“ **1; ‘
    l»' ' s
""ï xîsîiàiâ " ` ir  
Fm-. 4-5. -—- Embryon d‘Asla¢·us au stade Fm. 46. —- Jeune Écrevisse à Péclosion
nauplien (d‘après Huxmsv, 1880). (d‘après Huxnm', IBHO).
_Suivant la durée de leur développement embryonnaire, qui compte 7 à
8 mois chez l’Écrevisse et près d’un an chez le Homard, les autres Déca-
podes traversent plus ou moins dans l’œuf ces divers stades ; ensuite l’é-
closion a lieu, le cément se désagrège et les jeunes abandonnent la femelle.

40 DÉCAPODES MARcHEUP.s
Les Homariens éclosent au stade mysis (fig. 44) avec épines sur le dos des
segments abdominaux,mais sans uropodes et avec le telson divisé en deux
profonds lobes qui se terminent en pointe ; puis (stade postlarvaire) les
exopodites se réduisent jusqu’à disparaître et, à la suite de quelques mues,
la forme adulte est acquise. Les Astaciens ou Écrevisses traversent dans
l’oeuf les mêmes stades (fig. 45), sans jamais avoir au surplus des exopodites
sur les pattes ; le jeune qui sort de l’œuf (fig. 46) présente déjà presque
tous les caractères morphologiques de l’adulte, mais avec un céphalotho·
rax dilaté d’avant en arrière, ce qui lui donne un contour triangulaire.
Dans le groupe Palinura même succession que chez les Homariens de
deux stades postembryonnaires ; ce qui distingue le groupe c’est une diffé-
rence profonde entre les deux stades. Franchement pélagiques les larves
mysidiennes sont hyalines avec de longues pattes,et une carapace en vaste
bouclier dorsal, qui est un triangle à pointe postérieure chez les Eryonides
(larve amphion) ou s’étale en un large disque foliacé chez les Loricates
(larve phyllosome, Pl. II, fig. 6). Dans l’un et l’autre cas le stade natant
est tout autre ; bathypélagique à carapace globuleuse et garnie d’épines
(eryoncicus, Pl. III, fig. 1) chez les Eryonides ; -—- attiré vers le fond et
plus semblable à l’adulte chez les Loricates, alors tantôt avec une cara-
pace plutôt étroite et une paire de pointes sur le sternite thoracique pos-
térieur (puerulus, Pl. III, fig. 4 des Langoustes ; nisfo, Pl. III, fig. 6 des
Scyllares), tantôt avec une carapace largement déprimée et une pointe
sur la coxa de chacune des pattes 5 (pseudibacus, fig. 64, p. 87 des Scyl-
larides). Nous reviendrons sur ces formes en étudiant les Palinura. Chez
elles, tout au moins dans l section des Loricates, antennes et maxilles
subissent au cours du développement embryonnaire une dégénérescence
qui se répare à l’état de phyllosorne, alors que celui—ci subit une dégéné-
rescence des pattes des deux dernières paires et de l’abdomen, parties
bien développées dans l’embryon et qui doivent d’ailleurs acquérir leur
structure définitive au stade natant.
Dans le groupe Thalassinidea, l’éclosion se produit sous la forme d’une
zoé qui nage avec l’endopodite et l’exopodite de tous les maxillipèdes
(Calocaris, Callianassa, Axius) ou des deux paires antérieures seulement
(Jaxea, Upogebia). Ensuite vient un stade mysis où, non seulement les
deux rames des maxillipèdes sont natatoires, mais aussi les exopodites
des trois paires de pattes antérieures, l’endopodite ayant plus ou moins la
structure des adultes ; quant aux pattes des deux dernières paires, elles`
sont simples et sans fonctions locomotrices. D’après WEBB(1919), les larves
d’Up0gebia sont inermes, mais les larves d’Aœius (fig. 65, F, p. 94) pré-
sentent sur l’abdomen des épines homariennes et celles des Callianasses
(fig. 67, D, p. 101) une très longue sur le 2** tergite abdominal (1920). Dans
Jaxea, les larves zoé et mysidiennes, connues sous le nom de lrachelifer
(fig. 66, D, p. 99), sont très longues et grêles, avec un stade postlarvaire
où, d’après CARoL1(192l),la partie antérieure de la carapace devient brus-

PARTIE GÉNÉRALE 41
quement étroite (fig. 66, E, p. 99). Chez les autres Thalassinidés, tout au
moins dans Upogcbia, le stade postlarvaire est peu différent de l'adulte.
Plus de stade mysidien, même incomplet, dans les autres groupes.
Chez les Anomoures, la forme qui vient d’écl0re est une zoé (fig. 131) avec
longue pointe rostrale dirigée en avant, une pointe à chacun des deux an-
zs
A' Ã '
A" ·'<"
 A `M " , -
fx   p «, :
lr Kfn 
 9(
Fm. 47. —- Métazoé de Thia palim: A1 antennu1e,'A' antenne, Kf et K/" pour mnp‘
et mxp', Zs épine dorsale (d’après Edmond PERMER, 1893).
gles postérieurs de la carapace, et comme organes natatoires, les deux
paires antérieures de maxillipèdes ; au stade suivant, les maxillipèdes pos-
térieurs sont également natatoires et les pattes toutes constituées, mais
// A \
ai
A . .
r' 2 Y > 2
“ ‘— / lwcé
/ ,«~' li *
( /’\ C  ll
.   A , I i
i I// iï f li  --5 - 
É)?. ) 2
. À  ".!«!»; · ,/ ~
\  Ata!} .  
 
/| I 
Fm. 48. — Mégalope de Portunusz F‘ et F' pour pl et p'
(dfapres Edmond PERRIER, 1893).
sans fonctions ; c’est le stade mélazoé qui conduit au stade postlarvaire où
les appendices thoraciques ont leurs fonctions définitives et ceux de l’ab-
domen un rôle natatoire. Les Paguriens à ce stade sont connus sous le nom
de glaucoilzoé (P1. IV, fig. 6); ils vivent sans abri et conservent une symé-
trie parfaite qui disparaîtra chez l'adulte.

42 DÉcAPoDEs Manor-mons
Les Brachyures, à leur sortie de l’œuf, sont des métazoés (fig. 47) où les
maxillipèdes postérieurs ne sont jamais natatoires ; en plus de la pointe
rostrale, leur carapace est armée sur le dos d’une puissante épine et par-
fois, comme chez les Anomoures, présente deux pointes postérieures. Dans
certains cas elles passent directement à la forme adulte, mais presque
toujours, elles traversent des stades postlarvaires appelés par LEACH mé-
galopes (fig.48) où les pléopodes servent à la natation, et les pattes à la
marche, la carapace acquérant par degrés sa forme définitive. Chez notre
Carcinus maenas, par exemple, la lm mégalope se distingue par sa carapace
en triangle aigu et armée d’une pointe dorsale, surtout par son abdomen
étendu où fonctionnent en rames les cinq paires de pléopodes; la 28 méga-
lope n’a plus de pointe dorsale et sa carapace tend vers une forme qua-
drangulaire, qui est acquise au 36 stade où l’abdomen se rabat d’ailleurs
sur la face ventrale, comme chez l’adulte. D’après SHEN (1935), les sexes
sont déjà distincts dans les mégalopes, celles du mâle ayant cinq paires
de pléopodes, celles de la femelle 4 paires (absence des pléopodes du 69
segment).
Mues. — Les mues permettent à l’animal de grandir et de modifier
plus ou moins sa forme ; quel que soit l’âge du Crustacé, elles se manifes-
tent par l’ensemble des traits suivants : le rejet des téguments solides ou
exuvie au—dessous desquels s’est préalablement formée une couche rempla-
çante issue comme eux des cellules de l’assise ectodermique ; — une résorp-
tion en fente de ce test dans la partie membraneuse qui rattache en arrière
la carapace au premier tergite abdominal ; —- une forte absorption du li-
quide ambiant, laquelle dilate le corps et le fait surgir par la fente ; — enfin
l’épaississement progressif et la calcification de la couche remplaçante.
D’abord passive et produite par la turgescence du corps, qui soulève la
carapace, l’exuviation se continue par des contractions musculaires qui
dégagent de leur fourreau solide le corps et les membres ; elle est précédée
et suivie par une période inactive où le jeûne est absolu.
Ces divers stades ont été excellemment suivis par DBACH (1939), surtout
chez les Crabes. D’après cet auteur la résorption tégumentaire du Crabe
se produit non seulement au bord postérieur de la carapace, mais suivant
la ligne latérale (voir p. 14) ; l’absorption de l’eau a pour siège le tube
digestif dont la perméabilité est accrue ; les strates qui constituent la par-
tie solide des téguments apparaissent en deux étapes successives, les unes
avant l’exuviation (épicuticule et couche sous-jacente parfois calcifiée
et d’ordinaire pigmentée), les autres aussitôt après (couche beaucoup plus
épaisse, sans pigment mais calcifiée ; puis mince couche membraneuse en
contact avec l’ectoderme). Au cours de l’intermue, c’est-à-dire durant
l’intervalle qui sépare deux mues successives, les`éléments du corps va-
rient progressivement et des réserves s’y accumulent (glucose, graisse)
pour former la chitine et nourrir les tissus.Dans le foie, qui est en fait un

mnrxis «;ûNûn,xL1z 43
hépato-pancréas, s’accumule en outre du phosphate de calcium qui, tout
de suite après la mue, sert à fournir aux téguments du carbonate de cal-
cium, lequel cristallise souvent en aiguilles de calcite. Mais la calcification
des téguments est empruntée surtoutà l’eau de mer(probablement au ni-
veau des branchies), à un degré moindre au calcium des aliments et,chez
les Homariens, au calcaire dissous des gastrolithes. Etant dépourvus de
ligne latérale, ces derniers Macroures préludent à l’exuviati0n par un ra-
mollissement de leur ligne médio-dorsale et du bord inférieur de leurs bran-
Chiostégites.
HABITUDES
Extrêmement variés dans leurs formes les Décapodes Marcheurs ne le
sont pas moins dans leurs habitudes.Sur ce point, il y a lieu de renvoyer à
la partie spéciale de l’ouvrage; sauf toutefois pour les manifestations sui-
vantes d’un caractère plus général qui méritent par suite d’être étudiées ici.
Autotomie. -- A la suite d’un choc ou de quelques autres excitations les
Crustacés, par voie réflexe, agissent sur certains muscles des appendices
et provoquent la chute brusque de ces derniers, surtout des pattes. Chez
les Marcheurs, cette auiolomic se réalise toujours au même point, entre le
basis et l’ischion, que ces articles soient libres comme aux pattes des quatre
dernières paires des Homariens, ou qu’ils soient soudés à toutes les pattes
comme dans les Crabes. Chez ces derniers, où le phénomène a été étudié
de très près, la ligne de rupture est rendue apparente par une moindre cal-
cification qui correspond en dedans à une membrane transversale double
où des orifices laissent passer les artères et les nerfs. Au moment de la
chute du membre, le sang ferme ces orifices par un coagulum et à l'exté-
rieur s`ébauche le nouveau membre qui, en vertu de la pression sanguine,
fera saillie au dehors à la mue suivante et aux mues ultérieures, pour
prendre sa forme et son développement définitifs. Quand on les manie
sans précautions ou quand on les plonge vivants dans l’alcool, beaucoup
de (Irabes oxyrhynques détachent en un clin d'œil toutes leurs pattes.
Cette chute est-elle, comme on le dit souvent, un moyen de défense qui
permet à l’animal d’écl1apper aux prises de l’ennemi ? `
Régénération. — En dehors de l’autotomie, les membres se régénèrent
quand ils sont plus ou moins lésés, ce qui est très fréquent. S'agit-il de la
perte d’un ou deux des articles terminaux, la régénération est directe et
rapide; mais si la cassure se fait au-dessous du propode, un nouveau mem-
bre s‘ébauche en dedans du caillot terminal et se dégage aux mues sui-
vantes. Dans ce cas, comme à la suite des autotomies, le nouveau membre
appartient d’ordinaire à un type phylogénétiquement plus primitif ; si,
par exemple, les maxillipèdes postérieurs aplatis en opercule chez la plu-
part des Crabes, se régénèrent, ils prennent la forme étroite qu'on leur

44 DÉCAPODES Mancnuuns
voit chez les Homarides. Cette remarquable loi fut mise en évidence par
le regretté Boaoacn chez les Insectes(1905) et chez les Crevettes dela
famille des Atyidés (1905).
La régénération par héiéromorphose des pédoncules oculaires est parti-
culièrement nette dans l’Écrevisse et le Homard où, comme l’a montré
A. MILNE-EDwARDs (1864), le pédoncule oculaire peut être remplacé par
une antennule. D’après HERBST qui a étudié ce phénomène(1896 et 1916),
il est nécessaire pour cela que le ganglion optique ait disparu ; dans le cas
contraire, c’est un œil qui se produit. Il y a balancement dans la régéné-
ration chez les Mareheurs, tels que le Homard, ou les deux chélipèdes sont
inégaux ; d’après CALMAN (1909), le grand chélipède disparu est remplacé
par un petit, alors que le petit, resté en place, prend le caractère du
grand.
Castration parasitaire. —— Les Décapodes hébergent souvent des Crus-
tacés parasites, Cirrhipedes Rhizocéphales ou Isopodes : les premiers se
tiennent entre l‘abdomen et le sternum des Crabes (Sacculina) ou sur l’ab-
domen des Pagures (Peliogasler) et, dans les deux cas, enfoncent des ra-
cines absorbantes dans les tissus de l’hôte ; les seconds, Isopodes Épica-
rides du groupe des Bopyriens, se logent dans la chambre branchiale des
Macroures ou des Anomoures (Bopyridés vrais), ou bien parasitent les
Crabes en pénétrant dans les entrailles de l’hôte, au sein d’une invagination
en poche où ils acquièrent un énorme développement et une structure
singulière (Entoniscidés). Quelle que soit leur nature, ils provoquent dans
leur hôte le curieux phénomène désigné par GIARD sous le nom de cas-
tration par·asiz‘az'r·e : dans le cas des Crabes sacculinés tout au moins, la
femelle parasitée subit peu de modifications externes, sauf une réduction
des pléopodes, mais ses ovaires se réduisent ou s’atrophient complète-
ment ; outre cette castration des glandes reproductrices, le mâle parasité
acquiert plus ou moins un abdomen de femelle, modifie par réduction
ses pléopodes sexuels et, en arrière de ceux-ci, développe souvent
d’autres pléopodes d’ailleurs de petite taille.Les Crabes sacculinés sont
moins vifs et sécrètent plus de matières grasses que les autres; d’après
BoHN, leurs formes très actives comme les Carcinides et les Grapses se
couvrent parfois d’Algues à la manière des Crabes oxyrhynques nor-
maux. CALMAN (1909) relève que les Crabessacculinés, lorsqu’ils arrivent
à se débarrasser complètement de leur infection, deviennent des herma-
phrodites parfaits.
Déguisement. —— On verra plus loin que la plupart des Pagurides se
logent dans des abris divers, surtout dans des coquilles de Gastéropodes
qui les protègent ; certains se déguisent au surplus en portant sur leur
coquille des Éponges ou des Polypes. Beaucoup de Crabes du groupe des
Dromiacés s’abritent de même, grâceà leurs pattes des deux paires posté-
rieures qui se rabattent sur le dos et y maintiennent soit une valve de co-

PARTIE GÉNÉRALE 45
quille bivalve (llypoconcha), soit des Éponges ou des colonies de Tunicîers,
cas fréquent chez les Dromies (voir p. 189). Plus singulier encore est le dé-
guisement, bien étudié par AUR1v1L1.1Us (1889) sur des Crabes oxyrhyn-
ques: profitant des poils en hameçon qui recouvrent leurs téguments,
ces Crabes y accrochent avec les pinces des fragments d’Hydroïdes ou
d’Algues qui s’y fixent et dissimulent parfois complètement l’animal. Ils
choisiraient dans ce but des fragments de même couleur que le fond, mais
cela tient sans doute à la nature du milieu car on a vu des Crabes, élevés
en aquarium, se revêtir de fragments très multicolores mis, pour la cir-
constance, En leur disposition.
Alimentation. — La plupart des Crustacés Décapodes sont carnassiers
et capturent des proies vivantes ; mais bien rares sans doute doivent
être ceux qui dédaignent les chairs mortes, nos pêcheurs de Crabes, de
Homards ou d’Écrevisses en savent quelque chose. Dans les conditions
normales l’Écrevisse mange et capture surtout les petites proies qui fré-
quentent son milieu, couvain, têtards, larves d’Insectes, menus coquil-
lages ; BALSS dit même qu`elle ne dédaigne ni les Characées, ni les ra-
cines des plantes.
Les espèces fouisseuses telles que les Thalassiniens et les Crabes du genre
Ura (Gelasimus) ont sans doute des goûts analogues, encore qu'ils re-
cherchent surtout les détritus de la vase et des sables.Certains Marcheurs
sont franchement herbivores, ainsi les Cénobites qui sont des Paguriens
plutôt terrestres, et le Pagure des Cocotiers ou Birgus lalro. Mais ces for-
mes sont toutes tropicales ; au laboratoire à Paris, j’ai pu longtemps con-
server des Cénobites en leur offrant des salades. Les espèces franchement
carnassièrcs sont·capables, comme la plupart des animaux carnassiers,
de subir un long jeûne. Gmwinn (1920) conserva 126 jours un Crabe en-
ragé (Carcinus maenas) qui refusait toute nourriture ; il rapporte que
les femelles de Squilles, durant l’incubation,supportent une disette de 10
à ll semaines, leur ponte comprise entre les pattes ravisseuses et les yeux
masquant tout à fait la bouche.
On doit à 0n'roN (1927) des notes sur la manière dont estprise la nourri-
ture. Chez l’Eupagur·us bernhardus, l’animal balaye le fond avec sa petite
pince et en isole une masse où est noyé lîaliment qui se compose de petits
animaux et de microorganismes. Les maxillipèdes postérieurs recoivent
cette masse, la filtrent de leurs poils et en rejettent les particules inertes
que le courant expiratoire entraîne au loin; il leurfaut un long temps pour
dilacérer une grosse proie. Ainsi obtiennent la majeure part de leur
menu les Anomoures, en portion plus réduite les autres Marcheurs à
maxillipèdes pédiformes. Chez les Crabes (Cancer, Porlunus, etc.) où ces
appendices forment un double opercule qui clôt le cadre buccal, les pièces
volumineuses sont rapidement dépecées et leurs morceaux saisis par le
double opercule, qui les maintient au contact des autres appendices buc-

46 oxâclxrooiss Muicnnuns
caux, surtout des mandibules, pour que s’achève leur trituration avant
· de pénétrer dans la bouche.
Adaptation au milieu. ——Les Décapodes sont par excellence des animaux
marins qui abondent surtout dans les zones littorales ou sublittorales,
mais un certain nombre pourtant se sont adaptés à un autre milieu ; parmi
les Marcheurs il en est qui sont franchement terrestres sous la forme adulte,
d’autres qui vivent dans les eaux douces.
Les Décapodes lerresires habitent exclusivement les régions tropicales
ou ils sont représentés par les Paguriens de la famille des Cénobitidés
(Cénobites conservant la coquille des Pagures, Birgus ou Crabe des Coco-
tiers dépourvus de tout abri) et par les Crabes catométopes de la famille
des Gécarcins ou tourlourous. Tous présentent des dispositions anatomi-
ques qui maintiennent de l’humidité dans leur chambre respiratoire et
leur permettent d’absorber l’oxygène de l’air.Tous également proviennent
d’ancêtres marins et se rendent à la mer pour y abandonner leurs jeunes
qui naissent à l’état de zoés.
Les Marcheurs dulcicoles appartiennent essentiellement à deux familles,
les Potamonidés ou Thelphuses représentés dans le territoire méditerra-
néen par le Poiamon fluvialiiis et les Astacidés ou Écrevisses qui se trou-
vent, comme les Potamonidés, dans les diverses parties du monde. Les uns
et les autres proviennent d’une souche marine mais donnent directement
des jeunes assez semblables à la mère et qui demeurent un certain temps
avec elle, au moins dans sa chambre incubatrice.
Les Potamonidés sont encore capables de vivre dans les eaux saumà—
tres ou même de se réadapter aux eaux marines, en quoi ils ne sont pas
sans analogie avec le Carcinus maenas ou Crabe enragé de nos côtes et
peuvent même, comme lui, demeurer assez longtemps à l’air, en milieu
humide. Mm DRILHON-COURTOIS (1934) a, en effet, établi que la lym-
phe de Poiamon fluviaiilis est riche en sodium (7 gr. 75 par litre) et en ma-
tières protéiques (45 gr.) mais qu’adapté lentement ou brusquement à
l’eau de mer le Crabe enrichit sa lymphe en sodium (12 gr. 20) par réduc-
tion de ses matières protéiques (12 gr.) ; ce qui rapproche l’espèce du
Carcinus maenas où la lymphe contient 13 gr. 50 de sodium et 37,5 de
matière protéique. D’après le même auteur, il en est tout autrement de
notre Écrevisse, Asiacus asfacus qui, même lentement, ne s’adapte
jamais à l’eau de mer, sans doute parce que sa lymphe est trop pauvre
en sodium (4,88) et plus riche en matière protéique (47,3). On sait par
MUG RAFFY (1934) que le Poiamon, en s’adaptant à l’eau de mer, réduit
graduellement et faiblement ses oxydations, tandis que l’Écrevisse con-
serve son taux respiratoire jusqu’au moment où la teneur en eau de mer,
atteignant trois quarts, désorganise et fait périr l’animal. C’est une
forte diminution dans la salure qui écarte de la mer Baltique la plupart
des Marcheurs de nos régions ; d’après BALss (1927*), _1es espèces qu’on y

marin oùxàimtm 47
trouve se réduisent ii quatre : Eupagurus bernhardus, Carcinus mae-
nas, Macropodia rosfrala et Hyas aranea ; d’autres, plus nombreuses,s’a-
vancent dans le Skager Rack, parfois jusque dans le Cattégat.
D’ailleurs, dans toutes les mers européennes, la plupart des espèces
se rapprochent de la côte pendant la belle saison et descendent plus ou
moins en profondeur quand arriventles froids. Ces déplacements sont éga-
lement subordonnés à la ponte ; WILLIAMSON les a étudiés avec soin chez
notre Crabe tourteau (Cancer pagurus) qui se rapproche de la côte au
printemps et l'été, mais s’en éloigne dans la suite, l’éclosi0n des pontes
ayant lieu durant juillet.
CLASSIFICATION ET AFFINITÉS
C’est à L.xTnmLLE qu’on doit (1803, 183) le premier essai vraiment scien-
tifique d’une classification des Crustacés ; le grand entomologiste divisa
·c«·s Arthropodes cn deux sous—classes : Enlomoslracés et Alalacoslracés ;
dans cette dernière sous-classe, il établit deux ordres, les Décapodes et
les Branclziogaslrcs, enfin dans le premier de ces ordres deux sections les
lllacroures et les Brachyures. On n’admet plus guère aujourd’hui la sous-
classe des Entomostracés qui est par trop composite et l’on a rejeté com-
plètement l’ordre des Branchiogastres qui comprenait les Squilles et les
Crevettines ; mais on donne droit d’asile à la sous—classe des Malacostracés
et à l’ordre des Décapodes, deux groupes largement justifiés par les au-
teurs les plus modernes.
ll n`en est pas de même des deux sections Macroures et Brachyures,
entre lesquelles étaient distribués les Décapodes. Pourtant LATREILLE avait
eu pour prédécesseur dans cette voie l’illustre LAMARCK (1801, 143) qui
divisait les Crustacés suivant que leurs yeux sont sessiles ou portés sur un
pédoncule, et qui établissait dans ces derniers deux sections, Cancri bra-
chguri et Uancri macrouri faisant d’ailleurs entrer dans cette derniére
section les Squilles et les Branchiopodes qui ne sauraient y trouver place.
On n‘a pas eu de peine à montrer, depuis L.xMAncx et LATREILLE, qu`il
est impossible d`établir une limite entre les Brachyures et les Macroures,
et c’est pourquoi fut admis, sauf modifications dans les détails, un troi-
sième sous-ordre, celui des Anomoures, proposé par H. MILNE-EDWARDS
en 1834 (p. 247).
Cette classification fut longtemps conservée et rend encore aujourd`hui
de sérieux services parce qu’elle repose sur des caractères morphologiques
très apparents. Mais le progrès moderne des idées évolutionnistes devait
sérieusement la mettre en échec ; ces idées n’avaient pas cours au temps
de Henri l\I11.Nn-Eowixnos, bien que cet habile zoologiste ait fait ressor-
tir maintes fois les affinités qui existent entre divers représentants des
trois sous·ordres de Décapodes. En 1880, dans un travail mémorable,
le savant danois Bozxs ne s’en tenait plus à des affinités vagues : il montrait

48 ` nÉcAPor>Es MARCHEURS
qu’Anomoures et Brachyurès n’ont point la valeur systématique des Ma-
croures, qu’ils sont issus de la souche macrourienne des Crustacés par cer-
tains Macroures adaptés à la marche, les autres Macroures restant nageurs
comme l’était la souche macrourienne. De là une division des Crustacés
Décapodes en deux sous-ordres : Nageurs ou Naianiia et Marcheurs ou
Repianiia,la souche macrourienne étant représentée par les Nageurs de la
famille des Pénéides ou plutôt, comme l’a établi CALMAN (1904), par des
formes primitives qui rattachent les Pénéides aux Thysanopodes, c’est-à-
dire aux Malacostracés voisins de l’ordre des Euphausiacés ; ces derniers,
en effet, portent aux pléopodes un appendice interne qui manque aux
Pénéides mais qu’on rencontre encore chez certains Macroures et Ano-
moures.
Les idées de BoAs furent admises par BoRnADA1LE (1907) et, dans la
suite, par les auteurs les plus modernes, notamment par CALMAN (1909 zz)
et BALSS (1927 a). Je les ai acceptées de même, en 1915, dans une étude sur
les Décapodes Marcheurs et les Stomatopodes de l’île Maurice non sans
les modifier plus tard (1917) en étudiant les Décapodes Marcheurs des
Campagnes monégasques. Cette modification eut quelque peu pour origine
le souci d’adapter les idées de BoAs à celles de lVlILNE-EDWARDS, bien da-
vantage le désir de faire entrer dans la systématique le caractère du déve-
loppement de l’abdomen. Ce caractère, en effet, saute aux yeux dès le
premier abord, tandis que sont beaucoup moins apparents, quoique fort
précis, les traits qui distinguent les Nageurs des Marcheurs.Je crois avoir
tenu compte de ces observations et de la grande réforme de BoAs en pro-
posant la classification suivante où je me suis borné à indiquer la place
et le rang systématique des Pénéides et Crevettes qui constituent le sous-
ordre des Macroures Nageurs.
Ordre des DECAPODA LATR.
1. Pléopodes natatoires, sauf les sexuels ; pattes avec le basis toujours
libre sur l’ischion, et une seule articulation du propode sur le carpe.
Macroures ............... 1*8 S. O. Macrura natantia. Bouvmn
— Pléopodes jamais natatoires ; les pattes antérieures au moins avec le
basis soudé à l’ischion et le propode avec deux articulations sur le carpe
.............................. 28 S. O. Reptantia BoAs, p. 2
2. Macroures : abdomen grand, symétrique, normalement rabattu sur
lui-même du côté ventral et toujours avec des uropodes ; pattes posté-
rieures peu ou pas différentes des précédentes ....................
.............. P8 Section. Macrura. reptantia. Boovmn, p. .31
——Anomoures:abdomen asymétrique ou rabattu du côté ventral, presque
toujours avec des uropodes ; pattes de la 58 paire, parfois aussi de la 48
très modifiées ; sternite du dernier segment thoracique libre .........
. .............. . . .. 28 Section. Anomura H. M. Enw., p. 111

i>.m1·1E GÉNÉRALE 49
-—Brachyures : abdomen plat, symétrique, rabattu sur la face sternale
du céphalothorax qui est très élargi;très rarement des rudiments d’u-
ropocles ......... 3° Section. Brachyura, Lxxmmcx, Lyra., p. 182
Cette classification tient compte, dans une large mesure, de celle pro-
posée par BoAs (Décapodes divisés en Nalanlia et Replanlia),elle s’éloigne
du classement milne·edwardsien adopté par ÀLCOCK (1901 a) (division en
Macroures, Anomoures et Brachyures), mais s'en rapproche par le fait
que la section des Illacrura replanlia correspond exactement aux lllacrura
aslacides de l’auteur anglais, embrassant comme elle les trois groupes H0-
maridea, Palinura et Thalassinidea. A ce propos, il est nécessaire de rappe-
ler que Bommoaxnxz (1907), suivi par CALMAN (1909 a) et BALSS (1927 a),
considère tout autrement ces trois derniers groupes ; de chacun des deux
premiers,ces auteurs font une tribu ou section équivalente à celles des
Anomura et des Brachyura ;quant autroisième,ils le considèrent comme une
simple subdivision des Anomoures.
DISTRIBUTION
(Test par milliers que s’évalue le nombre des espèces de Crustacés Dé-
capodes ; et dans l’étroite région qui nous occupe, celui de leurs espèces
marcheuses n’est pas inférieur à 180.
(lonsidérés dans leur ensemble, les Décapodes Marcheurs prédominent
de beaucoup en pays tropicaux ; comme partout, c’est dans les zones litto-
rales qu’ils abondent ; mais un certain nombre de leurs formes descendent
jusqu’aux plus grandes profondeurs maritimes, domaines obscurs où ne
pénètre point la lumière du dehors, où aussi,très souvent, ils perdent leurs
yeux et acquièrent une coloration rouge ou laiteuse. Les Marcheurs ne sont
pélagiques ou bathypélagiques qu’à l’état de larves ; aux stades postlar-
vaires ou sous la forme adulte, ils vivent sur le fond, à moins qu’ils ne
trouvent un support dans les Algues flottantes, comme le petit Crabe
Planes minulus de la mer des S3Tg’3SS€S.CALRIAN (1909 a) observe justement
que les formes primitives des divers groupes sont restées franchement
ahyssales; c`est le cas des Éryonides chez les Palinuriens, des Pylocheles
chez les Pagurides, des Homolodromiens parmi les Brachyures. .1’ai noté
ailleurs (1896 c) que les Lithodinés ou Pagurides cancériformes, se rappro-
chent aux deux pôles des zones côtières, et, entre ces derniers, habitent
exclusivement les profondeurs, dont les eaux sont froides comme celles
des pôles.
Les Décapodes sont essentiellement des animaux marins, mais certains
se sont adaptés aux eaux douces, ainsi les Astacides, ou à la vie terrestre,
ainsi les Cénobites, qui sont des Pagurides et les Gécarcins,vulgairement .
appelés lourlourous qui sont des (lrabes d’un type supérieur propres aux
pays tropicaux. On sait par IIUXLEY (1878) que les Astacides se divisent en
deux groupes nettement tranches : les Astaciens vrais localisés dans l’hémi-
nouvusu 4

50 DÉCAPODES Mancnnuns
sphère septentrional sous la forme d’Asfacus ou Écrevisses vraies et de
Cambarus, les Parastaciens propres à Phémisphère méridional où ils sont
représentés depuis l’Amérique du Sud jusqu’à Madagascar, en passant
par l’Australie.
Dans une mesure restreinte, mais qui s’accroîtra quelque peu sans doute,
Yindustrie humaine a étendu la distribution naturelle de certaines espèces.
Cette extension provient certainement des larves, qui sont pélagiques, mais
quelquefois aussi du transport par les navires : le Crabe comestible des
Etats-Unis, Callinecies sapidus a été signalé dans nos ports de l’©uest qui,
d’ailleurs, n’ont pas semblé lui convenir; mais certains points de l’Europe,
en Hollande et en Allemagne notamment, sont envahis depuis peu (voir
p.297) par un Crabe asiatique,l’Eri0cheir·sinensis Enw. qui paraît s’y plaire
aussi bien qu’en Chine. Dans leurs intéressantes études sur la faune du
Canal de Suez, BALSS d’un côté (1927 b), GRUVEL (1936) de l’autre ont
établi que diverses espèces ont profité de cette voie pour se rendre aux
mers contiguës où elles se sont adaptéeszles Pilumnopeus Vauquelini et
Heieropanope laevis de l’océan Indien, par exemple, se trouvent mainte-
nant à Alexandrie ; à l’inverse le Brachynoius seccdenlaius méditerranéen
a pénétré dans le Canal jusqu’au lac Timsah. J’insisterai dans la suite
sur ces espèces introduites et sur d’autres.
On ne saurait douter qu’à la fin des Temps tertiaires, au Pliocène, lors-
que s’ouvrit le détroit de Gibraltar, nombre d’espèces profitèrent de cette
voie pour enrichir la faune carcinologique de la Méditerranée et de l’Atlan—
tique. De même, avant l’émersion de l’isthme de Panama,durant la pé-
riode Pléistocène des Temps quaternaires, pareil mélange dut se produire
entre les faunes du Pacifique et celles des mers caraïbes ; aujourd’hui en-
core certaines espèces sont propres aux deux mers ou représentatives les
unes des autres.
A la même époque eut lieu l’invasi0n marine qui sépara le Brésil des
terres africaines ; ainsi s’explique la présence dans les eaux douces des
deux continents d’un certain nombre d’espèces, notamment de la très
grande Crevette, Palaemon jamaicensis, qui présente identiquement les
mêmes caractères en Amérique et en Afrique. Il est plus difficile d’expli—
quer la présence, dans les eaux douces des Iles du Cap-Vert, des Crevettes
atyiennes, Orlmannia Alluaudi Bouvinn et Alya serraia BATE très
communes dans les îles indo-pacifiques et en pleine mutation évolutive en
deçà comme au delà du continent africain. C’est la un des problèmes les
plus intéressants de la biogéographie.
Recherche et préparation. —— Pour ce chapitre, renvoi ài l’excellent ou-
vrage de Maurice MAINDRON (1897), « Le naturalisme amateur ».

PARTIE SPECIALE
DECAPO DA REPTANTIA
Section I. MACRURA REPTANTIA Bouvnan 1917
Se distinguent des autres Reptanlia par les caractères du tableau de la
page 48 et par les suivants : abdomen symétrique, non rabattu normale-
ment contre la face ventrale du thorax, presque toujours très volumineux;
pattes postérieures peu différentes de celles de la paire précédente, jamais
rabattues sur le dos du thorax ou dans la cavité branchiale.Saut‘ chez les
formes d’ea,u douce, traversent un stade larvaire mysidien ou les exopo·
dites de certaines pattes tout au moins servent à la natation. Les uropodes
des adultes sont toujours en rames natatoires et les fouets exopodiaux de
mmpa dirigés en avant dans toutes les tribus sauf dans les formes les plus
évoluées où d'ailleurs branchies et épipodites sont moins nombreux ; les
éléments branchiaux sont étroits et passent rarement au type phyllobran-
chial ; pattes-mâchoires presque toujours étroites, à scape exopodial plus
court que l’ischion.
La section se divise en trois tribus dont les caractères essentiels sont
les suivants :
l. Pleurons abdominaux bien développés et s‘imbriquant d’0rdinaire
lorsque la queue est rabattue du côté ventral ; quand le développement
embryonnaire ne s’effectue pas tout entier dans l’oeuf, l’éclosion se pro-
duit à un stade mysidien où les exopodites et endopodites de certaines
pattes tout au moins sont ciliés et natatoires ................... 2.
— Pleurons abdominaux réduits, incapables de s’imbriquer ; éclosion à
I'état de zoé avec au moins les deux paires antérieures de maxillipèdes
natatoires, suivi par un stade mysidien où les endopodites des pattes
restent à l’état de bourgeons. Carapace subcylindrique, presque tou-
jours indépendante en avant et munie d'un rostre; pl jamais en pince ;
souvent un appendice interne (Pl. IV, fig. l) .....................
............................. . Tribu Ill. Thalassinidea, p. 91.
2. Carapace subcylindrique, à fort rostre, presque toujours indépendante
de l’épistome et de l’arceau antennulaire ; pl à p“ terminées en pinces,
qui dans pl sont très fortes ; pléopodes non sexuels, d’ordinaire sans
appendice interne ; développement tout entier dans l’œuf, sinon stade
mysidien macrouriforme où toutes les pattes sont natatoires (Pl. [I,
fig. 1,2, 4). ........................ . Tribu I. Homaridea, p. 52.

52 DÉcA1>oDEs Maacnuuas _
—— Carapace d’ordinaire déprimée et anguleuse, soudée à l’arceau antennu-
laire et à l’épistome ; rostre presque toujours très réduit, ; pl à p‘ avec
ou sans pinces ; pléopodes avec appendice interne au moins chez la 9 ;
stade mysidien à carapace démesurée, aplatie ou globuleuse (Pl. II,
fig. 5, Pl. III, fig. 2 et 5) ............ Tribu II. Palinura, p. 71.
Ainsi comprise, comme je l’ai proposé jadis (1917), la section corres-
pond exactement aux Macrum aslacides d’ALCOCK (1901 a).Ce groupement
diffère de celui proposé par BORRADAILE (1907) et suivi par les auteurs
plus modernes en ce qu’il rattache les Thalassinidés aux Macroures au
lieu de les ranger parmi les Anomoures.
Tribu I. HOMARIDEA Boss 1880.
Aux caractères cités plus haut (p. 51), ajouter les suivants : basis de
pl soudé a l’ischion, indépendant à toutes les pattes suivantes;pleuron du
IM segment abdominal appliqué sur le bord postérieur de la carapace; tous
les articles des pédoncules de al libres ; exopodite des uropodes avec une
suture transverse articulaire ;un épipodite sur tous les appendices thora-
ciques sauf pé, cet épipodite branchifère à partir de m:cpl;p‘· avec un article
précoxal plus_0u moins libre sur lequel on observe d’ordinaire deux pleuro-
branchies (fig. 28, 29), 1’une fonctionnelle, 1’autre réduite à une cicatrice
(voir p. 23) ; toutes les branchies fonctionnelles du type trichobranchial.
Présentent dans leur développement tous les stades pénéens à partir
du nauplius, mais dans l’œuf jusqu’à une forme presque semblable à l’a-
dulte chez les formes d’eau douce, jusqu’à une larve mysidienne (fig. 44)
nageuse chez les formes marines. BOAs (1880) a justement mis en relief
les affinités étroites de la tribu avec les Macroures nageurs de la famille
des Pénéides ; aux caractères relevés àce sujet on doit joindre la présence
fréquente dans ce groupe, chez les femelles, d’un réceptacle séminal tho-
racique (fig. 56, A et Pl. 11, fig. 3) qui rappelle assez le thélycum propre
aux femelles pénéidiennes. Au surplus, il semble bien que les Homaridea
se rattachent à des formes plus primitives que les Pénéides actuels, car ils
présentent sur p‘ une podobranchie qui fait toujours défaut chez ces der-
niers, de même que la pleurobranchie cicatricielle.
La tribu correspond exactement aux Asiacura de BORRADAILE (1907) ;
elle se divise en deux familles que l’on distingue aux caractères suivants 1
— Dernier sternite thoracique immobile parce que fusionné avec les ster-
nites précédents ; les podobranchies s’élèvent indépendantes sur le pied
des épipodites (fig. 28) dont l’expansion lamelleuse les sépare les unes
des autres. Animaux marins ................... Homaridae, p. 53.
— Dernier sternite thoracique libre et mobile sur les précédents ; les fila-
ments podobranchiaux sont directement fixés sur les lames épipodiales
(fig. 22). Animaux d’eau douce ................. Astacidae, p. 59.

nomaaus 53
Famille des HOMÀRIDÀE BATE 1888.
Facies astaciiorme; endopodite de mx! et de mzpl biarticulé ; pleuro-
branchies fonctionnelles au niveau des pattes des quatre paires posté-
rieures ; pléopode 1 toujours simple, celui du 5* fort, dilaté et recourbé en
gouttière à son bout distal ; les pléopodes 2 biramés comme les suivants,
ceux du 3 avec l’endopodite très développé, lamelleux et muni prés du som-
met d’un appendice sexuel masculin. Telson dépourvu de suture. Éclo- -
sion à l’état de larve mysidienne suivie par un stade natant.
La famille compte 7 genres dont les trois suivants sont représentés
dans nos régions. Dans les deux premiers, les larves mysis sont remarqua-
bles par leur large telson qui est échancré en arrière et terminé à chaque
angle par une forte pointe, il y a aussi une pointe dorsale et une paire de
pointes latérales sur leurs segments abdominaux 2 à 5.
T.xn1.E.·.u ¤Es GENRES.
1 Une écaille antennaire acuminée ; cornée nette et pigmentée;pleurons
des segments abdominaux 3 à 5 s’imbriquant d’avant en arrière lors-
que Ia queue est recourbée .......... . .......·.... . ..... . ...... 2
- Pas d'écail1e antennaire ; pédoncules oculaires réduits et sans pigment ;
les pleurons abdominaux ne s’imbriquent jamais; deux carènes postros-
trales ...................................... Nephropsis, p. 58.
2 Rostre, carapace et pinces dépourvus de carènes ; cornée peu ou
pas dilatée ............................... H0mar11S, p. 53.
— Une paire de carènes longitudinales à la base du rostre, d’autres sur
la carapace et les grandes pinces, par là ces dernières plus ou moins
prismatiques ; cornée très dilatée. ............ Nephrops, p. 57.
G. HOMARUS H. MILNE-EDWARDS 1837.
Pinces antérieures peu convexes, grandes, avec 4 à 6 fortes dents au bord
interne du propode. Rostre denté sur les bords (fig. 49), infléchi d’abord puis
légèrement relevé à la pointe ; un sillon longitudinal médian sur toute la
longueur de la carapace ; sillon subcervical d’abord en courbe régulière
puis brusquement transverse assez loin en arrière des deux points dorsaux,
il sert de limite à une paire d’aréoles gastriques postérieures,lesquelles sont
entourées postérieurement par un léger prolongement des parties latérales
du sillon; écaille antennaire en lame triangulaire qui se termine par une
longue pointe chez le 5* ; pléopode 1 du 3* terminé en lame peu concave;pléo-
pode 2 avec la rame exopodiale lamelleuse, la rame endopodiale avec un
appendice masculin sur son bord interne. Formule branchiale d’Écrevisse
(voir p. 23) mais toutes les pleurobranchies normales sont fonctionnelles.
Le genre fut désigné sous le nom d’Aslacus par Fasmcws (1775), à
tort d’ai11eurs,car le Cancer aslacus de LiNNE (1758) correspond exactement
à l’Écrevisse qui doit conserver le nom générique d’Aslacus ; quant à

54 DÉCAPODES MAP.CHEURs
notre Homard européen, il reçut de L1NNÉ le nom de Cancer gammarus, si
bien que sa dénomination devrait être celle de Gammarus,mais ce nom fut
donné par FABRICIUS (1775) à certains Amphipodes. C’est à cause de cela
sans doute que H. MILNE-EDwARns proposa le nom de Homarus et que,
pour éviter toute ambiguïté,il appela notre espèce Homarus vulgaris que
nous conserverons ici ; HEBRICI( (1909), dans sa belle étude sur le Homard
    al
z
4 a
6, I
L P8
à , ¤
Fu;. 49. —- Face dorsale de la partie antérieure de la carapace
dans Homarus vulgaris (original).
américain, adopte le terme générique de Homarus, mais en appelant
H. gammarus l’espèce européenne, ce qui n’est peut—étre pas tout à fait
conforme aux règles de la nomenclature.
En tout cas le genre Homarus ne compte que trois espèces, l’une
H. capensis HERBST de petite taille et localisée dans la région du Cap (1),
les deux autres très volumineuses, dans l’Atlantique septentrional notre
H. vulgaris qui habite les` eaux européennes et le H. americanus qui
habite les régions de l’Amérique du Nord comprises entre le Labrador
et la baie Delaware ; les deux dernières espèces présentent à très peu près
une histoire commune qui, sauf les variations relatives à la latitude,
c’est—à-dire à la température, peut se résumer comme il suit.
1. Dans une note p. 754 de son travail de 1878, HUXLEY se demande si le capensis
est bien réellement un Homard. Le doute n’est plus permis ; j’ai sous les yeux l’exem-
plaire décrit par H. ltlitmia-Enxvlmns en 1837, p. 355 ; c’est probablement un 3; il a
tous les caractères des Homarus avec le sillon dorsal, mais son sillon subcervical est
plus régulièrement courbe ; par malheur ses pattes 4 et 5 sont incomplètes, celles-là
mêmes qui, d’après Hsaesr, seraient en pinces. Longueur :95 mm.

uomanus 55
I.e lIomard se plaît en fonds rocheux où il trouve les abris qui lui servent
de gite ; mais il peut également fouir le sable ou la vase qui servent de plan-
cher ii son gite ou qu’il fréquente à certaines époques, après les mues par
exemple, et surtout quand l’appr0che des frimas lui fait abandonner la côte
pour les profondeurs ; à la belle saison, il remonte parfois jusque sous les
roches qui découvrent aux marées, tandis qu’en hiver il peut descendre à
plus de 60 mètres.
Il arrive à s’enl`ouir jusqu'aux yeux ; ses grandes antennes lui servent de
palpes, les petites d'organes olfaetifs, les pattes et la queue d’appareils fouis·
seurs.
Le Homard est très casanier ; aux aguets dans sa niche pendant le jour,
les grandes pinces et les fouets antennaires dirigés en avant ; la nuit, on
le voit s'éloigner un peu pour se livrer à la chasse, mais c’est un noctambule
qui ne s’aventure jamais très loin et revient toujours au gite. Dans l’eau,
il marche assez allègrement sur ses pattes ambulatoires, sa progression aidée
par les battements des rames pléopodales. Menacé, il recourbe violemment
la queue et, d’un trait, se dirige en arrière ; d’apros Hizamcx, le Homard
américain peut reculer ainsi de 10 mètres en une seconde.
Toutes les proies lui sont bonnes, surtout vivantes, capturées par lespinces
et portées aux maxillipèdes qui les saisissent et les passent aux appendices
buccaux précédents, où elles sont réduites avant de passeràla bouche.Les
petites pinces des pattes 2 et 3 se consacrent aux pièces menues, les grandes
aux morceaux volumineux. Soit à droite, soit à gauche, l’une de celles·ci
est toujours moins forte avec la pointe des doigts recourbée et les bords en
regard pourvus de nombreux petits tubercules ; c’est la pince ravisseuse ;
l'autre, beaucoup plus grande et armée de puissants tubercules, sert à
broyer les corps durs, notamment les coquillages.
L'aecouplement se fait a la manière normale (voir p. 36); la Qreçoit
dans son thélycum les spermatophores que lui apporte le 8 avec ses deux
pléopodes antérieurs réunis en un tube. Les deux sexes sont en nombre à
peu pres égal. La ponte s'effectue en juillet—août, la 9 se tenant sur le dos
avec la queue rabattue contre le thorax ; les œufs sont reçus dans la poche
abdominale ainsi faite, fécondés par les spermatozoïdes que laissent échap-
per des spermatophores dont la paroi s'est dissoute, revêtus ensuite d’un
liquide cémentaire issu de nombreuses glandules situées dans les rames pléo-
podales, puis fixés aux poils du pédoncule et de la base de ces rames par le
liquide cémentaire solidifié. Leur développement embryonnaire durera de
10 à 11 mois ; vers juin de l’année suivante, ils sont mûrs pour l'éclosion,
alors la 9, agitant ses rames pléopodales, permet auxjeunes larves d’0uvrir
leurs enveloppes et d’être mises en liberté. Ensuite auralieu la mue. Les œufs
ovariens étant longs à se développer, la ponte suivante n’aura d’ordinaire
pas lieu avant l’année suivante.
A son 1** stade qui suit le rejet de son enveloppe larvaire, la jeune forme
mysidienne (fig. 44) est dépourvue d’appendices abdominaux ; au 2* qui
suit un second rejet, les bourgeons des pléopodes sont formés ; au 3* qui
débute par une 3* mue, pléopodes et uropodes commencent à devenir fonc-
tionnels. C’est la fin de la période larvaire qui varie de 12 à 18 jours. Une 4¤
mue, et c’est le stade natanl oùle jeune a déjà tous les traits d’un Homard,
nage avec ses pléopodes et sa rame caudale, ses exopodites n’étant plus qu'à
l’état rudimentaire. Suivent deux stades analogues ; l’animal descend sou-
vent sur le fond ; quand apparaissent les bourgeons des pléopodes anté-
rieurs, c’est un jeune homard qui se tapit dans ses refuges, et qu’on trouve
peu, tant il arrive à se bien cacher. Le stade natant dure environ 30 jours.
Au ler stade mysis la longueur de l’animal était de 7 mm. environ, au début

56 DÉcAP0nEs MARCHEURS
du stade natant de 16 mm. Les jeunes muent 11 fois environ la première
année ; de moins en moins dans la suite ; au bout de 5 ans environ, quand les
individus atteignent leur maturité sexuelle, ils mesurent à peu près 25 cen-
timètres et ont subi 25 mues ; dans la suite, la Q ne pourra muer qu’aprés
la libération de ses larves. Chez le 3, dont la taille devient plus grande, les
exuvies sont plus nombreuses.
Les œufs sont sphéro-ovalaires et mesurent 1,5 mm. à 2 mm. de diamètre ; ·
d’un vert foncé au moment de la ponte, ils deviennent plus clairs à mesure
qu’est absorbé leur vitellus qui renferme le pigment. Les larves mysidiennes,
en effet, sont très claires, avec des taches orangées ; au stade natant le ton
devient brunâtre, pour passer au vert bleuâtre qui caractérise la surface
dorsale de l’adulte. Une jeune 9 de 25 centimètres ne donne guère que 5.000
à 8.000 œufs ; mais ce nombre augmente vite avec l’âge et, chez le Homard
américain, pourrait aller a 100.000. La longueur des plus grands individus
atteint parfois 50 centimètres ; mais, comme 1’ObS6I'V€ Hennicx, ces vieux
individus deviennent de plus en plus rares, à cause de la pêche intensive
qu’on fait à l’espèce en raison de ses qualités comestibles et de sa valeur
marchande. Cette pêche aura tôt fait de s’amoindrir. Hcnmcx rapporte
qu’aux Étts-Unis, en 1877, elle donna 28.627.600 livres de marchandise
et au Canada 70.000.000 ; quinze années plus tard, les mêmes nombres s’a—
baissaient à 23.724.525 livres pour les États-Unis et à 68.000.000 pour le
Canada. Les proportions doivent être plus faibles en Europe, où le Homard
n’est guère pêché pour les conserves comme en Amérique.
Pour lutter contre cetappauvrissement progressif, on a voulu élever des
œufs mûrs et en répandre les larves dans la mer, ce qui serait excellent si ces
dernières avaient traversé leur quinzaine critique et atteint le stade natant
ou le jeune cherche à s’abriter sur le fond; mais elles s’entre-dévorent et pé-
rissent en grand nombre au moment des mues, surtout entre la 29 et la 38
comme l’a montré APPELLôF· C’est MEAD (1905), au début de ce siecle, qui a
trouvé le moyen de tourner ces obstacles, en agitant d’un tourbillon vertical
l'eau des bacs où sont disposésles œufs enlevés à des femelles presque mûres;
en 1905, dans le ponton d’élevage installé par MEAD à Rhode Island, on
put immerger 102.000 jeunes amcricaîws au 4E stade. En Europe, pour notre
vulgaris, DANNEVIG (1928) suit une méthode assez différente: les œufs sont
laissés aux femelles, tenues isolées dans une série descendante de petits
bacs alimentés d’eau courante ; les larves issues de ces bacs d’éclosion sont
mises dans des bacs d’élevage à tourbillon ascendant où elles sont nourries
avec du foie de bœuf. Dans son établissement de Flodewingen, en Norvège,
DANNEv1c put conduire au 4° stade jusqu’à 35 % des larves installées.
Tout cela réclame des eaux calmes et pures, une grande propreté et beau-
coup de soins. Si l’on en croit un rapport du P' A. R. KN1c·m·, analysé par
L. Face (1926)} la méthode américaine fut décevante au Canada où on
l’abandonne et la remplace par une interdiction absolue de la capture et de
la vente des femelles œuvées. C’est sans doute un moyen excellent etpeut-
être le meilleur, pour porter remède à la crise.
Homarus Vulgaris (fig. 28, 44 et 49) H. 1\IlLNE·EDWARDS 1837, 334 ;
SCHELLENBERG 1928, 52, fig. 42-44 ; NoBRE 1936, 151. Cancer gammarus
LINNÉ 1758, 631. Homarus gammarus HERRICK 1909, 9. Aslacus marinus
Fnerucius 1798, 406. _
Differe de l’espèce américaine par son rostre qui est inerme sur la face
inférieure (au lieu d’y présenter deux tubercules successifs), par ses ché-

Narimors 57
lipèdes dont les pinces ne présentent pas de dent à la base de leur bord
interne (au lieu de celle qui existe toujours en cet endroit dans americanus)
surtout par sa structure plus massive comme le montre la mensuration
suivante empruntée à Hisnmcx : un très vieux 5* d’americanus conservé
au Musée de l’Université de Pensylvanie mesurait 19 pouces 4, et pesait
20 à 23 livres, sa grande pince ayant 13 pouces 1 de longueur et 16 pouces 8
de pourtour ; alors qu’un 5 de vulgaris de longueur à peine plus faible
(18 pouces 73), ne pesait que 10 livres avec une grande pince ayant 10
pouces 23 de longueur et 10,62 de ceinture. Les points dorsaux gastriques
y sont de coutume plus apparents que dans Pamericanus ; ils sont fort nets
dans la photo 16 du travail de EHRENBAUM (1907), photo où ressortent
nettement les aréoles gastriques situées en arrière de la partie droite et
transverse du sillon subcervical. Dans ce dernier travail on montre d’ail-
leurs que la taille de vulgaris est décidément un peu plus faible que celle
«l’americanus : au printemps de sa 4** année, à la 198 mue après l’éclosion,
un jeune vulgaris ne mesure que 115 mm. de longueur, alors qu'un exem-
plaire americanus de Rhode·IsIand atteint 162 mm. Dans les deux formes
d’ailleurs, le 3 doit surpasser en croissance la 9, car celui-ci peut subir une
mue au cours de chacune des années où celle-ci porte les œufs.
Tonalité jaunâtre prédominant sur la face inférieure, réduite en dessus
où le bleu noirâtre domine et s’étend en marbrures.
L’espèce est connue depuis les Lofoten, les Shetlands et le Jutland jus-
qu’en Méditerranée où elle devient plus rare ; KoNsU1.oFF (1930) l'a signa-
lée en mer Noire et Gnuvsi. au Maroc jusque dans les eaux d’Agadir. ·
G. NEPHROPS LE.·~.cu 1815.
Test en général moins solide, le corps et les chélipèdes bien plus élancés
que dans les Homards; carapace avec une légère crête médiane qui com-
mence sur la région gastrique et se termine près du bord postérieur ; sillon
subcervical liomarien, ses prolongements en arrière des aréoles gastriques
peu indiqués ; pleurons abdominaux peu infléchis en arrière à leur pointe
qui est forte ; telson et rame interne des uropodes à bord postérieur tres
‘ peu convexe. Pas de thélycum chez la $2.
Genre représenté par l’espèce suivante, le N. faponicus Camzrnr
et par quelques formes îndo·pacifiques très voisines de ce dernier.
Nephrops norvegicus L. (fig. 5 et PI. I1, fig. 1) ; Cancern0rvegicusL1NNÉ
1758, 632; Aslacus norvegicus PENNANT 1777, 23, Pl.XII, fig. 1. Nephrops
norvegicus BELL 1853, 261 avec figure ; SELBIE 1914, 41 ; Piasrs 1918, 183,
fig. 58 ; Barss 1926, 23, fig. 7 ; Scxinntxzuuzanc 1928, 56, fig. 45 et 46 ; .
Norsnn 1936, 150, fig. 129.
(Iarapace avec une très faible dent antéro-latérale (au contraire de japo-

58 Diêcaronns Maacmauns
nicus où la dent devient une forte épine), rostre grêle, armé latéralement
de 3-4 épines, en dessous de 2, muni dorsalement de deux carènes qui di-
vergent en arrière sur la carapace où elles portent quelques dents aiguës
plus fortes ; en dehors de celles-ci, sur la carapace et de chaque côté, une
autre carène dont la dent antérieure s’élève en épine postorbitaire et en
dehors de cette épine une seconde ; carène médiane doublement denticulée
avec une petite dent aiguë à son bout antérieur ; bords de chaque région
renflés en carène obtuse. Tergites abdominaux avec sillons transverses
complets en avant, coupés en deux plus en arrière, où ils sont accompagnés
de sillons pairs et recourbés, le tout avec de fins poils qui séparent des
sculptures nues. Telson avec deux carènes divergentes qui se terminent
postérieurement en pointe ; des carènes semblables sur le bord externe
des rames uropodiales qui présentent en outre une carène médiane inerme;
deux fortes pointes sur l’article basal des uropodes. Grandes pinces
moins dimorphes que celles du Homard, longues, armées sur chacun des
bords du propode de 2 carènes parallèles, en dessus et en dessous d’une
seule carène ; toutes ces carènes armées de fortes dents obtuses, les dé-
` pressions qui les séparent garnies de fins poils comme la carapace entre
ses carènes. Des carènes dentées moins régulières sur le carpe et deux seu-
lement sur le mérus. La taille peut atteindre 240 mm., mais est d’ordinaire
plus faible. Diamètre des œufs, 1 mm. 5.
Tonalité rose chair, souvent masquée par le sable ou la vase accrochés
aux poils dans les dépressions; Bonn (1901) rapporte même qu’il a vu l’ani-
mal recueillir la bave entre masp 3, et en faire avec le sable un mortier qu’il
applique sur les parties villeuses.
Au contraire du Homard, le Néphrops recherche les fonds de sable ou de
vase, entre 20 mètres et 824. C’est plutôt un (Irustacé d’eau froide ; d’apres
HANsEN (1908), il abonde près des côtes méridionales de l’Islande, on le
trouve au large de toutes les côtes norvégiennes, et depuis les Iles Britanni-
ques jusqu’à Rabat au Maroc, où il fut capturé par le « Travailleur » ; il
pénètre en Méditerranée au moins jusque dans l’Adriatique. On le vend sur
nos marchés sous le nom de « langoustine » ; sans doute plus ou moins gré-
gaire, on le prend parfois en masse, si j’en juge par les envois qu’on faisait
jadis de Concarneau à l`lILNE-ED\VABDS. Moins résistant à l’émersion que le
Homard, il gagne à être consommé plus vite. '
Il rappelle beaucoup le Homard dans son développement et présente les
mêmes stades ; ses larves mysidiennes sont remarquables par le grand allon-
gement de leurs épines dorsales et des lobes de leur telson.
G. NEPHROPSIS YVOOD-MASON 1873.
Voisin de Nephrops, mais avec des pédoncules oculaires réduits et sans
pigment cornéen, les pédoncules antennaires sans écaille ou presque, la
· carapace moins armée avec la carène dorsale remplacée parun sillon, le dé-
veloppement médiocre des chélipèdes dont les pinces sont inermes, sans ca-
rènes et à bords arrondis, les pleurons abdominaux terminés en longue pointe

Nnmmorsis 59
et sans incurvation, p' plus fort que p” ;un thélycum chez la Q. Le sillon sub-
cervical sans prolongements postgastriques. Se rapproche deNephr0ps japo-
nicus par le grand développement de l’épine postantennaire etdela dent an-
téro-latérale, de N. norvcgicus par l’absence de podobranchie sur l’épipo·
dite de mxp‘.
Neuf espèces, toutes subabyssales, dont une seule, la suivante, pénètre
dans nos mers où, d’ailleurs, elle ne paraît point remonter au-dessus de
460 mètres.
Nephropsis atlantica Nomi. (Pl. Il, fig. 2 et 3) ; Nonivmm 1882, 684 ;
SELBIE 1914, 48, Pl. VII, fig. 1-13 ;BoUv1En 1917, 22, Pl. I, fig. 1-5.
Face dorsale du corps et des chélipèdes granuleuse et pileuse, les gra-
nules par endroits disposés en séries longitudinales sur les pinces ; les
poils bien plus longs sur ces derniéres, de même que sur celles de p’. Rostre
inerme en dessous, une paire d’épines sur ses bords, sa face dorsale avec
la paire interne de carènes qui se prolonge sur la face dorsale de la cara-
pace où elle présente une dent plus forte ; une petite épine hépatique en
arrière de la postorbitaire ; à chaque bout du sillon dorsal, une petite
saillie obtuse. Une carène longitudinale médiane sur les tergites abdomi-
naux 2 à 6 et, de chaque côté, unecarène nue entre tergite et pleuron ; le
bord antérieur des pleurons 2 avec une petite dent. Nageoire caudale de
Néphrops. Pédoncules oculaires cachés sous le rostre ; fouets antennaires
presque deux fois aussi longs que le corps ; pinces des chélipèdes à doigts
finement denticulés, fortement croisés il la pointe, plus forts chez le 3;
quelques dents sur le carpe, deux au bout distal du mérus. Pléopode 2 du
3 avec un appendice mâle plus fort que l’endopodite et armé au sommet
d’une frange d’épines inégales. Thélycum (Pl. ll, fig. 3) de la Q assez sem-
blable à celui du Homard, la saillie du sternite 5, toutefois, plus réduite.
Longueur du corps d’une $2 75 mm. ’
Tonalité rouge des Crustacés abyssaux.
Capturée d’abord au nord de l’Écosse, puis dans le Canal des Féroés,l’es-
pùce a été signalée au large des côtes d’Irlande, par CAULLERY (1896) dans
le Golfe de Gascogne et dans la région des îles du Cap Vert par la « Princesse
Alice ». Mais elle a une distribution géographique bienplus étendue, ÀLCUCK
(19Ul b) la signale dans les mers d’Arabie et S·rErsnmc,dans ses « South Afri-
can (lrustacea », au large du Cap de Bonne·Espérance. Elle peut descendre
jusqu’à 1.743 mètres.
Famille des ASTACIDAE BATE 1888.
(Écrevisse s).
Abdomen un peu plus large et moins convexe que dans les Homaridés ;
pleurons abdominaux peu ou pas aigus ; telson à bord postérieur bien con-
vexe, souvent avec une suture transverse munie d’une petite dent à chaque _
extrémité (Pl. I, fig. 1). Cornée médiocre ; écaille antennaire grande et re-

BO DÉCAPODES MAP.cHEuRs
couvrant à peu pres tout le reste du pédoncule. Endopodite de mccî (üg. 18)
et mœpl (üg. 20) simple. Pleurobranchies parfois absentes ou réduites. Plé0·
pode 1 parfois absent ; pléopode 2 sans appendice masculin (fig. 51).
Ces Crustacés d’eau douce correspondent exactement à la tribu des
Asiczcina que HUXLEY (1880) opposait à celle des Homarina et qu’il divi-
sait (1878) en deux familles, considérées ici et par FAxoN (1885) comme
des sous-familles, d’après les caractères suivants 2
— Toujours une paire de pléopodes simples sur le 19* somite abdominal
les pléopodes des autres somites assez brièvement biramés, ceux du 29
modifiés chez le 3 ; podobranchies avec leurs filaments branchiaux fixés
sur l’épipodite qui s’étale et les dépasse en une grande lame plissée.
D’ordinaire une suture au telson ........... Potamobiinae, p. 60
— Jamais de pléopodes sur le 16* somite abdominal, les pléopodes des
quatre somites suivants à rames bien développées ; épipodite des podo-
branchies réduit et ne formant jamais une lame plissée. Pas de suture
au telson .........,....,. . ........... . .... Parastacînüe, p. 85
Les Potamobiinés sont propres à l’hémisphère septentrional, les Paras-
tacinés à l’hémisphère sud, où ils s0nt` répandus partout, sauf dans l’A-
frique australe, encore qu’ils soient représentés à Madagascar par une
forme géante, l’Asfac0ides madagascariensis ; cette dernière espèce riva-
lise pour la taille avec certains Parastaciens d’Australie presque aussi
grands que nos Homards. Elle diffère toutefois des autres Parastacinés
en ce qu’elle ne présente de chaque côté qu’une pleurobranchie fonction-
nelle au lieu de 4, sans compter la pleurobranchie en cicatrice qui existe
chez tous les Parastaciens.
Sous-famille des POTAMOBIINAE (HUXLEY) Fxxoiv 1885.
Les Écrevisses de l’hémisphère septentrional, ou Potamobiens, se di-
visent eux-mêmes en deux genres dont la distribution géographique n’est
pas moins curieuse que celle des Astacidés en général :
—- Toujours deux pleurobranchies (fig. 28), l’une fonctionnelle plbé, l’autre
cicatricielle br à la base de ps, et des pleurobranchies plus ou moins ré-
duites à la base des pattes des trois paires précédentes ; pas de thély-
cum chez la S2 ; chez le 8 l’ischion de pa et de pa d’ordinaire simple, sans
saillie (uncus) en éperon ...................... ASta.cuS, p. 61.
— Jamais de pleurobranchies ni fonctionnelles, ni cicatricielles ; un thé-
lycum ou anneau ventral chez la S2(fig. 56, A), chez le 5‘ (fig. 56) une
saillie en uncus vers la base de l’ischion sur p3 et parfois p‘.
......................... . .................. Cambarus, p. 70.

Asmcus 61
Les Aslacus occupent l’Europe, l’Asie, le Japon et le versant pacifique
du continent américain, les Cambarus tout le reste de ce continent depuis
les Montagnes Rocheuses jusqu'à l’Atlantique. Par les caractères sexuels
du 6 et de la 9, les Aslacus de l’Amour et du Japon semblent établir un
passage aux Cambarus.
G. ASTACUS Lmmà 1758.
(Pl. I, fig. 1, 2-6; Pl. II, fig. 2. — Fig. 1-3, 15-22, 24, 29, 31, 33,
38, 45, -16).
La carapace est dilatée d’avant en arrière, avec un sillon postcervical
régulièrement arqué, situé juste en avant des aréoles gastriques postérieures
dont les bords sont très souvent un peu indiqués soit sur les côtés, soit contre
l’aire cardiaque. Rostre plat ou un peu déprimé en dessus, avec une paire
de dents latérales qui le divisent en deux parties, une basale large et une
terminale en pointe. Toujours, de chaque côté (fig. 50, D), une crête postor-
bitaire parallèle à l’axe, simple ou divisée en deux saillies successives ; sur
la ligne médiane dorsale ni sillon, ni carène. Les points gastriques ne sont
pas toujours apparents.
Ainsi qu’on l’a vu plus haut (p. 33) le nom d’Aslacus fut abusivement
emprunté par Fxemcxus au Cancer aslacus L. qui désigne notre Écre-
visse commune et ne saurait s’appliquer qu’àelle ou aux formes similaires
«l’ailleurs Fanmcxos l’étendit à quantité de Macroures (Homards, Lan-
goustes, Scyllares), voire à des Anomoures (Hippa). En tout cas, comme
l’ont observé justement Srites et BAKER (1926), il ne saurait être rem-
placé, comme on le fait trop depuis Srnnemo (1893), par celui de Po-
lumobius emprunté à SAMOUELLE (1819) d’après LEAcH.
L’Écrevisse habite les ruisseaux ou les bords de certains lacs ; ses mouve-
ments rappellent ceux du Homard, son attitude est la même et c’est de la
même manière qu’elle prend sa nourriture, les grandes pinces lui servant à
briser les corps durs, les petites des deux paires suivantes à saisir les par-
celles provenant de cette dissociation, ou les petites proies, et à les porter
aux appendices qui entourent la bouche ; mais les grandes pinces ne sont
pas fortement dissemblables comme celles des Homards et des Néphrops.
A l'exception de lcpiodacfylus qui est autant diurne que nocturne, elle se
tient d’ordinaire dans les anfractuosités des berges qu’elle contribue à rendre
plus profondes, car elle est fouisseuse ; elle s’y niche les pinces vers l’oriIice
et y reste enclose durant la période hivernale ; au crépuscule et durant la
nuit, elle s’aventure en dehors pour chasser les proies aquatiques très di-
verses qui lui servent de nourriture ; c’est aussi le moment où on la pêche
dans des paniers (balances) à mailles larges dont l'appàt se compose de chairs
vivantes ou mortes, mais pas trop décomposées. Dans les ruisseaux où elle
abonde, il n'est pas rare de la voir errer çà et là en plein jour, pour fuir en
cas d’alerte et se cacher sous les pierres ; quand un milieu lui déplait, elle
émigre en amont ou en aval, et peut même cheminer assez loin sur terre
pour chercher des eaux plus favorables.

62 DÉCAPODES MARGHEURS
Elle est mûre pour la reproduction au bout de 3 ou 4 ans et mesure alors
9 à 11 centimètres. L’accouplement s’effectue à la manière normale dans
une position semblable à celle que prennent les Cambarus (voir fig. 41, p. 36)
La liqueur séminale chemine dans le tube formé par la réunion des pléo-
podes 1, poussée en avant par le prolongement lamelleux de l’endop0dite
des pléopodes 2. Immobiles comme ceux des autres Décapodes et réduits
à un corps muni de nombreux rayons, les spermatozoïdes (fig. 40) sont noyés
dans un enduit qui se concrétionne autour d`eux en spermatophores, les-
quels s'accolent en un dépôt crayeux sur les sternites postérieurs de la Q.
On est alors en plein automne, après la mue ; ensuite commence la ponte
qui s’effectue suivant le mode signalé pour le Homard.
Les œufs arrondis deviennent très vite brunâtres et mesurent près de
3 mm. ; ils s’attachent aux poils du pédoncule et de l’endopodite des pléo-
podes par un pédicule qui prolonge leur enveloppe cémentaire, Vers la lin
du printemps suivant, ils ont achevé leur évolution embryonnaire, leur mem-
brane de cement s’ouvre en deux valves qui restent attachées aux poils par
le pédicule. Le jeune qui vient de naître (fig. 46) présente tous les appendices
définitifs sauf les uropodes et les pléopodes antérieurs, il diffère surtout de
1’adulte par ses gros yeux, son rostre infléchi, sa carapace largement cordi-
forme et la forme du telson qui n’a, pas encore de suture. Incomplètement
dégagé de sa première mue, il reste quelques jours cramponné à sa dépouille
cémentaire, puis s’en délivre, mais avec les doigts des pinces terminés en
crochet se tixe aux supports de la chambre abdominale où il est né. Après une
seconde mue les jeunes se libéreront davantage encore, et pourront même
s’aventurer un peu au dehors, quittes à rentrer au gîte quand survient une
alerte;ils possèdent alors des uropodes et s’afl`ranchissent totalement pour
un abri sur le fond. lls mesuraient à l’éc1osion 8 mm., ils en auront 40 au
bout de l’année après 4 ou 5 mues. Dans la suite, celles-ci seront progressi-
vement moins nombreuses, et les grands exemplaires ne muent peut-être
pas une fois tous les ans.
L’Écrevisse n’est point prolifique comme le Homard et l’on compte qu’une S!
de 110 mm. donne tout au plus 250 œufs ; mais elle protège sa géniture jus-
qu’au moment où celle-ci peut s’abriter elle-même, si bien qu’en fait elle
arrive très vite à une population nombreuse malgré les Poissons qui la re-
cherchent. Toutefois, comme on lui fait une pêche intensive à cause des
qualités comestibles qu’el1e présente, elle serait mise en péril si le législa-
teur n’était survenu pour la protéger ; la pêche n’en est pas toujours permise,
et des balances en treillis où on la capture on doit rejeter tous les adultes
de taille trop réduite. Elle a aussi des parasites, entre autres une petite Sang-
sue du genre Branchiobdella, et deux microorganismes végétaux, un Bacillus
et un Champignon du genre Aphanomyces qui, devenant pour elle une véri-
table peste de 1875 à 1885, faillirent la faire disparaître de nos pays. Au-
jourd’hui le danger semble beaucoup moindre, mais 1’alerte fut grande et il
peut revenir (Voir Bouvmn 1897 b).
Le genre Aslacus compte de nombreuses espèces (13) bien étudiées par
FAXON (1885). Les quatre suivantes sont propres au continent européen ;
ANDRÉ et LAMY (1935) en ont donné un bon synopsis, accompagné d’in-
téressnts détails sur l’habitat et la distribution aux divers points de la
France.
D’après ces auteurs, les arrivages d’Écrevisses aux Halles de Paris, en
1935, s’élevaient à 80.000 kilogs environ, ce qui, en mettant à 70 grammes

.~.s·rAcUs 63
environ le poids d’un individu moyen, représente à peu près 1.150.000
Écrevisses. Nombre très approximatif qui comprend surtout des pallipcs
et des aslacus, sans doute aussi des lcplodaclylus et peut—être quelques Cam-
barus. ·
TABLEAU ¤Es Esriacns.
1. Crête postorbitaire indiquée par deux saillies successives dont l’anté-
rieure est plus proéminente ; rostr·e plus long que large, sa partie ba-
sale à bords presque parallèles terminés en avant par une dent aiguë,
sa pointe assez longue et parcourue en dessus par une carène denti-
culée, sa face ventrale en carène inerme ; face inférieure de l’article
basal des pédoncules antennulaires avec une épine ; écaille anten-
naire en dessous avec une carène simple ; partie postérieure du tel-
son courte; une pleurobranrhie en simple filament à la base de p2, ps
et p' ........,....................... . ........... . ........ 2
- Crête postorbitaire représentée par une seule saillie ; rostre pas plus
long que large à sa base dont les bords sont divergents et terminés par
une dent peu saillante, sa pointe plutôt courte,à carène dorsale simple ;
partie postérieure du telson assez longue et à bords très convexes ;
pleurobranchie en filament à la base de pa et p‘. Pinces fortes chez les 5
adultes, avec une échancrure entre deux tubercules au bord interne du
pouce ................................................... 3
2. Les deux saillies de la crête postorbitaire simples ; rostre sans denti-
cules sur les bords de la partie basale ; de chaque côté une série de denti-
cules juste en arrière du sillon postcervical; partie postérieure du telson
convexe ; pleurobranchies de p', p”, p‘ en filaments tous bien dévelop-
pés. Pinces fortes chez le 3 adulte avec une échancrure entre deux tu-
bercules sur le bord interne du pouce .............. astacus, p. E4.
— Saillie postérieure de la crête postorbitaire longue et denticulée, des
denticules sur les bords de la partie basale du rostre ; flancs de la cara-
pace hérissés de dents aiguës ; partie postérieure du telson tronquée ;
pleurobranchies de p' et p° en filaments courts. Pinces fort allongées
surtout dans la région des doigts, ceux-ci avec leur bord interne pres-
que rectiligne et à peu près sans tubercules .... leptodactylus, p. 65.
3. Rostre avec ses deux dents latérales aiguës, la carène dorsale de sa
pointe nette ; une série de denticules juste en arrière du sillon postcer-
vical ; une épine à la face inférieure de l’article basal des pédoncules
antennulaires ; carène ventrale de l'écaille antennaire simple ; pleur0·
branchie de p' représentée par une simple cicatrice. pallipes, p. 66.
— Rostre avec ses deux dents latérales subaiguës ou obtuses, la carène
dorsale de sa pointe vague ; pas de denticules en arrière du sillon post-
cervical ; article basal des antennules inerme ; carène ventrale de l’é—
caille antennaire denticulée ; pas traces de pleurobranchies à la base
de p* ..................................... torrentium, p. 67.

64 DÉCAPODES MARCHEURS
Dans toutes ces espèces, les bords latéraux de la partie antérieure du
telson se terminent en arrière par une dent aiguë, au voisinage de laquelle
une petite épine apparaît au bord externe de la suture ; mais cette épine
d’après ANDRÉ et LAMY (1935) manque parfois chez lorrenlium. Dans
l’A. nigrescens S'r1MPs0N, de Californie, il n’y a pas de suture au telson.
1. AStâ·Cl1S 3,Sl3a0us L. (Pl. I, fig. 1, Pl. II, fig. 4 et fig. 50) ; Cancer aslacus
LINNÉ 1758, 631. Poiamobius asfacus Batss 1926, 24. Asiacus asfacus
5
    C
ax
QIL
00 ........ . ..,,_
ai ```` "'  ~ A1 en
a,2___ —· O  _A2
Ep- ` dx
«,\ , E1
/
V ?  \· \.
f \ T
Fm. 50. — Astacus asiacus : D, carapace de dos, L,decôté, C, pince. A1, antennuIe,A*,
antenne, T, telson. Enbas et fr gauche, face inférieure de la region prébuccale ou épi-
stome Ep, avec la cavité articulaire des appendices eéphaliques et, en arrière, le
labre (d’après ANDRÉ et LAMY, 1935).
ANDRÉ et LAMY 1935, 7, fig. 1. Aslacus fluvialilis Fixanicius 1775, 413 ;
H. MILNE-EDWARDS 1837, 350 ; FAXON 1884, 155; SCHELLENBERG 1928,
62, fig. 47 h, 48-50. Poiamobia fluvialilis STEBBING 1893, 207. Asiacus no-
bilis HUXLEY 1878 et 1880.
C’est l’Écrevisse noble (« Edelkrebs » des Allemands) ; elle est d’ordi-
naire d’un brun verdâtre foncé, rougeâtre à la face ventrale des pinces
(Écrevisse à pieds rouges); sa longueur moyenne varie entre 120 et 130 mm.,

.\sTM:i:s 65
mais, d’après ANDRÉ et LAMY, des individus très âgés (20 à 25 ans) pour-
raient atteindre 210 mm.
Eaux peu rapides et vailmes, souvent il fond vaseux. Toute l’Europe cen-
trale jusqu’au bassin du Pô et jusqu'à la Macédoine ;de plus en plus rare
en France à mesure qu’0n s'avance vers l’ouest et le sud. N’est pas repré-
sentée en Angleterre.
2. Astacus leptodactylus Escu. (fig. 51) ; Escuscnonz 1823, 109 ; Samar-
LENBERG 1928, 67, fig. 47 · et 31 ; ÀNDRÉ et LAMY 1935, 16, fig. 4. Pola-
mobius leplodaclylus Banss 1926, 24.
à D L
^ L
* -
Q 5   `I   · Q  
E î F ·:î ° '  
J ^,, ,111 - ' 4 ·
  ii; `·   ‘.   C
en Q   ''_.__ ..
ax z Ap (
PM lg X
JÉZ1
7`
Fm. 51. —- Asiacus leptoclactylus : lettres de la fla. 50 et pléopode 2 du 3 (d‘après ANDRÉ
et LAMY, 1935).
Se distingue par la forme de ses pinces et par la saillie ou talon (l) que
présente vers sa base chez le 3 l’endopodite du 26 pléopnde ;carapace
plutôt mince, mais très hérissée. Coloration dorsale variable, souvent
marbrée, allant du brun gris au vert jaunâtre, pâle en dessous. Habitudes
plutôt diurnes. Peut largement dépasser en taille les plus grands aslacus
et donner alors jusqu’à 800 œufs.
nouvmn 5

66 DÉCAPODES Mnacnnuns
Très vivace et capable de chasser pendant le jour, elle a supplanté l’Écre-
visse noble dans les affluents de la Baltique et de la mer Blanche ; mais son
centre est dans la Russie depuis l’0ural et la Caspienne jusqu’en Roumanie,
d’où elle s’est répandue en Hongrie et en Bosnie. Introduite par la voie des
marchés, elle a envahi à l’est le territoire sibérien de l’Obi, à l’ouest quel-
ques points de l’A1lemagne ; on la vend parfois à Paris. C/est d'ailleurs une
espèce peu recommandable, de chair médiocre et d’un rougeâtre terne apres
la cuisson ; elle se tient en plaine et, dans les fleuves de la Russie méridionale,
fréquente même les eux saumâtres au voisinage des embouchures.
3. Astacus pa11ipesL1;R. (fig. 28, 52 et 54); LEREBOULLET 1858 ; 7, Pl. II,
111, fig. 3; SCHELLENBERG 1928, 68, fig. 47 C ; ANDRÉ et LAMY 1935, 10,
D1 D2
L
Az
]·  
E  
Fxo. 52. ~— Astacus pallipes : lettres de la fig. 50 (d’après ANDRÉ et LAMY, 1935).
fig. 2. Poiamobius pallipes BALSS 1926, 24. Asiacus sazmlilis HELLER 1863,
217, Pl. VII, fig. 5. Asiacus foniinalis CARBoNN1ER 1869, 8.
C’est l’Écrevisse à pieds blancs, ainsi nommée parce que la face inférieure
des pattes est blanchâtre, le dessus du corps étant d’0rdinaire verdâtre
brunissant.
Plus petite que l'Écrevisse noble (elle ne semble guère dépasser 135 mm.)
et la remplace communément en France d’où elle se répand au sud jusqu’en
Espagne et en Grèce, à l’est par la Suisse jusque dans le sud-ouest de l’Alle-

As·rAcUs 67
magne, au nord dans les Iles Britanniques (A. lorrenlium de HUXLEY). Chez
nous, aime surtout les eaux assez rapides sur fond de gravier; en Allemagne
où on l'appelle « Dohlenkrebs » (Écrevisse des égoûts), les eaux calmes à
fond vaseux (d’après Scms.r.LEN1aEno). Ce serait, d’après FAXON (1885), le
jluuiatilis de Faamcms et de DIILNE-ED\VARDS·
4. Astacus torrentium Senn. (fig. 53) ;ScrmAm< 1803, 247; Scam.-
LENBERG 19%, 68, fig. 47 d ; Animé et LAMY 1935, fig. 3.
s
rg (51 â ’”  
  fou  J
Cla à LP
FIG. 53.- Astacus iarrentium : lettres des figures précédentes
(d'après ANDRÉ et L.mv,l935). ·
Appelée aussi sarcalilis (140, 110 l) et lrisiis (140, n° 2) par Kocxr (1835),
longicornis par LEREB0UL1.ET (1858), cette espèce est encore plus petite
que la précédente et mesure au plus 115 mm. ; ses pattes sont ternes en
dessous, le dessus du corps étant verdâtre marbré de brun ou de gris.
Elle aime les eaux torrentueuses à fond caillouteux des régions élevées de
l'Europe centrale : en France dans des situations analogues depuis l’Alsace
et le Morvan jusque dans l’Isère.

68 nÉcA1>onEs Maacnnuns
G. CAMBARUS Enrcnsorz 1846.
Les Cambarus sont suffisamment caractérisés parles traits indiqués à la
page 60 et par la structure des pléopodes sexuels du mâle (fig. 55) ;
ils ont l’aspect général des Asiacus et comptent environ 60 espèces,
toutes localisées dans l’Amérique du Nord à l’est des Montagnes
Rocheuses, sauf les deux suivantes : typhlobius qui est une relique caver-
nicole européenne montrant que le genre s’ètendait autrefois sur l’Ancien
continent, et une espèce franchement américaine, affinis introduite en
[ J` ”  
\ 8 rw Ivy en ji
  ~
Q D D
X tg. '~« /"’ r
Plllxï ” PL11
xa Q
F1G. 54. - Aslacus pallipes ô` : pléopodes 1 et 2 face ventrale ; en D bout du pléopode 2
droit, face dorsale (d’après ANDRÉ et LAMY, 1935).
Europe à l’époque où y sévissait la peste des Ecrevisses; la première est
aveugle, la seconde présente des yeux normaux comme toutes les espèces
américaines, à l’exception de pellucidus TE1.1<A1~1PF qui est aveugle et caver-
nicole comme iyphlobius. Inutile d’insister longuement sur cette dernière
forme qui est rarissime et qu’on peut distinguer au premier abord.
1. Uambarus typhlobius J osnpri 1879, 202 ; FAxoN 1884, 45. Cambarus
caecus JosEPH 1881, 137. Gambarus siygius Josnpu 1881, 241, 249 et
1882, 12.
Espèce découverte par J OSEPH dans la grotte de S. Kanzian en Carniole
et connue seulement, semble—t-il, par la description qu’en a donnée l’au-
teur (1882). Cette description fort incomplète a été intégralement relevée
par FAXON qui a restitué à l’espèce son nom primitif, celui de siygius ayant
été attribué en 1876 par BRANDY à une autre espèce de Cambarus très
voisine. Quoique mal connu, igphlobius appartient certainement au genre
Cambarus.
L’exemplaire capturé par JosEPH mesurait 90 mm., c'était un 3 qui
portait éperon sur le 38 article de pa et de p‘, en quoi il ressemblait à pellu-
cidus ; d’ailleurs il se distingue de cette dernière espèce par ses pédoncules
antennaires qui sont plus allongés et ses pédoncules oculaires un peu
plus forts.

camsanus 69
2. Cambarus aiïinîs SAY (fig. 46, 55, 56) ; Aslacus a/finis SAY 1817, 168,
Cambarus affinis HAGEN 1870, 60, Pl. l,fig. 19, 22, 84, 85, Pl. III, fig.
152 et Pl. V ; ÀNDREWS 1906, 427 ; SCHELLENBERG 1928, 69, fig. 52-56;
ANDRÉ et LAMY 1935, 35, fig. 5 et 7.
Appartient au groupe des Cambarus où l’éperon ischiatique du (3* est
localisé sur p° et, dans ce groupe, aux espèces où les pléopodes 1 du mâle
se terminent en deux lames triangulaires droites à pointe aiguë ; il se dis-
tingue d'ailleurs de toutes ces dernières par les nombreux tubercules aigus
qui s’élèvent sur les flancs delarégionhépatique.Assez semblableà A.pall£-
pcs et présentant comme elle une crête postorbitaire indivise, il a le tho-
rax plus étroit, et le rostre plus élancé, concave, sans carène du côté dorsal.
5 J   =
N   ‘·. /1 ‘=
s —· M
. /
I   ~ ji  
BT! l   1
D  gl M  
l I I
HJ,  Il
/ la il
/~·
PU a mu ` ’
Fm. 55. -— Cambarus ajfinis 3, mêmes organes et mêmes lettres que dans la fig. 54
(d’après ANDRÉ et LAMY, 1935).
Le thélycum de la Q (fig. 56, A), en anneau venlral transverse, est situé
juste en arrière du sternite de p* ; cet organe présente au milieu une cavité
qui joue le rôle de réceptacle séminal ; en avant de cette chambre, la par-
tie antérieure de l’anneau présente une paire de tubercules, et du fond de
la chambre s’élève un tube en gouttière dont les lèvres en contact peuvent
s’écarter ; ce tube est souvent rentré dans la chambre. L’anneau est suivi
d’ailleurs par une pièce sternale transverse située au niveau de p‘. Chez
le 5* (fig. 55), les pléopodes 1 présentent dans leur moitié distale un sillon
qui se continue jusqu’à l’extrémité de l’une des deux pointes terminales,
laquelle est cornée et joue le rôle de canule pour introduire le sperme dans
la cavité de l’anneau ventral, l’autre pointe est membraneuse. Le pléo-
pode 2 ressemble beaucoup à celui des Écrevisses, mais sa lame terminale
est longue, recourbée sur elle-même, terminée en pointe ciliée.

70 nÉcAronEs MARCHEURS
Espèce franchement diurne, de coloration verdâtre avec taches plus
foncécs, et, sur les segments abdominaux, une double bande transverse
marron qui devient rouge dans l’alcool. — Longueur 110 à 120 mm., pou-
vant atteindre 140.
\ 5 X
ll l
\ë (V//lxl /
l /’ I è
\ \ =» ` V
\ ml l/QV U
l l *5 I ’
È té [ r NÉ /
\ ,, J x? , ,
  ^ \~   r M
J)   t ,
I
Pri/1 g
\ B
az
Fier. 56. -· Cambarus affînis : A, Q face sternale du céphalothorax avec la base des
pattes, les orifices sexuels et l’anneau ventral ; Pr 111, patte 3 du 3‘ avec l’éperon
basal (d’après ANDRÉ et LAMY, 1935).
L’accouplement se produit dans la situation normale (fig. 46), rendu
plus étroit par le contact de l’éperon de p4 avec la base de la même patte
de la Q ; la papille située à l’orifice sexuel 3 de pé déverse la liqueur dans le
sillon des pléopodes 1 rappr0chés,et Pappendice terminal de l’endopodite
des pléopodes 2 fait cheminer la liqueur en avant jusqu’aux canules qui la
déversent dans la cavité de l’anneau. L’accouplement est printanier ; bien-
tôt après, la $,2 dressée sur ses pattes secrète par les pléopodes et les plaques
sternales une liqueur cémentaire abondante, puis se tient sur le dos, rabat
l’abdomen contre le sternum thoracique et clôt la chambre incubatrice ainsi
faite par une membrane provenant du liquide cémentaire durci. Les œufs, à
leur sortie des oviductcs, sont fécondés par le sperme qu’émet le tube en
gouttière du réceptacle séminal. Une fois les œufs fixés aux pléopodes par le
cément, la S2 se relève, étend l’abdomen et rompt la membrane cémentaire
qui transformait celui-ei en chambre incubatrice close. Au bout de deux
mois environ, les jeunes éclosent et se développent à peu près comme ceux
des Écrevisses.
L’espèce est commune à l’est des États-Unis, régions du Delaware
et du Potomac. Elle fut introduite en 1890 par Max vor: DEM Bonms à Ber-
neuchen dans un étang que desservait la Mietvel, un affluent de l’Oder, et de
là s’est répandue jusqu'en Pologne ; à l’est elle se trouve aussi dans
la région de Berlin. En France, pour remédier à la dépopulation causée par
la peste des Écrevisses, le Cambarus a/finis fut introduit par RAVERET-
WATTEL (1896, 1897) dans la station aquicole du Nid-du-Verdier, près de

camnmws 71
Fécamp, avec une autre espèce encore plus répandue en Amérique, le Canz-
barus virilis PIAGEN ; sans succès au surplus, car les Cambarus sont fouisseurs
et s’échappent au loin par des galeries (1). Plus heureuse fut la tentative
d’un Allemand M. Lxasautc qui, d’apres Burmutr (1932), avait introduit
dans le Cher à Saint-Florent 2.000 a/]înis importés d’Allemagne en 1911 et
1913. Telle est sans doute 1’origine des af]înis signalés par LEGER au voisi-
nage de Vierzon où ils occupaient un lit sableux dédaigné parles Écrevisses.
Depuis, ANDRÉ (1934) a retrouvé l’espèce il Juvisy dans la Seine, à Charen-
ton dans la Marne et, plus récemment, je le sais par sa bouche, dans le lac
Daumesnil, au Bois de Vincennes. D'où proviennent ces individus? on l’i-
gnore, mais on peut supposer qu’ils furent achetés aux Halles et introduits
dans la région par des amateurs qui les prirent vraisemblablement pour des
Écrevisses. A1~mnÉ et LAMY ne disent-ils pas qu’en 1734 les Cambarus de la
Marne se vendaient 3 francs la douzaine aux Halles de Paris.
Pour Lacan (1924) les a/llnis seraient une acquisition heureuse, car ils
aiment les eaux peu favorables à 1’Écrevisse, « prennent par la cuisson une
belle couleur rouge sombre, et leur chair fort appétissante, plus ferme et
mieux fournie que celle de nos Écrevisses, a un goût fin qui rappelle celui
de la Langouste ». Mais, sur ce point, les avis sont partagés, SCIIELLENBERG
dit que 1’espece n’est point estimée pour la table et qu’e1le prend une teinte
rouge terne à la cuisson.
Tribu ll. PALINURA Boanamuta 1907.
Caractères au tableau p. 52, avec les suivants : basis soudé :1 l’ischion
dans toutes les pattes ; bord postérieur de la carapace pincé latéralement,
soit entre des saillies pleurales du 1°1’segmentdel’abdomen(fig.57),soitentre
une de ces saillies et la partie précoxale de p°sur les flancs du thorax (fig. 59);
articles 2 et 3 des pédoncules antennaires fusionnés ou soudés suivant une
ligne de suture ; le dernier sternite thoracique soudé aux précédents ; rames
uropodiales et telson sans suture complète ; lacinie interne de mœ* et de mxpl
rudimentaire 011 trés réduite. L’appareil respiratoire présente des aillnîtés
homariennes manifestes dans sa structure qui est franchement trichobran-
chiale, dans le développement d’un épipodite et d’une podobranchie à la
base de toutes les pattes, sauf celles de lapaire postérieure, enfin, par la pré-
sence d’une pleurobranchie fonctionnelle au niveau de p', p', p•, p*. Comme
chez les Cambarus dans la tribu précédente,il y a éloignement du type ho-
marien par suppression complète de la pleurobranchie cicatricielle à la base
de p°. ··- Comme il a été dit plus haut (p. -10),1es Palinura, une fois sortis de
l’«euf, traversent un stade larvaire mysidien où la carapace est très déve-
loppée, puis un stade natant qui varie beaucoup suivant les groupes.
Abstraction faite des Galathéidés, qui sont des Anomoures, la tribu
correspond aux Il/Iacroures cuirassés de Milne-Edwards. Elle se subdivise
de la manière suivante en deux groupes comprenant ensemble trois fa-
milles.
1. Voir a ce sujet Cuimums (1921) pour C. argillicdla qui émigre par terre et fait un
petit monticule a 1’oriiîce de ses terriers ; dans C. diogenes, d’après Faxorx, le montucule
devient une colonne qui peut atteindre un pied.

72 DÉCAPODES MARCHEURS
TABLEAU DES FAMILLES.
1. Téguments coriaces ou peu calcifiés ; formes aveugles dont les pédon-
cules oculaires sont ankylosés. Long fouet antennaire. Toutes les pattes
se terminent en pince, sauf parfois celles de la dernière paire ; les anté-
rieures sont très allongées ; telson triangulaire,tout entier calcifié comme
les rames des uropodes. Carapace avec de nombreuses carènes longitu-
dinales épineuses (Pl. II, fig. 1) (Groupe Eryonidea) ...............
............................................... Eryonidae, p. 72
— Téguments très solides ; formes à pédoncules oculaires mobiles et ter-
minés par des yeux. Les pattes 1 parfois subchéliformes, ces pattes et
celles des trois paires suivantes jamais terminées en pince ; telson sub-
tronqué ou arrondi en arrière, membraneux postérieurement comme les
rames des uropodes. Carapace convexe ou déprimée en dessus, dans ce
dernier cas avec crête latérale plus ou moins saillante (Groupe Loricaia)
.................... . ...... . ............................... 2
2. Antennes à pédoncule subcylindrique terminé par un long fouet ; les
pédoncuies oculaires ne sont jamais logés dans une profonde échancrure
du bord frontal ; corps robuste mais svelte ; carapace d’ordinaire con-
vexe du côté dorsal (Pl. III, fig. 3) ........... Palinuridae, p. 77.
—- Antennes larges et aplaties surtout en avant où le dernier article de leur
pédoncule se dilate en lame triangulaire et où le fouet se réduit en une
grande lame lobée sur les bords ; corps lourd et trapu, la carapace d’or—·
dinaire déprimée et beaucoup plus large que l’abdome11 (Pl. lll, fig. 5)
................................ .. ......... Scyllaridae, p. 85.
Groupe Eryonidea DE I"IAAN 1850
Famille des ERYONIDAE DANA 1852.
Outre les caractères du tableau p. 72, les caractères de l’adulte sont les
suivants : ai avec le le! article pédonculaire prolongé en avant par une puis-
sante écaille, leur fouet interne long et fort, pédoncules de az avec l’article 1
libre et muni d’un fort tubercule excréteur, les articles 2 et 3 soudés mais
distincts, l’article 2 portant une écaille mobile ; mandibules à dents trian-
gulaires multiples ; mxl presque réduite à ses deux lacinies simples, mais
avec un petit endopodite et une large lame exopodiale ; mccpl tres modifié,
ses lacinies simples et rudirnentaires, l’endopodite étroit,parfois vaguement
divisé en son milieu, Pexopodite longuement dirigé en avant où il s’étale
et se divise suivant sa longueur en deux lames incurvées, l’épip0dite grand et
dirigé en arrière ; mœpz et mxps a épipodite et exopodite rudimentaires ou
nuls, leur basis soudé à l’ischion ; p2 à p“ avec l’ischion-basis soudé au mérus ;
abdomen progressivement et fortement rétréci de la base à la pointe, son
ler tergite articulé avec le bord postérieur de la carapace (fig. 57, A et B) ;
toujours une paire de pléopodes sur le 19* sternite abdominal, ces pléopodes,
chez le 5* (fig. 57, C), dilatés en avant où ils portent des crochets rétinacu-
laires ; pléopodes des paires suivantes biramés avec, sur l’endopodite, un

Enromoaa 73
appendice interne rétinaculé qui, chez la 5, se divise longitudinalement
(llg. 57, D) pour former un appendice masculin.
La carapace est plus typique encore (voir Bouviaa 1917, fig. 1) : sa partie
frontale soudée à l’arceau ophthalmique, largement tronquée avec, au mi-
licu, 1 ou 2 épines rostrales, une profonde échancrure orbitaire, limitée en
avant par deux angles aigus, une échancrure antennaire ayant une dent
de chaque côté à son ouverture,enlin un lobe ptérygostomien. Elle est par-
courue longitudinalement par des carènes spiniléres : une dorsale médiane
munie d’un léger sillon, et, de chaque côté, une latérale, une gastro-orbi-
aire souvent absente, une branchiale supérieure, une branchiale longitu-
1 = L\ C
l /
>_ tél
., am.
i \i\
il *1)* f · É
\ al:
\
S aim
li .al
\ ,»-ï
C D
Fxo. 57. - Polgcheles sculptus :A, 1** tergite abdominal vu de dos, son condyle i
s'articule avec le bord postérieur de la carapace ; B, relation de cet anneau (lé 1) avec
le bord postérieur c de la carapace où l‘on voit l’origine des carènes médiane, bran-
cliiale et latérale; C', pléopode du â ; D, pléopode 2 du 3 avec les appendices interne
ai et masculin am (original).
dinule et une branchiale inférieure, sans compter les carènes marginales
fort développées surtout en arriére. Le sillon subcervical est représenté
par ses parties centrales et latérales, le sillon cervical par son origine, vers
laquelle se dirige un rameau subcervical ; un vague rameau du sillon sub-
cervical délimité en arrière les lobes gastriques postérieurs ; enfin, de cha-
que côté, un sillon branchiowardiaque oblique. Ainsi se délimitent sur la
carapace une aire gastrique, une postgaslrique suivie par la cardiaque, une
épigastrique, une hépatique, enfin les aires branchiales antérieure et posté-
rieure. De chaque côté, le bord postérieur de la carapace est saisi entre
deux saillies pleurales du l" segment de l’abd0men (fig. 57, A, B), l’une anté-
rieure en tubercnle arrondi (i) qui s’articule à la face ventrale du bord,l’autre

7-l oûclxrooss Mancneuns
postérieure en pointe courbe qui se place en dessus du bord. Les sillons
et la carene dorsale ne sont pas sans rappeler beaucoup le genre Nephrops ;
ce qui leur donne un aspect différent c’est la disposition relative, chez
l’adulte, du dos et des flancs qui sont déprimés et se rencontrent
suivant les c a rènes latérales. La formule branchiale d’ailleurs,rappelle
tout à fait celle des Homaridés, sauf dans la région des maxillipedes où
disparaissent complètement les podobranchies et où l’on ne trouve plus
qu’une arthrobranchie (sur mœpa) d’ailleurs rudimentaire ou nulle. Au sur-
plus, BoAs a relevé d’autres homologies entre les deux groupes 3 écaille
antennaire mobile, multiplicité des pinces, faible largeur des sternites
thoraciques, présence des pléopodes.
A ces caractères il faut ajouter le suivant, qui est d’importance. En 1882,
Srnmcn BATE a décrit sous le nom d’Ery0ncicus des Crustacés bathypélagi-
ques qui rappellent tout à fait les Éryonides adultes, mais dont la carapace
très large est globuleuse ; on en connaît beaucoup de formes dont j’ai donné
en 1917 une table dichotomiqueg plusieurs sont assez grandes et on les tenait
pour des espèces propres, sinon adultes, au moins tres voisines de l’adulte.
A grand tort,j’ai soutenu cette opinion contre Oscar: Sono (1915) qui a eu
le mérite de reconnaître dans ces formes un simple stade larvaire des
Éryonides. La discussion eût pu être close tout de suite parce que SELBIE,
en 1914, avait décrit et figuré (p. 40, Pl. IV, fig. 6-9) un Eryoncicus n. sp.
qui présente encore des exopodites natatoires sur mxpa, pl et p2 ; mais cette
observation m’avait échappé en 1917 et il fallut attendre les recherches de
BALss (1925) sur les récoltes de la « Valdivia », pour que la question fût tran-
chée ; dans cette étude, le savant carcinologiste décrit et ûgure un cryo-
neicus analogue à celui de Samara, observant d’ailleurs qu’en cet état, les
autres pattes (pa, p·*, pi) ne sont pas encore développées et qu’une fois appa-
rues, toutes les pattes seront dépourvues d'exopodites comme on l’observe
chez presque tous les eryoneicus connus (Pl. III, fig. 1). De toute évidence,
eryoneicus n’est qu’un stade postembryonnaire pélagique des Eryonides et,
sans doute, des Polycheles. Comme l’a établi BoAs dans une oeuvre (1939)
publiée quatre ans_apres sa mort, c’est un stade natant qui fait suite a un
stade mysidien, Pamphion, jadis dénommé et tenu pour type générique par
H. 1`lILNE.-EDVVARDS (1832). A l’exemple de ce dernier, BoAs rapproche jus-
tement l’amphi0n du phyllosome des Langoustes. mais y voit la forme mysi-
dienne des Polycheles, celle qui conduit a la forme natante eryoneicus.
Etant données l’étude et la ügure consacrées par Boas à l’amphion, les vues
du savant auteur danois ne paraissent guère contestables; on doit même sup-
poser qu’à l’eryoneicus plégique succède un état où le jeune se tient sur— le
fond et marche déjà comme l’adulte (1). En tout cas, il est hors de doute
que les Homaridés et Eryonidés présentent des affinités étroites et comme
les deux groupes semblent apparaître presque simultanément dans le Lias
inférieur (Eryon pour les Éryonides, Eryma pour les Homarides), comme
d’ailleurs le type homarien est beaucoup plus normal que celui des Éryo-
nides, il y a lieu de penser qu’ils se rattachent l’un et l’autre à une forme
commune qui se rapprochait surtout des Homarides.
La famille est représentée par deux genres : l«Villemrrsia GRoTE 1873
dont le bord frontal est presque droit, sans échancrures orbitaires, les
1. Peut-être le jeune Polycheles que j’avais appelé eryoniformis en 1905 est—il ai ce
stade ou très voisin de ce stade ;sa longueur est de 37 mm. alors que certains ergoneicus
atteignent 50 mm; je fus porté (1917, p. 47) à voir en lui un Polycheles granulatus FAxoN
parce que sa carapace est large, mais elle est dilatée en arrière, peut-être normalement.

i>oLYcnELEs 75
pédoncules oculaires étant parallèles au front, et Polycheles HELLER 1863
où le bord frontal présente deux profondes échancrures orbitaires au fond
desquelles apparaissent les pédoncules.
Tous ces Éryonides sont abyssaux et plus ou moins colorés en rose ou
en rouge ; on les trouve dans toutes les mers, encore qu’une seule espèce
fréquente nos régions. Elle appartient au genre Polgcheles.
G. POLYCHELES HELLER 1862.
Se distingue des Willemœsia par les caractères indiqués ci-dessus,par la
longueur et la gracilité un peu moindre des chélipèdes et par la disparition
complète de la forte dent aiguë qui s’é1ève au bord interne du pouce dans
ces derniers.
Ses espèces sont beaucoup plus nombreuses, on en compte près de 30,
dont 7 habitent l’Atlantique, parmi lesquelles la suivante qui seule mérite
de nous intéresser.
Polycheles typhlops Hntmzn (Pl. 11, fig. .3) ; Henman 1862, 392, Pl. 1,
fig. 1-6 et 1863, 24, Pl. VII, fig. 1 et 2 ; SENNA 1903, 332, Pl. XVIII, fig.
1-11 et fig. 7 du texte ; Samara 1914,12, Pl. I, fig. 1-13 ;Bouv1ER 1917,36,
Pl. Il, fig. 1-6; Pzasra 1918, 162, fig. 53. Polycheles lyphlopis NoBm: 1936,
fig. 150.
Gomparée aux autres Polycheles atlantiques, cette espèce ressemble au
P. crucifer W. SUHM par son rostre en épine simple, mais en diffère par
sa carapace beaucoup moins large et par ses échancrures orbitaires qu’un
étranglement complet divise en deux régions. Carène médiane dorsale
avec 1, 1, 1, 2, 1 épines en avant du sillon subcervical, 2, 1, 1, en arrière,
la plus postérieure située sur la carène marginale qui porte en outre de
chaque côté 2 ou 3 épines ; carène branchiale supérieure de 15 épines ;
carènes gastro-orbitaires avec 5 épines ; —— carènes latérales de 1 (an-
tennaire), 6, 5, 20 ou 21. Abdomen caréné transversalement, les carènes
des segments 2 à 5 avec une forte épine médiane, celle de 6 précédée par
une figure en O. Pédoneules oculaires très larges à leur base; article basal
des pédoncules de a* prolongé par une puissante écaille qui dépasse les pé-
doncules ; écaille antennaire longue et obtuse. Lobe interne de l’exopo-
dite de mxpl formant avec le lobe externe un large canal respiratoire ; .
m:cp“ avec le mérus puissant, le carpe et le propode fusionnés ; mxpa avec
un épipodite réduit. Chélipèdes spinuleux ou denticulés, le mérus aussi
long que les pinces dont les doigts se terminent en crochets croisés, une
forte épine au bout distal du mérus, du carpe et de la portion palmaire.
Les pattes suivantes sont fortement pileuses et terminées par des pinces
de plus en plus réduites ; chez le 3, la pince est à peine indiquée, alors
qu’elle est très nette dans la S?. — La longueur peut atteindre près de
100 mm., mais en général varie entre 50 et 80. CEufs arrondis, nombreux;
d’après SANTUCCI (1932) leur diamètre maximum d’un 1/2 mm. environ.

'îô niâcseonas Mrxncrinuias
La forme natante de l’espece a été signalée et décrite par Lo BIANCO
(1903, 187, Pl. VIII, fig. 24-25), puis de nouveau décrite et tigurée par moi-
même (1917, 61, Pl. IV, fig. 13, Pl. V, fig. 1-12, Pl. VI, üg. 1 et 2) sous le
nom d’Ery0neicus Purilani (Pl. III, fig. l). Elle appartient au groupe des
eryoneicas où des épines ou des spinules nombreuses s’élèvent sur la cara-
pace en dehors des carènes et des sillons, où l’ang1e orbitaire interne est
plus saillant que le rostre, où l’on observe 2 ou 3 épines sur la ligne mé-
diane dorsale de presque tous les segments abdominaux, enfin où il y a
au moins une épine sur les pleurons de ces segments. Dans ce groupe, elle
présente un rostre simple comme l’eryoneicus Richardi Bouvian du golfe de
Gascogne, mais en diffère par les traits suivants : épines de la caréne médiane
dorsale en arrière du rostre 1, 1, 1, 2, pilier —|— 2, 2, pilier, 2, épines de toutes
les carenes longitudinales longues, surtout en arriere ; une seule épine sur la
ligne médiane dorsale du 69 segment abdominal, une petite épine et une
grande sur le telson ; épines intercalaires fortes et nombreuses. Les chéli-
pèdes sont plus courts et les pinces beaucoup plus fortes que chez l’adulte ; la
saillie urinaire du l" article des pédoncules antennaires est une forte tigelle
pour le moins aussi longue que le reste du pédoncule, les pattes postérieures,
très réduites, ne sont pas encore terminées en pince, enfin les pédoncules
oculaires ne sont pas encore ankylosés à leur base. Les exemplaires de Lo
Branco furent capturés parle « Puritan » dans le golfe de Naples, ils mesu-
raient de 5 à 10 mm. Ceux que j’ai pu examiner provenaient des Açores,
de Madère et du golfe de Gascogne où ils avaient été recueillis par la <· Prin-
cesse Alice » ; tous étaient plus grands, et l’un d’eux, montrant déjà certains
caracteres du 5`, mesurait 30 mm. de longueur.
Quant aux adultes ils sont connus depuis l’Irlande jusqu’aux îles du Cap-
Vert et aux Açores, enûn en Méditerranée au moins jusque dans l'Adria·
tique et en Asie Mineure. L’exemplaire type de HELLER fut capturé en Sicile
et, sans doute, ne provenait pas d’une grande profondeur ; mais en Méditer-
ranée, l’espece fut prise par la « Pola » sur un fond de 600-2.055 m., dans
l'Atlantique par le a Talisman » entre 400 et 1.216 mètres. Comme beaucoup
d’espèces abyssales, le P. typhlops se répand largement ailleurs ; il fut trouvé
par le «Blake » dans la région caraïbe et signalé alors par A.M1LNE-EDWARDS
sous le nom de Pentacheles Agassizi (1880 a, 65), puis dans l’océan Indien
par l’« Investigator » et décrit alors par Ancocx sous le nom de Pentacheles
Heœtii (1901 b, p. 237). Ajoutons que la forme sicîlienne P. Doderleini, dé-
crite par Rrooxo (1885, 99, Pl. III), n’est pas autre chose que le P. typhlops.
Groupe des LOIÉICHÉH BOAs 1880.
Ce groupe correspond exactement aux Scyllarides de B0nnA1:•A1r.E et,
abstraction faite des Galathéides qui sont des Anomoures, aux Loricata
de HELLER (1863). Les caractères qui le distinguent des Eryonidea sont les
suivants : arceau ophtalmique libre quoique souvent recouvert par le front ;
l" article des pédoncules antennulaires médiocre et sans écaille ; pédoncules
antennaires dont le ler article est fusionné avec l’épistome, ce qui entraine
souvent fort loin l’orifice urinaire, les deux articles suivants confondus, l’é-
caille absente ; mandibules a dents rares et obtuses, mœl avec un endopodite
simple qui devient une lame triangulaire dans mmf et dans mxrpl, l’exopodite
de ce dernier normal avec ou sans fouet; formule appendiculaire thora-
cique généralement identique à celle des Homarides ; dans les deux
sexes, les pléopodes 1 font défaut et les pléopodes 2 sont munis de deux

r>.u.1Nun11>.xxs 77
lames, l’une exopodiale, l’autre endopodiale, ceux des trois segments suivants
de plus en plus réduits chez le 3 où l'endopodite devient rudimentaire, chez
la Q avec un exopodite en lame et un endopodite en tige ou en lamelle qui
porte ii son extrémité ou sur son bord interne un appendice interne —ans réti-
nacles. De chaque côté, le bord postérieur de la carapace est pincé entre le
pleuron e du l" segment abdominal et la saillie i que forme en arrière l’ar-
ticle précoxal (portant la pleurobranchie) de p° (fig. 59).
L’adulte vit sur le fond. Les larves pélagiques et mysidiennes sont
toujours des phyllosomes (Pl. II, fig. 6) ainsi nommés par LEACII qui en
faisait un type générique ; elles nagent au moyen de quatre paires d’ap—
pendices thoraciques biramés longs et grêles, p‘ et p" étant rejetés en
arrière et sans fonction. A l’éclosion, al et az sont indivises, l’abdomen
est apode et sans autre article libre que le telson, mais dans la suite
ces diverses parties deviennent plus normales. Au phyllosome fait
suite une forme qui descend vers le fond et y nage plutôt mal (ou pas du
tout) au moyen de ses pléopodes qui se couplent dans une même paire
avec leur appendice interne rétinaculé. (Vest le stade appelé nalanl par
Boss (1880) qui le supposait intermédiaire entre le phyllosome et l’adulte,
ce que l’auteur de ces lignesa amplement démontré depuis (1914). Lejeune
animal (Pl. lII,fig.4 et 6) diffère alors beaucoup moins de la forme défi-
nitive, mais il s'en distingue par ses téguments coriaces dépourvus de
calcification, son corps assez hyalin, sa carapace plus ou moins carénêe et
presque sans ornements, enfin par une forte épine qui s`élève de chaque
côté sur la roxa de pi, ou tout pres sur le sternite correspondant. Au
surplus, le stade natant varie suivant les genres et présente plusieurs
états successifs.
(Lomme on l’a vu plus liant (p. 72) lei groupe est constitué par deux fa-
milles ; toutes ses espèces sont romeslibles.
Famille des PALINURIDAE GRAY 1847.
Les Palinuridés ne sont autres que les Langoustiens de H. M1l.NE.-En-
wanos et les Palinuroidea de on HAAN (185tl) ; leur type est la Langouste
commune. Assez divers dans leur ensemble et,de ce fait, très propres à éta-
blir les affinités de la famille, ils se distinguent par leurs puissants fouets
nntennaires, les sillons homariens de leur carapace, leur formule branchiale
identique ou presque à celle des Homards et par un ensemble de traits lo-
calisés surtout dans la région céphnlique. Le front présente une paire de
cornes entre lesquelles est un rostre presque toujours réduit ou nul ; ordi-
nairement reste à découvert l’arceau ophthalmique, mais dans le genre in-
dien Palinurellus, le rostre est saillant, triangulaire comme chez les Homa-
rides, s'étendant comme une voûte au·dessus de cet arceau et, dans les Lan-
goustes exotiques du genre Jasus, se développe en une courte saillie qui s’in-
rnrve pour se souder à la partie médiane de l’arceau antennulaire, formant
un pont au-dessus de l’arceau ophthalmique. Abstraction faite de ce dernier
genre, la partie médiane de l’arceau antennnlalre est libre et visible en des-

78 ¤ÉcAPoDEs MARGHEURS
sus, ses ailes allant à droite et à gauche se souder a la carapace. Quant a
l’arceau antennaire qui constitue l’épistome, il est (fig. 58) étroitement fu-
sionné avec l’article basal des antennes démesurément développé qui se
fusionne avec 1’artîcle du côté opposé suivant une ligne longitudinale par-
fois absente ; de toutes façons le tubercule excréteur est rejeté fort loin en
arrière, du côté du cadre buccal. Les articles suivants 2 et 3 forment une
masse indivise et sans écaille, qui est très mobile sur l’article basal et s’arti-
cule avec l’article 4, lequel est suivi parle dernier 5, puis par le fouet. Chez
tous les Palinurides, comme chez les Homarides, le basis et l’ischion des
5
I
V
/\ ` 4
A4 A
/1 .
. y n ff _
’ > Ã 2+3: 4·
a S   1 I , , ‘
a/’ s ' Y
X  M . 7 · ,— o
7 nc \ .. 1  
_ M   NI" 1 OU
o   _,   i
api i
· ‘ . ï·
il nd I  
Fm. 58. — Palinurus vulgaris, région bucco-frontale en dessous : a‘s partie centrale
saillante de l’arceau antennulaire montrant la base d’insertion de a' et la facette
externe stridulante ; 1 article basal des pédoncules antennaires avec son tubercule
urinaire ou ; md mandibules avec leur base prolongée en avant au bord buccal (ori-
gina ).
pattes sont fusionnés quoique plus ou moins distincts et les pattes posté-
rieures des femelles sont un peu subchéliformes, ce qui est encore un trait
de la famille homarienne.
D’après Ricnrnas (1873), le phyllosome (Pl. III, fig. 6) des Palinuridés
se distingue à tous les stades par le développement de ses antennes qui sont
aussi longues ou plus longues que les antennules, toujours étroites et,à par-
tir d'un certain stade, richement articulées ; mœpa, pl, pz et pa sont nata-
toires, p·* et p° sans fonctions et rejetés en arriere, l’abdomen est brusque-
ment bien plus étroit que le céphalothorax foliacé.
Quant au stade naiant des Palinurides, il est surtout caractérisé par les
antennes qui sont déjà puissantes comme chez l’adulte, par la forme pres-

PALINURUS 79*
que toujours quadrangulaire de la carapace qui présente des carenes ou
des lignes spinulifères longitudinales, enfin (sauf chez les Jasus) par le dé-
veloppement d’une épine sternale (Pl. III, fig. 4) vers la base de p° et par-
fois des pattes précédentes. Boss (1880, voir Bouvuan 1917, p. 84) a bien
fait connaitre ce stade où l’on observe parfois, sur les pattes, des rudiments
d’exopodites. D’autre part, CALMAN (1900 b) a établi que les formes désignées
par ORTMANN sous le nom générique de Puer (1891), puis sous celui de Pue-
rulus (1897) sont des Palinurides immatures au stade natant, ce que j’ai pu
établir sans conteste au Laboratoire de Plymouth (1914 a), où délégué par les
zoologistes anglais, j’eus la bonne fortune de trouver dans les pêches effec-
tuées près du phare d’Eddystone, le puerulus jusqu’alors inconnu de notre
Langouste et de trouver celui-ci au moment où il se dégageait du phyllo·
some (fig. 60). Ainsi le nom de pucrulus cesse de désigner un genre pour
s'appliquer au stade natant des Palinurides ; chaque espèce de Langouste
possède un puerulus particulier (1). Un stade poslpucrulus fait suite, déja
très semblable a l’adulte.
H. l`rl1LNE-EDWARDS (1837) a divisé les Palinuridcs en deux groupes,
les brévicornes où les fouets antennulaires sont courts comme chez les
Homards et les longicornes où ils sont très allongés. Les premiers ont un
rostre (qui devient grand et semblable à celui des Homards chez les Pali-
nurellus) et se distinguent en outre par leurs pattes antérieures qui sont
subchéliformes ; les seconds ne présentent plusce dernier caractère et sont
d’ailleurs totalement dépourvus de rostre. Les brévicornes sont primitifs,
surtout ceux du genre Palinurellus qui ressemblent beaucoup aux fossiles
jurassiques de la famille des Glyphceidés, lesquels ont le facies des Homa-
riens et les pattes des Palinurides. La plupart des Palinurides présentent
la convexité dorsale des Homards, mais les brévicornes du genre Linupa-
rus ressemblent aux puerulus par leur carapace quadrangulaire et dor-
salement déprimée ; c'est une ressemblance avec les Éryonides et l’on doit
croire que ceux-ci et les Palinurides ont une origine homarienne commune.
Les Palinurides qui doivent nous occuper ici sont des brévicornes qui
appartiennent au genre Palinurus FABR., et une espèce longicorne qui
fait partie du genre Panulirus GRAY.
G. PALINURUS Fanarcius 1798, s. l., GRAY 1847.
Rostre très réduit, flanqué d’une paire de cornes frontales aiguës et très
développées (fig. 61) ; en avant de l'arceau ophthalmique bien découvert,
la partie médiane de l'arceau antennulaire est un fort coin saillant dont les
faces latérales lisses forment organe stridulant avec la face interne éga-
lement lisse du grand article 2 —(— 3 des pédoncules antennaires (fig. 58) ;
articles basilaires des mêmes pédoncules fusionnés suivant une ligne médiane
en avant de l’épistome.Face dorsale du thorax et de l’abdomen très convexes.
1. Le nom de Puerulus, comme terme générique, reste appliqué toutefois :1 une espèce
de la Nouvelle-Guinée que SPENCE BATE désignait sous le nom de Panulirus angulalus·
(1888), et qui a conservé le facies des puerulus.

80 DÉcA1>oDEs MARcnEUns
Le genre est propre à I’Atlantique où il compte cinq espèces dont les
deux suivantes seules habitent nos régions et se distinguent des autres
par la présence sur les tergites 2 à 5 de l’ahdomen, d’un seul sillon trans-
verse (au lieu de 2 ou 4) d’ailleurs interrompu au milieu.
—- pl franchement subchéliforme grâce à la présence au bout distal du
propode d’une forte saillie opposée au doigt, (fig. 61, B) .... . ..........
` ............................................ vulgaris, p. 80,
—- pl à peine subchéliforme, la saillie distale du propode n’étant représen-
tée que par une petite dent aiguë (fig. 61, B’)   mauritanicus, p. 83.
1. Palînurus Vulgaris LATR. (fig.59 et fig.61, A et B) LATREILLE 1804, 191,
Pl. LH, fig. 3 ; H. M1LNE-EDwAnDs 1837, 292 ; BELL 1833, 213 et fig. ;
GRUVEL 1911, 20, fig. 9 du texte et
l Pl. IV, fig. 1 ; SELBIE 1914, 42, Pl.
VI, fig. 3 ; Bouvrna 1917, 89 ;
PEsT.x 1918, 166. fig. 34 Z CENAno
V, 1933, 312, 371, fig. 1-3 et 10 A ;
  Nonma 1936, 154, fig. 13 a et 132.
'   pl » P.quadric0rnis GBUBE 1861, 125.
Plb   i i· C·’est la Langouste commune, que
LATRFILLE a dénommée en mon-
, II trant ses différences avec le Cancer
· ( g homarus de LINNÉ (= Asiacus ho-
2 marne FABR.) qui est une espèce
  indienne, alors qu’elle est identique
   OM au Cancer homarus de PENNANT,
ba Carapace couverte de nombreux
tubercules aigus (« spiny Lobster »
/,:5 des Anglais) dont les plus grands,
' dans les aires gastrique et cardiaque,
F10. 59.- Palinurus vulgaris, côté gau· ne forment pas de Séries parallèlës ;
che ; rapports du dernier somite tho- , , ,
pagjqugycgluj dg pô avec lg ]_¤1` Segment I`()SlZI`€ BH p€tlt€ dûïlll H1€dlHH€ BIll}I'€
2?3.î,‘;,ï‘îë,‘Lî‘ër?.îîâm%‘àia§§3°iapl‘î,ëë“l fé les ¤0m<=S_ frontales qui sont Puis-
la region épimerienne en arrière de la santes, aiguës, relevées, un peu
pleurobranchie plb (original). inrléchies et dent/îculées en dôswus;
une forte dent aigue en dehors de
l’orbite ; partie centrale de l’arceau antennulaire avec un sillon médian;
article basal des pédoncules de az lobé sur son bord postérieur, en relation
avec l’épistome et portant le tubercule excréteur au milieu de ces lobes;
les autres articles du pédoncule très épineux, le fouet puissant dès sa base
et bien plus long que le corps. Exopodite des maxillipèdes à fouet bien
développé. Pattes 1 plus courtes et, surtout chez la Q, beaucoup plus fort es
que les suivantes, la carène interne de leur mérus avec une petite épine

PALINURUS 81
près de son bout distal, le propode avec une forte dent terminale opposée
au doigt ; les pattes suivantes à peu près inermes au bout distaldu mérus.
Un tubercule ou une paire de tubercules au milieu des sternites 1 à 4.
Pleurons abdominaux aigus, un peu dentés postérieurement ; le premier
simple et en rapport avec la région épimérienne de p‘ (fig. 59). Pièces de
la nageoire caudale peu convexes en arrière, leur partie postérieure molle,
incomplètement séparée de Pantérieure plus solide par un début de suture
oblique. Endopodite des pléopodes 2 de la 52 ovifère à sa base, sur les pléo-
podes suivants une tigelle ovifère qui porte à son bout libre un appendice
interne.
Tonalité d’un brun violet chez l'adulte avec taches jaunes qui se déve-
loppent particulièrement sur l’abdomen, les pattes rougeâtres à bandes
brunes irrégulières. ·- Diamètre des œufs 1 mm. ; taille des adultes,
jusqu’à 450 mm. et davantage.
Le phyllosome (Pl. II, fig. 6) de la Langouste commune traverse dix stades
avant de muer en puerulus ; au 1** stade il mesure 3 mm, de longueur, au
l0° qui était resté inconnu et que j’ai observé à Plymouth émettant (fig. 60)
son puerulus (1914), il atteint 20 à 21 mm. ; le bouclier est toujours large-
ment discofde, mais au cours des mues, s’avance progressivement en arrière
sur le thorax qui se présente sous la forme d’un disque plus étroit. Aux pre-
miers stades cette larve est très phototropique, attirée par la lumière et se
tient abondamment en surface, où elle nage avec mmp°, pl et p', p“ semblant
servir de simple balancier, car l’exopodite y est d’abord dépourvu de cils.
A mesure que la taille augmente,le phyllosome descend vers les profondeurs
et c’est là qu’il semble donner son puerulus ; celui de Plymouth, en effet,
fut capturé par le bateau du Laboratoire non loin du phare d’Eddystone,
entre deux eaux ; il présentait à peu près (fig. 60) les pleurons aigus, la na-
geoire caudale et les branchies de l’adulte, ses antennes étaient déjà fortes,
ses exopodites tous ciliés, même ceux de p, non fonctionnels; le puerulus
ne s’en dégageait que très imparfaitement ; quelques jours après d’ailleurs,
dans les mêmes eaux, et par 27-29 brasses de profondeur, était capturé un
puerulus libre de 21 mm. Le lefexemplaire se distingue dupuerulus des autres
Palinuridés par sa carapace un peu dilatée et non franchement quadrangu-
laire; ses cornes frontales sont puissantes mais inermes, contiguës aux dents
exorbitaires d'ailleurs réduites, la face dorsale de sa carapace présente sui-
vant sa longueur deux séries de dentîcules entre lesquelles s‘élèvent, sur-
tout en avant, deux saillies aiguës très inégales, ses antennes puissantes
portent sur leur fouet de longues soies qui disparaissent chez l’adulte; enfin
les pointes sternales y sont nombreuses, une de chaque côté, vers la base de
p” à p“. Les puerulus, quoique très nomhreuxà coup sûr, sont rarement cap-
turés et doivent se tenir parmi les roches, sur le fond ; quoique médiocre-
ment nageurs, ils s’éloignent de ce dernier comme on1’a vu plus haut Jet
Farm rapporte que 9 puerulus semblables mais plus petits (16-17 mm.) fu-
rent trouvés dans l’estomac d’un Poisson qui nageait près de la surface au
large de Concarneau (1937). Vers la même époque Smvrucci (1926 b) signalait
un stade posfpucrulus analogue à celui découvert par GILCHRIST (1920)
chez le Jasus Lalandei du Cap, et en 1933, ORTON décrivait et figurait le
postpuerulus de P. vulgaris ; c’est déjà une petite Langouste, moins épi-
neuse et plus pâle (brun et blanc) que l’adulte, munie encore de quelques
longues soies sensorielles sur les fouets antennaires. Obtenu d'un puerulus
Bouvuzn 6

82 ¤Éc,~.1=·0¤Es Maacniauas
de 17 mm. 8 pris à Eddystone, ce postpuerulus mesurait près de 20 mm.,
comme celui de Slmrucci.
L’espèce est connue depuis l’Iz·lande et la côte méridionale de l’Angleterre
jusqu’au cap Barbas; à l’est dans la Méditerranée, au moins jusque dans les
îles grecques, à l’ouest jusqu’aux Açores ; elle se tient parmi les roches de la
région subcôtière, surtout vers 50 mètres, mais peut descendre jusqu’à
. \ I; g
w JL
0 `\<   È
' É! /m.rp‘ N
l \ ·
ÉC \Èf   ¥_ \ P  )
ti i   `\ ài! A `
 _? j ,  lq,    xl  i j
ii  · I   ln;  ~ À M x
   l Éü iléégi   i"  É  if  1**
·\«à ‘ exxj  I Ã  ··  _  :· _ É Nr ·
\~ · É ·] . L _ `   / pg 
‘   _\\ \  g çlf  * 17}-% WA   '
i L. ,1: ji'-  I: _ . ‘
      1î"··,.‘ vf  
E! \ _1?;cz§;â_aÉ·'   J  
wzgudg M: lim A I ' V   ¢
  l ’  
‘     l ..»·~c'ë"` #’”
, a `\
  É `eie —
0 } "‘·g \ P  r
F10., 60. ·-— Palinurus vulgaris : le puer d‘Eddystone en train de se dégager de son
phyllosome (Bouvxizn, 1914).
425 mètres (GENABO). Peu estimée par les Anglais qui Pexpédient en France,
elle est au contraire fort goûtée sur le continent. On la pêche avec des nasses
appâtées comme celles des Homards ; des bateaux-viviers vont la prendre
jusqu’au large du Portugal où elle est très commune, souvent même jus-
qu’en Mauritanie ; arrivée au port, elle est tenue à terre en viviers jusqu’au
moment de la vente ; elle résiste assez bien à l’air. Comme le Homard, elle se
raréfie en raison de la pêche intensive qui lui est faite, mais on n’en a pas
réalisé l’élevage qui devrait conduire au stade puerulus. Pourtant, elle est

mtinuaus 83
protégée par les lois, surtout au moment de la ponte qui, d’après Pasra
(1918), aurait lieu au printemps et en été (1). KINOSIIITA (1933) rapporte
que la Langouste japonaise (Panulirus japonicus DE HAAN)estsoumise dans
son pays à une réglementation rigoureuse qui a permis de décupler le rende-
ment de la pêche.
2. Palinurus mauritanicus Gsuvsi. (fig. 61, A', B') ; Palinurus vulgaris
var. maurilanicus Gnuvai. 1911 b, 22, Pl. I, fig. 4. Palinurus mauriianicus
FAGE 1922, 153 ; CENAno 1935, 319 fig. 4-9 et 10 B. Palinurus Thom-
soni SELBIE 1914, 43, Pl. V1, fig. 1 et 2.
1 " \
ï B,
B
\
qi \ ,1 .·. (1 ·
y( 1 l`: 4
_ D A F A ‘, T ^ A A n 411
(1 1 11 1 1 È A `·
`, B A ·· _ 1 1 _
AA 1 1 A", ·‘ ^  
NN" ,51/ ï:^,.^   _^^,`;1}
· ‘ · 1 F
A A "‘ A · . 1 A · /
A ·· A ` A I K
A '/ À, *1
Fm. 61. —— La carapace A et Pextrémité B de la patte antérieure dans Palinurus vul-
goris et dans P. maurilanicus A', B' (original et d’après CENARO).
Très voisine de vulgaris avec laquelle je l’avais confondue (1917, p. 89),
s’en distingue par les caractères du tableau et par les suivants : carapace
plus dilatée à cornes frontales plus horizontales et plus écartées ; disposi-
tion en deux rangées longitudinales presque parallèles des épines princi-
pales sur les aires gastrique et cardiaque ; présence d’une série de dents
aiguës, avant l’épine terminale, sur la carène interne du mérusdep‘.—-Lon-
gueur des plus grands exemplaires, d’après GRUV'EL, 750 mm.
Par sa tonalité rouge-vin clair marbré de blanc et sa carapace peu rigide
(comme si l’animal venait de muer), cette Langouste semble être une forme
vulgaris qui s’est adaptée à des profondeurs où n’atteint pas ordinairement
1. D’après mes observations sur les matériaux du Laboratoire de Plymouth, il sem-
ble que, dans les parages d’Eddystone, le développement postembryonnaire dure au
moins depuis la fin de juin jusque vers la fin de septembre.

84 nâcaronizs MARGHEURS
l’espèce commune, A vrai dire, dans son habitat le plus méridional, qui
s’étend du cap Barbas jusqu’à Saint-Louis du Sénégal, elle se tient sur des
fonds allant de 20 à 50 metres et n’est plus en concurrence avec vulgaris.
Plus au nord, elle devient franchement subabyssale ; en Catalogne, où CE-
Naao l’a fort bien étudiée, on la capture entre 400 et 500 mètres ; dans les
parages d’0uessant et des Glénans, où l’a signalée Face, elle fut prise à
195 mètres et 310 mètres ; enfin dans son habitat le plus septentrional, au
large de la côte sud-ouest de l'lrlande, la « He1ga» en prit un petit 5 (154 mm.,
type de Thomsoni) qui se tenait par des fonds compris entre 212 et 229 me-
tres. Face a justement observé que le prétendu vulgaris (Q de 160 mm.) cap-
turé par le « Talisman » au large du cap Bojador (voir Bouvier: 1917, p. 90)
est un représentant tres typique de maurilanicus. Espèce plutot rare et sans
intérêt commercial.
G. PANULIRUS GRAY 1847.
Longicorne à rostre nul mais à cornes frontales fortes et aiguës ; en avant
de l’arceau ophthalmique, la partie médiane de 1’arceau antennulaire est
épineuse, subhorizontale, large, écartant ainsi beaucoup les pédoncules
antennaires qui doivent néanmoins former avec elle un organe stridulant ;
article basal de ces pédoncules complètement fusionné avec l’épistome sans
trace de suture médiane. Le corps et l’abdomen convexes comme dans Pali-
nurus.
Appelé Seneœ par PFEFFER (1881),puis par ORTMANN (1891), ce genre
est un des plus riches de la famille ; il compte pour le moins dix espèces,
dont la suivante qui est actuellement connue sur les marchés français et,
plus encore que les autres Panulirus, compte parmi les formes les plus
évoluées de la famille.
Panulirus regius Barre GAP. (Pl. III, fig. 2 et 3) ; DE Bmro CA1>Ei.1.o
1864, 5, fig. 1, lb, l· ; Osomo 1887, 230 ;BoUv1Ea 1905 b, 479 et 1917, 91,
Pl. VIII, fig. 1-4 et Pl. IX, fig. 1-7(ubi bibl.); GRUVEL 1911b, 35, fig. 16
du texte et Pl. Ill, fig. 4 et 5 ; GENARO 1935, 326, fig. 11 et 12. Palinurus
regius PFEFFER 1897, 254, 265.
Confondue avec ornalus FABR. par HEaKLoTs (1881) et par RATHBUN
(1900), avec longipes A. MILNE-EDWARDS par PFEFFER et avec gullaius
Lyra. par moi-même (1905 c), cette belle espèce est caractérisée par les
traits suivants : exopodites de mxpl et mccpf à fouets bien articulés, ceux
de mœp"· nuls chez l’adulte, parfois avec un rudiment de leur scape chez
le jeune ; cornes frontales médiocres, inermes, immédiatement suivies
par une forte épine ; épine extra—0rbitaire médiocre ; partie médiane de
1’arceau antennulaire armée en dessus au moins de deux paires de fortes
épines, fouet interne des antennules presque aussi long que le corps; un
sillon sur chacun des tergites abdominaux, interrompu sur les cinq derniers
segments, continu sur le 18*, pleurons aigus, inermes, sauf quelques denti-
cules en arrière à leur base ; pa plus fortes et plus grandes que les autres ;

mnutinus 85
p* subchéliformes chez la Q ; endopodite des pléopodes 3 à 53 de la 9 en
triangle portant sur le côté l’appendice interne ; épistome avec 3 petites
pointes en avant; sternum thoracique uni. Carapace avec de nombreux
petits tubercules et quelques fortes épines, couverte chez les jeunes de
courts poilsjaunâtres qui disparaissent plus tard. ·—— Longueur des plus
grands exemplaires 375 mm.
Tonalité d’un vert bleuàtre sur laquelle tranche en jaunâtre : le bout
des grandes épines de la carapace et des pédoncules antennaires, une large
bande sur les flancs du thorax, une raie en dessus et en dessous sur toute
la longueur des pattes, une bande transverse vers le bord postérieur de
chaque segment abdominal et une tache sur chacun de ces segments près
de la base des pleurons.
Comme le pense justement Gnuver., le puerulus de l’espèce (Pl. III, fig. 4)
est celui que j’avais nommé jadis (l905 b) aflanlicus ; il est longicorne avec
la carapace inerme, quadrangulaire et une paire seulement d‘épines ster-
nales.
D’ap1·ès Gnuvm., qui a eu le mérite de bien faire connaître cette espèce `
et de Plntroduire sur nos marchés, cette espèce est connue pres de la cote
africaine occidentale depuis le cap Barbas en Mauritanie jusque dans l’An-
gola. Au cap Blanc et à la baie du Lévrier, elle se trouvait en extrême abon-
dance, de même que sur le reste dela côte saharienne et au Sénégal ; elle y
est moins fréquente aujourd’hui car on lui fait, d’après les indications de
Gnuvrzr., une pêche intensive et des bateaux-viviers Papportent en nombre
dans notre pays. On la connaît sous le nom de Langouste mauritanienne ;
elle n’est pas moins fine que notre espèce, bien que le prix en soit un peu
moins élevé. Elle se tient à la côte par 4 ou 5 mètres et ne descend pas, sem-
ble~t-il, au-dessous de 20 metres. Cnmmo l’a étudiée sur des exemplaires
Canariens qui provenaient à coup sûr de la côte saharienne.
Famille des SCYLLARIDÀE GRAY 1847.
Très différents des Palinuridés par leurs formes lourdes et trapues, leur
carapace large et toujours déprimée et carénée, plus encore par leurs au-
tennes dont le fouet se transforme en une simple lame (fig. 62), les Scylla-
rides présentent le même sillon subcervical et la même fusion du ler article
des pédoncules antennaires avec 1’épistome ; ici toutefois le déplacement du
tubercule urinaire est encore plus accentué,si bien que,dans notre Scyllarus
urctus, il se place tout près de son congénere, dans l’échancrure antérieure
du cadre buccal (fig. 63). Au reste, l'article 2 + 3 de ces pédoncules ne dé-
borde pas beaucoup le front, le suivant (4) s’épanouit en une large lame trian-
gulaire, tandis que le dernier (5)est plutôt réduit formant support du large
fouet en lame. Le front n’est pas moins remarquable, cachant toujours sous
un repli l’arceau ophthalmique, donnant asile par une profonde échancrure
. aux pédoncules oculaires, ses cornes frontales tres réduites limitant un in-
tervalle médian où s'élève d’ordinaire un rostre peu saillant ; dans cet in-
tervalle s’enchàsse (fig. 62) et souvent se soude au front la partie médiane de
llarceau antennulaire que les anciens auteurs prenaient pour le rostre, bien
qu’el1e présente toujours une fissure médiane incomplète.
Les autres caractères sont à peu près ceux des Palinuridés ; nomme ces

86 DÉcA1>onEs MARCHEURS
derniers, les Scyllarides sortent de l’oeufà l’état de phyllosomes et traversent
ensuite un stade natant. Mais leurs phyllosomes, comme l’a observé RICH-
rans (1873), se distinguent toujours par leurs antennes qui sont plus courtes
que les antennules, qui s’é1argissent de bonne heure et ne présentent qu’un
petit nombre d’articulations ; dans les formes de nos pays tout au moins,
1
W il
A V 4
É
sf E·l’S
~ « ·· ^
_ " ais A2']?
` Mn A , /> "*
:~^§f`··— fl A
"   ~· A/ba r" 1 €'”"’·*=~·.
fl 2 la /1 r~\ ,/ "«ç_ I"
**9,   ;~”»îï~à " ' ^ " la
:\*r\ A l`.   Q ¤ ·%"
A;/\ "~.,^_`_,/I l i *%.5
^ xl `.
^ ,061 , *,5}
,(\^/\ OU .
A n
Fm. 62.- Scyllarus arctus région anté- _ « _
muc d°*Sa1<=· côté gauche de la °m· F‘È'.'a mÃîî’Ã'îSïÉÈ €Ãâi‘îÃiÔ·"ÈÈnd§rl?c‘ie
pace avec la msg des Elntennules 1*2 basilaiîe 1 se, confond avec celui du
et les antennes 2 + 3 3 fl; le Dame côté opposé et porte Poriüce urinaire
centrale a’s de l’arceau antennulaire ou au bord même du cadre buccal
montrant sa soudure avec le front ; fl (Ori mal)
fouet antennaire porté par 1’article 5 g `
du pédoncule (original).
le corps se rétrécit progressivement jusqu’au bout de l’abdomen et la nata-
tion s’effectue avec les quatre paires antérieures de pattes toutes munies
d’exopodites ciliés, mœpl restant un simple appendice et pi, sans fonction,
étant seul rejeté en arrière. Quant au stade natant, il varie beaucoup sui-
vant les genres, tantôt relativement étroit comme le nisto (Pl. Ill, fig. 6)
des Scyllarus, tantôt avec une carapace très large comme dans le pseudibacus
(fig. 64) des Scyllarides.
La famille comprend des formes de deux sortes 2 les unes, toutes exo-
tiques, avec la carapace beaucoup plus large que l’abdomen, très dépri-
mée, à carènes latérales tranchantes et fortement échancrées au niveau
du sillon subcervical (Ibacus, Thenus, etc.), les autres où la carapace n’est
guère plus large que l’abdomen et dont les carènes latérales peu saillantes
sont dépourvues de grande échancrure. Cesdernières comptent deux genres
qui sont représentés dans nos pays :

SCYLLARIDES 87
- Carapace assez déprimée et formule appendiculaire des Homarides,
soit 21 branchies comme les représentants du ler groupe.
.......................................... . Scyllarides, p. 87
— Carapace déjà assez convexe et formule appendiculaire réduite à 19
branchies ; les exopodites de mwp“, mzp° sont dépourvus de fouets.
................ . ............ . ................... Scyllarus, p. 89
.%:0
 i i 
li `? ‘ i l
u-__,\...·:» q‘l_,J_
g.A` `. É":/êïllg Z" FF,. ï ,
Q a lil ` ^
h • A 4 ·« ‘
. · k 4 • «`
Fm. 64. — Pseudibacus Veranyi du Scyllarîdcs lalus, exemplaire capturé à Nice
par le « Travailleur » (original).
Par tous leurs caractères les représentants du premier groupe sont pri-
mitifs et se rapprochent des Palinuridés brévicornes, surtout des Jasus ;
les Scyllarides ne le sont guère moins et au stade natant de pseudibacus
ressemblent tout à fait aux précédents ; les Scyllarus marquent le terme
de l’évoluti0n dans la famille mais, au stade natant de nislo, établissent
par leur forme un passage entre les Scyllarides et l’adulte.
G. SCYLLARIDES Gini. 1898.
Comme l’a justement observé G1LL, les Scyllaridcs ne méritent nulle-
ment le nom de Scyllarus que leur avait attribué DANA (1852) ; ils sont,
en effet, très différents des vrais Scyllares : de grande taille et, par les
caractères de l’adulte comme or ceux du stade natant pseudibacus, très

88 DÉCAPODES Mnncununs
voisins à tous égards des Scyllaridés primitifs. Ils comprennent 6 espèces,
les unes indo-pacifiques, les autres atlantiques et, parmi ces dernières,
la suivante qui représente le genre dans nos régions 2
Scyllarides latus LATR. (Pl. l1I, fig. 5) ; Scyllarus latus LATREILLE 1803,
182 ; SAVIGNY et AUDOUIN, 1819, 1926, 89, Pl. VIII, fig. 1 ; HELLER 1863,
196; ORTMANN 1897 a, 269; Nonas 1936, 137, fig. 134. Scyllarides latus
RATIIBUN 1900, 309 ;PEsrA 1918, 169, fig. 55.
Test couvert de petites verrues brièvement ciliées qui se réduisent à
leurs cils sur les pédoncules antennulaires et les pattes. Carapace quadran-
gulaire, presque aussi large que longue, carénée et dentée latéralement,
ses carènes un peu convexes en avant et en arrière dans les régions bran-
chiales. En dessus quelques tubercules spiniformes : une paire en avant
et un tubercule au milieu sur la région gastrique qui est un peu saillante,
une paire sur la région cardiaque, quelques-uns au bord postérieur sur
les régions branchiales et au bord interne de l’orbite. Cornes frontales
réduites à une paire de faibles saillies entre lesquelles est une dépression
rostrale dans laquelle s’enchâsse et se soude la partie centrale assez étroite
de l’arceau antennulaire ; cette partie terminée par deux dents que sépare
une courte fissure ; 18* article des pédoncules de alplus fort et plus court
que chacun des deux suivants. Épistome avec un sillon médian terminé,
en·avant et en arrière, par une échancrure ; orifices urinaires distants,
au bord antérieur du cadre bucoal; article 2 +3 des pédoncules antennaires
avec un lobe antéro-interne denté qui s’avance jusqu’à la base des pédon-
cules antennulaires, l’article 4 avec un lobe semblable, son bord externe
en pointe suivie de deux dents, lame terminale arrondie, finement frangée
de lobules convexes. Maxillipèdes normauxgpattes courtes, les antérieures
plus fortes, toutes terminées par un doigt en griffe, sauf chez la 9 où ps
est subchéliforme. Sternum thoracique peu large, anfractueux, avec une
paire de tubercules coniques sur chaque sternite.Abdomen large, convexe,
sans sillons, une carène obtuse et tuberculeuse sur les tergites 2,3, 4; pleu-
rons à bout denté, surtout celui de 2 qui est beaucoup plus grand que les
autres ; sternites abdominaux en baguette denticulée. Chez la 9, l’endo-
podite des pléopodes 3 à 5 se développe en lame quadrangulaire qui porte
au bout l’appendice interne. Rame caudale membraneuse et striée en long
sur la plus grande partie de son étendue, les parties externes calcifiées
et réduites ; telson subconique un peu plus large que long. — Longueur
d’un grand 3* 270 mm. (mais peut atteindre 450 mm.), largeur 105 mm.
Diamètre des œufs, 0,5 mm.
Tonalité d’un brun rougeâtre, plus claire en dessous, le bout des doigts
noir.
J’aî montré en 1913 que le Pseudibacus Veranyi (fig. 64) décrit comniees-
pèce autonome par GUÉRIN (1855) n’est rien autre que le stade natant de S.

' aCYLLA1\US 89
lalus et qu’il ressemble beaucoup au même stade étudié par Boas dans le
genre Parribacus, où d’ailleurs le stade natant est sensiblement de même
forme que l’adulte ; de là résulte que S. lalus au stade natant rappelle par
sa forme ce dernier genre alors qu’il en diffère étrangement à 1’état adulte.
.I’ai relevé (llg. 64) les caractères dorsaux d’un pseudibacus de S. lalus cap-
turé à Nice par le « Travailleur ·· ; cet exemplaire mesure environ 22 mm.,
la partie médiane de l’arceau antennulaire n‘est pas encore soudée au front,
le pseudo—fouet lamelleux des antennes se termine en pointe, il y a des tu-
bercules aigus sur les tergites et à la base des pleurons de la plupart des seg-
ments abdominaux, enfin les carènes latérales de la carapace présentent
la profonde échancrure qu’on observe chez les Scyllaridés primitifs adultes.
Dans cet exemplaire, comme dans les autres pseudibacus, il y a une épine
sur la coxa de p‘.
Connu depuis le Portugal jusqu’auxi1es du Cap·Vert, à l’est en Méditer-
ranée jusque dans l’Adriatique, à l’ouest à Madère et aux Açores. D’après
Pissm l’espèce se trouverait à Suez, dans la mer Rouge. Rrvruaun (1900)
observe qu'el1e aurait été signalée à Sainte-Hélène par SPENCE BAIE et à
Cuba par vom Maarrms ; peut-être faut-il également rapporter à lalus les
exemplaires du golfe de Guinée décrits par Hanxnors (1851) sous les noms
de S. Dehaani et Herklolsi. Tout ceci à revoir. Espèce côtière ou subcôtière;
j’ai pris un latus à la main dans le cratère échancré de Villafranca, aux Açores.
G. SCYLLARUS Faamcws 1775.
Les Scyllarus se distinguent des Scyllarides par leur taille médiocre ou
réduite et par leurs caractères indiqués plus haut (p. 87) qui portent la mar-
que d’une évolution avancée. A leur stade natant, signalé jadis par Sarwro
(1885) comme forme générique sous lenom de Nisto (Pl. III, fig. 6), ils 11'of-
frent plus les caractères primitifs des pseudibacus, leur carapace et leurs
traits généraux sont déjà trés semblables à ceux de l’adu1te, toutefois ils ne
présentent pas encore les dessins en sculpture plate qui ornent la face dor-
sale et les pleurons de l’abdomen des Scyllares adultes, sculptures qui man-
quent d’ailleurs chez les adultes des espèces les plus primitives (S. rubans
Atcocx indo—pacif1que, S. Fazoni Bouvier; de l’Atlantique occidental) ou
sont conservés les traits des nistos, mais non sur p°,1’épine coxale caracté-
ristique. J‘ai montré jadis (1913b) que les nistos ne pouvaient être que le
stade natant des Scyllarus, conception que justifia dans la suite, comme on
le verra plus loin, un élevage de FEDELE (1925).
Le genre compte pour le moins 20 espèces, dont S. arcius L. qui est
répandu dans nos mers; celles—ci pourraient également donner asile au
petit S. pygmaeus qu’on a signalé depuis les îles du Cap-)/'ert jusqu’aux
Agores.
1. Scyllarus arctus L. (fig. 62 et 63) ;Cancer· arctus LINNÉ 1767, 1053.
Scyllarus arclus Fasmcius, 1775, 413, H. MILNE-EDWARDS 1849, Pl. XLV,
fig. 1 ; HELLER 1863, 195, Pl. VI, fig. 7; Bouvmn 1917, 106 ; Pxasra
1918, 172, fig. 56 ; Nouan 1936, 156, fig. 53. Arcfus ursus DANA 1852,
516 ; Caaus 1884, 486 ; ORTMANN 1891, 41.
(Fest la « vigale de mer ¤ des côtes européennes. Carapace quadrangu-

90 nûcaronns Maaonnuns
laire, à carènes latérales munies de dents appliquées parmi lesquelles deux
plus fortes, Pantérieure et celle qui limite en arrière Péchancrure où abou-
tit le sillon subcervical ; dos convexe, mais avec dépressions brièvement
pileuses en dehors de la ligne médiane où s’élèvent d’avant en arrière un
tubercule postrostral conique, un prégastrique, une saillie gastrique en
triangle couverte de squames triangulaires relevées en avant et ciliées sur
les bords, enfin des squames semblables sur une large saillie cardiaque
qui s’étend jusqu’au bord postérieur ; sur ce bord lui—même une rangée
double dont la partie antérieure, au milieu, rejoint la saillie cardiaque.
et de chaque côté se prolonge obliquement jusqu’à l’angle orbitaire in-
terne. Les deux dents frontales et la saillie rostrale réduites encastrent
la base de la partie centrale de l’arceau antennulaire dont chaque
moitié présente une dent vers le milieu de son bord antérieur. Épi-
stome indivise, en avant à échancrure médiane, en arrière avec les deux
tubercules excréteurs contigus dans l’angle antérieur du cadre buccal
(fig. 63) ; prolongement antéro-interne des articles pédonculaires 2 —|— 3
et 4 médiocres et arrondis ; l’article 4 en dehors sous la forme d’un trian-
gle à forte pointe armé de 2 dents sur son bord externe, de 5 sur son bord
interne, lame terminale à bord interne et antérieure en demi-cercle dé-
coupé en sept grands lobes convexes (fig. 62) ; m:cp“ avec l’exopodite trans-
formé en une longue lamelle concave qui sert à endiguer le courant d’eau
expiratoire, l’appendice perdant son épipodite et ses deux branchies, d’où
19 branchies seulement au lieu de 21. Pattes courtes et peu fortes, sans
la carène supérieure en aile du Scyllarides laius, les antérieures un peu plus
épaisses. Sternum thoracique en triangle étroitement échancré en avant,
uni, relevé sur les bords, son sternite postérieur avec un petit tubercule
· médian. Tergites et pleurons abdominaux 2 à 5 avec deux rangées trans-
verses de squames plates et longues qui se regardent par leurs bords ar-
rondis et ciliés et qui se fusionnent complètement au bord opposé ; la ran-
gée postérieure s’avance en une carène plate et lobée qui interrompt au
' milieu la rangée précédente ; au segment 1, la rangée postérieure existe
seule ; au segment 6 et à la base du telson, ces sculptures moins régulières.
Nageoire caudale avec les parties calcifiées antér0—externes réduites, le
test membraneux et strié longitudinalement,le bord terminal un peu con-
vexe et le telson beaucoup plus long que large.Pleurons en pointe un peu
obtuse ; pléopodes dans les deux sexes à peu près comme dans lalus. Tona-
lité de l’adulte brune. — Longueur d’une grande E2, 115 mm. (elle peut
atteindre 120), largeur 36 mm,. Diamètre des œufs 0,4 mm.
FEDELE (1925) a pu recueillir et élever en aquarium le phyllosome au
dernier stade du S. arclus ; c`était unphyllosome typique (FEDELE, fig. 1)
de Scyllaridé rétréci d’avant en arrière, p2 à p* servant d’appendiees nata-
toires, p5 sans fonction et rejeté en arriere. Cet individu mesurait environ
25 mm. ; au bout de quelques jours il émit un individu de 15 mm , au stade
postlarvaire du même type que les nistos, mais presque totalement dépour-

sovnmaus 91
vu des carènes et des ornements dorsaux qu’on observe chez ces derniers. '
Samxro, en effet, a signalé etj’ai décrit moi—même (1913b, 1917) deux sortes
de nistos : asper (1917, Pl. X, fig. 1 et 2) et lacvis (Pl. XI, fig. l et 2) le pre-
mier de 15 mm. environ, le 2° de 16 et 18 mm. ; l’un et 1‘autre présentaient
sur le dos, en dedans des carènes latérales, une carène longitudinale un peu
oblique dont on ne trouve plus que des traces dans la figure 2 de Fnnauz ;
par ailleurs, ils sont ornés sur le dosde tubercules qui, dans asper, tendent ii
prendre la disposition propre aux arctus adultes; en outre asper, que j'avais
pris jadis (1905) pour une espèce autonome sous le nom d’Arctus crenulatus,
présente sur les tergites abdominaux une double série de tubercules qui
semblent annoncer les sculptures définitives. Ces derniers tubercules man-
quent totalement a laevis (Pl. III, fig. 6) et au stade obtenu par FEDELE.
Que faut—il conclure de ces différences, sinon que les Scyllares, comme les
Langoustes, traversent plusieurs stades postlarvaires ; le premier est à coup
sûr celui obtenu par FE¤Ex.E, le suivant (contrairement à ce que j’avais cru
en 1917) serait nisto laevis de Sixnnro, le dernier,nist0 asper, correspondrait
à peu près au postpuerulus des Langoustes. D’ail1eurs, FEDELE observe à
juste titre que le terme de stade natant proposé par Bons convient mal aux
Scyllaridés; un nisto obtenu par FEDELE n’était point du tout nageur malgré
les rétinacles des appendices internes, il restait sur le fond où furent d’ail-
leurs toujours trouvés les autres nistos et les pseudibacus.
Connu depuis les parages de Plymouth et la Cornouaille jusque dans la
Méditerranée, les Açores et Madère. D’après RATIIBUN se trouverait éga-
lement sur la côte atlantique des États-Unis, même à Mazatlan dans le Pa-
cillque mexicain. Littoral et subcôtier jusqu`a 20 mètres.
2. Scyllarus pygmaeus Bars 1888, 73, Pl. X, fig. 4 (sous le nom géné-
rique d’Ar·cius) ;Bouv1En 1917, 115, Pl. X, fig. 4-8.
Très voisin du précédent dont il diffère par ses dimensions très réduites
(40 mm. au maximum), la dent réduite de chaque moitié de l’arceau an-
tennulaire, la présence de 3 dents au lieu de 2 sur le bord externe de l’avant-
dernier article des pédoncules de a', le sternum thoracique dont l’érhan·
crure antérieure est tronquée en arrière, le tubercule médian du sternite
postérieur bien plus développé, l’absence de pointe au bout des pleurons
abdominaux, et la présence d’une paire de stries dans la partie postérieure
lisse de chaque tergite abdominal. Par ailleurs, pygmaeus ressemble pres-
que complètement au S. arclus et peut être confondu avec lui, d’autant
qu’il semble habiter presque les mêmes régions.
Signalée d’abord aux Canaries par 78 brasses, l’espèce y fut retrouvée par
le « Travailleur » sui; un fond de 1.200 mètres, le « Talisman » la prit au Cap
Vert par 318 mètres et le Pamcn DE Monaco par 98 mètres aux Açores.
Comme le Palinurus muuritanicus relativement au P. vulgaris, S. pygmaeus
provient vraisemblablement d’une adaptation de l’arclus aux profondeurs.
Tribu III. THALASSINIDEA H. l\lii.z~:1s:-Eowanos 1837.
Corps franchement macroure et par là même symétrique, p3 jamais chéli-
formes ni subchéliformes, pl et p" présentant par contre ces caractères, ps
un peu plus réduites, d’ordinaire subchéliformes ; dans tous ces appendices

92 DÉCAPODES MAncHEuas
le basis soudé à l’ischion ; dernier sternite thoracique libre ; carapace pres-
que toujours indépendante de l’épistome et du front, sans connexion étroite
avec le l" segment abdominal ; test mince et peu calcifié en raison du genre
de vie de l’animal qui se creuse des galeries dans le sable, la vase ou se niche
dans des cavités.
A cause de ce dernier caractère la plupart des auteurs, depuis BORRADAILE, 1
rangent les Thalassinidés parmi les Anomoures malgré leurs caractères ma-
crouriens très évidents ; ces derniers sont tels que les Axiidés, formes pri-
mitives de la tribu, pourraient être rangés parmi les Homaridea, n’étaient
leurs pattes 3 qui sont toujours simples et sans pinces. Les Thalassinidés
traversent d’ai1leurs, comme ceux-ci, un stade mysis où les larves nagent
avec les exopodites ciliés des maxillipèdes et de quelques—unes des pattes
suivantes (jamais de pi), mais alors les endopodites de ces pattes et ceux
de mœp“ ne sont pasfonctionnels.Toutefois l’animal sort de l’œuf à un stade
beaucoup plus précoce, sous la forme de zoé qui nage avec tous ses maxilli-
pèdes biramés ou ceux des deux paires antérieures seulement ; par ses yeux
énormes et le telson fusionné avec le 6*= segment, la zoé naissante ressemble
étrangement à celle des Anomoures, mais après quelques mues devient une
larve mysidienne qui passera ensuite au stade natant postlarvaire (fig. 61,
F, fig. 71, D). A ce dernier stade, l’endopodite des pléopodes présente sou-
vent un appendice interne qui persiste chez les adultes, parfois même avec
des rétinacles comme on l’observe dans les Accius. Cet appendice n’existe
ni chez les Homarides, ni chez ‘les Pénéides qui sont leurs ancêtres directs ;
d’après BoAs, il proviendrait, par atavisme, des Schizopodes Euphausiadés
et c’est par un phénomène analogue qu’il se retrouverait chez les Loricates
où, comme on 1'a vu plus haut, il est bien développé.
Les branchies sont du type trichobranche, avec légers passages au type
phyllobranche dans les formes terminales de la tribu ; leur nombre est très
variable, depuis l’Aœius acanthus où la formule appendiculaire thoracique
est celle du Homard (20 branchies), jusqu'aux Gallianassidés où les pleu-
robranchies et podobranchies sont absentes, ce qui réduit leur nombre à 10
ou à 11. Eléments branchiaux réduits à 2 sur chaque rang transversal.
BORRADAILE (1903 b) divise la tribu en quatre familles dont une, celle
des Thalassinidés, se réduit au seul genre Thalassimz LATR.,desmers indo-
pacifiques. Notre faune européenne occupe une place notable dans cha-
cune des trois autres familles, surtout dans la dernière.
TABLEAU DES FAMiLLEs.
1. Pas de ligne thalassinienne ; pleurons abdominaux assez grands ....
.................................... . ....... Axiidae, p. 93
-— Une. ligne thalassinienne, pleurons abdominaux ordinairement ré-
duits .................................................... 2
2. Une suture transverse à chacune des deux rames des uropodes .....
....................................... .. Laomediidae, p. 97
—— Pas de suture aux rames des uropodes ou une incomplète à la rame
externe ................... . ............ Callianassidae, p. 100

Axius ' 93
Famille des AXIIDAE BATE 1888.
Carapace sans ligne thalassinienne mais avec un rostre assez accusé (fig.
65) ; antennules à longs fouets ; 2** article des_pédoncu1es antennaires pro-
longé en avant et en dehors par une forte épine et muni d'une écaille mo-
bile ; p‘ et p' terminées en pinces, les pinces de p‘ inégales, celles de p' plus
réduites ; épipodites de mœp‘ à p*, podobranchies de ma:p’ à p”, arthrobran-
chies de mxp” réduites à une seule, toujours le type trichobranchial avec 2
filaments branchiaux sur chaque rangée transverse. Dans les deux sexes
les pléopodes l courts et simples, les autres biramés avec appendice interne
muni de rétinacles.
Des cinq genres de la famille (1), seuls entrent dans notre faune les deux
suivants, l’un et I'autre avec le sillon subcervical bien accusé :
—— Dos de la carapace déprimé depuis le rostre jusque vers le sillon sub-
cervical, sans carène médiane sauf parfois dans la région rostrale ....
.............................................. Axius, p. 93.
—— Dos de la carapace régulièrement convexe, avec une carène médiane
depuis le milieu du rostre jusqu'au bord postérieur. Calocaris, p. 95
G. AXIUS Limcii l8l5.
Genre assez riche que BORRADAILE divise en cinq sous-genres dont Aœius
qui ne comprend que l’espèce suivante :
Axius stirhynchus Lmcn (fig. 65) ; Lizacn 1815 b, Pl. XXXIII ;
H. MlLNE·EDWARDS 1937 et 1849, Pl. XLVIII, fig. 2-È'; BELL 1853 et fig. ; _
SELBIE 1914, 89, Pl. XIV, fig. l-4. Amiopsis mcdilcrranea CAP.oL1 1921,
254, fig. 1 et Pl. IX, fig. l-14.
Test lisse et luisant. Carapace (fig. 65, A) comprimée latéralement, avec
un sillon subcervical en courbe régulière ; le rostre triangulaire avec 4
dents latérales et une terminale, excavé de chaque côté d'une carène mé-
diane qui se prolonge jusqu’£i la partie antérieure de la région gastrique ;
celle-ci plus saillante quoique déprimée sur une grande portion de sa lon-
gueur, limitée à droite et à gauche par une carène latérale qui continue
les bords du rostre ; un peu en dedans et de chaque côté une autre carène
parallèle, réduite ou nulle chez le <3‘ ; des ponctuations et quelques poils
entre cette carène et la précédente. Pleurons abdominaux à bords arron-
l. Je range ici dans la famille le genre Metazius Bouvnzn (1905 d) que j'avais dans la
suite (1925) regardé comme un Callianassidé zi cause des pédoncules oculaires, de ses
pleurons presque nuls, du propode élargi de p' et des pédoncules de a' où le 2** article
n'a pas d’épine externe ; tous les autres caractères sont axiens, mais il n‘y a pas de po-
dobranchie sur p*. Ce genre est représenté par le M. microps Bouvnan, des Antilles.

94 DÉCAPODES MARcr1EURs ‘
dis ; rares touffes de quelques longues soies sur les sternites. Pédoncules
oculaires assez courts, cylindriques, à cornée noire ; fouets antennulaires
presque aussi longs que la carapace, l’externe un peu plus court ; épisto me
avec un petit lobe lancéolé entre les pédoncules antennaires dont l’article
basal est grand, le 28 avec une forte épine antéro-externe qui atteint le
niveau du bout du rostre mais non celui de l’écaille, le fouet plus de deux
\     ’ C i UM ,,
== =‘ l N
   ‘] 0 0 ’ //)
‘ firm'   \ \• •/ 94
  ï P \ i\. ·/
, ` ' br 3
en  ÃQÈ
Fxc. 65. — Axius siirhynchus : A, partie antérieure de la carapace avec les 3 paires
d’appendices céphaliques, face dorsale; B, nageoîre caudale; C, faux thélycum du
sternite de p‘. D, base de p° gauche avec sa pleurobrnchie réduite plb et sa pleure-
branchîe cicatricielle br ; E, extrémité de p* gauche (original). F, larve (d’après
WEBB, 1920).
fois aussi long que l’interne des antennules. Ma:p” denté au bord supérieur
de l’ischion, avec une forte épine au bout distal du bord inférieur du mé-
rus. Pattes comprimées latéralement, inermes ; pinces de pl (fig, 65, E)
plus fortes à droite ou à gauche, portées sur un carpe court, un peu con-
vexe en dehors, leur bord supérieur arrondi, Pinférieur en carène obtuse,
les doigts à dents peu nombreuses et inégales, leur bout aigu, plus court
que la portion palmaire dans la grande pince ; pinces de p2 bien plus ré-

CALOCARIS 95
duites, p“ à p‘ à doigts en griffe bien plus courts quelepropode,ce doigt un
peu saillant en pouce à p‘. De longues soies au bord inférieur des pattes,
surtout à p° et à p°. 20 branchies de chaque côté, Parthrobranchie de mxpll
et la pleurobranchie de p‘ très réduites, près de la base de cette dernière
une pleurobranchie cicatricielle (fig. 6.3, D) comme dans le Homard et
l’Écrevisse. Entre p‘ et p‘ le sternum se dilate et se divise en trois lobes
(fig. 65, C) qui ressemblent un peu au thélycum des Homarides, mais avec
une tout autre signification car il est identique dans les deux sexes. Pléo-
podes 1 du 5* plus réduits que ceux de la Q, tous les autres pléopodes à exo-
podite et endopodite lamelleux, ce dernier avec unappendice interne réti-
naculé qui, aux pléopodes 2 du ,3*, est accompagné d’un appendice mascu-
lin plus long et terminé par un bouquet de soies. Rames des uropodes
avec une carène médiane armée de quelques dents ; contrairement au dire
de tous les auteurs, la rame externe présente une suture denticulée (fig. 65,
B), mais celle-ci est rejetée très loin en arrière près du bord postérieur
et, issue de bord externe, dépasse à peine la carène axiale ; telson un peu
plus long que large, plus étroit en arrière, muni sur sa face dorsale d’une
paire de dents. — Longueur d’un 3* 55 mm., d’une Q 70 mm. Diamètre
des oeufs 1,5 mm.
WEBB (1920, 406, Pl. III, fig. 3) observe que les larves (fig. 65, F) de l’es-
pèce, dès leur ler stade, ressemblent beaucoup à celles des Homards, avec
leurs trois paires de maxillipèdes natatoires, une épine dorsale au bord pos-
térieur des tergites abdominaux 2, 3, 4 et une épine de chaque côté au ter-
gite 5, le telson échancré en deux lobes terminés en pointe avec une spinule
au milieu.
Se tient à la côte ou près de la côte, dans le sable ou la vase ; connu dans
les eaux britanniques et françaises, il est rare en Méditerranée ou d’après
Camus, il fut signalé à Marseille PHFLIARION. CARoLx(l921), le signale aussi à
Naples d’après Lo BIANCO et l’y a trouvé lui-même, car son Aœiopsis medi-
lerraneus est un 3 qui ne diffère en rien des mâles que j’ai sous les yeux. Il
est très possible que l’Axius nodulosus MEINERT (1877), trouvé sur la côte
occidentale du Jutland, appartienne à la même espèce ; BORHADAILE (1903 b)
le range avec doute parmi les Aziopsis, c’est-à-dire parmi les Axiidés à su-
ture exopodiale, mais BALSS (1926, p. 26) le place parmi les formes sans
suture et l’appelle Aœius coronulus. J’ai dit plus haut que ce caractère ne
saurait être invoqué ici.
G. CALOCARIS BELL 1853.
Differe des Arvius par le corps cylindrique (Pl. IV, iig. 1), la carène médiane .
dorsale prolongée 'jusqu’au bord postérieur, la réduction extrême de l’écaille
antennaire, la convexité régutièredu dos et la disparition totale des pleu-
robranchies. _, _
Une espèce de la mer des lndes (Alcocki Mc ARIJLE), une autre des
Antilles (aberrans Bouvmn) et la suivante, toutes trois hermaphro-
dites et des profondeurs.

îw
96 DÉCAPODES MARCHEURS
Calocatis Mc Andreae BELL (Pl. IV, fig. 1 et 2) ; BELL 1853, 253 et fig. ;
ALCOCK 1901 b, 189; WOLLEBAEK 1909, 250, P1. XV-XVl”I;SELB1E 1914,
92, Pl. XIV, fig. 5-7 ; BOUVIER 1917, 119, Pl. XI, fig. 3 et 6 ; PESTA 1918,
191, fig. 59 ; CAROLI 1921, 264, fig. 2 ; RUNNsTR6M 1925, 14, Pl. I, fig. 1,
7,10,15 et Pl. II-V ;BALss 1926, 26.
Téguments du corps unis et flexibles. Carapace forte quoique plus courte
que l’abdomen, à sillon subcervical régulier ; le rostre excavé et triangu-
laire, ses bords prolongés en carène dentée sur les côtés de la région gas-
trique antérieure, quelques dents atteignant la base du rostre. Abdomen
rétréci en arrière, ses pleurons 2-5 largement arrondis. Pédoncules ocu-
laires gros, courts, globuleux, sans cornée distincte ; fouets antennulaires
encore plus longs que dans Axius siirhynchus ; épine distale externe du 28
article des pédoncules antennaires atteignant le tiers de l’article 4 qui
est de longueur prédominante, l’écaille en petite pointe triangulaire fort
courte. Mœp° armé comme dans siirhynchus. Pattes antérieures puissantes,
subégales, presque aussi longues que le corps, leur mérus très comprimé
latéralement, armé au bord inférieur de 4 ou5 épines, d’une seule au bout
distal du bord supérieur ; carpe inerme, court ; pinces (Pl. IV, fig. 2) dé-
mesurément développées, a portion palmaire beaucoup plus courte que
les doigts, renflée latéralement, son bord dorsal avec_une carène qui se
prolonge sur le carpe, et se termine en avant par une épine (en dehors de
laquelle on voit de chaque côté un arc de denticules, la carène se continue
sur le dactyle, flanquée de deux carènes plus réduites ; bord inférieur
convexe du côté du carpe, du côté opposé est un méplat denté sur la- por-
tion palmaire ; les doigts béants vers le milieu, irrégulièrement dentés au
bord interne qui, vers le milieu du pouce, présente une longue échancrure;
bouts des doigts croisés ; p2 un peu plus court et un peu plus fort que les
pattes suivantes, ses pinces à doigts contigus. Pièces de la nageoire cau-
dale à bord postérieur convexe, l’exopodite des uropodes avec une suture
à peine plus longue que dans Axius ; telson beaucoup plus long que large,
rétréci en arrière, avec 2 rangées longitudinales de dents. Tonalité rose. —
Longueur du corps, 30 à 40 mm.
L’hermaphrodisme de cette espèce a été signalé par VVOLLEBAEK (1909)
et étudié à fond par RUNNSTRÉDI (1925) qui en a suivi le développement. Au
cours de la 29 année, les testicules se développent dans le tractus génital,
puis dégénerent peu à peu : les ovaires, durant les mues 3 et 4, se dévelop-
peut en sens contraire et finalement deviennent seuls fonctionnels. Mais les
spermatophores, avant Fatrophic des testicules, se sont accumulés dans le
ras deferens qui s’ouvre sur la coxa de pi et les œufs sortiront sur la coxa
de ps par Poviducte ; les figures 10, 11, 12 dela Pl. Ldansletravail de RUNN-
s·rRôM, sont à ce point de vue très claires. D’après cet auteur l’autofécon—
dation paraît impossible, mais la fécondation croisée pourrait se produire
au cas où deux indidivus se trouveraient en contact.-—-Dans mes exemplaires,
les pléopodes l sont assez forts et articulés au milieu comme les a représentés
SELBIE, mais je n’ai pu voir traces d’appendice masculin près de Pappendice
interne dans les pléopodes 2.

CALOC xmoiss 97
Les larves de l’eSpèce ont été étudiées par Sans (1884) : tous leurs rnaxil-
lipèdes sont d’abord natatoires, puis des exopodites de meme fonction se
développent sur pl-p‘, et alors les yeux, qui étaient énormes, se réduisent
et perdent du pigment ; au bord postérieur du 2** tergite abdominal, elles
~ont armées d’une forte épine.
Uespéce remonte au nord jusqu’au sud-ouest de 1’1slande (HANsEN),
en Amérique jusqu’au Golfe de Saint-Laurent, en Europe jusqu’au sud-
ouest de la Norvège et Bohuslân en Suède ; au sud elle se répand en Méditer-
ranée jusqu’à l’Adriatique. D’aprés Ancocx elle se retrouverait dansles mers
«l’Arabie et le golfe du Bengale, mais HANSEN et Sanampensent qu'ils’ag1t
peut-être d’une espèce voisine. En tout cas elle se tient sur des fonds va-
seux depuis 25-30 brasses jusqu’à 447-615 (SELBIE).
G. CALOCARIDES \Vox.1.EBAE1< 1908.
(le genre fut établi en 1908 par \VoLLEBAEK (1908, p. 22) pour deux
formes signalées par Tavaoiu (190-1)etrangées par cet auteur dans le genre
Eiconaxius BATE 2 l° l’E. coronalus (190-1,382, Pl. XX, fig. 1-10, Pl. XXI)
capturé dans le Skager Rack par 410 mètres et dans le Kosterfjord (Bohus-
lan) par 230 ; 2° l’E. crassipes (390, Pl. XX, fig. 11 et 12) pris à Bohuslân
par 390 mètres. Cette dernière espèce a été l’objet d’une longue et minu-
tieuse étude par NVOLLEBAEK (1908, 5, Pl. I-VII) qui n’a pas eu de peine
à établir que les deux espèces, étant dépourvues de pleurobranchies, ne
sauraient être des Eiconaœius, qu`elles ressemblent en cela aux Calocaris,
mais qu’elles tiennent des Aacius par leurs carènes denticulées et localisées
sur la partie antérieure du cêphalothorax, par leurs pédoncules antennaires
et par leurs pinces, d’ailleurs un peu granuleuses ; d’où il fut conduit à
proposer le genre Calocarides. Le ton est à peu près celui des Calocaris,
mais sans rose ; les pédoncules oculaires ressemblent à ceux de notre Arias,
mais leur cornée est vague, VVOLLEBAEK tient les deux espèces pour dis-
tinctes, mais BALSS (1926, 26), avec raison il me semble, fait de cmssipes
un synonyme de Calocarides coronalus, qui sera capturé peut-être dans
les régions britanniques et françaises.
Famille des LAOMEDIIDAE Boe.nAoM1.E 1903b.
Carapace avec une ligne thalassinienne, un rostre triangulaire assez fort
(Iii;. 66, A et B) ; fouets antennulaires plutôt courts ; 2° article des pédon-
rules antennaires sans prolongement antéro·externe, mais avec une écaille
très réduite ; pattes antérieures égales et terminées en pince, p2 légérement
subchéliformes, ps-p° simples. D’après SELB112, pas de pleurobranchies, des
épipodites et des podobranchies sur chaque maxillipède et sur pl-p", épi-
podite de p‘ sans podobrancliie, ll arthrobranchies dont une sur mxpz ; en
tout 17 branchies (au lieu de 16 dans Calocuris). Type trichobranchial d'Axii-
dés. Pleurons abdominaux médiocres ; pléopodes 1 absents chez le 5*,
très réduits chez la Q, les autres à deux lames, sans appendice interne ; une
suture dentée à chacune des deux rames des uropodes (fig. 66, B).
aouvxm 7

98 DÉCAPODES MARCHEURS
Petite famille limitée à trois genres Laomedia DE HAAN, Naushonia
KINGSLEY et Jaœea NAP.Do 1847, réduits chacun à une espèce. Le dernier
seul est représenté chez nous.
G. JAXEA NARD0 1847.
Jaxea noctuma. NARD0 (fig. 66, A, B et C) : NARno 1847, 3; Bo1=xRADA1LE
1903b, 511 ; SELBIE 1914, 96, Pl. XV, fig. 1-8 ; PEsrA 1918, 193, fig. 70;
CAP.oL1 1921,268, fig. 3 ; Blxtss 1926, 26; Calliaxis adriaiica HELLER 1863,
440, Pl. III, fig. 22-30.
Test très peu calcifié, vêtu de courtes soies. Carapace droite et un peu
convexe sur le dos, comprimée, un peu renflée sur les flancs ; entre les
lignes thalassiniennes droites un sillon transverse situé loin en avant et qui
pourrait être le cervical ; bord fronto—rostral avec de légères denticula-
tions, une carène longitudinale sur le dos du rostre. Pleurons abdominaux
3-5 en angle obtus, celui de 2 très grand,à bord un peu convexe. Pédon-
cules oculaires courts, réduits, peu pigmentés, à peine saillants sous le
rostre ; dernier article des pédoncules de ai et le 49 des pédoncules de ai
démesurément allongés. Mandibules à dents aiguës ; maspa à mérus inerme.
Pattes antérieures comprimées latéralement, presque aussi longues que le
corps, puissantes surtout par leurs pinces qui mesurent au moins la moitié
de leur longueur, leur mérus légèrement denticulé au bord inférieur, le
carpe court et inerme, les doigts des pinces (fig. 66, C) plus longs que la
portion palmaire, croisés au bout, béants dans leur moitié basale où ils
sont irrégulièrement dentés ; pattes des quatre paires suivantes beaucoup
plus courtes et plus grêles, progressivement décroissantes, leur doigt plus
court que le propode, même à p3 où il est relativement plus épais et plus
court. Tonalité de l’adulte, blanc parfois un peu rosé. —-— Longueur, 40-
60 mm.
Larve flliforme (üg. 66, D), rappelant les Lucifer, mais tout autre avec
ses yeux volumineux, ses mandibules et ses pleurons abdominaux en cro-
chet recourbé. Désignée par Bnoox (1889) sous le nom de irachelifer, elle
avait été reconnue par CLAUS (1885) pour une larve de Thalassinien, pré-
sentant à un stade avancé les branchies de Jaxea nocturna ; elle nage d‘a-
bord avec mœpl et ma:p2 biramés, auxquels s’ajoutent dans la suite les exo-
podites natatoires de mœp”, pl, p2, p3 et ensuite p4. Etudiant ce dernier stade
sur des larves recueillies à Plymouth (1914), je supposais qu’il devait être
suivi par un stade natant de tout autre caractère. Ce stade, en effet, a été
découvert par CAROLI (1921, fig. 3), sortant d’une larve en train de muer ;
il ressemble beaucoup à l’adulte, mais avec la partie cervicale de la carapace
brusquement plus étroite (fig. 66, E).
A l'état adulte cette espèce n’est pas très rare en Méditerranée et surtout
dans l’Ad1-iatique, mais remonte beaucoup plus au nord comme le montrent
la capture d’un exemplaire signalé par Selbie dans les eaux irlandaises et la
fréquence des larves autour des Iles Britanniques. (Test une forme subcô-
tière capturée entre 15 mètres et 60 mètres de profondeur.

.r.xx1z.x 99
A
r
lt
\ /
— .
‘ U
41 ‘ W)
ej  
\ `\ \\  
J
//, J/A
ka
Fm. 66. — Jazea noclurna : A, artîe antérieure du céphalothorax avec les antennules
et antennes; B, nagsoîre caucpale ; C, extrémitédepl (d'ap1·ès Srznmxa 1914) ; D, larve
lracheli/er au stade mysis imparfait (Bouvxsn, 1914 b) ; E, céphalothorax au stade
postlarvalre (d’après CAROLI, 1921).

100 DÉCAPODES Mimcneuns
Famille des CALLIANASSIDAE BATE rsss.
Une ligne thalassinienne (fig. 71, B); le sillon cervical est régulièrement con-
vexe sur le dos ; fouets antennulaires courts ou médiocres ; 2** article des
pédoncules antennaires sans pointe antéro-externe, l’écaille en vestige ;
pas de podobranchies à la base des pattes et pas de pleurobranchies, fila-
ments branchiaux parfois un peu élargis enlamesgpleurons abdominaux trés
réduits ; pas de pléopodes 1 chez le ,3* ; rames des pléopodes 3 à 5 larges.
Comprend de nombreux genres que Bor<aADA1LE (1903) a groupés en
deux sous-familles.
-— Rostre très réduit (fig. 69), les pattes 1 inégales et en pince, un petit
appendice interne aux pléopodes 3 à 5. .......... Callianassîriae p. 100.
— Grand rostre triangulaire (fig.'71 et 73), les pattes 1 égales, pas d’ap-
pendice interne aux pléopodes .................. Upogebiinae, p. 105.
Sous—famille des GALLIANASSINAE BoRnADA1LE 1903 b.
G. CALLIANASSA LEACH 1813.
Des trois genres qui composent ce groupe, un seul, Callianassa LEACH
1813 est représenté dans nos pays où il compte trois espèces dont les carac-
tères génériques sont les suivants (fig. 69) : sillon subcervical dorsalement
rejeté très loin en arrière ; pédoncules oculaires en triangle, aplatis, juxta-
posés, petite cornée noire ; pattes 1 très inégales, la grande comprimée sur-
tout en dedans, son mérus avec le bord inférieur muni, près de la base, d’un
puissant processus en crochet recourbé en avant(fig. 67-69), le carpe puissant
apeu près aussi large que long et presque aussi long que le mérus, la pince de
même largeur que le carpe, sa portion palmaire un peu plus longue que ce der-
nier et queles doigts, ceux-ci croisés au boutet écartés vers la base ; les pattes
suivantes progressivement beaucoup plus réduites, p2 égales, ps avec le
propode brièvement articulé sur le carpe fortement dilaté en avant et en
arrière de cette articulation, pé simple, pi subchéliforme ; pas d’autres
épipodites qu’un très grand sur mxpl, et d’ordinaire un petit sur mœpz.
Abdomen de la Q avec une paire de pléopodes grêles sur les deux segments
antérieurs, simples sur le segment 1, biramés sur le segment 2 qui est
très développé ; dans les deux sexes les pléopodes des segments 3à 5 avec deux
puissantes rames subégales. Les crêtes ou ornements en saillie faiblement
indiqués sur la nageoire caudale dont l’exop0dite présente une suture, in-
complète sur sa moitié externe.
Le genre se rapproche manifestement des Axiidés par la disposition et
la structure des pinces de pl et de p2 chez l’adulte, et chez les larves par la
présence d’exop0dites natatoires, dès le 1€1' stade, sur tous les maxilli-
pèdes ; comme dans Calocaris ]WcAndreae, ces larves (fig. 67, D) sont ar-
mées d’une puissante épine sur le bord postérieur du2** tergite ahdominal.
Le genre M eiaœius BOUVIER (1905 d, 1925) est un merveilleux intermédiaire
entre les Axiidés et les Callianassidés (voir p. 93, note).

CALLIANASSA 101
TABLEAU DES ESPÈCES. I
On distingue aisément vomme il suit les trois espèces de nos régions :
1. Telson beaucoup plus long que large, presque aussi allongé que les
uropodes, ses bords latéraux droits et convergents, son bord postérieur
subtronqué .................................................. 2
— Telson plus large que long, arrondiau moins en arrière, plus court que
les uropodes ; n1xp” large et operculiforme (fig. 69, D) (S. G. Callichirus
STxMPs). ................................... latîcauda, p. 102.
2. M;vp° étroit et pédiforme(fig. 67, A) (S. G. Cheramus BATE) .... . ....
......................................... subterranea., p. 101.
—— M:rp’ élargi et operculiforme (S. G. Trypaea G. et(B). truncata, p. 102.
1. Callianassa. (Cheramus) subterranea Momn (fig. 67) ; Gdncer (Aslacus)
sublerraneus MONTAGU 1808, 89, Pl. III, fig. 1 et 2. Callianassa sublerra-
A,  \‘ 'r
  A , l I
’ Q  2,.
B ,9
  ' D
  I
/111111 
Fm. 67. ——· Callîanassa subterranea : A, maxillipède postérieur · B, grand chelipède ;
C, patte 3 (d‘après Lzacu); D, larve au 1•' stade (d’aprl:s WEBB, 1920).
nca LEACH 1813, -100 et 1815b, P1. XXII ; BELL 1853, 217 et fig. ; ORT-
MANN 1891, Pl. I, fig. 10. Callianassa (Cheramus) sublerranea BORRADAILE
1903b, 545; DE MAN 1928, 6, fig. 1-1**; Lurzia 1938, 170, fig. 28-50, Callia-
nassa sublerranea var. minor Gotmnnr 1888, 96, Pl. VIII, fig. 1-15.

102 DÉCAPODES xvulncnnuas
Triangle rostral assez saillant ; pédoncules oculaires à bords subparal-
lèles dans leur moitié basale, tronqués obliquernent en dehors dans leur
moitié distale, leur cornée loin des bords, allongée, irrégulière. Grand ché-
lipède avec le crochet du mérus en bec courbé simple, le propode un peu
rétréci de la base au sommet digital; propode de pl en ovale un peu tron-
qué distalement. Comme dans les autres espèces l’abdomen se dilate pro-
gressivement d’avant en arrière, le 18* segment étroit et dégagé,le 2B fort
long ; telson à bord postérieur très peu convexe, presque tronqué.
Tonalité orangé jaune. — Longueur 40 mm. ; diamètre des œufs d’après
DE MAN 0,72-0,54 mm.
Connue surtout de la partie méridionale de l’AngIeterre et de l’Irlande,
mais est à coup sûr beaucoup plus répandue, parce que la plupart des auteurs
· donnent le même nom à laiicauda. Il ne paraît point douteux que la va-
riété minor de Marseille représente un jeune de l’espèce. On doit en dire au-
tant, il me semble : l¤ du C. helgolandica LUTZE 1938, 174, fig. 52-61, forme
d’Helgoland représentée par deux exemplaires dont le plus grand ne mesure
pas plus de 10 mm. ; l’éperon du mérus de pl y est encore à 1’état de simple
denticule ; 2° du C. denticulaia LUTZE 1937, 6, fig. 1-7, forme adriatique
établie d’après un 3 adulte qui demanderait une étroite étude plus correcte et
présente une anomalie au telson.
2. Ca11ianassa(Trypa.ea) truncata. G. et B. ( fig. 68) ; Gmao etBoNmEa 1890,
365, fig. 2 et 4. Callianassa (Trypaea) lruncaia BORRADAILE 1903 b, 546.
Cette espèce n’est connue que par deux figures et une courte descrip·
tion relative seulement au grand chélipède, à la nageoire caudale et aux
pléopodes. L’éperon du mérus de pl a la forme d'un crochet aigu comme
dans sublerranea, mais avec des dents sur son bord inférieur, comme dans
laiicauda ; la nageoire caudale est du type subierranea le plus net ; quant
aux pléopodes, ceux du ler segment de l’abdomen sont représentés chez
le 5 aussi bien que chez la S2, alors que dans subferranea et dans lalicauda,
ils manquent totalement chez le 3.
Cette particularité n’est peut—être pas suffisante pour justifier la création
d’une espèce, GIARD et BONNIER observant eux-mêmes qu’elle pourrait
provenir d’une action parasitaire. Les exemplaires étudiés par ces auteurs
étaient tous, en effet, bopyrisés. Il est fâcheux qu’un examen des types ne
permette pas de préciser nos connaissances sur cette forme ambiguë qui
tient à la fois de subierranea et de lalicauda. Pour DE l`rIAN elle parait se
· rapprocher de la forme italica PARISI qui est, sans aucun doute, un laticau-
da où le rostre est plus saillant qu’à1’ordinaire et le telson moins arrondi.
Les exemplaires types de lruncata avaient été recueillisà Naples, parla Sta-
tion zoologique qui les avait communiquésà Grimm parce qu’ils portaient
tous des Bopyriens, Ione lhoracica et Palacgyge Dohrni G. et B.
Callianassa (Ca.l1ichil'l1s) laticauda. Orro (fig. 69) : Callizmassa loiicauda
0*1*1*0 1828, 345, Pl. XXI, fig. 3;SrEBB1NG 1893,173; BORRADAILE 1903b,

' CALI.IAN,\sS.\ 103
517 ; PESTA 1918, 204 ; DE MAN 1928, 33, fig. 15-15d. Calliamzssa sublerra-
nca H. l`1ILNE-EDVVARDS 1849, P1. XLVIII, fig. 3-38 ; HELLER 1863, 202,
Pl. VI, fig. 9-11 ; Gmnu et BoNNxER 1890, 362 fig. 1 et 3 ; Nouan 1936,
fig. 101. Callianassa SiebbingiBonRA¤A1LE 1903b, 547;Sr1=:BB1NG 1914,
100, Pl. XIV, fig. 8-10 ; PESTA 1918, 201, fig. 63 ; BALSS 1926, 27 ; LUrzE
1927, 165, fig. 1-9 ; SCHELLENBERG 1928, fig. 59 et 60. Callianassa (Try-
paea) iialica Paiusr 1915, 64, fig. 1 et 2 ; un MAN 1928, 11, fig. 5-Sh. Cal-
lianassa (Callichirus) Pcslae ur: MAN 1928, 34, fig. 16-16** ; LUTZE 1938,
167, fig. 10-21. Callianassa algerica LUTZE 1938, fig. 22-27.
 3
A
l Q B
\
Fm. 68. —- Callianassa frzmcula : .\, nageoire caudale ; B, grand chélipède
(d’après Gmnu et Boumaa, 1890).
Saillie rostrale variable, ordinairement très faible, parfois en fort trian-
gle (ilalica) ; pédoncules oculaires avec leur bord externe très incliné vers
le bord interne dans sa moitié distale, beaucoup moins mais toujours un
peu dans sa moitié basale, les yeux arrondis et médians ; ischion et mérus
de mzcp“ très largement dilatés ; grand chélipède avec le crochet inférieur
du mérus subtronqué, au bord inférieur denté, peu recourbé en avant, le
carpe orné vers la base de sa face interne d'une ligne transverse (déjà si-
gnalée par OTT0) qui divise cette face en deux aires dont la postérieure
est plus réduite, le propode à peu près partout de même largeur mais sa

I04 1:ȃcAPonEs Mancuricas
longueur très variable, comme aussi l’armure du bord interne des doigts ;
propode de p“ plutôt quadrangulaire qu’ovale. Abdomen de sublerranea,
mais avec une longue touffe de poils bruns (signalée aussi par Orio) à
la naissance des pleurons 3, 4 et 5. Telson toujours plus court que les uro-
podes et plus large que long, d’ailleurs de forme très variable, le plus sou-
-X/r A / fr
ri
‘ B
E
É .
C,
Fm. 69. —· Callianassa laticauda : A, carapace du côté droit avec les appendices cépha
liques ; B, nageoire caudale; C, grand chélipède (original d’après un exemplaire de
Saint-Vaast) ; D, maxillipède postérieur ; E, patte 3 (d’après Sursis, 1914).
vent en demi-cercle, parfois à bords postérieurs assez convexes et les bords
latéraux un peu convergents (subierranea de HELLER, ifalica) ou très con-
vergents (3} de Saint-Vaast, tandis qu’il est franchement en demi—cercle
dans une S2 de Piriac). Les pléopodes 3 à 5 présentent au bord interne
de l’endopodite un très petit appendice.
Tonalité rouge vif (BATE), blanchâtre teinté de rose ou de bleu clair
(PESTA), gris verdâtre (HELLER). -—- Longueur du 5‘ de Saint-Vaast,
52 mm,, de la Q de Piriac, 68; diamètre des œufs de cette dernière,
0,6-0,8 mm.
Comme dans Upogebia dellaura, les œufs sont attachés aux poils du
pléopode 1 et de l’endopodite de tous les pléopodes suivants.
Du Kattegat et d’Écosse jusqu’en Méditerranée; DE MAN observe que le
sublcrranea signalé par C.zERN1AvsKY (1894, p. 81) dans la mer Noire appar-
tient peut—être à l’espèce laticauda. De la côte jusqu’à 30 mètres. Parfois
avec le Bopyrien Ione thoracica Mcmr. D’après les observations de Borm
(1901), dans la Manche, sublerranea (laticauda) recherche les sables purs
· ou coquilliers où elle creuse et maçonne des galeries ; les maxillipèdes sé-
crètent la substance visqueuse agglutinante, pl et p4 fouissent le sable qui
se transforme en ciment dans l’auge constituée parmmp“, ps jouantle rôle de
truelle, les autres pattes celui de balais. Cela fait, l’animal se trouve dans un
tube cimenté à Pintérieur dont les parois laissent si bien filtrer l’eau qu'elle

l'l"O(lliB1A 105
passe limpide cn dedans, renouvelée d’ailleurs par les battements des pléo·
poiles qui déterminent des chasses (Peau en arrière.
Le crochet du mérus de pl et le telson varient beaucoup dans cette
espèce comme j’ai pu m'en assurer m0i·même et comme le montrent les
figures des différents auteurs, d’où les noms multiples qui lui furent attri-
bués. Dans le lalicauda d'Or·ro et dansle sublerranea de Gmnoet Bowman,
le telson est particulièrement court. La forme algerîca se rapproche quelque
peu de lruncala, elle fut prise dans les « mattés » sableuses de la côte algé-
rienne par M. Dinuznmn. Un examen approfondi des cotypes une permet
«l‘établir l’identité d’algcrica et de laficauda.
Sous—famillc des UPOGEBIINAE Bonnanmtn 1903 b.
Bien caractérisée par un grand rostre (flg. 71) couvert de tubercules qui
se prolongent en arriere sur la partie antérieure de larégiongastrique, cette
sous-famille fut divisée en trois genres, Upogcbia Bonnnnmnn, Gebicula
Atcocx et Bigea NAnoo par BORRADAILE ; mais cet auteur convient lui-
mémc que Gebicula, représenté par une seule espèce dont pl est simple, tan-
dis que p‘ est chéliforme, ne se distingue guère de certains Upogebia qui pré-
sentent les mêmes caractères ; et d’autre part, au sujet de Bigea, qui fut
proposé par NAnoo (1869) pour une espèce adriatique, B. lipica (sic) dont
pl serait simple, tandis que pl serait chéliforme, il se contente d’observer
« que ce genre est seulement connu par une vieille figure, mais qu’il n’y a pas
de raison, semble·t—i1, pour douter de son existence ». Or si la description qu’a
donnée Naano (p. 317) de son Bîgca tipica ne nous renseigne guère, sa figure
(Pl. XIII, fig. 4) est davantage explicite, elle rappelle étrangement les Upo-
ge bia lilloralis, slellaia, spinipes et me paraît se rapporter surtout à cette
dernière forme par le propode fort allongé de pl (où le dessinateur n’aurait
pas indiqué le pouce) ; quant à pl il se termine, non par une vraie pince, mais
par un article bifurqué en Y, ce qui pourrait provenir, soit d’une anomalie,
soit d’une faute de l’artiste. Quoi qu’il en soit, le genre Upogcbia, est de na-
ture à montrer que la sous-famille se rapproche surtout des Laomédiidés ;
comme dans ceux-ci, pl y est parfois terminé en pince, et, d’aprèsles recher-
ches de Sans (1884) sur U. stellata, de W`r;Ba (1919) sur deltaura, les tergites
abdominaux des larves sont inermes; au l" stade larvaire la natation s’effec-
tue au moyen de mzpl et mxvpl, les exopodites de mœp', pl, pl ne devenant
natatoires que dans la suite.
_ G. UPOGEBIA Lnixcn 1813, Bonnaoaxma 1903 b.
Les Upugehia comptent de nombreuses espèces dont 4 sont de nos pays
et présentent en commun les caractères suivants : des pédoncules oculaires
snbcylindriques à petite cornée terminale ; un rostre en triangle dont la face
dorsale plus ou moins concave et les bords se prolongent assez loin postérieu-
rement vers le sillon subcervical (fig. 71), le tout étant occupé par des tuber-
rules obtus souvent munis d’un bout corné et noyés dans une masse de
poils laissant plus ou moins libre un sillon dorsal ; ces tubercules se groupent
en dents sur les bords du rostre et une paire d‘entre eux il sa pointe qui pa-
raît ainsi un peu obtuse. En avant du sillon subcervical et en dehors de la
surface précédente un sillon latéral, puis une série longitudinale de tubercules
semblables qui se termine au-dessus des yeux par un tubercule en pointe

106 DÉCAPODES MARCHEURS
assez puissant. Pattes 1 plus fortes, comprimées latéralement, leur carpe
assez court avec une épine à llextrémité distale de chaque bord, leur propode
plus long et plus fort, terminé distalement au bord inférieur par un processus
en crochet qui forme pouce avec le doigt et rend 1’appendice subchéliforme ;
les pattes suivantes plus réduites et simples ; pas d’épîpodites aux appen-
dices thoraciques et seulement 5 paires d’arthrobranchies (de mxpl à pl).
Telson à fortes carènes comme les uropodes,ces derniers sans suture et à
peu près de la longueur du telson. Pléopodes absents chez le 8, ceux de la 9
biarticulés et portant des œufs comme les suivants.
TABLEAU DEs ESPÈCES.
Nos quatre espèces peuvent être distinguées comme il suit :
1. Pas d'épines aux bords latéro—frontaux de la carapace ; pouce de pl
un peu moins long que le dactyle (fig. 70). (S. G. Gebiopsis A. l`lILNE·
EDWARDS) ................................. deltaura, p. 106.
— Une dent aiguë (épine oculaire) aux bords latéro-frontaux de la cara-
pace ; pouce de pl beaucoup plus court que le dactyle (fig. 71). (S. G.
Upogebia LEACH) .......................................... 2
2. Propode de pl un peu dilaté au niveau du pouce qui s’écarte beaucoup
du dactyle (fig. 71, C) ; telson assez fortement rétréci et tronqué en
arrière .................................... littotalis, p. 107.
— Propode de pl sans dilatation au niveau du pouce qui s’écarte peu du
dactyle ; telson peu rétréci et échancré en arrière ................ 3
3 . Carpe de pl avec une forte épine distale il son bord supérieur, le pro-
pode au plus deux fois aussi long que large (fig. 72). Stellata, p. 108.
— Carpe de pl avec une faible épine distale a son bord supérieur, le pro-
pode plus de trois fois aussi long que large (fig. 73). gracilipes, p. 110.
1. Upogebia (Gebiopsis) deltaura LEACH (fig. 70) ; Gebia deliaum LEACH
1815a, 342. Up0gebia(Gebiopsis) dellaura BORRADAILE 1903 b, 542; SEL-
BIE 1914, 103 ; PESTA 1918, 199, fig. 62. Gebiopsis deliaura BALSS 1926, 26 ;
SCHELLENBERG 1928, 77, fig. 58. Gebia delium LEACH 1815b, Pl. XXI,
fig. 9-10 ; BELL 1853, 225 et fig. ; DE MORGAN 1910, 475, fig. 2. Upogebia
(Calliadne) delfaura DE l.\¢lAN 1927, 17, fig. 8, 8b.
Surface rostro-gastrique avec de forts tubercules la plupart à bout corné,
sillon dorsal et sillons latéraux peu apparents, rostre plutôt obtus, yeuxà
peine saillants en avant de l’écl1ancrure frontale dont la pointe externe
est faible, tubercules sériés en arrière du sillon dorsal sur la région gas-
trique. Plusieurs séries longitudinales de touffes de poils sur le propode et
les doigts de pl. Abdomen dilaté dans sa région médiane ; pléopode 2 à 5
du 5 avec l’endopoditc beaucoup plus court et plus étroit que l’exopodite,
eelui—ci particulièrement développé chez la 9 de plz à pis et rabattu au-
dessous des œufs ; telson quadratique, un peu plus étroit en arrière avec

Urooiaem 107
3 sillons longitudinaux sur le face dorsale. Tonalité variable : jaune sle
(Wenn), blanchâtre ou verdâtre (Pssra), parfois rougeâtre (Bour:). ——
Grande taille, peut atteindre 150 mm. ; une Q de 58 mm. est déjà chargée
d’oeufs qui mesurent 0,5 à 0,6 mm.
My,
 
1 f
B   .
A \ _-`  
` Q .. ` \` `\«iC ,(·,*«‘·,) ’ ‘ ‘ ,,1*  Ã
\0 , \ · li 1 '.
/"'—'- ~ \ · l i
` ·l
\ \
\i"‘  
I Ã"n
~_‘\\
F10. 70.- Upogebia dellaura : A,partie antérieure gauche de la carapace avec po
et la base de a' (d’après ne MORGAN, 1910) ;B, extrémité de pl
(d’après DE MAN, 1927).
De Bohuslân et du Kattegat à l’Adriatîque. De la côte à 40 mètres. D‘a-
près BOIIN emprunte les galeries d’autres animaux, mais en sort pour « ve-
nir en bandes à la côte ».
2. Upogebia. littoralis Risso (fig. 70) ; Thalassina lilloralis Risso 1816,
76, Pl. VI, fig. 2. Gebia lilloralis H. l`flILNE·EDWARDS 1837, 513 et 1849,
Pl. XLIX, fig. 1-11 ; HELLER 1863, 205, Pl. VI, fig. 12-15. Upogebla lillo-
ralis Bonnanaim 1903 b, 543; ms. MAN 1927, 29, fig. 11 et 11l•. Upogebia
liloralis PESTA 1918, 197 (part.), fig. 610.
Tubercules rostro—gastriques plus petits, moins pileux que dans del-
laura, plus rares surtout en arrière, sillon dorsal et sillons latéraux beau-
coup plus nets, rostre plus saillant et plus aigu, les pédoncules oculaires en
atteignent le milieu; pointe externe de l’échancrure frontale très saillante.
Pattes 1 très différentes quant au propode et au doigt, avec des touffes
de poils plus réduites. Telson plus étroit en arrière et plus carrément tron-
qué ; endopodite des uropodes encore plus étroitement triangulaire. To-
nalité verdâtre. -— Taille beaucoupplus petite, 35 mm. Diamètre des œufs:
de 0,40 sur 0,47 à 0,43 sur 0,47 mm. (Cnarroiv).

108 ¤Ec.wor>Es MA1>.cnEuns
Même distribution que deltaura jusqu’à l’Adriatique, toutefois a été ré-
colté par GRUVEL dans le canal de Suez (MoNoD 1937).
La Gebia slellata fîgurée par NOBRE (1936, fig. 102) est de toute évidence
un littoralis, mais cet auteur tient pour synonymes de stellata, liltoralis et
dellaura.
#1, ,1  ë.·1
1}];.1 §·§~`?i=FEâ1
. ' (go t i · A A
=§.i;ê:~· - ‘ ?
i= Ii   Tt i
  " . ii   5
E 1 ?   fx
A7 A C `\>'î«r
 \ , - «
\·. /' È
 ."-`.-¤*'
/,<»(«Ã;'  - _
  év I/v; Y
y \/ ) É ,;  
I  _·—è,`/" €· :·î‘ 1
'   C
`¥’îi‘*,_;î_;
 
Fm. 71. -—· Upogebia liiioralis : A, carapace vue de dos dansfunçï; A', sa partie anté-
rieure dans un autre 5‘ ; B, la première vue du côté droit avec pojet a'; C,extrémîté
de p* (original) ; C'. la même (d’après DE MAN, 1927).
3. Upogebîa Stellata MONT. (fig. 72) ; Cancer (Asiacus) siellaia MON-
TAGU 1808. Gebia siellaia LEAc1—1 1815 b, Pl. XXXI, 1-9 ; BELL 1853, 223
et fig. Upogebia slellalaB0RnADA1LE 1903 b, 543 ; DE M0rzGAN 1910, 47:3,
fig. 2 ; DE MAN 1927, 36, fig. 14-14**.
G’est probablement l’U. liiioralis de BALSS 1926, et le Gebia liiioralis

U1>0GEB1A 109
/7
Il
/ /
N ¤.
Y (. · jj,
gQî\‘¤"M t É?/   
vr? .' \_ ig,/à  
, o*\\\\`|I " IM   %
JV N`), ·",·î}'
.._ \)\ ,-,l  
I zi —·..,» I) * X4 /
' •~ __·¢ :~_ I ·.
Ggï `Y·ï=··  
\·_;·· 5 L  · ;
.   ï}
  V
F10. 72. - Upogcbla stellata : A. 6• segment abdomînal et telson ;extrémité de p‘
(d’après ma ÃMAN, 1927).
xklh
y Qlrrllll
x‘. MH
` * wé
A \\:   ) B
\\\: E [7;.+
\ E :1%
er   î»—<>  ·« "
\ Z ··· ' L) "~\
\ \ [\\ MLÉI U 6.5 Sus \
w #0/ I U UG)   O
x X Ay W ' O .`
\\ \ ,, · \ c ~ 0 .
\ \ ai · 9 U O D U 0 \
§¥ zjïï ,
` \  B
 &_~`  sh%B~\\~¤¤~«»`,, zi"   a
A <;$§§®"`“"  ,:   '  
·'   /’ » " *’”Ã/ // / ·
i ·”~` \\\ C
'  3
F10. 73. —-· Upogebia gmcilîpcs : A. partie antérieure de la carapace avec po; face
dorsale ; B, nageoire caudale ; C, extrémité de pl (d’après ma MAN, 1927).

110 DÉCAPODES MARcHEuRs
dont SARS (1889) a étudié le développement larvaire. Très voisin de liiio-
ralis par sa taille et la plupart des caractères sauf pl, s’en distingue par
l’épine distale supérieure du carpe de pl et par le telson moins rétréci et
un peu échancré en arrière. Tonalité blanc jaunâtre, d’ordinaire avec de
nombreuses petites taches orange étoilées.
Même distribution dans les mers du Nord que liitoralis dont l’hbitat
est le même, encore que stellata y soit plus fréquente. Les deux espèces ont
été souvent confondues et souvent aussi deltaura et slellala malgré LEACH
et Sconnsnv qui avaient noté les différences ; DE MORGAN (1910) a défini-
tivement réglé cette question. D’après DE BIAN 1’espèce s’étendrait jusqu’au
sud-ouest de la France.
RUNNSTRôhI (1925, Pl. I, fig. 5-9) observe que les 3‘ de slellata présentent
parfois des traces d’hermaphrodisme qui se manifeste par la présence d’une
dépression a la place qu’0ccupent les orifices sexuels chez la 9 ; mais cette
depression est imperforée encore qu’il y ait des traces d’oviductes et que la
partie postérieure des gonades mâles renferme quelques œufs.
4. Upogebia. gracilipes l)lAN (fig. 73) ; DE l)lAN 1927,40, fig. 15-15d. U po-
gebia liiforalis PESTA 1918, 197 (pars), fig. 61. Upogebia siellala SGHELLEN-
BERG 1928, fig. 57** (reproduction de la figure 61 de PEsrA).
Cette espèce pourrait bien n’être qu’une forme méditerranéenne de
siellala; elle fut établie par DE MAN sur des exemplaires capturésa Naples,
et le lilioralis figuré d’après nature par PESTA provenait de l’Adriatique.
La figure de PEsrA, reproduite par SCHELLENBERG, montre simplement
que cet auteur confond siellaia et liifomlis. Outre Pallongement considé-
rable du propode de pl, gracilipes, d’après DE MAN, se distinguerait de
slellafa par l’épine antérieure très réduite du carpe de pl, le bord inférieur
très denticulé du mérus de cette patte, par le telson plus large et en arrière
plus rétréci, plus profondément échancré.

Section ll. ANOMURA H. l`l·ED\V· 1837, ALCOCK 1901
Caractères communs avec les Brachyures : pl d’ordinaire terminé en
pince, p” et ps simples ; toutes les pattes dépourvues d’exopodites et de po·
dobranchies ; type phyllobranchial, parfois trichobranchial chez quelques
types primitifs ; exopodite de mxp° à scape plus allongé que l’ischion, son
fouet presque toujours dirigé en dedans, fouets antennulaires plutôt courts.
Caractères communs avec les Macroures armés de pinces sur pl : doigt
mobile` de ces pinces situé au bord interne; mœps presque toujours étroit ;
tous les articles des pédoncules antennaires le plus souvent libres ; dernier
sternite thoracique libre comme chez les Astaciens etles Tlzalassinidea ; tcl-
son flanqué d’uropodes biramés, mais ne formant pas toujours avec lui une
nageoire.
Caractères propres : la carapace indépendante de l’épistome et sans rela-
tions étroites avec le 1** segment abdominal ; une ligne anomourîenne ;
rostre souvent très réduit, rarement nul ; endopodite de mz* d’ordinaire
simple et étroit (comme dans les Macroures) ; épipodites réduits ou nuls
sur mxpa et mxpî, toujours nuls sur m:z·p* et souvent pô réduits, modifiés
et terminés en pince ou subchéliformes. Pas de stade mysidien : naissent à
1’état de zoé et nagent alors avec les deux rames ciliées de mmpl et mxpa,
puis deviennent des mélazoés qui possèdent en outre un exopodite natatoire
sur ma:p“, atteignent ensuite un stade natant où les endopodites des pléo-
podes sont armés de rétinacles.
L’abdomen est toujours anormal soit qu’il reste symétrique mais se ra-
batte sous le thorax, soit qu’il présente une asymétrie plus ou moins
forte. De là le nom d’An0m0ures donné à ces Décapodes par H. M1LNE·
EDWARDS (1834) qui n’en fixa point exactement les limites, et celui d’.1no· ·
mala proposé par DE HAAN (1850) qui sut, comme Bons (1880), bien éta-
blir ces dernières, lesquelles sont intégralement maintenues par ALcocx
(1901 a), toutefois avec le nom plus correct d'An0mura. On a vu plus haut
(p. 48 et 52) que BORRADAILE (1907), suivi par la plupart des auteurs mo-
dernes, ajoute au groupe défini par DE HAAN et BOAs, les Thalassinidea,
qui sont des Macroures marcheurs.`
La section comprend les trois tribus suivantes :
1. Presque toujours des uropodes, les rames de ceux·ci en crochets cou-
verts d’une rape de fines écailles sur leur face externe, les uropodes
presque toujours asymétriques, comme l'abdomen qui est d’ordinaire
mou, à tergites et pleurons réduits, logé dans un abri, très rarement.
nu ; corps parfois cancériforme et alors l'abdomen rabattu sous le
thorax. Pattes antérieures terminées en pince (Pl. IV, fig. 3) .......
............................... Tribu I. Paguridea, p. 112.
— Toujours des uropodes en rames simples, symétriques comme le reste
du corps. Abdomen rabattu ventralement contre le thorax, ses tergites
et ses pleurons bien développés .............................. 2

112 DÉCAPODES MARCHEURS
2. Pattes antérieures puissantes et terminées en pince, celles des trois
paires suivantes de structure normale ; rostre assez bien développé
(Pl. V, fig. 3) .................... Tribu ll. Galatheidea, p. 154
— Pattes antérieures médiocres, styliformes ou subchéliformes, celles
des trois paires suivantes de structure anormale, surtout avec leur der-
nier article en lame courbe ; rostre très réduit ou nul (Pl. VI, fig. l).
................................ Tribu III. Hippidea, p. 178.
` Contrairement à une opinion ancienne, les Anomoures forment un
groupe terminal et ne servent pas d’intermédiaires entre les Macroures et
les Brachyures ; par certaines de leurs formes primitives, ils se rattachent
manifestement aux Macroures homariens et aux Thalassiniens du type
Azcius.
(àà (if] É (1 È Tribu I. PAGURIDEA HENDERsoN 1888.
il il 1
vid I C’est BoAs (1880) qui a très exacte-
· Qi ti (g ment délimité cette tribu, pour laquelle
pf (U il proposa le nom dë Pügüïûidüë; Cêtîë
, 1 Il dénomination a été conservée par Ancocx
jf i A (1905), qui emploie également les noms
'· É .|(l ( de Pagurides et de Paquridca, ce dernier
NA l   ` ;, de nos jours employé seul depuis B0RaA-
\\ « [ " DAILE (1907). Un des caractères les plus
\* J, Y-È constants de ce groupe est le dédouble-
, I · ment du sillon subcervical en deux sillons
    très rapprochés (fig. 74) qui délimitent
  \ ·· sur le dos, à droite et à gauche de la
\ (IM ,y’ €+C grande région gastro-hépatiquü, UDG pêtîtü
AX É) C aire atténuée aux deux bouts et qu’on
X # peut considérer comme une branchiale
/“î/ C3 antérieure (Pl. IX`, fig. 3). A ce trait il faut
/ QE en ajouter un autre, la fusion des aires
FIG·74·__P3mE antérieure dorsale cardiaque et intestinale en une zone lon-
de la ccrapacc cvcc les cppcndî- gue et etroite, plus large en avant qu en
ces céphaliques dans Eupagurus arrière.
sculplzmanus. (Bouvier, 1896 b).
La tribu se divise en quatre familles et deux sous-familles, le tout cons-
tituant deux séries parallèles :
Série 1 (pagurienne) mxpa contigus à leur base (fig. 75) : Pylochelidae
Pagurinae. Lomisidae. `
Série 2 (eupagurienne), m:cp"· largement écartés à leur base (fig. 76) 2
Eupagurinae, Lilhodidae.

PAGURIDEA 113
TABLEAU DES FAMILLES.
1. Des uropodes ; corps très rarement eancériforme ............. 2
— Pas d’uropodes ; corps franchement cancériforme .........   3
2. Symétrie parfaite du corps et des appendices. ....... Pylochelidae
— Asymétrie surtout dans l’abdomen et ses appendices Pagutidae p. 116.
a. Série pagurienne. ................. S. F. Pagurinae, p. 117 .
b. Série eupagurienne ............. S. F. Eupagurinae p. 126.
3. Série pagurienne (mzp° contigus à leur base). ........... Lomisidae
— Série eupagurienne (mxp‘ largement écartés à leur base ............ .
................... . ................ . .... . .... Lithodidae p. 152.
De ces quatre familles, deux seulement, les Paguridés et les Lithodi-
dés ont des représentants dans les mers européennes, mais les deux autres
doivent nous retenir une minute parce qu'elles renseignent très exacte-
ment sur l’origine et l’évolution de la tribu.
l f` I\ (
J I
(  I) É ‘
    V
  l \   1
 llll l l "   75 W  `  luz} 76
Fm. 75-76. —- 75. Gontiguïté des mzp‘ dans la lignée pagurienne. —
76. Eloignement des mzp* dans la lignée eupagurienne (croquis original).
Les Pylochelidae Sp. BATE 1888 se rapprochent étrangement des Axiidés
et des Homaridés non seulement par leur symétrie totale, mais par tous _
leurs traits essentiels : tergites abdominaux et tous les pléopodes bien
développés, les pléopodes des deux paires antérieures du 3*, comme chez
les Homaridés, modifiés pour la copulation ; branchies du type tricho—
branchial (avec 4 rangées transverses d’éléments) comme chez les Homa-
riens, mais les arthrobranchies de mzp' et tous les épipodites (sauf
eelui de mxpl) disparaissent, de sorte que les branchies de chaque côté
sont au nombre de 14 seulement (5 paires d’arthrobranchies de mïpa à
p' et 4 pleurobranchies) et par là, chez ces animaux, se fait sentir l’adap-
tation pagurienne qui se manifeste d’un autre côté par l’habitat dans des
Bouvuan 8

114 DÉCAPODES MARcHEuRs
cavités plus ou moins tubuliformes des corps ou de certains organismes
sous-marins. Cette famille occupe la base d’une longue série de formes fran-
chement paguriennes qui se termine par les Lomisidae BoUv1Ea 1894
australiens où l’animal ressemble tout à fait il un Crabe.
Peut—on conclure delà que tousles Paguroidea ont débuté par des formes
parfaitement symétriques, c’est probable, car nous verrons que les genres
primitifs de la 29 série présentent encore des pléopodes pairs sur les deux
segments abdominaux antérieurs. En tout cas, les deux séries sont paral-
lèles dans leur évolution et nous montrent, avec une pleine évidence, le
double paradoxe qui domine l’histoire de la tribu :
10 Une tendance primitive a s’abriter dans des corps creux et,
au terme de leur év olution, à rejeter cet abri pour devenir libres
et cancériformes. Tous les Paguroidea non cancériformes se distinguent
par leur céphalothorax beaucoup moins développé que l’abdomen, par consé-
quent peu propre à loger totalement les volumineuses glandes hépatiques
et génitales; ces glandes débordent sans doute pour une part dans l’ab-
domen chez les symétriques et visiblement presque en totalité chez les
asymétriques. Tous cherchent un abri dans les corps creux, protégeant
ainsi l’abdomen et les organes qu’il renferme ; de là, toujours, une mo-
dification des uropodes dont les rames portent en dehors un pavage écail-
leux et se recourbent en crochet pour mieux se fixer au fond de leur abri ;
de là aussi la calcification de ces appendices et du 6* segment qui les
porte, la faible épaisseur des tergites abdominaux qui se réduisent et se
dissocient à mesure que progresse l’adaptati0n pagurienne, enfin la calci-
fication encore assez forte de la face dorsale du thorax surtout dans la
région antérieure qui est moins protégée par l’abri. Cet abri est des plus
variables, depuis les Éponges creusées d’une chambre centrale jusqu’à de
simples tubes, mais le plus souvent formé par des coquilles sur lesquelles
souvent, se fixent des commensaux, Anémones, Tuniciers ou Éponges;
dans ce dernier cas la coquille est souvent résorbée peu a peu par le com-
mensal qui finit par abriter directement son hôte. Les Cénobitidés, qui
sont des Paguriens exclusivement terrestres, sont moins difficiles que
tous autres dans le choix de leur gîte et se contentent même d’un fragment
de coquille, de l’enveloppe d’un fruit, parfois d’un simple fond de bouteille ;
un géant de leur groupe, le Birgus laire rejette même tout abri, devient can-
cériforme par développement du thorax (Crabe des Cocotiers), tout en con-
servant un abdomen volumineux. La structure cancériforme est d’ailleurs
le terme évolutif des Paguroidea dans les deux séries, mais se produit de
toute autre maniere que dans les Birgus ; 1’abdomen se réduit, soit en une
sorte de petite queue (Osfraconotus), soit en une large lame rabattue sous le
thorax qui devient volumineux et renferme tous les viscères ; ainsi en est-il
pour les Lomisidés dans la 1*9 série et pour les Lithodidés dans la seconde.
2** Une tendance à l’asymétrie qui se développe de plus en
plus et, au terme del’évolution, retourne à une symétrie appro-
chée, rarement absolue. Les Pylocheles et la plupart des autres formes
symétriques se logent dans des cavités simples qui ne gênent en rien leurs
téguments et leurs appendices. L’un d’entre eux pourtant, le Mia:Z0pa·
gurus paradoxus MILNE-EDWARDS et Bouvier; (1893) semble échapper à
la regle ; on en connaît deux exemplaires, l’un fut trouvé sans abri,
l’autre dans une coquille dextre de Xénophore ; celui-ci, tout en conser-
vant les caractères essentiels des Pylochélidés, présentait une asymé-

rauuninsa 115
trie dextre manifeste, dans l’autre beaucoup moins évidente, mais sen-
sible, et l’on peut se demander si elle s`était produite spontanément
ou par le contact d’une coquille abandonnée au cours du dragage. La se-
conde hypothèse paraît de beaucoup la plus vraisemblable. En tout cas, il
est de pleine évidence que les Pagures des l’origine ont recherché des abris
et que, dans la suite, ils ont particulièrement choisi ces derniers parmi ceux
qu’ils trouvaient en abondance, les coquilles de Gastéropodes. Or, les co-
quilles dextres prédominent infiniment sur les semestres, de sorte que les Pa-
gures ont dû, presque toujours, se loger dans les premières, et il semble bien
que le contact de leur abdomen avec
1’ombilic et les tours de celle-ci a dû pro-
duire par réaction l’asymétrie pagurienne
dextre. Cette asymétrie a été progres-
sive, respectant d’abord les pléopodes l ^
et 2 (fig. 77), les frappant ensuite et ji"
toujours respectant les pléopodes gauches wîg
3 à 5, tandis que disparaissaient veux « ( \ __m]1
du côté droit (Pl. IV, fig. 3). Acquises au P" ‘······· ·     , ·
cours d’une série indéterminable de sie- gw";  "
cles, ces modifications sont devenues /  }·`  .
héréditairesà un point tel que, sans les   g =-É? 7%
perdre, nos Pagures ne dédaignent aucun Ti ____ ,._;T- -î;_ ' _
des abris qu’ils rencontrent, bien qu’a- _;?   _
vant d’introduire leur abdomen dans une j'   =
coquille ils aient soin de la palper avec ~··‘·”
leurs péréîopodes 2 et 3' On u capturé' il Fxo. 77. — Pléopodes sexuels des
est vrai, des Pagures dextres dans des deux paires uutérruurus pi_ pldans
coquilles SEIIBSÈPCS Z de Sinisîfalill maroc- le J de Paguristes oculafus; m ori-
cana (.MILNE·ED\VARDS et Bouvxisrxlîstll), me sexuel S"; le coxa h (d`¤PTè¤
et de Neptunea contrario (MARCIIAL, B°UvIER' 189 ' b)'
1891) ; et d’autre part on sait par expé-
riences que notre vulgaire Bernard l’Ermite accepte toutes les coquilles
qu’on lui offre (Bouvier: 1891d), que le Paguristes maculatus n’est pas plus
difllcile (RABAUD 1936) (1). Mais comment expliquer le cas (Ancocx, latlô)
d’une espèce indienne, le Paguropsis tgpicus qui porte ses pléopodes
impairs parfois du côté gauche, le plus souvent du côté droit ? Au lieu
d’habiter une coquille, cette espèce cherche abri dans le manteau assez ample
d’une colonie d’Anthozoaires qu’elle déplace sur elle à la façon d’un man-
teau ; comme elle se rapproche des Pa gurisles, par suite des Paguriens
symétriques où l’influence de la coquille ne s’est pas encore fait sentir,
n’est-ce point un rappel de la symétrie primitive qui lui permet de déve-
lopper tantôt à droite, tantôt a gauche suivant le contact où la position du
manteau, les pléopodes impairs ? Quoi qu’il en soit, au terme de 1’évolution,
l. Tous ces faits justifient, au moins pour les Pagures, Phérédité des caractères ac-
quis ; il serait bien difficile de les interpréter autrement, de même que ceux signalés
a la page suivante, où l’on voit lejeune Pagurien, après le stade postlarvaire symétrique
de glaucotiroé, devenir asymétrique avant de pénétrer dans une coquille. RABAUD, tou-
tefois, semble être d’une opinion contraire ; si, dit·il, l’asymétrie pagurienne résultait
de l’enroulement de la coquille, ¤ on pourrait supposer que les Paguriens adaptés aux
coquilles dextres, ne s'introduiraient pas dans une coquille senestre ; du moins, s‘ils s’y
introduisaient n’y resteraient-ils point» (1936). Sans doute, mais on peut bien supposer
aussi que le Pagurien dextre, faute de mieux, s`est logé dans une coquille senestre ;
la nécessité fait loi.
D

116 mâcapoons Mmzcnanns
dans chaque série, la disposition symétrique réapparaît quand le Pagure
devient cancériforme; elle est très imparfaite dans l’abdomen des Litho-
didés, un peu moins dans les Birgus, mais totale dans les Lomisidés qui
tiennent surtout des Miwlopagurus.
Développement postembryonnaire. -— Les adaptations précédentes ne se
manifestent point chez les larves ; ces dernieres sont semblables a celles
des autres Anomoures, avec un long rostre (fig. 94 bis), la carapace pro-
longée en pointe à chacun des angles du bord antérieur et du postérieur,
parfois avec une paire de prolongements en épine sur certains segments
abdominaux. Il n’en est plus de même au stade tenu et décrit par H. Mimi la-
Eowlxnns (1930) sous le nom de glaucolhoé (Pl. IV, fig. 6). Le jeune animal
mesure alors 3 à 4 mm. de longueur, il a perdu son rostre allongé, sa carapace
ressemble déja beaucoup à celle de l’adulte et ses appendices thoraciques sont
déjà du même type que chez ce dernier, toutefois son abdomen présente des
traces manifestes de l’adaptation pagurienne 1 il est symétrique dans son
ensemble et porte des pléopodes symétriques sur tous les segments 2 à 5,
mais ses uropodes du côté droit sont notablement plus réduits que ceux du
côté gauche et portent une rangée continue d’écailles sur le bord externe de
leurs rames. Tels sont du moins les traits essentiels des glaucothoés eupagu-
riennes étudiées par SAns(l889) et des glaucothoés paguriennes recueillies
dans l’Atlantique oriental par la « Princesse Alice ». C’est au l" stade
postlarvaire que les glaucothoés sont ainsi faites; on admet qu’au 28,
avant d’entrer dans une coquille, l’abdomen du jeune est déjà tordu a
gauche, qu’il conserve les pléopodes correspondant a ce côté, mais qu’ila
totalement perdu ceux du côté droit.Or il n’est pas douteux que dans la plu-
part des cas, sinon toujours, se produit un stade intermédiaire. En 1875
AGASSIZ observait que les jeunes Paguriens tordent leur abdomen avant
de pénétrer dans un gîte et en 1882, FAXON, de concert avec ÀGASSIZ, a
montré qu’i1 en est ainsi : Pl. 1X, fig. 5 de son mémoire, il représente une
glaucothoé du ler stade et, Pl. IX, fig. 9, l’abdomen déjà tordu d’un jeune
où les pléopodes gauches. assez bien développés, coexistent avec les pléopodes
droits fort réduits ; d’après les figures, il s’agit presque certainement d’un
Eupagurien. En tout cas, on se trouve ici manifestement en présence de
l’hérédité d’un caractère acquis par le contact, chez les ancêtres adultes,
de l’abdomen avec une coquille dextre. Hérédité rendue d’ailleurs évidente
par les Birgus et les Lithodidae, Pagurides cancériformes et sans abri dont
l’abdomen est resté asymétriquement dextre,comme le montre dans l’un et
l’autre la présence des pléopodes localisés du côté gauche chez la Q (ils
manquent chez le c3`) et, chez les Birgus, l’asymétrie des uropodes qui sont
d’ailleurs fort réduits.
Il est bon d’observer, comme je l’ai noté ailleurs (1895), que les glau-
cothoés du l€*' stade peuvent, dans certains cas, croître et acquérir d’assez
grandes dimensions (jusqu’à 21 mm.) en conservant une symétrie parfaite
en dehors des uropodes; c’est une de ces grandes formes qui permit a H.
MILNE-ED\\’ARDS (1837) d’établir le genre Glaucothoe, longtemps tenu pour
autonome. Il s’agissait alors de la G. Peronii ; mais on a signalé depuis d’au—
tres formes analogues et, pour l`une d’entre elles, G. rostrala Minas, établi
qu’entre ces grandes formes et les petites, on observe tous les intermédiaires.
Famille des PAGURIDAE DAM 1852.
Abdomen asymétrique au moins dans ses uropodes et d’ordinaire aussi
dans les pléopodes 2 (ou 3) à 5 (ou _4) qui ne se développent que sur un côté,

rsouainsx 117
d’ordinaire le côté gauche. Carapace progressivement élargie d’avant en
arrière, membraneuse sur les flancs où des lignes plus mincesy dessinent un
réseau d’ordinaire limité en dessus par la ligne anomourienne. L‘article ha-
sal des pédoncules oculaires développé dorsalement en une écaille triangu-
laire (écaille ophthalmique). Sternites thoraciques correspondants à p”, p‘,
pi', libres et mobiles, les pattes 4 et 3 réduites et modifiées. Tergites moyens
de l’abdomen séparés plus ou moins par la membrane.
Comme le montre le tableau de la p. 112, les Paguridés se divisent entre
chacune des deux séries d’après un caractère qu’y avait signalé ORTMANN
(1892), la position relative des maxillipèdes postérieures. Ce caractère est
excellent, on le trouvera ici appliqué à toute la tribu et, pour la famille,
dans sa pleine rigueur. ORTMANN, en effet, a eu le tort d`établir une sous-
famille spéciale pour les Diogenes entre les Pagurinae et les Eupagurincze,
alors qu’ils se rangent, de toute évidence, dans la premiére de ces deux
sous-familles.
S()1lS·l‘2:\llllll(5 des PAGURINA-E llnrxtanxn (ernend.) 1892.
Pattes-mâchoires postérieures contiguës a la base (fig. 75) ; les tergites
abdominaux ne sont pas divisés en deux parties paires, ceux du l" somite
indépendants du dernier sternite thoracique.
Représentés surtout par des formes tropicales dont certaines atteignent
les régions tempérées ; se tiennent pour la plupart dans la zone côtière ou
subcôtière ; quelques-uns pourtant descendent dans les profondeurs. Leurs
espèces franchement marines se distinguent parles pédoncules antennulaires
qui sont courts et terminés en fouets normaux, par leurs pédoncules anten-
naires pourvus d’une écaille assez forte ; pour la plupart des auteurs, elles
constituent à elles seules la sous-famille des Pagurinés. Mais dans les
régions tropicales abondent d’autres formes, où les pédoncules antennu-
laires s’allongent beaucoup dans leurs deux derniers articles et se terminent
par des fouets comprimés ai bout tronqué, les pédoncules antennaires étant
comprimés sur les flancs et presque dépourvus d’écaille; ces formes
sont essentiellement terrestres sauf au moment où éclosent leurs larves;
elles comprennent les Cœno bita Lara. et le genre Birgus Lenxcn qui est repré-
senté par une seule espèce ; on a coutume de les réunir en une famille indé-
pendante, les Cœnobitidae DANA, encore qu‘i1s se rattachent étroitement
aux Paguridés marins. Les Llénobites sont représentés par 4 espèces qui
comptent de nombreuses variétés ; ils ont le bord frontal tronqué, un rostre
à peine saillant et s`abritent comme les Pagurînés marins ; le Birgus
lalro L. au contraire, a un rostre triangulaire, une carapace cancériforme
et se promène sans protection.
Les Pagurinés appartiennent à la même série que les Pylochélidés et
cn dérivent par Vintermédiaire de quelque forme du type mixtopagurien
où s`ébauche Vasymétrie, Mixlopagurus Gilli, par exemple, où d’après
BENEDICT (1901), le telson devient très asymétrique. Leurs espèces de
nos régions sont toutes marines et se rangent dans les genres dont j’ai
donné jadis (1%:96 b) le tableau synoptique suivant Z

118 nEcAPooEs MARCHEIJRS
TABLEAU DES GENRES.
_ 1. Doigts des pinces mobiles dans un plan sensiblement perpendiculaire
au plan de symétrie du corps. Pinces souvent subégales, en tout cas de
forme semblable. Pédoncules oculaires ordinairement grêles et longs.
.......................................................... 2
—— Doigts des pinces mobiles dans un plan très oblique par rapport au
plan de symétrie du corps. Pince gauche beaucoup plus grande que la
droite et de forme assez différente. Jamais de pléopodes sexuels ni de
sacs ovifères . ........................................... 3
2. Deux paires depléopodes(fig. 77, pl et p2)en avant sur la face inférieure
de l’abdomen chez le 8 ; une paire de pléopodes sur le premier segment
abdominal de la Q et, à gauche de l’abdomen, un grand sac ovifère ....
......................................... Pagutistes, p. 118.
— Pas de pléopodes sur les segments antérieurs de l’abdomen, pas de
sacs ovifères. Espèces bariolées de vives couleurs ................
...... . ...................... ` ........... Glibanarius, p. 120.
3. Un ongle corné noir ou jaunâtre a l’extrémité des pinces (fig. 82, 83).
........................................... Pagurus, p. 124.
—— Pas d’ongle corné a l’extrémité des pinces (fig. SO, 81) .......... 4
4 . Pas de pointe sur l’anneau oculaire. Coloration variée et très vive ....
........................................... Calcinus, p. 121.
—— Une pointe mobile (fig. 84) sur l’anneau oculaire entre les écailles oph-
thalmiques. Coloration peu vive ............... Diogenes, p. 122.
Avec les pléopodes pairs du segment ou des deux segments antérieurs
de l’abdomen, les Pagurisfes se rapprochent des formes primitives de la
tribu, surtout des Il/Iiœiopagurus, d’ou le nom de M iaclopagurimze que j’a-
vais donné (1894) à la sous-famille qui les renferme. C’est de Pagurinés
très proches, à coup sûr, que dérivent les Lomisidés australiens, c’est-a-
dire les formes cancériennes terminales de la série pagurienne.
G. PAGURISTES DANA 1852.
Écailles ophthalmiques largement séparées ; fouets antennaires ordinai-
rement garnis de soies ; pf sans saillie en pouce, ps parfaitement chéliforme.
Pléopode 1 du 8 excavé et élargi dans sa partie terminale, le suivant plus
long et plus simple (fig. 77), les trois suivants presque a un seul rameau.
Pléopode 1 de la 9 simple, les trois suivants biramés, le dernier suivi de
l’expansi0n tégumentaire en sac ovifère, pléopode 5 semblable à celui du 8.
Rappelle tout à fait les Alimtopagurus par le fouet biarticulé de mail, par les
pléopodes sexuels du 8 qui rappellent d’ailleurs ceux des Homaridés, par
le front et les appendices frontaux. Formule branchiale des Aliœlopagurus,
mais la pleurohranchie de p5 tres réduite.
Ce genre est représenté par de très nombreuses espèces (50 dans la liste

mounisriss 119
dressée par ÀLCOCK en 1904) dont la suivante qui est surtout méditerra-
néenne.
Paguristes oculatus Faim. (fig. 77 et 78) ; Pagurus oculalus Fxnmcius _
1781, 507 ; Pagurisles oculalus Cnnvmaux et Bouvmn 1892, 88 ; Atcocx
1905, 158 ; Przsra 1918, 209, fig. 64 ; Bouvxen 1922, 14. Pagurus maculalus
Rrsso 1826, 39 ; H. l.`lILNE-EDXVARDS 1837, 123. Pagurisles maculalus
IIELLER 1863, 172, Pl. V, fig. 15 ; Noam; 1936, 140, fig. 115.
Dent rostrale très saillante ; écaille ophthalmique étroite ; pédoncules
oculaires cylindriques, rétrécis au milieu, presque de la longueur des pé-
donrules de a‘, plus longs que celui de az dont l’écai11e fortement épineuse
ÉM ·i  
  ‘ fe.:
.·ï:·';l·~ ·= , ·<î—;§âP`:
T.'z`~`-·*‘» . '·\ .è
,:`;?`_· îiëlïîîîg;
 5ë‘.` Y,. idf ,1 l~"
,,:;;.*g_E;ïf__vw(·£· »_,'¤‘%. N fx
s.»5§î,·&5,§ ·" ‘.f2·‘ej· '  0 l~
#··•~· `· 'I ~·· · '\
\··rg"f§·g, ' f i · /\'l /
 ·  W JA) 
0  n Il —^
` ` D A ^,,/ 
g 1% A A
Y ........ `   1   (
 ’ mpg 
l\ '«.  ,- ` _ '
F10. 78.- Paguristcs 0culalus;ché1ipède F10. 79. — Clibanurius misanlhropus :
droit, face interne (d’après Bouvmn. extrémité d‘un chélipède, face dorsale
1896 b) (d’après Bouvxmn, 1896 (J).
atteint presque l’extrémité; fouet plus court que la carapace. Chélipèdes
semblables, le gauche toujours plus fort, leur carpe et leur pince fort épais-
sis, avec la face dorsale en plan un peu convexe, à bord supérieur denté,
couverte de granules serrés portant de très courts poils, le pouce fort large,
en contact sur toute sa longueur avec le doigt ; p* et p’ à peine plus allon-
gés, comprimés latéralement, dentés au bord supérieur du carpe et du pro-
pode, leur doigt en sabre plus long que ce dernier, assez fortement pileux
en dessus. Tonalité rougeâtre qui s’atténue chez les exemplaires des pro-
fondeurs, cornée bleue, une bande transverse plus foncée avant la griffe
des doigts de p* et p°, une grande tache violette (V. fig. 78) sur la face
interne aplatie du mérus des chélipèdes. Sac ovifère un peu frangé

120 DÉcAPonEs MAncnEuRs
sur les bords. La longueur du céphalothorax peut atteindre 20 mm.,
sa largeur 11.
Méditerranée occidentale au moins depuis 1’Adriatique, devient rare dans
` l’Atlantique où l’espèce remonte de Porto Santo jusqu’au cap Finistere
d’Espagne. Depuis la côte jusqu’à 250 mètres, plutôt subcôtière. Habite
souvent des coquilles recouvertes d’une Éponge siliceuse, Suberiies doman-
cula ; d’aprés GRAEFFE (1900), choisit jeune ces coquilles mais ne les aban-
donne pas avec l’âge, l’Éponge croissant avec lui bien vite, débordant la
coquille et continuant la cavité en spire de celle-ci. RABAUD (1936) a réalisé
de curieuses expériences sur cette association.
Au sud de Gibraltar, dans les eaux marocaines et soudanaises jusqu’à
Madère, l’espèce est représentée, entre 100-150 métres, par la variété brun-
neo-pictus MILNE-EDwAm>s et BoUv1En(1900, 165, P1. VI, fig. 1) dont le ton
général est blanc rosé, avec du brun rougeâtre en une grande tache à la
face interne des pinces, en petites taches sur le thorax et l’abdomen, en
bordure à la grande tache violette du mérus ; du rouge intense en tache
sur le mérus de p2, pa, et en anneaux transverses à la base du propode et du
doigt de ces pattes.
G. CLIBANARIUS DANA 1852.
Écailles ophthalmiques un peu séparées ; fouets antennaires nus, peu
allongés ; p‘ fortement subchéliforme avec une grande rape ovale sur le pro-
pode, p‘ en petite pince. Pléopodes des 4 segments 2 à 5 à rameaux tres
inégaux chez le 8 et sur le 59 segment de la 9, ceux de p2 à p‘ ovifères et avec
des rames plus grandes. Par le front et les pédoncules oculaires ressemble
assez aux Pa guristes et aux Mixtopagurus, de même que par mxl dont 1’en-
dopodite présente un palpe, ici toutefois inarticulé ; se rapproche davantage
du dernier de ces genres par la terminaison de p‘ et de pô. 13 branchies seu-
lement de chaque côté, la pleurobranchie de p5 ayant disparu.
Genre presque aussi riche que le précédent 2 46 espèces dans le cata-
logue d’ALcocK, toutes des mers chaudes sauf la suivante qui est très
commune dans nos régions.
Clibanarius miSa.nth1‘0pI1S Rxsso (fig. 79) : Pagurus misanihropus Bisso
1826, -10 ; H. MILNE-EDWARDS, 1837, 228. Clibanarius misanthropus
HELLER 1863, 177, Pl. V, fig. 16-18 ; PESTA 1918, 222, fig. 68 ; BOUVIER
1922, 15 ; NOBHE 1936, 143, fig. 116. Pagurus Labillardieri AUDoU1N 1826
(pour la fig. 2, Pl. IX de SAVIGNY 1817). Pagurus nigriiarsis Lucxs 1849,
30, Pl. III, fig. 4.
Serait—ce le Pagurus iubularis de FABRICIUS ‘? En tout cas il me paraît
difficile d’en séparer le Pagurus hirsuius de GosTA (1836, 10, Pl. I1, fig. 4)
et le Clibanarius Rouœi de HELLER (1863, 179), encore que dans l’un et
l’autre les doigts de p2 et ps soient plus longs que le propode et le ton un
peu aberrant (Voir PESTA, p. 225). Même sentiment, conforme à celui de

CALCINUS 121
Blmnoxs (1882), au sujet de Pagurus nculalus H. Mime-Emvlmos (1837,
226), comme je l’ai indiqué jadis (1896 b, 154) après examen du lype.
Des faisceaux épars d’assez longues soies aux bords latéro-antérieurs
de la carapace, sur les pédoncules antennaires, le carpe et les pinces de p‘,
et sur toute la longueur de p“, ps. Région frontale de Pagurisles, mais les
dents frontales sont peu saillantes, les pédoncules oculaires à peine rétré-
cis 311 milieu, l’écaille des pédoncules antennaires est réduite et atteint
au plus la base du dernier article. Carpe et pinces des chélipèdes épais ;
face dorsale des pinces ovalaire, peu convexe et munie de tubercules acu-
minés entre lesquels s’élèvent des soies ; quelques fortes dents obtuses au
bord interne des doigts qui se terminent par un large bout noir corné, un
peu excavé.Pattes 2et3 peu comprimées latéralement, leur doigt plus court
que le propode avec une forte griffe noire terminale, ces pattes plus lon-
gues que les chélipèdes. Tonalité : fond verdâtre ou brunâtre, avec jolies
taches bleues sur les chélipèdes, raies longitudinales rouges que séparent
des bleuâtres ou des blanchâtres sur p‘ etps ; pédoncules oculaires rouges.
—— Longueur de la carapace au plus 14 mm.
Commun en Méditerranée occidentale, se trouve aussi dans la mer Noire
et, d’aprèS BALSS (1927b), peut-être dans le canal de Suez; en Atlantique S6
trouve depuis la Grande Salvage et Gibraltar jusqu’à la pointe française
de Bretagne (le type d’oculatu.s· provenait de Noirmoutiers); se retrouve aux
Açores. Espèce littorale qui descend au plus à quelques mètres de profon-
deur; extrèmement active et sensible, pour un rien se retire brusquement au
fond de sa coquille. On sait par DnzEwn~xA (1910) que misanthropus man1—
feste constamment un phototropisme positif a Banyuls, tandis que,dans le
golfe de Gascogne, le phototropisme est négatif pendant la morte eau,
mais change de signe à l’époque du revif.
G. CALCINUS DANA 1832. i
Très voisin des Clibanarius, s’en distingue par les pinces très inégales
et dissemblables, la gauche plus forte quela droite, toutes deux avec le doigt
mobile dans un plan oblique, le bout des doigts calcaire, en dedans excavé ;
le test en général luisant, avec un peu de poils.
.\Lcoc1< compte dans ce genre 18 espèces dont la suivante qui est sur-
tout méditerranéenne Z
Calcinus omatus Roux (fig. 80) ;Pagw·us qrnalus Roux 1828, Pl. XLIII;
H. MILNE-EDWARDS 1837, 228. Calcînus ornalus Curzvmaux et Bouvuzn
1892, 127, PI. III, fig. 21-24 ; FENIZIA 193-1, 128, fig. 1-7.-
Front et appendices frontaux à peu près comme dans misanlhropus ;
chélipèdes très inégaux, comprimés latéralement, il carpe court, pince beau-
coup plus forte et plus l0ngue,l’un et l’autre avec légers denticules sur la
face externe, mêlés sur le petit chélipède à quelques longues soies et des

122 nÉcAPonEs Maacneuas
bouquets épars de courts poils ; pinces et doigt mobile fortement dentés
au bord supérieur, le carpe également, pa et pg un peu plus allongés que les
chélipèdes, à peine comprimés latéralement, le doigt plus court que le pro-
pode, à forte griffe noire. Charmante petite espèce de tons vifs et divers
probablement variables suivant les lieux ; d’ordinaire avec taches rouges
sur fond verdâtre et blanc, le rouge sur pt et p3 en lignes longitudinales. —·-
Longueur du céphalothorax S à 9 mm. Diamètre des oeufs, 0,3 a 0,4 mm.
 
I·  
i i
  lé avis i t
I`
` A .B
Fm. 80.-—-Calcinus ornalus : A, extrémité d’un chélipède, face dorsale; B, le front avec
po et a“ (d’après Bouvina, 1896 b).
Beaucoup moins commune que misanthropus, cette espèce occupe les
mêmes niveaux ; elle fut trouvée à Marseille par Roux et on l’a capturée à
Oran, puis aux Canaries et aux Açores ; Gnomz (1861) l’a signalée dans l’A-
driatique bien que PEsTA n’en fasse aucune mention.
G. DIOGENES DANA 1852.
Tres voisin de Calcinus par tous ses caracteres sauf les suivants : écailles
ophthalmiques plus grandes, plus larges et denticulées en avant ; front à
dent rostrale réduite ou nulle ; pédoncules oculaires forts, subcylindriques,
plus courts que les pédoncules antennulaires et antennaires ; écaille anten~
naire plus forte que longue, denticulée sur le bord interne, fouets antennaires
avec des soies; des soies d’ordinaire assez longues et assez nombreuses sur
les pattes ; carpe des chélipècles plus long que dans Glibanarius, leur grande
pince presque toujours fortement infléchie au bord inférieur ; p2 et pa com-
primées latéralement, avec les doigts arqués et plus longs que le propode.

oxocismas 123
ALcoic signale dans ce genre 28 espèces dont la suivante qui est large-
ment répandue dans les eaux françaises.
Diogenes pugilator Roux (fig. 81) ; Pagurus pugilalor Roux 1828, Pl.
XIV, fig. 3 et 4. Diogenes pugilalor Bouvmn 1891, 396 ; Cnnvamux et
Bouvuzn 1892, 120; Pxzsm 1918, 218, fig. 67 ; SELBIE 1921, 4, Pl. VI, fig.
6-9; Nonniz 1936, 146, fig. 124. C·’est le Pagurus arenarius de Lucas (1849],
le P. varians de Cos'rA (1836), de HELLER 1963 et de beaucoup d’auteurs,
le Pagurus Dilwyni de Si·ENcE BATE (1851) et de BELL (1853), le P. pon-
licus de I(ESSLER (1861), le P. Lafonli de Fiscimn (1872, 13), le P. cumi-
manus de CLÉMENT (1874), le P. algarbiensis de Bmro CAPELL0 (1875) et le
P. Bocagii du même auteur.
`t
¢ i · · 4
` `  ( ‘î 
i li   - .,
~ _ ii $.1;. ,
    fr `‘'‘ l*î?»ÉT’iï
14 · 1 ; Eg :',·.g.—€  ,
' ‘_ u ll} î`·j_-QT? sf
( · . rl . __;..,.· X 
É'}: . ‘ I   Z ·L_':_ Ipîïlfhj _
8 ·  ·« ·»— ' fÉÃ=ȧ_Ã:ï‘ .· 
§ r' . “‘ È. É  
*° ` ( . in. § $~=%l·ï_L‘t.'
¢_·“ u_,·~/ ··~·‘7i
JL 4 IJ * lin-- É,
MY ‘ 4 , au %
\\ 
F1o.81. -—- Diogencs pugilator : A, région antérieure de la carapace avec po et a' ;
B, chélipède droit (d après Bouvmn, 1896 b).
Carapace un peu dentée sur les côtés en avant du sillon subcervical,
dents latérales du front assez nettes, saillie médiane de l’arceau oculaire
en pointe étroite, écaille ophthalmique denticulée sur son bord externe
oblique, écaille antennaire en triangle aigu denticulé en dedans. Chéli—
pède gauche nu, avec une rangée de dents au bord inférieur du mérus,
et au bord supérieur du carpe et du propode,ces deux derniers articles
avec de fins granules aigus sur leur face externe ; les doigts calcifiés jus-
qu’à la pointe, en contact, avec- quelques grosses dents sur leurs bords
en regard ; chélipède droit bien plus réduit, sa pince beaucoup moins in-
fléchie au bord inférieur, avec de petits tubercules aigus et de longs poils
sur sa face externe, une rangée de dents au bord supérieur du carpe. Pattes

124 nÉcAP0nEs MAP.cHEuns _
2 et 3 dépassant à peine la grande pince, légèrement dentées au bord su-
périeur du carpe et du propode, leur doigt en sabre, plus long que le pro-
pode, avec une petite griffe terminale et sillon longitudinal. Telson un
peu denté en arrière. Tonalité jaunâtre ou verdâtre, souvent avec lignes
rouges sur les pattes ; elle est d’ailleurs variable, d’après Bour: (1901),
d’un bleu verdàtre lavé de blanc et de brun. —- Longueur de la carapace
8-10 mm.
La variabilité de cette espèce est d’ailleurs très grande, comme je l’ai
montré ailleurs (1901a), surtout dans la pilosité qui peut être forte ou réduite ,
dans les pinces qui peuvent s’allonger beaucoup, dans les écailles ophthal-
miques ; de là plusieurs variétés, de là aussi la difficulté de rendre exacte-
ment sa distribution ; en Europe, elle est connue depuis le sud de l’Irlande
et de l’Angleterre jusque dans la mer Noire et jusqu’à Beyrouth, elle se trouve
dans le canal de Suez où GURNEY (1927) en a étudié le développement;
plus ou moins typique on la suit en Atlantique oriental jusqu’à Kotonou,
et d’après Arcocx (1905) dans la mer Rouge d’où peut-être elle s’étendrait
jusqu’à Singapore. Les pugilator sont côtiers ou subcôtiers ; à Luc-sur-
Mer, je les ai vus abondamment sur la grève où le flot venait de se retirer ;
ils sont fouisseurs, dit Boim (1901), et, à Marseille, pullulent sur les plages
de sable du Prado, dans les fonds sableux du Pharo.
G. PAGURUS Fnunicius 1798.
· Saillie rostrale du front faible ou nulle; pédoncules oculaires forts, d’or—
dinaire médiocrement longs et un peu plus larges au bout distal ; fouets an-
tennaires nus ; endopodite de mzrl sans palpe ; doigt des cbélipèdes avec
bout corné ; p4, pé et pléopodes comme dans les trois genres précédents,
les pléopodes 2 à 4 de la Q à trois rames par suite de la bifurration de l’en·
dopodite; 14 branchies de chaque côté comme dans les Pylochélidés. Ce
dernier caractère est primitif, tandis que l’absence de palpe à mscl indique
une évolution assez accusée.
Le genre est représenté d’ordinaire par des espèces fortes ; .-\LcocK en
relève 30 dont les deux suivantes habitent les eaux européennes les plus
tièdes.
— Mérus, carpe, et pinces de pl ornés de saillies transverses, denticulées
et ciliées sur leur bord antérieur, stries qui se retrouvent sur p2 et pa
(fig. 82). .................... . ............... arrosor, p. 24.
— saillies en forme de tubercules aigus et moins régulièrement disposés
(fig. 83) .................................... calidus, p. 25.
Pavgurus arrosor Hemasr (fig. 82) ; Cancer arrosor Hsmssr 1796, suppl.,
170, Pl. XLIII, fig. 1. Pagurus arrosor l\rIILNE—EDWARDS et BOUVIER 1900,
178 ; PEsrA 1918, 214, fig. 65 ; NoBRE 1936, 144, fig. 126-128. Dardanus
arrosor MoNoD 1933,   Pagurus slrigosus Bosc 1801, 77, Pl. X1, fig. 3.

mounus 125
Pagurus slrialus de LATREILLE 1805, 163 et de la plupart des auteurs.
Pagurus incisus OLIVIER 1811, VIII, 611 ; SAVIGNY··AUD()IN, 1826,
PI. XI, fig. 1.
l  *0 a l /», É `
` i En  01 /
` I -~»·_· ‘· \ s ' ‘
N , .. A   \ Z J((( I .
  1 ` K ( R,  II 
    · *7:  , ._  ‘ , «
  I   É ü` ~1 «
9, `,}y`_ _ ` \ `
X _   .1 B \.. 6*
·.‘r
^ — ;."$£?É?”
· ‘•l ~
.10l:o  _
41:;/
Fia. 82. —- Pagurus arroser : A, extrémité d’un chélipède, face dorsale ; B, le front avec
po et a‘ (d’après Bouvusn 1896 b).
Saillie rostrale arquée, très faible, entre deux dents plus proéminentes ;
écailles ophthalmiques denticulées au bord an- ` M
térieur, pédoncules oculaires à forte dilatation . y i `*\
cornéenne, atteignant presque Pextrémité des _· »:" g /
pédoncules antennulaires. Stries des chéhpèdes .,;l(`  ' .   `
arquées, · souvent bifurquées, les doigts des ùc" /r p   /
pinces faiblement dentes, sur le grand chehpède JA I / ·'
bien plus courts que la portion palmaire. Tona· y L , , ‘
lité rouge vif ou faible, les soies jaune paille. ita}! MW   f
—— Espèce de grande taille dont la carapace M _.,,,, A ,  
peut atteindre 60 mm. de longueur. Diamètre Qi .,1,   4 4
des œufs de 0,45 à 0,50 sur 0,55 (CHATTON). · ‘ zx/W, tt, 
I Y lxngjg
Assez commune en Méditerranée entre 25 et é "I
100 mètres de profondeur ; s’avance dans y    
1’Atlantique jusqu’au Portugal et atteint au éé/ «//
moins la Sénégambie. Mais semble répandue
dans toutes les mers chaudes et a été capturée F,G_ 83,.. p,,gu,u, gagidugg
aux Philippines par le « Challenger » à 115 brasses ‘îà‘êëî1"à;_ëîl‘ë ë1'}a‘;gë‘1Éè(?â:
de profondeur. visa, 1896 ).
Pagurus Calidus Risso (fig. 83) ; Rrsso 1826, 39 ; H. IWILNE-EDWARDS
1837, 220; BIILNE-EDWARDS et Bouvxisn 1900, 180, Pl. XXIII, fig. 19

126 DÉCAPODES MAacnEURs
et Pl. XXVIII, fig. 21 ; PEsTA 1918, 216, fig. 66. Pagurus callidus
Noenn 1936, fig. 121-123. Pagurus diogenes (]osTA 1836, 4, Pl. II, fig. 2
Pagurus seiubalensis Bruro CAPELLO, 1875, 4, fig. 1 et 1**.
Très voisin du précédent dont il se distingue par les ornements des
pattes 1 à 3, où les tubercules du carpe, du propode et des doigts sont peu
régulièrement disposés et séparés par des soies plus longues et plus ser-
rées. La taille est à peu près la même que celle d’arr·0s0r, la coloration éga-
lement.
Méditerranée au moins jusqu’à l’Adriatique, de là, dans l’Atlantique jus-
qu’aux Açores et à Sétubal vers le Nord, aux îles du Cap-Vert au Sud ; ne
descend pas au-dessous de 100 mètres. La maturité sexuelle est acquise chez
des individus dont la carapace atteint 7 mm.;chez les SB plus petites les
pléopodes sont encore très réduits ; chez certains 3 de grande taille (cara-
pace de 21 mm.) on observe parfois des pléopodes triramés semblables à
ceux de la 9.
Sous-famille des EUPAGURINAE ORTMANN 1892.
Pattes-mâchoires postérieures largement séparées à leur base(fig. 76);
les tergites abdominaux divisés longitudinalement en deux pièces séparées
(fig. 108), sauf celui du 1*** segment qui reste simple et se rattache au der-
nier somite du thorax, sauf également le GE.
Le groupe ne compte que des espèces marines ; il est représenté dans
tous les océans, mais surtout dans les eaux tempérées ou froides depuis
le littoral jusque dans les abysses ; on y rencontre quelques types cancéri-
formes (Osiraconoius, Tylaspis, etc.) d’ailleurs toujours franchement
eupaguriens et très différents des Lithodidés, c`est—à—dire de la famille
par laquelle se termine la 28 série.
La sous-famille comprend de nombreux genres, dont les suivants qui
occupent une place importante dans notre faune. Je relève ici le tableau
que j’ai donné jadis de ces derniers (1896 b) :
TABLEAU Des GENRES.
l. Pas de tubes saillants aux orifices sexuels sur les hanches des pattes
thoraciques postérieures du 3 ................................ 2
—— Un tube saillant à l’un au moins des deux orifices sexuels du 3 (fig. 84).
Doigt des pinces mobiles dans un plan horizontal, c’est—à—dire perpen-
diculaire au plan de symétrie du corps ....................... 4
2. Doigt des pinces mobile dans un plan très oblique par rapport au plan
de symétrie du corps (fig. 86). Chez le 3 (mais non chez la Q), une paire
de pléopodes sexuels sur la face ventrale des deux premiers segments
de l’abdomen ; l’orifice génital droit disparaît chez l Q .......... 3

EIJPAGURINAE 127
— Doigt des pinces mobile dans un plan horizontal (Pl. IV, fig. Zi). Pas
de pléopodes sexuels à l’abdomen ; une paire d’orifices sexuels dans les
deux sexes. Lamelles branchiales bisériées ...... Eupagurus, p. 129.
3. Eléments branchiaux filiformes disposés au moins en quatre séries
longitudinales ............................ Parapagurus, p. 128.
— Eléments branchiaux plus ou moins lamelleux, disposés en deux ou
quatre rangées longitudinales ; dans ce dernier cas les deux rangées
externes composées d’éléments fort courts ..... Sympagurus, p. 128.
` ~
ws \ I
s _ /
"  ,   ..... ;
2 ’ ' /
\ ·* / A
1;- ........ .. · `””· ·· ·
ï? Ã L W '
·î 4;;; -.; -___·; ` `   si I
\   ··
À Ã: il   _
D 1 É,
F . . - N I ’ ' : . .
Igasîtde 1’abïiri>1iiig£?ia1éélîwe1ig·ii1lîeîrâlai1s Fw; 85- — Pe~1P¤¤¤r¤S P·1<>w~¤·wS = rè-
un 3, td tube sexuel droit, lg tube gum mltémcuœ (16.13 campflœ avec les
sexuel gauche (d’après Bouvuzn, 1896 ‘*PP€nd‘CeS céphallques (d¤P1`èS BOU'
b)_ vnan, 1896 b). ·
4. Une paire de pléopodes sexuels sur le 16* segment abdominal de la 9.
Deux tubes sexuels chez le 3 ;celui de gauche court, conique,arqué et
infléchi en dedans, le droit beaucoup plus long et filiforme dans sa par-
tie terminale (fig. 84). .................... Nematopagurus, p. 141
— Pas de pléopodes sur le l" segment abdominal de la S2. Les tubes sexuels
du (3 ne sont pas tiliformes à leur extrémité libre ................. 5
  Deux tubes sexuels, le gauche comme chez Nemalopagurus, le droit
fort, court, arqué, infléchi sous la base de l’abdomen de droite à gauche
........................................ Catapaguroides, p. 142.
— Un tube sexuel toujours situé sur la hanche gauche et simplement arqué
(fig. 100) .................................. Anapagurus, p. 144.
Parallèle à la sous-famille précédente, la sous-famille eupagurienne pré-
sente comme elle des types où le doigt des pinces est oblique, d’autres où

128 DÉcAPooEs MARcHEURs
il se meut horizontalement, et certaines structures qui dérivent d’un état
primitif : ainsi la disposition trichobranchiale avec ses passages aux pliyllo-
branehies, ou parfois la présence de pléopodes pairs sur les deux sternites
abdominaux antérieurs. Toutefois on ne connaît pas jusqu’ici les formes
symétriques dont elle est issue, et les branchies s’y trouvent en nombre
faible par suite de la disparition de toutes les pleurobranchies, sauf celle
de p‘ (qui disparaît même dans Osiraconolus), ce qui réduit les branchies
a 11 (ou 10) de chaque côté. D’ailleurs le fort chélipède est toujours du
côté droit et très différent du gauche, les doigts des pinces sont terminés
par un bout calcaire et les écailles ophthalmiques largement séparées.
G. PARAPAGURUS SMITH 1879.
Pédoncules antennulaires beaucoup plus longs que les pédoncules ocu-
laires (fig. 85), ces derniers rarement aussi longs que les pédoncules anten-
naires, écailles de ceux—ci longues et étroites ; endopodite de mxl avec un
fouet rudimentaire ou nul; pé subchéliforme, pô terminé en pince. Chez le 6
les deux paires de pléopodes antérieurs se composent de deux articles dont
le dernier est en spatule, les trois suivants, situés a gauche, sont biramés
avec l’un des rameaux rudimentaire ;chez la Q tous les pléopodes sont im-
pairs, ceux de 2 à 4 biramés, celui de 5 presque à une seule rame, il n’y a
qu’un orifice sexuel situé sur la coxa.
Genre abyssalreprésenté,suivantALcocx, par8 espèces dont unepeut être
prise dans nos mers, car on l’a capturée parfois (SM1rH) à 500 mètres de
profondeur.
Parapagurus pilosimanus Smru (fig. 85) ; SMITH 1879, 51. Eupagums
Jacobii A. MILNE-EDwARDs 1880 a, 42. Parapagurus abyssorum HENDER-
soN 1888, 87, Pl. IX, fig. 2.
Rostre obtus, pédoncules de al, de a2 et écaille antennaire très allongés,
chélipèdes velus, notablement plus courts que p“ et ps dont les doigts ar-
qués sont pour le moins aussi longs que les deux articles précédents réu-
nis. Tonalité jaune vineux et rouge. La coquille qui abrite l’animal est
souvent recouverte et très largement débordée par une colonie d’Épi-
zoanthes. -— Longueur de la carapace 10-12 mm. Diamètre des œufs
1 mm. environ.
Espèce franchement abyssale et descendant un peu au-dessous de 4.000 m.,
ce qui lui permet de se répandre dans toutes les mers, tout au moins sous sa
forme abyssorum que certains regardent comme une variété.
G. SYMPAGURUS SM1T1-r 1884.
Un seul caractère distingue ce genre des Parapagurus, la disposition des
éléments branchiaux en deux séries, parfois (S. nudus) avec les courts bour-
geons de deux séries externes. Les autres traits structuraux sont identiques,

srmmounus 129
toutefois avec une dégradation progressive parfois dans une même espèce.
En fait, les Sympagurus semblent bien être des Parapagurus qui ont aban-
donné les abysses pour des eaux moins profondes et se rapprocher des autres
Eupaguriens.
Ancocx signale dans ce genre 9 espèces dont cinq habitent les régions
atlantiques de notre voisinage ; une seule de ces espèces, la suivante, sera
sans doute trouvée quelque jour dans les eaux françaises.
Sympagurus bicristatus A. M. Enw. (fig. 86) ; Eupagurus bicrislalus
A. MILNE-Enwanns 1880 a, 43. Sympagurus bicrislafus MrLNE·EDwARDs
et Bouvma 1894 a, 69, Pl.fig.1-15; BOUVIER 1922, 21 ; N0BRE 1936,126,
fig. 103.
Le front, les pédoncules de a‘ et a', les pattes 2 et 3 et le chélipède gau-
che à peu près comme dans Parapagurus pilosimanus, mais les pédoncules
antennaires moins allongés, et les pattes 5 simplement subchéliformes;
chélipède droit caractéristique avec sa pince très comprimée, plus étroite à
la base, bien plus large à la base des doigts,mince et finement denticulée
au bord inférieur, le bord supérieur de la région palmaire avec une rangée
de dents qu’accompagne un peu en dehors une crêteparallèle semblable;
le carpe à peine moins long, et dilaté de la base au sommet, muni d’ail-
leurs, comme la face externe de la pince, de granulations et de poils. -·
Longueur de la carapace 10 mm. Diamètre des œufs 0,6 mm.,
Espèce répandue surtout entre le Portugal, les îles du Cap-Vert et les
Açores, rare aux Antilles, représentée par une variété dans la mer des Indes ;
un exemplaire a été capturé par 99 metres dans la rade de Cadix ; se
tient d’ordinaire entre 400 et 1.100 mètres. Dans cette espèce les pédoncules
oculaires sont plus ou moins subcylindriques, toutefois atténués au bout
libre chez les individus des profondeurs. Les appendices sexuels du 5‘ sont
encore plus variables ; souvent la paire de pléopodes 1 disparaît ; parfois
s’atténue ou disparaît le pléopode 2 du côté droit et dans certains cas aussi
le pléopode gauche.
G. EUPAGURUS Brmmnr 1851. .
La pince gauche est très différente de la droite (Pl. IV, fig. 3), p‘ est sub-
chéliforme, p° terminé par une petite pince à doigts fort réduits. Tous les
maxillipèdes avec l’exopodite terminés par un fouet articulé, lequel fait
défaut a m:vp‘ dans les deux genres précédents ; 11 branchies de chaque
côté, toutes à deux séries de lamelles.
Certains Eupaguriens de même type présentent des caractères plus pri-
mitifs, ainsi Tomopaguropsis Ancocx et Tomopagurus Enw. et BOUv.
(1893), le premier avec 13 branchies, le second avec 11, tous deux présen-
tant chez le 5 une paire de pléopodes sur le ler segment abdominal, ainsi
nouvmn 9

130 DÉCAPODES MAnc1-nanas
encore Pylopagurus EDW. et BoUv. où la même paire de pléopodes est por-
tée par la Q.
Ce genre est de beaucoup le plus riche dans la tribu des Paguroidea ;
il compte environ 150 espèces et occupe toutes les mers du globe, sauf,
comme le note ALcoc1< (1905), celles qui baignent les côtes africaines de
l’est et presque également les côtes occidentales depuis le Sénégal jus-
qu’au Cap ; le même auteur observe : 10 que 39 % de ces espèces sont
littorales ou sublittorales, les autres descendant plus ou moins dans les
profondeurs mais pas au—dessous de 850 brasses; 20 que par leur nombre
et la taille de leurs individus, ces espèces prédominent surtout dans les
eaux froides subarctiques. La faune de nos régions comprend les 9 espèces
suivantes :
TABLEAU mas EsPÈcEs.
1. Pince droite munie, sur la face supérieure, en dedans des bords laté-
raux, de granules très évidents, ou de tubercules, de lignes épineuses, ou
de carènes saillantes ....................................... 2
—— Face supérieure de la pince droite ponctuée ou unie entre les bords.
.......................................................... 7
2. Une carène ou une ligne saillante munies d’épines ou de denticules sur
la ligne longitudinale médiane de la face supérieure de la pince droite.
.......................................................... 3
— Ni carène, ni saillie longitudinale sur la face supérieure de la pince
droite, ou il y en a plus d’une ............................... 5
3. La carène est obtuse, ordinairement irrégulière et présente, à la base
proxirnale, un gros tubercule granuleux (fig. 87). Sculptimanus, p. 131 .
— La carène est régulière et ne présente pas de gros tubercules sur son
trajet,. .................................................... 4
4. La pince gauche (fig. S9) est munie, en dessus, d’une carène longitu-
dinale tranchante, non spinuleuse, qui délimite deux excavations unies.
Il en est ordinairement de même de la pince droite (fig. 90) ..........
. ........................................... excavatus, p. 133.
— La pince gauche présente une ligne longitudinale saillante munie d’une
rangée de denticules ou de spinules. La droite présente aussi ce carac-
tère, mais la saillie est souvent peu élevée et occupée par des denticules
peu régulièrement sériés, plus forts que ceux situés à droite et à gauche
dans la dépression qui sépare la saillie des bords (fig. 91 A, B.) .......
....................................... . .... variabilis, p. 134.
5. Face supérieure de la pince droite très pileuse et munie de nombreux
tubercules aigus dont les plus forts se groupent en rangées longitudi-
nales (fig. SS) ; bord interne de la pince droit, l’externe très arqué ....
........................................... cuanensis, p. 132.

eumounus 131
— Face supérieure de la pince droite à peu près dépourvue de poils, mais
munie de granules ou de nombreux tubercules parfois aigus; les deux
bords de la pince ordinairement un peu arqués ................... 6
6. Face supérieure de la pince droite ornée de nombreux granules ou de
fins denticules à peu près tous égaux (fig. 93). . . Prideauxi, p. 137.
——- Face supérieure de la pince droite ornée de granules ou de denticules
assez forts qui deviennent plus grands et forment deux rangées longi-
tudinales subparallèles près du milieu de la portion palmaire (fig. 92).
.......................................... bemhardus, p. 135.
7. Face supérieure des deux pinces dépourvue de carène médiane, mais
munie de longs poils peu serrés. Le bord interne de la pince droite n’est
jamais saillant en forme de carène (fig. 94) ..... anachoretlls, p. 138.
——- Face supérieure de la pince gauche munie d’une carène longitudinale
saillante et denticulée. Face supérieure des deux pinces à peu près dé-
pouvue de poils ; le bord interne de la pince droite est, totalement ou
en partie, saillant sous la forme de carène latérale ............. 8.
8. Le carpe et la pince du chélipède droit sont minces et saillants latéra-
lement en forme de carènes denticulées ; la face supérieure des deux
pinces est presque lisse ; les deux bords de 1 pince droite sont réguliè-
rement arqués et les doigts de cette dernière, en contact sur toute leur
étendue, sont un peu plus courts que la portion palmaire (fig. 95). ..
........................................... cameus, p. 138.
—- Les bords du carpe du chélipède droit ne forment pas de carène et l’in-
terne présente deux rangées de denticules aigus.Lebord externe (e) dela
pince droite (fig. 97) est occupé par une ligne très finement denticulée
mais ne forme pas de carène; le bord interne (i) de la portion palmaire
est également denticulé, mais il s’infléchit légèrement en dedans au
voisinage du doigt mobile et forme là une carène saillante ..........
........................................... Chevreuxi, p. 139.
Ces Eupagurus ne sont pas tous au même degré d’évolution : chez
certains, le 3 conserve encore le pléopode gauche du 29 segment de l’abdo-
men comme la 9 et présente, comme cette dernière, 4 pléopodes ; chez
les autres, le 3 ne porte plus que les pléopodes 3, 4 et 5.
GnoUi=·E I
(Espèces dont les mâles présentent des pléopodes sur les segments
2 à 5).
1. E\lD8g’ll1‘llS Sctllptimanus LUCAS (fig. 74 et 87) : Pagurus sculplimanus
Lucas 1849, 32, Pl. III, fig. 6. Eupagurus sculpiimanus HELLER 1863,
162, Pl. V, fig. 9 ; Crmvmzux et Bouvier: 1892, 104, Pl. II, fig. 18-20 ;

132 DÉCAPODES MARC}-[EUR5
SELBIE 1921, 19, Pl. V, fig. 4-8 ; PESTA 1918, 242, fig. 74 ; MoNon 1933, 28 ;
Nouan 1936, 129, fig. 105 et 108.
Aux deux pinces est présente une carène longitudinale obtuse terminée
en arrière par un gros tubercule ; fortes dents latérales sur le front ; pé-
doncules oculaires subcylindriques, allongés, quoique plus courts que les
pédoncules de al et de a", l’écaille antennaire atteint à peine les yeux ;
ps et pé avec le doigt plus long que le propode, leur carpe spinuleux au
bord supérieur, le propodite aussi dans p“, sternite correspondant à p’*
ill ’
, '·$ àl: Il 1
, w `   E.-È`?. l
,.·/É],   ` EF? ,É“;lii:”;/
W. · will      
, uv l « , Il _';_·`§, · I
·l i¤"·’v ~··W'   ····· î ~·§tl3' É ·
l|l     I!  IQ!] l ·,:î::•::  
.4 !' I  j·!:a_;¤,,
ww, ’   s§c$·§·« ·.
` .  ' · il/17}* ·ç>;·£“_`«,É·À . li V
`=:i,‘\il,•"l'jV'      `lw
:,,.11/,, *" Ã rl,~·'*“ ‘ . ,
 , H, /,/ly  li;)    *
l`|[ ‘?H/I;· É f`î`Err,& ` .rl~T>` "
ar! ;f:· · , FW ·, -`Ãl’¤7'
'll/"' ·. îî'— ` .
iiléi/' W " il I} lilll X
A / Ill y \.l~l __ 7*}*
Fm. 86. —- Sympagurus Fm. 87. —- Eupagurus Fm. 88. - Eupagurus
bicrisiatus : extrémité sculplimanustextrémité cuancnsistcarpeetpince
du chélipède droit, du chélipède droit, face du côté droit, face dor-
face dorsale (d'après dorsale (d’après Bou- sale (d’après Bonvuaa,
Bouvxna, 1896 b). vuaa, 1896 b). 1896 b).
armé de 5 ou 4 épines. Tonalité jaunâtre ou jaunâtre rougissant, taches
rouges sur les deux faces latérales du mérus et du carpe des chélipèdes ;
souvent sali par la vase. —— Longueur du céphalothorax 8 à 9 mm.
Méditerranée au moins jusqu’à 1’Adriatique ; dans l’Atlantique depuis
l’île d’Aran et Fa1mouthjusqu’à Gorée. Se tient près de la cote mais peut des-
cendre jusqu’à 150 mètres.
2. Eupagllrus euanensis THoMPs. (fig. 88) ; Pagurus cuanensis TuoMP-
sorx 1843, 267 ; BELL 1853, 178 et fig. Eupagurus cuanensis CHEVREUX
et BOUVIER 1892, 97, Pl. II, fig. 16-17 ; SELBIE 1921, 26, Pl. IV, fig. 1-3 ;
Pissm 1918, 232, fig. 70 ; BALss 1926, 32; Nonars 1936, 134, fig. 110, 111.
Pagurus spinimanus LU<:As 1839, 29, Pl. III, fig. 3. Eupagurus Lucasi
HELLER 1863, 164, Pl. V, fig. 10.

Eumounus 133
Voisin de sculplimanus dont il se rapproche parle front et les appendices
frontaux, surtout par les pédoncules oculaires qui, toutefois, atteignent
ici les extrémités des pédoncules de a‘ et de a“; p' et p* également du même
type, toutefois avec des dents au bord inférieur du mérus de p° et une ré-
duction totale des dents aux pattes du côté gauche ; les deux lobes pos-
térieurs du telson présentent des denticules en arrière dans les deux espèces,
mais sont ici un peu inégaux. Les différences capitales s’observent dans
les chélipèdes droits et gauches qui sont semblables, mais d`un tout autre
type, la pilosité qui est partout beaucoup plus forte, enfin les fouets an-
tennaires qui sont plus grêles avec des soies moins abondantes. Tonalité
en partie rouge brunâtre, en partie blanchâtre, sur toutes les parties du
corps ; le rouge prédominant sur les pattes. — Longueur de la carapace
8 à 12 mm. ; diamètre des œufs 0,6 mm. A l’état frais 0,55 mm. et de ton
groseille foncé d’après Ch. Pâmsz.
Des îles Shetland, de Drontheim et du Kattegat à la Méditerranée au
moins jusqu’a l'Adriatique, aux Canaries, au cap Blanc (Mouon 1933) et
d’après Onnmzn (1923, 10) jusqu’à l'Ang01a.Rare à la côte, se tient surtout
entre 10 et 30 mètres, descend parfois jusqu’à 90.
3. Eupagurus excavatus Hsnnsr (fig. 88 89 et 90) ; Cancer excavalus Hamm-
. 1 il  1
 1, ··1 lr
1-. «
  _ :;/  .\i, ,
fi sli à , ·· Z · \\à  1
g lp   J   ·J f·,~ » ,
 jÃ.·’·‘ glîsl, 1 [   ·i _ ~ "
~«;*·=" _“   W  ‘· ,,  'il lt   ji
911111 ll lim l` lllllt 1 i (ln" 
·   llllll `iïx 1  ,
  ,,-,11 ,· H ` ,  il
lin · 1“*·°.¢' il Il U . 
e` ·1î“” « MN l 
q , « pr ·  _ | I
i$1as“.g¢~,...«.E§ 191  - 1 M »'
HE ,a.·igM* y j· 
§'i§illii1iiÉ'ii¤.»êt wi if gpl-il /”}%
Fra. 89-90. -· Eupagurus czcavalus : extrémité des chélipèdes, face dorsale :
89, du chéllpède droit; — 90, du chélipède gauche (d’après Bouvmn, 1896 b).
1791, 34, Pl. XXIII, fig. 3. Eupagurus eœcavatus Bouvinn 1896, 128,
fig. 15 ; MILNE·EDWARDS et Bouvmn 1900, Pl. XXVI, fig. 1-3 ; PESTA
1918, 234, fig. 71 ; Nonns 1936, 131, fig. 107 et 109. Pagurus angulalus
Risso 1816, 58, Pl. I, fig. 8. Eupagurus angulalus MILNE-EDwARDs et
Bouv1ER 1894 a, 76.

134 mâcarooss Mancuizuns
Dents latérales du front plutôt fortes. Pédoncules oculaires plus courts
que les pédoncules de al et de az, rétrécis au milieu, dilatés au sommet,
l’écaille antennaire atteignant l’extrémité des yeux. Carène médiane de la
pince droite parfois granuleuse, celle de la pince gauche toujours unie et
tranchante. Pattes 2 et 3 avec quelques poils au bord supérieur, ce bord
denté au mérus et au carpe, le doigt plus pileux, arqué, aussi long que le
carpe et le propode réunis. Tonalité plus ou moins couleur chair. — La
longueur de la carapace peut dépasser 20 mm.
Cette espèce n’est mentionnée ni par BALss (1926), ni par Samara (1921),
mais elle est commune dns le golfe de Gascogne, en Méditerranée au moins
jusqu’en Grèce et, dans l’Atlantique, au large de la Mauritanie, peut—être
même, d’après M1E.ns(l881), jusqu’au Sénégal. Elle ne semble pas remonter
au-dessus de 10 mètres, mais peut descendre jusqu’à 400.
Sa variété IHBUCUIOSUS (Pagurus meticulosus Roux 1829, P1. XLII._Eupa-
gurus meticulosus HELLER 1863, 167) s’en distingue par les traits suivants :
pince droite moins profondément excavée, avec ses carènes médiocres, ob-
tuses et munies de granules comme les excavations et comme la carène mé-
diane de la pince gauche où le bord inférieur est peu étalé et peu tranchant.
Cette variété passe par tous les degrés à l’espèce typique et beaucoup d’au—
teurs la confondent avec elle. On l’a confondue aussi avec l’espèce suivante.
Gnouriaz II
(Espèces dont les mâles sont dépourvus de pléopodes sur le 28 somite).
4. Eupagurus variabilis l\rlILNE—EDWARDS et BoUv. (fig. 91) —-M1LNE—
EnwARDs et Bouvina 1892, 217 et 1900,230, Pl. XXVI, fig. 4-12; PEsTA
1918, 237, fig. 72 ; SELBIE 1921, 36, Pl. IV, fig. 4 et 5, Pl. V, fig. 1-3 ;
BALSS 1926, 32; MoNoD 1932, 28 ; NoBRE 1936, 122. Pagurus iricarinaius
NORLIAN 1869, 264.
Voisin de la variété meliculosus de l’espèce précédente ; s’en distingue
nettement par l’absence complète du pléopode 2 chez le 3 et le grand
prolongement spiniforme antéro-externe du 29 article des pédoncules de
az, prolongement qui atteint ou dépasse la base du dernier article ; le
chélipède gauche est dépourvu de toute excavation au voisinage de la
carène médiane qui est peu saillante ; la pince droite, sur sa face interne
au voisinage du bord supérieur, présente une ligne de granules ou de
denticules séparée de ce bord par une surface unie, alors que dans meli-
~ culosus la même face est unie, granuleuse ou tuberculeuse jusqu’au bord.
—- Longueur maximum du céphalothorax, 19mm. Diamètre des œufs 0,6 à
0,8 mm.
La tonalité doit ressembler beaucoup àcelle d’eœcavatus. L’espèce recher-
che davantage les profondeurs, mais se tient surtout entre 500 et 1.000
mètres, encore qu’elle remonte parfois jusqu’à 140 et descende jusqu’à 1560.
Sous le nom de lricarinaius elle fut signalée aux Shetlands par Noruvnm
(1869) et par Sims (1885) au large de Drontheim ; elle est commune au large

Euraouiws 135
de l‘Irlande; depuis le golfe de Gascogne s’étend vers le Sud aux Canaries
et aux parages du cap Blanc, à l’est dans la Méditerranée au moins jusqu’à
l’Adriatîque. Comme le montre nettement SELBIE (1921, 38) on ne saurait
douter que variabilis ne diffère en rien de tricarinatus, encore que Non-
MAN et Sxns aient identifié leur espèce avec meticulosus, mais le nom de
tricarinatus, quoique retenu par HANsEN (1908), avait été attribué des 1858,
par S·r1M1>soN, à une espèce japonaise.
,  È,g._
,  î·:^»·j.
  . ` SÃ?  
I"\ ;· A , 0: gl'; A
hiiiîlin ·~`:^ · M 
,.·; ii · ·•`. ," AA A
‘§l? ,"··f' È `· à à »^ ' 
|‘ AA A /\ 4 î
I us (MJ ^ A Ã
Us',. :~.‘·‘^,':i NM
IA 'u• A A ÀA
 : . '·  
e ¥Y~§ )i*«'.^°A^:A
' `~'^îî 
B A y. HA` `
Flo. 91. --· Eupagurus vuriabilis ; extrémité des chèlipèdes : face dorsale, A, du chéli-
pède droit, B, du gauche (d’après Bouvxen, 1896 I1).
5. Eupagurus bemhatdus L. (fig. 92 et Pl. IV, fig. 3 à 6) ; Cancer bern-
hardus L1NN1â, 1758, 631. Aslacus bernhardus PENNANT 1777, IV, 30, P1.
XVIII ;Pagurus bernhardus Fxnmcius 1781, 506 ; BELL 1853, 171 et ·
fig. Eupagurus bernhardus M1LNE—EDWARDS et Bouvmn 1900, 240 ;
S1aLB1E 1921, 15. Pl. I, fig. 1-11 ; BALSS l926,32;SCHELLENBERG 1928,90,
fig. 69 et 70. Pagurus streblonyœ Lmcn 1815, Pl. XXVI, fig. 1-4. Pagurus
ulidiae T1xoM1>soN, 1843, 267. Pagurus acadianus BENEDICT 1901, 454.
(Test le Bernard-l’Ermite commun. La saillie rostrale, au lieu d’être
basse et obtuse comme dans les formes précédentes, devient un triangle
plus proéminent que les dents latérales. Les pédoncules oculaires, à peine
dilatés au sommet, dépassent un peu la base du dernier article de ai et
sont longuement dépassés par les pédoncules de a“ ; ceux-ci, au bout dis-
tal de leur 28 article, présentent une dent du côté interne et umprolon-
gement externe qui atteint à peinela base du 4** article, l’écaille se termine
vers le milieu du 5€; le fouet, assez fort, égale deux fois la longueur de la
carapace. Pince gauche plus étroite et bien plus triangulaire que Ia droite.
parfois avec une rangée longitudinale de granules plus forts sur sa face
supérieure. Les pattes 2 et 3 un peu plus développées à droite qu’à gauche,
leur carpe denté au bord supérieur, leur propode, sur ce bord, avec des

136 nscaromas MAncnnuns
tubercules en rangées irrégulières ; le doigt très caractéristique, plus
long que le propode, comprimé latéralement avec cannelures et rangées
longitudinales de courtes épines obtuses, il est presque aussi large à la
base qu’au sommet,assez fortement tordu avecunegriffe obtuse
sur le bout distal qui est largement obtus, ce doigt armé de spi-
nules au bordinférieur. P‘ nettement subchéliforme, la pince de p5 étroite
et à doigts fort courts. Tonalité rougeâtre. — Longueur moyenne de la
carapace 15 à 20 mm., elle peut atteindre 35 mm.
egg î
.;Q”2 _•«_fï;
sr? a:=-
    @2
§^.§3 .j5.‘;'5j*  
   "“«      ---·  
  ··‘·¢: :Ô:;:  o., È"`
?'·Ã'l·:·`Q‘.§ :9:1:   K 5*/ 1
"îî'¤;î¤ï:*ë l là »îë='§A- ·mI/1
mâfâ, té il . `
Ej`«§_«,~·ê,|\·É:~·î   I \ ‘/TZQS/72
‘·»·g\·^:: Q ,4] mx/—ia
I`: F A q
·. · ^ .^ C" ê?  *
«· l` n AF AA"
I A ·· A/‘ · ' x`
. ^ ~\ ^
s A A ^ "/Il à \
Fm. 92: - Eupagurus bernhardus : carpe FIG_ 92 bi8_ __ Métazûé d·Eupagw.us be',
et pince du côté droit, face dorsale nhardus (dfaprès SARS jggg)_
(d’après Bouvmn, 1896 b). '
Espèce répandue au Nord depuis la mer de Murman et le sud de l’Islande
jusqu’à Long-Island, aux Etats—Unis (acadianus) ; s’étend au sud jusque dans
la Méditerranée où elle est plutôt rare et a été souvent confondue avec la
suivante ; abonde sur nos côtes atlantiques, dans la Manche, la mer du Nord et
les détroits du Danemark, autour des îles Britanniques; se tient à de faibles
profondeurs et ses jeunes sont communs à la côte. Aux Etats-Unis, d’après
Bsmnnxcr, elle peut descendre jusqu’à 265 brasses. Elle se loge dans toutes
sortes de coquilles, mais semble préférer le Buccinum undalum. Ses coquilles
portent fréquemment d’autres organismes marins qui s’y fixent, et parfois
deviennent commensaux du Pagure ; ainsi en est·il des colonies d’Hydrac-
tinia echinata ou de la grosse Anémone de mer Sagarlia parasitica; ces
Polypes protègent le Pagure avec les fils urticants de leurs nématocystes
et profitent des menus reliefs du festin quand il dévore ses victimes. Essen-
tiellement carnassîer comme tous les Eupaguriens, notre Bernard—l’Ermite
vit en parfaite intelligence avec la Q d’une Annélide, Nereis fucata, qui se
loge à côté de lui dans la coquille, et en fait surgir sa partie antérieure pour
participer au repas de son hôte. Il s’agit ici d’une association tres singu-

EUPAGURUS 137
lière dont on voit bien le profit pour la Nereis, mais dont le Pagure doit sû-
rement profiter aussi car il respecte son commensal alors qu‘il fait sa proie
des autres Annélides.
6. Eupagurus Prideauxi Laixcrx (fig. 93) ; Pagurus Prideauœi Liman
1815 b, Pl. XXVI,fig.5 et 6;_Pagur·us Prideauxii BELL 1853,175 et fig.;
HELLER 1863, 61, Pl. V, fig. 1-8. Eupagurus Prideauzi MILNE-EDWAHDS
et Bouvran 1900, 241 ; Pnsm 1918, 239, fig. 73; Nomw 1936, 137, fig. 110
et 114. E. Prideauxii SELBIE 1921, 34, Pl. II, fig. 1-3 ; BALSS 1926, 33.
C’est le Pagurus Berhnardus de Rrsso (1816) et de CosTA (1936), le Pagurus
solilarius de Rrsso (1826).
  '
xi   (
  :·ul}î'  '.
. 1 1 C
  , ( 11) il | 3
, ::9 | l '  
'   ` 1 l li , /
  1 1 '1  ’
  i E I   , 
  \ ` i l '
   I ll 1) 1:
  1 ll | (/l'
  1 I ( I
1 5—î1.§?iz·¥· ( 1 |
‘Ãi‘·?3ïf·`$ `·` i' i 1·
··ï;è·!2;;§` · '1
—é:·iA?~·.·.
P=‘==—.2i·? W   1
Fm. 93. —- Eupagurus Prideauzi : carpe F10. 94.- Eupagurus anachoretus: extré-
et pince du côté droit, face dorsale mité du chélipède droit, face dorsale
(d’après Bouvum, 1896 b). (d’après Bouvrsn, 1986 b).
Très voisin du précédent avec lequel il a été parfois confondu, Prideauœi
en diffère par bon nombre de traits outre ceux indiqués au tableau 2 saillie
rostrale obtuse, plus basse que les dents latérales ; pédoncules antennaires
atteignant presque l’extrémité des pédoncules de a’, bien dilatés dans la
région cornéenne ; écaille antennaire atteignant à peine la cornée ; pince
gauche semblable à la droite, mais plus réduite, doigts de p“ et de p° pro-
gressivement rétrécis dela base à la griffe terminale, sans torsion, mais
avec une crête saillante sur les côtés, d’ailleurs sans épines. Tonalité brun
rougeâtre, ordinairement avec ton violet sur la face interne des chéli-

_ 138 ¤ÉcAronEs Maacmauas
pèdes et en large bande transversale sur pzet p‘*. —— Longueur de la cara-
pace 8-12 mm. Diamètre des œufs 0.7 mm. A l’état frais et embryonnés
ces œufs de 0,65 mm. et de couleur vermillon (Ch. PÉREz.)
Essentiellement méditerranéenne, se répand au Sud jusqu’aux îles du
Cap-Vert, à I’ouest jusqu’aux Canaries; au Nord depuis lesdétroits du Dane-
mark jusqu’a Hardanger en Norvège et jusqu‘aux Shetlands, partout d’au-
tant plus riche en individus que diminuent les représentants de bernhardus.
Se tient surtout entre 20 et 50 metres, mais peut, d’après Saas, atteindre
150 brasses. Une belle Actinie, l’Adamsia palliata, est souvent fixée sur sa
coquille.
7. Eupagurus anachoretus Risso (fig. 94) ; Pagurus anachoreius Risso
1826, 41. Eupagurus anachorelus HELLER 1863, 167, pl. V, fig. 12 ; Bou-
vmn 1890, 120 ; PESTA 1918, 229, fig. 69 ; Noam; 1936, 138, fig. 117 :Pagu—
rus piclus H. MILNE-EDWARDS 1837, 220. Pagurus annulicornis COSTA
1836, VIII, Pl. II, fig, 3.
Front avec ses trois saillies obtuses et subégales. Pédoncules oculaires
cylindriques, atteignant presque les extrémités des pédoncules de a1, de az
et de l’écaille antennaire ; celle—ci infléchie en S, le fouet à peu près de
la longueur du corps. Carpe des chélipèdes avec une série de fortes dents
sur son bord interne et quelques denticules au bord antérieur ; doigt de
la pince gauche aussi long que la région palmaire. Pattes 2 et 3 plus lon-
gues que les chélipèdes, presque inermes, garnies de longs poils épars,
leur doigt peu arqué, teminé par une forte griffe, armé de spinules au bord
inférieur et à peu près aussi long que le propode. Tonalité générale jaune
pâle, joliment agrémentée de lignes longitudinales, les unes brun rouge,
les autres bleues ; le rouge domine sur les pinces et forme des anneaux à la
base des pédoncules oculaires, des antennules et sur les fouets antennaires.
—— Longueur du céphalothorax 10 mm. Diamètre des œufs 0,6.
Espèce méditerranéenne qui se répand dans l’Atlantique jusqu’au Portu-
gal. Se tient dans les fonds voisins du littoral mais peut descendre jusqu’à
100 mètres.
8. Eupagurus cameus Poc. (fig. 96) ; Pococx 1889, 428 et fig. ; M1LNE—
Enwanns et Bouvmn 1900, 252, Pl. XXVII, fig. 6-10 et Pl. XXVIII,
fig. 17-18; SELBIE 1921, 23, pl. III, fig. 1-8.
Rostre en triangle aigu plus saillant que les dents latérales. Pédoncules
oculaires assez forts, un peu dilatés au niveau de l cornée, dépassant à
peine la base du dernier et long article des pédoncules de al et de az, leur
écaille longue, excavée en dessus, ovalo-triangulaire ; le 26 article des pé-
doncules de az avec un fort prolongement antéro-externe qui atteint pres-
que la base de·l’article 5, lequel dépasse un peu l’écaille qui est grêle et
sigmoïde. Pince droite de largeur variable, d’ordinaire avec une petite
saillie longitudinale près du bord interne ; chélipède gauche beaucoup

Eumounus 139
plus étroit et plus court, le dessus du carpe avec deux rangées longi-
tudinales de dents, la pince triangulaire avec une carène qui se pro-
longe jusqu’au bout du pouce, lequel est beaucoup plus allongé que la
portion palmaire. Pattes 2 et 3 plus longues à droite qu’à gauche, bien
qu‘elles atteignent à peine l’extrémité du grand chélipède ; très compri-
mées latéralement, denticulées au bord supérieur du carpe et du propode,
elles se terminent par un doigt épais, arqué, légèrement tordu, orné de
._ · ‘/,
i `   [ inf
· ll- I- • · l
·   i .   , ’ /1
_' ‘· .;,   ill ·* «/
"-1   · ·_~.` illl a H
·—¢,=g···' ·· · (ll Ml
    ‘u.·^"~
'   ' Z C L ii ll
1 ‘ ·=l
‘ ÷·Ã':` li
/ ' fll I
75 \
B
A
Fm. 95. ·- Eupagurus carneus: extrémité Fm. 96. —· Eupagurus rubcr : extrémité
du chélipède droit, face dorsale, A indi- de chélîpède droit, face dorsale (Bou-
viduà pince large, B à ince étroite vma, 1896 b).
(d’après Bouvian, 1896 bï
quelques soies raides et courtes, avec sa griffe un peu moins long que les
deux articles précédents réunis ; p' légèrement subchéliforme avec une
simple rangée d’écailles au bord du propode. Tonalité dans l’alcool, blanc
jaunâtre vaguement teinté de rose, notamment sur les appendices. -
Longueur maximum de la carapace 15 à 16 mm. ; du chélipède droit dans
un 3 de 13,5 à 46 mm., du chélipède gauche 30 mm. Diamètre des œufs,
0,65 mm.
Uespèce parait localisée dans 1’At1antique oriental entre l’ouest de l’Ir-
lande et le cap Bojador, peut-être même les îles du Cap-Vert. Elle se tient
plutôt dans les profondeurs, depuis 106 mètres (Cadix) jusqu’à 1614 m.
(Gijon).
9.Eupagu1·us Chev1·euxiBouv. (fig. 97);Bouv1En 1896 a, 1896b 151, fig.
25-27.
Front assez semblable à celui de carneus ; pédoncules oculaires légère-
ment rétrécis au milieu et n'atteignant pas tout à fait l’extrémité distale
des pédoncules de a“ et de al qui sont courts et subégaux ; écaille anten-

140 niâclxronias Mxacmauas
naire atteignant à peine la cornée. Chélipède droit décrit et figuré au tableau
(p. 131), le gauche avec deux rangées de denticules surle carpe et une ran-
gée semblable sur la pince ; pattes 2 et 3 avec le doigt peu arqué, aussi
long que le propode, spinuleux sur son bord inférieur. Tonalité orangé, en
taches sur la carapace, plus uniforme sur les pattes. -— Longueur de la
carapace 4 à 5 mm.
Capturé à la nasse, 12 mètres de profondeur, par le regretté Cnavanox,
pres de l’île Rousse, en Corse. D’après Ch. Pémzz a été retrouvé a Ville-
franche—sur-Mer.
Aux espèces précédentes s’ajouteront peut-être dans la suite l’E. Dubescens
KRGYER 1838, ainsi que les E. pubescentulus et ruber MILNE-ED\VARDS et
Bouvnan 1892. La première est une espèce arctique qui s’étend au moins
du Groënland au Spitzberg dans le Nord, jusquà l’ouest de 1’Irlande et aux
détroits danois dans le Sud ; son bord frontal(voir Sxztam 1921, 29, Pl. II,
\"     fr
il rw. _ - M
  (W (Aa; \\\.jW
È" À!. rf îîîfil  \ ·`
É ""' S :§ ·Q'\;|O••\, \\ Q
  —
Fm. 97. — Eupagurus Chcvreuzvi : A front et appendices cépl aliques ; B extrémité du
L chélipède droit vu obliquement en dedans et C vue en dessus (Bom ien, 1+96 b.)
fig. 4-7) est semblable ii celui de bernhardus, mais les; pédoncules oculaires
atteignent le milieu du dernier article des pédoncules de al et de ag, le carpe
du grand chélipede est au moins aussi long et un peu plus large que la pince,
couvert comme celle-ei, du côté dorsal, par de nombreux tubercules portant
chacun une touffe de soies ; touffes qui se retrouvent sur p2 et pa où le dac-
tyle, sans torsion, et à peu près de la longueur du propode, s’atténue régu-
lièrement de la base a la pointe. Elle habite entre 4 e, 1.100 mètres. La se-
conde, pubescentulus (1900, 248, Pl. XXVI, fig. 26-3 etXXVI1, fig, 13, 14)
au contraire, est une espece mauritanienne qui tient de variabilis par son
front, ses appendices frontaux (Pl. IV, fig. 11) et ses pattes 2 et 3, mais qui
en diffère par la pince droite qui est recouverte C11 dessus de granula-
tions presque spinuleuses non sériées, que sépare un fond lisse garni de poils
courts ; elle fut trouvée par des fonds compris entre 115 et 350 mètres, de-
puis le cap Bojador jusqu’au Sénégal. ——— Quant à ’E. ruber iMILNE-ED-
WARDS et Bouvier: (1900, 358, Pl. XXVII, fig. 1-5) il se rapproche aussi de

NEMATOPAGURUS 141
variabilis dont il se distingue par ses pédoncules oculaires cylindriques,
l’écail1e antennaire qui n’atteint pas le milieu du dernier article du pédon-
cule de al, par sa pince droite sans excavation en dehors de la carène mé-
diane (fig. 96), par la pince gauche qui présente quelques dents sur son bord
externe, enfin par le doigt des pattes 2 et 3 (P1. IV, fig. 10) qui est fortement
arqué et presque aussi long que les deux articles précédents réunis. Cette
petite espèce, de couleur rouge, fut trouvée dans le golfe de Gascogne par
1.107 mètres.
G. NEMATOPAGURUS Ebw. et Bouv. 1892.
Caractères des Eupagurus, mais le 5* présente, outre ses tubes sexuels,
un pléopode gauche sur les segments 3 à 5 ; la Q porte une paire de pléo-
podes grêles sur le 1** sternite abdominal et un pléopode gauche sur les
segments 2 à 5. Type phyllobranche, comme dans les Eupagurus. Se rap-
proche plus encore des Pylopagurus à cause des pléopodes pairs du l" seg-
ment abdominal.
Genre sublittoral où ALCOCK relève cinq espèces indiennes et la suivante
qui est propre à nos régions.
\Ã /·,, `
\\l » /
\ \ \ _ _ _r ,_, I
` "   ·.»` Ã \   Il
\  Il I   ~' " *-1*;}  /
i .  1
P L ‘~»
  _ " W
Fm. 98. —- NcmalopagurpâiagalrëgiîâwgràëlÉnifiiiàrèfé   appendices céphaliques
Nematopagurus longieomis M1x.NE-Emv. et Bouv. (fig. 84 et 98) ; Imma-
Emvrmns et Bouvmn 1892, 210 et 1900, 201, Pl. XXIV, fig. 19-16 ; SEL-
uirs 1921, 53, P1. VI, fig. 1-5 ; FENIZIA 1937, 37, fig. 27.
Saillie frontale large et arrondie,un peu plus proéminente que les dents
latérales, d’ailleurs obtuses et réduites. Pédoncules oculaires un peu plus
courts que le bord frontal, nettement dilatés dans la région cornéenne qui
n’atteint pas tout à fait l’extrémité des pédoncules de al et de a“ ; ces der-
niers avec le 2*% article fortement prolongé en pointe à son angle antéro-

142 nâcaronias MAacr1EURs
-externe, leur écaille grêle atteint Pextrémité du pédoncule. Chélipèdes mu-
nis de longs poils en touffes transversales sur le mérus, aux bords du carpe,
plus courts aux bords des pinces, rares sur ces dernières ; carpe avec deux
rangées longitudinales de denticules serrés qui se retrouvent réduits au
bord interne du propode, à la base de ce dernier une petite crête lon-
gitudinale ; le chélipède droit avec une pince ovale dont les doigts sont
plus courts que la palme, le gauche un peu plus court avec une pince trian-
gulaire dont les doigts sont un peu plus longs que celle—ci ; dans les deux
pinces le bout des doigts est légèrement corné. Les pattes 2 et 3 sont gar-
nies de poils sur les bords du mérus, du carpe et du propode, elles dépassent
les chélipèdes ; leur doigt, arqué et terminé par une forte griffe, est aussi
long que les deux articles précédents réunis dans p2, un peu moins dans
pa qui est d’ailleurs plus court. Lobes terminaux du uelson presque symé-
triques, armés de denticules sur leurs bords. Tonalité allant du blanc au
jaune rose avec lignes rougeâtres longitudinales sur p2 et ps, transversales
sur le mérus de pl. — Longueur du céphalothorax, 6-7 mm. Diamètre
des œufs 0,35 a 0,5 mm.
Connu depuis le sud—ouest de l’Irlande jusqu’aux Açores et îles du Cap-
Vert dans 1‘Atlantique ; capturé aussi en Méditerranée près de Toulon et,
tout récemment, par FENIZIA, dansle golfe de Naples. Se tient de 98 à 800
metres.
G. CATAPAGUROIDES Enw. et BoUv. 1892.
Tous les caractères des Nematopagurus, mais pas de pléopodes sur le 19*
segment abdominal chez la Q ; chez le 3, le tube sexuel droit en large
sabre recourbé de droite à gauche sous l’abdomen.
Ce genre est représenté par les trois espèces suivantes, toutes localisées
dans l’Atlantique oriental ou son annexe méditerraneenne.
TABLEAU DEs Esi-Ècss.
1. Piostre triangulaire, aigu comme les dents latérales mais plus saillant.
Chélipède droit avec le bord antéro-externe du ca·pe formant avec le
bord inféro-externe un angle très saillant, d’ordinaire dentiforme à son
extrémité. Pédoncules oculaires subcylindriques à peu près aussi longs
que les pédoncules de al et de az ............... timldus, p. 143.
— Rostre large, bas et convexe, saillant àpeu près comme les dents laté-
rales. Carpe du chélipède droit normal sans saillie antéro-externe. 2.
2. Pédoncules oculaires dilatés en avant, presque au ssi longs que les pé-
doncules de al et de a2 ....................... megalops, p. 143.
— Pédoncules oculaires rétrécis à leur bout cornéen, fort courts, attei-
gnant à peine la base du 28 article des pédoncules de al et la base
de l’écaille de az. ............................. microps, p. 143.

cxraraounoinzs 143
La première seule de ces espèces rentre exactement dans notre cadre,
mais les deux autres méritent d’être signalées, car des recherches ulté-
rieures les yferont peut-être rattacher quelque jour : megalops, en effet, a été
capturé par 360 mètres aux Açores et par 636 mètres au large du Maroc
septentrional entre le cap Sparte] et le cap Mazaghan ; microps a une dis-
tribution semblable, et d’ailleurs plus étendue, car il remonte au Nord jus-
qu’au cap Finisterre d’Espagne, mais c’est une espèce plus franchement
abyssale qui ne remonte pas au·dessus de 960 mètres et atteint 2.200 mètres.
Catapaguroides timidus Roux (P1. IV, fig. 12 et 13) ; Pagurus limidus
Roux 1828, Pl. XXIV, fig. 6-9 ; H. l\111.1~11s-Enwnnns 1837, 221. Eupagurus
limidus HELLER 1863, 165, Pl. V, fig. 11 QBOUVIER 1896, 149 et 155, fig. 12
et -19. Calapaguroides limidus Bouvuan 1900, 368 ; Pnsra 1918, 248, fig. 76.
Calapaguroidcs acutifrons MILNE-EDWARDS et Bouvmn 1900, 212, Pl.
XXV, fig. 6-11.
\  _ ~¢ -
\ \ J I O
\    v.\·, /
N` Q '/ï’
Fm. 99. — Cdiupaguraides microps : front et a pendices céphaliques
(d’aprèsB0Uv1En, 1896 bj).
Pédoncules oculaires légèrement rétrécis avant le sommet qui est
peu ou pas dilaté, ils dépassent d’ordinaire un peu l’écai11e antennaire.
Carpe du chélipède droit avec deux rangées longitudinales de tubercules
ou dents aiguës à son bord supéro—interne, d’ordinaire des saillies sem-
blables en dessus, toujours sériées et plus fortes sur la face dorsale de la
pince; celle-ci ovale avec le bord interne presque droit et le bord externe
convexe, denticulé, le doigt mobile à peu près aussi long que la portion
palmaire et armé de deux fortes dents sur son bord interne en contact
avec le pouce. Chélipède gauche à peine plus court, son mérus armé d’une
série de fortes dents sur son bord inférieur, son carpe un peu renflé en des-
sous et en avant, avec au moins une série longitudinale de denticules en

144 oàcaronss Mancnsuas
dessus ; sa pince triangulaire avec une série semblable sur la portion pal-
maire, les doigts bien plus longs que celle-ci, sur leur bord interne armés
d’un peigne de spinules chitineuses. Pattes 2 et 3 à peu près inermes, leur
doigt fort, peu arqué, avec sa griffe terminale sensiblement de la longueur
du propode ; ce dernier article, danslespattes 4, peu saillant contre le doigt
et muni d’une simple rangée d’écailles. Les deux lobes terminaux du tel-
son presque symétriques. Tonalité très variable zles nombreux exemplaires
capturés à Oran étaient les uns brunâtres les autres orangés, en taches ou
en points sur les pinces, avec raie longitudinale sur la face externe de p2 à
p°, parfois rie longitudinale sur les pédoncules oculaires. —— Longueur de
la carapace 4 à 5 mm. Diamètre des œufs 0,4 à 0,5 mm.
Connu dans l’Atlantique à Roscoff et aux Canaries, peut-être jusqu’à
1’Angola (ODHNER 1923), dans la Méditerranée occidentale jusqu’à l’Adria-
tique. Depuis les faibles profondeurs du littoral jusqu‘à 1.200 mètres.
L’espèce parait très variable. D’après les récoltes effectuées dans le golfe
de Naples, par 40 mètres environ de profondeur, FENIZIA en 1935 et en 1937
crut pouvoir distinguer dans les riches matériaux qu’il avait sous les yeux
4 espèces différentes : iimidus Roux, crassipes FEPIZIA 1935, acanihades
Fmuzm 1935 et macrochirus Fnmzm 1937, comportant presque toutes une
ou deux variétés. Les caractères invoqués par l’auteuz· sont tous relatifs à des
traits essentiellement variables (longueur relative des appendices frontaux,
des doigts et de la portion palmaire de la pince droite, rapports des deux
dimensions de cette dernière, sériation des tubercules dorsaux du carpe).
Ces différentes formes sont réunies par Fnmzm en un tableau synoptique
(1937, p. 20) auquel il sufllt de renvoyer le lecteur. (le sont, semble-t-il, de
simples formes, qui, par tous leurs caracteres essentiels, se rattachent à
l’espèce de Roux.
G. ANAPAGURUS HENDEP.soN 1888.
Abstraction faite du tube sexuel mâle qui est unique et situé à gauche
(fig. 100), présente tous les caractères essentiels des deux genres précé-
dents. Se rapproche des Spiropagurus qui en diffèrent par leur tube sexuel
non plus simplement arqué mais spiraliforme, parla fouet de l’exop0dite de
mœpl, non plus simple, mais divisé en articles, enfin par leurs lamelles bran-
chiales quadrifides et voisines de celles des Parapc gurus. Il faut observer
toutefois des passages entre les deux genres: le tube sexuel courbe de cer-
tains Anapagurus présentant parfois un commencement de spire et une
courte bifurcation s’0bservant au bout de chaque lamelle branchiale. Les
Anapagurus et les Catapaguroides représentent dans nos mers les Campa-
gurus de l’Atlantique occidental, mais les mâles de ces derniers portent
leur tube sexuel courbe sur la patte droite et présentent encore un plé0·
pode sur le 2* segment abdominal. D’ailleurs, très voisins des Catapagw
roides, les Anapagurus different de timidus par leur saillie rostrale largement
obtuse et par leur chélipède gauche qui est beaucoup plus réduit que le droit.
On connaît deux espèces d’Anapagurus aux Antilles, les10 autres sont
propres à l’Atlantique oriental, à Vexception d’ure seule qui appartient

.wM>Acunus 145
à l’Australie. Voici le tableau synoptique des 7 espèces représentées dans
nos mers :
TABLEAU DES EsPÈcEs.
1. Anneau oculaire armé dorsalement de deux lamelles chitineuses si-
tuées entre les écailles ophthalmiques (fig. 106). Une énorme saillie gra-
nuleuse sur la face inférieure du mérus dans le chélipède gauche du <3‘.
........................................... bicomiger, p. 152.
— Anneau oculaire inerme, pas de saillie sexuelle au mérus du chélipède
gauche chez le <3‘ ........................................... 2
2. Les pédoncules oculaires atteignent ou dépassent la base du 3e article
des pédoncules de al, cet article est plus court vt à peine aussi long que
les deux précédents réunis .................................. 3
- Les pédoncules oculaires sont bien loin d’atteindre la base du 36
article de al, ces pédoncules très longs et leur 3** article un peu plus long
que les deux précédents réunis (fig. 105) ....... Hyndmanni, p. 151.
3. Sur la face supérieure de la pince droite, près du carpe, un tubercule
ou une courte saillie .......................................... 4
— Ni tubercule ni saillie sur la face supérieure de la pince droite, qui est
à peine plus longue que le carpe (fig. 103). .. curvidactylus, p. 149.
4. Carpe du chélipède droit presque aussi long que la pince ...... . 5
——- Carpe du chélipède droit beaucoup plus court que la pince (fig. 104).
............. . ........................ . . brevicarpus, p. 150.
  Espèce peu pileuse ........................................ 6
— Espèce abondamment couverte de longs poils (fig. 102) ............
....................................... chiroacanthus, p. 148.
6. L’écail1e antennaire atteint la cornée qui est fortement dilatée (fig.
100 bis) .................................... laevis, p. 145.
— L’écaille antennaire est loin d’atteindre la cornée qui est peu dilatée
(fig. 101) ............................... breviaculeatus, p. 147.
A ces 7 espèces il faudra peut-être ajouter le Pagurus Forbesii BELL
(1853,186 et fig.) que Sans (1889,161) range parmi les Spir0pagurus.(les
derniers ne sont pas connus dans l’Atlantique au Nord des Canaries et
l’espèce de BELL, qui semble être fort rare, n’a pas été trouvée en dehors
des Iles Britanniques et de la Norvège où elle se tient dans la zone sub-
littorale, comme les Anapagurus. D’après la figure de BELL, on la distin-
guera des espèces précédentes à sa pince droite qui est très granuleuse et
fortement dentée sur les deux bords.
1. Anapagllrus laevis THOMPSON (fig. 100 bis, 107A) ;Pagurus laevis TrxoMP-
son 1843, 267 ; BELL 1853, 184 et fig,. Anapagurus laevis MILNE·ED-
aouvxizn 16

146 DÉcAPoD1as Mzxacnnuns
wsnns et Bouvusa 1894 a, 72, Pl. XI, fig. 16-28 et 1900,217, Pl. XXVIII,
fig. 9 et 10 ; PESTA 1918, 245, fig. 75 ; SELBIE 1921, 44, Pl. VII, fig. 7-9
et Pl. VIII, fig. 1-3 ; BALSS 1926, 33, fig. 12 ; SCHELLENBERG 1928, 95,
fig. 73 ; FENIZIA 1937, 22, fig. 15 et 16.
Pédoncules oculaires épais, surtout au niveau de la cornée qui est at-
teinte par l’écaille et atteint elle-même à
;.}_;;. peu près le milieu du dernier article des
0/·o"  ·j_ pédcneules de aa. Chélipèdes finement gra-
' nuleux, le droit remarquablement long et
fg fort, surtout chez le 3, sa pince inerme, à
.' bord interne presque droit, l’externe con-
  vexe mais légèrement rentrante vers le
  \ .· . .
vw ï milieu de sorte que la plus grande largeur
" de la pince est située un peu en arrière de
Fm tn0_ __ Fnac ventrate de la l’art1culat1on du doigt ; une fine ligne de
partie postérieure du thorax et granuleS uI1 peu plus forts près du bord
de l origine de Fabdomen avec · .
la base de ps montrant t·tn.tnœ externe ; doigts legerement plus courts que
mâle droit et le tube sexuel ' ‘ ·
gauche lg dans un Amzpagurus 1,3 pF’“‘°“. palmailœ ’ Carpe un Pell plus
(croquis d’après nature), etroit ma1s aussi long que celle-c1, son
· l .' L
. \ - ' / ,
X · _ I ·; Y
É ». J     Éëv
· «:       _—..   '  ï »; 
*;;,;.»»· ·   · Q · ~É?··
/ É   · îîjjëîëër
¤ I 'âî ,·m ·_,-TÈ;
9 É   — t, _t.zç—ît
Y     .
A 5   };.îëgg<>2§ .1;
‘···=ïf>§i ··—. Z;.
:,5f:R;É.·‘; Il
 ·_)=È W
·, pr  
Fxc. 100 bis. -—- Anapagurus laevis: A, front et appendices céphaliques; B, extrémité
du chélipède droit (d’après Bouvnan, 1890 b).
bord interne arrondi avec une rangée de dents. Ciiélipède gauche court
et étroit, son carpe muni dorsalement de deux rangées de denticules, la
pince à peu près de même longueur, subtriangulaire, occupée pour les deux`

ANArAGUnUs 147
tiers au moins par les doigts, et présentant à la base de sa face dorsale
une grosse saillie tuberculeuse, réplique de celle de la pince droite. Pattes
2 et 3 plus longues que le grand chélipède, comprimées latéralement, leur
carpe denticulé au bord supérieur, leur doigt plus long que le propode.
Telson avec une échancrure terminale triangulaire à bords dentés qui
le divise en deux lobes presque symétriques (fig. 107, A). Tonalité
blanchâtre. —- Longueur de la carapace 4-6 mm., parfois 8. Diamètre des
œufs 0,5 mm.
Espèce répandue depuis les Shetlands et la Norvège jusqu’au Sénégal
et commune aussi en Méditerranée au moins jusqu'à l‘Adriatique ; se tient
depuis 20 métres jusqu‘à 550 de profondeur. L'écaille ophthalmique de cette
espèce est assez variable ; d’ordinaire elle a la forme d’un triangle à bord
convexe dont la pointe obtuse est armée en dessous d’une petite épine, d’ai1-
leurs les chélipèdes sont fort inégaux ; dans un 6 capturé à Cadix par le
« Talisman », 1’épine paraît terminale et devient aussi longue que l’écaille,
les chélipèdes étant de même longueur quoique très différents ; c’est le type
d’une forme appelée longispina Enw. et Bouv. (1900). Un exemplaire anor-
mal trouvé par Fnmzm (1937, flg. 16), présente un chélipède droit égal et
semblable au gauche,en outre un tube sexuel a chacun des orifices de p°.
·/.  
l`/gf à  ! g 1*  
  if   ‘~~— \"I  "
  , ,,4 g;à,;§4,.g«.»L
\ ·· s.   I- _
§ Illsll    'E:.  
È. ·$  =€·.: -~·· =;";.· . 
\·:   _¤· ;
\ E ` zvî    
`(Ã ` ..   JEF
Fm. 101. -· Anapagurus breviaculeatus : A, carapace avec les appendices céphallques;
B, chélipède droit, face dorsale (d’après Fzamzm, 1935).
2. Anapagurus breviaculeatus FEM. (fig. 101) ; Famzm 1937, 25, fig.
17-19.
Ressemble tout à fait à laevis, mais les pédoncules oculaires sont plus
courts et moins dilatés dans la région cornéenne; l’écaille antennaire. fort
courte. est loin d’a.tteindre la cornée ; les chélipèdes, quoique très diffé-
rents, sont de longueur à peu près égale. _

148 uÉcAPo¤Es Mancrxuuas
S’agit-il d’une espèce autonome ou d’une variété de laevis ? En tout cas
les types proviennent du golfe des Pouzzoles où ils furent capturés entre 5
et 15 mètres de profondeur.
· 3. Anapagurus chiroacanthus L1LLJ.(fig.102);P’agurus chimacanihus
L1LLJEBonG 1856, 88. Spiropagurus chiroacanihus Sims 1889-90,155. Ana-
pagurus chiroacanlhus BOUVIER 1896 b, 153, fig. 40 et 41 ; SELBIE 1921, 48 ;
BALSS`1926, 33 ; FENIZIA 1937, 29, fig. 20. Pagurus ferrugineus NoaMAN
1861, 273, Pl. XIII, fig. 1-3.
il
É mh,
Il \   
.. » 1 ,,1],1111 /,/
  , / I I [H1 /
 5 \ (11111 ,·l]( 11
~ \     /1
\ ` [ __ Nllllglyp L!/;
· | I1 I ', M
  \`1l11'll/'
\ 1
1 B
A  
11 A
Fxo. 102. —· Anapagurus chiroacanihus : A, front avec ses appendices du côté droit;
B, extrémité du chélipède droit (Bouvmn, 1896 b).
Très voisin également de laevis, mais les pédoncules oculaires sont sub-
cylindriques, presque sans dilatation cornéenne, les doigts de pi, p3 sem-
blent plus longs et plus arqués, enfin de longs poils se dressent nombreux
sur les pattes. La face supérieure de la pince gauche ne semble pas présen-
ter de tubercule basal. —- Longueur de la carapace 4 à 6 mm. Diamètre
des œufs 0,5 mm.
L’espèce paraissait localisée entre les Shetlands, Hardanger, les détroits
danois et l’Ang1eterre ; pourtant elle fut signalée à Guernesey par Hamma-
sou en 1886 et Fnmzix vient d’en faire l’étude d’après des exemplaires du
golfe de Naples. Ces derniers ne paraissent pas différents des individus sep-
tentrionaux ; parmi eux se trouvent : l¤ des spécimer s a pinces plus longues
et plus étroites que Fnmzm regarde comme une varioté qu’il décrit et figure
sous le nom de gracilis (31, fig. 21) ; 20 d’autres plus nombreux où la ligne
de granules située près du bord externe de la pince droite dans laevis devient
particulièrement forte, d’où le nom de cristaius donné à cette variété (32,
fig. 22) remarquable. Le chiroacanthus se tient entre 4 et 40 metres de pro-
fondeur.

ANAPAGURUS · 149
4. Anapagurus curvidactylus Cuava. et Bouv. (fig. 103, 107, B) ; Cas-
vnnux et Bouvmn 1892, 91, Pl. II, fig. 2-8 ; Mrmn-Enwaans et Bouvxxzn
1900, 225.
Saillie rostrale moins avancée que les dents latérales ; pédoncules ocu-
laires courts, beaucoup plus que le bord frontal, assez forts et peu dilatés
dans la région cornéenne qui dépasse notablement l’écaille antennaire.
Chélipèdes encore plus inégaux et dissemblables que dans laevis ; le droit
ol
°  
‘ ‘ ‘ ‘   i -C
N o r  É   C
« \ 4/%  
A   B
c .....
il   W /
uv ),,'ê`î;` »
• iàlwëîèiii
  T Je
A WÉÉY
t y _ x\\ 6/
I E . D
/
Fm. 103. — Anapagurus cw·vidaclylus:A,front et appendices oéphaliques ; B, extrémité
du chéllpède droit; C,pince droite vue obliquement en dehors pour montrer la série c
de denticules du bord externe ; D, extrémité de p• droit face externe ; E, même face
de p' (d’après Bouvmn, 1896 b).
puissant, sa pince ovale plus large que la carapace, finement granuleuse
en dessus, comme dans laevis avec uneligne de denticules au bord externe,
mais sans tubercule basilaire près du carpe ; sa largeur la plus grande un
peu en arrière de Particulation des doigts qui sont à peu près égaux à la
portion palmaire et un peu recourbés en dehors vers leur extré-
mitéoù ilssont croisés (fig. 103,C); lecarpeun peuplus long que la por-

150 DÉCAPODES Mlmcunuas
tion palmaire, en dessus avec des granules et, au bord interne, avec une
rangée irrégulière de nombreux denticules aigus. Chélipède gauche court
. et grêle, avec deux séries longitudinales de faibles spinules sur le carpe,
la pince ovalaire avec les doigtsàpeu près égaux à la portion palmaire.
Pattes 2 et 3 comprimées latéralement, à peu près inermes, leur doigt
canaliculé,à peine plus long que lepropode, peu arqué, à griffe très réduite;
p4 à peine subchéliforme, pf à propode presque aussi large que long.
Telson comme dans la figure 107 B. Tonalité blanche avec bande bru-
ntre à la base et au sommet du propode et à la base du doigt dans pa et
p”. —— Longueur de la carapace d’un 5* type 3 mm., du chélipède droit
12, du chélipède gauche 7 ; dans un exemplaire du golfe de Biscaye l
carapace mesure 5,5 mm. Diamètre des œufs 0,4 mm.
Capturé d’abord à Gorée et à Dakar ; retrouvé ensuite à Barquero dans
le golfe de Biscaye, puis, par MoNoD, dans les parages du cap Blanc (1933).
Se tient entre 8 et 200 mètres.
g #   3   ‘  :ï;2i=.
° i " "   E- l    
`'‘‘ ` ' " I ' *   ’  
    ` ÉU I yi Il L l i"':·:.'.
`  ` ) p V \ " " ï " ·‘i -;':î··S.¤2¢
aü \ X .' L   A L ·_ ENr·;.',·:;:£
\\ . ',·( ’ W Zn; 
A B s 1 ··n» · , È.;5;;—
V I 1 2..::
I
\\ ' Fm. 105. —- Anapagurus
Hyndmanni : extré-
Fm. 104. —- Anapagurus brevicarpus : A, front et appendi· mîtéduchélipède droit
ces céphaliques; B, extrémité du chélipède droit (d’après (d’après Bouvrizn,
Bouvmn, 1896 b). 1896 b).
5. Anapagurus brevicarpus MILNE·EDWARDS et Bouv. (fig. 104, 107, D) ;
MILNE-EDWARDS et Bouvmn 1892, 215 et 1900, 223, Pl. XXV, fig. 23-26
et Pl. XXVIIII, fig. 11 ;MoNoD 1933, 32.
Bord frontal à peu près comme dans les espèces précédentes, pédon·
cules oculaires semblables à ceux de curvidaciylus mais rappelant ceux
de laevis par leurs rapports avec les pédoncules de al et de az, l’écaille an-
tennaire presque aussi longue. Chélipède droit du type de laevis avec les

.xNA1—.munus 151
mêmes granules marginaux et le tubercule basal sur la pince, mais celle-ci
régulièrement ovalaire, sa plus grande largeur correspondant à la base
articulaire du doigt, et sa portion palmaire plus longue que le carpe qui
est remarquablement court et porte seulement quatre denticules ; cliéli-
pède gauche peu différent de celui de laevis, mais la pince plutôt ovalaire
avec les doigts de la longueur du propode ; pattes 2 et3 inermes, avec leur
doigt à peine plus long que le propode. La râpe unisériée de p‘ composée
d’écailles raboteuses assez étroites, très différentes des écailles larges de
laevis. Échancrure du telson (fig. 107, D) comme dans cette dernière es-
pèce.- Longueur de la carapace dans le type Q, 33 mm. Diamètre des
œufs 0,6 à 0,7 mm.
capturé dans le golfe de Biscaye depuis Belle-Isle, au Nord de l’Espagne,
puis au large du Sahara et aux Açores, entre 50 et 250 mètres.
6. Anapagurus Hyndmannî TuoMx>s0N (fig. 104, 107, C) ; Pagurus H ynd-
manni TnoM1>soN 1843, 267 ; BELL 1833, 182 et fig. Anapagurus Ilynd-
manni Heumsnsou 1886, 74 ; Bouvier: 1891, 393 ; SELBIE 1921, -19, Pl.
VIII, fig. 4-7 ;BA1.ss 1926,  
ll? f f
S
F10. 106. — Anapagurus bicornigcr : front et appendices céphaliques, avec la paire
d'écai1les frontales S (d‘après Bouvmn, 1896 b).
Voisin de brevicarpus ; en diffère :10 par le chélipède droit dont le carpe
est presque aussi long que la pince, celle-cid’ail1eurs d’un ovale plus étroit
et sans tubercule basal à la face supérieure ; 2° par le carpe de p° et pf
qui présente quelques dents au bord supérieur; 30 enfin et surtout par les
pédoncules antennulaires dont le dernier article est bien plus long que dans
toute autre espèce du genre. Écailles de la râpe de p‘ comme dans laeuis ;
échancrure postérieure du telson remarquablement profonde (fig. 107,C). —-
Longueur de la carapace 4 à 7 mm. Diamètre des œufs 0,4 à 0,5 mm. A
l’état frais et récemment pondus 0,45 mm. et de ton gris vert (d’après
Ch. Piâmsz).

152 DÉoAPoDEs MAncHEuRs
Espèce connue depuis les Glénans dans la partie Nord du golfe de Bis-
caye, jusqu’aux Shetlands, par la Manche et la mer du Nord ; Nonns (1936)
la signale dans les eaux portugaises et en donne une description exacte
(p. 139), sans rappport avec ses figures 112 et 118.
7. Anapagurus bicorniger Mima-Enw. et Bouv. (fig. 106 et 107, E) ;
M1LNE—EDwAaDs et BOUVIER 1892, 215 et 1900, 220, Pl. XXV, fig. 14-22
BALss 1926, 376 ; FENIZIA 1937, 33, fig. 23-24.
Nettement caractérisée par les deux épines de l’arceau oculaire et par
la forte saillie sexuelle granuleuse et pileuse que porte en dessous le mérus
du 5, cette espèce est très voisine de A. laevis dont elle se distingue par
LM E È
A
Xp.)
B D
F10. 107. -· Face dorsale du telson chez divers Anapagurus :A, laevis; B, curuidaciglus;
C, Hyndmanni; D, bïcvicarpus ; E, bicomigcr (original).
le bord frontal où les dentslatérales proéminent davantage surla convex té
rostrale, les pédoncules oculaires qui n’atteignent pas tout à fait le premier
article des pédoncules de al et de a’, par les doigts plus longs, plus grêles
et moins arqués de p2 et de p3. Le doigt des pinces est mobile dans un plan
légèrement oblique, le tubercule basal des pinces fa t parfois défaut chez
la $2 et celui du mérus, dans certains cas, reste à l’état de rudiment chez
le 3*. Tonalité (dans l’alc0ol), blanchâtre. — Longue ur de la carapace, au
moins 3,5 mm. Diamètre des œufs 0,4 à 0,5 mm.
Capture dans les eaux espagnoles à Cadix et au large du cap Saint-Vin-
cent par 99 et 118 metres. Trouvé depuis dans le golfe de Naples, et d’après
Ch. Pnnaz, à Banyuls.
Famille des LITHODIDAE BOUVIER 1894.
Comme l’a justement observé BoAs, les Lithodidés sont des « Eupagurus
modifiés pour vivre sans coquille », ils en ont tous les caractères essentiels,
y compris la formule branchiale, et l’on doit les considérer comme des re-
présentants très typiques de la série eupagurienne ; leurs femelles étant

Lmxonas 153
pourvues d’une paire de pléopodes sur le l" sternite abdominal on peut même
ajouter que, dans la série, leurs affinités les rapprochent surtout des Pylopa-
gurus (flg. 108). Mais leur adaptation ii la vie libre a produit chez eux un
bon nombre de caractères propres : la forme cancé-
rienne, la disparition des uropodes dans les deux -
sexes (et, chez le 6, celle de tous les pléopodes), le dé- 1
veloppement de la saillie rostrale en un rostre m
d‘ordinaire assez puissant, et des modifications 2·
profondes, tout à fait spéciales, dans le revêtement
chitineux de l‘abdomen: les tergites 1, 6 et le telson
(fig. 109, B) persistent toujours mais les autres dis- 3
paraissent totalement (sauf chez quelques formes ..-.
primitives) remplacés par des pièces latérales assez
grandes et par des nodules médians, pièces et
nodules qui, suivant l’évo1ution du groupe, se sou- 4.
dent latéralement pour arriver à des formes ter- '
minales où la pièce du 2* segment n’en forme plus ""
qu’une, celles des trois segments suivants se rédui-
sent pour chacun d’eux à trois, une médiane entre
deux latérales (ûryptolilhodcs, Rhînolithodes), ce qui • ),
conduit à une symétrie secondaire apparente, mais 5 Q2/1;
seulement chez le 6, l’abdomen de tous les Litho- "" 6
didés 9 ayant une forte asymétrie dextre, où les __
pièces latérales du coté gauche sont très prédomi— Flënigîigg ; ggâopggëgig
nantes; asymétrie que mettent en relief les pléopo- de ljabdomen avec les
des 2, 3, 4 et 5 localisés à gauche et réduits à leur §°"§‘t§SdÉ;â§; îânâiîî
endopodite ovifère. J ‘ai longuement exposé ailleurs ,’te(S,.,,, (d·,,p,è,, BOU:
ces modifications progressives (1894, 1896). vien, 1894).
Les Lithodidés sont tous des Crustacés d’eau froide qui n’atteignent
la zone sublittorale que dans les mers voisines des pôles et qui, partout `
ailleurs, se tiennent dans les abysses; issus d’Eupaguriens littoraux ou
sublittoraux, ils ont émigré vers les profondeurs, au contraire de la plu-
part des Pagurides qui sont allés des abysses vers la côte.
G. LITHODES LATREILLE, 1805.
Une seule espèce habite les eaux européennes:
Lithodes maîa. LiNNÉ (voir Bouvmn 1896, 124 ; SELBIE 1921, 56,
P1. IX, fig. 1-4 ; BALSS 1926, 34, fig. 13 ; SCHELLENBERG 1928, 96,
fig. 7-1 et 75)..
(Pest une espère très épineuse, avec un rostre bifide portant de chaque
côté deux épines latérales et, en dessous, une forte épine impaire (fig. 109,
A et A’) ;comme tous les représentants du genre, elle appartient au groupe
des Lithodidés où toutes les pièces du QE segment abdominal sont fusion-
nées en une seule, et où les pièceslatérales des segments 3, -1 et 5 restent
indépendantes des nodules médians (fig. 109, B). Elle peut atteindre une
grnde taille, 145 mm. depuis la pointe du rostre jusqu’au bord posté-

154 niêzcaeonas Maaonnuns
rieur de la carapace; son ton est rouge avec les épines plus foncées. Dia-
mètre des œufs d’après Sans, 2 mm.
S’étend depuis le détroit de Davis et la Nouvelle-Ecosse en Amérique
jusqu’au Spitzberg, atteignant en Europe les détroits danois, la Hollande,
la Belgique et les Iles Britanniques ;depuis la région sublittorale jusqu’à des
profondeurs d’environ 6()0]mètres.
 `   " as"
 IAÈ I
A
» .»·a%‘$*?*·?*?·_— _
·   z
;gx%rg>·« /
Ã*~"  · %
‘ . rf-,
R  w w   il
'  J   
‘* e ·   · È 4-
U ” ,  5
B V 6
  *7
Fm. 109. -· Lithodes maia:A,r0stre vuducôté dorsal et en vue latérale;B, abdomen du
3 à partir du 2*9 faux tergite 2, avec la paire de fux tergites 3, 4, 5, le tergite vrai 6
et le telson 7 ; au milieu, les nodules de protection (d’après BOUviER, 1894).
SARS (1889) en a étudié les stades larvaires qui so11t semblables à ceux
des Eupagurus; les stades suivants, jusqu’ici inconnu s, doivent ressembler
beaucoup à celui que j’ai fait connaître (1922, 36, Pl. IV, fig. 11) sous le nom
de megalopc Grimaldii et qui appartient presque sûrement à une espèce de
l’Atlantique occidental, Neolithodes Grimaldii Enw. et Bouv. (1894) ; cette
mégalope ressemble étonnamment à un Eryonicus, abstraction faite, bien en-
tendu, des caractères familiaux qui sont tout autres.
Tribu II. GALATHEIDEA HENnEnsoN 1888.
Abstraction faite de la manière dont ils prennent place au tableau de la
page 112, les Galalheidea présentent en commun bon nombre de caractères :
téguments partout calcifiés ; abdomen assez développé et ne renfermant

G.xL.xT1~xE1DE,¤. 155
qu’une très faible partie des viscères ; rostre presque toujours très saillant,
aplati en triangle ou aciculé ; régions branchiales antérieures d’ordinaire
grandes et largement ouvertes en dehors, très rarement du type pagurien
étroit qui laisse une grande étendue aux aires hépatiques ; toujours de cha-
que coté 5 paires d’arthrobranchies (de m:cp” à p•) et 4 pleurobranchies (de
p° à pi'), ce qui est la formule branchiale des Paguroïdes primitifs; les pattes 5
toujours grèles et terminées en petite pince, capables de rentrer pour le net-
toyage dans les chambres branchiales ; des pléopodes simples, toujours ab-
sents sur le 1** segment abdominal des 9, Iümais biramés,sauf parfois avec
les traces d’un exopodite ; telson toujours divisé par une ou plusieurs su-
tures.
La tribu comprend les quatre familles suivantes :
TABLEAU mas FAMILLES.
1. Telson avec seulement une ou deux sutures (fig. 124) ; 3e article des
pédoncules de a' indépendant du 2c, celui-ci avec une écaille (fig. 123)
.......................................................... 2
—- Telson avec de nombreuses sutures(fig. 125) quidéterminenttrois paires
de lobes entourant un lobule central ; 3** article des pédoncules de a'
fusionné avec le 2°, celui-ci sans écaille, rarement avec les traces de
celle—ci. Pas d’écailles ophthalmiques, mandibules non dentées, arthro-
branchies en position normale ; nageoire caudale normalement rabattue
en avant ; branchies à deux rangées de lamelles (fig. 111).. ...... 3
2. Telson avec une suture longitudinale médiane ; nageoire caudale ra-
battue normalement ; des écailles ophthalmiques ; branchies à quatre
rangées de filaments (fig. 110). Mandibules dentées; rostre triangulaire.
Épipodite de mzp” rudimentaire ................. Aegleidae.
—- Telson avec une suture transversale (fig. 124) et parfois les traces
d’une longitudinale, nageoire caudale rabattue contre les segments qui
la précèdent (Pl. IV, fig. 8); pas d’écailles ophthalmiques; branchies à
deux rangées de lamelles ; mandibules dentées (fig. 119) sauf chez Eu-
munîda ; rostre triangulaire ou aciculé ; mœp” pédiforme mais sans épi-
podite. .................................. Uroptychidae, p. 157.
3 . Macrouriformes à grand rostre triangulaire ou aciculé ; à carapace plus
longue que large à angle antéro-latéral bien saillant (fig. 126-129) ; ab-
domen épais,rabattu en avant contre lui-même; mxp° pédiforme avec
épipodite. ................................ Galatheidae, p. 162.
—- Cancériformes (Pl. V, fig. 6 et 7) à rostrepeu saillant,carapace large,
aplatie, avec les angles Iatéro-antérieurs rudimentaires ; abdomen la-
melleux, rabattu tout entier contre le sternum thoracique ; ma:p“ avec
l’ischi0n dilaté en opercule, sans épipodite . . . Porcellanidac, p. 176.
Les trois dernières familles sont exclusivement marines et bien repré-
sentées dans nos régions ; la première, par contre, est localisée dans les

156 DÉCAPODES MAncHEURs
eaux douces de l’Amérique du Sud (Chili, Brésil) où elle ne compte
d’ailleurs qu’une seule espèce, l’/leglea laevis LATR. Ce Galathéide mérite
P f"~ ,
\ `   · ‘  
@.1    «
( ai \·x:§x, *î 11
J   làiîllil  
C.,.. =,a\" "  
. 3 0  
1// //0 0 (   A
` f / A E
\ I / i W
ee É ' , 6   * 1
g / 1 ll     à
/ 4 E t ’é< ;¢. 
%?  ·     1/ Z ]/,g_
É I 'x_ 1%;/: ' /
·"r '· ’ /
6 , / [TÃ = ·’ ’ \
v //5 //2 \((\ , S
\\\ (N  ,_.
\ li ·
xgw :
\ "\ W
ssii '
'§_·R¢;};(g;`;;,, :
gl Kwest '
lu 4
° W
·e
//7
  A B x
a
N5 IIS
Fm. 110 à 117. -—— Quelques caractères des Galaiheidea : 110, irichobranchie d’Aeglea ;
111, un couple de lames phyllobranchiales de Munidopsis Si;/sbei; 112, mccpî du même;
113, msvpl avec fouet f d Uroptychus nitidus concolor ; 114, pléopode non sexuel du 3
A dans Munidopsis rostrata et B dans Munida Slimpsoni ; 115, pléopode femelle de
Munidopsis spinosa ; 116, pléopodes 1 (A) et 2 (B) dans un 6 de Mumdopsis Antoniîz
a coxa, b basis,c endopodite,e exopo ite; 117, extrémité d’une jantennule avec ses
soies accessoires dans Munida affînis (d’après M1LNE-EnwA ans et Bouvuan, 1894 b).
de nous arrêter ici parce qu’il renseigne plus que tout autre sur les origines
de la tribu ; ses écailles ophthalmiques et ses branchias (fig. 110) le rappro-

Unorrvcmnan 157
chent étrangement des Paguroîdes primitifs, ses aires branchiales anté-
rieures très réduites sont du type pagurien le plus franc, et d’autre part
la simplicité _du telson comme la structure des pédoncules antennaires
indiquent des affinités macrouriennes. Ces deux derniers caractères se
retrouvent chez les Uroptychides, mais non ceux de nature pagurienne.
Les uns et les autres ont disparu dans les Galathéides qui s’éloignent par
là des formes primitives, alors que certains d’entre eux, par leurs épipodites
multiples (voir p. 165), rappellent davantage les Macroures. Quant aux
Porcellanides, ce sont des Galathéidés ayant acquis la forme cancérienne.
En fait, Galalheidea et Paguroidea se rattachent certainement aux Ma-
croures, suivant trois directions différentes, par une forme intermédiaire
commune, pourvue de grands pleurons abdominaux et dès lors de nature
homarienne.
La tribu doit sa délimitation exacte à H Ermanson (1888) qui sut y faire
rentrer les Porcellanides jusqu’alors établis en un groupe indépendant,
et les Uroptychides formes abyssales récemment découvertes. Au point
`de vue morphologique et systématique, A. Mime-Enwanns et Bouvinn
(1894 b) en ont fait une étude spéciale; d’autre part on doit à Bowman
une excellente étude (1888) sur les Galathéides des côtes de France.
Famille des UROPTYCHIDAE Atcocx 1901 b. ‘
Nageoire caudale cachée parce que rabattue contre les segments précé-
dents et formant avec eux, chez la 9, une chambre incubatrice (Pl. V, fig. 8)
où les œufs, très gros, effectuent leur développement embryonnaire jusqu’à
une forme peu différente de l’adulte. Dernier sternite thoracique presque
toujours atrophié. Arthrobranchies presque toutes devenues pleurales par
suite d'une calcification soudée aux flancs de la membrane articulaire qui
les porte (fig. 124 bis).
Formes des profondeurs moyennes qui se divisent en deuxgroupes d’a—
près le mode d’articulation des articles 4 à 7 de leurs chélipèdes : l° les
grimpeurs où ces articles peuvent se replier tout à fait dans un plan verti-
cal, ce qui leur permet de s’accr0cher aux branchages des Polypes et des _
plantes sous·marines ; 2° les marcheurs où la disposition reste semblable
à celle des Homariens, permettant aux pinces de se diriger en dedans du
côté de la bouche comme on l'observe chez ces derniers et chez tous les
autres Galathéides à l’exception des grimpeurs. Le nom d'Ur0plychidae
doit être substitué à ceux de Dîptycinae Mxr.NE—EnwAm>s et Bouvuzn
(1894 b) et de Chiroslylidae ORTMANN (1892); le nom deD1'plychus A. MILNE-
Enwanns (1881), étant préoccupé, fut remplacé par celui d’Ur0plychus
HEN¤EnsoN en 1888 ; quant à celui de Chiroslylus ORTMANN, il est plus
récent (1892) et d’ailleurs synonyme de Gasfroplychus CAULLERY (1896)
et de Plychogasler A. M. Enw. préoccupé.
La famille est représentée par les trois genres suivants :

158 niâmronns Maacnxaoas
TABLEAU ons GENRES.
1. Garapace nettement convexe (fig. 118), à bordsilatéraux arrondis, à
régions d'ordinaire peu distinctes, sans lignes ciliées transverses et sans
épines sus-orbitaires ; mandibules dentées, pattes-mâchoires posté-
rieures écartées à leur base (Uroplychidés grimpeu~s) ............ 2
——— Carapace peu convexe à bords latéraux saillants et fortement dentés,
à régions mieux distinctes, avec de nombreuses ligr es transverses ciliées
et deux paires de fortes épines sus—orbitaires (fig. 122), mandibules iner-
mes, pattes—mâchoires postérieures presque oo utiguës à leur base
(U roplychidés marcheurs) .................... Eumunida., p. 161.
2. Formes très épineuses (fig. 118) au moins sur les pattes, à rostre nul ou
aciculé ; pattes grêles et fort longues ; aires gastrique et cardiaque
d’ordinaire bien distinctes et saillantes ...... Chirostylus, p. 158.
—— Formes presque sans épines (fig. 120) à rostre triangulaire, à pattes mé-
diocrement longues mais plutôt fortes, régions gastrique et cardiaque
non saillantes, peu indiquées ................ Uroptychus, p. 159.
G. CHIROSTYLUS ORTMANN 1892.
Ce genre n’est signalé ici que pour mémoire, car ses peu nombreuses
espèces sont toutes exotiques à Pexception de la suivante :
Chirostylus îormosus A. Mime-Eow. (fig. 118, ` 19 et Pl. V, fig. 8) ;
Piychogasler formosus MILNE·EDWARDS et BOUVIER 1900, 350, Pl. III,
fig. 2 et XXXII, fig. 1-5. Gaslroplychus formosus SELBIE 1914, Pl. IX,
fig. 2-8 et X, fig. L
Fort épineux sur la carapace, les pattes et les doux tergites abdomi-
naux antérieurs. Cette espèce est plus primitive que les autres en ce sens
que la S2 présente une paire de pléopodes sur les segments abdominaux2 à 5
et un sternite thoracique bien développé au niveau d 2 p5: chez le 5*, comme
I dans tous les grimpeurs, il existe une paire de pléopodes sexuels sur les
deux segments abdominaux antérieurs, mais les pléopodes des trois autres
segments sont des rudiments de stylets. —-—Longueu:· d’un grand 3 depuis
la pointe du rostre jusqu’au bout du telson déployé. 52 mm. ; les chéli-
pèdes atteignent 121 mm. et dépassent de beaucoup les pattes suivantes.
Bien représenté dans 1’Atlantique oriental (depuis l’Ir1ande jusqu’aux
Canaries), mais ne semble pas remonter au-dessus de E00 mètres et peut des-
cendre jusqu’à 1700.

uaorrvcnus 159
G. ·UROPTYCHUS HENDERs0N 1888.
(Test le genre Dlplychus A. Mime-Enwanns 1880 (nom. prae0c.). L’ar-
ticle basal des pédoncules de a‘ est armé d’épines, mxpî ne porte pas d’épi·
podite et les 5 sont munis de deux paires de pléopodes sexuels sur les deux
segments abdominaux antérieurs. ‘
( I 4
I
A ' ^ " ( Ã .
M" Ã "' A (44    
I I 4:£&¢64¢§ ‘ê5<·· ..,___•
  """'*:, .
/ ~ f ·— _ .
v " ‘•J 
I I8 I I9
  ' I lr
ê e ·
:.9 *2
I,] I I I , _ ` L,
*·'.L'*,` ·’ I Ã     ··H "
"··I' · I ·°-"·1î·/ ‘
Jlhê 1.   I _ .··__(»I’r L _, .... C
I. la · L ° ·` .r" / -__
É:   Ã â fr '''. r ·'»
          (_,.e
r- • I-_: É El". . ·. I
  «
I2O I 2I
Fm. 118 à 121. —- Caractères des Uroptychides : 118, carapace de Chiroslylus formosus,
côté droit ; 119, mandibule du m me; 120, carapace d’Ur0plychus rubrovillalus ;
121. doigt d’Uroptychus nitidus concolor, patte ambulatoire (d‘après Mrma-Enwaans
et BOUvxER, 1894 b).
Parmi la vingtaine d'espèces:qui représentent le genre, celles de nos pays
se distinguent toutes par leur test dépourvu d’épines. Ces espèces sont les
deux suivantes :

160 DÉCAPODES MARCHEURS
— Carapace et rostre crénelés sur les bords (fig. 120) ;chélipèdes ornés de
petites écailles pilifères ; pas d’épines mobiles au bord inférieur du pro-
pode des pattes de 2 à 4 .................. rubrovittatus, p. 160.
-— La carapace n’est pas crénelée sur les bords, les chélipèdes sont unis et
sans poils ailleurs qu’au bout des doigts ; un rang; d’épines mobiles au
bord inférieur du propode des pattes 2 à 4 (fig. 121 )... ................
......................... . ......... nitidus var. concoïor, p. 161.
1. Uroptychus rubrovittatus A. M. Enw. (fig. 120, 124 bis et Pl. V,
fig. 9}. Diplychus rubro-villalus A. M1LNE—EnwAnbs 1881, 933 ; BONNIER
· 1888, 84, P1. XIV, fig. 1-8 ; l\l1LNE-Enwanos et Bouvinn 1900,
Pl. XXXII, fig. 6-14. Uroptychus rubroviiiaius (IAULLERY 1896, 393 ;
SELBIE 1914, 56,Pl. VIII, fig. 1-4.
(`rapace avec des touffes éparses de fins poils du côté dorsal, sur ses
bords avec une rangée continue de petits denticules qui fait suite à une
dent antéro—latérale ; sur les flancs des granules ; rostre un peu crénelé sur
les bords. Pédoncules oculaires atteignant le milieu du rostre, subcylin-
driques, leur cornée entière. Une épine à l’angle antéro-externe de l’ar-
ticle basal des pédoncules de al ; pédoncules de a" avec leur 1€1' article
presque réduit à la saillie urinaire en lame, l’écaille du 2** forte, triangu-
laire, le fouet dépasse le mérus des chélipèdes, comme aussi mxp“, lequel
est remarquable par son propode fort long et dilaté sur le bord interne,
par son doigt un peu plus court et obtus. Chélipèdes plus longs que le corps
entier, leur mérus épais et cylindrique, le carpe plus allongé encore ; la
pince plus forte et aussi longue que les deux articles précédents réunis,
les doigts avec de fins denticules et une saillie sur le bord interne du doigt
mobile ; pattes 2 à 4 plus courtes, subégales, avec ccailles et poils moins
apparents que sur pl, leur propode un peu dilaté en avant où il porte un
petit groupe d’épines, leur doigt plus court de moitië , un peu courbe, avec
un rang d’épines mobiles au bord inférieur et une pointe dentiforme. Abdo-
men à peu près nu, ses segments moyens larges, le telson bien plus étroit
que le segment 6. Le 5* muni simplement de ses deux paires de pléopodes
sexuels ; la Q avec les pléopodes des segments 4 et 5 comme chez tous les
Uropiychus. - Longueur de la carapace d’un 5*, 13,7 mm. d’un chélipède
de ce 6, 37,2 mm., de pa, 24 mm.
(Eufs très gros de 1,5 à 2 mm., en petit nombre dans la cavité incubatrice
« admirablement protégée (Bowman 1888, 90) par le reploiement des par-
ties pleurales, des uropodes et du telson... qui ont leurs bords garnis de
longs poils. La chambre est ainsi parfaitement close, bien que l’eau puisse
librement circuler ».
Espèce connue depuis le sud de l’Is1ande (HANsnN, 1908) jusqu’au cap
Bojador, ainsi qu’aux Canaries et aux Açores ; on l’a surtout capturée dans
le golfe de Gascogne où Caurisnv la signale par des fonds de 300 et 1.400
mètres ; elle peut descendre un peu plus bas.

EUMUNIDA 161
2. Uroptychus nitidus var. concolor (fig. 113,121 et Pl. V, fig. 10-12)
Eow. et Bouv. ; Diplychus nilidus var. concolor A. MILNE·EDWARDS et l
Bouvnan 1894, 306, fig. 16 et 21 ; 1899, 87, Pl. 1, fig. 2; 1900, 360, Pl. IV,
fig. 4 et Pl. XXII, fig. 15-19. Uroplychus nilidus var. concolor CAULLERY
1896, 393 ; SELBIE 1914, 95, Pl. VIII, fig. 5-10 et Pl. IX, fig. 1.
Se distingue de l’espèce typique par son test nu et lisse, absolument dé-
pourvu de poils sauf sur le propode et les doigts des pattes, sa crête laté-
rale à peine dentée, son rostre qui est plus étroit, un peu relevé au lieu
d’être infléchi, et plus long parce qu’il atteint Pextrémité des pédoncules
de al, son écaille antennaire qui est plutôt ovalo-triangulaire, ses pattes
plus fortes, les doigts des pinces qui sont beaucoup plus courts égalant
un tiers du propode, enfin et surtout par la série de fortes épines mobiles
dont est armé le bord inférieur du propode des pattes 2 à 4. Comme dans
Chiroslylus, le pléopode 1 du 3 est normal et l’endopodite du pléopode 2
présente un appendice interne garni de courtes soies spiniformes; ici l’ap—
pendice est une large lame presque aussi développée que le lobe terminal
de l’endopodite. Tonalité : thorax et abdomen rose violacé, la partie anté-
rieure du thorax parfois rouge, pattes un peu plus claires ou rouge brique.
— Longueur de la carapace d’un 3, 15 mm., d’un chélipède, 56 mm., de
pl, 28,8 mm. Dans une Q, qui portait de 30 à 40 œufs, ceux—ci mesuraient
1.3 mm. de diamètre.
Connue depuis l’1rlande jusqu’aux îles du Cap-Vert, aux Canaries et
aux Açores, entre 495 et 1.800 mètres de profondeur. L’espèce typique, niti-
dus A. MÃILNE-ED\VARDS, fut trouvée aux Antilles, mais paraît être presque
cosmopolite ; sa variété du Pacifique est appelée ocridentalis par Fixxom.
G. EUMUNIDA SMITH 1888.
(le genre diffère des deux précédents parce qu’il a pris le facies des Gala-
théidés, surtout des Munida. Il est suffisamment caractérisé par les traits
du tableau (p. 158) et ne compte que deux espèces dont la suivante.
Eumunîda. pictv. SMITH (fig. 122-124) ; SMITH 1883, 44, Pl. I1, fig. 2,
Pl. III, fig. 6-19, et Pl. IV, fig. 1-30 ; iMILNE-EDWARDS et Bouvmn 1900,
364, Pl. V, fig. 1, Pl. XXVIII, fig. 26 et Pl. XXXII, fig. 20-24. '
La longueur totale du corps, de la pointe du rostre au bout du telson
déployé, peut atteindre 125 mm.; la teinte générale est le rouge orangé
vif. Dans ce genre les 3 sont absolument dépourvus de pléopodes, mais
la 9 en possède 4 paires dont ceux du segment 3 qui sont plus grands que
les autres.
Cette espèce fut signalée d’abord au sud-est des Etats-Unis par 150 brasses,
nouvixsn U

162 ¤ÉcAPoDEs MAacnEUas
puis retrouvée par le « Talisman » entre 200 et 600 mètres au large du cap
Bojador et aux îles du Cap·Vert.
Famille des GALATHEIDAE HENDEasoN 1888.
Nageoire caudale rabattue contre le sternum thoracique, la chambre
incubatrice constituée par 1’abdomen recourbé sur lui-meme. Des épipo-
dites sur mxps et mmpï. Dernier sternite thoracique bien développé. Ar-
throbranchies en position normale. Deux paires de pléopodes sexuels chez
le 3 (fig. 116), 4 paires de pléopodes chez la $2 (fig. 115). Parfois des soies
accessoires (fig. 117) au bout distal du pédoncule de al.
Suivant leur nature, les Galathéidés peuvent se trouver depuis la côte
jusque dans les abysses. On les divise en deux groupes et en trois genres de
la manière suivante :
TABLEAU DES oFNREs.
1. Un fouet sur l’exopodite de mscpl (fig. 113, E); les trois paires de pléo·
podes non sexuels du 3 lamelleux et terminés par un petit endopodite
(fig. 114, B). Carapace peu ou pas calcifiée quoique assez solide. Yeux
bien développés (Pl. V, fig. 3). De la côte à des profondeurs moyennes.
(Galathéides flagellés ou Galalhéinés). ........................ 2
—— Pas de fouet sur l’exopodite de mxpl (fig. 112) ; les pléopodesnon sexuels
du 3 d’ordinaire en petits stylets simples (fig. 115, A). Carapace très cal-
cifiée. Animaux aveugles (Pl. V, fig. 4 et 5) habitant les profondeurs,
rarement les cavernes. (Galathéides non flagellés ou Munidopsinés) . . .
........................................ Munidopsis, p. 174.
2. Rostre en triangle plat armé de dents sur les bords (fig. 122, 129). .
.......................................... Galathea, p. 165.
—— Rostre styliforme, flanqué à la base de chaque côté d’une forte épine
sus—orbitaire (Pl. V, fig. 3) ...................... Munida, p. 171.
A ces genres il faut ajouter Pleuroncodes STIMPSON, Galathéide flagellé
qui diffère des autres par ses flancs en saillie au-dessous de la face dor-
sale, et qui ressemble d’ailleurs aux Munides mais présente de chaque côté
deux épines sus-orbitaires. Ce genre est représenté par deux espèces pro-
pres au Pacifique.
Ch. PÉREZ (1927) a signalé de curieuses différences sexuelles absolument
propres à la famille ; les unes relatives aux pleurons abdominaux, les autres
relatives au telson. Les premières s’observent à tous les pleurons des seg-
ments 2 à 5, mais les plus importantes ont trait au premier de ces segments
qui, chez le 3, porte en dessous une série courbe de soies pennées médiocre-
ment longues et plus près du bord en arrière qu’en avant, chezla $2 un massif
serré de soies très longues, longues surtout à l’endroit où la courbe atteint

GALATHEIDAE 163
s convexité maximum. Lcsdiftérences du telson selocalisent en dessus (fig.
125), au voisinage du bord de la pièce médio-latérale ; en cet endroit, chez
ai   iii;
ji .— z »;(_ _ •
:. ···· · 1  ·
  ix "  t j   ..,, 5
:'··î—ï`?  ',» " ' - f —---— É
`\l\_—_ï_`· l .9.  ' · Iv  --~·-·
rc" `~ ‘~·` .- .*2; ‘ fr · --3
psx     14 -.2
  **99*   ___,_ --4
s.   ’ y
F `; x X
 `”*'·"" . > si
I22 ¤22
 i1ii"`
I A "  i "
x i4ï..   ·
L Jé
 , É 
~ \ \ Q  
, `· ‘ rtl; I ‘.
2 / N i hi  JI  > a g,
f% / /;;  / I` [lg; V 1   N lili ·
// ’ `   s ·¢£¢ ,
IZ4 IZ4 bis
Fm. 122 à 124.- Caractères des Uroptychides; 122, Eumunida picta face dorsale ;
123, région céphalique du même, face ventrale, les articles du pédoncule de a* numé-
rotés de 1 à 5; 124, 5• segment abdominal, du même, avec uropodes et. telson (d’après
MILNE·EDWARDS et Bouvuzn, 1894 b); 124- bis, Uropiychus rubroviliaius flancs gauches
avec la position des branchies devenues toutes pleurales, m:cp‘ et la base de p‘ à p•
(d’après Bommsn, 1888).
le 5, se développe un arc de soies en sabre, simples, à cuticule très épaisse
leur donnant un ton jaune ambré. Ce peigne s’observe chez les Galalhea,
Munidopsis, mais fait totalement défaut chezla plupart des Munides, notam-

164 ¤ÉcAr>o1>Es Mancnnuns
ment chez celles qui habitent nos pays ; il est remplacé chez la S? de tous les
genres par un petit nombre de soies pennées.
Le même auteur (1927a) et dans la suite son élève INGRAND (1937) in-
sistent sur les différences sexuelles des pléopodes dans la famille. On a vu
plus haut (p. 162) que ces pléopodes (abstraction faite des deux paires de
pléopodes sexuels du 8) se composent (fig. 114, B) d’une tres courte coxa a,
d’un long basis b et d’un petit endopodite e d’un ou deux articles, on sait en
outre que le basis du 8 se dilate en une lame longuement pennee sur son
bord interne, tandis que, chez la 9 (fig. 115) il est long, grêle, avec deux ar-
ticles endopodiaux, garnis de longs poils quiportent les œufs. Or, les auteurs
É" ':   nu"/[Il · .—·=—=··";·} · É_ . t _ Z `
Qllëf" _. 1 `l~§ l jœâv  , .`   ·; l -· _ -I I . .`  `
  è - 1 . , _. . .  
1;:1 ·;`—··@y·î'$`_, î·· ;<j    rï\
  ·   · ° ·‘·O   ·, . s··‘·
il  ( **~§e ire  — ( s
J  ia'?  ,` ` `l - ` -· .
  s 7 , ` ll"':. *_ `\
m AJ @,4  fi il ] ·` I   f' m
zi.,]  1, —\ w.\pî __ _ .
· · `J.'··Ã`  · ~ CT
Q ,1   ,!4( , ¢'Lî<<\\  · _ \x\\
/fi/le · ‘··'. ·.-El '*' `. A
    ` Ir`; 3/ " »É , ` ·  qui  I
a gv       ·~ "`
  Été ,   :î (` Àî1Ã. ,lÈgMj(`«;L$w
' ‘ ëfiîïîitëïlëêgë     I   ·t»f}t, ·
L   %\\;ç]îVP
Fm. 125. —- Caractères sexuels des soies marginales du telson dans Galathea squami-
fera : 5* à droite les stries ciliées supprimées, Q à gauche avec ces stries (d’après
Ch. PÉnEz, 1927).
précédents ont établi que les pléopodes du jeune sont toujours du type 8,
que chez la Q ils n’acquièrent que progressivement la structure propre à
l’adulte. C’est à partir d’une certaine mue de puberté que se manifeste cette
dernière tendance ; à cette mue correspond également, d’après lncnnnn,
une modification importante dans la croissance des pinces ; le développe-
ment des testicules accélère cette croissance chez le 8 tandis que celui des
ovaires la ralentit chez les Q.
Chez beaucoup de Galathées et de Munides, les pinces, au cours de la
croissance, peuvent prendre une forme anormale; au lieu de conserver des
bords subparalleles et les doigts en contact sur toute la longueur de leurs
bords internes irregulièrement denticulés, elles s’élargissent en courbe juste
en avant de Particulation du doigt mobile grâce à un ressaut basal du doigt

GALATHBA 165
fixe qui s’écarte de l‘autre pour le rejoindre ensuite(fig. 126, G); dansle hia-
tus ainsi formé le doigt mobile présente une ou deux fortes dents alors qu’au
bout du hiatus, le bord interne du doigt fixe se termine par une crête. Tan-
tôt cette anomalie ne porte que sur une pince, tantôt les deux pinces sont
frappées à la fois ; on la croyait propre aux mâles, mais elle fut observée dans
les deux sexes (MILNE-EDWARDS etBouv1Ea, 1894 b) chez les Munides, et se
retrouve assez analogue dans les Galathées. En fait, elle est plus fréquente
chez les mâles parce que ceux—ci atteignent d'ordinaire une taille plus grande.
Développement postembryonnaire semblable à celui des Pa guroidea
chez les (lalathéinés ; chez les Munidopsinés il n’est guère connu que chez·
les Galathodes (Munidopsis) où, d’après SARS (1889), l’éclosion donne un
jeune du type zoé qui, après rejet de la peau larvaire, devient une métazoé
naaeuse à telson élargi, mais peu profondément bilobé en arrière, à peu près
comme chez les Galalhea. Cette larve diffère de celle des Galathéinés par la
disparition totale des pointes postérieures de la carapace et Pexagération
des antérieures.
G. GALATHEA FABRICIUS 1798.
Sur chaque bord du rostre plat quatre dents aiguës dont la postérieure
plus réduite est située au-dessus des pédoncules oculaires, ces derniers mé-
diocres, peu ou pas dilatés dans la région cornéenne. Carapace à bords laté-
raux convexes et dentés, la face dorsale presque totalement dépourvue d’é-
pines. Abdomen inerme, ses tergites 2 à 6 avec des sillons transverses dont le
bord antérieur est cilié, aire branchiale antérieure assez bien délimitée, mieux
que Paire cardiaque dont la dépression transverse antérieure est très réduite
ou nulle. Front oblique en dehors du rostre. Doigts de pl à p‘ armés de spi-
nules au bord inférieur.
Genre subcôtier, comprenant plus de 30 espèces dont certaines telles
que strigosa, peuvent descendre jusqu’à :300 mètres. Un certain nombre
présentent de longues soies accessoires au bout distal du dernier article
des pédoncules de al. Ces dernières manquent dans les cinq espèces sui-
vantes qui représentent le genre dans nos mers (1). ·
TABLEAU DES ESPÈCES·
1 . Épipodites sur pl, p“, p° ; article basal des pédoncules de ai avec trois
fortes épines à son bord antérieur ........,................... 2
1. Lanoun (1930, 338) a étudié les larves des cinq espèces britanniques et en a donné _
la clef suivante :
Des épines ( as de . »
pigment aux angles du telson ............ dzspersa
§;:`(;e§Eî1Ilngâ?t ) Eigment orangé aux angles du telson. ........... inlermedia
( Ces épines grandes et égales. .................. strigosa
Des épines Epines de 4 un grand chromatophore rouge
sur les beaucoup plus ` orangé ai la base du telson., ,. ncza
segments petites que KordinairementSchromatophores
4 et 5. x celles de 5. _ bruns ai la base du telson .... squamî/cra

166 ¤ÉcAro1:•Es Mrlacnnuns
—— Épipodites sur pl ; deux épines au bord antérieur de l’article basal des
pédoncules de al, Mérus de mxpz beaucoup plus long que l’ischi0n (fig.
129) ..................................... intermedia., p. 169.
-— Pas d’épipodites sur les pattes ; 3 épines sur l’article basal de al .....
.......................................... strigosa, p. 170.
2. Mérus de m:cp"· à peu près de la longueur de l’ischion (Pl. V, fig. 2).
.......................................................... 3
—— Mérus de mcvps beaucoup plus long que l’ischion (fig. 128, B) ........
..................,..................... squamifera, p. 168.
3. Tergites abdominaux avec 3 sillons transverses. dîspe1·sa,p.166.
—- Tergites abdominaux avec un seul sillon transverse. nexa, p. 166.
1. Galathea dispersa, BATE (Pl. V, fig. 1 et 2) ; BATE 1859, 3 ; MILNE-ED-
wAm>s et BOUVIER 1899, 72 et 1900, 278, Pl. XXIX, fig. 2 et 3 ; BULL
1937,46, Pl. I, fig.4-6 ; III, fig. 3 ; IV, fig. let 4 ; V, fig. 5-8; VI, fig. 2,
3, 6. Galaihea neœa HELLER 1863, 191, Pl. VI, fig. 4.
Carapace avec l’aire cardiaque peu distincte, le sillon postfrontal spi-
nuleux, fortement cilié comme les autres, le rostre presque plat, couvert
d’écailles et de poils, ses quatre dents latérales droites. Mérus de mxps avec
une dent spiniforme assez forte, suivie d’ordinaire par quelques dents
plus petites. Chélipèdes allongés, sans épines sur le propode dont le bord
externe est assez anguleux ; dans les vieux mâles et les femelles ovigères
un grand nombre de poils plumeux sur ces appendices, la pince pouvant
perdre ses bords parallèles pour acquérir la déformation signalée plus haut
(p. 165), mais avec le hiatus total jusqu’à la pointe. Tonalité très variable
allant du rouge au jaune, tantôt uniforme, tantôt maculée deblanc. Pas
trace de pigment bleu. —- Longueur d’un grand 3* adulte, 35 mm., 72 avec
les chélipèdes étendus ; dimensions respectives d’une grande 92, 28 mm.
et 49 mm. Diamètre des œufs 0,3 mm.
Depuis la Norvège et le sud de l’1slande jusqu’à Madère, les Canaries,
la Méditerranée. Depuis 10 mètres jusqu’à 500 mètres. Commune surtout
dans les moyennes profondeurs.
2. Galathea. nexa. EMBL. (fig. 127); EMBLETON 1834, 71 ;BONNIER 1888,
63, Pl. XII, fig. 6-8 ; MoNoD 1931, 426 ; BULL 1937, 42, Pl. I, fig. l—3;lI,
fig. 1-6 ; III, fig. 1 ; IV, fig.2 et 5 ; V, fig. 1-4 ;VI, fig. 1, 4, 5.
La plupart des auteurs ont confondu cette espèce avec disperse. On
avait cru (MILNE-Enwanns et BoUv1En, 1899, 73) pouvoir dresser une
Iiste des caractères qui les distinguent, mais le matériel manquait pour
cela et le mérite d’avoir bien établi cette distinction revient à BULL (1937)
pour les adultes, à LEBoUn (1930) pour les larves.
Les caractères distinctifs suivants sont empruntés au travail de BULL.
Carapace semblable à celle de dispersa, mais les sillons transverses moins

. W
x ’ l jl  }’/
1* È!//'»’
‘ Ã ai
.-/\·'•»~ , O
Ja. - ‘ ,
1 \ ' -
MÃ - 1 1
'\,.· - ' I ~ 4 ·
\   / 1 1 '
ne.: · M ‘”w   I
ê x  
Mns? A B ` l
.1/
` \\1| 1 11,f'/_ '
' s ’ // , _; ,,11 _ [
’ · / 1 ·' 1 Z
C _   , W · 1 ( 7
î ' 1 '
L ,'. \ É w
= ’   li [É
` l    
- S5, / «
fl ,
'T I1} > 1   D E
pf. Q/_7 î
,. ( 1., \
Q I
1 .
* ·’ ,
F   · G
7 
Fra. 126. —· Galathea inlermedia: A. face dorsale; B, sntennule de dos ; C, mandîbule
droite, face ventrale ; D, face ventrale de ma:* droit; E, de mxp* droit : F, côté droit
entre mzp‘ et p' qui sont comxlètement représentés, fl à p• seulement par leur base
(on voit les getits épipodites e mzp* et p1) ; G, un ché ipède à doigts béants (d'aprèS
Bonmzn, 1 88).

168 DÉcA1=·onEs MARcr1EUns
fortement ciliés, le rostre concave en dessus et très pauvre en cils, ses bords
avec des dents plus aiguës et un peu courbes. Le bord interne du mérus
de mpc? avec sa dent médiane beaucoup plus forte. Comme dans dispersa,
quelques dents spiniformes en avant au bord interne du mérus et du carpe
des chélipèdes, le reste des mêmes appendices à peu près semblable, mais
les vieux mâles et les femelles ovigères avec une abondance de poils plu-
meux qui donnent un aspect fourré ; quand les pinces deviennent anor-
males, elles sont d’ordinaire plus fortes que chez dispersa. Tonalité re-
marquablement constante, généralement d’un rouge verdâtre distinct,
sans taches ni marques bien définies d’autre couleur, une tache d’un bleu
brillant sur le labre, et quelques soies de même ton sur le repli pleural qui
avoisine le ptérygostome. — Longueur totale des plus grands mâles sans
les chélipèdes, 40 mm., avec les chélipèdes 80 ; dimensions respectives
des plus grandes femelles, 29 et 48 mm.
Iles Britanniques depuis les Shetlands jusqu’à Ténériffe (BULL) ; en Medi-
terranée, Oran (exemplaire<3‘ de CHEVREUX),g0lfB d’Alexandrette d’après
MoNoD (1937). Ordinairement se tient de 10 ii 50 mètres. Etant donné la
confusion avec dispersa, il est difficile d’établir plus exactement la distri-
bution de 1’espèce.
3. Galathea. squamifera LEACH (fig. 128); Lsscn 1815 b, Pl. XXVIII,
A, fig. 1 et 3-8 ; H. MiLNE-EDwAnDs
1837, 275 ; BELL 1853, 97 et fig. HELLER
A 1863, 190, Pl. VI, fig. 3 (et non 4) ;
»— QQ Bonmisa 1888, 571, Pl. XII, fig. 1-5
,`^h')_^,_     · (ubi syn.,) ; Mime-Eowsnos et Bouviun
A" A.,   § 1894, 252 et 1900, 276, Pl. XXIX, fig. 1;
 Q SELBIE 1914, 69 ; PESTA 1918, 254, fig.
77 ; BALSS 1926, 28 ; SCHELLENBERG 84,
E fig.65 ;BULL, 49, Pl. III, fig. 2, PI. IV,
\_ î\ fig. 3 ; INGRAND 1937, 28, Pl. VI, fig. 8.
_" · (Test le glabra de Piisso (1816) et le
Flgàtëîïèl; ggîgtgâganâië   digitidisfans de SPENCE BATE- (1859). ·
du côté droit (waprgs BONNIEK Rostre large,concave,àpo1nte médiane
1888). peu saillante, sa dent sus-orbitaire très
réduite ; une paire d’épines sur le sillon
postrostral. Bord interne du mérus de mœpa armé vers le milieu d’une
série de 4 ou 5 dents contiguës progressivement décroissautes et, au bout
distal, d’une dent beaucoup plus forte; très court ischion avec un groupe
de 2 ou 3 dents terminales. Ghélipèdes comme dans les espèces précéden-
tes, les poils de leurs écailles jamais allongés ; dans les formes à pinces
anormales le doigt mobile, muni d’une forte dent à sa base, ne rejoint le
pouce qu’à Vextrémité (digiiidistans de BATE). Tonalité : brun verdâtre
foncé avec de petites taches claires rouges ou violacées. -—- Longueur de

GALATIIEA 169
la carapace 32 mm., de l’abdomen étalé 33 mm., totale depuis le bout des
chélipèdes jusqu'à celui de l’abdomen étalé, 120 mm. Diamètre des œufs,
1),5 à 0,55 mm.
Depuis la Norvège et le Kattegat jusqu’aux îles du Cap-Vert, avec ex-
tension aux Açores et dans la Méditerranée au moins jusqu’à l’Adriatique.
Espèce commune, assez souvent recueillie à marée basse, plutôt subcôtière,
mais pouvant descendre jusqu’à 1000 mètres. _
-1. Galathea intermedia Lu.1..1. (fig. 126) ; Lxntasnono 1851, 21 ; Bon-
Nusn 1888, 44, Pl. X, fig. 1, 2 ; Pl. XI, fig. 1-14 ; MILNE-EDWARDS et Bou-
vxnn 1894, 252 et 1900, 277 ; SE1.B1E 1914, 77, Pl. XI, fig. 1—12 ; PESTA
1918, 257, fig. 79 ; BALSS 1926, 28, fig. 9 ; SCHELLENBERG 1928, 83, fig.
63 et 64 ;BULL 1937, 49. Galalhea squamifera LEACH 1815, Pl. XXVIII A,
fig. 2. G. Andrewsi Kmanan 1897, 58, Pl. XVI, fig. 8. G. Giardii Ban-
Roxs 1888, 21, Pl. II, fig. 1.
Petite espèce très commune, et d’une détermination facile comme le
montrent les caractères du tableau (p. 156). Sillons transverses brièvement
3 53  
J J 3 ,1;)
.*7 .).5.7 3 :5 v\
jàùêiv
pj
Ãî2"" .
A B
F10. 128. — Galalhca squamîfera : A, partie antérieure de la carapace du côté gauche;
B, la face ventrale de mœp* (d’après Bowman, 1888). _
ciliés chez le jeune, de sorte que la carapace semble presque lisse chez l’a-
dulte ; rostre large, surtout chez le 3, un peu concave, ses dents latérales
faibles et peu aiguës, une paire de denticules sur le sillon postrostral comme
dans squamifera ; m:rp* également du type de cette dernière espèce, mais
deux dents spiniformes seulement au bord interne du mérus, une vers le
milieu, l’autre au bout distal. Chélipèdes des formes précédentes à écailles
ciliées, les pinces avec le doigt de la longueur de la portion palmaire, du
type à long hiatus (digifis valde forcipalis de Lovîzrz) chez les grands mâles.
Tonalité : rouge assez vif, piqueté de bleu pur. ——- Longueur de la cara-
pace 9 mm., de l’abdomen étalé 7 mm., totale avec l’abdomen étalé 42
mm. ; la Q ovifère souvent un peu plus grande. Diamètre des œufs 0.4 mm.
Distribution de squamifera. Surtout commune entre 15 et 50 mètres ;
peut descendre jusqu’à 225 mètres.

170 oÉoAr·onEs Mancnavns
5. Galathea. strigosa. L. (fig. 129) ; Cancer sfrigosus LINNÉ 1767, 1052.
Galaihea sirigosa LEACH 1815 b, Pl. XXVIII, 3, fig. 1 et 2; H. MILNE-ED-
wimns 1837, 327 ; BELL 1853, 200 et fig. ; HELLER 1863, 189, Pl. VI, fig. 1
et 2 ;BoNN1ER 1888, 74, Pl. XIII, fig. 4-6 ; MILNE—EDWARDS et Bouvmn
1894, 252 ; SELBIE 1914, 72 ; Pnsra 1918, 260, fig. 80 ; BALSS 1936, 29 ;
SCHELLENBERG 1928,81, fig. 61; NoBnE 1936,110, fig. 96; BULL 1937, 49.
C’est la plus grande espèce de nos côtes, très distincte par sa coloration
rouge vif avec taches et bandes d’un beau bleu. Carapace très élargie en
arrière, à dents latérales puissantes et fort aiguës, à sillons très accentués
et garnis d’une bordure serrée de longs cils, le rostre long, à pointe médiane
. / l ` I;
f I 1 ` Ã,
NUL M `¤
.....,__ _·--q.-’ A
Ill/\_";/-'___;` A
"—"lÀt.Ã.
A e
§l&
F10. 129. -· Galathea strigosa : A, partie antérieure de la carapace du côté droit;
B, face ventrale de mmpa gauche (d’après Bowman, 1888).
très prédominante sur les dents latérales qui sont fortes et aiguës sauf la
sus—orbitaire ; sur ce rostre de nombreux tubercules ciliés, sur le sillon
postgastrique 1, 2 ou 3 paires de dents, une dent aiguë sur chaque aire
hépatique et sur chaque région branchiale antérieure. Le court mérus de
mœpa armé de deux fortes épines sur son bord interne, l’une médiane, l’au-
tre distale. Chélipèdes épineux, les épines particulièrement puissantes au
bord interne du mérus et du carpe, celles du dessus des pincesplus réduites,
avec des écailles eiliées dans leur intervalle. Comme dans les autres Gala-
thées, les pinces géantes des grands mâles avec les doigts écartés, sauf à leur
bout distal. —-Longueur totale des plus grands exemplaires depuis l’ex-
trémité des chélipèdes jusqu’à celle de l’abdomen 175 mm., individus
moyens, 80 à 100 mm. Dans un grand 9 de Concarneau, la carapace
mesure 53 mm. et le grand chélipède 118 mm.
Distribution géographique d’inlermedia, toutefois sans atteindre les îles
du Cap·Vert ; se rapproche moins de la côte et peut descendre jusqu’à 600
mètres.

MuNmA 171
G. MUNIDA LEACH 1818.
Rostre en long acicule flanqué à sa base de chaque côté d’une forte épine
sus-orbitaire (P1. V, fig. 3); pédoncules oculaires courts, d’ordinaire bien d.i-
latés dans la région cornéenne ; article basal de al spinifère. Carapace avec
ses sillons ciliés plus forts que dans Galalhca, ses bords latéraux moins
arqués, à dents spiniformes plus accusées, surtout celle de 1’ang1e antéro-
externe qui limite un front peu oblique. Abdomen presque toujours armé
de deux dents spiniformes au moins sur le 2** tergite ; presque toujours aussi
sans peigne sexuel 3 sur la pièce médio-latérale du telson. Les larves, d’après
SAns (1889), diffèrent de celles des Galathées par le grand allongement de
la pointe rostrale et des épines du bord postérieur de la carapace, aussi par
la très profonde échancrure du telson dont chacun des lobes se termine
par une longue épine ; certains tergites abdominaux sont denticulés.
Les Munides sont bien plus épineuses que les Galathées, et se tiennent
en général dans des profondeurs plus grandes, certaines peuvent dépasser
2000 mètres. Mais il y a des passages entre les deux genres. Au reste, Mu-
nida, plus évolué que Galaihea, ne présente jamais d’épipodites à la base
des pattes comme certaines de ces dernières. On compte au moins 35 es-
pèces de Munides, mais les trois suivantes se rattachent seules à la faune
de nos régions.
TABLEAU ons nsrizcns.
1. Une paire d'épines en avant et une seconde en arrière de la dépression
cardiaque transverse, des épines sur les tergites abdominaux 2, 3, 4. . .
.......................................... perarmata, p. 173.
— Pas d’épines cardiaques, rarement une après la dépression transverse.
.......................................................... 2
2. Des épines seulement sur le 28 tergite abdominal ; pinces longues et ·
recourbées en faux ......................... curvimana, p. 173.
— Des épines au moins sur les tergites 2 et 3 ; pinces droites ..........
.......................................... bamiiîa, p. 171.
1. Munida. bamffia. PENN. (Pl. V, fig. 3) ; Aslacus bamffius PENNANT
1777, 17, Pl. III, fig. 25. Galalhea bamf/ia LEAcH 1814, 398 ; Munida
bam/fia BONNIEH 1888, 78, Pl. XIII, fig. 7 et 8 ; BALss 1926, 29, fig. 10.
Cancer bamfficus HEnBs1· 1790, 11, Pl. XXVII, fig. 3. Munida bamffica
Wmrm 1847, 60 ; MILNE-EDWARDS et Bouvum 1894, 256 ; 1899, 75, P1.
IV, fig. 6-16 et 1900, 298, Pl. XXIX, fig. 17 (lenuimana) ; SELBIE 73,
Pl, XI, fig. 13, 14 ; PESTA 1918, 262, fig. 81 ; Nonnn 1936, 114, fig. 97
et 98. Cancer rugosus GMEMN 1789, 2985. Galalhea rugosa FABRICIUS
1798, 472 ;L1;Aci«1 1815 b, Pl. XXIX, fig. 1-3; MILNE-EDWARDS 1937, 274.
Munida rugosa HELLER 1863, 192, Pl. VI, fig. 5-6 ; Sims 1882, 6, Pl. I,
fig.   Galalhca longipeda LAMARCK 1808, 128. Munida Rondelclii LrLLJE—

172 nÉcA1>onEs Mmzciisuns
Bono 1852, 22 ; BELL 1853, 208 et fig. Munida lenuimana SAas 1871, 257
et 1882, 44, Pl. I, fig. 6 ;SELB1E 1914,77, Pl.XI, fig. 15-16; Pnsrix 1918,
265, fig. 82 ;BALss 1926, 30.
Carapace presque aussi large en avant qu’en arrière, ses aires branchiales
antérieures bien limitées ; sur les bords de chaque côté 7 dents spiniformes
(2 hépatiques dont la grande antéro—latérale, 2 ou 3 branchiales antérieures
suivies de près par deux branchiales postérieures réduites), sur la face dor-
sale une paire de fortes dents gastriques antérieures, presque toujours
suivie par une paire accessoire ; une ou plusieurs dents sur les aires hépa-
tiques, une en arrière de la fourche du sillon cervical, parfois des dents sub-
marginales près des bords de la région branchiale postérieure et souvent
sur le bord postérieur, toujours des dents au moins sur les tergites abdo-
minaux 2 et 3. Quatre épines sur l’article basal des pédoncules de al. Mxpa
avec l’ischion armé en dedans d’une forte épine distale, le mérus beaucoup
plus court armé d’une épine semblable vers le milieu du bord externe, et
une distale au bord externe. Chélipèdes très épineux et fort allongés, leurs
pinces tantôt de la forme grêle à doigts contigus, chez les grands exem-
plaires surtout mâles, béants à leur base par suite de l’incurvation basi-
laire du pouce (voir p. 165).
L’espèce présente des formes très diverses dont les caractères sont résu-
més dans le tableau suivant (l`lILNE—EDWARDS et BOUVIER 1899) :
1. Pas d’épines sur le 49 tcrgite abdominal ........................ 2
-— Des épines sur le 4s tergite abdominal ......................... 4
2. Une ou deux paires d’épines submarginales, surles aires branchiales pos-
térieures et sur le bord postérieur de la carapace ; épines gastriques ac-
cessoires réduites ou nulles. Cils du bord postérieur de la cornée ordi-
nairement courts ....................... forme bamftia PENNANT.
-— Pas d’épines submarginales, sur les aires branchiales postérieures,. 3
3 . Au moins 3 paires d’épines au bord postérieur de la carapace et des épines
gastriques accessoires. ........... f. intermedia Eow. et Bouv. 1899.
-—- Pas d’épines gastriques accessoires, pas au bord postérieur ..........
................................. f. gracilis Bow. et Bouv. 1899.
4. Une ou 2 paires d’épines au bord postérieur de la carapace, pas d’épines
submarginales, épines gastriques accessoires réduites ou nulles ; cils du
bord postérieur de la cornée pour la plupart courts (P1. V, fig. 3) ........
................... . ..... . ................... f. tenuimana. SAns
—— 3 ou 4 paires d’épines au bord postérieur ; ordinairement des épines
submarginales ; toujours des épines gastriques accessoires et des rugosités
éparses et parfois spiniformes, notamment sur les régions branchiales
antérieures. Cils du bord postérieur de la cornée très longs ..........
............................ . .................. f. rugosa Szias
Il y a tous les passages entre ces formes. En fait, on s’accorde à les
considérer comme des variations de bamffia, toutes sauf tcnuimana que
beaucoup d’auteurs tiennent pour une espèce autonome. HANSEN (1908)
et dans la suite SELBIE (1914) ont particulièrement relevé que le sternum

Momma 173
thoracique de bamffia est couvert de rides ou d’écailles ciliées quimanquent
totalement ou presque dans lenuimana : caractère qui s’ajoute à la réduc-
tion extrême des cils cornéens dans cette dernière forme. D’ailleurs tenai-
mana présente des épines plus fortes et des chélipèdes plus grêles que
bamffia. L’espèce décrite par BRINCKMANN (1936) sous le nom de Sarsi
est certainement un bamffia où les ornements sternaux ciliés sont dispo-
sés en rides obliques subparallèles. Tonalité de bamffia vivant : « des
taches d’un bleu vif sur un fond rouge » (BoNN1EP.).
Dimensions des plus variables : BoNN1En donne 40 mm. pour la cara-
pace d’un exemplaire qui mesurait 170 mm. du bout des chélipèdes à celui
de l’abdomen étalé ; mais la taille peut être plus grande. La forme ienui-
mana serait d’ordinaire un peu plus petite.
Depuis le sud de l’Islande, la Norvège et le Skager—Rak jusqu‘à Madère ;
cap Bojador et Méditerranée au moins jusqu`à l’Adriatique. Ne· se rencontre
pas au-dessus de 80 mètres et descend jusqu’à 1.500. La forme tenuimana,
surtout septentrionale, ne remonte guère au·dessus de 400 mètres, pourtant
Baôncx (1913) la signale dans le Skager-Rak par 53 brasses.
2. Munida perarmata MILNE-ED\VARDS et Bouvmn 1894, 225 ; 1900,
305, Pl. XXX, fig. 1 ;B0uv1Ea 1922,33.
Cette espèce n’est peut-être qu’une forme plus épineuse de la précédente.
Comme certains exemplaires de lenuimana,elle présente une paire d’épines
en arrière du sillon transverse de la région cardiaque, mais en plus une
paire semblable en avant de ce sillon ; paire gastrique accessoire bien dé-
veloppée, épines submarginales sur la région branchiale postérieure, 3
paires d’épines sur le bord postérieur de la carapace, 2 paires sur le 49
segment abdominal.— Taille relativement réduite, la carapace des plus
grands exemplaires connus atteint seulement 24 mm.
Golfe de Gascogne, Marseille. Remonte à 500 mètres, descend jusqu’à
1.500.
3. Munida curvimana Mime-Eowaxws et Bouvier: 1894, 226 ; 1900,
287, Pl. XXIX, fig. 12-16.
Espèce remarquable par les nombreuses dents qu’elle porte en série dans
la région postrostrale, mais surtout par ses chélipèdes très développés
qui se terminent par une pince puissante aussi longue que le carpe avec
des doigts arqués, béants à la base, croisés au bout distal, trois fois aussi
longs que la portion palmaire. ——- Longueur de la pointe rostrale au bout
du telson 112 mm., d’un chélipède 85 mm. dont 55 pour la pince. Dia-
mètre des œufs 0,5 sur 0,6 mm.
Cap Spartel, par 112 mètres, rap Blanc par 120 ; Madère par 500 mètres.
L'espèce pourrait être trouvée dans nos mers, c’est pourquoi elle est
signalée ici.

17-1 DÉcAPonEs Mancmsuns
G. MUNIDOPSIS WHITEAVES 1874.
En dehors des caractères indiqués au tableau (p. 162), il n’est pas possible
de définir exactement les Munidopsinés, leurs formes étant des plus di-
verses. C.’est en se basant sur la structure de ces formes que Mrrmz-Emv.».1>.¤s‘
(1880) a divisé ce groupe en plusieurs genres (Galathodes, Galacanlha, Oro-
phorhynchus, etc.) ; mais on reconnaît aujourd’hui la fragilité d’une telle
délimitation et qu’il convient de réduire le groupe au seul genre Munidopsis
constitué lui-même par un bon nombre d’espèces d'ailleurs faciles à carac-
tériser. Certaines de ces espèces ont un rostre triangulaire plus ou moins
galathéiforme, d’autres en pointe courte ou longue, relevée ou infléchie ;
certaines aussi présentent des épipodites à la base de leurs pattes comme di-
verses Galathées, mais il est bien difficile de trouver dans ce caractère autre
chose qu'un rappel des origines macrouriennes du genre. Au surplus, les
lllunidopsis sont essentiellement des formes abyssales, devenues aveugles
en suite de cet habitat, le plus souvent même avec des pédoncules oculaires
ankylosés et tres réduits ; leur test présente des teintes pâles, laiteuses et
lavées de rose, parfois il est fortement calcitié. Le M. Regnoldsi A. M. Eow.,
des Antilles, atteint les grands fonds de 4.300 mètres. Le M. pclymorpha
Konmanr. (1892) habite une grotte des Canaries en communication avec la
mer.
Le genre compte plus de 60 espèces dont les deux suivantes envoient
seules des représentants au—dessus de 500 mètres dans nos mers 2
— Rostre avec une forte pointe distale, portée sur une base large dont
les bords subparallèles se terminent par une dent aiguë ; pédoncules
oculaires bien développés et visibles pour une grande part sur les côtés
du rostre. Chélipèdes beaucoup plus longs que la carapace et dépassant
de beaucoup les pattes ambulatoires. Test avec de courtes stries ciliées
sur la carapace et des faisceaux de poils sur les pattes ..............
....................................... tridentata, p. 174.
—- Rostre en large triangle simple, cchant presque complètement les
pédoncules oculaires qui sont réduits et ankylosés. Chélipèdes courts et
forts, atteints ou presque par les pattes ambulatoires. Test à peu près
sans poils, mais orné de nombreux petits tubercules obtus ...... .
........................................... Marionis, p. 175.
1. Munidopsis tridenliata. EsM. (Pl. V, fig. 4) ; Galaihca iridenlaia Es-
MARK 1856, 239. Galaihodes lrideniaia Sans 1882, 6 et 43, Pl. I, fig. 3
M1LNE·EDwARDs et BOUVIER 1894, 279, fig. 32 et 1900, 331, Pl. XXXI.
fig. 5-7;BoUv1ER 1922, 48. Munidopsis irideniaia SELBIE 1914,81,Pl. XII
fig. 1-5. Galaihodes rosaceus A. MILNE—EDWARDS 1881. Munidopsis serri-
c0mis(LovEN) BA1.ss 1926, 29.
Carapace subquadrilatère avec les sillons peu indiqués, sauf le subcer·
vical, les bords latéraux très peu convexes armés de 3 dents en avant du
sillon et d’une 46 immédiatement après ; de fines stries transverses ciliées
sur le dos, sur les côtés de l’aire cardiaque une paire de dépressions ; front

Mumnorsis - 175
un peu oblique, étendu longuement depuis la base du rostre jusqu’à la dent,
antéro-latérale qui est médiocre ; sur ce front un denticule extra—orbi—
taire. Abdomen inerme, cilié, avec un sillon transverse. Pédoncules ocu-
laires subcylindriques atteignant à peu près le milieu de la base du rostre,
leur cornée visible, quoique sans facettes et sans pigment. Pédoncules de
al dépassant à peine la pointe du rostre, leur article basal avec deux lon-
gues épines ; fouet de a" très grêle et notablement plus long que la cara-
pace. Mérus de mœp° à peine plus long que l’ischion et armé sur son bord
de deux puissantes épines l’une vers le milieu, l’autre distale. Chélipèdes
pour le moins aussi longs que le corps étendu, un peu plus forts chez le 5‘ ;
une rangée de dents aiguës au bord interne du mérus, quelques autres
semblables au bout distal de l’article et du carpe, ces appendices inermes
ailleurs mais partout avec des faisceaux de poils; la pince aussi longue et
plus forte que les deux articles précédents réunis, les doigts d’un tiers de
sa longueur, béants à la base et finement denticulés au bord interne. Les
pattes 2, 3 et 4 avec une rangée de petites dents au bord supérieur du mé-
rus et du carpe, la terminale plus forte, le doigt plus court que le propode.
Pléopodes comme dans les Galathées, mais ceux des segments 3. 4, 5 plus
faibles, surtout chez le .5. — Longueur totale, du rostre au telson, dans
un 5*, 20 mm. dontllpourlacarapace, avec chélipèdemesurant 22,5 mm.;
dans une S2, 22 mm. dont 12 pour la carapace, avec chélipèdes de 26.
D’après SELME un très grand 5 peut mesurer 33 mm.
L’espèce est connue depuis les Lofoten et le Skager-Rakjusqu’aux Açores
et aux îles du Cap-Vert, de 80 mètres jusqu’à 2165; se trouve également dans
la région indo-pacifique. Sans (1889, Pl. IV) en a suivi le développement ·
qui est semblable à celui des autres Galathéides, abstraction faite du rostre
qui est plat dès le début larvaire et des épines latérales postérieures qui font
défaut. Il est probable que chez d’autres espèces du genre où les œufs sont
particulièrement volumineux il y a retard dans l'éclosion comme chez les
Uroptychidés. Dans JW. Anlonii A. M. Enw., qui se tient au voisinage des
Açores par des fonds de 4.000 mètres, on atrouvé sur une 9 une soixantaine
« de très gros œufs renfermant des embryons assez avancés ».
2. Munidopsîs Matîonis A. M. Enw. (Pl. VI, fig. 5) ; Galafhodes Marionis
A. MILNE-EDWARDS 1882. Orophorhynchus Marionis MILNE-EDWARDS et
Bouvmn 1894 b, 287 et 1900, 340, Pl. XXXI,fig. 14-16.
Diffère profondément de fridenlala par ses formes lourdes, ses pattes
épaisses et courtes et les sillons lisses qui délimitent sur la face dorsale
de la carapace des aires multiples, d’ordinaire bien saillantes et recouvertes
de petits tubercules. L’article basal des pédoncules de al porte deux épines
superposées ; le fouet de az est court, dépassant peu l'extrémité des ché-
lipèdes qui sont granuleux, inermes, avec des pinces où les doigts sont
contigus, en contact sur toute leur longueur, excavés sur la face interne.
Mérus de m:cp’ armé au bord de deux dents aiguës et d’un très petit den-

176 DÉCAPODES MARcrxEURs
ticule. Des épipodites à la base de p‘, pi, p3 comme dans quelques autres
espèces du genre. -— Longueur chez un 5*, du rostre au bout du telson
15,5 mm., de la carapace 8, d’un chélipède 9 mm.
Ce 5‘ est le seul représentant connu de l’espèce ; il fut pris par 450 mètres,
au large de l’île Planier, près de Marseille.
Famille des PORCELLANIDÀE HENDERSON 1888.
Orbites bien délimitées mais peu profondes, débordées parles pédoncules
oculaires qui sont courts et a cornée réduite; article basal des pédoncules
de al sans épines et dilaté laté-
ralement, article basal de ai en
  partie ou totalement caché sous le
    front ; pas d’épipodites sur mxpa ni
(   \ sur les pattes, celui de mazpl réduit
‘·,   a xx ou nul, les articles basilaires de
\ \_\ _   _   mxps (fig. 130) aplatis, surtout l’is-
\  `     chion qui est fort développé et
I   porte sa ligne dentée vers le milieu
 cq de la face supérieure, les articles
  \ terminaux avec de très longues
e n "  soies sur leur bord interne ; pinces
\ mobiles surtout dans un plan hori-
zontal; sternite de pi en baguette
calcifiée ; abdomen plat et sans
muscles, mais avec tergites et pleu-
rons, nageoire caudale de Gala-
‘j' théides; chez le 3 une paire de
pléopodes sur le le! segment abdo-
minal, parfois aussi sur le 26; chez
la Q, pléopodes sur les segments 3,
4, 5, ceux de 3 réduits, rarement
Fra. 130. —- Porcellana platychcles: ma:p°, nu]5_
face V‘m“"‘l°· Munis d’un fouet sur l’exopodite
de mœpl, les Porcellanidés appar-
tiennent à la même série évolutive que les Galathées et les Munides dont
ils se rapprochent d'ailleurs par leurs larves, mais celles-ci (fig. 131) avec
la pointe rostrale démesurément longue et les épines des angles latéro—
postérieurs très allongées. Encore que très peu saillant le rostre(P1. V, fig. 6
et 7) de 1’adu1te est plat et triangulaire ce qui rappelle celui des Galathées.
En somme les Porcellanidés sont des Galathea devenues cancériformes, et
jouent relativement à ce dernier genre le même rôle que les Lomisidés
relativement aux Pasuriens et les Lithodidés par rapport aux Eupagu-
riens.
Ce sont des formes côtières ou subcôtières, qui se tiennent depuis la
côte jusqu’a 15 ou 20 mètres, rarissimes sont les espèces qui descendent
au-dessous de 100 mètres et l’on cite la Porcellana Roberisoni que le « Chal-
lenger i· a trouvée par 700 mètres. Les Porcellanidés se logent ordinaire-
ment sous les pierres et dans les anfractuosités étroites, où ils peuvent ai-

PORCELLANA. 177
sément se déplacer à cause de la faible épaisseur de leur corps,‘[incapa·
bles des mouvements abdominaux que peuvent [effectuer encore les
autres membres de la tribu.
· G. PORCELLANA LAMARCK 1801.
Les Porcellanidae constituent un groupe fort vaste dans lequel on a
établi une dizaine de genres. Sr1M1>soN (1858) a réparti ces derniers ·ei1
deux groupes suivant que l’article basal des pédoncules de a" déborde ou
n’atteint pas le bord antérieur de la carapace. Les deux espèces sui-
vantes, propres à nos pays, appartiennent au premier de ces groupes-;
Mrd--__r`_ ) ’? 9
«    .·;· î . (Ã
/q/a '
’ ' 1
II" l / _
 1 g l
. il/il
Fm. 131. —— Larve métazoé de Porcellana longicornis.
leur front est nettement trilobé, leur carapace à peine plus longue que
large :
— Carapace et pattes toisonnées de longs poils ; chélipèdes avec les pinces
très larges et un lobe saillant denticulé sur le carpe à la base du bord
interne ...................... . ............. platycheles, p. 178.
—- Carapace et chélipèdes nus et lisses, pattes longues et étroites, carpe
des chélipèdes sans lobe saillant à la base du bord interne ...........
........... . ............................. longicomis, p. 177.
.l’ai montré (1899) que le système nerveux de la seconde est encore
macrourien, tandis que dans la première il prend déjà notablement la
condensation cancérienne (fig. 35, p. 32).
1. Porcellana longicornis PENN. (fig. 35, n°¤ 1 et 2 ; fig. 131, Pl. V, fig. 6);
Cancer longicornis PENNANT 1777, Pl. I, fig. 3 ; BELL 1853 et, 193 fig. ;
SELBIE 1914, 87 ; PESTA 1918, 268, fig. 83 ; BALSS 1926, 30 ; ScHELLEN—
manu 1928, 86, fig. 67 et 68 ; Nonma 1936, 120.
tîarapace nettement convexe, subcirculaire,à sillons nets, à bords min-
ces, l’angle antéro-latéral à peine sensible, quelques denticules près de l’é—
chancrure où aboutit le sillon subcervieal; lobe médian du rostre avec un
sillon dorsal profond qui le divise presque en deux. Fouet antennaire pres-
que deux fois aussi long que la carapace. Chélipèdes étroits et inégaux ;
leur pince à peu près aussi longue que les deux articles précédents réunis,
nouvuan 12

178 ¤ÉcAPoDEs Mlxacnnuns
un peu plus forte avec l’âge et à bords subparallèles dans la région pal·
maire qui est un peu plus longue que les doigts ; ceux—ci en contact au
sommet. Pattes 2 à 4 grêles, un peu pileuses, plus courtes que les chéli·
pèdes, leur propode bien plus long que le carpe et que le doigt. Tonalité
rouge brun clair, parfois jaune pâle. -—— Longueur de la carapace, de 7 à
10 mm. Diamètre des œufs 0,43 sur 0,3 mm.
Depuis le sud-ouest de la Norvège et les Iles Britanniques jusqu’à Port-
Etienne où l’a signalée Morzon ; les Canaries et la Méditerranée jusqu’à la
mer Noire et canal de Suez (BALSS, 1927). Moins commune à la côte que
l’espèce suivante, elle descend jusqu’à prés de 40 mètres.
2. Porcellana, platycheles PENN. (fig. 35, n¤¤ 3 et 4, fig. 121 et Pl. V,
fig. 7) ; Cancer plaiycheles PENNANT 1777, Pl, I, fig. 2. Porcellzma plaig-
cheles H. l\lILNE-EDWARDS 1837, 255 ;BELL 1853, 190, avec fig. ; HELLER
1863, 185, Pl. V, fig. 19-21 ; SELBIE 1914, 87 ; PEs'rA 1918, 270, fig. 84 ;
Bixtss 1926, 30, fig. 11 ;MoNoD 1933, 22 ; Norma 1936, 118, fig. 99 et 100.
Carapace à convexité très faible, ses bords latéraux minces, entiers,
terminés par un angle antéro—latéral sensible, la dent médiane du rostre
légèrement plus saillante que les dents latérales ; fouets antennaires un
peu plus longs que la carapace. Chélipèdes forts, terminés par une pince
puissante plate en dessus, son bord externe mince et convexe et garni
de très longs poils, son maximum de largeur à la base du doigt qui est un
peu tordu en S et à peu près aussi long que la portion palmaire. Pattes
2 à 4 plutôt fortes, inermes, leur mérus long et comprimé, les deux ar-
ticles suivants subcylindriques, de plus en plus courts, le doigt plus
court lui-même que le propode. Tonalité brun rougeâtre, les poils (en
massue) d’un brun sale. —- Longueur de la carapace 9 mm. jusqu’à 16.
Diamètre des œufs 0.6 sur 0.6 mm.
Espèce connue depuis les Shetlands jusqu’au cap Blanc où l’a trouvée
MONon (1933) ;les Canaries, la Méditerranée au moins jusqu’à l’intérieur du
canal de Suez (BALSS 1927). Commune à la côte et dans les parties qui dé-
couvrent aux grandes marées ; plus rare au-dessus de ce niveau.
On doit relever pour mémoire les deux espèces suivantes décrites par
, HELLER dans son ouvrage de 1863,bien qu’elles n’aient pu s’introduire
qu’accidentellement en Méditerranée 2 10 Porcellana Boscii AUDoU1N
1826 et Savioiw 1819, Pl. VII, fig. 2 ; HELLER1863, 184 ; le front est trian-
gulaire, sans lobe, l’aspect est celui de plaiycheles mais le test est recou-
vert de fortes et nombreuses stries arquées, ciliées sur les bords ; espèce
de la mer Rouge signalée en Grèce par GUÉRIN—MÉNEVILLE (1832) ;
20 Porcellana digiialis HELLER 1863, 183 ; front de la précédente, cara-
pace cordiforme avec légères rugosités transversales, Gibraltar.

ALBUNEA . 179
Tribu III. HIPPIDEA DE HAAN.
Aux caractères du tableau de la page 112 ajouter les suivants : carapace
occupant presque toute la partie visible du corps (Pl. VI, fig. 1), à rostre
très réduit ou nul, échancrée en arrière pour laisser apparaitre plus ou moins
le premier tergite abdominal, les deux ou trois tergites suivants également
visibles en dessus, les autres rabattus contre les précédents et le ster-
num thoracique ; rame caudale avec le telson bien développé, l’endopo-
dite et l’ex0p0dite des uropodes plutôt longs et étroits, peu propres à la
natation. Fouets de al et de a* munis de soies. Pas d’épipodites à m:zp°.
Pédoncules oculaires réduits, avec une très petite surface cornéenne.
La tribu comprend un certain nombre de genres propres aux pays chauds
dont un seul pénètre en Méditerranée. Muans (1879) la divise, d’après
STIMPSON (1858), en deux familles: 10 Albuneidae : carapace quadrilatère,
très peu convexe du côté dorsal, ses bords latéraux bien accusés, les pattes
débordant la carapace sur presque toute leur étendue ; mxpa sans élar-
gissement notable des articles et munis d’un exopodite; telson en long
ovale, pattes antérieures subchéliformes ; 20 Hippidae : carapace en ovale
allongé et subcylindrique, la face dorsale très convexe se continuant avec
les flancs en courbe régulière et cachant absolument les pattes; mzps oper-
culiforme et sans exopodite ; telson long et Iancéolé ; pattes antérieures
non subchéliformes.
On connaît très mal les mœurs de ces curieux Crustacés, mais la
longueur et la ciliation de leurs fouets antennulaires (Albunea) ou an-
tennaires (Hippo) montrent qu’ils vivent dans le sable et que ces fouets
doivent servir à la filtration du liquide respiratoire, comme on le verra
plus loin chez les Crabes du genre Coryslcs (p. 217). D’après Boas (1880),
les Hippidae semblent se rapprocher des Galathéides par l’intermédiaire
du genre Blepharopoda (Albunhippa) dont les antennules et antennes sont
peu modifiées, les pattes·mâch0ires postérieures franchement pédifor-
mes ; toutef0is,leurs antennes sont dépourvues de l’écaille qu’on observe
encore chez les Albunea, et qui manque chez les Hippidés. On sait par
BOAs que la métazoé des Albunea présente des exopodites natatoires
sur tous ses maxillipèdes, comme celle des Galathées.
G. ALBUNEA F.xBn1c1Us.
L’espèce suivante représente à elle seule la tribu dans les eaux fran-
· gaises :
Albunea. carabus L. (fig. 132 et 133) ; Cancer carabus L1NNél758. Albu-
nea cambus MoNoD 1933, 18. Albunea symnisla LUCAS 1849, 27, Pl. III,
fig. 2;HE1.1.1:Rl864, 153. Albunea Guerini Lucas 1853, 47, Pl. I, fig. 9 ;
Mmns 1879, 327 ; A. MlLNE·ED\V.\RDS et Bouvinn 1900, 2'îll.

l80 DÉCAPODES Mnaonxatas
Carapace à bords latéraux droits, à peine plus large en avant qu’en ar-
rière, dorsalement unie en arrière mais, ornée de stries obliques subparal-
lèles, du sillon subcervical et d’une partie du sillon cervical: le bord anté-
  C et
I  // /   ’//
 /  4, , / ,
/   /
F  ‘ ,
E G , \
/ \i\ fi
l \ / \\
1 l \ \
1 , I I x
Fm. 132. - Albunea carabus 5: A,front et région ocu1aire;B, pince de p1 avec le bout
distal du propode ;C, le doigt en relation avec le bout du propode dans p“ et D dans
p° ; E, propode et pince dans p‘; F, teison ; G, telson d’une Q.
rieur avec une échancrure en demi-cercle au fond de laquelle s’élève une
très légère pointe rostrale, de chaque côté de cette échancrure une rangée
frontale de 10-12 dents spiniformes et, juste en dessous de l’échancrure
antérieure de la ligne anomourienne, d’une forte saillie en pointe antéro-
latérale. Au fond de l’échancrure frontale (A), l’arceau ophthalmique
présente 4 nodules calcifiés dont les deux médians sont en pointe ; sur l’ar-
ceau les pédoncules oculaires, lames en triangles contigus avec une mi-
nuscule cornée qui occupe l’extrémité de leur bord externe un peu con-

' ALBUNEA 181
vexe. Les pédoncules de a‘, à base élargie, débordent la cornée de plus de
leur dernier article, leur fouet est puissant, plus long que le reste du corps,
muni sur son bord interne de deux rangées de soies dirigées en dedans.
Les pédoncules de az, pileux et forts, n’atteignent pas l’extrémité des précé-
dents, mais leur fouet,très court etlonguement sétifère,les dépasse un peu;
ils portent une écaille obtuse en baguette. Ma:p° subpédiformes. Pattes
avec de longs poils sur leurs bords, le propode de pl large, cordiforme, aplati
formant presque pince avec le doigt qui est falciforme (B). Pattes
2 à 4 comprimées latéralement comme les précédentes, leur propode assez
court, leur doigt fort allongé et en faueille, avec un talon basal arrondi
dans p“ (C), plus saillant dans p° (D), en large faucille simple dans p‘. Pre-
mier tergite abdominal mobile et très visible dans l’échancrure postérieure
de la carapace, les tergites 2, 3, 4 très forts, mais
progressivement décroissants, comme leurs pleu-
rons allongés ; les segments 5 et 6 réduits à leur ,9
partie tergale ; uropodes avec un long pédoncule
et deux longues rames en spatule courbe ; telson
sculpté chez leg où il présente deux touffes trans- 6X
verses de longues soies (F), sans sculpture, presque en
sans soies et plus régulièrement ovalaire chez la 9
(G). Les pléopodes semblables à ceux des Gala-
thées. Pas d’autres épipodites que ceux de mœpï cp
(fig. 133) ; pas d’autres pleurobranchies que celles `
de p°, done en tout ll branchies seulement.
Tonalité d’après Lucas: caparace brunâtre à Fm. isa. —- Albunca ca-
reflets violacés, pattes violacées à poils jaunes, çgg:8 jenmq; âggïâg
abdomen violet avec le 4¤ somite blanc. N¤E¤S· 1879)-
L’espèce parait propre à la Méditerranée méridionale, elle fut trouvée par
LucAs à Alger, sur fond sableux de 30 à 40 mètres. On l’a trouvée aussi à
Oran. Elle est voisine d’une espèce indienne symnista, (Pl. VI, fig. 1) plus
encore d’clcgans Enw. et Bouv. des Iles du Cap Vert qui n’est peut-être lui-
mème que la forme orientale d’un Albunea caraibe, Poœyophihalma Lxsacn.
En somme l’espèce semble plutôt rare, aussi est-il curieux de la trouver suf-
fisamment décrite sous le nom de carabus dans L1NNÉ et GMEMN.

Section III. BRACHYURA
Pattes antérieures chéliformes, au moins celles des deux paires suivantes
simples (ces deux caracteres comme chez les Anomoures),mais le doigt mo-
bile de la pince étant externe (non interne comme dans ces derniers). Toutes
les pattes avec le basis soudé à l’ischion (caractère également anomourien)
dépourvues d’épipodites et de podobranchies sauf chez quelques formes pri-
mitives ; des épipodites (fig. 134) sur les pattes-mâchoires où ils sont tres
développés surtout à mœpl ; le fouet exopodial de ces dernières dirigé du côté
interne (comme chez la plupart des Anomoures) ; le scape exopodial de
mœpa plus long que l’ischion endopodial (comme chez les Anomoures) ; l`eI1·
dopodite de mxpl uniarticulé (caractère anomourien), dilaté au sommet,
lacinie interne de cet appendice un peu plus courte que l’externe. Tous les
sternites thoraciques soudés en un plastron, l’épistome soudé au rostre pour
séparer les antennules dont l’artic1e basal est renflé tandis que les fouets
sont d’ordinaire très réduits ; antennes presque toujours avec les articles
2 et 3 soudés, 1’écaille nulle et le fouet d’ordinaire peu développé. Pléopodes
sans appendice interne ; nuls ou rudimentaires chez le 3, sauf ceux des deux
premières paires qui sont sexuels, les pléopodes antérieurs rares chez la Q,
ceux des quatre paires suivantes avec leurs deux branches trés développées,
l’externe simple et, à sa base, très éloignée de l’interne qui est ovifère et
multiarticulée. Uropodes nuls, tres rarement rudimentaires. Pleurons sur le
même plan que les tergites, telson simple. Naissentà l’état de zoé (fig. 47)
assez semblable à celle des Anomoures, mais d’ordinaire avec une épine
dorsale et, sauf chez les formes primitives, avec mœps sans fonctions
natatoires. A la zoé fait suite le plus souvent un stade mégalope (Hg. 48),
stade natant où la carapace élargie porte des appendices semblables à ceux
de 1'adulte, l’abdomen étendu la continuant en arrière et servant à la
natation par ses pléopodes biramés,dont l’endopodite se termine par des
crochets qui s’agrippent à ceux de 1’endopodite opposé.
L’appareil respiratoire présente des particularités intéressantes : la cham-
bre qu’il occupe de chaque côté est grande à cause de Félargissement cancé-
rien de la carapace, les branchies qui s‘y trouvent sont généralement volu-
mineuses, presque toujours en nombre restreint (podobranchies et pleuro-
branchies souvent absentes), du type phyllobranchial ; jamais elles ne sont
isolées dans chaque segment par les épipodites qui, du reste, n’existent point
à la base des pattes. On a vu plus haut (p. 24) comment s’effectuent la cir-
culation du liquide et le nettoyage des branchies dans cette vaste chambre.
L’abdomen du 5*, chez les Crabes, présente une disposition curieuse qui
avait été entrevue par Duvmmov en 1853, négligée depuis et que Charles
Pénsz (1928) a mise en lumière. Elle consiste en une coaptation étroite entre
une paire de petits tubercules situés sur le sternite de pé et une paire de bou-
tonnières correspondantes établies sur la face ventrale du 79 segment de
l’abdomen. D’après mes recherches, cet appareil existe chez tous les Crabes,
sauf :1es Dromiacés, qui ont conservé à cet égard une structure primitive,
les Corystes et les Pscudocorystcs, où la dépression sternale destinée à recevoir
l’abdomen est trés poilue et ne s’avance pas au delà de p” également, enfin
les Catométopes ocypodides, tout au moins les Uca, Ocypoda et Alacro-

BRACHYUR.-\ 183
phihalmus, sans doute pour des raisons en rapport avec leur genre de vie.
Piâmzz a particulièrement relevé cette observation intéressante que la même
disposition s’observe chez les femelles immatures qui ont encore la forme ab-
dominale masculine et, chez Pachygrapsus marmoratus (1933), qu'e1le per-
siste chez les mâles sacculinésjusqu’au moment où l’abdomen de ces mâles
acquiert le développement qu’i1 présente chez la $2. Dans les Crabes non pa-
rasités, la masculinisation de l’abdomen des jeunes femelles se termine par
une mue de puberté (1928) qui conduit au large abdomen déünitif, lequel
ne subira plus que de faibles croissances. Des phénomènes analogues de pu-
berté ont été signalés par Drmcn (1933) chez le Portunus pubcr et par
Tnissien (1933) chezle Macropodia roslraia où, d’ai1leurs, ils se manifestent
aussi chez le gpar Paccroissement considérable que prennent les chélipèdes
à la suite de cette mue.
La section des Brachyures est de beaucoup la plus vaste du sous-ordre
des Reptanlia. Dans son Histoire naturelle des Crustacés H. l`IILNE-ED-
WARDS y établit quatre subdivisions : Oxystomes, Cyclométopes, Cato-
métopes et Oxyrhynques, d'après la disposition du cadre buccal et la forme
de la carapace, laissant d’ailleurs parmi les Anomoures les Dromiacés et
les Ranines. Une première réforme de ce système fut proposée par DE
HIAAN (1850) qui, sous le nom de Brachygnalha,réunit les formes à cadre
buccal largement quadrilatère, c’est-à-dire tous les Crabes à l’exception
des Oxyslomala où le cadre buccal est prolongé antérieurement en pointe.
Mais en montrant que les Dromiacea, bien que franchement brachygna·
thes, constituent un groupe primitif duquel semblent dériver tous les
autres Brachyures, ses Brachyura genuina, BoAs(l880) asingulièrement
modifié la conception de DE HAAN. Et pour tenir compte de cette modifi-
cati0n,BonnADA11.E (1907), suivi par tous les auteurs modernes, a divisé
en trois groupes, Dromiacea, Oœyslomala et Brachygnafha, la section des
Brachyures.
On peut aller plus loin en tenant compte des affinités qui relient entre
eux les divers groupes de Brachyura genuina et celles, soupçonnées par
Boss, de ces groupes avec les Dromiacea.
La brachygnathie (fig. 134, A), en effet, nous parait plus propre à carac-
tériser une structure qu’un ensemble de Crabes : elle domine de beaucoup
chez les Brachyures et s’observe même chez les Oxystomes primitifs de la
subdivision des Cymonomés qui sont vraisemblablement issus de la
souche dromiacéenne ; d’ai1leurs elle est imparfaite chez les Corystiens
qui, par beaucoup de traits, se rapprochent tellement des Oxystomes, que
MILNE·EDWARDS les rangeait dans ce dernier groupe. S’il est difficile de
placer, comme on le fait actuellement, les Corystiens parmi les Brachy-
gnathes, il est clair par contre qu’ils occupent la tête d’une série assez
longue où la brachygnathie s’affirme de plus en plus pour conduire pardegrés
aux groupes supérieurs des Brachyures. Clef de voûte de presque tous les
groupes issus de la souche dromiacéenne, cette série doit être mise à part,
sous le nom de Corysloidea qui lui fut attribué jadis par DANA (1852),

184 DÉcAPonEs MAncHE1;1=1s
Placée en dehors et à côté des Brachygnathiens supérieurs, que BORRA-
DAILE divise heureusement en Brachyrhyncha et Oxyrhyncha, elle conduit
à l’un et à l’autre de ces deux groupes suivant des passages qui seront
indiqués dans la suite. Ainsi comprise, la classification des Brachyures
peut être présentée de la manière suivante.
TABLEAU DES GROUPES.
1. Une paire de pléopodes sur le 1€1‘ sternite abdominal de la Q, orifices
génitaux sur la coxa dans les deux sexes; parfois des traces d’uropodes
(fig. 134, B). Cadre buccal quadrangulaire, c’est—à-dire brachygnathe.
1€‘ article des pédoncules de az macrourien avec l’orifice urinaire sur
son angle interne .................. Tribu I. Dromiacea, p. 186.
—— Pas de pléopodes sur le 19* sternite abdominalde la $2; celle-cid’ordi—
naire avec les orifices sexuels sternaux ; pas traces d’uropodes. 1*** ar-
ticle des pédoncules de az signalé par un petit opercule (fig. 152) sous
lequel apparaît l’orifice urinaire(Brachyura genuina de BoAs) .... 2.
2. Cadre buccal rétréci et prolongé en avant (fig. 142) où il se termine par
une gouttière que clôt en dessous un prolongement du mérus de ma:p“,
sinon (formes primitives) l’orifice Q est coxal. Fouets antennaires avec
soies ........................... Tribu II. Oxystomata, p. 194.
- Cadre buccal peu ou pas rétréci en avant (fig. 134, A), sans gouttière,
orifice sexuel de la 9 sternal (Brachygnalha de BoRRADA11.E) ..... 3
3 . Le mérus de mœpa se prolonge en avant·du cadre buccal sur l’épistome
(fig. 146), ou s’arrête sur le bord même du cadre. Fouets antennaires
avec plus ou moins de longues soies, rarement rudimentaires ou nuls.
Front saillant en rostre entre les yeux. D’ordinaire carapace moins
large que longue et antennules repliées longitudinalement ; orifice 3
coxal. Sternum thoracique étroit. Tribu III. Corystoidea, p. 215.
— Le mérus de mxps s’arrête contre le bord antérieur du cadre buccal
(sauf chez quelques rares formes à fouet antennaire nu) ........ 4.
4. Carapace non triangulaire. Fouets antennaires normalement nus, d’or-
dinaire courts, rarement nuls. Front peu ou pas du tout saillant. An-
tennules repliées presque toujours transversalement ou obliquement.
Sternum large ............... Tribu IV. Brachyrhyncha, p. 226.
a. Carapace d’ordinaire hexagonale ou transversalement ovalaire
(Pl. IX,fig. 2). Orifice 5‘ presque toujours coxal ...................
..........,................... Groupe I. Cyclometopa, p. 227.
al. Carapace quadratique ou arrondie(Pl. XI, fig. 3). Orifice 5‘pres-
que toujours sternal ......... Groupe 2. Catometopa, p. 273.
— Carapace triangulaire ou ovalo·triangulaire. Fouets antennaires ordi-
nairement assez longs et pourvus de soies. Front en rostre bien saillant,

IIRACIIYURA  
d’ordinaire en triangle, souvent bifurqué (Pl. XIII, fig. 4). Antennules
repliées longitudinalement. Orifice 3 presque toujours coxal .........
.............................. Tribu V. Oxyrhyncha, p. 306.
Dans la classification de BormA¤A1r.E, les Brachychynques sont simple-
mcnt divisés en un certain nombre de familles dont trois (Corystidés, Até—
lécyclidés et llancridés) représentent nos Uorysloidea ; les groupes edward-
siens des Cyclométopes et des (Jatométopes sont supprimés à cause des
intermédiaires nombreux et importants qui les réunissent. Ils sont rete-
nus ici (mais à l’état de subdivisions), non seulement parce que res inter-
I   , V en
2  â'
dz cx
M  î__..· md W
sw hl" `“ t
€ • wc
/1     ..._ B M
  Q ge D
e 1/ i À
'lllw mr '
ld I   7* ·
  a s Z
e/·z / Co E
5* A C
F10. 134. —- Dromia vulgaris : A, région antérieure vue du côté ventra1,jusqu‘à la base
de pl ; m.zp* et m:vp* du côté gauche sont enlevés pour laisser apparaitre md et mzpl
dont Pépipopite est caché par le ptérygostome ; de même est caché saut à sa base
Pépipodite de mzp‘ ; B, les derniers segments abdominaux avec le telson tet les
rudiments ur d'ur0p0des ; C, msci droit en dessous ; D, mm' droit; E, mzpl
droit avec son endopodite distalement élargi (original et d’après l—l. Mime-En—
wnans). _
médiaires n’existcnt presque pas dans notre faune, mais en outre parce
qu’ils reposent sur la forme et facilitent ainsi le travail du déterminateur.
Nous voici dès lors avec un tableau qui permet d’envisager l’origine
et les enchaînements des Brachyures. Issus vraisemblablement des Axiidés
comme le pensait B0As, et par Vintcrmédiaire de ceux-ci des Homariens,
les Dromiacés ont servi de point de départ à tous les autres Crabes ; ceux-
ci ont évolué en divers sens, Oxystomes, Brachyrhynques et Oxyrhynques,
reliés entre eux par les Corysioidea qui tiennent plus ou moins des uns ou
des autres.

186 nÉcAP0nEs MARCHEURS
Tribu I. DROMIACEA Bons 1880.
Boils a trés exactement exposé, comme il suit, les caractères qui distin-
guent cette tribu des autres Brachyures : 10 Pattes 5 réduites, subchélifor-
mes (ou chéliformes). 20 Ischion de mœp° à bord interne élargi. 30 Mxpz et
mœpé rapprochés a leur base. 40 Lobe proximal de lalacinie interne de mx?
grand. 50 Saillie antérieure de la lacinie interne de mcvl courte. 60 Article uri-
naire fortement distinct. 70 Métazoé avec mp3 natatoires.
Les caractères 2, 4, 5, 6, 7, 8 et 9 rappellent les Macroures marcheurs et
les formes anomouriennes primitives ; il en est de même des suivants : palpe
mandibulaire replié sur le corps masticateur, mxp1 avec un fouet exopodial
et un épipodite, une paire d’arthrobranchies a la base de mœp0, une pleu-
robranchie au moins sur les péréiopodes 2, 3 et 4, une paire de pléopodes
sur le 10* segment abdominal des femelles, une paire sexuelle sur chacun des
deux premiers segments du 3. Au contraire, la réduction des pattes 5 et la
direction en dedans, et non en avant, du fouet des maxillipedes postérieurs
font songer aux Anomoures, groupe dont les Dromiacés seraient issus d’après
Criwss et ORTMANN. Cette dernière opinion n'est plus acceptée par personne ;
comme je l’ai amplement montré en 1897, les Dromiacés sont issus des Ma-
croures homariens et présentent avec eux tous les passages. Au surplus les
caractères cancériens sont manifestes chez les Dromiacés (fig. 134) en dehors
de ceux relatifs a la forme et aux relations de la carapace et de l’abdomen :
fusion presque constante du front et de la partie antérieure de la carapace
avec l’épistome, formation d’un cadre buccal dont le bord antérieur présente
de chaque côté une échancrure pour le courant respiratoire effèrent, dila-
tation terminale de l’endopodite de mœpl pour servir de plancher creux
à ce courant, etc. A l’orifice sexuel du 3 il y a toujours un pénis.
La tribu se divise en deux familles :
—- Toujours une ligne latérale sur la carapace (fig. 7),mais pas de ligne
homolienne. Chez la S2 des sillons loI1gitudinaux(fig. 135 et 136) qui par-
tent du bord sternal de p‘ et se prolongent plus ou moins loin (1). Des pleu-
robranchies à la base des pattes 2 à 5. ......... Dromîîdae, p. 186.
— Jamais de ligne latérale mais presque toujours une ligne homolienne
(fig. 14) ; jamais de sillons sexuels sternaux (fig. 137). La pleurobranchie
des pattes 5 fait défaut ..................... Homolidae, p. 190.
Famille des DROMIIDAE DAM ls;2.
Une des formes très primitives de la famille est l’H0m0l0dr·omia para-
doœa (fig. 9, p. 14) A. M.-Enw., espèce caraïbe subabyssale qui possède
20 branchies (dont 5 podobranchies) et sur la carapace des sillons très ana-
1. Ce caractère n’a pu être constaté dans l’Hom0lodromia paradoxe dont on ne con-
naît que le 3 ; Bonnnnsims (1903) l’a utilisé dans la diagnose des genres chez les Dro-
miinés normaux ou je l’ai signalé dans les Dicranodromia ; on l’observe aussi chez les
Dynoméninés, tout au moins chez les Dynomene.

DICRANODROMIA 187
logues à ceux des Homaridés jurassîques ; p' et p” sont réduites, subché~
liformes et rejetées sur le dos, mais l’espèce diffère de tous les autres repré-
sentants de la famille en ce qu’elle n’a pas de cavité 0rbito-antennu-
laire. On a formé pour elle la sous-famille des Homolodromiinae Bourvi-
DAILE, quiprend place à côté des deux suivantes, lesquelles ont unecavité
orbito-antennulaire bien distincte: Dromiinae ORTMANN où les
pattes4 et 5 sont réduites, subdorsales, chéliformes ou subchéliformes (Pl.
VI, fig. 5) : Dynomeninae ORTMANN où les pattes 5 présentent seules ce
caractère. Cette dernière avec beaucoup de caractères primitifs de la pre-
mière, mais, comme elle, étrangère à nos régions.
Sous-famille des DROMIINAE DANA, ORTMANN.
Cette sous-famille compte un assez grand nombre de genres dont
deux seulement sont représ enlés dans nos mers, et chacun d’eux par une
espèce. —
G. DICRANODROMIA A. M1LNE-Enwlmns 1880.
(Dicranodromia A. l`1ILNE·ED\VARDS 1880 ; Arachnodromia Atcocx
1899).
Carapace plus longue que large (P1. VI, fig. 2) régulièrement convexe,
sans bords latéraux nets ; avec une forte épine antéro-latérale et une paire
de fortes saillies triangulaires à la place du rostre qui est parfois représenté
entre elles par une petite saillie aiguë ; sillons et branchies (20 ou 21) à peu
près comme dans les Homolodromia ; sillons sternaux de la $2 (fig. 135),
n’atteignant pas tout à fait la base de p’, une très faible saillie péniale à
l’oriflce sexuel du 3, pas traces d’uropodes,telson cordiforme très développé
surtout chez la 9.
Avec les Dicranodromia on est en présence de formes presque autant
macrouriennes que les Homolodromia, davantage même parce qu’une es-
pèce caraïbe, D. ouala A. MILNE·EDWARDS a la formule appendiculaire
suivante :
Péréiopodes Maxillipèdes
   
V IV III II [ 3 2 1
Pleurobranchies. l 1 l l U 0 0 0
Arthrobranchies. 0 2 2 2 2 2 l (réd.) U
Épip. et podo-
branchies., . . 0 Ep.+l Ep.-(-1 Ep.+l Ep.-1-1 Ep.-}-1 Ep.—l—l Ep.
soit 21 branchies, une de plus que dans les Homards et les Homolodromia.
Dans les autres Dromiinés, par contre, les branchies se réduisent en nom- ‘
bre d’après une formule branchiale dont le type peut être donné par notre

188 nÉcAPo¤Es MARCHEURS
Dromia vulgaris où disparaissent tous les épipodites en arrière de pl, toutes
les podobranchies sauf celle de mzpz, en outre l'une des arthrobranchies
de p‘. C·'est une avance vers le type purement cancérien de même que la
dilatation postéro-antérieure du mérus de mxpa.
Dicranodromia MahyeuxiA. l“ILNE-EDW. (fig. 27 et 135 ; Pl. IV, fig. 2, 3,
4) ; A. IVIILNE-EDWARDS 1883, Pl. VII ; BoUv1ER 1897, 17, fig. 13 ; MILNE-
‘ EDWARDS et BOUVIER 1900, 14, Pl. III, fig. 4 (en couleur), Pl. IX, fig.
1-11.
Carapace plus large en arrière qu’en avant, sans saillie rostrale médiane,
couverte, comme le reste du corps et les pattes, d’un revêtement serré de
spinules ou de granules ciliés et de courts poils ; les péréiopodes p‘ et p°
sans saillie digitiforme au bout distal du propode qui est occupé par une
paire de fortes épines croisant le dactyle et constituant pince avec lui.
Tonalité jaune soufre légèrement teintée de vert. —— Longueur de la cara-
pace 6 à 9 mm.
«¢ O   Q
V   in org- A     
9  §,—' ‘ : `  
V   $‘ È
è` 13/ _ Org
a   • 0
 
Fm. 135.- Dicranodromîa Mahyeuxi Q,
face sternale et base des pattes depuis C _ __
p*jusqu’à p‘, montrant le sillon sternal Fm- É3¤· ··· Dfümlü RUMPML Q1 même
si, qui est dissimuie dans un plan Ubu- rêewn que dans la üs· 135-
que des bords du sternum.
L’espèce est la plus petite du genre ; dépourvue de saillie rostrale médiane
comme le D. Düderleini japonais, elle est plus éloignée de la forme primitive
que D. ovata, ayant perdu l’épipodite et la podobranchie de p° outre la
petite arthrobranchie de mœp*. Ses œufs mesurent environ 1 mm. tandis qu’ils
atteignent 1,5 mm. dans D. ovata où les embryons, d’après Ciwsrina (1894,
573), correspondent pour le moins au stade mysis ; dépourvus de pointes
aux angles postérieurs de la carapace, ils rappellent assez les Eryma ju-
rassiques.
, Golfe de Gascogne, Soudan, Açores ; depuis 454 metres jusqu’à 1.190 de
profondeur.

DROMIA 189
G. DROMIA FAnmc1Us 1798.
Carapace plus large que longue, très cancériforme (Pl. VI, fig. 5), assez
convexe mais à bords latéraux accentués et dentés, la dent antéro-latérale
a peine plus grande que les suivantes, le front avec trois saillies triangulaires
dont une médiane plus forte, les sillons assez complets, mais le cervical réuni
de chaque côté au subcervical par une anastomose. Branchies au nombre
de 14 (4 pleurobranchies, 9 arthrobranchies et une podobranchie). Sillons
sternaux de la 9 atteignant la base des péréiopodesiï ; chez le 3*, a chaque ori-
fice sexuel, un long pénis appliqué sur la face sternale. Entre le telson qui
est médiocre et le dernier tergo·pleuron abdominal une paire de plaquettes
triangulaires qui représentent les rudiments des uropodes. D’après Boas
(1880, 203, fig. 209é) la zoé présente sur pl un exopodite natatoire.
Dromia. vulgaris M1LnE-Enw. (fig. 11 et 134 ; P1. VI, fig. 5) ; H. l\ln.ma-
Eowixnns 1837, 173, Pl. XXI, fig. 5-8 ; BELL 1853, 369 et fig. ; HELLER
1863, 1-15, P1. IV, fig. 10 et ll ; Bonnmn 1887, 39 (ubi syn.) ; Bouvmn
1897, 18, fig. 14 ; Mimi;-Emvaans et Bouvmn 1900, 17, P1. IX, fig. 15 ;
PEsTA·1918, 275, fig. 85 ; Norma 1936, 19, Pl. VII, fig. 12. Dromia medi-
lerronea LEM;11 1816, Pl. XXIV A. Dmmia Rumphii Risso 1925 (nec
Fimnicrus 1798).
Corps et appendices avec un revêtement serré de poils assez longs munis
de quelques rameaux acuminés. Carapace assez fortement convexe, un
peu bossuée, à bords latéraux munis en arrière de l'orbite de quatre dents
plus ou moins aiguës, l’orbite elle·même fissurée en dehors ; chélipèdes
puissants à peu près sans épines ; péréiopodes 2 et 3 avec le doigt court et
en griffe, ceux des deux dernières paires avec une sorte de pince faite par
la griffe propodale et le doigt. Pénis en baguette fortement chitineuse, très
mobile sur sa base. Tonalité brunâtre, bout des pinces rose chair. — Lon-
gueur moyenne de la carapace 30 mm., mais elle peut atteindre une
taille d’un tiers environ plus grande. Diamètre des œufs 0,5 mm.
Depuis le sud de l’Ang1eterre jusqu'aux Açores et aux îles du Cap-Vert ;
commune en Méditerranée, moins dans la Manche (TOPSENT 1915) ; on la re-
trouve en Floride et aux Antilles ; subcôtière jusqu‘à 100 metres de profon-
deur. Porte assez souvent des Éponges ou des Ascidies coloniales qu’elle
retient avec les pattes des deux paires postérieures. Dnmanowsxa (1926)
et Fmmzia (1935) ont étudié de près le comportement des Dromies à l’égard
de ces organismes qui les dissimulent sans doute et, peut-ètre,servent à les
nourrir. Mouvements très lents, d’où le nom de «dormeuse» attribué à l’es-
pèce.
D’après les recherches de Boas (1880) confirmées par celles de Como (1893)
et de Lmaoun (1936), les métazoés de 1'espèce atteignent un stade presque
mysidien où 1'exopodite des chélipedes devient natatoire comme celui des
maxillipedes. Ensuite un stade mégalope où la carapace ressemble étran-
gement aux Prosopons jurassiques. J ’ai conservé à cette espèce le nom de
vulgaris que lui donnent tous les auteurs depuis H. MILNE-ED\VARDS ; pour-
tant elle me parait avoir été bien représentée par Lzacn sous le nom de me-
dilerranea que n'ont point relevé depuis les zoologistes.

190 DÉCAPODES Maacmsuns
Famille des HOMOLIDAE HENoEnsoN 1888.
Carapace plus longue que large ; front avec un rostre médian accompagné
sur ses flancs ou à sa base par une paire de lobes aigus; pédoncules oculaires
mobiles sur leur article basal qui est lui-même mobile sur le sternite ophthal-
mique,lequel passe librement sousla suture du front avec l’épistome,celui—
ci soudé latéralement avec la partie antérieure de la carapace. Cavité orbite-
antennaire nulle ou presque, péréiopodes 2 a 5 longs et grêles. Tubercule
urinaire saillant. Métazoés plus cancériennes que celles des Dromides et avec
une épine médiane dorsale.
Le groupe se divise lui-même en deux sous-familles bien distinctes :
— Carapace à peu près aussi large en avant qu’en arrière, sa région épi-
stomienne plutôt courte (fig. 138) ............. Homolînae, p. 190.
, -— Carapace en triangle fort rétréci en avant, sa région épistomienne
étirée en un long col (Pl. VI, fig. 6) ....... Latreilliinae, p. 193.
Sous-famille des HOMOLINAE HEN¤EnsoN 1888.
(Thelxiopidae RATHBUN, 1937).
Front avec une dent ou épine sus-orbitaire, plus loin avec une formation
semblable extra-antennaire, article basal des pédoncules oculaires à peu
pres de la longueur de ces derniers, le même article de ces pédoncules assez
fort et dilaté, fouet antennaire assez long. Carapace en arrière du front et
sur les bords du dos avec une forte épine antéro-latérale, suivie par des épines
plus petites ; en dedans et le long de ces dernières une ligne homolienne qui
semble se terminer en sillon subcervical ;toujours plus ou moins de saillies
aiguës sur la carapace. A la base des pattes au moins un épipodite sur les ché-
lipédes ; sur le plastron sternal un sillon transverse au niveau de l’articu-
lation ps et p*, en arrière de celui-ci une paire de sillons obliques délimitant
assez bien les sternites de p* et de pi (fig. 137, A). Pattes ambulatoires
assez grêles et allongées. D’après BoAs (1880) la zoé des Homoles a les
trois maxillipèdes natatoires comme celle de la Dromia vulgaris, maisl’exo-
podite de pl ne semble pas l’être.
(le groupe correspond aux Thelxiopidae nommé ainsi par RATHBUN en
1937, p. 61, qui substitue au nom de Homola LEAcn1815, celui de Thelcciope
proposé par RAFINESQUE en 1814 ; bien que cette substitution paraisse fon-
dée, elle ne saurait trouver place dans le cadre étroit du présent ouvrage.
Des trois genres qui composent le groupe, un seul, Homologenus HENDER-
son ne rentre pas dans notre cadre, étant abyssal dans l’Atlantique mais
aussi européen que caraïbe. Les deux autres genres sont les suivants :
— Carapace transversalement convexe, de contour un peu ovoïde, plus
large dans les régions branchiales ; rostre assez développé, aigu (fig. 14).
.......................................... Paromola, p. 191.
— Carapace plate ou peu convexe en dessus, de contour quadrilatère,
ses bords latéraux spinuleux (fig. 138). ......... Homola, p. 192.

PAaoMo1.A 191
G. PABOMOLA 1vO0D·M.~\SON 1893.
Patomola Cuvieri (fig. 14 et 137) ; Dorippe Cuvieri Rrsso 1816, 18. Ho-
mola Cuvieri Risso 1826, V, 34 ; HELLER 1863, 149, Pl. I`V, fig. 12-13 (ubi
syn.) ; Bouvma 1897, 60-62, fig. 24 ; MILNE-EDWARDS et Bouvxan 1900,
10. Paromola Cuvieri W0o¤·MAsoN 1893, 268 ; Noam; 1936,16, fig. 9 ;
HALBERT 1908, 129, Pl. V ;BoUx1N, Dxzseaossas et LEGENDRE 1937,60.
Ps
Q un 9 b
' a " ¤
Fü ~ ou
U U
A “$ B
Fm. 137. - Paromola Cuvierî : A, partie postérieure du sternum avec la base des pattes
correspondantes ; B, épipodite de m.rp· gauche montrant sa petite lame podobran-
chiale c on sfélèvent quelques saillies respiratoires et, un peu plus loin, le dédouble-
ment de l éplpodite en deux lames très in ga_1es a et b. La structure est la même, sauf
les petites saillies respiratoires, aux épipodites de pl, p', p', sur l'ép1p0dite de mxp*
il n y a pas de dédoublement mais la podobranchxe est normale (original).
Sillons et aires de la carapace du type des Homariens primitifs : un
petit nombre de saillies spiniformes en avant du sillon cervical, une de
chaque côté en arrière du sillon subcervical au point de départ de la rangée
latérale de spinules près de la ligne homolienne ; deux épines successives
inégales sur l’épistome. Pédoncules oculaires assez régulièrement dilatés
de la base au sommet, un peu plus courts que leur article basal ; un pro-
longement distal triangulaire au 29 article du pédoncule de az. Chélipèdes
subcylindriques, assez grêles, armés de dents aiguës sur le mérus ; pattes
des 3 paires suivantes également subcylindriques sauf le propode et le doigt
qui sont comprimés ; celui·ci droit, deux fois plus court que le propode
et armé de courtes épines ; pattes postérieures avec le propode arqué et
un talon épineux, le doigt bien plus court et un peu armé. Tonalité rouge
un peu orangé. Grande taille, la carapace pouvant atteindre 180 mm. de
longueur 13 de largeur avec une envergure (pattes étendues) de 1 mètre
03 (Bouxm, Dssnnossns et LEGENDRE, 1937). Dans une 9 moyenne, cette
longueur est de 85 mm., avec 115 pour p", 185 pour p‘, 110 pour p° et 0.7
pour les œufs qui sont attachés aux poils des multiples articles de l’endo·
podite pléopodal. BOUTAN signale des individus ayant 1 m. 20 d’envergure
(c’est—à·dire les pattes latéralement étendues);d’après lui, les chélipèdes
du 3 sont beaucoup plus longs et plus forts que ceux de la 9 (1925).
La formule branchiale est encore très primitive : pleurobranchies au

192 DÉCAPODES Mancmwns
niveau de pz, p°, p° ; une petite arthrobranchie sur p* et mxpz, deux ar-
throbranchies souvent inégales sur les appendices intermédiaires, des
épipodites depuis mccpl jusqu’à pa, celui de mzp*' avec une petite podo-
branchie, tous les suivants avec une lame basale sans feuillets qui repré-
sente une podobranchie à l’état rudimentaire (fig. 137, B).
C’est la seule espèce européenne du petit genre Paromola et l’un des plus
grands Brachyures de nos régions. Signalé dans l’Atlantique oriental depuis
Cork (HALBERT), les Glénans (Bouxm, Dnsnnossns et LEGENDRE) jus-
qu’au cap Bojador; d’après BARROIS(I888) serait commune aux Açores; mais
était surtout connue en Méditerranée occidentale depuis la Grèce ; habite
des profondeurs moyennes, et fut capturée par le « Talisman » au large du
cap Bojador sur un fond de 640 mètres.
G. HOMOLA Lnacri 181:3 a.
(Thelxiope RAFINESQUE 1814).
Homola. barbata HEnBsT (fig. 138) ; Cancer barbalus Hisnesr 1796, 166,
Pl. XLII, fig. 3. Homola barbala SM1·rH 1881, 420 ; MILNE—ED\N'àRDS et
*" "”" **%'• ..
  » A A A  
_ > A A ^ 2, /
v\\ A//’,·_ <= îp Q
à xx ‘û \
E · ` . 7  C
, ._ .« *4 .««·-* 41 _.
r J
â 'Ã   x
. ' \l
Fo B C
À Ã A
ii (
Fm. 138. -— Homola barbata 3‘ : A, face dorsale, le silloncervical e, avec ses deux points
gastriques, est très distinct du subcervical c et délimite nettement la région cépha-
lique de la carapace; B, doigt de p* ; C, propode et doigt de p°.
BOUVIER 1900, 10 et 1900, 27, Pl. VI, fig. 1-6; PEsrA 1918, 279, fig. 86;
NoBnE 1931, 18, fig. 10. Thelxiope barbaia RATHBUN 1937. Dorippe spini-
frons LAMARCK 1818, V, 245. Homola spinifrons HELLER 1863, 149,
Pl. IV, fig. 12 et 13. Thelxiope palpigera RAFINESQUE 1814, 21.
Dos formant angle droit avec les flancs ; rostre bifide et fortement dé-
fléchi, toutefois plus long que ses lobes basilaires ; saillies nombreuses

LATREILLIA 193
dans la région précervicale ; pédoncules oculaires assez brusquement dila-
tés dans la région cornéenne ; pattes avec des poils jaunâtres, particu-
lièrement longs et nombreux aux deux bords arrondis des chélipèdes ;
veux-ci avec le mérus trigone présentant sur chacun de ses trois bords
une rangée de fortes dents ; des épines sur le carpe, dont une plus forte
au bord interne. Des épines sur les pattes suivantes, notamment aux bords
supérieurs du mérus ; ces pattes très comprimées latéralement, avec le ‘
doigt droit, un peu plus court que le propode et armé de fortes épines.
Aux pattes postérieures, la rangée inférieure d’épines bien développée,
le doigt plus long, presque autant que le propode, fortement recourbé et
inerme. Un tubercule aigu au milieu du 28 tergite abdominal, un plus petit
sur le 39. Tonalité brun jaunâtre. —— Longueur moyenne de la carapace
33 mm. Diamètre des œufs 0,4 mm.
Cette espèce est à un stade d’évolution plus avancé que la précédente
comme le montre sa formule appendiculaire où les épipodites de mœps à p"
sont dépourvus de lames branchiales rudimentaires. Comme dans P. Cu-
vieri, l’arthrobranchie unique de p‘ est devenue pleurale. Téguments
couverts de fines rugosités.
Très voisine de 1’H. vigil Bouvxen, des Antilles, elle se trouve aussi dans
la même région et remonte vers le Nordjusqu’aux Etats-Unis. Toutefois
c’est plutôt une espèce de la Méditerranée occidentale où elle fut d’abord
signalée ; elle habite aussi les régions atlantiques voisines depuis le Portugal
jusqu’au large du Sahara et aux Açores. Elle se tient par des fonds variés
entre 50 et 400 mètres.
Sous-famille des LA TREILLIINAE Ancocx 1899.
Groupe très caractérisé par son facies qui rappelle celui des Macropodia
dont il diffère d'ail1eurs par tous ses caractères essentiels qui sont ceux des
Dromiidés homoliens, mais avec une réduction considérable de Pappareil
branchial ou disparaissent les épîpodites des pattes ambulatoires et toutes '
les arthrobranohies sauf celles de m.zp° et de pk Je regarde comme des lobes
du rostre les deux longues épines qui se trouvent à la base de ce dernier.
Les pattes ambulatoires sont extraordinairement longues et grêles.
Ce groupe est essentiellement représenté par le genre Lalreillia Roux
qui compte quatre espèces : trois indo-pacifiques, et la suivante qui fut
signalée d’abord en Méditerranée.
G. LATREILLIA Roux 1828.
Latreillia. elegans Roux (fig. 139 et, Pl. VI, fig. 5) ; Roux 1828, P1. XXII ;
H. MILNE-EDWARDS 1834, 277 ; HELLER 1863, 147, Pl. IV, fig. 14 ; C·ANo
1893, Pl. II. Lalreillea elegans MILNE·EDWARDS et BoUv1En 1894, 59,
Pl. VI, fig. 13 (en couleur), 14 et 15; 1900, 13. RATHBUN 1937, 73 fig. 18 et
Pl. 20, 21.
nouvinn I3

194 DÉCAPODES MARCHEURS
Rostre aigu, infléchi, assez court, ses lobes basilaires en épines presque
aussi longues que les pédoncules oculaires dont l’article basal est très
allongé, quatre ou cinq fois autant que les pédoncules eux—mêmes ;ceux-
ci avec la partie distale très renflée et presque totalement couverte par les
cornéules ; une dent aiguë sus-orbitaire. Sillon cervical très accusé suivi
par une dilatation en arrière de laquelle est indiqué, plus vague, le sillon
  subcervical. Pattes ambulatoires avec le
  doigt plutôt très court et assez fortement
/(lO arqué, les postérieures semblables mais
I un peu plus courtes. Chélipèdes notable-
cf `I / ment plus forts, plus courts, avec une
__,`· pince plus longue que le carpe et des
· /'   doigts moins allongés que la portion
  /P @1 palmaire. Abdomen normal cbezles jeu-
 ÃMF" nes, les trois segments qui précèdent le
A z telson soudés dans la Q adulte (1). Pattes
avec des spinules espacées sur le mérus
Fm 139 wLammia elegans mnt et le carpe ; de fortes saillies aiguës sur
etappéndicgg céphaliqugg vi;5 0b1i· le 28 Sûgment 3lDdOI1'l1Il3l€È les S111VâI1tS,
quement du côté dmîë avec 18 Carapace lisse et luisante, parcourue de
rostre r et les deux épines fron- . . ,
tales ei (original). bandes longitudinales d’un brun rougea—
tre que séparent des bandes roses ; pattes
annelées de brun rougeâtre et de jaune, pinces ordinairement jaunes. ——-
Longueur de la carapace depuis le bout de la pointe rostrale médiane
8 mm., largeur en arrière 3,5 mm., longueur de ps, 30 mm.
Capturée d’abord en Sicile, puis en Algérie, l’espèce a été retrouvée dans
l’At1antique oriental aux Açores et jusqu’aux îles du Cap-Vert, dans l’Atlan—
tique occidental aux Etats-Unis jusqu’au niveau de Philadelphie ; signalée
par Mouon (1933) dans l’Afrique australe. Elle se tient sur fond de corail ou
de sable entre 150 et 350 mètres de profondeur.
Tribu II. OXYSTOMATADE HAAN 1850.
La tribu des Oœyslomala comprend tous les Oxystomes de M1LNE-
Ebwiuins (à l’excepti0n des Corysies) et les Raninidés que le même auteur
rangeait avec les Dromies dans sa subdivision des Anomoures. Ses traits
les plus distinctifs sont les suivants :
Le courant d’eau respiratoire efférent s’effectue (fig. 140 et 143) par le milieu
du cadre buccal, qui est le plus souvent triangulaire, rétréci et creusé en
gouttière dans sa partie antérieure (d’où le nom d’Oxyst0mala), rarement
1. Dans une Q que j’ai sous les yeux les segments soudés sont les 3s, 4¤ et 5** ; il y a
» un gros tubercule aigu au milieu du tergite 2, un second sur le tergite 3, et un tubercule
plus réduit sur les pleurons de 4 et de 5.

¤omPP1¤A12 195
quadrangulaire et alors limité en avant (P1. V I, fig. 8) par une saillie trans-
verse, effacée ou nulle dans sa région médiane ; 1'entrée du courant d’eau
afférent, très variable suivant les groupes. L`orifice sexuel Q quelquefois
coxal, le plus souvent sternal.
La tribu comprend les quatre familles suivantes :
1. L’abd0men ne se rabat que partiellement sous le thorax (Pl. VI,
fig. 11), ses segments basilaires restent toujours visibles dorsalement
en arrière de la carapace avec, au moins, l’inserti0n de p° qui est réduit
et ramené en avant sur le dos, fouets de a’ médiocres (Oxystomes
primitifs). ............. . ..................................... 2
—— L’abd0men se rabat complètement sous le thorax ; les pattes des
paires postérieures sont normales et ne se ramènent pas sur le dos. Ca-
rapace nettement cancériforme, fouets de a" très réduits (Oxystomes
typiques). .................................................. 3
2. Carapace plus large ou aussi large que longue, rarement un peu moins ;
p‘ et souvent aussi p‘ réduits et ramenés sur le dos ; orifice sexuel 5*
coxal. .................................. Dorippidae, p. 19.3.
(larapace bien plus longue que large ; p5 est seul réduit et ramené sur
le dos ; orifice sexuel coxal dans les deux sexes ........ Raninidae.
3. Juste en avant de p', le bord ptérygostomien reste indépendant du
sternum laissant un orifice qui sert à l’entrée du courant d’eau ·
afférent (fig. 142,A). ;0rifice sexuelçî coxal .... Calappidae, p. 202.
— Juste en avant de p‘, le bord ptérygostomien est soudé au sternum
de sorte que l’eau afférente pénètre en avant dans la chambre bran-
chiale sur les côtés mêmes de l’orifice efférent (fig. 1-13), orifice sexuel <3‘
sur le sternum .......................... Leucosiidae, p. 204.
. La famille des Raninidés est tropicale, sans aucun représentant dans
nos pays.
Famille des DORIPPIDAE DANA 1852.
Carapace rarement un peu plus longue que large ; ses bords ptérygo-
stomiens indépendants du sternum en avant de p‘(sauf Dorippc, fig. 140).
Orbites non séparées des fossettes antennaires. Lacinie interne de mm" ré-
duite ou nulle. Toujours deux arthrobranchies à la base de mœp° et de p1 ;
une pleurobranchie au niveau de p’. Par suite de la déclivité du sternum
en arrière,l'insertion de p·* et de p‘ est visible du côté dorsal,celle de p° étant
en avant et au·dessus de celle de p‘.
La formule branchiale la plus complète est celle de Dorippe :
Pattes Maxillipèdes
V IV III Il I 3 2 1
Pleurobranchies .. ..... 0 0 1 1 O 0 0 0
Arthrobranchies. ...... 0 0 0 0 2 2 1 0
Épipodites et podo-
mancnies .. ........ 0 0 0 0 0. Ep. Ép.+l Ep.

196 DÉCAPODES MARCHEURS
La famille a été divisée correctement par ORTMANN (1892) en deux
sous-familles, Cyclodorippinés et Dorippinés; j ’ai repris (1897 0) et étendu
cette classification en tenant compte des nombreuses formes abyssales,
mais en ayant le tort d’y faire entrer les Palicus (Cymopolia) qui sont de
purs Catométopes (voir p. 304). Cette classification est la suivante :
A. — La Q avec ses orifices sexuels surla coxa de pl, et des sillons sternaux;
pas d’orifice respiratoire afférent à la base de pl ou cet orifice très ré-
duit, et dès lors, pas d’épipodite à la base de mœpll ou cet épipodite
rudimentaire g mérus de mœps plus ou moins prolongé en avant de l’in-
sertion du carpe. Formes plus ou moins abyssales ayant des œufs énor-
mes qui doivent sans doute donner naissance à des larves avancées. . .
................................... . Cyolodorippinaa ORTMANN.
cz. — Cadre buccal quadrangulaire, séparé de l’épistome par une
saillie transverse (Pl. VI, fig. 7 et 8) ; un fouet exopodial et ordi·
nairement un épipodite réduit à mxpf. Carapace quadratique ou
pentagonale. Toujours probablement 3 paires de pléopodes chez
la Q. ........................ Groupe 1. Cymonomae Boovma.
................. (üymopolus A. M. Eow., Cymonomus, p. 197)
a’. — Cadre buccal franchement oxystomien, c’est-à-dire triangu-
laire et aboutissant au front où se trouvent les orifices respiratoires
efférents; ni fouet exopodial, ni épipodite à mxpf. Carapace circulaire
ou transversalement ovalaire. Toujours probablement 4 paires de
pléopodes chez la Q .......... Groupe 2. Cyclodorippae BoUviER.
. .............. (ûyclodorippe A. M. Eow., Clythrocerus etc.)
A’. -— La Qavec les orifices sexuels sur le sternum et sans sillons sternaux,
toujours avec 4 paires de pléopodes. Un orifice respiratoire afférent
à la base de pl, la coxa de mxpl fermant cet orifice avec la base de l’épi-
podite qui est bien développé ; mérus de mœpa sans prolongement. Epi-
podites allongés à tous les maxillipèdes. Toujours des pleurobranchies
sur pl et p3. Segments 6 et 7 de l’abdomen toujours libres. Cadre
buccal typique d’©xystome. (Eufs petits,. . . Dorippinae ORTMANN.
a. — Orifice respiratoire afférent en long ovale ptérygostomien
longuement cilié sur son bord postérieur (fig.140). Carapace cordiforrne
à front bidenté ou obtusément échancré. Une arthrobranchie et une
podobranchie à mœpl ; mœpl sans fouet exopodial. Tous les segments
abdominaux libres dans les deux sexes. ....... Dorippe, p. 198.
a’. —— Orifice afférent contigu à pl. Carapace quadratique, un
peu élargie en arrière, à front quadridenté (fig. 141) ; mxpll à épipo-
dite articulé et à fouet exopodial. Segments abdominaux 3, 4 et 5
soudés chez le 6.
b. - Segments abdominaux 1 et 2 libres ; une podobranchie sur
mxpl ..................................... Ethusa, p. 200.

cYMouoMus 197
b’. - Segments abdominaux 1 et 2 soudés ; pas de podobranchie..
.......................... . ............ Ethusina. Siuirn 1881.
Ce tableau montre tout d’abord que les Cyclodorippinés sont dromiens
par la position coxale de leurs orifices sexuels et que, dans ladite sous·fa·
mille, le groupe des (lymonomés reste encore à un stade primitif, tout au
moins en ce qui regarde le mécanisme respiratoire. On est loin dans ce groupe,
de l’apparei1 des Oxystomes : le cadre buecal est quadrangulaire comme chez
les Dromicns, Pendopodite de mxpl ne présente guère d’allongement à son
bord libre et l'ischion de m:cp° reste dans les limites du cadre. Le courant
d.'eau afférent ne saurait guère pénétrer par 1’étroite fente qui sépare de p‘
le bord ptérygostomien ; mais nous avons fait observer, MXLNE-EDWARDS
et moi (1902), que la transition au mécanisme oxystomien semblait être
produite, chez les Cymonomés, par 1'abaissement ou la disparition, dans sa
partie médiane, de la saillie qui sépare en avant la cavité buccale de l’épi-
stome ;c’est par là, croyons-nous, que se rapprochent et convergent les cou-
rants d’eau efférents, ce qui annonce les vrais Oxystomes : Cyclodorippés
et Dorippinés.
Au surplus, les caractères dromiens sont très inégalement répartis dans
la famille : c’est ainsi que la pleurobranchie de p¤ manque aux Cymonomus
et subsiste chez tous les Dorippinés ; c’est ainsi également qu’on observe .
une podobranchie réduite à la base de m:vp' chez les Dorippe et Ethusa tan-
dis que cette formation dromienne fait défaut à tous les Cyclodorippinés
et aux Ethusina.
Les llyclodorippinés comptent une douzaine d’espèces qui habitent
les profondeurs caraibes, à l’exception d’une seule, Cymonomus granu-
lalus, qui se trouve dans nos régions.Les Dorippinés sont plus nombreux
(environ 30 espèces) et représentés dans toutes les mers, les uns sublitto-
raux pour la plupart comme les Dorippe et les Elhusa, genres qui comptent
tous deux une espèce dans nos mers, ou franchement abyssaux comme ·
les Elhusina.
Voici les caractères distinctifs des trois Dorippidés qu’0n peut recueillir
dans les eaux frangaises :
G. CYMONOMUS A. Minus-Eowanns 1880.
Cymonomus granulatus Norman (Pl. VI, fig. 7 à 10) ; Elhusa granulala
Norman in TnoMPsoN, Les abîmes de la mer, 1-16, 1875. Cymonomus gra-
nulalus A. Mime-Enwanos 1882,41; Minus-Enwaans et Bouvier: 1900,
34, Pl. XI, fig. 5-19 (ubi bib!.) ; Noam; 1836, 72 ; Moivon 1933, 489.
Test couvert de granules qui deviennent spiniformes en certains points,
notamment aux bords des pinces, plus encore à l’angle antéro·latéral de
la carapace ; celle-ci avec un rostre en triangle aigu élargi à sa base pour
former les orbites, arrondie sur ses bords latéraux, à peine convexe du
côté dorsal ou les aires, sauf la cardiaque, sont peu indiquées. Pédoncules
oculaires subcylindriques, un peu spinuleux, parfois encore mobiles, tou-

198 DÉCAPODES Mancnauns
jours dépourvus de pigment cornéen. Pédoncules antennulaires aussi
longs que la carapace; les fouets antennaires à peine aussi longs que leur
pédoncule. Sternites oculaires, antennaires et antennulaires fusionnés
entre eux et avec l’épistome en une large pièce qui se rattache au front
par une ligne de suture, et se termine en arrière à une faible saillie trans-
verse qui limite en avant le cadre buccal. Maxillipèdes avec des épipodites
réduits ; mérus de ma:p’* fortement prolongé en avant de l’insertion car-
pienne. Chélipèdes assez forts, leur pince avec une saillie épineuse vers son
insertion sur le carpe, les doigts en contact par leurs bords denticulés et
à peu près aussi longs que la portion palmaire. Les pattes 2 et 3 bien plus
longues et grêles, avec un doigt aciculiforme, incurvé, un peu plus long
que le propode ; p‘ et ps plus grêles encore, bien plus courtes, leurs doigts
fort arqués et aigus se rabattent sur le propode dont le bout distal porte
une touffe serrée de gros poils assez courts. Abdomen ovalaire à segments
libres dans les deux sexes ; trois paires de pléopodes articulés chez la Q ;
fausses pattes sexuelles du 3 assez semblables à celles des Dromies, mais
l’article terminal des postérieures n’est pas styliforme. -— Longueur de la
carapace, 4 à 5 mm. Diamètre des œufs, près d’un millimètre.
Connu depuis Valentia, dans les mers irlandaises, où il fut découvert, se
répand dans 1’Atlantique oriental jusqu’au Sahara et se retrouve en Médi-
terranée. Se tient entre 300 et 1.200 mètres sur fonds très divers. Dans cer-
tains exemplaires septentrionaux étudiés par NORMAN, les pédoncules oeu-
laires sont immobiles, longs, terminés en pointe et jouent le rôle du rostre
qui aurait disparu. A part l’atrophie du rostre, c’est une modification ocu-
laire constante dans la seconde espèce du genre, le C. quadratzzs A. Mimiz-
Enwanns, qui est propre aux mers caraïbes.
G. DORIPPE Fxnmcws 1798.
Dorippe Iàmatü L. (fig. 140 et Pl. VI, fig. 11) ; Cancer lanaius LINNÉ
1766, II, 1044. Dorippe lanaia Bosc 1802, 208; H. MILNE-EDWARDS 1837,
155 ; HELLER 1863, 128, Pl. IV, fig. 9 ; M1LNE—EnwARns et BOUVIER l900·
33 ; Pasra 1918, 286, fig. 88 ; Noam; 1936, 71, fig. 6 ; MoNon 1933, 491-
498, fig. 3 C, E, G, fig. 4 C et D, fig. 5 A, B, D.
Carapace rétrécie en avant, plus courte que sa largeur en arrière, son
dos un peu convexe portant des sillons et des aires bien caractérisés,celles-
ci avec des granulations qui s’élèvent çà et la en tubercules, notamment
sur l’aire gastrique; bords latéraux obtus avec deux fortes dents spini-
formes, l’une branchiale, l’autre extra~orbitaire ; sur les flancs une ligne
latérale qui aboutit à la première de ces dents. La saillie rostrale très large
atteint obliquement la base interne de la dent extra-orbitaire, se termine
par une incision arrondie que limitent deux saillies dentiformes, en dehors
desquelles se développe une échancrure. La cavité orbito—antennaire pré-
sente en dessous une forte dent aiguë infra—orbitaire un peu plus saillante

noairra l99
que le rostre ; les articles basilaires des antennes divisent cette cavité en
deux chambres, l’une externe pour recevoir le pédoncule oculaire que ter-
mine en dessus la grande cornée ovale, l’autre interne pour les antennules
dont les deux articles pédonculaires terminaux débordent longuement i
par l’échancrure d’où émerge à côté la plus grande partie des pédoncules
et le fouet assez réduit des antennes. Le bout étroit du long cadre buccal
  ti
x s ,,
  ^
    ' ·
  ··*
ex · ·
  â md
mxï.1 en 4 A ‘»’• , ll
. s·P1\/ ·
m   l   r s,
h e /  
  sem
0, ·¢*_, . gw  
\ `  ·' ü
Pa.
so so
Fm. 140. -— Dorippc Ianata, région front0—buccale en dessous ; du côté gauche de Vani-
mal on a laissé en place tous les appendices buccaux visibles, du côté droit on a en-
levé m.zp‘, laissé en place la base de mzp' dontles quatre articles terminaux de Pende-
podite sont en pointillé, mzpl étant tout entier visible avec ses deux lacinies basales.
En se soudure sternale du ptérygostome, ce qui limite le grand orifice inspirateur
(original).
(üg.140) dépasse légèrement l’incision qui sépare les dents rostrales; il
est lui—même légèrement dépassé par le bout libre de l’endop0dite de mxpl,
lequel, fort allongé et dilaté, forme le plancher du conduit respiratoire
elférent ; en arrière, dans sa partie large, le plancher du cadre buccal est
constitué par l’exopodite, l’ischio-basis et le mérus de mzps ; la coxa
étroite de cet appendice s’allonge en épipodite du côté externe. L’0rifice
respiratoire afférent occupe, non point la base de pl où le bord ptéryg0—
stomien est soudé au sternum,mais une fente ovalaire du ptérygostome
dont le bord postérieur est muni d’un filtre de longues soies, le bord anté-
tieur de soies plus réduites.
Chélipèdes plutôt courts, à peu près inermes, leur pince inclinée en
dehors, infléchie vers le bas, avec les doigts dentés en contact, croisés
Si la pointe et beaucoup plus longs que la partie palmaire. Pattes ambula-

200 nÉcA1>onEs MAncuEuns
toires bien plus longues et plus grêles, comprimées latéralement, leur mérus
' avec une rangée d’épines au bord supérieur, leur propode sillonné longi-
tudinalement, leur doigt presque de même longueur, aciculiforme, un
peu arqué. La patte p5 beaucoup plus réduite que p‘, toutes deux subché—
liformes.
Le 5‘ avec un abdomen triangulaire, une crête transverse au point où
le 36 segment s`infléchit sur lui-même; pléopode 1 plutôt fort près de sa
pointe aiguë, sans le petit appendice masculin en lame qu’on observe
dans Dorippe armaia ; le pléopode 2 normal et styliforme ; le pénis de lon-
gueur variable. Abdomen de la 9 très largement ovalaire avec le dernier
segment fort réduit ; les orifices sexuels très rapprochés. Coloration
brun-châtain due,p0ur une grande part, aux poils nombreux qui revêtent
le corps, ces poils longs sur les pattes,notamment aux bords du mérus et
du propode dans p2 et ps ; partout serrés et nombreux sur p‘ et ps à
l’exception des doigts.-Longueur moyenne de la carapace, 18 mm. ; la Q
peut atteindre 26 mm. (Eufs très petits et très nombreux.
Espèce essentiellement méditerranéenne ; d’après Monoo, les exemplaires
syriens présentent des variations notables (1931 a, 1933); dans l’Atlantique
remonte jusqu’au Portugal et descend au Sud pour le moins jusqu’aux îles
du Cap-Vert. Sublittorale, elle peut atteindre des fonds de 100 mètres. D’a-
près PEsT.~., ponte à toute saison, sauf en hiver.
G. ETHUSA Roux 1828.
Ethusa mascarone Hnnesr (fig. 141) ; Cancer mascarone Hnnesr, I, 191,
Pl. XI, fig. 69. Dorippe mascarone RoEMER 1789, Pl. XXIII, fig. 1. Eihusa
mascaronc Roux, Pl. XVII ; HELLER 1863, 142 ; Mn.NE—EnwAans et
Bouvmn 1900 ; PEsrA 1918, 289, fig. 89 ; Mouon 1933, 33. Eihusa Mas-
caroni NoBnE 1836, 71, fig. 138.
Carapace un peu élargie en arrière, tronquée en avant où la double saillie
rostrale, bicuspide, est séparée de la dent extra-orbitaire par une légère
échancrure ; dent infra-orbitaire presque nulle; bords latéraux arrondis ;
face dorsale presque plate, mais avec sillons distincts, les aires peu saillantes.
Pédoncules oculaires à surface cornéenne réduite et profondément échan-
crée en dessus, saillants en dehors de leur orbite qui est isolée de la fosse
antennulaire par l’article 2 —|— 3 des pédoncules antennaires. Antennules
courtes, complètement rétractiles en dedans de leur article basal qui est
bien développé. Cadre buccal du type des Dorippe, mais plus court, son
bout efférent au niveau de la base des antennules et largement séparé de
l’échancrure rostrale ; l’orifice afférent normal. Chélipèdes réduits, étroits,
subcylindriques, chez le C? un peu inégaux ; p2 et surtout pa beaucoup plus
allongés et plus grêles, avec le doigt styliforme un peu courbe, bien plus
long que le propode ; p‘ et p5 réduits, subégaux. Abdomen du 3 triangu-

ETHUSA 201 ·
laire, celui de la Q en ovale assez étroit qui, rabattu dans la déclivité ster-
nale, dépasse les orifices sexuels situés assez loin l’un de l’autre sur une
légère saillie. Corps à peu près lisse, toutefois de fines granulations sur
l’abdomen. Tonalité gris brun rose, jaunâtre du côté frontal, avec petites
lignes brunes sur la carapace et des raies transverses brun verdâtre sur
</B
f'. '·,_`
f i · l`
x 1
C
¢
§
A il
|!
I
l 
  \l‘
¤\ .
F1G.141. —· Ethusa mascaronc : A, carapace et appendices céphaliques droits
face dorsale; B, mm' gauche en dessous; C, dessous de mxp• gauche (original).
l’abdomen ; chélipèdes j aunàtres, pattes suivantes rougeâtres et tachées
de blanc.-Longueur d’une Q adulte 16 mm.Diamètre des œufs 0,4 mm.
à peu près comme Dorippe.
Ponte au printemps et au automne (Peau).
Se tient de 2 à 650 mètres, sur fonds variés. Surtout méditerranéenne,
atteint Alexandrie suivant BALSS (1936), connue dans l’Atlantique orien-
tal depuis le golfe de Gascogne (Mmnznn 1934) jusqu’au Congo ; le « Blake »
l’a retrouvée aux Antilles ; d’aprés MON0¤, elle aurait été signalée dans le
Pacifique, en Californie et aux Hawai.

202 DÉCAPODES MARCHEURS
Famille des CALAPPIDAE H. Mn.NE—EnwAaDs 1837.
Carapace cancériforme (Pl. VII, fig. l), à peu près aussi large que longue,
son front étroit et formant un arc avec les bords latéraux, ses bords ptéry-
gostomiens indépendants du sternum en avant de pl. Orbites non séparées
des fossettes antennaires par une réunion du bord orbitaire inférieur avec
le front. Laçinie interne de m:v* normale. L’orifice sexuel 5 sur la coxa de pé
en rapport avec un pénis, celui de la Q toujours sternal ; segments abdomi-
naux 3, 4, 5 soudés chez le 5*, formule branchiale des Dorippe (voir p. 195)
avec, en plus, un rudiment podobranchial sur l’épipodite de mœpa. La famille
se rapproche d’ailleurs des Dorippinés par la position des orifices sexuels
et par les segments abdominaux qui sont tous libres chez la Q, par son cadre
buccal oxystome et l’endopodite de mœpl allongé distalement, par l’orifice res-
piratoire afférent qui est du type oxystome normal. Au surplus, comme les
Dorippinés, la famille annonce les brachygnathes par Pélargissement à sa
base de l’endopodite de mwa, l’exopodite a fouet coude de mxpl, et par le
prolongement coxal de mcvpii dans l’orifice respiratoire afférent, prolonge-
ment qui s'articu1e avec l’épipodite comme dans les Eihusa.
La famille a été divisée par Atcocx (1896) en deux sous-familles : Ma-
iuiinae (avec Ie seul genre Mafula) où le type oxystome atteint sa réalisa-
tion presque parfaite, d’ailleurs avec un caractère particulier (le doigt de
ps transformé en rame natatoire) ; Calappinae où le mérus de mxpi, ni
allongé, ni aigu, ne cache pas au repos le fouet exopodial comme dans les
Matutinés.
Les Calappinés comprennent plusieurs genres ; la plupart sont normaux
avec un septum qui, sur le plancher antérieur du cadre buccal, divise en
deux le canal efférent ; les orbites y sont largement ouvertes, la base des
antennes les séparant très peu des fossettes où se replient un peu oblique-
ment les antennules,ce1les-ci très réduites comme les antennes. La famille
étant essentiellement tropicale, un seul de ses genres, Calappa rentre dans
notre faune où il est représenté par une seule des espèces assez nom-
breuses qui le composent.
G. CALAPPA Fanmcius 1798.
Carapace fortement convexe, élargie en arrière où elle forme une sorte de
bouclier sous lequel peuvent se cacher complètement les pattes 2 à 5 qui sont
médiocres, grêles, et terminées par un doigt styliforme longitudinalement
cannelé. Cadre buccal arrivant jusqu’au niveau des antennes, complète-
ment clos en dessous, sauf au milieu, par le grand ischio-basis, le mérus réduit
et le scape de1’exopodite de mœp”. Chélipèdes puissants ; quand ils sont inflé-
chis, étroitement appliqués contre la moitié antérieure des flancs obliques
de la carapace, leur mérus dilaté en dehors par une expansion aliforme com-
plétant celle de la carapace, leur pince très infléchie vers le bas, très compri-
mée latéralement avec une crête dentée au bord supérieur du propode. Plas-
tron sternal assez étroit, formé de deux plans inclinés qui se rencontrent
en profonde gouttière longitudinale sur la ligne médiane.

cALAr>rA 203
Calappa gtanulatü L. (fig. 142 et Pl. VI], fig. 1) ; Cancer granulalus
LINNÉ 1767, 1043. Calappa granulala Fsamcius 1798, 346 ; H. l\lxr.NE-
Enwlxans 1849, Pl. XXXVIII, fig. 1 ; HELLER 1863, 130, Pl. IV, fig. 3 ;
lVIILNE—EDWARDS et BOUVIER 1900, 59 ; PESTA 1918, 308, fig. 97 ; MoNoD
1928, 120, fig. 1 A, 9 A et E, 10, 12 A et D et 1933, 39 ; Noam; 1936,81,
fig. 73 et 74.
,,,4y«,· 
  il
, [  .
ls
1
/\
A
î A » 
m:%¢}s— '• 2 '
4*   .." ^ ·
, .   ,, Wi., —
,1,.%,,, —.       ;:.·3 _
  U"') u(":'i;E:;. :
  .  ‘···.. ,... ..
B .
A
F10. 142. — Calappa granulata : A, région fronto-buccale en dessous avec m1p° mon·
trant sur la base articulaire de l’épipodite une petite podobranchie et le bord déclive
de la carapace dans la partie du ptérygostome où se trouve la base de Pappendicc;
les deux orifices efférents sont représentés avec la haute crête sillonnée qui les sépare
et les bouts distaux de mzpi recourbés en gouttière pour constituer le plancher des
canaux efférents ; B, pince droite, face externe (original).
Carapace avec son bord antérieur découpé en fines incisions qui passent
peu à peu aux 5 ou 6 dents du bord branchial, le bord postérieur presque
droit, avec une échancrure médiane et, de chaque côté, deux dents assez
saillantcs ; des tubercules bas en avant, de courtes stries en arrière, région
gastrique et cardiaque mal séparées transversalement, mieux sur les
côtés. Front fort étroit, sa partie rostrale bidentée, ses orbites très incom-
plètement isolées ; un septum du cadre buccal délimité les deux gouttières
efférentes; le mérus de m:cp° présente une petite saillie digitiforme à la base
ct en avant du palpe; l’isohio·basis armé sur son bord interne de courtes
dents obtuses, la coxa très allongée en croissant dans le vaste orifice

204 mâcaronas Maacmauns
afférent, son fouet épipodial assez étroit et fort long. Chélipèdes volumi-
neux, leur face interne aplatie et moulée sur les flancs de la carapace ;
crête externe du mérus avec quatre fortes dents ; face externe du carpe
' triangulaire, crête supérieure de l’énorme propode avec six dents aiguës ;
_ du côté où la pince est plus forte (le droit d’ordinaire), deux puissants tu-
bercules arrondis à la base du doigt, l’un au bord supérieur, l’autre en face
servant de dent hasale, ce doigt faiblement denté, celui du propode da-
vantage (fig. 14*2 B) ; dans l’autre pince, les doigts sont en contact, régu-
lièrement denticulés. Pattes des paires suivantes faibles, comprimées laté-
ralement, leur doigt presque droit et plus long que le propode. Abdomen
étroit dans les deux sexes, surtout chez le 5, avec le dernier article assez
grand et triangulaire ; les bords un peu convergents chez le 3 à partir du
3** segment qui est plus large, subparallèles chez la S2. Pléopode I du 5‘ atté-
nué de la base au sommet, en rapport à son origine avec une évagination
péniale du canal déférent ; article basal du pléopode II assez large et don-
nant naissance à l’endopodite qui, peu après son origine, devient filiforme
et égale deux fois en longueur l’endopodite du ler pléopode. Chez la $2,
l’exopodite des pléopodes est simple et court, l’endopodite trés long.
Tonalité jaunâtre avec des taches rouges sur la carapace et les chéli-
pèdes. —Dimensions d’un5‘: longueur 53 mm.,largeur en arrière,ô7; d’une
grandeêë ovifère, longueur 70, largeur 88 mm. (Eufs très nombreux et
petits, diamètre 0,20 à 0,25 mm.
Méditerranée et Atlantique oriental depuis le Portugal, les Açores, Ma-
dère jusqu’aux îles du Cap—Vert ; entre 30 et 150 mètres ; les exemplaires
méridionaux paraissent plus petits, avec des tubercules plus forts. Chez C.
granulata, le dos de la carapace, les pattes ambulatoires et la face externe
des chélipèdes sont nus, ces derniers avec de longs poils sur leurs crêtes
dentées et au bord inférieur de la pince. Sur les flancs et sur tousles grands
articles de mxps une toison abondante qui doit jouer le rôle de filtre pour
l’eau afférente.
Famuie des LEUCOSIIDAE DAM 1852.
Carapace cancériforme avec un front presque toujours étroit, peu sail-
lant (Pl. VII, fig. 2 et Pl. VIII, fig. 1), bien distinct des bords latéraux qui,
en avant comme en arrière, convergent dans le sens des aires branchiales
où le diamètre devient maximum et égale presque ou dépasse la longueur
de la carapace. Région ptérygostomienne saillante. Les orbites ne sont pas
isolées par une rencontre du bord infra-orbitaire avec le front. Juste en
avant de pl, une partie du bord ptérygostomien se soude avec le sternum,
ce qui supprime 1’orifice afférent normal ainsi que le prolongement externe
et l’épipodite de la coxa de mxp° ; en avant de la soudure, le bord ptéry-
gostomien (fig. 143) est excavé pour servir de toit à un canal afférent qui a
pour plancher l’exopodite sans fouet de mœpa ; l’orifice afférent de ce canal
s’ouvre près du front, aux côtés mêmes du point où débouche le canal affé-
rent qui a pour toit le plafond rétréci du cadre buccal oxystome, pour plan-

LEUCOSIIDAE 205
cher l’endopodite de mxpl, pour protection l’ischio-basis et le mérus de mxpï
ce dernier article prolongé en avant de l’attache carpienne de son palpe qu'il
cache tout entier. Formule branchiale réduite au maximum : 2 arthrobran-
rhies (à mœp° et pl), une pleurobranchie àp“ et p*,pas d’épipodites (sauf peut-
être un rudiment douteux) à mxp‘ et mzp°(l). Pléopode 1 du 3 simple,rétréci
en avant ; pléopode 2 en court et étroit prolongement sur sa base dilatée,
engagé dans le canal du pléopode 1 ainsi que la courte saillie du canal dé-
férent. _ `
Se rapprochent des (lyclodorippés par leur forme et le rôle des pattes-
, ,~~; ·· "1f··"‘
/'  
/
mxpa ex CX
en   ·
  ·
 
6 1
P
Fm. 143. —- llia nucleus, région fronto-buccale vue en dessous pour montrer la circula-
tion de Peau : du côté droit de 1’animal mzp‘ dont Pexopodite sert de plancher à la
gouttière afférente ptérygostomienne ; le même appendice est enleve in gauche, ce
qui laisse apparaitre la gouttière et mzpl (ii tort mmp‘ dans la figure) dont Pendopodite
sert de plancher au conduit efférent. Les chilïres 6 et 7 représentent l'extrém1té de
l’abdomen femelle qui est rabattu contre la partie antérieure du sternum. En pointillé
la place qu’occuperait Vexopodite de m1·p* (original).
mâchoires dans le cadre buccal oxystome, des Dorippés par leur soudure
sterno-ptérygostomienne, des Calappes par leur front étroit et leurs appen-
dices céphaliques réduits;mais beaucoup plus évoluésdans le sens cancérien:
le 1°¤' article de leurs antennes se transforme en operculeurinaire et leur ori-
ilce sexuel mâle devient sternal avec une évagination péniale qui rappelle
les Calappes. Steinum thoracique très large; abdomen du5‘étroitement trian-
gulaire, celuide laîlargement discoïde ; le l" et le 78 segment de l’abdomen
libres dans les deux sexes.
Famille des plus riches ; on y compte un très grand nombre d’espèces
réparties dans une quarantaine de genres ; la plupart sont sublittorales,
mais certaines peuvent atteindre d’assez grandes profondeurs. Ancocx
1. Dans Ilia on observe de chaque côté 2 pleurobranchies, 4 arthrobranchies et, sur
le petit epipodite de mzp‘, un rudiment de podobranchie.

206 DÉcAP0DEs MARCHEURS
(1896) l’a passée en revue dans sa belle étude consacrée aux Brachyures
indiens où il la divise en deux sous-familles, Leucosiinae et Iliimze, d’ail-
leurs pauvrement représentées dans nos régions, surtout la seconde.
Sous-famille des LEUGOSIINAE ALCOCK 1896.
Mérus de mœp“ plus long (Pl. VII, fig. 6 et 10) que la moitié de la longueur
de l’ischi0n mesuré sur son bord interne ; doigts des chélipèdes régulière-
ment atténués de la base au sommet, ordinairement plus courts que la por-
tion palmaîre,laque1le est forte, d’ordinaire plus longue que large et compri-
mée latéralement.
Ainsi caractérisée par ALCOCK, la sous-famille a une tout autre éten-
due que celle de même nom établie en 1886 par Minas, et comprend la
plus grande partie des Leucosiidés. Dans nos régions elle n’est représentée
que par les trois genres suivants 1
TABLEAU ons GENRES.
— Carapace en forme de pentagone, d’hexagone ou d’heptag0ne, ses
bords latéraux souvent étendus en une crête tranchante ou obtuse, ses
régions dorsales indiquées par des saillies médiocres ou des renflements
plutôt que par des sillons (Pl. VII, fig. 2, 7, 11, 12). Le 36 et le 66 seg-
ment de l’abdomen presque toujours soudés aux segments intermé-
diaires dans les deux sexes ..................... Ebalia, p. 206.
——— Carapace subtriangulaire, remarquable par la puissante saillie des ré-
gions branchiales qui se prolongent latéralement au-dessus de la base
des pattes 2 à 4 ; la région cardiaque en une forte éminence arrondie
qui précède une paire de protubérances située sur le bord postérieur
(Pl. VIII, fig. 1). Dans les deux sexes, tous les segments abdominaux
sont soudés sauf le 16* et le 76 ................ Merocryptus, p. 212.
—- Carapace ovoîde, globuleuse, avec trois pointes au bord postérieur,
les régions obsolètes (Pl. VIII, fig. 39). Chélipèdes très longs et grêles.
Abdomen du 3‘ ordinairement de 4 pièces, celui de la 9 de 5 ........
...................................,........ Myra, p. 213.
G. EBALIA LEAcH 1816 b.
Front saillant, tronqué, plus ou moins bilobé ; sur ses côtés, une échan-
crure orbitaire supérieure, munie de deux petites fissures, laisse apparaître
dorsalement les pédoncules oculaires qui sont plutôt réduits ; antennules
repliées presque transversalement sous le front, leur chambre séparée de
l’angle interne de la cavité orbitaire par un hiatus que ferme incomplète-
ment l’article basal 2 + 3 des pédoncules antennaires, article étroit et fixe
suivi par une tigelle mobile d’un très petit nombre d’articles. Épistome fort

EBALIA 207
étroit ; mérus de m:cp• arrondi à son extrémité distale. Chélipèdes égaux,
ceux du 6 un peu plus forts ; pattes ambulatoires petites et diminuant de
longueur de p' à p‘. Test plus ou moins granuleux. _
Le genre compte d’assez nombreuses espèces dont les huit suivantes
habitent nos régions. .
TABLEAU DES Espàcas.
1. Le Sie segment abdominal libre chez la Q, le 6** chez le 3 (Pl. VII, fig.
4 et 5) ................... . ................................ Él
— Le 36 et le 68 segment soudés aux segments moyens dans les deux
sexes (Pl. VII, fig. 22). Carapace polygonale avec saillies hépatiques qui
déterminent dans le bord latéro·antérieur une échancrure prolongée sur
les flancs ; la carène gastrique se prolonge avec la saillie cardiaque et les
saillies branchiales qui sont obliques, l’ensemble formant une croix ;
` nombreux granules assez forts et arrondis, avec une paire de tubercules
gastriques et un tubercule métagastrique. Chélipèdes assez longs, un
peu comprimés aux pinces, fortement granuleux, certains granules
plus forts sur le mérus, les pinces dilatées à leur base et en crête tran-
chante à leur bord supérieur .................. tuberosa, p. 211.
2. Pattes ambulatoires plus ou moins granuleuses, mais sans dents ni
tubercules (Pl. VII, fig. 2) .................................. 3
-— Pattes ambulatoires assez granuleuses avec dents ou tubercules (Pl.
VII, fig. 18 et 19) .......................................... 6
il. tîarapace subarrondie ou subovalaire, peu ou pas déprimée en arrière
du front, avec saillies hépatiques, mais la carène gastrique et les saillies
branchiales nulles ou très réduites, les bords latéraux non étalés mais
munis d’un rang de granules plus forts et plus saillants que ceux du reste
de la carapace ; chélipèdes longs, peu ou pas comprimés, leur pince ii
doigts beaucoup plus courts que la portion palmaire qui est un peu
dilatée de la base au sommet (Pl. VII, fig. 2) ......... nux, p. 208.
— Carapace nettement polygonale, déprimée en arrière du front, mais
avec carène gastrique et saillies ou voussures branchiales, ses bords
latéraux un peu étalés et relevés en ailes ; chélipèdes moyens ou courts,
à mérus plus ou moins trièdre, à pinces comprimées latéralement, leur
doigt à peu près aussi long que la portion palmaire dont le bord supé-
rieur est plus ou moins saillant en crête ....................... 4
~l. Les bords latéraux saillants, rarement un peu obtus ; granules de la
carapace contigus, petits, semblables, non saillants ............. 5
—— Les bords latéraux épais et arrondis, granules de la carapace réduits
en avant, plus forts et trèsirréguliers sur les saillies branchiales qui sont
longues, arquées et rejoignent presque l’aire cardiaque ;une carène gas-
trique et des saillies hépatiques ; bords du mérus des chélipèdes à fortes

208 ¤ÉcAPoDEs MARCHEURS
saillies très obtuses, crête de la pince tranchante ; pattes ambulatoires
courtes et épaisses (fig. 144) ................... àmbigüü, p. 210.
5. Voussures branchiales peu saillantes sauf à leur point culminant où
elles sont indiquées par une saillie où les granules sont plus forts ; ché-
lipèdes médiocres, sans tubercules sur le mérus, le bord supérieur de leur
pince en crête basse et obtuse. Saillies hépatiques faibles, mais sensibles
(Pl. VII, fig. 7) ............................. Granchii, p. 209.
—— Voussures branchiales larges et régulièrement saillantes, granules si
petits qu’on les dirait obsolètes; chélipèdes courts, souvent avec des tu-
bercules ou des saillies aux bords du mérus, toujours avec une forte
crête tranchante. Saillies hépatiques indistinctes (Pl. VII, fig. 11) ....
......................................... tumefacta, p. 209.
6. Des tubercules mais pas de crête dentée au mérus des chélipèdes. . 7
—- Une crête dentée en arrière au bord interne du mérus des chélipèdes
(Pl. VII, fig. 20) ; des dentslaiguës au mérus, au carpe et au propode
des pattes ambulatoires ; carapace avec une forte carène gastrique, le
bord latéro-antérieur un peu lobé, le bord postérieur très saillant et for-
tement échancré ; partout des granules serrés parmi lesquels émergent
3 ou 4 tubercules gastriques, un cardiaque et un sur chaque voussure
branchiale ; chélipèdes assez grands, leur mérus trièdre à bords tran-
chants, leur pince très comprimée latéralement et à crête tranchante.
.......................................... granulosa, p. 211
7. Tubercules peu nombreux localisés sur tous les mérus, ainsi que sur
le propode des pattes ambulatoires (Pl. VII, fig. 12). Carène gastrique
nette et subaiguë, flanquée d’une paire de tubercules qui tranchent sur
les granules, ceux—ci particulièrement forts sur l’aire cardiaque et les
voussures branchiales. Abdomen de la S2 sans granules sur les bords et à
lignes de suture distinctes .................... Edwardsi, p. 210.
-— Tubercules nombreux et obtus sur tous les mérus, ainsi que sur le
carpe et le propode des pattes ambulatoires (Pl. VII, fig. 15). Carène
gastrique nette et subaiguë, flanquée d’une paire de longues saillies.
Les granules semblent totalement disparaître chez la Q, sauf sur les
voussures branchiales et cardiaque qui sont larges, fortes et occupées
par une sorte d’érosion. Abdomen de la Q sans lignes de suture mais avec
bordure de granules dans la région moyenne ..... algirica, p. 211.
1. Ebalia. nux NORMAN (mss.) (Pl. VII, fig. 2 à 6) ; A. MILNE—ED\VARDS
1881, 879 ; Pococx 1889, 26, avec figures ; MILNE-EDWARDS et BOUVIER
1899, 20 et 1900, 45, Pl. III, fig. 7 (en couleur), Pl. XIII, fig. 1-5 ; PEs'rA
1918, 303, fig. 95 ; NoBRE 1936, 79 ; MONOD 1932, 210, fig. 5.
Carapace avec l’aire cardiaque bien limitée de même que l’aréole méta-
gastrique ; des granules très variés passant quelquefois au champignon ;
une paire de petits tubercules gastriques non comprimés. Pléopodes 1 très

EBALIA 209 ·
effilés dans leur bout distal. Abdomen dug présentant une petite pointe au
milieu du bord antérieur de son 7° segment. Coloration rouge brique avec
nombreuses taches plus foncées. —-· Dimensions d’un 5‘, longueur 7 mm.,
largeur 6 mm., l0ngueurd'un ché1ipède,12mm.;d’une 9,5,5 mm., 4,5 mm.,
9 mm.; dans un grand 3 de 9 mm. l plus grande largeur égalait 9,3 mm.
Diamètre des œufs 3,5 mm.
Depuis les Iles Britanniques et la Méditerranée jusqu’aux Açores et aux
iles du Cap-Vert, entre 80 et 2.500 mètres.
2. Ebalia Cranchii L1;Acrr (Pl. VII, fig. 7à 10); LEACH 1815 b, Pl. XXV,
fig. 12-15 ; BELL 1853, 1-18 et fig. ; HELLER 1863, 127 ; MILNE•EDWARDS
et BOUVIER 1900, 41, PI. XII, fig. 1-3 ; Noam; 1936, 78, fig. 61 ;
PESTA 1928, 300, fig. 93 ; BALSS 1926, 35 ; SCHELLENBERG 1928, 100, fig.
76 ; MONOD 1932a, 209, fig. 9. Ebalia discrepans Cosra 1838, Pl. V, fig.
3 et -1. Ebalia Deshayesi Lucas 1849, 22, Pl. II, fig. 7. Ebalia chiragra
Fiscuaa 1872, -15, Pl. 1, fig. 1.
Aréole métagastrique courte ; une paire de tubercules gastriques, aire
cardiaque en cône obtus. Chélipèdes à granules plus forts, le mérus à an-
gles mousses, presque de la longueur des pinces. Pléopodes I à peu près
comme num, mais sans coude à l’origine du tiers distal. Abdomen sans tu-
bercules. Tonalité rougeâtre avec taches rouges sur l’abdomen. — Lon-
gueur de la carapace, jusqu’à 11 mm., nettement plus grande que la lar-
geur. Diamètre des œufs 0,3 mm.
Dans cette espèce, au contraire des autres, la saillie du ptérygostome
est dorsalement très visible.
Du Cattégat et de la Norvège jusqu’au Maroc, et Méditerranée ; de 20
à 550 mètres (jusqu’à 1.000 metres d’après BoNmx;a 1887). Dans certains
exemplaires, les bords latéraux sont un peu épaissis au lieu d’être tranchants
et relevés. ·-— Laaoua a étudié les stades larvaires de cette espèce : 4 stades
zoé à carapace globuleuse sans épine dorsale, les latérales et rostrales rudi-
mentaires ; la mégalope sans rostre et à 5 paires de pléopodes (1928).
3. Ebalia tumeîacta MoN·r. (Pl. VII, fig. 11) ; Cancer lumefaclus MON-
mcu 1808, 86, Pl. II, fig. 3. Ebalia lumefacla Noamlm 1868, 124 ; l`IILNE-
Enwlxans et Bouvma 1900 ; Pasra 1918, 298, fig. 92 ; BALSS 1926, 35 ;
SCIIELLENBERG 1928, 101,fig. 77; MoNoD1932a, 208, fig. 3 ; Noam; 1936,
7-1, fig. 66, 67 et fig. 72. Ebalia Bryerii LEACH 1815 b, Pl. XXV, fig. 12 et
13 ; BELL 1853, 145 et fig. ; HELLER 1863, 124. Ebalia Brayerii H. MILNE-
Emvaans 1837, 129. Ebalia aspera Cosra 1838, Pl. V, fig. 5.
Se distingue de Cranchii par les caractèresdutableau et par sa largeur
qui est plus grande que la longueur. Les pléopodes I, au lieu d’être effilés
dans leur partie distale, s'y étalent un peu en lancette. Tonalité variant
du rouge au rose chair, souvent avec taches plus foncées sur la carapace
aouvma 14

210 DÉCAPODES Mimcriizuas
et Pabdomen ; parfois grisâtre. —- Longueur de la carapace 6 à 12 mm.
Diamètre des œufs 0,2 à 0,3 mm.
Depuis la Norvège et les Shetlands jusqu'en Méditerranée et au Maroc.
Sublittorale jusqu’à 130 mètres.
Les bords latéraux antérieurs et médians sont quelquefois droits comme
dans algirica et Edu ardsi. Ce caractère distinguerait de tumefactalesétuba-
tensis Bmro CA1=ELLo (187.5), reconnu comme espèce valable par Noam;
(75, fig. 68 et 71) ; on les observe au Muséum dans des exemplaires capturés
à Saint-Vaast. Mais dans les types de Setubal, le mérus des chélipèdes est
simple tandis que ses bords présentent des saillies irrégulières dans les
spécimens de Saint-Vaast.
4. Ebalia. ambigua, n. sp. (fig. 144).
Piessemble à Cranchii par sa carène et ses tubercules gastriques : en
diffère par les traits indiqués au tableau, par son aire cardiaque tronquée
/
/
A. B.
Fia. 14-4. —- Ebalia ambigua : A, extrémité du chélipède gauche, face externe ;
B, extrémité de Pabdomen du 5‘, face externe (original).
plutôt qu’obtuse, par la forme et la largeur de la carapace qui rappellent
algirica. Pléopodes l de Crcmchii mais moins effilés dans leur tiers distal.
——- Longueur de la carapace 6 mm., largeur 7 mm., du mérus des chélipè-
des 2,5 mm., des pinces 3 mm.
Le type de l’espèce semble provenir de l’Expéditi0n d‘Algérie, Oran, sous
le nom d’a Ebalia Deshayesi », remplacé à tort par celui de Cranchi.
C. ScuLEoEL, qui l’examîna, observe justement, dans une note manuscrite,
que Pexemplaire n’a rien du Deshayesi figuré par Lucas et qu’il se rap-
proche surtout par sa forme de Palgirica.
5. Ebalia Edwardsi C·osTA (Pl. Vll, fig. 12 à 14) ; Cosra 1838. 2, Pl. Ill.
fig. 3 ; HELLER 1863, 126 ; Minus-Enwimos et Bouvier. 1900, 43, Pl. XII, '
fig. 5-7.
Carapace sans saillies hépatiques mais à fortes voussures branchiales ;
les trois parties de ses bords latéraux presque droites, le bord postérieur
peu saillant et à peine échancré ; crête des pinces très saillante. Tonalité

EBALIA 211
rouge clair avec taches moins accentuées. — Longueur de la carapace
d’une Q 6 mm., largeur 6,2 mm., longueur du mérus des chélipèdes 2,2 mm.
de la pince 3,6 mm.
Espèce rare, trouvée d'ab0rd dans le golfe de Tarente, capturée depuis
au large de Setubal et aux Canaries. De 30 à 100 mètres.
6. Ebalia algirica. LUC. (Pl. VII, fig. 15 à 19) ; LUcAs 1848, 22, Pl. II,
fig. 7; MILNE-EDWARDS et Bouviian 1900, 44, Pl. XII, fig. 8-14.
Confondue avec Edwardsi par HELLER, cette espèce s'en distingue,
non seulement par les traits relevés au tableau, mais par sa largeur beau-
coup plus prédominante, son bord postérieur sans échancrure, ses pattes
ambulatoires réduites. Tonalité blanc jaunâtre avec une tache rouge sur la
face interne du mérus des chélipèdes. —Longueur dela carapace Q 4,7 mm.,
5* 4,5 mm. ; largeur? 5,3 mm., 5 5,1 mm. Diamètre des œufs 0,2 à 0,3 mm.
Le type, une 9 prise àA1ger, mesure 8 mm. de long et 10,2 mm. de large.
Un 5 et une Q furent capturés par le «Talisman ai dans les régions Madère-
(Zanaries, par 100 et 790 mètres. Le sternum thoracique ressemble beaucoup
lil celui d’ambigua.
7. Ebalia. granulosa H. M. EDw(P1. VII, fig. 20) ; H. Muimz-Eowaans i
1837, 130 ; BELL 1855, 303, Pl. XXIII, fig. 5 ; l`rIILNE·ED\VARDS et
Bouvwn 1900, -12, Pl. XII, fig. 4 ; Prism 1918, 302, fig. 94. Ebalia Cnslae
IIELLER 1863, 125, Pl. IV. fig.4.
Par l’échancrure qui détermine deux lobes dans ses bords latèro-anté-
rieurs, cette espèce offre quelque ressemblance avec la suivante ; mais elle
est notablement moins large, sa longueur (5* 7 mm., Q 9 mm.) égalant 51
peu près sa largeur. Tonalité jaunâtre avec deux taches rouges sur la ca-
rapace.
Espèce méditerranéenne littorale ou sublittorale, mais pouvant descendre
jusqu’à 445 mètres.
8. Ebalia l;ube1'0Sa. PENN. (Pl. VII, fig.   à 25) ; (.'an¢·er luberasus PEN-
NANT 1777, Pl. IX, A, fig. 19. Ebalia lubemsa NORLIAN 1868, 264 ; IVIILNE-
Eowarms et Bouvmn 1900, 47, Pl. XII, fig. 15-21 ; PEs·r.x 1918, 297, fig.
91 ; BALSS 1926, 34, fig. 14 ; MONOD 1932, 210, fig. 1. Ebalia Pmnaniii
Lenoir 1851, P1. XXV, fig. 1-6 ;B1sLL 1853, 1-il et figures ; HELLER 1863.
128 ; Norm}: 1936, 76, fig. 63 et fig. 70. Ebalia insignis LUcAs 1849, 24,
PI. II, fig. 8.
Dans la forme commune, les granulations ne présentent guère de déve-
loppement particulier ; dans certains insignis recueillis par Lucas et dans
plusieurs exemplaires rapportés par le « Talisman », ces granules s’élèvent,

212 DÉcAPonEs MAncHEuRs
se pédonculisent en champignons et deviennent prédominants sur les
bords latéraux de la carapace. On observe à peu près tous les passages
entre ces formes extrêmes. Pléopode I dilaté en losange obtus dans sa
partie distale ; l’article basilaire du pléopode II beaucoup plus fort que
dans les autres espèces. Tonalité rougeâtre et brunâtre, avec taches plus
foncées sur la carapace et l’abdomen. — Longueur de la carapace en
moyenne de 8 à 9 mm., mais peut atteindre 15 mm.
Des Iles Britanniques et de la Manche jusqu’aux Açores aux Canaries
et au Soudan ; d’après ODHNER (1923) se retrouverait au large de l’Angola.
Sublittorale jusqu’à 130 mètres.
G’est à tort que Norme (1936) identifie avec cette espèce le granulosa
de NIILNE-EDWARDS.
G. MEROCRYPTUS A. blILNF—ED\VARD$ 1873.
Se distingue d’Ebalia par la forme et les saillies de la carapace, également
par la petite fissure du bord orbitaire supérieur, 1’épistome un peu plus
large, le mérus de mœpa terminé en pointe à son bout distal, les granules
du test plus forts et souvent dilatés en champignons.
È:
 X  
O ·  
FIG. 145. ———- Ztlerocryptus bolctifer, face inférieure de la moitié droite de la région fron-
tale avec les appendices céphaliques, et Yextrémite inférieure du cadre buccal occu-
pée par le merus et le bout distal de Pexopodite de mxp° (original).
Le genre compte trois espèces, une indo—pacifique, deux propresa l’At-
lantique. De ces dernières, la suivante est seule représentée dans nos mers.
Merocryptus boletiîer Enw. et Bouv. (fig. l-15 et Pl. VIII, fig. 1-2) ;
MILNE-EDwARDs et BOUVIER 1894, 56, Pl. IV, fig. 1-9 ; 1899, 21 ; 1900,
55. PESTA 1918, 305, fig. 96.

MYRA 213
Expansions branchiales en forme de triangles plutôt tranchants ; sur
chacune d’elles une saillie dorsale oblique et longue qu’un étranglement
sépare de la saillie métagastrique plus courte, ovoïde, mais aussi puissante ;
à la partie postérieure de l’aire cardiaque, peu proéminente, une saillie
impaire élevée, tabulaire et arrondie à son sommet, dominant la paire
des tubercules postérieurs qui sont médiocres et obtus ; saillie hépatique
fort réduite. Toutes ces parties couvertes de forts granules serrés qui, dans
les dépressions et surtout en avant, s`élèvent en des sortes de champignons
dont le chapeau arrondi est crénelé sur les bords. De chaque côté, sur la
région ptérygostomienne, une forte saillie conique dirigée en dehors, ce
qui la rend visible du côté dorsal ; en arrière, devant les régions branchiales,
deux saillies successives plus réduites, qui appartiennent en fait au bord
latéral, mais ne sont pas toujours dorsalement visibles. Pédoncules ocu-
laires dilatés à la base, article urinaire du pédoncule des antennes assez
grand, l’article basal suivant long et étroit, situé dans le sinus orbitaire,
viennent ensuite la tigelle mobile et l’ébauche de fouet. Chélipèdes assez
forts, surtout chez le 5*, avec un long mérus subcylindrique, un carpe ar-
rondi en dehors, des doigts à peu près aussi longs que la portion palmaire
et en contact sur toute la longueur de leur bord interne qui est finement
denté. Doigt des pattes ambulatoires en stylet arqué, un peu plus long
que le propode. Abdomen du 3 en étroit triangle, celui de la Q largement
discoide et déprimé sur toute sa longueur suivant la ligne médiane. Sur les
flancs, les pattes-mâchoires externes, le sternum thoracique, l’abdomen
et les pattes, de gros granules qui, surles pattes ambulatoires, à l’exception
du doigt, sont accompagnés de forts tubercules obtus ; aux parties libres
du plastron sternal, les granules sont fréquemment bolétiformes. Tonalité
générale blanc jaunâtre, légèrement teinté de rose ; des taches rose vif
sur les pattes et les parties latérales de la région gastrique avec teinte vio-
lacée autour de l’aire cardiaque. —— Longueur de la carapace d’une Q,
8,6 mm., largeur 10 mm. Mâle à peu près de même taille.
Açores, sur sable et roche. De 54-98 metres à 629. Signalé plus récemment
dans l’Adriatique, par Pzsrx (1912), sur fond d’AIgues, par 128 mètres.
G. MYRA LEACH 1814-1817.
Le genre se distingue par les trois dents ou épines du bord postérieur de
la carapace, la mitoyenne étant très prédominante, également par l’avance
de la région fronto·orbitaire ; la région hépatique forme une facette reliée à
une échancrure latérale qui se continue avec une saillie ptérygostomienne
visible du côté dorsal. Le mérus de mxp* a la forme d’un triangle aigu mesu-
rant à peu près la moitié de la longueur du bord interne de 1'ischion.
Genre indo-pacifique dont une espèce, la suivante, existe en Méditer-
ranée où elle s’est introduite récemment par le Canal de Suez.

214 DÉCAPODES MARGHEURS
Myra. îugax FABR. (Pl. VIII, fig. 3) ; Leucosia fugaa: FAsa1c1Us 1798,
351. Myra fugax LEAGH 1817, 24 ; H. M1LNE—EDwAP.Ds 1837, 126 et
1849, Pl. XXV, fig. 3 QALCOCK 1896, 202 ; MoNoD 1930, 141, fig. B et 1931,
427, fig. 25. Iilyra carinafa BELL 1855, 297, Pl. XXII, fig. 3. 1`Wyra coa-
lila H1LGENDoRF 1878, 812, Pl. I, fig. 6 et 7. Myra dubia Mmes 1879,
42. Cancer punciaius HERBST I, 89, Pl. II, fig. 15, 16.
Carapace avec un semis de fins granules qui deviennent plus forts au-
tour des facettes hépatiques et qui ponctuent le bord latéral. Front lar—
gement bidenté et dorsalement convexe, laissant apercevoir les pointes
des conduits respiratoires et du mérus de mxp”;rétractés dans leur fossette
les yeux ne sont pas visibles. Chélipèdes fort variables : chez le 3 adulte
trois fois de la longueur de la carapace, moindres chez la Q ; le mérus cy-
lindrique et les pinces fort allongés, ces dernières infléchies à l’origine des
doigts qui sont finement denticulés et plus courts que la portion palmaire.
Pattes ambulatoires atteignant au plus le bout distal du rnérus de pl, leurs
doigts lancéolés, plus longs que le propode et franges de poils mous assez
longs. Tonalité dans l’alcool, d’après Ancocx : rose chair, les chélipèdes
« coppery », le front et les régions branchiales souvent de teinte bleuâtre.
— D’après le même auteur, la longueur d’un grand 3 (abstraction faite
de l’épine postérieure) mesure 28 mm., la plus grande largeur 23 mm.
Commune dans les mers indo-pacifiques, 1’espèee fut signalée dans le Canal
de Suez par CALMAN ; BALSS l’a fait connaître en 1936 dans les fonds sa-
bleux d’Alexandrie, mais d’après Monon, dès 1930, elle avait gagné la Mé-
diterranée orientale (Syrie et Palestine). ——— L’espèce varie beaucoup avec
1'âge ; chez les jeunes on observe souvent sur la carapace une carène médiane
longitudinale.
Sous—famille des ILIINAE ALcocK 1896.
Mérus de mxp° ayant au plus la moitié de la longueur de 1’ischion ; doigts
des chélipedes grêles avec à peu près l même épaisseur à la base que près
du sommet, la portion palmaire toujours plus ou moins dilatée à l’origine.
G. ILIA LEACH 1817.
Cette sous-famille n’est représentée dans nos mers que par le genre Ilia
LEAC1-1 qui se distingue il sa carapace globuleuse, son cadre buccal trian-
gulaire, au palpe droit de mœpa, aux pattes antérieures très longues et ter-
minées par des doigts longs et étroits. Il ne compte chez nous que 1’espece
suivante, laquelle paraît aussi bien caractérisée par Lnvmâ que par Hnmasr.
Ilia mlcleus LINNÉ(f1g. 143 et Pl. VIII, fig. 4) ; Cancer nucleus L1NNÉ
1758,627; HERBs'r 1783, 87, Pl. II, fig. 14. Leucosia nacleus FABP.1-
cius 1798, 351. [lia nucleas Liman 1817, 24 ; H. l1rIILNE—ED\VARDS 1837,
124 et Règne animal, Pl. XV, fig. 2; HELLER 1863,122, Pl. IV, fig. 1 et 2;

iLIA 215
lllILNE—EDWARDS et Bouvma 1900, 40 ; 'Piasm 1918, 293, fig. 90 ; Mouoo
1933, 42.
Carapace convexe, globuleuse, à peine plus longue que large, finement
granuleuse en avant, à granules isolés et plus forts en arrière, ses saillies
hépatiques assez distinctes. l’aire cardiaque limitée latéralement quoique
médiocrement saillante et parfois avec deux dents aplaties ; un fort
tubercule subaigu vers la partie postérieure des aires branchiales ; bord
postérieur en deux crêtes obtuses que sépare une échancrure ; région pté-
rygostomienne renflée, débordant les bords latéro-antérieurs et terminée
par un tubercule aigu. Chélipèdes très longs, à mérus couvert de forts gra-
nules arrondis qui manquent sur les autres articles ; pinces peu compri-
mées, surtout à leur base, très longues avec leurs doigts plus allongés que
la portion palmaire et armés, à leursbords en regard, de dents pointues fort
inégales. Pattes ambulatoires beaucoup plus courtes et grêles. Abdomen
ii surface lisse, inerme, ses articles 3 à 5 soudés chez le 3, 4 à 6 chez la S2.
Tonalité brunâtre, parfois jaunâtre. —— Longueur de deux grands exem-
plaires 28 mm., l’un 3 avec 27 mm. de largeur, l’autre Q avec 26 mm. Dia-
mètre des œufs 0,2 à 0,25 mm.
Espèce méditerranéenne, retrouvée dans l'Adriatique ; s’étendrait jus-
qu’aux îles du Cap-Vert. Sublittorale jusqu’à 162 mètres ; ellene semble pas
différer de l'I. rugulosa signalé par Risso (1826) en Méditerranée. Dans nu-
clcus, le pléopode Ise dilate d’abord dans son tiers distal, puis s’elTile; l’en-
dopodîte du pléopode II est plus long que dans nos Ebalia.
Tribu III. CORYSTOIDEA DANA 1852 (emend.), Bouvmu.
Traits caractéristiques du groupe : 10 fouets antennaires (fig. 146) munis
de soies raides plus ou moins longues, parfois rudimentaires ou nuls (ce der-
nier cas chez quelques Corystiens très évolués ; le premier normal allant des
formes où les fouets sont longs et munis de deux rangées de longues soies à
eelles où ils deviennent assez courts avec des soies inégales et irréguliérement
distribuées) ;20 fouets antennulaires repliés longitudinalement sous le front
(sauf chez Thia où ils sont un peu obliques) ou incapables de se replier dans
les fossettes antennulaires et alors dirigés en avant du front (Corystiens
évolués à fouets antennaires rudimentaires ou nuls) ; 30 front d’ordinaire
assez saillant, simple, triangulaire ou trilobé (rarement bilobé) ; 40 cadre
buccal toujours séparé de l’épistome par une crête qui, dans les formes
primitives, s'afIaisse ou s’échancre dans son milieu ; 50 le mérus de ma:p” dé-
borde la crête pour s’avancer sur l’épistome (sauf au sommet dela tribu où
il s’arrête en avant sur le bord même de la crête) et former avec lui une
chambre prostomi`a1e.
C’est un groupe où l'on distingue deuxséries,l’une représentée par des formes
vorystiennes où la carapace estlongitudinalement ovalaire,l’autre qui débute
par des formes subcirculaires (Atclccgclus, Thia) où les bords latéro—anté-
rieurs sont en crète dentée, pour atteindre le sommet de la tribu(Canccr)
où la carapace est largement ovalaire dans le sens transversal avec crête
latérale découpée en dents ou en lobes.
La tribu comprend tous les Corystiens que MILNE-ED\VARDS (1837) ran-
geait parmi les Oxystomes, et tous les Corystoidea de DANA (1852), mais en

216 DÉCAPODES MAncnEuns
outre les Corystiens à fouet rudimentaire (Bellia, Corysioides) que MILNE-
EDWARDS regardait comme intermédiaire « entre les Corystines et les Ano-
moures ». En fait, nos Corystoidea comprennent tous les Corystidés et Can-
cridés d’ALCOCK (1899).
Ainsi envisagés, les Corystoidea présentent des affinités multiples qui en
font ressortir le vif intérêt: très primitifs par leurs pédoncules antennaires
dont le grand article basal2 + 3, comme chez les Dromiacés, est mobile chez
les Corystiens et Thia; -— les mêmes Corystiens et Thia laissent apparaître
dorsalement en arrière de la carapace leurs premiers tergites abdominaux
i  `î
n W `
' x
l`\· " r
   U ~î7—'   V,
î isi V; '.  a` \ ' >gi§§\|l qi ¢
( .-·~· ` \*Q GTA,  *(+\_l'\,:· ' si
, · , · l' . ( I
I'] f a. L ~ · la"  
,' f: V     la "`lt
i • ‘\i
~ 3 °· ··«.`
' É U ’”“` ‘ "
1  
4 ~. / A
mx Mg, /
 
Fic. 146. — Corystes cassivelaunus, région fronto-buccale en dessous: au côté gauche de
Panimal on a laissé en place ma;p”, lequel a été enlevé à droite ainsi que mœpz pour
ïnpëttre en évidence mœpl et la mandibule md ; si, sillon ptérygostomien, ld, ligne
a rale (original).
comme les Dorippiens et Raniniens ; par leurs fouets antennaires ciliés
comme ceux des Dicranodromia, ils ne sont pas sans analogie avec les
Oxyrhynques, et leurs pédoncules antennulaires se replient longitudinale-
ment comme chez ces derniers. Mais, en dépit de leur rostre assez saillant,
c’est surtout des Brachyrhynques qu’ils se rapprochent, et Atcocx les
range tous avec ceux-ci dons le groupe des Cyclométopes. La plupart sont
des fouisseurs qui, en raison de ce fait, d’après Bonn (1901), se rapprochent
par simple COIlV6l‘g8I1C€.
La tribu comprend pour le moins 20 genres qui se répartissent entre cinq
familles dont chacune est représentée dans nos mers par un genre, comme
le montre le tableau suivant 2

coiwsras 217
TABLEAU nEs GENRES.
1. Au repos, les antennules se replient longitudinalement dans leur fos-
sette ou, celles-ci étant fort étroites, allongent en avant du front leurs
deux derniers articles pédonculaires et les fouets terminaux ...... 2
- Au repos, les antennules se replient obliquement dans leurs fossettes.
Carapace subcirculaire à front simple ou bilobé. Fouets antennaires
plutôt courts, fortement et assez irrégulièrement sétifères (Thia)
(Pl. VIII, fig. 8 et 9), ou courts avec très peu de soies. Doigts de p“ à
p' styliformes. (Famille des Thiidac DANA) .......... Thia, p. 222.
2. Carapace à bords latéraux non saillants en crête quoique spinifères
ou dentés, d’ailleurs longitudinalement ovalaire (Pl. VIII, fig. 5). An-
tennules repliées longitudinalement (et alors le grand article basal des
antennes est mobile, les fouets antennaires sont allongés avec deux
rangs de fortes soies sur leurs bords), ou dirigées en avant (formes exo-
tiques où les pédoncules antennaires sont soudés au front et les fouets
rudimentaires ou nuls) (Famille des Coryslidae ALCOCK). ............
.......................................... Corystes, p. 217.
— Carapace à bords latéraux en crête dentée ou lobée au moins en avant ;
toujours des antennules repliées longitudinalement et les doigts de p°
à p‘ styliformes ......................................... 3
il . Carapace subcirculaire à peu près aussi large que longue, rarement un
peu moins, sa crête latéro-antérieure dentée, le front trilobé, rarement
simple ou bilobé (Pl. VIII, fig. 6, 7). Fouets antennaires médiocrement
longs et munis de deux rangs de soies, ou (Pliosoma) courts et peu séti-
fères. (Famille des Alelecyclidae ORTMANN). .... Atelecyclus, p. 219.
—- Carapace bien plus large que longue, souvent transversalement ova-
laire, à crête latérale dentée ou lobée, front trilobé (Pl. VIII, fig. 10, ll) ;
fouets antennaires courts et irrégulièrement munis de soies, au moins
dans leur partie terminale (Famille des Canceridae ORTMANN) .......
........................................... Cancer, p. 223.
— Carapace hexagonale, pas plus large que longue, à crête latéro-anté-
rieure armée de cinq fortes dents (Pl. VIII, fig. 2) ; fouets antennaires
plutôt courts, assez épais et nus à la base, grêles au sommet où ils pré-
sentent quelques soies (Famille des Pirimelidae). .................
. ......... . ................................. Pirimela, p. 225
G. CORYSTES LA1·nE1x.LE 1803.
(Euryala WERNER 1795).
Carapace à bords latéraux arrondis, un peu convexes et commençant à
la dent orbitaire externe qui est forte, en arrière deux autres dents aiguës ;
aires cardiaque et gastrique assez bien limitées sur le dos convexe de la ca-
rapace ; front saillant en deux lobes aigus et relié par un bord oblique à la
dent orbitaire interne qui est très basse ; fouet antennaire plus long que la

218 niàcrxronias Maacmauas
carapace, comme les deux articles précédents avec deux rangées de longues
soies. Épistome bien limité en avant par une crête transverse et en arriere
par la crête antérieure du cadre buccal. Mérus de mœp° prolongé en avant de
l’insertion carpienne et, par ce prolongement, recouvrant l’épistome. Chéli-
pèdes fort allongés et puissants chez le 3, beaucoup plus réduits chez la $2 ;
les pattes suivantes avec doigts styliformes peu arqués et plus courts que le
propode. Formule branchiale du type cancérien normal. Abdomen assez
étroit, laissant apparaître dorsalement ses trois premiers tergites, tous ses
segments libres chez la S2, les trois moyens soudés chez le 3. Ce genre est re-
présenté par 1’espece suivante qui est fouisseuse et propre à nos pays.
C0rySt€S cassivelaunus PENN. (fig. 146, Pl. VIII, fig. 5) : Cancer cassi-
velaunus PENNANT 1777, IV, 6, Pl. VII ; HERBST 1796, Pl. XII, fig. 72
(3). Corysies cassivelaunus LEACH 1813,395, Pl. 302, fig.1—5,et 1815 b, Pl. I;
BELL 1853,159 et fig. ; PESTA 1918, 378, fig. 121 ;BALSS 1926, 38, fig. 16 ;
SCHELLENBERG 1928, 112, fig.86,87. Corysles cassivelanus Noerus 1936, 72,
fig. 16. Cancer personalus HERBST 1790, Pl. XII, fig. 72 (S2). Albanea
denlaia Faerucws 1798, 318. Corysies denlaius LATREILLE 1805, 122 ;
H. l`lILNE—EDWARDS 1837, 148 ; HELLER 1863, 136, Pl. IV, fig. 6.
Carapace couverte de petites touffes de poils à peine sensibles, presque
toujours avec une petite dent supplémentaire au niveau des régions bran-
ohiales; aire intestinale bien distincte en arrière de la cardiaque, les diverses
régions dorsales figurant assez un masque (personaius). Bord orbitaire
supérieur avec deux incisions, l’orbitaire inférieur avec une dent réduite ;
pédoncules oculaires dilatés dans leur région cornéenne qui présente en
dessus un profond sinus. Chélipèdes du 3 deux fois aussi longs que la ca-
rapace, subcylindriques, avec le mérus muni de trois dents aiguës à son
extrémité distale, deux dents semblables au bout du carpe, une longue
pince dilatée à la base des doigts qui sont infléchis, bien plus courts que
la portion palmaire et régulièrement dentés ; la 9 avec des chiélipèdes
courts dont la pince courte et très comprimée présente des doigts de
même longueur que la portion palmaire. Pattes ambulatoires comprimées
latéralement, inermes, ciliées sur leurs bords. Pléopode I du 3 robuste,
le suivant assez long et fort étroit à partir de sa base. Tonalité variant du
rouge pâle au blanc jaunâtre, plus terne chez la 9; pattes d’un rouge
plus accentué. -— Dimensions de deux adultes : longueur de la cara-
pace, 3 36 mm., 9 20 ; largeur maximum 3 26 mm., Q 10 mm. ; lon-
gueur des chélipèdes, 3 78 mm., S2 24 mm. Diamètre des œufs 0,45 mm.
L’animal s’enfouit d’ordinaire dans le sable en faisant agir ses pattes am-
bulatoires; alors, 1’extrémité desfouets antennaires émerge un peu. L’appa-
reil respiratoire comprend les parties successives suivantes : 10 un tube fil-
trant constitué par les antennes dont les deux rangées de soies s'entrecroi—
sent avec celles du côté opposé et retiennent le sable entraîné par l’eau affé-
rente ; 20 une chambre prostomiale fermée en dessus par le rostre, l’épistome
et les antennules, en avant par les deux derniers articles,infléchis vers le bas,
des pédoncules antennaires, sur les côtés par les autres articles des mêmes

Aranecvctvs 219
pédoncules, en dessous par le mérus de ma:p* prolongé et garni de soies sur
ses bords ; 3° le cadre buccal qui a pour plancher mœpa abstraction faite des
fouets et du palpe endopodial. Le courant d’eau, étudié par Gnnsnivo
(1896), est produit comme à 1’ordinaire par Vexopodite de mm'; chez 1’ani·
mal enfoui et immobile, après avoir traversé le tube filtrant et l’atrium il
se dirige à droite et à gauche dans le cadre buccal, passe au-dessus de l’en-
dopodite de mxp* distalement épanoui en lame incurvée et, suivant 1’exo-
podite allongé en fouet du même appendice, gagne les profondeurs de la
chambre branchiale, ayant abandonné ses dernières particules solides aux
poils et soies des mâchoires. Quant à la sortie du courant elle s’effectue par
les fentes qui, au niveau des pattes, séparent du sternum le bord bran-
chostégien. Ces fentes, surtout celles situées à la base des chélipèdes, ser- ‘
vent de coutume, chez les Décapodes, à l’entrée de l’eau ; ici le courant ·
est renversé, mais Gansrmc observe que, durant la nuit, il peut devenir
normal (voir p. 24). Pendant 1’activité du fouissage, il oscille et produit
des chasses d’eau en avant et en arrière qui nettoient les orifices de la
chambre.
Du Cattégat et des Iles Britanniques à la Méditerranée.Sublittorale, peut
descendre jusqu’à 100 mètres. SANTUCCI (1928) la signale dans la mer Egée.
G. ATELECYCLUS LEACH 1813 b.
Carapace presque circulaire, abstraction faite de sa partie postérieure sen-
siblement rétrécie ; ses bords latéraux, en avant de cette partie, fortement
dentés sur toute leur longueur : rostre tridenté à dent médiane plus forte,
dos assez convexe avec les aires gastrique et cardiaque bien indiquées ; bords
orbitaires, antennules, antennes et cadre buccal comme dans Corysies,mais
ce dernier moins rétréci en avant, les fouets antennaires plus courts, peu ou
pas comprimés, le grand article baSa12 -|— 3 des antennes ankylosé. Chéli-
pèdes puissants, peu armés, convexes en dehors, très comprimés et aplatis
en dedans ; leur carpe avec une grosse dent triangulaire antéro-interne, leurs
pinces avec rangées longitudinales de granules sur la face externe, un peu
infléchies, avec les doigts régulièrement dentés. Pattes ambulatoires un
peu comprimées latéralement, leurs doigts plus longs que le propode. Abdo-
men de Gorystes mais replié sous le sternum dès la base.
Par le prolongement lamelleux antérieur de mœp°, le genre diffère des
autres Atélécycliens et se rapproche étroitement des Corysles. Comme le
montre la structure des antennes et comme 1’a observé GARSTANG (1937 a),
les habitudes fouisseuses ne sont point très différentes. On sait d’ailleurs
par Bomv (1901) que le courant d’eau respiratoire y est de même inverse
pendant toute la durée de l’enfouissement, encore que I chambre prosto-
miale soit peu profonde.
C’est en Europe que ce genre est le mieux représenté ; il y compte les
deux espèces suivantes, qui sont d’ailleurs très voisines ; voire même iden-
tifiées par Blxtss (1926) sous le nom commun de rolundaius.
1.Ate1ecyc1us septemdentatus Monr. (fig. 148 et Pl. VIII, fig.6) : Cancer
seplemdcnialus IYIONTAGU 1808, Pl. I, fig. 1. Aielecyclus septemdenfalus
Lancia 1813, 430 ; Mime-Enwanos et Bouvuza 1900, 60. Alelecyclus

220 nÉcAP0DEs Mlmcrrieuns
heier·0d0nLEAcH1815b, 11, Pl. Il; H. MILNE·EDWARDS 1837, 142; BELL
1853, 153 et fig. ; HELLER 1863, 133 ;BoNN1En 1887, 38 ; M1LNE-EDWARDS
et Bouvmn 1893, 50, Pl. V, fig. 6-11 ; Norme 1936, 25, fig. 13. Aielecyclus
roiundafus PESTA 1918, 382, fig. 122.
Carapace avec les 11 dents des bords latéraux granuleuses sur les bords
et plus ou moins alternativement inégales, en avant les deux dernières
très réduites ; granules du dos très petits surtout dans la région gastrique,
U
1 I
I
. $1, 3
W9
,~ ·,/
(___,.--·' _»E ,,,1» , R,
/'/,.«·‘ .  ç  M
f//’x” I ;  J » y§
`\...···\- ·/_\ Il '/’
`   · A
[É" S .
W W1 l«;,»’,};/ W),  I J . , ,
` ‘ ` ` l\ ' Il · V /,/  //.·' l'
»§£*”xSv>É~ll\‘ l‘ » ’   
/X/i l  1 , V N ,4/ [ __' ,`·,·,.,___·`, 
A/V 1] /   WI;/¥}'•â))A /jllwljîl/(¢/W  «• •\h·,"' '
A «L'l#lv’^3"‘ "/  
" 4l #"Él}l(¢/%"'À`     i' 
4%, Y ^,,LwJ['¢}\’, MLM,   —
y   vl Mlm w ÉPMQ " Il
Zgglilî l A «/My » " P B
FIG. 147; — Atelecyclus rotundatus : A, appendices céphaliques et cadre buccal ou l’on
n’a laissé en place que mœp°, face inférieure ; les parties en grisé sont partout recou-
vertes d’une toison de longs poils (Le pléopode 1 du 3, en baguette droite, s’avance
presque jusqu’à la base de mxp°) ; B, pince droite du 3, face externe (original).
peu ou pas pilifères ; les trois dents rostrales bien isolées ; flancs ptéry—
gostomiens et branchiostégiaux couverts d’une épaisse toison. Pédoncules
oculaires un peu recourbés en dessus, leur cornée avec une profonde échan·
crure dorsale généralement terminée en mucron ; grand article basal des

ATELECYCLUS 221
antennes avec une pointe distale, fouet de ces appendices plus court que
la carapace ; mérus de mœp° plus court que l’ischi0n, à peine aussi large,
sa partie distale saillante peu inclinée en dedans. Carpe des chélipèdes
avec deux dents distales et trois rangées de granules sur sa face externe;
la pince avec quatre rangées semblables et deux dents aiguës au bord
supérieur, ses doigts à peu près égaux à la portion palmaire ; de longs poils
au bord supérieur du carpe et des pinces, aux deux bords des pattes am-
bulatoires et sur les bords de l’abdomen, les poils du doigt de p° allongés,
au moins chez la 9. Tonalité d’un blanc rougeâtre avec taches rouges
ou bistrées, chélipèdes rouges, poils bruns. — Longueur de la carapace
d’un @ 25 mm., d’une Q 27 mm. ; largeur 3 27 mm., $2 27,5 mm.
/' 
% figé 
u ( u?
.··/ .. \
7
9 â
/
(.2 B A
FIG. 148.-- Afelccyclus septem-
dcntalus, mœp' droit, sans son FIG. 149. —-— Thia polifa : A, extrémité de p';
palpe (original). B, de p', en dessus (original).
D’après GARSTANG (1937**) l’anima1 renforcerait le courant d’eau afférent
normal par 1’application des chélipèdes contre les flancs; l'eau filtrerait entre
les denticulations latérales de la carapace et se rendrait à la base afférente
des chélipèdes à travers les poils, en suivant une dépression qui se trouve à
peu près au niveau de la ligne latérale.
Depuis le littoral jusqu’à 748 mètres. De la Norvège aux îles du Cap-Vert
et en Méditerranée.
*2. Atelecyclus rotundatus Omvx (fig. 147 et Pl.VIII, fig. 7) ; Cancer
rolundalus OL1v1 1792, Zool. Adriat., Pl. II, fig. 2. Alelecyclus rolundalus
Bowman 1887,37 (ubi syn.), Atelecyclus cruenlatus Dasivmnasr 1825, 89 ;
H. Minus-Enwxaos 1837, 142; HELLEP.1863, 132, P1. IV, fig. 5 ; Mime-
Eowanns et Bouvmn 1894 a, Pl. V, fig. 1-5 ; Pnsm 1918, 383, fig. 123 ;
Noam; 1936,24, fig. 11 ; MoNo¤ 1933, 45.
Très voisin du précédent dont il se distingue aux traits suivants: ca-

222 nécaromas ivmncnnuas
rapace partout plus fortement granuleuse, ses granules avec des poils
bruns ; les dents rostrales plus petites, la médiane peu prédominantegmérus
de mxps aussi allongé que l’ischion, plus large ; dents des chélipèdes en
épines plus fortes, les granules des pinces plus saillants et plus aigus ;
carapace bien plus large. Tonalité du précédent, mais un peu plus claire.
— Longueur dela carapace dans une 9 très typique 28,5 mm., largeur
33 mm.
Connu depuis Concarneau jusqu’a la Sénégambie et en Méditerranée ;
paraît pouvoir descendre jusqu’à une trentaine de mètres. J e crois les deux
. espèces bien différentes, mais BALss (1921), étudiant les exemplaires afri-
cains, pense qu’il existe entre elles des passages. C’est douteux ; en tout cas,
les jeunes exemplaires des îles du Cap-Vert que nous avions, MILNE-ED-
wimns et moi (1900), rapportés à rofzmdaîus, n’0nt rien des seplcmdentatus.
G. THIA LEACH 1817.
Carapace subcirculaire avec les bords latéro-antérieurs un peu saillants,
beaucoup plus longs que les latéro-postérieurs, le bord postérieur assez court
et droit, laissant apparaître du côté dorsal les deux premiers tergites abdo-
minaux ; la surface assez convexe, nue, un peu ponctuée, sans sillons aréo-
laires encore qu’on y distingue une région cardiaque; front large, assez
saillant, entier, parfois légèrement sinueux sur son bord. Orbites très ré-
duites, leur bord inférieur formé par une saillie ptérygostorrienne dépassant
les pédoncules oculaires qui sont très réduits, avec une cornée minuscule.
Antennules repliées un peu obliquement ; grand article basal 2 -1- 3 des
antennes plus large que long, un peu mobile, logé dans l’échancrure orbi-
taire interne et suivi par deux articles plus étroits, plus allongés, longuement
ciliés comme le fouet qui est assez court. Épistome triangulaire et étroit,mal
limité en avant, mais nettement en arrière par la crête antérieure du cadre
buccal, crête qui est échancrée au point où elle se soude au ptérygostome.
Mérus de m:cp° a peu près aussi large mais beaucoup plus court que l’ischion,
un peu prolongé sur l’épistome. Chélipèdes courts, inermes, assez forts, leur
pince surtout développée, convexe en dehors, avec le doigt mobile muni à sa
base d’une dent obtuse prédominante. Pattes ambulatoires comprimées
latéralement, progressivement de plus en plus courtes, leurs doigts à peu
près droits, bien plus longs que le très court propode, celui de pé lancéolé,
les autres styliformes. Abdomen d’Alclecyclus.
Une seule espèce, la suivante, qui paraît propre à nos pays :
Thiap01itaLE.».cu (fig. 47,149 et Pl.VIII, fig.8 et 9) ; LEACH 1917, II, Pl.
GIII ; H. MILNE·EDWARDS 1837, 144 ; BELL 1853, 365 et fig. ; HELLER
1863,134, Pl. IV, fig. 7; PESTA 1918, 385, fig. 126; BALSS 1926,41 ; SCHEL-
LENBERG 1928, 124, fig. 97 et 98 ; NOBRE 1936, 23, fig. 13.
Bords latéro-antérieurs avec quatre faibles dents, l’0rbitaire externe
y comprise; de longs poils sur toute la longueur de ce bord, sur les bords
des divers articles des pattes ambulatoires, au bout distal du carpe des
chélipèdes et le long d’une strie qui se trouve près du bord inférieur de la

cancun 223
pince ; ces poils en touffe très serrée au bout distal du mérus et sur les
bords de Pabdomen de la Q, plus courts chez le 6*. Carapace un peu plus
large que longue. Tonalité rose rouge. -— Longueur dans un 3 20,5 mm.,
dans une 9 14 mm. Diamètre des œufs 0,4 à 0,45 mm.
Des Iles Britanniques à la Méditerranée, sauf 1’Adriatique. Littoral et
sublittoral jusqu’à 22 mètres. Se niche dans le sable et lavase où, d’après
Bonn (1901), il s'enfouit plus ou moins.
Tient des Corystes par la position des tergites abdominaux antérieurs ;
comme dans les Brachyrhynques, l’oriIïce respiratoire efférent se trouve
aux angles antéro-externes du cadre buccal.
G. CANCER LINNÉ (pars), Lrzacn 1815 b.
Carapace beaucoup plus large que longue, avec les bords 1atéro—antérieurs
en crête convexe découpée en 10 lobes ou dents, dont la l0¤ est réduite et
située déjà sur le bord latéro-postérieur, celui—ci indiqué par une ligne sail-
lante, ordinairement granuleuse, et toujours effacée en arrière ; bord posté-
rieur assez court et présentant une ligne semblable ; front étroit, trilobé,
horizontal, séparé de l’angle orbitaire interne par une dépression ; la cara-
pace un peu convexe d’arrière en avant, des sillons médiocres y délimitent
assez les aires gastrique et cardiaque. Cavités orbitaires réduites, leur bord
supérieur avec deux incisions, l’inférieur avec deux petits lobes. Antennules
longitudinales, bien séparées de l’orbite par le grand article 2 -(- 3 des pé-
doncules antennaires qui est plus long que large, fixe et en avant se prolonge
plus loin que l’angle orbitaire interne, l’article 4, beaucoup plus étroit, est
fixé sur le bord interne du précédent ; fouets antennaires variables de lon-
gueur, toujours avec quelques soies, au moins dans leur partie terminale.
Cadre huccal carré, bien séparé en avant de l’étroit épistome, parfaitement
clos en dessous par m:cp° dont le mérus quadratique s’arrête sur la crête du
cadre buccal. Chélipédes aplatis en dedans, surtout aux pinces qui sont subé—
gaies et présentent 5 bourrelets longitudinaux sur leur face externe ; pattes
ambulatoires comprimées latéralement avec des doigts styliformes, pres-
que droits et un peu plus courts que le propode. Abdomen des Corystes mais
replié dès sa base et atteignant le niveau de pl'.
On sait que le terme de Cancer, pour LINNÉ, s'appliquait à presque tous
les Crustacés supérieurs et notamment aux Décapodes, mais il a été res-
treint dans la suite, surtout à partir de Lmacn, aux représentants de cer-
tains Crabes dont le type est notre « tourteau » vulgaire ou Cancer pagurus.
Dans sa monographie des Cancériens, A. MILNE-Enwanns (1865) a séparé
des Cancer, sous le nom de Melacar·cinus, une espèce californienne dont le
doigt de p° est élargi en lame lancéolée comme dans notre Carcinus mae-
nas. On doit réunir aux Cancériens les Trichocarcinus MiERs (Trichocera
DE HAAN) dont une espèce, T. gibbulosa DE HAAN, se distingue par ses
louets antennaires assez longs et garnis de nombreuses soies, établissant
le passage des Cancer aux Atélécycliens. C’est du reste l’opinion de BOHN
(1901) qui, à la suite d’une étude comparative de diverses espèces de
Cancer, conclut que ce sont des Alelecyclus qui ont perdu presque tous les

224 DÉCAPODES Mnncmauns
habitudes fouisseuses, la chambre prostomiale et le renversement respi-
ratoire des Corystidea. Zoé à épines latérales réduites et mégalope bien
étudiée par VVILLIAMSON ; cette dernière ressemble beaucoup à un Alelc-
cyclus.
Les espèces du genre Cancer sont nombreuses, mais les deux suivantes
ont seules des représentants dans nos pays :
1. Cancer pagurus L. (Pl. VIII, fig. 10) ; Lu~:NÉ 1758, 627 ; BELL 1835,
341 et 1853, 59 et fig. ; HELLER 1863, 62, Pl. II, fig. 2 ; A. MILNE-EDWARDS
1865, 186 ; PESTA 1918, 387, fig. 125 ; BALss 1926, 42, fig. 19 ; SCHEL-
LENBEHG 1928, 131, fig. 102, 103 ; Noam; 1936, 49, fig. 33. Plafycarcinus
pagurus H. MILNE-EDWARDS 1934, 413.
C’est le « tourteau » ou « poupart » de nos côtes.
Les partitions de la crête latérale tronquées en lobes inermes ; test cou-
vert de fins granules. Chélipèdes inermes, un peu plus forts chez le 3, leurs
saillies longitudinales à peine saillantes chez l’adulte, les doigts noirs pres-
que jusqu’à la base, munis sur leur bord interne de dents subaiguës assez
inégales. Pattes ambulatoires avec des rangées de poils raides sur de légères
saillies, particulièrement nombreux au bord supérieur. Tonalité d'un brun
rougeâtre, pourprâtre chez les jeunes ; dessous blanchâtre. Dimensions
de divers spécimens:
jeune jeune 3 grande Q
immature
Longueur de la carapace .. ......... 11,5 mm. 20 mm. 103 mm.
Largeur .......................... 13,5 mm. 44 mm. 158 mm.
Longueur des fouets antennaires. .... 2 mm. 3 mm. 7 mm.
Dimensions de 1’abdomen dans deux adultes : 5‘ 9
Longueur des parties visibles des tergites 1 et 2
réunis., .............,.................... 13,5 mm. 14,5 mm.
Longueur des tergites soudés 3 4- 5. ........... 26,5 mm. 36 mm.
— du tergite 6 ........................ 15 mm. 30 mm.
——— —— 7 (telson) .................. 14 mm. 26 mm.
Largeur au niveau du tergite 3 ................. 28 mm. 42 mm.
Diamètre des œufs 0,4 mm. ; une grande 2 peut en porter jusqu’à 3
millions.
Des Lofoten au Cattégat, et à la Méditerranée jusqu’en mer Noire ; sur
fonds rocheux depuis la côte jusqu’à 90 mètres. D'après SCHELLENBERG,
Faccouplement a lieu en automne et la ponte se produit un an plus tard ;
les œufs, portés durant 8 mois, donnent une zoé normale. Dans les jeunes,
les soies des fouets antennaires sont assez nombreuses et inégales ; chez les
adultes, on ne les trouve plus que sur les articles terminaux. L’espèce est
carnivore ; on la recherche pour sa chair qui est estimée. En France, les sta-
tistiques donnent pour l’année 1937 un poids total de 2.567.000 kilogrammes
représentant une valeur de 4.244.000 francs.

PIRIMELA 225
2. Cancer bellianus Jormsr. (Pl. VIII, fig. 1l);.louNsroN 1861, 241, Pl.
XXVIII ; A. IVIILNE-EDWARDS et E. L. Boovuan 1894, 36, Pl. II, fig. 1-4 ;
Nonnn 1936, 50, fig.34. Plalgcarcinus bellianus Bmro CAPELL0 1873, 23-1.
Diflère du précédent par ses lobes tridentés, ses sillons et ses aires beau-
coup plus nus, ses granules beaucoup plus forts et isolés, les saillies longi-
tudinales de ses pattes très accentuées et munies de petits tubercules aigus
souvent spiniformes. Les doigts de p’ à p5 notablement plus longs que le
propode. Tonalité rougeâtre avec les doigts des chélipèdes noirs presque
jusqu’à la base. - Longueur de la carapace d’un 5 105 mm., d’une Q 105
mm. ; largeur dans le 5 171 mm., dans la 9 167 mm. Diamètre des œufs
0,2 mm. (?).
Découverte à Madère par JonNs·roN, puis signalée aux Açores par BAR-
noxs (1888), l’espèce fut également trouvée aux Canaries et au large du Por-
tugal. Se tient depuis la région sublittorale jusqu'à 620 mètres. Leonnone
(1938) vient de signaler la capture d’un 5 non loin de Concarneau, par une ‘
centaine de mètres de profondeur.
G. PIRIMELA LEAC11 1815 b.
Région fronto-orbitaire égalant la moitié de la plus grande largeur de la
carapace, celle-ci un peu plus grande que la longueur; [
front assez saillant, sa pointe médiane notablement plus 1\| '/l gl
longue que les deux autres; aires et aréoles de la cara- (,l`(1  
pace très accentuées : une voussure forte sur chaque \\'·  
aréole gastrique latérale, deux très fortes l’une en de- l
dans, l’autre en dehors sur chaque aire branchiale, une
paire de saillies plus réduite sur l’aire cardiaque et une  
petite saillie sur l’aire hépatique ; carapace très dépri-
mée en arrière du front. Fouets antennaires un peu plus
courts que la largeur fronto-orbitaire. Crête antérieure
du cadre buccal très saillante, dépassée par le mérus de
ma:p* qui est frangé en avant de longues soies recou-
vrant l’étroit épistome (fig. 150). Pattes peu puissantes
avec des crêtes longitudinales obtuses au bord supérieur;
doigts de p* à p° styliformes, étroits, un peu arqués.
Abdomen des autres Corystidca.
Fxo. 1§0. — Pirimela
Avec ses fouets antennaires munis de soies dans leur gîgfîîïàîïgenïîfâfê
partie distale et le grand article basal pedonculaire (original).
fixe, le genre se rapproche des Cancer; il se rapproche
des Corysles par l’avance du mérus de mzp° sur l’épistome, des (lyclomé·
topes primitifs du genre Carcinus par la forme de la carapace. N’est
représenté que par l’espèce suivante, assez commune dans nos pays.
Pirimela. denticulata Momx (fig. 149, Pl. VIII, fig. 12, 13) ; Cancer den-
liculalus MONTAGU 1808, 87, Pl. II, fig. 2. Pirimela denliculala LEACH
nouvxisn 15

226 ¤ÉoAPoDEs Mnncnnuns
1815 b, Pl. Ill ; H. MILNE-EDWARDS 1834, 424 et 1849, Pl. XII, fig. l ;
BELL 1853, 73 et fig. ; HELLEP. 1863, 64, Pl. ll, fig. 4 ; PEsTA 1918, 390,
fig. 126 ; BALSS 1926, 42; SCHELLENBERG 1928, 125, fig. 97 et 98 ; Noam;
1936, 51, fig. 32 ; MONOD 1933, 52.
Carapace très finement granuleuse, bossuee, sa dent orbitaire interne
plus obtuse et, au bord supérieur comme à l’inférieur, séparée de la dent
orbitaire externe par un lobe obtus bien saillant; l’orbitaire externe moins
aiguë que les quatre dents latéro-antérieures suivantes qui sont grandes
et un peu recourbées en avant. Pédoncules oculaires courts, rétrécis au
sommet où la profonde échancrure cornéenne se termine en mucron. Le
grand article basal des pédoncules antennaires est bien plus long que les
deux suivants, mais n’atteint pas l’extrémité de la dent orbitaire interne.
Chélipèdes avec un court mérus inerme, le carpe très renflé en dehors, lon-
guement cilié en dedans, son bord supérieur terminé par une forte saillie
' dentiforme, une dent plus réduite au bout de la carène qui l’avoisine ;
pince avec deux carènes assez fortes au bord supérieur, une troisième ca-
rène très vague suit le milieu de la face externe qui est assez convexe ;
les doigts à dents petites, à peu près longs comme le bord supérieur de la
pince. Pattes suivantes comprimées latéralement, sétifères aux bords,
leurs carènes plus accentuées sur les doigts, le doigt de ps un peu plus lon-
guement cilié sur son bord inférieur. Tonalité variable, verdàtre ou pour-
prâtre, avec taches brunes. —- Longueur de la carapace dans un 3 18 mm.,
dans une Q 13,5 mm. ; largeur 3 20 mm., $2 15 mm. ; longueur des fouets
antennaires (qui sont épaissis à la base) 3 8 mm., Q 5 mm. Diamètre des
œufs 0,45 mm. Zoé à longues épines frontale. dorsale et latérales.
De la Norvège aux îles du Cap—Vert et en Méditerranée ; mer Rouge d'a-
près Mon 1: (1933). De la côte jusqu’à 200 mètres, surtout parmi les rnchers
et le sable.
Tribu IV. BRACHYRHYNCHA BORRADAILE 1907.
Se distinguent des Corysiidea par les caractères indiqués au tableau de
la page 184, surtout par leurs fouets antennaires courts et dépourvus de
soies, leur rostre peu ou pas saillant et leur cadre buccal bien limité du
côté de lépistome par une crête complète que débcrle tres rarement le
mérus de mrpa.
Telle que Penvisageait BoaRAnA1LE et que Penvisagent actuellement
tous les auteurs, la tribu des Brachyrhynques comprend les Corysloidea ;
ici, au contraire, elle est réduite, encore que singulièrement vaste ; comme
il a été dit plus haut (p. 185), elle est ramenée pour notre faune à deux des
groupes établis par H. M1LNE—EDwAnDs, Cyclomelopa et Calomelopa.
Lnaoun (1917) compare les zoés des Brachyrhynques à celles des Oxy-
rhynques ; abstraction faite de la prézoé qui reste immobile dans son exu-

cYcLoME'ro1•.x 227
vie cuticulaire, on observe fréquemment cinq stades zoé chez les Cyclo-
métopes (Carcinus, Porlunus, Pilumnus), et 4 chez les Catométopes (Gono-
plazz) sauf au moins chez les Pinnolheres qui n’en ont que deux et ressem-
blent en cela aux Oxyrhynques typiques.
Groupe I. Cyclometopa H. MILNE-EDWARDS 1834.
(Cancmidca DANA 1852).
Carapace plus large que longue, rarement un peu plus longue que large,
ses bords latéraux (Pl. IX, fig. 12-14 ; Pl. X, fig. 9 et 10) ordinairement nets
et plus ou moins dentés, les antérieurs le plus souvent arqués et le postérieur
convergeant vers le bord intestinal ; front plus ou moins large, rarement sail-
lant en rostre. Cadre buccal (fig. 160) quadratique, l’orifice respiratoire
efférent à l’angle externe de sa crête antérieure, l’orifice afférent normal entre
le ptérygostome et la base de pl ; carpe de m.rp* presque toujours articulé
à Yangle antéro-interne du mérus ; épistome étroit et transverse ; abdomen
occupant tout l’espace compris entre les coxa de p‘ ; orifice sexuel 5* sur
ces coxa.
La formule branchiale est celle des Corystes et de la presque totalité des
Crabes brachygnathes, notamment de Cancer pagurus et de Carcinus mae-
nas.
Pattes Maxillipèdes
V IV III II I 3 2 1
Pleurobranchies .. ........ 0 0 1 1 0 0 0 0
Arthrobranchies. ......... O 0 0 0 2 2 1 0
Épipodites et podobran-
chies .. ............... 0 0 0 0 0 Ep.+ 1 Ep.-)- 1 Ep.
soit en tout, 9 branchies de chaque côté.
Le groupe semble issu des Coryslidea comme le montrent les Porlumnus
et Carcinus. Il doit le nom que lui a donné MILNE-EDWARDS à la forme
de la carapace dont les bords latéro-antérieurs décrivent généralement
avec le front un arc de cercle. Correspond aux Cancroidea de DANA et
aux Cyclomelopa d’A1.cocic (1899), abstraction faite des Coryslidea.
Ses genres sont extrêmement nombreux : parmi les caractères qui les dis-
tinguent entre eux il faut signaler la présence ou l’absence, sur l’endo·
stome ou plafond du cadre buccal, d’une crête (fig. 160, A) limitant du
côté interne l’espace respiratoire efférent ; cette crête naît un peu en de-
hors des mandibules et se termine en avantà la crête antérieure du cadre,
à quelque distance du milieu. DANA divisait les Xanthidés suivant qu’ils
présentent la crête (Hyperomerisla) ou en sont dépourvus (Hyperolissa),
mais cette distinction peut s’appliquer aussi aux Portunidés. Qu’ils soient
ou non pourvus de cette crête, les Cyclométopes présentent généralement
sur les bords latéro-antérieurs de la carapace une crête dentée qui, d’après
GAns1·ANG (1897a), joue le rôle de crible dans le courant d'eau respiratoire
afférent. (fest chez les Portunidés et spécialement chez Bathyncclcs lon-

228 DÉCAPGDES MAP»C.HEURs
gipes que ledit auteur a étudié ce mécanisme 2 l’animal s’enfouit tout en-
tier dans le sable, sauf la région prébuccale, il ramène les chélipèdes sous
la crête contre la partie antérieure des flancs, de sorte qu’un étroit espace
subsiste entre ces derniers et les trois articles distaux des chélipèdes ;
quand on introduit dans l’eau, sur la crête, une dilution d’encre noire, ce
liquide pénètre entre les dents du crible crestiforme, gagne l’intervalle
décrit plus haut, et par cette voie, les orifices afférents. Les dents du crible,
dans ce parcours, ont retenu les éléments sableux les plus grossiers.
_Le tableau suivant donne la clef des genres de Cyclométopes représentés
dans nos régions :
TABLEAU mas GENREs.
1. Pattes postérieures modifiées pour la natation (Pl. IX), leurs deux
derniers articles étant comprimés, régulièrement ciliés sur leurs bords
et leur doigt en lame ovale ou lancéolée ; chélipèdes avec une forte dent
aiguë ou obtuse à l’angle antéro—interne du carpe ; souvent des crêtes
ou des carènes longitudinales sur la face externe des pinces dont les
doigts sont aigus et fortement dentés ; pour recevoir la base de pé, une
échancrure à la jonction des bords latéraux et postérieurs (Famille
des Porfunidae H. M. Edw.) ................................ 2
— Pattes 2 à 5 adaptées pour la marche (Pl. X), à doigts styliformes peu
ou pas comprimés ; pas d’échancrure à la jonction des bords latéraux
et postérieurs de la carapace ................................ 8
2. Endostome sans crête latérale Z dilatation terminale de l’endopodite
de mœpl simple oupresqué. Doigt de pô lancéolé_(Pl. IX, fig. 1 et 2). 3
-— Endostome avec crêtes latérales (fig. 160) ;dilatation terminale de l’en·
dopodite de mœpl avec une échancrure y déterminant un lobule (lobe
portunien). .............. . .................................. 4
3. Doigt de ps en large lancette, de p2 à p" en stylet élargi à la base, cara-
pace pas plus longue que large ou à peine (Pl. IX, fig. 1) ; abdomen du 3
fort étroit, son pléopode I droit .............. Portumnus, p. 231.
·— Doigt de p5 en étroite lancette, de pf à p* étroitement styliforme (Pl.
IX, fig. 2) ; carapace beaucoup plus large que longue;abdomen du 3
en triangle, son pléopode I coudé en dehors au bout distal ..........
., ................................. . ....... Carcinus, p. %3.
4. Bord fronto-orbitaire beaucoup plus court que la plus grande largeur
de la carapace et formant un arc de cercle avec les bords latéro—anté-
rieurs qui sont armés de 3 dents. Carapace médiocrement plus large que
« longue ; suture médiane du sternum $2 limitée aux deux segments posté-
rieurs de celui-ci. Un nodule ptérygostomien atteint la base du grand
article 2 —|- 3 des pédoncules antennaires (fig. 156, n0);lobe portunien
réduit ou nul. ...............,... Ã . .................... , ..... 5
-— Bord fronto—orbitaire très long et formant un angle brusque avec les
bords latéro-antérieurs. Carapace très large ; suture médiane du ster-·

CYCLOMETOPA 229
num intéressant au moins les trois segments postérieurs de celui·ci. Di-
visions du front paires. Pas de nodule ptérygostomien. Lobe portunien
d’ordinaire fort. ..................... . ....................... 7
5. Doigts de pf à p·‘ largement lancéolés, le doigt de p“en rame ovalaire;
carapace subcirculaire (Pl. IX, fig. 11) ......... Polybîus, p. 243.
·— Doigts de p" à p‘· styliformes, le doigt de p‘ en rame ovale ou en large
lancette ; carapace polygonale ............................... 6
6. Pattes 2 plus longues que les suivantes; front simple ou trilobé, rare-
ment avec 3 ou -1 paires de petits lobes étroits; dents latéro-antérieures
d’ordinaire subégales, la postérieure rarement un peu plus longue (Pl.
IX, fig. 3-7) ............................... Portunus, p. 236.
— Pattes 2 plus courtes que les suivantes; front quadrilobé; la dent la-
téro-antérieure beaucoup plus longue que les autres (Pl. IX, fig. 12-13).
......................................... Bathynectes, p. 245.
7. Bords latéro-antérieurs armés de 4 ou 5 dents ; carapace presque qua-
drilatère, son bord fronto-orbitaire égalant presque la plus grande lar-
geur de la carapace ; le front avec des lobes arrondis.Tigelle mobile des
antennes externes exclue de l’orbite et naissant sous le front (fig. 162).
......................................... Thalamita, p. 252.
— Bords latéro-antérieurs armés de 9 dents dont la postérieure est plus
longue ; front quadridenté (Pl. IX, fig. 14, 15). Tigelle mobile des an-
tennes externes normales, c’est·à-dire située dans le hiatus orbitaire
interne, mais avec faible prolongement du grand article basal ........
.......................................... Neptunus, p. 248.
——— Bords latéro-antérieurs armés de 6 dents (parfois 5-7) ; front découpé
en 6 Iobes ou dents. Tigelle mobile des antennes externes normale, en-
core que le prolongement du grand article basal soit développé et l’oc-
cupe en partie (fig. 163) ...................... Chatybdis, p. 251.
8. Front droit, sans dents ni échancrures, infléchi (Pl. X, fig. 17) ; bords
latéro-antérieurs longs, convexes, avec une dent extra-orbitaire et une
seconde (épibranchiale) située un peu en arrière, suivie d’une ligne den-
ticulée ou granulée (ces caractères applicables au genre Polamon qui
représente seul en Europe la très vaste famille des Polamonidae). An«
tennules repliées transversalement. Eaux douces. Potamon, p. 272.
—·— Front à divisions paires, tout au moins échancré sur la ligne médiane
et presque toujours large ; carapace dentée sur les bords latéro-anté-
rieurs dans les formes de nos pays. Antennules repliées transversale-
ment ou obliquement. Dansla mer (Pl. X, fig. 1-16). (Famille des Xan-
lhidae) ........... . ........................................ 9.
9. Sur chaque côté de l’endostome une crête complète ........... 10.
—- Crête endostomienne nulle ou réduite à sa partie postérieure. Orbites
ouvertes par un hiatus interne. Test peu pileux ............... 13 .
10. Orbites closes (sans hiatus) par réunion de leurs angles internes, de
sorte que les antennes en sont exclues. Bordslatéro-antérieurs plus courts

230 Diâcaronns Mancnnuns
que les latéro—postérieurs auxquels ils se rattachent suivant une courbe.
Bords fronto-orbitaires à peu près aussi longs ou plus longs que les 2/3
de la plus grande largeur de la carapace (Pl. X, fig. 15, 16) ...........
........................................... Eriphia, p. 270.
— Orbites avec un hiatus interne où se logent les pédoncules antennaires
dont le grand article basal 2 + 3 est mobile et ne touche pas le front.
Bords latéro—antérieurs à angle avec les latéro-postérieurs qui sont plus
longs et peu convergents ; bord fronto-orbitaire à peu près aussi long
que les 2/3 de la plus grande largeur de la carapace ............ 11.
11. Bord frontal convexe ou oblique de chaque côté de son incision mé-
diane, sans lobule externe ; bords latéraux antérieurs avec 5 dents spi-
niformes. Test avec des poils longs et nombreux (Pl. X, fig. 1). ......
.......................................... Pilumnus, p. 254
— Bord frontal avec un grand lobe médian et un petit lobe externe ; des
5 dents latéro-antérieures, les deux premières sont fusionnées (Pl. X,
fig. 2 et 3) .............................................. 12
12. Lobe frontal médian très convexe, le petit bien saillant .........
...................................... Pilumnopeus, p. 257.
—— Lobe frontal médian transverse ou oblique, mais droit ou presque, le
petit lobe peu accentué ................... Heteropanope, p. 259.
13. Grand article basal des pédoncules antennaires mobile, sans contact
avec le front et logé dans le hiatus intra—orbitaire ; crête endostomienne
réduite à sa partie postérieure ; p2 à p5 assez grêles et bien plus longs
que pl .... . ............. . .................................. 14
— Le grand article basal des pédoncules antennaires est immobile et
touche le front ; crête endostomienne réduite à sa partie postérieure ou
nulle, ps et p2 fortes et à peu près aussi longues que pl ........... 13
14. Front étroit, quadrilobé (Pl. X, fig. 8), ses deux lobes médians bien
plus allongés, le bord fronto—orbitaire plus court que la moitié de la
plus grande largeur de la carapace. Celle—ci plutôt quadrilatère avec les
bords latéro-postérieurs très convergents et le bord postérieur court.
......................................... Paragalene, p. 263.
— Front assez large avec deux dents médianes et une petite externe, le
bord fronto-orbitaire un peu plus long que la moitié de la plus grande
largeur de la carapace (sans les épines). Celle-ci hexagonale avec les
bords latéro-postérieurs peu convergents et le bord postérieur long
(Pl. X, fig. 4) ................................. Geryon, p. 261.
15. Bords latéro-postérieurs droits, carapace assez fortement lobée ; front
tronqué .................................................. 16
— Bords latéro-postérieurs concaves, beaucoup plus courts que les latéro-
antérieurs ; carapace très fortement lobée et lobulée ; front divisé en
deux moitiés à bords convexes par une incision médiane (Pl. X, fig. 13).
............................................ Actaea, p. 269.
16. Bord frontal séparé de l’angle orbitaire interne par une incision ; en

PORTUMNUS 231
dessous le bord se met en relation directe avec le grand article basal
des pédoncules antennaires (Pl. X, fig. 9 et 11). . . Xantho, p. 264.
— Bord frontal atteignant sans incision l’angle orbitaire interne;en des-
sous il se met en relation par une saillie avec le grand article basal (Pl.
X, fig. 12) .................................. Xanthias, p. 268.
Famille des PORTUNIDÀE H. llrlILNE·EDWARDS 1834.
G. PORTUMNUS LEM:11 1813.
Front plus ou moins trilobé et assez saillant. Carapace avec les bords la-
téro-antérieurs plus courts que les latéro-postérieurs et munis de 5 dents ;
les fouets antennaires (l) égalent à peu près la largeur de l'orbite; le mérus
de mxp° présente un lobe arrondi en avant de l’insertion carpienne. Abdo-
men étroit, du type des Corystoidea, guère plus large chez la 9 que chez
le 3.
(Ie genre correspond aux Plalyonichus tels que les envisage HELLER
(1863), mais non H. Mime-Enwaans (1834) ; ce dernier y rattachait
maintes formes exotiques pour lesquelles Mmns (1886) réserva le nom de
Plalyonichus que M. RATHBUN (1898) a remplacé par celui d’Ovalz`pes.
Le genre comprend dans nos pays les deux espèces suivantes :
——- (larapace un peu plus longue que large, faiblement dentée, son front
profondément trilobé, pointe ptérygostomienne aussi longue que le lobe
infraorbitaire interne ; mérus de mœp‘ saillant sur l’épistome ........
............................ . ..... . ......... latipes, p. 231
— Carapace un peu plus large que longue, fortement dentée, son front
obtus avec vague indication de trois lobes ; pointe ptérygostomienne
simple, mxp° ne dépasse point le cadre buccal. . . bigutliatus, p. 232.
La première de ces formes rappelle les Corysles et Alelecyclus par le
mérus de mxp"· qui s’avance sur l’épistome. L’une et l’autre se distinguent
d’ailleurs des Coryslidea par leurs antennules obliques et par leurs fouets
antennaires absolument nus (‘) ; dans la seconde l'article 2 ·l- 3 des pédon-
cules antennaires est encore mobile, tandis qu’il paraît bien être toujours
fixe dns la première.
1. Portumnus latipes PENN. (fig. 151, Pl. VIII, fig. 14) ; Cancer lalipes
PENNANT 1777, IV, 3, Pl. I, fig. 4. Plalyonychus lalipes H. l`lILNF-ED-
warms 1834, -136 ; A. M1LNE—E¤wAnDs 1861, 411 ; HELLER 1863, 93, Pl.
II, fig. 16 ; NOBRE 1936, 28,, fig. 15. Poriumnus lalipes PESTA 1918, 397,
fig. 128 ; BALss 1926, 39 : SCHELLENBERG 1928, 115;MoNo1> 1932 b, 215.
1. Ancocx (1899, p. 7) attribue aux Portumnus des ¤ antennes sétacées » ; je n‘ai ja-
mais aperçu traces de soies dans nos deux espèces du genre. L‘auteur qualifie de
c sétacées » les antennes dont le fouet porte des soies.

232 Dâcixroons MAnor1EURs
Porlumnus variegaius LEACH 1815 b, Pl. IV, fig. 1-6; BELL 1853, 85 et fig.
Test luisant malgré les très fines saillies de la carapace, la dent orbi-
taire interne très réduite, l’orbitaire externe forte, moins aiguë mais moins
faible que les quatre dents latérales. Bords de la cavité orbitaire sans lobes
ni incisions ; pédoncules oculaires un peu recourbés en avant, à surface
cornéenne plutôt réduite ; pattes lisses, les chélipèdes médiocres,capables
de s’appliquer contre les flancs, leur carpe avec une dent subaiguë, leur
lds
M la / a \ ii
I
B
A
. (I î / 'dî
, mn  ài
I`, ,,1,1 /« z,  lxgm \ ,
·" B- '“ ~1 1 x"—,\`\\
_\:iQ\\  \ > \   \\` \
Agir i C 1
et
\\l  5
·C
\
F10. 151. -— Portumnus latipes : A, appendices céphaliques et mxpa du côté droit, face
ventrale ; B, extrémité de p' ; C, patte 5 (original),
pince carénée sur chaque bord : pattes suivantes très comprimées laté-
ralement, sillonnées vers leur bord supérieur, leur doigt plus long que le
propode, celui de p" à p‘ presque droit, en lancette étroite, celui de p5 en
large lame lancéolée ; des cils sur les bords de ces quatre paires de pattes,
particulièrement longs sur pé où on les retrouve serrés aux deux bords
du carpe, du propode et du doigt. Un pénis mou, étroit et assez long s’en-
gage dans le pléopode I qui est normal comme le suivant. Tonalité blanc
pourprâtre, mabré de verdâtre. — Longueur de la carapace 20,5 mm., lar-
geur 19,5 mm,.
D'He1go1and et du sud de l’Ang1eterre aux Açores, au Maroc et en Médi-
terranée ; du littoral à 28 mètres, sur fond sableux.
2. P01'h1mm1S bîgllttatus Pusso (Pl. IX, fig. 1) ; Risso 1916, Pl. I, fig. 1 ;
I`rIILNE—ED\VARDS et Bouv1ER 1900, 61, Pl. XIV, fig. 1-3; Moivon 1933, 53;

csncmus 233
Plalyonychus nasulus LATREILLE, 1825, 151 ; (losinx 18351, Pl. VI, fig. 4 ;
Lucas 1849, 14, Pl. I1, fig. 3 ; A. l\l1x.NE·Eow.m¤s 1861, -112; IIELLER
1863, 94 ; Gansrimo 1897b. 102. Pnrlumnoides Garslangi Borm 1901,271.
Carapace plutôt terne et granuleuse, avec des sillons qui délimitent sur
les côtés l’aire cardiaque et la partie postérieure de l’aire gastrique; une
série de petites saillies à travers la carapace entre les dents latéro-antérieu-
res de la 3** paire ; de la dent postérieure, qui est la moins forte, partent
un sillon qui tend à rejoindre le sillon gastro·cardiaque correspondant et ·
un léger bourrelet qui atteint presque le bord postérieur ; la première dent,
qui joue le rôle d’orbitaire externe, présente un début de division en deux
lobes, parfois aussi un peu la suivante. Bord orbitaire supérieur avec deux
échancrures délimitant un petit lobe ; pédoncules oculaires peu apparents,
avec un mucron au bout de leur échancrure cornéenne. Chélipèdes avec
une dent aiguë au bout antéro-interne du carpe, la pince avec deux crêtes
longitudinales tranchantes au bord supérieur, et trois obtuses sur la face
externe. Pattes ambulatoires comme dans lalipes, mais les doigts de
p“ il p‘ plus étroitement styliformes. Tonalité très variable: blanc jaune
avec une paire de grandes taches corail (Risso), brunâtre (Gosrix) ou jaune
vcrdâtre (GAas·rANo), avec ou sans taches rouges, ces dernières, d’après
GARSTANG, pourraient être dues à la couleur des ovaires au moment de la
reproduction. — Longueur de la carapace 9,5 mm., largeur 10 mm.
Du sud de l'Angleterre aux îles du Cap-Vert et en Méditerranée. Habite
probablement les mêmes zones que latipes, y fréquente les fonds graveleux
ou sableux, dans lesquels il s’enfonce et pratique fréquemment la respira-
tion renversée ; alors, dit Gaasrano, le courant respiratoire entre en avant
sur les angles du cadre buccal et sort à la base des chélipèdes, pour d’ai1leurs
trés vite redevenir normal. Avec ses chélipèdes dont le carpe présente quel-
ques crêtes et ses pinces munies de cinq carénes longitudinales, sa carapace
qui est un peu plus large que longue et la disposition de ma:p“ qui ne déborde
pas sur 1’épistome, cette espèce est très voisine du Porlunus arcualus. Sur
la dilatation terminale de mœpl elle présente, comme Carcinus, l’ébauche
vague d’un lobe portunien ; d’ailleurs Boum (1901) en fait le type d’un genre
distinct qu’il appelle Porlumnoides.
G. CARCINUS Lnacn 1813. _
(Carcinides RATHBUN 1897)
(larapace plus large que longue, avec 5 dents latéro-antérieures inclinées
en avant et formant avec le front un arc de cercle, sa partie dorsale latéro-
postérieure évasée en dehors ; orbites avec une incision sur chaque bord,
l'angle orbitaire interne peu saillant, l’orbitire externe bien davantage et
représentant la première dent antéro-latérale ; les pédoncules oculaires
étranglés un peu entre leur base et la cornée. Antennules repliées presque
transversalement ; antennes avec l’article urinaire soudé au grand article
basal 2 -1- 3 qui est Iixe et en contact avec le front d’un côté, de 1'autre avec
le lobe orbitaire interne, le fouet assez fort mais court. Mérus de ma:p° un

234 DÉCAPODES MARCHEURS
peu saillant en avant de l’insertion carpienne. Chélipèdes avec le mérus iner-
me et à trois faces, le carpe convexe en dehors avec la dent antéro-interne
médiocre qui se continue en arrière par une faible crête, la pince munie en
dessus de deux crêtes longitudinales non dentées, d’ailleurs convexe et unie
_ en dehors. Pattes 2 à 4 un peu comprimées latéralement, sans carènes, sauf
sur leurs doigts qui sont un peu ciliés et styliformes ; les pattes 5 un peu
plus comprimées au propode et surtout au doigt qui devient une rame nata-
toire en lancette, ces deux articles fortement et régulièrement ciliés sur
leurs bords. <3‘ avec un abdomen largement triangulaire dont les tergites 2 et
` v
. A ’
Fm. 152. —— Carcinus maenas : A, face inférieure de la région frontale gauche avec les
_ appendices céphaliques correspondants ; B, extrémité de ma:p* (origimn).
3 présentent une crête transverse, les tergites 3 à 5 étant soudés ; pléopode 1
infléchi en dehors dans sa partie grêle distale ; abdomen de la Q ovaleire
avec tous les sternites libres.
Par son aspect général et par les crêtes des pinces, le genre présente
quelque ressemblance avec les Pirimela;par la modification natatoire de
ps et par la structure du sternum, il tient aussi des Poriumnus. Issu sans
doute des Corysioidea, il se rapproche étrangement des Portuniens ty-
piques, et avec PALMER (1927), on doit voir en lui une ébauche de l’adap-
tation natatoire caractéristique des Poriunus (corrugaius et puber) à
doigt postérieur lancéolé (voir p. 239) où le mérus et le carpe de p5 sont en-
core allongés et n’ont réagi que très peu à l’adaptation natatoire. Il con-
vient de noter d’ailleurs que, dans ces deux espèces comme dans Carcinus,
la base des pédoncules antennaires se joint étroitement au lobe orbitaire
interne.
Le gènre ne comprend que l’espèce suivante 2
Carcinus maenas L. (fig. 152, Pl. IX, fig.2); Cancer maenas LINNÉ. 1758,
628, Poriunus maenas LEACH 1813, VII, 490. Carcinus maenas Id., 429
et 1815 b, Pl. V, fig. 1-4; SAVIGNY·AUDOUIN 1819, Pl. IV, fig. 6 ; BELL 1853,
76 et fig. ; A. ÃIILNE-EDWARDS 1861,391 ;HELLERlS63, 91, Pl. I1, fig. 14
et 15 ; ALCOCK 1899, 13 ; PESTA 1918, 392, fig. 127 ; BALSS 1926, 42 ;

macmus 235
SCHELLENBERG 1928, 127, fig. 100, 101 ; Noam?. 1936, 27, fig. 3-5. Garci-
nides maenas RATHBUN 1930, 15, fig. -1 ; Morton 1933, 53.
Carapace nue, couverte de granules qui s’effacent en arrière, ses bords
latéro-postérieurs presque droits, un peu plus longs que les latéro-anté-
rieurs, ceux-ci avec leurs cinq dents assez larges, subaiguës et infléchies
vn avant, des sillons délimitent nettement l’aire cardiaque assez large et
les parties médianes de l’aire gastrique,dont l’aréole postérieure est sim-
plement indiquée par une paire d’étranglements et par les deux pointes,
une dépression antérieure délimite en avant les aires branchiales et deux
renflements indiquent les aréoles gastriques latérales. Les trois dents du
front plutôt obtuses, peu saillantes, la médiane un peu plus forte. Angle
orbitaire interne très peu marqué, assez fort. Chélipèdes à peu près sans
poils, sauf aux bords du mérus ; p“ à p‘ moins comprimés que dans p°, leurs
doigts canaliculés ; propode et doigt de p" sans sculptures, avec leur face
externe ornée d’une ou deux séries de ponctuations. Tonalité très variable
mais d’ordinaire d’un brun foncé verdâtre, souvent rougeâtre en dessous;
les jeunes parfois tachetés de blanc. — Longueur de la carapace dans un
grand 5* 50 mm., largeur 69 mm.
(Test le « Crabe enragé » très commun en Europe où il est connu depuis le
cap Nord jusqu’en Méditerranée. En fait, il est beaucoup plus répandu : on
l’a signalé aux États-Unis et au Brésil,dans le Pacifique,la mer Rouge,et
RArmxuN (1930) le tient pour quasi cosmopolite ; en Afrique il s’étend pour
le moins jusqu'au Maroc et, en Méditerranée,jusque dans la ner Noire où,
d’après un rapport verbal de Ch. Piîmsz, il peut devenir très fort. Il se tient
à la cote ou pres de la côte, mais peut descendre jusqu’à 62 mètres. A mer
basse on voit ses jeunes courir sur le sable, parfois aussi ses adultes ; ils peu-
vent s’y enfouir plus ou moins et, quand ils courent, prennent la direction
oblique des Crabes ; menacés, ils élèvent aussitôt leurs pinces ; dans la mer
ils recherchent les rochers, le sable, où ils s’embusquent pour guetter leurs
proies qui se composent surtout de Poissons, de Crevettes, de frai ; mais ils
ne dédaignent pas les chairs mortes et c’est avec ces dernières qu’on appâte
les casiers de pêche où ils s’entassent parfois en un grouillement extraor-
dinaire. Leur chair est comestible. On les rencontre souvent sur le littoral,
dans les endroits humides baignés quelquefois par le flot. Mais leur adapta-
tion à la vie terrestre n’est pas poussée davantage ; car un milieu plus ou
moins salé leur est nécessaire et, d'après les expériences de LIM (1918), ils
ne peuvent vivre plus de 24 heures dans l’eau douce où ils deviennent peu
à peu moins actifs, s’œdématisent et bientôt périssent. Leur accouplement
s’efYectue à la façon normale des Crabes : la 9 qui vient de muer, étant sur
le dos et étendant son abdomen contre celui du 3 dont le pléopode I tubu-
laire, reçoit du pénis membraneux la masse spermatique,laquelle est poussée
en avant par le pléopode II. D’après Scuantxazmnaao, la copulationpeut
durer de 1 à 4 jours. La masse des œufs attachés aux pléopodes femelles
est si grande que l’abdomen reste écarté du corps et à angle avec la carapace.
Une disposition semblable est prise par l’abd0men quand un Cirrhipède,
Sacculina carcini, parasite le Crabe ; auquel cas le c3`« quand il est parasité,
acquiert plus ou moins la morphologie de la 9 (castration parasitaire). Les
zoés, comme les mégalopes, sont dépourvues d’épines latérales ; les jeunes

236 Dûcxronrzs MARcHEURs
rnégalopes ont une épine dorsale au stade primitif où leur carapace est di-
rectement prolongée en long rostre ; plus tard, elles perdent cette épine et
leur test devient quadrangulaire. SHEN (1935) a étudié le développement post-
larvaire de la mégalope qui, dans les deux sexes, présente les pléopodes
II à VI ; on voit disparaître au lü stade les pléopodes VI ; au 2** chez le 3
apparaît le pléopode I, plus tard apparaît le pléopode II et disparaissent les
autres pléopodes, qui au contraire se développent chez la 9.
G. PORTUNUS F.¤lBR1c1Us 1798.
Le genre Portunus appartient aux formes supérieures de la famille qui se
distinguent des Carcinus et des Portumnus par la présence de crêtes endo-
stomiennes et d’une échancrure distaleà l’endopodite de mxp‘. Abstraction
faite des orbites dont le bord supérieur a deux incisions, des pédoncules
1 2 3 *
nl"' A f" ’  
J'). 1 IÃLFAI  
-·—,¢7""
/ ///,«e"` B
A
9;. .
«#/ `
If, / _
, // » W _,
il
(I C
F10. 153. - Portunus holsatus : A, extrémité de m¤:p• droit, face ventrale ; B, pince droite
avec les cinq carènes longitudinales, face externe 2 C, patte 5 à partir du mérus
(original).
antennaires dont le grand article 2 + 3 reste un peu mobile malgré son
contact avec un nodule ptérygostomien, et des pattes postérieures dont les
deux derniers articles sont plus largement aplatis, tous les caractères du
genre Carcinus s’appliquent aux Portunus, qui présentent d’ailleurs un
ensemble de traits assez typiques : sur la carapace et presque toujours sur les
mérus de p* à p“ des stries transverses granuleuses et ciliées ; sur le carpe
des chélipèdes deux crêtes longitudinales, l’une qui prolonge en arrière la
dent antéro-interne, 1’autre tout à fait externe et parfois distalement termi-
née en épine ; sur la face externe des pinces un ensemble de 5 crêtes lon-
gitudinales dont la supérieure se termine à la tase du doigt par une épine,
tandis que l’inférieure parcourt toute la longueur du pouce, lequel est orné,
comme le doigt mobile, de plusieurs crêtes ou côtes longitudinales ; sur
les pattes ambulatoires p'-p* des côtes longitudinales obtuses, surtout au
bord supérieur des trois derniers articles ; sur pé, suivant les espèces,

Porvrumos 237
une adaptation progressive à la nage qui se manifeste notamment par la
réduction de taille et de longueur du mérus et du carpe.
Malgré leur adaptation à la nage, qui est excellente, les Porlunus ne
sont jamais pélagiques. Comme le dit A. MILNE-EDWARDS (1861), ils « se
tiennent au-dessous du niveau des basses marées. Aussi, à l’ép0que de
l’équinoxe, en trouve—t·on souvent dans les flaques d’eau et sur les ro-
chers que le reflux a laissés à découvert. Les pêcheurs en prennent souvent
près des côtes ».
Le genre est cosmopolite, mais ses espèces de beaucoup les plus nom-
breuses se trouvent dans les mers d’Eur0pe où l’on compte les huit sui-
vantes :
TABLEAU mas rzsrizczs.
1 . Doigt de p° lancéolé avec une côte longitudinale médiane; le grand ar-
ticle basal des pédoncules antennaires en contact avec le lobe infra-orbi-
taîre interne (ie, fig. 154-155) ................................ 2
—- Doigt de p° en lame ovalaire ; le grand article basal des pédoncules
antennaires plus ou moins indépendant du lobe infra-orbitaire (fig. 156)
....,............................. . ....................... 4
2. Front simple ou très légèrement émarginé ; la 49 dent latéro-antérieure
plus petite ; propode et doigt de p‘ sans côtes marginales ; le corps nu
ou sans poils bien visibles ; carpe de p‘ armé seulement de sa dent anté-
ro-interne (Pl. IX, fig. 3). ..................... atcuatus, p. 239.
— Front découpé, la 49 dentlatéro-antérieure normale; propode et doigt
de p” avec côtes marginales, le propode en outre avec deux côtes mé-
dianes convergentes à leurs extrémités ; le corps partout avec une pu-
bescence .. ................................................ 3
3. Le grand article basal des pédoncules antennaires dépasse peu le lobe
infra·orbitaire qui est aigu (fig. 154). Front découpé en 3 ou 4 paires de
petits lobes étroits dont la paire médiane est plus saillante ; corps et
pattes avec une pubesoence serrée et assez longue qui, sur la carapace,
dissimule en partie les stries granuleuses transverses; dents latéro-anté-
rieures très aiguës et denticulées sur leurs bords ; carpe de pl avec une
dent aiguë, vers le milieu de son articulation avec la pince(Pl. IX, 1'ig.4)
. ........................................... puber, _p. 239.
— Le grand article basal des pédoncules antennaires fait saillie en avant et
en dehors du lobe infra—orbitaire qui est obtus (fig. 155). Frontà 3 lobes
bas et obtus dont le médian prédomine; sur la carapace des stries granu-
leuses longues, assez régulières et garnies sur leur bord antérieur de poils
médiocres ; carpe de p‘inerme en dehors (Pl. IX, iig.5),c0r1'ugatuS, p. 240.
4 . Doigt de p‘ longuement ovalaire, acuminé et muni vers sa pointe d’un
rudiment de côte médiane ; front bien saillant et tridenté, sa dent mé-

238 nÉcA1>0oEs Mancmauas
diane plus longue ; bords latéro-antérieurs peu arqués et bien plus courts
que les latéro-postérieurs ; carapace nue avec des stries transverses
nombreuses ; pas de dent carpienne externe au carpe de pl (Pl. IX, fig. 6)
.......................................... pusillus, p. 240.
—-·· Doigt de ps largement ovalaire et plus ou moins mucroné ; front peu
saillant trilobé ou tridenté .................................  
5. Propode et doigt de ps avec côtes marginales et longitudinales. La 59
dent latér0—antérieure pour le moins deux fois aussi longue que les
autres, carpe de ps avec s dent antéro-interne longuement prolongée
en épine, une épine au bout distal de la carène externe de cet article et
une dent vers le milieu de son articulation avec la pince. Sur le test
partout de nombreux poils courts avec fines granulations ; sur la cara-
pace de nombreuses stries granuleuses assez irrégulières et des saillies
tuberculiformes multiples ; au front, trois dents aiguës et subégales
(P1. IX, fig. 7) ............................ tuberculatus. p. 241.
-—- Propode et doigt de ps sans côtes bien nettes ; les dents latéro-anté-
rieures et la dent carpienne antéro—interne de pl sont normales; face
ventrale du corps nue ...................................... 6
6. Les trois dents du front fortes et aiguës comme les latéro-antérieures ;
carapace avec de nombreuses stries granuleuses courtes, et de courts
poils qui disparaissent dans les grands spécimens ; carpe de ps avec une
dent médiocre au bout de la carène externe et une plus réduite vers le
milieu de l’articulation avec la pince (Pl. IX, fig. 8) ...............
. ........................................ depurator, p. 242.
— Les trois dents du front obtuses ; carapace peu striée et nue .... 7
7, Pas de dent carpienne externe à pl ; carapace notablement voûtée avec
le bord externe de ses dents latérales en courbe régulière ; dent médiane
du front peu saillante ou pas plus que les autres (Pl. IX, fig. 9) .......
.......................................... marmoreus, p. 242.
— Deux dents au carpe de pl, l’une en épine au bout de la crête, l’autre
externe, plus réduite, vers le milieu de l’articulation avec la pince
(fig. 153) ; carapace à peine voûtée, avec le bord externe de ses dents
latérales un peu en S ; dent médiane du front plus saillante que les autres
(PI. IX, fig. 10). ............................ holsatus, p. 243.
Dans les trois premières espèces l’adaptation natatoire du mérus et du
carpe de ps est encore au même stade primitif que chez les Carcinus, en ce sens
que lesdits articles sont peu modifiés et assez semblables à ceux des pattes
précédentes; dans les quatre suivantes,au contraire, l’évolution natatoire,
beaucoup plus accentuée, se manifeste par le raccourcissement considé-
rable des deux articles et par la forme largement ovalaire du doigt. Pusil-
lus, à ce dernier point de vue, est intermédiaire entre les deux groupes. Mais
toujours, dans l’un et l’autre, on observe aux bords du propode et du doigt
une frange serrée de poils égaux et assez longs qui contribuent largement

PORTUNUS 239
à la puissance natatoire de cette rame, condition qu’on observe déjà chez
Porfumnus. Les mœurs des Porlunus sont très bien exposées par L.»xTaExLLE
(1825) au volume X de l’Encyclopédie méthodique.
1. Portunus arcuatus LEACH (P1. IX, fig. 3) ; Lmcu 1813, 390 et
1815b, P1. VII, fig. 5, 6 ; BELL 1853, 97 et fig.; A. MILNE-EDWARDS 1861,
399 ; HELLER 1863, 88 ; PEsr.¤. 1918, 400, fig. 129 ; PALMER 1927, 884, fig.
4 ;BALss 1926, 40 ; ScrxE·LLENnEnG 1927, 118, fig. 91. Porlunus emarginalus
LEACH 1815**, Pl. VII, fig. 3 et 4. Porlunus Rondelelii Risso 1816, I, fig. 3.
Carapace à régions bien accusées ; de très nombreuses stries granuleuses
très courtes, le front large, convexe à bord cilié, parfois avec une émargi-
nation médiane (emarginafus) ou deux légères échancrures latérales. Fouet
antennaire égalant près de deux fois la grande largeur de l’orbite. Chéli-
pèdes plus forts chez le 3 que chez la 9, leurs pinces avec trois carènes (1,2
et 5) peu saillantes. Propode de p° presque également large aux deux bouts,
et sans saillie au-dessus de son articulation digitale. Tonalité brun jau-
nâtre ou grisâtre, parfois avec taches de rouge ou de violet. - Longueur
de la carapace d’un 5* 25 mm., largeur 30 mm.
De la Norvège et du Cattégat à l’Égypte, la mer Noire ; se tient surtout
entre 10 et 50 mètres.
· él-
là . ··,. E ,
2+3 ‘ Q gl:
 .  
F10. 154-.-Porlunus puber, base de 1’an· Fm. 155. —- Portunus corrugaius, région
tenne droite vue obliquement en des- frontale droite en dessous avec le pédon·
sous et ses relations avec 1'angle cuie oculaire et la base de l’antenne
infra-orbitaire interne ic (original). (original).
2. Portlmus puber L. (fig. 154 et PI. IX, fig. 4); CancerpuberL1NNÉ 1767,
1046. Porlunus puber LATHEILLE 1803, 10 ; H. MILNE-EDWARDS 1849,
Pl. X, fig. 2 ; BELL 1853, 90 et fig. ; A. MILNE·EDWARDS 1861, 398 ; HEL-
LER 1863, 82, P1. II, fig. 11-13 ; Pxmsx 1915, 256 ;BALss 1926,50 ;PALMER
1927, 882, fig. 3 ; SCHELLENBERG 1928, 116, fig. 89, 90; NoEnE 1936, 32,
fig. 18. Cancer velulinus PENNANT 1777, IV, 5, Pl. IV, fig. 3.
Reconnaissable à la pubescence serrée qui recouvre tout son test sauf
les crêtes, à sa carapace très peu convexe où les bords latéro—antérieurs
sont plus courts que les Iatéro·postérieurs, à ses fouets antennaires forts
et presque aussi longs que le céphalothorax, à l’ébauche d’un lobule dans

240 DÉCAPODES MARCHEURS
la partie externe du lobe orbitaire inférieur, aux carèn es granuleuses de
ses pinces et aux côtes plates très accusées des trois derniers articles des
pattes ambulatoires. Tonalité brune, joliment agrémentée de taches bleu
vif qui s’atténuent ou disparaissent quand l’animal est conservé. — Lon-
gueur de la carapace dans un 5‘ 58 mm., dans une Q 50 mm. ; largeur du 3‘
75 mm., de la Q 65 mm.
Des Hébrides et d’Helg0land au moins jusqu’à l’Adriatique en Méditer-
ranée ; se tient surtout dans les rochers, depuis le littoral jusqu’à 70 mètres.
Recherche pour la table,ce Crabe est désigné sous le nom d’ « étrille », sans
doute à cause des petits lobes en peigne du bord frontal.
3. P0x't11m1S corrugatus PENN. (fig. 155 ; Pl. IX, fig. 5) ; Cancer corruga-
lus PENNANT 1777, IV, 5, Pl. V, fig. 9. Porlunus corrugaius LEM:11 1813,
390 et 1815 b, Pl. VII, fig. 1 et2 ; BELL 1853, 94 et fig. ;A. l`rIILNE-
Eowsaos 1861, 401 ; HELLER 1863, 86 ; M1LNE-·Eow.mDs et Bouvier:
1900, 64 ; PESTA 1918, 405, fig. 132 ; BALSS 1926, fig. 17 ; PALMER 1927,
881, fig. 2 ; NoBRE 1936, 3-1, fig. 21 ; Moivoo 1933, 53.
Se distingue de puber par le lobule plus développé de son bord orbi-
taire inférieur, ses stries ciliées en brosse que ne dissimule pas une pubes-
cence, ses bords latéro-antérieurs qui sont plus allongés, plus convexes
et à dents plus larges, sa face dorsale notablement bombée. Chélipèdes
avec stries en squames ciliées; carènes des pinces et côtes des pattes am-
bulatoires fort accusées ; propode de ps plutôt ovalaire et doigt plus large
que celui de puber. Tonalité brun rougeâtre avec taches rouges ou jaunes.
—~ Longueur d’un 3 33 mm., largeur 41 mm.
Connue en Europe depuis les Iles Britanniques jusqu’à la mer Noire ;
signalée aussi aux Açores et au Sénégal. En fait, comme le pense RATHBUN
(1930), est plutôt une espèce cosmopolite ; DE HAAN (1850) l'a signalée au
Japon où STIMPSON la décrivit plus tard sous le nom de sirigilis (1859); Bon-
RADAILE (1916) 1’a fait connaître en Nouvelle-Zélande, et IVIIERS (1886),
dfapres les récoltes du « Challenger », en Australie. Avec PALMEP. (1927) on
doit tenir pour probablement identique, sinon pour une variété, le P. sub-
corrugatus A. MILNE—ED\VARDS (1861, 402, Pl. XXXVI, fig. 2) de la mer
Rouge qu’il faudrait lui-même identifier avec un Portune d’Égypte figuré
par SAVIGNY (1819, Pl. IV, fig. 2) et appelé Rondeletli par Auooom.
4. Portunus pusillus Liman (Pl. IX, fig. 4) ; LEACH 1815 b, Pl. IX, fig.
5-8 ; BELL 1853, 112 et fig. ; A. M1LNE-EDw.xRDs 1861, 397 ; HELLER 1863,
87 ; MILNE-EDWARDS et Bouvier: 1894, 27 ; PEsr.¤1 1918, 407, fig. 133 ;
PALMER 1927, 885, fig.5; SCHELLENBERG 1928,119, fig. 92 ; Noam; 1936,
38, fig. 29 ; MoNoD 1933, 53. Poriunus maculaius Rlsso 1826, V, 5.
· Carapace fortement convexe surtout dans ses régions cardiaque et gas-
trique, front lamelleux. Fouet antennaire court. Chélipèdes avec la dent
antéro-interne du carpe médiocre et aiguë, les carènes des pinces nettes,
mais plutôt rugueuses. Propode de ps rétréci de la base à l’articulation

roarurws 241
digitale où son bord postérieur est tout de suite en retrait. Tonalité rou-
geâtre ou grisâtre, avec taches rouges plus foncées et parfois des anneaux
de ce ton sur les pattes. — Petiteespèce; longueur de la carapace d’un 3,
L2 mm., largeur 13 mm.
Des Lofoten au Sierra-Leone où Batss (1922) a signalé l'espèce ; depuis la
côte jusqu':) 200 mètres. Se rapproche surtout de P. arcuatus.
_   Portunus tuberculatus Roux (fig. 156 ; Pl. IX, fig. 7) ; Roux 1828,
Pl. XXXII, fig. 1-5 ; A. MILNE-EDWARDS 1861, 396 ; HELLER 1863,
8—i;.MILNE-EDWARDS et Bouvnan 1894, 25; PEs'rA 1918. 404, fig. 131 ;
BALss 1926, 41 ; PALMER 1927, 894, fig. 9. Porlunus macropipus Cosra
1853, 18, Pl. VI, fig. 5. Porlunuspuslulaius NORMAN 1861, 151.
Espèce remarquable par les saillies tuberculiformes de la face dorsale,
deux en arrière du front, deux sur les régions gastriqueslatérales et médiane;
5
a I 4   e
  ic 1
' no "•
Fm. 158. —- Portunus tubcrculalus : région frontale droite en dessous, avec le nodule
ptérygostomien no ui, à la base de 1 angle infra-orbitaire interne ie, rejoint le grand
article basal 2 -l- 3 du pédoncule antennaire (original].
également sur l’aire cardiaque ; sur la partie antérieure de chaque aire
branchiale ces tubercules sont au nombre de quatre, dont trois s‘élar-
gissent beaucoup. Fouets antennaires très grêles et presque deux fois aussi
longs que le grand diamètre de l’orbite. Carènes des pinces très saillantes
et ornées ; propode de p‘ élargi dans sa partie distale où il est très accusé en
arrière de son articulation avec le doigt. Dans cette espèce, le lobe infra-
orbitaire interne est largement séparé de la base des pédoncules anten-
naires, mais il s’y rattache proximalement. par un petit nodule ptérygos-
tomien qu'on observe d’ailleurs dans d’autres Porlunus. Tonalité d’un
gris jaunâtre, avec du rose disposé en bandes ou en taches. - Longueur
de la carapace dans un 6, 28 mm., dans une 9 ovigère, 21 mm.; largeur
dans le 3, 45 mm., dans la Q 32 mm. Diamètre.des œufs 0,4 mm.
Découverte d'ab0rd à Naples, puis retrouvée par Pamsx (1915) en Adriati-
que, 1’espece a été signalée aux Shetlands par Norman, aux Açores par le
aouvxan 16

242 ¤ÉcAPonEs Mancnnuns
Prince DE Moimco, à l’embouchure du Congo par DOFLEIN (1904), par le
« Travailleur » dans le golfe de Gascogne. Elle recherche les fonds compris
entre 100 et 500 mètres.
6. Portunus depurator L. (Pl. IX, fig. 8) ; Cancer depumior Lmnxâ 1758,
627. Porlunus depuraior FABRICIUS 1798, 365; LEACH 1815 b, Pl. IX, fig.
1 et 2 ; BELL4853, 101 et fig. ; A. MILNE·EDWARDS 1861, 395 ; HELLER
1863, 83 ; PESTA 1918, 401, fig. 130 ; BALSS 1926, 41 ; PALMER 1927, 893,
fig. 8 ; SCHELLENBERG 1928, 120, fig. 93 ; Noam; 1936, 33, fig. 20. Por-
iunus plicalus Rrsso 1816, 29 ; H. M1LNE-Enwanns 1834, 442.
Carapace grossièrement granuleuse en avant, un peu tuberculeuse en
arrière, ses régions nettes mais peu saillantes. Fouet des antennes grêle
et court. Carpe des chélipèdes granuleux en dehors, sa dent antéro—in·
terne puissante ; carènes des pinces bien développées, la 2% et la 3** avec
des granules ou des dents ; ps avec le propode très dilaté à son bout distal
où il présente un lobe saillant au-dessous de l’articulation digitale. Tona-
lité allant du rougeâtre au brunâtre. — Longueur de la carapace dans un 3,
31 mm., largeur 51 mm.
Connu depuis la Suède et la Norvège jusque dans l’Adriatique et l’Égypte ;
voisinage de la côte jusqu’à 200 mètres.
7. Portunus marmoreus Lmcn (Pl. IX, fig. 9) ; Lmcrx 1815 b, Pl. VIII;
BELL 1853, 105 et fig. ; A. M11.NE-EDwAP.ns 1861, 394 ; HELLER 1863, 85 ;
lMILNE-EDWARDS et BoUv1ER 1899, 25 ; BALSS 1926, 40 ; PALMER 1927,
888, fig. 6; SCHELLENBERG 1928, 123, fig. 96; NoBnE 1936, fig. 19.
Poriunus barbarus LUcAs 1849, 15, Pl. II, fig. 3.
Très voisine d’holsafus, dont elle ne serait pour beaucoup d’auteurs
qu’une simple variation, cette espèce a probablement la même origine,
encore qu’on puisse avec PALMER la regarder actuellement comme dis-
tincte. Aux différences relevées au tableau (p. 138), on peut ajouter la
suivante : le propode de p5, dans sa partie distale, est plus étroit, sans le
lobe accentué qu’on observe dans holsaius au-dessous de l’articulation
digitale. D’après l’examen des types de LUcAs conservés au Muséum, on
doit croire, avec A. l`lILNE—EDWARDS, que P. barbarus est identique à mar-
moreus. Parfois la tonalité d’h0lsaius, mais peut aussi présenter les teintes
les plus diverses du brun au rouge, avec des marbrures qui, d’ailleurs,
n’existent pas chez le jeune. -· Longueur de la carapace d’un 6, 37 mm.,
d’une S2, 25 mm. ; largeur du 3‘, 37 mm., de la Q, 31 mm.
A été signalée depuis Helgoland et les Iles Britanniques jusqu’aux Açores
et en Méditerranée où, du reste, elle ne semble connue ni en Adriatique, ni
en mer Noire, par contre s’y répand jusqu’en Syrie (Morton 1931). Du voisi-
nage du littoral à 85 mètres.

romraxus 243 .
8. Portunus h0lS&b\lS FAB. (fig. 153 et Pl. IX, fig. 10); Fxemcius 1798,
366 ;BELL 1853, 109 et fig. ; A. MILNE·EDWARDS 1861, 393 ; HELLER 1863,
85 ; MILNE-EDWARDS et Bouvuan 1894, 28 ; BALss 1926, 41 ; PALMER 1927,
883, fig. 7 ; SCHELLENBERG 1928, 121, fig. 94-95 ; Noam; 1936, 35, fig. 22.
Comme dans la précédente les régions de la carapace sont vaguement
indiquées, les fouets antennaires assez forts mais courts;les chélipèdes
ont une dent carpienne antéro-interne assez forte et aiguë, sur les pinces
des carènes bien développées dont les plus (externes sont granuleuses ou
dentées. Le propode de p° est plutôt un peu dilaté dans sa partie distale
où il présente un assez fort lobe au·dessous de l’articulation avec le doigt.
Tonalité ordinairement verdâtre, plus foncée en avant sur le dos. — Lon- _
gueur de la carapace d’un <3‘ et d’une 9 31 mm., largeur 39 mm.
Signalée en Islande par Hlmsjau (1908) cette espece était connue depuis
les Lofoten jusqu’aux Canaries et en Méditerranée ; elle se retrouve en mer
Noire, mais semble manquer à l’Adriatique. Espèce côtière et subcôtière.
G. POLYBIUS Lzacu 1815 b.
Comme 1’a observé justement PAr.M1aR (1927), le genre Polybius est très
éloigné des Portumnus : o’est. un Portunus dont toutes les pattes ambula-
toires sont fortement comprîmées et où celles des trois premières paires se
terminent en lancette, celles de la dernière par un doigt ovale ; le genre
présente les affinités les plus étroites avec Porlunus holsalus dont il se dis-
tingue surtout par Padaptation natatoire plus grande.
Polybius Henslowi LEACII (fig. 157 ; Pl. IX, fig. 11) ; Lmlcxr 1815 b, 14,
Pl. IX, B ; H. MILNE-EDWARDS 1834, 439 et 1849, Pl. VIII, fig. 2; BELL
1853, 116 et fig. ; BoNNxEn 1887, 24 (ubi syn.) ; MILNE-Enwaans et Bou- ·
VIER 1894, 31 ; 1899, 24 et 1900, 62 ; Noam: 1936, 29, fig. 17 ; Morton
1932, 215.
Carapace mince, très finement granuleuse, à peine convexe, même plate
dans la région frontale qui se découpe en trois lobes bas, subaîgus, dont le
médian est il peine plus développé ; les bords latéraux avec cinq dents
basses, dirigées en avant, la première obtuse et jouant le rôle d’orbitaire
externe ; aire cardiaque élargie, séparée par un étranglement de l’aréole
métagastrique ; aires branchiales un peu plus saillantes et souvent déli-
mitées dans leur région antérieure par un arc de petites taches, aréoles —
gastriques latérales parfois assez indiquées. Pédoncules oculaires courts et
forts, dilatés dans leur région cornéenne ; les deux derniers articles des
pédoncules antennaires d’égale longueur, étroits, surtout le dernier qui dé-
passe le front ; fouets antennaires à peine aussi longs que la largeur de

244 DÉCAPODES MA1>.cnEuns
l’orbite.Cbélipèdes avec une forte dent aiguë au bord antérieur du carpe,
leurs pinces fortes, un peu infléchies, plus convexes en dehors qu’en de-
dans, ornées sur leurs faces de crêtes longitudinales basses, inermes, dont
une se prolonge sur les doigts ; ces derniers à peu près de la longueur
de la portion palmaire, très aigus et croisés à leur bout libre, leurs bords
.//0/
  p
lîç
· 1
· 4 q
’ · A
· I
,~—-·""'
"'fF" ',,,.··» B
..··~”"`
" ,.·rI
’_'_,,,·•"
 
Fia. 157. —-— Polybius Henslowiz A, région frontale droite avec ses ap endices et l’ex·
trémité de ma:p°; B, extrémité de I pince droite, face externe ébriginal).
garnis de dents inégales dont les plus fortes sont trilobées. Pattes ambula-
toires un peu sillonnées longitudinalement et munies d’une rangée de cils
serrés qui, dans p“, p3, p‘ occupent surtout le bord inférieur, dans p‘ se
trouvent sur les deux bords.Abd0men normal, mais plus large que dans
Poriumnus. Tonalité brun rougeâtre, plus claire en dessous. — Longueur
de la carapace dans un 5, 40 mm., dans une SE 36 mm. ; largeur 3 48 mm.,
Q -11 mm. Diamètre des oeufs 0,28 mm.
Du Sud des Iles Britanniques au Maroc (cap Blanc de Mazagan) ; n’est
connue en Méditerranée que par une capture monégasque réalisée à Tétouan.
L’espèce paraît se tenir surtout en surface ou entre deux eaux ; elle est ra-
menée par les filets des pécheurs, souventen grande masse. Le regretté Prince
ALBERT DE Mormco (1887) a signalé qu’un jour, sur la côte d’Espagne,
le chalut en ramena cinq mille et avait dû en perdre déjà beaucoup. « Ce
Crustacé, dit-il, brandit des pinces aussi aigues que la griffe d’un chat et

BATHYNECTES . 245
1'abus qu’il en fait le rend odieux. Répandus sur le pont... nos Polybius
s’accrochaient aux pieds nus des marins ou se suspendaient à leurs doigts. »
D’après Noems, il abonde également du mois d’août à janvier, au large
du Portugal et y porte préjudice aux pêcheurs qui, toutefois, le vendent
pour engraisser les terres. Lsoannne (1934) a longuement étudié cette es-
pèce au sujet d’une invasion qui se produisit en mai dans la baie de Concar-
neau : les filets remontés par les pêcheurs de Sardines « étaient tailladés,
cisaillés, nombre de leurs mailles ouvertes ; les Poissons qu'ils retenaient
étaient à peu près invendables, mordillés, déchiquetés... parfois dépouillés
de leur peau et de leur chair... On voyait aussi de ces Crabes dans la mer, na-
geant très activement à la surface ou entre deux eaux ». Ils se trouvaient « en
telles quantités que souvent la moitié et parfois les trois quarts des Sardines
étaient abîmées » ; ces Crabes ne comprenaient que des mâles. On ignore ce
qu’i1s deviennent dans la suite et s’ils se tiennent à certaines époques sur le
fond, ce qui parait toutefois probable. Mêmes observations de MIRANDA
(1933b) auprès de l’ile Cristina.
G: BATHYNECTES STIMPSON 1870.
Front divisé en quatre lobes parfois indistincts, le médian plus étroit mais
un peu plus saillant que les autres ; pattes ambulatoires de p' à p‘ subégales
ou d’autant plus longues qu’on s‘éloigne de p* ; l’article basal 2 + 3 des
pédoncules antennaires immobile ; mérus de mxp° tronqué et sans saillie
distale.
Les autres caractères sont ceux des Porlunus avec lesquels le genre est
souvent confondu ; la 5° dent antéro-latérale est toujours plus allongée que
les autres (comme dans Portunus luberculalus) ; les pattes 5 ont un mérus
normal et le doigt lancéolé (comme dans les Portunus primitifs). En somme,
Vadaptation natatoire n’est pas très avancée ; d'ailleurs le genre semble se
rapprocher un peu du suivant (Neptunus) par la présence d’une saillie trans-
verse qui réunit les grandes dents latérales postérieures ; les régions de la
carapace sont moins apparentes que dans la plupart des Portunus. Avec les
trois genres qui précedent, Balhynecles forme une série qui se rattache à
Portumnus biguttatus (Bonn, 1901).
Genre localisé dans l’Atlantique où il compte les deux espèces suivantes
dont les individus vivent en solitaires à des profondeurs plus ou moins
grandes et présentent, à divers degrés, la tonalité rougeâtre ou rouge des
Crustacés abyssaux.
— Front simple ou légèrement quadrilobé ; chélipèdes armés seulement
de la dent carpienne qui est simple, et d’une épine au bout distal de
la plus interne des deux carènes longitudinales de la pince ...........
........................................... longipes, p. 246.
-— Front toujours quadrilobé ou quadridenté ; chélipèdes avec la dent
carpienne puissante et dentîculée sur son bord antérieur, leur pince
avec 5 carènes longitudinales armées d’une série de dents spiniformes.
........................................... superbe., p. 247.
Par la forme du front, les bords orbitaires et la base du pédoncule des

246 niêcaronas Mrmcuauns
antennes, longipes présente des affinités manifestes avec Porlunus arciza-
ius, tandis que superba tient à la fois du Porlunus corrugalus et des Nep-
iunus.
1. Bathynectes longipes Risso (fig, 158; Pl. IX, fig. 12) ; Poriunus lon-
gipes Rxsso, 1816, 30, Pl. I, fig. 5 ;BEL1, 1853, 351 et fig. ; A. M1LNE·En-
waans 1861, 400 ; HELLER 1863, 89 ; Pissra 1918, 408, fig. 134. Baihy—
nectes longipes Carros 1885, 518 ; GARsrANc 18975 401, fig. 1 et 2 ; Noam;
1936, 40, fig. 36.
Carapace assez granuleuse, ses régions plutôt nettes surtout les gas-
triques latérales ; bords latéro-antérieurs à dents rapprochées et plus
!\
  L
A B
QC C
Fm. 158. — Bathynectes longipes : A, région frontale droite, en dessous, avec le nodule
ptérygostomien; B, abdomen du 3 ; C, extrémité de p‘ (original),
courts que les latéro-postérieurs. Bord inférieur des orbites avec deux
légères échancrures, leur lobe interne peu saillant, invisible de la face dor-
sale, en contact avec le grand article basal 2 —}— 3 des pédoncules anten-
naires, article qui le dépasse un peu mais est presque tronqué dans sa
· partie distale, laquelle est suivie d’un article étroit bien plus court. Aux
chélipèdes, un petit denticule obtus vers le milieu du bord antérieur du
mérus, les deux carènes des pinces obtuses et un peu rugueuses. Pattes 2
à 5 comprimées latéralement, surtout au carpe, au propode et au doigt
qui présentent deux côtes longitudinales sur chaque bord et une sur cha-
que face, ces côtes séparées par des sillons ; doigt légèrement arqué et
un peu plus long que le propode. Les pattes 5 plus courtes, avec côtes
moins nettes aux bords du propode et du doigt ; ce dernier médiocrement
élargi et à bord antérieur peu convexe, le propode sans lobe saillant à son
bout distal qui est sensiblement de même largeur que le bout basal. Ab-
domen du 8 triangulaire. Carapace d’un brun rougeâtre ou rouge, par-
fois avec taches moins foncées. —- Longueur de la carapace d’un grand 3‘,
43 mm., largeur 51 mm. ; longueur des p‘, 90 mm. ; souvent la patte 4 est
un peu plus longue que p“ et p°.

BATHYNECTES 247
Connu depuis le Sud de l’Angleterre jusqu’en Adriatique. Se tient loin
de la côte, sur fonds sableux, et peut descendre jusqu’à 150 mètres.
2. Bathîllectes sllperba. Cosw. (fig. 159 ; Pl. IX, fig. 13) ; Porlunus su-
perbus Cosra 1853, 19, Pl. VII. Bathyneclcs superba MILNE-EDWARDS et
Bouvmn 1899, 25, Pl. II ; Nonma 1936, 39, fig. 35 ; Rxrnnuu 1930,
28, Pl. VIII et IX. Baihynectes longispimz STIMPSON 1870, 146 ;
A. M11.NE—E1>w.m¤s 1873-1880, 234, Pl. XLII, fig. 1 ; Mime-Eowanos
et BOUVIER 1894, 29. Balhynecles brevispina S'riMr>soN 1870, 147. Thra—
niles velos: BOVALLIUS 1876, 59, Pl. XIV et XV.
`O
W h
  ..    ti É `
B
A
C — .
$_,,..
\
Fm. 159. — Balhynecles superba : A, région frontale droite en dessous ;
B, extrémité de mzp‘; C., extrémité de p‘ (original).
Carapace de l’adulte finement granuleuse, couverte d’une très brève
villosité, dents latéro-antérieures largement séparées ; front fortement
quadrilobé, ses lobes d’autant plus aigus que la taille est plus forte ; ré-
gions moins apparentes que dans longipes. Bord orbitaire inférieur avec
un petit lobe externe délimité par deux fortes échancrures et un lobe trian-
gulaire fort saillant et visible de la face dorsale, presque comme chez les
Neplunus. Grand article basal des pédoncules antennaires assez fortement
prolongé en lobe externe à son bout distal, partout bien séparé du lobe
infra—orbitaire interne, sauf à son origine où il est rejoint par un petit
lobule de ce dernier. Chélipèdes très armés : l’ischion avec une dent antéro·
interne, lemérus avec deux épines, l'une antéro—interne, l’autre sur le bord

248 nâoaronns Maacnecas
dorsal ; le carpe avec de nombreuses dents aiguës, dont une paire au
bord antérieur, sans compter la puissante dent antéro-interne ; pince avec
les carènes normales des Poriunus, cinq en dehors, dentées ou épineuses, la
lm avec sa dent antérieure en puissante épine, doigts avec côtes longitudi-
nales et sillons très accentués, très portuniens d’ailleurs, mais sans puis-
sante dent basale et à pointe peu arquée. Pattes ambulatoires 2 à 4 comme
dans longipes, mais progressivement plus longues de la première à la
dernière ; pé avec le propode dilaté au bout distal qui présente un lobe
saillant, doigt plus large, très convexe au bord antérieur. Abdomen du 3
assez longuement triangulaire. Ton d’un rouge orangé vif. — Longueur
de la carapace dans une grande Q 52 mm., largeur 72 mm., longueur de p'
102 mm., de p” 121 mm., de pé 132 mm. Dans une 9 de 23 mm. de longueur
(tout à fait du type longispina), les dimensions relatives de ces trois
dernières pattes sont les suivantes: 48 mm., 60 mm., 67 mm., pé éga-
lant 36 mm.
L’espèce présente avec l’âge des variations morphologiques considérables ;
dans les très jeunes exemplaires le front est démesurément large relativement
à la largeur, ses lobes sont arrondis, peu accentués, les dents latérales 5
médiocrement longues, 2 et 4 parfois encore nulles ou à peine indiquées ;
il y a tous les passages entre cet état et l’adu1te, les formes intermédiaires
avec 58 dent très longue ou médiocre, correspondant aux lorzgispina et bre-
vispina de STIMPSON.
L’espèce est très largement répandue dans l'Atlantique oriental ; on la
connaît depuis la Norvège et l’Islande _jusqu'aux îles du Cap-Vert, et dans la
région méditerranéenne jusque dans la mer Noire ; à l’ouest de l’Atlantique,
où STIMPSON la décrivit sous les noms précités, on la signale depuis le Massa-
chusetts jusque dans le détroit de Floride. Elle se tient entre 135 et 1.410
mètres ; ce dernier chiffre donné par CAULLERY (1896) pour le golfe de
Gascogne, le premier par BOVALLIUS (1876) pour la Norvège.
G. NEPTUNUS DE HAAN 1850.
Carapace franchement transverse, médiocrement convexe, la postérieure
de ses 9 dents latérales presque toujours bien plus longue, ses régions assez
bien indiquées, avec saillies granuleuses transverses dont une particuliè-
rement grande et constante allant de la 98 dent au voisinage du centre.
Presque toujours quatre dents au bord frontal; bord orbitaire supérieur
avec deux incisions, l’orbitaire inférieur avec une seule, mais son angle in-
terne saillant et visible du côté dorsal ; grand article basal 2 -1- 3 des pé-
doneules antennaires soudé au front et en contact avec le lobe infra-orbi-
taire interne. Épistome fort étroit; suture sternales’étendant aux trois der-
niers segments thoraciques. Chélipèdes avec unmérus puissant, armé, com-
primé sur ses deux faces principales, carpe avec des côtes et une forte dent
à l’angle antéro—interne, pinces longues, plus ou moins prismatiques, pré-
sentant les côtes longitudinales des Portunus, au moins avec une forte épine
sur le eondyle articulaire correspondant à la côte 2 et une autre au bout dis-
tal de la côte 1. Pattes 2 à 4 très comprimées latéralement, à côtes plates et
sillons intermédiaires. Pattes natatoires du même type que chez les Portu-

NEPTUNUS V 249
nus supérieurs ; abdomen avec les segments 3 à 5 fusionnés chez le 3, comme
dans les Portunes.
Le genre représente un stade avancé de l'évolution portunienne; avec
les suivants, d’après Bour: (1901), il forme une série qui se rattache à
Porlumnus làlipes ; pléopodes 1 du 3 du type Poriunus, toutefois avec
une inflexion‘distale beaucoup plus faible ou nulle. Genre subdivisé en
de nombreux sous—genres d’après la courbure plus ou moins accentuée
des bords latéro-antérieurs, le développement de la 9° dent latérale et la
forme de l’abdomen du 3 (qui est en T dans Callinecles STIMPSON). On
ne peut en signaler ici que trois espèces (‘).`
TABLEAU nas ESPÈCES.
1. La courbe décrite par le front avec les bords latéro-antérieurs est à
petit rayon, le centre en étant situé vers le milieu de la carapace;
abdomen du 6 triangulaire ; une épine au bord postérieur du mérus
des chélipèdes (Amphilrite DE HAAN). .......... hastatus, p. 249.
— La courbe fronto-latérale à grand rayon avec le centre en arrière du
bord postérieur ; abdomen du 3 triangulaire (Ncplunus DE Hmm)., 2
2. Pas d’épine distale au bord postérieur du mérus des chélipèdes, 4 au
bord antérieur ................................ . Sayi, p. 250.
—- Une épine distale au bord postérieur du mérus des chélipèdes, 3 au
bord antérieur ............................. pelagicus, p. 251.
Dans ces trois espèces, comme dans la presque totalité des autres, il y
a quatre dents frontales, les deux médianes parfois réduites.
1. NODÈUHUS h8·S1i8É\lS L. (fig. 160; Pl. IX, fig. 14) ; Cancer haslalus LIN-
NÉ 1767, 1046. Porlunus haslaius LATREILLE 1825,189. Lupa haslala
H. M1LNE-Enwnnos 1834, 455 ; HELLER 1863, 77, Pl. II, fig. 10 ; Norma
1931, 73, fig.37 et 38. Neplunus haslalus A. MILNE-EDXVARDS 1861, 327;
PEs'rA 1918, 415, fig. 136. Cancer ponficus HERBST 1790,38, P1. LV, fig. 5.
Lupa DufouriiLATnEx1.1.E l. cif., 189.
La 98 dent très saillante, correspondant avec une forte strie branchiale
transverse en arrière de laquelle se voient deux courtes stries obliques ;
des stries courtes au nombre de trois paires sur la région gastrique, une
paire sur la _cardiaque. Dents médianes du front plus courtes que les laté-
rales ; lobe infra-orbitaire interne médiocrement saillant; grand article
basal des pédoncules antennaires présentant à son angle antéro-interne
une auricule obtuse logée dans l’orbite, les deux articles suivants plus
1. Le grand Crabe comestible des Etats-Unis, Callinecles sapîdus M. Rxrim., peut
accidentellement être introduit en France ; en 1901, je 1’ai signalé il Rochefort.

250 niâcaronns Mimcmauns
minces et subégaux, le fouet plutôt court et grêle. Mérus de mxps peu
échancré, son bord externe droit, le bord antérieur arrondi. Chélipèdes avec
le mérus puissant, dilaté puis brusquement rétréci en arrière, une épine au
bout distal du bord externe, cinq épines le long du bord interne ; sur le
carpe une épine distale à chaque angle du bord antérieur ; pinces très lon-
gues, dilatees de la base au sommet dans la région palmaire qui porte deux
épines successives au bout de sa côte dorsale, la côte suivante séparée de
la 39 par une dépression longitudinale ; doigts rectilignes, longs à peu près
comme la portion palmaire, leur pointe recourbée. Pattes 2 à 4 cannelées
et sillonnées, leur doigt presque droit, de la longueur du propode. Propode
\ ^/  °
` 3 À
 ¢·~ 4 
c _ 5 É
, _ A
  6  B
É ¤ 7 7
Fm. 160. - Neptunus hastalus : A, région fronto-buccale gauche surtout, en dessous,
avec ses crêtes endostomiennes cr; B, abdomen du 3 ; C, extrémité de ma:p° ; D, extré-
mité de p' (original).
des pattes 5 élargi au bout distal, doigt sans mucron, un peu échancré au
bout libre. Abdomen du 6 large dans sa partie correspondant au segment 3,
beaucoup plus étroit au niveau du segment 5. Test granuleux, avec un
velours de très courts poils dans les parties non saillantes. Tonalité brun
jaunâtre, tournant au rouge foncé sur les lignes saillantes du dos et cer-
taines stries sur les pattes ; de petitestaches blanches entre les dents de la
carapace. — Longueur de la carapace 60 mm., largeur dans un grand 5
30 mm.
Pélagique, assez loin de la côte, l’espèce est surtout méditerranéenne,
mais elle a été signalée dans l’Atlantique aux Canaries et aux Açores.
2. Neptunus Sayi Grmsns (Pl. IX, fig. 15) ; Lupa Sayi GIBBES 1850, 178 ;
DANA 1852, 273, Pl. XVI, fig. 8. Neplunus Sayi A. Mime-Enwanos 1861,
317, Pl. XXIX, fig. 2 ; MILNE·EDWARDS et BOUVIER 1900, 70.

Nmrruxws 251
Diffère essentiellement d’haslalus par la grande largeur de la carapace,
par les quatre épines situées au bord interne du mérus des chélipèdes et
par ses dents frontales médianes presque de même taille que les latérales.
—— Dimensions d’un grand 3 : longueur 40 mm., largeur 70 mm. (Eufs,
0,25 mm.
Pélagique et vivant dans 1’At1antique au milieu des Sargasses(comme le
montrent sa coloration brune et ses marbrures),1’espèce est souvent poussée
sur les côtes américaines, parfois aussi près de l’Ancien Continent: les cam-
pagnes scientifiques françaises, en effet, ont capturé une Q ovigère au large du
Maroc, non loin du cap Spartel.
3. Neptunus pelagicus L. (fig. 161); Cancer pelagicus Lmmâ 1758, 626.
Porlunus pelagicus Fanmcxus 1798, 367 ; Savxcwv-Aunoum 1819, 1926,
Pl. III, 83. Lupa pelagîca H. M11.NE·EDwAm>s 1834, 450. Neplunus pela-
gicus ma HAAN 1849, 37, Pl. IX et X ; A. MILNE-EDWARDS 1861, 329 ;
Ancocx 1899, 34 ;BAx.ss 1936, 31.
( l
V,. 4Q, li [ _ .
"    
Fm. 181. —-· Ncplunus pclagîcus, bord frontal en dessus (d'après SAVIGNY).
Les deux dents médianes du front rudimentaires ou nulles, une forte
pointe épîstomienne déborde le front, 2 épines sur les pinces vers la base
du pouce ; pinces très longues, bien carénées avec les doigts un peu plus
courts que la portion palmaire. Tonalité variable : taches jaunes sur fond
bleu (Cancer cedo-nulli Hznnsr) ou sur fond rouge (Cancer reliculalus
,HEnBs*r). — C’est un des plus grands Crabes portuniens, il peut atteindre
’ 100 mm. de longueur sur 220 de largeur.
Indo-pacifique répandu de 1’Austra1ie à la mer Rouge. BA1.ss rapporte
qu’il fut introduit dans la Méditerranée en 1898 et qu’on le pêche à Alexan-
drie où il se vend au marché. CALMAN (1927) le signale à Port-Taufig, issue
du canal de Suez, MoNo¤ (1931) à Beyrouth et S·rE.xNx·rz (1933) a Halfa
en Palestine.

252 DÉCAPODES MAncHEuRs
G. CHARYBDIS DE H.àAN 1849.
` (Goniosoma A. l\¢l1LNE—ED\VARDS 1861).
Ce genre établit le passage des Neptunus aux Thalamita ; des premiers
il conserve la forme hexagonale, des seconds les antennes dont le grand
article basal émet au bout et en dehors un fort prolongement qui occupe
le sinus infra-orbitaire, ce qui exclut ordinairement de l’orbite la tigelle
mobile ; cette disposition est toutefois moins accentuée que dans les Thala-
mites, car le prolongement touche peu le bord frontal. Les dents latéro-an-
térieures sont quelquefois au nombre de 7, mais souvent deux se réduisent
ou disparaissent, de sorte qu’il n’en reste que 6, plus rarement 5. Les lobes
ou dents du front rappellent beaucoup les Thalamites; il y en a 6, mais le
bord frontal mesure au plus le tiers de la plus grande largeur dela carapace.
Genre abondamment représenté dans les mers indo-malaises, d’où une
espèce, la suivante, est venue en Méditerranée.
Charybdis merguîensis DE NlAN (fig. 162) ; G0ni0soma`1nergi1iense DE
llrlAN 1888, 82, Pl. V, fig. 3 et 4. Charybdis (Goniosoma) mcrguiensis AL-
cocx 1899, 55 ; BALSS 1936, 35.
I'
• #**' 'îw
A B
_F1G. 162. — Charybdis merguiensis : A, région frontale en dessus ; B, patte 5
depuis l’ischion (d’après DE MAN 1888).
La tigelle mobile des antennes complètement exclue de l’orbite, le bord
postérieur du carpe de pe porte une épine. ll y a 7 dents aiguës sur les
bords latéro-antérieurs de la carapace, la dernière un peu plus longue que
les autres. Le 6** segment de l’abdomen du 3 à peu près aussi long que
large, ses bords subparallèles. —- Longueur de la carapace 39 mm., largeur
63 mm.
Répandue depuis l’Archipe1des Mergui jusqu’en mer Rouge, cette espèce
n’a pas encore été prise dans le canal de Suez, bien que MoNoD l’ait signa-
lée en Syrie (1930, 1931), STEINITZ (1933) en Palestine et BALSS (1936) dans
les eaux d'Alexandrie.
G. THALAMITA LATREILLE 1829. ‘
En dehors des caractères du tableau (p. 229), se distingue des Ncpfunus par
les traits suivants: grande largeur de la carapace, région frontale presque
droite, au milieu composée de lobes obtus en nombre pair, sa partie externe
longue et représentant le lobe orbitaire interne qui est en avance sur le lobe
ou dent orbitaire externe, du fait de l’obliquité de la cavité orbitaire ; bord

THALAMITA 253
antéro-latéral droit ct armé de 5 dents dont la 4° est souvent très réduite.
la 5° étant de dimension normale, ce bord formant avec le front orbitaire un
ongle obtus presque droit ; grand article basal 2 + 3 des pédoncules anten-
naires démesurément élargi, soudé au front en dessus, en dessous au lobe
infra-orbitaire non moins allongé, l’article obturant complètement le très
long hiatus orbitaire interne;épistome plus développé que dans Ncptunus ;
mérus de p° avec une épine (très rare chez Neplunus) à son angle inféro-dis-
tal. Tous les autres caractères des Ncptunus mais le lobe orbitaire interne
peu saillant.
5
4 2.+3 l h
J 1
-"'-*"'-...` I ·
·r'$`•'%.~  _
  _.. . .·
A I
Flo. 163. ·—— Thalamila admele forme Savignyi ; A, région frontale droite avec ses
appendices, face ventrale ; B, patte 5 depuis le mérus (original).
Genre essentiellement tropical et indo-pacifique ; la taille est plutôt
réduite, le test très peu convexe, les lobes frontaux étant, suivant les
espèces, au nombre de 2, de 4 ou de 6. Une seule espèce, la suivante, a été
rencontrée jusqu’ici en Méditerranée où elle est, à coup sûr, excessive-
ment rare.
Thùlamita. admete HEnns·r (fig. 163) ; Cancer admele HEnBs'r III, 40,
Pl. LVII, fig. 1. Porlunus admele ÀUdOUIN·SAVIGNY 18194825, Pl. IV,
fig. 4. Thalamila admcle LATREILLE 1829, 84, P1. IX, fig. 2 ; GuÉmN—
MÉNEVILLE 1832, 30 ; A. MILNE-EDW.\RDS 1861, 356 ; HELLER 1863,
79, P1. II, fig. 17 ; Atcocx 1899, 82. Thqlamila Savignyi A. M1LNE—
Enwmms 1861, 357.
Bord frontal avec deux lobes fort larges, plus saillants que le lobe orbi-
taire interne qui est presque droit ; 48 dent du bord latéro—antérieur bien
plus petite que les autres. Grand article basal des pédoncules antennaires
égalant en largeur presqueun quart de la plus grande largeur dela carapace,
avec une crête dentée. Chélipèdes inégaux chez le 5 adulte, leur mérus
avec 3 dents sur son bord interne, leur carpe avec des côtes et quelques
épines outre la forte dent antéro-interne, leur pince plutôt épaisse, avec
les cinq rôtes portuniennes où 1 et 2 présentent chacune 3 épines, les doigts
plus courts que la portion palmaire et terminés en crochet ; doigt de p2
ii p4 moins comprimé et eanaliculé que dans Neplunus; doigt droit, plus
long que le propode ; dans p“ bord inférieur du propode denté en scie,

254 némrooss Maacmzuns
doigt largement ovalaire, nettement onguiculé. ·- Longueur de la cara-
pace d’un 5` de moyenne taille 15 mm., largeur 26 mm. ; dans de plus
grands exemplaires cette dernière dimension peut atteindre 40 mm.
Espèce répandue dans tout 1’océan Indien, en Malaisie et en Polynésie.
Sa forme signalée en mer Rouge et représentée par Savrcmr se distingue
aux fortes lignes transverses de la carapace, aux tubercules des côtes et
aux granules situés entre celles-ci ; elle a été désignée par A. M1LNE-Eo-
waaos sous le nom de Saviguyi. C’est peut—être à ladite forme qu’apparte—
nait Pexemplaire d’admete recueilli sur les côtes de Gréce par Pexpédition
de Morée et simplement signalé par GUÉRIN·MÉNEVILLE. Cet exemplaire
avait été peut-être apporté par un navire car, depuis lors, 1’espece n’a pas
été reconnue dans les eaux méditerranéennes.
Famille des XANTHIDAE ALcocK 1898.
(Xanthini ORTMANN 1893, moins les Thia).
G. PILUMNUS LEACH 1815 a.
Ordinairement de nombreux poils. Carapaee un peu plus large que longue,
pentagonale ; ses bords latéro—antérieurs presque toujours armés de 4-5
n  '
· t
\ ‘ /\
`   f   
( V-
,;}*4 4 Y
%
®¤
a«
Flo. 164. — Pilumnus hirtellus spini/er ; A, région frontale droite en dessous ;
B, maxillipède externe gauche en dessous ; C, pléopode l (original).
dents spiniformes, y compris l’orbitaire externe qui est plus réduite; front
large, saillant, échancré au milieu, aussi en dehors près de l’angle orbitaire
interne ; régions peu accentuées, bords latéro-postérieurs droits, à peu près
de la longueur des latéro-antérieurs. Antennules repliées transversalement ;

1>xLUMNUs 255
pédoncules antennaires, dans 1’espèce de nos pays, avec le grand article
2 + 3 mobile, sans contact avec le front, le fouet antennaire long, pour le
moins deux fois autant que la plus grande largeur de 1’orbite. Chélipèdes plu-
tôt courts, mais puissants, surtout aux pinces qui sont inégales avec les
doigts en pointe obtuse et armés sur leurs bords en regard de tubercules
îngondis. Abdomen dans les deux sexes médiocrement1arge,tous ses articles
1 res.
Ce genre présente des caractères primitifs : mobilité du grand article
basal des antennes, fouets antennaires longs et parfois setifères, faible élar-
gissement dela carapace, indépendance de tous les anneaux de l’abdomen
chez le 5* et faible largeur de cet organe chez la Q ; tous ces caractères le
rapprochent des Coryslidea ; le front lamelleux et saillant des Thia n’est
point sans quelque ressemblance avec celui des Pilumnus et de la plupart
des Xanthidés.
Très riche en espèces, le genre est répandu dans tous les océans ; mais
chez nous il n’en comprend que deux, l’une indigène hirlcllus, l’autre ré-
cemment introduite hirsulus.
1. Pilumnus hirtellus L. (Pl. X, fig. 1) ; Cancer hirlcllus Lmmâ 1767,
1045. Pilumnus hirlellus LEACH 1815 a`, 321 et 1815 b, Pl. XII;H. lllILNE-
Enwanns 1834, 417; BEm.r. 1853, 68 et fig. ; HELLER 1863, 72, Pl. II, fig.
8 ; MILNE-EDWARDS et Bouvxxan 1894, 38 ; Pnsra 1918, 415, fig. 136 ; BALSS
1926, 43 ; SCHELLENBERG 1928, 134, fig. 104 ; Norma 1936, -13, fig.
39-40 ; MONon, 1933, 75 ; BALSS 1936, 39.
Carapace avec les bords latéro-antérieurs armés de5 dents, arqués, plus
courts que les bords latéro·postérieurs quisont peu convergents ; elle est
convexe en avant, aplatie en arrière, avec les régions gastrique et cardia-
que assez bien indiquées ; bords frontaux et orbitaires légèrement dentés ;
pédoncules oculaires plutôt courts et un peu dilatés au sommet ; épistome
assez large, saillie ptérygostomienne presque nulle. Ischion de mxps large,
avec un sillon oblique, le bord antérieur du mérus long et échancré. Ché-
lipèdes armés de deux dents au bord supérieur du mérus, d’une forte à
l’angle antéro-interne du carpe, qui estplusou moinstuberculeux; des dents
aiguës au bord supérieur de la pince qui est convexe en dehors, avec
des doigts presque aussi longs que la portion palmaire. Pattes ambula-
toires arrondies en dessus, la paire postérieure notablement plus courte ;
doigts presque droits, à peu près longs comme le propode et terminés par
une forte griffe. Abdomen du 6 triangulaire, son pléopode I recourbé en
crochet au bout distal ; la saillie péniale du canal déférent très réduite.
Corps et pattes avec · des poils raides assez épais, qui manquent sur la
partie postérieure de la carapace et sur la plus grande étendue des pinces.
Tonlité d’un brun rougeâtre sale, souvent avec des bandes jaunâtres
sur les pattes ambulatoires ; les doigts des pinces d’un brun noirâtre. —

256 DÉCAPODES Mancmauns
Longueur de la carapace dans un grand 6 18 mm, largeur 27. Diamètre
des œufs`0,3 à 0.35 mm. _ _
Cette espèce présente des variations extraordinaires dont· MILNEîED·
wimns et Bouvian (1894) ont donné les détails auxquels il y a lieu de ren-
voyer ici. Plusieurs deces variations furent décrites comme especes ; ainsi
le P. spiniier H. MILNE-ED\VARDS (1834, 420) (fig. 164), remarquable par les
épines du front, des orbites et dela partie supérieure des pinces, le P. villo-
sus Rrsso (1816, 13) qui diffère du précédent par ses pinces unies et par les
dents bifides ou trifides des bords de la carapace. Ces formes seraient mé·
dîterranéennes, tandis que la var. inermis M1LNE-EDWARDS et BoUviER
(1894, 38), où le front et les orbites sont unis et les pinces armées de granu-
lations pointues,aété capturée aux Açores. Comme le P.spinifcr cette forme
ne présente que quatre dents latéro-antérieures, mais ce caractère n’est sans
doute point constant, car les nombreux spinifer capturés en Algérie par
LucAs ont généralement la dentition normale, quoique fort typiques. En
_ I
1 · 7   .t...  
Fm. 165. —— Pilumnus hirsulus, front et partie antérieure droite
de la carapace en dessus (original).
fait, passant les unes aux autres par tous lesintermédiaires, ces formes sem-
blent n’être que des variations locales ou accidentelles de P. hirtcllus, et
l’on peut bien plus encore exprimer la même opinion au sujet des variétés
nombreuses que Czanmnwsxv (1884) et DE Bmro CA1>ELLo(l873, 1876) ont
établies dans hirtellus typique et dans spinifer.
Ainsi largement comprise, l’espèce est répandue depuis la mer du Nord
et ses dépendances jusqu’aux îles du Cap Vert, avec extension jusqu’aux
Açores d’une part, jusqu’en Egypte et en mer Noire de l’autre. Si, comme
on peut le croire, le Pilumnus africanus A. MILNE EDWARDS (1867) est une
forme d’hirtcllus remarquable par sa grande taille et ses épines, l’espece
s’étendrait des îles du Cap-Vert jusqu’a 1’Angola où BALss (1921) a signalé
1’africanus. Hirtellus est un Crabe paresseux qui se tient parmi les rochers
et les Éponges, depuis le littoral jusqu'à 400 mètres.
2. Pilumnus hirsutus STIMPS. (fig. 165) ; Sr1MPsoN 1858, 27 ; Atcocx
1898, 197 ; BALSS 1936, 40.

P11.uMNoP1aus 257
Quatre dents seulement (dent orbitaire externe y comprise) aux bords
latéro·antérieurs qui sont beaucoup plus courts que les latéro-postérieurs,
la carapace convexe dans les deux sens, ses régions à peine indiquées. La
face externe des pinces présente dans sa partie supérieure des granules qui
peu à peu deviennent spiniformes, elle est unie dans sa partie inférieure ;
partout des poils raides qui deviennent longs et nombreux sur les pattes ;
quelques poils (rappelant les C0rysloidea)àla base des fouets antennaires.
Espèce indienne répandue au Japon et a Ceylan ; d’aprés Bnnss, inconnue
en mer Rouge et dans le canal de Suez, bien qu'on la trouve dans les parages
d’Alexandrie (où elle a été sans doute apportée par des navires).
G. PILUMNOPEUS A. Minus-Enwanns 1863.
Les Pilumnopcus proviennent de la dissociation du genre Heteropanopc
établi par Srmrsori en 1858 pour réunir tous les Xanthides qui, d’une
part ressemblent aux Panopcus par la position coxale de leurs orifices sexuels
males et par la fusion plus ou moins nette de leur 2° dent latéro-antérieure
avec la 1**, mais d’un autre côté s’en distinguent par la présence de crêtes
endostomiennes et par Vindépendance du grand article basal2 +3 des pé-
doncules antennaires. Ayant observé que certaines espèces cl’Hcler0panope
présentent des caractères pilumniens, A. Minmz-Enwanos proposa de les
réunir sous le nom expressif de Pilumnopeus que BALss (1933 b) a justifié ;
d’après cet auteur, en effet,1esPilumn0pcus se distinguent des autres Hété-
ropanopées par leur bord frontal où le lobe médian est saillant et largement ·
convexe, par leur carapace plus étroite et plus voûtée, enfin par les lignes
pilifères transverses qu'ils présentent du côté dorsal. J’ajoute que dans
Vauquelini tout au moins, la coxa des pattes 5 du mâle reste libre (fig. 166, C)
en dessous sur toute sa longueur comme dans les Pilumnus.
Le genre est propre aux Indes, mais l’espèce suivante a récemment ga-
gné les eaux méditerranéennes par le canal de Suez :
Pilumnopeus Vauquelini Sav. Ann. (fig. 176; Pl. X, fig. 2) ; Pilumnus
Vauquelini Savicnx-Aunoum 1819-1826, 86, Pl. V, fig. 3. Heleropanopc
Vauquelini DE MAN 1892, 228 ; IKLUNZINGER 1913,287, Pl. 3, fig. 8; CAL-
MAN 1927, 214. Pilumnopeus Vauquelini B.·~.Lss 1933 b, 33 et 1936, 41,
fig. 38.
(Jarapace convexe, surtout dans le sens longitudinal; des stries trans-
verses à longues soies (souvent tombées), une de ces stries, forte et obli-
que, au niveau de la dernière dent, une seconde scindée en parcelles qui
traverse toute la carapace au niveau des deux dents moyennes, et une
paire d’autres très réduites sur le front, les aires branchiales et l’aire car-
diaque ; le reste du dos uni. Lobes frontaux très accusés; incisions des
bords orbitaires à peine sensibles. Chélipèdes inégaux, une dent subdistale
au bord supérieur du mérus; dent antéro-interne du carpe sans prolonge-
BOUVIER 17

258 nxêcluronns Mimcmauns
ment postérieur ; pince et carpe convexes, lisses mais un peu granuleux,
bord supérieur des pinces arrondi, les doigts armés d’un nombre restreint
de petites dents triangulaires dont une fort prédominante sur le doigt fixe
au milieu de son bord interne. Pattes ambulatoires courtes et fortes, avec
d’assez longs poils raides et épars, les doigts un peu plus courts que Ie
propodc, droits, fortement onguiculés, assez riches en poils courts. Abdo-
`\_ '_.,.·····a__
Ã"} QA:
’§*·l'¢ca~,;,,ar·‘?
"A rV)‘ “f`.Z`·\· ·\"~· Anqqi
` ` `i..
Cm
IA A
st‘*
MQ co4
, ,/1/%
5 ,a
\\ ' 5
ai- =·r "   C0
é °¢€s. ·
B P c
Fm. 166. —— Pilumnopeus Vauquelini : A, front et partie antérieure de la carapace jus-
qu’à la pointe Cm de 1‘aire mésogastrique ; B,abd0men du 3 ; C, rapports des hanches
et des stemites gauches correspondant à p• et p°, avec la saillie péniale pé naissant à
I’orifice mâle de 00* (original).
men du 3 obtusément triangulaire, ses pléopodes I recourbés fortement
en dehors à leur pointe. Brunâtre (dans l’alco0l). — Longueur d’un 3,
11,5 mm., d’une $2, 7 mm., largeur du 3, 15 mm., de la 9 11 mm. Diamètre
des œufs 0,35 mm.
Commun dans la mer Rouge ; a été trouvé par Pexpédition de Cambridge
en divers points du canal de Suez jusqu'à Port-Said ; signalé depuis par
Batss à Alexandrie.

Haraaorauors 259
G. HETEROPANOPE STIMPSON 1858.
Se distingue des Pilumnopcus par son front un peu plus étroit où le lobe
médian fait moins saillie et présente un bord libre presque rectiligne, abou-
tissant à un lobule réduit ; la carapace est moins convexe, avec des régions
plus apparentes et des lignes transverses granuleuses dépourvues de poils,
enfin les trois segments intermédiaires (3, 4, 5) de l’abdomen du 6 sont sou-
dés entre eux. Un autre caractère plus frappant encore est le recouvrement
de la coxa de p' chez le 3 par la rencontre, sous la face inférieure de cet ar-
ticle, de la zone plate latérale des sternites 4 et 5, si bien que le pénis parait
sortir du sternum et non point du bout caché de la coxa où il prend réelle-
ment naissance (fig. 167. C).
Ces caractères s’appliquent exactement à l’espècc lridentalus suivante
qui est représentée en Hollande ; il y aura lieu de voir s’ils conviennent
également aux autres, qui sont propres aux Indes, mais ils s’appliquent
presque tous à l’Heleropan0pe laevis qui atteint Port-Saïd par le canal
de Suez.
\"""""*'*¤ ,,..«~·v••\_,···
· ^"' \
f,x<Q—f§"
fh"'-} .
Ã, A ·
" \lI\]“
1 
)  Wip;]  
  co4-
    ^
r1é" ' B
C È
st5
Fia. 167. -— Heieropanope tridenlatus : A, front gauche en dessus ; B, abdomen du 5 ;
(1, rapports des hanches et des sternites gauches correspondant à p‘ et p', avec la
saillie péniale pé naissant de la pointe sexuelle de cv', pointe qui est abritée par les
saillies sternales st' et si' (original}.
1. Heteropanope tridentatus Miura. (fig. 167 ; Pl. X, fig. 3) : Pilumnus
lridenlalus MAITLAND 1874, 232 ; Hoax 1876, 243, Pl. XIV, fig. 12-16,
Hetcropanope lridenlalus DE MAN 1892, 228, Pl. VII, fig. 1 ; Txzscu 1922,
246 ; Barss 1926, 44 ; Scnannxzxnisno 1928, 135, fig. 106-107. Pilumno·
peus lridenlalus BALSS 1933 b. ·
Carapace unie et sans poils, avec les régions bien accentuées, surtout

260 DÉcAPonEs MARCHEURS
les gastriques; dents latéro-antérieures larges, subaiguës, un peu carénées
dorsalement ; de chaque côté, au bout de la carène de la dent postérieure,
une forte strie granuleuse oblique ; des stries analogues mais plus réduites,
au nombre d’une paire, dans l’aire gastrique élargie et deux successives
dans les aires gastriques latérales. Échancrures orbitaires à peine sensibles ;
fouets antennaires un peu plus longs que les orbites, çà et là avec
quelques soies courtes. Chélipèdes forts, inégaux; en dehors quelques
lignes rugueuses sur le mérus et sur le carpe qui présentent l’un et l’autre
une assez forte dent au bord supéro-interne ; pinces lisses, sauf au bord
_ supérieur qui s’aplatit entre deux faibles bourrelets parallèles ; les doigts
écartés, avec une dent plus grosse vers le milieu du doigt fixe. Pattes am-
bulatoires plus courtes que les chélipèdes, assez grêles, comprimées laté-
ralement, avec çà et là des poils raides plus nombreux et plus courts aux
doigts qui sont étroits, à peine courbes et fortement acuminés. Pléopodes I
droits, parallèles dans leur moitié terminale qui est assez étroite et aiguë ;
tigelle des pléopodes II à peine plus longue que sa base dilatée. '1`onalité
d’un brun noir marbré sur un fond clair qui, chez certains individus, de-
vient très prédominant et, d’ailleurs, occupe toujours en totalité la face
externe des pinces. — Longueur d’un grand exemplaire 3, 12 mm., lar-
geur 16 mm.
Espèce localisée en Hollande, surtout dans le Zuiderzée, la région d’Ams-
terdam et 1’île d’Urk ; elle se tient dans la mer où elle peut descendrejusqu’à
14 pieds, mais fréquente aussi les eaux saumàtres, même les eaux douces où
MAITLAND 1’a capturée non loin de Haarlem et Hoax dans l’Amstel;dans cer-
tains points du Zuiderzée elle semble se substituer au Carcinus maenas. Elle
était regardée jadis comme une forme particuliere du Pilumnushirtellus; Marr-
LAND la distingua tout d’abord et ne MAN établit qu’elle appartient en fait
au genre Heteropanope où elle se rapproche surtout de l’H. indica. Les Hele-
ropanope sont tous indiens, à Pexception du iridentatus qui, sans doute, fut
accidentellement introduit des Indes en Hollande, peut-être sous la (orme
indica, à une époque ancienne; depuis lors, le crabe s’est adapté aux eaux
hollandaises et a pris des caractères qui lui sont propres. Semblable à l’Eri0·
cheir sinensis (p. 297) par son aisance à fréquenter tous les milieux, il n’est
pas envahissant comme lui et reste jusqu’ici localisé dans les Pays—Bas.
2. Heteropanope laevis DANA (fig. 168) ; Panopaeus laevis DANA 1852,
I, 180, Pl. VIII, fig. 13•-c‘. Heleropanope laevis ÀLCOCK 1898, 209 ; CAL-
MAN 1927 b, 214.
Se distingue de iridenialus par les traits suivants ila carapace moins
convexe, ses dents latérales plus réduites dont la première n’est pas aiguë,
sa surface dorsale avec une seule strie transverse qui correspond à la der-
nière dent, région gastrique seule un peu indiquée ; bord frontal presque
absolument droit et transverse avec les vagues traces d’un lobule externe ;
bords orbitaires sans incisions, l’inférieur assez granuleux et sans lobe
interne saillant en dessus, chélipèdes lisses avec le bord supérieur de la

oxznvon 261
pince arrondi. La dent du carpe des chélipèdes, comme dans lridenlalus,
se prolonge en arrière par un bourrelet qui manque à Vauquelini. Les pattes
ambulatoires, à tous égards, sont intermédiaires entre lridenlalus et Vau-
quelini.
Comme dans Vauquelini et contrairement à ce que l’on observe dans
lridenlalus, la coxa de p‘• du 3 n’est pas recouverte parles portions latérales
_ du sternum. l’abdomen est triangulaire, avec tous les segments libres, et
les pléopodes. Ils se terminent par un crochet tourné en dehors. Tonalité
Fm. 188. - Heleropanopc Iacuis, région antérieure de la carapace,
Coté dorsal (original).
(dans l’alcool) brun verdâtre. — Longueur d’un 3 adulte, 8 mm., lar-
geur 12 mm.
Mer des Indes, mer Rouge, trouvée par l’expéditi0n de Cambridge en divers
points du canal de Suez et à Port-Said. CALMAN compare cette espèce à
Pilumnopeus Vauquelini, mais elle est beaucoup plus voisine de H. indica
ne MAN ; en fait, par les. traits sexuels du 3, elle rappelle Vauquclini, mais
ses autres caractères sont nettement ceux des Heteropanope ; elle établit un
passage entre Vauquclini et tridenlatus, dont l’évolution semble être plus
avancée.
G. GERYON Knôvizn 1837.
Avec Paragalcne constitue un petit groupe qui se rapproche des Pilum-
niens par ses pédoncules antennaires dont le grand article basal est mobile
et sans contact avec le front, mais s’en distingue: l°parlefront assez étroit
et plus court que la moitié de la grande largeur de la carapace ; 2° par le fouet
antennaire qui est notablement plus allongé ; 30 par la crête endostomienne
qui est réduite à la moitié postérieure du cadre buccal. Comme dans Para-
galene le front est droit avec deuxlobes médians et,à chaque bout, un lobule
réduit, les chélipèdes sont forts et subégaux, les pattes ambulatoires longues
et plutôt grêles, la coxa des pattes postérieures est découverte.
Ce qui distingue Geryon dans le groupe, c’est la forme de la carapace
qui est franchement hexagonale ; c’est aussi l’abdomen du 3 dont tous les
segments sont libres comme dans les Pilumniens. BALSS a clairement éta-
bli (1933 a) que ce genre et le suivant sont des Xanthides qui rattachent
les Cyclométopes aux Catométopes earcinoplacidés.
Les espèces du genre sont plutôt de grande taille et certaines fort gran-

262 ¤ÉcA1>0r>1=:s MARCHEURS
des (ainsi le Geryon affinis EDW. et Bouv. des Açores) ; elles habitent les
profondeurs moyennes ou assez grandes de l’Atlantique, l’une d’elles
(Geryon irispinosus HERBsT) paraît propre au Japon. La seule signalée
dans nos mers est la suivante :
Geryon tridens Kaovizn (Pl. X, fig. 4-7) ; Knovaa 1837, 10, Pl. I ; CA-
nus 1884, 592, Pl. XVI, fig. 15 ; HANSEN 1908, I, 19 ; Bouvier: 1922 ;
BALSS 1926, 43. Geryon longipes A. MILNE-EDWARDS 1881, 879; M11.NE-
Enwarms et Bouvuzn 1899, 34, Pl. I, fig. 3 et 1900, 103 ; Noam: 1936, 55.
Carapace infléchie près du front et des orbites, sans convexité trans-
versale, couverte de granules et de ponctuations ; régions gastriques et
cardiaque assez nettes ; bords latéro-antérieurs armés de trois fortes dents
aiguës dont la dernière est un peu plus saillante, bords latéro-postérieurs
droits, occupés par une crête basse et obtuse, d’ailleurs légèrement plus
longs ; en arrière, sur chaque région branchiale, une crête longitudinale
un peu rugueuse qui se dirige à angle droit vers le bord postérieur ; bord
orbitaire supérieur avec deux légères incisions, l’orbitaire inférieur avec
un lobe interne aigu et plus ou moins saillant. Antennes et antennules
de Paragalene. Chélipèdes granuleux et ponctués sur la face externe du
carpe et des pinces; celles—ci obtuses et un peu déprimées au bout, leurs
doigts armés de dents, la basale du doigt mobile est puissante et obtuse ;
une très forte épine à l’angle antéro-interne du carpe, une petite en avant
au bord postérieur. Pattes ambulatoires longues, assez grêles, compri-
mées latéralement sauf au doigt qui est déprimé en dehors, un peu
arqué, peu ou pas onguiculé, à peu près de la longueur du propode ; ces
pattes, comme leur mérus, de longueur croissante de la première à la troi-
sième. Pas de poils, sauf de courts cils sur les doigts des pattes ambula-
toires. Abdomen de la Q largement ovalaire, celui du 5* rétréci à partir du
48 segment. Pléopodes I du 3 en arc court et puissant à concavité ex-
terne ; la tigelle grêle du pléopode II atteint presque la pointe aiguë du
premier. Tonalité: du rouge vif au rouge brique.——Longueur de deux grands
5* 61,5 mm. (longipes), 65 mm.(ir·idens) ; largeurs respectives 74 et 73 mm ;
les mâles paraissent adultes lorsqu’ils mesurent 28,5 mm. de longueur.
Les formes septentrionales, décrites sous le nom de tridens, sont connues
dans le Skagerrack, le Cattégat, les Féroé, I'Ecosse et l’Irlande; elles ont,
m général, les dents de la carapace moins fortes et les pattes ambulatoires
un peu moins longues ; celles du golfe de Gascogne, de la Méditerranée (Na-
ples, Nice) furent décrites sous le nom de longipes et retrouvées à Cadix ;
en fait, il semble y avoir tous les passages entre ces deux états.
Espèce de fond,capturée depuis 450 metresjusqu’à 1800; se tientsur vase,
coraux ou roches. Les trois épines de la carapace la rapprochent du G. tris-
pinosus HEnBs·r qui se trouve aux Indes et au Japon ; les trois autres
espèces du genre (quinquedcns SMITH de l’Atlantique occidental, a/}ïnisEr>w.
et Bouv. des Açores et des Indes, paulensis DôFLEIN de l'Ile Saint—Paul) ont
de chaque côté 5 dents latéro·antérieures. •

mnnosnnns 263
G. PARAGALENE KOSSMANN 1878.
Ressemble aux Pilumnus par les relations des orbites et des antennes avec
le front, aux Galcnc par les dimensions du bord front0·0rbitaire qui n’atteint
pas la moitié de la plus grande largeur de la carapace ; mais la forme de cette
dernière est subquadratiqne ; au surplus les segments abdominaux 3 et 4 du
3 sont soudés. En fait, comme 1’a établi BALSS (1933a), Paragalcnc se trouve
à un stade évolutif plus avancé que Geryon.
Une seule espèce, qui est exclusivement méditerranéenne.
a. ”??" -
[ 1 fa   .... .
•:   '   N `-‘ `“
4   _-   Q Q. ÃWD-·
‘   
` *1 ' ` A
`  W I/.» -··· ··  
       
  — ii: `
ëïên..,p.·=1î·'.;;;ïIâ:ÉÉE ï;,«;·=:1,i_Er‘r!$_
    -
. “`\ B
Fm. 169. — Paragalenc longiecuraz A, région fronto-orbitaire gauche en dessus ;
B, région fronto-buccale gauche en dessous (original).
Paragalene longicrura NARD0 (fig. 169 et Pl. X, fig. 8) ; Eriphia longi-
crura Nanno 1868, 302, P1. XIII, fig. 1. Paragalene longicrura Canus
1884, 515 ; ORTMANN 1893, 433 ; Pxzsra 1918, 431, fig. 142 ; Banss 1933a,
297. Paragalcne neapolilana KOSSMANN 1878, 254.

264 DÉCAPODES Mamzusuas
Carapace très fortement infléchie en avant jusqu’à la région gastrique
dont les parties centrale et latérales sont assez bien indiquées ; partout
avec des granules qui, en avant, sont forts et accompagnés de rares poils
courts, en arrière plus petits, plus nombreux, dans un duvet de fins poils ;
de chaque côté deux crêtes transverses fort saillantes et granuleuses sur
leur bord libre, l’une au niveau de la 48 dent, l’autre plus courte, sur la
région branchiale. Cinq dents latéro—antérieures médiocrement saillantes,
la lm surtout qui représente la dent orbitaire externe, plus développée
toutefois que la dent orbitaire interne ; incisions des bords orbitaires peu
accusées, par contre, au bord inférieur une forte dent externe et une plus
puissante encore à l’angle interne. Fouets antennaires deux fois au moins
aussi longs que la plus grande largeur de l’orbite. Mérus de mœp° saillant
en dehors. Chélipèdes avec une crête granulée au bord supérieur du mérus,
une forte dent aiguë et une seconde plus réduite au milieu sur le bord in-
terne du carpe ; pinces dépourvues de crêtes, lisses en dedans, granuleuses
en dehors surtout vers la base, les doigts presque aussi longs que la portion
palmaire, bien dentés, avec une puissante dent obtuse prédominante sur
le doigt mobile. Pattes ambulatoires plutôt grêles, comprimées et un peu
sillonnées latéralement, avec des poils assez rares qui, sur les doigts, sont
courts et très serrés; pattes 5 bien plus courtes avec des doigts plus allongés,
moins pourtant que le propode, d’ailleurs presque rectilignes, leur bout
obtus avec une courte griffe obtuse. Pléopodes du 6 assez semblables à
ceux de Geryon.
Tonalité : d’après Nixnno, le iype de l’espèce aurait une teinte cendrée
blanchâtre, tandis que les exemplaires de Pxasrx, conservés dans l’alcool,
sont décrits jaunâtres avec du brun dans la moitié antérieure de la cara-
pace. Le 6 et la 9 offerts aimablement au Muséum par le laboratoire de
Naples sont aussi conservés dans l’alcool, mais très frais suivant toute
‘ apparence ; leur ton est un rouge légèrement jaunâtre qui, dans la moitié
antérieure de la carapace, devient foncé brunissant ; ici, comme dans les
exemplaires de PESTA, les doigts des pinces sont noirs. — Longueur d’un
6, 37 mm., largeur maximum 39 mm.
Rare espèce qui n’est pas connue en dehors de l’Adriatîque et de Naples.
G. XANTHO LEACH 1815.
Au point de vue des subdivisions génériques, la famille des Xanthidésl
est encore très insuffisamment connue, malgré les travaux du regretté
ODHNER (1925), ceux plus récents de RATHBUN (1930) et ceux plus anciens
d’ALcocx que précédèrent les recherches d’OarMANN (1893). L’observation
s’adresse particulièrement au genre Xzmiho LEAcn et aux formes affines.

XANTHO 265
Sans intervenir dans les divergences de ces auteurs, le mieux sera de rapp or-
ter ici au genre Xanlho les trois espèces du groupe représentées dans nos
mers, en relevant d’ail1eurs les traits qui les rapprochent des formes voisi-
nes : front lamelleux, large, à bord libre presque droit, lncisé au mi.lieu, en
avance sur le lobe orbitaire externe dont le sépare une encoche, bords la-
téro-antérieurs armés de 5 dents, l'orbitaire externe y comprise, ces bords un
peu plus courts que les latéro·postéricurs qui sont droits et peu convergents,
la surface dorsale nettement lobée ; crête latérale de 1'endostome nulle ou à
peine indiquée en arrière ; grand article basal des pédoncules antennaires
fixe, en contact avec le front et le lobe infra·orbitaire interne. Abdomen du
3 triangulaire, ses articles 3, 4 et 5 fusionnés ; les pléopodes très semblables
à ceux des Hcteropanopc, ceux de la 1*** paire toutefois un peu infléchis du
côté interne dans leur pointe grêle terminale.
TABLEAU ons Espèces.
En 1898, j’ai consacré une étude à nos trois espèces, qu’on peut dis-
tinguer comme il suit :
1. Dos dc la carapace uni, sans ligne granuleuse ou presque ; peu ou pas
de poils sur le carpe et le propode des pattes ambulatoires, ce dernier
article aussi large que long et tronqué en avant sur son bord inférieur;
dilatation terminale de l’endopodite de mxp 1 sans petit lobe (fig. l70)`
ou presque ; 2° article de l’abdomen du 3 à bords latéraux arqués. 2.
— Dos de la carapace avec de nombreuses lignes granuleuses (Pl. X,
fig. 11) transverses; des poils nombreux aux pattes ambulatoires, no-
tamment sur le bord supérieur des trois derniers articles, le propode de
ces pattes beaucoup plus long que large et régulièrement arqué sur son
bord inférieur (fig. 172, p) ; dilatation terminale de l’endopodite de mxpl
avec un petit lobe très accusé ; 28 article de l’abdomen du 3 à bords
latéraux en angle aigu ........................ Couchi, p. 267.
2. Mérus de mzp” à peu près sans saillie externe, le bord antérieur de
l’article étant plus court que sa longueur ; pas trace de lobe à l’endopo·
dite de mœpl (Pl. X, fig. 9) .................... floridus, p. 265
— Mérus de mxp° à saillie externe très proéminente, le bord antérieur
de 1’article étant plus long que sa longueur ; un petit lobe rudimentaire
à la dilatation terminale de l’endopodite de m:cp‘ (P1. X, fig. 10) ......
................................... . .... hydrophilus, p. 266.
1. Xantho Horidus MONT. (fig. 170, 172 c; Pl. X, fig. 9) : Cancer flori-
dus Morrraou 1808, IX, 85, Pl. I1, fig. 1. Xanlho floridus Lrmcu 1815 a,
320 et 1815 b, Pl. XI ; H. MILNE—EDWARDS 1834,394 ; BELL 1853, 51 et
fig. ; HELLER 1863, 67 ; Bouvma 1898, 5, fig. 1, 2, 3, 4 et 5 C ; M1LNE-
Enwxans et Bouvxnn 1899, 31, P1. III, fig. 2 et Pl. IV, fig. 19-23 ; 1900,
93 ; Pxzsw. 1918, 423, fig. 139 ; Noisms 1936, 52, fig. 37 ; MONo1:• 1933,
58. Cancer poressa OL1v1 1792, 48, Pl. II, fig. 3. Xanlho incisus LEACH
1813, -130. Xanlho luberculalus HELLER 1863, 68, Pl. II, fig. 5-7.

266 màcrxrones Maacmauns
Voisine de la suivante, cette espèce s’en distingue, non seulement par
les traits relevés au tableau (p. 265), mais parles suivants : front plus for-
tement infléchi, lobes et sillons de la carapace bien plus accentués, sou-
vent des anfractuosités se développent sur la partie
antérieure de la carapace et sur les chélipèdes, le.
mérus de p“ à ps présente sur son bord supérieur des
épines ou des dents, le doigt des pinces en pointe
subaiguë sans excavation, les chélipèdes plus forts
et plus inégaux, la taille d’ordinaire plus forte ; 5
bien plus grand que la Q. Tonalité brun rougeâtre,
les doigts des pinces noirs. — Longueur d’un 3 de
moyenne taille 37 mm., largeur 57 mm.
FIÈ,;,7gg€;é'§,?£,àO8â€%rÃ; De la mer du Nord aux Açores, Canaries et îles du
dopodite de mxpldroit Cap-Vert; Méditerranée. Littotale et sublittorale,
gëggrîrèë B<>vv¤¤¤ peut descendre jusqu’à 100 metres.
2. Xantho hydrophilus HERBST (fig. 171, A; Pl. X, fig. 10) : Cancer hy-
drophilus HERBST 1790, 266, Pl. XXI, fig. 124. Xaniho hydr0philus.PEsTA
1918, 420, fig. 138 ; MoNOD 1933, 58. Xanlho rivulosus Risso 1926,V, 9;
1p' nf
à si  
A . B ' C
Fm. 171. —- Maxîllipède externe des Xantho, face ventrale : A, droit d’hydr·0phiIus ; B,
de Couchi ; C, gauche de floridus (d’après Bouvier: 1898).
Roux 1828, Pl, XXXV; H. MILNE-ED\VARDS 1834, 394; BELL 1853, 54
et fig. ; HELLER 1863, 66 ; BOUVIER 1898, 5, fig. 5 A; MILNE-EDWARDS
et BOUVIER 1899, 31, Pl. IV, fig.7I, 18 ; Noenn 1936, 53, fig. 36.
Comme dans l’espèce précédente, le bord fronto—orbitaire égale au plus
la moitié de la plus grande largeur de la carapace, le front se rattache sans
saillie au grand article basal 2 + 3 des pédoncules antennaires et s’isole
par une forte encoche de la dent orbitaire interne ; il est d’ailleurs moins
infléchi et les lobes de la carapace sont moins accentués. L’endopodite de
mœpl présente les rudiments d’un petit lobe et le mérus de mœp° une forte

xwrno 267
saillie externe largement obtuse. Chélipèdes sans autre armature que la
dent antéro—interne du carpe, sans granules ni tubercules, mais souvent
quelques légères anfractuosités. Pattes ambulatoires plus courtes et plus '
trapues que dans Couchi, peu poilues ou très brièvement chez les adultes-
Tonalité très variable, d’ordinaire jaunâtre ou brunâtre avec des taches
rouges, les doigts des pinces brun-noir. —-· Dans un 6 moyen la longueur
est de 26 mm., la largeur de 35 mm. Diamètre des œufs 0,30 et 0,35 sur
0,40 mm. (CHA'I`TON).
De la Norvège jusqu’aux iles Canaries et, en Méditerranée, jusqu’à la
mer Noire. Depuis le côte jusqu'à 100 mètres de profondeur. Avec les doigts
de ses pinces un peu excavés en cuiller, se rapproche de la forme Lcpiodius ;
c’est pourquoi sans doute Onnman (1925) lui donne pour synonyme Lep-
lodius Macandreae Minas (1881) des Canaries.
3. Xantho Couchi BELL (fig. 171 B, 172; 173 ; Pl. X, fig. 11) ; BELL
1851 fn Coucn 1851,13. Micropanope (7) Couchi Monoo 1933, 65. Xanlho
luberculalus (Coucrx ms.) ; BELL 1853, 359 et fig.; Bouvnsn 1898, 5, fig. 58,
et fig. 6-9 ; MILNE~EDWARDS et Bouvmn 1899, 32, Pl. 111, fig. 3-15 et
IV, fig. 24 et 1900, 83; PEsr.« 1918,426, 140; Bouvmn 1922, 82;NoBnE
1936, 54, fig. 38.
NonMAN et SCOTT (1905) observent justement que BELL, en 1853, devait
avoir oublié que, deux années auparavant, il nomma Couchi son espèce.
•
  un
F10. 172. —Xanih0 Couchî, mœp* droit F10. 173. — Xanlho Couchi, abdomen
(d'après BOUVIER 1898). du 5 (d‘après Bouvuzn 1898).
Bord fronto-orbitaire dépassant la moitié de la plus grande largeur de la
carapace, sa partie frontale avec une faible encoche contre l’angle orbi-
taire interne et voisine d’une ligne granuleuse parallèle ; régions dorsales
moins accentuées que dans les autres espèces ; une légère incision au bord
orbitaire supérieur ; comme dans les Xanlhias, une saillie inférieure du
front rejoint l’article basal 2 + 3 des pédoncules antennaires. Mérus de
mœp° plus large que long, avec une forte saillie subaiguë sur son bord ex-
terne. Chélipèdes avec de forts granules sur la face externe et quelques
épines au bord supérieur; sur le carpe une dent obtuse antéro-interne, et

268 oiëoaronns Maacmsuns
en dehors, des lignes granuleuses multiples qui, avec l’âge, donnent un
aspect corrodé ; sur la face externe des pinces quelques lignes longitudi-
nales de granules qui, chez les grands exemplaires, deviennent tubercu-
leuses et sont isolées par des espaces plus ou moins profonds ; les doigts
des pinces subaigus. Pattes ambulatoires plus longues que dans les autres
espèces, munies de dents au bord supérieur du mérus et parfois du
carpe, leur doigt étroit et à peu près de la longueur du propode qui s’at-
ténue de la base au sommet. Tonalité rose, en dessus, d’un jaune grisâtre
en dessous ; les doigts des pinces brun-noir comme dans les autres espèces.
—- Taille plutôt réduite; dans notre plus grand exemplaire, un 5* capturé
au cap Breton, la longueur est de 18 mm., largeur 26 mm.
Connu depuis Penzance, en Angleterre, où il fut d’abord capturé, ce Crabe
est connu jusqu'aux Açores et aux iles du Cap-Vert ; Pnsrn le signale égale-
ment dans l’Adriatique. Entre 100 et 1.200 mètres de profondeur. Ce n’est
certainement pas un X antho typique, il paraît tenir davantage des X anthias.
G. XANTHIAS RATHBUN 1897 et 1930.
(Xanthodes DANA 1849 nom. pr.)
Le genre Xanihias est fort voisin des X antho dont il se distingue surtout
par les lobes moins accusés de la carapace, de même que par la structure
et la plus grande largeur du front ; cette dernière varie d’ailleurs notable-
ment et, dans l'espèce suivante, rappelle à plus d’un titre les Xantho.
Genre représenté dans les mers chaudes par d’assez nombreuses espèces,
dont la suivante seule pénètre dans les eaux européennes.
Xanthîüs granosus Enw. et Bouv, (Pl. X, fig. 12) : Xanlhodes granosus
MILNE-EDWARDS et Bouvmn 1900, 87, Pl. XVI, fig. 6—13. Xanlhias gra-
nosus BALSS 1936, 38.
Bord fronto-orbitaire un peu plus long que la moitié de la plus grande
largeur de la carapace ; le front avec ses deux lobes médians larges, arron-
dis, plus saillants que les lobes latéraux qui sont étroits et subaigus. Dents
latérales plutôt basses, la dernière fort réduite. Carapace à peu près unie
dans sa moitié postérieure, en avant avec des saillies granulo-dentées
dont beaucoup se groupent en lignes transverses obliques, l’une de ces
lignes juste en arrière du bord frontal. Le grand article basal des péd0n·
cules antennaires touche le front par une étroite apophyse de celui-ci.
Endopodite de mxpl avec une forte échancrure interne sur sa partie dis-
tale ; mérus de mxp” granuleux, peu saillant en dehors. Chélipèdes très
inégaux, le droit beaucoup plus puissant, avec de forts granules sur la
face externe du carpe qui est étranglé avantla pince ; celle—ci également
granuleuse en dessus et en dehors, avec deux sillons parallèles au bord su-
périeur et les doigts lisses ; chélipède gauche assez semblable, mais avec

».c·rAEA 269
des granules digitaux disposés en séries longitudinales comme sur la
portion palmaire. Pattes ambulatoires courtes, fortes, avec une rangée
de denticules au bord postérieur du mérus, deux ou trois rangées sur les
articles suivants ; les doigts presque droits, fortement onguiculés, à peu
près de la longueur du propode qui, sur p‘, est presque aussi large que long.
Tonalitè (dans l’alcool) blanchâtre ·avec les doigts des pinces noirs ou
jaunes. -— Longueur de la carapace dans un grand 3, 7 mm., largeur,
9,5 mm.
Cette petite espèce n’était connue que des îles du Cap-Vert, où elle fut
prise entre 10 et 30 mètres. BAr.ss la signale dans les eaux d’A1exandrie en-
tre 5 et 10 brasses.
G. ACTAEA DE HAAN 1850.
Carapace convexe d’avant en arrière, peu ou pas dans le sens transversal,
dorsalement divisée par de forts sillons en nombreuses aires et aréoles
couvertes de granules serrés ; les bords latéro·antérieurs convexes et occu-
pés par cinq aréoles saillantes en dehors, qui occupentla place des dents des
autres Xanthidés ; bords latéro-postérieurs concaves, peu convergents, beau- .
coup plus courts que leslatéro-antérieurs; front large, assez saillant, émarginé
au milieu. Orbites courtes ; dents orbitaires courtes et obtuses. Grand arti-
cle basal des pédoncules antennaires anlcylosé avec une saillie frontale et le
lobe interne du bord orbitaire inférieur, la tigelle mobile avec ses deux arti-
cles et le fouet terminal plus courts que le grand diamètre de l’orbite. Des
lobes et lobules granuleux sur le carpe et le propode des pattes. Endostome
et abdomen de Xanlho.
Genre représenté par des espèces tropicales qui sont particulièrement
nombreuses dans les mers indo—pacifiques ; une seule a pénétré dans les
eaux méditerranéennes où elle est d'ailleurs d'une rareté extrême.
Acliaen rufopunctatv. EDW. (fig. 174 ; Pl. X, fig. 13) I Xanlho rufopunrla-
lus H. MlLNE—EDWARDS 1834, 389 ; Lucas 1849, 11, Pl. Il, fig. 1. Aclaea
ru/opunclafa HELLER 1863, 70 ; A. M1LNE·EowAnDs 1868, 63, Pl. XVII,
fig. 13-15; MILNE•EDWARDS et Bouvmn 1900, 100; MoNo¤ 1931b, fig. 15;
1933, 71 ; Banss 1936, 37. Aclaea rufopunclala nodosa RATHBUN 1930,
257, Pl. 105, fig. 1 et 2.
Carapace beaucoup plus longue que large, à sillons dorsaux larges, pro-
fonds, tapissés de fins granules jaune-brun; les aires et aréoles ainsi déli-
mitées sont très saillantes, couvertes de forts granules un peu perliformes
et contigus, l’aréole métagastrique longuement échancrée en arrière, et l’aire
cardiaque en avant, l’aréole intestinale étroite et fort allongée, les aréoles
des bords latéro-antérieurs un peu saillantes en bosse, les bords orbitaires
en bourrelet, celui du dessus avec deux incisions, celui du dessous avec
une incision externe et un lobe interne obtus ; bord frontal, à droite et à
gauche de son échancrure médiane, composé d'un large lobe convexe,

270 niècsrooias Msacmzuns
beaucoup plus bas en dehors où il se termine par un lobule obtus. Pédon-
cules oculaires avec un rang de granules près de la cornée. Mérus de mœp”
à bord interne presque droit, son bord externe beaucoup plus long, un
peu rentrant avant le sommet. Chélipèdes courts et forts, subégaux ; lobes
du carpe et des pinces saillants en bosses, ceux des pinces localisés sur le
bord supérieur où il y en a 3 ; au-dessous des granules de diverses tailles
distribués en séries longitudinales ; doigts un peu plus courts que la por-
tion palmaire, le pouce avec une forte dent trian-
. W   gulaire et le bout obtns, un peu excavé, le doigt à
W `  pointe subobtuse et 3 ou 4 denticules arrondis.
`     . Pattes ambulatoires plus courtes, avec leurs carpes
' et leur propode trapus, ciliés, comprimés latérale-
y ment, lobulés en dehors ; doigt brièvement cilié,
Fm' 174, _ Adam mm rétréci à.la base, presque droit, terminé par une
puricfafapxtrémité dep* l`0I‘l,C gïlffê CO11I‘l)€, 3 PGU PTCS dela l0Ilg`|.1811I` dll
(°"gma1l· propode, mais beaucoup plus étroit. Abdomen
de la 9 en ovale étroit, celui du 5 comme dans les
Xanthes. Pléopodes I et I1 forts et pas du tout filamenteux. Tonalité
dans l’alcool d’après ÀLCOCK : jaune avec certains lobules orange et les
sillons bruns.- Longueur de la carapace 16 mm., largeur 24. Diamètre
des œufs 0,3 mm.
Mers indo—pacifiques, mer Rouge, Açores, Canaries, îles du Cap—Vert. Très
rare en Méditerranée où, d‘après Moivon (1931, p. 122) il a été trouvé par
Risso en Provence ; Algérie (Lnclas), Alexandrie (BALSS). Des Antilles au
Brésil il est représenté par le nodosa Srnursow, que l’on tient d’ordinaire
pour une variété. Sublittoral, peut descendre jusqu’a 160 métres.
G. ERIPHIA LATREILLE 1817.
Carapace épaisse, peu ou pas convexe dans le sens transversal, infléchie
vers le front, ses bords latéro-antérieurs peu convexes, plus courts que les
latéro—postérieurs auxquels ils se rattachent en courbe, armés de 7 épines
ou saillies dentiformes aiguës dont les dernières sont plus réduites ; régions
plus ou moins définies ; front tres large, échancré au milieu, séparé des orbi-
tes par une large région externe qui s’excave tout d’abord, s’infléchit et, sui-
vant une longue ligne de suture, rencontre en dessous le lobe interne éga-
lement large du bord orbitaire inférieur, ce qui clôt les orbites ; celles—ci
_ peu allongées et profondes. Grand article basal des antennes latéralement
ankylosé, en avant très rapproché du front. Crête endostomienne accentuée
sur tonte sa longueur. Chélipèdes forts, inégaux, à doigts terminés en
pointe. Tous les segments abdominaux libres.
Avec ses orbites closes, ce genre est une anomalie dans la famille des
Xanthidés ; il recherche les eaux tempérées ou chaudes, et compte un
petit nombre d’espèces, dont la suivante est seule représentée dans nos
pays :

Emm-im 271
Eriphia. spinilrons Hxinesr (PI. X, fig. 15, 16) ; Cancer spini/rons Hxznssr
1790, Pl. XI, fig. 65. Eriphia spini/mns LATREILLE 1817, 404 ; Ssvroiw-
Aunoum 1819-1826, Pl. IV, fig. 7 ; H. Minus-Eowimns 1834, 426; Harman
1863, 75, Pl. II, fig. 9 ; PESTA 1918, 428, fig. 141 ; Nosruz 1936, 47,
fig. 43-44 ; Morzon 1933, 77 et 1937, 3 ; S1·mN1·rz 1933, 152 ; BALss 1936,
41.
Bords latéro—antérieurs de la carapace armés d’épines éloignées les
unes des autres et souvent complexes; chaque lobe du front armé de 5 ou
6 dents spiniformes dont la plus externe, un peu en avant sur les autres,
sert de limite à la région externe et se trouve au voisinage immédiat
de la terminaison des pédoncules antennaires ; la carapace lisse pré-
sente en avant trois paires de stries transverses denticulées, une assez
courte en arrière du front, une seconde plus longue dans la partie antérieure
des aires gastriques latérales, une troisième de beaucoup la plus longue
vers la partie postérieure de ces aires. Orbites presque circulaires à bords
dentés ; fouet des antennes assez long et assez fort. Chélipèdes avec une
petite dent en avant au bord supérieur du mérus ; une forte dent obtuse
et, au-dessous, une dent aiguë au bord antéro-interne du carpe dont la
face externe présente des tubercules aigus dans sa moitié antérieure ; des
tubercules semblables sur la face externe des pinces dont la partie avoi-
sinant le bord inférieur est unie, les tubercules voisins disposés en séries
longitudinales; doigts noirs, le pouce avec une rangée de dents sub-
triangulaires, le doigt mobile avec une forte dent basale obtuse suivie
de quelques denticules. Des poils raides çà et là sur les pinces, bien plus
nombreux sur le carpe et sur les pattes ambulatoires ; celles-ci fortes, bien
plus courtes que les chélipèdes, leurs articles larges et plutôt comprimés,
sauf le doigt qui est assez fort quoique beaucoup plus étroit, presque de la
longueur du propode, fortement onguiculé, à peine courbe. Abdomen de la
Q largement ovalaire, celui du 6 médiocrement allongé, recourbé en dehors ;
la tigelle du pléopode II aussi longue et filiforme. Tonalité brun-rouge
ou brun verdâtre, souvent avec des taches j aunâtres. —· Longueur d'un
grand 5, 48 mm., largeur 65 mm. ; dans les exemplaires plus petits, la lar-
geur est relativement moins grande ; le rapport 0,74 peut descendre à
0,70.
Depuis la partie bretonne du golfe de Gascogne jusqu`aux Açores et aux
iles mauritaniennes ; Méditerranée jusqu’en Palestine et en mer Noire ; d’a-
près une communication de Charles Piâmsz est souvent de plus grande taille
dans cette mer, où d’après Czenrnavsxv (1884) certains exemplaires mesu-
rent 132 mm. de longueur ; suivant Gauvm. (cité par Momoo), s’avance un
peu dans le canal de Suez.

272 r>Éc.».Po¤Es MAncnEuns
Famille des POTAMONIDÀE ORTMANN 1896.
(Thelpheusiens H, l“ILNE-EDWARDS 1837 ; Telphusidae ALCOCK 1899`.
Considérés par H. RIILNE-EDVVARDS comme des Catométopes, on range
depuis DANA (1852) les Potamonides dans les Cancroïdes, c’est-à-dire dans
les Cyclométopes, où ORTMANN en fait même de simples Xanthidés. Sans
doute ils dérivent de certains Xanthides (Ozius d‘après Arcocx, Menippe-
Pilumnus d’après ORTMANN), mais ils ont des traits propres qui les en dis-
tinguent : carapace subquadratique dont les bord latéraux sont franchement
convexes et les régions branchiales plus ou moins renflées, bord frontal non
séparé de l‘ang1e orbitaire interne et presque toujours long, droit ou avec une
échancrure médiane, enfin et surtout adaptation complète aux eaux douces,
encore qu’i1s ne dédaignent pas les eaux saumâtres et qu‘i1s se tiennent fré-
quemment sur terre dans les trous et les crevasses qui conservent un peu
d’humidité. Leurs autres caractères sont franchement cyclométopiens ; ils
ressemblent à certains Xanthides par leurs antennes dont le fouet est fort
court et le grand article basal ankylosé entre le front et le lobe infra-orbi-
taire interne, aussi par leur endostome qui est dépourvu de crête.
Leurs très nombreuses formes ont été systématiquement étudiées par
Mary RATHBUN (1904) et les rapports de leurs nombreux genres par AL-
cocx (1910). Ils sont répandus dans les régions tropicales de toutes les
parties du monde, mais une de leurs espèces appartient à la région médi-
terranéenne où elle représente la sous-famille des Polamonimzc qui est
propre à l’Ancien Monde ; les deux autres sous-familles, Pseudolhelphw
sinae et Trichodaclylinae habitent exclusivement l’Amérique et, comme
la première, furent établies par ORTMANN (1897).
. G. POTAMON S.».vroNv 1816.
(Thelphusa Lxrnaxtte 1819).
Front large ; mérus de mJ:p* un peu plus large que long, échancré à l’an=
gie antéro—interne pour l’insertion du carpe, Pexopodite flagellé et plus long
que l’ischi0n, lequel présente un sillon longitudinal ; pédoncules oculaires
bien développé, grand article basal des pédoncules antennaires tordu et plus
large que long ; sur la carapace une crête transversale interrompue et for-
mant de chaque côté deux lobes, 1’un épigastrique plus courtet situé un peu
en avant, l’autre protogastrique plus latéral et plus fortement saillant.
Ces caractères sont ceux de la sous-famille qui comprend deux genres
très riches : Polumon Sav. avec une seule dent épibranchiale sur le bord
latéro-antérieur, et Paralhelphusa EDW. avec deux de ces dents.
Potamon edulis Lyra. (P1. X, fig. 17) ; Potamophilus edulis LATREILLE
1818 Pl. 297, fig. 4. Polamon edulis RATHBUN 1904, 254, fig. 1 et Pl. IX,
fig. 1. Cancer fluviaiilis Bosc 1802, 177. Thelphusa fluviaiilis LA·rnE1LLE
1819, XXXI11, 503. Poiamon fluvialilis SAVIGNY 1816, I, 107, Pl. III,
fig. 1 (Synonymie dans RATHBUN).

Pommes 273
Carapace avec quelques sillons assez accentués surtout à la partie pos-
térieure et dans la région médiane du sillon cervical, à la pointe de l’aire
gastrique, et sur les côtés des aires uro-gastrique et cardiaque. Sur les
bords latéro-antérieurs la dent orbitaire externe, puis la dent épibranchiale,
laquelle est continuée par un long are de denticules. La partie épigastrique
de la crête dorsale est irrégulière, un peu oblique, séparée du front par
un espace à peu près aussi long que le double de sa distance à la crête
protogastrique ; de nombreux tubercules ou granules près de l'arc denti-
culé, et sur le front qui slinfléchit depuis la crête avec un bord libre lar-
gement échancré au milieu. Antennules transverses ; mérus de mxp“ ar-
rondi en dehors, droit en dedans. Chélipèdes puissants, avec le carpe et la
main granuleux en dehors, une forte dent et une plus petite au bord in-
terne du carpe, les pinces un peu recourbées vers le bas, avec des doigts
aigus et fortement dentés. Pattes ambulatoires partout un peu compri-
mées, sauf les doigts qui ont quatre crêtes armées d’épines cornées. Abdo-
men de 7 articles libres dans les deux sexes, celui dela 9 en ovale très large
recouvrant tout le sternum, celui du 3 triangulaire. Le pléopode I du
mâle puissant, presque droit, avec un article terminal sillonné suivant sa
longueur; le pléopode II aussi long, assez fort, filiforme seulement dans
sa partie terminale. L’orifice sexuel du mâle sur une petite saillie à l’angle
antéro-interne de la coxa de p‘ ; par cet orifice fait saillie une évagination
du canal éjaculateur. Tonalité brunâtre ou verdàtre. —— Longueur d’un 3
adulte 35 mm., d’une grande 9, 41 ; largeur du 3, 43, de la Q, 50 mm.
Répandu en ltalie, en Grèce et depuis le Maroc jusqu’en Tunisie. Aurait
été acclimaté dans le midi de la France où, d'après Rxsso, il servait de comes-
tible avant la Révolution (Diet. d’Hist.nat., XXXIII, 504,1819) ; mais on
ne 1’y signale plus depuis longtemps. En Algérie d’après Lucxs, il est dédai-
gné par les naturels. Comme dans les autres Potamonides, lesjeunes restent
sous la femelle à l’état de mégalopes, puis de jeunes crabes (1).
RATHBUN décrit deux autres formes méditerranéennes très voisines :
le p. 257, fig. 2 et Pl. IX, fig. 2, P. potamios 0L1v1En 1804 diffère d’edulis
par la distance moins grande qui sépare les lobes de la crête transversale;
cette forme est signalée en Egypte, à Chypre, en Syrie, en Palestine et en
Mésopotamie, elle me paraît être une simple variation orientale d’edulis ;
20 p. 258, fig. 3 et Pl. IX, fig. 2, P. setizer RATIIBUN 1904 qui, au lieu d’être
nue comme les deux formes précédentes, a un faible revêtement de poils '
pâles et jusqu’ici, n'a été signalée que dans le lac d’Antioche.
I. Grâce in Pobligeance de M. Szumrr, j’ai pu examiner une Q en médiocre état re-
cueillie par ce zoologiste aux environs d’A1ger et 5 magnifiques Q ovifères que son dévoué
collaborateur, M. l6D'DlEUZEIDE,&V8lt fait recueillir pour moi à Biskra. Ces exemplaires
étaient chargés d’oeufs fort peu avancés qui mesurent en moyenne 2 mm. de diamètre et
sont parfaitement arrondis.Dans uneQ dont la carapace mesurait 36 mm. de longueur,
j’ai compté 40 oeufs sur Pendopodite gauche du lu pléopode (segment 2), 44 sur celui
du 2¤, 43 sur celui du 3•, et 30 sur le dernier (segment 5) ; en tout 157 œufs pour le côté
gauche, probablement autant pour le côté droit ; au total 214 pour Pexemplaire. Ces
Crabes furent capturés le 18 juin 1939. Mes vifs remerciements aux deux distingués
zoologistes.
souvxnn 18

274 DÉoAPo¤Es MARCHEURS
Groupe II. Catomctopa H. MILNE-EDWARDS 1837.
(Grapsoidea DANA 1852).
Ce qui distingue essentiellement les Catométopes des Cyclométopes et
les place à un stade évolutif plus accentué, c’est la position de l’orifice
sexuel mâle sur le sternum et non plus sur la coxa des pattes postérieures ;
état qui trouve son intermédiaire chez les Catométopes primitifs (Eucrate,
Gonoplaœ, etc.) où, comme l’observe H. M1LNE-Eownnns, les pénis naissent
bien de la coxa de ps, mais « se logent ensuite dans un petit canal transver-
sal creusé dans le plastron sternal au point de réunion des deux derniers
segments, canal qui leur sert de gaine jusqu’à ce qu’ils soient arrivés au-
dessous de 1’abdomen ». Un état intermédiaire semblable a été signalé chez
quelques Cyclométopes : dans Heieropanope tridentatus (fig. 167, C) et, par
ORTMANN, dans quelques espèces de Panopeus et les Eurytium.
Ces passages entre les deux groupes se manifestent par bien d’autres
caractères: chez les Catométopesles plus caractéristiques,la carapace est
quadrilatère (Pl. XI), mais elle tend également vers cette forme chez les
Geryon et Paragalene, tandis que les Catométopes aberrants du genre Cy-
mopolia présentent le contour hexagonal de la plupart des Cyclométopes;
les antennules se replient transversalement, parfois obliquement, dans leurs
fossettes comme chez beaucoup de Cyclométopes ; le carpe de mxpa s’insère
au milieu ou a l’angle antéro-externe du mérus (fig. 184, C), sauf chez beau-
coup de Gonoplacidés où il s’insère à l’angle antéro-interne suivant la dis-
position cyclométopienne courante ; enfin, chez les Gatométopes les plus
normaux, les articles basilaires de l’abdomen n’occupent pas tout l’espace
compris entre les coxa de pé, alors que chez d`autres cet intervalle est pris
tout entier ainsi qu’on l’observe chez les Cyclométopes.
Par leurs autres caractères : cadre buccal, appendices buccaux, orifices
respiratoires et appareil branchial, les Catométopes ne diffèrent pas essen-
tiellement des Cyclométopes. Toutefois, comme ils en dérivent et sont à un
stade évolutif plus avancé, la réduction de l’appareil branchial peut y être
poussée beaucoup plus loin : la plupart ont de chaque côté 9 branchies dis-
posées comme celles des Cyclométopes, toutefois le nombre se réduit à 7
chez les Ocypoda (disparition de la pleurobranchie de p° et de l’arthrobran-
chie de mxp") et à 3 chez les Pinnolheres (où tout disparaît sauf les 2 arthro-
branchies de pl et Parthrobranchie de p°).
Les formes de nos pays peuvent être groupées en familles et en genres
de la manière suivante 2
TABLEAU DES GENnEs.
1. Carapace quadratique ou hexagonale ; ischion et mérus de mœp‘* libres
et normaux. Crabes toujours libres ........................... 2.
-— Petits Crabes commensaux, leur carapace de contour arrondi, globu-
leuse ou transverse ; mérus de mxps d’ordinaire très grand et fusionné
avec l’ischion très réduit, le carpe y est inséré au bord distal ; cavité
orbitaire et pédoncules oculaires fort petits ; cloison interantennulaire
mince ou vague. Orifice sexuel du 3 sternal ; abdomen du 3 de 7 articles

c.xroME*rov.x 275
libres et ne recouvrant pas à sa base tout l’espace compris entre les
coxa de pé (Pl. XI, fig. 9-12) ..,....... Fam. Pinnotheridae, p. 300.
2. Pattes postérieures très faibles et ramenées sur le dos, les deux paires
précédentes de beaucoup les plus longues et les plus fortes. Carapace
subhexagonale ; mœp° fermant le cadre buceal en arrière mais non en
avant, leur mérus assez réduit et donnant insertion au carpe sur la par-
tie interne en retrait du bord antérieur ; orbites et pédoncules oculaires
normaux ; cloison interantennulaire mince ; 3 avec l’orifice sexuel ster-
nal et l’abdomen de 7 articles libres dont les deux antérieurs sont cachés
sous la carapace (Pl. XI, fig. 13-15). . . Fam. Cymopoliidae, p. 303.
° - Pattes postérieures normales ; carapace quadratique .......... 3.
3. Mœpa fermantcomplètementlecadrebuccal,ousanslargeintervalle.. 4.
- M:cp° éloignés et ne recouvrant pas tout le cadre buccal. Front et cloi-
son interantennulaire très larges ; 3 avec l’orifice sexuel sternal et l’ab-
domen de 7 articles distincts ou les articles 3, 4, 5, 6 sont généralement
plus ou moins ankylosés. Carpe de mxp* inséré au milieu ou à l’angle
antéro-externe du mérus ;pédoncules antennaires libres. (Fam. Grap-
sidae) ....................................... . ............ 7.
4. Carpe de m:cp° inséré à l’angle antéro-interne du mérus; cloison inter-
antennulaire mince ; 3 avec l’orifice sexuel non sternal et l’abdomen
de 7 articles libres. Antennes à fouet médiocre, leur pédoncule fixe
(Famille Goneplacidae) .................................... 5.
-—- Carpe de mxp° inséré à l'angle antéro—externe du mérus ; orbites et
pédoncules oculaires très longs ; front étroit ou peu large ; pédoncules
antennaires mobiles ; 3 avec l’oriiice sexuel sternal et l’abdomen de 7
articles libres ; chélipèdes remarquablement inégaux, au moins chez
le 3 (fig. 177 et 178). (Fam. Ocypodidae). ..................... 6.
5. Orbites et pédoncules oculaires normaux ; tigelle mobile des antennes
exclue des orbites (Pl. XI, fig. 1) ............... Eucrate, p. 276.
— Orbites et pédoncules oculaires très allongés ; tigelle mobile des an-
tennes dans les orbites (Pl. XI, fig. 2) ........... Goneplax, p. 277.
6. Cadre buceal quadrilatère, plus étroit en avant. Ocypoda, p. 285.
- Cadre buceal ovalaire, tronqué aux deux bouts ..... Uca, p. 280.
7. Front sans échancrure pour les antennules qui ne sont pas visibles du
côté dorsal ................................................ 8.
— Front échancré pour les antennules qui sont dorsalement visibles
(Plagusiinae) Pl. XI, fig. 8. ........ . .......... Plagusia, p. 299.
8. Front fortement défléchi ; intervalle entre m:1:p° fort large et en lo-
sange ; doigts des pattes ambulatoires à spinules cornées (Grapsinae).
......................................................... 9.
- Front peu ou pas défléchi ; intervalle entre macpé moins large et peu
losangique ; segments abdominaux 3 à 6 plus ou moins ankylosés (Va-
runinac) .. ................................................ . 10

276 r>ÉcAPonEs Mimcununs
9. Front moindre que la moitié de la plus grande largeur de la carapace ;
mérus de mœpa plus long que large ;segments abdominaux tous libres
(Pl. XI, fig. 4) .............................. Grapsus, p. 290.
—- Front plus long que la moitié de la largeur de la carapace ; mérus de
mœpa plus large que long ; segments 3 à 6 de Vabdomen du (3 ankylosés
(Pl. XI, fig. 3) ........................... Pachygrapsus, p. 288.
10. Doigts des pattes ambulatoires spinuleux .................. 11.
—- Doigts des pattes ambulatoires sans spinules ............... 12.
11. Carapace lisse sans sillons ni crêtes (fig. 182). . . Planes, p. 291.
—- Carapace avec sillons et crêtes (Pl. XI, fig. 5-6) ................
.................................... Euchirograpsus, p. 293.
12. Mérus de mxpi plus large que long et égal en longueur à l’ischion
(fig. 184, C et Pl. XI et fig. 7) ............... Brachynotus, p. 295.
—-— Le même plus long que large et plus court que l’ischion (fig. 186, B). . .
........................................... Eriocheir, p. 296.
Famille des GONEPLÀCIDÀE DANA 1852.
Cette famille est intéressante parce qu’on y observe tous les passages
entre le type cyclométope et le type catométope. Les formes les plus évo-
luées, toutes exotiques, ont l’orifice sexuel ,3* franchement sternal, avec les
segments basilaires de l’abdomen séparés de la coxa de pi par la pièce laté-
rale du 58 sternite thoracique. Cette dernière disposition se rencontre chez
certaines formes primitives telles que les Goneplax où d’ailleurs le pénis est
logé dans un sillon compris ventralement entre les piéces sternales latérales
4 et 5 qui se rapprochent beaucoup l’une de 1’autre (fig. 176). Mais chez les
Eucraie, ces pièces sternales restent fort éloignées, et les segments basilaires
de l’abdomen du 3 sont en contact avec la coxa de pi dont le pénis, assez
saillant, reste libre sans sillon, comme chez les Cyclométopes.
La famille est représentée dans nos mers par les deux genres suivants :
G. EUGRATE DE HAAN 1850.
`. Carapace subquadrilatère tenant un peu de la forme cyclométope à
cause de ses bords latéro—antérieurs légérement arqués et munis de dents ;
elle est un peu plus large que longue, convexe d’avant en arrière et son front
tronqué, émarginé au milieu, égal à peu près au tiers de la plus grande lar-
geur ; bord supérieur des orbites avec deux fortes incisions ; hiatus orbi-
taire interne occupé par une saillie du grand article basal des pédoncules
antennaires ; cadre buccal complètement clos par mœpi. Chélipedes subégaux
courts et massifs ; p“ à p5 plutôt grèles, inermes, comprimées latéralement,
Abdomen du 3 de 7 articles libres. Par les rapports de l'abdomen avec ps
et la position du pénis, le genre se rapproche étroitement des Cyclométopes
· Genre franchement indien, mais l’espèce suivante est passée de la mer
Rouge en Méditerranée.

comarnax . 277
Eucrate crenata DE Ham (fig. 175 et Pl. XI, fig. 1) ; na HMN 18:30,
51, Pl. XV, fig.1 ;CA1.MAN 1927b,214;BALss 1936, 42. Eucratc sulcalifrons
TESCII 1918, 158.
Carapace unie, à régions indistinctes sauf toutefois l’aire cardiaque ;
quatre dents assez fortes et obtuses aux bords latéro—antérieurs qui sont
plus courts que les postérieurs;
de la 4** dent naît une courte "    
`crête transverse ; un sillon  
‘médian en arrière de 1’échan—  
"crure frontale. Antennules `
franchement transverses; ti- T-·î
gelle mobile des antennes
exclue de l’orhite que dépasse ’
un peu le fouet. Mérus de p‘
avec une ou deux dents à son •
bord supérieur, carpe avec
une dent antéro-interne et
une plage caractéristique en
avant, Sup Sg face Cxtgrng ; FIG. 175. —-· Ellcfafû crcnala; face ventrale dl‘01i.B
doigts forts, un peu plus longs ëià\l i<ï.aîi)e la partie antérieure du cadre buc-
que la portion palmaire. Pat-
tes ambulatoires un peu plus
courtes que les chélipèdes, avec quelques cils ; propode et doigt de p‘
plus larges et plus comprimés. Les trois premiers articles de l’abdomen
du 5 larges, les quatre suivants progressivement de plus en plus étroits.
Tonalité d’un brun verdâtre foncé (dansl'alcool).—Longueur d’un5 14
mm., d’une Q 19 mm.; largeur, 6 17 mm., S2 25 mm. (1).
Du Japon à la mer Rouge ; capturé en divers points du canal de Suez
en 11124 (CALMAN), puis à Alexandrie par 6-9 brasses (Banss).
G. GONEPLAX Lmcn 1813 et 1815 a.
(Gcnoplaœ LEM:11 1816).
Se distingue des Eucrale par ses caractères bien plus catométopiens :
carapace quadrilatère avec bords latéraux arrondis, continus, convergents
en arrière, leurs dents sont réduites à une pointe extra-orbitaire qui corres-
pond à la plus grande largeur, suivie parfois d’une dent réduite ; segments
basilaires de Pabdomen dorsalement séparés de la coxa de p° par la région
latéro-dorsale du 5** sternite ; ventralement ce 23** stemite très rapproché
du 4e, qui recouvre une portion de la coxa de p°, celle-ci émet un pénis logé
dans une échancrure entre les deux pièces (fig. 176). Chélipèdes remarqua-
1. Cet individu n‘est pas une femelle parfaite, mais un hermaphrodite présentant
les pléopodes, Pabdomen et les orifices génitaux de la Q; des pléopodes de 3 très
normaux, mais pas d’0rif1ce mâle, et pas de pénis.

278 DÉCAPODES MARcHEURs
blement allongés ; front en lame défléchie franchement tronquée, avec les
orbites occupant tout le bord antérieur de la carapace dont il mesure à
POU pI`èS IB QUHPÈ.
Souvent appelé Gonoplax depuis LEACH (1816), ce genre est surtout
représenté par l’espèce suivante :
Goneplax angulata PENNANT (fig. 176 et Pl. XI, fig. 2) ; Cancer angula-
fas PENNANT 1777, IV, 7, PI. V, fig. 10. Ocypoda angalaia Bosc 1802, 198.
Goneplasc angulaia LEACH 1813, VII, 430 ; STEBBING 1902, 15 ; MONo¤
1931, 429 ; BALSS 1936, 42. Gonoplax angalala H. MILNE-EDWARDS 1937,
/·
%)>
 
// /,7 /
J ’4/
. 4%////./
I, 7 É/,î)'f/Q
ll :   A
ai L I/I/I?î//
ste :. %;/C
  ·· L, I, 4,/i stë
..- Pe il · V  
(105 plz _  ;ü""‘=~., co‘r
` a "\ $[24-
A
pé
Fm. 176. - Goneplaz angalata : A, rapports des pléopocles gauches du 3 avec les ster-
nites postérieurs, le pénis pé et la coxa de p‘, face ventrale ; B, rapports du pénis droit
avec la coxa de p‘ et le sternite 4 et le stermte 5 à tort marqué S1} ((original).
61 ; BELL 1853, 130 et fig. ; HELLER 1863, 103 ; PESTA 1918, 436, fig. 144 ;
NOBRE 1936, 57, fig. 40; MoNoD 1932 b, 218. Cancer rhomboides Hiazansr
1792, Pl. I, fig. 12 et Pl. XLV, fig. 5. Ganoplaœ rhamboides HELLER 1863,
104, Pl. III, fig. 3 et 4.
Carapace plus large que longue, convexe d’avanten arrière, finement gra-
nuleuse et ponctuée, sans autres sillons que la partie médiane arquée du
sillon cervical et, de chaque côté de celle—ci, un sillon transverse bipartite ;
front entier, continu avec l’angle interne des orbites ; dent orbitaire ex-
terne spiniforme, dirigée en dehors, contiguë à la cornée des pédoncules

ocvvooroaia 279
oculaires qui sont cylindriques ; grand article basal des pédoncules an-
tennaires fixe, ne remplissant qu’en partie l’hiatus orbitaire interne ; bords
des orbites entiers. Pattes-mâchoires externes contiguës sur la ligne mé-
diane. Chélipèdes pouvant égaler cinq fois la longueur de la carapace,
surtout chez le 6 où ils sont plus forts et où la pince droite est souvent
largement béante à la base ; ces pattes avec le mérus cylindrique, un peu
arqué et muni vers le milieu d’un denticule, le carpe court et armé d'une
dentà son angle antéro-interne, les pinces dilatees dela base au bout de la
portion palmaire dont les bords sont arrondis, les doigts plus courts,
comprimés, terminés en pointe, armés de dents inégales. Pattes ambula-
toires bien plus courtes, leur mérus à bords arrondis, avec une dent aiguë
à l’extrémité distale du bord supérieur, les autres articles comprimés laté-
ralement, ciliés en dessus et en dessous, le doigt plus court et bien plus
étroit que le propode,tranchant sur les bords et en pointe très aiguë.Abd0—
men du 3 assez largement triangulaire ; pléopode I assez fort, filament du
pléopode II de longueur égale. Tonalité rouge jaunâtre. —- Longueur
d’un 6 adulte 20 mm., largeur 34 mm. ; longueur du grand chélipède
100 mm. Une Q avec des œufs, longueur 11 mm., largeur 18 mm.; longueur
du grand chélipède 22,5 mm. Diamètre des œufs 0,4 mm.
Connu depuis la partie méridionale des Iles Britanniques jusqu’au cap
Ghir et, en Méditerranée, jusque sur les côtes de Syrie. D'aprèsBA1.ss, attein-
drait le cap de Bonne-Espérance. Essentiellement subcôtiére, l’espèce peut
descendre jusqu’a 600 mètres. La forme typique présente une dent aiguë en
arrière de la dent orbitaire externe ; il n‘y a plus que cette dernière dans la
‘ forme rhomboides, mais on observe tous les passages entre les deux. Pour-
tant, Morton (1932 a) observe que ses exemplaires marocains, au nombre de
207, étaient tous dépourvus de la dent accessoire, quels qu’en fussent l’âge
et le sexe.
Famille des OCYPODIDAE ORTMANN 1894.
Les Ocypodidés sont des Crabes fouisseurs qui fréquentent le littoral
et les estuaires des régions tropicales. Pourtant deux de leurs genres, Uca
et Ocypoda remontent en Méditerranée et constituent pour la plus grande
part une sous-famille, celle des Ocypodinae DANA 1852 dont les caractères
sont les suivants : céphalothorax épais, quadrilatére, arégions mal définies,
à front peu large ou fort étroit, très défléchi, recouvrant une partie des an-
tennules, et avec de longues orbites occupant toute la largeur du bord anté-
rieur qui se termine par une dent ; orbites ouvertes en dehors, cloison in-
terantennulaire large, cachée sous le front; cornée grande, surtout ventrale,
appliquée sur une dépression externe de la cavité orbitaire ; antennules
avec les fouets rudimentaires et les deux articles précédents réduits ; pé-
doncules antennaîres dans le hiatus orbitaire interne ; mzp* large, recou-
vrant presque complétement le cadre buccal ; chélipèdes remarquablement
inégaux, au moins chez le 3* ; faces en regard des coxa de p° et p‘ aplaties,
couvertes d’un crible de longs poils et délimitant un intervalle qui, au fond,
communique par un orifice avec la chambre branchiale dont les parois ex-

280 niâcaronas Mancrmuas
ternes sont turgescentes et traversées par de nombreux vaisseaux. Orifice
sexuel du 3 franchement sternal et terminé par une courte saillie membra-
neuse qui se met en rapport avec le pléopode I très solide ; pléopode II ré-
duit. L’abdomen du .3*, à sa base, est séparé de la coxa de pô par une pièce
sternale. Amphibies, l’orifîce cilié compris entre p° et p‘ sert vraisemblable-
ment à conduire l‘air dans la chambre branchiale dont les parois externes
vascularisées jouent le rôle de poumons ; la respiration aquatique s’effectue
par des branchies normales au nombre de 7 (voir p. 275) ; il n’y a qu’une
pleurobranchie, celle de p", mais il n’est pas rare d’observer sur p“ une pleu-
robranchie rudimentaire qui devient fonctionnelle dans les groupes exo-
tiques de la famille.
Les Ocypodidés se tiennent sur les grèves sableuses ou vaseuses, y pra-
tiquent des terriers et se nourrissent du plankton de ces grèves, qu’ils ta-
misent avec leur appareil buccal (1).
, G. UCA LEACH 1815.
. (Gelasimus LATREILLE 1817 a).
· Partie externe de l’article basal des antennules et articles qui suivent vi-
sibles en dehors du front ; antennes très mobiles des la base, avec un fouet
atteignant au plus la longueur de l’orbite ; pédoncules oculaires grêles, un
peu dilatés dans la région cornéenne qui est terminale ou presque et ne s’é-
tend pas beaucoup vers la base. Un fort sillon contre les bords latéraux du
cadre buccal. Ischion de matpa puissant en tous sens et foliacé, le mérus ré-
duit, plus large que long et suivi d’un palpe très développé, exopodite avec
un petit fouet. Chélipèdes faibles et semblables chez la Q, avec leurs doigts
un peu dilatés et en cuiller au bout distal ; 1’un des chélipèdes semblable
chez le 3, l’autre extraordinairement développé surtout dans la pince qui se
termine par de longs doigts béants et aigus (fig. 177 bis). Pattes ambulatoires
comprimées, surtout au mérus, les deux moyennes les plus longues, la pos-
térieure de beaucoup la plus réduite. Dans la chambre respiratoire une sorte
de languette émise par le revêtement externe vasculaire au niveau des der-
nières branchies. Abdomen du 3 en triangle, celui de la Q en ovale occupant
presque tout le sternum.
Genre essentiellement tropical et riche en espèces dont une seule, Tan-
geri, atteint l’Europe. Les Ucas ou Gélasimes sont diurnes ; ils habitent
les grèves plus ou moins vaseuses où ils se font remarquer par l’attitude
et les mouvements de la grande pince des mâles, par l’érection de leurs
pédoncules oculaires qu’ils font saillir pour explorer l'espace. Bien que
grégaires et doués mieux que les autres Crabes du point de vue psychique
ils se comportent en purs individualistes. D’après les observations de
PEARSE (1912), chaque individu mâle ou femelle a son terrier qu’il creuse
lui-même et autour duquel, dans un périmètre assez étroit, il cherche sa
1. Pour la nourriture et les habitudes fouisseuses des Ocypodidés, voir TAKAHASI
(1935) qui a bien étudié ces animaux sur les plages de Formose.

ucs , 281
nourriture ; c’est un domaine d’oi1 sera chassé tout intrus. Les terriers
sont établis entre les limites des hautes et basses marées, subcylindriques,
droits ou sinueux, en haut avec un orifice circulaire, en bas souvent cou~ _
dés avec un élargissement terminal ; suivant les époques, ils sont plus ou
moins longtemps à découvert et quand le flot menace d’y pénétrer, le
Crabe s’y renferme après les avoir clos avec un tampon de vase. Pour iso-
ao
/ I lm
. -::;";·..;; , m”'
a’  'I \   ~
ô`   [ ` } ' ` 01
A aa az do 4
 
' S` ,.;:"É#.- r
- É D c D /
F10. 177. -— Uca Tangcri : A, rapports du front qui se rabat sur les antennules a‘ et
l’arceau antennulaire aa recouvrant en partie l’arceau oculaire ao, base du pèdoncule
oculaire gauche po ; antenne a' de même coté, do dent infra·orbitaire interne ; B,
îigqgggridu 3; G, extrémité du pléopode 1 vue de coté et D ,la même vue en dedans t
ler et porter celui·ci comme pour le travail de forage, les seuls outils em-
ployés sont les pattes p2, p3 et p', des deux côtés chez la Q, du côté opposé
au grand chélipède chez le 5*. Les petites pinces en avant, l’animal se tient
dans son terrier ouvert ; du terrier clos; il sort en repoussant simplement
le tampon de clôture. Les grandes pinces sont des instruments de lutte
pour les mâles, durant des combats où les adversaires se tiennent face à
face et se saisissent pince à pince comme s'ils se donnaient une poignée de
main ; les femelles se livrent aussi des combats, mais dressées et dos à dos.
Souvent les combats se terminentparla fuite des adversaires qui se mena-
cent de loin en dressant leurs grandes pinces par l’orifice du terrier. Con-
trairement à Ancocx (1892), Pmlrxsn ne croit pas que ces dernières, par
leur f0rme'et leur coloris, servent d’attraction pour les femelles ; au mo-

282 nûcaronns Mancnnuns
ment des amours, le ô` danse au voisinage de la Q,maistoujours en lui tour-
nant le dos de sorte que celle-ci ne peut voir ses grandes pinces. Contrai-
rement aussi à l’opinion courante, PEARsE observe que les femelles sont
aussi nombreuses que les mâles. D’après Taxsuasi (1925), les terriers des
Ucas sont verticaux d’abord, puis très inclinés avec des dilatations ; ils
ont parfois deux orifices et peuvent mesurer plus d’un mètre de longueur.
`Uca Tangeri Evnoux (fig. 177 et 177 bis) ; Gelasimus langeri EY¤oUx
1839,7, Pl. XVII; H.MILNE·EDWARDS 1852, 151, Pl. IV, fig. 21 ; Baunoum
1906, 1-33, fig. 1-9 ; NOBRE 1936, 58, fig. 41 ; l`rIIRANDA 1933, 4-9,
fig. 4-6, Pl. I et II; Uca langeri RATHBUN 1918, 389, Pl. CXXXV et
CXXXVI ; MoNon 1927, 612, fig. 1 et 2 A; 1931, 490 et 1933, 84. Gelasimus
langieri (Janus 1885, 522 ; ORTMANN 1894, 760. Uca iangieri MoNoD 1923,
133.
Très distinct des autres espèces du genre par les forts granules de la face
dorsale et du ptérygostome de la carapace ; ces granules, sur les bords
latéraux, en une série continue qui se bifurque un peu en arrière de la dent
orbitaire externe et divise les flancs en deux zones inversement obliques,
l’une triangulaire allant au dos, l’autre plus vaste allant jusqu’au bord
ventral. Des sillons dorsaux limitent latéralement les régions gastriques
médiane et latérales, ainsi que l’aire cardiaque ; front assez large entre les
orbites, puis rétréci et de plus en plus infléchi, surtout dans sa partie ter-
minale ou il rencontre l’étroit épistome. Bord inférieur des orbites avec
une rangée de forts granules qui se termine en une grosse dent près de l’ar-
ticle basal des pédoncules oculaires ; ces derniers avec quelques soies cour-
tes et raides, dont une paire sur leur partie distale. Antennules très pe-
tites, en partie cachées sous le front ; grand article des pédoncules anten-
naires très prédominant, orné d’un faisceau de longues soies à son angle
antéro-interne. Sillon péribuccal très profond ; mérus de mxps bien plus
large que long et obliquement situé. Petits chélipèdes avec d’assez longs
poils épars, une dent aiguë à l’angle antéro-interne _du carpe et une ran-
gée longitudinale de granules sur la face externe de la pince, dont les doigts
se terminent en cuiller. Le grand chélipède du 5* avec un crible serré de
poils raides vers le bout distal du bord supérieur du mérus, des granules
sur la face externe du carpe et la face externe de la portion palmaire de la
pince, dont la face interne présente une crête en V munie de forts granules;
au bord supérieur les granules de la face externe deviennent plus grands
' et sont accompagnés d’un long crible de poils assez courts ; doigts lar-
gement béants, unis et plats sur leurs flancs, sur leurs bords en regard
ornés de plusieurs rangées de granules qui se confondent en une seule
vers la pointe aiguë. Pattes ambulatoires à mérus très comprimé, denti-
culé sur les bords, le carpe et surtout le propode marginés de longs poils,
le doigt plus court que ce dernier, déprimé sur saface externe qui est fran-
gée de poils, brusquement terminé en une courte griffe. Abdomen étroi-

UCA 283
tement triangulaire chez les mâles très adultes; pléopodes I épais jus-
qu’au bout qui est un peu dilaté et se recourbe extérieurement en crochet.
Tonalité sans doute assez variable; d’après Evnoux, la grande pince du 3
est j aune, la petite rougeâtre; Hanrcan (1934)dit la grande pince blanche.
D’après l\Im.m¤.». la tonalité est violâtre dans lesdeux sexes, surtout aux
mérus et aux pédoncules oculaires, cette teinte étant lavée ou masquée
par du jaunâtre sur le reste des appendices et sur le dos.—Longueur de la
carapace chez les adultes : 3 26 mm., Q 26 mm. ; largeur 3 37 mm., 2 36
mm. Dimensions de la grande pince du 3, 64 mm., dont 42 pour les doigts
(MoNoD).
Espèce atlantique bien connue en Europe depuis l’Algarve et l’Anda-
lousie, en Afrique depuis Tanger jusqu’au Loanda.
\ ( ;- [
: "' " lâ` ~ * .« *TEf‘; Il  ' s "f  
  ~(` wsk   Av îiâ l __ · ,..  ,
  «" ·à·4       ”""' fr ri"?  
Ii [   U ri Il- ' çQ2i"‘(·(y,s  .·,_ ·«*"' 
 »  -;.·  f/’ i l ¢"‘   ` Ã
`· · ,;,, ···i?#E£*¥‘    ylij k à  '  
   '· 0î?î‘ÃZ'1»·v·—,.,,,_‘·_QQ = —·~ .
 $:wWl¥;9¢¢ï€È'§Tfïl£—'£"  5 `ë' \ üalâtl  » < ~ .·w@$_   :  —
- I-6 _·;,  _,,î·;,,%ëFm,__,!; , ..g@ê;¤!@§,,,§·—· £ggr5;~ 3*:»* -—
, _\·.·· ., j¢w§‘ S` —  ' · 1:- ·}·_._ _ .•",   _'i,.,  j,  »  `·=r‘<-"
‘.:.î;`Ãi  =iiY ` Fg îî -, - $* *+i`F ‘ î
Fxo. 177 bis. — Uca Tangcri, exemplaires tlgurés d’après nature avec l’oriflce d‘un
terrier et les résidus en boulette des aliments (d’après Monon, 1927).
l\IoN0¤ (1927) a joliment décrit la manière dont mange le Crabe au Came-
roun suçant le sable ou la vase pour en extraire les Diatomées; à cet effet, râ-
clant la surface de la grève avec ses petites pinces, du bout excavé de celles—ci
prélevant une bouchéeintroduite ensuite entre la partie antérieure un peu écar-
tée de mxpï ; travaillée par les autres appendices buccaux et imprégnée de
salive, la matière épuisée sort à la base du cadre buccal sous la forme d’une
boulette qui est saisie par les doigts en cuiller et déposée sur la grève. Pour-
vue d’une paire de petites pinces, la 2 peut manger deux fois plus vite que le
3 et peut aussi, comme on l’a vu plus haut, creuser plus rapidement son ter-
rier. Ainsi les grandes pinces ne favorisent guère le 3, sinon pour la lutte et
la défense du logis ; même à ce dernier point de vue, elles lui sont plutôt nui-
sibles vis-à—vis de l’homme qui les prépare et les mange à la manière des Cre-
vettes. Ainsi en est-il pour l’espèce, tout au moins en Andalousie, où d’après
Baunoum (1906), on la vend en paniers à Cadix et à Séville ; comme 1’ob-
serve cet auteur, les pinces ne sont pas brutalement arrachées par le chasseur,

284 DÈCAPODES Mancnnuns
mais sans doute suivant une méthode qui les fait se détacher dans la région
d’autotomie, c’est—à-dire vers le milieu du basis des pattes, avant la soudure
‘ de cet article a l’ischion (voir p. 42).
Une seconde espèce, Uca. corctata Enw., a été signalée deux fois en Eu-
ropezune fois à Odessa par H. MxLNE-EDwARDslui—même (1852, 146, Pl.
III, fig.6), une seconde dans l‘Adriatique près de Lissa, par STOSSISCH(l877)·
D’après PEsTA, l’exemplaire, type unique provenait d’une ancienne collec-
tion de GUÉMN, et d’autrepart, Srossiscn observelui-même que son unique
2"
î
/% ,
É ,
`. ```' . Éf`    ·;  " "»:   
‘“"     É
' V " "’·;•| ` `‘`*     ~ 1
\lp,,«•«»vn..,  ,__ *vv\'Y*"""*'•*1·1·>->,_(("" I
aa A
H2
do fx Cos nie;
  C ,. .. 
J,. -- ~ ..*1-..sà ¢·’
C ` ` , "  "     \
' ` · .._ '   in —· j
D xr Y ‘ .2 · ' CO4
, — stô
` W _ _ -\ Y t.
. ' " · ` Ã '
  , Mid   E
, _ » ",,»v"° Cl"
Fm. 178. ——· Ocypoda cursor ; A, rapports du front rabattu sur les antennules ai (dont
la tigelle apparait à peine) avec les arceaux oculaires ao et antennulaire aa, antenne
a* et pédoncule oculaire gauche po (face ventrale et lettres comme dans la fig. 177) ;
B face externe d’une antennule ; C, mœp* gauche; D, face interne d’un grand ché1i·
pêde avec sa crête stridulante cr; E, abdomen du 5 dans ses rapports avec les ster-
nites thoraciques postérieurs (original).
exemplaire lui avait été remis par un docteur. Ainsi, doute sur la provenance
exacte des deux exemplaires. L’espèce habite normalement les eaux indo-
pacifiques. Elle se distingue aisément de Tangeri par sa carapace unie, son
front fort étroit et la présence, au bord orbitaire inférieur, d’une rangée
accessoire de granules.

ocvroolx 285
G. OCYPODA Fxsmcws 1798.
Antennules avec l’article basal pour une faible part seulement caché sous
le front et, en cet endroit, donnant naissance au reste très réduit et à peu .
pres each de l’organe ; antennes un peu moins mobiles que dans les Uca
et avec.un fouet encore plus court ; fosse orbîtaire large avec pédoncules
oculaires en forte massue ou la cornée s’avance très loin vers la base. Cadre
buccal sans sillon latéral, droit sur les bords latéraux ; m:cp° à mérus plus
long que large, à exopodite dépourvu de fouet. Chélipèdes forts, plutôt
courts, inégalement développés, a pinces très comprimées latéralement,
presque toujours avec une série de stries parallèles (appareil stridulant) si-
tuée sur la face interne près de la base des doigts; ceux—ci en pointe aiguë,
armés de dents fortes et inégales sur leur bord interne. Pattes ambulatoires
et abdomen comme dans Uca. `
Malgré leur analogie avec les Goneplaœ, les Ocypodes se rattachent
a une forme plus primitive, car leurs pédoncules antennaires sont restés
mobiles ; en fait, ils se rapprochent surtout des Uca dont ils conservent
bien des habitudes ; Atcocx (1900) rapporte qu’ils vivent comme eux
en populeuse compagnie sur les grèves où ils creusent des terriers sinueux
vers la limite supérieure des marées; d'ordinaire ils ne s’él0ignent pas beau-
coup de ce gîte qui leur est propre, mais si on les en sépare, ils courent se
réfugier dans la mer avec une merveilleuse rapidité.Tous, sauf cordimana,
sont munis sur la face interne de la grande pince d’un appareil stridulant
dont les striations parallèles produisent un bruit quand elles sont frottées
contre les dents du bord inférieur de l’ischion ; Arcocx (1892) a étudié cet
organe dans macrocera Eow. et ANDERsoN (1894) et dans ceralophlhalma
On·rM..
Ils habitent surtout les régions indo—pacifiques où ils creusent dans le
sable des terriers recourbés, parfois en U à deux orifices ; quelques-uns se
tiennent dans l’At1antique, entre autres l’espèce suivante qui pénètre
aussi en Méditerranée. _
Ocypoda cursor L. (fig. 178 et 178 bis) ; Cancer cursor Lmrxé 1758,
625. Ocypoda cursor H. Mime-Enwnnns 1852, 142 ; HELLER 1863,
99 ; ODHNER 1923, 23. Ocypoda ippeus OLIVIER 1807, II, 234, Pl. XXX,
fig. 1 ; S.w1oNY-Auboum 1819-1826, 80, Pl. I, fig. 1. Ocypoda hippeus
()n·rM.».NN 1897, 368, Pl. XVII, fig. 11 ; RATHBUN 1921, 461, Pl. I et II;
Gnavmn 1922, 119 et fig. ; MoNOD 1933, 82; BALSS 1936, 42.
Carapace d'Uca, très granuleuse, avec une paire de sillons latéraux sur
les côtés de l'aire gastrique, deux paires de profondes ponctuations dans
1a.partie postérieure de cette aire ; région cardiaque assez bien limitée ;
front plutôt large, convexe, très rabattu, cachant complétement l’arceau
oculaire et presque tout l’arceau antennulaire, sauf sa pointe inférieure
tronquée qui s'unit à un assez large épistome. Pédoncules·oculaires très

286 DÉCAPODES Maaomzuns
dilatés en massue dans leur région cornéenne qui, du côté dorsal, déborde
un peu en avant, longuement et largement en arrière ; les pédoncules ter-
minés par une courte saillie qui porte un faisceau de longs poils. Les deux
bords orbitaires granuleux, surtout le postérieur qui présente une échan-
crure dans son tiers externe ; cavité orbitaire près de sa base, avec une
forte saillie irrégulière. Bord antérieur du cadre buccal granuleux avec
\ 1,,
 
ai _ Y i
  ’  `l ‘ Ii ,
· jj     rl
4 É ~ ·.,
4    Q ’···`· * ,
gf ` -....2; Q )   €_ ~·_,à
' .; Ã / i " w l ,   *  
  ' Q —»»» _,_,,, \  
  , Q     _____    __
  az-, ·" °~"’»·’^   \ \· c X
fd "  u  È * f_,—;..___` \ 1. [z` 
, . s;f: ai "  rw W"`- i ~ ll
 ;» îx_ gw e n, a ,; `"'llîî , _, *
~   .  ’ ¢'·i'îi'À\   ·. *- ~·*-~%;:s,, se l '·
«ï’  éc   ; ` -»»'ï·=— ·;îÈ'**s2%=;»,
7·   1 sv? , 1,- /'“*?<’;:
    É »¤•:, · R _'
`*s — i
Fxc. 178 bis. ·—— Ocypoda cursor; un exemplaire courant sur le sable
(GRAVIER 1922).
une saillie médiane en pointe ; l’ischion et le mérus de mxps rétrécis d’ar-
rière en avant, munis d’un sillon longitudinal près de leur bord interne.
Ghélipèdes et pattes avec la face inférieure du mérus limitée des deux côtés
par une saillie granuleuse et, à la face supérieure, ornés de rides transverses
parallèles ; carpe des chélipèdes armé d’une forte dent aiguë à l’angle an-
téro-interne ; la pince large et comprimée dans sa portion palmaire qui
est à peu près de la longueur du doigt, une rangée de denticules près de ses
deux bords; la grande pince avec,près de la base des doigts,un arc stridu-
lant concave en arrière et armé d’environ 80 stries. Mérus de p2 à p‘ très

ouvrons 287
comprimés latéralement; sur p“, p3, p‘, carpe et propode présentant deux
séries de denticules, l’une au bord supérieur, l’autre un peu en dessous ;
il y a en outre un sillon longitudinal sur la face externe du propo de ; doigt
à peu près aussi long que ce dernier, un peu courbe, à face externe plate
limitée par deux carènes ; p" bien plus court et moins orné que pf, pi et p•,
Abdomen et pléopodes très semblables à ceux des Uca ; le pléopode I est
aussi recourbé en dehors à sa pointe qui est épaisse, vaguement divisée
en deux lobes à bout corné. — Longueur de la carapace dans deux exem-
plaires très adultes : 6 39 mm., 2 36 mm. ; largeur 6 45 mm., 9 43 mm.
D’après Gnnvmn, qui a suivi le comportement de cette espèce à San-
'1`homé, la carapace a a exactementla teinte gris clair du sable »; cet auteur
note que là-bas, le Crabe ne se trouvait pas en grande troupe et qu’il n‘a vu
aucun de ses terriers, peut—êtrc parce que le sable était trop fln ; l'animal
courait tranquillement surla grève et,menacé,ripostait en relevant ses pédon-
cules oculaires et tendant ses pinces. Menace davantage, il prenait une atti-
tude singulière : le corps se dressait verticalement, soutenu par les pattes
ambulatoires qui se plaçaient toutes dans le même plan ; alors il prenait la
fuite (fig. 178 his) « en ligne droite, perpendiculairementà son plan de symétrie
au départ. Il semblait voler à la surface du sable qui était simplement effleu-
rée par les extrémités des doigts des pattes ambulatoires » pl à p' . . . Les
pattes ambulatoires situées du coté du départ se substituaient, dans un ryth-
me très rapide, à celles du côté opposé « pour faire avancer l’animal dans
le plan où il se déplaçait ». Sa vitesse était si grandequ’il n’était pas possible
de le suivre à la course. Après avoir parcouru environ 20 mètres, le Crabe
« s’enfonçait soudainement dans le sable fin » et y disparaissait « sans laisser
de trace reconnaissable àla surface... J’ai bien essayé, mais en vain, ajoute
l’auteur, de le capturer au point où il m’avait semblé qu’il s‘était enfoui ;
il est fort probable qu’il se déplaçait aisément dans ce sable fin et homogène ».
En tout cas, dans sa fuite, il ne semblait pas se diriger vers la mer.
O. cursor est connu depuis la Grèce (Guxànm 1855), la Syrie (ûmvmn)
et Alexandrie jusqu'au Maroc et de là, sur la côte d’Afrique, jusque dans
l’Angola (Onxmnn). C’est donc, à peine, une espèce européenne.
Famille des GRÀPSIDÀE DANA 1852.
Les Grapsides comprennent les formes catométopiennes les plus nom-
breuses et les plus typiques; ils ressemblent aux Ocypodidés par beaucoup
de caractères, notamment par la présence (fig. 179, A) d’une dent (dent
grapsienne) vers le bout interne du bord orbitaire inférieur ; ils s’en distin-
guent surtout par la grande largeur du front, la réduction en longueur des
orbites et des pédoncules oculaires, enfin par le grand écartement des deux
mxp°.
Par Atcocx (1900) et par BonnA¤A1LE (1907), la famille est divisée en
quatre sous-familles dont deux seulement, Grapsinae et Varu ninae, pré-
sentent quelques espèces dans nos régions ; les deux autres, Sesarminac
et Plagusiinae, sont purement exotiques. Les représentants de la famille

288 oiëcixrooas Mmicnaoiis
habitent presque tous les régions tropicales ; ceux de nos pays et proba-
blement la plupart des autres, sinon tous, ont conservé plus ou moins la
mobilité des pédoncules antennaires qu'0n observe aussi dans les Ocypo-
dinés et, à ce point de vue, rappellent les Cyclométopes du genre Gcryon ;
comme d’autre part ils se rapprochent des Eucraie par la grande largeur
de leur front, et dans beaucoup de formes, présentent comme eux des
dents multiples sur les bords latéraux antérieurs de la carapace, on peut
croire qu’ils dérivent d’une souche cyclométopienne voisine des Gcryon.
G. PACHYGRAPSUS RANDALL 1839, STIMPSON 1858.
Carapace quadrangulaire à peine plus large que longue, ses bords laté-
raux presque droits et armés en avant d’une ou deux dents postorbitaires;
face dorsale presque plate, striée transversalement (sauf dans sa partie
centrale), munie de faibles sillons qui délimitent la pointe de l’aire gastrique,
1 Z
«—.·~— 2
· · ·~._,«-»,.,,,,,`,i*l·;\"""~ ·.`î.~"
R
A e
F10. 179. -— Pachygrapsus marmoratus : A, front et région céphalique gauche avec la
dent grapsienne vers la base du pédoncule oculaire, face ventrale ; B, antenne gauche
vue en dessous (original).
les parties terminales contiguës de cette aire et de la cardiaque, les côtés de
la région intestinale ; entre la pointe gastrique et le bord interne de l’orbite,
de chaque côté, deux saillies faiblement crénelées et séparéespar une échan-
crure ; en avant la carapace s’incline un peu jusqu’au large bord frontal appa-
rent qui est très légèrement concave; au-dessous de ce bord, la face frontale
s‘infléchit fortement pour rencontrer la_portion inter-antennulaire de l’épi-
stome qui est fortement convexe et, sous le front, se soudeà l’arceau rectan-
gulaire des antennules qui sont normales et très distinctes ; bord orbitaire
inférieur granuleux sur les bords et séparé de la dent extraorbitaire par
une échancrure, la dent grapsienne (fig. 179, A) en est éloignée ; sinus orbi-
taire interne occupé par les pédoncules antennaires dont l’article urinaire
atteint presque le bord antérieur du cadre buccal vers lequel il présente une
légère saillie portant en arrière l’orifice excréteur ; épistome médiocrement
large ; cadre buccal rectangulaire, à bord antérieur presque droit, son pla-
fond avec une paire de bourrelets latéraux ; mérus de mmpa plus large que
long. Chélipedes subégaux, forts surtout chez le 3 ; leur carpe avec une grosse ‘
dent antéro-interne, leurs doigts peu dentés, obtus dans leur partie termi-
nale qui présente sur son bord interne un sillon indiquant le passage à la
forme en cuiller. Pattes ambulatoires avec le mérus largement comprimé,

mcrxvonarsus QS9
en carène crénelée à son bord supérieur et :1 l’extrémité distale du bord in-
férieur ; doigt plus court que le propode. Abdomen du 3 occupant ai sa base
tout l’espace compris entre les hanches de p°, triangulaire.
Genre représenté par de nombreuses espèces dont les trois suivantes
habitent nos pays 2
1. Deux dents latérales postorbitaires ....... marmoratus, p. 289.
— Une seule dent latérale postorbitaire ......... . .............. 2.
2. Crête inférieure du mérus de p·‘ inerme ........ maurus, p. 290.
— Crête inférieure du mérus de p5 armée de dents. transversus, p.290.
1. Pachygrapsus marmoratus Flmn. (fig. 179 et P1. XI, fig. -1) ; Cancer
marmoralus Fxnmcius 1787, I, 349. Lcpfograpsus marmoralus H. M1LNE—
Enwlmns 1853 a, 171. Pachygrapsus marmoralus S·rxMrsoN 1858, 102;
HELLER 1863, 111,Pl. III, fig. 8-10; Cznnmxvsxv 1884, 142; RATHBUN
1918, 250, Pl. LXII ; PEs·r». 1918, 451, fig. 149; NoBnE 1936, 61, fig. 1
et fig. 42; MONOD 1932, 219 ; BA1.ss 1936, -15. Grapsus varius LATREILLE
1805-67; H. MILNE-EDWARDS 1837,88.
Partie visible du bord frontal à angle droit avec la partie orbitaire
interne; la partie réfléchie avec deux crêtes de chaque côté; pédcncules
oculaires peu dilatés dans la région cornéenne ; grand article basal des
pédoncules antennaires avec un fort lobe externe ; l’ischion de maspli ré-
tréci à ses deux bouts, le mérus à sa base. Mérus des chélipèdes à nombreu-
ses stries transverses, son bord inféro~interne denticulé ;carpe strié sur sa
face externe ; pinces lisses, un peu ponctuées, leur pouce avec une dent
saillante assez grosse. Aux pattes ambulatoires une forte dent sur le bout
distal de la crête supérieure du mérus; une crête supérieure et une crête
latérale externe sur le carpe ; cet article et le suivant avec longs poils épars
et des touffes de courtes soies ; doigt bien plus court que le propode. Pléo·
podes I puissants, à soies nombreuses et serrées dans la partie termi-
nale; le pléopode II réduit. Abdomen S2 recouvrant presque tout le
sternum. Tonalité d’un brun violet franc, marbré de taches brun jaunâtre
irrégulières. — Longueur du 3 28 mm., d’une Q ovifère 19 mm. ; largeur
à la 39 dent, 3 32 mm., S2 21 mm. Diamètre des œufs 0,4 mm.
Dans toute la Méditerranée jusqu’en Palestine et dans la mer Noire ;
dans l‘At1antique se répand jusqu’au Maroc (Agadir), aux Canaries, il
Madère, aux Açores et dans le golfe de Gascogne ; SCHLEGEL (1912) et Prus-
NANT (1929) Pont signalé dans la Manche à Roscoff et FAUVEL (1929) à
Saint-Vaast-la·Hougue. Crabe très agile habitant les rochers littoraux et les
flaques. Les caractères de son adaptation à la vie aérienne ont fait l’objet
de recherches nombreuses dont celles toutes récentes de Pom. (1939) ; d‘a-
près cet auteur, la durée de la résistance au séjour dans l‘air est fonction
de la température : elle atteint 5 jours à 200, 10 heures à 28**, au plus une
heure à 35°.
isouvxzn 19

290 Dûmronns Mancnauns
2. Pachygrapsus maurus Luc. (fig. 180) ; Gmpsus maurus LUcAs 1849,
20, Pl. II, fig. 5. Lepfograpsus maurus H. MILNE-EDWARDS 1853, 173.
Pachygrapsus maurus HELLER 1863, 112 ; RATHBUN 1918, 244, Pl. IX,
fig. 1 et 2.
Très voisin de marmoraius mais s’en distingue par sa taille plus faible,
ses bords latéraux un peu convergents, les stries transverses plus brisées
de la face dorsale où elles ne respectent guère que les régions cardiaques
Fxc-. 180-181. — 180. Pachygrapsus maurus, exemplaire avec ses ché1ipèdes;d’après
Lucas, 1849). -181. Pachygrapsus îransversus, patte postérieure droite (original).
et intestinales. Tonalité brune à taches jaunâtres. —~ Longueur du 3*,
·iype de LUcAs 17 mm., largeur 19,5 mm. ; longueur d’une Q (RATHBUN),
6,4 mm., largeur 7,3 mm.
Espèce rare, signalée en Algérie, à Madère et aux Açores. On a coutume
d’identifier cette espèce avec le Goniopsis simplex DANA 1852 trouvé à Rio
de Janeiro ; Pidentiücation est pour le moins douteuse.
3. Pachygrapsus transversus Gmnas (fig. 181) ; Gnseas, 1850, 181.
Nous croyons avec RATHBUN que le Pachygrapsus iransversus de GIBBES
(1850) ne saurait être identifé avec maurus dont il se distingue nettement L
10 par les bords latéraux bien plus convergents de la carapace et 2° par les
dents qui arment le bout distal de la crête inférieure du mérus (dans pû,
fig. 181).
L’espèce est propre aux deux rives de 1’Amérique tropicale, mais on l’a
signalée aussi en Afrique occidentale. D’apres CATTA (1876) elle aurait
été apportée une fois à Marseille par des navires et GALMAN (1927) l’a
trouvée à Port-Saïd parmi les matériaux de la « Cambridge Expedition ».
G. GRAPSUS LAMAMK 1801.
C’est sans doute très accidentellement que ce genre peut envoyer quel-
ques représentants sur les côtes d`Europe ; toutefois il est bon d’en signaler
certains caractères essentiels qui permettront de le distinguer des Pachy-

PLANES 291
grapsus : carapace très arquée sur ses bords latéraux, régions gastrique et
cardiaque bien mieux délimitées, partie dorsale du front infléchie presque
à angle droit, stries branchiales transversales longues et très saillantes,
épistome très large ; antennules réduites et cachées au fond d’une fente
comprise entre ce dernier et la partie ventrale très infléchie du front ; tu-
bercule urinaire des antennes très saillant avec son orifice contre Vépistome, .
les trois articles suivants réduits et le fouet antennaire à peine indiqué par
une saillie ; doigts des chélipèdes fortement en cuiller.
Grapsus grapsus L. (Pl. X1, fig. 4) ; Cancer grapsus. LINNÉ, 1758, 630.
La principale espèce du genre est le Grapsus grapsus souvent désigné
sous le nom de maculalus, de piclus et de Webbi. Elle est remarquable par
sa grande taille (65 mm. de longueur sur 70 de largeur), sa coloration
vieux rouge à petites macules jaunes, le lobe très saillant que forme sur le
carpe des chélipèdes la dent antéro-interne et par deux carènes longitu-
dinales assez fortes sur la face externe des pinces. Abdomen du 5 comme
dans P. marmoralus mais les segments 7 et 6 très mobiles.
Répandue sur le littoral de toutes les mers chaudes du globe S connue de-
puis longtemps aux Canaries et aux Açores ; elle a été capturée par Osonto
(1005) à Sétubal (Voir Rxrixaun 1918 et Nouan 1936).
G. PLANES Bowoicn 1825 (1).
(Naufilograpsus H. l`lILNE-EDWARDS 1837).
Ne diffère de Pachygrapsus que par les traits suivants: partie dorsale du
front infléchie suivant une courbe qui accentue celle du dos, la partie ven-
trale étroite et très inclinée ; sillons de la carapace réduits à ceux de la pointe
gastrique, les saillies préfrontales qui l‘avoisinent courtes, simples, un peu
convexes, stries latérales à peine indiquées ; pattes inermes sauf une dent
obtuse antéro-interne sur le carpe de pl, et une petite vers le bout distal
de la crête supérieure du mérus à p*-pô avec rangée de longues soies au bord
supérieur du carpe et du propode ; ces articles très comprimés et le propode
aussi large pour le moins au sommet qu‘à la base.
iles derniers caractères en rapport avec la vie pélagique et les habitudes
natatoires du Crabe. Une seule espèce :
Planes minutus L. (fig. 182) ; Cancer minulus Lmmâ 1758, 625.
Pinnolheres minulus Bosc, an X, 1802, 244. Grapsus minulus La-
I, Au sujet du nom générique de Planes substitué maintenant à celui de Nauti-
lograpsus, Bau. (1853) observe qu’il fut simplement appliqué par Laacn dans la
collection du British Museum et repris ensuite par Bowman (1825) dans son
ctude sur la faune de Madère et de Porto Santo. Ce n’est point tout à fait exact ;
comme l’observe justement ALCOCK (1900, p. 296), Lxaacn (1815 a) introduisit le nom
de Planes dans l'e•<plication de la Pl. XXVII des « Malacostraca podoplithalmata
Britanniae ¤.

  DÉCAPODES MARCHEURS
·rnE1LLE 1803, 68. Nauiilogmpsus minulus H. lllILNE—EDWARDS 1837, 90 ;
HELLER 1863, 114 ; Czxamxvsxv 1884, 135 ; MILNE—EDWAHDS et
BOUVIER 1894,49 ; PESTA 1918, 446, fig. 147.Planes minuius WHITE 1847,
42 ; RATHBUN 1918, 258, Pl. LXIV; Noam; 1936, 63, fig. 45; Moivon
1933, 80. Planes linneana BELL 1853, 135 et fig.
BOI‘dS l3l'»éI‘ûl1X de la CHI`3p3C€ BSSCZ CODVCXGS et PGU COIlV€I`g8I1bS 611
arrière, avec une petite dent qui fait suite à l’orbitaire externe, et corres-
pond à la plus grande largeur; testlisse et peu épais, bord frontal et bords
orbitaires sans denticulations ni granules, le bord orbitaire inférieur avec
une échanerure près de la dent orbitaire externe, sa dent grapsienne est
logée dans l’orbite contre le grand article basaldes pédoncules antennaires ;
I  `io
Q =u 13 '
& 'È -
·\" U" '
\_____  `im?; · 
\,
l  
J
F10. 182. — Planes minutus, un exemplaire vu de dos (original).
ceux-ci comme dans Pachygr·apsus,mais leur article urinaire pas du tout
saillant ; cloison interantennulaire large, le reste de l’épistome fort étroit ;
l’ischion de mxps à peu près aussi large en arrière qu’en avant, mérus de
P. marmoraius. Chélipèdes avec stries transverses sur le mérus dont les
denticulations sont très fines ou nulles, leur carpe un peu ride, leur pince
nue, leurs doigts sans excavation terminale sensible et quelques dents dont
une plus forte sur le pouce. Pattes ambulatoires très comprimées, sans
carènes latérales, leurs doigts un peu plus courts que le propode. Abdomen
du 3 largement triangulaire, avec les segments 3-6 ankylosés (contrai-
rement au dire de beaucoup d’auteurs), leurs segments basilaires en con-
tact avec la coxa de p‘. Pléopodes assez semblables à ceux des Pachy-
grapsus. Tonalité vert—olive à taches jaunâtres, très variable et mime-
tique des Algues brunes qui servent d’abri à l’espèce. -— Longueur de la
carapace 12-14 mm., largeur 11,5-14 mm. Diamètre des œufs 0,20-
0,25 mm.
Se tient principalement sur les Sargasses, mais aussi sur les corps flot-
tants et sur les Tortues marines. Ainsi peut-être répandue partout dans les

EUCHIROGRAPSUS 293
mers chaudes ou tempérées du globe. Dans nos régions on a pu la recueillir
depuis la Cornouaille et le Devonshire jusqu’en Méditerranée où elle fut si-
gnalée en Algérie et jusque dans la mer Noire. A cause de ses variations de
teinte et de son habitat également varié, elle a reçu des noms très divers
dont on trouvera la liste dans RATHBUN.
G, EUCHIROGRAPSUS H. MILNE·EDWARDS 1853.
Carapace avec les bords latéraux presque droits et armés de quatre dents
aiguës y compris l’orbitaire externe, la 4* bien plus réduite que les précé-
dentes ; cette carapace surbaissée dans la région frontale où elle porte deux
petites saillies obtuses ; ses régions gastriqueslatérales et postérieures, car-
diaque et intestinale circonscrites sur leurs côtés ; bord frontal profondé-
ment incisé au milieu, et s’inclinant de chaque côté jusqu‘à un très petit
angle orbitaire interne ; bord orbitaire inférieur avec une échancrure plus
large contre la dent orbitaire externe, la dent grapsienne de ce bord à peine
sensible (Pl. XI, fig. 6). Antennules de Planes, pédoncules antennaires avec
leur article urinaire isolé du cadre buccal par une petite pièce, son grand ar-
ticle 2 -[— 3 rectangulaire, sans saillie externe. Cadre buccal plus large en
avant ; mxp¤ peu écartés sur la ligne médiane, leur ischion grand, à peu pres
partout de même largeur, le mérus à peu près aussi large que long, échancré
en avant où le carpe s’articule non loin de l’angle antéro-interne. Chéli-
pedes armés d’une série de fortes dents sur la partie distale du bord inféro-
interne, leurs pinces ornées d’une série de crêtes longitudinales ; pattes am-
bulatoires longues, comprimées latéralement, leur mérus armé d’une dent
près du bout distal du bord supérieur et, à ce bout même, au bord inférieur ;
leur doigtà peine arqué, armé d’une griffe aiguë terminale et d’épines cornées
au bord inférieur ; p' et p‘ plus longues que pl et p‘. Abdomen du ,3* trian-
gulaire, occupant à sa base tout l’espace compris entre les coxa de p‘.
Par beaucoup de ces caractères s’écarte des Grapsidés précédents et
se rapproche plus des Cyclométopes. Représenté par deux espèces : ligu-
ricus Enw. propre à la Méditerranée et americanus A. MILNE-Enwanns
1880 qui se trouve sur les deux rives de l’Atlantique et se distingue aisé-
ment de la première par les courts poils de la face dorsale de la carapace.
1. Euchirograpsus liguricus MILNE-EDWARDS (fig. 183 et Pl. XI, fig. 5
et 6) ; H. MILNE-EDWARDS 1853-55, 157, Pl. X, fig. *2 ; HELLER 1863, 108,
Pl. III, fig. 7 ; Garros 1885,  
Carapace ornée de granules plats qui, au niveau des aires cardiaque et
branchiales, se groupent en petites lignes transverses plus longues et plus
fortement granuleuses en arrière ; dents latérales fortes, sauf la dernière
qui est très réduite ; bord frontal oblique en dehors où il est débordé par
une saillie de la face inférieure du front. Chélipèdes longs et robustes, leur
mérus et leur carpe avec de forts granules parfois aigus et groupés en sé-
ries, les pinces allongées, armées de granules subaigus disposés en crêtes
longitudinales, dont trois au bord supérieur arrondi et une sur la face ex-
terne; en dehors de ces crêtes, nombreux granules plus réduits;les doigts

294 Diâcaronias MARcx~rEUns
infléchis, canaliculés, fortement dentés, à pointe aiguë. Pattes ambulatoires
comprimées latéralement, leur mérus surtout qui présente sur chaque bord
une crête terminée en épine et, sur la face externe, deux sillons longitudi-
naux, l’un près de la crête supérieure, l’autre près de la crête inférieure,
sillons qui se rencontrent en avant et délimitent une face plane ; carpe
avec une carène longitudinale externe ; propode long, plutôt étroit, à
peine rétréci de la base au sommet, son bord inférieur avec une série de
spinules cornées ; le doigt beaucoup plus court que le propode. Tonalité
 
`_. (Ã N" ) fr X
./ Ã>~·`“"”" "
'\\
Fm. 183. —- Euchirograpsus liguricus, région frontale, vue en dessus avec le pédoncule
oculaire droit (original).
brun rougeâtre avec taches plus foncées sur la carapace et en bandes trans-
verses sur les pattes. — Dimensions du type 3 : longueur 30 mm., largeur
au niveau de la 38 dent, 35 mm. ; longueur du chélipède droit 68 mm., de
p‘, 78 mm.
Très rare espèce signalée d’ab0rd à Nice où le type (3) fut trouvé ; ensuite,
d’après Caaus, par C·os·rA, en Calabre méridionale. Se tient probablement a
une certaine profondeur.
· 2. Euchirograpsus americanus A. Mrmn-Enwaaos 1880, 18 ; l\dILNE-
Eowanns et BOUVIER 1894, 56 ; 1900, 107 ; 1923, 351, Pl. IX, fig. 5-7 ;
RATHBUN 1918, 282, fig. 144 et Pl. LXIV ; DoLLFUs et MoNoD 1927, 216,
fig. 2, A, C ; Noam; 1936, 65, fig. 61 ; MoNoD 1932 a, 220 et 1933, 80.
Se distingue de liguricus par les traits suivants : carapace avec les bords
latéraux parallèles, à dents plus petites, à granules plus réguliers et mêlés
de courts poils ; régions moins distinctes ; bord frontal droit ou presque,
passant brusquement par un retrait à l’angle orbitaire interne qui est
obtus et sans saillie ; pédoncules oculaires subcylindriques, sans rétrécis-
sement cornéen ; insertion carpienne de mœps plus interne ; chélipèdes
beaucoup plus courts, leur mérus peu granuleux mais armé de dents plus
fortes au bout distal du bord inféro-interne ; le carpe peu ou pas granu-
leux mais, sur son bord antéro-interne, avec une rangée de denticules dont
un plus fort ; pinces sans granules, sauf sur leurs quatre carènes longitu-
dinales où ils sont d’ailleurs très réduits ; pattes ambulatoires avec des
soies plus nombreuses sur le carpe et le propode, les épines cornées du bord
inférieur du doigt en 4 ou 5 paires, et non plus isolées comme dans ligu-
ricus. Tonalité d’un gris jaunâtre disposé par marbrures sur la carapace
et par bandes transversales alternativement claires et foncées sur les

BRACHYNOTUS 295
pattes. -— Taille beaucoup moins grande : longueur d’un 5* 10,5 mm.,
d’une Q, 9,5 mm. ; largeur du 5, ll mm., de la Q, 15 mm. Une Q du « Tra-
vailleur » mesure 13,5 mm. de longueur.
Barbades et région caraîbe à l’ouest ; à l‘est capturé aux Açores, aux
iles du Cap—Vert, au large du cap Blanc et du Maroc ; d’après NoBaE au
Portugal, dans la « mar da Avieira ». Se tient sur fond sableux ou rocheux
entre 150 et 300 mètres de profondeur.
G. BRACHYNOTUS DE HAAN 1850.
Carapace avec les bords latéro-antérieurs armés de trois dents y compris
l’orbitaire externe, la dernière assez réduite ; dos un peu convexe avec indi-
cations de la région gastrique à sa pointe et à sa base, aussi de l’aire car-
' \
A "··*·’! " , .....
=' v   / o ~___./'
 r C 5
  s
;, D
_ . \ //
Flo. 184-. -—Brachynolus sexdenlatus: A, exemplaire vu de dos (d’après Monon, 1932 b);
B, orbite, pédoncule oculaire et antenne gauche, face ventrale ; C, mzp* gauche ;
D, pince gauche, face externe (orîginall.
diaque ; front peu ou pas infléchi, large, son bord légèrement rentrant au
milieu et se continuant avec la dent orbitaire interne qui est basse et obtuse.
Orbites assez courtes et peu profondes, laissant apercevoir les pédoncules
oculaires, leur bord supérieur avec une échancrure, le bord inférieur granu-
leux, fuyant pour laisser un large espace entre lui et la dent orbitaire ex-
terne, sa dent grapsienne forte, triangulaire, obtuse. Antennules transverses,
séparées par une cloison assez large, épistome étroit. Pédoncules antennaires
probablement mobiles, leur article basal 2 + 3 appuyé contre la dent grap-
sienne, le suivant un peu plus court et moins large, le dernier assez étroit.
Cadre buccal un peu élargi en avant, son bord antérieur continu, arqué ;
mxp” avec le mérus aussi large que l’ischion et à peu près de même longueur,
son bord externe un peu saillant et arrondi, éloigné du bord du cadre buc-
cal. Chélipèdes subégaux, inermes, leurs doigts faiblement dentés et légè-
rement excavés au bout libre. Pattes ambulatoires plus courtes, assez for-
tes, peu comprimées et inermes, la 2** et la 3** un peu plus longues. Abdomen
du 5* triangulaire avec les segments 3 à 6 plus ou moins ankylosés, sa base
séparée de la coxa de p‘ par une pièce sternale.

296 DÉc.xPoDE< Mxncrinvns
Beaucoup plus grapsoïdien que le précédent, ce petit genre indo-paci-
fique compte en Méditerranée l’espèce suivante :
Brachynotus Sexdentatus Risso (fig. 184 et Pl. XI, fig. 7) ; Gonoplazc
sezrdenfaius Rrsso, 1826, 13. Bmchynofus seœdenialus DE HAAN 1850, 331 ;
HELLER 1863, 102; TESCH 1918, 102; CALMAN 1927, 125; MONOD 1932 a,
219, fig. 7 ; BALSS 1936, 43. Helerograpsus semdenlafus LUCAS 1849, 19,
Pl. II, fig. 4. Heierograpsus Lucasi H. MILNE—EDWARDS 1853, 192 ; HEL-
LER 1863, 105, Pl. III, fig. 5-6 ; CZERNIAVSKY 1884, 136. Brachynotus Lu-
casi PEs'rA 1918, 448, fig. 148.
Ornements de la carapace réduits à des poils très courts et à peine sen-
sibles, situés sur de petits points saillants qui, aux flancs branchiaux, se
groupent en séries ou en stries transverses, dont une longue et forte issue
de la troisième dent du bord. Pédoncules oculaires rétrécis de la base au
sommet, leur cornée réduite. Bord orbitaire inférieur finement granuleux
et portant deux tubercules chez le 3. Pattes inermes. La pince des chéli-
pèdes de la Q munie de quatre carènes longitudinales, une au bord supé-
rieur et trois externes dont la plus éloignée se prolonge sur le pouce ; cette
dernière subsiste seule quelque peu chez le 3. Pattes ambulatoires avec
le propode plus étroit à la base qu’au sommet, frangé de poils surtout au
bord inférieur ; doigt un peu courbe, très aigu, caréné latéralement, avec
des poils sur son bord concave. Tonalité brunâtre ou brun verdâtre. ——
Longueur d’un 3 4,2 mm., d’une $2 ovifère 9,2 mm. ; largeur du 3 5,2 mm.,
de la Q 11.5 mm. Diamètre des œufs (desséchés), 0,2 mm.
Espèce rare, trouvée d’abord sur la côte algérienne puis partout en Médi-
terranée jusqu’à Chypre, Candie, la Crête et Alexandrie ; se trouve aussi en
mer Noire ; d’aprés MONOD suit la côte marocaine atlantique jusqu’a Mo-
gador et au large du cap Ghir. Dans le canal de Suez a été suivi depuis Port-
Saïd jusqu’aux lacs Manzaleh et Timsah. Du littoral jusqu’à 90 métres.
(Test une des rares espèces méditerranéennes qui s’avance vers la mer Rouge.
G. ERIOCHEIR DE HAAN 1850.
Carapace quadratique, mais avec les bords latéraux assez convexes, ar-
més dc quatre dents aiguës, l’orbitaire externe y comprise ; celle—ci un peu
plus forte que 1’orbitaire interne, laquelle peut être aussi saillante et aiguë
que les deux dents situées surle front à droite et à gauche d’une large échan-
crure médiane, ce qui donne une apparence de 4 dents frontales ; bord
inférieur de l’orbite continué en dehors vers la base dela 2** dent, son
lobe grapsien assez fort en est très éloigné ; épistome étroit; mœp“ à mérus
plus long que large; chélipèdes subégaux, l’un et l'autre avec une puissante
touffe laineuse sur la face interne de la portion palmaire ; ps et p* nota-
blement plus longs que p“ et ps; abdomen du 3 séparé de la coxa de p“ par
une très petite pièce sternale, les segments 3 à 6 soudés.
Deux espèces, l’une japonaise (japonicus DE HAAN), l’autre chinoise

uniocnrsin 297
(sinensis H. M.-Eow.) ; cette dernière importée en Europe sur les rives
continentales de la mer du Nord.
Eriocheirsinensis M11.NE-Enw. (fig. 185 et 186) ; H. MILNE—EDWARDS
1854, 146, Pl. IX, fig. 1 ; BALss1926, 45, fig. 20 ; SCHNACKENBECK 1926,
204 ; Scnsnmnnsno 1928, 140, fig. 110 ; Tnusnsm 1928, 428, avec
3 fig. ; Orro et KAMPS 1935, 109; GALLJEN 1936,204 ; HOESTLAND 1938,
398 ; PANNING 1938, 105 et 109 ; KAMPs 1938 ; LESTAGE 1939, 5.
Carapace assez convexe, à peine inclinée au front, ses régions bien indi-
quées, surtout la gastrique médiane et la gastrique postérieure ; de cha-
" Ô""_;;;  \ F *`($§à"·\•;.f”·
   l·'ll'1"`·   "7~·.
 ·""` "‘·' ‘   ·*    
i  - ¢"¢` \ ` Ã • ( gi ft; " ·~   2 îi
A _ ~ .·  (.;1.;~   p·   9
sa * » v   le  9*%+   ï   K   
  K     ‘ '—` ·*'   · tu ` "
‘   :· "7 ·     ‘ _
.· « / , I (   ·  
Fm. 185. -—- Eriocheir sincnsis : un exemplaire vu de dos
(cliché prêté par Marc Annmà).
que côté une saillie postfrontale crénelée, deux semblables souvent conti-
nues sur les régions gastriques latérales, une forte crête transverse ana-
logue issue de la dent 3 et limitant en avant les régions branchiales; sur
les côtés de celles-ci, à la limite des flancs, une longue ligne granuleuse.
Orbites peu longues, leur bord inféro-externe séparé du bord inférieur gra-
nuleux ; pédoncules oculaires rétrécis au milieu; pédoncules antennaires
mobiles, bien développés, leur fouet réduit. Mérus de mzp° presque rec-
tangulaire, portant le carpe sur le milieu de son bord antérieur. Chéli-
pèdes armés de dents aiguës sur la partie antérieure du mérus, d’une forte
dent au bord antéro·interne et d’une ligne de granules sur la face externe
du carpe ; pinces inermes, à doigts longs et faiblement dentés, avec des
lignes de granules au bord supérieur de la portion palmaire et à la base
du dactyle. Des lignes longitudinales semblables sur le bord supérieur du
mérus de p‘ à p'>, avec une forte épine il 1’extrémité distale de ce bord ;

298 mâcxronns Mixncneuas
les deux articles suivants carénés longitudinalement,avec des poils serrés
au moins au bord supérieur ; les doigts flanqués d’une carène semblable,
un peu courbes, aigus et inermes. 3* avec l’abdomen triangulaire à bout
obtus, son pénis membraneux issu d’une pièce sternale assez grande dont
la partie dorsale est très réduite ; le pléopode I puissant dans toute son
étendue et terminé par deux lobes inégaux garnis de courts poils (fig.
I
Y
« II
2 lll
/2 3
Ph 4- iv
plz.
V
B
A
F10. 186. — Eriochcir sinensis : B, sternites thoraciques (1 à 5) avec la base des pattes
correspondantes (1 à V), le pénis pé et les pléopodes sexuels gauches pll et pl*‘;
A, m:cp° gauche (original).
186, B). Tonalité allant du gris-vert au brun. —- Longueur d’un grand 3
57 mm. ; largeur63 mm. (Eufs violet foncé passant à maturité au gris
clair ; diamètre 0,4 mm.
On sait, par H. NIILNE-E·D\VARDS, que l’espèce vit dans les mers de Chine
(surtout entre le Yantsekiang et le Peïho). D’après SCHELLENBERG, E. si-
nensis fut signalé pour la première fois en Europe en 1912 ; TRUSHEIM (1928)
dit qu’on le trouva d’abord dans l’Elbe inférieur en 1912 et suppose, non
sans vraisemblance, qu’i1 y fut jeté par un marin qui, l’ayant apporté à Ham-
bourg et n’ayant pu le vendre, s’en débarrassa de la sorte ; quelques années
plus tard on le trouvait à l’embouchure du VVeser, en 1927 dans la baie voi-
sine de Jade et bientôt dans le Holstein ; en même temps il remontait les
eaux douces et atteignait les lacs du Havel en Brandebourg. A peine plus
tard il se multipliait dans les pays de Friese et de Groningue en Hollande, _

rx..xuus1.x 299
puis se rencontrait épars dans les divers points de ce pays. Par quelles voies
est-il parvenu en France 7 On l'ignore, mais d’après Lxssrixcs; (1939), il se
trouve en Belgique dans la Lys et dans la Meuse jusqu’à Visé; il fut observé
en 1930 parM. LE GALL sur le littoral du Boulonnais d’où il s‘est vraisem-
blablement répandu dans le réseau hydrographique de la Flandre iran-
çaise, comme Ho1=:s1·r.ANn(1938, 1939)vient de nous l’apprendre; en 1935
Lacnaa le signale à Battersea, dansla Tamise. Etsans doute ne s'arrêtera-t—il
point là. ll s’aventure également à terre et creuse des galeries dans les ber-
ges soit au-dessus, soit au-dessous du niveau liquide.
C`est une acquisition plutot fâcheuse, car le sinensis est un vorace qui fait
pâture de tout, même des cadavres, encore qu’il préfère les coquillages, les
Vers et les Crustacés ; en fait, il ravit aux Poissons leur nourriture, chassant
surtout la nuit et se cachant le jour sous des pierres ou dans des trous. D'a-
près Orro et Kamrs (1935), ses grandes invasions en Hollande se produisirent
sous la forme de jeunes, issus à n‘en pas douter de la mer, car c’estla seu-
lement qu’on trouve les femelles ovigères ; ailleurs ce sont des adultes qui
pénètrent dans les eaux douces. D’après les mêmes auteurs, la croissance
est rapide ; au bout de trois ans est acquise lalongueur de 45 mm. après la-
quelle l’individu peut se reproduire. Scnanrsmnaao dit que la 9 porte, en
nombre énorme, des œufs dont le diamètre mesure 0,3 mm. '
On doit à Kaiurs (1938) un travail approfondi sur ce Crabe en Hollande
et sur les méthodes employées, avec un succes très relatif, pour le détruire.
PANNING (1938), d’autre part, en a fait une étude systématique excellente
où il s’efforce de fixer les variations actuelles de l’espèce pour servir de
base à celles qu’il subira vraisemblablement dans la suite au sein du nouveau
milieu où il se trouve. ll signale notamment deux variétés où les quatre
dents frontales apparentes sont divisées en deux groupes par une éehancrure
frontale plus ou moins profonde, puis quatre formes nouvelles qui, pour
l’heure, semblent n’être que des aberrations : rotundifrons où1efront(fig.5)
est simplement (convexe, acutifrons où il fait saillie en triangle (fig. 6), tri.
lobata où une saillie médiane est flanquée par deux lobes(fig. 7), enfin tos-
tratus où il s‘avance en une lame dont la truncature porte une petite dent
latérale de chaque coté d’une voussure médiane (f1g· 8) (‘)·
G. PLAGUSIA LATREILLE 180.3.
Le genre Plagusia sera simplement rappelé ici parce que ses représen-
tants se trouvent parfois en Méditerranée où ils sont introduits accrochés
aux Algues de la coque des navires. Ce sont des Crabes de rochers, très
répandus dans les mers tropicales, et qui peuvent se répandre au loin
portés sur des corps flottants. Comme tous les Plagusiinés, ils se distin-
guent des autres membres de la famille parleurs encoches frontales qui
laissent dorsalement apparaître les antennules. Leurs deux espèces prin-
cipales sont : l° depressa (Pl. XI, fig. 8) Fimrucrus 1775 (squamosa Lxrn.)
l. Je dois beaucoup des renseignements contenus dans la présente étude à MU- Lama
du Laboratoire zoologique d’Amstex·dam quhspontanément, me servit d’intermédiaire
auprès de M. KAMPS, son confrère du même Laboratoire. Non seulement M. Kxurs a
bien voulu m’envoyer son remarquable travail, mais il a eu Pobligeance de me commu-
niquer l’opuscule de M. PANMNG. J’adresse ma gratitude a l\I¤° LEENE et ii M. KAMPS.

300 DÉCAPODES MARcHEUBs
dont la carapace est tuberculeuse et dont les pattes portent une épine au
bout du mérus ; 20 chabrus LJNNÉ 1757 (iomeniosus H. MILNE-EDWARDS)
où la carapace est tomenteuse mais presque unie et où le mérus des pattes
est armé de nombreuses épines à son bord supérieur. CATTA (1876) re-
connut ces deux espèces, avec Planes minulus et Pachygrapsus advena
(c’est—à-dire iransversus) parmi les Algues d’un bateau qui stationnait au
port de Marseille et venait de Pondichérypar le cap de Bonne—Espéra11ce.
Sous le nom de Percnon planissimus Hxznasr, Noaaa signale en Portugal et
figure (1936, 66, fig. 62) une espèce très répandue dans la mer des Indes.
Famille des PINNOTHERIDAE H. MILNE-EDWARDS 1837 (pars).
Petits Crabes rendus anormaux par leur commensalisme au sein d’un
Mollusque bivalve, plus rarement d’un Tunicier ou d’une Holothurie, les
Pinnothéridés constituent un groupe très vaste où les formes les plus nom-
breuses et les plus aberrantes, représentéespar la sous-famille des Pinnothe-
rinae Ancocx, semblent avoirîperdu tout contact avec les autres Catomé-
topes : cadre buccal court, étroit et fort large, complètement recouvert
par le mérus de ma:p“ qui est très grand, oblique, totalement confondu
avec l’ischion, le dactyle de cet appendice et un long prolongement externe
du propode formant une sorte de pince (fig. 187, B et fig. 188, A).
Mais dans la sous—farnille voisine des Pinnotherelinae Ancocx, l’ischion de
mœp° devient libre, le mérus se réduit et les articles suivants ont une dispo-
sition normale ; dans cette sous-famille, certains genres se rapprochent des
Grapsidés par la présence aux orbites d’un lobe grapsien. D`ailleurs,
comme les Grapsidés eux-mêmes, ils se rapprochent des Gonoplacidés pri-
mitifs qui rattachent les Catométopes aux Gyclométopes.
G. PINNOTHERES L1NNÉ 1758, LA·rBEiLLE 1805.
(Pinnoiheres ALCOCK 1900).
La famille ne compte dans nos pays que le genre Pinnoiheres qui se dis-
tingue des autres Pinnothérinés par les bords arrondis de la carapace
(Pl. XI, fig. 9 et 12), par la très faible calcification de celle-ci surtout chez
la 9 et par la réduction extrême de l’appareil branchial (voir p. 274).
C’est une des formes terminales du groupe. Il est représenté chez nous
parles deux espèces suivantes qui sont très voisines et présentent l’une
et l’autre (contrairement à l’opinion de HELLER 1863) de longs poils au
bord inférieur des pinces ainsi que sur le mérus, le carpe et le propode
des pattes ambulatoires ; les antennes y sont fort peu mobiles à la-base et
leur fouet se réduit à quelques courts articles. Le contour du test y est
légèrement quadrangulaire, le dos convexe, uni, sans régions distinctes.
Chez le 8 le front devient plus étroit et fait nettement saillie, la taille est
plus réduite, la carapace moins ronde.

rinmornnnxas _ 301
1. Pinnotheres pisum PENN. (fig. 187 et Pl. X1, fig. 9-11); Cancer pisum
PENNANT 1777, 1, P1. I, fig. 1. Pinnolheres pisum Larnnxntn 1803, 83;
Lnncn 1815 b, Pl. XIV, fig. 2 et 3 ; H. Mime-Enwnnos 1849, Pl. XIX,
fig. 1; HELLER 1863, 117, P1. III, fig. 11-13 ; Pnsrn 1918, 440, fig. 145 ;
Nonnn 1936, 67, fig. 63 ; BALSS 1926, 44 ; SCHELLENBERG 1928, 137,
fig. 108 ; P. modiolae Cosra 1836, 4. P. mylilorum LATREILLE 1825,
135 et H. M11.1~xE-Eownmos 1853, 217, Pl. X, fig. 1.
-   \ 
  P 1
.;.*;_=E$7 ;- Q
E Q;
É  *
 lx
)f /'
_ \ ,·
B
_ co5 sw A 7 `
· x  
' \‘ ( Ã
  9 - C
\§‘ D . `
Flo. 187. -—— Pinnofheres pisnm 3‘ : A, face dorsale de la carapace montrant les rapports
du sternite 5 (sf') avec la base de l’abd0men et la base de p‘ gauche ; B, mzp• gauche
montrant le mérus confondu avec Pischiobasis et le dactyle inséré près de la base du
bord propodal interne; C, pince droite en dehors; D, une patte ambulatoire (original).
Bord frontal sans échancrure, le doigt de mœp° ne dépasse pas le prolon-
gement dactyliforme du propode; chélipèdes sans saillie dentiforme sur le
carpe, le doigt mobile de la pince avec une assez forte dent basale sur son
bord interne, le même bord du pouce presque sans dent ; doigt des pattes
ambulatoires à peine plus long que 1 moitié du propode, bien arqué. Abdo-
men du 5* triangulaire, à bords peu convergents, à telson arrondi en arrière ;
le pléopode I long, fort, sauf dans sa partie terminale qui figure une fau-
cille concave en dehors. Tonalité variable suivant les individus et le sexe :
d’ordînaire gris jaunâtre chez le 5, `avec des taches ; la S2 un peu translu-
cide, brune en dessus avec tache jaune sur le front et une autre sur cha-

302 DÉCAPODES Manor-xeuas
que région branchiale, l’abdomen jaunâtre avec large bande médiane brune
(BELL). — Longueur de la carapace dans un grand 5, 5,5 mm. ; dans une
grande Q, 6,5 mm. ; largeur du 6, 5,5 mm., de la Q, 7 mm. Diamètre des
œufs 0,3 mm.
De la Norvège et de l’Écosse à la mer Méditerranée et au Maroc atlan-
tique. Commensal de la plupart des Lamellibranches, mais particulièrement
de Mytilus edulis, souvent aussi dans Cardium edule ; peut s’y trouver par
couple. Comme l’a montré et figuré BELL (d’après THOMPSON), les larves
sont dépourvues d’aiguillon dorsal impair. Les jeunes issus de ces larves,
d’après GRAEFFE (1902), vivent librement parmi les Algues. BELL rapporte,
d’après W. THoMPs0N, que l’animal change de coquille suivant sa taille,et
se comporte ainsi à la manière des Pagures. Il ne semble pas léser son hôte
et se contente du mucus et des rejets de ce dernier. D’après VVILLIAMS et
NEEDHABI (1938) la croissance de l’abd0men, chez la Q, est beaucoup plus
rapide que celle de la carapace. BELL identifie avec pisum les formes sui-
vantes de LEACH : Latreilli (1815 b, Pl. XIV, fig. 6-8, 5* immature), variaus
- (fig. 9-11, 3*), Cranchii (fig. 4 et 5, 9).
 
'   I': BT:)
;/       jz_.;: ~, wi 
/  ( zeft "`   : ;)::`._Ã / 
/ ( [ /  çâûl'.-  "l`—' Ex rl ~`l"'·l`• 
Il v  _.` 
gw   ., · ‘.·.‘~_:I 
 ·È ` _ '• ·_ ,:·« 
‘ . , \ I • /
· ‘  j.,...·,·,‘/
* ·  ,.,.`,"|./
A   l'. •·l.î ’
\ `\‘ `x ‘ ` u *
)  n \ " ‘ l ‘
\ \ ‘ cn` x  
\ `X
A
B < » ‘ î
‘%‘~·r—   —/ ( . / \
-\ / C \
/ ./ (
»/ ,,,·.   l
/
Fw., 188. — Pinnolheres pinnotheres : A, mœps gauche ; B, pince droite ;
C, patte ambulatoire (original).
2. Pinnotheres pinnotheres L. (fig. 188, Pl. XI, fig. I2) ; Cancer pin-
noiheres LINNÉ 1758, 628. Pinnolheres pinnoleres PESTA 1918, fig. 146 ;
MoNoD 1932 et 1933, 78. Pinnoiheres velerum Bose 1802, I, 423; LEACH

Pmmornsaas 303
1815 b, Pl. XV, fig. 1-5; H. M1LNE—EDWARDS 1837, 32, P1. XIX, fig. 7;
BELL 1853, 126 et fig. ; HELLER 1863, 118 ; Norme 1936, 69. Pinna-
Ieres pinnoleres BALSS 1926, 44. P. pinnophylax H. MILNE-EDwAnDs
1853, 218.
Carapace un peu plus large que longue, surtout chez la 52 ; front un peu
échancré au milieu, surtout chez le 5. Le doigt de m:rp° dépasse un peu le
prolongement digitiforme du propode. Chélipèdes parfois avec une légère
dent au bord antéro-interne du carpe, pinces avec une dent réduite au
bord interne du doigt, quelques dents plus fortes à celui du pouce. Com-
me l’a noté Pnsra (1918) et justifié Morton (1932), le doigt des pattes am-
bulatoires est bien plus long que la moitié du propode et peu arqué. Tona-
lité d’un brun uniforme. ——— Taille de pisum ; les œufs un peu plus gros.
Habite de préférenceles Pinna,parfoisles Modioles, rarement les Huîtres.
(lonnu depuis les Iles Britanniques et la Méditerranée jusqu’au Cameroun
et au Gabon où BALSS (1922) 1’a fait connaître. GRAEFFE observe que cette .
espèce, comme la précédente, a deux saisons de ponte, l’une vers le printemps,
l‘autre en automne; W1LL1AMsoN (1915, 162) semble dire que les larves
présentent une aiguillon dorsal. On sait par Lenooa (1928) que l‘espèce
traverse deux stades zoé à carapace globuleuse munie d’épines rostrales, dor-
sale et latérales très développées et que sa mégalope, dépourvue de rostre,
ne présente que six segments abdominaux avec quatre paires de pléopodes.
Dans P. pisum la zoé est dépourvue d’épine dorsale, en outre ses épines laté-
rales et rostrale sont réduites.
D’après BELL, le P. Montngui de Lisacn (1815 b, Pl. XXV, fig. 6) est un 3
de pinnotheres où les bords de l’abdomen sont assez irréguliers.
Il convient de signaler ici un Pinnothéridé, l’ASthen0gI1athus atlanti-
ous que Moxoo (1932 a, 147 fig. 6) a signalé à Rabat. Cette espèce appar-
tient à une sous-famille tout autre où mxp’ est faible, grêle, ne recou-
vrant pas au milieu le cadre buccal. son ischion est bien distinct et
plus grand que le mérns; sa carapace est beaucoup plus large que longue.
Famille des CYMOPOLIIDAE RATHBUN 1915, 1918.
Rangée à tort par tous les auteurs et par moi-même (l897b)dans la famille
des Dorippidés, les représentants de cette famille sont regardes comme des
Catométopes par tous les auteurs depuis ALCOCK. Ils ressemblent aux
Dorippinés par la réduction de p° qui est petit et ramené sur le dos ; ils
leur ressemblent également par la position de leur orifice femelle qui est
sternal, mais refoulé en avant tout près du sternite de pl ; par contre l’orif1ce
mâle est aussi franchement sternal que dans les Catométopes les plus
typiques, avec un canal déférent caché par le sternite de p“ et prolongé
au delà de cette piece en un pénis cylindrique assez long. De même, comme
chez ces Catométopes, l’abdomen du 5* (de 7 articles libres) est séparé de la
coxa de p' par le sternite correspondant ; de même aussi l’abdomen de la
Q est largement ovale et recouvre toute la surface du sternum thoracique.
Parmi les autres caractères catométopiens il faut signaler la disposition trans-

304 DÉcAr>onEs Mancrmuns
verse des antennules repliées (fig. 189),121 grande mobilité des pédoncules
antennaires, la forme quadrangulaire du cadre buccal et la place des orifices
respiratoires. Evidemment, on est aussi loin que possible des Dorippidés
et autres Oxystomes. La formule branchiale tient de l’un et l’autre groupe,
mais avec? branchies seulement(l pleurobranchie sur p*et pa, Qarthrobran-
chies sur mxpa et pl et une arthrobranchie sur mxpi') ; à toutes les pattes-
mâchoires un épipodite et un exopodite bien développés.
Tels quels, pourtant, les Cymopoliidés ne se rapprochent d’aucune
autre famille de Catométopes, et si l’on tient compte du développement
assez grand des pédoncules antennaires qui dépassent le front de toute la
longueur de leurs deux derniers articles, si l’on observe surtout la longueur
assez grande de leurs fouets qui portent d’assez nombreuses soies longues
ou courtes, on est conduit à voir en eux des Crabes qui se rttachentplutôt
à certains Corystidés, mais dont l’évolution s’est produite dans le sens
des Catométopes.
Ils ne comprennent qu’un seul genre, Cymopolia dont les représentants
peuvent se rencontrer, à faible profondeur, dans toutes les mers chaudes
ou tempérées.
G. CYMOPOLIA Roux 1828, RATHBUN 1915.
(Palicus PHILIPPI 1838, RATHBUN 1897.)
Carapace déprimée encore que plus ou moins convexe, plus large que lon-
gue, les bords latéraux peu arqués et munis de 3 à 5 dents ou lobes dont les
antérieurs, surtout l’orbitaire externe, sont plus fortes. Le dos avec des tu-
bercules granuleux qui se groupent en îlots saillants que séparent des inter-
valles ou sillons unis, délimitant de la sorte des aires ou aréoles multiples.
Front non défléchi, lobé, les deux lobes médians séparés par une profonde
échancrure ; pas d’angle orbitaire interne, l’orbitaire externe très saillant,
les bords orbitaires avec 2 ou 3 profondes échancrures. Cavité orbitaire
profonde, laissant toutefois apparaître la partie antérieure des pédoncules
oculaires qui sont forts, plutôt courts, avec une région cornéenne grande et
dilatée. Cloison interantennulaire étroite : épistome assez long et large. en
avant séparé de la cloison par un léger filet, en arrière du cadre buccal par
un filet à peine plus saillant, ce filet en rapport latéralement avec un grand
lobe ptérygostomien qui s‘élève en oreillette (lp, fig. 189) sous le lobe interne
du bord orbitaire inférieur et constitue le plancher de l‘orifice respiratoire
efférent. Grand article basal 2 + 3 des pédoncules antennaires avec un lobe
saillant antéro-externe. Mœps très développés, mais laissant a découvert
la partie antérieure du cadre buccal, leur ischion rectangulaire, mais avec
un lobe saillant antéro-interne, leur mérus plutôt réduit, portantle carpe sur
le milieu de son bord antérieur, avec une forte saillie antéro-externe. Chéli-
pèdes faibles, un ou les deux parfois plus forts chez le 5* ; leurs doigts aigus,
en contact, peu ou pas dentés; pa et p‘particuliérement développés, compri-
més latéralement, leur mérus dilaté, leur carpe et leur propode à crêtes lon-
gitudinales, le doigt arqué, aigu, inerme, comme le propode, frange de lon-
gues soies au bord supérieur ; pl plus réduit, mais de structure assez sem-

cvxuorotra. ' 305
blable ; p' très réduit et grêle. L’abdomen, dans les deux sexes, atteint pres-
que la base de mazp'.
Des tubercules ou nodosités s’0bservent presque toujours sur la partie
non cornéenne des pédoncules oculaires, sur la partie supérieure du carpe et
de la pince des chélipèdes ; le bord supérieur crestiforme du carpe de p' à p‘
s’élève souvent en lobe à sa base et au sommet. le mérus des mêmes pattes
est toujours granuleux avec un lobe saillant obtus ou une épine à 1'extré-
mité distale de son bord supérieur.
Les espèces du genre sont nombreuses, surtout en Amérique ; une seule
la suivante, se trouve dans nos régions.
Uymopolia Caronii Roux (fig. 189 et P1. XI, fig. 13-15) ; Roux 1828,
Pl. XXI, fig. 1-7 ; H. MILNEPEDWARDS 1837, 159 ; LUcAs 1849, 25, Pl.
III, fig. 1 ; BATHBUN 1915, 180. Palicus Caronii Rxrmaurx 1897, 165 ;
Bouvmn 1897 b, 65 ; Mxrmsz-Eowums et Bouvxsrx 1902, 41, Pl. VII, fig.
12-15 et Pl. VIII, fig. 3-4 ; PESTA 1918, 264, fig. 87. Palicus granulalus
P1m.11>r1 1838, 11.
\
\
\
I 1
M s  s1c    nt. *1
Fm. 189. —- Cymopolia Caroniî, front et appendices cé haliques droits
en dessous, avec 1‘orei11e ptérygostomienne lp Foriginal).
Carapace avec trois grosses dents suivies de deux fort petites aux bords
latéro-antérieurs ; ses groupes de tubercules granuleux fort distincts ;
lobe frontal médian contre un lobe obtus peu saillant. Dilatation cornéenne
faible. Chélipèdes avec des nodules sur le carpe et au bord supérieur de la
pince dont le bord inférieur est assez fortement infléchi. Pattes ambula-
toires p’ de la 29 paire prédominantes, égalant deux fois environ la plus
grande largeur de la carapace; à ces pattes comme à p' et p', le mérus
renflé porte des granules squameux et se termine vers l’extrémité`dis-
tale du bord supérieur par une saillie obtuse ; carpe avec une saillie ba-
sale et une distale sur le bord supérieur caréniforme, deux carènes longi-
uouvum 20

306 nràcavonns MARCHEURS
tudinales sur sa face externe et qui se retrouvent sur le propode, lequel
se dilate un peu de la base au sommet ; doigt à peine plus court, inerme,
peu arqué, très aigu ; p‘ peu ou pas comprimé, le doigt presque aussi
long que le propode, inerme (HELLER le dit armé au bord inférieur). Abdo-
men du 5* avec les quatre premiers articles carénés transversalement, le
66 fort rétréci de la base au sommet. Pléopode I long et fort, rétréci au
milieu, distalement terminé par une faucille à concavité interne. Tonalité
rougeâtre avec bandes transverses plus foncées sur les pattes.- Longueur
d’un 3 9,5 mm., d’une Q ovifère 8 mm. ; largeur du 3* 10 mm., de la S2
9 mm. Diamètre des œufs 0,30 à 0,35 mm.
Paraît localisé dans les eaux méditerranéennes occidentales jusque dans
l’Adriatique, entre 60 et 100 mètres de profondeur.
Tribu V. OXYRHYNCHA H. M. Eow. 1834 (1).
Se distinguent essentiellement des Brachyrhynques 1 10 par la forme de la
carapace, qui est rétrécie en avant où elle se termine par un rcstre,se dilate
 
 
W
st+
. - //
À w'
`l  Il »
I W! / `5 "
plat à .
ôtî pé
Fm. 190. -— Lambrus longimanus 5‘, rapports des pléopodes sexuels avec le pénis pé
et la coxa de p*‘ gauche, face ventrale (original).
au contraire dans les régions branchiales, son contour étant plus ou moins
triangulaire et ses bords latéro—antérieurs bien plus longs que les latéro-
postérieurs ; 2** par les orbites qui sont tantôt réduites ou nulles, tantôt li-
mitées par des saillies de leurs bords (Pl. XII-XIV).
1. En fait le nom d’0xyrhqncha fut proposé par Larnarntn en 1803, mais pour un
groupe très polymorphe qui comprenait aussi les Oxystomes et quelques Anomoures g
en délimitant ses « Oxyrhinques ¤ comme il a fait et comme on l’accepte unanimement
aujourd’hui, H. Mime-Enwzlnns a voulu, dit-il, faire l`écon0mie d’un nom nouveau.

oxrnnvncim _ 307
Ces deux sortes de caractères les distinguent assez mal de beaucoup d’0·
xystomes, mais leur cadre huccal est tout autre, du type brachyrhynque
c’est—à—dire quadrangulaire, avec les orifices respiratoires efférents aux angles
latéro-antérieurs du cadre et non au milieu de ce bord.
Comme Minas (1879) et ORTMANN (1893) l’ont justement observé, ils se
rapprochent des Cyclométopes par leur structure générale et leurs orifices
sexuels 3 (fig. 190) qui sont presque toujours coxaux ; ils ont même des aill-
nités particulierement nettes avec les Corystoidea à cause de leurs antennules
repliées presque longitudinalement (fig. 199, A) sousle front, et la plupart de
leurs formes présentant des fouets antennaires garnis de soies. Ce sont la
des caractères primitifs, mais certains autres indiquent une évolution avan-
cée : ainsi les pédoncules antennaires sont fixes à leur base, suf dans un
très petit nombre de cas ; ainsi encore la masse ganglionnaire thoracique est
d’ordinaire compacte, sans perforation pour l’artère sternale, particularité
qu’on observe d’ailleurs chez les Cyclométopes tres évolués du groupe des
Xanthes. Les branchies sont au nombre de 9 de chaque côté, comme chez
les Brachyrhynques normaux.
_ Abstraction faite des Hymenosomidae, qui sont des formes indo-paci-
fiques anormalement aplaties et rangées autrefois dans les Catom&