FEDERATION FRANCAISE nas SQCIÉTÉS ou scmucns nmunnnnss
OFFICE CENTRAL DE FAUNISTIQUE
Directeur honoraire : P. de BEAUCHAMP
Direcleur .· L. CHOPARD
Ouvrage publié avec le concours du Centre National de la Recherche
Scientifique.
58
MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
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vt l Planche:
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PAUL LECHEVALIER, I2, RUE DE TOURNON (v¤°)
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AVANT·PROPOS
Lorsqu’il s’agit d’animaux marins, s’en tenir exclusivement à ceux
qui ont été effectivement signalés sur les côtes de France ne serait pas
donner une image exacte de sa faune maritime. Il fallait ici faire un choix,
et cela n’était pas facile. Ce choix était forcément un peu arbitraire:
voici quels sont les principes qui m’ont guidée. J’ai laissé de côté, bien
entendu, les Mollusques du domaine érythro-indo-pacifique, que l’on
n’a chance de rencontrer dans nos mers que très rarement et par
accident ; ceux des mers antarctique et arctique, y compris quelques
espèces trouvées jusqu’ici exclusivement près des côtes scandinaves
(celles—ci pourront être l’objet d’une simple mention). J’ai dû négliger
d’autre part les espèces abyssales, pélagiques ou non; car cela m'aurait
entraînée hors des limites de cet ouvrage.
Par contre, toute espèce trouvée sur les côtes d’Angleterre, d’Alle—
magne, d’Espagne, d’ItaIie et, en général, de la côte Nord de la Médi-
terranée, est un hôte possible et probable de nos côtes. Il est en fait bien
peu des espèces de la grande Monographie d,ALDER et HANcocK, de
celle de lMEYER et Mômus, de celle de TR1Nc1-1EsE, qui n’aient été réel-
lement rencontrées chez nous. Et si elles manquent encore, on les y
trouvera ; ou bien, il s’agit d’animaux très rares, signalés une seule fois,
en général ; en ce cas, je les mentionne pour mémoire, sans m’y attarder.
Quelques espèces nommées par des auteurs étrangers étaient déjà
connues de l Méditerranée ; leur nomenclature est à modifier, les auteurs
étrangers n’ayant pas toujours donné aux travaux en langue française
toute l’attention qu’ils méritaient. Mais je me suis surtout attachée à
supprimer les doubles emplois, si fréquents, toutes les fois que mon maté-
riel, que j'ai étudié récemment dans deux articles sur les Nudibranches
méditerranéens, a été assez abondant pour permettre de reconnaître
des formes de transition, et en particulier celles entre jeunes et adultes,
pris pour des espèces dif`férentes.
Malgré ces suppressions, il nous reste une liste comportant plus de
deux cents espèces.
La croyance aux espèces linnéennes n’est plus un article de foi. Mais
nous avons besoin de compartimenter la nature, comme nous avons
besoin de tiroirs pour loger nos effets, de classeurs pour séparer nos
papiers, de rayons pour ranger nos livres.
Notre ignorance porte sur deux points principaux: l'anatomie d’un
bon nombre d’espèces est insuffisamment approfondie; et de grands
1

2 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
territoires, terrestres ou marins, n’ont pas encore été accessibles à nos
recherches, territoires dont la faune, une fois connue, nous fournira en
quantité des intermédiaires entre les « bonnes espèces » actuelles. Même
dans une station donnée, la rareté des individus n’a pas encore permis de
reconnaître leur degré de variabilité individuelle et les variations avec
l’âge de très nombreuses espèces.
Il est cependant sur les côtes d’Europe quelques genres d’()pisthobran-
ches qui, d’abord divisés en de nombreuses espèces, sont actuellement
inséparables spécifiquement; et cela est vrai surtout pour des genres
nageurs, pélagiques ou vivant sur des corps flottants.
La classification a subi de nombreux changements ; elle est différente
selon les auteurs, même contemporains. (Test pourquoi il est indispensable
de justifier les raisons qui font préférer celle que l’on adopte, dans la
mesure tout au moins ou elle diffère des classifications les plus récentes.
Il me semble tout d’abord que si les coupures concordent avec celles des
auteurs du siècle dernier, mieux vaut garder les anciennes appellations,
même si elles ont été fondées·sur d’autres organes que ceux qui nous
paraissent plus importants aujourd’hui. Si les Noiaspidae sont main-
tenant jugés aussi proches ou plus proches des Nudibranches que des
Céphalaspides, en quoi ce nom de Noiaspidae gêne-t—il cette conception ‘?
Et si»l’existence d’une branchie dorsale « adanale », c’est-a-dire, à mon
sens, d’une cténidie héritée des Prosobranches, ou son absence, sont plus
importants que la disposition plus ou moins compacte ou ramifiée du
foie, ne pouvons-nous, malgré cela, conserver les grandes divisions si
naturelles des Nudibranches en Holohepaiica et Cladohepaiica, noms
donnés par BERGH (l), qui n’envisageait que les formes de la glande
hépatique ? Parmi les Holohépatiques, il remarquait ensuite que certains
avaient les branchies et les rhinophores rétractiles dans des cavités où ces
organes pouvaient se cacher entièrement ; il les appelle Crypiobranchiaia,
et Phcmerobranchiaia ceux qui ne peuvent les retirer dans des cavités.
Mais chez ces derniers il en est peu qui n’ont pas la faculté de contracter
ces organes de manière à diminuer considérablement leur longueur et
leur volume,·et parfois à les dissimuler partiellement dans un repli circu—
laire du tégument (branchies des Sucioriael ; et de même leurs rhino—
phores entre la partie antérieure du manteau et un bouclier céphalique
(Armina) ; ou dans des gaines proéminentes (Trilonia, Scyllaeam). Il
importe de ne pas confondre rétractilité et contractilité : aucun Clado—
hépatique n’a des rhinophores vraiment rélraciiles.
Toujours pour des raisons analogues: changer le moins possible, et
seulement quand cela est vraiment utile, il me semble préférable de
garder aux sous-ordre, superfamilles... des noms indiquant leurs carac—
tères, et de ne pas leur donner des noms choisis arbitrairement parmi ceux
’ 1. Auxquelles j’aî ajouté celle de Heterohepatica, pour un groupe intermédiaire.

.xvAN·r-raoros 3
des familles: les noms adoptés pour les familles étant fréquemment
modifiés lorsque l’on met d’accord les noms de genres avec les lois de
nomenclature. Je m’en tiens de préférence à la division que j’avais déjà
proposée, des Cladohepalica en Cladohepalica s.s. et Heterohepalica. Ces
derniers comprennent les Arminacea et les Denlronolacea d’ODHNEn ;
les premiers se réduisant aux vrais Aeolidiens avec papilles fusiformes
rétrécies àla base, généralement caduques et pourvues presque toutes
de cnidosacs, les Heferohepaiica ayant en général des appendices rami-
fiés ou membraneux, non caducs. Il va sans dire que les coupures
ne sont pas toujours parfaitement nettes et simples, et que des genres
se trouvent sur la limite, comme F imbria, avec un foie compact envoyant
de petits rameaux et possédant à la fois des papilles caduques et des
appendices rameux, non caducs.
Quelques notions préalables pour servir à Vintelligence de ce travail,
et éviter des redites au cours de l’ouvrage.
Les dimensions indiquées pour les espèces, toutes les fois que celles-ci
sont connues, sont les dimensions maxima et non des moyennes, ni les
dimensions les plus courantes. Bien que l’on puisse objecter qu’il s’agit
parfois d’individus géants et exceptionnels, et que de tels individus ne
sont pas connus chez toutes les espèces ; que par conséquent les grandeurs
ne sont pas comparables, il m’a semblé que c’était le seul moyen de donner
la taille véritable de l’adulte ayant atteint toute sa croissance. Et cela en
évitant de longs commentaires. Gar, ne l’oublions pas, dans la nature
les embryons sont plus nombreux que les larves, les larves plus nom-
breuses que les jeunes, et ceux-ci plus nombreux que les adultes ; et
ci-la dans de très fortes proportions. C·'est pour des raisons techniques
de capture que nous ne connaissons de beaucoup d'espèces que des jeunes ;·
et comme la maturité sexuelle devance souvent la croissance totale
dans tout ce groupe des Opisthobrauches, elle ne peut servir de crité-
rium sûr. ·
De même lorsqu’il s’ag·it, par exemple, du nombre des dents dans une
rangée radulaire, c’est aussi le chiffre maximum connu qui sera porté
ici, et cela ne sera pas répété dans le cours de la rédaction. De même
pour toute notion de grandeur ou de nombre et même pour la pigmenta~
tion. Mais comme celle-ci varie avec l’âge, mais non pas toujours par ren-
forcement dela coloration, ces variations seront indiquées, autant que
faire se peut, à propos de chaque espèce ; elles sont loin d’être partout
connues, et ont donné lieu à la création de multiples espèces superflues ;
c’est ce que l’on cherche de plus en plus à démêler.

INTRODUCTION
ANCIENNETÉ DES OPISTHOBRANCHES
Même les Céphalaspides à coquille solide ne paraissent pas remonter
à une haute antiquité. Plusieurs sont signalés dans le Tertiaire de Sicile
et de Calabre, et il en est de ceux-ci qui persistent de nos jours. Il ne semble
pas avoir été trouvé de coquilles fossiles d’Aplysiadés ou de Philinidés ;
les soi—disant coquilles d’Aplysies figurées par PHILIPPI dans ses Mol-
lusques de Sicile n’en sont certainement pas, et paraissent être plutôt
des valves de Lamellibranches brisées.
Quant aux soi—disant « Ptéropodes » des terrains primaires, comme
Hy0liies,C'0nuliles,non seulement ee ne sont pas des Ptér0podes,comme l’a
bien montré PELsENEr;R, mais il n’est rien moins que certain qu’il s’agisse
même de coquilles de Mollusques ; THIELE a proposé pour eux le terme
peu compromettant de Palaeoiheca.
On a donc toutes raisons de croire que les Opisthobranches ont une
origine relativement récente, et dérivent de Prosobranches, comme leur
anatomie le fait penser d’autre part. Le fait qu’ils sont hermaphrodites,
fait qui était tenu pour primitif, a été expliqué par d’autres raisons et
n’est pas une preuve suffisante de leur antiquité.
CARACTÈRES DES OPISTHOBRANCHES
Les Gastéropodes étaient autrefois divisés en cinq groupes auxquels
on accordait a peu près des valeurs égales : Prosobranches, Opisthobran-
ches, Pulmonés, Hétéropodes et Ptéropodes. Ils sont réduits a trois main-
tenant; encore les Pulmonés sont-ils, à plusieurs points de vue, plus
proches des Opisthobranches que des Prosobranches, Les Hétéropodes
sont englobés dans les Prosobranches, tandis que le groupe des Ptéro-
podes, disloqué en Thécosomes et Gymnosomes, est rattaché aux Opis-
thobranches tectibranches.
Les caractères généraux qui distinguent cette sous—classe sont assez
nets si l’on considère les extrêmes, mais on sait que quelques familles
servent d’intermédiaires et conservent des affinités avec les Prosobranches,
et que la limite a été déplacée, étant jusqu’à un certain point arbitraire.
Acieon, Tornaiina ont des coquilles turbinées à plusieurs tours, une
branchie antérieure, un système nerveux tordu. Même les Opisthobranches
plus évolués sont loin d’avoir tous le cœur « opisthobranche ». c’est-à-

1N·rRo¤UcT1oN 5
dire la branchie en arrière du cœur et l’oreillette derrière le ventricule.
Plutôt que de caractères ayant une valeur absolue, il faut donc parler
de tendances caractérisant ce groupe : tendance à la diminution ou à la
perte de la coquille, dela cténidie (souvent remplacée ou secondée dans
sa fonction par des expansions tégumentaires adventives) et de l’osphra-
dium ; détorsion ; raccourcissement des connectifs nerveux et système
nerveux dit orthoneure ; parfois fusion des ganglions principaux en une
masse unique, dans laquelle des coupes histologiques décèlent seules
une origine multiple. Un signe distinctif, mais qui aussi chez les Cépha-
laspides montre un état transitoire, est le fait de la possession de gros
odontoblastes et la production d’un nombre relativement restreint de
rangées de dents. Le nombre des séries est extrêmement divers, allant
de une seule (Aeolidiens en partie ;Ascoglosses) à plusieurs centaines chez
certains Doridiens.
Coquille. —- La coquille, là où elle existe, est rarement turbinée ; etlà
où elle est spiralée, le nombre de tours est réduit: Acleon, Spiraiella,
Peraclis. Elle a fréquemment un dernier tour enveloppant, cachant la
spire, ou bien elle est ombiliquée. Souvent elle est plus ou moins recouverte
par le manteau et devient interne si le manteau se referme sur elle, laissant,
comme chez Philine, un petit orifice presque virtuel; ou bien elle dis-
paraît complètement: Nudibranches, Ascoglosses, Acochlidiens, Gym-
nosomes, et quelques Pleurobranches et Aplysiens. Elle est parfois
presque plane (Aglaja; quelques Pleurobranches et Aplysiadés).
Opercule. — Il y a un opercule chez les larves, partout où il y a une
larve véligère. Il est rarement conservé chez l’adulte ; Actéonidés, Spira-
tellidés, Peraclis, Creseis. Il est subcirculaire chez les premiers et chez
Peraclis, allongé chez Spiraiella et Creseis, avec un bord presque recti-
ligne, rappelant la forme de celui des Littorines, et partout spiralé, avec
spirale opposée à celle de la coquille. Chez Peraclis il est spécifié qu’il
y a un opercule, mais pas de « lobe médian postérieur » au pied, lobe que
j’appelle operculigère ; il semble y avoir là une contradiction qui demande
à être expliquée : j’admets provisoirement que ce lobe, qui existe tou-
jours chez le veliger, a régressé lors de la métamorphose en ne laissant
qu’une bande étroite à laquelle adhère l’opercule (?). D’une manière
générale la perte de l’opercule précède dans un groupe celle de la coquille_
Tête.- Elle porte des yeux, toujours rudimentaires, mais qui manquent
très rarement, bien qu’ils soient souvent sous—tégumentaires, et des
lamelles dites olfactives, souvent portées par des tentacules. Les tenta-
cules peuvent être de quatre sortes: pédieux, ce sont les angles anté-
rieurs étirés du pied; labiaux, ils sont immédiatement au-dessus de la
bouche et sont souvent fusionnés en un « voile buccal ». En arrière de
ceux-ci, sur la nuque, les rhinophores, importants chez presque tous les

6 MOLLUsQUEs oPIsTHOBRANcHEs
Nudibranches et Ascoglosses. En arrière de ceux-ci, les yeux, et derrière
eux les lobes postérieurs du bouclier céphalique, qui peuvent se trans-
former en tentacules enroulés (Aplysia). Ces quatre sortes d’expansions
se trouvent chez Hydaiina amplusirum ; mais, en général, iln’y en a que
trois, deux, une (ou parfois aucune) chez un même animal.
Il y a une grande variété de glandes tègumentaires, qu’il n’est pas
possible d’énumérer ici. Certaines sont en communication à la fois avec
le foie et avec le dehors. Chez les Aeolidiens, elles constituent les « cni-
dosacs ». Ceux-ci paraissent être une modification de glandes qui chez
les Arminidae produisent des filaments « urticants » (?) et chez Mïadrella
un liquide de nature excrémenticielle (7) coloré. Même chez certains Dori-
diens (Glossodoris), on trouve des glandes sphériques sous le bord palléal,
mais sans communication avec le foie.
Pied. —— Il est généralement très grand et reptateur. Le lobe opercu-
ligère tend à disparaître, tandis que les épipodies deviennent « parapodies »
en s’annexant peut-être des territoires pleuraux, ou bien deviennent
franchement natatoires chez les Tectibranches pélagiques. Il faut men-
tionner une glande de la sole pédieuse, par exemple chez Fimbria et une
partie des Pleurobranchus. La partie antérieure est fréquemment bilahiée
ou «sillonnée » et sa lèvre supérieure parfois divisée longitudinalement
en deux Iobes, ou « fendue » (1).
Organes des sens. —-— Le premier organe des sens est celui de l’équilibre,
improprement appelé ouïe ; chez la larve véligère, les otocystes ou stato-
cystes sont très développées relativement, et de très bonne heure ;dans
certains groupes avec une seule otolithe, dans d’autres avec cent et
plus « otoconies » ; elles ne sont vraisemblablement utiles à l’animal que
tant qu’il nage. Mais ceci n’est pas spécial aux Opisthobranches.
On voit ensuite apparaître les yeux ; ils manquent rarement, ou peut-
être jamais, mais ils sont toujours rudimentaires, souvent éloignés du
tégument, et dans la plupart des cas ne paraissent capables que de dis-
tinguer la lumière et l’ombre, et non de former des images ; chez aucun
d’eux ils ne sont portés au sommet de tentacules, comme chez d’autres
Gastéropodes, Prosobranches ou Pulmonés.
Ce que nous appelons olfaction, un sens chimique que nous ne pouvons
comparer qu’au goût et à l’odorat, est certainement bien développé;
son siège est dans des lamelles situées entre bouclier céphalique et pied
chez les Céphalaspides fouisseurs ; sur des tentacules, ou à leur intérieur,
là où ils sont en forme de lame enroulée (auriculiformes). Mais elles ne
sont pas toujours céphaliques ; elles se répartissent parfois le long d’une
« ligne latérale », organe de Hancock, entre le pied et le dos, et se frag-
1. Ce sont les deux termes que j’emploie, sans commentaires, dans les diagnoses des
Doridiens.

n~m>.ooue1·1oN 7
mentent en laissant subsister celles qui sont près de la bouche, et souvent
(chez la plupart des Tectibranches) celles qui se trouvent près de· l’anus
et qu’on appelle osphradium. Et chacune de ces plages a son ·ganglion,
relié au cerveau, mais non incorporé à lui. ‘
Le toucher est certainement très développé dans tout le tégument.
mais exercé plus spécialement par les palpes· ou tentacules buccaux,
situés immédiatement au-dessus de la bouche, là où il y en a, ou~le voile
buccal. ·
Les tentacules sont au maximum au nombre de quatre paires.
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Fm, 1. — Système nerveux d’Opisthob1·anches. — A, Cymbulùz; B, Club.
C’est à la dernière paire, située derrière les yeux, que j’ai assimilé cc
qu’on appelle les « rhinophores » chez les Aplysies ; car chez une partie
des Aplysiadés trois paires existent, et c’est la seconde paire, devant les
yeux, qui est vraiment homologue aux rhinophores des autres Opistho-
branches.
Ces quatre formations tentaculaires ne coexistent pas, mais se rempla-
cent en partie les unes les autres. Les angles pédieux sont surtout déve-
loppés chez certains Aeolidiens. Chez de nombreux Nudibranches,les rhino-
phores sont lamelleux et rétractiles dans des gaines saillantes ou dans des
cavités du manteau. Parfois les gaines sont identiques aux appendices
latéro-dorsaux du manteau qui leur font suite.
Système nerveux. — ll a tendance, chez les Opisthobranches, à se con-
centrer par raccourcissement des connectifs, qui ne sont plus croisés que
chez les plus primitifs; par fusion des ganglions, raccourcissement des
commissures, qui deviennent virtuelles chez de nombreux Nudibranches ;
par le déplacement des principaux ganglions derrière et non plus en avant

8 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
ou à côté du bulbe buccal. Mais cette tendance se fait jour parallèlement
chez divers groupes, et non pas d’une façon progressive pouvant indiquer
un fait historiquement graduel et évolutif : ainsi, chez Acfeon les ganglions
sont situés devant le bulbe, et la commissure est encore fortement croisée ;
et nous avons chez les Céphalaspides des familles avec collier nerveux en
avant, et des familles avec collier en arrière du bulbe (1) ; il en est de
même chez les Pleurobranchidés. Tous les Ascoglosses et tous les Nudi-
branches l’ont postérieur au bulbe, sauf une exception : celle de Dendro—
doris (2).
Les Opisthobranches montrent, comme les Pulmonés, des cellules
nerveuses de taille très variée, mais dont un bon nombre sont énormes.
Chez les Pleurobranchidae ou Nofaspidea, une transformation paral-
lèle se produit: le collier est très large chez les Plezzrobranchaeirzae,
en arrière et bien concentré chez les Berthella et Pleurobranchus. Les
Anaspidca sont assez nettement séparables en deux groupes selon la
longueur des connectifs (bien qu’il y ait des cas intermédiaires). Les
Ascoglosses ont le collier étroit, mais avec 6 ou 7 ganglions distincts. Chez
les Aeolidiens, il n’y en a plus que 4 et Fimbria ne montre qu’une seule
masse ganglionnaire, qui est dorsale. Chez les Doridiens en général, les
ganglions sont contigus ou fusionnés.
Cœlome. —— On m’excusera de revenir sur une notion d’anatomie
comparée élémentaire, qui est présente à l’esprit des malacologistes, et
qui ne concerne pas spécialement les Opisthobranches. On sait, en effet,
qu’il n’y a d'autres formations cœlomiques chez les Gastéropodes que le
péricarde, le rein et les organes génitaux, et que le rein et le péricarde
communiquent ensemble par un conduit reno-péricardique. Cet organe
est un tube, bien visible par transparence chez Phylliroë par ex. Il est
renforcé chez les Doridiens, les Dendrodoridiens, etc., par une sorte de
manchon musculaire qui lui a fait donner parfois le nom de « cœur péri-
cardique ». Ailleurs, chez Elysia, il y a plusieurs orifices de commu-
nication.
Mais il m’est arrivé de trouver dans l’explication des figures (il s’agit
d’un travail anglais récent sur les Phylliroïdés) le terme de coelome employé
comme désignant un espace qui fait très certainement partie de la cavité
de segmentation et non pas du tout du coelome. Il s’agit là d'un lapsus
regrettable. Cette cavité de segmentation fournit chez les Opisthobranches
la plus grande partie du système sanguin 2 la partie lacunaire ou sinus,
tandis que du cœur part une artère qui se divise en deux: une artère
céphalique et une artère viscérale ; il n’y a pas de veines. Le prétendu
« cœlome » est, dans le cas cité, un sinus.
Mentionnons seulement pour mémoire une erreur abandonnée depuis
1. En arrière, chez Haminaea, Athys par ex.
2. Selon les dernières interprétations.

INTRODUCTION 9
longtemps et qui n’a plus d’adeptes. C’est la notion introduite par QUATRE-
FAGES sous le nom de « phlébentérisme ». Cet auteur, en examinant un
Aeolidien vivant, aplati dans un compresseur, avait cru voir le système
digestif et le système sanguin communiquant entre eux et ne formant
en réalité qu’un seul système ; combattue aussitôt par ALDER et HANCOCK
et par d’autres, cette erreur fit peu d’adeptes et n’en a plus aucun.
Quant à l’appareil qui permet à la plupart des Aeolidiens de trier et
d’emmagasiner les cnidoblastes des Hydraires dont ils se nourrissent,
comme il est spécial à ce groupe restreint, il en sera question dans la
partie qui les concerne. (Voir aussi le chapitre : Biologie.)
Glando sanguine. — Elle n’est pas toujours mentionnée, mais si elle
n’existe pas chez tous les Opisthobranches, elle doit être remplacée
fonctionnellement par un organe analogue, qui peut être la glande péri-
cardique. La glande sanguine est simple chez les Pleurobranchidae,
double chez les Dorididae. Elle est simple encore chez les Poroslomala.
Les observations enregistrées ne permettent pas d’ailleurs de dire si
ces faits sont de valeur générale. Ces glandes ont habituellement une forme
irrégulière, aplatie, lobée et granuleuse, et sont situées à diverses hauteurs,
dorsalement à l’aorte céphalique. Des injections de carmin, d’encre de
Chine ou d’encre de poulpe sont rapidement captées par cette glande qui
se colore électivement. Les essais ont été faits par moi sur Archidoris
luberculala et sur Pleurobranchaea meclceli.
Glande prébranchiale. — C’est un petit sac allongé qui s’ouvre par une
boutonnière devant le début de la branchie chez divers Pleurobranchidae,
et dont les homologies sont inconnues. Bien qu’un orifice interne soit
indécelable macroscopiquement par simple dissection, il est certain,
comme LACAZE·DUTHlERS l’avait montré, et comme je l’ai vérifié avec
soin, qu’une injection colorée, envoyée très doucement par son ouverture,
se répand dans le système sanguin avec lequel ce sac communique sans
aucune déchirure artificielle.
Glande hypobranchiale des Aplysies. — Les Aplysiens sont parmi les
rares,sinon les seuls Opisthobranches qui produisent une substance colorée,
peut-être assimilable à la pourpre des Prosobranches: Purpura, etc.
L’animal, inquiété, émet une liqueur blanche qui devient violette, soit
par l’efl`et de l'eau de mer, soit par le mélange d’une autre sécrétion qui
suit celle-là ; ce sont des produits d’une glande palléale et peut-être
d’une glande hypobranchiale. Cette liqueur a donné lieu aux légendes
qui rendaient autrefois l’Aplysie suspecte de production de venin.
Glandes pédieuses. —— Variables comme place et fonction, elles doivent
être considérées dans chaque groupe. Il n’y a pas de glande pédieuse pour
former des coques ovigères.

10 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Organes génitaux. — lls sont uniformes jusqu’à un certain point,
étant toujours (1) hermaphrodites, avec les parties mâle et femelle de la
glande unies de differentes façons, mais ne formant pas des ovaires et
des testicules séparés. La maturité est tantôt successive, et alors prote-
randrique, tantôt simultanée ; le conduit qui part de la glande est (fina-
lement) unique et il y a presque toujours une ampoule sur son parcours.
Au delà, le conduit se divise. Chez les Tectibranches, il n’y a qu’un orifice
pour tous les produits, et il en part une gouttière ciliée, qui conduit les
spermatozoïdes au pénis, généralement imperforé. Les glandes annexes
de la partie femelle sont la glande du mucus ou glande nidamentaire
et la glande de l’albumine ; il n’y a pas de glande dite « coquillère » (2),
car aucun des Opisthobranches, à ce que l’on connaît, n’enferme ses
œufs dans une coque ovigère solide. Les pontes sont des rubans spirales
ou des torsades, parfois de petites masses réniformes. Il y a presque toujours
une et le plus souvent deux vesicules appelées spermatothèque et sperma-
tocyste (3), dont les connections peuvent varier, et souvent une glande
vestibulaire. Enfin, chez beaucoup de Nudibranches et d’Ascogl0sses,
le systéme est dit triaule, parce que les orifices, qui sont le plus souvent
très proches les uns des autres, sont au nombre de trois : l’un où débouche
le canal déférent ; le second, qui est celui de l’oviducte avec ses glandes
annexes, et le troisième, qui est le vagin, avec lequel communiquent la
ou les vesicules spermatiques.
Chez les Tectibranches, le système est plus simple. La gouttière ciliée
aboutit au pénis, situé très antérieurement, à droite à la hauteur du
rhinophore, ou même plus en avant de ce qu’on appelle ordinairement
ainsi, et se continue sur l’organe même par un sillon plus ou moins
spirale, aboutissant prés de son sommet ; il y a peut-être toujours
une glande débouchant dans la gaine du pénis ; parfois, en outre, un
organe de fixation termine par une ventouse dont j’ai cherché à déter-
miner les homologies (4). Mais entre le canal déférent des Nudibran-
ches, Ascoglosses et Pleurobranches et le conduit cilié externe avec
penis imperforé de la plupart des Tectibranches, il peut y avoir un ou
plusieurs intermédiaires ; c’est ainsi que j’ai montré chez Philine que les
spermatozoïdes sont conduits dans la gaine du penis, pénètrent par un
petit orifice dans une poche et passent de là dans l’intérieur de l’organe
copulateur par un conduit fermé dans lequel aboutit une volumineuse
glande « prostatique » ; et jusqu’à la base du pénis, le conduit est divisé
en deux par une cloison longitudinale. Il se pourrait qu’un arrangement
1. Sauf deux exceptions un pen douteuses.
2. Ce terme est mal choisi, parce qu’îl prête à. confusion avec la glande qui produit la
cogiuiiîfe vésicule chez les Tectibranches et les Cladohépatiques ; deux chez les Doridiens
et les Porosiomata.
4. L’0rgane copulateur de la Philiwe et du N otarchus. Voir aussi TSCHANG—SI, thèse,
1934.

INTRo¤ucT1oN ll
analogue se trouvât chez certains Thécosomes ; les descriptions sont peu
claires en ce qui les concerne : ils ont certainement une gouttière ciliée
externe ; mais on spécifie parfois que le pénis est perforé ; l'étude de ces
parties, chez eux, est extrêmement malaisée, non seulement à cause de
leur petitesse, mais à cause de leur protérandrie très marquée : plusieurs
parties des organes génitaux, le pénis, une vésicule spermatique, n’ont
qu’une existence temporaire ; aussi sont-ils imparfaitement connus.
Ici Acleon ne montre pas la disposition la plus primitive, en ce sens que
le canal déférent est fermé, et non pas en gouttière externe, ouverte.
Chez les Bullidés; les Thécosomes, les Aplysiens et les Gymnosomes,
c’est une gouttière ouverte. Elle est fermée chez les Pleurobranchidae,
les Ascoglosses et tous les Nudibranches.
On trouve encore un pénis non rétractile chez Acleon et Umbraculum.
LES NÉMATOCYSTES DES AEOLIDIENS
Bien que l’origine cœlentérique des nématocystes trouvés dans les
cnidosacs des Aeolidiens ne soit plus contestée, les débats auxquels leur
découverte a donné lieu ne peuvent être passés sous silence ; cela d’autant
plus que A. LABBÉ 1923, et son élève Ch. Rousseau 1927, ont remis encore
assez récemment le fait en question. Il suffit de le résumer brièvement.
Communiquant avec un lobe du foie par un tube, avec l’extérieur par un
petit orifice à l’autre extrémité, un petit sac ovale contient, au sommet des
papilles, soit dans sa lumière, soit dans de grosses cellules de sa paroi,
des nématocystes en tous points semblables à ceux des Gœlentérés dont
l’anima1 se nourrit ; et même, ainsi qu’on l’a vérifié, identiques à ceux de
l’espèce ou des espèces sur lesquelles il a été trouvé; ces nématocystes
sont à tous les degrés de développement, ce qui a fait croire qu’ils étaient
formés dans ces grosses cellules de la paroi. On en est venu tout au con-
traire à regarder ces cellules comme des phagocytes chargés d’évacuer ces
déchets encombrants.
Si divers Aeolidiens (1), et rl’autres Mollusques se nourrissant de Cœlen-
térés, ne possèdent pas ces organes spécialisés à cet effet, parcontre l’inverse
n’est jamais constaté: on ne trouve pas de cnidosacs chez ceux qui se
nourrissent exclusivement d’autres proies. ,
L’immunité des « Cnidocleptes » a pu paraître étonnante ; selon
L. CUÉNOT, qui a étudié longuement ces questions, la facon dont le Mol-
lusque applique sur la proie son muffle buccal sans laisser aucun accès à
l’eau de mer pourrait expliquer que les petites vésicules n’èclatent pas (2) ;
il n’a d’ailleurs pas été recherche si quelque sécrétion des glandes sali-
vaires ne pouvait avoir sur elles un effet « sédatif » ou neutralisant.
Reste enfin la question de leur utilité. Les nématocystes sont regardés
1, A propos de divers genres, cette question est examinée de plus près.
2. Mais cette explication est contestée.

12 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
comme des « organes » de défense ; il se peut qu’ils le soient parfois, en
rendant peu comestibles les papilles qui seraient facilement broutées
par de petits ennemis; des essais ont été faits avec des Poissons qui,
dit-on, après avoir happé des Aeolidiens qu’on leur jetait, les ont crachés
avec dégoût; garderont-ils le souvenir de cette expérience, et recon-
naîtront-ils dans d’autres Aeolidiens (que d’ailleurs ils n'ont pas souvent
l’0ccasion de voir flotter devant leur muffle) une proie piquante et de
mauvais goût ? Peut—être... ‘?
RÉGRESSION DES ORGANES IMPORTANTS
A part la cavité palléale, la coquille, la cténidie, l’opercule qui subissent
une diminution qui va jusqu’à la perte totale à mesure que l’on s’éloigne
des Prosobranches, sans que ces régressions indiquent une lignée unique,
signalons la disparition des plaques gésiales, fréquentes chez les Cépha-
laspides ; et surtout celle de la radula, qui survient dans plusieurs familles
de façon tout à fait indépendante :
Tectibranches : Chez Aglaja, un Céphalaspide ; Gleba, un Thécosome :
Laginiopsis, un Gymnosome ;
Nudibranches: Chez Fimbria, Zllelibe; Dendrodoris et Phyllidia, les
Porosiamala, sans compter sa transformation régressive chez Calma.
La disparition des dents s’accompagne d’une modification du bulbe
buccal sur des modes assez divers. Il peut rester très musculeux et servir
à projeter en dehors sous forme de trompe la partie qui lui fait suite,
souple et extensible, qui englobe les proies; ou bien dès l’entrée de la
bouche on ne trouve plus qu’une énorme poche peu ou pas musculeuse ;
chez Fimbria et Melibe, une vaste expansion ou voile peut être projetée
sur la proie à la façon d’un « épervier », En fait, ce sont des animaux
dépourvus de dents, qui capturent et avalent les proies les plus volumi-
neuses et souvent les plus mobiles, non seulement des Mollusques et des
Annélides, mais des Géphyriens, des Crustacés, et parfois de petits Pois-
sons (1}. Cependant les Porosiomaia, dont la nourriture est inconnue, ne
semblent pas faits pour capturer de grosses proies, bien au contraire.
TORSION ET DÉTORSION; SYMÉTRIE
Des volumes ont été écrits sur ce sujet ; il n’est pas possible de reprendre
ici une controverse qui, à la fin du siècle dernier, a parfois tourné à la
polémique. Je m’en tiendrai à considérer les Opisthobranches comme des
Gastéropodes ayant subi la flexion ventrale. ramenant l’anus au voisinage
de la bouche, et une torsion incomplète (2), amenant le complexe anal
1. Ne pas confondre avec « l’a·rête de poisson n signalée par un auteur dans le tube
digestif et qui était la radula !
2. Deux mouvements qui se combinent, mais qu’i1 importe de ne pas confondre.

INTRODUCTION 13
de la face ventrale au côté droit (torsion minima), ou sur la nuque, en
position médiane, ou même un peu à gauche, plus rarement ; l’anus est
souvent reporté ultérieurement plus en arrière, l’intestin faisant alors
une anse par dessus le foie, et la cténidie l’accompagne en acquérant une
symétrie secondaire (Doridiens), ou disparaît ; tandis que les orifices
génitaux sont toujours et partout à droite (1).
BIOLOGIE DES OPISTHOBRANCHES
Habitat. —— Il en est à tous les étages ou profondeurs, au fond, à la
surface, parmi les algues côtières, dans la vase, sur les corps flottants
et dans les abîmes, Presque tous ont un stade veliger libre et nageant;
deux exceptions sont signalées, qui accomplissent leur développement
dans l’œuf, sans métamorphose : ce sont Runcina, un Tectibranche,
et Vayssierea, un Nudibranche. Les Gymnosomes flottent toute leur vie,
mais subissent une métamorphose sans tomber au fond et sans acquérir
un pied reptateur. Ils perdent coquille, opercule, et généralement leurs
cercles ciliaires larvaires ou une partie d’entre eux. Les Thécosomes,
vn partie, gardent leur coquille, mais le plus souvent la modifient si
complètement que c’est presque une coquille secondaire avec une nouvelle
symétrie ;et parfois leur opercule. La protoconque est rarement conservée.
Elle est souvent hétérostrophe.
A part ces deux groupes,il n’y a plus de vraiment pélagiques que le Glou-
cus etles Phylliroidae, ces derniers à pied très réduit et non natatoire, qui
se meuvent par des ondulations du corps entier ;ce sont des Nudibranches
et comme tels ils se nourrissent,comme les Aeolidiens, d’Hydraires. Une
glande pédieuse, seul reste du pied, leur sert à s’attacher à ces Hydraires
flottants quel’on a pris longtemps pour des méduses parasites (Mneslra
parasilica), mais d’autres, semi-pélagiques, vivent sur des corps flottants.
Nourriture. —- Tous les Aeolidiens se nourrissent d’Hydraires, sauf
deux exceptions connues : Calma glaucoides, qui mange des œufs de
Poisson; et Fiona pinnala, qui vit attachée à des corps flottants. Elle
fait sa nourriture habituelle de Vélelles et de Porpites, mais elle varie son
menu en consommant des Anatifes (2).
Les Doridiens s.s. mangent des Éponges; les Goniodoris et Okenia:
des Tuniciers ; les Leptoglosses (Lamellidoris, et probablement Acan·
1. A part quelques Bgures, inversées par le graveur et qui représentent les orifices
do quelques espèces du côté gauche (Il y en a plusieurs dans les belles planches d’ALDER
et HANc0cK). Il reste à expliquer le cas de Actaeonia. seneatm, qui, selon Quyraaraons,
serait une espèce senestre. Mais cet auteur n’en est pas à une erreur près en ce qui concerne
les Nudibranches (Phlébeutérisme 1) et a. été probablement induit en erreur par son
grëîeëéls Zéphyrinidac, généralement classés dans les Aeolididae, se nourrissent de
Bryozoaires ; quant A Fimbnîa qui jette sur ses proies son grand voile frontal, il lui arrive
de capturer, outre Vers et Mollusques, des animaux aussi mobiles que les Crustacés.

14 MoLLUsouEs oP1s'ruoBRANcnEs
Zhodaris), des Bryozoaires. Arminidae et Triloniadae mangent des
illoyonaires.
La nourriture des Polyceradae n’est pas connue, je pense. Reste le
groupe des Porosiomala, dépourvu de radula, et qui paraît en être réduit
a ingurgiter de la vase ou des liquides et à digérer les matières organiques
qu’ils peuvent renfermer : les renseignements manquent.
Les Gymnosomes sont de véritables bêtes de proie qui s’attaquent aux
nourritures vivantes les plus diverses, tandis que les Thécosomes, qui
n’ont ni ventouses, ni dents pouvant être projetées au dehors, se nour-
rissent de très petits êtres amenés à leur bouche par des cils vibratiles :
du phytoplancton.
Le mode de nutrition est extrêmement important, puisque non seule-
ment les parties buccales, largement utilisées dans la classification,
mais le tractus digestif et ses glandes correspondent acette nutrition;
j’aurai à revenir sur ce point.
En ce qui concerne les Ascoglosses, nous trouvons par contre une
grande uniformité 2 la dent offre un tranchant lisse ou serrulé faisant
office de couteau ou de scie (en l’absence de toute mâchoire). Par
frottement elle entame les algues, et le suc en est ensuite aspiré par
succion, grâce à l’action des muscles semi-circulaires de la partie supé-
rieure du bulbe buccal. Ils sont tous végétariens ; et il résulte de ce fait
qu’ils ne se rencontrent pas plus bas que la zone des algues, où pénètrent
les rayons lumineux. Plusieurs sont tout à fait côtiers et l’un d’eux même
est trouvé dans des eaux très dessalées, saumâtres : Alderia modesia.
Aussi variée que la nourriture des Nudibranches est celle des Tecti-
branches. Il semble que les Pleurobranches, si proches des Doridiens
par plus d’un point, se nourrissent comme eux d’Ép0nges ; ce qui ne les
empêche pas à l’occasion d’avaler d’autres Mollusques, et même des
individus de leur propre espèce, ainsi que je l’ai vu faire à un Pleure-
branchaea. Les Bullidae sont en généralrcarnivores. Les Philines mangent
des Vers, de petits Mollusques ; Scapharzder paraît préférer certains
Géphyriens, mais avale aussi des Mollusques (Dentales) et des Vers. Les
Anaspides, par contre, sont végétariens : côtiers, ou parfois vivant atta-
chés à des corps flottants ; et quelques Bullidés se rapprochent d’eux
par le mode de nourriture, et aussi par leur type de radula : Aiys,
Haminaean. A noter que ceux-ci ont comme eux le collier nerveux situé
derrière le bulbe buccal, contrairement aux autres Bullidés.
Odeurs, toxicité, bruits. -— Comme nous venons de le voir, on a pré-
tendu que certains Opisthobranches (Aplysia) étaient toxiques, et en
particulier produisaient un effet « dépilatoire » ; pure légende ; on a
dit aussi que certains répandaient une odeur sui gcncris (1), ou aussi
1. Conûrmé par RISREC, 1953. Odeur nauséabonde, selon les uns; mais probable-
ment post mortem I Cependant il est à. noter que même les populations sauvages vivant

1NTRo¤ucT1oN 15
une odeur de Geranium robertianum ; c’est possible ; je ne garantis rien
(Dendronolus). Enfin des auteurs prétendent avoir entendu un bruit sous
l’eau ; cela se peut, mais la chose demanderait vérification, cr les objets
attaqués par la radula, là toutefois où elle sert vraiment de râpe, ne sont
guère assez durs pour occasionner beaucoup de bruit. Un vieil auteur,
Tnnzsius, déclarait que certainement aucun animal n’avait jamais pu
se nourrir de la « Bulle de Mer » (Physolie) ii cause de ses nématocystes,
et que si des Poissons étaient vénéneux en certaines saisons, c’est qu’ils
devaient se nourrir de Mollusques opisthobranches; accusation basée
sur un faux raisonnement, puisque une bonne partie des Opisthobranches
se nourrit d’Hydraires. Et pour finir encore cette remarque: ELIOT a
dit que les papilles et appendices étaient « sensibles à la lumière ai, puis-
qu'ils sc contractent quand on intercepte la lumière en passant la main
au·dessus de ces Mollusques. Il se peut fort bien que tout le tégument
soit plus ou moins sensible à la lumière, chez ces animaux dont les yeux
sont rudimentaires ; mais il est absurde d’admettre a priori que l’organe
qui réagit est forcément celui qui perçoit.
Luminosité. -— Deux genres sont réputés pouvant produire de la
lumière : ce sont Phylliroé (et peut-être le genre voisin Cephalopyge)
et Plocamophcrus. '
(lhez le premier, ce seraient des glandes cutanées ; chez le second Rismzc
a observé la luminosité de certains appendices dorsaux en forme de bou-
tons, probablement parasités ; il n’est d’ailleurs pas exclu que chez
Phylliroë aussi la lumière soit produite par des Bactéries. GRUBE a vu
luire « Telhys »: soit Fimbria fimbria. (les quelques noms n'épuisent
probablement pas la liste.
Locomotion. -— Les moyens de locomotion des Opisthobranches sont
des plus variés. Déjà dans l’œuf, les embryons tournoient grâce à leurs
cils vibratiles, et ceux du voile servent encore au déplacement du « veliger »
après l’éclosion ; mais ceci n’est pas spécial à ce groupe ; la reptation au
moyen de cils de la face pédieuse, en particulier à la surface de l’eau, grâce
à un film de mucus sécrété par les glandes pédieuses,ne lui est pas non plus
exclusive; mais cette habitude est plus fréquente ici, surtout parmi les
Nudibranches qu’aucune coquille n’alourdit plus. Les cils forment chez
les Gymnosomes des cercles qui persistent en partie chez certaines espèces,
même chez l'adulte ; ce qui les a fait comparer à tort, comme nous le dirons,
ù des larves trochophores.
La natation n’est pas rare, même chez des espèces grosses et lourdes
et possédant encore une coquille, comme l’Aplysie ; la natation de l'Aply—
sic a été filmée (1) telle se produit au moyen de mouvements ondulatoires
près de la mer ne consomment que tout à fait exceptionnellement quelques genres
d'()pisth0bra.nches.
1. Par Jean PAINLEVÉ. ct plus récemment par G. A. PRU'V0'1‘·

16 MOLLUsQUEs 0P1s'r.HoBRANcHEs
des parapodies, agissant de concert à droite et à gauche. Chez Gasle-
ropteron également, les parapodies battent simultanément ; elles pro-
duisent un curieux mouvement de bascule, par le fait qu’elles se touchent
par leurs bords alternativement dorsalement et ventralement, ce qui
amène une culbute du corps et une manière de volètement presque sur
place; en somme,tous ces Mollusques seraient en peine de gagner un
concours de vitesse, et cela d’autant qu’ils donnent l’impression de
chercher plutôt ai esquiver quelque danger ou désagrément ou de chercher
un nouveau point d’appui, sans même s’en tenir à une direction donnée.
Il n’est pas exclu toutefois qu’en temps d’appariage ces mouvements
ne facilitent les rencontres des individus.
Toute autre est la marche sur le fond, telle qu’on l’observe chez de
petits Aeolidiens et Ascoglosses, qui glissent en direction de la source
de lumière avec une rapidité bien gênante pour l’observateur qui les
dessine l Il s’agit là de reptation par ondes musculaires de la sole pédieuse
selon toute vraisemblance, produisant des vagues comme cela a été
étudié chez Heliœ, Pleurobranchus, Byihinia et d’autres Gastéropodes.
PARKER a montré que chez l’Aplysie les points d’appui sur le fond étaient
situés alternativement, pendant une onde, au milieu du pied et à ses deux
extrémités. Un cas tout différent est présenté par le Nudibranche Fimbria
fîmbria get ce cas ne me semble pas avoir été décrit. Ici le pied, bien que
très grand, est peu musculeux. Je n’ai jamais vu ramper cette espèce ;
elle avance à la façon des Ghenilles arpenteuses : Prenant appui sur son
voile appliqué au substratum, elle soulève son pied tout d’un bloc et
le ramène en avant plus près du voile, qui se soulève à son tour pour s’atta-
cher plus loin. Mais ce n’est pas là le seul moyen de locomotion de cette
étrange espèce ; elle en a un autre, en commun d’ailleurs avec Scyllaea
pelagica, et vraisemblablement avec Melibe. Pour nager, ce n’est pas le
corps seulement qui se contorsionne, mais plus spécialement les gaines
des rhinophores ; ces gaines sont larges et aplaties, et agissent comme des
pagaies.
Quelques Nudibranches comme Lomanoius sont pourvus de membranes
latérales qui aident à la progression, mais d’une façon désordonnée, peu
efficace; et toujours l’effort est de courte durée. D’autres ont pour le
même emploi une crête caudale (Scyllaea, Plocamopherus). Les Pleuro-
branches nagent de même, en particulier Oscanius.
Il reste à mentionner enfin deux groupes pélagiques, avec des moyens
de déplacement très différents zles Phylliroîdiens, dépourvus d’appendices,
qui ne peuvent qu’onduler à la façon des Anguilles, et les Gymnosomes
et Thécosomes, dont les parapodies sont de vrais organes de natation:
ceci est trop bien connu pour qu’il soit utile d’y insister ; cependant j’ai
déjà fait la remarque que chez eux (1) le battement de ces parapodies
1. Du moins chez les Gymnosomes.

1NTRonucT1oN 17
semble être non plus simultané et symétrique comme chez l’Aplysie,
mais alternatif, comme le battement de la pagaie ; cela paraît ressortir
des attitudes observées chez les animaux fixés, et aussi de la disposition
des muscles, mais demanderait à être confirmé par l’observation directe
de l’animal vivant.
N’oublions pas non plus un dernier moyen : le recul brusque par expul-
sion de l’eau contenue dans le sac péribranchial formé par les parapodies
soudées, chez les Nolarchus ; c’est le même moyen qu’emploient les Cépha—
lopodes quand ils fuient à reculons.
Déplacements; essaimage. ——— Bien que doués d’organes de natation,
les Tectibranches pélagiques semblent être entraînés surtout par les
courants maritimes. Leurs déplacements verticaux commencent à être
connus. ll semble bien que les Thécosomes soient des animaux nocturnes
qui montent vers la surface au crépuscule et commencent à descendre
déjà vers le milieu de la nuit, tandis que les Gymnosomes se rencontrent,
du moins certains d’entre eux, près de la surface dans la journée; mais
il en est que l’on n’a jamais capturés qu’à quelques centaines de mètres
(au moins) de profondeur, ainsi Schizobrachium, des Spongiobranchaea,
des Thliplodon, Laginiopsis. Les individus pris jusqu’ici ne sont jamais
très abondants et ne permettent guère d’établir des statistiques.
Certains Tectibranches et Nudibranches vivent volontiers attachés
à des algues flottantes (ou à des corps flottants: Fiona), et ont ainsi
gagné de vastes aires de dispersion; des Aplysiens; Scyllaea pelagica;
d’autres se sont dispersés, surtout autrefois, transportés eux ou leurs
pontes parmi les algues attachées aux carènes des voiliers ; on explique
ainsi quelques anomalies apparentes et quelques aires circumterrestres.
Peu nombreux sont ceux qui peuvent nager longtemps ou flotter au gré
des vagues: Glaucus; peut-être Heœabranchus ? Et puis il y a le mou-
vement des veligers ; mais il ne semble pas pouvoir amener un déplace-
ment rapide des populations, plutôt une migration très lente le long des
côtes.
Ceci, bien entendu, ne vaut pas pour les genres pélagiques, comme d’une
part ceux de la famille des Phylliroïdés et les deux ordres : Thecosomala
et Gymnosomala. Pour ceux-ci, l’aire de dispersion est considérable,
presque illimitée. Le seul obstacle paraît être la température ou peut-être
la salure des mers. Pour les Gymnosomes, les données sont fragmentaires,
parce que certaines espèces sont très rares, et qu’aucune (1) n’est capturée
en assez grande abondance pour permettre des statistiques. ll n’en est
pas de même des Thécosomes, qui fourmillent littéralement parfois
dans les pêches, et qui comptent des espèces arctiques ou antarctiques
et des espèces de mers chaudes, pénétrant plus ou moins avant sous les
hautes latitudes; la question de profondeur aussi entre en jeu; mais
1. Sauf Clione limacina. U

18 MOLLUSQUES oP1sTHoBR.xNcHEs
je dois me dispenser de la traiter même succinctement, puisque j’ai dû
me borner, dans un volume de la Faune de France, aux Mollusques
côtiers et à ceux de surface péchés non loin des côtes.
Accouplement. -— Les divers modes d’accouplement des ©pistho·
branches sont connus depuis longtemps : réciproque chez les Aeolidiens,
où le canal déférent est interne et clos, et chez tous les Nudibranches
probablement, avec position tête—bêche, les deux côtés droits en contact ;
en chaîne chez les Tectibranches à canal déférent ouvert sous forme
de sillon cilié, chaque individu, sauf ceux des extrémités de la chaîne,
fonctionnant à la fois comme mâle et comme femelle, mais non pas avec
le même conjoint. Seul l’accouplement des Thécosomes et des Gymnosomes
reste encore un peu énigmatique. Il est en effet difficile à surprendre
chez ces animaux pélagiques,trop petits pour pouvoir être observés à
même la mer, où d’ailleurs ils occupent rarement la surface. Cependant
des cas ont été observés de paires accouplées pendant l’acte de féconda-
tion chez Clionc limacina. La position diffère aussi bien de celle des Nudi-
branches que de celle des Aplysiens ; mais, bien que la supposition assez
étrange de WAGNER du transport du sperme de l’individu A par son
conjoint B, qui l’introduisait ensuite dans un troisième individu C, ait
été autrefois acceptée et même enseignée aux étudiants en zoologie,
elle est vraiment difficile à admettre; elle n’est pas démontrée et paraît
invraisemblable.
Le système génital des Gymnosomes ne diffère pas de celui des Tec-
tibranches à gouttière ciliée ; rien n’oblige à conclure de sa conformation
à la nécessité d’une maturité simultanée des produits, car on trouve chez
eux une vésicule spermatique comme chez les Tectibranches (mais non
pas deux, comme chez certains Nudibranches) ;elle appartient au systéme
femelle et sert de réservoir après fécondation, étant annexée à la partie
vaginale. Tout cela demande encore des observations. Elle s’accomplit
de façon très variée chez les Tectibranches, mais uniforme chez les Nudi-
branches. Ici, elle est toujours réciproque ; les deux animaux ont leurs
flancs droits contigus, de sorte que la tête de l’un est voisine de la queue
de l’autrc. Chez Polycera, v0N IERING a signalé l’existence d’un sperma-
tophore. Selon PELSENEER, l’acte peut durer de une minute à plusieurs
heures chez les Gastéropodes, mais je l’ai toujours vu durer bien plus
longtemps que quelques minutes. Les attitudes chez les Tectibranches
ont été décrites souvent, en particulier l’accouplement en chaîne dklplysia,
d’Hamim1ea et de Philine. Chez Elgsia, on a vu les deux partenaires
enroulés l’un autour de l’autre, tête contre tète et queue contre queue
comme les limaces. Enfin un mode bien spécial a été décrit pour Clione
[imacîna : les deux animaux sont debout dans l’eau, face à face, et souvent
liés l’un à l’autre par une ventouse annexe de l’appareil mâle. L’extrémité
du canal déférent ou le pénis, plus rarement la partie vaginale femelle,

mrnooucrxox 19
sont parfois pourvus de différentes formations chitir1euses,épineuses,
assurant l’adhésion des parties des conjoints; chez Clione limacina, ce
rôle est accompli par l'appareil susdit, terminé par une ventouse.
Ponte. —— L’oviducte est toujours accompagné de deux glandes annexes, .
celle du mucus ou de la glaire et celle de l'albumine. C'estlà que les ovules,
après avoir été fécondés, se chargent de substance nutritive, puis s’en·
robent de la « glaire sa qui formera la « ponte » en se gonflant au contact
de l’eau. Une fécondation suffit pour plusieurs pontes.
Les pontes se composent de capsules ou coques ovigères qui contiennent
de un à 8 œufs et davantage, et qui sont reliées entre elles par un cordon.
Les différentes sortes de ponte proviennent de Parrangement du cordon
dans la glaire, et de la façon dont celle-ci est fixée au substratum. Celle
des genres pélagiques n’est pas fixée, mais flottante, ou attachée à des
corps flottants, chez Fiona. Il n’y a jamais de coque générale cornée
plus ou moins dure et fagonnée, comme chez les Prosobranches; et il
n’y a pas non plus d’œufs sacrifiés pour servir de nourriture aux embryons :
tous se développent également.
En général le cordon contenant les œufs forme une multitude d’anses
à l’intérieur de la glaire ; mais parfois il reste simple, et c’est le tout qui
s`enroulc comme un paquet de vermicelles (Aplysiadae), ou bien les anses
sont contenues dans un gros cordon de glaire, plus ou moins contourne
dans son ensemble, tordu sur lui-même, et fixé à ses extrémités (Pleurobran-
chaea, Armina), ou bien le tout forme une masse arrondie réniforme.
Les Nudibranches ont le plus souvent des pontes rubanées ou cylin-
driques, formant une spire sur le sol ou sur les algues, ou bien irréguliè-
rement accrochées à des tiges d’Hydraires. Celles des Ascoglosses ne
forment ordinairement qu'un petit nombre de tours ou un fragment de
spire, ou sont réniformes. Les Doridiens tournent à reculons, en pon-
dant, autour du point de fixation du début de la spire.
Néoténio. — Il y a chez les Opisthobranches quelques cas connus de
néoténie : en particulier la conservation de cercles ciliaires chez quelques
Gymnosomes, et chez eux aussi, un aspect larvaire de quelques Clionidés.
La régression chez les Opisthobranches affecte, surtout chez une partie
d’entre eux, comme nous l’avons dit, la coquille: perte de la coquille
chez l’adulte, de la cténidie, de l’opercule et de Vosphradium. Les yeux
existent probablement partout, à l’état de petits globes fermés. ll n’y
a chez eux aucune forme parasite, mais une seule approche d’un état
quasi parasitaire 2 je fais allusion au cas isolé et très curieux d’un Aeoli-
dien, Calma glaucoides, qui se nourrit d’oeufs de Poissons : dépourvu de
cnidosacs, cet animal possède une radula dégénérée (avec un début normal
dans le jeune âge) et un tube digestif fermé, sans anus (voir plus bas).
On a voulu voir un cas de néoténie dans les caractères de Runcina
qui serait un Pleurobranchidé à caractère de jeune; mais ceci a déjà

20 MOLLUSQUES omsrrzonnxncnns
été réfuté par \’.\YSSIÈRE et par PELsENEEn ; ses affinités sont en réalité
avec les Bullidés, dont ce genre diffère par l’absence de coquille, par
l’existence de quatre plaques gésiales au lieu du nombre habituel dc
trois, et en outre par l`abscnce de stade veligcr dans son développement ;
et non pas du tout par la persistance d’un état larvaire. Quant a ces
quatre plaques gésiales subégales, nombre qui se retrouve chez certains
Thécosomes, je tiens cela pour un caractere primitif persistant; et il
n’y a aucune raison de penser qu’un ancêtre de Runcina ait jamais été
réduit a n’en posséder que trois.
DÉVELOPPEMENT; SEGMENTATION.
Ils ont été étudiés chez un petit nombre de Gastéropodes Opistho-
branches. Par Sims, LovEN, Tnmcnnsn chez les Nudibranches. Chez les
Ptéropodes, par H. Foi. ; chez Fimbria (Teihys) par VIGUIER ; chez Aply-
sia par GAnAzz1 et par Gnoacnwrrscn ; chez Fiona par CASTEEL ; chez
Glossodoris (Chromodoris) par RHO; chez Umbraculum (Umbrella) par
HEYMONS ; chez Polycera par BIIAZZARELLI ; chez un bon nombre d’es-
pèces, mais plus brièvement, par PELSENEER, qui a fait du dévelop-
pement des Gastéropodes une étude générale comparée (1911). Enfin
par GEGENBAUR, LANGERHANS, LANKESTER, ROBERT, etc.
Il débute, comme chez tous les Gastéropodes, par une division égale
ou un peu inégale, et après le stade quatre :A, B, C, D, les cellules a, b, c, d,
se placent en alternance avec les premières, en commençant à amorcer
le mouvement spiral. La coquille larvaire est fréquemment presque
symétrique et de forme ovale, mais parfois aussi déjà asymétrique,
(Aplysie, Ascoglosses, etc,). Elle est parfois conservée chez l’adulte au
sommet de la coquille définitive, ou plus ou moins noyée dans ses pre-
miers tours, comme l’ont montré Tnonsoiv, 1946, et LEMCHE, 1948 (1).
Elle est toujours plus ou moins hétérostrophe, senestre au début, tandis
que plus tard l’animal est dextre ou ultradextre. Ijopercule est rare-
ment conservé (quelques Céphalaspides).
La larve possède un rein larvaire fortement pigmenté chez quelques
Céphalaspides et Thécosomes ; deux lobes du foie inégaux, qui ont plus
tard un sort parfois très différent, en particulier chez les Doridiens, les
Ascoglosses ; les statocystes se développent avant les yeux, et sont très
apparentes. Elles contiennent tantôt une seule otoconie, tantôt un grand
nombre (une centaine environ, parfois). (Jette larve nageuse est un
veliger.
Le développement est conforme dans ses premiers stades a celui des
autres Gastéropodes marins. Une particularité des premiers stades chez
l’Aplysie, de même que chez Elysia, c’est que le macromère D est non
1. Voir nota page suivante.

xNTR0nuc·r1oN 21
le plus grand des quatre, mais le plus petit, ce qui est exceptionnel (1);
par contre, 1l semble que les quatre macromeres soient fréquemment
égaux. On a observé assez généralement la division du second globule
poIa1re. Comme chez les autres (ïasteropodes, le point de sortie des glo-
bules marque le pôle animal.
La forme de la coquille larvaire varie peu ; elle est nautiloïde ou bien
allongée (Aeohdiens, Dendronoius). Le voile larvaire est bien développé,
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FIG. 2. -- Coquilles larvaires d’Opisthobra,nches : a. Actean Iomatiliag b, Diapluzmz
minuia ; c, Romania utriculua ; d ;Retaaa umbilicata ; e, Cylichna alba : f, Philine embra-
mais moins grand que chez certains Prosobranches comme Purpura
ar ex. Un o ercule est tou`ours résent chez le veli er. Il a des cel-
P P J P
lules anales embryonnaires saillantrs.
La métamorphose n’a pas été observée, bien que l’on connaisse de
très jeunes Aeolidiens rampants, n’ayant encore qu’une ou deux papilles
(Tergipes, par NORDMAN, etc.), Mais quelques espèces ont une embryo-
logie abrégée (Runcina, p. cx.)   La glande coquillière se forme, en ce
cas, mais la coquille n’apparaît pas, ni l’opercule ;et l'animal ëclôt avec sa
forme adulte.
Seul parmi les Opisthobranehes, un Gymnosome est vivipare: c’est
1. C’est le cas aussi chez quelques Hétéropodes.
2. Acteonùzd Vay\=ain·ea...

22 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Hydromyles globulosa (synonyme : Halopsyche gaudichaudi). ll semble
que dans ce cas, lorsque les embryons sont mûrs, le parent dégénère et
que ses parois se rompent pour donner naissance à sa progéniture.
Larves. —- La larve véligère n’ofi're que peu ou pas de différences dans
tout le groupe, partout où elle a été observée. Un grand voile bilobé et
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Fw. 3. ·— Larves d’Opisth0branches : a, larve nageuse d’un Gymnosome ; b, id. de Thlipto-
don ; c, coquille larvaire de Clicme lfimacimz ; d, larve de Fimbria ; e. f, larves de Gym-
nosomes.
cilié la fait tournoyer dès avant l’éclosion. La coquille ne diffère que par
sa plus ou moins grande longueur, étant ovale ou arrondie, blanche et
lisse (1); l’opercule, arrondi du côté distal, semble presque rectiligne,
sur son bord proximal. Ces larves sont très petites, étant en général très
nombreuses. Chez toutes celles que l’on a représentées, les deux lobes
du foie sont très inégaux, et l’0n a tout lieu de croire que leur sort est
fréquemment différent, non seulement par l’étendue et le volume occupé
plus tard, mais parfois par Vapparence et peut-être la fonction de chacun
1. Ornée de côtes circulaires chez quelques Gymnosomes.

NTRODUCTION 23
d’eux chez l’adulte. ((1hez les Doridiens, et peut-être chez les Aply—
siadae et les Ascoglosses.)
La coquille primitive ou protoconque des Bullidés est souvent hétéro-
strophe et senestre (ultradextre en réalité). Mais elle est fréquemment
cachée par les derniers tours, qui la recouvrent. G. Tnonson a révélé
la forme de beaucoup d’entre ces petites coquilles en disséquant la coquille
définitive; je lui ai emprunté quelques figures que l'on trouvera à la
page 21  
Sexes. —·- Il ne semble pas y avoir jusqu'ici d’autres exceptions à la règle
générale d’hermaphroditisme que celle de Thalassopierus zancleus Kw1E'1‘.
qui, selon son auteur, présenterait des individus mâles et des femelles ;
mais ce très petit Mollusque offre tant de caractères larvaires, tant de
ressemblances avec une larve de Thliplodon, que lc cas aurait besoin
de confirmation; et celle de quelques Acochlidiens.
Une remarque 11`est peut-être pas déplacée ici. Si l’on peut appeler les
larves des Amphineures, des Docoglosses et de quelques Lamellibranches
(Yoldia, Nucula), des larves trochophores, comme celles des Annélides,
c’est faire un abus de ce terme que de Pappliquer à un jeune Gymnosome
en voie de transformation, ayant déjà passé le stade véliger, pourvu
de trois cercles ciliaires et d’un pied en voie de formation. Bien qu’encore
tres petit, ce Mollusque, très évolué l0rsqu’il atteint sa forme définitive,
n’a rien d’un Gastéropode archaïque, et le stade présenté dans un volume
du Traité de Zoologie comme exemple de « larve trochophore » est déjà
une forme secondaire assez proche de l’adulte, et qui a été précédée par
un stade véliger.
PARASITISME
Si l'on ne connaît aucun Opisthobranche parasite, par contre, les
parasites des Opisthobranches sont nombreux ; ils appartiennent pour la
plupart aux Copépodes. On en trouvera plus loin une liste d’après
R. Ph. Dotnrus, 1951 (m. S.),
Mais deux faits particuliers méritent de nous arrêter un peu. Le fait
que les Aeolidiens translucides sont plus ou moins cachés parmi les
Hydraires, dont ils se nourrissent, par la coloration interne de leurs
papilles. Cette coloration, due à la substance même qu’ils ont ingérée, ne
peut être invoquée comme mimétisme ni parasitisme. Il en est de même
de la coloration brune ou verte de la plupart des Tectibranches et des
Asooglosses qui se nourrissent d’algues ; mais, chez certains d’entre eux,
on a trouvé des algues « symbiotiques », des Zoochlorelles, chez Elysia
1. Je voudrais seulement présenter une objection à. son explication concernant la
Hg. 148 A, représentant Acera bullata pondent, sous laquelle il écrit: « female in ovi-
position ¤. Le terme de « femelle ¤ pouvant induire en erreur, bien que Panimal accom-
plisse à. ce moment-la la partie femelle de ses doubles fonctions.

24 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
viridis par exemple. Les Aeolidiens « cleptocnides » semblent utiliser des
parties indigestes de leurs proies, les cnidoblastes, comme moyen de
défense. Y a-t-il un terme exact pour qualifier ce procédé ? Pour le
moment, en tout cas, le fait, longtemps contesté, ne paraît plus faire
aucun doute.
Le second point concerne un cas de parasitisme longtemps admis.
Je crois avoir contribué à détruire cette légende. C’est le cas de la « Méduse
parasite » Mneslru parasiiica sur Phylliroë. Il a été montré, en effet, que
Phglliroê se nourrit de Cœlentérés ilottants, auxquels elle adhère par ce
qui reste d’un pied régressé cune glande pédieuse, et que la Méduse
n’est pas une sorte de vampire, mais une victime, et j’en ai donné les
raisons (1900). Il semble d’ailleurs absurde d’imaginer une Méduse choi-
sissant son emplacement, toujours le même, sur le Mollusque et pergant
son tégument sans posséder d’organe adéquat.
A la liste qui va suivre, on peut ajouter un Pycnogonide trouvé chez
Fimbria, et les cas de symbiose par Algues symbiotiques (Xanhelles,
Chlorelles, Zooxanthelles), chez quelques Nudibranches et Ascoglosses.
L1sTE ABRÉGÉE DES PARASITES D,0PISTHOBRANCHES,
d’après Robert Ph. DOLLFUS
TRÉMATODES
Glaucus et Scyllaca. Disioma glauci, larves. BERGH, 1864, 1875, 1884.
Phylliroë bucephala. Disioma sp. ? LEUCKART, 1878 et 1886.
Cercaria selifera F. S. MONTICELLI, [1888 et 1914, larve de Lepocreadium
album (Srossxcn).
Fimbria fimbria. Monosioma ielhyue (Turbellarié ‘?). DELLE CHIAJE, 1841.
Cercaria sp. C. PARONA, 1887.
Elysia viridis. Disloma aciaeonis. PAGENSTECHER, 1862.
Clio pyramidala etc. Cercariu sp. [probablement larve de Lepocreadium
album (Srossicn) ].
Cymbulia peroni. Cercaria cymbuliae. GRAEFFE, 1860.
Philine « aperla ». Cercaria sp. (Cystophore). PELSENEER, 1906.
CEs'r0DEs
Fimbria fimbria. Nybelinia lingualis (CUVIER, 1817).
CoPÉ1>onEs
Doris verrucosa. Splanchrwirophus sp. ‘? GUÉNo'r, 1903.
Lomanolus genei (Lomanolicola) insolens. ScoTT, 1895.
Phyllidia rolandiae. Splanchnoirophus sp. ‘? PRUVOT—FOL.
Facelina coronaia. Splanchnoirophus willemi. CANU, 1891.
Ancula gibbosa. Splanchnoirophus willemi. GANU, 1899 ; PELsENEER, 1906.
Spurilla neapolilamz. Splanchnoirophus sp. DELLE CHIAJE; DELAMARE
DEBOUTTEVILLE, 1950.

xNTRo¤Uc·r1oN 25
Acanihodoris pilosa. Splanchnoirophus gracilis. HANCOCK et NORMAN,
1863.
Okenia aspersa. Splanchnolrophus gracilis. HANCOCK et NORMAN, 1863.
Favorinus branchialis. Splanchnoirophus sp. ? BERGH, 1879.
Dolo coronala, Dolo pinnaiifîda, Coryphella rufibranchialis, Splanchnoiro-
phus brevipes. HANC. et NoP.M., 1863 ;BERcu, 1867 ; 68 ; 73; 79 ;
HEcm·, 1896.
Aeolidia papillosa. Splanchnofrophus angulalus. HECHT, 1893.
Aeolidia nebae. Lichomolgus sp. Pixsmzc, 1929.
Trinchesia coerulea (Copépode sp.) (figure). MONTAGU, 1804.
Navanaœ inermis. Pseudomolgus navanacis. WILSON, 1935.
Cavolinia iridenlaia. Lichomolgide, gen., sp. ? Boixs, 1886.
Armina maculala. Lichomolgide (à décrire).
Hermissenda crassicornis. Hcmicyclops lhysanoius. \rV1LSON, 1936.
Srlerodoris coriacea. Briarella sp. ? ELIOT, 1903.
Aplysia daclylomela et Aclesia slriala. Slrongylus pruvofi. NIONOD et
D0LL1=Us, 1932.
Archidoris sp. ? Ismaïla sp. ? M0N0n et DOLLF., 1934.
Phidiana lynceus. Ismaïla monsfrosa. BERGH, 1867.
Aglaja membranacea. Amerislocheres inermis. PELSENEER, 1928.
Pleurobranchaea meckcli. Anihcssius plcurobranchacae. DELLE VALLE, 1880.
(?) Pleurobranchus marmoralus. Anlhcssius pleurobranchi. CLAUS, 1889.
Pleurobranchus sp. ? Lichomolgus (Slellicola) pleurobranchi. KOSSMANN,
1877.
Pleurobranchus sp. ? Anihessîus hawaïensis. WILSON, 1921.
Pleurobranchus sp. ? Chondrocarpus reiiculosus. BASSETT SMUH, 1903.
Ilembranchus marginalus. Briarella risbeci. M0N0n, 1928.
Heœabranchus marginalus. Glossodoris quadricolor et Trevelyana rubro-
maculala. Lichomolgus (Macrochiron) gracilipes. SCOTT, 1909.
Cenlradoris inframaculaia et Plalydoris cruenla. Briarella disphaer0ce—
phala. M0N0D et D0LLF., 1932.
Ccralosoma lrilobalum. Briarella microcephala. Momon et DOLLF., 1932.
Asieronolus berfrana et Glossodoris quadricolor. Briarella sp. ? BERGH,
1877 ; 78.
Diverses Glossodoris et Trevelyana kouaouae. Lichomolgus (Macrochiron)
sp. ‘? Rxsmzc, 1929.
Doris gen. ? sp. ? Arloirogus orbicularis. BOECK, 1859.
Le parasite externe Lichomolgus agilis, très mobile, paraît vivre sur
tous les Nudibranches, presque indifféremment. Il a été signalé sur 1
Dendrodoris limbala ; Limacia clavigera ; Polycera dubîa ; Polyccra sp. ;
Doris millegrana; Jorunna lomenlosa; Doris verrucosa; Archidoris
luberculala; Glossodoris valenciennesi; Trilonia hombergii ; Janolus
hyalinus; Anliopella crislaia; Facelina drummondi; Zephyrina pilosa;

26 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Armimz iigrina; Armina verrucosa; D0i0 coronaia; Facelina coronaia,
par: Lnvnic., 1853; CLAUS, 1875; G. 0. SARS, 1918; CLAUS, 1889;
BERGH, 1896; CANU, 1891, 92; Auruvittms, 1882; D. VALLE, 1888;
K. LANG, 1949 ; M. Sims, 1862 ; N. ODHNEP., 1922 ; Dontrus et Monoo,
1932 ; Hncnr, 1896.
REMARQUE. —— La nomenclature des Opisthobranches a été mise à
jour dans la liste précédente, mais non pas de fagon complète, vu certaines
incertitudes.
REc01;rE ET PRÉPARATION
Je ne m’étendrai pas sur les divers modes de pêche permettant de
récolter des Opisthobranches : ils sont si variés qu’ils nous entratneraient
fort loin. Piécoltes à marée basse : chalut, drague, fauberts et raclette
à détacher les Algues et les Hydraires des parois rocheuses. Sacs de toile
ou de soie pour les pélagiques. Il y a peu de milieux et de facies dépourvus
d’©pisthobranches ; et il n’est pas mauvais de se souvenir que certains
lieux réputés défavorables peuvent livrer des récoltes pauvres, mais
intéressantes: Hermaea bifida et Doio floridicola se rencontrent parmi
les Algues floridées. De plus, il est bon de connaître leur mode de nutri-
tion : c’est ainsi que des fonds de chalut, contenant des Tuniciers, procure-
ront des Goniodorididés ; les Lamellidoridés se trouvant parmi les Bryo-
zoaires, les Aplysiadés et les Ascoglosses exclusivement parmi les Algues
côtières ou flottantes,.
On a souvent remarqué des homochromies remarquables avec le milieu,
et on a voulu en certains cas mettre en avant une coloration protectrice
ou prémonitoire. Il s’agit le plus souvent, sinon toujours, d’homochromie
nutricielle ; les téguments translucides laissent apercevoir le contenu
digestif coloré; et bien probablement aussi des pigments alimentaires
passent sans modification dans les tissus du Mollusque. Que cela contribue
à le rendre peu visible, et par conséquent à le protéger, cela est très
vraisemblable.
Ces couleurs, sauf celles dues à la mélanine, se conservent peu de temps
à l’eau formolée et pas du tout dans d’autres fixateurs et dans l'alcool.
Aussi tous les spécialistes ont-ils pris l’habitude de figurer avant la fixa-
tion les Nudibranches et les Pleurobranches; ceci n’est pas un luxe
inutile ; cela évite, et cela n’a pas toujours suffisamment évité, la création
des « espèces alcooliques » qui offrent tant d’exemples dans ce groupe.
La couleur et le dessin sont ici des éléments de classification indispensables,
et il est vivement recommandé de prendre au moins des notes de couleur
sur le vivant. La seconde recommandation, et celle-ci de la plus haute
importance surtout pour les espèces nageantes, les Gymnosomes, est
de les anesthésier avant ûxation. Le chlorure de magnésium à 7 % réussit
presque toujours (durée à peu près proportionnelle au volume). Mais
les Aplysiadae sont très résistants.

INTRODUCTION 27
DÉTERMINATION
Si nous ne rencontrons pas ici les difficultés résultant chez quelques
autres Mollusques d’un dimorphîsme sexuel, par contre elles sont com-
pensées par d’autres difficultés plus grandes et nombreuses.
La coquille (1), là où elle existe, est généralement d’un faible secours,
particulièrement si elle est interne; seule connue, dans de nombreux
cas, elle a souvent conduit à faire des rapprochements qui se sont avérés
trompeurs lorsque l’on a étudié l’anatomie. Mais en outre elle manque
dans des groupes innombrables (chez l’adulte). Le changement dans les
formes et les couleurs n’est connu que dans un bien petit nombre de cas ;
et bien faibles sont les indices qui permettent de préjuger si l’on a
affaire a un animal ayant atteint tout son développement; les organes
génitaux sont fonctionnels de bonne heure, avant croissance complète.
Il n’est pas du tout certain que chaque individu d’une espèce soit apte
à acquérir la taille que nous avons pu constater exceptionnellement
chez un autre, et les différences peuvent être considérables. ll en est de
même de la pigmentation; elle tend à augmenter avec Page et la taille,
mais sans régularité et sans certitude. Seules des séries récoltées en un
même lieu, montrant les variations graduelles, peuvent nous renseigner,
ainsi que je voudrais le faire voir par deux ou trois exemples. Même si
l’on ne possède pas une série complète, il est toujours utile de figurer
les individus jeunes rencontrés dans les récoltes et dont on croit, avec une
grande probabilité, reconnaître l’espèce. Ne pas oublier que les chances
de rencontrer des jeunes sont plus grandes que celles de rencontrer des
adultes; du moins pour les espèces côtières.
.]’ai eu, dans mes récoltes, toute la série utile d’Aegires punclîlucens,
série qui m’a prouvé que Ae. leukarli n’en est qu’un stade jeune. De même
pour Trepania (Drepania) fusca (LAFONT), qui a reçu, selon l’âge des
échantillons, les trois noms de Drepania fusca,Drepania grae/fei et Drepania
larianella. Et c’est aussi une semblable série qui m’a permis d’assimiler
« Hervia berghi » Vavssrianrz avec un stade jeune de Facelina rubro-
villafa, dont le pigment noir n’est pas encore formé, et dont les rhino-
phores n’ont pas encore les deux à quatre très faibles annulations de
l’adulte.
Dans le Monde de la Mer, de Fmânot, l’une des planches représente
1. Tout ce qui concerne la conchyliologie (et en particulier les termes employés pour
décrire les coquilles) m’étant trop peu familier, et le temps et les possibilités me manquant
pour l’étude de cette spécialité. j’ai eu largement recours au Manuel de Conchyliologie
de TRYON et PILSBEY, et pour un bon nombre de coquille , j’ai traduit presque textuelle-
ment, en abrégeant parfois un peu les textes. les descriptions transcrites dans les volumes
XV et XVI qui contiennent les Opisthobranches. Un inconvénient de ce procédé, c’est
que de même que l’a. fait PILSBRY, j’ai dû répéter souvent pour chaque espèce l’énumé-
ration des caractères génériques, ce que l’on devrait éviter et ce que j'ai cherché à. éviter
dans la partie de cet ouvrage qui est plus originale.

28 MOLLUSQUES o1=•1sTr1oBRANcHEs
des Nudibranches, probablement tous méditerranéens. Tous les échan-
tillons paraissent être très jeunes (1).
Il est vain. je pense, de chercher à faire remonter a l’un des sous-
ordres et surtout à une famille vivante de Tectibranches les familles
actuelles de Mollusques nus. Si l’on a constaté une parenté entre les
Anaspides et les Gymnosomes, entre les Céphalaspides et les Thécosomes ;
si les Dorididac sont incontestablement proches des Pleurobranchidac,
bien des difficultés s’opposent à une notion de descendance directe. Si
Acieon est par certains côtés archaïque (coquille et opercule, système
nerveux tordu et pénis non rétractile), il présente un vas deferens détaché
du tégument et n’a pas les plaques gésiales, qui sont assez généralement
présentes chez les Céphalaspides (2) pour ne pouvoir pas avoir été acquises
indépendamment par tous ceux qui en possédent,les Thécosomes compris.
D’autre part, cette formation a entièrement disparu chez tous les
Nudibranches, chez les Àscoglosses, chez les Acochlididae. Et ceux des
Helerohepafica qui possèdent des plaques cornées ou des épines chiti-
neuses dans le tube digestif les ont développées en un point diffé-
rent: dans l’intestin, donc au delà et non en deçà de l’estomac. (Test
une formation nouvelle, non un héritage.
Tous les essais de classification basés sur un seul organe ou système
d’organes échouent. Il semble que les organes génitaux devraient mieux
que tous autres pouvoir servir de base à la systématique ; et cependant
les essais dans ce sens aussi ont été un peu décevants.
Diverses armatures ont été utilisées par Beacn, ainsi que l’existence ou
l’absence d’une prostate (distincte du canal déférent). (le sont la des carac-
tères utilisables dans du matériel bien conservé ; le reste des organes géni-
taux, glandes annexes et vésicules, est trop souvent macéré et d’une dissec-
tion difficile, si l’on ne dispose que d’animaux anciens et peu nombreux.
Et puis aussi l’étude de ces organes nécessite des échantillons adultes.
Un essai intéressant a été fait récemment de tenir compte dans le clas-
sement des Doridiens des connexions des deux vésicules spermatiques ;
on peut se demander pourtant si les conduits qui les relient sont d’emblée
tels qu’on les voit chez l’adulte, et si les divers modes de connexions
n’0nt pu être réalisés indépendamment dans diverses familles.,
Le bulbe buccal, les dents, les mâchoires, la où il y en a, continuent
à mon avis à fournir les caractères les plus commodes à observer, ceux où
les convergences fortuites sont les plus faciles à dépister, ceux surtout
qui ne s’altèrent pas par une longue conservation.
Et c’est pourquoi les familles sans mâchoires ni radula sont d’une étude
si malaisée ! Mais la forme, la consistance et l’ornementation ne sont pas
malgré tout des caractères négligeables.
En résumé, l’effort que l’on a fait, consciemment ou non, pour cons-
1. D’a.près des aquarelles de QUATREFAGES.
2. Mais pas tous!

xxrnonucriori 29
truire des arbres généalogiques en établissant le classement des animaux
se heurte à un fait universel: c’est que les organes sur lesquels nous
basons ces constructions évoluent avec une certaine indépendance
mutuelle. ll en résulte que nombre d’espèces très évoluées à certains
points de vue, très spécialisées pour un genre de vie inhabituel, retiennent
à d'autres points de vue des caractères primitifs qui les feraient consi-
dérer facilement comme proches des souches les plus anciennes (l).
Il se trouve que, en ce qui concerne les (lpisthobranches, les fossiles
sont de peu de secours ; non seulement les Nudibranches n’ont pu laisser
de traces, ni les groupes pélagiques, mais les Notaspides et les Anas-
pides n’en ont pas laissé davantage. Deux ou trois fossiles interprétés
comme des coquilles d’Aplysiadés l’ont été à tort (2), et il ne nous reste
que peu de souvenirs: tertiaires, en Sicile notamment. des Céphalas-
pides, et aucun Thécosome véritable (3) plus ancien.
Il paraît probable que les Mollusques nus descendent de Mollusques
à coquille : la chose n’est pas rigoureusement prouvée pour chaque cas.
Si, en effet, un organe, une fois perdu, ne renaît jamais, n’oublions pas
que la coquille des Mollusques nus n’est disparue à l’état larvaire que
tout à fait exceptionnellement ; elle existe chez la larve et, bien que peu
probable, une survivance avec renforcement a pu se produire... Sa perte
chez l’adulte a dû se produire parallèlement dans divers groupes et
n’indique, pas plus que la perte de la radula, une proche parenté certaine.
Pour toutes ces raisons et d’autres, la classification des Opisthobranches
et surtout des Nudibranches est encore loin de trouver tous les spécia-
listes d’accord entre eux.
En quelques mots donc, je voudrais résumer les quelques points sur
lesquels je m’accorde ou diffère avec les Malacologistes les plus récents.
(lmssirxcxrxon DE Prnsnav. —— (let auteur n’a étudié que les Tecti-
branches, « Ptéropodes » exclus. Il y a peu de choses à lui objecter; par
exemple un rapprochement intime entre Philine et Chelidonura, et la posi-
tion de Accra.
(lLAss1F1c.x'rxoN DE BERG11. — Ses divisions sont à maintenir, même
si l’on peut objecter aux dénominations dont il se sert (noms doubles).
Seul Risnsc, je crois, tient encore à la proche parenté des Ascoglosses
et des Aeolidiens, telle qu’elle ressort des arbres généalogiques de PEL-
SENEER et de VAYSSIÈRE. Biaacir a maintenu trop près des Aeolidiens
les « Hedylidae n (4), ainsi que l’a montré ()DrmER, qui n’a pas été suivi
par 'l`n1ELE. Mais il a à juste titre séparé des Doridiens les Poroslamala
(Phyllidia et Dcndrodoris), bien qu’il ait à tort donné à ces derniers le
1. Acochlidiaceag Porostomata p. ex.
2. Par PnrLn>1>1, par exemple, déjà. cité.
3. Voir p. 12.
4. Acochlidiacea.

30 MOLLUSQUES OPISTHGBRANCHES
nom de « Doriopsis PEASE ». Il restait à démembrer la famille des Poly-
ccradae, en en séparant Aegires et les Sucioriae, ce qu’a déjà indiqué
ELIOT et ce qu’a accompli ODHNER (ainsi que je l’ai fait aussi), mais
ce que ne fait pas 'l`nxELE. Ce dernier auteur maintient encore un groupe
des « Ptéropodes » contrairement à l’avis bien motivé de PELsENEEa.
Utilisation de la radula. -— Ce n’est pas un hasard qui fait que la
radula a une si grande importance en systématique (1). ll y a à cela
deux raisons : l’une est une raison pratique : chez les échantillons plus ou
moins bien conservés, il est rare qu’il soit devenu impossible de l’extrairc,
avec un peu d’habitude, et de la conserver sous forme de préparation
sur lame. L’autre, c’est que, si elle ne commande pas la constitution
générale des animaux, elle en est en quelque sorte le signe visible et le
témoin ; elle indique le mode de nutrition, et la nutrition est commandée
d’autre part par la conformation du tube digestif. (Test ainsi que l’on
est arrivé à séparer en deux groupes bien distincts les anciens Polycéradés
que des similitudes de forme extérieure et de branchies avaient fait réunir.
Il s’est créé pour les dents toute une nomenclature (2) et des formules
qui sont forcément conventionnelles. Elles sont faciles à comprendre
et ne demandent pas d’explications préalables. Qu’il suffise de dire que
dans une même rangée de dents il est habituellement affecté un chiffre
différent à chaque type de dent. Mais il est nombre de cas où le passage
d’un type à l’autre est plus ou moins graduel et où la formule est difficile
à établir  
D’autre part, dans un ouvrage comme celui·ci, les variations ne
peuvent être indiquées. et dans toutes les formules il sera fait usage
des chiffres maxima connus, ce qui, pour des espèces rares, n’est qu’une
indication, puisque la possibilité n’est pas exclue que l’adulte soit encore
inconnu. Bien entendu, plus le nombre des dents est grand, plus le taux de
variation est grand aussi.
Comme pour la radula, c’est encore BERGH (4) qui a le plus utilisé les
plaques du gésier pour la systématique : elles diffèrent suffisamment
pour cela chez les Bullidés, mais non chez les Aplysiadés, où les formes
sont très irrégulières et le nombre assez grand et variable. Et comme
objets solides, sans oublier les mâchoires, il nous reste à mentionner les
armatures génitales. A peu près inconnues chez les Bullidés (5), elles ont
1. Rien ne montre mieux Yimportance de cet organe en classification et détermination
que Pembarras dans lequel on se trouve devant les groupes où elle fait défaut: Paros-
tomata, Fimbrfùz, Olea, Aglaja et quelques autres Tectibranches.
2. Il est bon d’a»ppeler séries les lignes longitudinales et rangs les lignes transversales,
et d’orienter les radulas, et si possible les figures de dents, avec (les pointes ou a eus-
pides » tournées vers soi.
3. En ce cas, la formule sera forcément établie d’une façon un peu arbitraire.
4, Après SARS et LOVÉN.
5. Où elles semblent être rares, ou inexistantes.

INTRODUCTION 31
été découvertes assez récemment chez un certain nombre d’Aplysiadés
et quelques (iymnosomes sous forme d’une garniture d’épines sur le
pénis et dans sa gaine. De telles épines se retrouvent chez de nom-
breux Doridiens, des Dendrodoridiens, des Polycéradés et quelques
Aeolidiens.
Termes employés. ——— ll est utile de les unilier; mais cela ne se peut
qu`en tenant compte de l’anatomie comparée et des homologies réelles
entre les organes. Bien souvent les divers auteurs qui se sont occupés
d’un1nême groupe se sont servis de termes différents, qui peuvent dérouter
les zoologistes non spécialiés dans ce même groupe.
Partant de la notion que les Opisthobranches sont dérivés des Proso-
branches, j’appelle cténidie la véritable branchie conservée chez certains
d’entre eux seulement, et donne le nom de branchie aux expansions
cutanées palléales secondairement reproduites, et qui permettent la
respiration; on appelle souvent branchies les appendices dorsaux des
Aeolidididés ; on les appelle aussi cirres ; je me sers du nom de papilles,
principalement pour celles qui, contenant un lobe du foie, ne sont évi-
demment pas uniquement respiratoires ; et plus vaguement d’appendices
dorsaux pour ceux qui ne contiennent pas ces lobes du foie. Mais persuadée
que la branchie dorsale des Doridiens est vraiment dérivée de la cténidie
des Prosobranches, si le n’ose l’appeler couramment ainsi, c’est qu’il faut
attendre que cette notion soit acceptée plus généralement.
(Fest surtout en ce qui concerne le tube digestif qu’il importe de s’en·
tendre sur la nomenclature des parties, Chacun sait ce qu’est le bulbe
buccal ou pharyngien, lorsque celui-ci est bien limité, musculeux, et
contient des mâchoires et une radul ; mais il est des cas où les limites
sont indistinctes et où il n’existe ni mâchoires ni dents ; il n’y a donc
alors pas ii proprement parler de « bulbe ». Mais il y a néanmoins un
segment du tube digestif qui lui est homologue : c’est celui qui est limité
en arrière par la place des glandes salivaires et des ganglions buccaux.
A ce bulbe buccal (souvent appelé pharyngien) est parfois annexé
un appendice pédonculé: le gésier suceur; mais il n'est pas toujours
individualisé, et o’est souvent la partie supérieure du bulbe qui contient
des bandes musculaires transversales, permettant la succion (Ascoglosses).
Quoi qu’il en soit, il serait préférable, contrairement à l’usage, de parler
de jabot, pour le distinguer d’un gésier existant ailleurs, et qui ne lui
est nullement homologue ; ces termes, empruntés à des groupes d’animaux
tout dilïérents tels que les Vertébrès, s’appliquent souvent fort mal;
mais ce qui importe le plus n’est pas la comparaison avec des organes de
même nom chez les Vertébrés, mais les homologies dans l’intérieur du
groupe. '
ll y a encore d’autres annexes au bulbe buccal 2 les glandes salivaires
dont les conduits débouchent (du moins en apparence) du côté postérieur

32 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
du bulbe aux côtés de l’œsophage ; comme le bulbe est surtout développé
ventralement, et que l’œsophage y débouche fréquemment à sa partie
topographiquement dorsale, ces glandes paraissent être dorsales ; mais
c’est un point sur lequel je me réserve de revenir ultérieurement celles
sont, malgré les apparences, morphologiquement ventrales par rapport
au tube digestif. Il y a fréquemment, et même beaucoup plus fréquemment
qu’on ne le pense, ainsi que BERGH l’a montré dans nombre de cas, une
glande (glande impaire de LAcAzE Durmaas) ou deux glandes que BERGH
appelle glandes ptyalines, ici une fois de plus en application d’une nomen-
clature en usage chez les Vertébrés. Comme elles sont dans les deux cas
probablement homologues et morphologiquement dorsales, je les appel-
lerai partout glandes ptyalines ; là où la glande est impaire, elle est le
résultat de fusion de deux glandes, qui parfois ont deux conduits fusionnés
en un seul près du bulbe. Il reste à signaler une formation que I'on voit
chez une partie des Ascoglosses et que BERGH a appelée ingluvie ;for-
mation unique, mais qui est visiblement chez certains le résultat d’une
fusion de deux parties. Située sous l’œsophage, chez des espèces où
des glandes salivaires font défaut, je crois à leur homologie avec ces
glandes ; mais il reste à la prouver par l’étude de leur développement.
Malheureusement elle n’existe que chez des Ascoglosses des mers tro-
picales et chez une seule, assez rare, de nos pays : Thuridilla.
A la suite de Pœsophage, nous trouvons chez les Bullidae un renfle-
ment musculeux, contenant des plaques dures, calcaires ou non, et qui sont
chez les Aplysiadae, non calcaires et de consistance cartilagineuse ; et par-
fois aussi des épines : c’est à cette partie que je réserve le nom de gésier :
il est partout homologue. Puis vient l’est0mac proprement dit,où débouche
le foie par un nombre variable de conduits, (ou bien qu’entoure et enve-
loppe une glande, qui est le foie, chez les Gymnosomes}. Il est préférable
de réserver à cette partie le nom d’estomac et de ne pas parler de premier,
second, troisième estomac! Mais il est vrai que cette fraction du tube
digestif est souvent réduite au point d’être presque virtuelle. C’est la
partie qui représente l’intestin primitif, l’archentéron de la larve. A
partir de là, il n’y a plus que l’intestin et le rectum. Mais il faut noter
que chez quelques genres nous trouvons plus bas que l’estornac des plaques
ou des épines : Scyllaea, Bomella, Marionia, qui montrent, a mon avis,
que cette partie est d’origine ectodermique proctodéale.
ll reste à établir la signification d’annexes du tube digestif telles que
la « vésicule biliaire » des Doridiens, le diverticule spiral des Aplysiens
et le diverticule œsophagien de certains Ascoglosses. Là je n’ai à proposer
qu’une opinion personnelle, qui ne sera peut-être pas acceptée par chacun ;
la vésicule biliaire est interprétée comme le lobe droit du foie des holohé—
patiques, du moins par BERGH ; c’est de la même manière que l’on peut
expliquer, je crois, les deux autres, bien que chez les Ascoglosses cela
ait nécessité un déplacement vers l’avant de son embouchure : ce dépla-

INTRODUCTION 33
ci ment s’explique si l’on admet, comme je le fais, que les deux troncs
hépatiques postérieurs des Ascoglosses appartiennent tous deux au
foie gauche. Je ne puis ici insister sur ces interprétations que je formulerai
en détail ailleurs, prochainement. Il en est de même pour les homologies
des parties du pied qu’il serait trop long de discuter ; répétons seulement
que je' considère les nageoires des Gymnosomcs comme des épipodies,
contrairement à l’opinion de PELSENEER. Mais comme les opinions
peuvent différer sur ce point, je prefere appeler les expansions latérales
des Tectibranches parapodies, ce qui ne préjuge rien, et qui est l’appel-
lation courante, et bien qu'il ait été fait des objections à ce nom, que
l’on a proposé de remplacer par celui de pleuropodies.
En ce qui concerne les divers tentacules, j’ai également déjà discuté
leurs homologies, mais n’ai pas convaincu, par exemple, H. HOFFMANN.
Et pour finir, dans les organes génitaux, nous avons des vésicules
et des glandes que l’on retrouve dans tout le groupe: les glandes de
l’albumine, et celle du mucus, ou de la glaire, ou glande nidamentaire ;
c’est le premier de ces trois noms que j’ai choisi ; ce sont les glandes dela
ponte, annexées au systeme femelle; la prostate, dont les homologies
sont plus discutables, car elle peut n’étre en communication qu’avec
la gaine pénialc, là où le conduit déférent est ouvert, ou bien être appendue
au canal déférent interne, ou bien n‘être qu'une partie épaissie, glandu-
laire de ce canal même. Il y a partout, je crois, sans exception (1), une
vésicule spermatique appelée vésicule copulatrice ou « spermatothèque »
très généralement de forme sphérique, débouchant dans le vagin, ou
tout à côté par un seul conduit. Mais chez les Nudibranches, elle a
fréquemment un second conduit (ou une bifurcation du premier), qui la
relie à une seconde vésicule allongée, plus petite, et au système femelle
par des dispositions variées : c’est la spermatocyste : et la première est
appelée de préférence spermatothèque. ll y a en outre, très fréquemment,
une « glande vestibulaire » ou si l’on veut cloacale.
Tout particulièrement, en ce qui concerne les Nudibranches de nos
côtes, il importe de mettre en garde contre la grande facilité un peu
illusoire avec laquelle on détermine si souvent Aeolidiens et Doridiens
grâce aux magnifiques figures en couleurs de la Monographie d’ALDER
ot HANcocx<. (lertes, cet ouvrage est d’un grand secours; mais j’ai vu
souvent commettre des erreurs sur la foi de la coloration et de l’apparence
extérieure, dans la détermination d’échantillons qui n’appartenaient ni
ii l’espèce ni même au genre supposés.
L’étude des organes internes est absolument indipensable, surtout
au début ; car on arrive, par la suite, du moins pour beaucoup d’espèces·
avec lesquelles on est familiarisé, à les reconnaître au premier coup d’oeil
à certains petits signes qui ne trompent guère. (Pest de cette expérience
1. Une seule exception signalée (P). 3

34 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
acquise par la pratique qu’on voudrait faire bénéficier tous ceux qui ont
eu moins d’0ccasions de voir ces animaux, et de les voir à différents âges,
vivants, et avec leurs variétés de coloration. Bien entendu, cela ne peut
se faire que pour des espèces suffisamment connues et assez communes.
De plus, il a été tenu peu de compte, dans cette Monographie anglaise
en question, des nombreux travaux dus ai des travailleurs en Méditerranée.
ll ne faut donc pas se faire trop d’illusions sur la facilité des déter-
minations ; car presque toujours, ou du moins dans la majorité des cas,
la connaissance des mâchoires, de la radula, du pénis et des organes
génitaux annexes est indispensable. Les spicules sont peu variés ; et
le plus souvent dissous chez les animaux conservés, et ne sont peut—être
pas de forme constante chez un même animal. Quant aux otolithes
(uniques ou multiples), elles offrent un caractère pour les grands grou-
pements, mais non des caractères spécifiques, et sont aussi sujettes
à disparaître.
Les dates ont été indiquées pour la plupart des espèces, d’après
Beacn, PILSBRY, Tnxete, HoeeMANN et d’après mes notes anciennes;
bien que celles indiquées par divers auteurs ne soient pas toujours d’accord
entre elles, et que l’on trouve des erreurs dans les index bibliographiques.
Je n’ai pu les vérifier toutes dans les travaux originaux ; mais j’ai cherché
à le faire toutes les fois que cela me parut de quelque importance, en parti-
culier au point de vue de la priorité des noms valables. C’est ainsi qu’en
particulier les ouvrages les plus importants et les plus récents de Dette
CHIAJE, RISSO,CANTRAINE sont souvent seuls cités et leurs dates retenues,
bien que des espèces créées par ces auteu1·s l’aient été dans des notes
préliminaires ou autres travaux plus anciens.
Enfin, pour faciliter la détermination des Opisthobranches de nos côtes,
je donne ci-dessous une liste, qui n’a d’ailleurs pas la prétention d’être
complète, des meilleures figures d’ensemble par noms d’auteurs et dates 2
renseignements plus complets dans H. HorrMANN 1932.
Les figures de la « Monographie » (l) et de la Suite sont presque toutes
très bonnes, celles de Mevee et Môeius le sont aussi, mais sont bien
moins nombreuses ; celles de GANTRAINE, de DELLE CHIAJE, de RAPP,
de Pnicmppi, de A. Cosra (2), RANG, Vavssieae pour la Méditerranée ;
chez Tnmcuese on en trouve d’exactes, mais il y a fréquemment une
déformation qui oblige à les « interpréter »; mais nulle part cela n’est
plus nécessaire que pour reconnaître les espèces de Hesse, du port
de Brest, 1873. Les espèces nordiques, dont un bon nombre se trouvent
aussi chez nous, ont été bien représentées par (JDHNER, LeMcHe, LARseN.
Quant aux Thécosomes et Gymnosomes, il en existe peu de figures en
couleurs; voir EYDoUx et SoULeYer, D’()RexoNY, VVAGNER. Enfin les
Tectibranches ont fait dans le Manuel de Tryon, par PILSBRY, tomes
1. D’ALDER et HANCOCK. Mais quelques-unes y sont inversées.
2. Souvent confondu par Benon avec DA Cosma.

INTRODUCTION 35
XV et XVI, l’objet d’une révision illustrée qui dispense de les nommer
dans cette liste. Les magnifiques planches de SAVIGNY (Égypte) restent
parfois d’identification incertaine: l’on ne sait s’il s’agit de Mollusques
de la Méditerranée ou de la Mer Rouge. Les planches en couleurs de
EL1oT et de BABA pour les Nudibranches et Tectibranches du Japon
sont aussi remarquables comme facture que comme reproduction; mais
il en est peu qui soient des espèces trouvées en Europe ; citons aussi celles
de TCHANG•SI (mer de Chine) et de MM; FARLAND pour la Californie, où
quelques espèces sont très voisines des nôtres. Et encore les deux belles
planches de Nudibranches du « Monde de la Mer » de Fnûnox., qui sont de
provenance méditerranéenne ; enfin de PEAsE, COLLINGWOOD, de Quov,
de ÀLLEN, GROSSE, ÀNGAS, et des voyages de SEMPER aux Philippines
par BEIIGH et quelques bonnes figures par RISBEC. J'en omets, et non
des moindres ; mais je tiens à mettre en garde contre certaines attri-
butions qu’« un groupe de disciples » a prêtées à CUVIER dans la dernière
édition du Règne Animal, attributions qui ne sont pas toujours d’accord
avec ses propres œuvres.
Les figures du présent volume sont copiées ou calquées dans les
ouvrages de nombreux auteurs; principalement:
BERGH ; VAYSSIÈRE ; PELSENEER ; GUIART ; TESCII ; Boas; ME1-
SENHEIMER ; TSCHANG-SI ; Pinsenv ; M. Sims ; il/IAZZARELLI ; BONNEVIE ;
Tn1NcI1EsE; Massy; KWIETNIEWSKY; ÈIEYER et Mômos ; W.àGNER ;
GEGENBAUR ; FRANC ; R1sso ; GANTRAINE ; DELLE CIIIAJE ; PIERANTONI ;
U. F. MüI.LEn; ÀLDER et HANCOCK; L.xun1LL.xnD; PIIILIPPI ; Fonnms
ct HANLEY; H. Foi. ; V. lHERING ; A. Cosrm ; 0. G. Sans ; ¤’UnmGNv ;
DESUAYES; CoÉNor; LEMCHE; Game; ODHNER; ENGEL; E.xx.Es;
Emor; THORSON ; PRUVOT··FOL.
Quelques figures sont inédites, dont une par J. J. TEscn, avec sa per-
mission, une copiée de H. For., une de GUÉNOT, et quelques-unes par
l'auteuI‘.
LETTRES vAL.~.BLEs Poun roU'rEs LES FIGURES
ai anus. b r bulbe radulaire.
ol glande de l’albumine. br branchie latérale.
um ampoule du canal hermaphro· b p branchie postérieure.
dite. b v bras à ventouses.
ri s ampoule du conduit salivaire.
ao aorte. c cœur.
c c cercle ciliaire.
b bouche- c h canal hermaphrodite.
b b bulbe buccal.

36 Momusouas orisruoemmcues
cm commissure. ma mâchoire.
c, cérébroïde. f
p, pédieuse. n ner d I
v, viscérale. P lëpa pc`
b, buccale. Ololïflqïîf
cn connectif. 013 îf È '_ t (_t_ t ‘L \
c p cérébropédieux. 0, (È .3 îbys C ‘b A 0Cy` É"
C b eerebmbuecai. 9* .==·“‘“ "·
c pl cérébropleural. na nagemrù
Ci Gtêllîflîth ooreillette.
C v Cîlë VîbI`HÈîl€S· oh orifice hermaphrodite.
cq CO(]Uill6. œ œSOphag@_
cr Crochets. os osphradium.
d m dent médiane. oi (ou si.) otocyste ou statocyste.
d l dent latérale. p pénis.
d mr dent marginale. pc péricarde.
d ` d.
e estomac. P P; C
ep épines. ppp P. · .
p u pore urinaire.
f ou hp [Oie, r radula.
d dmm rh rhinophore.
9 g"‘“"h"· m rem.
g gésier. rp conduit réno—péricardique.
gg gangügàn- .. S  
C °'îr?b"°‘d"‘ si spermatothèque.
p pedieux. t t
1 laura]. sc sperma ocys e.
P P s cr sac à crochets
b buccal. ’
gl glande _ l tégument.
t tég'%H¥°mLaH`€· i m tubercule médian
Pd Pedggwg- _ zztemwie.
h herrnaphrodite.
a anale. v ventricule.
s salivaire. vsl vestibule.
pi pytaline b buccal.
m du mueus. g génital.
al de l’albumine. vs vésicule séminale
v vestibulaire. vl ventouse.
gi gouttière ciliée.

1NTRODUcT10N 37
TABLEAU GÉNÉRAL DES OPISTHOBRANCHES
Gouttière génitale 8 ouverte (sauf chez Acleonl.
a. pied reptateur:
I. Coquille généralement présente; cténidie
présente ; un bouclier céphalique; générale-
ment des plaques gésiales ...... Cephalaspîdea.
A. Coquille, cténidie, bouclier céphalique
présents .................... Bullidae.
B. Pas de coquille; pas de bouclier cépha-
lique .................... Runcinidae.
II. Coquille et cténidie présentes ou absentes ;
pas de bouclier céphalîque ; parapodies nata-
toires .................
b. pied avec parapodies natatoires:
A. Ganglions nerveux fusionnés .... Thocosomata.
B. Ganglions libres ; coquille nulle . . Gymnosomata.
c. pied rampant:
[II. Coquille, branchie, parapodies absents ;sac
viscéral librement projeté du pied (en géné-
ral) ................ Acochlidiacea.
IV. Sac viscéral attaché le long du pied; eté-
nidie, parapodies, mâchoires présents ; co-
quille fréquente. ........... Anaspidea.
Gouttière génitale J fermée.
A. Radula monosériée avec asque ; mâchoi-
res nulles .......... Monostîchoglossa.
B. Radula variable, sans asque; générale-
ment une coquille interne; une cténidie;
parapodies nulles ......... Notaspîdea. '
U. Pas de coquille chez l’adulte ; pas de para-
podies, collier nerveux situé derrière le
bulbe buccal ......... Nudibranchiata.
az. Branchie dorsale dérivée de la cténidie; foie
généralement compact ............. Holohcpalica.
,6. Pas de cténidie ; appendices respiratoires adven-
tifs en un rang de chaque côté, ramifiés ; ou nuls ;
non caducs .................. Helerohepaiica.
y. Appendices respiratoires plus ou moins fusi-
formes, caducs ; généralement avec cnidosacs .... Cladohepalica.

38 MoLLUsQUEs OPISTHOBRANCHES
ORDRE DES CÉPHALASPIDES
TABLEAU DES FAMILLES D,EUROPE
l. Un opercule ................ (p. 38) Acteonidae.
— Pas d’opercule ...................... 2.
2. Coquille faible ou nulle ................... 3.
— Coquille calcaire ..................... 4.
3. Coquille vestigiale ........... (p. 46) Gasteropteridae.
— Coquille nulle .............. (p. 53) Runcînidae.
4. Coquille interne ..................... 5.
~— Coquille externe ..................... 6.
5. Coquille presque plane, avec sinus ...... (p. 48) Aglajidae.
— Coquille plus ou moins enroulée ....... (p. 63) Phîlinidae.
6. Coquille peu calcifiée ............. (p. 75) Atyidae.
— Coquille calcifiée .................... 7.
7. Pas de radula ....................... 8.
- Une radula ........................ 9,
8. Spire visible, senestre ............. Tornatînidae (1).
— Apex tronqué, sans spire visible ...... (p. 82) Retusîdae (2).
9. Coquille cylindro-conique ......... (p. 55) Scaphandrîdae.
— Coquille courte et renîlée .................. 10.
10. Coquille solide, avec petite spire visible ; un ou plusieurs
plis columellaires ........... (p. 87) Ringiculidae.
— Coquille mince, fragile, un peu globuleuse . . (p. 60) Dîaphanidae.
-— Coquille solide, calcaire, subglobuleuse ou ovale. . . (p. 41) Bullîdae.
Famille des ACTEONIDAE.
Cette famille, qui est souvent considérée comme formant la transition
entre les Prosobranches et les Opisthobranches, possède encore un cer-
tain nombre de caractères qui Papparentent aux premiers, principalement
le système nerveux streptoneure, la coquille solide, turrieulée, l’opercule
persistant et le pénis non rétractile. Coquille larvaire heterostrophe.
Dentrition aberrante.
La coquille a une ouverture étroite, rétrécie en avant, élargie en
arrière, avec spire proérninente recouverte d’un périostracum mince,
1. Exotiques. Dentition inconnue. Plus de 40 espèces de Tornatîmz, dont, seule, la
coquille est décrite.
2. Retusa et Volvula font partie. selon PILSBRY. des Tcwnatinidae.

ACTEONIDAE. -— ACTEON 39
coloré; lèvre externe simple; lèvre columellaire avec un ou plusieurs
plis. Opercule corné, recourbé « en sabre ». L’animal peut se retirer com-
plètement dans la coquille. Le bouclier céphalique est divisé en arrière
en deux lobes, et le manteau prolongé en arrière en un tube glnduleux,
spiralé, et à droite en un lobe columellaire.
Dans le bulbe buccal, de chaque côté, une plaque mandibulaire en
forme de croissant, composée de petits éléments juxtaposés, serrés.
Ptadula longue et formée de nombreuses dents, très petites, par rangée ;
sans dent médiane; ou bien de dents larges et peu nombreuses.
La famille se compose de deux genres bien distincts : Acieon et Solidula.
Gen. ACTEON ltlowrroar, 1810
Syn.: Acieon (max, 1815; Tornalella LAMARCK, 1812; Spco Risso,
1820.
Coquille mince, striée; un seul pli columcllaire. Mâchoires composées
de tres petits éléments pectinés au bord. Plancher du bulbe buccal
garni de petites écailles.
Les orifices anal et génital sont dans le fond de la cavité palléale,
et le tube glandulaire spiral s’ouvre dans un sillon au bord du lobe colu-
mellaire.
Le système nerveux, streptoneure, est situé en avant du bulbe buccal.
Sur les côtés du vestibule buccal, des glandes buccales granuleuses, et
en arrière du bulbe, la gaine radulaire un peu saillante et les glandes
salivaires, cylindriques, s’allongeant jusqu’au dela de l’estomac. La
radula avec environ 200 rangées de dents (?).
Oreillette du cœur devant le ventricule. Une glande sanguine blanche
sur l’aorte. ll n‘y a qu’une vésicule séminale (spermatothèque) ronde ;
le canal déférent est clos, interne, sous-tegumentaire, et traverse le pénis
jusqu’à sa pointe. Pénis non rétractile. .
Toutes les mers. Atlantique Nord; Méditerranée.
1. Acteon globulînus (Forums), (Tornatella), 1844.
Coquille blanche, globuleuse, spire courte, 4 tours; striation spirale,
les stries nombreuses et simples ; ouverture piriforme, columelle épaissie.
—- Haut. 2,5 mm.
Calabre (fossile); Méditerranée; Mer Egée; Açores.
2. Acteon lute0·fa.scîa.tus (l\lüm..FELnr), (Voluia), 1829.
Coquille ovale, renflée, lisse, 4 tours ; blanche, 3 bandes beiges. - Haut.
2-3 mm.
Adriatique: Rimini.
3. Acteon pusîllus (Fomms), (Tornalella), 1844.
Coquille globuleuse—ovale; blanchâtre, 4 tours; ponctuée-striée régu-
•

40 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
lièrement et profondément ; ouverture oblongue. — Haut. 3 mm. ; larg.
2 mm. ·
Calabre (fossile); Mer Egée; Sicile; Madère; La Havane; Sombrero P;
Snad Key P
4. Aeteon tornatilîs (LINNÉ), (Voluia), 1758. —— Tornaiella tornalilis
P1~11L1PP1 ; -— Turbo ovalis DA Cosma; — Bulimus iornaiilis BRUG. ; —
îâ , av ’§»’ M
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  `% ` o ·` rr
= ·r__ _ l " /0 W
`·   67- - 0.
FIG. 4. - Acteon tornatilés. —· a, animal vu de dos; b, coquille et opercule; c, dents ;
d, système nerveux. -—- A. cxilis. — e, coquille. —— -1. luteofasciatus. -· f, coquille. ——·
g, anatomie d’Acte0n, face supérieure ; h, id., face latérale.
Volula bifasciczla GM. ; — Tormzlella fasciaia LAM. ; — Pedzes iorrzaiilis
BLV.; —· Spec iornaiilis Risso; —— Tornaiclla pellucida MAcG1LL.; ——
Tornaiella pusilla fide GUIART.
Coquille : Long. 22 mm. ; lat. 11 mm. — Cuticule mince, mais solide.
Operculez Long. 11 mm., larg. 4 mm.
Animal avec bouclier cephalique divisé derrière ; sans trace de tenta-
cules, mais avec une échancrure latérale. En dessous et sur la ligne
C

BULLIDAE. — BULLA 41
médiane, BERGH a trouvé un petit organe plié en deux et faisant saillie,
au dehors, auquel il n’a pas donné de nom ; à droite, le pénis plan-
convexe, épais, recourbé. Pied fort et large, anguleux.
Gen. LISSACTAEON ÃIONTEROSATO, I890
Lissactaeon exilis Foneizs (Jlsrrmzvs) (Aclaeon). — Auriculina ins-
culpla VERRILL; —- Acieon nilidas VERRILL; -—- `? Aclaeon nilidus
SEGUENZA (fossile).
(loquille oblongue ou un peu fuselée, translucide, luisante ; stries spi-
rales nombreuses, marquées, simples, non ponctuées; coloration blanc
pur; spire allongée, apex mousse; 3 tours modérément convexes, le
dernier occupe les trois quarts de la spire, le premier mammiforme;
suture distincte, bordée; ouverture plutôt étroite, irrégulièrement piri-
forme, élargie à la base; sa longueur égale trois quarts de celle de la
coquille ; lèvre externe doucement arrondie et inclinée en dedans; lèvre
interne repliée en arrière él sa partie inférieure; pilier inîléchi, pli l'ort
et marqué. —— Haut. 4,7 mm.
Calabre (fossile); Méditerranée; Golfe de Gascogne; Açores; Atlantique
Nord; Floride; Golfe du Mexique: Martha’s Vineyard.
A partir d’une centaine de mètres de profondeur.
Famille des BULLIDAE s. slr.
Coquille assez solide, arrondie ou ovale; spire enfoncée, ombiliquée;
dernier tour seul visible. Ouverture aussi longue que la coquille, la dépas-
sant au vertex, étroite en haut, élargie en bas; lèvre externe arrondie,
non épaissie; columelle concave, sans pli. Généralement la coquille est
colorée de taches mal définies.
Animal pouvant se retirer dans la coquille; bouclier céphalique un
peu échancré en avant, étiré en arrière en deux lobes; organe olfactif
sous ses bords dans le sillon latéral; lamelleux; yeux visibles; pied
plutôt court, élargi en avant, arrondi en arrière.
(lommissure cérébroïde longue. Mâchoire composée de bâtonnets.
Radula l-II-l—II-l; Ia médiane large grossièrement, denticulée ainsi
que les deux suivantes, la marginale petjte, simple, sans cuspide, Trois
plaques gésiales avec angles étirés, et de plus des épines en avant et en
arrière. Sillon génital externe ; pénis avec prostate. Nourriture végétale.
Toutes les mers.
Gen. BULLA L1NNÉ, l758
Syn. 2 Bullus MoNTF. ; Bullea DE BLV. ; NIENKE ;MôRcH., non Bullaea
LAM.; Vesica Swams; Nuœ DA (losra.
Coquille ovale ou ovale-arrondie, enroulée, compacte, solide, colorée,

42 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
tachetée ; spire enfoncée, ombiliquée, ouverture aussi longue que la
coquille, remontant un peu au-dessus du Vertex; sa partie supérieure
étroite, partie inférieure évasée ; lèvre simple, arrondie ou un peu com-
primée ; columelle courte et concave, avec un cal en croissant, blanchâtre,
réfléchi; mur pariétal lisse, avec un cal léger.
Animal pouvant se retirer complètement dans la coquille; bouclier
céphalique arrondi en avant, étire en arrière en deux lobes ; yeux écartés,
situés environ à la moitié de la longueur du bouclier ; pas de parapodies ;
pied grand, presque aussi long que la coquille, arrondi et tronqué en
arrière, tronqué en avant; gésier contenant trois plaques subégales et
semblables, cornées, dont la face externe est bombée en pyramide arrondie,
la face interne moins bombée et le pourtour festonné de six lobes plus
ou moins marqués ou inégaux, selon les espèces; radula de formule
l—II-I-Il-1, les latérales fortes, denticulées; les marginales petites, ou
simples plaquettes ; la médiane large, denticulée, analogue aux latérales.
Toutes les mers chaudes ou tempérées, mais surtout tropicales ; une seule
espèce européenne, atlantique et méditerranéenne certaine (actuelle) :
Bulla striata BRUGMÈRE (et de plus une ou deux coquilles dont l’animal
est inconnu : « Bulla utriculus >> Bnoccm). Voir Atys.
1. Bulla strîata. BRUGMÈRE, 1789, non B. sfriafa BROWN, ni « Lamarck »,
Quox et GAIMARD. - ? B. siriaia D,©RBIGNY (selon Pitseav, syn. de
B. amygdala DILLWYN qui est une des formes de B. siriaia Banc.),
Coquille modérément solide, ovale-oblongue, rétrécie aux extrémités ;
blanchâtre ou grisâtre, tachetée sur toute sa surface de gris violacé,
marbrée, et portant généralement une bande de mouchetures plus foncées
vers sa partie médiane ; surface lisse, montrant sous la loupe une striation
extrêmement tlne, spirale, serrée, plus forte, plus marquée et plus dist ante
A la base ; et aussi, prés du Vertex, quelques stries plus fortes, peu nom-
breuses, Près du Vertex, le dernier tour est un peu comprimé, et le Vertex
forme une bordure très comprimée, étroite autour de l’ombilic apical
largement ouvert, profond, montrant une striation interne; ouverture
étroite en haut, large en bas, columelle avec un cal brunâtre réfléchi ; cal
pariétal mince. — Haut. 24 mm. (parfois plus) ; larg. 13 mm. (ou plus).
Animal coloré comme la coquille ; pied large et court ; bouclier
céphalique échancré en avant, terminé de chaque côté par un lobe un
peu enroulé, tentaculiforme. Plaques du gésier au nombre de trois prin-
cipales, présentant cinq lobes arrondis sur la face libre et deux prolon-
gements coniques mousses, engagés dans la paroi musculaire; en outre
des masses plus ou moins informés en avant du gésier, plus aiguës (en
aiguilles) en arrière de ces plaques. La mâchoire est représentée par des
plages de bâtonnets chitineux. Radula de formule 30 >< 1-II-I-[I-l.
La dent médiane est large, courte et pectinée ; la première latérale allongée,
avec des denticules mousses de chaque côté, la suivante aiguë, triangulaire,

eunnxnaa. - BULLA 43
dentioulée seulement du côté externe ; la marginale trés petite, arrondie,
simple (rudimentaire).
Prairies de Posidonies. Régime végétal.
Espèce connue depuis le Pliocène et répandue, avec ses variétés (amygdala
DILLWYN, adansoni; occidentalis, rubiginosa), dans toutes les mers.
Méditerranée: Villefranche, Algérie, Espagne, etc.
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Fm. 5. —- Bulla striala. dissection.
Atlanti ue: Antilles, Floride, etc. Elle se trouverait dans le Pacifi ue,
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selon Bianca ; mais cet auteur admet l’1dent1té de l’espèce avec celle du même
nom de Quov et GAIMARD, identité mise en doute par PILSBRY.
REMARQUE. —— Les grands échantillons trouvés dans la Méditerranée
occidentale et atteignant 30 mm. sont plus solides, la lèvre est plus
comprimée, ce qui les rapproche de B. amygdala DILLWYN; comme
ces espèces, ainsi que B. rubiginosa (i0ULD, du Brésil, et B. occidenlalis
A. AnAMs (alba TURTON) ‘? (perslriala MKE., nux MKE. et lenuicula Mm;.)
sont des formes passant de l’une à l’autre par toutes les transitions de

44 Morwsoues oprsunoemucnss
forme, de couleur, de taille, et que d’autre part les échantillons fossiles
(de Floride) ne peuvent se distinguer de la forme vivante, on a été amené
a les réunir sous dénomination de « Groupe de Bulla siriala » ; chose
qui arriverait fréquemment si l’on pouvait se procurer de bien des
espèces animales un aussi grand nombre d’exemp]aires.
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FIG. 6. —- Bulla striata. - a, animal face dorsale et ventrale ; b, coquille ; c, coquille vue
par Papex ; d, apex grossi ; 0 plaque gésiale ; f, dent médiane ; g, dent latérale ; h, une
épine du gésier. ——- B. abyssicolu. —- 4, coquille.
Bulla siriala a eu une trés vaste aire de distribution; peut-être des
races différenciées sont—elles en voie de formation; la Méditerranée en
compte deux. Mais une seule a été étudiée anatomiquement.
Variétés Z media (Pmmrril; maculosa Mixarxmg ibyœ MEUscuEN.
2. Bulla abyssicola. DALL.
De grandeur moyenne ; presque de la forme de B. ampulla, mais plus
large en arrière; blanche; bande _iaune—brun à la périphérie 1 long.
12 mm. 75 ; ouverture aussi longue que la coquille : lèvre externe simple

BULLIDAE. - voLv1;L.x 45
presque droite, arrondie en avant et en arrière, ne dépassant pas le
sommet; apex creux, aucun tour visible ; sillons formés de points spi-
raux et des stries plus fines ; autrement, lisse. Columelle réfléchie et
un léger cal sur le corps.
Animal ?
Atlantique: Yukatan; Golfe de Gascogne (en mer profonde).
21. Bulla semilaevis Saounuza.
Calabre (fossile); Açores; Golfe de Gascogne.
B. subrolunda Jrarrnrzvs, 1873 (nom. nud.)
Algérie, Atlantique et fossile.
lNcEn'r.xE Sams
Bnlla strîatula sp. n. Formes, 1844.
B. lesla oblonga, cylindrica, laclea, lransverse undulalo-slriala longilu-
dinaliler obsolele slriala, verlice sublrancalo concave; spira manifesla;
apcrlura superne lincari, in/eme dilala. Lg. 0 3,/24 unc. —— Rio, Macri,
Servi, Crète, etc.
Bulla. turgidula sp. n. Formes, 1844.
B. lesla in/lala, ovala, alba, polila, inferne superneque lransversc slriala,
media laevissima; apice sublruncalo, umbilicalo, margine crenalo; spira
occulla; aperlura angusla, ulrinque subrosirala. Lg. 0 3/24 unc. — Servi,
Ancorgo.
Bulla cretica. sp. n. Forums, 1844.
B. lesia globosa, alba, laevigala, spira manifesla, umbilicala, margine
rolundala ; aperlura superne conlracla, inferne dilalala ; columella perforala.
Lg. 0 1/10 unc. 119 flh. — Crète.
Gen. VOLVULA A. A¤AMs, 1850 (l)
(non Volvulus OKEN, 1815 (Mollusque) ; non Volvulus BRULLÉ
(Coléoptère). ——- Volvulella NEwroN, 1891 (fossile); ?? Rhizorus Moivr-
FORT, 1810.
Coquille externe, subcylindrique-oblongue, atténuée à chaque extrémité,
le dernier tour prolongé en un bec plus ou moins long en haut ; spire
cachée; ouverture aussi longue que la coquille, très étroite, la lèvre
externe droite au milieu, simple, prolongée en haut; columelle un peu
épaissie avec un pli peu marqué.
Animal avec un disque céphalique sub-quadrangulaire, prolongé en
deux processus en arrière comme chez Relusa; en avant de ceux·ci,
les yeux. Pas de lobes épipodiaux ; pied plus court que la coquille.
1. Nom maintenu par PILSBRY comme suffisamment distinct de Volzmlua.

46 MOLLUSQUES oP1sTHoBRANc11Es
'l`ype V. acuminaia.
La coquille diffère de celles de Tornalina et de Relusa par les deux
pointes de ses extrémités (épine apicale). L’animal ressemble beaucoup
ai Relusa, mais la radula est inconnue.
Volvula acuminata. (Baucuxizae), (Bulle), 1792. —— (Bulle fucicola
CHIEREGHINI, 1870 (d’après l’auteur) ; `? V. oxylafa BUsH. ; ‘? V. persi-
milis Môacn.)
Coquille ovale-cylindrique, environ trois fois plus haute que large;
acuminée au sommet, arrondie à la base; spire cachée; mince, trans-
lucide, luisante, avec de très faibles stries spirales aux deux extrémités ;
ouverture très étroite, linéaire, élargie à la base; lèvre externe simple,
tranchante, flexueuse, arrondie à la base; bord columellaire arrondi;
couleur blanc hyalin. - Haut. 2,7 mm.; larg. 1 mm. ou un peu plus.
Animal comme il est dit pour le genre; insuffisamment connu.
Vaste aire de dispersion : Méditerranée ; Adriatique ; Atlantique, de Norvège
au Golfe de Gascogne.
Var. bl'8VlS PILSBRY. — Coquille plus courte, plus fusiforme. — Haut.
3,75 mm.; larg. 1,87 mm. —- Nord Europe; Méditerranée.
Var. 0Xyta.Éa. BUSH. — Haut. 4 mm. ; larg. î,5 mm. —- Côte Est Amérique
Var. persimîlîs Môacn —-— probablement synonyme.
Un grand nombre d’espèces ont été créées pour des Volvula provenant
de toutes les côtes ; les coquilles seules sont décrites et les descriptions
varient si peu que l’on ne peut se défendre de l’idée que ce ne sont que
de simples variétés, sauf une espèce américaine dépourvue de bec ou
épine apicale ; la connaissance de l’animal serait bien utile pour la com-
paraison.
La coquille est décrite comme blanche ou même blanc-bleuté, mais
figurée de couleur jaune pâle. Il est dit (PILSBRY, p. 235), à propos de
V. oœyiaia, que l’épiderme est jaune pâle et la coquille blanche; c’est
probablement ainsi qu’il faut interpréter les faits pour V. acuminaia
également.
Animal ‘?
Méditerranée et Adriatique; Atlantique, de la Norvège au Golfe de Gascogne;
Golfe de Suez; et peut-être circumterrestre.
Famille des GASTEROPTERIDAE
Bouclier céphalique non bilobé en arrière ; parapodies grandes, nata-
toires (leur envergure, quand elles sont étalées, dépasse la longueur
totale du corps) ; le pied ne forme aucun relief sur la face ventrale et
ses limites ne sont marquées que par un léger bourrelet; la coquille,

e,lsrEmn>ren1¤Ae. —- cssrenorrenom 47
très petite, interne, enroulée, est peut·ètre une coquille embryonnaire
conservée. Une branchie postéro·latérale. Radula Z 5-14)-1-5 et ô·I—0-I-G.
Pas ile gésier, ni xle plaques gésiales.
Deux genres, dont un est exotique.
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Fm, 7. - Gaslzropteron rubrum. — ll. animal vu du côté droit (un peu contracté) ; b. id.,
vu de face (un peu schématisé) ; c, partie médiane. dessus ; al, id., dessous ; e, coquille ;
f, la dent latérale dans ditïérentes positions; g, mâchoire z h. un des éléments de la
mâchoire ; i, moitié d’un rang de la radula.
Gen. GASTEROPTERON Kossxz, 1813
(üasleroptcra DE BLAINVILLE, 1825 ; Opipiera RAmNEsQ¤E `! Sar-
coplerus RAFINESQUE ; Parlhenopia UKEN, 1815, non Parlhcnope ScAccm ;
Clio maL1.E CHIAJE, non PALLAS, non D. GH., 1841.)
Trois espèces très voisines l’une de l’autre, dont deux sont exotiques.
Gasteropteron rubrum RAFINESQUE (Sarcopierus), 1814.
(Gaslmpfera meckeli DE BLAINVILLE, 1825 ; Clio amali DELLE Cmam,
1823 ; G. coccineum FÉnussAc.)

48 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Animal ayant trente à quarante millimètres de longueur et un peu
plus de largeur quand les parapodies sont étalées. Le bouclier céphalique
se relève en arrière et s’enroule en dessous ; son bord postérieur est entier.
Coloration générale rouge ou rouge rosé ; ou pointillé rouge, inégalement
réparti, sur fond rose pâle ; les pourtours des parapodies et du bouclie1·
céphalique sont fréquemment plus pâles ou presque blanc-bleuté.
La branchie est petite, latéro-postérieure droite, visible lorsque les
parapodies s’écartent ; la masse viscérale contenue dans le manteau,
qui est indistinct, forme une masse sphérique en relief sur les parapodies
qui s’en détachent latéro-ventralement; il y a un prolongement fila-
menteux (flagellum).
Pas de gésier pourvu de plaques dures; mâchoires semi-circulaires,
formées de bâtonnets chitineux ; radula de formule 5-I-0-[-5, la dominante
grande, aiguë, dentieulée, les marginales très petites, simples.
La coquille enroulée, tr«`·s petite, interne.
Espèce fréquente dans la Méditerranée, dans les dragages à Villefranche;
Banyuls; côtes d’Italie, Sète. Atlantique: côtes de France; Guadeloupe,
Floride.
Le Gasteropteron rampe peu, mais nage volontiers et fréquemment dans
les aquariums, par battements des parapodies, mais par à-coups, et pas très
longtemps; les parapodies battent simultanément, et à chaque battement
l’animal se retourne sens dessus-dessous.
Famille des AGLAJIDAE (1)
(Syn. : Aceridae p.p. ; Doridiidae.)
Cette famille de Céphalaspides diffère peu, par son apparence externe,
des Philinidae ; il y a, comme chez celle~ci, une coquille interne à dernier
tour étalé, une division apparente en quatre parties : bouclier céphalique,
bouclier dorsal postérieur, couvert par le petit manteau qui contient
cette coquille, et deux parapodies relevées. qui ne sont séparées du pied
par aucune limite visible ; un pied tronqué en arrière, plus court que la
partie surplombante qui couvre la branchie et qui prolonge le bouclier
dorsal ; absence de tentacules (2) et existence d’un organe feuilleté dans
le sillon qui sépare le bouclier du pied ; un pénis antérieur droit, et une
gouttière génitale ciliée. Mais la dissection montre des divergences impor-
tantes : non seulement, comme aux Philinidés. les mâchoires manquent,
mais il n’y a ni radula ni plaques gésiales. Pénis inerme avec gouttière
externe, et gouttière génitale très longue.
Plusieurs genres ont été nommés ; mais si certains noms doivent
tomber en synonymie, il en est certainement qui sont justifiés par des
différences anatomiques encore insuffisamment connues chez cette famille,
1. Le nom d’Aglaju· (RENIER) n’éta·it préemployé qu’ei1 botanique.
2. Sauf une exception : genre Nzwamm:.

AGLAJIDAE. —- .xuLAJ,~. 49
qui est principalement exotique, et chez laquelle les parties dures (suf
la coquille) font entièrement défaut. Or cette coquille étant interne,
très fragile et sujette à se dissoudre dans les liquides conservateurs,
est d’un faible secours. Elle ne peut varier que par le rapport de la longueur
à la largeur et par la profondeur du sinus qui sépare le dernier tour.
Dans un seul cas, elle est un peu creuse et bulliforme.
Toutes les mers chaudes et tempérées ; Méditerranée.
Gen. AGLAJA REMER, 1804 et 1807
(Syn.: Daridium MEc1<EL, 1809; Acera Guvinn, 1810, nan Mütuzn
et DE BLV. p.p. ; Eidoihea Risso, 1826; Lobaria BLV. ; Melanochlamys
tl1~iEEsEMAN `?; Philinopsis Psn.; Bullidium LEUE, 1913; P0sler·0bran—
chaea D’0RB., 1837.)
Les espèces méditerranéennes, qui ont été les premières connues,
sont de grande taille, 40 à 60 mm. env. ; de forme cylindrique un peu
aplatie, avec le bouclier dorsal prolongé en arrière par une membrane
(manteau) couvrant la branchie, qui part de droite et s’incline à gauche,
et qui est bipennée ; au-dessus de sa naissance est l’anus, et au·dessous,
un peu en avant, l’orifice génital.
Il y a un gros bulbe buccal, deux petites glandes salivaires, un œso-
phage court ou presque virtuel suivi d’une poche qui précède le foie.
Cette poche, que BERGH appelle estomac, ne reçoit pas la sécrétion hépa-
tique, et de plus, dans un cas où j’ai pu la disséquer, je l’ai trouvée très
musculeuse avec les parois épaisses et divisée en trois parties ou poches :
deux larges et une étroite, qui rappelaient les circonstances trouvées
chez les Bullidés ayant un gésier et des plaques masticatrices. Je considère
donc cette partie comme un gésier sans plaques, et n’appelle estomac
que la cavité plus restreinte où débouche le foie.
La coquille est très aplatie, avec un petit nucléus de un ou deux tours
environ, le dernier tour en forme de virgule finissant en pointe plus ou
moins aiguë.
De ce genre ont été séparées, outre Navanaœ, des espèces ayant deux
prolongements en queue d’hirondelle (Chelidonura) ; une espèce sans
bulbe buccal musculaire (Boridium) ;et pourrait encore être séparée
une espèce de DALL à coquille bulliforme ; toutes sont exotiques et habitent
les mers tropicales; leur étude est encore fort incomplète.
Gomme l’indique la conformation du tube digestif, sa partie antérieure,
facilement dévaginable, doit s’emparer de proies variées, animales, et
les ingurgiter entières. J’ai trouvé à son intérieur de petites Philines, et
il a été trouvé chez une Aglaia une Annèlide à demi avalée.
La taille est extrêmement variée: de la Méditerranée sont connues
deux grandes espèces et une très petite ; les grandes, sur les côtes d’Italie
et de France et dans l’Adriatique ; la petite en Tunisie ; et de très petites
4

50 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
espèoes sont trouvées au Maroc. Leur description est en voie de publi-
cation.
En général la couleur est sombre, tachetée ou pointillée de clair et
fréquemment bordée de deux bandes, jaune et bleue ; cette bordure
ne suffit pas à caractériser une espèce, car elle se retrouve chez plusieurs
espèces et chez le Second genre (Chclidonura), de même que chez un Asco-
glosse : Thuridilla, et elle est parfois inconstante.
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FIG. 8. -· Aglazia tricolomta. -- a, animal vu de dos ; b, partie postérieure; c, coquille
fûrtement grossie; d, id. autre figure; e, cœur et péricarde; f, organes génitaux;
g, pénis avec prostate de deux espèces d’Aglaia,
l. Aglaja tricolorata REMER, 1804. —— Doridium membranaceum
l`/IECKEL et D. coriaceum MECKEL; Aceru carnosa (juvmn; Doridium
meckeli DELLE GHIAJE (T) ; Accra marmorala CANTRAINE ; Doridium
iuberculatum DELLE GHIAJE.
Longueur 40 à 50 mm. — Bouclier antérieur moins long que la partie
postérieure, qui est partagée en arrière en deux lobes bien séparés, arrondis,

AGLAJIDAE. — AGLAJA 51
dont le gauche, plus long que le droit, se termine en un ilagellum etlilé.
Le bouclier antérieur est tronqué en avant, un peu anguleux en arrière,
terminé en un lobe arrondi, qui surplombe le lobe postérieur. La coquille
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Fm. 9. —- Aglaja depiota. - a, anima.} vu de dos ; b. coquille grossie ; c, autre dessin de
l’animn.l ; d, deux individus accouplés ; e, id., autre figure ;_f, bulbe dévnginé. —- A. 86%*
rati. —- g, animal très grossi vu de dos ; h, face ventrale ; i, coquille.
est petite; le dernier tour, bien séparé par un long sinus, a son bord
antérieur bien arrondi, non abrupt, et la coquille est plus élargie trans-
versalement que celle de l’espèce suivante. Cette différence dans la forme
de la coquille est le meilleur signe distinctif entre elles, car le flagellum
peut manquer et la couleur est variable.

52 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Couleur de l’animal: brun, châtain ou café au lait, avec nombreuses
petites taches rondes, blanches, perlées. Sole pédieuse d’un noir velouté.
Il a été décrit une bordure bleue étroite et une ligne orangée plus interne ;
mais cette bordure n’est pas toujours mentionnée et semble ètre incons-
tante chez cette espèce, tandis qu’elle est toujours présente chez l’espèce
suivante; fait qui a créé de la confusion dans la synonymie. La partie
postérieure et l’intérieur des parapodies est plus claire que l’extérieure.
Toute la Méditerranée et l’Adriatique.
2. Aglajn depicta REMER, 1804. —- Doridium aplysiaeformis DELLE
C·1~11AJE ; Eidoihea marmoraia Risso, 1826 ;Acera carnosa D. GH., CAN-
TRAINE ; Accra carnosa Cuvier. (1).
Plus grande que la précédente, elle atteint 60 mm. La partie posté-
rieure du manteau diffère par la disposition à peine lobée d’une mem-
brane ample et plissée, dépourvue de tout tlagellum. La couleur est
sombre, pourprée, avec un pointillé blanc groupé en taches irrégulières,
et il y a autour du bouclier céphalique, du postérieur et des parapodies
une bande bleue (RENIER la décrit comme vert de mer) et plus à l’in-
térieur une bande orangé vif; ces bordures paraissent constantes, ainsi
que deux courtes lignes jaunes longitudinales sur la partie antérieure
du bouclier céphalique (2).
La coquille est un peu plus grande, plus allongée antéro-postérieurement,
avec un sinus plus court et un corps plus carré (3).
Toute la Méditerranée et l’Adriatique.
3. Aglaja seurati (VAYSSIÈRE), (Doridium), 1926.
Petite espèce de 10 mm. sur 5 à peine, blanche, à coquille allongée
antéro-postérieurement à sinus très court. Les parapodies petites et
épaisses; le bouclier céphalique allongé, arrondi aux deux bouts, sur-
plombant un peu le postérieur.
Cette petite espèce n’a été trouvée que dans le Golfe de Gabès, Tunisie
l. CUVLER. tenait les deux espèces méditerranéennes de RENIER pour une seule espèce.
Leur couleur très variable ne suffit pas à les distinguer ; les figures par VAYSSIÈRE repré-
sentent des cas extrêmes. Mais aussi bien RENIER que BERGH (1833) décrivent des bor-
dures jaune et bleue aussi bien chez l’une que chez l’autre. C’est donc par leur partie
terminale et par la coquille qu’0n les reconnaîtra le plus sûrement ; et par les deux
stries de depicta.
2. Mentionnées par Rlsso.
3. La synonymie des espèces est incertaine, le flagellum n’est pas toujours figuré,
ni la coquille.
Remarque : Bien que le genre Bowldium ne soit pas encore oiîiciellement établi,
je saisis cette occasion de le confirmer : Proposé par BERGH dans une note au bas d’une
page en 1901 a pour le cas où serait confirmé le caractère constaté sur un échantillon
en très mauvais état: absence totale de bulbe buccal ». Or je me trouve en mesure de
confirmer ce caractère, constaté sur un échantillon en très bon état de conservation;
fait non encore publié; et par conséquent de donner la sanction demandée au nom de
genre Boridium.

nuNc1N1nAE. — RUNCINA 53
Famille des RUNCINIDAE
Cette petite famille a été placée par les différents auteurs dans diffé-
rentes sections des Tectibranches: Pleurobranchidae par MAZZARELLI;
entre ceux·ci et les Bulléens par VAYSSIÈRE. Bien qu’aberrante par cer-
tains caractères, elle se rapproche cependant davantage des Bullidés par
l’existence d’un sillon cilié génital, et surtout par l’existence d’un gésier
contenant des plaques cornées dentelées.
Très petits animaux généralement sans coquille, sans bouclier cépha-
lique distinct, bien qu’on puisse en trouver une trace dans une zone
dépigmentée délimitant la tête derrière les yeux, sans trace de parapodies.
Munis d’une branchie rudimentaire formée d’un petit nombre de feuillets,
située en arrière, dans le sillon sous-palléal, près de la ligne médiane,
à droite. Anus également postéro—latéral droit; pore rénal de même,
et en outre une « glande anale ». Pas de tentacules postérieurs ; de courts
palpes, seulement dans un genre exotique. Deux glandes salivaires;
des glandes vestibulaires ; une glande annexe du gésier (glande gastrique).
Piadula 1-l-1 ou 2-I-2; des mâchoires formées de bâtonnets.
Le gésier contient quatre plaques solides, grossièrement dentées sur
leur face interne.
La reproduction est directe (sans métamorphose), du moins chez
Runcina.
Outre le genre déjà nommé, la famille en contient un autre : Runcinclla
Ommnn, qui est exotique (1).
Gen. RUNCINA Foanss et HANLEY, 1853
(Syn. : Pella QU.vrnEFAoEs, non Bisex, 1837 ; Chalidis PHILIPPI, 1852 ‘?
Chalidis Quyraemees; Limapontia p.p. Ann. et HANc., 1846.)
Animaux de très petite taille, quelques millimètres. Sans coquille.
'Fentacules nuls. Branchie formée de quelques plis sous le manteau.
Radula 1-I-1, la médiane large, denticulée, les latérales crochues.
1. Runcîna. coronata (Quxrneraees) (Pelle) 1844 « ornafa Qres. »
Môacn. non QFc;s;R. hancocki Formes et HANLEY, 1853; Pelfa nigra
CHENU ? Runcina viridis Formes et HANLEY.)
Petit animal limaciforme, long de 4 mm. environ. Coloration brune
plus ou moins foncée sur la tête et le dos ; formée de petites taches brunes
ou parfois noirâtres. Les yeux sont visibles dorsalement dans des aires
sans pigmentation, et une bordure claire entoure la tête en avant et en
arrière, ainsi que le manteau. Pied plus clair, dépassant le manteau en
arrière pendant la marche.
1. Rimcimzlla n· ln. formule radulaire 2-I-2.

54 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Intesîin presque en ligne droite. Développement direct, sans larve
véliger.
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FIG. 10. -—- Runmlmz coronatu. -— a, anixnel vu de dos ; b. le même d’après un autre auteur ;
e, un entre individu; d, tance ventrele ; e, très jeune individu venant d’ée1ore ; f, id..
face la/gémle droite; g, partie antérieure, dessous: h, brenchie; i, plaque gésinle, de
face et de profil ; i, plaque d’un individu jeune ; lc, dents : l, un rang de la. redule chez
le jeune ; m, id. chez l’edu1te ; n, 0. ensemble des organes internes ; p, tube digestif ;
q, coupe transversale du gésier (schématîsée) ; 1*, coupe longitudinale avec une glande ;
s, jeune sortent de l’œuf.

nuncxmoae. — nuncmx 55
Mâchoires formées de bâtonnets.
Radula 1-I-l.
Dents: Médiane large, sans cuspide, bilobée, avec deux groupes de
2-3 denticulations tournées obliquement les unes vers les autres. Laté-
rales crocbues, denticulées. _
Les très jeunes individus sont ovales et blanchâtres.
Plaques du gésier robustes, à denticulations grandes, aiguës, peu
nombreuses, formées de crêtes crantées, obliques, irrégulières.
Toutes les côtes, Atlantique et Méditerranée. Italie ; Banyuls ; Villefranche
R. calarilana GOLOSI en est un synonyme probable. Bien que l’auteur
de— l’espèce affirme qu’elle est nouvelle, il ne fournit pas de caractères
distinctifs. La coloration et la taille sont celles de R. coronafaç au sujet
de la radula, je reproduis ici ce qu’en dit l’auteur: « En ce qui regarde
la radula, je répète la description qu’en donne Vrwssiisae pour la R.
comnala, parce qu’à un examen assez sommaire il m’a semblé que cet
organisme était semblable chez les deux espèces, ce qui ne m'e pas induit
à en faire un examen plus attentif. »
Une autre espèce, atlantique, a été trouvée sur la côte marocaine.
Description sous presse.
2. Runcina capreensis MAzzAnELL1, (Pella), 1892 (et 1893). .
Aucune trace de coquille. Estomac avec deux orifices hépatiques;
le lobe hépatique gauche plus grand que le droit. Anus subterminal.
Cœur et rein très simples. Une seule otolithe. Glande hermaphrodite:
les acini femelles entourent les mâles. Une vésicule de Swammerdam
(spermatothèque). Pénis indépendant de l’orifice génital ; pas de gouttière
externe (7).
L'espèce est probablement synonyme de R. coronaia, mais MAZZARELLI
a donné des détails obtenus au moyen de coupes.
l..’absence de gouttière ciliée constitue une différence avec la coronala,
mais s’explique mal, avec le « pénis indépendant de l’0rifice génital ».
Y a—t—il un canal déférent clos ?
Méditerranée: Golfe de Naples.
Deux espèces américaines R. prasina (Môacn), des Antilles, et R.
inconspicua Venmm. diffèrent un peu par la couleur et la forme.
Famille des SCAPHANDRIDAE I
(loquille spiralée, externe ;spire enfoncée ou cachée ; de forme variable.;
animal avec un pied court sub-quadrangulaire, tronqué ou bifurqué
en arrière ; bouclier céphalique sans tentacules et sans lobes postérieurs
distincts ; parapodies bien développées ; radula ayant une dent médiane
très petite et une latérale (dominante), très grande, crochue, de chaque

56 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
côté, et parfois de petites marginales en petit nombre ; gésier contenant
trois plaques calcaires, inégales, non tuberculées ni crénelées.
N. B. —— Cette famille était particulièrement hétéroclite ;il n’y a en effet
aucun caractère certain pour servir de lien entre les genres qui la com-
posent. Les coquilles se ressemblent fort peu ; l’anatomie n’est connue
que pour certains d’entre eux. La diagnose de la famille fait état des pla-
ques du gésier; or, certains genres ont des plaques «cartilagineuses »
et non calcaires, d’autres n’en ont pas du tout. La radula enfin est diverse,
et pour certains, encore inconnue.
Cette famille est donc démembrée ici. Rares dans les collections,
les coquilles seules s’y trouvent plus ou moins bien déterminées ; les
« parties molles » font défaut, et ce n’est pas en ce moment qu’il est,
et qu’il sera facile, de combler les lacunes.
Gen. SCAPHANDER Mourronr, 1810
(Syn.: Assula ScrwMAcHEa, 1817; « Trikla Rathke » auctt. (1).)
Coquille externe, imperforée, ovale, assez solide ; Vertex étroit, concave,
fermé par un cal par dessus la spire ; ouverture aussi longue que la coquille,
sinueuse en arrière, rétrécie en haut, élargie et étalée en bas ; columelle
longue, simple, concave, avec bord réfléchi, contigu.
` Disque céphalique quadrangulaire ou pentagonal, ou hexagonal, dont
le bord postérieur se prolonge en deux lobes mousses, courts ; pas d’yeux
apparents; pied à peu près de la longueur de la coquille, tronqué en
arrière; parapodies grandes, bien développées; gésier contenant deux
plaques triangulaires à angles mousses, et à surface interne élevée, plane,
et une petite plaque comprimée latéralement, lancéolée ; radula petite,
formule I-1-I. La dent médiane petite et faible ou vestigiale, la domi-
nante grande, courbe, mousse, finement denticulée; pas de mâchoire;
glandes salivaires petites, courtes. Pénis grand, papilleux, inerme, avec
prostate.
Deux sous-genres: Scaphcmder s.s. et Sabafia, qui en diffère par un
pli du pilier de l’ouVerture de la coquille.
1. Scaphander lîgnarius (LINNÉ), (Bulle), Syst. Nat., XII, p. 1184.-
Assula convoluia SCHUM., 1817; Scaphander giganleus Rxsso; Sc. bro-
wnii LEACH.
Coquille grande, solide, ovale, atténuée en haut, tronquée abruptement
au Vertex qui est étroit; élargie en bas ;surface inégalement sillonnée
partout, les sillons beaucoup plus serrés près des extrémités ; ouverture
aussi longue que la coquille, avec large sinus en haut, là où la lèvre externe
s’insère sur le Vertex calleux et concave ; très élargie en bas ; columelle
très concave, bordée par un cal réfléchi également, qui se continue sur
1. Ce nom avait été donné à. un bulbe buccal isolé.

scA1>aAN¤moAa. — scapumnen 57
la paroi jusqu'au vertex ; tous les tours de spire de la columelle se voient
du côté de la base. Coloration rouge-brun plus ou moins foncé et strié
de lignes plus foncées (ressemblant à du bois avec ses stries, d’où son
nom).
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Fm. 11. - Scaphzmder lignarius. —- cz, anima.! vu de dog : b, coquille grosgie ; c, plaques
gégîales; d, une partie de la radula.; e, pointe d’une dent; f, bulbe buccal; g, dent
médiane ; h, gaine péniale et ses appendices. — Sc, pumtostïîaius. ·- 'E, coquille ; j, dent,
médiane.
L’animal est blanc, charnu, peu mobile ; non complètement rétractile
dans sa coquille. Sa nourriture consiste en Dentales, selon Jeannette
Powszn ; mais le régime est beaucoup plus varié, selon les régions : Phas-
colosomes, Gastéropodes, Vers, etc. ; toujours animale.

58 MoLLUsQUEs OPISTHOBRANCHES
REMARQUE. -— PILSBRY indique, dans son texte, 60 mm. comme hauteur
de la coquille; sur sa Pl. 31, fig. 17, la mesure indiquée est de 28 mm.
et sur la fig. 24, Pl. 32, la coquille mesure 38 mm. : selon mon expérience,
les coquilles de 28 à 30 mm. sont les plus fréquentes en Méditerranée ;
à Banyuls où S. lignarius de grande taille n’est pas rare, il atteint la
taille de la fig. 24 citée, mais non 60 mm. de hauteur de coquille.
Atlantique, de la Norvège à Gibraltar, et Méditerranée: Marseille, Sète
Banyuls, etc.
De nombreuses variétés (minuscula; iargioni ; brillanica ; curla ;
hidalgoig alba ; et les formes fossiles : sublignarius ; graleloupi; foriisii)
ont été nommées, caractérisées par les proportions et la couleur de la
coquille.
2. Scaphander punctostriatus (Mmnms), (Bulla), 1841. —— S. libra-
rius LovEN, 1846.
Coquille solide, ovale, un peu rétrécie, mais non contractée en haut;
le vertex très étroit, à peine tronqué, creusé de lignes spirales de petits
points; vertex étroit, indistinctement bordé, mais un peu concave;
la lèvre insérée au milieu; ouverture étroite en haut, élargie en bas;
lèvre externe s’abaissant vers le vertex, s’étalant en bas; columelle
largement concave, bordée d’11n étroit cal blanc; le cal pariétal léger,
translucide; le dernier tour seul visible de la base. Couleur beige ou
brun pâle, l’intérieur blanc porcelaine. Sculpture de lignes spirales.
Haut de 8 à 30 mm.
Animal semblable au S. lignczrius. Dent médiane plus quadrangulaire ;
plaques gésiales plus allongées, blanches.
Atlantique: Islande; Shetland; Norvège à Golfe de Gascogne; Açores.
Méditerranée: Sicile. Côte Est de l’Amérique du Nord.
3. Scaphander (?) vestitus PH11.1PP1 (Philine}.
Connu seulement par la coquille, qui paraît être externe et ne peut
donc être celle d'une Philine.
Gen. CYLICHNA LovÉN, 1846
(Syn. : Bullina Risso, 1826 ;n0n Fânussac, 1822; Cylindrella Swams.,
1840, non PFEIFFER, 1840; Cyclina GRAY, nan Dasnavas, 1850;Bulli-
nella NEW·roN, 1891 ; Crypiazcis Jiarrmzvs, mm Lowiz ; « Oliva KLEIN »
H. et A. ÀDANIS; Cylichnella GABB (sous-gz.), Mneslia H. et A. ADAMS
(sous-g,).
Coquille étroite, cylindrique, unie ou avec stries spirales; ombiliquée
ou avec ombilic fermé; parfois léger pli columellaire.
Animal avec bouclier céphalique long ou carré ou un peu échancré
en arrière. Radula: n-I—1-l—n; le nombre n. étant variable de 2 à  

scxrnmonroxn. —- cvmcnua 59
Mâchoires formées d’éléments épineux imbriqués. Plaques du gésier
trois, égales, calcaires, simples, coniques allongèes, non rugueuses.
1. Cylichna cylindracea (PENNANT), (Bulla), 1777.
(Syn. : Bulla oliva GMEL. S. N. XIII, p.   ;Bulla cylindrica BRU-
cuiians; Bulle producla BROWN; Bulla convolula Bnoccm; Cylindrella
alba Baown.)
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FIG. 12. -— Cylichna lruncata. — a, animal vu du dessous 5 b, vu de dos (fortement grossi) ;
c, coquille. -- C. parvula. —- d, coquille. -— C. cylindracea. —- c, animal vu de dos;
f, partie antérieure du tube digestif ; g, plaques gésiales ; h, i, radula. -— C. alba. -—
j, radula. et une dent; k, plaque gésiale. —- C. propirzqmz. -—- l, animal vu de dos.
Coquille cylindrique ; côtés parallèles, se rapprochant aux deux bouts ;
tronquée en haut, solide, opaque, un peu luisante ; sommet, un disque
creux, bordé par une crête anguleuse ; tours de spire non visibles ; ouver-
ture longue, étroite, à bords parallèles en haut, sfélargissant en bas,
brusquement. Lèvre fortement rétractée en haut, formant un sinus
rofond, droite au milieu, de nouveau rétractée, et élar ie à la base.
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(lolumelle épaissie, avec un large pli distinct. Cuticule jaune-brun ;
sculpture : fines stries spirales, nombreuses, superficielles. Long. 7,5 mm.
Animal avec disque céphalique long, tronqué en avant et en arrière.

60 MoLLUsQUEs OPISTHOBRANCHES
Mâchoires composées d’èpines imbriquées. Trois plaques gésiales calcaires.
Radula: 5-1-1-1-5; médiane denticulée,
Atlantique: de Norvège aux Canaries; Açores; Ouest africain. Méditer-
ranée; Ascension, etc.
2. Cylichna alba (Baowiv), (Volvaria), 1827. —— Bulla iriiica CoUrH. ;
Cylichna elongala LOCARD.
Coquille oblongue un peu cylindrique, s’atténuant aux deux bouts,
blanche. Ouverture étroite en haut, élargie en bas, plus large que chez
C. cylindracca ; lèvre courbée de même. Columelle épaisse, mais à peine
plissée; apex imperforé, concave, entouré d’une crête. Cuticule beige;
surface polie, stries spirales fines, très serrées, superficielles, visibles
à la loupe. Long. 5,5 mm., larg. 2 2/3.
Hadula 5-I—1-I-5, la médiane courte et large, denticulée, sans cuspide ;
la lm latérale crochue, denticulée du côté interne ; les suivantes simples,
courbes.
Atlantique: Groenland, Spitzberg; Cap Cod; Golfe de Gascogne.
Var. Gûrtîûafâ. Bacn : Bulla nucleola, REEVE: Norvège, Groenland.
3. Cylichna occulta (l\I1cHELs), (Bulla), 1844. — Bulla siriala Baowx ;
B. siriaia Jrzrrasvs, non BRUGMÈRE ; Bulla reinhardi Hom. ; NIOLLER ;
LECHE (7). Bulla scalpia REEVE; Bulla propinqua M. Saas.
Coquille assez renllée, à striation spirale bien marquée.
Spitzberg; Groenland; Norvège.
4. Cylichna. parvula JEFFREYS, 1883. —— Crypiaœis parvula MONTE-
aosA·r0.
Coquille cylindrique-courte, petite, assez solide, translucide, Iuisante ;
lignes de croissance nombreuses, onduleuses, trés lines; apex entouré
d’une crête épaissie; nucléus globuleux visible chez les jeunes; spire
enfoncée ; couleur blanche ; ouverture contractée en haut et au milieu,
élargie en bas ; lèvre arrondie en haut et en bas, dépassant un peu l’apeX,
encoohé à la base. — Haut. 0,06 inch. ; larg. 0,03 inch.
Méditerranée: au large de la Crète.
C. elongaia, du Golfe de Gascogne, est un nom. nud. par JEFFREVS.
Famille des DIAPHANIDAE
Coquille petite, généralement incolore, mince, translucide, arrondie
ou ovale-conique ; spire nette, ou aplatie ou un peu enfoncée ; columelle
avec ou sans pli.
Bouclier céphalique sans lobes postérieurs marqués ; pas d’épipodies;
manteau avec un lobe postérieur et une glande. Plaques gésiales nulles.
Pas de mâchoire; radula 1-l-1, la médiane denticulée, la latérale
simple, avec ou sans cuspide.

DIAPHANIDAE. — DIAPHANA 61
Gen. DIAPHANA Bnown, 1837
(Syn. : Amphisphyra LovÉN, 1846; Physema H. et A. .»\DAMs, 1854.)
Coquille petite, incolore, mince, arrondie ou ovale-piriforme, ombi-
liquée. Spire élevée ou plane, ou enfoncée; ouverture étroite en haut,
élargie en bas; lèvre un peu étirée; columelle sans pli, plutôt, droite.
Pied étroit, érhancré en arrière. Tête avec un petit lobe de chaque côté.
‘ Dent médiane échancrée en avant, denticulée; marginale avec cuspide
longue, unie.
Mers froides. Les autres genres de cette famille se trouvent principalement
dans l'Antarctique. _
1. Diaphann minuta (BRowN), 1837. (Ulriculus}. — Bulla hyalina
TURTON; Amphisphgra hyalina LovÉN; Uiriculus pellùcidus BROWN;
U. candidus BROWN.
Coquille très mince, fragile, hyaline, ovale-cylindrique ; vertex rétréci
involué, tronqué et déprimé; 3 à 4 tours; suture distincte; ouverture
ai peine plus courte que le dernier tour, très élargie en bas ; lèvre externe
llexueuse, à angle supérieur obtus, arrondi, un peu infléchie au·dessus
du milieu, évasée·arrondie en bas; columelle courte, un peu flexueuse;
ombilic étroit, fissiforme.
Haut. 5 mm.
Scandinavie ; Grande·Bretagne ; Baie de Kiel ; Côtes atlantiques de France ;
Madère; Canaries. Méditerranée: Sicile; Naples.
2. Dîaphana expansa (JEFFREYs), 1864, (Amphisphyra). —— Bulla
globosa CANTRMNE.
Coquille très mince, hyaline, irrégulièrement ovale, renflée, la largeur
égalant la hauteur; base élargie obliquement; vertex étroit, presque
tronqué, involué ; 3 à 4 tours ; le pénultième un peu proéminent ; ouver-
ture étroite en haut, écartée du vertex, très élargie en bas ; lèvre externe
étroitement arrondie en haut,,puis infléchie, arquée obliquement en bas ;
columelle presque droite; ombilic étroit, mais distinct,.
Yeux invisibles; pied plus étroit et plus long*que chez D. globosa.
Atlantique: Iles Shetland; Norvège; Golfe de Gascogne; Méditerranée:
Sicile: Palerme.
3. Diaphana qundrata (Momrnnosxro), (Amphisphyra), 1874.
Coquille petite, plus large que haute, très fragile, transparente, sans
sculpture; spire tronquée, 3 tours convexes, anguleux inférieurement;
séparés par une suture profonde; ouverture subquadrilatère, détachée
à la partie supérieure; columelle perpendiculaire, ombilic profond.
Méditerranée: St-Vito et Palerme, Sicile, eau profonde.
4. Dîaphanwventricosa (JEFFREYS), (Amphisphyra), 1864. — Amphis-
phyra globosa JEFFREYS, non LovÉN; Ulriculus ventrosus JEF?.

62 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Coquille globuleuse-auriculée ; presque transparente, luisante, un
peu prismatique ; stries longitudinales serrées, fines, courbes, plus serrées
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FIG. 13. -— Volvulu. acwminata. ·- a, animal vu de dos et de côté ; b, coquille. —-Déaphamz
globosa. -—- c, animal vu du dessous ; d, dents ; e, stylet pénîal. — D. minuta. — f, coquil-
le. -- D. ezvpansa. -- g, coquille. -·- Diaphamz sp. —- h, coquille. -- Retusa irurwula. -·-
i, animal vu de dos 5 j, coquille ; k, gésier avec plaques et Foraminifères ; l, les trois
plaques gésiales. - R. nitidula. - =m, coquille.
au bord supérieur du dernier tour ; croisées par quelques lignes spirales
indistinctes ; mais surface non réticulée ; épiderme peu marqué ; couleur
blanchâtre, légèrement teintée de rouge-brun près de la lèvre externe ;

DIAPHANIDAE. -— DIAPHANA 63
spire petite, tronquée, plane ; 3 tours, légèrement anguleux au sommet,
le premier ovale et tordu, le dernier proportionnellement énorme ; suture
très profonde, canaliculèe ; orifice large, presque ovale, contracté en haut
par la projection de la périphérie (?), base unie et courbe, lèvre externe
semi-circulaire, la partie supérieure est de niveau avec la spire; angle
externe arrondi, interne non détaché (seul échantillon disponible in-
complet) ; lèvre interne formant une pellicule blanchâtre étalée sur
la partie interne supérieure, repliée sur le pilier, en arrière duquel elle
forme un étroit sillon ombilical; pilier faible, courbe, pli indistinct.
Haut. 0,125 inch. ;larg. 0,1 inch.
Animal ?
Grande-Bretagne. Ex. de Pusnnv: Glenelg—on-Sky?
5. Dîaphana. densostrîata (LECHE), (Ulriculopsisl, 1878.
« Coquille renflée, sub—globuleuse, assez solide, translucide; stries
longitudinales serrées, en creux ; spire cachée, l’apex perforé ; ouverture
large, arrondie mais non élargie en avant, étroite en arrière, dépassant
la spire; lèvre tranchante, arquée, proéminente en arrière; columelle
sinueuse-arquée, couverte d’un fort cal. » — Haut. 6 mm., larg. 4 mm.
« Karish sea. »
REMARQUE. — Cette diagnose est traduite d’après P1LsBnY, qui ne
l'accompagne d’aucun commentaire; il parait cependant évident que
l’auteur dont il a transcrit le texte a placé sa coquille dans une position
inverse de celle adoptée pour toutes les autres.
6. Diaphana globosa. (LOVÉN), (Amphisphyra), 1846. —- Uiriculopsis
vitrea M. Sans, 1870.
Coquille seulement; non fig. 15, animal qui est Philine vilrea (selon
PILSBRY).
Coquille très mince, vitreuse, subglobuleuse; base obliquement
arrondie ; vertex étroitement tronqué et perforé, spire presque cachée ;
ouverture aussi longue que la coquille, étroite et « supine » en haut,
étalée en bas; lèvre externe dépassant le Vertex, sub—anguleuse, obli-
quement arquée en bas ; columelle flexueuse ; ombilic distinct. —-Haut.
4 mm.
Animal ?
Scandinavie.
Famille des PHILINIDAE
Céphalaspides à coquille interne, calcaire, à grande ouverture, recou-
verte par le manteau qui ne laisse au·dessus d’elle qu’une ouverture
presque virtuelle ; généralement incolore, parfois un peu irisée et sculptée ;
constituée presque entièrement par le dernier tour, qui est peu profond
ct très dilaté. Apex non saillant.

G4 MOLLUSQUES OPISTHOBBANCHES
Animal avec parapodies charnues, allongées ; bouclier céphalique
de forme variable, parfois bilobé en arrière. Radula composée de deux
séries de fortes dents crochues et denticulées, et parfois de une à six
latérales petites, non denticulées (1). Il y a un fort gésier masticateur
contenant ou non des plaques, qui sont au nombre de trois, épaisses
et dures ou bien cartilagineuses-cornées. Pas de mâchoires.
Radula I-0-I ou n-1-0-I-n.
La famille a été décomposée en genres et sous-genres principalement
basés sur la coquille, et qui n’ont pas été acceptés par tous les auteurs :
ils auraient besoin d’être révisés au moyen des caractères internes, qui
sont loin d’être connus pour toutes les espèces. Philine vesiifa est une
espèce dont la coquille est probablement externe et que, pour cette raison,
j’ai placée provisoirement parmi les Scaphandridae. Les espèces des côtes
européennes se répartissent entre les genres Philine, Laonia, Hermania
et Ossiania; le plus grand nombre sont trouvées sur les côtes Nord et
ont été décrites par SARS en Scandinavie; mais la famille compte aussi
de nombreuses espèces dans les mers tropicales. Il en a été nommé près
de cent, dont certaines sont synonymes entre elles.
RELIARQUE. —— Pitseny a inclus le genre Chelidonum dans cette famille ;
il est beaucoup plus proche de Aglafa par la forme de sa coquille comme
par le fait qu’il ne possède ni radula ni plaques gésiales.
Les genres Colpodaspis et Colobocephalus M. Sims ont été mis en doute
et tenus pour de jeunes Philines; mais l’un au moins de ces genres a
été confirmé récemment. De plus, les très jeunes Philines que j’ai eu l’oc—
casion de voir, dont la coquille était encore externe, avaient déjà la forme
de Philines et ne ressemblaient pas aux genres en question.
Gen. PHILINE Ascamus, 1772
Subgen. Philine s. str.
Trois plaques gésiales solides.
1. Philine quadripartita. AscAN1Us, 1772. —— Phylina quadriparlifa
ÀSCANIUS, selon PILSBRY. Syn. ? Bullaea schrôleri PHILIPPJ, 1844;
Lobaria quadriloba O. F. lllüLLER; Ph. planciana LAM. ; Philine aperla
des auteurs; Lobaria quadrilobaia GMEL.
Il importe de souligner encore une fois le fait que cette espèce n’est
pas la Philine aperfa (LxNNE), qui provenait du Cap de Bonne-Espérance.
Ed. LAMY avait déja signalé le fait en 1941 (Bull. Soc. Zoo!. Fr.), de même
BERGH en 1900, PFEFFER en 1879, et ils ne sont pas les seuls.
En 1933 j’ai eu en mains une Philine de la Mer Rouge, que j’ai assimilée
a l’espèce de LINNÉ et à Ph. vaillanii ISSEL; c’est probablement aussi
1. Une seule espèce 21 une petite dent médiane.

PIIILINIDAE. -— PIIILINE 65
la Ph. angasi de Cnossn; la Ph. capensis (du (Jap), de O’DoNoonuE,
et sûrement la Ph. aperla de FARRAN, de Ceylan ; mais je ne pense pas
que ce soit la planciana de Pmmrri.
Les différences sont faibles, mais paraissent constantes: l’animal de
la Mer Rouge était de couleur saumon clair; grande, et de consistance
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FIG. 14. — Philine quadriparlita,. —- a, animal vu de dos ; b, dessous ; c, coquille ; d, dent ;
z, f, plaques gésieles ; g, h, dents ; -i, organes génitaux ; i, dent de Ph. aperta (à· g8·\1Che)
et Ph. capemis (à droite). — Phîlinc aperta,. --· lc, coquille ; l, plaques gésiales.
ferme ; la coquille ovale, à bord bien arrondi, ses proportions différentes :
largeur plus faible par rapport à la longueur ; ce rapport est seul à retenir,
car la forme des coquilles internes est sujette à variations, et le bord mince
est souvent endommagé. La dent est semblable, peut-être un peu plus
forte; les plaques gésiales plus eflilées à leurs extrémités, plus larges
au milieu. ll s’agit de deux espèces apparentées, vicariantes, mais dont
5

66 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
les aires de dispersion ne paraissent pas empiéter l’une sur l’autre. A
ce sujet, des trouvailles échelonnées sur la côte ouest de l’Afrique pour-
raient seules nous renseigner sur des formes intermédiaires possibles.
Ph. quadripariiia a les caractères prêtés habituellement à la Ph. « aperia »
d’Europe: Partie antérieure un peu rétrécie, plus longue que la pos-
térieure ; la coquille entièrement cachée, ·le manteau ne présentant qu’un
petit trou peu Visible; elle est incolore, luisante, avec stries d’accrois-
sement peu régulières, onduleuses, sans stries spirales ; forme arrondie-
ovale ou légèrement quadrangulaire, le dernier tour très grand et très
ouvert, dimensions 21 mm. >< 1’7·.
Radula I-0-I.
La dent denticuléc sur une grande partie de sa longueur, crochue.
Pas de mâchoires; plaques gésiales inégales: deux, élargies au milieu,
rétrécies et arrondies au bout; la troisième étroite, lozangique. Elles
sont peu recourbées sur le profil. Pénis inerme, avec glande de la gaine
et prostate.
Couleur générale grisâtre ou blanchâtre. —— Longueur jusqu’à 60 mm.
env.
Toutes les côtes d’Europe: Atlantique et Méditerranée.
2. Philîne catena (Moivracu), (Bulla), 1803-8.
Coquille ovale, déprimée, mince, fragile, translucide ; stries nombreuses,
formées de points ovales en chaînes, et parfois des intermédiaires comme
dans l’espèce Scabra ; au bord les stries peuvent découper la lèvre de
la coquille. Spire très petite, visible, deux à trois tours. Suture profonde ;
ouverture large, ovale; lèvre un peu proéminente en haut, arrondie
ou tronquée au niveau de la spire. Long. 4 mm.
L’animal, étudié par VAYss1ÈaE, offre quelques particularités excep-
tionnelles et énigmatiques. La glande annexée au pénis (prostate) offre
un bouquet d’appendices avec des orifices communiquant avec la cavité
du corps. (S’agit-il d’un organe ou de parasites ?). Le pénis a un petit
crochet à son extrémité. Les plaques gésiales sont oblongues, arrondies
au bout, et peu élargies au milieu, et sont toutes trois de même forme.
La radula est de formule 1-I-0-I-1 ; la latérale de la forme crochue habi-
tuelle, et denticulée; la marginale en forme de stylet droit. Enfin, en
préparant deux très petits échantillons qui appartenaient très probable-
ment à cette espèce, mais qui n’étaient pas en très bon état, j'ai trouvé
(chez tous deux) la partie antérieure du bouclier céphalique garnie d’un
rang de petites épines triangulaires très pointues, régulièrement distantes
les unes des autres ; fait qui n’a été signalé chez aucune Philine ni aucun
genre voisin.
L’animal, presque incolore, a le bouclier céphalique très allongé.
Atlantique, des Lofoten au Golfe de Gascogne, et Canaries. Méditerranée :
Marseille; Adriatique, etc.

em1.m1¤AE. - euxmma 67
3. Philîne monterosatî (Jnrrnevs) n. nud. ; Vnvssiîsan, 1874.
La coquille seule a été décrite jusqu`ici. U·`est il cette espèce que j’at-
tribue sans certitude deux échantillons trouvés dans une pêche au chalut,
à Banyuls, et que je pris tout d’abord pour des individus de l’espèce
commune Ph. quadripariila. Le fait que je n’avais pas encore récolté
cette dernière à Banyuls m’ineita à y regarder de plus près : La coquille
olïre peu de différences, bien que, trouvée isolée, elle ait été distinguée :
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F10. 15. -- Philine calena. —- a., jeune et adulte ; b, plaques gésiales ; c, pénis, :1, dents.
Ph. gibba. - z, dents ; f, plaque géaiale.
Coquille fragile, d’un blanc laiteux, trés hyaline, de forme ovale très
dilatée en son 'milieu; spire à peine distincte et légèrement enfoncée.
Ouverture très grande, im peu arrondie, tronquée en avant, formant
en arrière un prolongement très marqué qui se relève vers la columelle
en s’arrondissant. Sous un épiderme très délicat, des strîes moniliformes
transversales.
L’animal est un peu plus petit et plus étroit en avant que Ph. quadri-
parlifa. Les différences anatomiques sont nettes: les plaques du gésier
sont toutes trois étroites et de forme semblable, en nacelle, avec les
extrémités un peu relevées; la radula offre, outre les grandes dents
denticulées, une petite dent marginale droite et lisse, en stylet.
J’ai retrouvé ces caractères chez de très petits échantillons d'une
autre provenance. Il est possible que l’espèce ait été parfois prise pour
de petits échantillons de l’espèce commune.

68 Morwsgues orisrxioeamxcnns
Atlantique ? Méditerranée : Marseille (coquilles) ; Banyuls, deux échantil-
lons vivants.
4. Philine scabra (l)/lüLLER), (Bulla), 1777-80.
Coquille mince, translucide, de forme allongée, ressemblant a celle
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FIG. 16. -Philine scabm. - a, animal vu de dos ; b, coquille ; c, plaques gésiales ; d, dents.
-—Ph. nssiansarsii. —— e, coquille ; f, plaques gésiales ; g, dent latérale. -— Ph. pmwtata.
·-· h, i, coquille ; j, kr, détails de la coquille ; Z, plaques gésiales ; m, dents. -—- Ph,. monte-
rosati. —- 1:,, coquille; 0, plaque gésiale. ——- Ph. veluiinoùles. — p, coquille (d’après
SARS) ; q, coquille, plaques gésiales et dents (d’après BERGH). -— Diaphana mmtricosa.
-— r, coquille. —- Philine (P) vestita. -— s, coquille et sculpture de la coquille.
de Scaphander lignarius (mais beaucoup plus petite), luisante. Des
stries spirales serrées, formées de petits points ovales imbriqués en chaînes
avec les lignes intermédiaires simples. Les lignes se continuent jusqu’au
bord qu’elles découpent en une fine frange de petites dents (bord pec-
tiniforme) ; spire petite, visible ; trois tours ; suture profonde ; lèvre

PHILINIDAE. ——· Pmtme 69
externe formant un angle non saillant en haut, courbe, et un peu repliée
en haut, carrée en bas.
Plaques gésiales calcaires. Radula 1-I-il-[-1.
Atlantique : Norvège ; Angleterre.
5. Philine lovêni MALM., 1858. « Malm » Sars: Moll. Reg. Ard. Norv.
(loquille mince, translucide, oblongue, étroite en haut, élargie en bas ;
le vertex étroitement tronqué, à peine oblique; spire distincte: trois
tours ; ouverture élargie, arrondie en bas, très rétrécie en haut. Sculpture
comme chez scabra, mais lèvre entière, non denticulée. Long. 7 mm.
Radula 1-I-()—l-1.
Atlantique Nord.
De même, les espèces fînmarchica Saas; ossiansarsi; fragilis Saas,
cingulala Saas, ne semblent avoir été trouvées que dans les parties sep-
tentrionales de l’Atlantique. Citées ici pour mémoire.
(5. Philine punctata ((`lL.xm<), (Bullaea), 1837.
Parfois assimilée à Ph. calena, mais diffère par la radula.
Coquille mince, translucide, luisante; stries spirales très serrées,
formées de petits points ou cercles non réunis en chaînes ; lèvre externe
mince un peu dentée vers le sommet ; spire visible, très petite, deux tours ;
suture profonde. Ouverture régulièrement ovale, lèvre flexueuse, un
peu en retrait au milieu, surplombant le vertex où elle est discontinue.
Radula 2-l—0-I-2, les externes non denticulées.
Atlantique. ?Méditerranée.
7. Philine angulata. JEFFREYS.
Coquille fragile, translucide, luisante; fines stries spirales composées
de points; partie supérieure du dernier tour anguleuse ou bornée par
une crête anguleuse; entre elle et la suture, une partie plane portant
cinq stries spirales. Bord uni, lisse ; spire très petite, deux à trois
tours; suture profonde. Ouverture carrée, très large, un peu tronquée
à la base; en haut, elle surplombe la spire et s'en écarte en formant
une disjonction. Plaques gésiales rudimentaires, cartilagineuses. Distincte
par sa spire carénée.
Radula 2-I-0-I-2.
Atlantique: Ecosse.
8. Philine pruinosa. (CLARK), (Bullaca), 1837.
Coquille blanche, généralement avec une bande couleur de tan, rétractée
sous l’apex, plus solide que les autres Philines, presque opaque, luisante
seulement chez les jeunes. Stries nombreuses, fortes, longitudinales,
irrégulières. ridées, frangées à leur extrémité, et stries spirales plus lines.

70 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Leur entrecroisement donne à la coquille un aspect givré qui s’attènue
chez l’adulte ; les très jeunes ont des lignes spirales de points circulaires
comme chez punciala. Bord de l’0rifice simple. Spire très petite, creuse
sous l’apex qui est très épaissi ; 2 tours X2, irréguliers, tordus, indistincts ;
suture profonde, excavée; ouverture ovale, contractée en haut; lèvre
externe flexueuse, infléchie vers le haut, dépassant un peu le Vertex ;
lèvre interne large, assez épaisse. formant parfois au milieu une légère
dent ou pli derrière lequel est un ombilic. — Long. 6 mm.
Norvège; Angleterre, avec une variété dilatata Jerrmzvs.
9. Philîne vîtrea MoNrER0sAro.
Est, selon PILSBRY, un nom, sans description ni figure.
Palerme.
10. Phîline cingulata Sms, 1878.
Petite mais pas très mince; un peu opaque ;ovale, quadrangulaire,
presque aussi large que longue. Dilatée au milieu. Vertex tronqué obli-
quement, spire enfoncée, 2 tours. Ouverture étalée, arrondie, lèvre droite
au milieu, columelle également émarginée. Fortes stries spirales, lèvre
légèrement crénelée. Long. 2 mm.
Radula I-0-I; serrulées.
Norvège.
11. Phîlîne înfortunata Prnsrmv, n. n. pour viirea Snas, non GOULD.
Très mince, pellucide Vitreuse; arrondie ovale un peu plus longue
que large ; base également arrondie, Vertex tronqué obliquement, étroit ;
spire enfoncée, 2 tours. Ouverture très large, étalée; la lèvre externe
oblique, dépassant le Vertex et y formant presque un angle droit. Colu-
melle profonde, concave, lisse, sans stries, espèce luisante, lignes d’accrois-
sement délicates. Long. 3 mm.
Norvège.
12. Philine nitida JEFFREYS ; SARs, 1878. = ? sinuaia STIMPSON.
= vilrea G. O. SARs, 1878 non GoULn, 1859.
Coquille longue, convexe, très mince et fragile. presque transparente,
blanche, polie, luisante. Deux crêtes sur la spire, ne se continuant pas
sur le dernier tour, et donnant à la spire un aspect anguleux. Spire aplatie,
un peu oblique, apparente, 2 tours %. Suture profonde; orifice ovale
tronqué en haut, arrondi élargi en bas, lèvre externe un peu anguleuse
en arriére et en bas. —— Long. 1,8 mm.
Norvège et Skye.
13. Philine fragilis Saas, 1870.
Coquille très mince, fragile, pellucide, un peu opaline, ovale, plutôt
renflée ; base bien arrondie ; Vertex tronqué par une ligne presque droite.

PHILINIDAE. - LAONA 7l
Spire enfoncée, 3 tours. Ouverture très grande ; lèvre externe flexueuse,
s’élevant au-dessus du vertex, le lobe terminal plutôt large, tronqué.
Golumelle fortement concave, enfoncement ombilical distinct, linéaire,
stries d’accroissement nombreuses coupées par des lignes.
Hadula I·()-I, dents lisses.
Norvège, eaux profondes.
14. Philine flexuosa Ssns = ‘? voir Laonu mcmbranacea MTERS., Ph.
finmarchica Snes.
Coquille mince, fragile, pellucide, oblongue ovale, dilatée au milieu;
vertex tronqué obliquement; spire petite, enfoncée, 2 tours; ouverture
ample, également arrondie à la base et évasée ; contractée en arrière ;
la lèvre extérieure un peu concave au milieu, formant en haut un lobe
peu proéminent sur le vertex. Columelle également concave. Stries spi-
rales serrées, simples, ondulées et lignes d’accroissement moins serrées.
Long. 7 mm. -— Dents grandes, serrulées finement I-O-I.
15. Philine osixm sarsi FRIELE, 1877.
Ovale; 2 MZ à 3 tours, visibles sur spire enfoncée. Apex non élevé;
suture faible, se renforçant vers l’0uverture, terminée par une fente
étroite, courte. Tour « ventral » moitié moins long que l’0uverture. Colu-
melle très courbée, ouverture grande, piriforme, étalée, arrondie en bas,
contractée en haut, non pointue ; lèvre très sinueuse, un peu concave en
haut. Un léger cal sur le pilier, blanche, mince. Fines lignes d’accrois-
sement et transversales serrées. Haut. 9 mm. ; larg. 6,5 mm.
Nord Norvège.
Subfam. LAONINAE
Les espèces qui suivent diffèrent du genre Philine par l’absence de
plaques gésiales ; elles ne sont pas toutes bien connues et c’est de façon
tout à fait provisoire que l’on peut les classer dans un genre de la famille
Philinidae, le genre Laona, qui fut proposé comme sous-genre par
A. ÀDAMS en 1865.
Selon les auteurs, Laona est une section parmi les Philines, un sous-
genre, ou un Scaphandridé. Il diffère à la fois de Philine et de Scaphander
par l’absence de plaques gésiales ; mais l’aspect et la forme de la coquille
seraient en faveur du rapprochement avec Scaphandcr plutôt qu’avec
Philine. En eiïet un revêtement coloré semble indiquer que la coquille
est externe.
(ien. LAONA A. .\¤AMs, (sous—<1enre), 1865
Coquille avec périostracum coloré ; pas de plaques gésiales. Trois
sections : Laona s. s., Johania ll/l0NTEROSATO et Ossiania NIONTEROSATO.

72 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCI-IES
1, Lanna. quadrata (Woon), (Bullaea),1842(?). — Philine scululum
LovÉN.
Coquille ovale-quadrangulaire un peu contractée sous la spire ; trans-
lucide, luisante; très fines stries spirales serrées, composées de petits
points ovales, irrégulièrement distants, et stries d’accroissement ; et une
côte spirale légère. Lèvre délicatement découpée ; spire petite, plus
ou moins creuse, de deux ou trois tours arrondis; suture profonde;
lèvre externe presque droite en avant, fomant un angle obtus à sa jonc-
tion avec la base; sommet dépassant la spire, projeté en dehors ; angle
externe un peu arrondi, interne aigu mais non disjoint, lèvre interne
épaisse. Long. 7 à 8 mm.
Pas de plaques gésiales. Hadula : 2-1-0-I-2.
Atlantique : Scandinavie, Angleterre, Groenland, G. de Gascogne ; Açores ;
Ste·Hélène.
2. ? Laona lima Baowm, 1827, (Uiriculus).
Coquille solide, oblongue, étroite en haut, arrondie en bas; vertex
étroit, spire plus ou moins saillante, parfois mamillée, 3 à 4 tours.
Suture étroite. Ouverture étroite en haut, séparée de la spire, un peu
dilatée en bas. Lèvre externe légèrement sinueuse. Stries spirales en chaîne,
par paires, alternant avec d’autres plus marquées. Bord uni. Long. 7 mm.
Animal ?
Atlantique: Norvège; Amérique; Méditerranée: Palerme.
3. ? Laona flexuosn Sœins ? Ph, membramzcea MoNTERosAro.
Coquille ovale, blanche, translucide, très contractée, un peu sinueuse
en haut ; stries d’accroissement très serrées ; stries spirales peu marquées,
distantes. Spire petite, à 6 tours, légèrement ombiliquée. Ouverture
large au milieu, prolongée et arrondie en bas, rétrécie en haut. Lèvre
externe arquée, légèrement réfléchie en dedans et sinueuse en haut,
puis un peu proéminente au-dessous du vertex, séparée du bord colu-
mellaire par un sinus étroit. Golumelle arquée sinueuse, bordée, couverte
d’un cal mince. Long. 10 mm., larg. 7.
Plaques gésiales nulles. Radula: 6-I—()—I-6.
Cette espèce était signalée en Norvège et au détroit de Yucatan. L’espèee
membmnacea, MONTEROSATO, qui est, selon Prnsnnv, un nom sans description
ni figures... mais assimilée par certains à pïexuosa, est trouvée en Méditer-
ranée : Algérie ; Naples ; Sicile.
REMARQUE. — PILSBRY note qu’elle n’est pas mentionnée par CARUS,
mais que ses deux volumes du Prodromus sont « such a maze of blunders
that the work is not worth quotation ».
C’est depuis longtemps mon opinion sur cet ouvrage, dont j’ai tout
à fait renoncé à tenir compte, et dont on aura peut être été surpris de ne
pas voir le titre cité dans l’historique de celui-ci. G’est au grand ouvrage

P1-u1.1N1DAE. —- LAONA 73
de PILSBRY que j’ai dû faire confiance pour rédiger cette partie des Gépha-
laspides dont j’ai eu rarement à m’occuper personnellement, et qui n’est
pour la plus grande partie qu’une compilation. Je ne suis pas conchylio-
logiste ; je déplore l’habitude qui a si longtemps prévalu de faire dissoudre
les « parties molles » pour conserver les coquilles, et ne trouve pas toujours
le langage des conchyliologistes très clair.
En ce qui concerne les Philinidés, je ne m’explique pas bien comment
on a pu, dans certains tableaux de détermination, placer parmi les Philines
sans plaques... ou avec plaques gésiales, des espèces dont la coquille
seule est connue. Les espèces sans plaques devraient, à mon avis, être
séparées (genre Laona), mais la liste ne peut en être dressée pour le
moment.
4. ? Laona. velutinoîdos G. O. Sans, 1878.
Coquille très mince, fragile, extrêmement translucide; cordiforme;
aussi large que longue, rétrécie à la base, élargie et tronquée au vertex ;
spire distincte : 2 % tours, dont le premier est presque globuleux ; suture
profonde ; lèvre externe élargie, avec un lobe arrondi dépassant le vertex ;
columelle un peu concave, portant un cal mince, réfléchi sur la face
ventrale et en partie sur l’ombilio étroit; surface très lisse, sans stries,
Iuisante ; stries d’accroissement très fines. Haut. 2,7 mm.
Plaques nulles; radula 2-I-0-I-2.
Lofoten, Norvège.
5. Laona s. s. pruînosa (CLARK), Bullaea. ? syn. : Johania veslila (Pm-
Lierx) (1), (Bullaea), 1844.
Petite coquille conique, tronquée, brune, avec un revêtement en réseau,
blanc crayeux, en relief. Px—uL1PP1 dit avoir vu l'animal (mort) ; mais il
n’en dit que quelques mots, et ne l’a pas disséqué.
Il reste des espèces inc. sed. ou nommées et non décrites 2
Ph. membranacea Mowmnosaro.
Ph. flercuosa « Sans » MONTEROSATO non SARS. — Méditerranée.
Ph. sfrialula (JEFFREYs) (Ulriculus). — Méditerranée et Golfe de
Gascogne.
Ph. uitrea MoNTEnosAro. -— Méditerranée: Palerme.
Ph. striatula (Utriculus) JEFFREYS.
« Ressemble à Ph. punctata CLARK par la taille, mais diffère par la spire,
le système de sculpture et l’0uverture plus dilatée. si (Morxrs.)
et Ph. (Bulla) vestita. Pmnxrvr (voir Scaphandridae) pour laquelle Moura-
nosxro a créé le genre Johania.
1. Voir Scaphandridnr.

74 MOLLUsQUEs OPISTHOBRANCHES
Gen. COLOBOCEPHALUS M. Sans, 1870
Coquille externe sub—membraneuse, très mince, épiderme probable-
ment inexistant, spire petite, suture profonde, ouverture très grande,
extrémités du péristome désunies, columelle flexueuse, opercule nul.
Animal non complètement rétractile dans la coquille. Tête avec proces-
sus tentaculaires enroulés, pas de tentacules, yeux sessiles dans la nuque.
Pied avec processus antéro—1atéraux, sole grande, oblongue tronquée
en arrière avec sillon médian longitudinal, manteau non réfléchi sur la
coquille. Radula semblable à celle de certaines Philines, formule 2-1-0-I-2
chez la seule espèce connue.
Colobocephalus costellatus Sans, 1870.
Coquille incolore un peu rigide ; à l’état sec, blancgrisâtre, translucide,
luisante, sub—globuleuse, plus large que haute, 3 tours, le dernier grand,
orné de côtes longitudinales basses, étroites, un peu sigmoïdes, spire
très courte, obtuse, ouverture ovale; lame columellaire très mince, tordue
sur l’ombilic, qui est entièrement recouvert, puis rétrécie, proéminente
et se continuant dans la lèvre externe qui est mince, tranchante, courbe
et comprimée au milieu, proéminente en arrière en un lobe arrondi séparé
du corps de la coquille par un sinus profond. Radula de formule 2-I-O-I-2.
N. B. — On a supposé que ce pouvait être le jeune d’une espèce connue,
mais cette opinion ne semble pas avoir prévalu. Les spécimens pris A
différentes saisons ne présentent pas de différences sensibles et n’ont
même pas, selon PILSBRY, de caractères nettement céphalaspides.
Gen. COLPODASPIS Sans. 1870
Coquille bulloïde, mince, ovale sub-globuleuse, spire un peu proémi-
nente, déprimée, apex tronqué, nucléus simple, non rnamilleux.
Colpodaspis pusilla. M. Sans.
Caractères du genre. Coquille bordée, trés mince mais rigide, hyaline
blanchâtre à l’état sec, lisse, 3 tours, le dernier grand, spire très courte,
obtuse, ouverture grande, piriforme, lèvre mince, arrondie, non com-
primée, proéminente en avant ; columelle presque droite, environ la
moitié de la longueur de la coquille. Haut. 3,12 mm., larg. 2.5 mm.
Animal blanc mat tacheté de blanc opaque; une tache orangée, due
au foie vu par transparence. Le pied se termine en avant par deux lobes
mousses, grands, latéraux, mais pouvant être dirigés en avant; tenta-
cules dorsaux enroulés, réunis par un sillon, yeux très rapprochés; en
arrière, un lobe du manteau dépasse beaucoup le pied, arrondi comme lui.
Radula env. 25 à 30 rangs de formule 2-I-0-I-2.
Comme l’espèce précédente, celle-ci a été tenue pour une forme jeune

ATYIDAE. — murs 75
par certains auteurs, mais paraît bien devoir être maintenue au rang d’es-
pèce et de genre distincts.
N. B. — Il est difficile de situer ces deux formes dans la classification
des Opisthobranches. Prnsnnv semble incliner à en faire des formes
primitives et intermédiaires entre les Céphalaspides, les Notaspides et
les Anaspides.
Famille des ATYIDAE
Coquille à sommet ombiliqué; arrondie ou cylindrique; mince, la
plus grande largeur au milieu. Vertex concave, étroit ; des stries spirales,
marquées, ou faibles. Ouverture aussi longue que la coquille.
Animal pouvant, ou non, se retirer dans sa coquille ; des parapodies.
Radula généralement de formule n-I-n, les latérales simples. Trois
plaques gésiales carénées. Armature labiale de bâtonnets serrés. Compre-
nant les sous-familles: Alyinae; Lalhophlhalminae (= Crypfaphlhal-
minae) ; Haminaeinae.
' Subfam : ATYINAE
Elle se distingue de la sous-famille Haminaeinae par la forme de la
coquille, moins arrondie, plus allongée et plus atténuée aux extrémités;
généralement avec des stries spirales. Et par le nombre plus faible des
dents latérales.
Toutes les mers chaudes et tempérées; Méditerranée.
Gen. ATYS M0NrFoR·r, 1810
(Syn.: Alicula E1xRENBE1=.G (section); Weinkau/fia A. ADAMs,1858;
Naucum SCHUMACHER ; Dinia ÀDAMS (section); Romania LEAcH ; Sca-
phander p.p. JEFFREYS, 1856 ·; Roxaniella MoN'rER0sATo (section) ;
Bulla p.p. Ananas et MAGGIORE.)
Coquille variable: ovale globuleuse ou ovale cylindrique; enroulée;
spire cachée ; ouverture aussi longue que la coquille, prolongée au-dessus
du vertex; lèvre insérée au milieu du vertex, et formant là un pli angu-
leux; lèvre externe simple, arquée ; columelle courte, un peu réiléchie,
tronquée-pliciforme ou bien arquée; l’ombilic n’est généralement pas
entièrement fermé. Type A. naucum.
Ce genre est riche en formes exotiques provenant des mers tropicales.
Prtsnnv ne signale pas d’espèce européenne de la section Alys s. s. La
section Alicula a des représentants aux Canaries. Les espèces européennes
appartiennent à la section ou sous-genre Dinia ADAMS, qui semble,
au moins en partie, caractérisé par Pexistence d’un pli dentiforme à la
columelle (1), et à la section ou sous-genre Roxania LEAcH, 1847.
1. Ce sont, pour l’Eux·ope: A. (Dinia) minmda (A. ADAMS), Golfe de Suez; A.

76 Monwsguizs opisrnoemmcums
Subgen. Dinîa. H. et A. ADAMS, 1854
(Syn. Bulla auctt. p.p. ; Weinkau/fia ÀRADAS et lllAGGIORE, 1869, p.p.).
Coquille ovale-globuleuse ou ovale—cylindrique, enroulée ; spire cachée ;
 
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Fm. 17. -- Atys (Weinkauüîa) diaphrmu. -— a, animal vu de dos ct de face ; b, coquille ;
G, plaque gésiale ; d, id., d’une autre espèce ; 2, un demi-rang de la, radula. ; f, élément
de la. mâchoire. —- A. blainvillemznct. —— g, coquille. -— A. gibbulus. — h, coquille. —
A. brocchi. -— i, coquille (type et variété). -— A. utriculus. -— j, anima] vu de dos. -—-
A. ovulata. -— lc, coquille. -— A. jefîreysi. —- Z, coquille.
ouverture aussi longue que la coquille, prolongée en haut au—dcssus du
vertex ; lèvre partant du milieu du Vertex et y faisant un pli anguleux ;
jeüreysi (WEINKAUFF), Méditerranée; A. brocchii (MICHELOTTI), Méditerranée et Adria-
tique; A. diaphana (ARADAS), Méditerranée; A. blainvillùma (RECLUZ), Méditerranée.

ATYIDAE. —- .xTYs 77
simple, arquée; columelle courte, sub—rél1échie, avec un pli, ou arquée.
Ombilic généralement non complètement fermé.
1. A. (Dinia) jeffreysî (WMNKAUFF), (Cylichna), 1866. —— Bulla avala
Wainxaurr.
Coquille ovale-cylindrique, ombiliquée en haut, à lignes spirales fines,
avec un pli columellaire. Ouverture étroite, dépassant le vertex: peu
dilatée, peu arquée. Long. 8 mm., larg. 3,5 mm.
Méditerranée: Provence; Sicile; Algérie.
2. A. (Dinia) brocchii (.MICHELO'1`TI), (Cylichna), (1814) 1861.
Coquille cylindrique-oblongue, hyaline ; apex obtus, ombiliqué; colu-
melle cachée, avec un pli en bas ; sculpture de lines stries spirales visibles
à la loupe. Long. 5 lignes, larg. 2 lignes.
Méditerranée: Sicile, Algérie; Adriatique.
3. A. (Dinin) diaphnna (Ananas et NIAGGIORE), 1840, Bulla (Wein-
kaufjïa), 1869. —- Bulle semi·slriala REQUIEN. ; Bulla iurgidula Foanas ;
Scaphander gibbulus p.p. JEFFREYS ; Bulla gibbula KoBEL'1‘.
Coquille ovale, très luisante, turgide, hyaline, lisse au milieu; Vertex
subtronqué, ombiliqué, épaissi au bord externe. Ouverture rétrécie au
milieu, anguleuse en haut, canaliculée en bas. Long. 5 mm., larg. 2,5 mm.
Environ 10· stries Ilexueuses concentriques en haut et en bas (ou 5 en
haut et 3 en bas ?) (1) Couleur blanc-jaunâtre.
Animal tacheté de brun-rouge, les taches plus serrées sur trois lignes
obliques. Mâchoires carrées formées de bâtonnets courts et gros, striés
sur leur surface; radula 3-1-3, la médiane quadrangulaire, les latérales
crochues ; décroissant. Plaques gésiales côtelées, à côtes finement denti-
culées.
Méditerranée: Italie, Marseille. Mer Égée.
4. A. (Dînîa) blainvîllîana Racwz, (Bulle), 1843. — Ovula lritica DE
BLAINVILLE, non Lamimcx.
Coquille oblongue-cylindrique, ombiliquée, luisante, blanc de lait,
un peu convexe au milieu, très lisse; ouverture oblongue, plus large à
la base; la lèvre externe dépasse beaucoup l’apex. Des striations aux
extrémités, les stries marginales plus profondes. Long. 10,5 mm., larg.
5,5 mm.
Méditerranée: Provence; Sicile.
Subgen. Roxania LEACH, 1847
A. (Roxania) utriculus (BROCCHI), Bulla, 1814.
Coquille ovale à cyclindrique; assez solide, translucide, luisante.
1. Selon un autre auteur.

78 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Sculpture de stries spirales nombreuses, visibles à l’œil nu ; plus fortes
aux extrémités, où il en est de plus marquées les unes que les autres;
ponctuées par le croisement de stries longues et fines.
Epiderme rouge-brun, persistant dans les stries spirales. Couleur
crème ou blanc. Spire en partie visible; Vertex perforé, entouré d’une
crête circulaire oblique. Orifice étroit, plus long que la coquille. Lèvre
externe non recourbée ni rentrante ; columelle épaisse, courte, flexueuse,
avec un fort pli délimitant un canal. Derrière la columelle, un petit
ombilic. Haut. 12 mm., larg. 7,5 mm.
Atlantique: de Finmark aux Canaries; et Méditerranée.
Subfam. HAMINAEINAE
Coquille cornée, ovale-arrondie, pouvant contenir l’animal entier ; spire
cachée; un sinus postérieur, mais pas de fente suturale, ni de fasciole
anale (1). L’intérieur n’est pas entièrement visible de la base. Coloration
pâle, translucide, laissant voir les taches du manteau.
Animal avec épipodies et bouclier céphalique assez grand, divisé en
arrière en deux lohes réfléchis sur la coquille._Yeux visibles dans des —
aires dépourvues de pigment ; organe olfactif consistant en fines lamelles
situées entre le bouclier et le pied. En arrière, un lobe palléal asymétrique
relevé cache la partie postérieure de la coquille.
Bulbe buccal avec deux mâchoires en forme de croissant formées de
bâtonnets ; radula de formule n-I-n, la médiane un peu élargie à la base,
à cuspide plutôt courte avec une échancrure antérieure et un ou deux
denticules latéraux; les premières latérales généralement denticulées;
toutes les latérales crochues, mais variant un peu de forme vers la marge.
Gésier avec trois plaques solides portant des crêtes en forme de chevrons,
toutes trois semblables ; pénis inerme ; il y a une prostate. Radula n-I-n.
Toutes les mers.
Gen. HAMINAEA Tunroiv et K1NcsToN, 1830
« LEAcH ms. 1815: GRAY, 1847. » Caractères de la sous-famille.
Il a été nommé, en Europe, quatre ou cinq espèces de ce genre ; tantôt
on en conserve trois, tantôt deux, et tantôt elles sont toutes comprises
parmi les synonymes de la première en date : H. hydalis (L,). C’est ainsi
que BERGH, en 1900 (Voyages de Semper), p. 160, décrit Haminaea
cornea (LAMARCK) et dans le fascicule suivant, 1901, Haminaea hydaiis
(L.), à laquelle il donne comme synonymes : H. elegans LEAGH ; Bulla
navicula DA C0s'rA, 1778; Bulla cornea LAMARCK, 1836; Haminaea
cornea VAYss1ÈP.E, 1885; H. hydaiis Konnixr, 1896.
1. Ces deux caractères, transcrits d’ap1·ès PILSBRY, sont destinés à différencier les
H aminaeinae des Acerimze, dont il fait les deux sous-familles d’une même famille.

ATYIDAE. — IIAMINAEA 79
Il serait bien à désirer que la comparaison pût être entreprise à nouveau,
avec du matériel frais ; n’ayant eu à ma disposition que la petite forme
méditerranéenne, je ne puis essayer de départager les opinions (l).
VAYSSIÈRE tient les deux espèces hydalis et cornea (ou navicula) pour
distinctes; mais une figure représentant un rang de la radula (partie
médiane) a été par lui publiée deux fois, absolument identique, ce qui
montre qu’à certains moments tout au moins il les a confondues; et
l’on ne peut savoir à laquelle des deux appartenait en réalité cette radula,
qui a une première dent denticulée du côté externe et les autres unies ;
tandis que J. GU1Am·, qui ne représente que trois dents latérales, les
montre toutes trois denticulées et la dent médiane est, dans son dessin,
assez différente.
Il faut donc pour le moment se contenter des rares caractères offrant
quelque certitude, et rester dans Pexpectative.
1. Haminaea orbîgnyana. (FEHUSSAC), (non figurée) (Bulla), 1822.
(Elle serait synonyme de H. dilaiala NVOOD, selon P. ÀLLARY.)
Coquille semblable à celle de H. hydalis, mais avec la lèvre externe
dilatée en haut et dépassant sensiblement le vertex. Haut. env. 12 mm.
Animal inconnu. (L’espèce est tenue pour valable par Pxnsmw.)
Atlantique 2 Côtes océaniques de Franee(Charente· Inférieure) ; La Rochelle ;
Ile d’Aix; Ile de Ré ; Canaries ; Falmouth; Dublin; Cork Harbour. Médi-
terranée: Tanger.
REMARQUE. —— PILSBRY réunit dans une famille Akeridae les sous-
familles Haminaeinae et Akcrinae. Leur parenté n’est pas niable, mais
elle n’est pas aussi rapprochée qu’il le prétend. Il y a dans la forme du
« bouclier céphalique n, des dents et des plaques gésiales des différences
bien nettes, qui permettent de rapprocher Acera des Anaspides.
N. B. — Les deux principales espèces européennes d'Haminaca ont
été si souvent confondues qu’il n’est pas toujours possible de savoir
laquelle des deux tel auteur avait en vue lors de son étude ;elles semblent
cependant distinctes et reconnaissables par leurs coquilles.
2. Haminaea. navicula (DA C0s1·A, 1778), (Bulle). — Bulla ampulla
PENNANT, non Lmmà ; B. cornea l.«AMARCK;BI1”l1 hydalis Baucuxisma;
Foanas et HANLEY ; Jerrasvs; non Lmmë ; H. cuvieri LEACH ; H. sub-
pellucidrz H. ÃDAMS.
Coquille mince, oblongue, cylindrique, tronquée en haut, arrondie en
l. Des exemplaires de H'. navicula que m’a envoyés de Sète Mlle TUZET m’ont montré
uurtout une considérable différence de taille. Les I"' dents latérales ont le bord onduleux
plutôt que denticulé, et cela d’une façon plus marquée à Pavant qu’à Yarrière de la raduls ;
les suivantes montrent ce caractère de moins en moins visible. J usqu’ici, la coquille
seule paraît différencier ces deux espèces.

SO MoLLUsQUEs OPISTHOBRANCHES
bas ; surface cornée ou jaune citron, irrégulièrement ridée par des stries
d’accroissement un peu distantes, et stries spirales fines, nombreuses;
vertex imperforé, concave et blanc au milieu; lèvre externe légèrement
arquèe, arrondie en haut et en bas, un peu épaissie mais non tordue à
l’insertion supérieure ; columelle très creuse, concave, mince, réfléchie;
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FIG. 18. —- Hamimzea. mwicula. - a, animal vu de dos; b, coquille; c, coquille (var.
globosa) ; d, plaques gésiales; e, id., détail du relief ; f, gaine péuiale et prostate ; g, dent
médiane de la. radula et deux latérales.
cal pariétal mince. La coquille est plus grande et plus arrondie que chez
H. hydaiis (1) : long. 25 mm., larg. 16,5.
Animal semblable à H. hydaiis, mais beaucoup plus grand. Il y a un
lus and nombre de dents. Formule 37 X 59-I—59. Glandes salivaires
P gr
simples, cylindriques. Plaques gésiales avec 9-10 plis.
Côtes atlantiques d’Europe, de Grande-Bretagne à Espagne; et Méditer-
ranée.
1. Se distingue de H. hydaiis par sa taille plus grande, sa couleur plus foncée, sa. forme
plus globuleuse, sa striation spirale plus forte, de même que les stries d’a.cc1·0issement,
sa. columelle concave ; par le nombre et la forme des dents (P).

ATYIDAE. - HAMINAEA 81
Variétés: globasa; expansa; subquadrala; albina; ferruginosag glau-
cescens.
3. Hamînaea. hydatis (Lmnéz), (Bulla), 1758. -—— Bulla pisum DELLE
GHIAJE ; Bulla hyalina GMEMN ; Haminea elegans auctt., non LEACH (1)
`uv. ; Bulla olliculus MKE.
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FIG. 19. - Haminaea hydatis. - a, b, c, animal vu de dos, de dessous et de profil; d, co-
quille ; c, plaque gésiale ; f, gaine péniale et prostate; g, dents; h, individus de taille
différente accouplés et pondent; i, i, individus très jeunes; lc, coquille larvaîre.
Coquille mince, translucide, oblongue ovale, tronquée en haut, arrondie
en bas, jaune corné ou jaune verdâtre ; stries d'accr0issement très légères
et stries spirales onduleuses très fines et serrées ;vertex imperforé, étroite-
ment concave ; lèvre externe arquée, arrondie en haut et en bas, un peu
épaissie près de son insertion supérieure ; columelle courte, verticale,
plutôt droite, son bord réfléchi, mais non pas très rapproché.
Animal semblable à celui de navicula, mais plus petit ; verdâtre ou
1. Espèce distincte selon Monranosyro, qui l’a vue pondre; mais hydatis pond avant
d'avoir atteint sa croissance maxima. .
c

82 MOLLUSQUES 0P1sTHoBRA1~:cHEs
jaunâtre, tacheté de vert, brun, noir. l" dent latérale denticulée du
côté externe. Plaques gésiales avec nombreuses crêtes, se rencontrant
au milieu à angle proéminent et courant ensuite parallèlement aux bords
de la plaque où elles forment des stries serrées.
Plus petite que H. navicula, surface plus lisse, columelle plus droite ;
plus étroite par rapport à sa longueur, plus jaune-verdâtre.
Animal plus petit. Il y a des différences (mal connues) dans la dentition ;
une seule latérale denticulée (1), et le nombre des latérales plus faible ;
une vingtaine environ de chaque côté, mais parfois davantage.
Méditerranée; côtes atlantiques de France et d’Espagne; au Nord, jus~
qu’au Sud de l'Angleterre.
Var. : major; media ; minor ; oblonga ; globosa ; virescens ; albescens ;
violacea.
Famille des RETUSIDAE
Coquille cylindrique ou piriforme, pouvant contenir l’animal. Animal
sans parapodies; bouclier“échancré derrière; ni mâchoires, ni radula.
Gen. RETUSA Bzaowiv, 1827
(Syn. ? Coleophysis Fiscnnn ; Uiriculus BnowN p.p., non Scnuimcunn.
Cylichnina MONTEROSATO (dont on a fait des sections).
Coquille petite, sub-cylindrique, imperforée, spire peu élevée, aplatie
ou plane ; ouverture aussi longue ou presque aussi longue que la coquille ;
étroite en haut, élargie en bas ; columelle épaisse, pli faible ou nul.
Animal entièrement rétractile dans la coquille. Bouclier céphalique
court, prolongé en deux lobes tentaculaires étroits, latéraux. Radula
nulle ; plaques du gésier au nombre de trois, petites, cornées, elliptiques ;
leur face interne portant des tubercules coniques mousses, principale-
ment à 1’une de leurs extrémités (2).
Ces petites espèces sont encore mal connues au point de vue des parties
molles surtout, de sorte que l’on ne peut encore les classer en sous-genres
bien qu’il en ait été proposé; ils étaient basés sur l’existence d’un pli
columellaire, pli très variable ; Cylichnina MoN'rEROsATo est distingué
par l’0mbilic profond, étroit de l'apex.
Nourriture: Foraminifères; Habitat profond.
Atlantique, Méditerranée.
1. Retusa truneatula (Baucuiànn), (Bulla), 1792.
Coquille petite, sub-cylindrique, rétrécie en haut, élargie en bas, un
1. Au moins chez le jeune.
2. Sauf dans le sous-genre Pyrunculus PILSBRY qui a. des plaques assez diüérentes
pour mériter peut-être rang générique.

HETUSIDAE. — RETUSA 83
peu resserrée en son milieu ; presque opaque, luisante, nombreuses stries
ou côtes serrées dans sa partie supérieure, longitudinales, plus marquées
près de l’apex, s’atténuant plus bas et disparaissant complètement à
la partie inférieure, où elles sont remplacées par des stries d’accroissc·
ment ;la spire est fréquemment striée transversalement ; épiderme mince ;
couleur blanche ; spire involuée ; brusquement tronquée, bordée par
un bourrelet solide, ou crête arrondie ; 3 à 4 tours, le plus interne globu-
leux; suture profonde; ouverture étroite, dans sa moitié supérieure
et plus élargie, piriforme, en bas, arrondie à la partie inférieure ; lèvre
externe doucement arrondie, infléchie en son milieu ; la partie supérieure
dépasse, quelquefois considérablement, l’apex; lèvre interne faible, se
continuant en haut avec la lèvre externe et se repliant un peu sur l’apex,
de même que sur le pilier, derrière lequel elle forme une petite fente
ombilicale ; pilier court, épais, aplati ; pli columellaire fort, en forme de
dent.
Côtes atlantiques, de Norvège aux Canaries. Méditerranée. Adriatique.
Var. pellucida Bnowrz. —- Plus courte, plus petite, plus transparente ; Côtes
moins marquées; épiderme un peu prismatique.
Écosse; Norvège.
2. Retusa truncatella (LOCARD), (Cylichna), 1892.
Coquille sub·conique, allongée, contractée et plissée longitudinalement
à la partie supérieure ; deux bandes opaques, au milieu et vers la base
du dernier tour ; spire tout à fait concave, le dernier tour a son maximum
de hauteur à son extrémité supérieure avec profil droit ; columelle légère-
ment plissée. Haut. 3 à 4 mm., larg. 1,5 à 2 mm.
Méditerranée.
3. Retusa semisulcata(P111L.), (Bulla), 1836. —- Bullina slriala Rrsso.
Coquille mince, cylindrique, allongée, tronquée au sommet, contrac-
tée au milieu, élargie à la base ; spire un peu concave, trois ou quatre
tours visibles, séparés par une suture bien marquée ; surface du dernier
tour ornée de plis verticaux nombreux depuis le sommet jusqu’au milieu ;
ouverture allongée, étroite en haut, dilatée piriforme à la base; lèvre
externe un peu sinueuse et infléchie au milieu; bord columellaire très
faiblement sinueux, columelle épaisse, arquée et tordue à la base ; colo-
ration blanc laiteux presque opaque, avec une bande plus transparente,
descendante, au~dessous du milieu ; et parfois quelques bandes étroites
en dessous. Haut. 3,2 mm., larg. 1,33 mm. (1).
Méditerranée; Adriatique. Littoral et zone des laminaires.
1. Je ne puis trouver aucune différence entre ces deux dernières espèces; sinon que
chez 1’une on prend en considération la ligne transparente qui sépare les deux lignes
opaques et chez 1’a.utre, les deux lignes opaques bordant une bande transparente ; les
positions réciproques correspondent.

84 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
4. Retusa mamillata (Pmt.), (Bulla), 1836. — Bulla minuia l\rIACGILL.
Coquille enroulée, translucide, luisante; tronquée au sommet, régu-
lièrement cylindrique, un peu contractée au milieu ; trois tours de spire,
le premier globuleux et proéminent ; suture profonde ; stries ponctuées
très fines et serrées, spirales ; ouverture étroite, presque linéaire en haut,
élargie en bas, et piriforme; lèvre visiblement flexueuse, infléchie au
milieu; bord columellaire arqué, un peu épaissi, sans pli apparent;
blanche, translucide. Haut. 2,5 mm., larg. 1 mm.
Méditerranée; Adriatique; Atlantique: de Norvège aux Canaries: zone
des laminaires.
5. Retusa umbilicata (IWONTAGU), (Bulla), 1803-8. —— Cylichna sirigella
LovÉN; Bulla blainvilliana Rrzcuxz ; Volvaria subcylindrica Baown.
Type du genre Cylichnimz MONTEROSATO.
Coquille oblongue, moins atténuée que R. niiidula, plus solide, « mais
non prismatique », presque opaque, luisante ; sculpture légère et parfois
des lignes spirales onduleuses qui varient de force et d’écartement sur
le corps et sont plus ou moins serrées près de la base ; indistinctes
sur les échantillons roulés, visibles à la loupe sur les frais; épiderme
jaune-brun, caduc; coloration crème, devenant blanchâtre; orifice un
peu ouvert en haut, contracté et étroit au milieu, piriforme évasé en
bas ; lèvre externe doucement arrondie, obliquement tronquée en haut,
mais dépassant peu l’apex ; apex contourné et un peu contracté, entouré
d’un bourrelet solide (periomphalus LovÉN), et montrant une perfora-
tion centrale comme chez R. niiidula; lèvre interne comme chez R.
nilidula; pilier court, épais, avec un pli dentiforme plutôt marqué;
fortement incliné vers la gauche. Haut. 2,5 mm., larg. 1,2 mm.
Atlantique: de Norvège à Gibraltar; Méditerranée et Adriatique.
6. Retusa crebrîsculpta. (MoNTERosA·ro}, (Cylichna), 1884.
La forme de la coquille comme chez B. umbilicala, mais plus grande,
plus solide, « en forme de datte », 1’apex plus atténué et profondément
ombiliqué; stries verticales et stries spirales dont Pentrecroisement lui
donne un aspect rugueux.
Palerme, Naples, Golfe de Gascogne.
7. Retusa Iaevisculpta (GRANATA), (Cylichna), 1877.
Coquille très allongée, subcylindrique, contractée en haut avec des
stries spirales très fines ; sommet tronqué ; spire profondément et étroite-
ment ombiliquée ; le dernier tour aplati en haut, arrondi à la base ; ouver-
ture étroite au milieu ; columelle avec un fort pli. Haut. 2-2,5 mm.,
larg. 1-1,5 mm.
Méditerranée: Marseille; Italie et Sicile; Malte.

· RETUSIDAE. ·—— RETUSA 85
8, Retusa crossei (Bucouov, DAurzEN¤Eao et Dontrus), (Cylichna),
1882-6.
Coquille enroulée, semi-pellucide, mince, ovale; sommet tronqué,
spire enfoncée, avec une perforation centrale étroite et profonde ; surface
luisante, stries spirales très fines descendant vers la base et lignes d’accrois-
sement arquées, ouverture aussi longue que la coquille, étroite et presque
linéaire en haut, piriforme en bas; lèvre arquée, simple, tranchante;
bord columellaire convexe, columelle épaisse, tordue, avec un pli bien
marqué. Blanche hyaline. Haut. 2 mm., larg. 1 mm.
Bassin Est de la Méditerranée.
9. Rotusa. striatula (Formes), (Bulla), 1848. —— ? Bulla (Cylichna) pyra-·
midala A. Ananas ;Cylichna hoernesi WEINKAUFF ; `? Cylichna cuncala
Tinrsm.
Coquille oblongue, cylindrique, blanc de lait, stries onduleuses trans—
versales et stries longitudinales indistinctes ; Vertex sub-tronqué, concave ;
spire visible ;ouverture linéaire en haut, élargie en bas. Haut. 1/8 inch.
(3 mm. env.).
Méditerranée: Mer Égée; Golfe de Naples, Macri; Servi.
10. Retusa. nîtiduln (L0vÉN), (Cylichna), 1847.
Coquille mince, translucide, blanche, oblongue-cylindrique; plutôt
étroite, plus de deux fois plus longue que large; légèrement atténuée
au sommet, où elle est obtusément tronquée; perforée étroitement au
milieu ; spire indistincte. Ouverture très étroite au milieu, dilatée en bas,
la lèvre externe dépassant le vertex, un peu iniléchie au milieu; colu-
rnelle courte, enfoncée, à peine plissée ; surface très lisse, un peu luisante,
sans stries spirales, et avec des lignes d’accroissement très peu marquées.
Haut. 3,5 mm.
Atlantique: Nord de la Grande-Bretagne. Scandinavie.
13. Retusa 1'0b8glî&D8·(FlSC}IER), (Bulla), 1874.
Coquille allongée, cylindrique, blanchâtre, assez solide, non ombili-
quée ; un peu dilatée en bas ; légèrement rétrécie en haut, côtelée longi-
tudinalement: les côtes serrées, régulières non sinueuses, et parfois
entrecroisées de stries spirales qui les interrompent. Spire ombiliquée,
cxcavée ; ouverture allongée avec les bords subparallèles ; bord columel·
laire court, réfléchi. Haut. 3 mm., larg. 1,33 mm.
Atlantique: Golfe de Gascogne.
14. Retusa. lactea. (JEFFREYs), (Ulriculus),
(Un fragment recueilli à grande profondeur, au large de l'Irlande.)
lh. Retusa substriata. (JEFFREYS), (Ulriculus),
(Un seul échantillon, même localité, même habitat.)

S6 MOLLUSQUES oPrSTHOBRANcHEs
R. (Uiriculus) obesus ; pusillus ; excavaius JEFFREYS sont des nom-
nada)
Atlantique (mer profonde), 2 échantillons connus.
12. Retusa obtusa (MoN·moU), (Bulle), 1803-8.
Cioquille oblongue, rétrécie au milieu, élargie en bas; généralement
opaque et luisante ; nombreuses stries d’accroissement et, chezles jeunes
individus très bien conservés, de fines stries spirales visibles sous le
microscope ; spire striée transversalement et indistinctement; épiderme
crème à brun-jaune, coloration blanche ; spire courte, tronquée, mais
variable et parfois plus allongée; 4 tours anguleux au sommet; le tour
central globuleux; suture profonde; orifice flexueux, partie supérieure
étroite, partie inférieure élargie, arrondie ; lèvre externe doucement
arrondie, ne s’étendant jamais jusqu’à l’apex, mais laissant un espace
entre le tour précédent et le dernier ; elle est contractée et infléchie au
milieu ; lèvre interne épaisse, se continuant en haut avec la lèvre externe
réfléchie sur le pilier, derrière lequel elle forme parfois une fossette ombi—
licale ; pilier lage, aplati et courbé ; pli très faible. Haut. 5,5 mm.,
larg. 3 mm.
Mers d’Europe, du Groenland à la Méditerranée,
Var. tuttita Môtman. — Groenland; Grande-Bretagne; Norvège,
Var. Gandidula Locxrm. — Côtes atlantiques de France.
Var. minor (Utriculus minor) Jnrraevs. — Variété beaucoup plus petite.
Méditerranée (commune).
16. Retusa pertenuis (MIGHELS), (Bulla), 1844.
Parfois réunie à R. obiusa et R. semen, en diffère, selon P1LsBRY,_ par
sa coquille plus grande, plus solide, un peu plus allongée.
Norvège et Amérique.
17. Retusa ovata (Jiarrniavs), (Cylic/ma). 1870.
« Plus grande que Cylichna umbilicaia, plus étroite à l’apex, l’angle
externe de la lèvre externe plus proéminent et plus haut » (JEFFREYS).
Atlantique Nord, Golfe de Gascogne, Açores, Côtes Est d’Amérique.
Famille des HINGICULIDAE
Coquille petite, solide, courte et renflée ; spire conique, composée de
plusieurs tours ; ouverture étroite, obstruée de plis sur le bord columel—
laire ; péristome souvent épaissi extérieurement, et avec dents intérieure-
ment; bordée d’un cal en dehors. Pas d’opercule.
Animal complètement rétractile dans la coquille ; pied court ; bouclier
céphalique large, prolongé en arrière et au milieu par une sorte de siphon

RINGICULIDAE. — RINGICULA 87
résultant de l’enroulement des bords postérieurs du bouclier. Badula
sans dent médiane, avec les dents latérales au nombre de deux, arquées ;
mâchoires comme chez Accra: deux plaques guillochées.
Plusieurs genres fossiles; un seul genre en partie fossile, en partie
récent: Ringicula DEsuAYEs.
Gen. RINGIGULA Dasmwns, 1838.
Syn. Nassa FERUSSAC (p.p.) ; Margînella MÉNARD (p.p.) ; Volula
Baoccm (p.p.) ;Auricula LAMARCK (p.p.) ; Pedipcs DUJAamN (p.p.) ;
Auriculina Gnxrntour (p.p.) ; Ringiculina l)¢l0NTEROSATO.
Coquille petite, solide, presque blanche, ovale·globuleuse, à spire
conique assez courte ; ouverture plus courte que la coquille (environ %
à 3/4 de sa longueur) ; longitudinale ; échancrée et canaliculée de façon
marquée à sa base; lèvre externe épaissie, souvent dentée ou crénelée
intérieurement, bordée d’un cal extérieurement; bord columellaire
fortement calleux et avec deux à quatre plis profonds; la radula est
semblable à celle des Philinidae et des Scaphandridae. Le bouclier cépha-
lique est particulier par son élargissement et par la sorte de siphon posté-
rieur formé par l’enr0ulement de ses bords.
Distribution tropicale et subtropicale.
Quarante-deux espèces récentes et 75 espèces fossiles ont été décrites.
Les espèces récentes ont pour la plupart la lèvre non crénelée et trois plis à
la columelle ; les espèces sont d’une détermination difficile (probablement de
nombreux doubles emplois). Beaucoup ne sont connues que par leur coquille,
et souvent par un, ou un petit nombre, d’exemdplaires ; de sorte que l’on ne
connaît pas les limites des variations 1ndiv1_uelles, ni des changements
produits par l’âge; voir à ce sujet l'opinion de DALL.
l. Ringicula. admirabilis M0nLET, 1882.
Coquille globuleuse, épaisse, délicatement striée et côtelée, les stries
au nombre de trois ou quatre sur les tours supérieurs, nombreuses et
serrées sur le dernier; les côtes moins apparentes sur la partie dorsale
du dernier tour; 5 % tours, un peu convexes, séparés par une suture
profonde ; le dernier tour 3/5 de la longueur totale, arrondi à la base ;
ouverture resserrée, les bords réunis par un cal épais ; bord columellaire
à quatre plis dont les supérieurs sont épais, courts ; le 3e tordu, court;
l’inférieur mince, horizontal ;lévre peu arquée, épaissie au milieu, réfléchie.
Haut. 3,5 mm., larg. 2,5 mm.
Méditerranée.
2. Ringicula. abyssorum MORLET, 1881.
Coquille mince, globuleuse, grande, ornée de stries transversales et
de côtes fines, serrées, longitudinales ;la lèvre a une forme caractéristique.
Mer profonde. Méditerranée P

88 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
3. Ringîcula salleana MORLET, 1882. ·
Coquille petite, courte, renflée, globuleuse, épaisse, luisante, ornée de
stries spirales régulières, profondes; 6 tours convexes, séparés par une
suture linéaire ; le dernier tour mesurant les 4/5 de la longueur totale ;
spire très courte, ouverture étroite, bords réunis par un cal épais; bord
externe formant un canal en haut; bord columellaire très arqué, avec
quatre plis dont les deux supérieurs épais, courts, dirigés obliquement
vers le bas, les deux inférieurs transverses ; lèvre externe un peu arquée,
très épaisse, surtout à la base, variqueuse, en dehors et couvrant les 3 /4 du
tour précédent ; s’amincissant brusquement. Haut. 5,2 mm., larg.
4,5 mm.
Fosse du Cap Breton.
4. Ringicula. passierî MORLET, 1880.
Coquille plutôt renflée, épaisse, un peu allongée, régulièrement striée,
les stries marquées, transversales, distantes; tours 7 à 7 yz convexes,
séparés par une suture bordée; fortement arrondis à la base; dernier
tour mesurant les 2  de la longueur totale ; ouverture étroite en haut,
élargie en bas, bords réunis par un léger cal ; bord columellaire très arqué,
à trois plis ; le supérieur vertical garni à sa base d’un très petit pli ; l’infé-
rieur sinueux ; lèvre épaisse, proéminente à l’extérieur, un peu sinueuse
à l’intérieur, arrondie en bas ; formant un léger canal en haut et couvrant
en partie l’avant-dernier tour. Haut. 5,5 mm., larg. 3,5 mm.
Fosse du Cap Breton.
5. Rîngîcula buccinea (Bnoccm), (Voluia), 1814. -— Voluia pisum
Bnoccm; Marginella auriculala PHILIPPI.
Coquille petite, sub—ovale, renflée, lisse ; spire courte, aiguë, columelle
à trois plis ; lèvre externe évasée, « adnate » ; lèvre interne bordée, renilée
au milieu, non sillonnée. Haut. 4,8 mm., larg. 4 mm.
Fossile et Côte ouest de la France; Espagne; Méditerranée.
6. Ringicula auriculata. (MÉNARD), (Marginella), 1811.
Coquille petite, ovale, renflée, blanche, lisse ; spire courte, aiguë,
base échancrée ; columelle à trois plis, les plis tranchants ; lèvre externe
élargie, zz adnate » ; lèvre interne bordée, calleuse ; stries spirales.
Haut. 5,1 mm., larg. 4 mm.
Côte océanique d’Espagne; Méditerranée; Madère. (Alger, commune dans
le port, 10 à 20 brasses.)
7. Ringîcula. conformîs MONTEROSATO, 1875.
La coquille diffère de celle de R. auriculaia par la forme du péristome
et des plis de la columelle. Coquille non striée superficiellement ; parfois
légers plis verticaux sur les premiers tours.
Fossile et Méditerranée, eau profonde; Cap Breton; Espagne.

RINGICULIDAE. —- RINGICULA 89
8. Rîngicula schlumbergeri MoRLEr, 1878.
(loquille globuleuse, épaisse; spire convexe; cinq tours séparés par
une suture très profonde ; stries spirales régulièrement distantes, profon-
des, très marquées seulement sur les derniers 3/4 du dernier tour; le
pénultième côtelé; dernier tour mesurant 2/3 de la longueur totale;
spire courte ; ouverture resserrée, bords réunis par un cal épais, formant
avec le pli supérieur un canal très prononcé; bord columellaire très
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FIG. 20. — Ringicula auriculata. - a, animal vu de dos ; b, coquille. -— R. lerqueni. ·—-
c, coquille. ·— R. witida. ·—— d, coquille. ——- Ringicula sp. —· 0, coquille. -—- R. admirabilwls.
—- f, coquille. — R. buccinea. — g, coquille. -— R. confarmals. —- h., coquille.
ar ué à uatre lis · les su érieurs minces inclinés vers le bas les deux
q I q p 7 P i I
inférieurs minces, tordus, horizontaux; lèvre épaisse, arquée, pourvue
au milieu d’un tubercule lus ou moins roéminent et dentiforme.
P P
Haut. 4 mm., larg. 3 mm.
Méditerranée.
9. Rîngicula terquenî MORLET, 1880.
Coquille petite, globuleuse, mince, régulièrement striée, les 3 à 8 stries
apparentes sur la face aperturale du dernier tour, parfois effacées sur
la face dorsale ; 4 tours % arrondis, séparés par une suture canaliculée ;

90 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
le dernier tour plus long que la moitié de la coquille, arrondi à la base ;
spire courte, croissant rapidement; ouverture large, les bords réunis
par un cal mince ; bord oolumellaire très arqué en bas, à trois plis épais,
courts; le supérieur ressemblant à un cal tors, l’inférieur plus fort que
le médian; lèvre régulièrement arquée, un peu calleuse avec dent peu
marquée au milieu. Haut. 3 mm., larg. 1 M; mm.
Baie de Smyrne.
10. Ringicula. pulchella (JEFFREYS), Mon1.ET, 1880.
Coquille petite, mince, de forme variable, plus ou moins allongée;
5 tours convexes, séparés par une suture profonde ; plutôt lisses, délica-
tement sillonnés en haut de 3 stries profondes, finement crénelées ; der-
nier tour mesurant les 2/3 de la longueur totale, orné de deuxlignes spirales
ponctuées en haut, près de la suture, puis lisse et ponctué « lirate » au
milieu et en bas, base arrondie; ouverture large, bords réunis par un
cal très mince ; bord columellaire légèrement arqué, à trois plis, petits ;
lèvre régulièrement arquée, mince, un peu proéminente au dehors ;
descendant en dessous des plis columellaires. Haut. 3,2 mm., larg. 2 mm.
Atlantique: Irlande; jusqu’à Gibraltar.
11. Ringicula. nitida. VERRILL, 1873. —— R. lepiocheila BauGNoNn,
1873; R. leplochila M0nLE·r ; 7 R. peracula \VATSON selon DALL.
Coquille petite, blanche, lisse, ovale-large, spire a 5 tours, décroissant
rapidement et régulièrement ; un peu aigue ; plus courte que l’ouverture ;
tours très convexes, régulièrement arrondis, sutures bien marquées;
une ligne spirale bien marquée sous la suture ; le reste de la surface pres·
que lisse, avec des lignes spirales distantes microscopiques, plus ou moins
distinctes. Ouverture un peu en croissant; lèvre externe arrondie, en
segment de cercle, à bord régulièrement épaissi un peu rétracté en bas
près de la suture ; le cal étroit, presque uni, mais un peu renflé au milieu
et un peu saillant; columelle forte, recourbée à Pextrémité, avec deux
plis très proéminents, égaux; l’anté1·ieur projeté au—dessus du canal,
avec son extrémité arrondie. Haut. 4,3 mm., larg. 3,1 mm.; larg. de
l’ouvert.: 11 mm.
Fossile et Méditerranée en eau profonde ; Espagne et France (Atlantique) ;
Atlantique Nord; Lit du Gulf-Stream; Détroit du Yucatan; Tortugas;
Martinique; Grenada; 220 à 1.095 brasses de profondeur.

ANASPIDES 91
ORDRE DES ANASPIDES
Pas de bouclier céphalique·avec lobes surplombant le dos; coquille
peu développée fragile ou aplatie ou avec sinus, ou nulle; parapodies
parfois développées, natatoires; plaques du gésier plusieurs (plus de
quatre), irrégulièrement pyramidales, cartilagineuses, non calcifiées.
Radula large avec dent médiane.
Deux familles : Aplysiadae et Aceridae.
REMARQUE. —-·— Les Aceridac sont le plus souvent classés parmi les
Céphalaspides ; en les plaçant près des Aplysiadae, cependant, je ne fais
que suivre les indications de MAZARELL1 et de J. GUIART, bien que VAYS-
SIÈRE laisse cette famille parmi les Bulléens, car, dit—il, « le disque cépha-
lique existe vraiment », Mais ce point est contestable : en effet, si l’ab·
sence de rhinophores saillants donne à la partie antérieure une certaine
analogie avec celle des Bullidés, l’absence de lobes postérieurs constitue
une différence; et l’anatomie montre que si cette famille a certaines
afïinités avec les Bullidés, elle en a de plus grandes avec les Aplysiadés.
Même la coquille, bien qu’enroulée, a une tendance au déroulement par
la disjonction du dernier tour : celle de Dolabelle, si on pouvait l’enrouler,
aurait avec elle une lointaine analogie. _
TABLEAU DES GENRES D’EUR()PE
1, Une coquille enroulée avec sinus .............. 2.
·— Coquille non enroulée ou nulle ............... 3.
2. Animal connu, grand ....... . ...... (p. 92) Accra.
-—- Animal peu connu, petit ......... (p. 94) Cylindrobulla.
3. Parapodies grandes, plus ou moins libres, natatoires . .
..................... . . (p. 95) Aplysîa.
— Parapodies étroites, non dressées, peu mobiles ........ 4.
4. Une coquille ....................... 5.
— Pas de coquille chez l’adulte ................ 6.
5. Coquille cachée dans 1’épaisseur du manteau (p. 106) Dolabrifern.
- Coquille visible .............. (p. 104) Aplysiolla.
G. Forme haute, pied étroit .......... (p. 103) Notarchus.
— Forme plate, pied large .......... (p. 105) Phyllaplysia.

92 MOLLUSQUES oPISTHoBRANcHEs
Famille des ACERIDAE (1)
Coquille mince, cornée, élastique, fragile, avec spire presque plane,
fente suturale profonde et fasciole anale large.
Animal avec yeux visibles, bordés d’un simple bourrelet du côté in-
terne; ni palpes ni rhinophoresg grandes parapodies réfléchies sur le
dos, par dessus la coquille. Radula large avec dent médiane; plaques
du gésier multiples, cartilagineuses.
Deux sous—familles :Acer·inae, Cylindrobullinae.
Subfam. ACERINAE.
Coquille fragile, ovale, carrément tronquée en haut, spire presque
plane, entourée d’une crête tranchante ; épiderme mince, brunâtre
pâle; surface couverte de striations microscopiques, serrées; ouverture
presque aussi longue que la coquille ; étroite en haut et continuée par un
profond sinus; s’élargissant graduellement vers le bas; lèvre externe
arquée, avançant à sa partie médiane; columelle simplement arquée,
avec un cal réfléchi, mince. Haut. 14 mm., larg. 9 mm. ; mais la hau-
teur peut parfois atteindre 28 mm.
Il y a une glande flagelliforme ou glande spirale débouchant dans le
tube digestif. Les glandes salivaires sont longues, minces, granuleuses.
Il y a une glande prostatique. Mâchoires en forme de croissant, formées
de colonnettes polyédriques. Dent médiane de la radula denticulée des
deux côtés, jusque sur la cuspide; quelques dents denticulées du côté
externe, le reste simples, crochues; formule 36 X 46-I-46. Couleur de
l’animal brune ou jaune.
Atlantique: Norvège; Europe occidentale en général; Mer du Nord;
Méditerranée. —— Un petit nombre d’autres espèces qui, toutes, sont exotiques.
Gen. ACERA 0. F. MüLLER (1776), (Akera)
_ non CUVIER ; non Rlsso
(Syn. 2 Eucampe (LEACH), GRAY ; Bulla p.p. auctt. ;Bullaia JEFFREYS.)
Caractères de la famille ; la coquille est externe, avec un périostracum
coloré, brun roux; quelques tours, le dernier disjoint par un sinus. Elle
ne peut contenir l’animal.
Acera bullata O. F. MüLLEa, 1776, (Akera). —- Akera fleœilis Baowu ;
Balla volaia parva CHEMNITZ, 1784 ; Balla ballata AnAMs ; Bulla hanleyi
ADAMS; Eucampe donovani LEACH; Baila elaslica DANILA SANDRI;
Aceras bullaium LOCARD ; Bullala farrani NORLIANN; Ballaia nana
JEFFREYS; Bulla fragilis LAMARCK; Bulla akera GMEL1N; Balla cana-
1. PILSBRY divise sa. famille Akewidae en trois sous-familles: A/ceroïnae, Haminaeinae
et Volvatellinae. Cette classification n’est pas suivie ici. Hamimzea, a. un vrai bouclier
céphalique, une coquille sans sinus et des plaques gésiales calcifiéœ.

ACERIDAE. ··— ACERA  
liculala 0r..tv1; Bulla globosa CANTRMNE; Bulla resiliens DONOVAN;
Aceras elegans Locxxm; Bulla norvegica Baueuxàne; etc...
Animal grand: plusieurs centimètres, avec parapodies natatoires.
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Fm. 21. — Accra bullata. - a, animal vu de dos ; b, dessous de la tête ;c,1’a.¤ima·l nageant ;
d, une plaque gésiale ; e, coupe transversale du gésier; f, dents; g, im demi-rang de
la radula; h, mâchoire; i, pénis; j, cœur; k, accouplement en chaîne.
Tube digestif avec deux renilements [gésier et estomac), permanents,
et un cesophage dilatable. Le gésier contient des plaques pyramidales
analogues à celles des Aplysiadae, et plus bas d’autres formations
en aiguilles. Dans le bulbe buccal débouchent deux glandes salivaires.
Il y a deux mâchoires et des épines palatales comme chez ces derniers ;
radula de formule n-I-n ; la médiane et une partie des latérales sont denti-

94 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
culées. Le système nerveux central, composé de six ganglions principaux,
possède une commissure viscérale un peu tordue comme chez Aplysia.
Accouplement en chaîne.
Subfam. CYLINDROBULLINAE
Gen. CYLINDROBULLA Fiscmzn, 1857
(Syn. : Cylichna p.p., Jnrrnnvs.)
Coquille mince, fragile, cylindrique, luisante, hyaline (1) ; spire
enfoncée ; ouverture aussi longue que la coquille, linéaire, sauf à la base,
se continuant au vertex par un long sinus suivant la suture, comme chez
Accra, base tronquée obliquement, laissant voir la totalité de l’intérieur
du dernier tour, de même que la columelle spirale, lorsqu’on regarde
l’ouverture d’en bas.
Animal pouvant rentrer dans la coquille; sans épipodies ;anat0mie
inconnue.
Quelques espèces exotiques et une signalée en Méditerranée.
Cylindrobulla. fragilis (JEFFREYS), (Gylichna, puis Cylindrobullw.
Coquille cylindrique, très luisante, hyaline, resserrée et striée longi-
tudinalement à l’apex ; lisse partout ailleurs ; spire enroulée lâchement ;
vertex peu apparent atténué obliquement; ouverture étroite en haut,
élargie en bas, tronquée. Haut. 1/15 inch, larg. 1/30 inch.
Animal inconnu.
Côte Ouest d’Italie (profond.) ; la Spezzia; côte atlantique d’Espagne.
Famille des APLYSIADAE
Coquilleiplus ou moins interne, ou nulle ; au moins une paire de tenta-
cules (situés derrière les yeux), parfois deux paires, ou trois paires, dont
une aux côtés de la bouche (Palpes). Des mâchoires ; des plaques gésiales
pyramidales ; un appendice spiral au tube digestif. Une gouttière géni-
tale ciliée. Une glande hypobranchiale.
Nourriture végétale. Ponte en long cordon pelotonné irrégulièrement.
1. PLLSBRY signale les différences entre la coquille de Cylindrobulla. et celle « du genre
allié ww Volvatella; je les omets ici, pensant que lorsque l’a·nimal sera connu, on s’aper-
cevra. que ces deux genres ne sont nullement alliés; l’a.nalog'îe assez vague entre leurs
coquilles est probablement une convergence entre des coquilles en voie de régression
et de détorsion partielle. L’a·nalogie de la coquille de Cylindrobulla justifie amplement
le rapprochement de ce genre avec Accra dans une même famille, Aceridae; il n’en est
pas de même pour Volvalella PEASE. D’autre part, il ne faut pas beaucoup d’ima·gination
pour dérouler par la pensée ces deux coquilles semblables, et plus encore celle de Cyliw
drobulla que celle de Accra, de façon à. établir la. comparaison avec celles de certains
Aplysîadae, surtout des Dolabella.

APLYSIADAE. — APLYSIA 95
Section ÀPLYSXINAE s.s. ou Longicommissurafa.
Subfam. APLYSHNAE
Avec coquille et commissure viscérale longue, un peu tordue. Deux
sections : Aplysiinae propriae et Dolabcllimze. Nous n’av0ns pas à nous
occuper de ces dernières qui ne sont trouvées que sous les Tropiques.
Les Aplysiinae diffèrent des Dolabellinae par leur coquille sans lamelle
latérale, par leurs dents, dont une partie au moins sont denticulées,
et par la forme plus ou moins effilée, sans méplat caudal. Animaux de
grande taille. Pénis efïilé, inerme.
Fréquentes dans tout l’Atlantique, la Méditerranée et en général dans les
mers chaudes et tempérées.
Gen. APLYSIA LINNÉ (Systema Nat., XII, 1767: Laplysia)
Aplysia Cuvmn, 1803 ef aucff., depuis 150 ans. Décrété nom. cons. en
1040. Laplysia LINNÉ ; Siphonolus A¤».Ms et REEvE ; Syphonota PEASE ;
Q È R È
FIG. 22. ·- La. natation des Aplysics.
Syphonopyge Ba0NN ; Esmia LEAcu; Lemea Bomxoscn ; Dollabella
Risso ;D0llabella pars LAMARcx; Telhys LINNÉ 1766 ; PILSBRY el auclt.
Le nom Aplysia a été décrété nomen conservandum (1).
Coquille enfermée dans le manteau, mais visible par un foramen plus
ou moins grand; de forme subquadrilatère, à bord antérieur arrondi;
non enroulée, un peu bombée, calcifiée, avec un petit nucléus posté-
rieur gauche ; le bord corné dépassant la partie calcifiée ; couleur ambrée
1. PILSBBY e. substitué a.u nom Aplysia L., universellement accepté, celui de
Tcthya L., comme plus ancien. Mais il ai conservé à. la. famille le nom d'Aply¢îudae.

96 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
ou `aunâtre ou verdâtre · 0 a ue ' le côté ostéro-droit est creux sinus ·
7 q 7 7
il y a des stries ou plis d’accr0issement, distants, irréguliers.
Animal de Urande ou très rande taille allon é bombé surtout en
5 g 7 7 7
arrière du milieu du corps ; parapodies généralement grandes, natatoires.
Le manteau recouvre la branchie lumeuse recourbée · il est caché
P 7 7
par les parapodies et forme parfois un siphon postérieur.
Av,  
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FIG· 23. —·~ Aplysùz deprilans. —- a, animal entier ; b, coquille.
Sous le manteau, une glande sécrète un liquide blanc ou violet. La
radula a au minimum douze dents de cha ue côté mais souvent beaucou
CI » P
lus · les mâchoires sont deux la es de bâtonnets fins et serrés · 1l
p 7 P g 7 y
a en outre des épines palatales. Les plaques du gésier sont nombreuses.
Pénis inerme.
Toutes les mers chaudes et tem érées.
P

.xrLYs1ADAE. —- .xPL¥sxA 97
1. Aplysîa depilans LINNÉ (Laplysia) Boimuscu, 1761; ? A. leporina
DELLE Cnmaiz, 1823; ? Dolabella lepus Russo, 1826.
Cette espèce est si connue et commune sur les côtes de l’Atlantiquc
et de la Méditerranée, qu’il n'est pas utile de la décrire longuement.
Comme taille, 250 min. >< 100 mm., elle tient la moyenne entre rosea
(punclafa) et lzmacina (1) (ou fasciala). Moins haute que cette dernière,
moins massive, elle n’a pas de bordure rouge. Coloration verdâtre ou
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F10. 24-. - Aplysia depilans. —- a, raduiu.; b. glande hypobmnchiale; c, la. même
chez A. lasciata; d, bulbe buccal ouvert d'une Aplysie (schématique).
brunâtre sombre, sans le pointillé blanc de rosea (punclala), et sa radula
est plus large, avec un plus grand nombre de dents par rangée; mais
les formes sont analogues chez les deux espèces, avec une cuspide et
plusieurs denticules, dont un plus grand, externe, forme une cuspide
secondaire, qui porte elle·même des denticulations; les plus externes
se simplifient et diminuent de taille sans changer de type, et seules les
deux ou trois dernières de chaque côté sont dépourvues de denticules
et rudimentaires. La médiane est plus large et plus courte, avec des denti-
cules de chaque côté, dont un plus fort.
1. Selon VAYSSIÈBE, 1885, p. 66, x A. depilam atteint des dimensions presque doubles
de celles de l’A. faaciata » ; mais il ne paraît avoir vu que des fasciata exceptionnellement
petites ; ou peut-être est-ce un lapsus P
1

98 MOLLUSQUES 0P1sTHOBRANc1-xEs
Radula 60 X 30-I-30.
Tentacules antérieurs formés par repliement du voile; postérieurs
auriculés.
La coquille est plus grande que celle de rosea, mais moins bombée
et moins colorée, jaunâtre-ambré ; elle est visible par un orifice qui a
plus de 6 mm. de diamètre.
GARSTANG a supposé que A. rosea (punciala) pouvait être le jeune
de A. depilans, dont la couleur, la taille, la radula sont modifiées par le
développement plus avancé ; mais, comme le remarque GUIART, ceci
est contredit par des différences anatomiques.
Atlantique, Manche, Méditerranée; cette espèce paraît avancer moins
haut vers les latitudes élevées que la rosea.
2. Aplysia rosea. RATHKE, 1799. —— Laplgsia panciaia CUVIER, 1803 ;
? Aplysia guiiaia SARs; A. nigromarginaia Rlsso; A. slellaia Pusso;
‘? A. ferrusaci RANG; A. longicornis RANG, 1828; A. marginaia; A.
unicolor `DE BLV. ; ‘? A. dumorlieri CANTRAINE, 1840, juv. Esmia griffiihsi
LEACH ; A. neœa Tn©MPsoN ; A. varians LEACH ; A. minor LANKESTER ;
I A. muslelina DAv1Es; A. hybrida SOWERBY; A. depilans PENN., non
L1NNÉ; A. punciaia et ? A. marginaia PHIL.; A. albopunciata DEs-
HAYES (1).
De plus petite taille que A. depilans, un peu plus grêle ; coquille rela-
tivement grande, bombée, de couleur cornée, visible entre les parapodies
par un orifice relativement grand.
Radula 36 >< 16-I-16 max. selon VAYSSIÈRE ; ou 3 + 9-1-9 + 3 à
3 + 10-1-10 -l— 3 ; la cuspide de la dent médiane denticulée portant deux
cuspides secondaires. Les marginales en partie denticulées.
Couleur pourpre carminé chez le jeune, avec bordure noire ; plus tard,
brune ou verdâtre, avec taches blanchâtres formées de pointillé blanc,
parfois un pointillé noir par places.
3. Aplysia fascîata. POIHET, 1789. — ? A. limacina LINNE (2) ; Leporis
marini primum genus RoNDE1.ET; Lernaea LINNE; 7 Teihys limacina
L. ; « Seehare » v. Mart. ;? `? A. alba CUVIER; A. valgaris DE BLV. ; A.
depilans DE BLV., non L. ;A. marmoraia DE BLV. ; A. neapolilana D. CH. ;
A. lepus PHIL. ; A. limacina L. BLOCHMANN. -— Siphonofa limacina, et
S. lobiancoi Mlxzz., 1890 (3). A. poliana D. CH. fide VAYSSIÈRE.
Le nom de genre Syphonoia a été créé — inutilement — pour cette
espece.
Coquille très mince. translucide, peu calcifiée, peu convexe, à rostre
1. Synonymie diiïérant un peu de celle de LIAZZARELLI. Peut-être y aurait-il à. ajouter
des espèces connues seulement par la. coquille comme A. subquadmta. GLD· ?
2. Synonymie un peu incertaine.
3. Décrîte par IWIAZZARELLI comme espèce distincte; 1 spécimen, Naples.

APLYSIADAE. —- APLYSIA 99
proéminent; sinus peu marqué, long. Orifice de la ravité coquillère très
t t, un tubulf X m l nd, .320 m massif
e i eu iorme. r ni a ra env. ` m., ` .
Lobes parapodiaux larges, libres, natatoires. Tentacules postérieurs
courts, étroits; antérieurs larges, triangulaires. Pas de palpes distincts,
mais des plis au-dessus de la bouche. Grand siphon anal. La parapodie
gauche se rabat par dessus la droite au repos.
Pénis, gaine avec nodosités mais sans épines. Glande de Bohadsch
diffuse; mâchoires trapézoïdales; crochets du palais allongés.
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FIG. 25. -— .·1plys·i¤. fuaciaia.
Radula: 37 X 83. La pointe de la dent médiane dépasse la base.
Formule selon VAYSSIÈRE 72 X 39-l-39 (1).
Coloration sombre ou presque noire; parfois bordure des parapodies
et des tentacules plus claire, orangée ou rouge; à l’état jeune, plutôt
verdâtre.
Méditerranée: Corse, Banyuls, Nice, Naples. Algérie.
INCERTAE SEDIS
Aplysia melanopus (JRUUCH, P. Z. Soc., 1870, Pl. 38, 1, 2 (en noir),
p. 173, 1, 2.
Lg. 4 M2 inches. Très massive, pied brun foncé, corps marqué de rouge
sur fond jaune brillant, sauf le manteau et le pied. Coquille tlarg. 2 inches,
demi-ovale, mince, subcartilagineuse, stries divergentes faibles partant
1. La radula, diüère très nettement de celle de depiltma z les dents sont beaucoup
plus petites et beaucoup plus nombreuses.

100 Monwsguns oprsruommwcnns
du bord droit. Près de la partie supérieure était une proéminence, mais
mal conservée. Surface teintée de brun.
E. de Cornouaille.
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Fm. 26. —— Aplysia. fasciaia,. —~ 0,, coquille. —- A. rosea. -— b, animal, d’a.près un dessin
ancien (A. nexa) ; 0, coquille ; d, jeunes individus dans diverses attitudes ; e, très jeune
individu; f, un demi-rang de la radula.; g, ouspide de la dent médiane et deux dents
latérales.
Aplysia marmorata DE Bnv., 1823.
Long. 60 mm. Ovale, lisse, pied aigu en arrière, lobes natatoires
grands. Manteau large avec tube médian. Siphon « excurrent » conique,
long.
Couleur verdâtre foncé marbré de noir. Coquille ovale-allongé très

APLYSIADAE. — Aenvsm 101
concave, presque membraneuse (calcification faible, facilement dissoute
dans l’alc00l). Beige-livide, apex faiblement recourbé vers le sinus supé-
rieur de la coquille, qui est très en arrière et peu arqué. Long. 20 mm.
Non reconnaissables : A. sicula SWAINS. ; unicolor Rxsso ; ‘? nigr0mar~
gimzia R. ; lulea R. ; unicolor BLV., 1823 ;pelers0nii GRAY;seboe GRAY ;
(« A. lessoni L. emend. GM. », l\«IAzzAm«:LL1 et ZUccARm, 1889, n’est pas
la vraie lessoni).
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Fm, 27. - Aplyaia melamopus. -— a, animal; b, sa. coquille.
A. marmorata. ··- c, amimel vu de dos; d, coquille.
Section No'rARcmNAE (ou Brevicommissuralae)
Il y a entre les deux sections d’Aplgsiadae des aliflérences importantes,
portant sur plusieurs organes, et plus particulièrement sur le système
nerveux et sur le pénis. La seconde section peut prendre le nom de Notar-
chinae, d’après la famille portant le nom le plus ancien ou celui proposé
ci-dessus indiquant la conformation du système nerveux, bien qu’une
forme d’Aplysiadè (exotique) offre un terme quelque peu intermédiaire.
(lhez l’A l sie, les anprlions du s stème nerveux viscéral sont situés
P Y 2 Y
sur les organes, les connectifs sont longs et légèrement croisés. Chez

  MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Nolarchus, les ganglions principaux sont groupés autour de Pœsophage, les
connectifs très courts, comme chez les Nudibranches. En outre, chez
ces derniers, partout où la recherche en a été faite, le pénis s’est montré
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FIG. 28. - S¢hémas de système nerveux d'Ap1ysiens. En haut : zz, Aplysiadae : Dolabel-
limze, Aplyalimze ; b, N oiarchldae. -— En bas : c, Aplyaia sp., de Mogador et A. parvula
Môrch.; d, Aplysies typiques et Dolabella; e, Aplysiella, Notarchus et Dolabrifcra
(dfaprès RISBEC, Bull. Soc. Sc. nat. Zllaroc, XI, 1931).
accompagné d’une sorte de feuille annexe épineuse, et des épines gar-
nissent sa pointe et sa gaine, et ceci n’existe ni chez Aplysia, ni chez
Dolabella (ou leurs sous-genres).

APLYSIADAE. —· NOTARCHUS 103
Une partie des membres de cette section (tout au moins) ont, contrai-
rement à Aplysia, un accouplement réciproque. Il y a fréquemment
deux types de dents.
Subfam. NOTARCHINAE
Parapodies unies en arrière, ne laissant entre elles qu’une fente étroite
donnant accès à une cavité profonde dans laquelle flotte le sac viscéral,
attaché antérieurement; par l'expulsior1 de l'eau hors de cette cavité,
l’animal peut se déplacer par bonds rétrogrades. La queue est longue
ou courte, la forme effilée ou ramassée, subglobuleuse, le tégument garni
de petits appendices fllamenteux. Pied étroit, canaliculé. Parfois pas de
coquille.
Gen. NOTARCHUS Guvmn (1817, non Rrsso, 1818),
(qui est Elysia)
(Syn. 2 Aplysia p. p. auctt. et Formes, 1844; ? Busiris Risso.)
Caractères de la sous-famille. Forme courte, ramassée.
" Trois ou quatre espèces. Les mieux connues sont :N. îndicus Scuwnxo-
GER, qui est exotique, et N. punclalus de la Méditerranée.
Notarchus punctatus PHILIPPI, 1836. —- ? Busiris griseus Rrsso;
Aplysia saltalor Fomass, 1844; Notarchus griseus Locano; N. cuvieri
et neapolilanus D. CH., 1841.
Taille 50 à 80 mm. —- Forme haute, un peu comprimée ; couleur blanc
jaunâtre, avec ponctuations blanches dispersées, et taches noires; tégu-
ment couvert de papilles simples ou composées, rétractiles et souvent
presque disparues chez les individus conservés, espacées sur tout le
corps et la tête, mais non sur les tentacules. Pied étroit, canaliculé.
Radula large, composée de dents de deux sortes, mais avec passage
graduel des courtes aux longues; toutes denticulées: 25 X 40—l-40.
Mâchoires : groupes de bâtonnets. Épines palatales fortes et nombreuses.
Pénis composé d’une partie conique et d’une masse charnue aplatie,
toutes deux munies d’épines ainsi que la gaine.
Une petite coquille en forme de coquille de Coriocelle a été décrite
par A. VAYSSIÈRE, mais n’a jamais été revue; son existence demande
à être confirmée. Elle paraît avoir eu une persistance exceptionnelle.
Déplacements brusques à reculons, par expulsion d'eau de la cavité
palléale.
Méditerranée: Sicile (Pmr.11>v1); Marseille (Vxvssràma); Tunisie.

104 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Gen. APLYSIELLA P. Frscnnn, 1872
(Syn. :Aplysia p.p. auctt. «Pefalifera auctt. GRAY, 1847 », `l`H1ELE ‘? non
GRAY) (1).
De taille médiocre : env. 35 mm. ; forme analogue à celle d’Aplysia,
mais plus ovale, la queue non effilée ; système nerveux condensé, symé-
trique (presque) ;le milieu du corps, bombé chez l’animal vivant, s’affaisse
fréquemment chez les échantillons conservés, de sorte que dans cet état
ils ressemblent davantage à Phyllaplysia. Les parapodies sont courtes,
situées en arrière du milieu du corps ; orifice génital entre les parapodies.
(Ie genre se distingue de Phyllaplysia par sa forme et par la présence d’une
coquille chez l’dulte. Cette coquille, qui lui avait fait donner par BANG
le nom d’Aplysia peialifera, est une mince lamelle subquadrangulaire,
fragile, translucide, calcifiée, blanche; à 1’état frais, le bord antérieur
est arrondi, et seule l’extrémité postérieure gauche est anguleuse, bien que
sans nucléus ; mais le bord antérieur, très délicat, est fréquemment effrité
chez les animaux en alcool, devenant alors presque droit. A noter que
PILSBRY a cru utile de créer un sous—genre pour une espèce dont la coquille
est allongée, ovalaire: le genre Pseudaplysia PILSBRY, 1896. Mais la
forme décrite plus haut est celle de l’espèce européenne ; et, sans regarder
la forme de la coquille comme un caractère générique, nous ne nous
occupons que de celle-ci, qui est celle d’Aplysiella peialifera (RANG);
tandis qu’A. gravieri VAYSSIÈRE, de la Mer Rouge, en diffère.
Les dents affectent deux formes bien différentes, mais reliées par des
intermédiaires. Formule: 44 >< 49-1-49.
Aplysîella virescens (Rrsso), (Aplysia), 1818 (2). —— Aplysia brugnaielli
vAN BENE1:•EN et Rose, 1836; Aplysia webbii vAN BENEDEN et Roma ;
Aplysia peialifera RANG, 1828 ; Aplysia unguifera RANG ; Aplysiella
pefalifera P. F1scHER, 1872.
Ces espèces ne sont que des variétés de coloration ; en effet, la couleur
varie du jaune brunâtre marbré de roux au vert plus ou moins vif, ou
strié. Les dents ressemblent davantage à celles desSiyl0cheilus qu’à celles
de Phyllaplysia. Les premières latérales sont découpées en forme de feuilles
de chêne; les externes très aiguës.
Gen. PHYLLAPLYSIA P. Fiscnnn, 1872
Ce genre se distingue de Aplysiella (ou Peialifera) principalement
par l’absence de coquille chez l’adulte et par la forme aplatie. Chacun
de ces deux genres se trouve dans la Méditerranée, où ils ne comptent
qu’une seule espèce chacun, et sont tous deux valables et bien distincts.
1. Synonymie discutable, GRAY n’a.yant employé ce nom que pour le supp rimer.
2. Ce nom semble être le plus ancien appliqué à. l’espèce méditerranéenne.

APLYSIADAE. — Puvnnunvsm 105
Phyllaplysia a trois paires de tentacules, les buccaux petits, aplatis
et pointus au bout; les postérieurs enroulés.
La sole pèdieuse estlarge et plate, sans limites la séparant des parape-
dies, qui sont soudées dorsalement ; elle est ovale, arrondie en avant
ct en arrière, non apointie comme celle de Aplysiella.
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FIG. 29. - Phyllaplysia depressu. — a, animal vu de dos; b, face ventrale; n, dents;
d, très jeune individu avec coquille. - Aplyaiella petalifera. —- e, animal vu de dos ;
f, un autre individu, face dorsale et ventrale ; g, extrémité antérieure, dessous ; h, co-
quille ; i, pénis ; f, organes génitaux ; k, machoire et ses éléments ; l, plaques gésiales ;
m, tube digestif.

106 MoLLusQUEs OPISTHOBRANCHES
La radula diffère peu de celle de Dolabrifera (1).
Les orifices génitaux sont dans la cavité formée par les parapodies
soudées ; le pénis est inerme.
D’autres espèces que celle de la Méditerranée ont été décrites dans le
Pacifique et la Mer Rouge ; mais il est assez difïicile de savoir pour plu-
sieurs d’entre elles auquel des deux genres ci—dessus elles sont attri-
buables.
Phyllaplysia depressa (CANTRMNE), 1835, (Aplysia). —— Ph. lafonli
P. Fiscnna ; Ph. pauliniMAzzAaELL1, 1893.
Caractères du genre ; taille jusqu’à 50 mm. Pied large. Les parapodies,
soudées, ne laissent que deux orifices rapprochés reliés par une fente
en arc de cercle, la parapodie droite surplombant la gauche. Orifices
sexuels dans la cavité.
Couleur verdâtre, vert jaune, marbré de plus clair et de plus foncé;
le dessous de la sole pédieuse porte des macules claires linéaires, allongées
dans le sens antéro-postérieur, bien caractéristique de l’e,spèce, et qui
ont été représentées par GANTRAINE (1840). La coquille est rejetée tar-
divement ; on la voit encore chez l jeune de quelques millimètres, grande,
jaunâtre.
Subfam. DOLABRIFERINAE
Espèces rampantes, dont le pied est aussi large ou plus large que le
corps; les parapodies peu développées plus ou moins soudées, corps
aplati. Avec coquille allongée, triangulaire, solide, interne.
Un genre dans nos mers.
Gen. DOLABRIFEHA GRAY, 1847
(Syn. Aplysia p.p. RANG. non Thallepus SWAINSON (2) qui est une
Elysie.)
Coquille solide, étroite, spatulée—triangulaire avec un nucléus posté-
rieur épaissi, très irrégulier et des stries d’accroissement marquées. Entiè-
rement cachée par le manteau. La forme extrêmement variable (3) de
cette coquille a fait créer un bon nombre d’espèces inutiles, dont trois
ou quatre seront peut—être valables ; mais une seule a été trouvée dans
les mers d’Europe. Décrite par BERGH des côtes du Groenland, comme
espèce distincte, elle est probablement synonyme de l’espèce la plus
commune, D. dolabrifera (= ascifera) RANG, du Pacifique, et son habitat
1. Une ügure de MAZZARELLI représentant les dents de son espèce paraît peu exacte;
elle donne Pimpression d’avoir été faite avec une mise au point défectueuse : les cuspides
 ont ainsi supprimées.
2. Qui serait synonyme douteux selon THI.E1’, 1931.
3. Parfois plus ou moins difforme.

A1¤LYs1A¤.·.E. ·- oonannrmsna 107
inattendu s’expliquerait par le transport possible, non d’individus, mais
de pontes sur des coques de voiliers. Le nom donné par BERGH est
maintenu provisoirement (l).
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FIG. 30. —- Dolabrifera aacifzra. — a, deux dents ; b partie d’une rangée de dents ; c, épi-
nes palatales. —- D. holbdlli. —- d, dents ; e, coquille : f, épines palatales. — Notarchus
pumtatua. —- g, animal vu de dos ; h, id., face ventrale ; i, coquille ; f, lc, pénis ; l, dents ;
m, machoire et ses éléments ; n, épine du plafond du bulbe ; 0, fragment de ponte.
1. Chez une espèce du Pacifique, j’ai trouvé des épines au pénis et dans la gaine.

108 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Dolabrifera. holbëlli BERGH, 1872.
Outre l’individu examiné par BERGH, il en a été retrouvé quelques—uns
dans la même région, et le genre est signalé à Marseille.
Les dents ont une cuspide arrondie, spatulée au bout avec un petit
nombre de denticulations du côté externe; la médiane a 5 denticules
et les externes 4 à 6 rlu côté externe (chez ascifera).
Coquille « extrêmement fine, memb1·aneuse». Dents « différant de celles
de D. ascifera par la forme plus longue et plus grêle des latérales ». Cou-
leur olive brunâtre.
Groenland.

THÉCOSOMES 109
ORDRE DES THEcosoMEs
Thecosomala : Théeosomes, DE BLAINVILLE, 1821 ; Plerobranchia
(parl.) +Daclylobranchia GRAY ; Plerocephala \VAoNER ; Eupleropoda
BOAs, 1886 et auctt.
Ils faisaient autrefois partie, avec les Gymnosomes, de la classe des
Ptéropodes, considérée comme ayant la même valeur que les Gastéro-
podes ou les Lamellibranches; ils font maintenant partie des Gastéro-
podes et de la sous-classe des Opisthobranches.
Pélagiques. Dérivés des Bullidés, ils en diffèrent par le mode de vie
et les modifications qu’il entraîne: réduction du pied proprement dit,
grand développement des épipodies (1) ou nageoires, réduction, trans-
formation ou disparition de la coquille, qui est parfois remplacée par
une « pseudoconque » interne. Comme les Bullidés, ils ont un gésier
garni de plaques dures (2) ; elles sont au nombre de quatre principales,
ce qui est un caractère primitif. Il y a des mâchoires latérales et générale-
ment une radula trisériée. Les organes sont simplifiés, les animaux étant
de petite ou de très petite taille. Il y a généralement une cavité palléale,
mais rarement une branchie bien développée. Organes génitaux composés
de la glande hermaphrodite, d’un conduit avec ampoule (3), d’une vési-
cule copulatrice, d’une glande de l’albumine et du mucus, d’une gouttière
ciliée externe et d’un pénis (inerme). Le rein est un simple sac avec orifice
externe et communication réno·péricardique. Position du cœur variable.
La coquille est si variable qu’il faut réserver sa description pour la
partie du travail concernant la systématique.
Là où il y a une véritable coquille externe, elle est composée de
conchyoline et carbonate de chaux. Elle est spiralée, dextre ou senestre,
ou secondairement symétrique, ou plus ou moins conique. Là où il y a
une « pseudoconque », celle—ci, qui n’est pas homologue à la coquille, est
interne, de consistance cartilagineuse et non calcaire ; il n’y a pas, en ce
cas, d’opercule ; celui·ci existe, ou non, chez les espèces avec coquille,
mais il se peut qu’en certains cas il n'ait pas encore été trouvé ou se perde
tardivement.
l. Les nageoires ne sont pas toujours de simples épipodies,ma.is sont composées de
parties du pied et des tentacules selon les cas, et selon les interprétations des auteurs.
2. Comme chez les Bullidés, il importe de distinguer ce gésier de Pintestîn moyen ou
estomac, où débouchent les conduits hépatiques.
3. Cette ampoule est appelée par MEISENHMMER receptaculum seminis ; mais comme
il est situé sur le trajet du conduit hermaphrodite, il est homologue à 1’a.mpoule de tous
les Opisthobrzmches.

110 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
La nourriture des Thécosomes se compose de microplancton, amené
à la bouche par l’action des cils des gouttières qui y convergent.
Ils sont répandus dans toutes les mers ; il est donc bien difîicile de faire
un choix parmi eux de ceux qui peuvent être considérés comme faisant
partie de la Faune de France, c’est—à-dire comme fréquentant l’Atlan—
tique Nord et la Méditerranée. On peut cependant éliminer de cette étude
quelques espèces circumpolaires ; et peut-être une ou deux espèces rares
non encore trouvées dans nos parages, prises dans les Océans Pacifique et
Indien; ou réputées abyssales.
Beaucoup mieux connus que les Gymnosomes pour la raison que depuis
longtemps leurs coquilles sont dans les collections et ont été nommées,
même avant que l’0n ait disséqué l’animal, il est remarquable qu’au
cours d’une très récente étude (1946), J. J. Tnscn n’ait pas trouvé d’espèce
nouvelle dans le très abondant matériel du Dana. Peut—être n’en trouvera—
t-on plus, ou tout à fait exceptionnellement: les Mollusques pélagiques
ont de vastes aires de dispersion et de grandes possibilités de variation,
comme cela a été constaté aussi pour Scyllaea, Phylliroe, Fiona, Glaucus,
parmi les Nudibranches ; tous genres qui, j'en suis persuadée, ne compor-
tent qu’une espèce. De même Tnscn soupçonne que les genres de Pseudo-
fhecosomafa pourraient ne contenir qu’une espèce : « in each of the
enera Gymbulia, Corolla, Glcba there is perhaps only a single species »;
et ceux des Euihecosomafa ont les espèces, qui les composent, souvent
reliées entre elles par de multiples intermédiaires.
L’étude citée nous fait connaître la radula du genre aberrant Desm0pie·
rus, que l'on a parfois rapproché des Gymnosomes, et montre que ses
affinités sont avec les Thécosomes.
Les Thécosomes sont regardés aujourd’hui comme constitués par deux
lignées dont les membres ont entre eux des affinités morphologiques
internes et externes et qui ont subi, principalement en ce qui concerne
la coquille, des modifications à peu près parallèles.
Au début, il y a une coquille spiralée semestre (avec animal ultradextre)
et opercule ; puis perte de la coquille chez l’adulte et production, d’une
part, d’une coquille symétrique, d’autre part, d’une pseudoconque, qui
elle-même peut manquer.
Nomenclature. ——— Longtemps, les noms employés par Lawmacx dans
ses « Animaux sans vertèbres » avaient prévalu. Aujourd’hui, grâce aux
lois de nomenclature, Cavolinia remplace Hyalaea ; Spiraiella DE BLA1N-
VILLE, 1817 remplace Limacina, du moins pour quelques auteurs. Ce
nom de Spiralella ne figure pas dans le recueil de SHEaBoaN. Enfin, le
remplacement par Tmnnn de Cuvieria RANG, préemployé, par Herse
Gxsrsr., qui, lui, était préemployé trois fois, m’a induite à proposer,
en 1948, un nom inutile, et à mériter ainsi le reproche de légèreté comme

'rnacosoimzs 111
le méritent divers changeurs de noms : en effet, Bons avait déjà modifié
Cuvieria en Cuvierina, modification jugée suffisante.
Les Thécosomes ont UDG coquille calcaire, une pseudoconque, ou pas
de coquille à l’état adulte.
Les Thécosomes à coquille calcaire ont été connus tout d’abord par
leurs coquilles, pêchées en grande abondance dans les filets pélagiques.
Des coquilles fossiles très anciennes ont été attribuées à cet ordre de
Gasîéropodes, mais à tort, comme l’a bien montré PELSENEER: ce sont
les Gonularia, Hyolîlhes, etc. (l).
Ge groupe montre à la fois des caractères archaïques et des caractères
évolués: Les Mollusques qui la composent ont quatre plaques gésiales,
ce que l'on peut regarder comme un fait primitif, ainsi que la conserva-
tion de l’opercule ; par contre le pied et la coquille sont évolués. Le pied
natatoire est constitué par la fusion de parties primitivement distinctes.
On distingue souvent la nageoire d’une part, le pied de l’autre; mais
la nageoire est une partie du pied, et ce qu’on appelle a le pied n n’en
est que le lobe postérieur (que je considère comme le lobe operouligère
des Gastéropodes en général).
Quant à la coquille, elle a subi des transformations diverses selon les
groupes: ce n’est pas la protoconque de la larve; c’est une coquille
spiralée chez Spiralella (Limacina) et Pcraclis, senestre en apparence;
mais l'animal est dextre. (ionique un peu aplatie et légèrement courbe
chez Cuvierina (symétrie bilatérale), elle acquiert aussi chez Creseis,
Slyliola, Hyalocylîs, Cavolinia, Diacria, une symétrie bilatérale secon-
daire avec des formes très spécialisées. On est tenté de considérer les
deux faces opposées comme dorsale et ventrale, mais la coquille est en
réalité une coquille entièrement dorsale, très creuse et parfois aplatie.
Les modifications de ces coquilles pendant la croissance de l’animal sont
telles que bon nombre de formes jeunes ont été prises pour des espèces
distinctes. En général, la coquille larvaire est éliminée, laissant un petit
cône tronqué ou tube à l’extrémité de la coquille adulte. Lorsqu’elle est
conservée, elle est ovoïde.ou avec un petit mamelon conique.
La branchie, qui est une véritable cténidie, est très petite et a été souvent
méconnue; elle consiste en quelques plis tégumentaires dans la cavité
palléale. Elle a été reconnue chez des espèces chez lesquelles elle avait
été niée.
La radula, là où elle existe, est très uniforme, consistant en un petit
nombre de rangées trisériées: une dent médiane triangulaire arquée
mais non crochue, à cuspide médiane plus ou moins proéminente, portant
de chaque côté des denticulations variables selon l’espèce, et des dents
latérales ayant à peu près la forme de la moitié de la médiane, avec une
cuspide denticulée du côté interne seulement (2). Chez Gleba il n'y a
1. Les vrais Thécosomes fossiles sont beaucoup plus récents.
2. Elle diffère chez Cuvierina.

112 MOLLUSQUES oP1sTr1oBRANcHEs
pas de radula, et chez Procymbulia et Peraclis il y a une très petite dent
supplémentaire de chaque côté.
Ils faisaient autrefois partie de l’ « Ordre » des Ptéropodes aujourd’hui
démembré (1) et sont considérés comme dérivant des Céphalaspides
modifiés par la vie pélagique. Ils ont le pied, ou une partie du pied, trans-
formé en nageoire ; une partie d’entre eux ont une coquille calcaire et
spiralée ou droite, conique; d’autres ont une pseudoconque, cartilagi-
neuse, molle, transparente, qui ne contient guère que le sac viscéral.
La plupart ont une ou des mâchoires, une radula et parfois (ou toujours)
des plaques gésiales ; ces plaques sont au nombre de quatre, principales
mais assez rudimentaires, irrégulières, peu ou pas calcifîées.
Quelques espèces ont conservé un opercule à l’état adulte ; les coquilles
calcifiées spirales sont ultradextres, comme beaucoup de coquilles lar-
vaires de Céphalaspides. L’étude de l’anatomie des animaux a montré
que les affinités n’étaient pas prouvées par l’existence d’une coquille
spiralée, mais que celle-ci s’était conservée dans deux familles distinctes,
dans chacune desquelles certains genres l’avaient gardée, d’autres l’avaient
perdue. C’est donc sur d’autres caractères que se base la division en
Euthécosomes et Pseudothécosomes.
EUTHECOSOMATA
Il y a toujours une coquille, mais elle diffère, étant calcaire et spiralée,
fermée par un opercule, ou bien secondairement symétrique, principale-
ment composée de matière organique, et sans opercule.
Les lobes latéraux de la nageoire se réunissent et se soudent devant
la bouche ; ils sont en partie ciliés, et les cils, battant vers la bouche,
amènent à celle-ci la nourriture qui se compose de microplaneton. Une
cténidie est développée chez Cavolinia, où elle atteint des dimensions
considérables; elle avait été niée ailleurs, mais une étude attentive en
a fait découvrir des rudiments dans d’autres genres. Il y a partout une
gouttière génitale ciliée, ouverte, un osphradium; ils sont hermaphro—
dites et protérandriques. La cavité palléale varie comme profondeur et
situation; au bord du manteau on voit u11 appendice, appelé balancier,
que l’on suppose jouer un rôle pour l’équilibre. Il n’y a pas d’yeux, mais
une paire de tentacules céphaliques et des statocystes sur le ganglion
pédieux ; le système nerveux central est très concentré. Pénis céphalique.
Ponte en cordon, flottant librement.
TABLEAU DES GENRES Taouvâs AU LARGE DEs CôTES DE FRANCE
1. Une coquille spiralée calcaire ................ 2.
-— Pas de coquille spiralée calcaire .............. 3.
1. Encore conservé par THIELE on 1931.

SPIRATELLIDAE. ——- SPIRATELLA 113_
2. Columelle apparente droite; opercule ovale . . (p. 113) Spiratella.
-— Columelle apparente spiralée, prolongée; opercule circu-
laire ..................... (p. 125) Peraclis.
3. Coquille calcaire non spiralée ................ 4.
—-— Pas de coquille calcaire; une pseudoconque ......... 5.
4. Coquille conique effilée, un peu courbe ...... (p. 119) Creseis.
—- Coquilles de formes diverses . ............... G.
5. Pseudoconque en forme de nacelle ....... (p. 127) Cymbulia.
—— Pseudoconque plus courte, arrondie ............ ll.
6. Coquille en forme de bouteille ........ (p. 120) Cuvierina.
- Coquilles de formes diverses, autres ............ 7.
7. Coquille striée transversalement; conique .......... 8.
- Coquille élargie à l’orifîce ................. 9.
8. Striations légères; une crète oblique ...... (p. 120) Styliola.
—— Striations en forme de côtes en relief ..... (p. 120) Hyalocylis.
9. Forme triangulaire, extrémité recourbée ...... (p. 117) Clio.
— Forme rhomboïdale ou renflée ............... 10.
10. Partie postérieure droite, efïilée (ou brisée). . . (p. 121) Dîacria.
— Partie postérieure courte, coquille renilée .... (p. 122) Cavolinia.
11. Pas de radula ................ (p. 128) Gleba.
— Une radula ....................... 12.
12. Nageoires avec de longs prolongements rubanés (p. 128) Desmopterus.
— Nageoires sans prolongements rubanés ........ Corolla (1).
NOTE. —-— La synonymie très complète des Thécosomes de l’AtIantique
a été publiée par Ann L. MASSY. Les principaux spécialistes de ce groupe
réunissent ou divisent les genres et les espèces de façons différentes. Je
ne puis départager les opinions, n’ayant pas moi-même pratiqué ce groupe.
Les synonymies indiquées ici, principalement d’après MAssY, seront
probablement incomplètes.
Famille des SPIRATELLIDAE.
Coquille spiralée, « senestre » ou plutôt ultradextre selon la conforma-
tion de l’animal ; deux ou trois tours croissant rapidement et nucléus
excentrique, et ombiliquée ; opercule à deux ou trois tours croissant
rapidement. Le tentacule droit est généralement plus grand que le gauche.
Corps spiralé contenu dans une coquille turbinée dont les tours croissent
rapidement et peuvent atteindre en nombre une dizaine environ. Columelle
droite dans sa partie apparente. L’animal peut y rentrer complètement.
La coquille est senestre, bien que l’animal soit dextre: elle est donc
ultradextre. Il y a un opercule, généralement conservé chez l’adulte.
1. Genre tropical (non européen P) , 8 _

114 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
'Iaille très petite: de 1 mm. à 2,5 mm. (1) environ, selon les espèces.
Glande palléale importante. Lobes de la nageoire parfois divisés par une
échancrure en un grand lobe et un plus petit antérieur, tentaculiforme.
Lobc postérieur du pied triangulaire.
Cavité palléale dorsale, médiocrement profonde; bourrelet du bord
semi-circulaire; un balancier à gauche; c’est un prolongement latéral
du bord palléal. Bein en avant du cœur; glande génitale avec lobes
femelles à l’extérieur; conduit avec renflement (spermatothèque) non
individualisé en appendice sacciforme. Mâchoire en deux parties, supé-
rieure, composée de petites plaquelles séparées. Ptadula : 1-I-1, la médiane
avec fines denticulations des deux côtés de la cuspide, les latérales denti-
culées du côté interne. Gésier masticateur avec quatre plaques principales,
portant une bosse du côté libre ; ces plaques ne sont pas calcaires et se
racornissent par dessiccation. Il y a de plus une plaque unique en arrière,
dorsale chez Limacina, et de très petites plaques en avant, en nombre
variable selon les espèces (et les genres), et parfois des épines. Dans
l’estomac peu volumineux qui fait suite sans séparation ni limite visible,
débouche le conduit hépatique et un caecum tubuleux. Une anse intes-
tinale. Rectum direct; une glande anale. Des tentacules céphaliques,
dont le droit, généralement plus grand, a une gaine.
Gen. SPIRATELLA DE BLA1Nv1LLE, 1817
(Syn. : Limacina CUVIER, 1817; Helerofusus FLEMING, 1823; Helico-
noides d’ORB. p. p., 1836; Spirialis p. p. EYD. et SoUL, 1840; Helico-
phora GRAY, 1842; Scaea PHILIPPI, 1844 ; Proiomedea p. p. O. G. C·0s'rA,
1861; Embolus JEFFR.)
La cavité palléale est dorsale. Le lobe postérieur du pied est lingui-
forme ; les lobes latéraux natatoires ont une échancrure qui les divise
en un grand et un petit lobe. La bouche est limitée par des lèvres en relief.
Les parties avoisinant la bouche ont des bandes ciliées. Une petite pointe
du manteau est située du côté gauche ; au côté droit se trouve un pro-
longement en gouttière, et à côté un prolongement tentaculiforme exten-
sible.
1. Spîratella helîcîna Prnprs.
Spire courte, coquille plus large que longue. L’opercule, oblong, se
perd habituellement. —- Grandeur jusqu’à 8 mm.
Espèce polaire rencontrée rarement sur nos côtes.
2. Spiratella balea. JMULLER, 1841.
Coquille plus haute que large; fines lignes spirales.
Sc rencontre plus au sud que la précédente.
1. On en cite une, S. helicoides, qui atteint 12,5 mm.

s1—1mxT1zL1.1nAE. — SPiRATELL.\ 115
3. Spitatella retroversa, (FLEMmo) (Fusus), 1822; halea MôLLER, 18411 (1).
Certains auteurs séparent ces deux lormes, qui sont reliées par des
intermédiaires ; balea est la plus grande, avec un plus grand nombre de
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F‘1G.31.-Spiratella Iwlicina. - a, individu dans se coquille; b, individu jeune na.-
geamt; c, coquille 3 d, opercule ; e. dents. — S. balea. - f, coquille ; g, opercule ; h, un
rang de la redula. — S. retroversa. —- i, coquille ; i, animal nageant; k, opercule ; l,
redule.
tours et une sculpture plus marquée. Opercule ovale, avec nucléus excen-
trique et bords courbes.
Cette espèce, qui est arctique, pénètre dans la Manche et dans la Mer du
Nord.
4. Spiratella trochiformis D,ORB]GNY, 1936.
Hessemble beaucoup à l’espèce précédente, mais en diiïère par la
taille très petite, l’orifice plus arrondi comportant un opercule moins
allongé, et par l’absence de lobe operculigère à la nageoire (7).
Espèce des mers tempérées et tropicales; Méditerranée.
1. MASSY donne une liste de 17 synonymes.

ll6 M0LLUsoUEs o1>1sT1-xon1=.ANcHEs
5. Spiratella înflata D,ORBIGNY.
Dernier tour enveloppant; la spire n’est pas proéminente ; un rostre
relié au corps de la coquille par une mince larnelle vitrée ; le rostre se
divise en deux branches. Surface avec lines perforations ; une tache brune
diffuse. Opercule ?
Mers chaudes et tempérées; Méditerranée.
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FIG. 32. -—- Spiratella helicoides. - a., animal nageant ; b, tentacules ; c, radula. — S. le-
sueuri. —- d, animal; e, coquille. -— S. inflata. —— f, opercule. —— g, schéma. de Spira-
tella; h, système nerveux; li, système génital; jf, une radula entière.
6. Spimtclla lesueuri D’OaB1oNY.
Spire basse, la coquille est plus large que haute; 4 tours; ombilic
étroit ; de faibles stries l’entourent ; des stries aussi sur l’opercule, qui a
un bord rectiligne (1).
Parties chaudes de l’Atlan1:ique jusqu’au Golfe de Gascogne.
1. Voir partie générale, Thécosomes.

cavommor. - cmo 117
7. Spiratolla bulimoides ¤’Oamc.NY, 1836.
Forme turbinée assez haute; coquille translucide; faibles stries et
lignes d’accroissement sur le dernier tour; ouverture avec rostre plus
ou moins anguleux. Opercule grand, ovale extrêmement mince.
Les nageoires n’ont pas de lobe tentaculiforme.
Atlantique ; Méditerranée.
8. Spiratalla helîcoides JEFFREYS, 1877.
Grande espèce pouvant atteindre 12 mm. 5, de large, de couleur
brune, à spire peu élevée, ressemblant à un Heliœ senestre. Opercule
arrondi, manquant souvent.
Nageoires grandes, épaisses, contractiles, sans lobe tentacuiiforme,
avec une couche pigmentaire noire. Deux tentacules, le droit avec gaine.
Les conduits génitaux varient selon que l’animal est dans le stade
de maturité mâle ou femelle. Des embryons séjournent dans la glande
nidamentaire. (Viviparité.)
Famille des CAVOLINIDAE
Coquille externe déroulée, non turbinée, plus ou moins symétrique,
de forme très variable: conique un peu courbe ou droite, ou renilée,
ou aplatie et élargie.
L’animal a subi une torsion de 1800 de son abdomen par rapport
En sa partie antérieure contenant le bulbe buccal avec le sac radulaire
et l’oesophage; par contre, le gésier a suivi le mouvement: la plaque
isolée est devenue ventrale, et il en est de même de la cavité palléale,
qui devient ventrale et s’approfondit ; le balancier est à gauche, ou peu
développé ; l’anus à droite, tandis que le conduit hépatique est transporté
à gauche ainsi que l’osphradium. Seul l’orifice génital garde sa position
primitive à gauche. Ge mouvement de torsion est général dans la famille,
mais s’accomplit graduellement avec des modalités variées.
Gen. CLIO LINNÉ, 1767, mm Clio Pmres.
(Syn. : Cleodora Prënou et Lnsmsua, Sou1.EYEr... Hyalaea p. p. Lus. ;
Balanlium Branson, 1837 ; Euclio Bowmavrn, Tnscu.)
Coquille triangulaire, aplatie, avec une côte médiane et des épaississe-
ments latéraux, souvent prolongés en épines. Sur la coupe, la coquille
est plus ou moins aplatie.
ll y a souvent le long des bords latéraux une fissure par laquelle passent
des prolongements du bord palléal parfois très longs, un peu glandulaires,
rétractiles, et qui paraissent servir à équilibrer le système flottant.

118 Monwsguns opxsmoenmcnes
1. Clio pyramidata LINNÉ, 1767. ——— Hyalaea lanceolala LESUEUR ;
Cleodora brownii DE BLV. ; Cleodcm lamartinieri RANG ; Cleodom emacuia
GOULD ; Cleodcra labiaia SOW. ; Cleodom marlensii PFEFF.
 
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FIG. 33. -— Clio pyrawmldaia. -—- a, coquille ; b, coquille larvaire. - C. cuspidata. —- c, co-
quille vue de face et de profil. — C. andreae. — d, coquille vue de face et de profil ;
e, coquille larvaire. - C. chaptali. - f, coquille vue de face et de proûl; g, coquille
larvaire. — C'. falcata. — h, radula. —- Cresis amlcula. —— i, animal. -— C'. virgula. —-
jf, animal. —Styli0la subula. -— k, coquille ; l, coquille larvaire. -—- H yalocylis slriata.
-—— m, coquille ; n, coquille larvaire.
Coquille droite, non recourbée dorsalement ; trois côtes en relief,
longitudinales, sur une face ; une sur l’autre.

CAVOLINIDAE. —- CRESEIS 119 `
Cette forme variable a donné lieu à la création de plusieurs variétés
auxquelles on avait donné rang d’espèces: angusla, lala, conveœa.
Échancrure profonde aux lobes natatoires; lèvres colorées.
Atlantique, Méditerranée (très commune).
2. Clio cuspideta. (Bosc., 1802), (Hyalaea). —(Hyalaea iricuspidata
Bnoworrcu; Cleodora lessonii RANG; Clio cuspidala Prats.)
Coquille recourbée dorsalement, avec côtes transversales distinctes,
principalement sur la face dite dorsale. Les épines des angles sont extrê-
mement longues, mais on les trouve rarement intactes chez les échantillons
de collections. ·
Le corps est large, avec des prolongements dorsaux et latéraux impor-
tants; et le lobe pédieux postérieur, relativement large et arrondi.
Atlantique et Méditerranée, un peu moins commune que l'espèce précédente.
3. Clio polita (CRAVEN m. s.), PELSENEER. —— (Balaniium falcaium
PFEFFER, non Cleodora falcala GoUx.1J.)
Coquille très mince, recourbée sur toute sa longueur, sans côte « dor-
sale » ; largeur de l’oriiice yz à 1/3 de la longueur. _
Nageoires charnues; animal fortement pigmenté. Lobe postérieur du
pied très développé, pouvant se rabattre sur les nageoires contractées;
glanduleux.
Gen. CRESEIS RANG
Coquille conique, à section transversale circulaire, sans côtes, lisse,
sauf stries d’accroissement ; recourbée ; coquille larvaire arrondie, séparée
de la coquille adulte par une ou deux constrictions.
Animal avec lobes natatoires médiocrement développés, échancrés
(petit lobe tentaculiforme); lobe postérieur court et large.
1. Creseîs acicula. RANG.
Coquille très longue et fine, presque droite ; animal grêle et très allongé.
Atlantique; Méditerranée.
2. Creseis virgule RANG. ·
Coquille courbée ou très rourbée, coquille embryonnaire arrondie,
colorée.
Ces deux espèces sont tenues par quelques spécialistes pour des formes
extrêmes d’une même espèce très polymorphe.
Atlantique ; Méditerranée.

120 MoLLosQUEs OPISTHOBRANCHES
Gen. STYLIOLA LEsuEUn
Coquille comme celle de Creseis, de coupe arrondie ; des stries trans-
versales, et une crête longitudinale oblique tournant vers la gauche;
de légères constrictions subterminales.
Lobes natatoires arrondis, sans division,et lobes tentaculiformes;
lobe postérieur du pied en forme de languette. Il y a un balancier à gauche.
Styliola. subula QUoY et GAIMARD.
Entre les stries circulaires on peut voir sous le microscope de fines
striations longitudinales.
Régions subtropicales; Méditerranée.
Gen. HYALOCYLIS FoL.
Coquille conique, un peu courbe, avec des plis transversaux plus
serrés vers la partie terminale. Orifice ovale; plus bas, la coupe est
circulaire.
Lobes natatoires grands, bilobés (’?) ; glande palléale divisée en deux
parties.
Hyalocylis striata. (RANG).
L’animal récolté sans sa coquille est reconnaissable à la large nageoire,
dont le bord légèrement échancré est, dans cette portion, transparent
par suite de l’absence de fibres musculaires; la nageoire est souvent
trouvée en extension.
Gen. CUVIERINA BoAs (1), n. nom., 1886; pour Cuvieria RANG, 1827,
non LEsUEUR, 1807 ; mm PÉaoN
Coquille en forme de bouteille, avec renflement au-dessous du milieu ;
généralement tronquée par suite de la perte de la coquille larvaire. L’ou·
verture est rétrécie et réniforme ; un septum convexe ferme la coquille
après la perte de la partie terminale allongée, conique.
Lobes natatoires un peu épais, bilobés. La forme des dents diffère
de celle des espèces précédentes: voir fig. 34,j.
Cuvîerîmz. columnella. (RANG).
_ Au-dessous du lobe postérieur du pied est un organe copulateur mus-
culeux à sa base, divisé en deux feuillets, et pourvu d’un receptaculum
seminis. La coquille des jeunes individus est semblable à celle des adultes.
Les mâchoires ont plusieurs rangs de plaquettes, et la radula: 1-I-1
a une trentaine de rangées de dents de forme un peu spéciale, la médiane
courte et large.
1. Voir p. 89.

CAVOLINIDAE. —« nmcnm 121
Gen. DIACRIA GRAY
La coquille diffère chez les deux espèces communes qui suivront:
chez l’une elle est losangique, chez l’autre sa forme est analogue à celles
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FIG. 34-. —- Diacria trispinosa. - a, coquille vue du dessus; b, id., de côté; c, coquille
jeune. -— D. quadridentata. - d, coquille vue de côté; c, id. vue de face ; f, coquille
jeune ; g, anatomie. —— Cuvierimz. colummz. - h, coquille ; i, id., avec la partie jeune ;
jf, dents.
des Cavolinia, avec un orifice très aplati terminé de chaque côté par une
fente étroite qui le prolonge.
Lobe postérieur du pied large et charnu; foie divisé en deux lobes.
1. Diacria. trîspinosa. LESUEUR. - (Cleodora compressa SouLEvE'r,
(juven.)

122 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
La coquille se termine en arrière par un long et fin prolongement
conique à sommet arrondi (coquille embryonnaire); mais cette partie
longue et grêle est souvent rompue et perdue. La jeune coquille est conique,
puis développe deux angles aigus qui s’étirent en pointes à angle droit
ou un peu recourbées en arriére, tandis que le bord s'arrondit et s’allonge
de plus en plus sur les deux faces. Au point de rupture du manche ou
tige, se forment des processus formant septum à son intérieur. De grosses
côtes arrondies sur la face « dorsale », au nombre de cinq.
Atlantique. Méditerranée.
2. Diacria. quadridentata (Lssuaua).
Coquille de forme renflée, orifice étroit, divisé en trois parties dont
les latérales sont de simples fentes. Long. max. 4 mm. Bords de l’orifice
épaissis.
Les deux lobes du foie sont bien séparés, et il y a un caecum bien déve-
loppé. Pas de cténidie comme celle de Cavolinia, mais des plis du bord
palléal de chaque côté remplissant probablement une fonction respi-
ratoire.
Cleodora compressa et Cleodora pygmaea, qui ont été décrites comme des
espèces distinctes, sont reliées à cette espèce par des stades intermé-
diaires; d’autres noms comme inermis, minuia, iniermedia, cosiaia sont
abandonnés également comme noms spécifiques.
Parties tempérécs de l’Atlantique; Méditerranée, rare.
Gen. CAVOLINIA Aertncaann, 1791 (Cavolina);
emend. Cavolinia BOAs, 1886
(Syn.: Hyalaea LAMARcK et auctt. p. p.; Pleuropus auctt. p. p.)
La coquille est renflée, surtout la valve dite ventrale; l’ouverture
est divisée en trois parties, dont la médiane seule donne issue à la partie
antérieure de l’animal ; les fentes latérales en sont séparées par un appa-
reil de fermeture consistant en un crochet et une éohancrure correspon-
dante. De ces fentes sortent des appendices très développés qui flottent
derrière l’animal de chaque côté, mais qui sont rétractiles.
Les espèces sont très répandues dans toutes les mers ; d’assez grande
taille, et connues depuis longtemps; mais souvent ce sont les stades
jeunes qui ont été décrits en premier et sous des noms différents, ce qui
rend difficile Yétablissement de la synonymie.
1. Cavolinia. trîdentata FORSKAL.
C’est la plus grande espèce de Cavolinia. Coquille bombée, non recourbée
au bout, plus longue que large ;partie « ventrale n très bombée, striée
transversalement ; partie « dorsale » beaucoup plus allongée, mais rétrécie
en avant. Des fermetures latérales.

CAVOLINIDAE. —— CAVOLINIA  
Il Y a une branchie bien développée, faisant presque un tour circulaire
complet au-dessus du rein. Un receptaculum seminis bien développé.
Ganglion viscéral droit plus gros que le gauche.
Atlantique. Méditerranée; mers chaudes et tempérées.
 
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Fm. 35. — Cavolinia globulosa. — a, miimal ; b, coquille du jeune ; c, coquille de l'a.dulte.
-—- C'. infïexa. — d, coquille ; e, coquille larvaire. — C. longirostrù. - f, coquille ; g, id-.
de côté; h, anatomie de Cavolimla. - i, schémas comparés de Spiratella (A) et Cava-
linia, (B).
2. Cavolinia. longirostrîs LESUEUR.
Plus petite que la précédente et plus rare autour de nos côtes, étant
davantage une forme des mers tropicales. De contour triangulaire ;
les deux faces striées et presque également bombées, la « dorsale » presque
deux fois plus longue que la u ventrale », avec trois sillons longitudinaux

124 MOLLUSQUES 0P1sTHoBRANc1-IES
et des stries transversales nombreuses. Des fermetures latérales. ll y
a une branchie. Et var. angulaia SOULEYET.
Atlantique ; Méditerranée. Mers chaudes.
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FIG. 36. —— Ccwolinia gibbosa. -— a, coquille vue du dessus; b, id., de côté ; c, coquille
larvaixe. - C. tridentata,. —- d, coquille ; e, animal vivant ; f, id., autre aspect ; g, pla-
ques gésiales. —- C. uncinata,. -— h, coquille vue du dessus ; i, id., de côté. —- C. injïexa.
—-— gi, coquille, de côté;
3. Cavolinia. gibbosa RANG.
Coquille bombée de façon variable ; les deux faces presque d’égale

PenAc1.1oAE. — r1anAc1.1s 125
longueur; extrémité recourbée. Six sillons longitudinaux et de nom-
breuses stries transversales. ll y a une branchic.
Atlantique; Méditerranée; Mers chaudes et tempérées.
4. Cavolinia inflexa. (LESUEUR, 1813). -—— (Hyalaea elongaia DE BLv. ;
vaginellina GANT11. ; labiala n’()an. ; uncimzla PHIL. ; imilans PFEFFR.)
Coquille très peu bombée presque aplatie, extrémité très recourbée.
Contour un peu losangique, mais avec les deux angles latéraux formant
épines, et un peu recourbés en arrière. Une crête longitudinale et des
stries transversales. Fermetures latérales. Parfois longue : longa; parfois
courte : lala ou labiala. Il y a une branchie.
Atlantique; Méditerranée. Mers chaudes.
5. Cavolinia uncinata. RANG.
Très bombée ; extrémité recourhée ; trois côtes limitées par des sillons,
et stries transversales ; partie antérieure « dorsale » recourbée, arrondie,
formant capuchon. Fermetures latérales.
Parties chaudes de l’Atlantique; manque dans la Méditerranée.
PSEUDOTHECOSOMATA
Les Pseudollzccosomala sont caractérisés par leur trompe. Elle est
formée des mêmes parties du pied entourant la bouche chez ces Eupté-
ropodes, mais étirées et dressées en trompe plus ou moins proéminente ;
certains genres ont subi un demi·retournement dans la pseudoconque,
qui rend difficile l'orientation et l'assimilation des parties. Le lobe pos-
térieur du pied peut être complètement réduit et les mâchoires et la
radula disparaître (Glcba). Tentacules égaux.
De même que chez les Eulhecosomaia, les formes les plus primitives
ont une coquille calcaire spiralée. Ce sont des formes très petites et confi-
nées aux mers tropicales. Elles appartiennent à la famille des Peraclidae.
Famille des PERACLIDAE
Gen. PERACLIS (Fomaes), 1844, PELSENEER (1)
(Syn.: Heliconoides p. p. D’O1m. ;Spir·ialis p. p. EY. et SouL. ; Cam-
pylonaus GRAY, 1847; Euromus A. et H. ADAMS; Embolus FISCHER.)
Coquille spiralée, calcaire, prolongée inférieurement par un rostre:
lamclle accompagnant la columelle saillante, tordue. Coquille souvent
colorée et ornée de sculptures réticulées; senestre; à orifice arrondi.
Upercule circulaire spiralé, « attaché non à un lobe postérieur, mais à
la partie ventrale du pied » (2). Radula 1-I-I-I-1.
Mers chaudes, généralement à grandes profondeurs.
1. Le genre est cité pour mémoire, étant habitant des profondeurs.
2. La phrase n’est pas très explicite.

126 MoLLUsoUEs OPISTHOBRANCHES
Peraclis reticulata (1>’0nB1GNY).
Coquille couleur de corne, avec reticulum hexagonal interrompu au
dernier tour; spire avec un petit nombre de tours s’accroissant rapi-
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FIG. 37. -- Cymbulia pemml. — b, Corolla, sp.
c, Gleba cordata. —- cl, Desmopterus papilio.
dement ; sur le dernier, une faible crête membraneuse court parallèlement
à la suture.
Mers chaudes. Atlantique. Méditerranée. Seule espèce signalée au voisi-
nage des côtes d’Europe.
Famille des CYMBULIIDAE
Pas de coquille calcaire; une pseudoconque interne, recouverte par
un mince épithélium, de consistance cartilagineuse un peu molle, géné-

cYMnux.1mAE. —- cvmnunui 127
ralement incolore et translucide. La forme variable et l'ornementation
distinguent les espèces et les genres. Ces pseudoconques se détachent
facilement et sont parfois trouvées en grande abondance sur des plages.
Gen. CYMBULIA Pâaom et LESUEUR
Pseudoconque en forme de nacelle pointue en avant, tronquée en arrière,
avec des côtes longitudinales plus ou moins dentelées. Lobe postérieur
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FIG. 38. - Cymbulia pevroni. - az., pseudoconque ; b, dent médiane et dent latérale. —-
Procymbula sp. —- c, animal; d, mâchoire; e, f, dents d’uz1e autre Cymbulia. -
Glcba wrdata. — g, pseudoconque. - Deswwpterue papilùa. —— h, une rangée de dents
et dent médiane.
du pied étroit, allongé, avec un prolongement filiforme médian. N ageoires
larges antérieurement, avec une légère échancrure ; trompe peu allongée.
Radula 1-I-1, la dent médiane courte et très large, avec une très petite
cuspide pointue; latérale en forme de plaque semi—circulaire avec une
cuspide triangulaire et oblique, partant de sa partie antérieure.
Cymbulîa. peroni DE BLAINVILLE.
Grande espèce dont la pseudoconque atteint 45 mm. de long et l’en-
vergure des nageoires 35 mm. ; la forme de la coquille rappelle une pan-
toufle ; elle est rétrécie en arrière avec une échancrure terminale ; dessous
avec trois crêtes principales de chaque côté.
Méditerranée; fréquente.

128 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Gen. GLEBA FORSKAL
(Syn. : Tiedemannia (D. CH. ; VAN BEN. ; BoAs.)
Pseudoconque plane, à peine creusée. Nageoire large, arrondie, avec
les bords extrêmes festonnés, glandulaires et un peu pigmentés. Ni
mâchoire ni radula.
1. Gleba. chrysosticta KROHN.
« Forme mal connue », selon des auteurs.
Méditerranée: Adriatique.
2, Gleba cordata F oRs1<AL.
Méditerranée; Cap de Bonne-Espérance.
Famille des DESMOPTERIDAE
Un seul genre.
Gen. DESMOPTERUS (111UN, 1889
La position de ce genre est incertaine ; bien que l’espèce soit unique
et très petite, on en a fait une famille. C’est1’opinion de BoAs et de TESCH.
Une seule espèce connue :
Desmopterus papilio (ZHUN, 1889. — (Cymbulia cirropiera GEGEN-
BAUR, 1855) (1).
Sans coquille ni pseudoconque; très petite espèce dont l’envergure
des nageoires est de 1,9 mm. selon Tasca., environ 5 mm. selon MEI-
sENnE1MER; il y a une trompe, mais elle diffère de celles des Pseudo-
ihecosomala ; une radula et des mâchoires (supérieure et inférieure,
selon un dessin de TESCH) ; mais pas de gésier avec plaques broyeuses.
Le foie est indistinct ; il tapisse une vaste poche stomacale, comme chez
les Gymnosomes. La radula est du type Théeosome, bien qu'un peu
différente par la forme des dents; les nageoires ressemblent à celles de
ce groupe, mais sans division antérieure tentaculiforme; par contre,
d’une échancrure postérieure part, de chaque côté, un long appendice
rubané. Les tentacules sont égaux. 4 taches rouges ; bord des nageoires
rouge ainsi qu’une strie médiane.
Madère; Canaries; Atlantique: Méditerranée ; Afrique.
1. Nom moins connu, qui devrait être préféré (P).

cynmosonss 129
ORDRE DES GYMNOSOMES
(Plerola auctt.)
Les caractères des Gymnosomes ont déjà été indiqués par comparaison
avec ceux des Thécosomes ; il faut néanmoins les résumer ici,;pour plus
de commodité.
Toujours dépourvus de coquille à l’état adulte, ils n’ont pas de cavité
palléale, mais ont parfois conservé la cténidie derrière le cœur: celle-ci
n’est qu’une sorte de frange ou de bourrelet, et manque souvent. Elle est
alors parfois remplacée au point de vue fonctionnel par des plissements
tégumentaires de la partie postérieure du corps.
Celui·ci est petit, dépassant rarement 15 à 20 mm., sauf chez Clione
lîmacina et Schizobrachium; de forme luselée, souvent divisée en deux
parties par un étranglement.
C/est à tort que l'on appelle parfois « tête » la partie antérieure, car
elle porte tout le pied.
Celui-ci se décompose en quatre parties : deux lobes antérieurs, parfois
soudés sur la ligne médiane (propodium); un lobe postérieur médian
(métapodium) ; un tubercule médian, que je regarde comme le reste de
la sole pédieuse ou mésopodium (1), et deux lobes latéraux que je consi-
dère comme des épipodies (2) et qui sont modiiiées pour la natation.
Ces nageoires ne manquent jamais, mais ne sont pas développées de
très bonne heure chez la larve ; le lobe médian peut manquer, et le tuber-
cule se déplacer et être annexé à l’appareil copulateur qui se trouve à
droite près du pied. Le pénis est inerme ou armé, et pourvu d’au moins
une glande. ll est invaginable ; à sa base se termine une gouttière ciliée
qui contourne la nageoire droite.
_ ll y a une paire de palpes rétractiles parfois très longs, simples, et une
paire de rhinophorcs généralement très petits; de petits yeux; des
glandes tégumentaires unicellulaires nombreuses, souvent groupées ;
il y en a un champ à la partie dorsale du lobe postérieur du pied (reste
de la glande operculigère) (3) et un champ dorsal sur l’abdome11 (reste
de la glande coquillère) ; de plus le tubercule médian est en partie glan-
dulaire. Près de l’anus se voit l’osphradium, recouvrant son ganglion.
1. Ce sont les appellations proposées par HUXLEY.
2. Contrairement à. Popinion de PELSENEER.
3. Ces vues que j’ai exprimées précédemment, 1926, n’ont pas été contredites; elles
font partie de mes idées sur le plan général du pied et la morphologie des Mollusques
(1036 et 1944). 9

130 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Le système nerveux central se compose de 6 ganglions et des gan-
glions buccaux ; les pédieux sont reliés entre eux par trois commissures,
dont la postérieure plus longue, porte un nerf et est engagée dans les
tissus conjonctif et musculaire des nageoires. Le système génital est
conforme à celui des Tectibranches. Une seule vésicule séminale, mais
parfois bifurquée. Système musculaire développé, permettant au corps
de se contracter violemment.
Les parties les plus remarquables de ces petits Mollusques sont leurs
parties buccales, à commencer par le vestibule buccal et ses annexes
et le bulbe buccal. Mais comme ces parties servent à caractériser les
espèces et les genres, afin d’éviter des redites, je renvoie pour leur descrip-
tion à celle des différents groupes, ci-après.
Le reste du tube digestif est plutôt simple, car il n'y a ni gésier, ni
foie distinct (1) ; et celui-ci est incorporé aux parois d’un vaste estomac,
de la partie antérieure droite duquel part un intestin se rendant à l’anus
situé à droite ; cet intestin est souvent rectiligne et très court.
Larves véligères, puis stade intermédiaire à 3 rangs circulaires de
cellules ciliées. Nutrition L proies vivantes appréhendées au moyen
d’organes buccaux variés, puissants, et qui ne sont pas partout les mêmes,
mais se remplacent les uns les autres.
Ainsi qu’il a été dit dans la partie générale, tous les Opisthobranches
ont une larve véligère (sauf deux exceptions connues d’accélération de
développement). Mais au sujet des Gymnosomes il n’est peut-être pas
inutile d’insister un peu, afin de ne pas laisser accréditer une confusion
que je relève dans un récent Traité de Zoologie : Un stade larvaire
avancé d’un Pneumodermatidé est appelé « Trochophore de Ptéropode ».
La larve trochophore est caractéristique des Annélides, et cette forme
persiste encore chez les Mollusques les plus primitifs, tels que tlhitons,
Patelle, Yoldia; mais les Thécosomes et Gymnosomes, Gastéropodes
récents et évolués, n’ont pas fait un tel retour en arrière. Le développement
des Thécosomes est le plus connu.
KWIETNIEWSKY décrit une larve véligère d’un Gymnosome indéter-
miné. Au—dessous de la bande ciliée qui borde le voile se trouve une
seconde bande « interrcmpue »; c’est évidemment celle qui persistera
assez longtemps, sur la « tête ». ll rappelle que KROHN (2) a étudié des
larves avec coquille, puis d’autres qui viennent de la perdre ; plus tard
apparaît un cercle cilié au-dessous du milieu de la longueur du corps;
et en dernier lieu un dernier cercle subterminal 2 le second et le troisième
1. Il y a parfois une glande anale, jamais de foie distinct.
2. Les larves étudiées par KROHN (1860) sont celles de Cymlmlia d’une part, et d’autre
part de Gymnosomes qu’il ne désigne que par des numéros : ce sont sûrement des Thlip-
todcm, appartenant aux espèces gegenbauri et atlimticum. Leur coquille embryonnaire
est presque hémisphérique et suivie d'une partie conique ou un peu aplatie, longue,
droite. Les cercles ciliaires ne font leur apparition qu’au moment où les larves vont
rejeter leur coquille.

GYMNOSOMES 131
sont persistants chez Pneumodermopsis; le troisième chez Tlzliplodon.
Plus récemment Marie Lsnoun a étudié le développement de Clione
limacina et de Spiralella (Limucina) relroversa ; je lui emprunte quelques
figures.
Tout cela n’a rien à voir avec la « troque » des Trochophores ;car en
effet, chez la larve llgurée par l’auteur cité, les organes buccaux sont
déjà formés ; mieux que cela, toutes les parties du pied: lobes latéraux
et lobe médian, existent déjà, cachés dans un repli tégumentaire de la
face ventrale, et les épipodies ou nageoires s’ébauchent tout auprès dans
deux autres replis. La bouche externe, d’ailleurs, s’ouvrira vers le milieu
du cercle « interrompu », tandis que la bouche de la larve trochophore
véritable s’ouvre au-dessous de la troque, qui est caduque.
T.xB1.E.w mas GENRES (1)
(Hydromyles et Laginiopsis exclus)
1. Des ventouses buccales. Branchie présente. Une fossette
glandulaire dorsale .................... 2.
—— Pas de ventouses ; parfois des céphalocônes .......... 6.
2. Deux bras à ventouses (et une papille médiane). Une ctê-
nidie et une branchie ................... 3.
— Des ventouses médianes et des ventouses latérales ....... 5.
3. Une cténidie (2) et une branchie; frangées chez l’adulte
.................... (p. 132) Pneumoderme.
— Branchies et cténidie plus ou moins indistinctes ........ 4.
4. Branchie réduite à un pli circulaire sans franges, bras
indivis ........... . . . (p. 135) Spongîobranchaea.
—— Cténidie absente (ou à peine indiquée), bras divisés ;
ventouses extrêmement nombreuses. . . (p. 142) Sohîzobrachium.
5. Cténidie présente ; branchie absente (un cercle ciliaire
postérieur) ............. (p. 137) Pneumodermopsîs.
— Branchîe postérieure en croix, à branches latérales, dorsale
et ventrale ............. . (p. 141) Crucibrenchaea.
G. Ni ventouses ni céphalocônes ; une longue trompe dévagi-
nable ; pas de lobe postérieur au pied ............ 7.
——- Pas de ventouses; généralement des céphalocônes; pas
de fossette glandulaire dorsale . .............. 8.
7. Pas de cténidie; une branchie hexagonale; trompe très
longue, pas de lobe .............. (p. 145) Cliopsis.
1. Ce tableau est la traduction un peu abrégée et très peu modifiée du tableau publié
récemment par J. J . TESOH. Le genre M icrodonta (un seul échantillon un peu douteux)
n’y figure pas (p. 159).
2. Je me sers du mot cténidie pour désigner la. véritable branchie, située au côté droit
près du cœur, et du mot plus vague de branchîe pour désigner les plissements posté-
rieurs, edventiis. ·

132 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
— Une cténidie ; branchie circulaire (indistincte), trompe
courte ..................... Pruvotella (1).
8. Ni cténidie, ni branchie; lobe postérieur du pied réduit,
ou nul .......................... 9.
-— Une branchie ; lobe postérieur du pied présent ........ 14.
9. Extrémité postérieure conique, acuminée. Des céphalocônes. . . 10.
··- « Tête » très volumineuse ; pas de céphalocônes ........ 11.
10. Trois paires de cônes ............. (p. 146) Clîone.
—- Deux paires de cônes .......... (p. 150) Paraclîone (2).
— Une paire de cônes ............. (p. 154) Fowlerina.
—— Deux cônes à droite, un à gauche ......... Paedoclione (1).
ll. Sacs à crochets très développés, sacs extensibles . . .
.................. . (p. 151) Cephalobrachîa.
— Sacs à crochets moins développés ; une dent intermédiaire
distincte en général .................... 12.
12. Des vésicules turgescentes sous la radula ;tête très grosse .... 13.
—- Pas de vésicules buccales;palpes démesurément longs. (p.160) Massya.
13. Pas de cônes buccaux ; grands sacs à crochets. . (p. 160) Thliptodon.
—— Deux paires de très petits cônes (pas de crochets ?) . .
.................. . (p. 164) Thalassopterus.
14. Deux paires de cônes ; branchie triradiée ; dent médiane
monocuspide ............. (p. 156) Notobranchaea.
— Pas de cônes; branchie tétraradiée; dent médiane pec-
tinée ................ . (p. 155) Prionoglossa.
Famille des PNEUMODERMATIDAE
Des bras à ventouses vestibulaires au nombre de deux ou de trois.
Une cténidie. La branchie postérieure est tantôt présente, tantôt rempla-
cée par un cercle ciliaire. U11 champ glandulaire dorsal présent. Pied
composé des lobes latéraux, du lobe médian allongé, des épipodies et
du tubercule médian. Il y a généralement du pigment coloré. Pénis
inerme. Pas de ventouse annexée au pénis. Une mâchoire médiane formée
d’épines ou d’écailles. Sacs à crochets variables ; radula de formule n—I-n ;
mais la médiane peut disparaître chez l’adulte.
Gen. PNEUMODERMA (CUVIEH) LEsuEUR, 1810,
Pneumodermon CUVIER
(Syn.: Pneumodermis OKEN; Aegle OKEN, 1815; Pneumonoderma
KEFERSTEIN; PELSENEER; Cirrifer PFEFFER, 1819; Micrella BERGH.)
Branchie latérale (cténidie) présente. Branchie postérieure composée
1. Genres exotiques.
2. Voir sous ce nom la. syuonymie, et mes raisons pour adopter ce nom, plus ancien.

PNEUMODERMATIDAE. —— rmsumooeamx 133
d’une crête plus ou moins quadrilatérale et de prolongements latéraux
partant de ses angles, et onduleux comme elle (franges). Deux bras
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FIG. 39. ·- Pneumoderma, sp., rangées de dents.
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FIG. 40. - Pneumodermu. atlantiwm, face ventrale.
portant de '7 à cent ventouses et plus, et sur la trompe une papillc médiane
ventrale remplace le bras médian.
Sacs à crochets profonds, dévaginables, avec de nombreux crochets
courts.
Atlantique, Méditerranée, Pacifique.

  ‘\/IOLLUSQUES OPISTHOBBANCHES
ll. Pneumoderma. atlanticum (mmm, 1816. — Pneumodetma violacêtëm
D’©RBIGNY, 1835; P. peroni LAMARCK, 1879; P. souleyeiz PELS., 18 ;
P. eurycolylum l\rlEIS. ; P. heierocoiylum Tesrn ; ‘? P. sp. MEIS. ;? P. pact-
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FIG. 41. — Pneu/moderma atlcmticwm,. — a, animal avec une proie (Sagitta) ; b, dents. -
Pn. mediiewaneum. — c, animal vu du côté droit. —- Pneumoderwwpsis ciliata. —-
d, animal, face ventrale ; c, dents ; f, mâchoire ; g, un bras à ventouses ; h, une ven-
touse ; *i, dents.
ücum DALL ; ? P. meiscnheimeri PRUVOT-FOL ; P. boasi PELS. ; P. cuculla-
iam GRAY; P. audebardi RANG; P. ailanlicam de n0v0 BONNEVIE.
Le nombre des ventouses augmente avec l’âge et il est extrêmement
variable d’un individu à l’autre; de 14 chez le jeune à plus de cent sur

PNEUMODERMATIDAE. — sroNG1osRANc1xAEA 135
chaque bras. Bien étalées, les branchies sont bordées de « franges ». Ra-
dula 4-I-4 chez le jeune; 4-0-4 chez l’adulte; il en a été trouvé chez
P. « meisenheimeri n 5-1-5 chez un adulte. Couleur rouge ou violette.
Toutes les mers chaudes et tempérées; fréquent. ,
2. Pneumoderma. mediterraneum VAN BENEDEN, 1836. —— P. violaceum
SOULEYET non D’ORB. ; ? P. macrocolylum Boss, 1886; ?'P. pygmaeum
TESC}1, 1904.
Généralement un peu plus grand que l’autre, avec un petit nombre
de ventouses: 6 à 9 sur chaque bras, les plus inférieures étant les plus
grandes. Sacs à crochets très profonds avec des crochets courts et très
nombreux.
_ Toutes les mers tempérées et chaudes, espèce moins fréquente que l’autre.
Gen. SPONGIOBRANCHAEA o’One1cNv, 1836
Qomme les Pneumoderma, les Spongiobranchaea ont des bras à ven-
touses vestibulaires; leurs sacs a crochets sont peu profonds et les cro-
chets courts ; il y a une mâchoire ventrale composée de petites écailles
ou épines. Ils diffèrent de ce genre par les branchies : la cténidie est peu
ou pas développée et la branchie postérieure est réduite à un bourrelet
ou à une bande mince de tégument incolore formant un anneau subter-
minal sans franges. La première dent latérale est plus ou moins diffé-
rente des suivantes.
Une seule espèce est bien connue, les autres n’ayant encore été ren-
contrées qu’une fois ou un petit nombre de fois.
1. Spongîobranchaoa. australis D’()a1a.
(Jette espèce, type du genre, a deux bras à ventouses courts, portant
un petit nombre de ventouses, une dizaine, qui diminuent de taille vers
la base du bras; nombreux chromatophores noirs dans les téguments.
Radula: 7-1-I-1-7 ou 8-1-I-1-8; la première latérale porte un denticule
du côté interne ; la médiane est tricuspide.
Atlantique austral, mer profonde.
2. Spongiobranchaea. polycotyla Massv, 1917.
Les ventouses sont nombreuses et de forme très spéciale: en corne
d’abondance. « La forme et le nombre des appendices qui les portent
sont inconnus; nageoires larges à la base, pas très évasées, arrondies
distalement ; pied avec lobe médian très long. Environ trente ventouses
de taille modérée, sur des pédoncules longs, étroits, les plus grandes
ayant environ 6 fois le volume des plus petites. Les plus grandes occu-
paient probablement la partie distale des appendices. »
Radula 5-I-5 ou 6-I-6. La médiane large, avec trois cuspides égales,

136 MOLLUSQUES oP1sT11oBRANcHEs
ressemblant à la dent médiane de Spongiobranchaea ausiralis figuréë
par BoAs, les latérales ressemblant à celles de Pn. ciliala par le même
auteur ; la plus externe très petite. Au moins 14 crochets par sac. « Poste-
rior gill present but too lacerated for description". Unfortunately the
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FIG. 4-2. - Crucibravwhaea michael sarsi. - a, animal vu du côté d.r0it; b, dents. ——
Schizobrachlum polycotylum. - c, un rameau du bras à. ventouses; cl, dents; e, cro-
chets et élément de la mâchoire. —- Spzmgiobranchaea australie. — f, animal vu du
côté droit; g, bras à ventouses. - Sp. inlermedia. -— h, dents.
radula on being boiled in caustic potash came asunder ; and the number
of lateral teeth is based on assumption from their size... »
La position générique de cet animal est très incertaine.
Atlantique.
3. Spongiobranchaea întermedîa PRUvoT-For., 1926.
Animal de grande taille, 20 mm. (contracté); nombre de ventouses
incertain et peut-être variable (de 8 à 20 sur chaque bras). La radula,
parfois colorée en rouge cerise, a une première dent latérale compliquée

PNEUMODERMATIDAE. ·-— PSEUMODERMOPSIS 137
et bien caractéristique : la cuspide est creusée en dessus d’une gouttière
qui reçoit la pointe de la première dent du rang précédent. Médiane
quadricuspide, souvent anormale ; se rompt facilement en deux moitiés.
REMAnQuE.—Le nombre de ventouses observé par MAssY (Discovery)
était plus grand que celui observé par moi (Camp. Monaco). Elle en a
compté jusqu’à 80 sur un bras. Il est cependant certain (identité des
dents) que l’espècc est la même.
Atlantique (Campagnes du Prince de Monaco ; Campagnes de la Discovery).
Un petit nombre d’individus connus.
Gen. PNEUMODERMOPSIS Karnsriam, 1862
(Syn. Deziobranchaea Boixs, 1886.)
Trois bras à ventouses, ou du moins des ventouses appartenant à trois
groupes, chacun d’eux pouvant être réduit à une ou deux ventouses;
Ch
J î' OGC) 00% &
  5.  
0 6.  
Fm. 4-3. - Schéma. des bras à ventouses des Paeudodennopsia. — az, ciliata ; b, simples: ;
c, pau.cùie·n.s ; d, e, polycotylu,. —- f, canephom.
le bras médian en porte cinq, une terminale et deux paires latérales.
Pas de branchie terminale, mais une cténidie, simple, généralement
longue, et un cercle ciliaire, ou deux cercles, conservés chez l’adultc.
Pied avec tubercule médian et lobe postérieur bien développé et lobes
antérieurs soudés ensemble. Des sacs à crochets peu profonds, avec
crochets courts et assez peu nombreux ; une mâchoire médiane ; radula :
de deux à six latérales et une médiane large avec quelques denticules.
Huit espèces ont été nommées; l’une est maintenant séparée sous le
nom générique Crucibmnchaea. Deux sont peut-être synonymes, et
deux autres, rares, sont insuffisamment connues, leur diagnose incer-
taine.

138 Motrusoues orxsrrxoemixwcrxes
1. Pneumodermopsis ciliata. (GEGENBAUR), Pneumoderma, 1855.
Garactérisé par les deux premières ventouses latérales du bras médiar,
grandes et en forme de poêlon à bec ;la médiane est ronde et plus petite ;
la paire inférieure minuscule, sur pédoncules tiliformes; en dessous, de
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FIG. 44. —— Pneumodermopsie ciliaia.
chaque côté, 7 ou 8 ventouses presque sessiles, portées sur deux expan-
sions arrondies. Radula 6-L6 à 8-I-8, les latérales simples, crochues, la
médiane avec trois dentioules, dont le médian est le plus court.
Répandue dans toutes les mers; Atlantique et Méditerranée.
2. Pneumodermopsis paucidens (B0As), 1886 (Dezriobranchnea). : ? P.
pupula Pnuvor-FoL, variété (1).
l. Avec 8 à. 10 dents de chaque côté.

pmzumonenmarxnie. - vsizuuoumxmovsxs 139
Long. 5 mm. La ventouse terminale du bras médian est la plus grosse ;
elle est ronde; les deux paires inférieures sont plus petites, et les bras
latéraux sont représentés charun par un bourrelet avec un rang de ven-
touses UII PGU pll1S QTOSSCS.
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F10. 45. — Pneumodermopstv pupula. — az, animal, face ventrale ; — P. paucîdens. —
b, ventouses. — Pn. canephora. -· 0, animal, face ventrale; d, trompe ; e, pénis;
f, dents.
Radula: 2-l-2. Médiane bicuspide (Peut-être jeune).
N’est connu que de l'Atlantique Nord. P Méditerranée: larves.
3. Pneumodermopsis canephora PRUvo·r-Foi., 1924.
Il se rapproche du précédent par le nombre des ventouses médianes,mais
diffère par la forme et la grosseur de la ventouse terminale, qui est énorme
et en forme de marmite : en dessous d’elle, deux ventouses petites, et un

140 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
peu en dehors deux autres, petites aussi, mais dont les supports, un
peu cylindriques et épais, représentent les bras latéraux. Radula : 7-[-7 ;
la médiane bicuspide.
Connu jusqu’ici de la Méditerranée et de l’Atlantique Nord.
4. Pneumoclermopsis polycotyla (Boas), 1886 (Deœiobranchaea). —-
P. minuia (PELSENEER, 1887).
Bras médian avec ventouse terminale un peu plus grande que les autres ;
quatre ventouses moins grandes, et sur les côtés, en dessous, une vingtaine
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FIG. 46. - Pnewrrwdermopsia canephma, pièces buccales.
en tout, encore un peu plus petites ; crochets très peu nombreux, longs.
Radula 3-I-3. Du pigment brun.
5. Pneumodermopsis simplex BOAS, 1886, n’est connu que de l’()céan
Pacifique.
Pacifique et P Méditerranée : une larve.
6. Pneumodermopsis oligocotyla MASSY, 1917.
(Test encore une espèce insuffisamment connue, fondée sur deux échan-
tillons.
« Corps étroit avec deux bandes ciliées ; pied avec lobe médian modé-
rément long, sans tubercule médian. Branchie latérale et branchie posté-
rieure non discernibles, mais les deux spécimens étaient très contractés.
Long. 4-5 mm. Deux très grandes ventouses à ouverture circulaire, sur
pédoncules courts, épais, sont placées directement sur la paroi médiane

PNEUMODERMATIDAE. — CRUCIBRANCHAEA 141
de la cavité buccale. Radula 6-1-6. Dent médiane avec 3 denticules;
celui du milieu étant le plus petit. Dents latérales très longues avec bases
larges. Mâchoire du type figuré par l\«1EisENnE1MER pour son Schizobra-
chium polycolylum; les dents ressemblent à de petites griffes. Crochets
courts et creux, mesurant 1/3 à 1/4 de la longueur des dents latérales;
env. 40 dans chaque sac. Tégument non pigmenté. '1`rompe très trans-
parente, avec glandes dermiques formant des points saillants. n (MASSY.)
N. B. —-— Plus de précisions seraient à souhaiter au sujet de la branchie
et des ventouses, afin de savoir s’il s’agit bien d’un Pneumodcrmopsis,
dont cette espèce n’a pas tous les caractères. Spécifiquement, elle pourra
être identifiée grâce à la radula, qui paraît caractéristique.
Atlantique.
7. Pneumodermopsîs pupula. A. PnUvo*r—FoL, 1926, sp. ou var.
Un exemplaire petit, incomplet, ressemblant à P. paucidens; mais
il y a 8 à 10 dents de chaque côté de la médiane, des sacs à crochets allon-
gés, avec crochets longs et fins. Le bras à ventouse médian portait 5 pédon-
cules, mais les ventouses avaient été arrachées.
Atlantique.
Gen. CRUCIBRANCHAEA Pnuvor-For., 1942
(Syn. :Pneumodermopsis p. p. auctt. ;ME1sENnE1MEa.)
Proche de Pneumodcrmopsis par le fait qu’il y a deux bras à ventouses
latéraux et entre eux cinq ventouses un peu différentes, représentant
les ventouses du bras médian, qui est parfois ici virtuel. Les ventouses
latérales sont disposées en deux ou trois rangs, et au bout de chaque bras
il s’en trouve une différenciée, ronde, aplatie et très grande. ll yaune
branchie en croix, terminale, et parfois une cténidie ; anus près du lobe
postérieur du pied. Hadula : quatre dents latérales simples ;médiane avec
une petite pointe médiane et deux latérales.
1. Crucibranchaea. maerochira.
Les ventouses terminales très grandes, le bras médian atrophié.
Selon TEsc1-x, les ventouses du « bras médian » peuvent être sessiles,
ou même manquer en partie.
Atlantique: fréquent.
2. Crucibranchaea mîchael—sarsi (BoNNEv1E), 1913 (Pneumodermopsis).
(jette espèce, fondée sur un seul échantillon contracté, est incomplète-
ment connue et se rapproche beaucoup de C. macrochira : il est vrai que
les grosses ventouses de l’extrémilé des bras font défaut, mais les ventouses
ont été mal vues. Les différences que l’auteur trouve dans la forme des
branchies tiennent, à l’état de contraction, car j’ai vu chez C. macrochira

142 MoLLUsoUEs OPISTHOBRANCHES
la branchie postérieure ù l’état contracté, exactement semblable. La
radula n’offre pas de différence, et la forme de la mâchoire dépend en
grande mesure de l’état d’extensi0n des parties buccales. Néanmoins,
il est bon de conserver l’espèce, puisque b/IASSY a identifié avec elle
des individus pêchés près de l’Irlande.
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FIG. 47. - Crucibranchaect macroch/ira. —- a, animal vu de dos ; b, id., face ventrale.
Ventouses nombreuses, nombre inconnu 1 BONNEVIE, 16 ; selon MASSY ?
forme des bras mal connue. NIASSY a trouvé deux ventouses (`?) au « bras
médian »,
Radula 6-I-6 (texte), 5-L5 (figure), (BoNNEv1E). La médiane bicuspide,
analogue à celle de P. ciliaia.
Atlantique N. et au voisinage de l’Irlande.
Gen. SCHIZOBRACHIUM ME1sENHE1MER, 1903
Une seule espèce connue ; la diagnose du genre se confond avec celle
de l'espèce :

PNEUl\1ODERl\IATIDAE. —— scmzorsaxcmum 143
Schizobrachium polycotylum MmsENuE1MER, 1903.
Animal d’assez grande taille, fusiforme, sans branchie latérale ni
terminale; avec fossette glandulaire dorsale; des bras à ventouses au
nombre de deux, ramifiés, portant plusieurs centaines de ventouses,
très petites, sur des pédoncules liliformes. Mâchoires composées d'épines,
irrégulièrement plissées, nombreuses ; épines des sacs à crochets, coniques,
allongées; radula de formule 7-l-'7 à 8-I-8; la seconde latérale est la
plus longue ; la première est plus forte et fi base plus large ; la médiane
est bicuspide ; mais chez un exemplaire elle présentait les cuspides dédou-
blées chacune en deux petites pointes.
Atlantique; vraisemblablement à des profondeurs d’au moins 800 m.
Les exemplaires connus jusqu’ici étant très peu nombreux (Valdivia,
un ex. ; Discovery, trois ex. ;Dana, un ex.), I’anatomie est insuffisam-
ment connue ;je n’ai trouvé aucune trace de branchie, tandis que MExs1·:N-
MEIMER signale une petite branchie ventrale; par contre, j’ai constaté
une constriction subterminale, peut-être le vestige d’un cercle ciliaire.
Signalons pour mémoire un autre habitant des grandes profondeurs, puis-
qu'il a été pris dans l’Atlantique (Pêches du Prince de Monaco), qui diffère .
profondément des autres Gymnosomes: Laginiopsis triloba Pnuv0·r·Fo1.,
1922. Sans branchie ; avec « têten large pourvue de palpes et de rhinophores ;
abdomen court et renflé ; nageoires longues et étroites ; pied avec lobe posté-
rieur très petit, lobes latéraux assez développés et tubercule médian très
grand, ressemblant à une ventouse.
Orifice buccal au bout d’une longue trompe terminée par trois lobes charnus,
et ne contenant ni radula, ni crochets, ni mâchoire.
Atlantique, probablement profondeur d’au moins 1.000 m. Un exempl.
Famille des CLIOPSIDAE
(Clionupsidae PELSENEER ; Mass? )
Vestibule buccal modifié en une trompe robuste et très longue, pouvant
atteindre plusieurs fois la longueur du corps; pas de cônes ni de bras
à ventouses.
Sacs à crochets peu profonds, contenant env. de 30 à 60 crochets
courts ; mâchoire ventrale composée de petites écailles irrégulières,
nombreuses ; radula analogue il celle des Pneumodermafidae, avec 5
ou 6 dents latérales et une médiane à base large, généralement tricuspide.
Pied dépourvu de lobe médian, mais pourvu d’un tubercule médian ;
les deux lobes latéraux sont soudés sur la ligne médiane.
Branchie bien développée et hexagonale chez l’adulte ; cténidie (branchie
latérale) présente ou absente. `
Champ glandulaire dorsal présent. Téguments translucides, épais mais
trés flasques, bien que résistants et élastiques, parsemés de petites glandes;

144 Morwsouns opisrnommncuns
cette enveloppe extérieure est parfois beaucoup plus volumineuse que
le sac viscéral qu’elle contient et qui ne la remplit pas.
Deux genres seulement : Pruvoiella avec cténidie (1), contenant deux
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FIG. 48. - Cliopsis kvohml. — 11, animal avec la trompe dévaginée ;
b, dissection; c, système nerveux.
espèces; Cliopsis, avec plusieurs espèces décrites, mais qui sont très
vraisemblablement toutes synonymes.
TOIIÈCS les YTIBTS.
1. Ce genre de Cliopsidacz Pmwotella. PR.UVOT—FOL n’e. été trouvé que dans la. Mer
des Indes. Il compte deux espèces.

CLIOPb1DAE. -— <;1.101·sns 145
Gen. CLIOPSIS Tuoscum., 1854
(Syn. : ‘? Trichncyclus p. p. Losm, 1869 ; Clionopsis KEFERSTEIN
PELSENEER.)
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FIG. 49. —- Cliopsia krohni. -- a, jeune vu de dos. - C. krolmi ¤ gmndîa ¤. —- b, adulte,
face Ventmle; c, organes génitaux; d, tubc digestif ; e, trompe et estomac; f, dents;
g, une demi-rangée de dents; h, osphrudium.
Pas de cténidie ; trompe composée de deux parties, l’ux1e épaisse musvu-
leuse et une autre beaucoup plus longue, mcmbraneuse, à Pcxtrëmité
10

146 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
proximale de laquelle se trouve le petit bulbe buccal. Radula de formule
n—I-n ; le nombre des dents latérales est de 7 environ. La médiane est
tricuspide et varie de forme de la partie antérieure à la partie postérieure
de la radula.
Dans toutes les mers; assez fréquente dans la Méditerranée.
Cliopsis krohnî TnoscHE1., 1854. — C. grandis ME1sENHE1MEn, 1905
(adulte); C. microcephala Tsscn, 1904 (anomalie); C. modesia PELs.
(branchie non encore développée) ; C. sp. 1 et sp. 2, Pnuvorr-Foi. (jeunes
contractés); Cliodiia mediterranee GEGENBAUR, 1855 ; ? Trichocyclus
medilerraneus, A. COSTA, 1869, p. p.
Incolore, translucide. Avec les caractères du genre. Il semble que la
branchie postérieure se développe tardivement. C. lcrohni n'est pas la
forme adulte, qui est C. grandis.
Toutes les mers. Méditerranée. Atlantique.
Famille des CLIONIDAE
Généralement pas de cténidie. Pas de bras à ventouses. Parfois des
cônes vestibulaires. Pas de fossette glandulaire dorsale. Comprend les
sous—familles :
1. Clioninae, avec des cônes buccaux. Sans branchies.
2. Thlipfodoniinae, sans cônes buccaux, avec céphalothorax (1) très
développé et abdomen petit ; grands sacs à crochets ; pas de mâchoires ;
dents de trois sortes, grandes. Quatre espèces.
3. Cephalobrachinae. Pas de cônes ; 7 pas de branchies. Sacs à crochets
extrêmement développés et extensibles ; deux espèces de mer profonde.
4. Fowlerinae, avec cônes, sans branchie.
Deux ou trois espèces (‘?).
5. Noiobranchinae avec cônes et trois ou quatre rayons branchiaux,
ou sans cônes. Genres Nolobmnchaea et Prionoglossa.
Subfam. CLIONINAE
Ni cténidie, ni branchie postérieure ; des cônes vestibulaires ; mâchoire
nulle ou réduite à un rang d’épines. Pénis parfois armé d’épines. Parfois
une ventouse péniale. Sacs à crochets variables, parfois très développés.
Lobe postérieur du pied petit, parfois nul. Nageoires arrondies ou trian-
gulaires.
Gen, CLIONE PALLAS, 1774
(Syn.: Clio 0. F. MüL1.En, 1776; GEGENBAUR, 1852, p. p. ; Cliodita
p. p. SoULEYET.)
1. Je me sers de cette expression en usage pour les Crustacés, le mot tête étant ici
insuffisamment compréhensif.

CLIONIDAE. —- cmoma 147
Trois paires de cônes; une ventouse annexe de l’app:1reil mâle; pas
d’armature péniale ; pas de mâchoire ; des sacs à crochets avec crochets
de différentes longueurs; pied avec lobe postérieur court; radula de
formule n-I·n; la médiane large, les marginales simples, crochues; ou
n—0·n.
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FIG. 50. -· Clione limucimz. -— a, animal vu du dessous ; b, rudule ; c, pénis et la. ventouse ;
d, accouplement; e, papilles des cônes ; f, Punimal evec une proie (petit poisson).
1. Clîone limacina (Pnwvs), (Clio), 1773. —— Clio relusa FABRICIUS,
1780 ; Clio borealîs CUVIER, 1802 ; PÉR. et Lus. ; Clio papillonaceu JEF-
FREYS, 1869; Clione gracilis 11riASSY (juv.); ?‘? Clione eleganlissima DALL
(fuv.); Clione boreolis PALLAS, 1774; Clione dalli IÃRAUSE (fuv.), Clio
miquelonensis RANG; Clio refusa O. F. 1“üLLER, non L1NNÉ;‘l Clione
minula Pnuvor-For., 1926 (juv.), non Clione anlartica, espèce voisine.

148 Mottusouns opismoexmucues
Grande espèce très commune dans l’Arctique, trouvée jusque dans
la Mer du Nord. la Manche, le Golfe de Gascogne, la côte Nord de l’Amé-
rique, et Vicarièe dans l’Antarctique par Clione aniarciica SM11`11, 1902.
Elle atteint dans le Nord 35 mm. La partie postérieure conique et allongée
ne contient que deux grands sinus : les viscères n'y pénétrant pas. Appa-
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FIG. 51. —- Bulbe buccal de Clione limacina.
reil pénial comme décrit ci-dessus; il y a en outre une glande péniale
(comme chez Thliplodon). Le mode d’accouplement a été décrit, mais
pose encore des problèmes qui ne peuvent être discutés ici (1).
Plusieurs parties de l’animal sont colorées en rouge cerise : notamment
les cônes, les glandes internes (du système génital?) et la queue.
1. Je pense le faire ultérieurement.

cL10N1¤.»xE. —- CLIONE 149
2. Clione filifera PRUVOT-FOL, 1926.
N’est connue que par un seul échantillon qui se «listin·guait par des
filaments (un ou deux par cône) qui prolongeait ceux-ri.
C. eleganlissima DALL., 1870 et C. minula Pauvor-For., 1926, qui
sont peut-être la même espèce (‘?) ou qu’0n peut soupçonner encore d’être
des jeunes limccina, diffèrent cependant de celle-ci par la forme du corps :
renilé au milieu et efïilée brusquement en une pointe courte; par les
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FIG. 52. —- 0. et b, larve  de Cliomidac. -— Clione filifevm. ·- c, les cônes d’un côté. -— Para-
cliane (Clionimz) longicamiata. -- d, animal vu. de face, un céphalocône rétracté;
e, pénis.
viscères descendant plus bas postérieurement, par les dents moins nom-
breuses et la médiane sans pointe; parties génitales inconnues.Ce ne
sont pas des larves ; pour savoir s’il s’agit de jeunes limacina, il faudrait
en posséder de même taille prises dans son habitat ordinaire.
REMARQUE. — Clicme eleganlissima DALL, C. rlalli Knause et C. mimzla
PnUvoT-F0!. ne sont peut—être que des variétés ou des jeunes de l’espèce
C. limacina; seule C. anlarclica a été étudiée comparativement (1) ; et
(J. filifera présente une différence marquée dans la forme des cônes.
D'autres Clione ou « Clio » ont été décrites qui sont maintenant séparées
génériquement :
1. Elle n’a· pas de dent médiane. et diiïère encore par d’u.ut1·es caractères.

150 MOLLUSQUES 01>1sTHoBRANcHEs
Gen. PARACLIONE J. Tnscu, 1903.
(Syn. : Clio p. p. auctt. ; Clionc p. p. auctt. ? Clionina PRUVOT—FOL,
1924.)
Ge genre que j’avais séparé de Clione à cause du nombre des céphalo-
cônes (deux paires) papilleux, de l’existence d’une mâchoire rudimentaire
et d’épines péniales, comprend une espèce ancienne: C. longicaudaia
SOULEYET qu’il m’a paru reconnaître dans un individu de la collection
du Prince de Monaco; cet individu avait un lobe pédieux postérieur
petit, mais cependant bien visible ; d’autre part, J. TEscH avait aupa-
ravant créé le genre Paraclione pour un petit Clionidé dépourvu de lobe
postérieur au pied. Or, récemment Tnscn a trouvé des individus de
Clionina longicaudaia, avec un lobe postérieur, d’autres qui n’en avaient
pas, ou chez lesquels ce lobe, très petit, était caché sous le tégument;
étant donné cette variabilité, constatée également (et simultanément)
par A. FRANC sur des échantillons provenant de Villefranche, la possi-
bilité n’est pas exclue de l’identité générique, et peut-être même spéci-
tique de tous ces échantillons, dont l’un provenait de l’Atlantique, d’autres
de la Mer des Indes, du Palcifique Ouest ; et les derniers cités, de la Médi-
terranée. Cela ne doit pas trop nous étonner.
1. Paraclione longicaudata. (SOULEYET), 1840 (Cliodiia). —— Clione
caudaia NlACDONALD, 1864; Clione longicaudaia Kwmr. ; Paraclione
pelseneeri TEscn; Clio caudaia GRAY.
Avec les caractères ci-dessus décrits pour le genre. La forme est allongée
et efïilée postérieurement ; les lobes antérieurs du pied bien développés ;
il y a un tubercule médian (qui n’existe pas chez Clione limacina) ; le
lobe postérieur du pied développé ou non, petit; deux paires de cônes
avec des papilles sur toute leur longueur; des sacs à crochets courts,
avec un petit nombre de crochets; une mâchoire formée de quelques
épines. Le pénis comprend une massue avec de nombreuses et très petites
épines et une lame foliacée ; pas d’appareil à ventouse. Des chromato-
phores à pigment noir dans le tégument. Hadula 4-l-4 à 6-I-6, la médiane
avec cuspide, sans denticules.
Toutes les mers chaudes et tempérées. Atlantique et Méditerranée.
2. Paraclione flavescens GEGENBAUR (Clio), 1855. -— Clio auranfiaca
Fox,. 1875 (jzwen).
Atteint 22 mm. Differe par la forme des cônes, plus longs, avec papilles
ciliées au bout ; lobe postérieur du pied bien développé ; et par sa couleur
jaune ou orangée. Anatomie insuffisamment connue.
Méditerranée: rare.

CLIONIDAE. — CEPHALOBHACHIA 151
Gen. CEPHALOBRACHIA Bomzevre, 1913
Sans céphalocônes. Les sacs à crochets ne sont pas longs comme chez
Pneumoderma, mais une fois dévaginés, sont portés comme sur des bras
ou pédoncules. Les crochets sont forts, mais sans être très nombreux;
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Fm. 53. - Cephalobrachîa macrochaeta. - a. animal étalé, face ventrale; b, id., face
dorsale ; c, dents ; d, un autre aspect (de dos). - C. bormevii. - e, animal, face veu-
trale ; f, deux dents.
formule radulaire: n-1-n; les latérales simples, crochues, la médiane
large, denticulée. Le pied, composé de lobes latéraux et lobe médian,
peut être retiré dans des replis tégumentaires.
1. Cephalobrachia macrochaeta BONNEVIE, 1913.
Long. environ 10 mm. Radula 3-I-3. Les dents sont relativement
énormes (1) 1 la médiane est plus large que celle d’aucun autre Gymno-
1. La radula n’a été vue qu’à travers les tissus, ayant été perdue par la suite ;mais
elle a été figurée en 1950 par TESCH. D’après le texte, elle est deuticulée.

152 MoLLUsQuEs OPISTHOBRANCHES
some; sa cuspide courte, triangulaire-obtuse, est denticulée finement
presque jusqu’aux extrémités. Latérales crochues, simples, robustes,
sans plaque basale. Pas de mâchoire, mais une lèvre glandulaire très
apparente. Env. 20 crochets par sac.
Atlantique, eau profonde (rare).
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FIG. 54. —— Cephalobmchia, macrochaeta. —- hs, sacs à. crochets (hook sacs).
2. Cephalobrachîa bonneviî MASSY, 1917.
Espèce fondée sur un échantillon, mais revue récemment par TESCH
(Dana Report) 2 « Corps de la forme des Clione, terminaison postérieure
très étroite ; long. 2,5 mm. Organes génitaux formant une bosse proémi-
nente du côté droit. Nageoires très étroites à la base, s’élargissant rapide-
ment. Lobe médian du pied petit et pointu, sans tubercule médian. Ni
branchie latérale, ni bandes ciliées. Tégument non pigmenté. Ni bras à
ventouses ni cônes vestibulaires. Radula 5-1-5. Dent médiane en forme
de faucille, avec au moins trois denticules sur un bord rectiligne. Laté-
rales de longueur modérée, avec bases quadrangulaires ; 20 rangées au
moins ?, grandes relativement à la taille de 1’animal. Env. 16 très longs

CLIONIDAE. — CEPHALOBRACHIA 153
crochets, dont la pointe est recourbée, dans chaque sac, ressemblant à
ceux de C. macrochaela BONN. Cette espèce, très semblable à l’autre,
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Fm. 55. ·— Fowlerina zetesios. ·- a, animal vu de dos ; b,1e même vu de face ; c, mâchoire;
d, crochet; ; g, dente, - Prinmglossa tetrabranchiata. —· f, animal vu de face ; g, bran-
chie postérieure; h, mâchoire; É, éléments de la. mâchoire; gf, crochets; k, dent;
l, pénis et ventouse.
diffère par la forme du corps et de la dent médiane, qui a trois denticules
subégaux. »
Atlantique.

154 MOLLUSQUES OPISTHGBRANCHES
Gen. FOWLERINA PELSENEER, 1888
Differe du genre Clione par l’existence d’une seule paire de cônes
et par la présence d’une mâchoire bien constituée et de crochets courts ;
du genre Noiobranchaea par l’absence de toute branchie, la brièveté
de la trompe et 1’existence des cônes.
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Flo. 56. - Prionoglossa tetmbmnchiata. - A, deux dents médîanes;
B, crochets des sacs à. crochets; C, épines de la. mâchoire.
Fowlerina zetesios PELsENEEn, 1888.
Corps renilé; fusiforme-pointu à la partie postérieure. « Tête » large,
trompe courte, tégument pigmenté ; pied complet (mais ? sans tubercule
médian}. Un rang d’épines forme la mâchoire ; sacs avec une quinzaine
de crochets ; radula 2 6-1-6, la médiane large, arquée, avec env. 12 denti-
culations, et sans cuspide. Pénis ? inerme.
Atlantique: Trouvée une fois dans le Golfe de Gascogne, quelques exem-
plaires. Ne paraît pas avoir été revue.
Clione punciala TEscH, 1904, Atlantique, un seul échantillon, n’avait
également que deux céphalocônes; peut-être synonyme. Le pénis est
épineux.
Des spécimens d’un Glionidé ressemblant à ce dernier et trouvés par

CLIONIDAE. —- PRIONOGLOSSA 155
moi avaient des « cônes » c lîndri ues terminés ar un renflement en
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bouton pap1lleux, une mâchoire «1’un rang d’ëp1nes, et la dent mono-
cuspîde, non finement denticulée ; le genre Fowlerina demanderait encore
des études plus approfondies.
Atlantique.
 
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FIG. 57. — Prianoglosaa tctrabranchiata, ventouse du pénis.
n, ventouse (sucker); p, pénis.
Gen. PRIONOGLOSSA J. J. Tnscu, 1950
(Syn.: Nolobranchaea p. p. 1\IE1s1zN11E1MER, 1905; Bommvxm, 1913;
PRUVOT-FOL, 1926, 1942.)
Pas de cônes buccaux; branehie têtraradiée: un rayon dorsal, un
v ntral deux latéraux. Dent médiane finement denticulée. Une ventouse
e 1
péniale.

156 M0LLUsQUEs OPISTHOBRANCHES
Prîonoglossa, tetrabranchiata. (Boiwnvia), (Nolobranchaea), 1913. —
Noiobranchaea valdiviae ME1sENnE1MEa, 1915. ‘? Fowlerina hjorii Bonna-
VIE, 1913; ? Microdonia longicollis BONNEVIE, 1913 (fide Tisscri) (1).
Bien que MEISENHEIIVIER n’ait trouvé que trois rayons a la branchie,
il semble bien qu’il s’agisse de la même espèce, selon Tasca.
Quatre rayons branchiaux, onduleux; « tête » très grosse ; pied court
et large ; anus à droite, mais près de la ligne médio-ventrale.
Une dizaine d’épines à la mâchoire; une quinzaine de crochets dans
chaque sac; six dents latérales, dont la plus médiane plus forte ; dent
médiane avec quatre forts denticules de chaque côté, et trois plus petits
au milieu, ces denticules simples ou bifurqués.
Une espèce (et un genre) de BoNNEv1E, insuffisamment connus : Micro-
donia longicollis) est peut-être aussi synonyme (fide TESCH).
Subfam. NOTOBRANCHAEINAE
Il y a une branchie postérieure, mais pas de cténidie ; un tubercule
médian au pied, pas d’armature péniale, pas de ventouse copulatrice.
Gen. NOTOBRANCHAEA PELSENEER, 1886
Ce genre étant maintenant démembré, la diagnose ne concerne que le
genre réduit : Deux paires de céphalocônes papilleux ; il y a une branehie
dorsale et deux latérales chez. l’espèce type, et une autre espèce n’en
aurait qu’une, selon PELSENEER ; mais celle-ci, qui n’aurait pas de dent
médiane, n’a pas été revue.
La forme est robuste, un peu renilée, les nageoires courtes, larges.
Les lobes antérieurs du pied sont peu proéminents, attachés ensemble
et fixés au corps sur leur bord proximal entier ; il y a un tubercule médian
et un lobe postérieur médiocrement développé. Le pénis est inerme,
long, enroulé en spirale en extension, et fortement plissé, avec un appen-
dice filiforme. Les céphalocônes sont coniques, et papilleux jusqu’à
leur base.
Cette description convient à l’espèce ci-dessous, peut-être unique:
Notobranchaea macdonaldi PELSENEER, 1887.
La radula est de formule 8-1-8 à 10-1-10, les latérales simples, crochues,
la médiane large, avec une cuspide médiane et de chaque côté quelques
petits denticules peu marqués et un peu variables. ljespèce N. inopinaia
PELS., qui n’aurait qu’un pli branchial dorsal, est insuflisamment connue
et peut-être synonyme ; N. grandis PRUVOT—FOL serait également syno-
nyme, selon TESCH; son caractère distinctif est une pigmentation d’un
1. Voir ce nom ài la. suite.

c1.1omnAE. —— NoT0nnANc1xAEA 157
noir de jais, sur les palpes et sur le bord des nageoires. Le seul échantillon
était de grande taille.
Atlantique et Pacifique.
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F10. 58. -— Noiobranchaea nuwdomzldi. —— fl, üagallum du pénis;
rec, céphalocônesz ok, orifice rénal (ou. plutôt osphrudium).
NOTE. — Uespèce de MEISENHEIMER Nolobranchaea tefrabranchiaia
a été séparée du genre Noiobranchaea sous le nom de genre nouveau:
Prionoglossa par Tnscu, 1950 (Voir ce nom).

158 MOLLUSQUES uP1sTHuBRANcHES
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FIG. 59. - Massya longeciwata. — a, animal vu de face ; b, mâchoire ; c, crochets. ——
N otobnmchaea macdonaldi. —- d, animal, face ventrale ; e, pied ; f, pied et ses glandes ;
g, pénis ; h, dents. —- Cephalobrzmchia mtwrochaeta. —- ·i, dents médiane et latérales ;
j, dents de Clione limacimz (à un grossissement double).

CLIONIDAE. - Micnooonm 159
Gen. MICRODONTA BONNEVIE, 1913
Ce genre, très proche de Notobranchaea, n'en est peut-être pas réelle-
ment distinct. Les dents sont nombreuses et très petites, et la médiane
n’a pas de cuspide. u Il peut y avoir une branchie. » Pied avec lobes laté—
raux et lobe médian ; sans tubercule médian.
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Fm. B0. - Masaya longeci1·ratc· - bm. bulbe buccel; f, nsgeoîre ; ha, sac à crochets ;
pl, lobe postérieur du pied: al. lobes antérieurs du pied; g, gonadeg accg, glande
accessoire génitale.
Microdonta longicollis Bommnvns.
Long. 7 mm. La trompe dévaginée a les deux tiers de la longueur du
corps. Branchie postérieure à quatre rayons se réunissant en pointe à
Vextrémité du corps. Radula 10-I-10, la médiane arquée, sans cuspide.
Sacs à crochets peu profonds, avec env. 17 crochets ; épines de la mâchoire
doubles à la partie médiane, simples sur les côtés, en une seule rangée,
striées transversalement. Paraît se distinguer par la petitesse de la dent
médiane. Peut-être synonyme de Nolobranchaea (?).
Atlantique, un exemplaire.

160 Mo1.LusQUEs OPISTHOBRANCHES
Gen. MASSYA PRUVOT-FOL, 1924, n. n.
(Syn.: Clionopsis MASSY p. p., 1917, non Cliopsis BoAs,)
Genre très curieux, décrit sur un seul exemplaire, mais revu depuis.
Massya longecîrrata. (MASSY), Clionopsis, 1817.
Les palpes sont d’une longueur démesurée ; la « tête » large et courte.
Il y a un lobe postérieur au pied (contrairement au genre Cliopsis);
les nageoires sont longues. Dents latérales robustes, crochues ; médiane
très large et mince, denticulée, ressemblant à celle de Thliplodon roiun-
daius. L’espèce a été retrouvée dans le matériel du DANA, 1950.
Long. 3 mm. Radula 3-I-3. Crochets 16 à 20 par sac ; petits. Peut—être
un rang d’épines (mâchoire).
Ce genre sera probablement à rapprocher de Thlipiodon. Trois exem-
plaires seulement sont connus.
Branchie postérieure peut être présente ? Pied complet, mais petit.
Pénis situé plus bas que d’habitude; sacs à crochets moyens; radula
avec trois latérales simples et une médiane courte et large, denticulée,
sans cuspide. Espèce facilement reconnaissable à ses palpes démesuré-
ment longs et fîliformes. Il ne peut lui être assigné pour le moment une
place dans les familles connues.
Atlantique et Paciüque.
Famille des THLIPTODONTIDAE
Avec ou sans cônes vestibulaires. Des vésicules buccales. Bulbe buccal
très développé, contenant des dents très grandes et de formes diverses ;
de longs sacs à crochets avec des crochets longs et fins. Le pied est petit,
composé de lobes latéraux non soudés ensemble et d’un lobe médian
qui peut parfois n’être pas contigu. Le pied peut, chez quelques—uns,
se retirer dans des plis tégumentaires qui le recouvrent. Les nageoires
sont longues, triangulaires, minces et onduleuses au bord, fréquemment
asymétriques.
La plupart des larves figurées par K1=¢oHN, 1860, sont des larves de
Thliptodon, reconnaissables à leurs dents.
Cette famille contient deux genres: Thlipiodon et Thalassoplerus.
Méditerranée. Atlantique.
Gen. THLIPTODON BoAs, 1886
(Syn. : ? Trichocyclus Krxomv; Pteroceanis MEISENHEIMER, 1902;
‘? Pelagia Q. et G., 1832.)
Taille petite. Partie antérieure relativement très grosse ou même
énorme ; abdomen réduit ; le pied n’a pas de tubercule médian ; le pénis,

THLIPTODONTIDAE. -— rutrrronow 161
inerme, est pourvu d’un appareil à ventouse annexe, avec glande atte-
nante.
Il y a des vésicules buccales en forme de boyaux coudés, volumineuses.
Les dents sont de trois sortes: la médiane large; une dominante sub-
quadrangulaire-transversale avec petite cuspide du côté interne et
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Fm. 61. -— Thliptodon diaplumus.
trois dents semblables et très rapprochées entre elles, en forme de lame
de faux; ce nombre est constant. Glandes salivaires très réduites.
Cinq espèces décrites, dont deux sont synonymes entre elles.
Atlantique. Méditerranée.
1. Thliptodon diaphanus (.MEISENHEIMER), 1903 (Pleroœanis). ——
Thliplodon diaphanus Mms., 1905.
Les lobes antérieurs et le lobe postérieur du pied sont séparés, et la
ventouse semble (d’après les figures de LIEISENHEIMER) déboucher au
dehors indépendamment du pénis, et non dans sa gaine. La dent médiane
de la radula est trapézoïdale,avec petits denticules chez la larve <e·il•=m¤~r~f ;
xx

162 MoLLUsQuEs OPISTHOBRANCHES
la première latérale a une base large, sessile sur la membrane, avec un
petit crochet inféro·médian appliqué sur le côté de la médiane ; les trois
marginales ont leur base verticale ayant pour longueur la hauteur de la
plaque basale de la première; elles sont falciformes, recourbées, aiguës,
et se rabattent en dehors, dans toute leur longueur, donnant à la radula
un aspect hérissé.
Toutes les mers (chaudes et tempérées). Fréquent.
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FIG. 62. - Thliptodon diaphanus. -—- cz, organes génitaux; b, dent médiane;
c, deux dents marginales; d, un individu jeune.
2. Thliptodon rotundatus MAssY, 1917.
Plus petit que le précédent, avec le céphalothorax moins renilé; de
forme un peu ovoïde; les parties du pied non séparées; la radula de
formule semblable à celle décrite ci-dessus, mais différant par la courbe
de la première dent, dont le crochet est plus allongé et moins aigu ; par
les marginales, étroites, en forme de bâtonnets à courbure plus brusque
et à base étroite ; et par la médiane très large et courte, finement denti-
culée sur presque tout son bord postérieur.
Toutes les mers (chaudes et tempérées}.

THLIPTODONTIDAE. -·· THLIPTODON  
3. Thlîptodon gagenbaurî B0As, 1886. -— Th, allaniicus MASSY, 1917.
Pnessemble au diaphanus, mais a les lobes du pied réunis. La dent
médiane a un bord replié, sans denticulesç la première latérale, plate,
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Fm. 83. —- Thliptodon gegenbaueri. —- a, animal vu de dos ; b, dents ; c, larve; :1, une
autre larve ; e, dents d’une larve. — T. rotundatus. - f, animal vu de face et du côté
gauche; g, dents.

164 MOLLUSQUES o1>1sTH0BRANcHEs
un peu courbe, a un élargissement avant la cuspide crochue ; les margi-
nales, étroites et courbes, sont analogues à celles de rotzmdalus ; les cro-
chets, grands et robustes.
L’espèce Thlipiodon schmidti PRUVOT—FOL n’a encore été trouvée que
dans le Pacifique.
Gen. THALASSOPTERUS Kwxurmmvsxv, 1910
La larve seule connue, mais présentant parfois des signes de matu-
rité sexuelle. Petite forme en tonnelet, pourvue de trois cercles ciliaires,
du pied et de nageoires en voie de formation. Il y aurait deux paires
de cônes. Palpes grands, triangulaires. Des vésicules buccales comme chez
Thliplodon. Deux glandes de Vappareil mâle: probablement l glande
péniale et la glande de la ventouse. Les sexes sont séparés (1).
Thalassopterus zancleus KWIETNIEWSKY, 1910.
Caractères du genre. Seule espèce connue.
N. B. — La radula est identique à celle de Thliplodon gegenbauri;
j’incline à croire que la seule différence existant entre Thalassopierus
et Thlipiodon jeune, qui consiste en la possession de cônes, aurait besoin
de confirmation: il se pourrait que d’autres organes larvaires en voie
de formation aient été interprétés comme deux paires de cônes, ou encore
que des cônes existent chez Thlipiodon à cet âge, et qu’ils subissent une
régression par la suite. Une identité semblable dans la radula est, je le
répète, assez singulière pour mériter attention ; d’autant qu’elle est plus
grande, compte tenu de 1’âge, qu’entre les radulas des différentes espèces
de Thlipiodon.
Méditerranée: Messine.
1. Ou bien nous avons affaire à. un cas de protérandrie ?

HEDYLo1>s1DAE. — HEDYLors1s IG?)
ORDRE DES ACOCHLIDIACÉS
Opisthobranches de petite taille, allant de quelques millimètresà quel-
ques centimètres. Sans coquille ; sans cténidie ; sans bouclier céphalique.
Sac intestinal distinct du pied. Rhinophores présents; palpes générale-
ment présents, ou représentés par des lobes aplatis. Une radula; pas
de mâchoires; pas de plaques gésiales. Anneau nerveux situé devant le
bulbe buccal.
Toutes les mers; souvent dans les estuaires ; dans le sable grossier, dit
« sable à Amphioœus n  
Sous-onnmz : AGOCHLIDIACEA s. s.
Anus à droite ; sac viscéral s’élevant librement du pied ; radula avec
dent médiane.
Trois familles : Microhedylidae; Hedylopsidae; Acochlidiidae.
Famille des HEDYLOPSIDAE
Petite taille (4 mm.); palpes bien développés, généralement aplatis.
Pied distinct ; foie non réfléchi en arrière. Une gouttière génitale ciliée ;
pénis avec petit stylet terminal.
Gen. HEDYLOPSIS TmELE, 1931
(Syn.: Hcdyle BERGH, 1895; non GUÉNÉE; non MALMGREN.)
Animal hermaphrodite. Palpes aplatis. Pied arrondi en avant. Des
spicules. Trois espèces connues :
1. Hedylopsis spiculifera. (KOWALEWSKY), 1901 (Hedyle).
(louleur brunâtre ; spicules dans le tégument et dans les palpes ; radula
avec 38 dents.
Mer de Marmara.
1. La découverte récente d'Acoch1îdîac's à. Banyuls montre leur adaptabilité à. des
snlures t1 ès variées : .Tusqu’a1ors toutes les espèces n`avaient été rencontrées q_u’en eau
peu salée, saumâtre, ou en estuaires.

  MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
2. Hedylopsis suecica ODHNER 1937 (sp. ou var,).
Couleur blanc opaque ; parfois brunâtre en dessous ; spicules seulement
dans le manteau.
Côte Ouest de la Suède; Méditerranée: Banyuls.
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FIG. 64. - H edylopsis suecica. — a, animal vu de dos. —- Acochlidium weberi. - b, animal,
face ventrale ; c, ld., vu de côté ; d, dents ; e, une épine péniale. - A. amboinelnsis. -—
f, système nerveux central. ·—- A. tyrtowii. —-- g, animal vu de dos ; h, dents.
Gen. STRUBELLIA ODHNE12, 1937
Animal monoïque ; rhinophores et palpes digitiformes ; pied anguleux
en avant. Foie avec plis intérieurs ; longueur 20 à 30 mm. Radula avec
48 à 56 dents (1).
Strubellîa paradoxa. (Kürmaz), 1935 (Acochlidiuml.
Avec les caractères du genre.
Pacifique: Amboine.
1. En tout ?

MICROHEDYLIDAE. —- M1cR011E¤YLE 167
Famille des MICROHEDYLIDAE
Sac viscéral allongé, détaché du pied qui est beaucoup plus court en
arrière. Foie en forme de tube allongé, lisse intérieurement (en général).
Palpes labiaux développés. Taille maxima 2 mm.
Animaux monoïques ; sans canal déférent ni pénis.
Deux genres : Microhcdyle et Parhedyle.
Mer de Marmara et Méditerranée.
Gen. MICROHEDYLE l1ERTLING, 1930
Rhinophores présents. Spicules acuminés ou stellaires. Pas de spicules
dans les palpes.
1. Microhedyle glandulifera (KOWALEWSKY), 1901 (Hedyle).
Radula 34 ou 35 rangées de dents; corps blanc ou brunâtre; tête,
glandes salivaires et foie bruns.
Mer de Marmara: Mytilène; Méditerranée: Banyuls.
2. Microhedyle lactea HERTLING, 1930 (sp. ou var,).
Radula 39 à 44 rangées de dents; corps blanc hyalin; glandes sali-
vaires et foie souvent bruns.
Mer du Nord: Helgoland; Méditerranée: Banyuls.
3. Microhedyle milatschewitschii KOXVALEWSKY, 1901 (Hedylc).
Pas de rhinophores. Des spicules aciculaires dans les palpes. Couleur
blanchâtre; foie brun ou vert.
Mer Noire; Mer de Marmara; Méditerranée: Banyuls.
Gen. PARHEDYLE TmELE, 1931
Des plaques calcaires de forme irrégulière dans le tégument; foie en
tube réfléchi et en partie spiralé. Palpes digitiformes.
Mer de Marmara; Méditerranée: Banyuls.
Parhedyle tyrtowii (Kowannwsxv), 1901 (Hedylc).
Avec les caractères du genre.
Mer Noire: Sébastopol; Méditerranée: Banyuls.
Famille des ACOCHLIDIIDAE
Sac viscéral plus ou moins déprimé; foie divisé en plusieurs diverti-
cules ; pied anguleux en avant. Canal déférent fermé. Long 20 à 30 mm.
Un seul genre.

168 MoLLUsQUEs o1=·1sTHoBRANcHEs
Gen. ACOCHLIDIUM Bücxme, 1935
(Syn. : Hedyle BERGH, 1895, non GUÉNÉE ;non MALMGREN.)
Caractères de la famille.
l..Ac0chlidîum amboinensis BücK1NG, 1933 (Hedyle amboinensis STRU-
BELLJ
Pied aussi long que le sac intestinal; rhinophores et palpes d’égale
longueur. Radula 50 à 52 rangées de dents; médiane à bords lisses.
Pacifique: Amboine.
2. Acochlidium weberi (BERGH), 1895 (Hedyle).
Pied de la moitié de la longueur du sac intestinal, qui est plus large
que lui. Rhinophores plus longs que les palpes ;radula avec env. 100 ran-
gées de dents ; médiane à bords serrulés.
Pacifique: Flores, estuaire.
Sous-oRDRE : PHILINOGLOSSEA
Animaux de petite taille, 1 mm. au plus. Sac viscéral séparé du pied
par un sillon peu profond ; forme ovale allongée ; le pied est un peu plus
court que la partie dorsale, qui se termine en arrière par deux petits
lobes réfléchis en dessous. Ni mâchoires ni plaques gésiales. Anus dorsal.
Radula sans dent médiane. Un seul genre.
Famille des PHILINOGLOSSIDAE
Gen. PHILINOGLOSSA HERTLING, 1932
Très petits animaux dont la position systématique est incertaine et
qui pourraient être apparentés aux Acochlidiidae; à moins toutefois
qu’il ne s’agisse d’un cas de convergence partielle dû àl’habitat identique.
On les a trouvés, en effet, dans le sable grossier à Branchiosioma, Poly-
gordius et Microhedyle  
Diagnose établie sur la seule espèce connue :
Philinoglossa. helgolandica. HERTLING, 1932.
Taille 1,5 mm. Couleur laiteuse pointillée de blanc opaque, glandes
tégumentaires (et peut-être spicules 7). Pas de tentacules. Un peu trans-
lucide, blanc laiteux; parfois des points noirs.
Coquille nulle. Forme allongée mais très variable par les contractions
et étirements du corps, très souple. Il n’y a pas de divisions transversales
permanentes du corps, mais un repli sépare le dos de la tête quand le
corps se raccourcit. Le pied est plus court que le corps, qui est tronqué
ou bifurqué en arrière. Pas de tentacules. Yeux sessiles, peu apparents.
1. Seul habitat connujusqu’ici: Helgoland; trouvée récemment à Banyuls.

PHILINOGLOSSIDAE. - PHILINOGLOSSA 169
Un sillon entre le corps et le pied. Bouche antérieure-ventrale. Gonade
hermaphrodîte.
Les ganglions nerveux sont distincts. Les ganglions cérébroîdes, étant
reliés aux pédieux par deux connectifs, doivent être interprétés comme
des ganglions cérébro-viscéraux. Mais il y a en avant d’eux deux ganglions
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FIG· 65. —- Philinoglossa sp. —— a, animal vu de dos ;
b, animal un peu contracté ; c, anatomie ; d, dents.
de chaque côté (oculaires et olfactifs ?) et, outre des pédieux principaux,
deux ganglions à la partie antérieure du pied. Epiderme cilié.
Le foie est divisé en deuxlobes, et diffus. Trois glandes antérieures : une
glande débouchant dans le tube buccal et deux glandes salivaires. L’anus
est terminal, le pore rénal à sa droite. La glande hermaphrodite est surle '
foie et débouche à droite du corps dans le sillon séparant le dos du pied.
Il n’y a pas de mâchoires. La radula ressemble à celle des Philines
ayant plusieurs dents par rangée : la formule est 2-I-O-I-2, et la forme des
dents est comme chez Philinc.
Hclgoland. — Banyuls.

I70 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
ORDRE DES MONOSTICHOGLOSSES
PAGENsTEcHER, 1875. (Sacoglossa v. IHERING, 1876;
Ascoglossa BERGH, 1876.)
Ge groupe n’est plus guère contesté aujourd’hui. Il a été longtemps
englobé en partie dans les Nudibranches (Hermaeidae) à cause des papilles
dorsales, en partie dans les Aplysiadae (Elysia), en partie dans les Tecti-
branches (Oxynoaeidae), à cause de la coquille. Le nom donné par PAGENs-
TECHER était loin d’englober tous les Ascoglosses d’aujourd’hui.
Cfest ici que se montre la grande importance des parties buccales,
et en particulier de la radula, qui a finalement fourni le lien naturel qui
relie tant de types d’apparence si disparate, et qui a peu à peu permis de
dévoiler leur parenté réelle et naturelle. Les Ascoglosses ne sont pas déri-
vés des Aeolidiens, pas plus que ceux-ci n’en descendent, mais ils ont
chez les Tectibranches des ascendants communs.
Leurs caractères communs sont: l’absen<·e de mâchoires ; la forme de
la dent, toujours unique dans un rang, et sa conservation dans une asque ;
la conformation du tube digestif et du foie: celle du système nerveux
à ganglions peu ou pas fusionnés; celle du système génital : pénis anté-
rieur, mais canal déférent endigué, séparé du tégument. Aucune arma-
ture, si ce n’est assez fréquemment un petit tube en crochet pénial chiti-
neux creux et terminal. Rhinophores coniques ou auriculés, sanslamelles.
Jamais de cnidosacs dans les papilles. Nourriture végétale. Bulbe buccal
suceur.
Il est commode de séparer cet ordre en trois groupes, sous-ordre ou
super-familles (1):
Oœynoaeidea, bien distincts par la possession d’une coquille et d’une
cténidie.
Pcllibranchiaia, ài corps limaciforme, avec ou sans parapodies et sans
papilles dorsales (Elysiadae de PELSENEER).
Polybranchiaia, pourvus de papilles dorsales fusiformes ou aplaties-
foliacées.
TABLEAU ons annees D`EUROPE
1. Une coquille ....................... 2.
—— Pas de coquille ...................... 3.
2. Des lobes natatoires ............. (p. 173) Lobîger.
1. Les divisions, familles et genres, adoptés par THIELE, en 1931, c’est-àwdire dans le
manuel le plus récent, sont en grande partie inacceptables.

oxYN0AE1¤AE. —- oxvmoë 171
—— Pas de lobes natatoires ............ (p. 172) Oxynoë.
3. Des papilles dorsales (1) .................. 4.
-- Pas de papilles .... . .................. 5.
4. Papilles aplaties ..................... 6.
— Papilles fusiformes ou claviformes ............. 7.
5. Pas de tentacules ............. (p. 204) Limapontia.
— Des tentacules ...................... 8.
6. Dents denticulées .................... 10.
— Dents lisses ............... (p. 177) Callîphylla.
7. Anus terminal ................ (p. 196) Alderie.
—— Anus non terminal .................... ll.
8. Des parapodies ...................... 9.
— Pas de parapodies ............. (p. 206) Acteonia.
9. Pas d’ingluvie ............. ·. . . (p. 199) Elysia.
—- Une ingluvie . , . , ........... (p. 203) Thuridilla.
10. Dents très longues ............. (p. 176) Lobifera.
— Dents courtes, . _ ............ (p. 176) Polybranchîa.
11. Rhinophores auriculés . . ................ 12.
— Rhinophores simples . · ............... . . . 13.
12. Dent arrondie au bout, denticulée ...... (p. 189) Aplysiopsis.
- Dent plus ou moins pointue, lisse ........ , . . . . . 14.
13. Rhinophores cylindriques .......... (p. 182) Stiliger.
— Rhinophores avec méplat. . , ....... (p. 191) Ercolania.
14. Glande tubuleuse dans les papilles ....... (p. 185) Placide.
— Pas de glande tubuleuse dans les papilles. . . , (p. 183) Hermaea.
Genres insuiïisamment connus: Lobiancoia, Bosellia, Coslasiella. Le
genre Tridachia est exotique.
SUPERFAMILLE nes OXYNOAEIDEA
Il y a une coquille Simple et peu enroulée, sans tortillon, ne pouvant
contenir l’anirnal. Une cténidie rudimentaire. Pied indivis. Pas de sillon
cilié externe, ni osphradium (ni sac prébranchial). Les conduits génitaux
sont endigués, internes. Orifices triaules. L’ovaire et le testicule sont
des lobes distincts.
Toutes les mers.
Famille des OXYNOAEIDAE
Forme analogue à celle des Elysies; deux tentacules enroulés situés
devant les yeux. Pas de papilles, mais le tégument est bosselé ou verru-
1. Scmblables à. celles des Aeolidiens.

172 Motwsoues opxsruoeamxcnns
queux. Coquille bulliforme, mais très ouverte; en partie recouverte
par les parapodies.
Toutes les mers chaudes et tempérées, mais peu fréquente.
Gen. OXYNOÉ Barnvnsgun, 1819
(Syn. : Icarus FoRBEs, 1844; Lophccercus Knoim, 1847.)
Parapodies charnues, un peu verruqueuses ; rhinophores modérément
longs ; coquille ne formant qu’un seul tour, bulliforme, fragile, cachant
la eténidie.
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Fia. 66. —- Oxymë olivacea. —-· a, vue dorsale; b, vue ventraie ; c, dissection; d, partie
antérieure droite; e, deux dents; f, coquille, face supérieure; g, id., face inférieure.
La prostate est ramifîée dans le corps. Il y a une ingluvîe attachée
sous le bulbe buecal et une asque saillante, contenant peu de dents ;
dents conformes à la dentition des Aseoglosses, à extrémité arrondie.
Oxynoë olivacea RAFINESQUE, 1819. -—— O. sieboldi Knorm, 1847.
Coquille formant un tour; les deux bords se recouvrent un peu à la
partie supérieure, laissant un orifice supérieur et un inférieur beaucoup
plus grand, arrondi. Animal épais, robuste, pouvant atteindre quelques
centimètres de longueur, à queue longue dépassant beaucoup la coquille.
Dent denticulée latéralement.
Couleur vert olive et jaune, marbrée.
Méditerranée: rare; Banyuls; Villefranche; Sicile, Mer Égée (une ou
deux espèces exotiques n’offrant que de légères différences). Atlantique:
Iles du Cap-Vert.

Lonionmoas. —- Louisa 173
Famille des LOBIGERIDAE
Coquille plus évasée, plus ouverte. ,
Animal avec deux paires (ou parfois une paire ?) de lobes oblongs
sur les côtés du corps ; une paire ou deux paires de tentacules enroulés.
Un genre méditerranéen : Lobiger et trois genres exotiques : Diplero- °
physis (1) ; Plerygophysis; Lophoplcura.
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Fm. 67. —·- Lobiger szrradifalci. — a, animal sur une feuille de Posidonie ; b, un autre
individu ; c, coquille grossie ; d, partie antérieuie du tube digestif ; e, pénis 3 L Slandcs
annexes de Porgane génital.
Gen. LOBIGER IÃROI-IN, 1847
Coquille à petite spire latérale.
Une paire d’appendices ou lobes natatoires, caducs. Ils se rabattent
sur la coquille au repos. Pied aplati, non canaliculé. Deux vésicules
spermatiques. Une grande ingluvie. Dents à bout mousse, avec un petit
cran à Pextrémité.
1. Le genre Diplerophysis est basé sur le fait qu’i1 n’a. qu’une paire de lobes latéraux.
mais ees deux lobes étant asymétriques, on peut se demander si l’an.ima.l (unique)
n'uvaît pas perdu un lobe de chaque côté.

  MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Lobîger serradifalci (GALCARA), 1840 (Bulle). — L. philippii KROHN,
1847.
Les lobes sont ovales-allongés et peuvent se détacher. Anus à droite
du péricarde.
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FIG. 68. — Lobiger serradifalci. ——· a, dents ; b, fond del’asque ; c. tube digestif ;
d, rhînophore; e, organe génital; f, système nerveux central.
Couleur verte; les lobes sont bordés de jaune et de blanc; parfois
une ligne pourpre-cramoisi. L’ani1nal nage à l’aide de ses lobes.
Méditerranée. Dans les prairies de Posidonies. Palerme ; Messine ; Naples ;
Marseille.

POLYBRANCIIIIDAE. —— POLYBRANCHIA 175
SUPERFAMILLE ons POLYBRANCHIATA
Ils se divisent en Pclybranchidae, Hermaeidue, Sliligeridac et Alderidae.
ll est bon de maintenir ces quelques familles, bien qu’il y ait entre elles
des termes de passage et que, par conséquent, les limites soient parfois
un peu arbitraires, ainsi que cela sera indiqué à propos de certains genres.
De plus, il ne faut pas oublier que souvent la connaissance des caractères
anatomiques manque, soit qu’il s’agisse de formes trop anciennement
décrites, soit, plus souvent, que le nombre très restreint des individus,
généralement de très petite taille, n’ait pas encore permis une étude
complète. Le rein et certaines glandes annexes du système génital sont
plus ou moins, les uns ou les autres, ramifiés dans le corps, les parapodies,
les papilles ; ces ramifications ont été diversement interprétées ; le grand
spécialiste des Ascoglosses, Tnmcnssa, a plus d’une fois hésité dans ces
interprétations ; et ce n’est vraiment qu'au moyen de coupes histologiques
qu’avec de grandes difficultés on pourrait acquérir une certitude dans
chaque cas. Cela, joint à la rareté du matériel (sauf exception), doit justi-
fier les hésitations et les incertitudes.
Famille des POLYBRANCHIIDAE
Ce nom, qui est dérivé du nom de genre Polybranchia de PEASE (1),
est l’équivalent des Phyllobranchidae de BERGH et des Galliphyllidae de
TmE1.E. La famille comprend les Ascoglosses à papilles dorsales grandes,
foliacées-aplaties, généralement caduques ; rhinophores enroulés, parfois
bifides; palpes semblables aux rhinophores, ou remplacés par des lobes
aplatis au-dessus de la bouche. L'anus est (généralement ou toujours 7)
antéro-latéral.
Quatre genres, dont trois sont représentés en Méditerranée, mais
absents des côtes européennes de l’Atlantique : Calliphylla; Polybran-
chus ; Lvbifera. Il n'y a de certitude que pour le premier, qui a été décrit
tout d’abord de la Méditerranée ; les deux autres, trouvés en un seul
exemplaire dans cette mer, occupent peut-être une place provisoire.
Cette famille, que Bencn appelle Phyllobranchidae et ’l`n1Er.E Cali-
phyllidae, n’est pas très homogène, le caractère commun, papilles folia-
cées, n’étant pas de la plus grande importance. Elle se compose de quatre
genres et, de plus, de deux genres dont la place est incertaine. Cinq de
ces genres, autant qu’on peut en juger, sont représentés dans la Méditer-
ranée, dont les trois derniers ne sont pas connus ailleurs.
1. Le nom de Phyllobranchue ALDER et Himcocx était postérieur à celui de Poly-
bwmehus PEASE ; celui-ci était préemployé, suivant THIELE, que Tai cru sur parole sans
vérifier la chose; de sorte que j’avais proposé en remplacement Brarwlwphyllus, n. n·
Mais le nom de Polybranches était donné par LATREILLE à. une famille, non à un genre ,
et restait donc disponible ; en conséquence, j’e.i retiré ce nom nouveau et accepté celui
donné par Pmssm.

176 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
TABLEAU mas GENRES
Pied Palpes Rhino- Pénis : Anus Foie, dans Dents Systèr
Genres sillon . . _
transversal enroulés phores stylet situé les papilles herve
Calfphylla absent absents bifurqués présent dorsal ramifié unies sept
à, droite gangli
Lobiferu, présent, présents bifurqués présent dorsal ramiüé ou denticulées six
(= Cyerœ) net à. droite non ramiiié gangli
Phyllobran- absent présent bifurqués absent latéral ramifié denticulées
ohm ou présent
(= Poly-
phylla =
Bnmcho-
phyllum)
Bosellia présent absents simples présent latéro· P dentîculées six
évasés dorsal ramiiié gangli
dans
le corps
Lobiancoia P P ? absent latéro- ? denticulées
dorsal
· Gen. LOBIFERA PEASE, 1860
Syn. : Cyerce BERGH.
Genre connu dans le Pacifique ; une espèce de la Méditerranée (C. ihe-
ringi PELS.) lui est attribuée ; elle est insuffisamment connue (voir fig. 70 e
et le tableau ci-dessus).
Gen. POLYBRANCHIA PEASE, 1860
(Syn. : Phyllobranchus ALDER et HANCOCK, 1864; non GIARD, 1850;
« Polybranchia PEASE, 1860, non LATREILLE, 1825 » (THIELE, 1931) ;Bran-
chophyllum PRUVOT-FOL, nom. nov. 1946 (inutile, voir note, p. 175) ;Pr0c-
tonoius KELAART, p. p., non ALD. et HANC.; Hermaea DESHAYES, non
LovEN.)
Anus latéral (en forme d’entonnoir); sole pédieuse indivise; pénis
inerme, parfois papilleux; dents denticulées, courtes, robustes; deux
glandes salivaires non ramifiées ; ingluvie allongée, pédonculée ; les
papilles contiennent des lobes ramifiés du foie.
Une seule espèce méditerranéenne a été placée dans le genre Phyllo-
branchus par TRINCHESE, mais elle n’0f`fre pas tous les caractères géné-
riques justifiant ce classement:
Polybranchîa borgninii (TRINCHESE), (Phyllobranchus), 1896.
Long. 10 mm. >< 3 ; largeur du pied 6 mm. — Rhinophores grands,
bifurqués ; palpes beaucoup plus petits, simples, enroulés ; queue large,

roLY1mANcn11oAE. —— CALLIPHYLLA 177
terminée brusquement en pointe; papilles pédonculées, très larges et
aplaties, parfaitement transparentes, parsemées de points jaunâtres,
bordées de points blancs de neige; de grandeurs très différentes.
Les lobes hépatiques montent à la moitié de la hauteur des plus grandes ;
dans les plus petites, ils remplissent tout l’espace. Nombreuses cellules
à concrétions. Sur les rhinophores, des points rouges, violets, noirs.
43 dents. Les dents sont courtes, robustes, à gros denticules, donc
conformes à la diagnose du genre, mais le pénis est armé d’un court
stylet, creux, comme chez Lobifera. (L’individu, probablement unique,
était peut-être jeune.)
Méditerranée: Italie.
Gen. CALLIPHYLLA .\. Llosra, 1867 (1)
Syn. :Beccaria Tamcnnsit, 1870.
Grandes dimensions (2); très nombreuses papilles foliacées, aplaties,
avec base épaissie. Une paire de tentacules enroulés et bifurqués; pas
de palpes, mais un voile buccal élargi sur les côtés. Pied avec sillon anté-
rieur et sole indivise. Anus latéral. Pénis avec un très petit tube chiti-
neux terminal. Tous les orifices réunis sous le rhinophore droit.
Bulbe buccal avec ingluvie ; un appendice glandulaire du tube digestif
là où le foie débouche dans l’estomac. Une glande annexe du système
génital (? g. de l’albumine) est abondamment ramifiée dans tout le corps ;
une autre, compacte, est interprétée par TRINCHESE comme une prostate.
Six ganglions au collier nerveux. Dent comme chez les Elysies. Environ
une trentaine, en comptant les toutes premières, dans l’asque.
Calliphylla mediterranee. A. COSTA, 1867. —— Caliphylla lrîcolor TRIN-
cmszsa, 1879.
L’espèce de TRINCHESE ne se distinguant que par l'existence de points
rouge vif répandus dans le tégument du corps et des papilles, cette diffé-
rence ne me paraît pas suffisante pour maintenir deux espèces, vu la
variabilité de coloration que peuvent présenter les Ascoglosses ; ces points
sont probablement des glandes tégumentaires, qui peuvent être colorées
par les pigments d’algues qui servent de nourriture. De plus, (losra
signalait déjà des points rouges chez son espèce.
L’espèce est donc probablement unique, avec les caractères du genre ;
les papilles, de grandeur très inégale, sont très caduques; leur forme
est allongée et à sommet mousse, les plus petites, lancéolées, avec lobes
du foie très ramifîés jusqu'au bord; l’épaississement basal se termine
1. Il est préférable d'orthographier ce nom avec deux l.
2. 15 mm. dans 1’a1c0ol, selon TRJNCHESE. Les exemplaires africains sont beaucoup
plus grands. I2

178 Morwsguns OPISTHUBBANCHES
des deux côtés en pointe allongée et reste plus court à la partie médiane.
La dent ressemble parfaitement à celle d’Elysia viridis, mais sans la
serrulation de la crête médiane coupante. L’ingluvie attenante au bulbe
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FIG. 69. -— Caliphylla mediterranee. —« 0., animal vu de côté; b, partie antérieure vue
du dessous ; c, id., côté droit ; d, tube digestif ; e, une papille ;f, le pénis retiré ; g, style ;
h, ponte ; i, dents ; j, un rhinophore ; lc, Z, bulbe buccal.
buccal est volumineuse, couclée, et formée de deux moitiés longitudinales
séparées par un profond sillon; elle débouche au point où se trouvent
d’habitude les glandes salivaires, au Voisiange immédiat des ganglions
buccaux.
Méditerranée : Italie ; Villefranche. Atlantique : Côte africaine, Maroc;
Dakar.

rownnaxcnrxnmz. — Loammcoia 179
Gen. L0BIANC0IATR1NcmssE, 1881
De très petite taille (peut-être immature 7); deux paires de tenta-
cules; pied divisé en deux par un sillon transversal; papilles dorsales
aplaties, ne contenant pas de lobes du foie. Anus latéro-dorsal; pénis
merme. Une espèce.
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f 7n y- “
Fm, 79, .- Bosallia mimetica. - a, animal vu de dos; b, id., face ventrale; c, stylet
péninl; d, deux dents. - Lobifera ihzringi. - e, animal vu de dos. - Po lybranchua
borgninii, ··-· f, animal vu de dos ; g, partie antérieure vue du dessous ; h, stylet pénial ;
6, dents.
Lobiancoia cristallîna TmNc11EsE, 1881.
Papilles hyalines comme du cristal, avec un point rouge à leur sommet
ainsi que sur les rhinophores; pointillé blanc opaque sur les papilles,
jaune sur la bosse péricardique, et une tache orangée dans la région
de l’anus. Dents denticulées.
Méditerranée: Naples, un seul échantillon.

180 Mo1.LusQUEs oP1sTHoBRANoHEs
INCERTAE sED1s
Gen. BOSELLIA TR1NcHEsE, 1890-91
Des « orifices » semés sur la partie dorsale font penser que l’animal
décrit est incomplet, c’est-a—dire qu’il a perdu ses papilles. Bien que son
auteur le place auprès des Elysiadés, il est bien plus probable que sa
position est avec les Ascoglosses à papilles, car les vaisseaux qui s’arrêtent
aux dits orifices et les cils vibratiles qui en sortent semblent indiquer
qu’il y a eu autotomie, comme cela est si fréquent dans ce groupe ; nous
ne savons pas si ces papilles supposées perdues étaient aplaties; mais
la dent courte, robuste, avec de fortes denticulations, semble apparenter
Bosellia avec Polybranchus. Pied élargi en avant. Pas d’expansions ali-
formes du corps, qui est cordiforme ; pied large, arrondi antérieurement;
une seule paire de tentacules auriformes, fendus, évasés, non bifurqués ;
situés bien en avant des yeux, grands et noirs. Anus latéro-dorsal ; pied
avec un sillon transversal, comme chez Lobifem ; pénis armé d’un stylet
creux ; deux paires de glandes salivaires. Une seule espèce, méditerra-
néenne :
Bosellîa mimetîca Tn1Ncr1EsE, 1890-91.
Animal coloré en vert foncé par le foie ramifié qui se voit par transpa-
rence; péricarde ovale-allongé, d’où semblent partir cinq rayons rami-
fiés, blancs, et d’autres pourpre foncé, les plus gros s’arrêtant aux orifices.
Macules blanc opaque, plus serrées sur les bords. Un anneau marginal
carmin vif, aux rhinophores, et des points blancs au bord.
Radula 26 dents, comme décrites pour le genre.
Sur Halimeda tuna, à laquelle il ressemble.
Méditerranée: Italie (Naples ?).
Famille des STILIGERIDAE
Ascoglosses ayant des papilles fusiformes qui les font ressembler aux
Aeolidiens, dont ils se distinguent extérieurement par l’absence de palpes
et généralement par la forme auriculée des rhinophores. Ils ont, sauf
de très rares exceptions, le pied arrondi en avant, l’anus dorsal ou latéro-
dorsal, des lobes du foie et souvent des ramifications de glandes annexes
du système génital dans les papilles, et des dents sans denticulations;
mais il y a des exceptions à ces caractères, ce qui rend la classification
de ce groupe très malaisée.
Tnmcnnsn, l’un des meilleurs spécialistes de cet Ordre d’Opistho—
branches, a dû, pour loger les espèces qu’il découvrait, créer de nombreux
genres, plus ou moins contestés par les auteurs actuels; mais les essais
de révision et de regroupement n’ont pas été fort heureux (1); et je
1. En particulier celui de THIELE, 1931.

STILIGERIDAE 181
préfère pour le moment maintenir les genres de Tnmcuesxa, ne voyant
pas le moyen de faire mieux que lui.
Tout dépend de l’organe que l’on choisit comme le plus important:
rhinophore; dent; ramifications diverses dans les papilles; forme des
papilles; palpes (leur existence); pied (sa division transversale); anus
(sa place) ; pénis (son armature). Et si l’on a choisi un organe en premier
lieu, on s’apergoit que les caractères tirés des autres organes s’enchevêtrent
et se contredisent quant aux affinités que l’on cherche à en déduire.
Beaucoup d’espèces n’ont été vues qu’une fois ou deux et n’ont pas
été disséquées ; les glandes qui se ramifient dans les papilles ou le corps
ne sont pas toujours les mêmes: glande de l’albumine, prostate, rein
chez Aldcria (selon ELIOT) ; Tnmcmzsn a parfois varié dans son inter-
prétation de ces glandes, et ce n’est guère que sur des coupes histologiques
que l’on pourrait acquérir... peut-être... une certitude; moyen peu
pratique pour établir la systématique de ces petites espèces fort rares.
Une seule espèce est commune: « Hermaea » dcndrilica; et une autre
assez fréquente paraît-il (mais rare en Méditerranée): H. bi/ida. Elles
ont, de même que Elysia viridis, une vaste aire de dispersion.
La systématique des Sliligeridae est très embrouillée et ne pourra
rester dans l’état chaotique actuel. L’essai qui va suivre ne peut en aucune
façon prétendre à donner des solutions définitives, mais tout au moins
à préciser le problème. Une importance peut-être exagérée a été attribuée
à la forme des rhinophores ; cette forme doit être évoquée, mais
confrontée avec d’autres caractères. C’est ainsi qu’il est possible de I
maintenir le genre Aplysiopsis (= Hermaeina Tn.) qui, outre ses rhino-
phores à double plicature qui leur donne un aspect bifide, possède un
type de dents bien différent de celui des autres H ermaeidae. Par contre,
Hermaea bifida, dont les rhinophores ont également un aspect biûde,
a le même type de dents qu’Hcrmaea dendrilîca. Et cependant il y a
entre ces deux dernières espèces une différence qui peut bien être consi-
dérée comme générique. La première n’a que des lobes du foie dans les
papilles ; la seconde aen outre des ramifications d’une glande du système
génital (probablement de celle de l’albumine). Or, H. bifîda a un syno-
nyme : Physopneumon carneum A. COSTA; et ce nom de Physopneumon
est maintenu par THIELE, comme genre peut-être distinct de Hermaea;
mais cet auteur n’a pas fait le rapprochement avec H. bifida, qui est
l’espèce désignée par L0vEN comme type de Hermaea. Il n’est donc pas
possible de garder Ph. bifidum et H. dendrilica; et si les genres sont
distincts, c’est cette dernière qui doit changer de nom.
Ici intervient une autre question : celle de la validité du genre Placida
Tn1NcuEsE. Placide viridis est extrêmement proche de H. dendrilica;
seule la forme des lobes du foie dans les papilles étant invoquée par Tam-
cuEsE pour séparer ces deux genres: forme ramifiée chez l’une, forme
simplement tordue-fusiforme chez l'autre. Il me paraît donc tout indiqué

182 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
de transporter dans le genre Placida (avec glande du système génital
dans les papilles) toutes les Hermaea qui présentent ce caractère (et autant
que nous le savons, elles le présentent toutes, sauf bifida ?). Cela fait
certes un changement considérable que l’on peut juger regrettable;
mais c'est tout au moins conforme aux lois... et aussi à la logique. La
forme plus simple des lobes du foie dans les papilles était par contre
un caractère générique bien faible.
Subfam. STILIGERINAE
Limaciformes ; dos non élargi. Rhinophores cylindro-coniques ou
avec une zone externe aplatie et fréquemment incolore; papilles fusi-
formes renflées. Pied non divisé par un sillon. Généralement un stylet
pénial. Dent simple, non denticulée ni serrulée.
Gen. STILIGER EHRENRERG, 1831
(Syn.: Calliopaea d’ORE., 1837; Custiphorus DESHAYES; Embletonia
MEYER et Mônws non Annan et Hamcocx.)
Caractères de la famille; rhinophores simples, cylindro·coniques;
papilles contenant des lobes du foie ramifiés. Leur forme est renflée
près du sommet, qui est pointu, mais varie selon l’état de contraction.
Anus antérieur, un peu à droite. Foie ramifié dans les papilles, qui con-
tiennent une autre glande (?). Pénis armé d’un stylet chitineux creux.
Glande multilobée (prostate). Glande du mucus compacte, celle de l’albu—
mine allongée, recourbée, non ramifîée. Dents en forme de sabot ; elles
sont peu nombreuses. La forme des dents est la même que chez Erro-
lania qui est un genre très voisin ; du moins (en partie).
Type : S. ornaius ERR.
1. Stîliger vesiculosus (DESRAYES) (Cusiiphorus), 1864. —— ‘? Calliopaea
ornaia D’ORB1GNY, 1837. — Emblelonia mariac MEYER et Môn., 1865.
Il est probable qu’il ne s’agit que d’une seule espèce, bien que la colo-
ration varie, ainsi que le nombre des papilles, dans de fortes proportions.
Les variations de coloration avaient déjà été notées par MEYER et MGBIUS.
Ces auteurs avaient trouvé 9 grandes papilles de chaque côté du dos,
tandis que BERGH trouve chez deux individus, provenant également de
la Mer du Nord, 16 à 20 papilles de chaque côté, vaguement disposées en
quatre groupes, les externes étant beaucoup plus petites que les internes.
Il identifie cependant (1)ses deux individus avec l'espèce de MEYER
et Mônius, qui ne diffère peut-être pas de celle de n’ORR1GNY, qui
aurait priorité si cela était certain.
Les individus décrits n’atteignent pas un centimètre de long (5 à 6 mm.
1. Mais peut-être à· tort.

srxticxznxnaa. - uaamam 183
selon Bizncu; 7 selon Emor; 12 selon Baacu, ailleurs). Les papilles,
relativement grandes, en ont 2 % maximum. Le stylet pénial est recourbé,
très long et très fin. Le tégument est incolore et translucide, laissant
voir le tube digestif vert ou brunâtre ; il est pointillé de blanc ; variable
selon les individus ; deux stries plus sombres.
REMARQUES. - Selon Emor, la synonymie de Stiliger et de Calliopaea
est probable, mais incertaine.
Il remarque, de plus, que si Embleionia marine M. et M. et Calliopaea,
bellula ¤’ORB. sont synonymes, c’est le nom de S. bellulus qui a priorité
et mariae est inutile. Quant à la description de Calliopaea ¤’OnB. par
SOULEYET (BONITE, 1850), elle ne fournit que des caractères génériques.
Selon ELIOT, toujours : taille 7 mm. Radula 5 dents dans la partie mon-
tante, 12 dans la descendante, conformes au dessin de BERGH. Couleur
grisâtre, marques brunes ou olivâtres, rhinophores blancs.
Jusqu’ici seule la forme des rhinophores sert de lien à la sous-famille
des Sliligerinae, dont les caractères internes sont insuffisamment connus.
Atlantique: Irlande; Kiel. France: Brest. Adriatique: Trieste. Méditer-
ranée: Catalogne espagnole.
2. Stiliger niger LEMCHE, 1935.
Long. 7 à 8 mm. Forme grêle. Rhinophores longs, minces, un peu aplatis
à la base ; reliés aux angles de la tête par une légère crête. Yeux dans une
aire blanchâtre. Les premiers rangs de papilles à quelque distance en
arrière ; ils contiennent 3 papilles, puis deux, puis une seule de chaque
côté. Il y en a généralement 10 (rangs} en tout; papilles piriformes;
caduques; serrées. Milieu du dos nu.
Radula 9 dents arrondies au sommet à base indistincte ; sans denti-
culations ; et dents de l’asque en plus.
Couleur: noir verdâtre, tête et pied plus clairs ; pointillé de blanc.
Les rhinophores le repprochent des Ercnlania.
Danemark.
Subfam. HERMAEINAE
Rhinophores enroulés, auriculés.
Gen. HERMAEA LOVÉN, 1841
(Syn.:D0ris p.p. NIONTAGU, 1816; Physopneumon A. Cosra, 1864.)
Le type désigné est Doris bifîda ÃIONTAGU, dont les caractères doivent
être attribués au genre. Corps translucide; rhinophores bifurqués au
bout et enroulés; papilles à surface bosselée, contenant un lobe du foie

184 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
ramifié, mais pas de ramifications de glande annexe génitale. Pied arrondi
en avant, entier.
Si, faute de connaître l’anatomie de Hermaea venosa LovÉN, on prend
pour type du genre H. dendriiica, mieux connu (1), l’espèce de l`lONTAGU,
Doris bifida, diffère dudit type sur plus d’un point. Cette espèce est le
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FIG. 71. — Hermaea bifida. —· a, animal vu de dos; b, rhinophore; 0, dents; d, une
papille. —- H . (Placida) dendritica. — e, animal vu de dos ; f, tête en dessous ; g, partîè
antérieure du corps ; h, stylet pénial; i, dents et asque; j, une papîlle; Is, ponte et
détail.
type d’un genre appelé par A. COSTA Physopneumon, et qui mérite d’être
maintenu séparé, mais sous le nom d’Hermaea.
La forme des rhinophores est autre et a fait donner à l’espèce type le
nom de bifida ; il n’y a pas de coupure, mais le bord, comme chez Aply—
siopsis, s’enroule de manière à former un angle rentrant ; les papilles
1. Et probablement synonyme.

srxnxcunrnaa. — PLACIDA 185
sont élargies dans leur moitié supérieure, un peu aplaties et bosselées.
Ces bosselures peuvent être faibles et multiples, comme les figurent
Amen et HANcoc1<, ou, ainsi que les représente Cosra un peu schéma-
tiquement, en forme d’expansion unique importante.
Selon THIELE, 1931, les papilles sont foliacées; le rein peu ramifié
est sous le péricarde ; son orifice ainsi que l’anus sont antéro—dorsaux;
le pénis est inerme, avec prostate ovale ; les orifices femelles sont réunis ;
il y a deux vésicules séminales en rapport avec le vagin ; la glande du
mucus est massive, celle de l’albumine lobée, ramifiée dans le corps, mais
ne pénètre pas dans les papilles, qui ne contiennent que des lobes du
foie. (Selon Gosra, elles n’en contiendraient pas.) Il est bien regrettable
que l’on ne puisse savoir quel est l’animal que TmELE avait en vue, et
au sujet duquel il dit : « Quelques espèces dans la Méditerranée. » Il pré-
sente ? Placida et? Lobiancoia, qui en diffère nettement, comme des
sections du genre Physopneumon.
Malgré les différences entre les figures de (10sTA et de ALDER et HAN-
cocx, je pense qu’ils ont vu le même animal, qu’il n’y a qu’une espèce
dans ce genre, et que le mieux est de la décrire d’après les auteurs anglais.
Hermaea. bifida (MONTAGU) (Doris), 1816. — Trilonia bifida JouNs1·oN ;
Hcrmaea bifida L0vÉN ; ALDER et HANCOCK et auctt. ; Physopneamon
carneum A. Cosra, 1862 (1864) ; ? Hermaea cruciala Aoassxz (1).
Forme longue, grêle ; pied étroit, légèrement bilobé en avant. Atteint
et dépasse 20 mm. avec deux à trois papilles de chaque côté, en 9 à
10 rangs ; corps d’une transparence cristalline ; à peine teinté de rose
ou jaune;tache carminée sur la tête et les rhinophores. Foie rouge,
très ramifié dans les papilles, et visible dans le corps, en deux longues
lignes; pointillé blanc. Papilles bosselées ne contenant pas de glande
de l’albumine. Dent analogue à celle de Hermaea dendrilica. Anus devant
le péricarde.
Gen. PLACIDA Tnmcnnsn, 1876 (2)
(Syn. : Hermaea LovÉN, p. p. ; Laura TmNcHEsE, 1873 (nom. nud.) ;
non LACAZE DUTHIERS.)
Dos élargi, séparé du pied par un sillon; rhinophores auriculés; ni
palpes ni voile buccal bien marqué; anus dorsal devant le péricarde;
nombreuses papilles fusiformes, serrées, caduques. Elles contiennent
un lobe du foie ramifié et une glande tubuleuse incolore (probablement
1. Cette synonymie est corroborée par celle de A. M. NORMAN, 1890.
2. Le genre Placida TRJJICHESE ne dîfférait du genre Hermaea, dont le type était pour
lui H. dendritica, que par le fait que les lobes du foie dans les papilles n’éta.ient pas rami-
fiés. Mais le type du genre Hermaeu. étant H. biûda, qui oüre plus de différences, Placida
pîgàiêmplacer Hermaea pour les espèces ayant la glande tubuleuse pénétrant dans les

186 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
des ramifications de la glande de l’albumine). Le pénis avec stylet est
sous le rhinophore droit, et distant des orifices femelles. Le pied n’est
pas divisé en deux parties par un sillon transversal. Des ramifications
du foie pénètrent dans les rhinophores et dans le tégument du tube anal.
Il y a un petit stylet creux à l’extrémité du pénis.
Le genre peut être subdivisé en deux sections :
10 Type dendrilica (Hermaca dendriiica ÀLDER et HANCOCK), avec
le foie ramifié dans les papilles et la dent formant un angle dorsal sur
le profil.
20 Type viridis (Placida viridis TRINCHESE>, avec les lobes du foie
non ramifiés dans les papilles et la dent à profil dorsal arrondi.
Dans les deux sections ci-dessus ont été créées des espèces caractérisées
par la forme très courte des rhinophores ; ces organes, qui ont été utilisés
dans les diagnoses de genres et de familles, sont sujets à des accidents
et à des mutilations (par des espèces carnivores), et il est nécessaire de
tenir compte de ce fait; de plus, ils sont sujets a des variations indivi-
duelles, qui peuvent induire en erreur; c’est ainsi que j’ai rencontré
ensemble deux individus de dendriiica en tous points normaux, mais
qui avaient des rhinophores cylindro-coniques de Sliligcr; s’agissait-il
d’une mutation dans une ponte ?
1. Placida. dendrîtica (ÀLDER et HANCOCKl (Hermaea), 1855. — Hermaea
brevicornis A. Cosrx, 1876 ; Hermaea orbicularis A. COSTA, 1866 ; Hermaea
luiescens A. Gosra, 1866; ? Hermaec venosa LovÉN, 1841.
Le corps est élargi, presque discoïde à la hauteur du péricarde et séparé
du pied par un sillon, mais cette conformation n’est pas très apparente
à cause des nombreuses papilles qui la masquent dorsalement. Les papilles
sont fusiformes, unies; le tégument incolore ou légèrement verdâtre
laisse voir les conduits hépatiques et ses ramifications, verts, dans le
corps, les papilles, les rhinophores et le tube anal ; il y a des points blanc
opaque un peu partout, et parfois un liseré et des taches pourpre—noir.
Ce pigment, qui ne paraît pas exister chez les échantillons dessinés par
HANCOCK, était très abondant chez certains de mes échantillons méditer-
ranéens (de Monaco), mais pas toujours chez ceux de Banyuls.
Cette espèce est abondante en Méditerranée sur les Codiums; du moins
les petits échantillons, tandis que les grands sont rares.
INCERTAE snms
Je place dubitativement parmi les synonymes de P. dendritica, Hermaea
venosa Lovén, insuilisamment caractérisée pour être identifiée avec certitude ;
sinon le nom donné par LovÉN aurait la priorité sur celui des auteurs anglais.
Voici la diagnose de Loviârx :
Hermaea. « Corps grêle, mou; allongé; tentacules auriculés, canaliculés
du côté externe; papilles latérales; voile étroit, prolongé de chaque côté
en un petit lobe; sole pédieuse élargie en avant, étroite en arrière, anus
sublatéral ; pore génital à droite et antérieur. »

STILIGERXDAE. —— PLACIDA 187
H. venosa. Grêle, papilles styliformes, disposées en 7 à 8 séries, de trois
ou de quatre ; conduit (hépatique) épais, variqueux; tentacules larges, auri-
culés, à sommet rétréci et tronqué, obtus ; sole pédieuse arrondie en avant,
élargie ; quatre lignes de ponctuations blanches ; canaux sombres. (Sans
figures).
Habitat: parmi les algues; rare. Côtes de Scandinavie.
2. Placide viridis Ta1NcuEsE, 1873 (Laura). —·- P. brevirhina Tam-
CHESE (1).
Les couleurs sont identiques à celles de « Hermaea » dendrilica ; l’epèce
cependant se distingue facilement, si on retourne l’individu, à deuxlignes
sombres longitudinales sous le pied; ces mêmes lignes se retrouvent
chez l’autro espèce (lardyi). Le foie vert foncé est ramifié comme chez
H. dendrilica dans le tégument, dans les rhinophores ; il y a des points
blancs et du pigment pourpre noirâtre, qui forme chez viridis une tache
au sommet de chaque papille, est une bordure aux rhinophores; res
taches, selon TRINCHESE, feraient défaut chez P. brevirhina (qui est
peut—être un stade plus jeune: le pigment noir se développe souvent
plus tardivement). 19 à 27 dents lisses. Foie dans les papilles non ramifié.
Méditerranée: Gênes; Banyuls. Rare.
3. Placide. tardyi TRINCHESE, 1876.
Faute d’un texte dans ce volume de TRINCIIESE, on ne peut décrire
cette espèce qu’au moyen de la Planche XIX (2), sur laquelle la couleur
de lardyi diffère bien nettement de celle de la précédente ; ces espèces
sont trop rares pour que l’on sache s’il existe des coloris intermédiaires.
Celle-ci a les lobes du foie jaune-verdâtre pâle; le pigment violet-noir
sur le corps est plus abondant; les taches sur les papilles et les rhino-
phores sont carminées, et il y a une tache de la même couleur sur la droite,
autour des orifices génitaux femelles.
La dent est inconnue. Peut-être synonyme de la précédente.
Méditerranée: Gênes.
REMARQUE. ——— Un Ascoglosse d’Australie, H. aoieana, a été décrit
par PowELL, 1937, avec la forme et la coloration de H. dcndrilica ; mais
on voit sur la figure que l’anus est derrière le péricarde et non devant ;
cela paraît avoir quelque importance.
4. Placide. cremoniana TRINCHESE, 1893 (Hermaea).
Cette espèce est caractérisée par sa couleur. Les papilles sont ellip-
tiques sur la coupe longitudinale et circulaires sur la coupe transversale,
et contiennent un lobe du foie ramifié et verdâtre clair, et des ramifications
de la glande de l’albumine (?). 26 dents pointues. Deux lobes encadrent
la bouche.
1. Qui aurait peut-être priorité.
2. Aeolididae". del Golfo di Genoa.

188 Monwsgoss opxswnoemncuns
Longueur 4 à 6 mm, ; larg. 2 mm. La couleur générale est rouge brique
sur le corps, le pied ; les aires contenant les yeux sont longues, claires.
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1716. 72. -—- Plaeidarwemoniana. —— az. animal vu de dos ; b, partie antérieure, dessous ;
c, deux dents. -— P. viridis. -— d, une papille ; e, dents ; f, partie antérieure, dessous ;
g, stylet pénial ; h, ponte. —— P. tardyi. —— i, animal, vu de dos. — Styligcr niger. -—
gi, animal vu de dos ; k, dents. -— S. mariae. -— Z, animal vu du côté droit. —- S'. bellulus.
-· ·m,, animal Vu de dos ; ·n, dents.

srimcnmnan. — APLYSIOPSIS 189
La tête, les rhino hores, le sac éricardi ue, une artie du dos en arrière
_ P LI P
du péricarde et le sommet des papilles sont brun foncé, presque noir.
Le tube anal, noir, avec un point blanc. Bord des rhinophores avec ligne
blanche. Rhinophores et bord externe de la queue tachetés de brun.
îirouvée (une seule fois P) sur un Caullcrpa. (N’a pas été revue depuis.)
Mediterranée : Naples.
  z  ‘ii,  î ~  » /  
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¢‘Ég·:#É”§¤p€~" â    ¢     \   )
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ar   aa ` ' za  C   
I  
Xe f   » r  
/u 6.
al.
M
il ll
ai -   ./i
F10. 73. - Aplysiopnis elegans. -— a, partie antérieure du corps ; b. id., deSSO\1S â 6, 11110
pupille ; d. dents ; e, ponte. — Hermaeopsis variopictu. —- f, animal vu de clos ; g, côté
droit du même ; h, tête ; i, une papîlle ; J. dents- _
Gen. APLYSIOPSIS DEsnAYEs, 1835 à 53 (Manuel) (1)
(Syn. : Hermaeina Tnmcunssz, 1873.)
Les rhinophores sont larges et sont repliés d’une façon caractéristique :
le bord antérieur replié, plus court que le postérieur, fait avec celui-ci,
qui s’enroule indépendamment, un angle presque droit.
1. Ce nom a. été redonné plus tard par BERGH à un Aplysîadé, qui d’ailleu1·s n’a.ura.
peut-être pas été un genre viable.

190 MOLLUSQUES orisrnonnimcnes
. Le pied a un sillon antérieur très marqué; l’anus est antéro-dorsal,
sur une papille qui s’incline en arrière sur le péricarde.
La dent a une base tout à fait courte, comme une plaquette ; la partie
dorsale est sillonnée à la base ; le bout est très arrondi, et la partie tran-
chante médiane qui s’engage dans le sillon de la dent suivante, est nette-
ment et finement denticulée. Bien que cette dent soit encore une dent
« ascoglosse », elle diffère de toutes les autres. La radula est longue et fait
deux tours dans l’asque.
Méditerranée: Gênes; Banyuls; rare. (La provenance de Féchantillon
de Desiuves n’est pas connue.)
Aplysiopsîs elegans DesHAYes, 1835 à 53. —- Hermaeina maculaia,
Tamcnese, 1873.
Long. 10 à 15 mm. Jaunâtre, avec taches vert foncé de forme irré-
gulière ; une grande tache sur la tête, s’étend sur les rhinophores, et en
arrière jusqu'à la base du tube anal, qui est devant le péricarde. Pied
vert foncé en dessous, avec une bordure jaune; rhinophores et lèvres
bordés d’une ligne jaune pointillée de blanc.
Le foie dans les papilles est vert foncé; près du sommet, un anneau
rouge cerise, et superficiellement deux ou trois lignes pourpre très foncé ;
ces lignes sont droites et parallèles ou se coupent à angle aigu, ce qui est
un mode d’ornementation inusité et très frappant. Ce sont ces lignes
qui permettent d’afïirmer que la très petite figure en couleurs de Des-
Hiwes dans son manuel représente bien la même espèce qu’a décrite et
figurée, avec beaucoup plus de détails et de renseignements, Temcnese ;
cependant les noms donnés par Desmwes ont priorité.
Méditerranée: Gênes; Banyuls (un seul échantillon). Une autre espèce
de ce genre, avec une dent semblable, a été trouvée au Maroc tout récemment.
Gen. HERMAEOPSIS A. Cos*rA, 1869 lAnnuario V)
(Syn. :Hermaea p. p. Hesse ;Erc0lania p. p. Vmrssrene.)
Corps allongé; queue effilée; un voile buccal bilobé, élargi sur les
côtés. Hhinophores enroulés, efïilés au bout ; papilles grandes, fusiformes,
un peu aplaties, mais non foliacées ; anus sur le côté droit, près des orifices
génitaux. Cosm, en instituant ce genre, dit qu’il diffère d’Hermaca
par le voile buccal et par la position latérale de l’anus ; il diffère, d’autre
part, de Ercolania par ses tentacules auriculés bien enroulés; ils sont
larges au milieu et rétrécis au bout. L’un des bords recouvre l’autre.
Seule espèce :
Hermaeopsis variopicta A. Cosrix, 1865 (1869). — Hcrmaca polychrome
Hesse, 1873 ; « Ercolania panceri » Vavssieae, non Tnmcuese (juven).
Description d’après COSTA : « Couleur générale du corps pourpre clair ;
du bord antérieur de la tête part une ligne pourpre foncé, qui s’arrête

sr1x.1o1m1o.us. —— Eacotmm 191
sur le cou, un peu en avant du point où commencent les branchies. Ladito
ligne est llanquée de deux autres lignes orangées, une de chaque côté,
un peu plus étroites, qui se rejoignent postérieurement en entourant la
ligne pourpre. Plus extérieurement que la ligne orange, il y a deux lignes
blanches, une de chaque côté, qui partent de chaque tentacule et s’arrêtent
un peu avant celle-là. Au milieu de celles-ci sont les yeux... » Le dos du
tronc est pourpre clair avec deux lignes orangées, et les canaux extérieure-
ment ramifiés plus obscurs... L’espace occupé par le cœur se distingue
par sa blancheur. Sur chaque flanc est une ligne orangée qui, partant des
côtés de la tête, passe sous les rhinophores et court inférieurement à
l’origine des plus petites branchies et se termine près du commencement
de la queue. Le pied a un peu d’orange sur les côtés de la partie antérieure,
et sur le reste présente une délicate bordure de pigment argent. Les
rhinophores sont longs comme 1/3 du corps entier; de couleur pourpre
foncé ; les branchies sont pourpre clair, flanqué de deux lignes de pigment
argenté". extrémité rouge cinabre. Longueur 20 mm.
Bien que le seul exemplaire que j’ai vu, et qui a perdu ses papilles
aussitôt pêché, n’ait pas montré une aussi grande complication de coloris,
je ne doute pas que ce soit la même espèce ; de même aussi que la poly-
chromo de HEssE (et l’Erc0lania panceri de VAYSSIÈRE (un individu
jëuîïül, qui ¤’eSt pas celle de Tnmcmzsn). On trouve la dent représentée
par VAYSSIÈREI base courte, lame droite, effilée au bout avec rainure
dorsale ; non denticulée.
Méditerranée: Naples, Marseille, Banyuls : rare. Atlantique: Brest, et
1 exemplaire, Côte du Maroc.
Gen. ERCOLANIA Tamcassa, 1872
(Syn.: Embleionia p. p. A. Cosm, 1866, non ALDER et Hawcocx.)
(le genre est placé en synonymie de Sliliger par divers auteurs; je
trouve préférable de le maintenir en attendant une meilleure connais-
sance des caractères internes sur lesquels peuvent être appuyés ces genres.
Outre la forme des rhinophores, qui sont ici très grands, simples, larges
à la base et eiïilés au bout avec une partie plane et incolore du côté externe,
les Ercolanîa ont généralement une marque blanche allongée sur le dos,
qui indique l’emplacement du rein et du péricarde. De plus, ils ont les
orifices génitaux groupés sous le rhinophore droit et un peu en arrière
de lui, et l’anus antéro·dorsal. Les papilles sont nombreuses, fusiformes,
renilées, mais moins renilées que chez Sliliger. Il n’y a pas de prolonge-
ment de la glande de l’albumine dans les papilles. Le rein etle péricarde
sont très allongés et visibles par suite de leur coloration claire, jusqu’à
la base de la queue ; lobes du foie ramifiés dans les papilles. Des glandes
lobées aux côtés du bulbe buccal, outre les glandes salivaires près de
l’œsophage, et un appendice œsophagien. Une glande (ramifiée) inter-

I92 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
prétée comme prostate. Le pénis avec tube chitineux terminal ; la glande
hermaphrodite à très nombreux follicules, arrondis, dans tout le corps.
Trois orifices sur le flanc droit antérieur ; pénis sous le rhinophore, puis
orifices féminins à la suite ; séparés. Il y a une sperxnatothèque et une
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FIG. 74. -—- Styliger bellulus. —— a, animal vu de dos. -— Ercolcmùz, viridis. -— b, animal
vu de dos ; c, partie antérieure, dessous ; d, stylet pénial ; e, deux dents. — E. panceri.
··- f, partie antérieure, côté droit; g, anatomie de la partie antérieure; h, une partie
du tube digestif ; ri, sytlet pénial ; i, deux dents ; k, une glande buccale ; l, une papille.
vésicule copulatrice ; glande de l’albumine ramifiée, mais seulement
dans le corps.
Dent un peu arrondie au bout, analogue à celle de Limaponiia (forme
de sabot) ; du moins chez le type, mais parfois pointue comme chez les
Elysies. Six ganglions au collier nerveux.

STILIGERIDAE. — ERcoL.xN1A 193
Quatre ou cinq espèces ont été nommées, mais la couleur est si variable
qu’elles seront vraisemblablement réduites à deux au plus. Cependant,
afin d’éviter de créer encore des genres pour des exemplaires uniques,
j’ai placé sous ce nom générique deux nouvelles espèces, qui ne sont
certainement pas synonymes, mais qui ne concordent pas sur tous les
points avec les Ercolania selon TRINCHESE : elles diffèrent par la forme
de la dent.
Ercolania vîridis A. Cosra, 1866 (Emblelonia). — E. funera A. CosT.·x,
1867 (Emblefonia); E. nigrovillala .\. Cosra, 1866 (Embleionia).
Plus connue sous le nom de Ercolania funerea, dont E. viridis serait
le jeune, selon VAYSSIÈRE ; le nom de viridis précédant l’autre doit être
préféré selon les lois de nomenclature. Cette espèce a été revue par VAYs-
siàmz en grand nombre ; par GuÉNoT et par moi-même, mais en un très
petit nombre d’exemplaires. Les papilles sont noirâtres ou gris foncé
un peu violacé ; le sommet est blanc, mais porte parfois un anneau brun
ou carmin subterminal ;les rhinophores ont une strie de la même couleur
sur le devant et une partie plane blanche se prolongeant sur la tête et
contenant les yeux. Une longue ligne blanche dorsale, plus large devant,
se rétrécit vers la queue et ne se prolonge pas jusqu’au bout, où il y a
encore une strie rougeâtre. Pointillé blanc superficiel. Longueur : 16 mm.
` Les dents, en forme de sabot, très arrondies au bout, ressemblent à
celles de Limaponiia. Elles sont relativement grandes et peu nombreuses.
Il y a un stylet pénial un peu courbe. Deux glandes en grappes aux côtés
du bulbe.
La ponte, cylindrique, fait près de deux tours et contient un grand nombre
d'œufs (env. 6.000).
Le type de ce genre est E. siollii qui est probablement le même que
E. pancerii T1uNcuEsE, 1879, non VAYSSIÈRE, 1885.
La synonymie est dilïicile à établir avec certitude. TR1NcnEsE a créé
trois espèces : E. panceri, E. siallii et E. uziellii; mais les différences ne
peuvent être déduites clairement de ses planches, et le Tome I (1) ne
comporte pas de texte. Je considère les trois espèces comme des synonymes
ou des variétés de coloration, dont les colorations seront sommairement
décrites ci-après.
E. pancerii Tnmcrmsiz. — Corps et papilles violet·lilas avec gros points
superficiels blancs ; sur le dos une longue strie blanche surmontée d’une autre
plus étroite brunâtre. Rhinophores et sommet des papilles carmin foncé.
Lobes du foie ramiliés dans les papilles: vert olive ou bronze (un rameau
s’étend de chaque côté jusqu’à l’intérieur du voile entre les rhinophores.)
E. uziellii TRINCIIESE (var. ou sp.). ——— Il n'y a pas de teinte carmin sur
les rhinophores et le sommet des papilles.
1. Des Aeolidiens du Golfe de Gênes. N

194 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
E. siottii Tnmcnnsxa (var. ou sp,). — La teinte violacée très faible laisse
les papilles plus transparentes, de sorte que les lobes du foie sont très vis1bles ;
les rh1n0ph0res sont presque incolores.
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Flu. 75. —- Ercolzmia siottii. — zz, une dent. -—- E. trinchesii. —- b, partie antérieure, côté
gauche ; c, un individu très jeune ; d, dents. -— E. costai. — e, animal vu de dos (les
plus grandes papilles de gauche manquent); f, deux dents (àl côté, deux dents d‘un
Aeolidien à· la même échelle). - Costasiella virescens. ·—- g, animal vu de dos ; h. tête
de face. -— Espèce innomminée (Herwuzeidae ?). —- i, animal Vu du côté droit; j, tête
du dessus ; lc, tête de face ; l, une papille ; m, le pied vu en dessous.
Seule la radula de cette dernière variété est représentée dans l’0uvrage
de Tnmcnnss ; elle diffère de celle représentée par VAYSSIÈRE sous le nom,
que je crois erroné, de E. pancerii.

srvticnnxnm. -— ERCOLANIA 195 .
Non seulement ces trois espèces me paraissent être de simples variétés
de coloration, mais je les crois en outre synonymes de Ercolania viridis
ct funerea (C0s·rA). A l'état jeune, le foie vert est plus visible dans les
papilles; plus tard un pigment superficiel gris ou violacé, ou noirâtre
dans le tégument, change la couleur ;enfin, dans la variété panceri s’ajoute
une coloration rouge sur le devant des rhinophorcs, sur la queue et sous
le sommet des papilles; cette coloration est représentée comme carmin
par Tamcmzss: ; L. Cuânor l’appelle rouge brun. Mais afin de justifier
la synonymie proposée, je crois utile de citer cet auteur ; les échantillons
qu’il a vus sont beaucoup plus petits que ceux de VAYSSIÈRE, mais ont
cependant pondu.
a Un exemplaire... correspond bien à la figure non coloriée de V.¤.Ys-
sxiznn et de TRINCHESE (E. siofli), ...mais il s’en écarte par divers carac-
tères de coloration. Au lieu d’une tache carminée au sommet des cerata,
ceux—ci ont un sommet blanc. La face interne latérale de chaque rhino-
phore présente une longue tache à peu près triangulaire, brune... La
radula est parfaitement conforme... » (Le nombre des dents est un peu
moindre, ce qui s’explique par la taille plus petite.) « Retrouve une Erco-
lania; coloration un peu différente de la précédente. Il y a une zone
rouge ou des reflets rouge·brun sous le sommet des cerata et une strie
brun·rouge qui termine le pied en dessus. »   « Trouvé trois autres
Ercolania ; il y a des variations notables de teinte ; un trait très constant,
c’est la zone brune des rhinophores; elle peut être d’un brun presque
carminé... »
La note manuscrite citée est accompagnée de deux croquis; ils mon- .
trent la zone externe des rhinophorcs blanche et sur le corps une bande
dorsale blanche qui va en s’atténuant et atteint presque la base des der-
nières papilles ; celles-ci sont fusiformes, et il y en a une dizaine environ
dans la série des plus grandes (internes).
Si l’on compare les dessins de VAYSSIÈRE, de (lUÉNo·r et ceux de Cosra
à ceux de TRINCHESE, il ressort de la comparaison que ce dernier auteur
a représenté les couleurs trop vives et les rhinophorcs trop grands rela-
tivement ; mais que rien d’essentiel ne s’oppose à la réunion de ces espèces
en une seule (radula conforme).
Par contre, si j’ai dû créer dans ce genre une nouvelle espèce, il faut
noter que ce n’est pas seulement à cause de son coloris très différent,
mais aussi de sa radula, non conforme ;je n’ai pas jugé nécessaire malgré
cette différence d’en faire le type d’un nouveau genre.
1. Ercolania. trinchesii Pnuvor-Fox., 19.31.
Avec les caractères externes du genre : couleur générale jaune d’or;
rhinophorcs avec une aire triangulaire blanche, prolongée en forme de V
sur la tête, et dans laquelle se trouve l’œil ; la partie interne noire. Sur
le dos et sur les côtés, des stries longitudinales noires et une strie blanche.

196 MOLLUSQUES oP1sTnoBRANcHEs
Le pigment noir est brun chez les petits exemplaires.
Les papilles de la série interne sont très grandes, les plus externes très
petites. Toutes sont jaune d’or Ex la base, devenant un peu plus foncées,
orangées plus haut. Vers le milieu, la couleur jaune est complètement
masquée, jusqu’en haut, par du pigment brun-noir. La ligne de démar-
cation est presque nettement circulaire, et le haut de la papille est entière-
ment opaque, tandis que dans le bas le lobe du foie, qui n’est pas trés
foncé, peut être deviné à travers le tégument. Anus dorsal; orifices
génitaux à droite.
Les dents de la radula sont pointues, plutôt courtes, et ressemblent à
celles de Placida viridis.
2. Ercolania costai PRUVOT-Fois, 1951.
Très petite espèce a nombreuses papilles très caduques, dont la forme
rappelle celle d’une ampoule électrique: elles s’évasent à partir de la
base et se terminent par un petit mucron.
La couleur est presque uniformément verdâtre, mais avec un reflet
bleuté-glauque répandu sur toutes les papilles, dû a un fin pointillé blanc,
et ne formant pas comme chez E. cœrulea des taches localisées. Si les
deux formes sont synonymes, rien ne permet de l’afiirmer, la forme des
papilles paraît différer, et chez E. cosiai le caractère le plus marquant
consiste en la forme et la grosseur des dents (type « sabot ») qui, chez
un si petit animal, sont relativement énormes, et en petit nombre. Rami-
fications du foie dans les rhinophores et le voile buccal. Très grande
papille anale devant le péricarde.
Méditerranée: Banyuls, 1 échantillon; Villefranche, 1 échantillon.
E. cœrulea TRINCHESE est une espèce insuffisamment connue, et non
figurée, caractérisée par une tache bleue sur chaque papille.
Famille des ALDERIIDAE
Cette famille se compose d’u11 seul genre qui ne comporte peut—être
qu’une espèce très répandue ; elle fréquente de préférence les eaux peu
salées ou saumâtres.
Gen. ALDERIA ALLMANN, 1845.
(Syn. i Canih0psisAcAss1Z, 1850.)
Pied très large; tête sans tentacules, avec un voile frontal renforcé
de chaque côté par une crête claire qui contient les yeux, et bilobé en
avant ; dos beaucoup plus étroit que le pied, et qui va en se rétrécissant
par le fait qu’en arrière il y a des papilles claviformes, pas très nombreuses,
qui dépassent le corps à la partie postérieure où les dernières sont un
peu plus longues que les antérieures. Anus médio-dorsal postérieur.

ALDERIIDAE. — ALDERIA 197
Ces papilles, disposées en deux ou trois séries, rétrécissent la partie
nue du dos en arrière du péricarde et jusqu’au tubercule anal, qui est
oontigu aux dernières papilles. Les papilles contiennent des lobes du
foie ; celui-ri, très ramifié, s’étend dans le pied et ses expansions latérales.
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cz. 2. .
L. 9
Fm. 78. — Alderia modeste. — a, animal vu de dos ; b, partie antérieure vue du dessus ;
c, id., vu du dessous; d. dissection; e, tube digestif; f, système nerveux; g, dent;
h. ponte. - Alderiu (P) comoszz. —- i, animal vu du dessus.
Glande de l’:1lbumen ramifiée, ainsi que la prostate et le rein. Dent lisse.
Pénis avec stylet.
Large aire de dispersion, non encore bien connue, à cause de Pinccrtitude
de la synonymie des espèces décrites.

198 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
1. Alderia modeste (LovÉN), 1844 (Sliliger). -· A. harvardiensis AGAS-
s1z ; A. scaldiana Nvsr, 1855 ; non A. comosa A. Cosrlx ; Alderia amphi-
bia ALLMANN, 1845. ·
Caractères du genre: couleur beige ou verdâtre; le foie plus foncé,
vert, se voit par transparence et le tégument est également tacheté de
vert plus ou moins foncé et de brun ; la plus ou moins grande quantité
de pigment dans le foie et les téguments donne à l’animal un aspect
très variable; il est tantôt presque jaunâtre, uniforme, tantôt noirâtre,
marbré. La forme aussi varie selon l’état de contraction. Les 7 ganglions
de l’anneau nerveux sont distincts. Long. : 6 à 8 mm.
Eaux saumâtres et mers peu salées de divers pays: Scandinavie; Pays-
Bas ;Belgique ; France (Normandie, canaux) ; Finlande ; Allemagne ; Grande-
Bretagne. Adriatique: Rovigno et probablement Amérique du Nord.
2. Alderia (?) comosa A. Cosra, 1867 (1864).
Il serait prématuré de créer un genre nouveau .pour cette espèce de
la Méditerranée, qui ne paraît pas avoir été revue depuis Cosrn; mais
je ne doute guère que, lorsque l’on pourra étudier son anatomie, on ne
trouve des différences assez importantes pour cela (1). A part la question
d’habitat, déjà les caractères externes ne concordent qu’approxirnative-
ment; il y a des rhinophores, courts, il est vrai; de très nombreuses
papilles, très petites; le pied ne paraît pas élargi; quant à la couleur,
qui est vert olive, c’est celle d’un bon nombre d'Ascoglosses qui se nour-
rissent d’Algues côtières; l’anus est médio-dorsal, mais plus antérieur
que chez A. modesia, non terminal, mais immédiatement derrière le
péricarde.
L’espèce paraît n’avoir été trouvée qu’à Naples.
Gen. COSTASIELLA Pauvor-Foi., 1951
Il a été trouvé en Méditerranée (Monaco) un seul petit échantillon
d’Aseoglosse qui ne pouvait prendre place dans aucun des genres connus.
(let échantillon a été dessiné, mais il n’a pu être retrouvé, de sorte que
ses caractères demanderont à être confirmés, et qu’on ne peut encore
le caser avec certitude dans une des familles. Il avait de très grands
rhinophores, larges à la base, pointus au sommet, non enroulés, mais
un peu aplatis comme ceux des Ercolania. Il y avait en outre des angles
tentaculiformes au pied, longs et aigus, ce qui est tout à fait rare chez
les Ascoglosses (un autre cas signalé, mais assez mal connu, par ELIOT,
chez une espèce exotique). Papilles fusiformes-renflées, peu nombreuses :
14 en tout.)
Costasiella virescens PRUV©T—FOL, 1951.
Sur la bouche, le voile est un peu bilobé; les rhinophores s’écartent
1. Elle pourra, en ce cas, être appelée Alderina.

ELYSIADAE. -—- Ewsm 199
en dehors, et entre eux, près de la ligne médiane, on voit les yeux si
rapprochés qu’ils sont presque au contact l’un de l’autre.
Le pied est blanc ; le dessus, et les papilles, vert-bleuâtre pâle, pointillé
de sombre sur les côtés des rhinophores, du voile et du dos.
L’échantill0n n’a pas été disséqué.
REMARQUE. — Un petit Ascoglosse, non encore nommé, trouvé aussi
. une seule fois, se distinguait par la forme de son pied, nettement divisé
en deux parties, transversalement, par un sillon comme on le voit chez
certains Polyphyllidac ; les rhinophores très courts et bilobés, non enroulés.
Insufïisamment connu et à caractères douteux.
Section PELLiEnANcmA·rA.
Famille des ELYSIADAE
Une paire de tentacules auriculés; pas de voile tentaculiforme. Pied
parfois divisé transversalement par un sillon ; généralement acuminé en
arrière. Des parapodies dressées ou étalées, parfois grandes, onduleuses,
natatoires ; rarement de petits appendices filamenteux simples ou rami-
fiés sur les parapodies. Anus antéro-dorsal droit; pénis sous le rhino-
phore droit, orifices génitaux triaules, rapprochés. Certaines glandes
annexes peuvent être ramifiées (glande de l’albumine; prostate).
La dent est simple, avec la crête médiane tranchante unie ou serrulée,
et la cuspide aiguë.
Coloration généralement verte, mais variée ; parfois rougeâtre ou
brune, ou bordée de jaune; avec des glandes unicellulaires de couleurs
vives : bleu de ciel, orange, rouge, blanc ou noir dans le tégument. Système
nerveux central à ganglions assez distinct ; six ou sept. '
Gen. ELYSIA Rrsso, 1812 et 1826(1)
(Syn. : Aciaeon OKEN, 1815; non 1VIoNrAoU.—— Laplysia MoN·1·AcU,
1810; Laplysia Bosc, 1802 ; Noiarche « CUVIER » Rrsso, 1818 ; Aplysie,
« GUVIER », 1817 et 1830 ; Aplysioplerus D. CHIAJE ; Elisia GANTRAINE,
1840 ; Rhycobranchus CANTR., ante ; Placobranchus p. p. d’0ma. ; L0vÉN ;
Gounn. ; Pterogasleron PEASE ; Thallepus Swsmsorz ; Hydropsyche
I<ELAART.)
Méditerranée: France; Italie.
1. Elysia. viridis (MONTAGU), (Laplysia), 1810. —— Elysia elegans QUATRE-
FAGES (juven) ; ? E. marmorala GANTR.; Aclaeon viridis SOULEYET ;
1. Rrsso (m. s.) puis Notarchua par Rrsso, qui Pinclut dans le genre de CUVIER. ; puis
Elysia de nouveau.

200 MoLLUsguEs oP1sTHoBaANoHEs
Aplysiopierus neapoliianus D. CHIAJE ; ? E. fusca PHILIPPI ; Laplysia
viridis Bosc; E. viridissima TP.1NcrxEsE.
La coloration de cette espèce est si variable que sa synonymie reste
incertaine ; si l’on tient compte surtout du fait que la dent porte de fines
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FIG· 77. -— Elysia viridie. -- 0,, anim ml vu de dos ; b. partie antérieure du tube digestif ;
c, pénis; d, système nerveux central; e, dents de différentes partie de la radula. —
E. minute. —- f, deux dents. —— E. timida. -— g, animal vu de dos et de côté.
serrulations sur la crête, on peut alors reconnaître cette espèce, sous des
aspects très différents. comme répandue dans toutes les Mers du Globe.
La coloration la plus ordinaire dans nos réuions est le vert olive, ou le
vert de vessie, avec les parapodies bordées de noir ou d’un liseré blanc
et une nuance violacée (teinte neutre), sur la lèvre supérieure et le sommet
des rhinophores; parfois le vert est clair, jaunâtre sans bordure noire

ELvs1AnAE. — ELYSIA 201
ou blanche, et avec des points de couleur vive, bleue, orange, rouge, et
une forme plus trapue du corps et des parapodies (deux ou trois échan-
tillons: Banyuls); ou bien des vermiculations fines, vert très foncé,
dans tout le tégument. Enfin, d'autres individus sont bruns avec points
blancs (figure par \/'Avssiiznn) ou d’un rouge vineux. C’est ainsi que
BABA a trouvé au Japon une Elysia japonica BABA, non Emor, qui est
rouge sombre, mais qui a la dent de la viridis ; et que des exemplaires
trouvés par Mr W. l)flACNAE en Rhodésie, et semblables à E. viridis, ont
comme les nôtres une teinte violacée sur la lèvre et les rhinophores,
tandis que cette teinte manquait chez un échantillon trouvé par moi en
Nouvelle—Calédonie.
On peut conclure de cela que ce Mollusque côtier, très commun, peu
difficile quant à la nourriture végétale (algues variées) et quant à l’habi-
tat, puisqu’il persiste dans des flaques d’eau laissées par les marées, s’est
acclimaté sur toutes les côtes, et qu’il est circumterrestre, avec de nom-
breuses variantes.
Toutes les mers (?). Fréquente sur nos côtes, Atlantique et Méditerranée.
(fest donc une espèce très cosmopolite et extrêmement variable de cou-
leur et de forme. Le meilleur caractère est probablement la forme de la
dent, pour la différencier des espèces voisines. Par la dent, E. viridis se dis-
tingue nettement de E. fimida Risso, qui sera donc décrite comme espèce
séparée, type du genre.
E. viridis est plus grande ; elle atteint et parfois dépasse 20 mm. Les
rhinophores sont relativement moins grands et les parapodies plus
épaisses; la queue est généralement efïilée.
La dent n’est pas très efïilée au bout; sa carène médiane, qui glisse
dans le sillon dorsal de la dent qui la suit, est finement mais nettement
serrulée, contrairement à celle de E. limida. Chez les très jeunes exem-
plaires (de 1 à 2 mm.), le sommet de la dent est plus mousse, plus arrondi
et rappelle celle de E. minuia Sims, que BERGH tenait pour une espèce
distincte, et que je maintiendrai aussi ici... provisoirement. N’ayant
pu trouver de caractères nets pour établir des espèces, malgré les varia-
tions considérables observées entre divérs individus, je vais donc résumer
les descriptions de quelques-unes de ces variétés rencontrées en Médi-
terranée, dans la Manche et de plus en deux points du Pacifique.
Forme I. -— La plus commune sur nos côtes. Le corps est vert clair à vert
foncé, presque noirâtre (voir MEYER et Mônws, 1864). Les parapodies sont
un peu triangulaires et souvent bordées irrégulièrement de pigment blanc.
Petits points blancs ou bleus et orangés ; lèvre supérieure et bord des tenta-
cules gris-violacé. Chez de petits échantillons de Monaco, on voyait à travers
le tégument un réseau vermiculé très fin et serré, vert foncé.
Forme II. — Trouvée deux ou trois fois à Banyuls. Queue peu effilée,
parapodies en forme de bourrelet, s’arrêtant de chaque côté sans se rejoindre.
Couleur vert jaune clair; gros points bleu de ciel rouges, ou orangés, très

202 Mo1.LUsQUEs 0P1srn0BaANcnEs
visibles; parfois la teinte générale était jaunâtre, non verte. Sommet des
tentacules non violacé.
Forme lll. -- Un dessin m’a été donné d’une Elysie de Wimereux de
couleur rouge-brun foncé, avec parapodies triangulaires, queue très effilée,
tête petite. Cette forme rappelle celle de l’E. japonica « Eliot >> de K. BABA,
qui n’est peut-être pas celle d’EL1oT, et dont la dent figurée par BABA est
exactement semblable à celle de E. viridis. Je ne connais malheureusement
que la figure en question et n’ai pas eu Péchantillon de Wimereux à ma dispo-
sition pour en étudier la dent. Elysia « viridis » de K. BABA a une dent diffé-
rente et ne me paraît pas être la viridis de MoNTAcU.
2. Elysia fusca Pnimrri, 1844.
Souvent considérée comme espèce synonyme d’E. virldis, cette petite
espèce ne paraît pas avoir été revue depuis PHILIPPI ; cette raison n’est
pas suffisante pour la placer purement et simplement en synonymie,
car les figures de PHILIPPI sont généralement dignes de confiance, et
c’est aussi une figure excellente, bien que très petite, dans le même
ouvrage, qui a fait distinguer E. limida comme espèce valable. Ici la
diagnose transcrite in extenso:
E. minuia, fuscescens, supra abscurior, sublas rubro-punclaia, alis
dilaialis. Animal 4 % "’ lg., 3 %"’ lat, supra griseo fuscum, sublus palli-
dium rubrum puncialum; alae mullo laiiores quam in E. limida, anlice
angulo aculo a corpore dislincfae, supra obscure fuscae, albido limbalae.
Alarum slruclura polissimum dislinguenda esl.
Méditerranée: Sicile.
3. Elysia timide Risso, 1818 (Nolarchusi ; 1826 (Elysia).
Cette espèce, que BERGH placait en synonymie de E. viridis, en est
distincte, ainsi que l’ont reconnu PHILIPPI et VAYSSIÈRE : Elle en diffère
par la forme, la dent et la couleur. De petite taille, elle a les parapodies
plus larges et plus minces, les rhinophores relativement très grands.
La dent est plus grêle et plus aiguë, non serrulée sur sa crête médiane.
Couleur vert clair vif, sans pigment sombre, mais masqué par places
par du blanc opaque, et pointillé de rouge vif.
Méditerranée: Nice, Sicile, Marseille, Pantellaria.
-1. Elysia minuta (Sims), 1835 (Aclaeon).
Couleur sombre ; pied vert ; dent obtuse. Cette espèce, qui ne semble
pas avoir été revue depuis sa création, et qui est peut—être exclusivement
trouvée dans le Nord de l’Europe, est un peu douteuse et pourrait être
une variété de la très variable E. viridîs. Selon Bianca, cependant, sa
dent diffère de forme; j’ai trouvé chez les très petites E. virldis des
dents à extrémité mousse analogues à celle de minula; mais celle-ci
avait 20 mm. de long. Il se peut donc qu’elle soit distincte ; cela demande
confirmation.
Scandinavie.

PLA•:onnANc1r1¤AE. -— THURIDILLA 203
Famille des PLACOBRANCHIDAE
Pas de papilles ni de tubercules ; une paire de tentacules ou rhinophores
enroulés (auriculés) ; forme du corps aplatie, avec les côtés (parapodies)
enroulés ou réiléchis sur le dos; orifices génitaux à droite, anus dorsal _
ou dorsal postérieur.
Bulbe buccal avec une ingluvie; dents courtes, denticulées des deux
côtés, assez grossièrement.
Deux genres: Placobranchus (exotique) et Thuridilla.
Gen. THURIDILLA Bnnon, 1872
(Syn. :Elysia p. p. auctt. (Gnomz, l`lAZZARELLI) ; Acleon p. p. VERANY.)
Une seule espèce européenne a été décrite sous le nom de Acleon,
i ‘*     il
gi' ?È;jëî§;· —¤·»¢;_  
C.
F10. 78. -·- Thuridilla sp. - a, individu contracté : b, individu en mouvement ; c,1a. dent.
puis de Elysia ; BERGH créa pour cette espèce le nom de Thuridilla qui,
jusqu’ici, ne contient qu’elle, bien que j’aie suggéré, sans preuve (faute
de matériel), que quelques espèces exotiques devront probablement
être jointes à celle-ci: Elysia cerulea KEL. et ? Placobranchus virgalus
Bnnon.
La présence de l’ingluvie et la forme des dents apparentent ce genre
aux Placobranchus plus qu’aux Elysia ; de plus, les parapodies ont leurs
bords à peu près parallèles, ce qui une fois étalé donne une forme un peu
rectangulaire et non triangulaire; extérieurement Thuridilla est plus
grêle que les Placobranchus, et son ornementation consiste en lignes,
internes ou en bordure, et non en ocelles comme chez Placobranchus.
Thuridilla hopei (VERANY), 1853 (Acteon). —- Elysia splendidu Gaume,
1861 ; Elysia sp. Mazznannm.
Caractères du genre. L'anus est postéro—dorsal, selon BEHGH. La cou-
leur est un noir pourpré bordé de jaune et de bleu de ciel ou blanchâtre
selon les individus; les rhinophores, grands et plutôt un peu évasés au
bord, ont également une bordure jaune d’or, rebordée de bleu clair. Le
corps est très souple et se plie et se contorsionne en tous sens. Le pied

204 MoLLUsgUEs OPISTHOBRANCHES
n’est pas distinct du reste du corps et n’est pas divisé transversalement.
Selon VERANY : l’extrémité moins aiguë que les tentacules plus gros
(que chez viridis). Couleur générale violette pourprée, claire sur la tête
et sur le cou, très obscure sur le reste de la partie dorsale et sur le pied...
lobes du manteau et bord antérieur du pied bordés de rouge minium très
brillant, le pied circonscrit par une ligne régulière blanche; une autre
ligne un peu irrégulière plus grosse, jaune se voit sur le centre de chaque
lobe, et deux lignes de gros traits blancs qui se prolongent sur les tenta-
cules.
E. cœrulea (KELAART) (7) ;et lineolaia BERGH, 1905 ;E. gracilis RISBEC ;
vaiae RISBEC et hainfsisiana BERGH sont très voisines, selon leur appa-
rence; peut-être aussi Elysia picia VERRILL, (1872).
La coloration des trois premières est presque identique ; d’un pourpre
très foncé, presque noir, avec deux bordures, l’une jaune vif, la seconde
blanche, tirant sur le bleu, ou bleu azur. Le corps long et souple se contor-
sionnant en tous sens, pouvant se replier entièrement sur lui-même.
Son aire de distribution paraît être assez vaste, sans que les individus
soient très fréquents.
Méditerranée: Adriatique (Trieste) ; Nice; Italie   et peut-être dans le
Pacifique.
Famille des LIMAPONTIADAE
Petite taille : quelques millimètres. Pas de papilles, pas de parapodies ;
yeux visibles au milieu d’une aire claire; tentacules rudimentaires ou
nuls. Anus latéro-dorsal ou dorsal ; foie peu ramifié. Dent forme « sabot ».
Pied arrondi en avant, non divisé transversalement, effilé-arrondi
en arrière.
Gen. LIMAPONTIA JOHNSTON, 1836
(Syn. : Fasciola l\r1üLLER, 1774 ; Planaria, Chalidis QUATREFAGES,
1844; p. p. Mü1.LER; Poniolimax CREPLIN, 1848.)
Avec les caractères de la famille. Pas de tentacules; de chaque côté,
près des yeux, une légère crête longitudinale.
Lîmapontia. nigra (O. F. MÉÃLLER), 1773 (Fasciola ;Plam1ria) ; L. capi-
iafa O. F. l`1üLI:ER, 1774 ; L. nigra JoHNsToN, 1836 ; Chalidis coeru-
lea QUATREFAGES, 1844 ; Chalidis nigricans QUATREFAGES, 1844 ;
L. depressa ÀLDER et 1iANCOCK, 1855 ; Ponlolimaœ varians ÃIEYER
et l\¢1ôBIUS ; ? Limaponiia cornuia GIARD.
Ces espèces sont regardées par quelques auteurs comme distinctes;
ELIOT, 1910, maintient L. depressa A. et H., comme peut-être distincte.
Cependant je les réunis ici, dubitativement, ne trouvant pas de signes
distinctifs pour les caractériser. Nigra (O. F. B/l1.1LLER) a priorité.

LIMAPUNTIADAE. - LIMAPONTIA 205
Longueur 5 à 7 mm. Couleur sombre, brun-noir ou bleuâtre, tachetée
de bistre et de blanc de façon plus ou moins profuse, selon l’âge, ou les
individus, ou la région ; le pointillé est surtout abondant sur la tête et
la partie postérieure, mais peut parfois faire défaut presque complète-
ment. Le pied est jaunâtre clair.
Il y a une otolithe ; des glandes autour de la partie antérieure du bulbe
buccal ; on a trouvé 13 à 16 dents dans l’asque et 10 à 12 dans la partie
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FIG. 79. - Limapontiu. capitata. — a, b, animal (par divers auteurs) ; c, extrémité anté-
rieure vue en dessous ; d, dent ; e, pénis et stylet. —— Cenia (Acteonia) cocksi. -— f, smi-
mal vu du dessus; g, id. vu du côté gauche; h, deux individus accouplés; ·i, un
embryon dans l’œuf.
montante. La dent est du type « en forme de sabot », comme celle du
genre Lobiger et de certaines Elysies; sans serrulation du tranchant;
l’asque devient assez profonde et proéminente. L’anus est dorsal, aux 2/3
environ de la longueur du corps, un peu à droite ; l’orifice pénial contre
la partie postérieure de la crête céphalique droite ; pénis avec stylet
légèrement courbe ; orifice lcrnelle un peu plus en arrière.
La variété islandica Môncn, 1868, a cinq taches claires en quinconce,
les dents légèrement plus allongées et le stylet pénial un peu plus court.
Méditerranée : Marseille, etc. Atlantique : Danemark ; Islande ; Angleterre ;
France; Maroc; Mer du Nord: Kiel ? Wimereux.

206 MOLLUSQUES oP1sTnoBnANoHEs
Gen. ACTEONIA QUATREFAGES, 1844
(Syn.: Ccnia ALDEP. et HANCOCK, 1855; Iclis ALDER et HANc0cK
non Iciis KAUP, 1829; Lafontia Locann, 1886.)
Diffère de Limaponiia par l’existence d’une légère carène de chaque
côté du dos et d’une crête de chaque côté sur la tête, qui se continue en
un court tentacule auriculé, représentant le rhinophore et se fusionnant
antérieurement avec la lèvre supérieure (petit voile buccal). Anus postéro-
dorsal. Pénis armé d’un tube chitineux recourbé.
Dent radulaire en forme de sabot.
Le développement a été étudié par PELSENEER, qui a constaté qu’il
ne comporte pas de stade véliger, mais que l’animal sort de l’œuf avec
la forme adulte, et seulement plus petit. G’est un fait qui n’a été remarqué
que chez de très petites espèces ; sur nos côtes, chez celle-ci et chez Run-
cina hancccki. Les œufs sont relativement gros et peu nombreux.
Acteonia corrugata (ALD. et HANC.) (Cenia), 1855. —— Cenia cocksi
A. et H. ; Acieonia senesira QUATREFAGES ‘?
Long. 6 mm. Couleur violet—noir; petites taches blanchâtres et rou-
geâtres ; ou brun pourpré, avec 4-5 taches claires sur les côtés du corps.
Dents Z 30-dans l’asque, 5 et 7 en dehors. Foie peu ramiiié.
Atlantique. Côtes de Grande-Bretagne; Côtes de France.
Acieonia corrugaia et Acieonia (Cenia) cocksi sont très probablement
synonymes; ELIOT le croit, mais les maintient séparées, même généri-
quement, parce que le développement de Cenia est connu, tandis que
l’0n n’a pas étudié celui d’Acie0nia. A. senesira QFGS. est peut-être égale-
ment synonyme (1).
SUPERFAMILLE DEs NOTASPIDEA
(Semiphyllidiens LAMAacK; Subaplysiens DE BLAINVILLE; Unabran-
ches LATREILLE.)
Cette superfamille contient les Plcurobranchidae, les Umbraculidac et
les Tylodinidae; la première avec environ 150 espèces nommées; les
dernières avec trois ou quatre au plus.
Situés à la limite entre les Tectibranches et les Nudibranches, leur
position est encore controversée. Elle dépend de l’importance accordée
à l’un ou l’autre système d’0rganes, et c’est la coquille qui l’avait précé-
demment fait rapprocher des Tectibranches.
Les Notaspidés, en effet, ont presque tous une coquille et une cténidie.
1. Les oriûces génitaux seraient, selon cet auteur, situés à gauche. Ce serait le seul
et unique cas de cette anomalie chez un Opisthobranehe, A. ma connaissance, et deman-
derait confirmation; s’i1 ne s’agit pas ici (P) d’une figure inversée par le graveur.

TYLODINIDAE. -— rvnoomx *207
Chez presque tous, le collier nerveux est situé derrière le bulbe buccal ;
l’osphradium, qui a disparu presque chez tous, se trouve encore chez
Tylodina. Par contre, le système nerveux concentré et à connectifs
courts et surtout les conduits génitaux endigués, sans gouttière ciliée
externe, les rapprochent des Nudibranches. Le canal digestif antérieur
n’a pas de gésier à plaques broyeuses ; cependant, il renferme des épines
chitineuses chez Umbraculum et Tylodina.
Longtemps considérés comme faisant partie des Tectibranches, ils
sont parfois maintenant rapprochés plus intimement des Nudibranches,
vers lesquels ils forment certainement un terme de passage; faut-il,
comme le font Guntar et TmEx.E, les unir à eux dans un même ordre
appelé Acoela ? Cela offre bien des inconvénients, car la diagnose de cet
« ordre ai ne s’appuie sur aucun caractère commun. _Je la traduis ici,
d’après Tuxnmaz
« Coquille cupuliforme, ou auriforme, mais le plus souvent totalement
disparue ; branchie variable, tantôt au côté droit, tantôt dans la région
de l’anus, tantôt sous le bord du manteau ou nulle. »
Quel avantage peut offrir une telle définition". (qui d’ailleurs, en
ce qui concerne la branchie, demanderait à être précisée)?
Les familles des Tylodinidae et Umbroculidae ne figureront pas sur le
tableau dichotomique des Pleurobranches.
Famille des TYLODINIDAE
Cette famille, qui ne contient que deux genres, a des caractères inter-
médiaires entre plusieurs familles de Tectibranches.
Coquille externe, calyptraeiforme ou patelliforme, avec un très petit
nucléus senestre un peu excentrique et une cuticule membraneuse dépas-
sant la partie calcifiée. Branchie postérieure dextre, simple ou bipinnée ;
au voisinage, anus et pore urinaire. Trois paires de tentacules et un voile
frontal reliant les deux de la paire moyenne ; gésier armé de dents chiti~
neuses, suivi d’un estomac où débouche le conduit du foie. Manteau
glanduleux, lacinié au bord; mâchoires rudimentaires; radula à dents
très nombreuses et petites. Deux glandes salivaires. Glande hermaphro-
dite à acini mâles et femelles séparés, avec une sperrnatothèque ; orifices
voisins, sans gouttière les reliant et situés en avant des tentacules posté-
rieurs. Un « organe de Spengel » (osphradium). Pied avec glande antérieure,
sans glande postérieure.
Un petit nombre d’individus seulement est connu, et les premiers ont
été insuffisamment décrits, de sorte que certains de ces caractères pour-
raient ne pas appartenir à tous.
. Il résulte d’une note de N. ODHNER, 1939, que la famille se compose
de deux genres au moins. Auquel des deux faut-il attribuer le nom donné
par Rxrmesoun ? Si l’0n admet que les espèces ra/inesqui Pmr.n¤1>1

208 Monnusguns opxsrnoenmcnes
et ciirina JOANNIS (1) n’en font qu’une, l’espèce décrite par RAHNESQUE
l’étant insuffisamment pour servir de type, ce sera celle de JoANN1s qui
fournira les caractères du genre Tylodina. Quant au nom d’espèce, nous
allons Voir qu’il doit céder le pas à un plus ancien.
Gen. TYLODINA (R».F1NEsoUE, 1819) J0ANN1s, 1834
(Syn.: Parmophorus p. p. CANTRAINE, 1835 ; Lepas l`rlARTINI, 1769;
Joannisia DE BIONTEBOSATO, 1884; Umbrella p. p. CANTRAINE ;\VE1N-
KAUFF; Gadinia p. p. TIBERI.)
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9 êjâ
F10. 80. — Tylodina, perverse. -— a, animal vu de dos ; b, coquille ; c, dents ; d. éléments
de la mâchoire; e, rhinophore. —— Tylodimz sp. — f, animal Vu de dos ; g, sa coquille.
- Tylodimzlla duebeml. —— h, i, coquille du dessus et de côté ; j, dents.
Coquille patelliforme recouverte d’une cuticule lamelleuse dépassant
son bord.
Animal un peu plus grand que la coquille. Les orifices génitaux sont
réunis et situés entre les tentacules postérieurs et les moyens. Il y a une
glande sanguine sur l’aorte; une glande pédieuse antérieure; la posté-
1. C’est-àwdire pewersa GMELIN ; Voir plus loin.

TYLODINIDAE. -— TYLODINELLA 209
rieure manque. Mâchoires rudimentaires. Radula composée de dents
nombreuses en lignes transversales rectilignes ; formule N·1-N. Les
dents sont petites, à cuspide mousse, avec généralement un denticule
latéral.
Tylodina. perverse. (GMELIN), 1790 (Pafella). —- « Le Liri n ÀDANSON,
1759 (1) ; T. cilrina JoANN1s, 1853. — Tylodina (Joannisia) ciirina JoAN-
ms, 1853 ; 7 T. punciulaia « RAFINESQUE » GRAY, 1856 ; 7 Parmophorus
paielloides CANTRAINE ; Umbrella palelloidea CANTR. ; ? T. puncluolata
RAFINESQUE, 1819; ? T. ailanlica GRAY, 1856 = Umbrella (small) Mc-
ANDREW; T. eœcenlrica LOCARD; T. alfredensis TURTON.
Coquille patelliforme ovale, conique-surbaissée, plutôt mince; apex
subcentral dirigé un peu en arrière et à gauche ; surface (sans la cuticule)
lisse, avec de légères stries d'accroissement ; cuticule écailleuse, à écailles
imbriquées irrégulières, laciniées à son bord qui dépasse la partie calci-
fiée ; colorée de lignes brunes radiaires, irrégulièrement espacées et
inégales, n’atteignant pas le nucléus ; animal plus grand que la coquille.
Queue courte, tronquée, légèrement carénée.
Branchie simplement pinnée ou un peu bipinnée. Tentacules posté-
rieurs longs, auriculés, avec lamelles intérieures ; postérieurs aux yeux;
gésier armé de denticules lamelleux cornés, très nombreux; mâchoires
représentées par des proéminences latérales couvertes d’une cuticule;
radula de formule max.: 137 >< 130-1-130; dents à cuspide courte,
mousse, portant sur le côté interne un fort denticule qui s’articule dans
une cavité latérale de la dent qui la précède du côté interne ; la médiane
petite.
Coloration jaune safran intense, strié de brun à partir du centre de la
coquille vers ses bords.
Méditerranée: Baie d’Athènes; Palerme et Catane ; Sardaigne; Marseille ;
Banyuls ; Iles d’Hyères ; Civita V ecchia. Atlantique : Ste-Hélène ; Canaries ;
Côte de France: Guéthary. Signalée aussi à Cherso, Zara, à Madère et en
Algérie (ll).
Gen. TYLODINELLA l`iAZZ.\RELLI, 1897
(Ie second genre est diilérencié de Tylodina : parla coquille plus grande
relativement à l’animal, pouvant le cacher entièrement, et à nucléus
un peu plus postérieur ; par les orifices génitaux séparés, situés à droite
entre les tentacules; par la situation des yeux en dedans et en arrière
des tentacules postérieurs; par l’absence de dent médiane à la radula,
dont les moitiés de rangées se rencontrent sous un angle obtus.
Deux espèces dans les mers d’Eur0pe.
1. ADANSGN avait spécifié que « le sommet de la. coquille » fait c une espèce de crochet
recourbé en arrière n et que « le corps de l’anima.l est jaune v.
2. Pour quelques-unes de ces localités, il subsiste un doute quant à Pespèce, supposée
ici synonyme de T. punctuolata. H

210 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
1. Tylodinella trinchesei MAZZARELLI, 1897.
Caractères du genre. Gésier avec dents rhitineuses; coquille jaune
très clair, sans stries. Radula insuffisamment connue ; dents sans denti-
cules, à cuspide simple un peu tordue ; pas de dent médiane.
Méditerranée: Naples.
2. Tylodinclla duebenî (Loves) (Tylodina), 1846.
Coquille : lg. 10,7 mm. ; lt. 8,5 mm. ;haut. 3,9 mm. Dents très petites
(1/3 env. de celles de T. perversa) très nombreuses: env. 100 >< 200-
0-200; toutes semblables, avec trois denticules égaux et sans cuspide
principale.
Atlantique: (Profondeur env. 300 m.) Scandinavie: Bergen; Portugal.
Famille des UMBRACULIDAE
(Umbrellidae, auctt.}
Coquille externe, patelliforme, avec petit nucléus sénestre, subcentral ;
intérieur avec une impression musculaire ovale—elliptique. Pied très
grand, ovale, fortement verruqueux en dessus, reptateur; pas de para-
podies; tête portant deux tentacules auriculés; yeux sessiles placés
a la base antéro-interne des tentacules; manteau de même forme et
grandeur que la coquille, qu’il dépasse par son bord laeinié; branchie
très grande, plumeuse, entre le manteau et le pied, sur le côté droit,
commencant à la partie antérieure et dépassant le corps en arrière;
bipinnée, libre sur une partie de sa longueur ; anus en arrière de l’attache
de la branchie ; bouche avec tentacules labiaux latéraux g radula large
avec de très nombreuses dents simples, crochues, toutes semblables.
Outre le genre Umbraculum, cette famille comprend les genres Hyalo-
patîna DALL et Beriinia Joussusums, exotiques.
Gen. UMBRACULUM SCHUMACHER. 1817
(Syn. : Paiella pars GMELIN ; Acardo LAMARCK; Gasiroplam DE Bcv. ;
Umbrella LAM. auctt.; Ombrella DE BLV. ; Umbella D’©P·B. ; Operculaium
(LINNÉ, nom binominal), H. et A. ADAMS.)
Coquille ovale arrondie, un peu bombée, Vertex senestre sub-central
un peu en arrière et à gauche du centre, pouvant se composer d’une
minuscule spire et d’un seul tour ; manteau petit, frange au bord, dépas-
sant la coquille. Animal beaucoup plus grand que la coquille, particu-
lièrement le pied, très volumineux, tuberculeux à sa face supérieure;
sole très large.
Le pied est profondement échancré en avant; la bouche est située
dans cette échancrure, ainsi que le pénis, qui est antéro·médian, non
rétraetile, en forme de feuille enroulée et renilée au milieu, et très volu-

UMBRACULIDAE. —— UMBRACULUM 211
mineux. Il y a une spermatothèque, une spermatocyste et une prostate.
Pas de glande sanguine.
Des glandes salivaires ; pas de glandes ptyalines. Dents très nombreuses,
simples, crochues et une « armature labiale cornée ». Des épines nom-
breuses dans le tube digestif.
Mers chaudes et tempérées (fonds de zostères). Une espèce méditerranéenne.
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FIG. 81. ·- Umbmculum medilerraneum. — :1, animal vu de dos ; b, id. vu du côté droit ;
c, une dent; d, rhinophore; e. partie antérieure.
Umbraculum moditerraneum (LAMARCK) (Umbrelle vernac.), 1912. —
Umbellu medilerranea DELLE CHIAJE ; Paiella umbellaia D. CH. ; Umbrella
Iamarckiana Rncruz; ‘? Parmophcrus pnlelloides (J·AN*rnA1NE.
Coquille oblongue très déprimée ; blanchâtre, cuticule jaunâtre ;
apex en arrière du centre et à gauche, conique et rerourbé vers la gauche ;
bords onduleux; des côtes onduleuses, basses, radiaires, et des stries
xfaccroissement; intérieur jaune clair, blanchâtre vers la périphérie et
dans l'endroit de Pimpression musculaire, à l’intérieur et à l’extérieur
de laquelle est un cercle brun. Long. 75 mm.; larg. 63 mm. Manteau
blanchâtre devenant orangé sur les bords, qui sont découpés en lanières
triangulaires plates ; pied orangé ou brun, avec le sommet des tubercules
blanchâtre et leur base cernée de brun; ees tubercules sont composés,
un peu inégaux, serrés les uns contre les autres. Les rhinophores sont
enroulés au bout et ont des lamelles dans un creux à leur base.
Radula composée de dents analogues à celles des Pleurobranchus,
petites et très nombreuses, crochues, simples.

212 Mottusouns OPISTHOBRANCHES
Taille de l’animal jusqu’à 190 mm. sur 140 mm.
Dans toute la Méditerranée et l’Adriatique ; de la Mer Égée à l’Espagne;
Iles du Cap Vert; Ste-Hélène; et fossile.
Famille des PLEUROBRANCHIDAE
Manteau plus ou moins distinct, recouvrant le pied et la cténidie
latérale, et contenant, ou non, une coquille entièrement interne dans
une cavité fermée. A la partie antérieure se trouvent des rhinophores
canaliculés et un voile buccal dont les extrémités peuvent être enroulées
comme les rhinophores. Système génital composé de la glande herme-
phrodite, de son conduit, du pénis, qui est inerme (parfois garni de papil-
les), et auquel aboutit un canal déférent interne généralement pourvu
d’une glande prostatique; d’un oviducte; de glandes de l’albumine et
du mucus et d’une ou de deux poches copulatrices avec conduit indépen-
dant de l’oviducte, et débouchant au dehors ; ou bien débouchant dans
un cloaque commun. Système nerveux concentré, les ganglions cérébroï—
des et pleuraux fusionnés formant les ganglions cérébro-pleuraux (céré-
broîdes de VAYSSIÈRE), et souvent contigus aux pédieux, sans connec-
tifs visibles; ganglion viscéral impair très petit, composé de quelques
cellules (3 à 5 selon VAYSSIÈRE). Ce système est uniforme dans toute
la famille, mais diffère chez Pleurobmnchaea par une moindre concentra-
tion et des connectifs distincts. Le collier est situé derrière le bulbe buccal
chez les Pleurobranchinae, latéralement chez les Pleurobranchaeinac.
Système digestif : En arrière d'un vestibule dévaginable ou « trompe »,
ou « partie proboscidienne », se trouve le bulbe buccal, qui forme une
masse compacte chez Pleurobranchaea, tandis qu’ailleurs il se montre
composé de deux poches latérales aplaties contenant les mâchoires et
d’une partie médiane prolongée par la gaine radulaire. Les mâchoires
sont des lames aplaties mais assez épaisses, formées d’éléments articulés
les uns avec les autres latéralement, ce qui donne à l’ensemble une certaine
souplesse ; le bord antérieur est réfléchi en dehors. La radula est toujours
formée de nombreuses rangées contenant chacune un grand nombre
de dents; il n’y a jamais de dent médiane. Le nombre, très variable,
peut atteindre parfois 56.000 et même 75.000 dents. Leur forme varie,
et elle est utilisée pour caractériser les genres ; elle comporte trois types
principaux, avec des variantes: dent simple, crochue, ou avec petits
denticules; dent mince, allongée, plate, un peu recourbée au bout, ou
elle est denticulée, à base étroite et hampe longue; dent robuste, peu
courbe, à deux pointes, résultant de la fusion de deux dents dans une
partie de chaque rangée (chez Pleurobranchaea). '
Trois glandes (ou rarement quatre) sont annexées au bulbe buccal :
les glandes salivaires et la glande dite « ptyalîne » (glande impaire de
Lacxzn-Durnmas). Cette glande peut être très volumineuse et ramifiée

· P1..EuRonaANcn1nAE 213
dans tout le corps. Il n’y a jamais de gésier avec plaques dures ou cartila-
gineuses, ou épines; l’estomac reçoit le conduit hépatique; l’intestin
se rend à droite, et se termine près de la branehie et près du pore urinaire.
Il y a dans quelques cas, mais non partout, au voisinage de la branchie,
un orifice bien apparent entouré d’un bourrelet, et qui est celui d’un
sac piriforme un peu plissé, dont la signification est encore douteuse : la
« glande de Bourne » ; il a été démontré par H. DE LAcAzE-DUTHIERS, et
plus récemment vérifié par moi (1934), qu’un liquide coloré, injecté avec
précaution et le minimum possible de pression, passe de cette poche
dans le système circulatoire et envahit tout le corps ; on en a conclu
qu’elle sert à régulariser la pression interne en introduisant de l’eau de
mer dans le sang ; mais cela n’est pas démontré, et quelques Pleuro-
branchidés n'ont pas cet appareil.
La coquille est très variable ; il sera mieux à sa place d’en parler dans
les descriptions d’espèces: ovale ou arrondie, avec un petit nucléus;
parfois triangulaire-spatuliforme ; toujours interne. .
Les caractères le plus généralement utilisés dans la systématique de ce
groupe sont ceux du manteau, de la coquille, du pied (glande), de la
branchie, des orifices génitaux externes, de la mâchoire et des dents.
Il y aurait certainement lieu de tenir plus de compte de la conformation
du système génital, et en particulier des poches copulatrices et de leurs
connexions ; ces parties, négligées par les anciens auteurs, ont été décrites
par VAYSSIÈRE chez un certain nombre des Pleurobranches d’Europe
et d’ailleurs, et par GUIART et Bancn; mais, mal connues ailleurs, ne
peuvent encore être utilisées suffisamment. Et dans ce groupe comme
ailleurs, les échantillons de collections sont d’un faible secours à cause
de leur mauvaise conservation interne (l).
· TABLEAU Das cannes D’EUROPE
l. Manteau distinct du voile frontal (séparé par un rebord) ..... 2.
— Manteau en continuité avec le voile frontal ........... 3.
1. Quelques exemples: Les vésicules seraient indépendantes de l’oviducte comme du
spermiducte, mais communiqueraient entre elles, chez: Bertlwlla oeellata; Berthellina
edwardsi; Berthellina pwrmtata (= brocki). L‘oviducte serait indépendant des glandes
annexes chez Pleurobranchua pcrrieri, forakali (oscamîua) tubcrculatua, teatudimzrius. En
outre, les vésicules spermatiques se trouveraient sur le trajet de l’0viducte chez
P. pmvieri, forskali, testudimzrius et tuberculatus mcmbranacms (chez lequel il n’y en
a qu’une). Enfin chez les seules Berthellina edwardai, pumztata A. G. et Berthella ocellata,
l’0viducte serait en rapport avec les glandes annexes comme chez les Nudibranches.
N. B. — Ces constatations sont tirées des planches 26 et 27 de 1'ouvrage de VAYSSXÈRE,
1888, plus que de son texte, qui n’est pas toujours très explicite. De plus j’ai changé dans
cette énumération les noms donnés par lui, et qui ne sont pas tous d’accox·d avec les lois
_de nomenclature. On ne trouve pas dans cet ouvrage important beaucoup de rensei-
gnements au sujet du rein. Cet organe qui demande à. être injecté chez l’auima·l frais pour
une bonne étude topographique est forcément négligé dans l’étude d’échantillons de
collection.

214 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
3. Deux paires de tentacules subsemblables. (p. 215) Pleurobranchaea.
— Une paire de tentacules et un voile anguleux ....... 4 (1).
2. Pas de glande de la sole pédieuse ............... 5.
— Une glande de la sole pédieuse ............... 6.
5. Dents radulaires longues, en lames de couteau, denti-
culées au bout; pièces de la mâchoire unies ou avec un
seul denticule ............. (p. 226) Berthellina. (2).
——— Dents plutôt courtes, crochues, simples ; pièces de la
mâchoire presque toujours avec plusieurs denticules de
chaque côté ................ (p. 222) Berthella.
6. Manteau généralement échancré devant; une feuille géni-
tale externe à plusieurs lobes ........ (p. 218) Oscanîus (3).
—— Manteau échancré ou non, pas de feuille péniale ....
................... (p. 218) Pleurobranchus.
La famille.se divise en deux sous—familles: Pleurobranchacinae et
Pleurobranchinae.
La première n'a qu’un représentant dans nos mers : Pleurobranchaea
LEUE ; en outre, des formes exotiques, en particulier Euselenops (Neda)
luniceps (Quov et GAIMARD). Il n’y a aucune trace de coquille. L’aspect
extérieur diffère par le fait que le bord du manteau est indistinct et ne
surplombe ni le pied (sauf légèrement du côté droit, sur la branchie),
ni le voile frontal. Le pied est aussi grand ou plus grand que le manteau,
lequel, en avant, passe entre les deux paires de tentacules enroulés, et
se confond avec le voile. Le tégument est bosselé, exceptionnellement
tuberculeux, et les couleurs sont toujours neutres, allant du blanc jaunâtre
au gris et au noir. Les ganglions du système nerveux sont distincts, placés
devant le bulbe et surmontés d’une glande sanguine. Il y a une glande
pédieuse. Les plaques composant les mâchoires sont étroites, prismatiques,
et leur face libre est polygonale, un peu denticulées sur un bord; du
moins en partie; sans prolongements latéraux d’engrenage. Les dents
sont grandes, très robustes et aiguës, et la plupart ont deux pointes
inégales (bicuspides) (4). Il y a un sac prébranchial. Le pénis est parfois
papilleux.
Les deux sous-familles sont donc nettement séparées par des carac-
tères importants, sans intermédiaires (5), du moins sur nos côtes, où
le seul représentant de la première est:
1. Le numéro 4 contient des genres exotiques; ex. Euaelenopa Zuniceps (CUVLER.),
et G. et le numéro 7 comprend le genre Pleurobranchus de CUVDZJR ; ex. : Plewrobranchus
perowivi Cvvmn., également exotique.
2. Au sujet de ce nom, voir Remarques, pp. 217 et 226.
3. Subdîvisé en Oacamius a. s. : avec prostate et en Susamia GRAY sans prostate.
4. Sauf chez Euselenops (== Neda, Oscaniopszls), qui Hi des dents de même forme,
mais monocuspides. '
5. Un intermédiaire serait, selon O’DONOGHUE, Plewrobranchoides gilchristi, une espèce
exotique.

PLEUROBRANCHJDAE. —— PLEUROBRANCHAEA 215
Subfam. PLEUROBRANCHAEINAE
Caractères : voir ci-dessus.
Gen. PLEUROBRANCHAEA LEUE, 1813 _
(Syn. 2 Pleurobranchidium DE BLA1Nv., 1825 ; Cyanogasler (RUDoLPnx)
DE Bnv.; ? Koonsia Vamuu., 1882 (1); Pleurobmnchillus Benoit.)
Caractères de la sous-famille : grande taille ; forme ovale, un peu
atténuée en arrière. Dents bicuspides. Voile papilleux, à angles tentacu-
liformes.
Pleurobranchaea meckeli LEUE, 1813. — 7 Pleurobranchus bolearicus
Dsranocua; Pleurobranchidium delle Chiajei VERANY, 1846.
La longueur atteint 100 mm. ; forme haute, branchie petite, non
cachée ; environ 1/3 de la longueur du corps.
Couleur blanchâtre frottée de noir par places, et très inégalement suivant
les individus. Il y a souvent un petit cône tégumentaire, dressé, sur la
queue, mais il ne paraît pas constant.
Le pied est grand, avec une glande sous la partie postérieure de la
sole. Le voile frontal se termine de chaque côté par un tentacule enroulé
semblable au rhinophore, et les quatre tentacules contiennent des lamelles
olfactives (niées par certains auteurs). Les orifices génitaux sont rappro-
rhés, sur le flanc droit, et l’orifice pénial est en avant de l’orifice femelle (2).
Le sac prébranchial (glande de Bourne) s’ouvre par une fente très appa-
rente, sur une papille, au—dessus de la racine de la branchie; par cet
orifice, il est facile d’injecter le système sanguin, sans aucune rupture
de paroi. Au—dessus du système nerveux, on voit une glande sanguine
comme chez les Doridiens. '
Il ya des glandes salivaires et en outre une glande « ptyaline » impaire
qui débouche à l’entrée du bulbe, dorsalement. Le bulbe est fort (3),
très musculeux, avec deux mâchoires allongées formées d’éléments fort
différents de ceux des mâchoires des Pleurobranchinae: ce sont des
colonnettes prismatiques, dont la face du côté interne est polygonale
avec un bord parfois légèrement serrulé. Les dents sont bicuspides chez
toutes les espèces du genre, sauf les premières et les dernières des rangées
qui peuvent être simples et un peu rudimentaires. Les cuspides sont
inégales. Chez P. meckeli elles sont épaisses, robustes et un peu courbes.
1 . Le genre Koomia VERRILL, 1882, est au moins très voisin, mais aurait, selon VERRILL,
de petits crochets au pénis, fait exceptionnel dans cette famille.
2. Il est curieux de noter qu’i1 a été trouvé sur les côtes de la Chine des individus
correspondant exactement à. l’espèce ci-dessus, mais qui en différaient par le fait que
Poriflce pénial se trouvait en arrière de l’oriI·1ce femelle (Tchang-Si).
3. PILSBRY insiste sur la grosseur du « muüe n. Il s’agit certainement du bulbe buccal
protracté, tel qu’0n le trouve presque toujours chez les animaux fixés et conservés,
et généralement sur les figures représentant 1’espèce. Mais ce n’est pas là son aspect
naturel, en vie. Celui-ci, est bien rendu par CANTRAINE.

216 Motwsguss opxsrnosmmcuns
Les commissures du système nerveux central sont très lengues, et t0us
les ganglions distincts.
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Fm. 82. -— Pleurobranchaea meclcelol. - :1, animal vu de dos; b, cténidie; c, partie
antérieure du tube digestif ; d, la « glande de Bourne » ; e, une mâchoire ; f, un élément
de la mâchoire ; g, id., vu parla face ; h, dents de diverses parties d’un rang de la. radula ;
i, bulbe bucca,1 avec les conduits salivaîres ; j, partie gauche du système nerveux cen-
tral; lc, organes génitaux; l, gaine péniale et pénis.

PLEUROBRANCHIDAE. - rnaunoaaancuana 217
Cet animal se nourrit de proies animales; il est vorace, et un dangereux
voisin pour d’autres Mollusques placés dans le même bac : j'en ai vu un exem-
plaire en ingurgiter un autre de son espèce, dont seule la partie antérieure
émergeait encore. Il nage maladroitement, mais peut cependant se déplacer
entre deux eaux par des contorsions du manteau et du pied.
Méditerranée: Sicile; Marseille; fréquente à Banyuls; Atlantique (l).
Plusieurs espèces de Pleurobranchaea ont été décrites dans toutes
les Mers chaudes et tempérées; ainsi que quelques genres très voisins
par Quov et GA1MAa¤, Bianca, ()’DoNoonUE et d’autres.
Subfam. PLEUROBRANCHINAE
Un préambule s'impose avant que j'aborde la systématique de cette famille :
c`est en effet ce que l’on peut appeler « la bouteille à l’encre ». Si la famille
précédente est suffisamment homogène et ses caractères spécifiques assez
nets, il n'en est pas de même ici. Nous ne savons pas de façon certaine quel
est l’animal que Monmcu a nommé Lamellaria, puis Bulla plumula; et si
l’on sait quel est celui pour lequel Cuvxaa créa le genre Pleurobmnchus, son
anatomie est insuffisamment connue. Les renseignements sur ce groupe, dus
ix Bianca, sont, comme toujours, très dispersés ; excellents en ce qui concerne
ses propres recherches et ses dessins, mais peu dignes de foi quand il ce recon-
naît » les espèces créées par ses prédécesseurs. Un excellent Mémoire sur
les Pleurobranchidae est dû à Vavssiàna ; mais cet auteur ne s'est pas toujours
préoccupé des fameuses Lois de nomenclature et les a transgressées parfois
avec sérénité. Pour ce groupe, comme pour certains autres, la compilation
de Taima, 1931, est inutilisable ; et l’on ne peut entièrement suivre Prtsanv,
1896. Lorsque le genre Pleurobranchus a été démembré comme tant d’autres,
les caractères choisis comme caractères génériques étaient tous externes;
ils ont été reconnus depuis être de peu de valeur.
Mais peu nombreux sont encore les Pleurobranches dont les organes internes
sont bien connus. C’est ainsi, par exemple, que de deux Oscanius, l’un a
une prostate et deux vésicules spermatiques, l’autre n’en a qu’une; dans
d’autres groupes, une différence de ce genre est estimée fournir un caractère
générique; par contre, l’existence d’une expansion tégumentaire autour
des orifices génitaux et surtout de nodules sur le rachis de la branchie, parti-
cularités que GRAY, par exemple, met en avant pour caractériser des genres,
peuvent paraître négligeables à défaut d’autres pour les appuyer. Plus tard,
c’est la radula et l’élément de mâchoire qui ont été mis en avant. Mais, s’il
y a deux types de dents bien tranchés, il a été trouvé des intermédiaires;
de plus, les éléments de mâchoire simples ne sont pas toujours associés au
même type. Enfin, la coquille, qui serait un objet commode à conserver et
à dessiner, tantôt disparaît entièrement, tantôt est grande et ovale, tantôt
petite, spatulée, étroite, et sa position varie sans qu'il y ait aucune concor-
dance entre ses caractères et ceux de ce que les conchyliologistes appellent
les « parties molles ».
Je suivrai ici autant que possible les décisions de N. Ooanaa, un spécialiste
très soigneux et compétent ; dans ses travaux récents, car il a lui-même varié.
Et je n’ai eu malheureusement à ma disposition que peu de Pleurobranchidac :
à Banyuls, deux sont communs, les autres fort rares selon mon expérience.
1. Trouvé dans Pestomac de Thons péchés dans 1’Atlantîque. De plus, la var. occi-
dentalis BERGH se trouve aux Antilles.

218 MOLLUSQUES o1>1s·rHoBRANcHEs
Le manteau a un bord surPlombant les flancs, à des degrés divers,
En avant,·Ie·bord est arrondi ou échanrcé, et surplombe le voile froI1taL
qui remplace des palpes, représentés par ses angles latérauX·plus ou
moins saillants. Les rhinophores auriculés sont situés à 1’arrière de ce
voile, et plus ou moins cachés par le manteau.
Coquille interne ou nulle (1). Manteau lisse, granuleux, ou tubercu-
leux. Système nerveux concentré, situé en arrière du bulbe; éléments
de la mâchoire allongés, ayant sur la face libre une forme en ogive, mais
portant vers‘le milieu de leur longueur, de chaque côté, une sorte de
petite cheville mousse qui s’engrène dans une cavité avec la plaque
voisine; le sommet est uni ou découpé en denticulations variant en
nombre de une à cinq ou six, selon l’espèce, et aussi jusqu’à un certain
point selon Pemplacement d’un élément au milieu ou au bord.de la
mâchoire (2). Les dents sont de l’un des deux types figurés page 216,
crochues, simples ou un peu denticulées, ou allongées, minces et très
serrées, formant brosse.
Gen. PLEUROBRANCHUS Cuvier., 1805
Caractères de la sous-famille. Créé pourl’espèce Pleurobranchus peroni,
qui est exotique, il a été subdivisé en plusieurs genres d’inégale valeur
systématique: Pleurobranchus s.s. ; Berihella DE BLAINVILLE ; Berthel-
lina (3) Gannmnn; Oscamius LEMAH ; Susania GRAY, dans nos climats»;
et en outre Pleurobranchopsis, Oscaniellcz BERGH ; sans compter Gymna-
ioplaœ, qui a été fondé sur un individu probablement mutilé, dont la
coquille n’était pas recouverte par le manteau.
Gen. OSCANIUS « Leacn >>, m. s., 1819, GRAY, 1847
(Syn. : Pleurobranchus p.p. auctt. ; Bulle et Lamellaria p.p. l)(l0NTAGU ;
‘? Disccides RENIER, 1804 et 1807.)
Ce dernier nom devrait avoir la priorité ; mais s’il est à peu près certain
qu’il s‘appliquait à un Pleurobranchidé, et assez probable que l’espèce
était O. luberculaius, la diagnose est si peu explicite que l’on ne peut
être sûr de son identité.
Le genre Oscanius a été créé pour des Pleurobranchidés d’assez grande
taille, de forme arrondie, avec manteau bien distinct du pied, échancré
en avant, ce qui permet de voir une grande partie des rhinophores enroulés
et rapprochés à leur base ; la branchie, en partie recouverte par le bord
_palléal, est assez grande, bipinnée, pliée, et porte des tubercules sur le
1. (P) Elle ne manque pas chez les espèces de nos côtes et peut-être chez aucun Pleu-
robranchiné.
2. Elles sont plus simples et moins régulières sur les bords,
3. Si le nom est va.lable...(?).

rnnunonnmcxinsm. ··- osemxus 219
rachis, alternant d’un côté à l’autre. Il y a auteur des orifices génitaux
une feuille externe, découpée et non rétractile. '
Il yla une coquille interne, mince et.· fragile; des glandes salivaires et
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FIG. 83. — Oacanius tuberoulalua. — a, animal vu de dos ; b, brenchie et feuille génîtele ;
c, bulbe buccel ; d, les deux paires de tentacules ; e, mâchoire ; f, éléments de la. md.-
cholre ; g, dents: h, dents près du rachis ri, spieulesf
une glande « ptyaline »; une glande de la sole pédieuse et une « glande
de Bourne » (ou sac prébranchial) avec orifice au·dessus de la racine de
la branchie. Dents unciformes simples ou avec un denticule ; mâchoires
composées d’éléments denticulés.

220 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
1. Oscanîus tuberculatus MECKEL, 1808 (Pleurobmnchus) ; DELLE
CHIAJE. —— Lamellaria membranacea llrl0NTAGU§ Bulla membranacea
Mro. ; Pleurobmnchus LESUEUR et lesueuri DE BLV. ; PHIL. ; Pl. de Haanii
CANTR. ; Oscanius argenfalus LEACH; ‘? Pl. denoiarisii VER.
Généralement connu sous le nom de membranaceus donné ar MoN-
P
TAGU, mais qui n'est pas le plus ancien.
· A vl/N [ [
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Fm. 84. -— Osmmius tubereulams. -—· ex, organes génitaux ;
b, ponte ; c, système nerveux central.
Forme : ovale-arrondi ; taille 60 mm. ; manteau granuleux, dépassant
le pied tout autour (du moins dans la position de repos), sauf tout à fait
en arrière et un peu à droite. Branchie en partie attachée, libre seulement
dans son tiers postérieur; bipinnée, noduleuse. Anus dans le pli tégu-
mentaire qui soutient la branchie, tourné vers l’arrière. Pénis flagelli-
forme et grande feuille génitale externe; l’orifice rénal est contigu à
la branchie, devant son extrémité antérieure (et non au-dessus, où l’0n
voit l’orifice de la « glande de Bourne », ou sac prébranchial dont Foriflce
a été pris parfois pour le pore rénal). Yeux à la base des rhinophores,
visibles par transparence; en dessous, un voile buccal quadrangulaire
terminé par de petits palpes auriformes.
Couleur: ocre à rouge carmin ou vineux, avec un·réseau plus·foncé

rnnunonnmcxrxxzmn, — oscamus 221
et de petits nodules plus clairs au milieu des mailles; pied plus clair.
Il y a une prostate arrondie et une vésicule spermatique.
1 La coquille est grande, très mince et fragile, la partie calcaire revêtue
de minces couches cuticulaires ; ovale—arrondie, sans tortillon, rougeâtre-
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Fm. 85. - Oacwnius teatudinarius. - a, animal vu de dos ; b, branchie et feuille génitale,
face ventrale ; c, feuille génîtele; d, coquille, dessus; c, id., dessous; f, dents; g, élé-
ments de ln. mâchoire.
vineux, et irrisée, grâce à une striatîon extrêmement fine de petites
lignes parallèles au bord.
Ptadula: dents près du rachis, petites; plus loin, elles deviennent
robustes avec un dentîcule en dessous, puis simples, et plus·petites.
Les éléments de la mâchoire ont un petit nombre de denticules de chaque

222 Mo1.x.UsQUEs OPISTHOBRANCHES
côté, deux ou trois au plus, variables, mais d’une grandeur inusitée dans
le groupe.
L’animal nage avec des contorsions du pied, non du manteau, qui
peut alors être contracté de façon à paraître plus petit que le pied.
Ponte : une grande masse blanchâtre et transparente, haute et épaisse,
en forme de toupie, enroulée en spirale, dans laquelle les cordons d'œufs
zigzaguent verticalement.
Méditerranée probablement sur tout le pourtour; fréquente à Banyuls.
Atlantique: Angleterre.
O. dehaanii (CANTR.) est une variété ou la forme jeune.
2. Oscanius testudinarius GANTRAINE (Pleurobranchus), 1840. ——
Pleurobranchus iuberculaius et forskahli D. CH., non MECKEL (1} ; Pl.
mammillaius Souuxxrz-Pmn. non Quov et GMMARD.
Grande espèce, 190 mm. X 140, à manteau beaucoup plus large que
le pied et profondément échancré en avant; dans cette échancrure on
voit les rhinophores qui ne dépassent pas son bord ; le dessus du manteau
est divisé par des lignes en réseau, en compartiments polygonaux iné-
gaux; distincts dans le milieu du dos, mais devenant indistincts vers
les bords. En dessous, on voit le pied avec la glande pédieuse postérieure ;
le voile buccal carré, avec des sillons aux angles (palpes). Le sillon anté-
rieur, et à droite la feuille génitale et la branchie très grande, recourbée,
repliée, libre sur toute sa longueur, avec rachis un peu noduleux, et dont
l’extrémité dépasse le manteau derrière. Coquille relativement très petite,
elliptique, bombée.
Radula 1 200—0—200. Dents crochues, fortes ; éléments de mâchoire
avec les expansions latérales fortes et deux denticules de chaque côté
du sommet et tout au bout. Couleur du dos ocre rouge nuancée ; les tuber-
cules séparés par des lignes pourpres. Une glande de la sole pédieuse.
Gen. BERTHELLA DE BnA1Nv1L1.E, 1825
(Syn. : Cleanihus (LEACH) GRAY; Pleurobranchus p.p. auctt. ;Bulla p.p.
Moxrxiou, 1811 ; Bouvicria VAYSSIÈRE ; non Berlhella : Vavssirlnn,
BEBGH, ENGE1., ODHNEP., 1926; PHUVOT—FOL, 1934, etc. ? Gynznoloplax
Pitsnm'}.
Le type en est la Bulla plumulo de MoN·rAGu, ou perforaia, et le genre
1. Le nom de Pleurobmrwhus forslcahlé a. été donné la. même année, 1828, à deux espèces
différentes, par DELLE Cmwm eb par Rürrnm. et LEUoK.m1* ; en lui préférant pour 1’es—
pèce méditerranéenne de D. CHIAJE le nom de testudinams CANTRAINE, 1836, il eût été
régulier de vérifier la date et le mois des publications. Peut-être cela. a-t-il été fait P
Le synonymie est celle proposée par Pmsnnï, que je crois exacte ; 11 n’y n. pas lieu
de tenir compte d’erreure dînattention ou d’er1·eurs typographiques, qui ont fait écrire
1 R. ·¤ forskahli D. CH. par Pmsnny, et Pl. ¢ tesiidumzrius » par VAYSSIÈRE, à. diverses
l’8pI'l56S·

Puwnonnnnciiionn. -- BERTHELLA 223
comprendrait, selon les derniers travaux, le Pleurobranche orangé de
Rxsso.
ll n’y a pas de glande pédieuse; les dents sont simples, crochues,
très nombreuses, et les éléments dc la mâchoire ont le plus souvent de
un à 6 ou 6 denticulcs de chaque côté à leur bord antérieur, mais peuvent
en manquer.
On trouve ce genre dans toutes les mers, il a été décrit d’abord des côtes
britanniques et scandinaves, et de la Méditerranée.
1, Berthella plumula. Mozvrncu, .1803 (Bulla). —-· Berthella porosa
BLAINVILLE; ‘?? Pleurobranchus per/oralus Prutirrr, 1844; ? Pleur0—
brannhus breuîfrons Pmx.x1>i>i, 1844; `2 Pleurobranchus fleuriausi D’ORB. ;
? Pleurobranchus porosus Lnncri ? DE BLA1Nv1L1.£.'; Pleurobranchus
plumululus « Mm. >> Locnxm; Cleanthus monlagui Lance; var. alba
NlAliS}IALL; ? Pleurobrtmchus clongoius Carrra.
Coquille ovalœsubquadrangulaire ;un pou solide, peu compacte ';
luisante et un peu irisée ; stries Iongitudinales serrées très fines, surtout
visibles près de la spire; croisées par des lignes d’accroissement irrégu-
lières, nombreuses; coloration beige, x·ouge·brun, rarement blanche;
spirc très petite, tordue de côté, située près du bord interne de la partie
plus étroite; deux tours dont le premier un peu proéminent. ·
(Lorps ovoïde, jaune citron, llasque, moucheté de blanc et réticulé
de lagon peu apparente, avec des pustules éparses; manteau mince
dorsalement, épaissi au bord, un peu rétréci à droite sur la branchic ;
voile buceal divisé en deux longs lobes terminés en pointes mousses;
les rhinophores dirigés un peu en dehors; yeux rapprochés, situés du
côté interne des rhinophorcs ; pied allongé, tronqué et bilabié en avant,
arrondi en arrière avec bord onduleux; branchic portant 20 pinnules
de chaque côté ; parfois plus foncée que le corps ; long. : 1 inch (25 mm.
env,}. I
Atlantique: Côtes de Grande-Bretagne; France, Norvège, Manche et
Méditerranée. p
2. Berthella stellata. (Rxsso), 1826 (Pleurobmnchus).
Coquille haliotidiforme, épaisse, irisée, translucide; spire peu proé-
minente; jaune ambré; rides microscopiques serrées, longitudinales`,
causant l'irisation. Coquille 8 X 5 mm. Oriiices génitaux réunis dans
un vestibule commun.
Diflère du Pleurobranche orangé par sa couleur, qui est jaune pâle
avec des taches blanches en forme d’étoiles (1). Ce n’en est peut·étre
qu’une veriétéde coloration, car on connait mal l’étendue des variations
l. Selon Vnvssxànn, le manteau, citron, porterait de tra nombreuses petites taches
brunâtres sur toute la surface dorsale, sauf au milieu, qui porterait UBB grande tache claire
en croix, entourée d‘e.utres plus petites, et la coquille aurait la. moitié de le longueur du
COPPE-

224 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
de couleur dans ce genre ; il me paraît certain, tout au moins, que l’animal
étudié par MAzzAaELL1, 1891, sous le nom de Pleurobranchus slellaius
Risso avait toutes les caractéristiques de Yauranliacus 1 grande coquille,
avec stries spirales visibles sur le nucléus ; dents et pièces des mâchoires
conformes. Je crois aussi comprendre que des échantillons provenant
de Rovigno, déterminés par ODHNER autrefois comme slellalus, sont
aujourd’hui regardes par lui comme étant des individus de l’auranliacus.
La vérification sur des échantillons frais reste à faire.
Méditerranée : Nice, Rovigno, etc. ?
Parmi les Pleurobmnchidae soigneusement décrits par VAYSSIÈRE dans
son important ouvrage de 1898, il ne paraît pas facile de décider quelle est
la forme méditerranéenne ou autre qui correspond à la « véritable ai Bulla
plumula Mrs. Selon Gaanmnn, ce pourrait être Bouvieria perforata-fleuriausi,
qui est tantôt blanche-irisée, tantôt jaune; la question reste ouverte.
ll en est de même pour la forme que VAYSSIÈRE avait prise pour la Bulla
plumula et qui est restée d’abord sans nom, à moins qu’elle 11'en ait trop.
C’est celle qui va suivre.
i 3. Berthella. aurantiaca (Rissol, (Pleurobranchus), 1818.
Synonymie incertaine, qui reste à établir.
ll existe un certain nombre de belles figures représentant le Pleuro-
branche orangé ; toujours d’une belle couleur un peu translucide orange
ou abricot, plus foncé au bord du manteau, parfois avec une tache rousse-
brunâtre dorsale, produite par les viscéres vus par transparence (lllagasin
de Zoologie, 1831...). Le manteau, ovale allongé, un peu plus petit que
le pied, laisse apercevoir le pied, même en avant et parfois sur les côtés,
ainsi que le voile, les rhinophores et la branchie.
Coquille relativement très grande, environ moitié plus courte que
l’animal : 13 et 8 mm. sur 30 et 15 pour l’animal.
Mâchoires près de deux fois plus longues que larges, avec moins de
2.000 pièces, qui ont de chaque côté 3 ou 4 deniicules pointus qui des-
cendent jusqu’à Pexpansion latérale d’engrenage. Radul.1 70 >< 80-0-80,
dents crocbues, simples, à base assez large, petites et de taille très inégale.
Selon \’·AYSSIÈRE, Plcurobranchus elongaius CANTIIAINE est synonyme.
(Pest probablement exact. Mais selon la nouvelle interprétation des genres
par GARDINEI1, adoptée par ODHNER, il semble que ce serait à cette espèce
que devrait s’appliquer le nom de Bulla plumula l\rlONTAGU ou Berlhella
plumula (lVlONTAGU). La très belle figure en couleurs représentant Pleu-
robranchus plumula dans Foaniss et HANLEY (British Animals) est bien
certainement le même animal que celle du Magasin de Zoologie et celle
de la Pl. 13 de Vmrssiànn, 1898 ; il n’y a pas de dessin de la coquille,
mais on devine ses contours par transparence, et elle est relativement très
grande. L’espèce suivante est-elle encore synonyme ? 11 ne m’appartient
pas d’en décider,

rLEuRoBnANc111DAE. — BERTHELLA 225
Méditerranée : Italie ; Sicile ; Mer Égée ; France; Marseille, Villefranche".
Atlantique: France, Angleterre.
La synonymie des Bcrihella (nouveau régime) est si incertaine que
je donne ci-après leurs diagnoses, comme appartenant à des espèces
distinctes.
4. Berthella. olongata. (CAN'1·RA1N1s), 1836 (Pleur·0branchus).
Coquille petite, auriculée; à spire peu proéminente ;solide, épaisse,
mais translucide; coloration ambrée; long.: 10 mm.; larg.: 7 mm.
Corps ovoïde, orangé translucide ou orangé vif; téguments délicats;
manteau petit, ne couvrant pas le voile buccal ni les rbinophores, ni
l’extrémité du pied; pied presque deux fois aussi long et aussi large
que le manteau ; branchie longue, repliée, avec 16 ou 17 pinnules de chaque
côté ;orifices génitaux comme dans le genre ;long. 31 mm., larg. :17 mm. ;
radula de formule 70-0-70 ;les dents crochues, non denticulées ; mâchoires
composées d’éléments ayant cinq denticules de chaque côté de la pointe.
Cette espèce est regardée habituellement comme synonyme du Pleu-
robranche orangé de Rrsso, soit Berthellu auranliaca de la nouvelle
nomenclature; mais on remarquera que les proportions de la coquille
et du corps sont de 1/3 et non de 1/4 ou 1/5.
Marseille. Açores.
5. Berthella. ocellata. (D. CMIAJE), 1828 (Pleurobranchus) ; Bouvieria
monlerosali V.~.Yss1ÈnE. 1880.
Ovale arrondie, le manteau dépassant le pied partout. saut un peu
derrière; il est légèrement bosselé, plus clair sur les parties en relief,
beige ou ocre pointillé de brun autour des parties élevées. Le manteau
cache le pied, la branchie et le voile, ne laissant voir d’en haut que les
rhinophores. La branchie a près des deux tiers de la longueur du corps.
Mâchoires longues, environ trois lois plus longues que larges, avec environ
4.000 pièces dépourvues de denticules latéraux. Radula env. 100 X 130-
0-130; coquille auriculée, allongée, peu bombée, blanche, translucide,
assez solide, à nucléus proéminent; stries d’accroissement visibles.
Long. 10 mm., larg. 4 mm. chez un animal de 55 mm. sur 40.
VAYss1ÈaE ayant classé cette espèce parmi ses Bouvieria, cela suppose
qu’elle n’a pas de glande sous le pied ; d’autre part, le dessin qu’il a publié
de son appareil génital montre qu’elle possède une prostate et que les
glandes annexes sont unies à l'oviducte, tandis que les vésicules copula-
trices débouchent au dehors indépendamment et ensemble.
Méditerranée: Naples; Sicile, Corse, Marseille.
6. Berthella perforata (Pmurri), 1844 (Pleurobranchus) ; ? Pleure-
branchus fleuriausi D’0RBIGNY, 1835, selon VAYSSIÈRE.
Coloration: blanc hyalin un peu rosé ou bleuté irisé. Le manteau
is

226 MOLLUSQUES oP1sT1·xoBRAN¤HEs
couvre le pied sauf derrière, et laisse apercevoir en avant le voile et les
rhinophores. Coquille moyenne, solide, auriculée·ovoïde, blanche ou
ambrée—rosée, à tortillon rejeté sur la partie dorsale ; stries d’accroisse-
ment bien marquées, les spirales visibles seulement sur la partie pos-
térieure. Dimensions: animal 30 mm. sur 17; coquille 14 mm. sur 7.
Mâchoires à peine deux fois plus longues que larges ; environ 2.000 pièces
ayant 4 à 5 denticules de chaque côté. Radula, formule 70 >< 75-0-75.
Dents assez fortes, peu inégales.
Classée aussi parmi les « Bouvieria » qui n’ont pas de glande pédieuse ;
la figure (partielle) du système génital montre les vésicules copula-
trices débouchant indépendamment, ensemble.
A la description de VAYSSIÈHE, il est bo11 d’ajouter quelques points
de la diagnose de PHILIPPI, qui est trop longue pour la copier intégrale-
ment... Pallio punciis mzmerosis impressis veluli perforalon. pede pallium
aequanle ; iesia magna... long. 13 %, Ial. 8 %, allum 6 %. Pallium
valde conveazum, onlice reiusum, posiice roiundaium. ad laiem obsoleie
verrucosum, undique punciis profunde impressum an glandulis ? veluii
perforaium... Branchiae in dimidia corporis longiludine principium
habenl... usque ad 3/4 longiiudinalis vero adnafe sun} (coquille) lcnuissi-
mam usque ad 3/4 corporis longiludinem producfam rœhibufI...
Méditerranée: Sicile, Sète. Atlantique: La Rochelle, le Pouliguen, Noir-
moutier.
7. Berthella sideralîs (LovEN), (Plrurobronchus), 1846.
G’est une espèce bien distincte, qui a des dents allongées, minces,
droites, simples, et les éléments de la mâchoire avec la partie supérieure
plus large, plus arrondie que chez d’autres Pleurobranohidés, avec plu-
sieurs petits denticules qui vont en augmentant vers le sommet: ce
sommet n'est pas nettement. détaché, mais parfois formé par un denticule
ou deux, pareils aux autres. La coquille a, selon LovÉN, 4 mm.
Atlantique Nord: Côtes de Scandinavie.
Gen. BERTHELLINA GARDINER, 1936, n.n.
Pour Berlhella « DE B1.,~,1Nv1LLE » VAYSSIÈRE, non Btv,. 1925, non
Beriellinia (1) Môncu, 1876.
Il faut reporter sur ce genre les caractères que VAYSSIÈRE, et à sa suite
BERG1-1 et tous les spécialistes, ont attribués à Berihella DE BLAINVILLE,
soit: pas de glande de la sole pédieuse ; dents longues, plates, à base
réduite et sommet denticulé en dents de scie (de deux à douze denticula-
tions env.) et pièces des mâchoires pointues, 11on denticulées sur les côtés,
ou avec un ou deux denticules au plus ; vésicules copulatrices débouchant
ensemble et indépendamment. ll y a une prostate.
1. Ces deux noms sont si semblables que 1’0n peut douter de la. validité du dernier
en date.

PLEUROBRANCHIDAE, -— BEm·HELLxNA 227
Berthellina engeli Gwniwna, 1936, n.n. pour Berlhella plumula Vsïs-
s1ÈnE, non MoN1·M;u; Pleurobranchus americanus VERHILL ; ? Pleure-
branchus daulzenbergi Wxrsom; ‘? Pleurobranchus fleuriausi D'ORB.;
? Pl. perforalus PmL1P1>z ; ? Pleurobranche orangé de LACAZE·DUTHlERS,
non Rxsso.
La coquille est petite, environ 1/4 à 1/5 de la longueur de Panimal,
et les stries spirales sont visibles jusqu’au bord, consistant en séries de
petits points en creux. La couleur du manteau est jaune, translucide;
il est lisse et assez bombé. Taille 30 mm.
Mâchoires presque trois fois plus longues que larges; éléments sans
denticules. Radula : 75 >< 155-0-155; dents longues, avec 5 à 12 denti-
cules. Anus tout près du point où finit le mésentère branchial. Partie
libre de la branchie relativement courte.
Méditerranée: Italie, Sicile, Gênes, Naples ; Baléares ; Nice, Villefranche.
Adriatique. (Les autres habitats indiqués par Vayssxàna sont ceux de l’espèce
de Morxraou.)
Un bon nombre d’espèces avec les caractères génériques de celle-ci ont
été décrites : B. edwardai Vnvssràmz, trouvée aux Açores, qui a une coquille
relativement grande. B. brocki Vavssxiana, qui est le Pleurobranchus puncta-
tus de Quov et GAIMAHD ; B. quadridcrw Môacn, etc. Il reste encore beaucoup
à faire pour établir les synonymies et les aires de distribution qui paraissent
être assez vastes... et souvent méconnues.
INCERTAE Sams
Pleurobranchus denolarisii VERANY, 1846.
« Pleurobranco di Denotaris. -—— Corpo largo, colore roseo; mantello
tubercoloso; tubercoli piramidali e protratti in punta anteriormente ;
piede largo quanto il mantello ; branchia della lunghezza del medesimo,
di color tendente all’azzurro. Lung. 60". Larg. 45". Riviera di Ponente,
molto raro. »
Pleurobranchus sauii VER., 1846.
« Pleurobranco di Savi, Verany. —-— Corpo ovale. comprcsso, color
nankino. Mantello più piccolo del piede, marmorizzato di bianco e di
color ciocecolata. Tentacoli e testa coperti di punti ferruginei. Orlo del
piede tendente all’arancîo. Branchia più lunga del mantello, di colore
azzuro chiaro. Lung. 45". Larg. 32". Haro, nella riviera di Ponente. »
Pleumbranchus conlarinii VERANY, 1846.
« Pleurobranco di Contarini, Verany. — Corpo ovale, di color vinaceo.
Mantello più piccolo del piede, coperto di macchie irregolari rosso lacca
e di piccole verruche irregolari giallognole. Testa, tentacoli e parte supe-
riore del piede, punteggiati di rosso. Branchia uguale al mantello.
Conchiglia grande e membranacea. Lung. 50". Larg. 3ô". Pescasi di
rado, dai 150 ai 200 metri di profondità, nel Golfo di Genova, »

228 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
(Cette dernière espèce est à peu près certainement synonyme de Osca-
nius luberculalus, et pourrait donc être retirée des espèces incerlae sedis.
Il en est de même de la suivante : Pleurobranchidium delle Chiaii,
qui est sans aucun doute synonyme de Pleurobranchaea meckeli.)
Pleurobranchus calyplroides Fonlsns, 1844.
Corps ovale, lisse, de couleur jaune citron; à manteau orbiculaire
convexe; queue découverte, large et obtuse; à tentacules linéaires.
Lg. 37 mm.
Morée.
Pleurobranchus limacoidcs FoRBEs, 1844.
P. à corps oblong, lisse, orangé; à manteau ovale, plat, peu élargi;
queue à découvert et lancéolée; à tentacules allongés, linéaires. Lg.
63 mm.
Cyclades.
Pleurobranchus sculaius Fonens, 1844, non P. scuialus DE MAR'FENS.
Corps arrondi, rouge orangé; à manteau large, rugueux, convexe,
proéminent en avant ; queue cachée par le manteau ; à tentacules
linéaires. Lg. 25 mm.
Cyclades.
Pleurobranchus sordidus Formes, 1844.
Corps arrondi, convexe; à manteau rugueux, brun sale, proéminent
en avant ; à pied quadrangulaire, blanc ; queue très courte ; à tentacules
linéaires blancs; bouche orangée. Lg. 1920 mm.
Paros.
Pleurobranchus brevifrons PHILIPPI, 1844.
P. à manteau ovale, arrondi en avant, très lisse ; à pied moins large
que le manteau, mais plus long;hranchie petite ; coquille grande, conservée
dans l’alc0ol, manteau 7 X 5,5 mm. ; semi-globuleux, arrondi de chaque
côté. Branchie tripinnatifîde. Coquille grande, mince, oblongue, de
5,5 >< 3 mm., atteignant les 3/4 de la longueur du corps, à sommet spiral
très petit. Limbe du manteau et tentacules violacés.
Espèce dont la position générique est indéterminée, mais qui a été
fîgurée et pourrait être reconnue.
Sicile.

NUDIBRANCHES 229
ORDRE DES NUDIBRANCHES
SUPERFAMILLE PLATYGLOSSAE
(Doridae propriae ; Phanerobranchiala de BERGH)
Doridiens cryptobranches:
Les Doridiens cryptobranches non suceurs (les Dendrodoris exclus)
sont caractérisés par la possession d’un manteau ou tégument dorsal
rarement uni et lisse (Glossodoris, Heœabranchus), plus fréquemment
granuleux, villeux ou tuberculeux; contenant souvent des spicules;
dépassant le pied tout autour, sauf parfois en arrière, où le pied est plus
ou moins visible pendant la marche ; par les rhinophores rétractiles dans
des cavités du manteau et formés d’une hampe avec des lamelles,presque
toujours, sur une partie de sa longueur ; par une branchie formée de
feuillets pinnés ou subdivisés, ramifiés, situés sur la partie postérieure
du dos autour de l’anus, et rétractiles dans une cavité; par la position
de l’anus et du pore urinaire entre ces feuillets branchiaux, et celle de
la papille génitale diaule sur le flanc droit. Il y a deux glandes san-
guines au-dessus du système nerveux central ; deux vésicules spermati-
ques : la spermatothèque et la spermatocyste ;une glande de l’albumine
et une glande du mucus ou nidamentaire ; souvent une prostate et une
glande vestibulaire.
Le bulbe buccal, accompagné de deux glandes salivaires, contient
toujours une radula pluri-(multi·)sériée ayant très rarement une dent
médiane ; et quelquefois à son entrée un anneau ou des plages de bâton-
nets chitîneux formant l’armature labiale, et constituant très rarement
deux masses pouvant porter le nom de mâchoires (1). Le foie est compact,
accompagné d’une vésicule plus petite: « vésicule biliaire »; il n’y a
pas de gésier, ni aucune armature interne dans le tube digestif; mais
il y en a parfois une dans la partie dislale des organes génitaux. Ils se
nourrissent d’éponges. La ponte est rubanée ou en cordon, enroulée en
spirale, fixée par un bord, l’autre étant généralement onduleux.
L’organe qui fournit les caractères les plus sûrs et les plus commodes
est le bulbe buccal. Tout d’abord il permet d’éliminer des « Doridiens
vrais » les Poroslomala, qui en sont dépourvus ; puis les Sucloriae ou
Leploglossac, qui ont un appareil suceur musculeux annexé au bulbe :
1. Bathydorris ; H exabramhua, Erythrodcrrîa. Au sujet de ce genre, je le maintiens malgré
la suggestion de N. ODHNE11 qu’i1 s‘a.g·irait d’un Pleurobranchus.

230 Monwsouns ovrsrnoeaancnns
bien entendu, des caractères concernant d’autres organes s’ajoutent à
ceux-là et viennent les corroborer. Pour séparer les Polyceradae, il faut
en invoquer d’autres : rhinophores et branchies non rétractiles dans des
cavités, en plus de la radula généralement spécialisée; absence de gésier
suceur. Ils constituent avec le groupe précédent les Dorididés phanéro-
branches.
Mais ensuite, il reste tout le groupe nombreux des « Doridiens vrais »,
Dorididae s. s., pour lesquels les caractères du bulbe et de la radula sont
encore fort utiles, mais non suffisants. Après avoir mis à part quelques
familles et genres à radula très spéciale, comme les Rosianginae, Aldi-
sinae, Glossodoridinae par exemple; d’autres qui, exceptionnellement,
possèdent des mâchoires (Baihydoridimze, Aegirefinae) ou une armature
labiale de forme bien définie (Discodoris); cela, joint à d’autres carac-
tères comme la forme, la consistance du manteau, lisse ou granuleuse,
les proportions du manteau et du pied. Il faut avoir de plus recours
aux armatures génitales, qui consistent en stylets annexés au pénis;
en épines ou en plaques épineuses dans le vas deferens ou dans le vagin.
Restent encore à examiner les orifices rhinophoriens et branchiaux, leurs
valves s’il y en a et la forme des palpes buccaux. Enfin, N. ODHNER
attache quelque importance à la position relative et aux connexions
des vésicules spermatiques.
Caractères à observer pour la détermination :
Caractères externes : Forme, consistance, tubercules ou autres reliefs.
Palpes. Pied : partie antérieure bilabiée (indication abrégée : sillonné) ;
lèvre supérieure divisée par une échancrure (indication abrégée : fendu).
Branchies: nombre ; ramification: pinnées, bipinnées, tri ou quadri-
pinnées, Forme de l’orifice de la cavité.
Les rhinophores sont très peu variés (coudés, mucronés...), orifices
garnis de tubercules spéciaux, ou non.
Couleur. Ornementation.
Caractères internes : Le tube digestif offre peu de variantes. Le foie,
compact, représente le lobe gauche, le droit étant réduit à une vésicule
dite « vésicule biliaire ». Il est généralement recouvert par la glande herma-
phrodite (sauf chez Alloiodoris). L’estomac est généralement plissé à l’inté-
rieur. Bulbe buccal: deux glandes salivaires; une cuticule labiale, qui
peut être renforcée par places par des bâtonnets droits ou crochus, serrés,
formant l’« armature labiale ». La radula surtout offre des variantes
utilisables. Par exemple, une Iœ dent très spécialisée chez les Aciino-
cyclinac (Aciinocyclus (: Spherodoris) et Hallaœa). Des dents bifides
nettement distinctes, mais différenciées par des modes divers. Les dents
peuvent être crochues et serrulées sur un bord : Glossodoris p.p. ; ou
dressées et pectinées à leur extrémité : Thordisa ; ou dressées, très fines,
pectinées à leur bout arrondi et creusé: Aldisa; les marginales drcs·

Nu¤mnANcnEs 231
sées et très serrées, imbriquées : Geilodoris, ou rroehues et denticulées
(aussi chez des Doridiens différant des Glossodoris par d'autres caractè-
res) zpar ex. Alloiodoris ; ou plus souvent simplement crochues, plus petites
près du rachis et au bord externe, avec changement de forme graduel et
peu important, et diminuant de taille vers Pextérieur, d’une façon assez
uniforme. Généralement, les dents les plus médianes ont le crochet plus
recourbé, plus net (à angle droit) ;les suivantes sont en faucille, avec ou
sans un épaississement de la hampe qui se prolonge en formant une crête
dorsale, un éperon ; les marginales deviennent plus grêles et plus droites,
parfois légèrement denticulées ou serrulées, déformées, irrégulières :
Doris s.s., Archidoris, Plaiydoris. Je pense que lorsque le changement
est graduel et dénote une dégradation progressive, il ne faut pas y attacher
d’importance ni l’utiliser pour différencier les genres. Il y a parfois des
dents de 3 et même 4 formes différentes (Roslanga).
TABLEAU ons GENRES EUROPÉENS
1. Une mâchoire dorsale; rhinophores simples. . . (p. 243) Aegires.
— Pas de mâchoire dorsale ; rhinophores lamelleux ........ 2.
2. Dents radulaires de trois sortes, ou plus ..·........ 3.
—— Dents radulaires de deux sortes, ou toutes semblables ...... 4.
3. Une armature labiale ; branchies simplement pinnées.
..................... (p. 277) Rostanga.
——— Pas d’armature labiale ; branchies tripinnées. (p. 280) Carryodoris.
4. Une dent rachidienne ........... (p. 264) Echînochiln.
—— Dent rachidienne nulle, ou simple épaississement ....... 5.
5. Dents crochues; simples .................. 6.
—— Dents avec un ou plusieurs denticules ............ 7.
G. Une armature génitale présente .............. 8.
— Organes génitaux inermes ................. 9.
7. Dents crochues avec plusieurs denticules en général . .
................... (p. 256) Glossodoris (1).
— Dents extrêmement longues et fmes ; serrulées au bout. (p. 267) Aldisa.
8. Un stylet avec glande ; ou plusieurs ............. 10.
—— Pénis ou vagin, ou les deux armés de plaques épineuses .... 11.
9. Une armature labiale de bâtonnets ...... (p. 270) Dîscodoris.
—-· Pas d’armature de bâtonnets ............... 13.
10. Un seul stylet annexé au pénis ........ (p. 273) Jorunnn.
—— Plusieurs petits stylets et glandes ....... (p. 275) Paradcris.
11. Des plaques épineuses péniales ou vaginales ......... 12.
— De nombreuses petites épines péniales ..... (p. 287) Baptodoris.
12. Les plaques sont vaginales et péniales, ou seulement
l’un ou l’autre ; manteau trés ferme ..... (p. 248) Platydoris.
1. En outre, Borcodoris, forme nordique, dents avec un denticule, et Aparodoris, à.
caractères peu nets.

232 MOLLUSQUES oP1s'r1-xoB1=xANcx1Es
—— Plaques vaginales en deux rangées ; manteau peu ferme.
................. , , . (p. 245) Homoiodoris.
13. Dents toutes subsemblables ................ 14.
—-— Dents marginales différenciées ............... 15.
14. Forme aplatie, un peu rigide ; dos granuleux. . (p. 242) Peltodoris.
——— Forme non aplatie ; dos tuberculeux ............ 16.
15. Dents marginales pectinées ou finement serrulées. (p. 252) Thordisa.
-—- Dents marginales spatulées, empilées ..... (p. 266) Geitodoris.
16. Dos caréné; valves branchiales; gaines rhinophoriennes.
...................... (p. 237) Atagema.
—— Dos non caréné ; pas de valves branchiales .......... 17.
17. Pas de prostate distincte ; palpes mousses. . . (p. 235) Archidoris.
—— Une prostate distincte ; palpes digitiformes ......... 18.
18. Tubercules formant valves aux rhinophores; branchies
simples ................... (p. 232) Doris s.s.
— Pas de valves ;branchies tripinnées ; une prostate. (p.239) Anisodoris.
Famille des DORIDIDAE
Dorididae propriae ; Archidarididae de BERGH
Bulbe buccal sans mâchoires, ni armature labiale. Pas d’armature
génitale. Gonsistance non très dure, manteau généralement couvert
de tubercules. Rhinophores lamelleux, palpes tuberculiformes ou digi-
tiformes.
Les dents sont nombreuses, toutes de même type, les plus marginales
pouvant être légèrement modifiées.
Gen. DORIS (LINNÉ), Cuviitn, 1804
(Syn. : Siaurodoris BERGH, 1878; Doridigiiata D’ORBIGNY, 1839 ;
Doris p.p. auctt.; Glossodoris GRAY p.p., non EHRENBERG.)
Manteau avec forts tubercules, parfois claviformes (un peu pédonculés) ;
des tubercules autour de l’orifice branchial, et deux tubercules très forts
de chaque côté des orifices rhinophoriens; les branchies nombreuses
et simplement pinnées. Les palpes digitiformes.
1. Doris verrucosa (LINNÉ) CUVIER, 1804. - « Archidoris luberculala
Cuvmn » VAYSSIÈRE (interverties par erreur) ; ‘? Doris seposila, eubalia,
biscayensis derelicia P. FISCHER; Siaurodoris januari v. IHER.
Elle atteint quelque 40 à 50 millimètres ; le manteau porte de grandes
verrues claviformes ou semi—globuleuses, serrées, dont deux plus fortes
aux côtés des orifices branchiaux. Dix à dix-huit branchies, simplement
pinnées.
Couleur grisâtre ou jaunâtre uniforme; parfois une zone plus sombre
entoure le milieu du dos.

oonmmaa. —- noms 233
· Radula: 45-0-45; selon ELIOTZ 66 >< 60-0-60.
Atlantique (Golfe de Gascogne) et Méditerranée : Marseille ; Villefranche.
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Fm. 86. -—- Doris verrucoea. —- a, animal vu de dos ; b, tubercules du dos ; c, dents ; d,
conduits génitaux, vagin et canal déférent; e, partie du tube digestif. -D. bertheloli.
- f, animal vue latérale, branchîes, rhinophore. -— D. bicolor. ·- g, dents.
D’0RBIGNY a donné le nom de Doridigitata bertheloti (1839) à une espèce
ou variété des Canaries, dont la couleur est plus vive: rouge brique v1f et
qui a le milieu du dos garni de tubercules allongés, tandis que le bord n'en
8 (IUE d8 bC3UCO'Up PIIIS petits; CBÈÈG espèce OU. variété S6 I‘Ctl‘OUVC SUP 18.
côte Ouest d'Afrique et Est d'Amér1quc.

234 MOLLUSQUES 01=•1sTHOBRANcHEs
Nom. — D’autres espèces ont été décrites par BERGH, par v. IHE1=uNG»
etc. (Si. pseudoverrucosa IHER. ; Sl. bobretzkii GADZICKIEWVICZ), mais
elles sont incertaines ou insufïisamment connues (voir les inceriae sedis).
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Fm. 87. -—- Doris januari. -— a, orifice branchial; b, rhînophore et tubercules; c, un
tmbercule dorsal ; d, dessous de la tête ; e, vésicules spermatiques ; f, prostate ; g,spieu-
les ; h, dents. -— D. ocelligera. —- i, animal vu de dos ; f, dos et schéma; lc, palpes;
l, rhiuophore et tubercules (clapets); m, dents.
L’une est probablement le Doridien qui est nommé ci-après Homoiodoris
slicia. Mais une autre espèce est attribuable au genre, c’est 2
2. Doris ocelligera BERGH, 1881 (Siaurodoris).
C’est à cette espèce, incertaine selon son auteur, que j’attribue plusieurs
petits échantillons de Banyuls, variant entre 10 et 12 mm. de longueur
et ressemblant. par l’aspect extérieur, à Aldisa berghi VAYss. Ils avaient

noammaa. — Ancmnoms 235
les bords un peu parallèles ; de gros tubercules au milieu du dos en rangées
régulières et parallèles, les plus gros avec un point sombre au sommet.
Les valves des rhinophores n’étaient pas des tubercules complets, ni
même des demi-tubercules, mais étaient creux, formant des demi-sphères
vides, entre lesquelles les rhinophores petits, qui ne portent que 8 la-
melles environ, peuvent être enclos. Sept branchies.
Radula env. 30 ,X 39-0-39. Dents robustes, crochues ; les marginales
non pectinées (selon Bianca, 36 X 39 ou. 42-0-39 ou 42). ·
BERGH a mis en doute la valeur de.cette espèce qui, selon lui, pourrait
être le jeune de D. verrucosa. Cependai1t,·il n’a pas été trouvé d’intermé-
diaires entre ces deux Doridiens de taille très différente, et de plus la
forme des valves rhinophoriennes est différente, et les tubercules dorsaux
sont beaucoup plus gros relativement à la taille, et plus réguliers.
Banyuls (P0rt·Vendres).
3. Doris bicolor BERGH (Slaurodoris), 1892.
Conservée :3,5 à 8 mm. X 6 mm. X 3, larg. du pied :4 mm.
Tubercules du manteau de deux grosseurs, semi-globuleux. Il n’y en
a presque pas de gros sur les bords. Deux tubercules formant clapets
à l’orifîce rhinophorien, semi·globuleux. Rhinophores massifs, à hampe
courte. Branchies généralement 10, simplement pinnées, les postérieures
plus petites.
Consistance coriace.
Radula formule 34 X 17 ou 18-0-17 ou 18, les internes comme d’habi-
tude ; les 4 à 6 marginales minces, grêles, pectinées au sommet. Pigment
noir autour des viscères.
« Cette forme semble différer de Slaurodoris ocelligera par la coloration,
le nombre des branchies et la forme des dents: Le dessus du manteau
est obscur, le pied et la tête jaunes, les rhinophores jaunâtres et la bran-
chie bleue. » (Probablement immature).
Cette espèce diffère par le nombre réduit des dents de chaque rangée
et la pectination des marginales.
Trieste (fréquente).
Gen. ARCHIDORIS Baaou
Pas de prostate distincte. Palpes courts, épais.
Archidoris tuberculata. Cuvmn, 1804, non «CUv1Ea » 1836, Règne
Animal. non v. Mamans, non RAP?. non PHILIPPI nec Mm LARSEN;
Doris verrucosa VAYSSIÈRE (lapsus). Pour la synonymie, voir A. Pauvor- '
Foi., Les Doridiens de Cuvuaa, 1934 (J. de Conchyl., LXXVIII).
Cette grande Doris, la plus commune en Méditerranée, n’est pas celle
qui est figurée Sous ce nom dans le Règne Animal de 1836 ; ce n’est pas
davantage celle que VAYSSIÈRE appelle de ce nom en 1888; aussi a—t-on

236 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
mis en doute la valeur de ce nom pour désigner l’animal représenté et
décrit par ÀLDER et HANCOCK qui est bien la Doris iuberculaia de Cuviian,
1804. La discussion et la liste des synonymes tiendraient trop de place
ici; on les trouvera, avec la synonymie proposée, dans la note citée.
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FIG. 88. ·— Archidoris tuberculata. -— a., animal vu du côté gauche ; b, tête vue du dessous
et palpes ; c, tubercules du manteau ; d, schéma de la disposition des branchies et de
1’anus ; e, dents ; f, organes génitaux.
Elle atteint 110 mm. environ dans la Méditerranée, est assez haute et
bombée. Les tubercules du manteau, demi-sphériques, de grosseur inégale,
se touchent. Les palpes sont courts, épais, sillonnés. Le pied, avec sillon,
mais non fendu, est large, mais moins que le manteau. La couleur est
jaunâtre ou ocre, avec nombreuses taches brunes grises ou violacées,
arrondies, inégales et disposées irrégulièrement. Selon qu’elles manquent
ou sont très nombreuses, l’animal peut être presque unicolore jaunâtre, ou,
violacé foncé-noirâtre ; il peut, selon ODHNER, être orangé-feu (Doris fla-
mmea ÀLDER et HANCOCK), qui n’est retenue par lui que comme variété (1),
1. Cette synonyme ne me paraît pas absolument certaine.

Do1uD1DAE. - ATAGEMA 237
non trouvée en Méditerranée. Caractères constants : branchies impaires,
7 à 9, jaune verdâtre pâle sans taches; pied, flancs, jaune pâle, sans
taches, et d’une coloration très uniforme chez tous les individus.
Pas d’armature labiale. Dents toutes simples et crochues, antérieure-
ment avec un éperon arrondi de la base. Formule 43 X 72-O-72 et jus-
qu’à 100-0-100. Pénis inerme ; pas de prostate séparée, mais canal déférent
un peu renflé.
Ponte en ruban spiral, très onduleux, de couleur blanc jaunâtre.
Scandinavie; Grande·Bretagne ; Côtes atlantiques de France et toute la
Méditerranée. Très fréquente à Banyuls.
Archidorîs flamniea ALD. et HAM:. ; diffère par la taille plus petite, la
couleur rouge et ses taches. - Grande-Bretagne ; Scandinavie.
Gen. ATAGEMA GRAY, 1850
(Syn.: Doris Quov et GMMARD, 1832, p.p.; Annan et HANCOCK,
1864, p.p. ; Doris KELAART, 1859, p.p. ; Pelelodaris Bon. ; ? Sclerodoris
EL1o·1‘.)
Ce genre, dont le type était Doris carinala Q. et G., a subi bien des
vicissitudes; il est encore mal défini et parfois mis en doute. C‘est tout
d’abord parce qu’il a été fondé sur une erreur (1) : les gaines rhinophorien-
nes, évasées en entonnoir, avaient été prises pour les rhinophores eux-
mêmes, et les valves branchiales pour les branchies. De plus, les carac-
tères externes étaient seuls connus, et mal connus ; et le genre était exclu-
sivement exotique et tropical. Mais il est aussi Méditerranéen.
Consistance un peu raide et rugueuse, spiculeuse. Outre les gaines
mentionnées, il présente une carène dorsale qui se termine parfois devant
les branchies par une bosse ou un lobe prébranchial ; il y a probablement
quelques espèces qui varient au sujet de cette conformation. L'une au
moins des « Doris » des Indes représentées par ALDER et HANCOCK (1864)
en fait certainement partie (2). (Je n’est pas le lieu d’insister sur ces
espèces exotiques, que je ne fais que mentionner avant de nommer les
deux espèces européennes, récemment décrites, trouvées chacune une
seule fois à Banyuls.
1. QUOY, prenant évidemment les hautes gaimza des rhinophores, qu’il a. seules repré-
scntées, pour les tentacules eux-mêmes, dit: ses tentacules supérieurs sont courts, pédi-
culés, papilleux (c’est-à-dire couverts de papilles comme le manteau), élargis et tronquée
« au sommet ». Ce que THIELE, 1931, traduit ainsi: « Fühler kurz ftlngerformig. ~ C’est
de la traduction libre!
Quant aux palpes. ils sont énormes sur la Hgure manuscrite de QUOY (face ventrale)
et pointent en avant comme deux fortes cornes. Mais ceci a été atténué sur la figure
gmâîéîforia osaeosa KELAART; ALD. et Hama.: Doris carimta ALD. et HAM:. de nova;
Bmnon; non Quov et GAIMAMJ; Petclodoris triphylla, BERGH, 1881, du Japon.

238 Motwsguiazs opisrnosamcnss
1. Atagema rugosa Pauvor-For., 1951.
(Fest peut-être la Doride setigera de DELLE CHIAJE (lstiiuzioni di
Anaiomia comparaia, tome III, Atlas 1836) : Une bonne figure en couleurs
rfi.-tî`·‘\ A . , __> ·» V
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FIG. 89.-Atagema rugosa. - 0., animalvude dos; b, vue latérale (Doride setige1·aD.
CH.) ; c, rhinophore et gaine ; d, branchîes ; e, branchie dyssymétrique. —— A. gibba. -
j, animal vu de côté (autotomie du manteau) ; g, partie postérieure du dos ; h, dispo-
sition des branchies et des lobes contractés ; 11, tête en dessous ; ii Partie du tube
digestif ; lc, organe génital ; I, une dent. — Atagema sp. —— m, exemplaire provenant de
Roscoiï ; n, bulbe buccal ; 0, cuticule labiale ; p, spicules.
et un nom en italien, sans diagnose). Ce nom ne peut être latinisé, car
il est déjà employé par RAPP (1827).
Petit Doridien ressemblant à une éponge par les creux et les bosses
de son manteau, hérissé de spicules. Les rhinophores sont petits et

DORIDIDAE. —- Amsoooms 239
sortent de gaines assez élevées, spiculeuses ; les flancs sont bas ; le man- i
teau cache le pied; il est beige clair tacheté irrégulièrement de plus
foncé. La carène médio-dorsale est nette, mais s’attenue avant d'atteindre
les valves branchiales, sans former de bosse prébranchiale. Il y a cinq
valves ; les dernières sont petites ainsi que les branchies qu’elles protè-
gent. 6 ou 7 branchies à hampes blanchâtres et sommets jaunes.
Dents de forme crochue, banale.
Méditerranée: Naples? Banyuls; un échantillon.
2. Atagema gibba Pauvor-Foi., 19.51.
De plus grande taille que la précédente et plus grossièrement granu-
leuse, elle en diffère encore par une bosse prébranchiale qui termine la
crête dorsale. Elle a cinq valves branchiales, dont les antérieures, plus
grandes, sont presque horizontales. Les branchies, ici comme chez
d’autres espèces du genre, sont situées chacune contre un des lobes, et
non dans leurs intervalles. Il y a des gaines aux rhinophores.
Le manteau dépasse le pied partout. Il est de couleur brune, avec deux
taches presque noires aux côtés de la bosse qui précède la branchie;
ces taches se trouvent dans une partie creuse. Les valves sont de gran-
deur inégale, la plus dorsale étant la plus grande, et cachent partiellement
les branchies, qui sont aussi inégales. Les dents, simplement crochues,
justifient la position des Alagema dans la famille des Dorididac (Archi-
dorididoel, de même que l’absence d’armature labiale et péniale. Radula
29-0-29. Forte cuticule labiale, sans bâtonnets. Il y a une prostate.
Méditerranée : Banyuls, deux échantillons.
3. Atagoma sp. -— Un échantillon provenant de la collection de Roscoff,
dont la couleur m’est inconnue, appartient à ce genre par ses caractères
externes et sa radula; elle a une carène dorsale, des gaines aux rhino-
phores, le manteau spiculeux et cinq branchies bipinnées sortant d'un
orifice étoilé, mais dont les lobes ne sont pas dirigés horizontalement et
alternent avec les branchies au lieu de recouvrir chacun l’une_ d’elles;
le bord du manteau est un peu onduleux, mais il n’ya pas, comme chez
` A. rugosa, des creux et des bosses donnant au dos un aspect spongieux.
Forte cuticule labiale sans bâtonnets apparents ; radula banale composée
de dents crochues simples: 30 X 38 à 40-0-38 à 40.
L’échantilIon unique n’a pas été disséqué au point de vue des organes
génitaux.
Atlantique Nord: Roscoff, un échantillon.
Gen. ANISODORIS BERG11, 1898
Proche d’Archicl0ris BERGH ; en diffère par la présence d’une grande
prostate distincte et par la forme des palpes. qui sont digités. Il y a une
glande vestibulaire.

240 Morrusgwzs OPISTHOBRANCHES
A. stellîfera (v. IHEMNG, m.s.) VAYss1Èm~:, 1904. ——? Anisodoris leslu-
dinaria Rxsso, 1818; 1826 (1), ALDER et HANCOCK 1862, non R1ss0 ?
(A. et H. 1862 ;ALDER 1879 ; ELIOT 1906) ; Geiiodoris iestudinaria
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FIG. 90. —- Awiaodofris stellifera. -—- a, tête vue du dessous; b, tubercules disposés en
étoile ; c, bmnchie et anus ; d, schéma des branchies ; e, organes génitaux; j, dents;
g, figure de DELLE CHIAJE représentant peut-être cette espèce. - Anisodoris stellifera
étoilée. —— h, schéma.
ELIOT ante. Doris iuberculaia PHILIPPI, 1844, non CUVIEH ; ?D0ris lesiu-
dinaria RISSO ;Schulz PH1L11>P1, 1836 ;D0ris iuberculala M. LARSEN, 1925,
non CUVIER ; Archidoris marmoraia BERGH, 1881 ; Archidoris siellifera
1. Quant à l’espèce testudinaria RISSO, elle aurait la priorité, mais Pidentité est
incertaine, son texte et sa. figure étant peu d’a.ccord.

oonmiomsz. — Amsoooms 241
(lnanmc m. s.), VAYSSIÈRE non PmL1PP1, 1903, 1904 ; Archidoris leslu-
dinaria « Arosa et Himcocx »Ex.1or, 1910 ; 7 Doris obvelala FABR1-
cxus, 1797, non llrlüLLER.
Cette Doris est l’une des plus fréquentes de nos côtes après la tubercu-
laia. Voici les caractères principaux permettant de la distinguer de cette
dernière. `
Plus petite, jusqu’à 50 mm., avec des tubercules plus petits et moins
inégaux, elle a le pied sillonné, àlèvre supérieure fendue et les palpes
digitiformes. Le manteau est ocre, ou brique, ou brun rouge, tacheté
de plus clair et de plus foncé (mais pas de gris ni de violet) ; les taches
claires sont formées par des tubercules jaunâtres entourés de plus petits,
ce qui donne aux principales taches un aspect étoilé (1) ; ces étoiles sont
le plus souvent disposées en 2 (ou trois) rangées incomplètes, mais peuvent
manquer. Pihinophores et branchies plus clairs, pointillés de brun ;
dessous du manteau et dessus du pied tachetés de brun-rouge. Dessous
du pied brun rouge ou roux, pointillé. Les branchies sont au nombre
de ~8, séparées en 2 groupes (parfois 10) nettement paires et symétriques ;
cla1res, tachetées. Les dents diffèrent de forme, mais sont aussi toutes
simplement crochues, et la cuticule labiale est inerme, plissée, avec par-
fois quelques poils dépassant, mais ne constituant pas une armature.
Hadula 30 X 45-0-45, toutes crochues, simples, fines, un peu irrégulières,
Organes génitaux inermes. Prostate distincte, volumineuse et une
glande vestibulaire annexée au vagin.
Remarques concernant cette espèce 2
L’inconstance des « étoiles » (2) claires sur le fond brun ne me paraît
pas suffisante pour constituer un caractère spécifique. Quant au genre,
Bnnon, qui avait créé le genre Anisodoris distinct d’Archid0ris princi-
palement par la possession d’une prostate, a lui—même décrit sous le
nom d’Archid0r·is marmorala cette même espèce — qui en posséde une
(Semper’s Reisen). .
Il aurait été ar consé uent indis ensable de modifier la dia nose
. . . P . q . P
primitive du genre Archzdorzs pour y faire entrer cette espèce (à cause
du pied fendu, des palpes et de la prostate distincte) ;le genre Anisodoris
Bnncn, 1898, lui convient mieux.
1. A propos de sa Doris iestudinaria, Rrsso dit g « manteau". noir au milieu, brunfoneé
vers les parties latérales, où il est varié par des traits et des lignes d.’un jaune pâle formant
de petits polyèdres réguliers x. Les dessins étoilés décrits par VAYSSIÈRE peuvent être
le reste des nœuds de ce réseau polyédrique, 1orsqu‘i1 est peu développé. Si Pidentité
de n Doris ieatudinaria ¤A. et H. avec celle de RISS0 n’estpas certaine, celle deces auteurs
ne peut en tous cas être appelée D. iestudinaria ¢ Ald. et Hanc. » comme le fait ELIOT.
Il ne pourra jamais être absolument certain que c’est bien l’espèoe de Rfsso et celle
de DELLE CHIAJE figurée sous le même nom ; quant à PHILLPPI, il la qualifie de « coriace »,
ce qui peut faire naître un doute sur sa détermination, mais par contre sa • Doris tuber-
culata » est celle-ci, comme le prouve la figure.
2. De très bonnes figures de la variété étoiles ont été publiées par VAYSSIÈRE (1904)
et par EL10'r, 1910.
16

242 MoLLusQUEs OPISTHOBRANCHES
La couleur varie en raison de la plus ou moins grande prédominance
des nuances qui la composent, du marron presque pur aujaune d’ocre
dominant ; et le dessous, du jaune orangé au brique orangé, tacheté de
brun.
Taille atteignant 50 mm. (maximum).
Méditerranée : Sicile ; Marseille ; Riviera ; Banyuls, etc. Atlantique :
Grande-Bretagne : Plymouth ; Roscoiï ; Herm ; Clyde. Scandinavie.
Gen. PELTODORIS BERGH, 1880
Forme ovale, arrondie, aplatie (en bouclier). Consistance un peu raide,
coriace, mais non rugueuse ; dos finement granuleux. Palpes digitiforrnes ;
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Fm. 91. -- Peltodorals atronuwulata. - a, animal vu du côté gauche ; b, spicules du man-
teau ; c, dents près du rachis ; d, dent latérale ; e, dents marginales : f, partie de l’or-
gane génital.
bords des orifices des rhinophores et des branchies arrondis, non relevés
ni crénelés; branchies tripinnées à feuillets peu nombreux.
Armature labiale nulle ; radula avec rachis nu, de formule n·0—n ;
dents simples, crochues.
' ll y a une prostate ; pénis et vagin inermes.
Ce genre ressemble aux Discodoris, dont il diffère par l'absence d’arma-
ture labiale. Comme les individus de Discodoris, ceux de Pellodoris sont
sujets à s’amputcr spontanément de fragments du bord palléal.

Anoxnsrxnlxs. —- Ascmss 243
Une espèce européenne de la Méditerranée et un petit nombre d’espèces
exotiques.
Peltodoris atromaculata Bsncn, 1880.
Doridien de grande taille atteignant 50 mm. environ.
Couleur blanche, tachée de brun-noir, les taches rondes ou ovales,
inégales et irrégulièrement dispersées, sur le manteau et sur le pied, de
grandeurs très diverses; les rhinophores et les branchies sont blancs
avec rachis interne noir ; viscères grisâtres ; glande de_l’alburnine verdâtre,
celle du mucus jaune soufre ; la vésicule biliaire est visible`·d’en dessus ;
deux glandes sanguines blanches. _ '·
Radula :20. X 56-0-56. Forme des dents variant un peu·dai1s une rangée,
mais graduellement. É"
Méditerranée: Naples (deux exemplaires), Banyuls (un exemplaire),
Cannes (un exemplaire). ·
Famille des AEGIRETIDAE
(Notodoridinae de Tmsns) (1)
Doridiens allongés, limaciformes, ressemblant par leur formeaux Poly-
ceradae, parmi lesquels ils ont longtemps été placés.
. Les branchies sont bi ou tripinnées; protégées par des-valves tuber-.
culeuses ou des papilles ; elles se développent horizontalement. Les rhino-
phores simples, avec ou sans lamelles, sortent de gaines tuberculeuses.
Téguments fortement spiculeux. Manteau indistinet. Seul genre européen :
Gen. AEGIRES LOVÉN, 1844
(Syn. : Acgirus auctt. ; Polycera p.p. n’ORB1c.NY ; HEssE:.)·
Branchies tripinnées, rétractiles, protégées par de gros tubercules
surplombants, formant valves, corps un peu rigide.
Hhinophores unisîisans lamelles, avec gaines.
Une mâchoire supérieure impaire et des plaques latérales formées
de bâtonnets. Dents nombreuses, simples, crochues, toutes subsemblables.
Toutes les mers.
Aogires punctilucens (¤’OnmcNY) (Polycera), 1837. -—- Polycera his-
pida HEsss,1872 ; Polycera horrida Hesse ; juven : Aegires leuclcarli
VERANY, 1846; Vavssrizns. (2). _
1. THLELE (1931) place encore la sous-famille Nolodaridinae avec Aegirea dans la
famille Polyceradae. Le genre Acgires LOVÉN, 1844 est plus ancien que le genre Noto-
doris Bsmon, 1875.
2. Ces deux formes ont toujours eté regardées comme distinctes 5 mais j’al eu A Banyuls
non seulement les deux, mais un bon nombre dïntermédiaîres, ainsi que de très jeunes
leuckarli. Aussi la synonymle ne me paraît-elle pas douteuse. Uaccroissement de taille
va sensiblement de pair avec Paugmentation de la pigmentatlon, et en dernier lieu se
forment les taches brun foncé avec un point vert clair, ocelliforme, dans les parties creuses.

244 MoLLUsQUEs orisrnosnancnns
Tous les téguments et la plupart des viscères contiennent de nombreux
spicules qui confèrent à l’animal une consistance raide et hérissée; le
manteau cache le pied, vu du côté dorsal, mais il est indistinct et n’est
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FIG· 92. —— Aegires pmmctilucens. -— œ, animal Vu de dos ; b, id.,du côté droit ; c, mâchoire
supérieure; d, schéma. de Pemplaicement des tubercules; 2, éléments de l’a·rma.ture
labiale ; f, un tubercule ; g, dents ; h, épines péniales. - A. sublaevis. — i, dents. —
A, pmwtilucms jeune (leuckarti). —— j, animal vu de dos; k, mâchoire et deux dents.
pas séparé de lui par un retrait des flancs, comme d’habitude: ceci,
et la forme allongée, ont fait placer cette famille très aberrante parmi les
Polyceradae, dont elle se distingue par des caractères importants. Tout le
manteau est couvert de gros tubercules dont les positions sont invariables,
et qui sont eux·mêmes hérissés de tubercules secondaires. Le dos est un

AEGIRETIDAE. - uoivxoroooms 245
peu caréné, et la carène aboutit au—dessus de l’orifice branchial, à trois
lobes ou valves qui s’étendent horizontalement au-dessus de la branchie
et la cachent; celle-ci se compose de trois feuillets irrégulièrement tri-
pinnés, rétractiles. Les rhinophores sont également protégés par des tuber-
cules du côté externe ; ils ne sont pas lamelleux, mais simples et un peu
bosselés ; et, comme la branchie, à peu près incolores, un peu pointillés de
brun ; les palpes sont de petits lobes. Orifices dans la position accoutumée.
La coloration générale de l’adulte est brune, plus claire sur les tuber-
cules, très foncée dans les parties planes entre eux ; et au milieu de chaque
tache sombre est un point ocelliforme vert pâle paraissant lumineux par
réflexion.
Chez le jeune (Ae. lcuckarli), les tubercules sont légèrement beige
grisâtre, les taches sont brun clair. Les dessins de VAYss1ÈaE représentent
ce stade, tandis que ceux de HEssE, très fantaisistes, sont faits d’après
des stades un peu plus avancés. BERGH remarque que seule la coloration
diffère chez les deux espèces, d'une façon extrêmement marquée, et à
part cela ne trouve aucune différence, sauf dans la forme des épines pé-
niales: différence que l’âge peut également justifier. Une comparaison
de la position des gros tubercules confirme leur identité.
La mâchoire est large ct forte, rappelant un peu celle des Helix. Il y a
en outre une armature latérale de petits bâtonnets serrés les uns contre
les autres, pas très nombreux. La radula est banale, rapprochant cette
famille des Archidoridinae: dents crochues, petites près du rachis nu;
s’allongeant et s'élargissant graduellement pour diminuer de nouveau au
bord, comme de coutume. Formule 25 X 20-0-20. Tout semble indiquer
que, malgré des divergences, les Aegirétidés doivent être rapprochés des
Doridiens vrais, mangeurs d’éponges.
Atlantique: Côtes de Scandinavie, de Grande·Bretagne, de France: La
Rochelle. Méditerranée: Marseille, Monaco et Nice, forme jeune; Banyuls,
tous les stades; Marseille (et La Rochelle) adulte.
Pacifique: Nouvelle-Calédonie (forme jeune).
REMARQUE. — FARRAN, qui ne paraît pas avoir connaissance de l’« es-
pèce » Ae. lcuckarli, note que parmi les nombreux exemplaires de petite
taille qu’il a récoltés, beaucoup n’avaient pas les « points bleus » et qu’à
certains manquait même le pigment brun.
FAMILLE ?
Gen. HOMOIODORIS BERG11, 1881
Le vagin est armé de deux séries de plaques dures, épineuses ou non.
Dos tuberculeux. Grande prostate.
Ce genre, créé pour une espèce japonaise: H. faponica (1881), paraît
n'avoir contenu jusqu’ici qu’une espèce certaine et une douteuse, de
Nouvelle—Zélande (BERG11, H. novac zelandiae, 1904).

246 MOLLUSQUES omsru onrmmcues
C’est cependant à ce genre qu’il faut attribuer une espèce de 1’Atlan—
tique et de la Méditerranée, peu fréquente, mais connue sous plusieurs
noms, et chez laquelle le caractère : vagin armé de deux séries de plaques
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Fm. 98. —- Homoiodmis stieta-— a, animal vu de dos ; b, branchies ; c, dents ; d, tête
vue du dessous ; e, partie du tube digestif ; f, partie des organes génitaux;
g, spicules.
épineuses avait passé inaperçu. C·'est ce qui en rend la synonymie un peu
compliquée.
Homoiodoris stîcta. (IREDALE et ©’D0N0GHUE) (1923) n.n. pour Doris
maculala GARs*rANG, 1896, non Doris maculaia M0NrA<;u; non Doris
maculaia CUv1ER(1).
1. Un dessin iIléd117'd’A.LDER, publié pa·r GRAY (Fig. of Mol]. Animals), 1850, vol. III,
pl. 226, Hg. 1, am, 6, représente peut-être cette espèce.

PL,··.TYDonm1nAE. —- uoivioionoars 247
Syn.: ? Slaurodoris pseudoverrucosa v. Irma., 1886 ; ? Slaurodoris
bicolor BERGH, 1881; Slaurodoris maculala GARSTANG: EL10T, 1904;
` Doris maculala Gansrnnc, ELIOT, 1910 (Monogr.)
var. lutea VAYSSIÈRE; Doridigilala slicta IREDALE et 0’DONOGHUE;
Homoiodoris slicla Paovor-For, 1951.
Cette espèce est difficile à classer. Elle a en commun avec les Doris s.s.
(Slaurodoris) les gros tubercules du dos et ceux qui protègent d’une part
les orifices des rhinophores, de l’autre celui de la branchie ; elle en diffère
par la forme lobée, aplatie des palpes et par les feuillets branchiaux,
peu nombreux (cinq), bi- à ‘? tripinnés ;la prostate n’était pas mentionnée ;
rudiment d’armature labiale formée de bâtonnets (selon VAYSSIÈRE).
Le vagin est armé de deux rangs d’épînes.
L’aspect est celui d’une éponge. De gros tubercules, élevés, mais non
pédonculés, sont disposés en trois lignes dorsales peu marquées et deux,
indistinctes, sur les côtés ; d’autres moins gros, irrégulièrement dispersés
sur tout le dos, sont reliés entre eux et avec les plus gros par des crêtes
courant en tous sens, et de différentes hauteurs, formant un réseau enche-
vêtré. Les tubercules sont violets, le feutrage entre eux, jaunâtre. Deux
tubercules à côté des rhinophores; huit environ autour de la branchie.
Sur le bord palléal, de nombreux petits tubercules sans crêtes. Rhino-
phores jaunâtres, à perfoliation serrée; papille anale crénelée. Le pied
est large, avec sillon antérieur, et lèvre supérieure un peu fendue ; tégu—
ment rempli de spicules. Deux glandes sanguines, blanches.
Radula 40 X 80-0-80.
Atlantique : Côtes anglaises (Plymouth). Méditerranée : Banyuls (un exem-
plaire). Peut-être d’autres lieux: synonymie incertaine.
Var. lutea Vsvssiàma 1919 (Archidoris). — Long. 32, larg. 14, haut.
8 mm. —— Corps allongé, deux fois plus long que large, rigide. Manteau
recouvrant tout le pied, ovale un peu rétréci postérieurement avec des tuber-
cules formant les nœuds d’un réseau de crêtes ; très spiculeuse. Armature
labiale: anneau de petites papilles cornées. Radula 30 40-0-40; dents cro-
chues (en griffe). Pied sillonné. 5 branchies tripinnées. Coloration jaune
soufre ou citron, presque orangé; tubercules gris violacé ; branchies jaune
translucide, pointes brunâtres.
Ne diffère que par la couleur de la variété décrite et figurée par Error
1910 (la coloration de l'échantillon représenté par Error est d’un jaune
plus éteint: la différence est minime et mérite à peine de constituer une
« variété »). -— Marseille.
Famille des PLATYDORIDIDAE
Forme plate; consistance dure ; manteau granuleux ou presque lisse,
sans tubercules, beaucoup plus grand que le pied. Pénis, et parfois
vagin, armés de plaques épineuses.

" 248 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Gen. PLATYDORIS BERGH, 1877 (1)
Syn. Doris auctt. p.p. ;Argus BOHADSCH, 1761 (non binominal) ; Argus
Bormnscn, quelques auteurs modernes, depuis MORET, 1863 et O’D0N0-
GHUE, 1929.
Il y aurait quelque inconvénient à décréter valable le nom d’Argus
qui est utilisé (depuis Bouanscn) dans divers groupes d’a11imaux.
Doridiens ovales, arrondis, aplatis, un peu rigides et coriaces, à dos
lisse ou très finement chagriné. Les branchies sont en nombre pair géné-
ralement 6 ou 8 et l’orifice branchial est souvent fermé par des lobes
valvulaires, triangulaires, généralement (ou toujours) au nombre de six,
dont un est antérieur et un autre postérieur. Palpes digitiformes. Branchies
tripinnées. Manteau ample, dépassant le pied tout autour.
Il y a une armature génitale dans le canal déférent et dans le vagin ;
cette armature est formée de plaquettes arrondies surmontées d’une
épine recourbée, et dont la forme rappelle celle de certaines écailles
épineuses de raies ; mais parfois l’armature vaginale peut être remplacée
par une simple chitinisation de l’intérieur du conduit ; cette chitinisation
forme des plis irréguliers, interrompus par des sillons sinueux, et portant
parfois des pointes. Une grande prostate et une glande vestibulaire.
Armature labiale nulle. Dents nombreuses, crochues, simples ; les
marginales parfois serrulées.
Ge genre est assez commun dans les mers tropicales ; il est représenté
dans la Méditerranée par quatre espèces.
1. Platydorîs argo (LINNÉ) (Doris). — Doris argus BAPP. ; CUVIER-
DESHAYES (R. A.) ; DELLE GHIAJE ; CANTRAINE ; non PHILIPPI non
Doris rubra Pusso (2) I non Doris argo PENNANT, ni Doris infranaevaia
et D. sublumida ABRAHAM, 1876.
Doridien de longueur : 30 à 60 mm., de forme ovale, un peu élargie en
arrière du milieu ;plate, et dont le pied, beaucoup plus étroit et plus court
que le manteau, est sillonné et fendu; palpes digitiformes; branchies
rameuses, au nombre de six. La couleur est rouge ou brun-rouge, ou jau-
nâtre, souvent pointillé de noir ou brun sombre et de blanc; le dessous
est brique ou orangé, tacheté de brun ; les branchies ont le rachis et les
rameaux tachetés de blanc et de brun pourpré, alternativement. Manteau
légèrement rugueux, finement granuleux. Vagin généralement armé
d’épi11es à base discoïde, parfois d’une cuticule plissée avec des pointes;
canal déférent armé de petites épines.
Formule radulaire 2 33 >< 44-0-44.
1. Le nom de Platydoris a· été appliqué un peu à tort et à. travers à beaucoup de Doris
plates, ainsi à un Asteronotua, à la plupart des Doridieus de D,ORBIGNY, àD0r'is planata
A. et H. etc. et à. certains Doridiens de QUOY et GA1MA.aD, d’AL1>E11·. et HANc00K 1864
et de KELAART, sans autre raison que leur forme aplatie.
2. Qui est Rostanga mbra.

PLATYDORIDIDAE. ·—·· PLATYDORIS  
Une espèce qui a les 5 ou 6 marginales pectinées et non toutes cro-
chues, simples (selon BERGH, 1877), est séparée sous le nom de P. philippii
(BERGH, 1877). L’eSpèt‘e préSent£mt ce caractère est appelée « Doris
slellala » par PH1L1PP1.
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F10. 94. - Plalydoria argv. — a, canal déférent; b, ses épines; 0, plaques épineuses
du vagin; d, dents; e, organes génitaux; f, dents (var. canarfemis).
Méditerranée: sur divers points et probablement sur tout son pourtour;
Algérie. Marseille,Banyuls... et peut-être Archipel malais (?) (SxaocA,Bs:ncn).
Ce représentant européen du genre Platydoris ne paraît pas avoir été
trouvé plus au Nord que le Golfe de Gascogne et n’est pas signalé sur les
côtes de la Manche ni de la Grande-Bretagne. Mais une variété camzricnsis

250 Motwsguns orxsruoemwcnss
(Doris caruzriensis D’0RBIGNY) a été retrouvée par N. Onmvnn, 1931. Une
autre variété est peut—être distincte :
« P. argo » (?) z selon VAYSSIÈRE, 1919. — Lg. 51 X 30 mm. ; manteau beau-
coup plus grand que le pied, qui est sillonné et fendu. Manteau ünement
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Fm. 95. —— Platydoris philippii. —- a, épines péniales; b, dents ; c, dents marginales ;
.1, partie de Porgane génital. -— Plafydoria dura. -— e, organes génitaux ; f, dessous de
la partie antérieure; g, dents; h, ponte de P. wrgo.
granuleux. Armature labiale de bâtonnets striés. Branchies 5 à 9 ramifiées.
Couleur café au lait avec nombreuses taches rouge brun. Dessous rouge
vermillon. Radula 30 >< 7+27-0-27+7, les marginales dressées, aiguës, serrées,
lamelleuses, en part1e serrulées. Pénis armé de crochets.
Il faut signaler cette variété qui diffère du type par plus d’un caractère,
si bien que seuls le « pénis armé de crochets n et a petitesse relative du pied
concordent. En eilet, ces deux échantillons décrits ici ont une armature

PLATYDORIDIDAE. — PLATYDORIS 251
labiale de bâtonnets, et la dentition est aberrante, peut-être la même que
chez P. hilippii P la radula étant constituée par deux sortes de dents, et les
marginales n’étant pas telles que les figurent Bianca, ni non plus Oonruan
pour la var. canariensis. La coloration aussi est assez différente. — Marseille.
2. Platydoris philippii BERGH, 1877, n. n. pour Doris stellata PmL11>P1,
1836, non Cuvxma, non GM12L1N.
Long. 13,3 >< 9,3 lignes (conservée, 27 X 20 mm.), - Bord palléal
large: 9 mm. Le pied a 10 mm. de large. Palpes cylindro-coniques.
Manteau finement granuleux, un peu rugueux. Bords des orifices rhino-
phoriens et branchial un peu relevés. Six branchies, grandes, tripinnées.
Flancs très bas. Pied sillonné et fendu. Spicules dans les téguments et
dans les viscères.
Radula 38 X 44-0-44 ?. Les 5-6 marginales sont denticulées—pecti-
nées. Le pénis est armé d’épines, le vagin est plissé, chitinisé, sans épines.
Sicile: Palerme.
3. Pletydoris dura Pnuvor-Foi., 1951.
Consistance très coriace, dure; aspect presque lisse à l’œil nu, légè-
rement guilloché (granuleux) sous la loupe. -
Grande espèce atteignant 51 mm. de long malgré son état contracté
et env. 35 de large. Le flanc est virtuel. Le manteau et le pied se ren-
contrent à angle aigu et les orifices génitaux sont sous le manteau. Le
pied, sillonné et fendu, est entièrement recroquevillé et plissé (proba-
blement fîxation sans anesthésie). Les rhinophores retirés et le bord de
leurs gaines un peu relevés ; ils ont une trentaine de lamelles très larges,
semi·lunaires minces, empilées, ne laissant qu’une hampe réduite aplatie
sans rachis visible du dehors. Orifice branchial allongé transversalement
à six lobes arrondis, recouvrant 6 branchies tripinnées. Palpes de chaque
côté à la base du mufle, à base un peu renflée, puis s’allongeant, plats,-
étroits, légèrement élargis au bout.
(lutîcule labiale très forte et colorée, mais sans éléments (bâtonnets)
distincts. Radula très large, formule 80 (à 90)-0-80, dents crochues,
subsemblables, crochets minces, très reeourbés. Les 2-3 marginales sont
des lames arrondies au bout et sans crochet.
Trois échantillons : Le plus grand : plus sombre, couleur gris verdâtre,
milieu brun, irrégulièrement dégradé vers les bords. Branchies tachetées,
brunes. Dessous du manteau avec nombreuses taches brun foncé, irrégu-
lières ; il y en a aussi sur le dessus du pied près du manteau. Les échan-
tillons plus petits sont plus clairs, le plus petit, incolore.
Le système génital, en bon état, a permis les constatations suivantes 2
Le canal déférent terminal (pénis), volumineux, a une cuticule presque
noire à l’intérieur ; cette cuticule a de forts plissements irréguliers.
Dans les creux entre les bourrelets sont quelques plaques brunes portant
une épine aiguë et robuste à pointe incolore. Le vagin, plus gros, a une

252 MGLLUSQUES oP1sTnonRANcuEs
même cuticule plissée, mais sans épines. Il y a une petite glande vesti-
bulaire et deux vésicules arrondies sur lesquelles passe le canal déférent
contourné.
Près du foie, l’œsophage s’élargit en une poche stomacale formant
cul-de-sac; l’intestin en part à droite, puis remonte dorsalement et à
gauche, par dessus. Le foie est brun, la glande génitale jaune.
Méditerranée. Banyuls. Trois échantillons.
Famille des DIAULULIDAE BERG11
Corps non dur ou mou, déprimé ou sub-déprimé. Manteau le plus
souvent finement villeux, d’aspect soyeux; tentacules digitiformes;
ouverture branchiale arrondie-crénelée; feuilles branchiales tripinnées;
pied bilabié antérieurement, à lèvre supérieure fendue ; armature labiale
nulle; radula à rachis nu, à dents en crochets pour la plupart, pénis
généralement inerme.
Le genre Diaulula a le manteau villeux (a holosericeum ») et les dents
crochues.
Le genre Thordisa, que BERGH place dans cette sous-famille, n’est pas
déprimé et n’a pas toujours le manteau villeux. Dents marginales diffé-
renciées.
Gen. THORDISA BERGH, 1877
Syn. ?? Aporodoris v. IHERING.
Branchies peu nombreuses, peu amples ; armature labiale et péniale
nulles; manteau granuleux ou villeux (à villosités allongées) ; radula
avec dents simples, crochues et marginales pectinées.
, La diagnose originale de BERGH qui portait: «Forme comme chez les
Discodoris ; palpes tuberculiformes», a été modifiée plusieurs fois, afin de
pouvoir incorporer dans le genre quelques espèces douteuses. Mais elle
convient à l’espèce Th. (Doris) maculaia ÀLDER et HANcocK des Indes,
et aux deux espèces suivantes, de la Méditerranée, qui cependant n’ont
pas des palpes tuberculiformes, et qui sont plus hautes que des Disco-
doris.
1. Thordîsa. fîlix PRUVOT—FOL, 1951.
Ce Doridien a été pêché à Banyuls ai plusieurs reprises. Par sa radula
(dents de deux sortes, les marginales pectinées) (1) ; par l’absence d’arma-
ture labiale et génitale ; par les villosités fines, inégales, clairsemées de
son manteau et le petit nombre de branchies (quatre) : c’est à ce genre,
créé par BERGH en 1877, qu’elle appartient. Ces caractères concordent
du moins avec les premières diagnoses de BERGH ; plus tard il a incorporé
1. Pectinatîon profonde qui leur donne un peu Paspect de plumes d’oiseau.

nmutunxnmz. — TIIORDISA 253
à son genre des espèces qui sont moins conformes que celle-ci. Elle est
d’ailleurs parfaitement distincte et ne peut être confondue avec aucune
autre.
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Flo. 98. —- Thardiaa. filix. — u., animal vu de droite ; b, id., face inferieure ; c, partie anté-
rieure plus ou moins contractée; d, rhînophore; c, bulbe buccal ouvert; /, dent ;
g, dents marginales ; h, vîllosités du manteau ;i, organes génitaux ;i, pénis ; k, ponte, -
Th. aurea. — l, animal vu de dos ; m, partie antérieure en dessous ; n, animal vu par
l’s.rrière (schématique) ; 0, branchies ; p, ganglions cérébroïdes et glandes sanguines ;
q, rhinophore.
Forme ovale-arrondi; assez haute; manteau épais: le flanc oblique
vers le pied, qui est beaucoup plus étroit et un peu plus court que lui.
La taille atteint 30 à 40 mm. (conservé, le plus grand exemplaire en il
30, sur 20 de large, un autre plus petit, 16 mm. sur 12). Le pied est sillonné
et légèrement fendu. Le manteau porte des villosités fines et molles,
éparses, peu nombreuses, inégales. A l’état conservé il paraît légèrement

254 MOLLUSQUES orisrnonnancnns
granuleux. Les rhinophores ont une hampe forte et la partie lamelleuse,
avec 18 ou 20 lamelles, est coudée : le sommet s’incline en arrière et en
dedans, en direction du milieu du dos. Les branchies, très saillantes,
grêles et peu fournies, s’étalent au-dessus d’un socle commun, comme
des feuilles de fougère sortant d’un tronc. Tube anal long, fin. Les palpes
digitiformes sont latéraux au mufle entourant la bouche, et séparés de
lui. Le pied est étroit et les flancs déclives, assez hauts.
La gaine radulaire fait une forte saillie derrière le bulbe buccal ; pas
d’armature. Radula avec dents nombreuses, fortes, crochues ; les margi-
nales ont une forme différente avec cuspide recourbée, un peu aplatie,
barbelée des deux côtés. Il n’y a pas de transition entre les deux sortes
de dents, dont les lignes d’insertion forment entre elles un angle. Formule
45 X 6 à 10-43-0-43-6 à 10.
L’est0mac ést visible en avant du foie, qui est recouvert par la glande
hermaphrodite, de couleur jaunâtre, plus claire, granuleuse. Les organes
génitaux offrent les mêmes parties que chez d’autres Doridiens; mais à
côté du pénis débouche une glande*d’une forme très singulière (qui est
probablement homologue à la glande vestihulaire existant chez de nom-
breux Doridiens). Elle consiste en un tube, long et fin, contenant un
produit un peu rigide, élastique ; elle est contournée en un, ou parfois
deux systèmes spiraux _à tours serrés, situés l’un au-dessus de l’autre ;
elles forment jusquïà 25§à`30 tours en tout, plus ou moins réunis par du
tissu conjonctif, qui sont presque plans, légèrement bombés. Cette des-
cription ne convient qu’à l’organe plein et turgescent ; parfois le produit
paraît avoir été plus ou moins évacué: il ne reste alors que quelques
tours, et le conduit est alors en partie ramolli, pelotonné et contient de
petites concrétions éparses, figurées.
La couleur de cette espèce est jaune—ab1·icot, avec les villosités les plus
longues grises ou rougeâtres, les branchies et les rhinophores gris, a rachis
blanc, le pied clair. '
Méditerranée: Banyuls << Sables du large ». Plusieurs exemplaires.
2. Thordisa. aurea Pauvor-Foi., 1951.
Beaucoup plus petite que la précédente : 15 mm., de forme plus allongée
et de couleur différente, elle a six à huit branchies qui ne paraissent pas
s’élever aussi haut avant de s’étaler. Pas de villosités, mais dos gra-
nuleux.
Il n’a pas été trouvé de glande vestibulaire spiralée comme chez l’espèce
précédente.
La radula est identique, avec 7 ou 8 dents marginales pectinées, et
le nombre de dents par rangées est presque le même.
Couleur jaune—clair. Branchies plus pâles. Une tache orange-brun qui
est due au foie vu par transparence.
Méditerranée: Banyuls « Sables du large ». Deux exemplaires.

nmununxnxa. — THORDISA 255
3. Thordisa pallida. BERGH, 1880.
BERG11 attribue cette espèce à son genre Thordisa, malgré plusieurs
caractères non concordants; il a modifié plusieurs fois la diagnose du
genre; de fait il ne reste que deux points communs entre ses espèces :
l’absence d'armature labiale et les dents marginales pectinées; encore
ne le sont-elles pas de la même façon. Ne pouvant ici discuter la valeur
du genre et de ses diverses espèces, je marque d’un astérisque les caractères
de pallida qui ne concordent pas avec la diagnose.
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F10. 97. ·—· Thmdiaa pallida. - cz, glande: b, partie des organes génitaux;
c, dents ; d, dents près du rachis; e, dent marginale.
Lg. 35 mm. X 27 X10-12. Dos non villeux ; avec nodules petits et très
petits. Large bord palléal (10 mm.); longueur du pied, 25 mm. X 9;
consistance molle; rhinophores épais, avec au moins 30 à 40 lamelles
minces et larges. ‘ Dix branchies tripînnées. ' Palpes digitiformes aplatis.
Pied fort; sillonné et fendu. Couleur blanc jaunâtre. Armature labialc
nulle.
Radula 31 X 49-0-49 ;les marginales presque dressées, minces, flexibles,
incolores, finement denticulées. Glandes salivaires rubanées; vésicule
biliaire piriforme, visible en dessus à gauche du pylore. Glandes sanguines
gris-jaune ; prostate aplatie ; pénis inerme ; glande vestibulaire à conduit
long; très nombreuses oloconies.
(Elle ressemble à Jorunna lomenlosa, avec laquelle elle se trouve mêlée
dans les collections.)
Méditerranée: Naples; Trieste.

256 MoLLUsQUEs orrsrrroeamvcuas
Famille des GLOSSODORIDIDAE
Doridiens ayant généralement une forme étroite et élevée, des téguments
translucides et lisses; une armature labiale en anneau presque complet
composée de bâtonnets souvent bifides et des dents (bicuspides ou non),
toutes ou presque toutes, denticulées.
La famille compte pour 1’Europe deux genres : Glossodoris et Echi—
nochila.
Gen. GLOSSODORIS EHRENBERG, 1831
Syn.: Aciinodoris et Pierodoris EHR., 1831 ;D0ris p.p. auctt. (non
GRAY, 1847) ; Chromodoris ALDER et HANG., 1855 ; Hypselodoris HEDLEY,
1855 ; Hemidoris STIMPSON, 1855 ; Goniodoris p.p. auctt. non Forums ;
Doriprismaiica p. p. D’OaB. ; Goniobranchus PEASE ;P0lycem p.p. n’0aB. ;
Lamellidoris p.p. WEINKAUFF.); Goniodoris auctt., non ALD. et HANc...
Doridiens de forme allongée, un peu haute, « prismatique », avec
branehies simplement pinnées (parfois divisées), rhinophores lamelleux,
palpes digitiformes, le pied sillonné mais non fendu; dos lisse, parfois
avec de légers reliefs ; translucide, souvent vivement coloré (1). Armature
labiale : un anneau composé de bâtonnets souvent bifides ; radula géné—
ralement large, sans dent médiane (ou avec un léger épaississement sans
cuspide), les dents latérales toutes ou presque toutes denticulées et souvent
biscupides. Organes génitaux inermes.
Mers chaudes et tempérées ; Méditerranée et Golfe de Gascogne ; une seule
espèce nordique trouvée en Alaska.
Un grand nombre de Glossodaris ont été nommées dans la Méditerranée :
près d’une vingtaine ; mais plusieurs tombent en synonymie. Cette syno—
nymie, difficile à établir, est parfois douteuse.
1. Glossodorîs gracilis RAPP, 1827 (Doris). ——- Doris cœrulea Risso,
1818, non MONTAGU, 1804 ; Doris iricoloraia et pulcherrima GANTRAINE,
juv.; Doris gracilis DELLE CHIAJE ; schullzii D. CH. ; Doris villafranca
RISS0 ‘? Polycera webbii ¤’©ae. ; Doris ienera 0. G. (lostm, 1840 ; Gonio-
doris elegans DESHAYES.
Extrêmement fréquente dans la Méditerranée, cette espèce a été sou-
vent représentée; la figure par RAP? la montre jeune et n’ayant pas
encore l’ornementation complète de son manteau ; de même la figure par
GANTRAINE sous le nom de Doris iricolorala. Si la Polycera webbii de
d’©RB1GNY est synonyme, la figure est peu exacte (branchies non pinnées).
Espèce petite, étroite, haute; bord palléal étroit, non onduleux. Les
exemplaires trouvés le plus fréquemment ont environ 10 à 12 mm.;
ils ont une bordure jaune et une ligne médio-dorsale blanche qui devient
1. La couleur bleue, rare chez les autres Doridiens, est ici fréquente chez elles.

GLOSSODORIDIDAE. ——- GLOSSODORIS 257
jaune par la suite ; entre ces lignes et sur les flancs des lignes blanches
fines, un peu obliques et irrégulières, en partie anastomosées, et dont le
nombre va en augmentant avec l’âge.
La couleur bleue est foncée et parfois voilée de noir ou verdâtre ; les
rhinophores et les branchies bleues, avec, sur le rachis, une ligne blanche
ou jaune. Les variations de teinte et le nombre des lignes ont été cause de
la multiplication des noms spécifiques.
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FIG. 98. — Glossadoria gracilia. —- a, animal vu de côté; b, partie antérieure et
1·hînophore;:c, radula; d, dents; e, bulbe buccal; Ã dessous du manteau, avec
glandes.
Dents bicuspides avec des denticulations nettes sous la seconde cuspide.
63 X 90 (selon Bianca : Chramodoris villafranca).
Éléments de l’armature labiale bifides ou trifides.
Fréquente en Méditerranée: Monaco, Naples, Banyuls, etc. Atlantique:
Golfe de Gascogne; Iles du Cap-Vert.
2. Glossodoris valenciennesi <(lANTRAlNE), 1835 (Doris) (juven) (1), ——
Doris elegans CANTRAINE, 1835, non Qnor et GAIMARD, 1831 ; ? Doris
marmorala t\Ul')0UIN·SAVIGNY§ Chromodoris canlrainii BERGH ; ? Doris
nardii VERANY, 1846; ‘?? Doris lulescens l)E1,LE Cn1A.JE ; Doris calcarae
1. Deux figures par DELLE CHIAJE se rapportent certainement à cette espèce, et l’une
d'elles est antérieure aux travaux de CANTRAINE ; mais elles ont paru sous le nom deD0r·i.u
Villafrarwa, nom qui était déjà employé par RISS0 pour une espèce probablement diffé-
rente ; en 1841, une autre figure plus petite est publiée par lui sous le nom de Doris acacchi
et aussi Doris scacchiana) ; mais à ce moment-là, CANTRAINE lui avait donné le  noms,
que 1’0n regarde comme synonymes entre eux, de Doris elegans et Doris valenciennesi;
les noms par DELLE CHIAJE tombent en synonymie.
17

258 Mottusguss orisrnonaauonas
VERANY, 1846; ? Doris villafranca DELLE CHIAJE (non Hisso ‘?) ; Doris
scacchii DELL}; GHIAJE.
Il est admis généralement que le nom valable est celui indiqué ci·dessus,
qui est celui donné par CANTBAINE à un exemplaire jeune de sa Doris
elegans, dont le nom était préemployé. C’est peut-être la Doris villafranca
de Rxsso, qui en ce cas aurait priorité, mais cette assimilation est incer-
taine.
Très grande espece, l’une des plus grandes du genre, qui peut atteindre
125 mm. Assez bien représentée par CANTRAINE sous le nom d’elegans.
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FIG. 99· —- Glossodoris valenciennesi. -- a, un grand exemplaire conservé; b, C, dents,
Elle est bordée de jaune et porte de nombreuses taches jaunes, parfois
annulaires, disposées longitudinalement, mais ne formant pas de ligues
continues, sauf une strie courte qui part des rhinophores; les orifices
rhinophoriens et branchial sont un peu relevés et bordés de jaune. La
coloration de fond du manteau est d’un bleu plus clair que chez gracilis
et il n’y a pas de pigment noir. Branchies et rhinophores bleus avec
ligne jaune sur le rachis.
Dents très nombreuses: (jusqu’à) 90 >< 223-0-223.
Elles sont bicus ides · sous la seconde cus ide on voit de lérrers crans
P 7 P P3
qui deviennent des denticules chez les dents plus latérales. mais elles
sont moins nettement denticulées que chez l’autre espèce bleue. G’est
cependant une radula de même type général.
Eléments de la mâchoire crochus, simples.
Cette espèce méditerranéenne a été trouvée aux Canaries. Dans la Méditer-
ranée elle est beaucoup moins fréquente que l’autre. Sic1le ; Tunis ; Baléares ;
Villefranche; Banyuls.

GLOSSODORIDIDAE. ·—· GLOSSODORIS 259
3. Glossodoris krohni VERANY, 1846 (Doris). ——·· Chromodoris trilineala
v. Iasamo, in Sched.
Très petite espèce, longueur 10 mm., ovale, avec trois lignes blanches
légèrement en relief sur le manteau et une bordure blanche assez large ;
branchies petites, carminées. La coloration du dos varie du rose très
pâle au bleu très pâle. Rhinophores carminés.
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FIG. 100- -- Glossodoria krolmi. ·-· a, individu jeune ; b, partie imntérieuw ; 0, branchie ;
d, dents. — G. luteorosea. —- 0, animal vu de dos; j, dents; g, plaques labiales;
h, vésicules spermatiques.
Armature labiale de plaquettes courtes, denticulées sur un bord,
peu nombreuses. Radula étroite, atypique: la première sans cuspide
avec plusieurs denticules, à base large; les suivantes denticulées, sans
cuspide marquée. Formule 30 X 10-0-10.
Une Glossodoris un peu plus grande (20 mm.) et de coloris analogue
a été trouvée par moi à Banyuls; c’est probablement la forme adulte.
(Voir A. Pmrvor-Foi., 1951.)
Cet échantillon n’a pas été retrouvé; si c’est l’adulte de Krohm`, la
formule radulaire, inconnue, serait probablement plus forte Z l’individu,
plus grand, avait les trois lignes jaunes, les rhinophores et les branchies
carminés.
Méditerranée: Villefranche, Monaco (rare), Banyuls.

260 MoLx.UsQUEs orxsrnonmxwcnns
4. Glossodoris coelestis (1) (DESHAYES) (Goniodoris), 1866. —— ‘? Doris
orsinii VERANY, 1846. (V. IHEBING considérait ces deux formes comme
probablement synonymes.)
Très petite, avec une ligne médiane et une bordure en partie Jaunes
et blanches, et de petits tubercules coniques, mousses, épars sur le man-
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FIG. 101. —~ Glossodoris coelestis. -— 0., animal vu du côté droit; b, dents ; c, éléments
de la plaque labiale ; d, vésicules spermatiques. —~ G. fontandmui. —- e, animal vu de
dos; f, dents; g, branchies; h, rhinophores ; i, palpes.
teau, La figure que j’ai donnée en 1951, pl. I, fig. 17, concorde parfaite-
ment avec lc petit dessin en couleurs par DEsHAYEs dans 10 « Monde de
la Mer » tandis ue VÉHANY décrit le manteau de sa Doris orsinii comme
î q
1. Cette Glossodoris ayant été décrite par DESHAYES sous le nom générique de Gomlo-
dofris et non pas de Doris, il n’est heureusement pas nécessaire de changer son nom à
cause de la Doris coelestis de KELAART. DESHAYES n’a publié qu’une ûgure et un nom
sans diagnose.

ctossononxninsn. —— ctossonoms 261
étant de couleur verte. Mais cette différence est compatible avec les
poss1bilités de variation.
Les dents sont, comme chez gracilis, bicuspides ; mais avec un corps
très élargi, les cuspides très courtes et recourbées, et les premières sans
aucune trace de denticulations. Les éléments de l'armature labiale sont
comme formés de deux petits crochets accolés, et non pas bifides à leur
sommet seulement.
Banyuls (un exemplaire) et Monaco.
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Fm. 102. - Glasscdoria purpurea. - a, animal vu de côté; b, id., de dos ;
c, demi·b1·anchie; d, e, f, dents; g, éléments de Fermeture buccale;
h, schéma, de la disposition des branchies.
5. Glossodorîs luteorosea (BAP?) (Doris), 1827.
Parfois Doris albescens Sol-tUL*rz-P1—uL1rr>1 est regardée comme syno·
nyme de cette espèce ; je la maintiens comme espèce distincte, pour des
raisons déjà exposées ailleurs.
Chromodoris iherîngi est un nom nouveau, inutile, donné par BERGH.
J’admets la détermination par Vxvssiisnn et par Imanmc, qui, certaine-
ment, ont étudié deux individus d’une même espèce, qui est peut-être
celle qu’a vue RAP?.
Petites dimensions ; manteau lilas, bordé de jaune vif ; plusieurs taches
jaunes plus ou moins régulièrement disposées en trois séries sur le man-

262 Monnusouns OPISTHOBRANCHES
teau ; ces taches sont ovales ou rondes, à contour net, et encerclées de
blanc. Les rhinophores violacés ; les branchies peu nombreuses (six
selon Vavssxisas), également violacées.
Les dents ne sont pas bicuspides ; la première a un denticule du côté
interne et trois du côté externe ; les suivantes ont plusieurs denticules
sous la cuspide, plus longue; une plaquette médiane triangulaire sur
le rachis.
Méditerranée: Italie; Marseille.
6. Glossodoris purpurea (Pusso, verbal) LAURILLABD, in Guérin, Maga-
sin de Zool., 1831, avec une bonne figure en couleurs (Doris). —- Doris
albescens SCHULTZ—PHIL1PPI, 1844. (Généralement connue sous ce dernier
nom; la figure par LAURILLARD ayant passé inaperçue.)
De plus grande taille que la précédente, 35 mm., plus large et plus
plate, avec le bord palléal plus large ; de nombreuses branchies: on en
a compté jusqu’à 18, formant une double volute, les dernières en arrière
étant trés petites ; il y en a parfois de bifurquées.
Manteau presque incolore, marbré de rose pâle, mais sans taches nette-
ment circonscrites ; près du bord du manteau, quelques marbrures
bleues (inconstantes) ; les branchies et les rhinophores carmin.
La radula est du même type que celle de luieo-rosea, mais avec quelques
différences de détail; la première dent a aussi des denticules du côté
interne et 3 denticules du côté externe ; pas de nodule triangulaire médian.
7. Glossodoris fontandraui PRUVOT-FOL, 1851.
Assez grande espèce, de forme haute, ovale, robuste, avec le pied
dépassant le manteau derrière ; elle est incolore, bordée de jaune, trans-
lucide, avec des taches jaunes de chaque côté de la ligne médio-dorsale,
qui a une strîe jaune longitudinale. Entre ces taches et alternant avec
elles, sont des taches d’un beau violet, qui vont en se dégradant vers le
bord du manteau ; une strie violette sur la queue.
Rhinophores et branchies sont bleu-violet, les branchies hautes et
étroites, pointues, au nombre de 6 à 7; l’une était bifurquée chez un
exemplaire. Une ligne blanche interne et deux externes sur le rachis des
branchies.
L'armature labiale est peu importante et formée d’un petit nombre
de très petits bâtonnets.
Radula: dents bicuspides, ayant partiellement, mais non toutes, un,
deux, trois denticules et jusqu’à 5 très pointus sous la 2€ cuspide; les
marginales avec quelques denticules mousses et une seule cuspide. La
radula est grande : formule environ 80-0-80. Bien distincte par sa forme,
son coloris, sa radula, cette espèce ne peut être confondue avec aucune
autre.
Deux individus ont été pêchés dans les parages du Font-Andrau, Banyuls.

GLOSSODORIDIDAE. —- GLOSSODORIS 263
8. Glossodoris elegantula (Scnuurz-PHILJPP1), 1844, non Clzromodoris
eleganlula V. IHERING, 1880.
Petite espèce très rare qui n’avait pas été revue depuis Pmmrri;
en effet, c’est par erreur que v. IHEMNG a cru la retrouver : ses dessins
et sa description montrent à l’évidence qu’il avait sous les yeux un Dori- `
dien d’un autre groupe, que l’on trouvera plus loin sous le nom de Diapho-
rodoris luieocincla (Saas).
Celle-ci, qui est une vraie Glosso- , 0
doris, est incolore, bordée de jaune A  1 Ã
et pointillée de carmin, comme le » .° 
montre la figure de PHILIPPI. Elle  Q)
est ovale, allongée, mais souple et Q O 9 °
pouvant s’élargir; bord palléal assez ° ,, ° :*
large. Les branchies sont au nombre Qv. Z 0 Q •
de 11, et incolores. Chez mon échan- • ° Z , , · ·
tillon, provenant de Villefranche, il . ° Q _ D ‘· /
y en avait moins: cinq, dont deux \'_ B _ ‘• 
très petites; il était probablement ï• 6 9.    0..
plus jeune. Armature labiale formée , ·,,'   '°·
de très petits éléments, avec quelques   ‘°° ¤
plus grands, pectinés,qui les dépassent, · .» cb É
Radula plutôt étroite: formule 26- ` ' `
0-26. La première dent sans cuspide, Fm. 103. ·- Glossodaris «l¢gantula....
avec quelques plis, les suivantes ‘î· ¤¤îm¤1v¤<1¤ d¤¤i U- xmtîe ¤·¤*«é·
denticulé&S' l`1B\11‘E, ÃBBSDHS.
Méditerranée: Sicile. Villefranche (un échantillon).
9. Glossodoris pallens (HAP?) (Doris), 1827.
Très petite ; env. 8"' ; 6 branchies. Manteau blanc avec bordure jaune
et points jaunes; rhinophores et branchies rouges.
Elle n’a pas été revue depuis BAPP; c’est peut-être une forme jeune.
Méditerranée.
INCEHTAE siams
G. luiescens (DELLE CHIAJE) (Doris), 1844.
« Doris corpore flavicanie, elongaio, pallio undulalo ; pede angusliore
allenuaio; icnlaculis dorsalibus acutis, violaceis, proboscideis reiusis;
branchiis decem, 3-gonis, oblonguis, pinnali/îdis. »
Décrite d’après un animal conservé; passe pour être synonyme de
G. valenciennesi.
Il y a d’autres Glossodoris incerlae sedies ; mais pour éviter les redites,
je renvoie à ma Révision du Genre: 1951, Jl Conchyliologie. VÉRANY
surtout en a nommé plusieurs; faute de dessins à I’appui, dessins qui
n’ont pas été publiés, ses espèces sont placées en synonymie douteuse,
à cause des dîagnoses insuffisantes.

264 Motwsgmas opxsrnoeaaivcnas
Gen. ECHINOCHILA Môncn, 1868
Syn. : Acanihochila Môncn, 1868, préemployé par STAL ; Cadlina
BERGH, 1879 et auctt.; Juanella ODHNER, 1921 ; Doris p.p. auctt.
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FIG. 104. -— Ecîzinochilcf laevis. — a, animal vu de dos ; b, partie antérieure, dessous;
c, brayichies ; d, spicules ; 6, pénis et épines ; f, dents ; g, éléments d.el’a.rmat\Jre1a.bia1e ;
h, organes génitaux ; i, détail.
Au sujet de la priorité, je rappelle brièvement ce que je disais en 1934 2
Môacn a donné à ce genre deux noms, dont l’un seulement était pré-
employé, ce qui l’a fait jusqu’ici rejeter en faveur du nom donné plus
récemment par BERGH.
Ce genre est proche de Glossodoris EHR. (Chromodoris ALD. et HANC.)
dont il diffère par la forme aplatie et arrondie, la branchie tripinnée
ou bipinnée et surtout par Pexistence d’une dent médiane à la radula.
Les animaux sont de petite taille, généralement blancs, avec ou sans
bordure et taches sur le manteau ; avec des spicules dans le tégument

GLossonoRx¤1¤AE. — ECHINOCHILA 265
et une armature de crochets dans le vas deferens. La branchie est petite,
bi ou tripinnée, peu divisée.
Trois espèces européennes ont été décrites, qui sont extrêmement
difficiles à distinguer, surtout à l’état conservé. Elles sont maintenues
ici provisoirement, et une quatrième espèce plus récente et plus distincte
est ajoutée.
1. Echînochila laevis (Lmmë). -— Doris repanda ALD. et HANC. ;D0ris
obvelaia Sans, non Mü1.LER.
Petite espèce atteignant 23 mm. environ ; forme d’un ovale arrondi ;
aplatie; le pied dépasse le manteau en arrière; le tégument incolore,
translucide, laisse apercevoir un peu la coloration brune du foie. Le
manteau est parsemé de petites taches d’un blanc opaque un peu en
relief et porte un rang de chaque côté, de taches jaune soufre. Le pied
est incolore, sillonné mais non fendu à la partie antérieure; les palpes
sont des lobes triangulaires aplatis. Les spicules se voient en dessous du
bord du manteau, par transparence, formant des stries rayonnantes.
N. B. — Une armature péniale est signalée, mais chez le jeune, l’arma-
ture péniale paraît ne pas exister.
Radula : 30-1-30.
Atlantique. Côtes de France de la Manche, de la Méditerranée. Côtes
d’Angleterre; Norvège, etc.
2. Echinochîla. glabra. Fnuzte et HANSEN.
Très voisine de la précédente ; tout à fait lisse et a pour formule radu-
laire 44-1-44. (Espèce ou variété ‘?)
3. Echinochila. pellucîda. (Risso) (Doris), 1878. — Cadlina clarae v.
IHEMNG, 1881.
Petite, 10 mm., blanche, bordée de jaune, avec quelques points jaunes.
Lisse. Anneau de crochets bifides; radula 21-1-21.
Branchie très petite, brune, rhinophores bruns.
Méditerranée.
Un exemplaire de cette dernière a été trouvé à Banyuls, ainsi qu’un exem-
plaire à manteau lisse et un autre à manteau granuleux. La radula étant
uniforme, il n'est pas possible de dire s’il s’agit d’espèces ou de variétés.
4. Echinochila excavata PRUVOT-FOL, 1951.
Si les premières espèces mentionnées ci-dessus se ressemblent au point
que l’on peut hésiter à les maintenir comme espèces distinctes, il 11'en
est pas de même de celle-ci, qui offre des caractères bien nets. De taille
moyenne, 23 mm. sur 15 à l'état conservé, elle est très plate, avec un
pied aussi grand que le manteau, qui ne le dépasse que devant; les
flancs virtuels, le manteau touchant le pied, ce qui lui donne un aspect
bilamelleux. La forme est ovale mais un peu quadrangulaire; le pied

266 Mottusguns opxsrnoermncnes
sillonné, mais non fendu ; les palpes, représentés seulement par une
sorte de bourrelet divisé en deux parties, avec de petits creux de chaque
côté. Bord des orifices branchial et rhinophoriens légèrement saillants,
avec de petits tubercules autour ; tout le manteau est couvert de tuber-
cules, plus gros au centre qu’au bord, exception faite pour deux aires
glabres et lisses sur la ligne médiane entre les rhinophores et la branchie,
et qui, de ce fait, paraissent un peu creusées ; l’une ovale, l’autre arrondie.
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Fm. 105. ·-— Echinochila, clame. -~ a, animal vu de dos ; b, dents ; c, épines péniales. -·
E. eœccwata. -- d, animal vivant, vu de dos ; e, le même conservé ; f, dessous ; g, partie
antérieure, branchie et détail; h, partie de Porgane génital; i, dents.
Entre elles de chaque côté est une tache noirâtre, arrondie et nettement
circonscrite, contrastant avec la couleur jaune très pâle-blanchâtre,
opaque, du reste du manteau. Huit branchies peu amples, bipinnées.
Dans le bulbe buccal, fort, il y a en avant un anneau de bâtonnets
bifides, forts, anneau qui se prolonge en pointe ventralement; puis la
radula composée de nombreuses dents crochues et denticulées, avec dent
médiane.
Méditerranée : Banyuls (« Sables du large »). Deux individus.
FAMILLE ?
Gen. GEITODORIS BERGH
Le principal caractère du genre est Ie groupe des dents marginales
de la radula, qui sont en forme de spatule ou de gouge, dressées et serrées

Atozsxnan. -— Ax.ms.¤. 267
les unes contre les autres, si bien qu’on les a même représentées comme
soudées à leur base. Il y a une très faible armature labiale de bâtonnets,
que l'on ne réussit pas toujours à trouver, et qui ne peut être retenue
pour la diagnose du genre.
La forme est aplatie, ovale-arrondie ; tuberculeuse-granuleuse et
la couleur marbrée. La branchie petite avec un petit nombre de feuillets.
Cette diagnose convient tout au moins à la seule espèce européenne.
Geitodoris planata (ALDER et Himcocx), 1845 (Doris).
Très petit Doridien de forme aplatie ; de 18 mm. environ. Pied sîllonné
et fendu; palpes digitiformes aigus.
Couleur ocre à roux, marbré de plus clair et pointillé de brun ; quel-
ques petits points bruns sous le manteau. I
Les taches claires sur le manteau sont disposées plus ou moins régu-
lièrement en une double ligne de chaque côté. Une certaine ressemblance
avec Anisodoris siellifera en résulte, qui a fait prendre cette espèce
pour le jeune de la seconde (sous le nom d’Archid0ris festudinaria
Risso), par ELIOT (1)... Il semble bien établi cependant que la radula
diffère, et que lspèce doit rentrer dans le genre Geilodoris BERGH, créé
pour G. complanala BERGH, espèce américaine. L’imbroglio de ces espèces
n’est peut-être pas tranché définitivement, à cause de l’incertitude des
identifications d'anciens Doridiens, tels que la Zesludinaria. Une diffé-
rence qui permet de les distinguer aussi est la disposition des branchies,
qui sont ici au nombre de cinq, tripinnées, petites, et chez la slellifera
en nombre pair, séparées en deux groupes latéraux, et plus grandes.
L’anatomie est peu connue.
Atlantique: Grande-Bretagne. Méditerranée: Marseille, P Banyuls.
Famille des ALDISIDAE
Le genre Aldisa de BERGH est par lui inclus dans sa famille des Diou-
lulidae, famille très hétéroclite. Mais ce genre offre des particularités
assez aberrantes pour mériter d'en être retiré et de former le type d’une
famille spéciale, qui ne me paraît devoir contenir jusqu’ici qu’un genre:
Atlantique; Méditerranée.
Gen. ALDISA Bnncu, 1878
Syn. : Doris p.p. auctt.
Ce genre constitue à lui seul la famille. Il se distingue avant tout par
une radula très aberrante, composée de dents fines et longues, serru-
lées au bout, qui est un peu spatulé ou creusé en gouge. Ces dents sont
1. Erreur qu`î1 a. réparée par la. suite.

268 MOLLUSQUES oP1sTH0BnANcHEs
souples et fragiles, disposées parallèlement, mais dans les préparations
toujours plus ou moins déplacées et chevauchantes, et même emmêlées.
7 ' A · A v »
ll ne s agit plus d’une « rape », mais plutot d’une brosse, dont les elements
sont aussi difficiles a compter que ceux d’une chevelure hirsute l du moins
chez certaines espèces. Chez le type, A. zellandica (ALD. et HAM:.)
BERGH en compte environ 100 de chaque côté du rachis, mais il y en a
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Fm, 106. —- Aldisa zetlandica. -— a, face dorsale et tubercules du dos ; b, canal déférent ;
C, 41, dents. - A. berghi. -— e, un tubercule; jf, spicules ; g, animal vu de dos. -- A.
banyulemis. -— 'i, i, animal vu de dos ; lc, vu en dessous ; l, rhinophore ; m, brainchie ;
·n, dents.
arfois certainement davanta e. Elles araissent chez cette es ece moins
P S P P
fines que chez certaines autres.
Le second caractère est: « palpes tuberculiformes » (il n’y a pas de
véritables palpes, mais deux bosses au-dessus de la bouche). Enfin, il y a,
du moins chez une espèce, des épines péniales, et les orifices génitaux ne
sont pas confondus, mais à une petite distance l’un au-dessus de l’autre.
Aucune armature labiale. Manteau tuberculeux ou verruqueux.
1. Aldîsa zetlandica (ALDER et HANCOCK), Doris, 1854.
Dimensions : Longueur 16 mm. >< 9 >< 6.
Forme ovale ; dos avec tubercules coniques, mousses, nombreux mais

ALDISIDAE. —— ALDISA 269
dispersés, avec de plus petits entre eux, et devenant arrondis par la conser-
vation. Environ 200 dents « et plus » par rangée transversale, diminuant
beaucoup de longueur aux extrémités des rangées. Pénis avec nombreuses
petites épines. G branchies tripinnées (ou bipinnées: ELIOT). Des tuber-
cules autour des orifices rhinophoriens. L’orifice femelle au-dessus de
l’orili<·e mâle en forme de papille. Couleur: jaunâtre ou verdâtre pâle,
branchies et rhinophores jaune vif.
Atlantique Nord: Shetland; Lofoten. Açores; Iles du Cap-Vert.
2. Aldisa. berghi VAYSSIÈRE, 1901.
Petite espèce de 7,3 mm. Forme ovale, bombée.
Le manteau surplombe le pied partout, sauf en arrière, où le pied
dépasse un peu ; spiculeux, couvert de gros tubercules de grosseur variée,
en forme de verrues presque sphériques.
Formule radulaire env. 100-0-100. Armature labiale et péniale nulles
(non trouvées). Couleur jaune vif avec pointillé blanc et taches brunes au
sommet des tubercules.
Cette espèce, qui diffère de A. zellandica par sa coloration jaune. est
parfois regardée comme une variété plus colorée de cette dernière.
Méditerranée : Marseille.
3. Aldisa banyulonsis PRUVOT-FOL, 1951.
Très petite : 8 mm., ovale arrondie. Cinq branchies. L’0riiice branchial,
circulaire, est bordé d’un rang de petits tubercules (granules). Le pied
sillonné mais non fendu ; deux bosses indistinctes au-dessus de la bouche
remplaçant les palpes. Dents très nombreuses, ne pouvant être comptées
à cause de leurs positions variables et enchevêtrées.
Couleur rouge feu, avec des stries blanchâtres (trois) transversales,
obliques, symétriques.
Cette espèce méditerranéenne diffère de A. berghi par la forme plus
arrondie, les tubercules très petits (granuleux), sans taches au sommet ;
peut-être le nombre des branchies, la coloration.
Méditerranée: Banyuls, un seul exemplaire.
REMARQUES. -— Cette famille est encore fort mal connue zles individus
sont très petits et très rares sur nos côtes. La partie dorsale a été repré-
sentée par Iilmcocii (E1.1oT 1910), par BERGR, par VAYSSIÈRE, mais
il n’a pas été donné de figures de la partie ventrale (pied, palpes...) et
l’anatomie est inconnue. Seul BEHGII mentionne des épines péniales et
on ignore si c’est un caractère général. VAYSSIÈRE n’en a pas trouvé dans ·
son espèce.
Asieronolus sanguineus COOPER, appelé aussi Aldîsa sanguinea (COOPER),
appartient-il à ce genre ? Cela étendrait à l’Amérique son aire de disper-
sion. D’autres ont été trouvées sur les côtes du Maroc.

270 Mobnusourzs OPISTHOBRANCHES
Famille des DISCODORIDIDAE
Forme aplatie ovale ou un peu quadrilatère; pied plus petit que le
manteau, qui est granuleux ; orifice branchial, souvent lobé. Armature
labiale de bâtonnets.
Gen. DISCODORIS BERGH, 1877
Forme généralement ovale—arrondie, déprimée; branchies tripinnées.
Dos granuleux, non rugueux, mais un peu ferme. Orifice branchial sou-
vent étoilé ; il y a le plus souvent 6 branchies.
Une armature labiale en deux parties formée de petits bâtonnets
serrés. Radula longue, étroite, dents toutes semblables, crochues. Palpes
digitiformes.
Une grande prostate. Organes génitaux inermes.
Couleurs généralement peu vives, jaunâtres ou grisâtres, tachetées de
plus sombre. Il y a souvent des taches sous le manteau.
On a observé l’autotomie des bords du manteau chez certaines espèces.
Près de quarante espèces nommées, dont trois sont de la Méditerranée.
Mers tropicales et Méditerranée.
REMARQUE. —— Il n’est pas inutile d’attirer l’attention sur une confusion
qui s’est produite à plus d’une reprise entre ce genre et le genre Archi-
doris Brzaeu chez d’anciens auteurs, confusion qui a fait rejeter le nom
de Doris iuberculaia Cuvmn (1). Dans la dernière édition du Règne Animal
(par les disciples de Cuvum), ce n’est pas la Doris iuberculaia de cet auteur
qui est représentée sous ce nom, mais une Discodoris probablement
exotique, peut-être D. concinna de ALDER et HANCOCK (2). C’est en effet
un Doridien aplati, granuleux marbré.
Mais une autre fois encore le même fait s’est produit : parmi les Doris
représentés par RAPP (Das Molluskengeschlecht Doris, 1827), c’est encore
visiblement une Discodoris qui figure sous ce nom de D. iubcrculaia!
Plate, granuleuse et paraissant rugueuse par ses spicules qui hérissent
le manteau en le dépassant tout autour. Est—ce encore la même ? cela
est improbable; les Doridiens de RAPP sont méditerranéens. Celui du
Règne Animal est d’origine inconnue.
1. Discodoris indecora. BERGH, 1880. ——- 7 Doris iesiudinaria DELLE
GHIAJE, non Rxsso (3).
Ovale allongé; taille 21 >< 6 mm. Bord palléal large; elle atteint
30 mm. selon Error.
1. Voir PBUVOT·FOL, 1934: Doridiens de Cuvmn.
2. BERGH n’est pas sûr que ce soit une Discodoris; il n’y a. cependant pas de raison
d’en douter.
3. Mais non pas celle d’AL1:•En et Hanooox et ELIOT·

mseooomomns. -— mseonoms 271
Gonsistance ferme, mais douce. Presque lisse au milieu, avec petits
tubercules durs sur les bords. Le bord des orifices rhinophoriens est
légèrement relevé et finement iestonné. Les rhinophores ont la hampe
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& D.
FIG. 107. - Diacodoria indccora. -- a, anima.] vu de dos ; b, dessous de la. partie anté-
rieure ; c, rhinophoreg d, le même (d’s·près DELLE CHIAJE • D. tuberculata »), dessus,
dessous et rhmophore; e. armature labîsle; f, ses éléments; g, dents; 1;, partis du
tube digestif. -— D. erubescens. — i, dents.
longue avec un petit nombre (15 à 20) de lamelles spiculeuses. 6 branchies
tripinnées grêles. Palpes petits, coniques, avec sillon.
Anneau buccal noir, formé de bâtonnets serrés, un peu renflés, en rangs
irréguliers.
Radula 48 >< 19-0-19, selon Bsncn; 51 x16-17-0-16-17 selon E1.1013
Une prostate distincte, renflement du canal déférent.

272 MoLLUsQuEs OPISTIIOBRANCHES
Couleur olivâtre ponctué de clair; rhinophores et branchies à rachis
blanchâtre, le reste foncé. Dessous du manteau tinement ponctué de
brun verdâtre.
Revue par Emor qui confirme les caractères de coloration, la dentition,
mais a compté 4 branchies, « plus une petite impaire aa.
Cap-Vert   Adriatique : Trieste. Méditerranée: Banyuls, Villefranche.
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vé gÃQ+m.
FIG· 108. ——· Dis·c0dm~is malucosa. -—- a, dents ; b, éléments
de l’a.rmatu1·e labiale ; 0, entrée du bulbe
bucca,1 avec Yairmature labîale ; d, organes génitaux.
REMARQUE. — BERGH met en doute lui-même le fait qu’il s’agisse
ici d’une Discodoris. Cependant les caractères sont conformes à ceux du
genre, bien que l’espèce ne soit pas aplatie ni rude. C’est très probable-
ment a cette espèce qu’appartiennent quelques exemplaires d’un Dori-
dien trouvé à Banyuls et à Villefranche.
La radula est caractéristique de l’espèce, par son étroitesse et sa lon-
gueur, bien que les dents soient de la forme crochue banale. Le milieu
du dos est finement granuleux; les tubercules plus gros signalés par
BERGH ne se trouvent pas au bord palléal, mais au bord du dos, au-dessus
du pourtour de l’attache du pied. Le bord palléal est onduleux. En avant
et au-dessous on voit pointer les palpes, longs, fins, aigus. Les six branchies
en étoile ont le rachis large à la base et de couleur claire, le bord frange
est brun roux, différant de couleur avec le manteau, qui est gris, pointillé
de noir et de blanc, les taches noires se trouvant principalement autour
des gros tubercules qui sont blancs. Les très petits échantillons de 4-5 mm.,
déja reconnaissables à leur radula, sont blancs, avec quelques points noirs.

KENTRODORIDIDAE. —— Jor.uNNA 273
2. Discodoris maculosa Banc.11, 1884.
Long. (conservée) 48 mm. X 27 X 11. Bord palléal large, 8 mm. Le
pied plus petit : long. 16 mm. Ovale, aplatie.
Un peu raide et rude au toucher, couverte de très petites verrues cylin-
driques aplaties ou arrondies, serrées.
Bord des orifices rhinophoriens un peu relevés, orifice branchial en
triangle arrondi. Six branchies, grandes, les plus grandes sont posté-
rieures; anus étoilé. Palpes digitiformes aplatis. Des spicules dans le
manteau et les viscères.
Armature labiale petite, formée de bâtonnets cylindriques; radula,
formule 40 X 46-0-46. Une prostate. Couleur jaunâtre-verdâtre clair,
tacheté de gris-verdâtre, et un fin pointillé noirâtre; dessous pointillé
de brun-noir ; dessous du pied et branchie également pointillés de sombre.
Méditerranée: Naples.
3. Discodoris (?) erubescens Bianca, 1884.
Taille 20 mm. X 11,5 X 5,5; manteau villeux; orifice branchial
réniforme à cause d’un lobe dorsal (clapet) ; pied sillonné ; une prostate ;
radula 23 X 23-0-23. Armature labiale de bâtonnets. Couleur blanc
rosé.
Les Discodoris décrites sont très nombreuses, et plusieurs sont proba-
blement synonymes ; celle·ci se distingue par le manteau villeux et la
couleur, mais paraît bien faire partie de ce genre malgré le point d’inter-
rogation mis par son auteur.
Adriatique: Trieste.
4. Discodorîs edwardsî VAYSSIÈRE, 1902.
Forme ovale, allongée ; plutôt molle. Spicules calcaires, 5 branchies.
Dos finement granuleux, bords étroits. Rhinophores à nombreuses
lamelles. Radula 30-0-30, toutes les dents crochues, longues, grêles, peu
courbées. Pénis inerme. Armature labiale courbe.
C’est une forme de mer profonde. (Travailleur et Talisman.) Golfe de Gasco-
gne ou Maroc.
Famille des KENTRODORIDIDAE (selon BERGH)
Gen. JORUNNA Bsnoa, 1876
Syn. : Doris Cuv. p.p. ; Annan et Himcocx p.p.
Forme ovale, allongée; pied dépassant le manteau en arrière; plus
étroit que le manteau, sillonné et fendu. Hhinophores digitiformes (7).
Branchies nombreuses. Dos finement villeux, velouté. Pénis inerme, avec
un stylet latéral. Armature labiale nulle ; dents un peu crochues, dressées ;
les marginales aiguës, leurs lignes faisant un angle obtus avec le reste du
rang. Une grande prostate distincte.
Toutes les mers (?). 1
S

274 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
1. Jorunna tomentosa (GUVIER), 1804 (Doris) (1). —-— Doris johnsloni
ALDER et HANc0cK, 1845; Jomnna fohnsioni BERGH, 1881 ; Doris obve-
laia JOHNSTON, non NHÃLLER ; non Doris Zomeniosa PHILIPPI, 1844.
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FIG. 109. - Jorurma tomeniosa. —— 0., partie antérieure du corps, vue du dessous; b,
c, disposition des branchies contractées; d, organes génitaux; e, vésicules spermatî-
ques ; f, glande du stylet; g, h, stylet; i, organes génitaux externes ; j, villosités du
manteau.
Taille 42 mm. >< 10 env. Forme basse, le manteau touchant le sol tout
autour, couvert de villosités fines, serrées. Rhinophores épais, à lamelles
peu nombreuses, tachetées, avec un mucron.
L ¤ Die Doris tomemfosa von Cuvier ist jetzt, eine apocryphe Art die von Fischer, 1876,
fraglich mit der Doris coccinea Forbes und der Doris rubra. von d’Orbigny identiüziert
wird. » Avis de BERGH!

mmrnonoainrnan. ·—- Jonumm. 275
Branchies 11 à 20 env., tripinnées, généralement relevées en coupe
élégante ; orifices rhinophoriens et branchial à bords légèrement relevés.
Bouche externe proéminente, palpes longs, pointus.
Couleur beige (ou grise) avec 3 rangs de petites taches brunes peu
nombreuses et inconstantes. Branchies claires ou blanches. Ponte rubanée,
mince, très onduleuse.
Radula 35 X 32-0-32, dont les 3-4 marginales plus dressées et plus
grêles que les autres dents.
Scandinavie (jusqu’au 65% degré). Côtes de Grande-Bretagne et de France.
Méditerranée. (Pacifique?)
 J.) È)
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FIG. 110. - Jorumua iwrumtosa, dents.
2. Jorunna (?) atypha Bisaou, 1881.
Classée dans ce genre à cause de son stylet latéro-pénial et de ses papilles
fines et veloutées, elle diffère de l’autre espèce par la forme large et aplatie
des rhinophores et par le fait que ses 4 dents marginales sont denticulées.
Un seul spécimen, ayant moins de 20 mm. de lg. et probablement imma-
ture.
Méditerranée: Trieste.
FAM1i.1.r: ?
Gon. PARADORIS l3Em;11, IHH-1 ·
Forme aplatie. Dos finement granuleux. Palpes digitiformes, sillonnés.
Pied sillonné, fendu. Une armature labiale de bâtonnets crochus. Pénis
inerme. Le genre est caractérisé par l’existence d'un certain nombre

  MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHEb
de petites glandes annexes du système génital externe, dont une partie
contiennent de petits stylets rigides.
Méditerranée (Adriatique).
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FIG. 111. —- Jorwrma atypha. - a, partie antérieure du corps, vue du dessous ; b, dents
marginales. -— Pamdoris gmnulata. -— c, armature labiale ; d, un des stylets ; c, glandes
des stylets ; f, une des glandes ; g, deux p0Ch®S avec Stylets ; h, éléments de 1’armature
labiale ; i, dents.
Paradoris gi-anulata BERGH, 1884.
Consistance raide, un peu rude. Six branchies petites dont une ou deux
peuvent être subdivisées. Orifice génital très antérieur. Des granulations
sont de différentes grosseurs, arrondies ou pointues; il y en a de plus
grosses autour des rhinophores.

ROSTANGIDAE. — nosrxncm 277
Radula 56 X 21 (de chaque côté ? probablementl.
Couleur brune ou gris marbré; granules blancs épars ; rhinophores et
branchies en partie blancs. Le dessous est blanchâtre, pointillé de noir,
de même aussi que le dessus du manteau.
Une variété plus foncée a été trouvée dans la même localité.
Méditerranée: Trieste (2 échantillons). Un échantillon dans la Collection
du Muséum d’Histoire naturelle (Paris).
Famille des ROSTANGIDAE
Le genre Rosianga BERGH, qui à lui seul constitue cette famille, ou
si l’on préfère, cette sous-famille, est assez nettement différencié pour
que ses membres ne puissent être logés dans l’une des sous-familles créées
par BERGH ou d’autres auteurs. Je ne puis suivre N. ODHNER lorsqu’il
réunit en une seule, sous le nom d’Aldisinae, les Aldîsinae et les Rostan-
ginae; car si, par leur taille et le coloris d’une partie d’entre elles, elles
offrent parfois une similitude frappante, les caractères internes diffèrent
totalement; et de plus, même certains caractères externes, tels que la
forme des palpes, des branchies et des tubercules dorsaux. On pourra
constater ces différences en comparant les diagnoses ; je n’insiste que sur
les caractères de la radula: elle diffère du tout au tout chez les deux
genres: chez Rosfanga, trois et même quatre formes de dents; chez
Aldisa, une seule, très spéciale, et en outre absence de toute armature
labiale.
Les caractères de la famille sont ceux du genre unique.
Gen. ROSTANGA BERG1-1, 1881.
Doris p. p. auctt. ,
Doridiens de petite taille, ovales. Manteau couvert de petites papilles
spiculeuses à bouton central sensitif. Pied sillonné, non fendu. Radula
formée au moins de trois sortes de dents: la première latérale diffé-
renciée, les suivantes courbes, avec une cuspide secondaire à mi-hauteur ;
les marginales très longues et grêles, simples ou bifides. Une armature
labiale de bâtonnets, en 2 parties latérales. Branchies simplement pinnées.
Il y a une prostate. Le manteau porte des tubercules spiculeux, s’évasant
au sommet.
Atlantique; Méditerranée; Pacifique. I
Il y a trois ou quatre espèces hors d’Europe. BERGH ne donne qu’unc
courte liste de deux espèces et les réunit par une accolade. Ce ne sont
très probablement en réalité que des variétés de coloration d’une seule
espèce :
Rostanga rubra. (Rrsso) 1818, (Doris).
Syn.: Doris coccinea Foamas 1843; ALD. et Ilzmc.; Bnncu; Doris

278 Morrusouns ovrsruoenawcuss
rubra (de nova) D’0nB. 1837 ; R. rufescens n. n. IREDALE et 0’D0N0cHUE,
1921.
Long. 6 à 10 mm.
L’espèce de RISSO a été méconnue, ayant été confondu avec Plaiydoris
argo. Sa diagnose, qui mentionne sur le manteau « de très petits orifices
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FIG· 112. - Rostanga mbm. — a, animal vu du dessus (par divers auteurs) ; b, dessous ;
c, d, tête vue du dessous ; e, f, rhinophore ; g, partie des organes génitaux ; h, ponte.
comme pustulés » (cariophyllies de LABBÉ) décrit ainsi les tubercules
caractéristiques de Rosianga, vus à un grossissement insuffisant ; les
tentacules bruns, pointillés de gris, le dessous rouge pâle (pas de pointillé
mentionné l) et surtout les 7 branchies simplemenl pinnées correspondent
à Rosianga et non à P. argo. Il y en a 7 à 9, et jusqu’à 12.
Hadula environ n >< 30-20-O-20-30 (1). Rhinophores avec un petit nom-
1. Nombre approximatif à. cause des formes intermédiaires ; les marginales sont très
difficiles à, compter. La première est différenciée.

nosrnmexnae. - nosmmca 279
bre de lamelles et un mucron.Leur forme est caractéristique.C·ouleur rouge,
rouge orangé ou carrnin.
Atlantique. Méditerranée: Marseille, Nice, Banyuls, etc.
Hoslanga rubra est pointillée de blanc et de brun ; des anneaux blancs
entourant les orifices rhinophoriens sont reliés par une barre transver-
sale, ce qui leur donne l'aspect d’une monture de lunettes.
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F10. 118. - Rostanga. mbra. -- a, tubercules (caryophyllies) ; b, spicules ;
c, éléments de 1’a.rma.ture labîale ; d, dents. - R. perapüillata (P). — 2, dents.
Si R. perspicillafa paraît n’être qu’une variété de l’espèce précédente,
Barton signale cependant une particularité de sa dentition qui pourrait
lui restituer le rang d’espèce si elle se montrait constante : la première
dent porte de fins denticules.
Var. ]J8rSplClll3t& Bianca, 1881 (sp.). —- Le pointillé brun et blanc, mais sur-
tout le brun, est plus accentué et recouvre en partie la couleur rouge du
fond. Brancbies plus nombreuses dit-on.
Atlantique: Grande·Bretagne. Méditerranée: Marseille, Nice, Banyuls.
N. B. — Bien que Bianca ait créé l’espèce perspicillata, il la réunit   la
précédente par une accolade. Les radulas que j’ai eu l'0ccasion d’exam1ner
avauent toutes la première dent denticulée, mais en dessous, ce qui en rend
Yobservation diilicile. De plus, la pigmentation est variable; la figure par
ALDER et Hnucocx dans la Monographie, représentant « Doris coccinea »,
montre le dessin « en lunettes » formé par le pigment blanc autour des rhino-
phores: ce dessin n‘est donc pas spécial à la perspicillata.

280 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
FAMILLE 7
Gen. CARRYODORIS VAYSSIÈRE, 1919 (1)
(Un seul individu connu)
Le genre est caractérisé par les particularités de sa radula, de for-
mule n-n-n-o-n-n-n. Les marginales sont larges aplaties, un peu creuses,
dressées et serrées comme celles de Geiiodoris; ensuite viennent des
dents crochues denticulées, puis des dents simplement crochues, sans
denticules.
La seule espèce connue (par un spécimen) est très petite, quelques
millimètres ;le manteau est granuleux, la branchie a trois feuillets tri-
pinnés. Il n’y a pas d’armature labiale proprement dite, mais une forte
cuticule avec un réseau lui donnant l’aspect de nid d’abeille.
Méditerranée: Marseille, 1 spécimen.
Carryodoris jnubîni VAYss1ÈRE, 1919.
Long. 4 mm. X 2,2 X 1.
Avec les caractères du genre ; radula étroite de formule 20 >< 10-2-5-
0-5-2-10.
Granulations un peu plus fortes et moins serrées que chez Discodoris
rubens (c’est-à-dire Geiiodoris 7 rubans). Coloration brun—rougeâtre avec
quelques taches plus foncées. Dessous jaunâtre, lisse; rhinophores et
branchie rougeâtre plus vif.
Les organes génitaux sont inconnus (2).
Marseille (Carry), 1 échantillon.
Doris (7) sp. Pnuvor-For., 1951.
Comme pour la Carryodoris joubini de VAYSSIÈRE, il s’agit ici d’une très
petite espèce de 2 à 3 mm., granuleuse, qui ne peut être caractérisée que
par sa radula d’un type aberrant; pour cette raison, je n’ai pas jugé
utile de donner un nom à une espèce dont la diagnose est par trop incom-
plète, et qui peut-être est immature. 5 branchies. Anatomie inconnue,
armature labiale deux petites plages.
Rien dans son aspect n’avait attiré mon attention avant l’inspection de
la dentition. Celle—ci montre à la partie antérieure étroite des dents denti-
culées au bord. Cette denticulation s’atténue plus loin. Sur le rachis se
rencontrent, mais en alternant d’un côté à l’autre, des groupes de dents
d’un type différent des latérales : minces et très serrées en paquets, elles
sont de chaque côté au nombre d’environ '7, mais difîiciles à compter
1. Le genre me paraît confirmé par un Doridien du Japon qui a. une dentition ana-
logue ou presque identique nommée par K. BABA Geitodorvls ohsiwlmai et qui n’a, pas
non plus une ra·du1a· de Geriiodoris. Mais ces deux espèces connues par un seul échan-
tillon ont besoin d’être revues.
2. Pour lui assigner une place dans une famille leur Connaissance serait nécessaire.

NUDIBRANCHES. —— 1NcER1·A12: snms 281
à cause de la compacité des groupes. Elles sont crochues mais très plates,
contrairement aux latérales, et il n’y a pas de transition entre les deux
sortes.
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FIG. 114. - Bapiodorîs cinnabarina. —- a, dents ; b, épines péniales ; c, partie des organes
génitaux. ·— Carryodcrris joubini. - d,dents. — Geitodoris(?) plamzta. - e, face dorsale
gt, ventrale ; f, côté drûü de l'8·¤î111¤·I et détails ; g, dents. — Dor-ia sp. (jeune). -— h, dents
médianes; i, a.rm&l>l1I‘€ lB·bî8·l6: f, 8·Spect dorsal.
Comme chez la Carryodoris de VAYSSIÈRE, sa dentition est différente
de celles de toutes les Doris connues, mais un seul individu, jeune, ne
permet pas de le classer.

282 MOLLUSQUES 01¤1srnoenANc1»1Es
Gen. BAPTODORIS BERGH 1884.
Syn. : ‘! Carminodoris BERGH, 1889 (1).
Forme un peu déprimée ; plutôt molle ; manteau finement granuleux.
Palpes coniques. Branchie à feuillets peu nombreux, bipinnés. Pas d’arma-
ture labiale. Dents nombreuses, crochues : latérales simples, marginales
serrulées (2). Prostate grande ; pénis armé de nombreuses épines.
Baptodoris cinnabarina. BERGH, 1884.
Taille 50 mm. (lonsistance ferme. Forme un peu plate mais non aplatie ;
ovale allongé. Les tubercules sont coniques, arrondis, spiculeux, tous
de même taille et rapprochés, Palpes petits, digitiformes; pied assez
large, sillonné, fendu, arrondi derrière. 7 branchies bipinnées. Cuticule
labiale sans armature de bâtonnets. Radula formule 96 >< 101 (de chaque
côté ‘?). Dents toutes simples, crochues, unies (2) (selon le texte et les
dessins de BERG11).
Gouleur rouge écarlate. Le pénis (ou plutôt la partie dévaginable du
canal déférent) est garni d’épines très nombreuses, aiguës, serrées.
Adriatique: Trieste.
Gen. BOREODORIS ODHNER, 1939 (3)
Petit Dorîdien dont le manteau est couvert de petites villosités cylin-
dro—coniques ; branchies bipinnées ; dents de taille différentes, mais ayant
toutes un denticule d’un côté; sans armature labiale ni génitale.
Une seule espèce:
Boreodoris setidens Om-msn, 1939.
Grise, branchies et rhinophores blancs.
Radula (env.): 130 >< 120-0-120.
Un seul individu connu; trouvé à Nordfolla, Norvège.
Gen. APORODORIS (v. IHERING), 1886.
Dos granuleux-tuberculeux; palpes digités; dents latérales crochues,
simples; marginales atrophiées (petites avec le sommet pectiné).
Apodorîs mîllegrana. (ALDER et Hrxiveocx), 1855, Doris.
Doridien jaunâtre à l’état conservé, avec quelques taches pourprées
au bord du manteau; le manteau avec petits tubercules granuleux de
deux grandeurs. Son bord dépasse beaucoup le pied.
1. L’a·1·ma.ture labiale de bâtonnets paraît être la seule différence entre ces deux genres
de Bmmn.
2. Il y a ici une contradiction entre la. diagnose de l’espèce et celle du genre, qui a.
cependant été créé pour celle-ci.
3. Placée par son auteur parmi les Aldilsinac, dont les dents sont cependant très diffé-
rentes.

NUDIBRANCHES. —- INCERTAE snms 283
lmamnc a créé un nom de genre pour cette espèce très insuffisamment
décrite, dont il croyait avoir reconnu des échantillons en Méditerranée.
ALDER et HANCOCK n’ont vu que deux échantillons conservés trouvés
sur une côte anglaise; les taches paraissent inconstantes, et la forme
atrophique des dents marginales est insuffisante pour caractériser un
genre; elle se rencontre sporadiquement dans plusieurs genres. Cette
espèce a six branchies bipinnées; orifices branchiaux et rhinophoriaux
simples, onduleux. Palpes linéaires. Le pied est sillonné, et sa lèvre supé-
rieure fendue. Le genre Eîidoris V. IHEMNG a les mêmes dents marginales.
E. ladislavii v. Inemwo.
INCERTAE snms
Doris nobilis L0vÉN est aussi une espèce connue seulement de Scandi-
navie: elle diffère de Doris (Staurodorisl verrucosa (LINNÉ) Guvmn par
le nombre des branchies et l’absen<·e de gros tubercules valvulaires à
côté des orifices rhinophoriens.
Nombreuses stations en Norvège.
REMARQUE. — Ces espèces nordiques sont succinctement citées ici,
et ne se trouvent probablement pas sur nos côtes.
Doris (‘?) testudinaria Rrsso, 1826.
Dos couleur terre d’0mbre claire, avec taches les unes rondes, les autres
ovales, plus foncées et composées de plusieurs petits granules rapprochés.
La partie inférieure du manteau est de même teinte, mais avec de petites
taches. Le reste du corps jaunâtre. Les rhinophores et les palpes sont
comme chez Doris argo et les branchies sont bipinnées.
Doris (?) testudinaria Risso DELLE CHIAJE, 1828.
Il n’est pas certain que DELLE CHIAJE ait eu en vue la même espèce
que Rrsso; cette espèce, que ALDER et Hmvcocx, puis Emor ont cru
reconnaitre est peubëire celle de Risso, mais il n’est pas possible, d’après
la description, d'en être certain; cette description s’applique aussi bien
à une Discodoris comme D. indccora ; et c’est à cette dernière que ressemble
le mieux la figure de DELLE Cursus:.
Doris marmorata (N.) D. marbré, Rrsso, 1826. — Jour. de Phys.,
LXXXVII, 369, 4.
I). Corpore ovale, oblongo, griseo obscure, rubro punclaloç laleribus
fuberculalis, branchiis sex-pinnulaiis, N.
il Son corps est ovale, oblong, un peu bombé, lisse au milieu, garni sur
son pourtour de trois rangées de tubercules assez distants les uns des
autres. Le manteau est grisâtre, zoné d’obscur, pointillé de rouge brun ;
les tentacules sont un peu coniques ; les branchies sont pinulées ; toute

284 MOLLusQUEs oP1sTH0BRANcnEs
la partie inférieure et le pied d’un beau blanc tacheté de rouge. Long. 0,026.
Séj. Sous les cailloux. App. Mars. »
Doris venulosa. Leucxlxsr, 1828.
« Corpore laevi; dorso conveœiusculo, coerulescenle-griseo venis rubris,
irregulariler reliculaiis ; pallio supra pedis lalera paulo prominenle, sublus
roseo, margine limbis duobus, ezrleriore cilrino, interiore coerulcscenle
cinclo. In/ra colore sordide albo. »
Lg. 1 pouce. Tégument translucide; branchies couleur chair.
Peut-être une Glossodoris ‘?
Méditerranée: Sète.
Doris (?) partenopeia DELLE GHIAJE, 1841.
Corps elliptique, convexe, jaune-rosâtre; manteau papilleux, sauf
à son bord libre, onduleux, jaune.
Les grandes papilles « affollatissime J1, les autres ovales ou rondes
punetiformes (il y en a peu d’intermédiaires); de couleur rubis, avec
un point central blanc. Huit branchies roses... les rhinophores pliés,
lamelleux, avec un bouton terminal, ovales, eiïilés. « Le pied, plus étroit
que le manteau, rappelle celui de D. luleorosean. » (mais la ressemblance
s’arrête là). Cette espèce remarquable, qui n’a pas été revue et qu’on
ne peut donc classer, est représentée pl. 40, fig. 27; selon cette figure,
sa branchie tripinnée et grande est située à l’extrémité du manteau,
ce qui pourrait faire penser à la possibilité qu’il s’agirait ici d’une
Dendrodoris.
Vue une seule fois à Naples.
Doris (?) flemmîngi F oRBEs, 1838, n. n. pour Doris nigricans FLEMJNG,
1828, non OTTO, 1823.
Animal ovale, avec 7 à 8 branchies et deux tentacules. Manteau cou-
vert de papilles filiformes. Deux colorations:
brun pourpre (1), tacheté; branchies blanches. tachetées de pourpre
dessus, blanches dessous, pied blanchâtre;
ou: entièrement blanche, plumes brancbiales plus obtuses.
REMARQUE. —— Cette description est trop sommaire ; seul ce caractère :
« papilles filiformes » a quelque valeur et pourrait faire supposer qu’il
s’agit d’une Acanlhodoris.
Doris retîculata Scnuirrz, 1836; non Quov et GAIMARD. 1832.
Long. 9"’, lt. 5 %"’. « Corps très déprimé, manteau ovale, noir au
milieu, orné de taches blanches en relief; bordure fuscescente. Dessous
des lignes rayonnantes rameuses, réticulées ; 6 ou 7 branchies. Manteau
1. « Purple » 11,651 pas équivalent de pourpre, mais plutôt violacé.

NUDIBRANCHES. — 1NcEn·r.xE sxzms 285
deux fois plus large que le pied. Lignes en relief 1·ayonnant et se ramifiant
vers le bord; branchies étroites, pinnées ou rameuses ; tentacules supé-
rieurs rétractés ; bouche et tentacules inférieurs petits. »
lci aussi on peut soupçonner qu’il s’agit d’une Dendrodoris (peut—être
de D. grandi/Zora, qui a des lignes rayonnantes dues aux spicules, au
bord). ...mais sans en être sûr. Si on la reconnaissait un jour, elle devrait
changer de nom. Ou peut-être est-ce Doriopsilla reliculafa ?
Méditerranée: Sicile, Palerme « rare ».
Doris (?) flnvipes LEUCKART, 1828 (probablement synonyme de D.
luberculaia CUVIER) (1).
Je ne puis que transcrire la diagnose, qui permettra peut-être de recon-
naître ce Doridien :
« Dorso convexe, ubdique, ul in laleribus luberculaio; iuberculis mino-
ribus, magniludine variis; pede magno; colore supra griseo fuscescenlc,
maculis fuscis, irregularibus, sparsis, infra flavo, maculis nullis. Bran-
chiae 8, ramosis. Penem magniiudino enormi, înlcrdum eœserium vidi. »
Petit exemplaire, long. 1 pouce, 7 à 8 lignes de larg. max.; le plus
grand, 3 pouces, larg. 2 pouces.
Méditerranée.
Rmmaguns. — LEuc1<Am· pense que l’espèce est nouvelle, différent
de toutes celles décrites par CUVIER, LAMARCK, qu’e1le ressemble à la
Doris iuberculala de CUVIER, mais « cujus iconem egregius Savignyus
exibuii in cximio illo, in quo de rebus Aegipiiacus disserilur opere » ...sans
description . . .
Si l’on se reporte au texte de DELLE CHIAJE, concernant sa Doris
leuckarii, on voit que LEUGKART, Payant retrouvée à Sète, « fut le premier
à la distinguer de la D. iuberculala de GUVJER » sous le nom de D. flavipes,
mais tomba dans l’erreur en l’assimilant à la Doris figurée par SAvxGNY
« que tout le monde reconnaît pour la luberculalu »... DELLE CHXAJE avait
donc, « comme tout le monde », adopté comme type de D. lubcrculala Guv.
celle du Règne Animal par les disciples de Cuvxzn (celle de Snvxciw) ct
non pas la primitive, par CUVIER lui-même, 1804 (2). Erreur qui a eu
de longues répercussions.
Il résulte de ces considérations que, de même que D. leuckarli, Doris
flavipes (bien que sans figures on ne puisse en être certain) est synonyme
de iuberculala CUV. (la véritable l).
Doris (?) îgnota, n. n. pour « D. grandi/lora RAP}- » (JANTRMNE, 1840,
non Pense, 1861, non Barr, 1827.
Doris corpore ouali-oblongo, convecciusculo, superne granuloso, fulvo :
1. Malgré le nombre des branchias".
2. Voir au sujet de ces erreurs la. discussion par A. PRUVOT-FOL,. 1951 et 1934.

286 M0LLUsgUEs oP1sTH0BnANcHEs
pallii limbo late: pede luteo, antice sulcato: tenlaculis clavatis, in calgce
subfrimbriato retractilibus: branchiis praelongis 11 aut 12 rnmosis, lates-
centibus. Lg. 11"’.
Ressemble en petit à D. tuberculata, mais à dos granuleux : UANTRAINE
la rapporte à D. grandiflora RAPP (à tort). Les granulations paraissent.
dues à de petits corps blancs engagés dans la peau. Dos brun marbré de
noir, gris au bord, qui est très large.
« Pied jaune, profondément sillonné à la partie antérieure. Branchies
très grandes, rameuses et d’une teinte grisâtre: 11 rayons formant un
cercle presque complet. Le pourtour de l’ouverture saillant ; rhinophores
en massue, bord de l’orifice mince, un peu frangé. » (CANTHAINE note
la ressemblance avec la testudinaria de D. CHIAJE (1) et ajoute : «Serait-ce
aussi celle de RISS0 ? Je l’ignore, tant il est difficile de deviner les espèces
que le naturaliste de Nice décrit. »)
Cette Doris n’est pas la testudinaria, mais pas davantage Dendrodoris
grandiflora (RAPP).
Sans figure il est difficile de l’ide11tifier. Selon la description, elle paraît
plutôt ressembler à la « Doris tuberculata CUVIEP. » de RAPP et à celle de
DESHAYES (mais non de CUVIER), qu’à « Doris grandiflora RAP? », qui
est une Dendrodorisg elle en diffère par les granulations du manteau et
par le grand nombre de branchies.
Méditerranée.
Doris philippii (2) WEINKAUFF,l873, n. n. pour Doris tomentosa PHILIPPI,
non GUVIER. —— Doris tomentifera ÀBRAHAM, 1877 nov. nom. pour Doris
tomentosa « Cuvuan » Scnunrz-Pnxmrri, 1844, non Cuvma.
«D0ris corpore ovato-oblongo, lutescente, supra filis brevibus tomentoso. »
D. tomentasa GUV. Ann. du Mus. IV, p. 470, absque fig. Januaris 1840. .
lria fusc0·lutea, fusco-marmorata, subtus lutea, fuseœpunctata, quarlum
potius fuscum, luteo-marm0ratum... Corpus repens 18"’ lg., 4"’ lat. inquiete
sedens 12"’ lg. 6"’ lat... Pes latitudine bislertiem pallii partem aequat,
eandem vero longitudinem ac pallium habel. Tota superficies papillis ereetis
cglindrieis subfiliformibus dense obtectu est, quae (in calyce ientaeulorem
saltem) capitulo margine cineta terminantur, uti lens oculum docet. Tenta-
cula branchiaeque pallidae omnino in ralyces s. foveas suus retrahi possunt,
quarum marge simplex est. Branchiae fere in priere, paullo minores, tripin—
natifidae ulrinque tres, sed anteriares magis lobalae, ita ut eliam plures
numerare possis.
Sicile: Palerme.
Long. (en marche) 18"’, lat. 4 "’ ; au repos 12 mm. 6. Forme allongée ;
papilles dressées, filiformes, cylindriques, tomenteuses. Rhinophores bruns.
1. C’est d’a.il1eurs DELLE CHIAJE (1828,pl. XXXVHI, fig. 8) qui, lui aussi, rapproche
sa Doris testudinaria, de Doris gra·ndifl0'ra RAPP.
2. Non P latydûrvla philippii BERGH ; voir ce nom.

NUDIBRANCHES. -—- INCERTA1; SEDIS 287
Couleur jaune roux marbré de roux plus sombre. Dessous jaune ponctué
de taches sombres. Orifices branchial et rhinophorien simples. Branchies
tripinnées, trois de chaque côté. Selon la figure, il y a des taches brunes
en deux lignes.
Pmmrei dit que la description ne cadre pas tout à fait avec celle de
CUVIER, « qui n’a pas vu l’animal vivant ». L’espèce, qui ne semble pas
avoir été revue depuis Pmnreex, diffère de Jorunna iomenlosa (CUV.) par
la forme et par la branchie (par la couleur aussi, mais la couleur est
variable).
Naples (4 spécimens).
Doris nardîî VERANY, 1846.
Doride di Nardo, VERANY (1). —-   Quatordici branchie, fatte aguisa
di penne laciniate, con una linea dorsale di pun ti azzurri e gialli... incavo
respiratorio, il quale ha il suo orlo rilevato a cono... Colore del mantello,
celeste chiaro tendente al verde, bleu nella parte posteriore. Estremità
del piede... e il corpo tutto, tempestati di punti, di maccliie irreg0lari...
giaIle... Lung. 125"’, larg. 35"'.
L’espèce dilïérerait de Pelegans GANTR. par le nombre des branchies
et la bordure jaune, qui est ici interrompue. Elle est synonyme.
Doris calcarae VEHANY, 1846 (1) —   Tentacoli superiori, conici, bleu
scuri... incavo conieo orlato di giallo. Dieci branchie... di colore bleu
con una linea interna gialla e altra esterna di punti... gialli... incavo
rilevato a con0... Colore generale". ceruleo chiaro tendente al violaceo.
Lung. 120"’  
(Pest encore un synonyme de Glossocloris valenciennesi.
Doris pasînii VERANY, 1846.
Doride di Pasini, VERÀNY··· (1) —   mantel10... presente quatro linee
longitudinali e una quinta marginale gialle. Altre linee, dello stesso
colore, cingono l’estremità dorsale del piede bleu scuro... Branchie, in
numero di otto... tentacoli dorsali, coniciz colore bleu scuro. Piede...
verde cenerino. Lung. 25"’.
Synonyme de Glossodoris gracîlis RAPP.
Doris orsiniî VERANY, 1846.
I)oride di Orsinii, VEP.ANY...(1)   Mantello largo, munito di undeci
tubercoli conici ed orlato di due larghe linee gialle, delle quali, l'inte1‘na
non oltrepassa, ne i tentacoli, ne le branchie. Piede alquanto piu stretto
del mantello. Tentacoli conici ; colore bleu. Branchie in numero di otto,...
bleu scuro, sortono di un incavo respiratorio rilevato a cono. Colore
generale Verde scuro. Piede tendente al cenerino. Lung. 30"’. Hara,
nella riviera di Ponente.
1. Les caractères génériques indiquant le genre Glosaodoria sont omis.

288 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Cette espèce paraît identique à la « Doris cœlesiis de DESHAYES dans
Fredo] : Le Monde de la Mer ». Sa grande rareté fait que la différence
de couleur zverie au lieu de bleue, laisse sur leur identité un doute, qui
sera dissipé par la capture d’autres individus.
Doris sismondii V ERANY, 1846.
Doride di Sismonda, VERANY. — Corpo ovale, poco convesso. Piede
più piccolo del mantello. Tentacoli conici. Otto branchie, fatte a guisa
di foglie ovali e pinnate. circondano l’ano. Color generale fulvo, tendente
al giallo sotto il piede. Mantello coperto di macchie irregolari più o meno
scure, onde ne prende l’aspetto d’una breccia. Orlo del piede nerognolo.
Estremità delle branchie biancastre. Lung. 32"’. Larg. 22"’. Rara nella
riviera di Ponente.
Pourrait être A. slellifera, mais ce n’est pas probable.
Doris rîssae VERANY, 1846.
Doride di Rissa, VERANY. —— Corpo ovale, convesso, del colore della
cioccolata. Piede più stretto del mantello: colore cinabro. Tentacoli
conici, lamellati, gialli. Branchie in numero di dieci piccole, fatte a guisa
di foglie ovali e pinnate, di colore scuro... ano, il cui orlo è pure colore
di cinabro. Lung. 15"’. Rara nella riviera di Ponente.
Doris villae VERANY, 1846.
Doride di Villa, \/’ERANY.   C’est encore une Glossodoris à manteau
bordé de jaune, avec plusieurs lignes longitudinales et pied bordé de jaune.
Huit branchies a bipartites » et tentacules bleu-foncé ; 18"’, rare.
Bien que les lignes soient jaunes et non blanches, elle ressemble plus
à GI. gmcilîs qu’à valenciennesi (?).
Doris pirainî VERANY, 1846.
Doride di Pirajno, VERANY. — Corpo bislungo, liscio. di colore bianco
e diafano. Mantello orlato di giallo. Tentacoli alquanto claviformi :
colore rosso di porpora. Branchie piccoline, in numero di dodici, somi-
glianti a foglie ovali e laciniate, del colore dei tentacoli... Piede stretto
e orlato di giallo, oltrepassando il mantello di un quinto della sua lun-
ghezza. Lung. 30"’. Larg. 11"’. Hara nella riviera di Ponente.
Paraît être synonyme de GI. « albescens » SCHULTZ.
Doris schembrii VERANY, 1846.
Doride di Schembri, VERANY. — Corpo ovale, convesso. Mantello
large, di colore violaceo cenerino con macchie scure e margine giallo-
gnolo, intieramente coperto da piccoli tubercoli irregolari, bianchi e
granuliformi. Tentacoli conici, colla base gialla e coll’apice lamellato e
bianco. Branchie in numero di otto, fatte a guisa di foglie bipinnate,
di colore giallo, cingenti in parte l’ano. Lo stipite di ciascheduna è rilevato

NlDlBliANClIEb. — imcnnma sanrs 289
dal lato intorno della sua base, e ne risulta una specie di coronaa nale
di soli denti essendo la foglia inferiore di ogni lato ramificata al di sopra
della laterale. Faecia inferiore del maniello violacea cenerina. Faccia
superiore del piede dello slesso colore, con piccole macchie carminie:
sua faccia infcriore ed il solco marginale anteriore, gialli canarini. Testa
coi tentacoli smozzati, della stessa tinta.
Pescasi a... 150 () 200 metri di profondità .... Lung. 50"’. Larg. 30"’.
Varietà : Mantello del color della ciorcolata, coperto da piccoli tuber-
coli poco fiti e giallo foschi: tentacoli... nerognoli; parte inferiore del
mantello, testa, e piede gialli.
(Lette description a été transcrite presque littéralement., parce que je
ne sais pas assigner une place à ce Doridien, qui sera peut-être retrouvé.
Doris porri VERANY, 1846.
Doride di Porro, VERANY. — Corpo bislungo. Mantello convesso alquanto
tuberc0loso... Piede più stretto del mantello... Sei branchie... bipin·
nate... Mantello di colore cenerino tendente al violetto, coperto late-
ralmente di punti ferruginei, inferiormentc più chiaro e punteggiato color
di rugine. Piede cenerino chiaro, un poco trasparente cona lcuni sotti-
lissimi punti rossi, nella parte inferiore, e pui fitti presso il margine supe-
riore. Estremitù lamellata dei tentacoli giallognola e coperta di punti
ferruginei. Branchie di un bianco cenerino coll’apire giallo. Lung. 2G"'.
Larg. IO"'. Questa specie e molto coriacea.
C’est une Discodoris; consistance coriace, couleur, grandeur, nombre
de branchies concordent.
Doris krohni VERANY est décrite ailleurs, et Doris pareiii est synonyme
de Goniodoris caslanea Amen et Hamcocx.
Doris (7) dalyelli, n. n. pour Doris argo DALYELL. 1853 p.p., non Lmmë,
non luberculala (luviau.
ÀLDER ei HANCOCK ont appelé probablement correctement Doris
luberculqla l’animal des fig. 6, 7 du même auteur, bien que la couleur
ne soit pas rendue très exactement. Par contre, et bien qu'ALDER et
H.ANCOCK (Mon., pt. VII) admettent leur identité, je ne crois pas
que le Doridien représenté pl. XLIV, fig. 4, 5 soit le même animal.
Je ne puis l’identiiier avec aucune espece de nos côtes, ne lui trou-
vant quelque ressemblance qu’avee Archidoris nobilis LovEN (?) et les
renseignements sont insuffisants pour lui assigner un nom générique ;
force est de le cataloguer sous un nom provisoire dans l’espoir qu’il sera
retrouvé. 'I`aille (de la figure) 47 mm. X 23; forme ovale-allongé; dos
d’aspect grenu, avec un nombre restreint d’assez gros tubercules épars,
de couleur claire tranchant sur le fond sombre du manteau gris·brun
marbré, ou bronzé. Branchies au nombre de dix, étroites (bipinnées ?)
également de couleur claire. Palpes aplatis un peu étirés antérieurement
19

290 MOLLUSQUES 0P1s'r11oBRANcHEs
en un petit lobe mousse ; pied sillonné (non fendu 7). Dessous du manteau
pointillé de couleur sombre; sole pédieuse jaunâtre uni.
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FIG. 115. -· Doris dalyelli. —- cz, animal vu de dos ; b, face ventrale. —- D. tomentifera. -·—
c, anims.] vu de dos, branchie et rhinophore. —— Gettodoris eomplamzta. —- d, e,
dents marginales. -—- Etidoris ladislavii. —- gf, dents marginales. - Thordisa dubia.
—~ g, dents. -— Geitodoris 'retzbulata. -— h, dents. - Boreodoris setidens. -·i, dents.
-— Dtscudorwls rubans. - i, anima.} vu de dos ; k, dents; Z, éléments de lïtrmature
labiale.
Bien qu’on ne puisse garantir Pexactitude de chaque détail, il semble
que des différences assez marquées séparent cette forme de la iuberculala :
grandeur, forme, tubercules, palpes, mais surtout les branehies et le

NUDIBRANCHES. —— mcER·rAE SEDIS 291
pointillé sous le manteau. Elle s’accorderait mieux avec la siellifera,
qui a le dessous du manteau pointillé et souvent quelques tubercules
clairs: mais, sauf erreur d’observtion, elle en diffère par les palpes et
les branchies ; il me paraît utile d'attirer l'attenti0n sur cette forme au
cas où on la reverrait. Ce n’est pas non plus Doris argo L1NNÉ.
Côtes de Grande-Bretagne.
Doris biscnyensis Fiscnnn —— Corpus 0val0·et`0ngalum ;pullium amplum,
anlice lalum roiundalumquc, corpus omnino Zegens praeier caudam, luleo-
lum, luberculis inaequalibus ad ecclremilalem expansis spinulosisque ei lineis
ulbis radianlibus nolaium. Cavilas lenlaculorum externe biluberculata.
Tenlacula supcrna rcmola, reiractilia, parum elongaia ; columna basalis
dimidium leniaculi aiiingens, iranslucida; ape.1: parum inflexus, lamellis
10 obliquîs, albis, prominentibus, munilus.
Laminue branchîales 13, relraclilrs, margines pallii eascedenles, pinnalac,
pinnulis allernalum inaequalibus.
Pes antice rotundatus, postice oblusus; lenlacula inferno nulla; lobi
buccales ouali.
Corps ovalaire assez allongé ; manteau ample, large et arrondi en avant,
recouvrant tout le corps, excepté en arrière, où l'extrémité du pied le
dépasse à peine, quand l’animal est en marche. Le manteau est d’une
couleur jaune clair ; il est parsemé de tubercules très nombreux, inégaux,
assez gros et élevés vers la partie moyenne, plus petits et plus nombreux
ù la partie antérieure. Ces tubercules sont dilatés à leur extrémité, qui
présente de petites pointes épîneuses; ils semblent reliés entre eux par
de petites lignes blanches qui rayonnent de leur base et forment une sorte
de mosaïque, mais ces lignes blanches sont en réalité des spicules du man-
teau, vus par transparence. Les tubercules arrivent jusqu'aux bords du
manteau.
La cavité des tentacules supérieurs est munie de deux tubercules
extérieurs, l’un en dehors, l'autre en dedans du tentacule.
Les tentacules, très écartés, sont rétractiles, médiocrement allongés
et assez étroits. Ils se composent d'un pédoncule nu, atteignant la moitié
de la longueur totale, transparent, et d’une portion lamelleuse légérement
coudée, ovale-allongée, portant une dizaine de lames obliques, blanches,
bien détachées.
Il existe 13 branchies rétractiles, qui atteignent et dépassent les bords
du manteau, lorsqu’elles sont étalées en cercle autour de l’anus qui a la
forme d'un petit tube. Chaque feuillet branchial est formé par un axe
longitudinal, d’où partent des lamelles transverses simples, alternati-
~ vement longues et courtes. La treizième branchie est placée immédia-
tement en arrière de l’anus.
Pied arrondi en avant, obtus en arrière ; pas de tentacules inférieurs,
mais un lobe arrondi ou oblong de chaque côté de la bouche.

292 Mo1.LcsouEs OPISTIIOBRANCHES
Longueur 20 millimètres.
L’animal a pondu une lanière décrivant une hélice, longue de 36 millimè-
tres, et large de 3 millimètres, de couleur jaune pâle.
Bassin d’Areachon (Gironde). —— Septembre 1871.
OBSERVATION. — Cette petite Doris a quelques rapports extérieurs
avec le Doris muricala. Les tubercules du manteau ont la même struc-
ture, les tentacules supérieurs ont le même écartement ; le manteau est
aussi large, etc ..., mais les branchies sont très différentes. Chez le Doris
biscayensis, elles sont plus nombreuses, rétractiles, et leur base est très
rapprochée de l’anus; les digitations des branchies sont plus serrées;
l’ouverture buccale et les lobes buccaux sont plus petits, etc. Les lanières
ovigères sont semblables.
Doris seposita Fisci-IER. -— Corpus ovaio-elongalum. Pallium amplum,
anlice rofundaium. corpus omnino iegens, praeier caudam. Pallium luleum,
iuberculis subaequalibus ad eagiremilhiem dilalalis spinulosisque munilum.
Cavilus ieniaculorum ei branchiarum fuberculis majoribus cinciu.
Tenlacula supernu conica: columna bosalis ierlium ieniaculi allingens;
apex viœ infleœus, lamellis 10 obliquis muniius.
Lamincze branchiales ll, reirarliles, nunquam omnino eœpansae, margines
pallii non aitingenfes, pinnaiae. pinnulis aliernaiim inaequalibus.
Pes aniice rolundalus, poslice obiususg ienlucula inferno nulla; lobi
buccales ovaii.
Corps ovale allongé; manteau ample, arrondi en avant et en arrière,
recouvrant tout le corps excepté Fextrémité du pied. Manteau de couleur
jaune, couvert de tubercules sensiblement égaux au centre, plus petits
vers les bords, à l’extrémité un peu dilatée et subépineuse. Les spicules du
manteau ne se voient pas à1’oeil nu. .
Cavité tentaculaire et cavité branchiale entourées de tubercules gros
et saillants.
Les tentacules, moins écartés que dans l’espèce précédente, sont plus
coniques. Leur portion, dépourvue de lamelles, n’a que le tiers de la
longueur totale. Les lamelles, au nombre de 10 environ, sont plus obliques,
et la portion Iamelleuse du tentacule est très peu coudée.
Branchies, au nombre de 11, rétractiles, ne s’étalant jamais complè-
tement, n'atteignant. pas les bords du manteau ; elles sont pinnées de la
même facon que chez le Doris biscayensis.
Pied et lobes buccaux semblables à ceux de l’espèce précédente.
Longueur, 16 millimètres.
L’animal a pondu, et sa lanière ovigère ne diiière pas de celle des Doris
biscayensis et muricata.
Bassin d’Arcachon (Gironde). — Septembre 1871.
(Copié du Journal de Conchyliologie, 38 série, t. XII, vol. XX,
l" janvier 1872.)

NUDIBRANCHES. —— 1NcERTA1: sianxs 293
OBSERVATION. -— Espèce voisine de la précédente, mais qui en diffère
par ses tentaculcs plus rapprochés, moins coudés, plus coniques, à
lamelles plus obliques ; ses branchies moins nombreuses, moins longues ;
ses tubercules du manteau plus serrés et moins inégaux, sa coloration
plus foncée, son corps plus bombé. etc.
Doris derelîcta FrscuER. ——D0ris verrucosa, Pmnieri, \¢7ÉRANY. etc. ? ——
non Doris verrucosa, Cuv1ER.
Corps ovale-allongé, d’une teinte jaune paille ou orangée ; orné d’unc
large bande circulaire foncée, noirâtre, semblable à celle du Doris bila-
mellala, et allant des tentacules aux branchies.
Tentacules couleur gris de lin, à base lisse transparente ; ne portant des
lamelles que vers la moitié de leur hauteur.
Manteau couvert de très gros tubercules arrondis, rapprochés, inégaux,
et de petits tubercules intermédiaires. Ces tubercules conservent leur
teinte gris jaunâtre au niveau de la bande noirâtre circulaire; les plus
gros sont situés au milieu de la région dorsale ; en avant on en voit jus-
qu’au bord du manteau.
Branchies d’un jaune grisâtre, étroites, courtes, dressées et non étalées,
au nombre de 12 à 16, circonscrivant une surface ovale, pou large. Les
tubercules du manteau arrivent au contact des branchies ; ils sont longs
et coniques dans cette région.
Plan locomoteur orangé. à extrémité postérieure obtuse, dépassant le
manteau en arrière.
Longueur, 30 à 40 millimètres.
(Copié du Journal de Conchyliologie, 3* série, t. VII, vol. XV,
l" janvier 1867) (1).
Bassin d`Arcach0n, Cordouan (Gironde).
.I'ai vu le Doris derelicta pondre en juillet et août. Les œufs forment une
lanière d’un jaune blanchâtre, roulée en spirale plus ou moins régulière et
dont le diamètre dépasse toujours, la longueur de l'animal. ,
OBSERVATION. — Cette espèce est plus voisine du Doris bilamellala
que de toute autre ; elle en ditïère par ses branchies moins nombreuses,
disposées en ovale, et non en cœur ; par ses tubercules très gros, sa colo-
ration, l’absence de cercle noir au bord de la cavité tentaculaire, etc.
Les lanières ovigères sont différentes; chez le Doris bilamellala, elles
décrivent une circonférence plus ou moins complète, et non une spirale.
Le Doris luberculala n’a aucun rapport avec notre espèce, et ne peut
lui être comparé.
Il est tres probable que le Doris derelicia est le Nudibranche rapporté
au Doris verrucosa Cuv1ER par les naturalistes de la Méditerranée. Mais
1. Tous ces exemples montrent Yinutilité des longues diagnosos d’a.utrefois, qui
détaillent des caractères externes variables ct n'en fournissent pas les essentiels, sur-
tout internes I

294 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
cette espèce est exotique. Cuvmn et LAMARCK lui donnent pour patrie
la mer des Indes. La figure de Cuvma (Ann. du Muséum, IV, p. 467,
pl. I, fig. 4·6) ressemble beaucoup à notre Doris; c’est d’après cette
ressemblance que DELLE CHIAJE, PI-IILIPPI, VÉRANY ont cru à l’existence
du Doris verrucosu dans les eaux de la Méditerranée.
SUPERFAMILLE PSEUDODORIDIDAE
Doridiens Phanérobranches
(Lepioglossae ou Dorididac sucioriae cryplobranchiaiae de BERGH)
Cette superfamille comprend des Doridiens ovales, aplatis, et d’autres
plus ou moins élevés ou efïllés, à manteau indistinct ressemblant aux
Polycera, et qui ont longtemps fait partie des Polycéradés. Ils ont pour
caractères communs :
—— Rhinophores et branchies contractiles, non rétractiles.
—— L’absence de palpes, remplacés par un grand voile, mais parfois
bilobé.
—· Absence de mâchoires ; armature labiale formée d’un anneau
complet ou interrompu de petits crochets ou écailles (parfois absente).
-——— Badula étroite ou très étroite composée le plus souvent de deux
dents par demi-rangée, dont une très grande.
4 Une annexe musculeuse du bulbe buccal appelée « gésier suceur »
qui peut être parfois subpédonoulée. Pénis généralement épineux.
— Leur nourriture consiste en Bryozoaires ou en Tuniciers.
Ces caractères. sauf l’armature péniale, servent principalement à les
distinguer des Polyceradae avec lesquels certains d’entre eux ont souvent
été confondus à cause de l’analogie de leurs formes. Goniodoris, Ancula,
Okenia, étaient englobés par BERGH dans les Polyceradae. Bie11 plus
récemment encore 'IHIELE, 1931; divise la famille Polyceradae en les sous-
familles: Noiodorinae; Polycerinae ; Onchidoridinae ; Goniodoridinae.
Voici l’arrangement proposé ici pour les Doridiens en général :
CRYP1`0BRANCIlIATAE : rhinopbores et branchies rétractiles 2 Dorididae
vrais (1) et Poroslomafae.
PHANERoB1aANcH1,xrixr: : rhinophores et branchies contractiles 2 Pseudo-
dorididae, comprenant : Goniodorididae (2), Lamellidorididae (3) et Poly-
ceradae.
Un caractère distinctif entre les Pseudodorididae et les Polgceradae,
qui paraît avoir passé inaperçu aussi bien de BERG11 que des auteurs
plus récents, jusqu’à THIELE (1931) compris, c’est que le « voile » au-
dessus de la bouche n’est pas homologue dans les deux familles. Là tout
1. Nourriture: Éponges.
2. Nourriture: Tunîciers.
3. Nourriture: Bryozoaires.

LAMELLIDORIDIDAE. -· LAMELLIDORIS 295
au moins où il existe, car il peut manquer chez les uns et les autres, ce
qui rend alors la ressemblance externe si complète qu’elle explique qu’on
les ait confondues si longtemps : par exemple Thecacera (Polycéradé)
ressemble à Ancula et Trapania (Pseudodorididés). Le voile est frontal
chez les Polycéradés, et il se trouve souvent en dessous un petit voile
buccal ou des palpes sillonnés. Au contraire, et si grand qu’il puisse
être chez Okenia, le voile est buccal et la bordure palléale antérieure ou
les filaments qui marquent cette bordure passent au·dessus et en sont
distincts. Il importe de noter ce signe distinctif, qui n’a encore jamais
été formulé.
Famille des LAMELLIDORIDIDAE
Section Lamellidoridinae (nom provisoire) (1).
Petits Doridiens phanérobranches, de forme ovale aplatie, avec bran-
chies simples, insérées autour de l’anus mais non contiguës, autour d’une
petite aire semblable au dos et portant souvent, comme lui, des tuber-
cules ; généralement très petites et contractiles, mais ne rentrant pas dans
une cavité. Radula étroite avec une dent forte, crochue, et une ou plusieurs
très pitites; généralement une armature labiale. Manteau spiculeux.
Organes génitaux généralement inermes.
Genres: Lamellidoris, Diaphorodoris, Aialodoris Adalaria, Acanlho-
dnris (Europe). Akiodoris, Calycidoris probablement exotiques.
Gen. LAMELLIDORIS ALDER et Himcocx 1855
Syn.: Villiersia d'ORBIGNY, 1837; Oïkodespina Grsrxzr., 1848; non
Onchiudoris (nec Onchidorus) DE BLAINVILLE, 1816 ; Proclaporia Môncn.,
1857 ;Onchidiorus Fsausssc ;0ncidoris HERLIANSEN ;Onchidora Cuvmn ;
Oncodoris et Oncidioris AGASSIZ. Onchidoris a été substitué à Lamelli-
doris par IREDALE et O’DoNoomJE en 1923 sur la foi d’une étiquette,
non signée du British Museum.
Un grand voile buccal ; dos tuberculeux. Couleurs généralement peu
voyantes, blanchâtre beige, tacheté de brun ou de roux (sauf une espèce.
. Formule radulaire l-I-O—I-1, ou 1-I-1-I-1, ou 2-1-I-1-2 ; IREDALE et
O’DoNocnUE ont créé pour les espèces sans dent médiane le genre Alalo-
doris maintenu ici comme sous-genre, cette dent médiane étant extrême-
ment petite: une plaquette sans cuspide.
1. Contrairement A l'0pinîon exprimée par ALDER et HANCOCK. plusieurs auteurs
ont adopté pour ce genre le nom de Onchidoria de BLAINVILLE. Mens le genre de BLAIN-
VILLE n’a. aucun caractère commun avec lui (ni texte, ni iigures). Son origine est inconnue.
Une étiquette de musée ne ferait foi que si elle était signée de lui. Le nom le plus ancien,
ensuite, est Villiersia D’0RBIGNY·

296 MOLLUSQUES o1>1s1·H0BRANcHEs
l. Lamellîdoris bîlamellata. LINNÉ (Doris).
Doris fusca O. F. ll/lüLLER (figure, HOI1 dîagnose), 1768 ; Doris verrucosa
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FIG. 118. —- Lamellidoris bilamellata. —- a, région anale ; b, voile buccal et dents ; c, bulbe
bueca,1 et jabot ; d, jabot isolé ; e, un tuberculo ; f, dents. -—— L. imsonspicum ——— 9, partie
antérieure, face ventrale ; h, dents et tubercules. —L. depressa. —-fi, voile et tubercules;
j, dents. -— L. oblonga. —- k, dents. — L. muricata. —— l, bulbe buccal et dents. — Ada-
laria promima. —— m. face dorsale ; n, tête vue du dessous ; 0, deux tubercules ; P, dents ;
q, spîculcs. ——— A. lovcwi. -— 1·, dents.

LAMELLIDORIDIDAE. —— LAMELLIDORIS 297
PENNANT, non LxNNÉ; Doris verrucosa HOFFMANN 1933, fig. 61, B;
TIIIELE 1931, fig. ;Doris vulgaris LEAcn ; Doris elforliana DE Btv., 1806 ;
Doris affinis THoMPS.; lilurala « Beck », MüLLER; Doris obvelaia BOU- _
CHARD—CHANTEREAU, non MÉÃLLER.
Longueur 28 mm. Forme ovale, aplatie, légèrement élargie en avant.
Grand voile buccal. Pied grand, plat, aussi large que le manteau et le
dépassant en arrière ; avec tubercules arrondis ; nombreuses branchies :
jusqu’à 20 environ, à lamelles de deux ordres de grandeur. Spicules unis,
à trois pointes.
Radula avec dent médiane : (selon la figure 11, Pl. 46, Suppl. ;sans dent
médiane : texte expl. de la planche : Monographie de ALDEH et HANCOCK).
Couleur: beige clair, avec un dessin qui se compose d’une large ligne
médiane plus foncée et plus en dehors, d’une ligne onduleuse et dégradée,
claire ; de taches claires éparses, près des bords, et de deux autres lignes
sombres. Le tout est plus ou moins foncé suivant les individus, avec tuber-
cules clairs, relativement gros, spiculeux.
C’est la plus grande espèce. Elle peut atteindre 30 et même 39 mm.
de long. Forme plate, elliptique-arrondie, avec le pied aussi large que
le manteau et le dépassant en arrière. L’aire branchiale est grande, allongée
dans le sens transversal, et porte des tubercules, ainsi que le dos. Couleur
plus ou moins claire ou foncée, avec un dessin olivâtre caractéristique
faisant Ie tour du dos en dehors des rhinophores. Les tubercules jaune
clair forment d’autres dessins devant les rhinophores, entre eux, et autour
du manteau. Jusqu’à 39 branchies parfois (1).
Radula 1-I-1-I·l; la médiane est une petite plaque rectangulaire;
l première latérale crochue, non denticulée ; la marginale petite, mais
crochue.
Ponte rubanée, largefcourte, évasée.
Mer du Nord; Atlantique (Angleterre, Groenland, France); Manche.
Extrêmement commune en certains points, dans l'Atlantique Nord, on
en a signalé de véritables invasions par moments, des centaines se voyant
en même temps sur une plage. Il n°est pas certain qu’elle ait pénétré dans
la Méditerranée, bien que quelques anciennes diagnoses puissent lui être
attribuées, sans certitude.
2. Lamellîdorîs diaphana Anima et Hsncocx 1843 (Doris, puis La-
mellidoris).
Longueur env. 10 mm. Dos avec gros tubercules ronds. Spicules à
deux pointes. 10 à 11 branchies. Incolore, translucide. Radula : 2-I-]-I-2.
Ponte rubanée deux tours.
Grande·Bretagne.
1. La ûgure reproduite par THIELE, 1931. sous le nom de Doris verrucosa repré-
sente cette espèce.

298 Motnusguizs o1>1sTr~1oBnANcuEs
3. Lamellidoris aspera. ALDER et Himcocx 1845 (Doris, puis Lamelli-
doris); non Doris aspera ÃMACGILLIVBAY 1842.
Cette espèce, incolore, translucide, avec de gros tubercules et des spicules
à deux pointes, qui a la même formule que la précédente, est probable-
ment synonyme de celle—ci, mais le nom de diaphana doit être préféré.
Section 2 Aialodoris.
La où la radula est connue, elle a partout la formule 1-I-0-I-1, avec
une dominante crochue, très légèrement denticulée près du sommet, et
une très petite marginale arrondie, étirée en une fine pointe au sommet.
4. Lamellîdoris oblonga ALDER et HANcocK 1845 (Doris, puis Lamelli-
doris).
Longueur 12 mm. ; elle est un peu convexe. Spiculeuse, à tubercules
arrondis ; couleur jaunâtre tachetée et pointillée de brun terre d’ombre
autour de la base des tubercules. Branchies incolores.
Grande-Bretagne (un exemplaire). Banyuls?
5. Lamellîdoris depressa ALDER et Hancocx 1845 (Doris, puis Lamel-
lidoris).
Ovale, plate, large ; jaunâtre avec taches brunes. Dos couvert de villo-
sités pointues ; branchies petites avec 5 lamelles ; rhinophores à 13 la-
melles. Ponte en cordon, à nombreux tours.
Grande-Bretagne. Banyuls.
6. Lamellidorîs sparsa ALDER et HANCOCK 1845 (Doris, puis Lamellidaris).
Petite, ovale, 5 mm., jaune avec taches brun rouge. Une aire glabre
derrière les rhinophores; tubercules arrondis à sommet plan; 1() à 11
branchies. Rhinophores à 9 lamelles, distantes.
Grande-Bretagne.
7. Lamellidoris înconspicua. Amen et Hixncocx 1845 (Doris, puis
Lamellidoris).
Blanche ; tubercules ronds ; entre eux, un pointillé brun, fin ; 9 bran-
chies petites, avec peu de lamelles, distantes. Rhinophores à 14 lamelles.
Grande-Bretagne. Banyuls (?).
8. Lamcllidoris pusilla ALDER et HANCOCK (Doris, 1845 puis Lamel-
lidoris).
Petite ; 8 à 9 mm. ; brunâtre, tubercules coniques mousses. 9 branchies
rapprochées à la base, avec peu de lamelles, distantes. Ponte: cordon
cylindrique à tours nombreux. Peut-être synonyme de L. oblonga.
Grande-Bretagne.
9. Lamellidoris ulidiana THOMSON 1845.
? Lamellidoris diaphana; Lamellidoris sparsa ALD. et HAM:. sont

LAMELLIDORJDIDAE. —— LAMELL1¤oms 299
peut-être synonymes ; 15 mm. ; jaunâtre pâle ; grands tubercules obtu ;
11 branchies. Voile buccal grand avec la bouche au centre.
Grande-Bretagne.
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FIG. 117. - Lamellidoris neapolildna. — a, animal vu de dos ; b, tête vue du dessous 3
c, pupille  ; d, rhinophote ; c, face dorsale et dessous de la tête (d’ap1·es DELLE CHIAJE) ;
f, dents. —— L. aapera,. - g, animal vu de côté ; h, tête vue du dessous ; ·î, rhinophore
et spicules ; j, ponte. —- L. ulidizma. ·-· k, animal vu de côté. —- L. diaphwna. - l, tête
vue du dessous ; m, dents ; n, tubercules.
10. Lamellîdoris neapolîtana (DELLE CHIAJE), 1841 (Idalia).
? Lamcllidoris sparsa ; ? Lamellidoris ulidiana ; Lamellidoris graeffei
Bakou ; Lamellidoris bouvicri Vmrssxîsms ; ‘?`Lamcllidoris de ressa A. et H.
_ P

300 Motnusgmas OPISTHOBRANCHES
Forme ovale-arrondie. Taille à peine 10 mm. Manteau avec nombreux
tubercules coniques ; ceux du bord dépassent le manteau. Entre les tuber-
cules incolores, le manteau est tacheté de brun et de jaune, et ce pigment
se trouve surtout au pourtour, ce qui constitue comme une bordure au
manteau. Cette coloration et l’aspect hérissé des tubercules pointus
rendent l’espèce bien reconnaissable.
Méditerranée : Naples ; Banyuls ; Villefranche. Et Grande-Bretagne.
11. Lamellidoris albo-nigra, Pnuvorr-Foi., 1951.
Cette très petite espèce se distingue nettement de toutes les autres
par son coloris remarquable. Longueur 2.5, larg. 1,5 mm. Le voile est
étiré sur les côtés, un peu anguleux. La forme n’est pas très plate. Piadula :
1-1-0-l-1; la dominante légèrement denticulée au sommet.
La couleur est blanche, translucide, mais presque complètement recou-
verte par un dessin noir en relief, qui laisse seulement apparaître un
peu, au milieu du dos et à travers le pied, la couleur rousse du foie.
Méditerranée: Banyuls; un seul échantillon.
12. Lamellidoris muricata. (O. F. MüLLER).
Il n’est guère possible aujourd’hui de savoir lesquelles parmi les Lamel-
licloris nommées plus récemment sont synonymes de cette espèce ancienne,
dont l’aspect externe est seul connu ; car elles se ressemblent presque
toutes, malgré des différences internes. LovÉN a cru la reconnaître sous
deux formes, dont l’une, identifiée depuis comme une Adalaria, a reçu
le nom d’Adalaria laveni. L’autre, également jaunâtre avec de gros tuber-
cules ronds sur le manteau, est peut-être celle que THOMPSON a appelée
Lamellidoris ulidiana 7
Angleterre; Scandinavie.
13. Lamellîdoris scutîgera (D’ORB1<;NY, 1837, Villiersia).
Reconnue par ÀLDER et HANCOCK pour être une Lamellidoris, son nom
générique Villiersia devrait donc avoir le pas sur le leur. Elle a été géné-
ralement méconnue à cause d’une bévue concernant les branchies, mal
interprétées par I’auteur. Sa coloration 2 blanc tacheté de brun et de roux ;
tubercules et branchies plus clairs, dessous blanc, et la disposition des
spicules ne suffisent pas à identifier l’espèce.
Subgen. Adalaria BERGH, 1880
Les dents latérales (marginales) sont au nombre de 7 et davantage.
Une petite dent médiane. Le jabot suceur est suhpédonculé. ll n’y a pas
d’armature labiale. L’aspect général est le même que chez Lamellidoris
s.s., mais les branchies sont plus rapprochées (`P) et chez les espèces connues
les tubercules sont relativement gros. Tégument spiculeux. Pénis inerme.

LAMELLIDORIDIDAE. — LAMELLIDORIS 301
14. Lamellidoris (Adalaria) proxima ÀLDER et IIANc0cx, 1845.
Lnnwueur IO mm. Tubercules gros, non contîgus, ronds ou un eu
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coniques. Ressemble à L. aspera, mais dill`è1·e par la radula, formule
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Fm. 118. — Diaphorudorùs luteocincla. -— a, face dorsale; b. c, deux jeunes individus;
d, partie antérieure, dessous; e, dents. - Corambe testudînaria. ·— f, face dorsale;
g, côté droit ; h, bulbe buccal ; i, rhinophore ; i, rhinophore d’une espèce américaine ;
k. individu éclairci et vu par transparence ; l, dents; m, organes génitaux. - Lopho-
doria danielsseni. -— n, face dorsale; 0, côté droit; p, face ventrale,

302 MoLLUsQuEs oP1sTaoBnANcHEs
10-I-1-I-10. Dominante non denticulée. 9·1l branchies. Une aire glabre
derrière les rhinophores. Couleur jaune (plus foncée que chez la variété
jaune de L. aspera.)
Ponte rubanée, œufs jaunâtres.
Grande-Bretagne; Kiel; Méditerranée.
15. Lamellîdoris (Adalarîa) lovénî ALDER et Hi\NCOCK, 1862. —— « Doris
muricaia var. A. Mü1.LEa » LovÉN, 1846.
Longueur 15 mm.
Tubercules relativement énormes, ronds, inégaux, spiculeux mais
mous; l’axe des faisceaux de spicules est visible comme un point noir
au sommet des tubercules. Deux gros tubercules près des rhinophores.
Jabot zh court pédoncule. Radula 12-I-1-I-12; médiane sans cuspide;
dominante crochue, lisse ; marginales planes, irrégulièrement découpées.
Scandinavie, Grande-Bretagne.
Genre DIAPHORODORIS IREDALE et 0'DoNocHUE, 1923
Doris et Lame/lidoris p. p. auctt.
Proche des Lamellidoris, en diffère par la forme plus haute et plus
étroite, la forme des palpes qui ne sont pas un voile aplati, mais deux
bosses arrondies au-dessus de la bouche, et par les tubercules du manteau,
qui sont en petit nombre, longs, coniques, pointus.
Une seule espèce.
Diaphorodorîs luteocincta (M. Sims), 1870 (Lamellidoris).
Lamellidoris luleocincia Etror; Doris beaumonti FARRAN; Onchidoris
sous-genre. Diaphorodoris luieocincia (Saas), Tr—x1Ex.E 1931. « Chromodoris
eleganlula Pmmrpr » v. IHERING, erreur.
Le bord palléal est étroit, la queue longue dépasse beaucoup le pied
derrière. Les téguments sont translucides, incolores, avec une bordure
sub-marginale jaune citron et un réseau rouge brique au milieu du dos,
dont chaque maille contient une papille conique, incolore ; mais elle se
présente parfois sous un autre mode de coloration. Certains échantillons
ont le fond incolore, et ce sont les papilles qui sont rouge sang, ou brique.
Les dents sont comme celles des Lamellidoris, sans médiane ; la première
crochue, avec quelques denticulations.
‘ Les branchies sont en petit nombre, les postérieures très petites ; elles
sont incolores.
Atlantique: Grande-Bretagne. Méditerranée: Banyuls, Villefranche.
Famille des ACANTHODORIDIDAE
Un gésier suceur sur le bulbe buccal; branchies en étoile. non rétrac-
tiles dans une cavité. Un anneau labial.

ACANTHODORIDIDAE. —— ACANTHODORIS 303
Gen. ACANTHODORIS GRAY, 1850
Forme ovale ;taîlle 20 à 30 mm. env. ; manteau villeux, doux au toucher .
Pied grand. Voile buccal étiré latéralement, avec deux très petites pro-
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FIG. 119. - Aczmihodoria pilosa. - a, brtmchie ; b, tubercules ; c, tête vue du dessous ;
d, armature lnbîale et détail; e, ponte et détail ; f, spicules ; g, bulbe buccal ; h, glande
mlivaire ; i, spemmtothèqua et spermatocyste ; çi, dents; k, dents do la partie anté-
ricurv dc ln. radula.

304 MoLLUsQUEs OPISTHOBRANCHES
jections antérieures. Branchies impaires, étoilées a larges rachis, hi à
tripinnées. Jabot non pédonculé.
_ Radula n-1-0-1-n, la dominante très grande. crochue, avec une crête ;
les marginales au nombre de cinq environ, petites, pointues. Armature
labiale. Anneau d’écailles, plus large ii la partie inférieure où deux lames
longues et étroites se projettent dans l’ouverture buccale.
Vagin long. Pénis armé d’épines (chez les espèces européennes).
Sibérie, Falkland, Alaska. Mers plutôt froides; peut-être genre circum-
polaire ; espèces voisines en Nouvelle·Zélande.
1. Acanthodoris pilosa. O. F. MüLLEn (Doris), 1776.
Pour la synonymie, voir « Monographie ».
Long. 30 mm., dos couvert de tubercules coniques; aspect villeux.
Voile buccal large avec deux petites pointes tentaculiformes en avant.
Couleur variant du blanc pointillé de brun au brun plus ou moins foncé.
Quatre dents latérales, petites, courbées: 4-1-0-l-4 à 6-1-0-I-6. Nom-
breux spicules noduleux. Anneau labial complet,.
Côtes de Scandinavie, d’Angleterre, de France (Atlantique). Méditerranée:
Palerme.
2. Acanthodorîs subquadrata ALDER et HANCOCK.
Long. 2:) mm. Forme haute, pied épais, dépassant le manteau derrière.
Tubercules arrondis pas très rapprochés. Branchies bipinnées. Le manteau
tronqué carrément en avant. Couleur blanc-jaunâtre. Dentition inconnue
chez A. pilosa. Quatre latérales : 4-1-0-1-4.
Angleterre: un seul échantillon. Un autre: 1851.
Famille des CORAMBIDAE
Petits Doridiens dont l’anus et la branchie ne sont pas dorsaux, mais
situés postérieurement entre le pied et le manteau. Il y a une armature
labiale ou mâchoire et une radula_ étroite. Orifices génitaux à droite.
Le manteau et parfois le pied sont fendus derrière. Branchies simplement
pinnées. Il y a un jabot suceur au bulbe buccal.
Deux genres: Corambez Corambclla (1).
Voir note 3, page suivante, pour la discussion de la position systéma-
tique de cette famille.
Gen. CORAMBE BERGH 1869 (2)
Syn. ? : Doridella VEnru1.L, 1870.
Le genre Hgpobranchaea H. et A. ADAMS est à supprimer de la SYDO-
nymie, malgré BERGH qui l’y a admis.
Taille maxima observée, quelques millimètres. Forme ovale arrondie ;
1. Nom créé dans une note au bas d’une page, en Danois, dans un ouvrage sur les
Phyllidies.
2. Et non en 1871 comme Pindique H. FISCHER, année où. fut seulement publiée une
description plus détaillée de C'. swrgassicola.

CORAMBIDAE. — conmune 305
rhinophores avec deux grandes lamellesenveloppantes ;sortantd’une courte
gaine. Les branchies ont été décrites par Benoit sur un animal conservé,
comme de11x faisceaux de 5 à 7 languettes, dont les extrêmes sont les
plus courtes, de chaque côté de l’anus. Mais sur le vivant elles sont écar-
Iées, se présentant comme celles de Acaniachiles p. ex. sur une parlie
(‘2/Fw) de la longueur du manteau. Les parties dures du bulbe buccal
sont ici indiquées d’apres ll. Fxscuea 1891 et l)lACFARL.‘\ND 1926, les
(lllT(=l`PI”]l(’S données sont jusqu’ici contradictoires : ces données seront
discutées Si propos des especes : celles dues î1BEnmi paraissent fautives (1).
Pas de mâchoires ; radula 4-I-O-1-4 ou 5-I-0-1-5. Lames enveloppantes
superposées, et sortant de courtes gaines à bord uni.
Parties buccales : BERGII 1871, seul. parle de mâchoires, qu’il n’a
pas vues, et FXSCHEH d'une plaque cornée médiane ventrale ou cuticule
épaissie ; llencu est le seul aussi à parler d‘une dent médiane (É). Mais il
n’a eu qu’un petit échantillon (de (jarambe sargassieola) en mauvais état,
qu’il n’a étudié qu’imparfaitement, et il n'a figuré la petite radula qu'en
prof], position dans laquelle il a pu prendre les deux dents dominantes
pour une seule (il dit n’avoir pas vu la radula de face). Si cette étude
imparfaite est laissée de côté, nous avons, selon les meilleures études de
Corambe, celle de ll. FISCHER et celle de IWACFARLAND, une vraie radula
de Doridien leploglosse, formule 4-1-U-]-4, et chez Corambella BALCH,
5-1-(l-I-5; avec une dominante denticulée et de très petites latérales
aiguës ; radula intermédiaire entre celle de Lamellidoris et d’Adalar·ia (3).
Corambe tcstudinaria. Fiscnnn.
Petite taille : 3 mm. Manteau débordant le pied de toutes parts.
Orifices rhinophoriens rétractiles et échancrure postérieure médiane. Bran-
chies sous le manteau à droite et 51 gauche. Bulbe buccal, 1 paire glandes
salivaires. Radula : n—I-0-I-n. (Esophage, estomac, foie compact ; intestin
en droite ligne vers l’anus, médian sous le manteau entre les branchies.
Système nerveux peu condensé, ganglions optiques, ganglions olfactifs,
5 commissures sous Poesophage : buccale ; cérébroïde inf. ;viscérale avec
1 ganglion et?. commissures pédieuses. banal defércnt. traversant le pénis ;
une poche copulatriee. Oviducle: glande albuminoïde puis glande nida-
mentaire (communiquant ensemble par 2 canaux). Urifice rénal au-dessus
de l’anus. Canal réno-péricardique et entonnoir cilié. Pas de mâchoires.
Arcachon.
1. BERGH indique une dent médiane, mais il y a certainement erreur.
2. VERRILL ne parle pas de la. radula de son espèce.
3. Dans sn. belle étude anatomique, histologique et embryologique de Corambe fœtu-
dimzria, H. Fxscrmn atïîrme qu’il n’y a. aucune trace de dent médiane, et note la ressem-
blance des dents avec celle de Goniodorîa, Idalia et Acanthodoris, mais maintient cepen-
dant la famille auprès des Phyllidies. Par contre, dans une étude remarquable d’une espèce
américaine: C'. pacifica,MAcFARLAND, 1926, rapproche le genre des Goniodoris. Il est
plus proche encore, selon moi, des Lamellidoris. Par la forme, Pabsence de crêtes: quant
aux différences dans la situation des branchies sous le manteau. nous connaissons un
cas analogue chez les Phyllidiadae. 20

306 Morwsgues omsrnoemncnes
Famille des GONIODORIDIDAE
Taille moyenne ou petite, forme haute, trapue ; branchie dorsale ;
des crêtes ou des filaments entourant le manteau, et parfois d’autres
sur le manteau.
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FIG. 120. - Gowiodoris casimwa. - cz, jeune individu vu de dos ; b, tête, dessus et dessous ;
c, rhinophore; d, dents ; c, eléments de la. mâchoire. -— G. bawrofisi. —- f, anima.] vu
de dos ; g, dents. -— G. nodosa. —- h, individus jeune et très jeune, vus de dos ; i, partie
antérieure; j, bulbe buccal et jabot; k, rhinophore; l, dents; vn, canal déîérent et
épines ; ·n, éléments de Yarrnature labiale. -- Olcemia vlnaequalis. -—- 0, animal vu de
dos. -— O. inaequalis cirrigera. - p, face dorsale.
Trois sous-familles 2 Goniodoridinae, Okeninae, Anculinae.
Nourriture : Tuniciers. ·
Toutes les mers.

GONIODORIDIDAE. -—— Lomronoms 307
Subfam. GONIODORIDINAE
Genre GONIODORIS Forums et Goonsxn 1839
Syn.: Pelagella GRAY 1850.
Le manteau a les bords relevés en forme de crête tout autour. Voile
buccal étiré sur les côtés en lobes tentaculiformes. Généralement une
crête mèdiodorsale longitudinale. Un anneau labial, entier ou non, de
bâtonnets. Radula 1-1-0-1-1, la dominante denticulée au bout.
1. Gonîodorîs nodosa (MONTAGU> (Doris), 1808.
Syn.: Doris barvicensis JoHNs., 1838.
Goniodoris nodosa Fonens et emarginala Formes (fide A. et H,).
Branchies simplement pinnées, 8 à 11. Une légère crête dorsale ; bord
palléal étroit ; manteau uni, ou avec granulations ; un léger creux derrière
les rhinophores. Petits spicules.
Couleur pâle, rosée ou irisée, ou jaunâtre. Ponte en cordon irrégulier.
Atlantique Nord: Grande·Bretagne; Scandinavie. Banyuls? _
2. Goniodoris castanea. ALDER et Hancocx, 1845.
Syn.: Doris pareiii VERANY.
Long. 20 mm. 7 à 9 branchies tripinnées. Rhinophores avec lamelles
en arrière et en haut. Manteau et dessus du pied granuleux-tuberculeux.
Une crête médio-dorsale sur la queue plus une petite crête transversale
sur le dos.
Armature labiale.
Radula 1-I-0-I-1.
Spicules courbes, noduleux.
Couleur ocre-roux, dos et branchies brun-roux, tubercules blancs au
bout.
Ponte rubanée, spirale. '
Atlantique. Méditerranée. Japon.
3. Goniodoris barroisî VAYSSIÈRE 1901.
Paraît n’être qu’une variété de la précédente. —
Marseille.
Gen. LOPHODORIS G. O. Sims 1878 _
Lophodoris danîelssenî FMELE et llANSEN 1876. '
Petite forme qui n’a été trouvée que sur les côtes scandinaves.

308 MoLLusQUEs o1¤1sTnoBRAnci1Es
Subfam. OKENINAE
Gen. OKENIA Bnomv, 1826
Syn.: Idalia LEUCKART; et auctt.
Genre voisin de Goniodoris. Corps grand, massif; dos plus étroit et
plus court que le pied ; flancs descendant en talus vers la sole pédieuse ;
grand voile buccal (1). Le manteau, sans bordure surplombante, a son
bord marqué par des filaments ou des tubercules aigus ; il y a quelques
filaments plus grands, généralement 4, en avant et sur les côtés des rhino-
phores.Branchies simples, longues, nombreuses ; rhinophores longs avec
nombreuses lamelles obliques peu proëminentes. Dos uni ou aver papilles,
ou filaments. Un anneau labial plus ou moins complet de crochets ; radula
l—I·()-l—1, la dominante denticulée ou non, l’externe petite avec un crochet
ou une petite pointe.
Couleurs : généralement le rouge et le jaune ; parfois en partie incolore.
Deux sections ont été proposées par ALDER et Hixncocx et nommées
plus tard par BERGH comme genres distincts (je les conserve comme
sous-genres).
Idalia BERGH, s. s. (c.-à-d. Okenia s. s.) avec filaments sur le dos et
anneau labial complet.
Idaliella sans tilaments dorsaux; anneau labial incomplet.
Nourriture: Tuniciers. Mers froides et tempérées.
1. Okenîa elegans « Leuckart » Bnoiviv, 1826.
Syn. : Idalia elegans LEUCKART 1828. I. cirrigera PHILIPPI, 1844.
I. laciniosa PHILIPPI, 1841 et 44. ? I. caudala OERSTED. I. lacunosa
mx Philippi » ALD. et HAM:. (lapsus).
Grande espèce atteignant 80 mm. (exceptionnellement) ; haute, à fila-
ments plutôt courts, sauf les deux plus rapprochés des rhinophores. Les
papilles filamenteuses sont en nombre assez constant, trois sur la ligne
médiane, une ou deux sur deux lignes latérales. Dent dominante lisse,
non denticulée, externe rudimentaire. Anneau labial complet.
Couleur rosée, pointillée de earmin, ou bien complètement rouge,
surtout dans la Méditerranée. Bordure jaune au pied. Rhinophores (selon
A. et H.) tricolores : jaunes-blancs—rouges ; sommet des filaments jaune
orangé.
Nourriture: Ascidies simples: Ciona, Illolgula, etc.
Atlantique : Grande-Bretagne. Méditerranée : Sète, Marseille. Sicile :
Banyuls.
1. Ce voile, qui se distingue peu en Vue dorsale, pourrait être pris sur les dessins pour
le bord antérieur du pied, sur lequel il retombe formant capuchon. Sur les vues latérales
il est détaché du pied par une fente peu apparente.

c0N10¤0R1D1¤AE. - 0KEN1.·~. 309
2. Oksnia leachiî (ALDER et HANc0cK) 1845 (Idalia).
Syn. : Idalia elegans Amana, 1848, non LEUCKART 1828.
Longueur 25 mm. Forme élevée, surtout au point d’émersi0n des bran-
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F10. 121. —- Okenia elegam. - a. animal vu de dos ; b, le même (figure ancienne) ; c, dents ;
d, épines pênîalcs ; c, organes génitaux ; f, bulbe bucca] et jabob ; g, éléments de1’armn·-
ture labialc. -— O. mediierraneu, —·- h, animal vu de dns ; i, dents ; j, éléments del'a·1·m&-
ture labiale ; k, épine péniale. - O. dautzenbergi. -— I dents. -— O. uspersa. —- m, dents.
-— O. lcachi. - 1v, dents. - O. cirrignra. — 0, dents.

310 MoLLusguEs o1>1srHoBnANc1-1Es
chies; 11 branchies grêles, les antérieures plus grandes, que1ques—unes
bifides. Pied grand, charnu, voile buccal très grand, descendant très bas ;
nombreux et grands. cirres latéraux, dont 4 sont antérieurs aux rhino-
phores et 6 sont latéraux de chaque côté, le dernier bifurqué. Il y en a
trois à cinq rangs sur le dos, le plus latéral pouvant en compter 5. Les
rhinophores longs, grêles, lamelleux jusqu’à la base.
Armature labiale : un cercle de crochets simples, complet. Dent domi-
nante finement denticulée sur le bord, base et cuspide à peu près à angle
droit et de même longueur ; externe rudimentaire (ces dents sont analogues
à celles des Goniocloris).
Corps, filaments, branchies et rhinophores presque incolores ;les viscères
transparaissent en rouge rosé.
Grande-Bretagne (4 exemplaires connus).
3. O. (Idalîella) quadrîcornis (lt/10NTAGU) 1815, (Doris).
Syn.: Idalia aspersa A. et H. 1855. Idalia inaequalis Foaens 1853.
Longueur 12 mm. ; pied large, brusquement effilé en arrière, dépassé
en avant par le voile frontal, grand, bombé, avec une petite fissure mé-
diane. 12 branchies, rhinophores longs et fins, perfoliés jusqu’au bas;
4 cirres très longs et effilés dont deux devant et deux à côté des rhino-
phores ; autour du dos étroit, une crête mince portant des papilles poin-
tues, 4 de chaque côté, les deux dernières très rapprochées (comme un
tubercule bifurqué) ; dent dominante grande, forte, fortement denticulée
sur le bord externe, fortement crochue. Collier de l’armature labiale
incomplet.
Couleur blanc jaunâtre pointillé et tacheté de blanc opaque, de rouge,
de brun, d’orange.
« Idalia mOd6SldDVERRILL (New England) ressemble à cette espèce (?).
Grande-Bretagne.
4. 0. (Idalia) pulchella (ALDER et Hlmcocx) 1855 (Idalia).
Petite espèce, manteau proéminent en avant, rhinophores un peu en
massue lamelleux sur 3/4 de leur longueur. Les filament bifurqués posté-
rieurs très grands. Incolore, pointillée de lilas pâle.
5. O. (Idalia,) dautzenbergi VAYss1ÈRE 1919 (Idalia).
Longueur 10 à 13 mm.
Espèce distincte de O. elegans, selon Vavssriaan ; il montre de légères
différences dans la dent dominante, qui est très finement serrulée, ou
plutôt transversalement striée sur le côté de la cuspide, et dans la dent
externe un peu plus aiguë. Ce sont des différences très faibles et qui pour-
raient provenir d’une différence d’âge, cette « espèce » étant très petite.
Maintenue ici sur l’autorité de VAYss1ÈnE.
Marseille.

oomonomninan. — ANCULA 311
6. O. (Idalîa) mediterranee. (v. IHEMNG) 1886 (Idalia).
Très petite espèce (ou peut—être un individu jeune ?) incolore, trans—
lucide, avec deux filaments antérieurs, quatre d0rs0—latérauX, aucun
médian, et sept à huit latéraux dont les deux postérieurs sont grands
et bifurqués. Dent : base plus courte que la cuspide, qui est finalement
serrulée ; externe avec petite cuspide. Armature labiale de petits crochets
à surface granuleuse.
Incolore translucide avec le sommet des rhinophores et des filaments
jaune.
Elle offre des ressemblances avec I. amaenula Bianca, du Cap.
Villefranche, Banyuls P
Nora. — J’ai également trouvé à Banyuls une petite Okenia qui·ne
diffère de celle de Inanim; que par le nombre de filaments dorsaux:
un au lieu de trois, et que je tiens pour un jeune de O. medilerranea,
qui n’est elle-même peut-être pas adultel
Subfam. ANCULINAE
Forme grêle, limaciforme-; sans grand voile frontal; des appendices
à la base des rhinophores. Hadula 1-I-0—I—1 ou I-0-1 ; avec jabot suceur.
Gen. ANCULA LovÉN (1846 m.s.) ALDER et Hancocx 1846
Syn: Miranda Annan et HANCOCK, 1846.
Nom au bas de la planche du genre 7 de la Monographie, mais retiré
avant l’impression du texte, comme postérieur à Ancula. Fleming
British Animals 1814, p. 283.
Polycera p. p. auctt.; Trilonia p. p. Rxsso.
Corps limaciforme, sans manteau distinct ; mais autour des branchies
une aire élevée et formant une bosse est circonscrite par 10 à 12 appen-
dices cylindriques simples. Trois branchies tripinnées ;rhin0phores coudés,
l’extrémité avec une dizaine de lamelles obliques sous le sommet cylin-
drique tronqué, et sur la hampe, antérieurement deux filaments efïilés
divergents et horizontaux. Petit voile buccal étire en deux lobes latéraux.
Un anneau labial ovale composé d’écailles ; radula 1-1-0-l-1 (1). La forme
de la dominante ressemble à la dent de Trapania, aplatie, avec une pointe
peu saillante et un bord denticulé.
Une espèce en Europe et deux ou trois en Amérique.
1. N. ODHNER, décrivant une espèce de Patagonie, A. fuegenais, dit que c A. cristata. n
a. une dent médiane : c‘est un lapsus comme on peut le voir par la. figure de la. Mono-
graphie pour cette espèce: pl. supplémentaire, fig. 22.

  MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Ancula. gibbosa (Risso) 1818 (Triionia).
Syn. : Polycera crisiaia ALD ER 1841 (1). Ancula crzslaia ALDER et
HANCOCK, 1846.
Long. 12 mm., parfois 17 mm.
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F10. 122. —— Doridumculus echinulzztus. — a, animal, face dorsale; b, côté gauche. —-
Amula gibbosa. - c, face dorsale; d, côté droit; e, le même (dessin ancien) ; f, un
rhinophore ; g, armature labiale ; h, dents ; »i, ponte. - Tmpxmia lafunti. -— j, animal,
face dorsale; k, dents et épine péniale; I, mâchoire.
1. ALDER et HANCOCK indiquent les caractères externes qui distinguent Anoula de
Polycera ; en réalité, ce n’est pas du tout une Polyceradae, bien qu’elle ait été longtemps
placée dans cette famille à. cause de sa forme et de sa ressemblance avec Thecœcera.

comononrnman. — 'rnarnwm 313
Incolore translucide; une ligne jaune vif sur la queue; sommet des
branchies, des papilles et filaments, des rhinophores et palpes de même
couleur. Points blanc opaque sur les rachis des branchies. Des spicules.
Ponte rubannée, paucispirée.
Radula 1-I-0-I—1. Armature labiale de petits crochets.
Scandinavie. Grande-Bretagne. Méditerranée: Nice.
REMARQUE. — Comme tant d’autres, cette espèce de Rxsso a été mé-
connue jusqu’ici. Elle a priorité, cela malgré le nombre des appendices
qui d’ailleurs est variable. Hrsso n’a pas vu les lamelles des rhinophores,
mais à part cette omission, sa figure est parfaitement reconnaissable et
ne présente pas une Triionia.
Gen. TRAPANIA Pauvor-F01. 1931
Syn.: Drepania LAFONT, 1874 non HüBNEn 1816.
Drepanida MAcF.¤.nr..·.N¤ 1931 (1). Thecaœra p. p. Cocxnaem. 1901.
Ce genre, longtemps inclus dans les Polyceridae, avec le genre Ancula,
se rapproche de celui-là plus que de tout autre. De même taille environ,
de même forme générale, cet animal en diffère par un appendice à la
base des rhinophores au lieu de deux, et un de chaque côté de la branchie
au lieu de plusieurs ; angles du pied tentaculiformes. Radula: formule
I-0-I. Dent large ; armature buccale formée d'écailles dentelées sur un
bord. Faible jabot suceur sur le bulbe buccal ; pénis armé de crochets.
Trois espèces ont été décrites ; ayant trouvé des intermédiaires entre
deux d’entre elles, je suis convaincue que « Drepania lartanella » est
le jeune de « Drepania fusca ». La troisième est également synonyme
(variété de coloration). Il n’y a donc qu’une seule espèce en Europe.
Trapania fusca (LA1··oN'r) (Drepania) 1874.
Syn. Drepania graef/ci BERGH 1880 (var.). Drapania larlanella v. lnnn.
1886 (juv.).
Avec les caractères du genre. Taille petite, jusqu’à 22 mm.; effilée,
haute au milieu. Dent en forme de lame courbe terminée par une cuspide
crochue et denticulée sur un bord. Radula 1-0-1. T. iarlanella n’a que
7 mm.
Incolore, tachetée de brun ; appendices et rhinophores jaunes.
Atlantique: Arcachon. Méditerranée: Naples, Villefranche, ·Banyuls.
La ressemblance extérieure avec Thecacera est frappante, mais fortuite ;
la partie antérieure du tube digestif et le type de dentition séparent
Ancula et Trapania des Polyceridae.
1. Le nom de Trapania n’est antérieur que de quelques semaines à celui de Drepawida,
proposé comme lui pour remplacer Drepcmia, préemployé ; néanmoins les lois de nomen-
clature obligent à. lui donner la préférence.

314 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Famille des POLYCERIDAE
Les Doridiens Phanérobranches de BERGH sont maintenant divisés
en deux grandes sections, qui ont toutes deux des rhinophores et des
branchies contractiles, mais non rétractiles dans des cavités, mais que
dnférencie leur appareil buccal. Ce sont les Sucloriae ou Lepioglossae
et les Polyceridae  
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FIG. 123. -— Système génital de Polyceridae.
Ceux-ci sont limaciformes ; ils n`ont pas de jabot suceur attenant au
bulbe buccal ; ils ont pour la plupart des mâchoires latérales compactes ;
les deux ou trois premières dents latérales (les plus internes) sont diffé-
renciées d’une manière tout autre que celles des Lepioglossae. Pas de vraie
dent médiane; les latérales non denticulées. Il y a parfois une plaque
médiane sans cuspide. Ils sont triaules, avec spermatothèque et sperma·
tocyste et pénis épineux.
1. De cette famille il faut exclure maintenant Goniodoris, Okenia, Trapamîa, Ancula,
Aegires, Triopella.

POLYCERIDAE. —- x>oLvcERA 315
Ils se divisent à leur tour en deux sections. I. seconde, dont nous
n’aurons pas à nous occuper ici parce qu'aucun de ses membres ne se
trouve s11r les côtes françaises ou avoisinantes, pourrait sembler, aussi
bien que les genres exclus notés ci-dessous, différer des Polyccra par leur
dentition et ne leur ressembler que par la forme extérieure : il s’agit de
Trevelyana, qui a des dents toutes semblables, longues, fines, crochues,
et de Nembrolha qui a une première dent différenciée, forte. Mais la
découverte chez Polycera et Polio trés jeunes d'une impréradula » (1)
d’un type très semblable à celle de Trevelyana adulte permet de cons-
tater une certaine homogénéité dans la famille, qui peut donc être con-
servée.
Subfam. POLYCERINAE
Section l. —- POL\·eER1NAE x>noPn1AE.
Deux fortes dents portant deux crochets robustes, l’un au sommet,
l’autre à la base ou un peu au-dessus (2) et quelques (3 à 12 env.) pla-
quettes plus ou moins quadrangulaires et portant une petite bosse, reste
de la cuspide atrophiée ; vestige qui manque souvent. chez les plus
externes. Il y a des mâchoires latérales de forme très variable. Le pénis
est armé d’épines. ll y a généralement des appendices autour du man-
teau et du voile frontal, outre la hranchie ou cténidie préanale.
Gen. POLYCERA CUVIER, 1817 (nom. conserv.)
« Polycere » 1812.
Syn. :Doris p.p. auctt.; Themisio OKEN, 1815, non GUÉMN, 1825;
Cu/ea Lxmcn, 1852.
Des appendices ou des tubercules autour du voile frontal et du man-
teau. Palpes courts, lobiformes, formant voile buccal.
Des mâchoires latérales. Radula n-Il-O-11-n. Une prostate distincte.
1. Polycera quadrilineata. (O. F. Münuzzn) (Doris), 1776; 1781. —
P. « varians Sans » Loveu, 1846; P. lypica THOMPSON, 1840; Policerg
linealus RISSO, 1826; Doris ornafa (TORBIGNY, 1837; var. marplalcnsfs
FRANCESCHI, 1928; Doris cornula (Amnnoxnn) RATHKE, 1806; var.
non lineafa THOMPSON, 1840; Doris flava MoNrAoU, 1804, etc.
Rhinophores lamelleux dans la moitié supérieure. Outre deux angles
au voile frontal, il y a au moins quatre, parfois six appendices simples,
aigus, au bord du voile. Des tubercules au bord du manteau marquent sa
limite qui, à part cela, est indistincte ; et deux appendices forts et renflés
1. A. PRUVOTÃFOL, 1926.
2. Résultant probablement chacune de la. fusion de deux dents primitives.

  MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
sont de chaque côté de la branchie, composée de 5 ou 7 feuillets pinnés.
Mâchoires avec une partie intermédiaire solide, des appendices ali-
formes; radula généralement 4-I-()—l-4.
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FIG. 124. — Polycera quadrilineata. -— a, anomalie du voile ; b, individu avec trois paires
de digitations au voile ; c, individu très jeune ; d, rhinophore ; e, deux individus accou-
plés ; f, g, spicules ; h, mâchoires ; i, premières dents latérales ; j, ponte. -— P. (Palit?)
dubia. —— k, animal vu de dos ; Z, id., vu du côté droit.
lncolore, translucide, avec sommet des rhinophores, des branchies,
des tubercules, jaunes et des lignes jaunes longitudinales; ces lignes
jaunes peuvent devenir orangées et même vermillon, tandis qu’entre
elles paraît du pigment noir, gagnant parfois les appendices et les rhino-
phores.
La taille habituelle est 15 à 18 mm., mais peut atteindre, rarement,
30 mm. Epines péniales assez grandes. Des spicules.

POL\'cEmDAE. -— POLYCERA 317
Ponte rubanée, courte.
La forme et la coloration varient, ce qui a fait prendre les jeunes individus
pour des spécimens d°une autre espèce. ll peut être utile de décrire ces varia-
tions chez une espèce si fréquente et si bien connue, afin de mettre en garde
contre la tentation de créer, chez d’autres animaux qui le sont moins, des
espèces nouvelles pour les individus jeunes, qui, je le répète, sont trouvés
presque toujours en nombre plus élevé que les adultes.
Les jeunes P. quarlrilineata ont l'aspect figuré dans le Monde de la Mer
sous le nom de « Pbanérobranches à chevrons ». Les appendices céphaliques
sont relativement très grands, ainsi que les rhinopbores; le corps est grêle
et les brancbies au nombre de trois, très petites. La coloration jaune se
montre sur les appendices et sous forme d`une ligne médio-dorsale et de
taches allongées latéro-dorsales, non coalescentes, devenant sur la queue des
li¤‘nes « en chevron ». Un eu de irrment noir commence à a araître. Plus
¤-· _ P P »— _ PP _ I
tard, les taches jaunes formeront des lignes et pourront devenir orangees
ct parfois vermillon (voici « P. vrnata » par n’()an1oNr, 1837) ; enfin, le noir
peut envahir tout l'espace entre ces lignes jaunes: Monographie, genre ti,
fig. 3, et aussi P. salamandra ; et deux espèces exotiques voisines : P. atm et
nigrocrucea. Le nombre des brancbies s'accroît de 5jusqu`à 7 généralement ;
lnxammz a représenté l'accouplement et le spermatophore ; on verra la ponte
par u’()nu1onx·, 1837, et dans la « Monographie ».
Espèce la plus répandue, avec Elysia viridis sur toutes les côtes atla nti-
ques, Grande-Bretagne, France; ltoscoll; Méditerranée : ltalie ; Rovigno ;
Villefranche, Banyuls (fréq.) et des espèces vicarxantes au Cap et en
Californie.
2. Polycera salamandre A. LABBÉ, 1929.
Est peut-être différente (1) : Longueurtâmm. ;corps très bombé. Voile
avec deux prolongements tentaculaircs ; les deux digitations antérieures
de P. quadrilineala manquent. Six branchies bipinnées et deux appendices
cn massue derrière elles.
Mâchoires brunes fortes · radula 12 à 1î» >< 3-Il-U·Il-3. Les deux
1 1
premières énormes, mais la seconde plus allongée et plus grêle que la
première. Les marginales ovales-allongees.
Coloration analogue à la variété noire de P. quadrilineala avec des
taches rouge-orangé, dont une en avant des rhinopbores, entourée de
noir. Lamelles des rhinopbores noires, sommet des rhinophores et des
brancbies rouge; dos noir avec 10 lignes blanches. « Mâchoires ressem-
blant à celles de Polyccra (2). »
Atlantique: Le Croisic, 1 exemplaire.
3. Polycera (‘?) maculata Pnuvor-Fox. (Polio), 1951.
Grande espece, trouvée une seule fois dans un dragage entre Marseille
et Toulon; bien distincte.
Forme haute, robuste. Nombreuses papilles autour du voile et au bord
du dos. Celles du voile disposées comme chez P. lessoni, le voile étant
bilobé.
1. Les dents semblent différer; la mâchoire n’a pas été représentée.
2. Laquelle ?

318 Mottusouizs oeisrnonnmxcnes
Mâchoires enroulées en oublies, avec bord masticateur court. Radula
3-II-0-11-3 ; de forme un peu différente de celles d’autres Polycera.
Incolore, tachéc de jaune verdâtre et de brun, irrégulièrement.
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FIG. 125. -— Polycem salamandm. - a, dents. -—— P. faeroenais. -— b, animal vu de dos ;
c, mâchoires ; d, dents. -— P. (Greilada) elegans. -—- e, animal vu de dos ; f, mâchoire ;
g, dents. —— P. (Palio P) maculata. —- h, animal vu du côté gauche ; i, dessous de la
tête; j, branchie; k, rhinophore ; Z, bulbe buccal; m, mâchoires; n, dents.
Par sa forme, ses papilles, l’espèce est voisine de Palio ; mais la mâchoire
est entièrement différente, bien développée et enroulée d’une facon
singulière et absolument caractéristique.
Méditerranée: Entre Sète et Toulon, 1 exemplaire.

ronvcamnna. -—— 1>01.YcE1<A 319
Subgen. Palio GRAY
Appendices au bord du dos petits, nombreux; mâchoire triangulaire
sans appendice aliforme. Branchies tripinnées.
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làlû. 126. ·—— Polyceru. (Palio) dubia. -·- a, mâchoire ; b, un demi-rang de la mdula 3 c, deux
premières dents latérales 5 d, la. première dent latérale ; e, extrémité du pénis. -·
P. marplatemù. —- f, animal vu du côté gauche; g, id., vu de dos ; h, branchie et
rhinophore; i, dents.
4. Polycera (Palio) dubia SARS, 1829, P0lycera.—~P0lycera modcsla LOVÈN,
1844 ; ? Polycera quadrilineala fusca i`1üLLER ; ? Polycera plebeja L0vÉN ;
? Polycera pudica LovÉN ; Polycera lessoni n’0Rn., 1837 ; Annan et HAN-
cocx et auctt.; Polycera ocellala ALDER et Hmzcocx, 1845; Polycera
ciirina ALDER; ? Doris illuminala Gouxn; ? Polycera pallida Baaon;
? Euplocamus holbôlli Mûntaa, 1842 ; Triopa nolhus J 0aNs·r0N (juvén.) ;
non Polycera lessani ¤’ORB., Rxsmsc, 1927 (qui en diffère par des carac-
tères externes et par la mâchoire).

320 MoLLusgUEs OPISTHOBRANCHES
Toute cette synonymie est un peu incertaine ; 1’espèce est bien connue
sous le nom de P. lessoni D’©RB., mais celui de Sims a la priorité.
Taille petite: 20 mm. Forme plus trapue que quadrilineaia. La colo-
ration est variable, ainsi que le nombre des dents marginales. Quant
au genre Polio, il ne peut être nettement distingué de Polycera par aucun
caractère important, malgré l’apparence externe: papilles nombreuses
du voile frontal et du bord dorsal et l’absence des deux gros appendices
près de la branchie, qui d’ailleurs ne sont pas présents chez toutes les
Polycera. Les derniers aux côtés de la branchie sont un peu plus longs
et bifurqués, et il y a de petits tubercules épars sur le corps. Trois bran-
chies tripinnées. Spicules noduleux.
Mâchoires triangulaires petites, sans aile ni denticulations. Radula
n-Il-0-Il-n; le nombre n variant de 3 à 6; les deux dominantes sont
plus courtes et trapues que chez P. quadrilineala et très analogues à
celles de Thecacera virescens.
L’espèce est répandue sur toutes les côtes d’Eur0pe, mais moins que la
quadrilineata, et assez rare en Méditerranée. Elle paraît être plus nordique:
depuis les côtes de Groenland.
Subgen. Greilada. BERGH, 1894 (genre)
Pas d’appendioes au voisinage de la branchie. Mâchoires réunies dorsa-
lement et ventralement par de petites pièces intermédiaires.
5.Polycera. (Greilada) elegans Buuou, 1894.
Forme grêle, allongée, un peu comprimée; long.: 9 mm. Dos uni,
ainsi que les flancs; pas d’appendices près des branchies. Voile réduit,
portant de chaque côte deux tubercules coniques. Les rhinophores ont
15 à 20 lamelles non spiculeuses ; branchies, 6, pinnees. Il y a comme
d’habitude des épines péniales et une prostate. Lèvres proéminentes;
mâchoires comme chez Polycera, il y a une pièce intermédiaire en bas
comme en haut, les reliant. Piadula, formule 15 >< 3-ll-0-Il-3 (ou deux).
La plus interne. plus étroite que la seconde, a sa cuspide secondaire
située beaucoup plus haut sur le corps de la dent et n’atteint que moins
des 2/3 de sa longueur.
La coloration est décrite comme jaune citron, avec sommet des rhino-
phores et des branchies rose, et des taches et lignes bleues : une ligne
bleue médio·dorsale, deux entourant le manteau et se rejoignant en
arrière des branrhies, et trois taches frontales : ceci pour l’animal vivant.
Conserve, il ne présente que des taches noirâtres paraissant se trouver
dans la situation où étaient les bleues.
Adriatique: Ptovigno; Méditerranée: Banyuls, un individu.
6. Polycera (Greîlada) messinensîs ODHNER, 1914 (sp. ou var. de elegans) .
C0nservée,long. : 13 mm. Incolore dans l’alcool. Lisse et sans appen-

1·oLYcEn1DAE. —- Tneczxcerm 321
dices; il n’y a que quatre petits tubercules coniques au bord du voile,
réduit. Mâchoire comme chez Polycera. Formule radulaire 10 X 3-II-0-II-3 ;
la première beaucoup plus étroite et un peu plus courte que la seconde,
et portant la cuspide secondaire vers son milieu ; sept branchies pinnées.
Cette espèce ne diffère de la précédente que par le nombre des rangs
de dents, celui des branchies (7 au lieu de G), et l’absence de taches chez
l’animal conservé. Tous ces caractères étant sujets à variations, il sera
nécessaire de connaître la coloration del’animal vivant pour être certain
que les deux ne sont pas synonymes.
Méditerranée: Messine.
Gen. THECACERA FLEMING, 1828
Syn.: Doris Mommcu p.p., 1815.
Corps limaciforme, lisse, eililé en arrière, élevé au milieu, sans manteau
ni voile frontal distincts; pied avec angles latéro- V _
antérieurs aigus ; rhinophores lamelleux avec  
gaines ; des appendices ou des tubercules aux  `l_·_·î;§  ,
côtés de la branchie ; voile frontal court, uni ou  "jf 
parfois papilleux. Mâchoire lamelleuse aVer une '·’^ è·ë·§`,Ã 
crête oblique et des angles inférieurs qui se ren- î§:È;È_·,:iî 
contrent par leur pointe. ,_!]‘, °î;y'& 
Radula de formule n-II-0-II-n (le nombre des Qi;   ·'Ã 
marginales est faible),  
Côtes d’Europe, d'Afrique Est, d’Amérique (Archi- zizi: É } ?
pel Chomos). èîîiàg kz. 
1. Thecacera pennigera (MoN·rAGU) (Doris), 1807. âi’j.5§.îë®
— Phanérobranche doriforme FRÉD01., 1866. "¤;:':fç
Taille 15 mm. Gaines des rhinophores grandes,  
épaisses, plus hautes en arrière, et un peu sur le ’§`•,ç
côté externe, s’abaissant du côté interne jusqu’à llgiilà
y être presque inexistantes. Appendices ou tuber- ï’_:,'_
cules près de la branchie cylindriques, à bout lil}
arrondi ; parfois bifides; branchies au nombre de
trois, bipinnées ou tripinnées. Fm 126M Th T
Incolore un peu verdâtre, translucide, parsemée p,;nnigenî‘&0ntÃ;a;; a
de taches jaune d’or et noires plus ou moins
nombreuses et serrées, arrondies, allongêes ou courbes ; une tache jaune
surla partie médiane de la gaine du rhinophore paraît être constante,
ainsi qu’un anneau subterminal aux appendices. Spicules en bâtonnets
courbes, noduleux.
Radula, formule 3·II—(l-II-3 ; les dominantes bicuspides, les marginales
quadrilatérales à triangulaires, sans cuspide (1).
1. Les formules radulaircs des trois espèces sont données ici d’a.près les figures (1'ALDER
21

322 MoLLUsQUEs oersrnoenancrxns
Mâcboire « ressemble à celle de Polgcera quadrilineala JJ, mais sans
processus alilorme.
Atlantique: Côtes de Grande-Bretagne; Côtes de France.
2. Thecacera capîtata ALDEP. et HANcocK, 1855.
Quatre ou cinq tubercules de chaque côté sous le voile, de couleur
orange ; quatre autres entre les rhinopbores. Un rang médian et deux
latéraux partant de la branchie vers l’extrémité de la queue. 7 branchies.
Le voile se continue sur les côtés par une légère crête, qui ne s’étend pas
jusqu’à la branchie. Coloration blanche tachetée de brun verdâtre, tuber-
cules jaunes.
La mâchoire « semblable à celle de Polycera quadrilirzeaia ». Radula :
4-Il-O-Il-4. Les premières allongées, avec la seconde cuspide placée
très bas ; les marginales allongées, avec une crête oblique (cuspide rudi-
mentaire) aux trois premières.
Atlantique: Côtes de Grande-Bretagne, très rare.
3. Thecacera virescens ALDER et HANCOCK, 1848.
Bord antérieur de la tête simple ; un rang de tubercules peu marqués
entoure la branchie. Couleur « fleur de pêcher » pâle, taché de vert anté-
rieurement et postérieurement ; cinq branchies vertes bordées de blanc;
longueur env. : 5 mm.
Mâchoires « semblables à celles de Polycera lessoni ».
Radula : 5-Il-O-Il-5. La première courte, trapue, très petite, la seconde
de forme analogue, beaucoup plus grande ;les marginales courtes, presque
carrées.
Atlantique: Côtes de Grande•Bretagne, très rare; Scandinavie.
N. B. — Ces trois espèces diffèrent considérablement selon ALDER
et Hzmcocx, mais ont en commun les gaines rhinophoriennes, BERGH
les réunit par une accolade.
Gen. LIMACIA Müttea, 1781 (1)
Syn. : Euphurus Rarmssoun, 1815; Triopa Jormsron, 1838 ; Poly-
cem p.p. Sroam ; Euplocamus THOMPSON ; Tergipes p.p. Jormsron.
Bords du voile et du manteau portant des appendices en massue, un
I peu papilleux surtout antérieurement. De chaque côté de la bouche,
un palpe semî·cylindrique, tronqué (canaliculés). Trois branchies bipin-
nées. Rhinophores contraetiles, avec des gaines basses.
Mâchoire difïuse: armature de petits crochets; radula n-11-0-Il-n.
Atlantique, Méditerranée et Alaska.
Limacîa clavigera lt/lüLLER, 1781. —— Tergipes pulcher JOHNST or: ;
Euplocamus plumosus THOMPSON ; Euplocamus claviger THOMPSON ;
et HANCOCK. Mais on ne doit pas attacher grande importance au nombre des dents
marginales, qui varie chez les Polycerinae pour une même espèce.
1. Nom restitué par VVINKWORTH.

P0LvcEmDAE. -—— CALOPLOCAMUS 323
Triopa claviger JonNsToN, 1843 ; Euphurus claviger HAFINESQUE, 1815;
Polycera cornuia S'r0nM, 1879.
Longueur 18 mm. Trois branchies bipinnées ; 8 appendices avec tuber-
cules digitiformes au voile, 7 appendices latéraux claviformes et de nom-
breux tubercules verruciformes sur le dos.
Radula: 10-II-0-II-10; la première grêle, avec une seule cuspide.
(Selon LovÉN, il y a 6 marginales; selon BERG11, 12 à 13.) Dos avec
taches jaunes en relief. Sommet des appendices, des rhinophores et des
branchies jaune d’or, sur tégument général incolore. Des spicules bifur-
qués, aigus. L’échantillon trouvé à Banyuls avait les appendices laté-
raux semblables à ceux du voile.
Atlantique: Finistère, Côtes d’Angleterre, Portugal, Scandinavie. Médi-
terranée (rare): Rovigno (Banyuls: 1 individu).
REMARQUE. ——— Gonnmcwoon (1861) a figuré un très petit animal
qui est peut-être le jeune de cette espèce (‘?) : sans branchies et sans
gaines aux rhinophores.
Section II. — (lALOPLl)(lAMlNAE.
Les appendices frontaux et latéraux sont ramifiés. Il y a plus de deux
dents différenciées de chaque côté; parfois une plaque médiane sans
cuspide; mâchoires peu développées.
Cette section compte en Europe quatre genres : lssena, Caloplocamus,
Placamopherus et Crimora.
Gen. CALOPLOCAMUS (Kaloplocamus) BERGH, 1892,
n.n. pour Euplocamus Pain., 1836, non Hünmaa ; non LATREILLE, 1909
Syn.: Idalia p.p. Pmmrri, 1844, non LEUCKART.
Le genre se distingue par ses appendices dorsaux et ceux du voile
ramifiés (arborescents) et par la radula qui comporte trois minces plaques
rectangulaires sur le large rachis, et trois dents crochues de chaque côté ;
formule n-III-x-III-n. La mâchoire est simple, triangulaire.
Caloplocamus ramosus (CANTRAINE), 1835 (Doris). -— Euplocamus
croceus Pmurri, 1836; Euplacamus plumosus ÈCHULTZ; Idalia ramosa,
PmL1PP1, 1844; ? Doris fimbriala DELLE CIIIAJE, 1841, non VAHL.
Grande espèce ; CANTRAINE dit : « rouge minium un peu pâle ; l’angle
que le dos forme avec les flancs est surmonté de chaque côté de 5 appen-
dices branchus ; sur le pourtour du bord frontal on en compte 6autres» ;
il la place parmi ses Doris prismatiques. La figure parue en 1840 ne laisse
aucun doute. Mais l’espèce est fréquemment plus claire, jaunâtre,_avec
appendices oranges ou brique. Elle atteint environ 50 mm.
Hadula : '7·III·x·III-7, les dents croehues ne sont pas beaucoup plus
grandes que les autres. _
Méditerranée: Sicile, Marseille, Banyuls.

  MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Gen. ISSENA IREDALE et ()’DoN0GHUE, 1923
Syn. Issa BERGH, Colga BERGH; non Kolga Koamw et DANIELSSEN,
1848.
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FIG. 127. - Caloplocamus TGWUOSMS. —- a, animal vu de dos ; b, un demi-rang de la radula ;
g, partie rachidienne du rang ; e, dents ; gf, épines pénîales ; g, appareil génital ; h, mâ-
choire. —- C. azureus. -— i, animal vu de dos.
Corps limaciforme, queue effilée; le bord palléal peu marqué, mais
garni de papilles simples ; des papilles parsemées sur toute la région dorsale,
aussi longues que celles du bord. Palpes auriculés. Rhinophores rétractiles
dans une gaine saillante, oblique ; branchie bi ou tripinnées. Il y a des
mâchoires triangulaires ; la formule radulaire est env. n·II-xx·II-n

POLYCERIDAE. - ISSENA 325
ou n-III-xx-III-n ; la dent médiane est une simple plaque (basale)
sans cuspide; la première et la·sec0nde latérales sont grandes, robustes
et crochues ; les autres sont des plaques basales sans cuspide.
Atlantique Nord (Europe et Amérique).
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FIG. 128. - Isaena lacera. - a, animal vu de dos ; b, dessous de la tête ; c, mâchoire ;
d, dents. — Crimarc papillata. -- e, animal vu de dos; f, dents; g, diverses parties
de la radula.
Issena abildgaardi PRUv0T-F01. (n.n. 1934). — Doris Iacera ABlLD·
GAARD non Cuvusn. —— Triopa laccr « Münusn » G. O. Sims. Issa lacera
Brznon. lssena lacera ()’DoNocm1r: et IREDALE.
Corps blanr ; rhinophores et branchies jaunes.
Conscrvée : long. 17 mm. Robuste ; un peu aplatie. Environ 15 papilles
au voile frontal étroit ; et env. 28 de chaque côté, alternativement grandes

326 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
et petites. Gaines des rhinophores de 1 mm. de hauteur antérieurement,
nulles en arrière. Des papilles entre les rhinophores et en plusieurs rangées
sur le dos, plus grosses et moins longues que celles des côtés. Quatre ou
cinq branchies. Trois fortes papilles en arrière de l’orifice anal. Mâchoires
triangulaires, dentelées (1) sur un bord. Une espèce nord-américaine
diffère par la radula :n-III—xx-Il1—n (n : 17). Les médianes sont de
simples plaques quadrangulaires ;la 28 et la BE du type Polyceradae,
mais un peu informes ; les INS marginales avec rudiment de cuspide.
Atlantique Nord.
Gen. PLOCAMOPHERUS F. S. LEUCKART, 1828
Syn. : Peplidia L0wE, 1842 ; Plocamocerus CUVIER 1830 R. A. ; Hisii0—
phorus PEASE, 1860; Plocamophorus auctt.
Ce genre connu surtout des mers tropicales a été rencontré à Madère.
Taille généralement assez grande. Un rang d’app:ndices frontaux
très ramifiés ; sur les côtés du dos. quelques paires d’appendices, en petit
nombre, présentant. au moins en partie, une forme singulière : parmi les
ramifications qu’elles portent se trouvent des sortes de massues ou sphères
simples, unies.
La partie dorsale de la queue est fortement carénée, et cette crête,
comme chez Scyllœa, a une part dans les mouvements natatoires par
lesquels l’animal se déplace parfois. De plus. il a été signalé que ce genre
est capable d’émettre de la lumière, qui émane des massues ou sphères
dorsales latérales, probablement parasitées.
Piadula semblable à celles de Caloplocamus ; formule n—Ill-x-III-n.
Plocamopherus maderae (Lown) (Peplidia), 1842.
Caractères du genre. Coloration jaunâtre et brune.
Seule espèce d’une côte voisine de l’Europe (Madère).
Gen. CRIMORA ÀLDER et HANCOCK, 1862
Ce genre diffère de Polycera par l’existence de gaines rhinophoriennes
et par la forme des dents. La mâchoire est inconnue (non mentionnée
par les auteurs qui ont décrit l’unique espèce du genre). Le voile buccal
est étiré latéralement en forme de petits palpes courts avec un sillon au
bout, et le pied a un sillon antérieur. Dos papilleux. Genre très voisin
de Caloplocamus.
Crimora. papillata. ALD. et HANC., 1862.
Trois branchies bi ou tripinnées.
Bord palléal, étroit, peu marqué, mais souligné par une série de papilles
et de filaments plus ou moins ramifiés ; de courtes gaines en calices aux
1. Non « denticulées ».

PHYLLIDIADAE. — Pnvntinia 327
rhinophores ; bord du voile avec de nombreuses papilles en partie bifur·
quées ; dos et flanc parsemés de tubercules. Couleur blanchâtre ; sommet
des tubercules et des branchies jaune pâle.
Radula d’un type dérivé du type Polycéradé, mais modifié : la première
dent n’a pas de cuspide, elle est rudimentaire; la seconde est normale,
avec deux crochets; la troisième est de nouveau rudimentaire, les sui-
vantes vont en s’allongeant et la 76 est longue est effilée, ressemblant
aux dents embryonnaires de Polycera et aux dents adultes de T reve-
lyana. ll n’est pas facile d’exprimer cela par une formule, les passages
étant graduels. Les notions que nous possédons au sujet de cette espère
sont incomplètes. Par ses caractères externes, elle est voisine de Caloplo-
camus, dont elle diffère par la radula.
Côtes de Grande-Bretagne.
SUPERFAMILLE POROSTOMATA
Bouche poriforme, suivie d’un vestibule buccal musculeux, puis d’un
tube digestif, généralement long et contourné, ne contenant ni mâchoires
ni radula, et pouvant se dévaginer au dehors. Il y a généralement un
élargissement avant sa pénétration dans la masse du foie, qui est volu-
mineuse et compacte. L’intestin au sortir du foie, dorsalement, décrit une
anse peu prononcée avant d’aboutir à l’anus dorsal (1) postérieur, en
contournant le cœur situé dans la moitié postérieure de la cavité. Il y
a, à droite et en arrière, une glande péricardique et un organe réno-péri-
cardique. La nm vésicule biliaire » paraît manquer.
La glande bermaphrodite est sur ou devant le foie ; il y a toujours une
prostate, sous forme d'élargissement glandulaire d’aspect granuleux;
une spermatothèque et une spermatoeyste comme chez les Doridiens;
le pénis contient des épines. Deux familles.
Famille des PHYLLIDIADAE
Pas de branchie dorsale ; des lamelles sous le manteau. Forme 0vale·
Anus sur ou sous le manteau ; rhinophores sur le manteau ; sous le bord
latéral, de nombreuses lamelles transversales respiratoires (qui avaient
fait donner à ces Mollusques le nom d’Inférobranches, aujourd’hui aban-
donné). Il y a en général sur le manteau de gros tubercules pustuleux,
souvent blancs ou clairs sur fond noir, rangés en lignes et plus ou moins
confluents ; irréguliers.
Cette famille est d’ailleurs si rare sur nos côtes que, seuls, deux
genres, composés chacun d’une espèce et d’un ou deux individus, auront
à être mentionnés ici L l'un dans le Golfe de Gascogne, les autres dans la
Méditerranée occidentale. (les habitats paraissant marquer les limites de
latitude la plus élevée atteinte par cette famille.
1. Sauf chez Fryeria.

328 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Gen. PHYLLIDIA (luvinn, 1897
Manteau ovale, pustuleux ou tuberculeux; rhinophores à nombreuses
lamelles ; anus postéro-dorsal. Lamelles branchiales sous le manteau,
vestibule buccal reccuvert en arrière par une glande multilobée sessile ; il
y a des palpes aux côtés de la bouche.
Fréquent dans les mers chaudes. Rare sur les côtes européennes.
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FIG. 129. -—— Phyllidia 'rolcmdvlae. —- a, animal vu de dos ; b, id., face ventrale ; c, fragment
du manteau; d, id., face inférieure; e, rhinophoreg f, organes génitaux. - Phylli-
diapsis berghi. —— g, animal vu de dos ; h, système nerveux central ; i, partie antérieure
du tube digestif ; j, extremité du canal déférent; lc, spicules.
Phyllidia rolandîae PRUVOT—FOL, 1951.
Forme ovale, manteau un peu épais mais non retombant sur les bords,
avec tubercules épars, coniques, bosselés. L’anus sur un de ces tubercules
semblable aux autres ou à peine plus grand. Palpes triangulaires, dirigés
en avant. Nombreuses lamelles sous le manteau, de chaque côté.

PHYLLIDIADAE. —- PHYLLm1o1>s1s 329
Il y a une glande lobée sur la partie postérieure du vestibule buccal
volumineux, d’où part un conduit très fin, étroit qui est la suite du tube
digestif et qui se rend au foie.
La couleur est inconnue, mais il n’y a, chez l’animal conservé, aucune
trace du pigment noir habituel chez les Phyllidies. Par l’aspect général,
il ressemble à un Doridien.
Un seul échantillon a été pêché, probablement sur la Côte d’Espagne
proche de Banyuls, lors d’une excursion scientifique du bateau le Roland.
Un second individu a étédécrit par moi sous le nom de Phyllidia (P) aurata,
1952. Il appartient à une seconde espèce : plus petite, de couleur jaune d’or.
Méditerranée : Cannes.
Bien que les Phyllidiadae n’aient pas de branchie dorsale, et qu’une
assimilation de leurs lamelles branchiales sous—palléales avec une cténidie
ne paraisse pas pouvoir être tentée, il est maintenant hors de doute que
les Dendradorididae, à forme de Doridiens vrais, sont apparentés à ce
groupe. Il est certainement fort éloigné des Arminidae avec lesquels il
était autrefois classés (lnferobranchiafa) et dans leur anatomie les
termes de passage (entre divers Poroslomala) ne manquent pas.
Gen. PHYLLIDIOPSIS BERGH, 1876
Diffère de Phyllidia extérieurement par les tubercules coniques épars
sur le dos, non coniluents et par l’absence de palpes buccaux; intérieu-
rement par une glande impaire avec conduit excréteur remplaçant les
glandes étalées sur le bulbe; ce genre offre donc quelques caractères
intermédiaires entre les Phyllidies et les Dendrodoris. Quatre espèces
connues, dont trois sont exotiques.
Phyllîdiopsis berghî Vavssiiann, 1902.
Il y a des tubercules coniques épars jusqu’au bord du manteau ; ceux
du milieu sont un peu plus hauts. Papille anale sortant d’un petit orifice
arrondi ; un pli circulaire autour de la bouche, sans palpes (1) ;nombreuses
lamelles sous-palléales, environ 70 à 80, plus petites en arrière, inter-
rompues par la papille génitale; elles paraissent un peu onduleuses.
Couleur inconnue; elle paraît avoir été uniformément jaunâtre (sans
pigment noir, à l’état conservé).
Atlantique : Golfe de Gascogne ; Croisière du Talisman (un exemplaire).
Famille des DENDRODORIDIDAE
(Doriopsidae de BERG11)
Forme de Doridien cryptobranche ; branchies entourant en partie
l'anus ; généralement tripinnées, rétractiles dans une cavité peu profonde,
près du bord postérieur du manteau; manteau lisse ou tuberculeux,
1. Du moins choz cette espèce.

330 MoLLUsoUEs OPISTHOBRANCHES
doux ou rugueux. Rhinophores perfoliés, rétractiles ; palpes généralement
nuls. Le collier nerveux derrière la masse vestibulaire et devant le bulbe
buccal. Bulbe buccal tuberculeux protractile, sans mâchoires, ni radula.
Généralement une glande « ptyaline » impaire et deux très petites
glandes salivaires. Le foie, compact, est bifurqué en arrière, et le muscle
rétracteur de la branchie passe dans la fente. Pas de « vésicule biliaire ».
Cette famille, très longtemps méconnue, a donné lieu à des erreurs de
tous genres. Rappelons en deux mots l’erreur de BERGH, qui, malgré
l’avis nettement exprimé par PEASE, continua à assimiler « Doriopsis »
PEAsE à Doridopsis ALDER et HANCOCK; ce en quoi il fut encore suivi
par ABRAHAM, 1875. Celui-ci, cependant, et de même ELIOT, préférèrent
le nom donné par ces deux auteurs. 0’DoNoGHUE, avec raison, arepris,
conformément aux lois de nomenclature, le nom de Dcndrodoris EHREN-
BERG, sans cependant cesser de considérer comme des synonymes Dori-
dopsis A. et H. et Doriopsis PEASE ; le premier de ces deux noms désigne
seul, en réalité, le même groupe.
Si la connaissance de leur anatomie a été nécessaire pour séparer les
Dendrodorididés des Doridiens, avec lesquels ils ont été longtemps con-
fondus, il est cependant quelques signes extérieurs qui permettent de les
distinguer très facilement. et qui seront indiqués ci-après.
Caractères anatomiques: Il y a généralement un bulbe vestibulaire
musculeux ; un tube qui lui fait suite en décrivant des anses et en tra-
versant le collier nerveux; de très petites glandes salivaires; un foie
volumineux débouchant dans la portion stomacale. L’intestin est plutôt
court. La glande hermaphrodite est devant ou sur le foie. Il y a deux
vésicules spermatiques ; une prostate.
La branchie, généralement tripinnée, mais très variable,est assez souvent
asymétrique et située plus ou moins obliquement à droite de l’anus.
La famille renferme deux genres. Tous deux représentés dans la Médi-
terranée.
Gen. DENDRODORIS EHRENBERG, 1831
Syn. : Doridopsis ALDER et HANCOCI(, 1865.
Hansielladoris PEASE (ou Hausiellodoris) Rhacodoris lViôRCH. ; Hexa-
branchus et Glossodoris p.p. GRAY, non EHR. ;«D0ri0psis Pease » BERGH,
non PEAse ; Doris p.p. Cuvier: et auctt. ; Aclinocyclus TIBERI p.p.
Une glande simple ou double, dite « ptyaline zi, avec son conduit,
débouche a côté de l’orifice buccal en traversant avec lui le vestibule
musculeux. L’anneau nerveux, concentré, est situé près du vestibule,
tandis que les ganglions buccaux et les glandes salivaires (très petites)
sont plus en arrière sur une anse du tube digestif. Le foie est plus ou moins
échancré postérieurement pour le passage du muscle rétracteur de la
branchie. Il y a deux vésicules spermatiques ; une prostate volumineuse,

DENDRODORXDXDAE. -—— DENDRODORXS 331
non indépendante (1) et parfois une petite glande. Le pénis, ou plutôt la
terminaison du canal déférent, est spiculeux.
La consistance est généralement, mais non toujours, douce et molle,
le tègument translucide.
Il y a une glande péricardique formée de quelques plis internes, et une
glande sanguine au-dessus du collier nerveux.
Toutes les mers tropicales. Atlantique (Brésil et Golfe de Gascogne). Médi-
terranée: Marseille ; Toulon ; Banyuls.
Malgré la grande ressemblance de ce genre avec les Doridiens vrais,
avec lesquels ils ont été longtemps confondus, sous le nom de Doris, on
les reconnaît au premier coup d’œil, avec un peu ti’habitude, à leur
tégument plus lisse, translucide; à l’absence de palpes; à la position
plus postérieure de l’nus, plus antérieure des rhinophores. Les différences
internes sont importantes, principalement dans le tube digestif, et le
mode de nutrition (inconnu) ne peut être le même.
Deux espèces de la Méditerranée sont connues depuis longtemps (sous
le nom de Doris): Dendrodoris limbala et D. grandi/Zora; on les unit
parfois en une seule espèce. Mais aussi bien Bancs; que v. IHEMNG ont
montré entre elles des dilïérenees spécifiques. ll faut bien attirer l’at—
tention sur les difiicultés de la systématique chez ces animaux, qui n’ont
en fait de parties dures, chitinisées, que de petites épines dans le canal
déférent (9).
1. Dandrodoris limbata (CUVIER) (Doris), 1804. —— Doris lugubris
GnAvENnoRsT ; Doris nigricans OTTO, 1823 ; Doris viresccns Rrsso ;
Doris seligera BAPP. ; rappiiCAN'rRAxN12 n.n. ; ?‘? Doris lugubris EHRENB. ;
? Doris sismondae VÉRANY.
Grande espèce, jusqu’à 70 mm., lisse, à bord palléal onduleux; six
branchies, situées très en arrière, sombres, à extrémités claires. Le milieu
du dos est brun ou verdâtre, ou presque noir, marbré ; avec une bordure
claire jaune ou blanchâtre, uniforme, sur tout le pourtour.
La Doris seligera Hare, 1827, paraît être la même espèce avec des
soies d’Annélides piquèes dans le tégument.
Le vestibule buccal est petit. La bouche est situee dans le sillon anté-
rieur du pied ; en avant d’elle la lèvre supérieure du pied se continue de
chaque côté en un pli qui se recourbe en dehors, simulant un palpe, mais
attaché tout du long à la partie inférieure du manteau. Les trois orifices
génitaux sont contigus; sur le vagin, une vésicule (spermatothèque);
plus haut, à assez grande distance, une autre vésicule (spermatocyste),
mais qui n’est pas libre, mais communique par ses deux extrémités
1. Située sur le trajet du canal déférent.
2. BERGH cite déjà. au moins 70 espèces ; il en existe certainement plus de cent
dont beaucoup sont valables. .

332 Motwsgues opisraoanamcnas
avec le canal hermaphrodite. Sur le trajet du canal déférent, une prostate
élargie et glandulaire, traversée par le cana] ; à son extrémité, le canal
s’élargit et porte à son intérieur de nombreuses petites épines. La sperma-
tothèque a deux conduits séparés. Les six branchies sont situées devant
l’anus.
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Fm. 130. - Dmdrodoris limbata. -— a, bouche ; b, organes génitaux ; c, système nerveux
central; d, vestibule bucca.1 ouvert; e, épines péniales; jf, individu jeune, dessous,
branchie et rhinophore.
Toute la Méditerranée: Toulon, Marseille ; Villefranche; Banyuls ; Italie ;
Corse; Sardaigne; Sicile; Egypte? Adriatique. Fréquente par places, sous
les pierres.
2. Dendrodorîs grandiflora RAPP, 1827 (Doris). —D0ris guilaia Risso,
ISI8 (qui devrait avoir priorité).
L’anatomie de l’espèce de RAPP n’est pas connue. Des individus plus
petits qui lui sont attribués ont la branchie beaucoup plus petite et plus
simple ; elle doit grandir tardivement ?
Bord du manteau un peu onduleux, clair avec des stries rayonnantes
et en partie bifurquées, apparentes en dessus et en dessous. Le milieu
du manteau jaunâtre, marbré de divers tons de jaune, gris, brun et

I
DENDRODORIDIDAE. ——- Denononoms 333
olivâtre. Des plis autour de la bouche ; ils varient de forme et d’étendue
selon l’état de contraction de l’animal. Les épines péniales sont, selon
IIIERING, plus petites que chez limbala. Le bulbe vestibulaire est plus
fort, cylindrique ; les deux conduits de la spermatothèque sont unis sur
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Fm. 131. — Dendrodorîa gramliiiora. — a, individu adulte; b, exemplaire jeune (dessin
ancien de DELLE CHIAJE, sous le nom de Doris tuberculata) ; c, bmnchie de Padulte;
d, tube digestif; e, épines péniales ; f, bouche entourée de plis; g, vésicules sperma-
tiques.
une certaine longueur, et séparés chez la limbala. Se distingue par les
stries rayonnantes du dessous du manteau.
Toute la Méditerranée, mais moins fréquente que la limbata.
3. Dendrodoris pseudorubra Pmivor-Foi., 1951.
Trouvée une seule fois, un individu apparemment jeune ; la coloration
était analogue à celle de « Doris rubra » IÃELAART, du Pacifique, et bien

334 MOLLUSQUES OPISTHOBHANCHES
différente de celle des deux espèces méditerranéennes ci-dessus. Couleur
rouge pâle marbré de rouge et brique plus foncé.
Méditerranée; côte espagnole de Catalogne.
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FIG. 182. —— Dendrodoris racemosa. — a, animal, vu du côté gauche ; b, une branchig.
— Doriopsilla rarispimsa. -- c, animal vu de dos et partie antérieure, dessous; d,
braîlchies ; e, rhinophore; jf, épines péniales. - D. pseudo-rubra. — g, branchie et rhi-
nopbore. -—D. languida. -- h, ensemble des viscères ; li, épines péniales, rhinopbore et
Sp€I‘II13·tOCyStr€ 2 i, 0I‘g3«H€S géD1lS8»1lX·
4. Dendrodoris languida Pauvor-Foi., 1951.
Grande espèce de 50 mm. sur 30 ; d’un ovale allongé, avec le bord très
onduleux. Lisse et très molle, à l'état frais; mais arrivées mortes de
Banyuls, elles étaient décolorées, translucides, et les viscères de couleur
carminée visibles à travers les teguments. Pihinophores avec partie
lamelleuse courte et lamelles peu nombreuses. Palpes nuls. Bulbe vesti-
bulaire petit; première anse du tube digestif petite, l’anse qui suit les

DENDBODOHIDIDAE. —·— DENDRODORIS  
ganglions buccaux, au contraire, très volumineuse. Canal déférent bourré
de petites épines iines et serrées.
Méditerranée: Banyuls, quatre échantillons.
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FIG. 183. ·- Dendrodoris longula. - a, animal vu de dos ; b, partie antérieure, dessous ;
c, branchie ; d, partie antérieure du tube digestif ; e, épines péniales. -— Dendrodorin sp.
- f, animal vu de dos ; g, partie antérieure, dessous ; h, id., les lobes du pied rabattus ;
rl, branchie.
5. Dendrodoris racemosa PnUv0r—FoL, 1951.
Bien reconnaissable parmi les Dendrocloris méditerranéennes à ses
pustules arrondies, irrégulières, éparses, et à sa couleur jaune. Palpes
nuls ; branchies divisées dichotomiquement, finement tripinnées ; consis-
tance molle.
Méditerranée: Banyuls, deux individus (sables du large).
G. Dendrodorîs longula Pnuvor-Foi., 1951.
(Test encore une espèce bien distincte ; beaucoup plus petite : la plus
grande avait 19 mm., et d’un ovale très étroit, allongé, avec les bords
très onduleux, l'aspect lisse. A l’état conservé, la couleur était grise, un
peu plus foncée au milieu; les rhinophores très grands et lamelleux,
sortant d’orifices rapprochés, à bords relevés. Six branchies (avec un
fort rameau) situées devant 1’anus ou légèrement inclinées à droite.
Bulbe buccal cylindrique. Le départ de l’intestîn sur le foie est assez loin
en arrière de l’arrivée de l’œsophage. Les épines du pénis sont relati-

336 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
vement grandes, simples ou doubles, noires, et attachées chacune par un
disque incolore.
Banyuls, 3 échantillons. Catalogne?
7. Dendrodoris minima PRUVOT·FOL, 1951.
Insuffisamment connue par suite de la disparition pendant l’occupation
de tous les carnets a souche du laboratoire de Banyuls, cette petite espèce
de 9 mm. sur 4,5 a le milieu du manteau couvert de gros tubercules;
six branchies asymétriques, à droite, sortant d’un orifice évasé en enton-
noir. La lèvre inférieure du pied est fendue en deux grands lobes qui
cachent la bouche. Couleur ‘?
Banyuls ou côtes d’Espagne.
Deux autres petites Dendrodoris encore faisaient partie des collections
récoltées lors des excursions du vapeur « le Roland » sur les côtes médi-
terranéennes d’Espagne (1), mais leur caractérisation, faute de notes
perdues avec les carnets à souche, n’ont pu être précisées suffisamment ;
elles sont mentionnées pour montrer à quel point la Méditerranée est
riche en Dendrodorididac, famille si répandue sous les tropiques, et incon-
nue dans le Nord de l’Europe à partir du Golfe de Gascogne.
Gen. DORIOPSILLA Bianca (2), 1880
Ce genre diffère de Dendrodoris par sa texture plus spiculeuse (bien
que, contrairement à ce que l’on croyait autrefois, certaines Dendrodoris
aient aussi des spicules) ; mais surtout (selon Etior) par la position
des ganglions buccaux qui, chez Doriopsilla, sont situés immédiate-
ment derriere les autres ganglions du systéme nerveux, tandis qu’ils
sont placés à quelque distance en arrière sur une portion rétrécie de l’œso-
phage, reliés aux cérébroïdes par de longues comrnissures chez Dendro-
doris. Le genre Doriopsilla compte un petit nombre d’espèces qui sont
de petite taille, et dont une est méditerranéenne et comporte une variété
bien distincte méritant peut-être le rang d’espèce. La « glande ptyaline »
fait défaut.
1. Doriopsilla areolata. BERGH, 1880.
Forme de Doris ; ovale, aplatie ; lg. 27 mm. X 20 X 4. Manteau recou-
vrant le pied tout autour, plus grand que le pied qui est sillonné et fendu.
(Il en existe des individus dépassant 30 mm.) Coloration jaune orangé,
ou rouge orangé, ou rose chair, avec un réseau de minces lignes blanches
ramifiées et anastomosées, et quelques verrucosités entourées de granu-
1. Par G. Pnuvor et E. Rncovrrza.
2. Le nom de Doriopsilla, donné à. un genre voisin de 1’ancien genre u Dwiopsis Pease »
de BERGH, conserve son nom, bien que cette dernière soit devenue Dendrodoris EHREN-
anna.

nennnooomoxnan. — ¤omo1»s11.1.A 337
lations blanches ; parfois quelques taches grisâtres. Rhinophores et
branchies orangé plus pâle ; nombreux spicules. Flancs et face inférieure
du manteau avec aspect aréolé dû aux spicules vus par transparence.
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F10. 184-. — Do1··iopsill¢zaraolat¢;.—- a, animal vu de dos et var.; b, ornementation du dos
(n, réseau blanc ; tu, tubercule) ; c, organes génitaux ; d, tube digestif ; 0, épines
péniales gf, terminaison du canal déférent. —— D. ·rariap'in0sa· -— g, partie anté-
rieure du tube digestif ; h, épines péniales ; i, épines.
5 branchies ramifiées, situées à droite de l'anus. Ainsi que chez Dcndro-
doris, les rhinophores sont rapprochés du bord antérieur et de même
aussi le pénis est épineux, mais à son extrémité seulement. Le vestibule `
buccal est très petit, le tube digestif long et contourné ; deux renîle-
ments devant le foie.
**0

338 MoLLUsoUEs OPISTHOBRANCHES
I Méditerranée: Marseille ; Villefranche ; Port—Vendres. Atlantique : St-Jean-
de-Luz. Maroc.
Var. d’are0lam Vavssràim, 19il9.—- Cette variété ou espèce diffère du type
par la possession d’un petit nombre de pustules blanchâtres clairsemées
parmi de plus petites sur le manteau, qui est de couleur orangée; liseré
blanchâtre autour de l’orifice branchial.
Elle mesure 13 mm.; larg. 5,5 à 6 mm. Hauteur 3. Les épines péniales
sont plus longues et plus grêles que chez le type. —- Deux exemplaires:
Marseille.
2. Doriopsilla pelseneeri PAULIN0 D70LIVEIRA, 1895 (sp. ou var. de
D. areolaial.
Forme générale de D. areolaia, mais beaucoup plus bombée. Manteau
très large, avec tubercules extrêmement variables de forme et de gran-
deur, atteignant 2 mm. de hauteur, et en partie composés (bosselés),
pouvant avoir 7 tubercules secondaires. Il n’y en a pas sur le bord des
orifices des rhinophores. Cinq branchies très ramifiées. La couleur est
, variable, rouge au milieu du manteau, dégradé et blanchâtre sur les
bords ou bien jaune, avec rhinophores rougeâtres ;le dessous, les branchies,
sont blanchâtres.
Long. (dans 1’a1cool) : 25 mm., larg. : 15, hauteur : 8 mm., pied, lg. : 19,
larg. : 17 mm. Il n’y a pas de réticulation blanche.
N B. — L’auteur ne donne pas ses raisons pour avoir placé cette espèce
dans le genre Doriopsilla qui ne se distingue de Dendrodoris qu’à la dis-
section. Il ne mentionne aucun caractère interne.
Atlantique: Portugal. Cap Vert? .
Selon ELIOT, 1906, cette espèce est peut—être une variété de D. areolala
BERGH, dont le réseau blanc pourraît être inconstant ; cela paraît d’au—
tant plus vraisemblable que le DF NOBRE avait envoyé deux individus dn
Portugal (Varzim) à R. BERGE, qui les avait identifiés avec son espèce.
3. Doriopsilla. rarispinosa PBUvo'1`-Foi., 1951.
Manteau un peu bombé, tuberculeux; les tubercules sont arrondis,
bosselés irrégulièrement et de grosseur variée ; ils contiennent de petites
concrétions calcaires. Pas de palpes visibles, mais la contraction et l’état
de conservation médiocre ne permettaient pas de voir les rapports de
la tête et du pied. Pied large. Cinq branchies nettement asymétriques
et obliques à droite de l’anus. Forme ovale: 19 mm. sur 13; couleur
inconnue, grisâtre à l’état conservé.
Vestibule buccal très gros, renflé, presque sphérique ; le tube digestif
à sa suite, très rétréci, décrit une anse à gauche, puis à droite, se continue
' par une partie plane qui paraît être valvulaire, et se rétrécit brusquement
en passant dans le collier nerveux; ensuite, nouvel élargissement, puis
dilatation stomacale devant le foie. Il y a deux vésicules spermatiques ;

_ mznnnonoaminaa. — mcnaran snms 339
le pénis (canal déférent) ne contient que des épines clairsemées, rares,
distantes, dont la partie interne est noirâtre.
La position générique de cette espèce est indiquée par la situation de
l’anneau nerveux et l’absence de glande ptyaline ; mais le tube digestif
n’est pas démesurément allongé comme chez areolala et la garniture
d’épines péniales diffère.
Méditerranée: région de Banyuls.
C’est probablement encore à ce genre qu’il faut attribuer un très petit
Dendrodorididé 2
Dendrodoris ou Doriopsilla   pusilla PRUVOT-FOL, 1951.
Ovale arrondi; long. : 3 mm., très spiculeux, jaune tacheté de brun,
avec tubercules sur le manteau, assez gros, clairsemés. Spicules grands
et nombreux visibles par transparence.
La bouche poriforme, sans palpes, indique son appartenance à cette
famille, mais il n’a pu être disséqué et il était vraisemblablement imma-
ture. Branchie très petite.
Méditerranée: Banyuls. Un individu, peut-être jeune.
INCERTAE snms
Dendrodoris inomata (Annaimm), 1876 (Doridopsis).
Conservée: 25 mm. >< 18 X 10.
Forme ovale oblongue, plutôt un peu élargie postérieurement ;c0nvexe,
douce. Rhinophores plutôt courts, coudes, un peu comprimés latérale-
ment; orifices rhinophoriens à bord un peu relevé, très rapprochés et
très antérieurs. Six branchies, grandes, tripinnées, irrégulières, avec leurs
hampes plus ou moins réunies à leur base. Anus excentrique un peu à
gauche. Bord de la cavité épais et un peu lobé. Pied long, pas très large,
arrondi en avant, aigu en arrière et ne dépassant pas le manteau ;sillonné
et fendu ; en avant des lèvres antérieures, deux petits creux, et la bouche
entre les lèvres, dans le sillon.
(lonservée, couleur blanc brunâtre sale; bord du pied et du manteau
plus sombres, avec pointillé noir sur le dos et les flancs. Pthinophores
foncés à sommet plus clair.
Dans les téguments petits spicules mousses épars.
Méditerranée. (N’a pas été revue ou reconnue depuis Aurmaam.)
Doris (?) pustulosa CANTRMNE, 1835 et 1840.
Oblongue, un peu convexe, couverte de gros tubercules ovales ou
comprimés latéralement, presque d’égale grosseur; bord palléal large,

340 MoLLUsguEs o1>1sTaoBaANcr1Es
mince, dépassant le pied de côté; en arrière, c’est le contraire. Huit
branchies très grandes situées très en arrière. Orifices rhinophoriens et
branchial un peu relevés. Couleur jaune finement marbré de vert ; rhino-
phores jaunes à la base, verts au sommet; branchies jaunes avec des
points irréguliers bleu-noir. Dessus jaune sans tache ; en alcool, la couleur
totale devient orangée.
Naples.
La figure annoncée par l’auteur: pl. A, 5, ne m’est pas accessible,la
planche A manquant dans les éditions à ma disposition. J’incline a croire
qu’il s’agit d’une Dendrodoris.
P.S. — Elle n’a jamais paru, selon renseignements.
Doris lugubris GRAVENHORST (probablement Dendrodoris). — ‘? Den-
drodoris limbaia (Cuvina).
« Noir velouté, finement froncée en travers, dessus. Bordure blanc
jaunâtre, étroite, nettement délimitée. Rhinophores avec bouton blanc-
jaune. Six branchies, subdivisées en 4-6 branches plus courtes, pinnées,
pointes en partie blanches. Pied beaucoup plus étroit que le manteau,
grand ; forme comme dessus, mais très déformable et contractile. Lente.
Peut être comparée à Doris limbaia Guvinn et D. nigriccms Orro, mais
la première est 3 fois plus grande, le manteau marbré noir et brun. Rxsso
a décrit celle-ci comme verdâtre avec linéoles noires irrégulières et large
bordure jaune. D. nigricans ©TT0 est toute noire... »
Doris virescens RISSO, 1826. — « Doris limbafa » RISSO, 1818, selon
Risso, 1826.
« Son corps est allongé, arrondi, bombé, lisse, le manteau verdâtre
parsemé de traits irréguliers noirs, garni d’un large rebord foncé, jaunâtre ;
les tentacules sont d’un brun obscur. Les branchies, au nombre de 7,
sont palmées, dentées, incisées, d’un vert pâle, tachées de noir, blanches
au sommet; dessous du corps et pied d’un vert jaunâtre pointillé de
noir, liseré de jaune sur son pourtour. Lg.: 0,040... J’ai décrit cette
espèce sous le nom de limbaia dans le Journal de Physique. »
0BsEavAT1oN. —— La Doris ratîculata Scnuixrz, 1836 (1) non Quov et
(IMMARD, déjà cataloguée parmi les « Doris inceriae Sedis» (p. 284) est
probablement une Dendrodoris, pour celle—ci, comme pour nombre de
« Doris » anciennes, dont l’anat0mie est inconnue, les indications « lignes
en relief rayonnantes sous le manteau » et bouche et tentacules infé-
rieurs petits, la situent peut-être ici.
1. Non Doriopsilla 'reliculata ELIOT; non Doris reticulata GARRETT.

ARMINIDAE. — ARMINA 341
HE*rEaonE1=Ar1cA
Ce groupe est constitué par une partie des (lladohepalica de Bakou.
La division générale des Nudibranches en deux portions: Holohepalica,
à foie compact, et Cladohepalica, à foie plus ou moins divisé, ramifié,
peut être maintenue, car elle s’appuie sur d’autres caractères importants :
existence ou absence d'une branchie adanale; existence de deux ou
d’une seule vésicules spermatiques. Mais les Cladohépatiques peuvent
se diviser à leur tour en Cladohépatiques s.s. et en Hétérohépatiques,
ces derniers ayant en général un foie compact avec des rameaux et d’autres
caractères qui les distinguent des Aeolidiens. Ici, cependant, la ligne de
démarcation n’est pas toujours nette.
_ Famille des AHMINIDAE (Arminacea)
« Inferobranchiala » pars, CUVIER ; Pleurophyllidiadae ; Diphyllidiadae
auctt.
Elle constituait une partie de l’ancienne famille des Inférobranches
de Cuvren, actuellement démembrée, et comprend des Nudibranches
sans branchies ni papilles dorsales, mais avec des lamelles respiratoires
sous les bords latéraux (antérieurs) du manteau. A ces lamelles font suite,
chez une partie tout au moins d’entre eux, des lamelles transversales ou
obliques, de nature différente, et dans lesquelles pénètrent des prolon-
gements du foie. Le manteau est épais, strié longitudinalement, ou pustu-
leux ; et il y a en avant de lui un grand voile ou bouclier, terminé laté-
ralement en pointes ou en lobes, et derrière lequel, entre lui et le manteau,
se trouvent des rhinophores lamelleux.
Le bulbe buccal contient de grandes mâchoires antéro-latérales et
une radula multisériée avec dent médiane denticulée. Ces parties buccales, |
de même que la position latérale des orifices sexuels et de l’anus (avec
le pore rénal), apparentent cette famille aux Triloniadae.
Les lamelles latérales non respiratoires peuvent manquer chez certains
genres (qui sont exotiques): (Lz`ngueIla)... et même les lamelles respi-
ratoires, chez Dermalabranchus (Pleuroleura BGH.).
Une espèce nordique à faciès d’Arminidé, classée d'abord sous le nom
de Plcuroleura, semble constituer un cas exceptionnel, les autres Derma-
lobranchus VAN HASSELT, 1824 (Pleuroleura Bon., 1874) étant des habi-
tants des mers tropicales. C’est Pleuroleura walleri l<RAUSE. Cette espèce
est aujourd’hui appelée Helcrodoris walleri. Helerodoris VEmm.L et
EMERToN (= Allhila Biancu) a à peu de choses près la même diagnose
que Dermalobranchus, soit par convergence ou par une parenté entre
ces familles. L’espèce devait être citée ici pour mémoire; elle n’a pas
été trouvée sur nos côtes, ni en Angleterre.

342 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
Gen. ARMINA RAEINESQUE, 1814
Syn.: Pleurophyllidia STAMMER, 1816 et auett.;Diphyllidia (luvxE1=«,
1817; Diphyllidia O*r'ro, 1820; « Ruommo » Pom, 1812.
Animaux généralement de grande taille, cordiformes allongés, pourvus
d’un bouclier céphalique, de lamelles latérales sous le manteau et de
lamelles branchiales différenciées, longitudinales, serrées, en avant de
celles-ci. Le dos est généralement orné de stries longitudinales en relief,
claires sur fond plus sombre; plus rarement de pustules aplaties. Pied
avec glande et sillon antérieur, légèrement anguleux de chaque côté
à la partie antérieure, et de même forme que le manteau ; orifices géni-
taux sur le flanc, en avant et à quelque distance des orifices urinaire et
anal. Deux paires de glandes salivaires ; foie divisé en lobes et pénétrant,
au moins chez certaines espèces, dans des lamelles latérales. Quelques
espèces ont une caroncule nucale ou des papilles situées entre le manteau
et le bouclier céphalique.
Le bulbe buccal, volumineux, contient des mâchoires latérales bombées
et une radula large, avec dents nombreuses; la médiane est denticulée
sur les côtés, les latérales, plus longues, sont lisses ou denticulées. Ponte
en cordon tordu, fixé à ses extrémités ; habitudes fouisseuses ; nourriture
probable : Alcyonnaires ; les Armina sont signalées dans toutes les mers
du Globe,mais non près des côtes 2 elles sont ramenées par la drague ou
le chalut.
Des glandes latérales sous le manteau avaient été prises pour des
cnidosacs par BERGH ; mais elles ne contiennent pas de vrais némato-
cystes, selon C«UÉNoT.
TABLEAU DES ESPÈCES EURo1>ÉENNEs
1. Dos strié ........................ 2.
-— Dos pustuleux ................. 1. maculata.
2. Fond noir; stries blanchâtres .......... 2. tigrîna.
-— Fond jaune ou brun ; stries jaunâtres ............. 3.
3. Fond brun rouge ........... , ..... 4. lovénî.
-— Fond jaune ocre pâle ............ 3. neapolitana.
1. Armina maculata RAFINESQUE, 1814. — Diphyllidia verrucosa
CANTRAINE, 1835; Diphyllidia puslulosa SCHULTZ in Philippi, 1836;
Diphyllidia ocellafa DESHAYES, 1830-1840. — (L’espéce a été maintenue
sous les trois derniers noms par BERGH, 1866. Voir discussion de la syno-
nymie des deux espèces de RAFINESQUE : Pnuvor-For., 1937.)
Cordiforme. Long. : 100 mm. Dos parsemé de petites verrues aplaties,
plutôt clairsemées, un peu plus claires que le fond, qui est ocre ou orangé
brunâtre; la forme est large; le bouclier céphalique, grand, est séparé

ARMINIDAE. —- ARMINA 343
du bord antérieur du manteau or des bourrelets entourant les rhino-
phores (caroncule ?), du moins chez les échantillons conservés.
Dent médiane très large et courte, avec environ 6 à 12 denticules
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F1 G. 135. ·- Armina tigrina. - a, dent médiane et deux latérales. - A. henneguyi. --
b, c, d, dent médiane et dents latérales. - A. maculata. —- e, partis antérieure du corps ;
f, dent médiane et l" latérale. ·- A. mapolitana. ··— g, animal vu du côté droit ; h, partie
antérieure du même ; i, machoire ; ·i, partie méd1ane de la radula ; lc, deux dents laté-
rales ; l, m. dents. —— A. lovenî. —- n, animal vu de dos ; o, partie médiane de la radula ;
p, dents latérales. - Heterodoris rolmsta. —- q, animal vu de dos ; ·r, trois dents. -
Heterodorù ingolfiana. - s, mâchoire ; t, dents ; ~u, animal face Inférieure.

344 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
très forts de chaque côté de la cuspide; la première latérale courte et
très robuste, avec une petite cuspide et quelques fines serrulations du
côté externe, plus ou moins nombreuses selon les individus ; les suivantes
lisses ; les premières ont parfois quelques traces de denticulation, incons-
tantes.
Méditerranée: Palerme (fréquente). Atlantique: Arcachon (fréquente);
côte atlantique du Maroc, Golfe de Gascogne.
2. Armina tîgrina RAF1NEsoUE, 1814. — Armina undulaia « HAMMER »
O’DONOGHUE, 1926 ; Pleurophyllidia undulala STAMMER, 1816 ; Diphylli-
dia lineala ©T·ro, 1820; Tx-UELE, 1931 ; Pleuraphyllidia neapolilana
« DELLE CHIAJE » de divers auteurs non Pleurophyllidia neapolilana
DELLE CHIAJE ; Pleurophyllidia cuvieri MECKEL, 1823 fîdc ©’DoNoc.nUE,
1929.
Espèce pouvant atteindre 110 mm. de longueur, cordiforme, aplatie,
ayant de nombreuses stries longitudinales, environ 40, alternativement
noires et blanchâtres sur le dos, les claires étant en relief ; bouclier cépha-
lique noir en dessus, rose en avant ; le pied également rose-corail en
dessous chez les échantillons de grande taille, parfois pâle, ou un peu
frotté de noir; en avant, le pied se termine sur les côtés par des angles
peu saillants, reliés par un sillon antérieur; le pied et le manteau sont
de même forme et se terminent en pointe mousse. Glande pédieuse à la
partie postérieure de la sole.
Mâchoires très fortes, bombées, à bord masticateur écailleux; dents
nombreuses dans chaque rangée; formule (max.): 46 X 75-1-75.
La médiane, pas très large, porte des denticulations serrées, fines, les
premières latérales sont serrulées du côté externe, les suivantes robustes
et lisses ; mais le nombre des dents serrulées paraît varier.
Une paire ou deux ? de glandes salivaires assez compactes.
Méditerranée: Italie, France: Banyuls.
3. Armina. neapolîtana. (DELLE CHIAJE), 1841 (« Pleurofillidia napo-
litana ») D. CHIAJE, 1824, p. 134, pl. X, fig. 12, 13 et 20; 1936, pl. V,
fig. 13; 1841, pl. XLV, fig. 12. —— Pleurophyllidia undulafa BERGH p.p.
1866 p.p. et auctt., non STAMMER ;Pleur0p/iyl/idia vasconica C·UÉNor,
1914.
Animal de taille médiocre (moins grande, plus étroite, que l’espèce
précédente), 30 a 45 mm,. avec un nombre faible de lignes claires en relief ;
un petit nombre de lamelles latérales, dont les antérieures sont un peu
obliques et les postérieures presque longitudinales; la forme du corps
est aplatie, mais plus étroite que chez l’espèce précédente, dont elle diffère
encore par un coloris bien distinct: jaune d’ocre pâle ou foncé selon
les individus, et frotté de noir par places ; les stries au nombre de 13 à 20
sont d’un blanc jaunâtre, ainsi que les lamelles et les branchies: une

ARMINIDAE. —— AnMmA 345
tache légèrement plus sombre que le reste du tégument marque, à la
face supérieure, Pcmplacement des lamelles branchiales sous-jacentes:
ceci avait été déjà représenté exactement par l’auteur de l'espèce, DELLE
CMMJE. (les dernières sont peu nombreuses et en partie longitudinales
ou obliques, irrégulières, 2-4. L’anus est situé relativement plus en avant
que chez A. iigrina, vers le milieu de la longueur du flanc. Le principal
caractère distinctif de cette espèce bien marquée consiste dans la forme
de ses dents : elles ont été figurées par CUÉNo·r chez l’espèce A. vasconica,
qui en est certainement synonyme.
La dent médiane Porte quelques denticules assea gros de chaque côté ;
les latérales sont aplaties et se terminent par des pointes presque d’égale
longueur, au nombre de trois à six, bien que l'on voie d’assez fréquentes
irrégularités, et parfois des dents intercalées qui sont dépourvues de
denticulations.
C’est aussi la forme des dents qui constitue le principal caractère diffé-
renciel entre cette espèce et la suivante, dont le coloris est analogue.
Méditerranée : Naples ; Banyuls, fréquente. Atlantique : Golfe de Gascogne :
Arcachon.
4. Armina. lovéni (BERGH), 1867 (Pleurophyllidia). —-- (Pleurophyllidia)
Iîneala auctt. p.p. (Plcurophyllidia) henneguyi LABBÉ (selon L. CUÉNOT) (?).
Espèce qui a été confondue avec A. « lineaia », qui n’a pas été jusqu’ici
trouvée sur les côtes du Nord de l’Europe où se trouve celle-ci. Cette
espèce atteint -10 mm. La couleur est brique assez vif, rappelant un peu
celle de A. neapolifana, qui est ocre plus terne ; et sa forme est un peu
plus ovale. Les rhinophores, le bouclier, le pied sont jaunâtx·es ou blan-
châtres ainsi que les lignes du dos, au nombre d’une vingtaine ;les lamelles
brancbiales sont fines, peu nombreuses, les latérales épaisses.
Les dents latérales sont fortement denticulées, la médiane pas très
large, et peu différente des latérales. Les marginales n’ont pas de denti-
cules. Emor (1910) dit à ce propos que la médiane est beaucoup moins
large que celle de Pleurophyllidia undulala-lineala. Mais l’Armina ligrina
(undulala) de la Méditerranée a la dent médiane relativement étroite
et longue, et c’est l’espèce atlantique, A. hcnneguyî, qui a une dent
large. Il me paraît extrèmement vraisemblable qu’une grande confusion
a régné longtemps en ce qui concerne ces espèces, et qu’il n’est guère
possible auj0urd’hui de savoir laquelle d’entre elles s’est'trouvée entre
les mains des premiers descripteurs; seules les indications de localités
peuvent rendre probables, mais non certaines, les attributions acceptées
ici. A. hcnneguyi est ici maintenue provisoirement: au paragraphe qui
la concerne, on trouvera les caractères distinctifs formulés par son auteur.
Se trouve sur les côtes anglaises (assez fréquente), et sur celles de Norvège.
5. Armina henneguyi (A. LABBÉ) (Pleurophyllidia), 1%%.
Cordiforme, longueur 33 mm.; haute. Anus à mi—longueur du flanc

346 MoLLUsouEs OPISTHOBRANCHES
droit ; orifices génitaux sous la 1** lamellé sous-palléale. Une vingtaine
de lamelles sous-palléales et environ 18 lignes jaune paille sur fond noir.
Flancs jaune·rosé. Caroncule saillante.
Radula 27-1-27; la dent médiane avec cuspide à 3 lobes mousses et
6-7 denticules de chaque côté ; latérales robustes, crochues, les premières
denticulées, les externes lisses, les dernières en forme de stylet.
REMARQUE. - Selon L. CUÉNOT, cette espèce serait synonyme de
A. lovéni. Cependant la coloration ne concorde pas.
Le Croisic.
Gen. DERMATOBRANCHUS VAN HASSELT, 1824
Syn. : Pleuroleura BERGH ; ‘Z Heierodoris VERR11.L ? Atihila BEHGH.
Genre trouvé dans les mers tropicales ; une espèce nordique 2 Pleure-
leura walieri KRAUSE, 1892, a été trouvée au Spitzberg, et retrouvée
depuis dans les mers arctiques. Citée ici pour mémoire.
Sans lamelles sous le manteau.
Famille des TRITONIADAE _
(Duvauceliidae ou Sphaerosiomidae de quelques auteurs)
Corps limaciforme, à section transversale quadrilatère; pied à peu
près de même largeur que le dos ; ils se rejoignent à la partie postérieure
acuminée. Pas de branchie dorsale; un rang d’arborisations de chaque
côté du dos (presque toujours). Anus. pore urinaire et orifices génitaux
sur le flanc droit, non contigus. Rhinophores terminés par une massue
entourée à sa base de digitations ramifiées ou lamelleuses, et pouvant
plus ou moins se retirer dans des gaines qui sont hautes, ou basses, parfois
digitées, non ramiüées. Voile buccal digité ou fimbrié ; les deux digita-
tions externes sont sillonnées en dessous et représentent des palpes.
Pénis inerme ; bulbe buccal extrêmement développé, avec mâchoires
antéro-latérales longues, fortes, pourvues d’un bord masticateur pavé
de petites pointes ou écailles dont un rang parfois dépasse le bord en
formant des denticulations; radula composée de nombreuses rangées
de dents comportant une dent médiane, une première latérale souvent
différenciée, et généralement de nombreuses latérales, presque toujours
simples. Un genre a des plaques cornées triangulaires dans le tube digestif.
Foie compact ou en deux lobes distincts, recouvert par la glande her-
maphrodite.
Nourriture : Alcyonaires.
Gen. TRITONIA CUVIER, 1797
Syn. : Doris p.p. auteurs anciens ; Sphaerosloma MACGILLIVRAY et
Triionia MAcG1LL., 1843 ;Necr0manies GISTEL, 1848 ;Liri0pe GISTEL,

TRITONIADAE. —- TRITONIA 347
1848 ; ? Mirrolophus Rocixnunuma ; non Trilonia Mmonn, 1802, Diptère,
avec deux autres sous-genres : Candellisla IREDALE et 0’DONOGHUE ;
Duvaucelia Rxsso ou Candiella GRAY.
Les noms de Sphacrosloma et de Duvaucelia ont remplacé pour quelques
auteurs modernes celui de Trilonia. J’ai donne déjà mes raisons de ne pas
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FIG. 186. — Tritonia hombergi. - a, a·nimal·vu de dos ; b, partie antérieure, dessous ;
c, tubercules du dos ; d, deux grands appendices dorsaux ; e, rhînophore à. demi rétracté ;
j, dents ; g, mâchoires; h, bord mestîcateur et détail; i, pénis. ·-·- Tritonia (Trit«mi·
doxa) griegi. - j, tête vue de dessous ; k, dent médiane et 5 latérales ; l, pénis et vagin.
accepter ce changement (1) et n’en répéterai qu’une : Trilonia est accepté
depuis près de 150 ans avec le type désigne par CUVIER (avec un retard
de trois ansl, et ne peut être revendiqué par LIEIGEN, ni créer de confusion.
Voile frontal limbrié ; dents nombreuses dans chaque rangée avec
une médiane. Pas de prostate ; pas de lamelles cornees dans le tube
1. A. P.-F.· 1931.

348 MOLLUSQUES OPISTHOBRANCHES
digestif; grandes mâchoires. Nombreuses séries de dents, la médiane
tricuspide, la première latérale différenciée. La spermatothèque débouche
dans le vagin ; pas de spermatocyste. Nourriture : Alcyonnaires. Ponte 2
ruban onduleux.
1. Tritonia hombergi CUVIER, 1802. — Limace de Mer palmifère DIQUE·
MARE, 1785 ; Triionia airofusca et Sphaerosloma famesoni (1) l`lACGILLI-
VRAY ; Triionia pusiulosa DEsHAvEs; « Doris /r0nd0sa'MüLLEn » ALDER
et Himcocx, non MüLLEa.
De grande taille, pouvant atteindre 200 mm., large, un peu déprimée.
Voile frontal large. bilobé, frangé, terminé de chaque côté par un palpe
auriculé. Nombreux appendices dorsaux ramifiés, de taille différente
et alternant, mais pas très grands relativement a la taille de l’animal.
Le dos est verruqueux: nodules petits et aplatis.
Anus environ au milieu de la longueur du flanc droit.
Couleur variable, verdâtre, marbrée ou tachetée de brun ; ou parfois
ardoisée, ou gris-jaune ou blanchâtre. Dents latérales très nombreuses,
jusqu’à 228 de chaque côté, 94 rangs; la première peu différenciée, la
médiane à trois cuspides courtes et irrégulières, les suivantes simples,
courbes.
Atlantique: France; Grande-Bretagne; Scandinavie. Méditerranée.
2. Tritonia. plebeia JOHNSTON, 1838 [et vari&e