Mémoires de la Société Linnéenne du Nord de la France - 1878 1883 - vol 4
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  MÉMOIRES  
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· DU NORD DE LA FRANCE.
TOME CINQUIÈME
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TYPOGRAPHIE DE DELATTRE—LENOEL
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des Matières du Tome V.
Mollusques recueillis au sud d'Amiens dans un rayon de
2 lieues. 1876-1877. Parle B. P. E. Vaniot, S. J. . . 1
Révision des espèces françaises de la famille des Tabanidœ.
Par M. le D' Gobert. ............ 55
Les Gyrinides d`Europe. Par M. le D' Régimbart .... 107
L`Exposition forestière au concours régional d'Amiens. Par
M. René Vion ............ . . . 121
Notice sur la Société linnéenne du Nord dela France rédigée
en réponse à la Circulaire de M. le Ministre de Flnstruction
publique du Il juillet 1881. Par M. J. Gamier, Président. 16I
Notice sur Charles-Joseph Buteux. Par M. J. Garnier. . . 172
La Faune de Caycux-sur-Mer et de ses environs. Par
M. F. Decaux ............... 201
Liste des Membres de la Société au 3I décembre 1882 . . 233
Liste des Sociétés correspondantes ......... 246
Table des Matières .............. 255

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l MOLLUSQUES
Recueillis au Sud d’Amîens
Dans un rayon de 2 lzeues (l876-1877)
' (76 Espèces).
Par le R. P. E. Vlmor S. J. I
Ces Mollusques sont terrestres st Ilnvistüss.
PREMIERE PARTIE.
· MOILLUSQUBS TERRESTRES.
  Tous sont des Gastéropodes pulmonés. Nous les di-
viserons en 3 sections :`
I Mollusques nus, ou sans coquille apparente ;
Mollusques à coquille sans opercule ;
' Mollusques à coquille operculée.
IEGTIIIN I. -· Mollusques nus •
r FAMILLE DES LIMACIENS.
Corps droit, allongé, non spiral; 4 tentacules rétractiles;
une cuirasse couvrant la partie antérieure du corps ;
coquille nulle ou rudimentaire, cachée le plus souvent
sous la cuirasse ; orifice respiratoire au bord droit de la
‘ cuirasse dans les deux genres que nous connaissons autour ·
d’Amiens.
Ge sont les genres Arion et Limace.
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   L GENRE ARION. P
  Coquüle nulle, remplacée par des granulations calcaires ;
    orifice respzïatoùe au bord droit de la cuirasse, en avant
  · . du mtlàzu. . 4
  1° Arion ruius Linné. r
  · (Arion empiricorum, Férussac. Arion des charlatans).  
si . .
  Animal long d’un décimètre et plus, large d'environ l
  45 millimètres, roux, unicolore. Peau ridée. Guirasse
É ’ l’ , renfermant des grains calcaires isolés, transparents, petits.
  A Jardins, prés, lieux humides. (Saint-Acheul, Longueau,
 jj Boves, etc.) ·
 ff Avec le type, on trouve assez communément les 3 A
  A variétés suivantes : ·
  i• Ater, animal d’un brun noir ;
  _ 2• Drapamaudz', animal d’un roux obscur, avec le bord
 >`.il— ‘ rougeâtre ;
  · — 3• Succineus, jaune pale unicolore, avec le bord du pied l
 ·fÉ`Qx î plus foncé. I
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  2¤ Arion tusous Müller. l
  — i (Arion hortensis Férussae. Arion des jardins.) l
  Animal long de 3 à 5 centimètres, large de 4 à 6 milli- i
  mètres, gris plus ou moins foncé avec des bandes latérales
  noires. Pied jaunâtre ou blanchâtre; cnirasse renfermant n
  des grains calcaires assemblés grossièrement.
  On trouve, avec le type, une variété noire à bandes
  P latérales grises : var: Niyer.
 j_ Jardins, champs, bois, sous les pierres, les débris de
gg »‘ bois. (Saint—Acheul`, Gagny, Longueau, Boves, etc.)
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GENRE LIMACE.
Coquüle rudùncntaùœ, appelée Limacclle, placée sous la
l partie postérieure de la cuirasse. Orzfce 1•esp:`raloù·e au
q bord droit de la cuirasse, en amère du müzru. La cuirasse
est ornée de stries concentriques.
10 Lima: agrestis Lhmé.
(Petite loche grise).
Corps cylindriforme, terminé en dos d’âne à la partie
postérieure, rugueux, grisâtre avec des taches brunes
irrégulières. Oriiîce pulmonaire petit, bordé de blan- _
châtre ; limacelle ovalaire, mince, très petite.
Mucus épais, laiteux, très caractéristique. Longueur:
de 3 à 6 centimètres ; largeur : de 8 à 10 millimètres.
On trouve les variétés : _
1• Albidus, animal blanc grisâtre, sans taches ; ·
. 2• Lilacàms, animal lilas, sans taches ;
3* Sylvatùms, variété plus grande, d’un violet grisâtre .
avec des taches irrégulières.
Très commune autour d’Amiens dans tous les lieux
humides. .
2• Lima: maximus Linné.
(Limax cinereus Müller. Limace cendrée. Limax antiquorum
l Férussac).
Animal long de 12 à 15 centimètres, et quelquefois plus ;
large de 1 à 2 centimètres ; cendré ; cuirasse tachetée de
noir, dos rayé dela même couleur. Orillce pulmonaire
très grand ; limacelle assez grande, épaisse.

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  — L —
 îï La variété maculatu: a sur le dos des taches noires au
Q ·_ lieu de lignes continues.
 g· Entre Saint-Acheul et Longueau, au pied des arbres I
Lt? sous le gazon. Assez commune. · «
ii l
  3¤ Lima.: nrborum Bouchard-Ghant1•enux.
'i' (mmm au sam). I
  Animal long de 6 à 10 centimètres, large de IO à l5  
  millimètres, d’un gris bleuatre. Guirasse marquée d’une
 5* ligne noiratre de chaque coté, assez transparente pour
"?  qu’on aperçoive la limacelle qui est blanche, line, légère- ;
  ment bombée ; dos marqué d’une ligne blanchâtre allant
y.  *7 de la cuirasse à la queue.Mucus incol0re,brillant, accom-
 '    pagné souvent d’un liquide abondant et très limpide.
  Foret de Boves, sur les arbres, quand il y a beaucoup _
 'îf' d’humidité ; au pied, quand le temps est sec. · ï
  `_ ` ·/ SECTION II. — Mollusques i coquille
 J * sans oporcule s
  ` Les commciâs ET Les Aumcunaciâs
  V
  Ces deux familles sont représentées autour d'Amiens
 gf _ par les 9 genres suivants :
  Vitrine, Ambrette, Zonite, Hélice, Bulime, Glausilie,
  Maillot, Vertigo. — Garychie.
 M GENRE VITRINE.
 fg  A Animal pouvant à peine etre contenu dans sa coquille;
 li. ayant une demi·cuirasse avancée sur le cou, A tentacules,
ut.

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un oriiîce respiratoire situé à droite, en arrière, sur le
bord de la demi-euirasse. Coquille dextre, très mince.
• N.—B. — Ge genre, ayant à la fois une demi-cuirasse et
une petite coquille, fait la transition entre les limaces et
les hélices. ‘ _
| Une seule espèce aux environs d’Amiens:
'. Vitrine pelluoida Müller.
(La Transparente).
É Animal blanchatreou rougeâtre, avec des yeux noirs.
I Coquille globuleuse, transparente, fragile, luisante, d’un
blanc verdàtre, légèrement striée ; 3 tours de spire, le
dernier assez ample ; ouverture arrondie et très grande, à
bord columellaire un peu rélléchi. ,
L à 5 millimètres de diamètre.
Sous la m0usse,dans les bois et les jardins (Saint·Acheul,
i Gagny).
GENRE AMBFIETTE, (sucçmna).
Animal épais, pouvant à peine etre contenu dans sa co-
quille ; 4 tentactiles, (les inférieurs très petits); coquille
dextre, ovale—0bl0ngue, (en forme d’oubli), mince, ordi-
nairement transparente, à spire souvent courte, à dernier
tour très grand. g
Une espèce aux environs d’Amîens 2
Suooinea putris Jedirey.
(L’Ambrette amphibie).
· Animal glutineux, grisâtre, marbré de noir en dessus.
On voit, à travers la coquille, la veine pulmonaire et ses
ramifications, sous forme d’un réseau à mailles serrées.

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  Coquille oblongue, translucide, fragile, d'un jaune
  brillant, à spire courte, à ouverture oblique formant les
;1`¤' deux tiers de la coquille ; péristome simple et tranchant. ·
ai Se trouve en grande quantité sur les joncs, les herbes,
fsf les feuilles mortes, au bord de l’Avre et autour des fossés
  u qui communiquent avec cette rivière.
  GENRE ZONITE, (zoxrrss). i'
  Ce genre renferme des Hélices dont la coquille est ordi-
  nairement déprimée, mince, luisanté, transparente, à pé-
' ristome simple et plus ou moins tranchant. Animal al-
; longé, contenu tout entier danssa coquille; 4 tentacules;
    pied ovale-allongé.
  A 10 Zonites nltidus Müller.
  (Zonite brillante).
F'! .
  f Animal petit et grêle, couleur d‘encre, à tentacules gros,
  courts et noiratres.
? Coquille déprimée, luisante, transparente, légèrement
Il striée, cornée ou fauve ; spire de 4 à 5 tours ; péristome
. ' simple, un peu évasé du coté de l’ombilic ; celui-ci très
;' ouvert. ·
ag 4 à 6 millimètres de diamètre.
B Se trouve en assez grande quantité entre La Neuville et p
· Longueau, sur les débris végétaux humides, autour des l
W trous à tourbe. ‘ 1
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2¤ Zonltes eellarius Müller.
° (Zonite des caves. — La Luisante).
  Animal long de l5 à 20 millimètres, large de 2, linéaire,
l].
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ardoisé foncé en dessus, plus clair en dessous. Tentacules
supérieurs gros, longs de 2 à 3 millimètres ; les inférieurs
très petits.
Coquille assez déprimée, roussàtre en dessus, blanchâtre
en dessous, luisante, transparente; ombilic médiocre, pé-
ristome simple ; spire de 5 à 6 tours.
Diamètre de 10 à 15 millimètres.
Habite les lieux humides, les caves, les celliers; se
trouve encore au pied des murs, sous la mousse et les
pierres. ‘
(Saint-Acheul, Gagny).
3• Zonites lueidus Dmparnaud.
(Zonite lucide).
· Animal très voisin du précédent, s’en distinguant par sa
couleur moins foncée, par ses tentacules supérieurs eflilés,
atteignant une longueur de 8 à 9 millimètres; les ten-
tacules inférieurs sont aussi plus longs et ont près de
2 millimètres de longueur.
La coquille ressemble à celle du Zomtes ccllarùns; le
dernier tour est cependant un peu plus élargi. A
Se trouve dans les jardins,les bois, sous les pierres, sous .
la mousse humide et les débris de b0is.Assez commun.
(Saint-Acheul, Gagny, Boves). 1
4¤ Zonites nitens Gmelin.
' (Zonite luisante).
Animal beaticoup plus clair sur le dos que les précé-
' dents; atteignant de 12 à 1'5 millimètres de longueur;
tentacules supérieurs clairs et transparents, longs de 5 à
6 millimètres.

Coquille très déprimée, moins rousse que les précé- '
dentes ; 4 à 5 tours de spire, ombilic médiocre.
Se rencontre à Boves, soit aux ruines, soit à la foret.
esuns Mèuca. '
Animal allongé, pouvant se renfermer tout entier dans
sa coquille; 4 tentacules. Coquille dextre, globuleuse ou
aplatie.
Nous avons trouvé les 13 espèces suivantes :
É I. -— ESPÈCES A COQUILLE GLOBULEUSE.
i¤ Hell: pomutiu Lhmé.
(Hélice vigneroane ; le Vigneron; Escargot).
C’est la plus grosse hélice de notre région. Animal long
de 6 à 8 centimètres, large de 2 environ, d’un gris jau-
nâtre plus ou moins foncé. Tentacules supérieurs longs de
2 centimètres, les inférieurs longs de 5 millimètres.
Coquille globuleusewentrue, épaisse, solide, glabre,
opaque, jaunâtre avec 2 ou 3 bandes brunes peu distinctes.
Spire de 5 à 6 tours ; péristome épais, évasé, blanc rous-
sàtre intérieurement. Epiphragme crétacé, blanc, épais.
Hauteur: 3 à 4 centimètres ; diamètre entre 4 et 5. `
Se trouve dans les jardins, les bois, les vignes. — Edule.
On en rencontre de beaux échantillons à la foret de
Boves, à Cagny.
. 20 Helix aspersa Müller.
(Héliee chagrinée; -4 le Jardinier).
Animal long de 5 centimètres, large de 15 millimètres,

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d’un brun très sombre en dessus, plus clair en dessous.
Tentacules supérieurs longs de l5 millimètres, les infé-
rieurs de 5.
Coquille conoïde-globuleuse, haute de 30 à 40 milli-
mètres, large de 25 à 40; mince, solide, chagrinée, un peu
luisante, jaunâtre avec des bandes et des taches en zigzags
plus foncées ; 4 à 5 tours de spire ; ouverture transversa-
lement ovale ; péristome réfléchi, épais, blanc intérieure-
ment. Epiphragme grisatre, mince, papyracé. i
Espèce édule, très commune au pied des arbres et des
murs, dans le gazon. i
(Saint-Acheul, Longueau, Gagny, Boves, etc.),
3¤ Helix nemcralis Linné.
(Hélice némorale. — La Livrée).
Animal d’un brun noiratre, large de '1 millimètres, long
de 40 à 45 ; tentacules supérieurs longs de l5 millimètres,
les inférieurs de 4 ; yeux saillants, noirs.
Coquille globuleuse, solide, glabre, jaune avec 5 bandes
étroites noires, dont 3 continuées en dessus; Spire com-
posée de 5 à 6 tours ; ouverture oblique, présentant une
tache brune assez grande ; péristome légèrement réfléchi,
ordinairement noir, quelquefois rose ou roussatre. Epi-
phragme crétacé, assez épais.
Hauteur : I2 à 25 millimètres ; largeur f5 à 30.
Cette espèce, très commune dans les jardins et les bois,
' présente de nombreuses variétés. ·
Nous avons recueilli les suivantes :
l• Le type, que nous avons décrit plus haut, jaune, avec
5 bandes noires : l23/45. (V. Quinqucfasczhta).
2• Brzksonùz , coquille fauve avec 5 bandes noires ;
t23/45.

.. gg ..
3• Lzïoellula, coquille jaune, sans bandes. i
4* Rubella, coquille rose tendre, sans bandes.
5* Studerùz, coquille lilas, sans bandes.
6• Favamœa, coquille jaune, à 4 bandes: 120/45.
a 7° Lzlsterùz, jaune, à 3 bandes: 003/45.
8* Bruguieria, jaune, à 2 bandes :`003/05.
9* Cuvùerùz, jaune, à 1 bande: 003/00.
' 10* Dülwymh, jaune, à 1 bande; 000/05.
11* Bzyuetùz, jaune, à 2 bandes inférieures: 000/45.
12• Costasia, fauve, à 2 bandes inférieures soudées :
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Il serait facile de multiplier ces variétés, et de créer des
sous-variétés, d’après l’épaisseur plus ou moins grande des
bandes.
4¤ Helix hortensis Müller.
(Hélice jardinière).
Espèce très voisine de la précédente, souvent plus petite, .
ayant le péristome blanc, et manquant de la tache brune
qui se rencontre à l’ouverture de l`hélice némorale.
: Les variétés sont aussi nombreuses que dans l’espèce
· précédente. Nous nous contenterons de signaler :
1• Ouùuquevittata, jaune avec 5 bandes noires : 123/45;
c’est le type.
2* Aleronùz, fauve, avec 5 bandes: 123/45.
3* Lutca, jaune brillant, sans bandes.
4* Incamata, rose vit`, sans bandes.
' Le type et les variétés (surtoutla Lutea) se rencontrent
à Gagny, et sur le chemin qui conduit du village de Boves
à la foret du meme nom.

... 44 ..
50 Helix limbata Draparnaud.
(Hélice marginée).
N.-B. — Le type de cette espèce nous manque; mais
nous avons la variété Sawatina.
Animal gris foncé, quelquefois noir; long de 20 à 25 mil-
limètres, large de 4; tentacules effilés. les supérieurs longs
de 8 millimètres.
Coquille subdéprimée·globuleuse, mince, glabre, solide, b
assez luisante, rose ou fauve rougeâtre avec une zone
blanche distincte sur le milieu du dernier tour. Spire com-
posée de 5 à 6 tours ; ombilic petit ; péristome réfléchi à
bourrelet blanchâtre, quelquefois rose. Diamètre: 12 à
15 millimètres ; hauteur: 10 à 14. `
` Assez commune à la foret de Boves.
60 Helix uniiaseiata Poirrez.
. (Hélice unifasciée. - Helix candidula Studer). _
Animal roussatre, large de 1 millimètre, long de 7 à 8 ;
tentacules supérieurs longs de 3 millimètres.
Coquille subglobuleusc, assez déprimée; épaisse, glabre,
blanche, avec une bande brune continuée en dessus ;
large de 6 à 8 millimètres, haute de 4 à 6; spire composée
de 5 à 6 tours; ombilic médiocre; péristome présentant
un bourrelet intérieur blanc.
Avec le type, nous avons trouvé, dans les environs de _
la butte de Boves, les variétés suivantes :
Alba, coquille blanche, sans bande.
lnœrrupta, coquille à bande supérieure interrompue,
réduite à des points.
Hypogramma, coquille blanche en dessus, avec plu-
sieurs lignes roussàtres en dessous.

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 #5* — 12 —
Lë·îÉ·".
  ·z¤ nan zmuenm, uaim,
 L (Var. Ru/'ula. — Hélice trompeuse).
  Animal long de 30 millimètres, large de 5 ou 6, d’un
  _ _ gris jaunâtre, assez transparent. Tentacules bruns, les su-
il périenrs longs de 9 à 10 millimètres, les inférieurs longs
I;. (l8 2 à 3. ‘
  Coquille globuleuse, convexe en dessus, bombée en
`_ dessous, finement striée, couleur de chair sans bandes ni
  taches, assez transparente. Spire de 5 à 6 tours assez
  convexes, le dernier assez grand, sans carène. Ombilic
S` médiocre, très profond. Ouverture ronde, échancrée par
 t` l’avant-dernier tour. Péristome interrompu, évasé, bordé
Ã? de rose intérieurement, à bord columellaire arqué,
  ~ ` réfléchi vers l’ombilic. Hauteur, 15 millimètres; dia-
  mètre, 18.
ð` Sur les arbres qui bordent la rive droite de l’Avre, entre
  Gagny et Boves. Assez rare.
  M-B. - Nous n’avons pas rencontré le type de cette
 Ã. espèce, dont la coquille est d‘un blanc laiteux un peu
î .
J   jaunâtre. I
  . Q II. — Espèces A coomnnn DÉPMMÈE.
3,
  8¤ Helix tasciolata Poirre:.
  · (Héliee striée. ~ Helix striata Draparnaud).
  •
  ' Animal jaunâtre, largement bordé de noir; long de
,’_, 8 millimètres, large de 2; tentacules supérieurs longs
  de 3 millimètres.
  Coquille un peu déprimée, à stries sensibles; solide,
  épaisse, glabre, opaque, d‘un blanc roussàtre avec quel-
ti?
S4:. _
  •

— 1
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I
... 53 -
ques bandes brunes, dont une plus ou moins déchirée se
continue en dessus ; spire de 5 tours; ouverture oblique ;
péristome garni d`un bourreletintérieurblancouroussatre.
Diamètre 1 6 a 10 millimètres; hauteur, 4 à 7.
_ Vit sur les herbes, dans les jardins, les champs, au bord
des chemins.
(Saint-Acheul, Longueau, Gagny, Boves, etc,).
9** Helix erlcetorum Müller.
(Hélice ruban. — Le grand Ruban; le Ruban des bruyères).
Animal d’un brun jaunâtre assez clair, large de 4 mil-
limètres, long de 2 centimètres. Tentacules supérieurs
longs de 5 millimètres. _
Coquille déprimée, presque plate en dessus, striée,
solide, glabre, blanche, avec une bande brune; 6 à f1 tours
de spire; ombilic très ouvert; péristome ayant un bour-
relet intérieur, blanc ou roussatre. Hauteur, 4 à 6 milli-
mètres ;_ diamètre, 10 à 15. _
On trouve, en meme temps que le type:
l• La variété mùwr, coquille beaucoup plus petite.
2* La variété lutesccns, coquille jaunâtre, sans bande.
Très commune dans les endroits secs, le long des
chemins, sur les bords des champs. (Gagny, Longeau,
Boves, etc.), , .
10• Hell: enrthusinna Müller.
(Héliee chartreuse. - H. Cnrthusianella Drap,). ·
Animal long de 2 centimètres, large de 3 à 4 milli-
mètres, jaime roussatre; tentacules supérieurs longs de
5 à 6 millimètres.
Goquille déprimée, mince, luisante, glabre, d’un cerné

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 iii? laiteuir, unicolore, avec un bourrelet fauve autour du
  péristome. Onrbilic petit; spire de 6 à 7 tours. Hauteur,
  _ 6 à 8 millimètres; largeur, il à 15. ' _
  —Vit sur les chardons, les arbustes, dans les champs et
  · les prairies. (Cagny, route de Boves, etc.).
    1.1• Hélix hispida Lhmé. ·
  · (Hélice hispide.- La Veloutée).
s",' ` Animal variant du gris au noir, long de l centimètre,
  large de 2 à`3 millimètres ; tentacules gros, cylindriques,
àà w les supérieurs longs de 4 millimètres.
  · Coquille déprimée, brune, offrant quelquefois une
  · zone blanchâtre au dernier tour ; couverte de poils
  recourbés et raides; spire de 5 à 6 tours; ombilic mé-
  diocre ; péristome olfrant un bourrelet intérieur blanchâtre
  ou roussàtre. Hauteur, 4 à 5 millimètres; diamètre, 6 à 10.
  ' N.·B. — Cette espèce change beaucoup avec Page.
 ~‘ Dans la jeunesse, la coquille est très plate et très hispide;
  puis, peu à peu les poils tombent, la coquille devient
 È,i_·» subglobuleuse et sensiblement striée,
È? Vit'dans les jardins et les bois, sous le lierre, au pied
  des arbres. (Saint-Acheul, Cagny, Longueau, Boves).
  À Très commune.
  12• Helix rotundata Müller. `
;’ (Le Bouton).
  Animal petit, long de 6 à 7 millimètres, large à [peine
  de 1, gris ardoisé bleuàtre ; tentacules supérieurslongs I
  de 2 millimètres. I
1 Coquille très déprimée, à petites cotes longitudinales
  ‘ saillantes ; mince, solide, glabre, brunâtre avec des taches
ré
P-il;

  .
... g5 -
longitudinales plus ou moins ferrugineuses. Spire com-
posée de 6 à 7 tours, le dernier un peu caréné ; ombilic
très large; péristome mince, sans bourrelet. Hauteur,
2 à 3 millimètres ; diamètre, 5 à 8.
Vit et a été trouvée dans les mème lieux que la précé-
dente, et elle parait encore plus commune que l’hélice
hispide.
13•• Helix pulchella Draparnaud. ·
(Hélice mignonne).
Animal très petit, légèrement jaunâtre ; tentacules
blancs, transparents, très courts, .
Coquille assez aplatie, remarquable par ses cotes longi-
tudinales fines, obliques, égales; mince, glabre, mate,
grisâtre ou d’un gris légèrement roussàtre, unicolore. '
Spire de 4 à 5 tours; ombilic très large; péristome très
réfléchi, épais, blanc. Diamètre, 2 à 3 millimètres ; hau-
teur, l millimètre ou un peu plus. —
Cette espèce se partage entre les 2 variétés suivantes :
l• Costata. C’est elle que nous avons décrite ci—dessus.
2* Lœvzyata. Coquille blanchâtre et lisse.
Vit sous les pierres et les feuilles, dans les lieux frais et
humides. (Saint-Acheul, Longueau, Gagny, Boves, etc,).
Commune.
Me Holix obvoluta Müller.
(Hélice planorbe. — Le Planorbe terrestre; la Veloutée
à bouche triangulaire.
Animal long de 25 millimètres, large de 3, d’un brun
clair en dessus, un peu foncé en dessous; tentacules
allongés, grèles, les supérieurs longs de 8 millimètres,
les inférieurs de 2.

.. iq; -
Coquille plane en dessus, à stries fines, d’un fauve I
rougeâtre unicolore, hérissé de poils raides ; 6 ou 7 tours E
de spire; ombilic assez ouvert; péristome rétlélchi, avec ,
un, bourrelet interne violacé ou blanchâtre et une sinu0—
_ sité calleuse assez sensible. Diamètre, 10 à 15 millimètres; A
hauteur, 5 à 7. I
Se trouve dans la foret de Boves, sous les feuilles _
mortes. Assez commune. `
GENRE BULIME. I
Animal allongé, pouvant être contenu tout entier dans Q
sa coquille; 4 tentacules. _
Coquille dextre, ovoïde~oblongue. '
_ 1• Bulimus obscurus Müller.
(Bulime obscur. — Le Grain d’Orge).
Animal brunâtre en dessus, plus clair en dessous, long
d'environ 6 millimètres, large de 2; tentacules supérieurs
longs de 25 millimètres.
Coquille ovoïde—oblongue, assez ventrue, presque lisse,
mince, glabre, peu luisante, d’un roux foncé unicolore;
6 à 7 tours de spire; ouverture un peu oblique; ombilic
très étroit; péristome réfléchi, épais, blanchâtre. Hauteur,
l 1 centimètre à peu près ; diamètre, 3 à 4 millimètres.
C Vit dans les lieux frais, les jardins, les bois, sur les
arbres, les vieux murs. (Saint-Aeheul, Cagny, Longueau,
Boves, etc.), Très commun.
â• Bnlimus suboylindrieus Liane.
_ (Bulimns lubricns Bruguière. — Bulime brillant.)
Animal long de 4 millimètres, large de O"' 75, noir ou

É
—— 17 - `
gris ardoisé. Tentacules moiràtres, les supérieurs longs
de 1"" 5. 1
Goqujlle étroite, ovoîde, mince, glabre, luisante, trans-
` parente, d’un corné fauve, unioolore, haute de 5 à '1 milli-
mètres, large de 2 à 3; spire composée de 5 à 6 tours, le ,
dernier formant au moins la moitié de la hauteur ; i
pmbilic nul ; ouverture piriforme-ovale ; péristome à I
bourrelet intérieur couleur de chair, à bord columellaire
très peu échancré à la base.
Avec le type, se rencontre la variété fuszfonnù à coquille
plus étroite, plus cylindrique.
Vit sous la mousse et les feuilles mortes, sous les
pierres, dans les lieux humides. (Saint-Acheul, Gagny,
Boves, etc.). Bien plus rare que le précédent.
3• Bulimus aoieula Müller.
(Achatina acîcula, Lamarck. — L’Aiguillette).
Animal grêle, blanchâtre et transparent ; tentacules
très petits, non renilés au sommet.
Coquille fusiforme cylindrique, large de 1 millimètre à
1 1/2, haute de A à 6; étroite, lisse, glabre, fragile, très _
brillante, hyaline, unicolore; spire formée de 5 à 6 tours,
le dernier formant la moitié de la hauteur; péristome
mince, à bord columellaire obliquement échancré.
Après la mort de l’animal, la coquille prend une teinte
laiteuse.
Vit au pied des arbres, dans la mousse et l’humus. Assez
commun dans les alluvions.
Nous avons trouvé un échantillon vivant à Gagny, sous
des pierres , et plusieurs échantillons morts à Saint-
Acbeul, à Boves. Assez rare.
— 2

.. 13 -
40 Bullmu unions Killer.
(Bulime tridenté).
Animal d’un brun roussatre plus on moins sale; tenta- ’
cules gros, d’un brun roussatre, les supérieurs médiocre-
ment longs.
Coquille haute de 10 à 42 millimètres, large de 3.à 4,
épaisse, solide, glabre, d’un corné roux, unicolore; spire
de 7 à 8 tours,~le dernier grand ; ouverture droite, tri-
dentée : 1 dent supérieure, 4 au bord columellaire, 4 sur
le péristome qui est évasé, épais, roussâtre intérieu-
rement.
Trouvé entre Saint-Acheul et Cagny, dans les alluvions
des trous à tourbe. Hare.
GENRE. CLAUS||.IE»
Animal pouvant rentrer tout entier dans sa coquille;
4 tentacules.
Coquille sénestre, fusiforme, à spire allongée; ouver-
ture petite, ovale piriforme, avec un sinus à la partie
supérieure, (gouttüwe), et des plis et lamelles. Une petite
_ plaque calcaire, pédiculée et mobile, (clausüùzm), se
trouve à l’intérieur de la coquille, à la base de la colu» '
melle. ·
1• Glansilis laminnta Turton. '
i (Clnusilie lisse. — Pupa bidens, Draparnaud);
i Animal d’un brun grisâtre en dessus, d’un gris sale
en dessous; long `de 8 millimètres, large de l"“'^ 5;  
tentacules gros et courts, les supérieurs longs de 2"' 5. Ã
Coquille fusiforme, un peu ventrue, à stries presque  
· l
· n

‘ — 19 —
É effacées, haute de~16 à 18 millimètres, large de 3 A4;
· d’un fauve rougeatre, unicolore, assez solide, luisante
g presque transparente. Spire formée de 10 à 12 tours;
É ombilic très étroit; ouverture ovale; gouttière aussi haute
; que large; lamelle supérieure saillante, presque droite;
lamelle inférieure un. peu écartée de la supérieure,
éinergée, ilexueuse, non billde. Péristome évasé, réfléchi,
blanchâtre.
Très commune sous les feuilles mortes et sur les arbres
  de la foret de Boves, à Gagny, etc. ,
g 2• Glausilia nigrieane Pieiller. · _
  (Clausilia douteuse. — Clausîlia dubîa Drap. ; Clausilia
Q rugosa des auteurs).
É Animal long de 5 à 6 millimètres, large de 1****5 ; brun
E assez foncé en dessus, grisâtre en dessous; tentacules
È supérieurs longs de 2***** 5.
X ' Coquille fusiforme, à stries longitudînales assez mar-
quées,serrées, iexueuses; spire composée de 10 à 12 tours;
, ombilic peu fendu; ouverture piriforme, gouttière aussi
, haute que large ; lamelle supérieure assez saillante, la-
’ melle inférieure émergée,bitlde en dedans et en dehors.
Péristome réfléchi, blanchâtre. Hauteur variable, de 12 à .
17 millimètres ; largeur de 2**** 1/2 à 4. La couleur varie
du brun obscur au brun clair, et on remarque quelquefois '
de petites liuéoles blanchatres partant des sutures.
'l‘rès commune à Saint-Acheul, à Gagny, à Boves,
partout où il y a des rideaux d’arbres, des bois, des
broussaîlles. p
Z 3• Glaueiüt Roiph!1 Gray. s
· (Glausilie de Bolpb).
i Animal long de 8 à 9 millimètres, d’un gris presque

’— 20 — ~
noir en dessus, moins foncé sur les côtés et inférieure-
ment; tentacules courts et gros.
Coquille fusiforme, ventrue, à strîes longitudinales E
marquées nettement, égales, un peu tlexueuses ; d’un ‘
corné brunâtre; haute de 13 à 14 millimètres, large de
· 3 à 4; ouverture arrondie, gouttière aussi haute que
large ; lamelle supérieure très saillante, lamelle inférieure
très immergée, billde surtout en dedans; 2 ou 3 plis
entre les deux lamelles; péristome blanchâtre, rélléchi,
évasé.
Foret de Boves. Assez rare. _
4• Glausilia parvnla Studer.
(Clausilie naine. — Clausilia rugosa, var. c Drap,).
Animal d’un gris ardoisé, long de L millimètres, large
de 1/2 à 1 millimètre; tentacules supérieurs de 1 milli-
mètre.
Coquille assez petite, haute d’environ 10 millimètres,
large de 2 ou 3, très légèrement striée, presque lisse, ou
au moins en certains endroits ; spire de 9 à 10 tours ;
ombilic assez ouvert; ouverture ovale-arrondie; gouttière
arrondie, aussi haute que large; lamelle supérieure sail-
lante, presque droite, lamelle inférieure biilde en dedans,
· ` calleuse en dehors; plis interlamellaires 1 ou 2, très peu
marqués ; péristome rétléchi, assez épais, blanchatre.
Cette espèce, si elle mérite ce nom, paraît peu distincte
de la Clausilzh myricans; celle-ci offre en eil'et des échan-
tillons de très petite taille.
' Entre Gagny et Boves. Assez commune.
· GENRE MAILLOT (run).
Animal grele, pouvant étre contenu tout entier dans sa
coquille ; 4 tentacules.

.. gg ...
Coquille dextre, rarement sénestre, cylindrique, quel-
quefois ventrue; ouverture petite, ordinairement dentée
ou plissée. `
1• Papa perverse L.
(Maillot perverse. -— Balea fragilis, Prideaux).
Animal d’un brun noirâtre, long de 4 millimètres, large
de I ; tentacules supérieurs longs de I millimètre.
Coquille séuestre, fusiforme-turriculée, â rides longitu-
dinales lines, un peu ilexueuses; couleur de corne claire,
unicolore. Spire de 7 à 9 tours ; ombilic oblique, étroit;
ouverture ovale; péristome mince, tranchant, sans bour-
relet. Hauteur, 7 à I0 millimètres; largeur, I à 3.
Vit dans les fentes des rochers, dans les crevasses des
arbres, sous la mousse. (Saint-Acheul, Gagny).
2• Pupa dolielum Drapnrnaud.
(Maillot barillet. — Le grand Barillet).
Animal d’un brun grisâtre, petit; tentacules supérieurs
gros et courts. _
Coquille dextre, subcylindrique, afténuée inférieure-
ment, à rides- longitudinalcs un peu lamelliformes, d’un
corné pâle, solide, peu luisante, haute de 5 à 6 milli-
mètres, large de 2 à 2 I|2. Spire composé de 7 à I0 tours;
ouverture arrondie; I pli supérieur vers le milieu de
l’avant-dernier tour; 2 plis columellaires enfoncés ; péris-
tome évasé, réfléchi, un peu tranchant, blanchâtre.
(Foret et butte de Boves ; Gagny). Assez commun.
3• Pupa musoorum Lümé.
(Maillot mousseron. - Le petit Barillet).
Animal long de 2 millimètres, très étroit, d’un noir

.. gg ...
presque opaque; tentacules gros, les supérieurs longs
de 1 millimètre.
Coquille dextre, ovoîde-cylindrique, haute de 3 i ·1 mil- I
limètres, large de 1 ou 1 1/2; d'un corné fauve, unicolore;
spire de 6 à 8 tours; 1 pli supérieur dentiforme; péris-
tome garni d’un gros bourrelet blanc, extérieur, carac-
téristique.
Très commun aux environs d’Amiens, sons tous les
débris accumulés dans les lieux humides, sur lœ bords
des chemins. (Saint-Acheul, Gagny, Longueau, Boves,
etc,).
4• Papa seeale Draparnaud.
(Maillot seigle).
Animal petit, noiràtre ; tentacules supérieurs longs de
1 millimètre ou un peu plus, les inférieurs très petits,
écartés.
Coquille ovoïde-oblongue, haute de 7 à 9 millimètres,
large de 2 à 3, assez épaisse, d’un corné fauve, unicolore, ‘
à stries longitudinales sensibles, assez rapprochées. Spire
de 9 A 10 tours, le demier plus grand que le précédent, à
bord extérieur saillant. Ombilic oblique; ouverture ar-
rondie présentant 2 plis supérieurs, 2 plis columellaires,
L plis palataux rapprochés du péristome, et dont le
supérieur, très immergé, se voit par transparence sur le
côté droit du dernier tour. Péristome interrompu, évasé,
blanchâtre, sans bourrelet extérieur,
Nous n’avous pas rencontré cette intéressante espèce
dans la zone ordinaire de nos recherches ; c'est au
camp romain de l'Etoile que nous l'avons trouvée,
principalement sur les troncs d‘arbre. Elle ne parait I
pas rare.
n

GENRE VERTIGD.
Les Vertigos, dit Moquin-Tandon, sont des Maillots en
miniature.
Animal pouvant se renfermer tout entier dans sa
coquille ; 2 tentacules seulement.
Coquille dextre dans certaines espèces, sénestre dans
d’autros ; ouverture médiocre, dentée ou non dentée ;
péristome très mince.
1¤ Vwüqo pygmœa Draparnaud.
(V¤¤·üs¤ rime)-
Animal d‘un gris noiràtre.
Coquille dextre, ovoîde, assez ventrue, haute de 1 milli-
mètre à 1 millimètre 1/2, large d’un 1/2 millimètre ou un
peu plus; d’un brun fauve quelquefois pale, unicolore.
Spire de 5 à 6 tours ; ouverture ovale avec 4 ou 5 dents :
1 dent supérieure, 1 sur le bord columellaire, 2 ou 3 sur
le péristome; péristome réfléchi, assez épais, avec un
bourrelet extérieur.
Sous·les pierres et les morceaux de bois, près des itrous
à tourbe situés entre Saint-Acheul et Gagny. Assez
commun.
2¤ Vertigo anstivortlgo Draparnaud.
(Vertigo antivertigo).
Animal d’un noir foncé.
Coquille deartre, ovoïde, ventrue, haute de 1 millimètrel /2 ,
large de 1, brillante, d’un fauve jaunâtre, unicolore. Spire
composée de 5 tours; ouverture ovale, un peu rétrécie;
2 plis supérieurs, 2 columellaires, 3 inférieurs dont 2

. E
arrivent jusqu’au péristome; péristome peu réfléchi, avec
un bourrelet extérieur fauve. ·
Trouvé avec le précédent; assez commun. 1
3• Vertigo pusilla Müller.
' (Vertigo très petit).
Animal noirâtre.
. Coquille sénestre, ovoîde, ventrue, plus petite que les
précédentes; hauteur 1 millimètre à 1 millimètre l/2,
diamètre l/2 à 3/4; d’un fauve jaunâtre, unicolore. Spire
de 5 à 6 tours; ouverture un peu cordiforme, subovale,
avec 7 plis : 2 supérieurs, 3 columellaires, 2 inférieurs
arrivant jusqu’au pérîstome ; péristome réfléchi, avec un
bourrelet extérieur blanchâtre.
Trouvé avec les deux précédents; parait plus rare.
D GENRE CARYCHIE. (rAuu.x.¤ nes Aunicumcés).
Animal très petit, pouvant étre contenu tout entier
dans sa coquille; 2 tentacules médiocres, les inférieurs
représentés par de très petits mamelons.
Coquille dextre, à dernier tour très grand, à ouverture
plissée ou dentée.
é Garyohium minimum Müller.
(Carychie naine).
V Animal très petit, transparent, blanchâtre. Tentacules
j longs de 0 millimètre 2.
i Coquille ovoîde, ventrue, courte, mince, luisante, trans-
I parente, prenant une teinte laiteuse après la mort de
I l’animal; spire de L à 5 tours, le dernier très grand;
` ouverture ovale présentant 3 plis: l sur le péristome,

_ 55 _
1 à la base du bord columellaire, 1 supérieur, rapproché
du bord columellaire; péristome réfléchi, épais, blanc.
Hauteur, 1 millimètre 5; largeur, 0 millimètre 75.
Trouvé entre Saint.-Acheul et Gagny, sur les bois .
pourris qui se trouvent près des marais. Peu rare.
SECTION Ill. - Mollusques à coquille
opercul6e·
· FAMILLE DES ORBACÉS.
GENRE CYCLOSTOME.
Animal pouvant se renfermer tout entier dans sa co-
quille ; 2 tentacules offrant les yeux à leur base externe; .
mufle proboscidiforme.
Coquille dextre, ovale, épaisse ;` péristome continu ;
opercule non articulé avec la columelle, épais, calcaire,
cochléiforme.
Gyelostome elegans Draparnaud.
(Cyclostome élégant. — L’élégante striée).
Animal d’un brun grisâtre, très épais, long de 15 milli-
mètres, large de 5; tentacules très écartés à la base,
longs de 2 millimètres 5; yeux placés à la base et un peu
en arrière des tentacules ; trompe longue de 4 millimètres,
large de 1 millimètre 5.
Coquille ovolde, ventrue, à rides spirales fortes, coupant
à angle droit d’autres stries longitudinales beaucoup plus
fines; épaisse, tres solide, opaque, d'un violacé grisâtre
avec des taches brunes, d’un violet foncé au sommet.

- 55 ..
Spire composee de 5 tome, et 5. sntures profondes.
Ouverture arrondie; péristome continu; opercule calcaire,
épais. ·
• La War. famhtus présente deux bandes violettes inter-
rompues.
Hauteur, 12 à 18 millimètres ; largeur, IO à I2.
Le type et la variété sont très communs à Boves,
à Gagny.
DEUXIEME PARTIE. _ '
MOLLUSQUES FLUVIATILES.
\
Ici encore nous ferons trois sections bien tranchées 2
i° Les Gestéropodes inoperculés (Pulmobrauches).
.2° Les Gaetéropodes operculés (Branchifères).
3° Les Acéphalés, ou Bivalves (Lamellibranches). · A
SECTION I. — Les Gnntéropodos Inoperculém
FAMILLE DES LIMNÉENS.
Quatre genres : Prenoms, Parse, Lucien, Aucun. A
GENRE PLANORBE.
· Animal allongé, pouvant rentrer tout entier dans sa
coquille, à tortillon enroule sur le meme plan. 2 tenta- I
oules sétacés, longs, olllrant les yeux à leur base interne.
Dnquillenietwe, discolde, à spire non saillante; pas de 4

.. 57 ..
eolumelle; ouvertureohlique, semi-lunaire, arrondie ou
cordiforme; péristome mince et tranchant. .
N.-B. — Les planorbes sont certainement dextres, ear
le dessus de la coquille est annoncé toujours par le lord '
le plunuvnneé de lhuvcrture; on s’en convaincre facilemmt
en regardant un planorbe ramper sur les parois d’un vase.
Q —I. —— rwmonans A coouumn Nou mnnmis.
iv Planorbis corneus Linné.
(Planorbe cerné. — Le Cor de S.-Hubert; le Cornet.; ~
la come d’Ammon aquatique).
Animal long de l5 millimètres, large de 5, d’un noir
luisant en dessus, moins foncé en dessous. Tentacules
longs de 5 millimètres, filiformes, d’un brun sale ; queue
longue de '1 millimètres environ.
çoquille large de 25 à 30 millimètres, haute de 10 à 15,
profondément ombiliquée en dessus, presque plate en
dessous; à rides longitudinales et spirales sensibles, se
coupant à angle droit; solide, glabre, opaque, d’un corné
brun olivàtreen dessus, quelquefois blanchâtre en dessous.
spire composée de 5 à 6 tours, le dernier grand, non
caréné; ouverture en forme de croissant un peu large.; pé- _
ristome mince, sans bourrelet. ‘
Dans tous les fossés autour dëtmiens. (Saint«Acheul,
Gagny, Longueau, Boves, etc,).
Nota. —- Les jeunes individus sont couverts d’un l@er `
duvet.
2¤ Phmorbis albus Müller. `
(Planœbe blanc. ·- Planorbis hispidus, Drapnrn. —
Le planorbe velouté).
Animal lang de 2 millimètres 5; large 0 mlllimbtms 25;

- gg ..
d’un · brun sale rougeâtre ; tentacules gréles, longs de
2 millimètres, d’un jaune rougeâtre.
Coquille plate en dessus, ombiliquée en dessous, d’un
comé blanchâtre ou verdâtre, légèrement hispide; à rides
spirales coupant à angle droit des rides longitudinales
lines et serrées ; spire formé de 3 ou 4 tours, le dernier
grand et dilaté vers l'ouverture ; sutures assez marquées;
péristome mince, sans hourrelet, à bord supérieur assez
V _ avancé. Diamètre, L â 7 millimètres; hauteur, I à 2.
Se trouve assez communément sur les plantes aqua-
tiques des eaux tranquilles. (La Hotoie, Cagny, Longueau).
Nota.- La coquille n’est blanche que dans les alluvions,
après la. mort de l`animaI ; le nom de Pl. albus ne vaut
donc rien; celui de hùpùius serait meilleur.
Q II. — rmmoanns A uoouxmna CARÉNÉE. '
3• Planorbis nitidus Müller.
(Planorbe brillant. — Planorbis clausulatus Ferussac).
Animal très petit, presque noir; tentacules tlliformes, `
très grèles, longs de 2 millimètres, d’un brun jaunâtre. I
. Coquille convexe en dessus, largement ombiliquée en ,
dessous, glabro, fragile, brillante, d’un corné fauve plus
ou moins rougeâtre ; spire composée de 3 ou 4 tours, le
dernier formant à lui seul presque toute la coquille;
carène inférieure, obtuse ; ouverture transversalement
cordiforme; péristome mince, à bord supérieur assez
avancé. ·
' Le dernier tour de la coquille présente des lamelles
ùttéraeures qui semblent former des chambres incomplètes.
Diamètre, 4 à 6 millimètres; hauteur, I à i 1/2.

Entre la Hotoie et Montières, sous les herbes aquatiques
des fossés. Ne parait pas commun.
4• Planorbis eomplanntus Linné.
(Planorbe marginé). ·
Animal d'un rouge violet foncé, long de 8 millimètres,
large de 2; tentacules longs de 6 millimètres, grèles,
filiformes.
Coquille mince, glabre, d'un corné jaunâtre, légèrement
concave en dessus, presque plane en dessous, striée tineç
ment. Spire de 5 à 6 tours croissant progressivement.
Carène ùnférieure, subaigue, avec un petit cordon, non
dentée. Péristome tranchant, sans bourreletf à bord
supérieur assez avancé. Diamètre, I2 à l5 millimètres;
hauteur, 2 à 3. .
Très abondant dans l’Avre et les fossés qui commu-
niquent avec cette riviere.
La Variété Submarginatus, à carène moins in/'érzëure,
fait la transition entre cette espèce et la suivante.
5• Planorbis carinatus Müller.
A (Planorbe earéné. — Le planorbe à bords aigus).
L’animal et la coquille de cette espèce ressemblent
beaucoup à ceux de l’espèce précédente, excepté que la
carène est médiane au lieu d'etre inférùcure. Mais il existe
des individus intermédiaires dont la carène n’est ni
médiane ni inférieure. Aussi Draparnaud avait·il réuni
les deux espèces. l . .
6¤ Planorbis vortex Lixmé.
(Planorbe tourbillon. — Le Planorbe comprimé).
Animal très petit, long de 2 millimètres, large de 1,
#

 
F
È
  — 30 —· `
F d’un brun rougeâtre plus clair en dessous. Tentacules
' d’un brun jaunâtre, longs de 2 millimètres.
Coquille très déprimée; diamètre, 6 ail millimètres;
, hauteur, 3/4 à 1, légèrement concave en dessus, plate en
dessous, striée, mince, glabre, transparente, d’un comé
pale.4 Spire de 5 a 7 tours croissant faiblement. Garène à
peu près médiane, très aiguë. Péristome niince, sans
bourrelet, à bord supérieur peu avancé. '
Tres commun a la Hotoie, dans l’Avre et les fossés
voisins, à Gagny, Longueau, Boves, etc.
7• Planovbis oenùontus Hand, Killer.
(Le petit planorbs è six spirales rondes, le Planorbe semé).
Animal long de 2 à3 millimètres, large de i ; dilaté
antérieurement, noir en dessus, brun ou rougeâtre en
dessous. Tentacules longs de 2 millimètres, grèles, brus-
quement dilatés à la base, d’un brun sale.
Coquille aplatie en dessus et un peu concave vers le I
centre, largement ombiliquée en dessous, mince, un peu `
luisante, d’un oorné brunâtre. Spire ordinairement for- I
mée de 6 tours serrés, étroits, le dernier convexe en
dessous, non dilaté vers l‘ouverture ; sutures assez mar- `
quées. Garène a peu près nulle. Ouverture petite, consi-
dérablement échancrée par l'avant-dernier tour. Péris-
tome mince, tranchant, sans bourrelet, à bord supérieur
peu avancé.
Très commun a la Hotoie, dans l‘Avre et les fossés '
voisins. (Gagny, Longeau, etc.),
GENRE PHYSE;
Animal pouvant ètre contenu tout entier dans sa
coquille; 2 tentacules sétacés; manteau souvent digité

I I
I
· I
sur lee bords, et alors se replinnt)s11rla;coq•iHe.p•|n•1la
polir. I
_ Coquille séneette, a spire plus ou moins élevée, non î
Q discoîde; ouverture étroite; péristome mince et. tmue
· chant.
: iv Physa iontinalis Linnè, Dreperneud.
l . (Physe fontinale).
h Animal long de'] à 8 millimètres, grisâtre, plus foncé
i sur la tete; nianteanotîrant 9e digitations  sur la
E coquille; tentacules grisàtres, longs de!. llil1ll|IlàÃ|‘6$.·
Coquille ovoîde, ventrue, mince, très fragile, brillante, _
' transparente, couleur de corneelaire; spi¢ede.3;i4 tours, .
le dernier formant les 3/L de la hauteur totale; sutures
peu profondes ; ouverture oblique, étroite ; péristome
mince, sans beurrelet. Hauteur, de 8 às f2~·mil*llmè·tres;
largeur, de 5· à 9.
Commune dans l‘Av·re et les fossés voisins, sur les
` plantes aquatiques.
2P Phys: ecute Dœnpnrnnud.
(Physe aiguë).
Animal d'un brun foncé, long de 40 millimètres, large
de 5; manteau à 7 digitations placées sur la columolle ;
tentaeules gneles, longs d.e7 à 8 millimètres, jeunettes,
présentant ala base un filet noiratre intérieur, visible par
transparence. _
Coquille allongée-ovoîde, ventrue, mince, fragile, luis-
sante, couleur de corne. claire; haute de 8· à. lâ milli-
mètres, large de’1à9; spire composée de~4·i:5«toms,
Ie_ dernier fumant les 2/3 de la hauteur totale ; ouverture

.. 32 ..
oblique, étroite ; péristome mince, avec un rudiment de W
bourrelet intérieur. .
Dans les memes lieux que la précédente, mais moins
commune. ,
_ canne uumés.
Animal pouvant etre contenu tout entier dans sa
coquille ; deux tentacules courts, subtriangulaires, aplatis.
Coquille dextre, oblongue ou subglobuleuse, à spire
ordinairement saillante, mince ; péristome mince, presque
toujours sans bourrelet.
·1• Limnœn glutinosa Hùller, Draparnaud.
(Limnée glutineuse),  
Animal énorme, court, glutineux, d’un gris verdatre l
velouté avec des points d’un jaune doré assez apparents; î
tentacules très courts, d’une largeur démesurée, d’un `
jaune verdàtre veiné de gris, pointillé de blanc ; manteau
se réfléchissant sur la coquille , la recouvrant tout
entière dans les jeunes individus, laissant libre dans les
adultes un petit espace ovalaire sur le dernier tour de la
spire.
Coquille ovoïde·globuleuse, tres mince et très fragile,
sensiblement ·striée , transparente , d’un corné pâle.
Spire composée de 3 à 4 tours, le dernier formant à
lui seul presque toute la coquille ; ouverture très grande;
péristome mince. Hauteur, 10 à 15 millimètres; largeur 8
à I2. » .
Très commune dans l’Avre et les fossés voisins. (Lon-
gueau, Gagny, Boves).

.. 33 -
2¤ Limnœa auricularia Lhmé.  
(Limnée auriculaire. — Le Buecin ventrue; le Radin; ,
la Tonne iluviatile).  
Animal d'un brun verdatre, long de 2 centimètres, É
large de 10 à 12 millimètres; tentacules longs d'environ A
10 millimètres, et larges de 8 à la base. A travers la l
coquille on voit le manteau jaune, marbré de taches
irrégulières.
Coquille globuleuse, très ventrue, striée, mince, lui-
sante, peu transparente, d’un corné pale. Spire formée
de 3 à 4 tours, le dernier énorme, formant presque toute
la coquille ; ouverture très grande ; péristome à bord
extérieur détaché de la coquille et plus ou moins arqué.
Hauteur, 20 a 30 millimètres; largeur, 15 â 20. .
Dans l’Avre et les fossés voisins, dans la Somme.
Commune.
· 3¤ Limnœn ltmona Linne.
(Limnée ovale. - Limnœa ovata Lamarck).
Animal court, grisâtre; tentacules presque triangu-
laires, grisàtres, bordés de jaune blanchâtre surtout en
avant.
Coquille assez allongée, ovoide, assez ventrue, peu sen-
siblement striée, mince, fragile, d’un cerné clair; spire
composée de 4 tours, le dernier très grand, formant
presque toute la coquille; ouverture grande; péristome à
bord extérieur peu détaché de la coquille, arqué. Hauteur,
25 millimètres; largeur 15 à 20.
Vit avec la précédente; très commune. La variété
fontùeafzs vit dans les eaux courantes (l’Avre, la Somme).
Spire plus haute que le type; coquille petite, pale, trans-
W parente.
3
n
Ã
1
t » "
l

— .34 — 1
A9 Lknnma stmgnslis Mané. I
(Limnée des étangs. — Le grand Buecin; le Buccin d'eau douce). A
Animal d’un gris verdatre, long de 20 millimètres, large
de 40;·tentacules transparents, d’un gris verdàtre, trian-
gulaires, longs de 7 millimètres.
` Coquille ovoïde-oblongue, [assez ventrue, striée, mi_nce,
cornée ou fauve, souvent salie par une incrustation limo-
neuse ; spire allongée, composée de 5 à 8 tours, le dernier
formant les deux tiers de la' coquille; ouverture grande ;
péristome mince à bord extérieur assez détaché, sinueuse· I
ment arqué. Hauteur, 4 à 6 centimètres ; largeur 2 à 3. E
Dans tous les fossés aux environs d’Amiens.  
· EW Ltmnœa truncatula Müller. ’
(Limnée petite. ·— Limnœa minute Drap. ·— Le petit Buccin).
Animal d’un brun noiràtre, long de 4 millimètres,
large de 2 ; tentacules triangulaires, longs de l millimètre.
Coquille ovoïde-oblonge, un peu ventruc, finement
striée, luisante, d’un corné grisâtre ; spire de 5 A 6 tours, ‘
le dernier grand, rentlé, formant les deux tiers de la
” coquille; ouverture médiocre; péristome mince, à bord
extérieur arqué, non détaché.
Clette espèce aime à se tenir hors de l'eau. Ã
Entre Saint-Acheul et Gagny, sur le bord des eaux.
_ 6° UWPPF Pllltlftil lùller.
(Limnée des marais).
Ànirnal d’un gris presque noir, long de 6 à 10 milli-
mètres, large de 6; tentacules triangulaires—tuh11lé$, longs
de 2 à 3 millimètres. _

IF é
- 35 ....
iûoquille ovoîdeêallongée, striée, avec de petitÃes°dépres·
sions disposées irréguliérement en spirale; opaque, solide,
luisante, brune. Spire de 6 a 1 tours, le dernier grand,
formant presque les deuk tiers as `Ià coquille; ouverture
ovale, un peu étroite; péristome 1 bord extérieur arqué,
non détaché. Hauteur, 20 à 25 millimètres; diametre sa 12.
'Dans les eaux dormantes (Longueau, Cagnjr, Boves, etc).
7ë 1% ` ° peregh " biüller.
(Limnée voyageuse). I
Animal d'un gris clair, marqué de points jaunatres
visibles à travers la coquille; long de 8 à 10 millimètres,
large de 4 i 5; tentacules clairs; largement triangtxlaires,
longs de 3 millimètres.
Coquille ovale—oblongue ; haute de l5 à 20 iiiillîmetres,
large de 5 à 40; très légèrement striée, brune, transpa-
rente, légère. Spire de 4 à 5 tours, le dernier très grand;
sommet tres pointu; ouverture ovale ; ombiiic presque
entièrement recouvert; péristome peu évasé, mince, à
bord columellaire tordu.
Boves, dans les fossés communiquant avec l‘Avre, en
aval du Pont des Vaches. (Nous donnons cette espèce avec
doute, parce que les échantillons trouvés par nous ne nous
semblent pas présenter exactement les caractères du type).
cerise mens;
Animal relevé en cone, aplati en dessous, pouvant etre
contenu tout juste dans sa coquille, sans tortillon spiral;
2 tentacules. `
Coquille conique, non spirale, mince, à sommet pointu
légérement recourbë en arriére, inclinant uu peu à droite

... 36 ..
ou à gauche. Ouverture arrondie, ovalaire ou elliptique.
Péristome tranchant, sans bourrelet. _
. 1• Anoylus iluviatllls Müller.
(Ancyle iluviatile. - La patelle fluviatile).
Animal d’un gris ardoisé, recouvert presque entièrement
par sa coquille que les tentacules dépassent à peine.
Coquille conique en forme de bonnet phrygien, striée,
mince, fragile, d’un blanc sale ou d’un gris noiratre, à
C sommet dirigé en arrière et un peu à droite; ouverture
arr0ndie·ova1e, subelliptique; péristome continu, mince. _
Intérieur de la coquille luisant, un peu nacré ou violacé.
Hauteur, 4 à 6 millimètres; grand diamètre, 5 à 10;
petit diamètre 4 à 8. Aime les eaux courantes.
Se rencontre dans l’Avre, sur les pierres qui forment le
_ lit de la rivière (Entre Saint-Acheul et Longueau).
2• Anoylus laoustris Limnè, Müller. . `
(Ancyle lacustre).
Animal d’un jaune verdâtre ; tentacules très petits. i
Coquille en forme de nacelle renversée, lisse, mince,  
comme membraneuse, fragile, blanchâtre ou grisâtre. É
Sommet presque médian, dirigé en arrière et inclùzéà  
gauche. Ouverture elliptique-allongée; péristome mince,
tranchant ; intérieur luisant, blanchâtre. Hauteur, 2 à
3 millimètres; grand diamètre 6 à 8; petit diamètre 2 à 3.
Vit dans les eaux tranquilles, sur les plantes aquatiques. —
Gagny, Longueau, Boves. Assez commun.
N.-B. — Les animaux des quatre genres que nous
venons de passer en revue, viennent de temps en temps
î

• i
i
i
E , — 37 - .
respirer A la surface de l’eau. Pour cela, ils émergent
l’orifice de leur cavité respiratoire, remplissent celle-ci
d’air, et la ferment des que leur provision est renouvelée.
h BECTION II. — Gestéropodes oporculés, · q
BRANCHIFÈRES. (Peaisromnus, Vanvyrxnéns, N snxncùss).
Les Mollusques de cette section ont la respiration aqua-
tique, au moyen de rides, filaments ou lames. Ils sont _
groupés dans les 4 genres suivants : ,
BYTEINIE, PALUDINE, VALVEE, Nénxrmn.
· GENRE BYTHINIE, (Fauumn ons Piàmsromsus).
(Etymologie : Budos, fond des eaux, Bûdios, submergé.
Et non pas Bühynia, province d’Asie).
Animal pouvant étre contenu tout entier dans sa co-
quille; 2 tentacules sétacés, pointus, otïrant les yeux
sessiles à leur base postéro-externe.
Coquille dextre, ovoîde-ventrue, à spire saillante;
ouverture ovale, sans lames ni dents, fermée par un
opercule.
Bythinia tentaculnta Lhmé.
(Bythinie impure. —- Paludina impura, Brard. — La petite
operculée aquatique.)
Animal noiràtre, avec des points jaimes irréguliers très
apparents; long de 10 millimètres, large de 5 ou 6

... 3%-
tentacules noiràtrçs, couverts de petits points jaunes se1'l·é5·_
liliformes, longs de"6 millimètres. '
Coquille ovoïde-allongée, haute de 8 a l2mîllimètres,,
large: de 5 à 7, glabre, solide, d'un jaune plus ou moins
ambré; spire composée de 5 à 7 tours, le dernier très
grand ; ouverture obliquëmeî1t`ov`ale; péristome continu,
sans bourrelet; opercule assez mince, placé à l’entrée de `
la coquille. ’ ` l
Tgèsrcornmune aux environs d’Amiens dansgles fossés, i
les ruisseaux, etc. (Gagny, Longueau, Boves).
G,E[l,B§ PALQJDINE, (r.um.1.s_n¤e rtnxsroumxgs). ·
' Animal contenu tout entier dans sa coquille; 2 tenta~
cules cylindracés, obtus, offrant les yeux sur un pédicule
très court, vers leur tiers inférieur externe.
Coquille dextre, ventrue, à, spire saillagte ; ouverture ·
ovale, sans lames_ni dents; péristome mince, tranchant;
opercule ovalaire, trèsamince, corné,
Les paludines sont ovovivipares. Rien n’est plus com-
mun que de rencontrer en, meme temps dans le corps d8
la mère des œufs, et,des petits déjà_.éclos, ayanl;4 a 5 mil- _
limètres de diamètre et _plusieurs tours de spire à. la
coquille. Nous avons même assisté à la naissance de
plusieurs individus, qui, sortant tout formés. du corps de
leur mère, allèrent immédiatement se llxer sur les plantes
de l'aquarium.
‘.L• Paladin.; yivipara Linné.
(Paludine fasciée. — Paludina achatina, Studer. -
Paludina fasciata, Deshayes. — Vigneau rayé).
Animal long de 3 centimètres, large de 2, d'un gris

... 3QL;
noirttee ponctué de jaune. 'I‘entacules`· loùgsdë 8‘milli-
mètres, noiràtres et couverts de taches jaunes;· yeu!
situés sur un mdmelon globuleux appliqué à la partie
postérieure des tentacules, vers le `tiers de leur longueur.-
Coquille ovoîde, fun peu ventrue, d'un vert pale avec
E 3 bandes brunes très distinctes; spire de_4 à 5 tours, le
g dernier formant à peu près la moitié de la hauteur;
suture: médzbcrer; ouverture ovale=arrondie, anguleuse
., supérieurement; péristome mince, à bord extérieur non"
détaché; opercule légèrement concave, tlexible, luisant,
transparent, d’un fauve rougeâtre, ayant le centre rap-
proché du bordcoluuiellaire, orné de stries concentriques,
lines, distinctes. Hauteur, 25 à 35 millimètres; largeur,
17 à 25.
Dans l’Avre et les fossés voisins. (Saint-Acheul, Gamon,
Longuean, Boves, etc.) Très commune.
26 Paludina oonteota Moquin-Tandon.
(Paludine commune. — Vivipara eommunis Drap.),
Animal semblable au précédent.
Coquille globuleuse-conoîde, trés ventrue, finement
sfriéè, mince, luisante, d'un brun olivatre unicolore, avec
trois bandes brunatres peu distinctes. Spire composé de
6 à 7 tours, le dernier beaucoup plus renüé que dans
Pespèce précédente; sutures très profondes; ouverture
ovale-arrondie, moins anguleuse supérieurement que dans É
la P. Vivipara ; péristome mince â bord extdmizur détaché; ï
opercule mince, flexible, moins concave que dans l’espèce
précédente, d'un fauve rougeatre;centre un peu rapproché
du bord columeilaire; stries concentriques, lines, iné- .
gales. Hauteur, 30 à. 40 millimètres ; largeur, 15 à ‘30.
W ....1

- 40 -
Se rencontre avec la précédente, et n'est pasmoins
commune.
N.-B. - Ces deux espèces sont ordinairement salies
par une incrustation limoneuse.
GENRE VALVÉE. (FA•m.1.s ons Vnvarmis).
Animal contenu tout entier dans sa coquille ; 2 tenta-
cules sétacés longs, offrant les yeux à leur base interne. _ ·
Coquille spirale ou déprimée; opercule mince, corné.
1• Valvata pisoinalis Müller. I
(Valvée piscinale. —- Le porte-plumet).  
Animal long de 7 millimetres, large de 3; d'un gris  
jaunatre clair; tentacules longs de 3 millimètres, d'un
gris presque blanc. I
Coquille déprimée, globuleuse, finement striée, mince, `
plus ou moins pale. Spire de 4 à 5 tours, le dernier très i
grand. Ouverture subovale-circulaire; péristome droit, «
mince; opercule circulaire, mince, transparent sur les  
bords. Hauteur, 5 à 8 millimètres; largeur, 5 à 7. A
L’Avre et les fossés voisins. (Gagny , Longueau , î
Boves, etc.), 1
2• Valvata orintata Müller.  
(Valvée planorbe. - Valvata planorbis Drap.).
_ Animal petit, noiratre; tentacules grèles, illiformes,  
longs de 2 millimètres.
Coquille tout à fait déprimée, planorbique, striée, l
fragile, luisante, d'un corné roussàtre plus ou moins pale; ‘
spire de 3. à 4 tours, le dernier sensiblement dilaté; g

  I
l - 44 -
: ouverture circulaire ; opercule enfoncé, couleur de corne
  roussatre.
r Vit dans les eaux stagnantes, surles débris végétaux A
` immergés.
ï Fossés entre Saint-Acheul et Longueau ; entre la Hotoîe
  et Montières. Pas très commune. _
[ GENRE NÉRITINE, (FAIILLLDBS Némncés).
I
, Ànimal contenu tout entier dans sa coquille; tenta-
cules sétacés, allongés, pointus, oll’rant les yeux pédiculés
à leur base externe.
Coquille dextre, demi-globuleuse, aplatie en dessous, à
~ spire peu saillante, rejetée sur la droite, à dernier tour
beaucoup plus grand que les autres réunis; ouverture
demi-ronde, sans lames ni dents ; péristome mince;
opercule demi-orbiculaire, muni d'une apophyse latérale.
Neœitim fluviatilis Linné.
(Néritine lluviatile. — La Nérite des rivières).
' Animal d'un gris jaunâtre, long de 7 millimètres, large
de 5; tentacules longs de 2 millimètres, grèles, sétacés. `
Coquille demi-glohuleuse, opaque, solide, jaune ver-
dàtre avec des flammes, des taches, des linéoles d'un vert
sombre ou d'un brun rougeâtre. Spire de 3 à 4 tours, le ·
· `dernier énorme ; ouverture semi-lunaire ; opercule
jaxmatre.
Très commun dans l’Avre, entre Saint-Acheul et
Longueau.
Outre le type, nous avons trouvé les variétés suivantes:
Scrzjata, lignes épaisses formant des zigzags longi- ,.
tudinaux.

..—ggs..
Yùuœnst tuehesbmnes onromsesa!ternautavecdes‘ A
taches verdàtres. A
Uhûeldr, noiratre, sans taches.
Lùnealata, lignes étroites, longitudinales, parallèles.  
ï...i I
!EC'l'ION Ill. — Acéphnlés ou Blvnlvcs,  
làamolllbrnnches ]
Les mollusques de cette section n‘ont ni tète, ni tenta-  
cules, ni yeux. Le corps est comprimé, entouré d’un  
° manteau bilobé, et renfermé dans une coquille bivalve.  
Le pied est représenté par une expansion charnue, propre
à la reptation,
Uorgane respiratoùt offre quatre feuillets lamelliformes, '
demi-circulaires, disposés par paires de chaque coté du
corps.
L'0ri)îcc respùratoùw est représenté en arrière ou par
une fente verticale produite par les bords rapprochés du
manteau, ou par un trou à Yextrémité d'un siphon. ·
Les Bivalvomlamellihranches nous offrent 3 familles :
l•·Lev·N0yad¢s,· comprenant les genres Anodonte·et
Millette.
2* ‘Le• Cardiucés, comprenant les genres Cyclade et*·
Pleidiev
3'¤'l.en·Dmksé••udés; comprenant le genre'*Dreissène.
1*• FA1m.t.s : NAYADES. É
Corps comprimé; manteau ouvert; piedgmnd, sécu-
ritorme ; orifice respiratoire en fente verticale, formé par
les bords postérieurs et papilliferes du manteau.

... ag'-
C99¤?!l°· îeésviletétalvs 1îs¤¤¤9P*~ meme., allongé.
linéaire; charnière: avec ou_,sans dents ;_·5_ imp1·e,ssions_
musculaires, 2 grandes et 3 petites. Pas de byssus,_
GF't'3§·&.'!9°.SlN`LEr..
Coquille ovalaire, allongée ou arrondie, généralement
mi¤e¤.;,¤P¤@êw,ae¤s.d¤¤¤· · ~
N.·B. —¤, Dans les coquilles. bivalves, ou appelle cAH.·
angeyrûagur celnî,·par où sort le pied, car c'est de ce coté la
quB,le,m0llusque, s’avance; le coté opposé est le c6té·
postérieur; le côté droit et le côté gauche se prennent
naturellement par rapport au coté antérieur. Le bond
  est. celui où se trouve la charnière.; l©·bw·¢«
ùyférabutt lui est opposé.
i• Auodonta cyonea Lhmé.
• (Anodonte des Cygnes. — Grande moule des Etangs).
W Animal jaunâtre; pied d’un jaune sale un peu orangé;
papilles postérieures du manteau plus ou moins foncées.
Coquille très grande, largement ovale, ventrue, a si1lons_
` transverses inégaux, mince, fragile, luisante, d’un jaune
olivàtre avec quelques rayons d’un vert foncé et desbandes
transversales brunes; coté antérieur arrondi, deux ou
trois foie plus court que le coté postérieur; celui—ci fo1~
mani, un,rostre asse; long; bord inférieur régpliegemgut
arqué; bord supérieur presque horizontal, non anguleug,
à'sa, jonction avec le bord antérieur; nacre brillante,
blanche, ·
Nous en avons trouvé dans le faux bras de l’Avre plug.
sieurs échantillons; la moyenne de leurs dimensions est :
longueur,] 10 centimetres; hauteur, 6; épaisseur, 3.

- 44 -
Il doit y avoir de bien plus beaux échantillons dans
les trous à tourbe, car ce mbllusque aime les eaux dor-
- mantes et profondes.
2• Anodontn annüna Linné.
(Anodonte anatine).
Animal d’un gris foncé; pied d’un gris jaune ou rous-
sâtre; papilles postérieures du manteau très foncées.
Coquille elliptique-ovale, petite ; longueur, 5 a 7 centi-
mètres ; hauteur, 3 à 4 ; épaisseur, 2 à 3 ; peu ventrue,
comprimée postérieusement, à sillons transverses assez
marqués, inégaux; mince, fragile, opaque, olivatre plus .
ou moins brun avec des bandes plus foncées ; côté posté-
rieur trois fois plus avancé que l’antérieur, formant un
rostre cunéiforme, tronqué à Pextrémité; bord inférieur
peu arqué; bord supérieur anguleux à la terminaison du
ligament et descendant brusquement en arriere; ligament
épais, saillant, brunâtre ; nacre d’un blanc azuré, bril-
lante.
Dans le faux bras de l’Avre, entre cette riviere et Saint-
Acheul.
3¤ Anodonta variabüis Drapamaud.
(Anodonte piscinale. - Anodonta. piscinalis Nilsson).
Animal d’un gris jaunâtre ;_pied jaunâtre ou roussâtre;
papilles postérieures du manteau brunes.
Coquille légèrement rhomboïdale, ventrue, mince, a
· fragile, brune, avec des bandes transversales plus foncées ; ·
côté postérieur deux ou trois fois plus avancé que l’anté- » l
rieur dans le] type, 4 ou 5 fois dans la variété rostrata; '
bord inférieur presque droit, bord supérieur très anguleux .
l
4.;.

- 45 -
a la terminaison du ligament, et descendant très oblique- 1
ment en arrière; ligament peu saillant, noiratre ; nacre  
brillante, blanche, un peu azurée. i Q
Nous avons trouvé dans le faux bras de l’Avre la variété |
rostrata zlongueur 10 àill centimètres; hauteur, 4; î
épaisseur, 3. Assez commune.
GENRE MULETTE.
Coquille allongée, ovalaire, plus épaisse que celle des
Anodontes ; charnière dentée.
Unio piotorum Linné, Philippson, Retxius.
(Mulette des peintres. — La moule des rivières).  
Animal d’un roux clair; pied grand, roussatre ; man- î
teau bordé de brunâtre, papilles postérieures allongées,
d’un brun très foncé. .
Coquille e1liptique·allongée, cunéiforme, assez épaisse,
solide, d’un vert jaunâtre avec des zones transversales
brunes; côté antérieur court et arrondi, côté postérieur
formant un rostre allongé; bords presque parallèles ;
sommets légèrement entlés, ridés, souvent usés; ligament
fort, presque droit ; dents cardinales fortes, épaisses,
subtriangulaires; nacre blanche, a peine azurée ou un
peu rosée. Hauteur, 25 à45 millimètres; longueur, 60
à 100.
Dans le faux bras de l'Avre, entre cette rivière et Saint-
Acheul. Pas rare.
2• F1um.1.s : CARDIACÉS. ` `
Animal comprimé ou renilé. Manteau fermé, n’ot`frant
que trois ouvertures, une inférieure pour le pied, une

. · ï 16 ;
postérieure pour la respiration, une dorso-postérieure
pour l’anus. Pied ide taille et de `forme variable. Oritlce
respiratoire à l’extrémité d’un siphon eitensible, con-
`traëtile, lisse. ‘ V
Coquille inéquilatérale, non haillante. Ligament posté-
rieur, interne ou externe. `Charnière avec des (lents. Im-
pressions musculaires peu distinctes. Pas de hyssus.
_ GENRE PISIDIUM.
Coquille très inéquilatérale. Pas de siphon anal.
i• Piàidium ainnloum Jeixyns.
(Pisidie lluviale. — Cyolas palustris, Drap. —
Tellina amnice. Müller).
Animal blanchâtre; pied peu allongé, assez large À la
base; siphon respiratoire court, obliquement tronqué à
Yextréinité, â peine recourbé.
Coquille subtrigone, très inéquilatérale, à rides trans-
versales assez grosses, solide, épaisse, d’un gris roussatre;
côté antérieur très arrondi; côté postérieur beaucoup
moins avancé et un peu plus haut que l'antérieur ; char-
nière épaisse ; nacre d’un blanc un peu azuré. Longueur,
7 A IO millimètres; hauteur, 6 à 8, épaisseur, 4 à 6.
L'Avi·e.
' il- Pisidinm ebstneale Ptettler.
(Pisidie obtuse. - Cycles fontinalis, Dupùîà).
Animal gris; pied dépassant la longueur de la coquille;
siphon respiratoire court, tronqué, à bords entiers.
Coquille subtrigone-globuleuse, inéquîlatérale, à stries
lines, luisante, mince, d'ùh cerné jaunâtre, longue de fa
L

i — $7 —
·l«millimü\rss,haute de-2 à Lépràsse de 1 la 3; coté antérieur
arrondi ; .0ùté postérieur plus count, connexe; charnière
mince; sommets trés élevés ; ligament non visible à
llextérieur; mcse blanchâtre.
Dans l’Amre; moins commune que la pécédente.
GENRE CYCLADE. ‘
i Coquille peu inéquilxtérale. Siphon anal développé ;
siphon respiratoire court. '
1.• Cycles rivicola Lamark.
(Cyclade rivieele. — Cycles eemea, Drspamaud).
Animal brunâtre; pied d’rm blanc grisâtre, comprimé;
siphons blsnchatres, presque égaux en longueur.
Coquille à peu prés équilatérale, assez ventrue, striée,
solide, opaque, couleur de corne roussatre avec une
bande inférieure d’un jaune clair; ligament saillant,court,
visible A Yextérieur ; charnière peu épaisse ; nacre branche,
à peine azurée. Hauteur, 15 â 20 millimètres; largeur,
B0 à 25; épaisseur, 8 à 12. i
A Assez commune dans le faux bras del’Av¤e. (C’est la
plus grande Gyolade de nos régions).
2• Cycles comme Linné.
(Cyclade cornée. - La Came des ruisseaux).
Animal gris; pied pointu, un peu laiteux, légèrement
rosé vers Yextrémité; siphons allongés, légèrement cou-
leur de chair. ~ ~
Coquille snbelliptique, courte, A peu près équilatérale,
renllée, ûnsment striés, d’urr gris olivatre avec une bande

- gg ..
inférieure d’un jaune clair; ligament non visible à l’exté-
rieur ; charnière médiocre ; nacre d’un blanc bleuatre.
' Variété : Nucleus (Cyclos nucleus Studer), très globu-
leuse, de couleur sombre. Dans les fossés, entre Saint-
Acheul et Longueau; hauteur, 6 à 7 millimètres; largeur,
8 à 9; épaisseur, 6 à 7.
Variété : Rùzalù (Cyclas rivalzs, partùn, Drap.). Coquille
plus grande que la précédente, moins globuleuse, d’un
? comé olivatre avec une bande inférieure d’un jaune clair.
l Dans l’Avre et les fossés voisins, assez commune. Hauteur,
` l2 à 15 millimètres; largeur, l5 environ; épaisseur, 7 à. 8.
3• Cycles laemtrls Muller. ·
(Cyclade lacustre. — Cyclas caliculata Drap.).`
4 Animal blanchâtre ou légérement rose; pied égalant
jusqu’à 2 fois la longueur de la coquille ; siphons allongés.
Coquille un peu inéquilatérale, comprimée, finement
striée, très mince, très fragile, cendrée~roussatre, tantôt
È uniforme, tanwt avec quelques bandes d’un jaune clair ;
  nacre légèrement blanchâtre.
Q ' Les sommets sont souvent petits, obtus; quelquefois
 _` ils sont mamelonés, terminés par un tubercule ou caliculc
  obtus et très luisant; c'est alors la Cyclas cahbulata de ·
l— Draparnaud. `
È Dans l'Avre et les fossés voisins. (Longueau, Camon,  
le Boves, etc.),
’ A 3• FAIILLE : DREISSÉNADÉS.  
I , Animal déprimé ; manteau fermé, offrant 3 ouvertures:
È une inférieure pour le pied et le byssus, une postérieure .
lq pour la respiration, une dorso-postérieure pour l’anus;
ik

F
.. 49 ..
pied grele, vermiforme, avec un byysus Msïâtre; un siphon
anal; un siphon respiratoire, extensible et contractile, I
avec des papilles spinuliformes. 5
Coquille très inéquilatérale, baillante vers le milieu de 1
la base inférieure; ligament antérieur, interne; quatre
impressions musculaires très inégales.
GENRE DREISSENA.
' Dreinonà polymozjihà Van Éeneden.
(Dreissène polymorphe)»
Animal à corps déprimé, presque rhomboïdal, noiràtre;
siphon respiratoire conique, tronqué à son extrémité.
Coquille mytiliforme, allongée, sdbtétragone, ventrue,
mince, solide, olivatre ou rousse avec des bandes en
zigzags brunes vers le haut; côté antérieur aigu ;,c0té
postérieur arrondi; bord inférieur presque droit, bord
supérieur très arqué; ligament linéaire, oblong, peu
visible A Yextérieur; nacre brillante, blanchâtre. Hauteur,
l5 à 20 millimètres; longueur, 30 à 50`; épaisseur, (5 à 30.
Dans l’Avre à Boves; dans les marais voisins; dans le
faux bras de l‘Avre entre l’Avre et Saititwtclieuli Gom-
mune. _
Il ne sera pas inutile de comparer notre travail avec
celui publié en 1840 par Picard. Cet auteur donne 85
especes comme appartenant au Départemsllt de la Somme.
V Ces 85 espèces se réduisent à 83, car |,° les Cyclawùvalis
i et Cyclas nucleus ne sont que deux variétés de. la Cyclade
` cornée; 2• la Paludùze anatine est un mollusque marin.
4

I
L so - *
Cette réduction faite, voici les espèces citées par Picard ,
et que nous n’avons pas rencontrées : 3
Arion subfuscus Férussac. _ A
Lùnaz variegatus Draparnaud.
Succùœa oblonga Studer (Molliens-Vidame).
Helù: arbustorum L. (Mautort).
Helûr mfcscens Pennant (Montreuil—sur-Mer, dunes
de Merlimont).
Helù: varùzbüù Draparnaud (Mers).
_ Hclù: lapicida L. (Mautort, Abbeville). *
Zonites fulva Müller.
Zonites crystallina Müller. .
Bulùnus acutus Brug. (G’est. l’Helù: acuta Müller. - l
Saint-Quentin-en—Tourmont). `
Clausilia plicata Drap. (Abbeville).
Clausüûz plùmtula Drap. (Querrieux).
Pupa umbüicata Drap.
Pupa avena Drap. (Abbeville).
Pupa cinerea Drap. (Abbeville). ·
Carychùzm myosotis Drap. (Les bords dela mer).
Physa hypnorum L. (Menchecourt).
Anodonta ponderosa Pfeiffer (Rivery, Longpré-1es-
corps-Saints).
(/nio margamüfera L. (Abbeville).
Unio batava Lamarck (dans la Ganche).
En tout 20 espèces. D'autre part nous avons rencontré
M espèces qui ne sont pas citées dans Picard :
Arùm fuscus.
Lùnaa: arborum.
Zoniœs lucùlus. .
Z onites nitens.

— 5l - Q
Hclù: fruticum. ·
Helù: obvoluta.
Bulùnus trùlem.
Clausüùx Rolphxï. A _
Papa secale.  
Vcrhyo pygmxa.  
` Vemyo pusüla.  
Physa acuta. · ]
Paludùna contecta. É
Anodonta varùxbilù. f
Et il est encore possible de rencontrer autour d’Amiens
de nouvelles espèces qui porteront à 100 et au-delà le
nombre des espèces du département. _
Nous donnons, pour terminer ce travail, un tableau
synoptique des Genres de Mollusques recueillis au Sud ' .
d’Amîens.

GENRES DES MOLLUSQUBS
nncmmms AU son oïuxnùs.
i .
È Nus. 1 Llmnciens: tLim“’  
I
[ I ' Vitrine. s.
huhu 4.
Zonites. 5.
à mlœmm, . Colimwész gdm sf
  Tam" I I A coquille lnoperculée. B°um“· 7·
Glousllln. Bs
` Papa. 9.
Vertlglh 10.-
, Aurlculncés: g Cnrychlum. M.
A coquille operculéo. î Orbaoés : î Cyclostomus. l2. .
 
f Plnnorbis. I3.
IDO|)Gl'Cl1lé8· ·Limn&n¤ : Phym· 14-
(Pulmobrmchos). Llmnœn. t5.
Ancylnn. t6.
u
' _ Périatomlens: 2     `
Opercnlés. o
(Brmchlfbren). Vnlvnlldész ‘Vnlvm. l9.
FLUVIATILB
Nérîtncés: t Ncritinn. 20.
` mman. 21.
N :
mdœ s Uma. 22. ·~
Aoéphnlés ou Blvnlvœ. P d
(hm°mbm°h“)' cudméu ini lum. 23.
Cyclos. 24.
Drclssénodés:¥ Dreissena. 25.

F '
TABLE ALPHABÉTIQUE
Des Genres et des Espèces.
mmm flwiatilù, Muller . . . 36 LYIIIAA auricularia, L .... 33
lacustris, Lin ..... 36 glutùwsa, Mul. .... 82
AIUDIIITA Mnatîna L ...... 44 limona, L ...... 33
cyœwa, L ..... . A8 paludrù, Ilül .... 34
varlabüù, Drap .... 44 pcrcgraà Mail. . . . 35 1
nm: Mm, 11111 ..... 2 •‘¢9M‘ , -···· 84
Nfuh un ______ 2 trunoatula, Mul .... 34
wulus acicula, Mill ..... 17 Inrrnn ptuviatilù, L ..... 41
¤1>•¤·;3:ir¤g1“·L· · ·   mnpscwnm, L ..... 65 ,
tram, Mm · ’ ·       is HLIIDIIA mm l:‘0qutn·Tmd0n .  
ITIIIIIA lenuwulata L. .... 37 ’ ``'''
wmnmu minimum, îiûl .... 2L mmm ma”?#:à::" · · · 2:
¤.mn¤.n laminau, hmon . . . 18 ’ '’‘'
    . · I     alba',   a e g • u  
paruula, Studer .... 20 °°"‘“l':”"• M"' ···· 29
nozphax, Gray .... . 19 ?m"'L_ $**1;- L ···· É?
¤!¤I.A8c0rMa,L ...... 47 cm,M“I;_:::"2g
'°°‘“"“» M"' ···· ‘° ni1idu¢,M1II . . . ` ` za
rivicola, Lamamk . . . L7 wm"’L• _ l I     29
GYEMTUIA elegant, Drap ..... 25 do .
nmsun polymorpha,Vnu Beneden. E9 mn mul:°;§';i‘°:J)I';'; I     ‘ il
IIE! aapcrna, Mul ..... 8 L ____  
carthusùma, Mül . . . 13  ïlïnp  
ericctorum, Mill .... 13 ’ `°'’'
fasciolata, Poxnez . . . 12 PFYM ¤¤•¢¤· Run ····· 31
[mmm, um .... I2 f<>•¤¢¢•¤¤l¤· L ····· 31
_ Mspida, L ..... 14 succmu patrie, Jeifroy .... 5
hortonsü Mill . . . . 10 .
limbata, 'nnp .... 11 ""'“^ Wwàmâkl ‘‘‘‘ :3
ncmoralù, L ..... 9 ’ ’ ' ` '
obnokua, Mm. .' . . . 15 YHTIB0 asstioerlîym D¤P · · . 23
pomatia, 1, ...,, 3 putüla, Mul ..... 2L
pulchella. Drap .... 15 mmm, Drap ·... 28
rotundata, Mul .... 16 vI'nnlA pellucùla, Mul .... 5
Ilfîîfllwùuüy POTITBL · ·   MNH ceuarù“‘ Mul. · ' I I 6
LIIAX agrebtû, L ..... 3 luciduc, Drap ..... 7
arborum, Bouchard. , . 4 Miam, Gmeliu . . . . 7
maxima, L ..... 3 nüidun, Mul. ..... 6


			
"" !
REVISION DES ESPECES FRANQAISES
un LA
FAMILLE DES TABANIDJE.
_ Per H. le Docteur GOBERT.
Lorsque je publiai en 1877, dans les Annales de la
Société Linnéenne du Nord de la France, une Révision
des Leptides de Franco, je reçus de mes collègues un
accueil si bienveillant, que j’ai été encouragé à continuer
l'étude si difficile des Diptères de notre pays. Aujourd’hui,
je demande Phospitalité pour une étude sur les Diptères
appartenant à la famille des Tabamïlœ. Les espèces qui
la composent sont grandes, nombreuses en individus et
forment généralement le début d’une collection. (1'est
p0urquoij’espère que ce travail sera utile surtout aux
jeunes Diptéristes, et leur permettra de déterminer facile-
ment tous leurs Tabanîdes. J’ai mis de coté tout ce qui
pouvait ressembler à de la phraséologie, bornant mon
ambition à ètre plutôt utile qu’agréable. Je suis resté
dans le champ scientifique pur, sans m’arréter aux di-
gressions dont j’aurais pu agrémenter mon sujet. Malta
in paucù, telle a été ma devise.
Les mœurs des Tabaniens sont peu connues, Macquart
en a dit quelques mots et, depuis qu‘il a publié ses Suites
ai Bu/]'on,en 1834, la science sous ce rapport n'a guère fait
de progrès. Voici d’ailleurs ce qu’en dit ce savant auteur.

... 55 ...
· « Les Tabaniens, et particulierement les Taons sont
répandus sur toute la terre; chaque climat a des especes
qui lui sont propres ; quant à l'instinct, il est partout le
meme. Uavidité pour le sang des auimauxest extreme.
Le lion des déserts de la zone torride et le renne des
Lapons les ont pour ennemis, comme nos bœufs et nos
chevaux. Au moment où Pinsecte parvient à se fixer,
malgré le mouvement adroitement dirigé de la crinière et
de la queuede l'animaI, la trompe perce le cuir le plus
épais et le sang coule à. l’instant. Cependant les femelles
seules éprouvent ce besoin; les males vivent du suc des
lleurs. Nous trouvons aussi quelquefois des femelles sur
les eorolles; il parait meme que les Pangonies n‘ont pas
dlautre aliment.
·Les Tabaniens fréquenœnt·particulièrement les bois et
les pâturages ; c’est pendant l’été et aux heures les plus
chaudes de la journée qu’ils se rendent le plus redoutables.
Leur vol estrapide et accompagné d’un bourdonnement.
li. deSaint-Pargeau a décrit le manège des males que
Fan voit voler dans les allées des bois, y faisant en quel-
que sorte la navette, restant quelque temps suspendus à
une méme place, puis se transportant, par un mouvement
brusque et direct, A lîautre bout de leur station aérienne
pour ·y reprendre la meme immobilité, et tournant la
tète dans chacun de ces mouvements vers des cotés ·
opposés. Ce savant naturaliste s'est assuré qu’ils guettent
alors le passage des femelles, et tachent de les saisir en ` —
se précipitent sur elles, puis s’enlevent, lorsqu’ils ont
réussi à s’en emparer, à une hauteur ou l’œil ne peut les
suivre.
Le développement des Tabaniens n'est guère connu que
par les observations de Degeer sur le Taon des bœufs. La

[ — 57 -
If femelle confie ses œufs àla terre.Les larves sont jaunétres,
t longues, cylindriques, rétrécies &\1X extrémités ; elles ont
la tete cornée, étroite, allongée et munie de deux grands
crochets mobiles recourbés en dessous. L’on ne sait pas
bien quelle est leur nourriture. Les nymphes sont nues ;
chacun des segments du corps est bordé de longs poils, et
le dernier est terminé par six pointes écailleuses qui
aidentà l’insecte pour se rendre à·la surface de la terre,
lors de la dernière transformation. Suivant Fabricius, les
larves des Chrysops vivent également dans la terre, et
celles des Hœmatopotes dans le fumier. »
On connait également, depuis les observationsdebegeer,
la larve de l’Hœmatopota pluvùzlù L., qui a été publiée par
Brauer; on sait également, que les larves du Tabamçs
autumnalù et de l’He:catoma pcllucens sont aquatiques.
J’ajouterai à ces observations qu’on rencontre parfois
des Tabaniens males suçant le sang des animaux, mais
c’est l'exception ; ils sont la probablement à la recherche
des femelles. Lorsqu’on examine les nombreux diptéres
qui assaillent les attelages dans les champs au moment
de la moisson, on ne rencontre guère que des Tabanus,
quelques Chrysops et. de nombreux Muscùles. Les Hœma-
topotes sont surtout communs dans les bois, par les temps
d’orage. On voit quelquefois voler avec une grande rapi- 5
dité, autour des animaux, un hyménoptère qui s°empare ‘
brusquement d’un‘Tabanien bien plus gros que lui et en
fait sa proie. C’est, du moins dans nos landes de Gascogne,
le Bembcx rostrata Fab. Les Chrysops se rencontrent éga-
lement autour des matières végétales en fermentation, et _
sont assez nombreux autour des tonneaux, au moment de
la vendange.
~ J’ai consulté, pour cette révision des Tabanides, les

- 58 .. .
ouvrages-de Schiner, Macquart, Zettersted, Meigen, Ron-
_ dani, Lœw, 0sten—Sacken. De tous les éléments qu’ils
m’ont fournis, j’ai cherché A faire un tout homogène,
simple et approprié A la faune française. Les tableaux
synoptiques des genres et des espèces ne contiennent que
_ des caractères extérieurs faciles A apercevoir et facilite-
ront, je l’espère, la détermination des espèces. Mon but
est d’engager, A l’aide de travaux élémentaires et simples,
les jeunes naturalistes A étudier les Diptères de notre
pays. Nul doute qu'ils n'en trouvent de nouveau soit pour
la science, soit pour la faune française, car cette étude
_ offre un champ immense A peine exploré.
Au point de vue géographique, l'intérét n'est pas
moindre. Les Diptères du Nord et de l’Est de la France
comprennent une partie de la faune de l’Allemagne et de
_ la Suisse; dans le Sud-ouest et le Sud, ce sont parfois
des Diptères communs A la faune du Nord de l’Espagne ;
enfin en Provence la faune est des plus intéressante, elle
comprend des Dipteres des iles de la Méditerrannée, du
Nord de l’Algérië et parfois des exotiques qui ont pris
droit de cité par Pacclimatation.
TABLEAU SYNOPTIQUE DES GENRES.
La famille des Tabanfdav peut se diviser en deux grandes
sections : celle des Tabamh.2 et celle des Pangoninz. La
première comprend : les genres Tabanus, Hexatoma, l
Hœmatopota. La deuxième : les genres Pangomh, Chrysops,
· Süvius. ’ `

l
I .
Q - sa -
2 l. Extrémité des tibias postérieurs sans épines.
, Point d'ocelles visibles ou seulement des tubercules
I ocellilères . . ` ........ Tanaxmu: 2
=, Extrémité des tibias postérieurs avec une ou
à plusieurs épines. Ocelles le plus souvent visi-
bles ............ Paneonnm 4 '
2. Troisième article des antennes à cinq divisions;
dilaté à la base, échancré sur les côtés, de manière
à former parfois une forte dent.—Front des femelles
beaucoup plus long que large; tubercule frontal,
lorsqu’il existe, jamais transverse. G. Tabanus, L.
Troisième article des antennes à quatre divisions,
ni dilaté a la base, ni échancré ....... 3
3. Troisième article des antennes à divisions telle-
ment marquées qu'elles paraissent des articles
distincts, et que les antennes semblent avoir six
articles. — Front des femelles presque aussi large
que long ....... G. Hexatoma, Mg.
Troisième article des antennes à. divisions bien ,
moins visibles. , .... G. Hœmatopota, Mg.
4. Deuxième article des antennes, aussi long ou
presque aussi long que le premier.-—Ailes à bandes h
ou taches noires ou brunes . . G. Chrysops, Mg. î
Deuxième article des antennes plus court que le  
premier.—Ailes sans bandes ni taches; parfois seu- i
lement enfumées ou avec des traces de nébulosités. '5 -
5. Troisième article des antennes ahuit divisions Z
dont la première est large et courte. — Trompe al- Z
longée, horizontale, à lèvres terminales peu dis-
tinctes ........ G. Pangomh, Latr.
Troisième article des antennes à cinq divisions,
dont la première est allongée et un peu renilée,

..150 ...
g plus long·quel•s.deu1x·premhns rémiis ; deuxième
article aussi long que large. ·—ï|?mmpe courte,
épaisse, un peu saillante, à lèvres terminales bien
visibles .........· G. Süuùœ, Mg.
GENRE TABANUS. L.
Caractère du Genre et de ses Subdivisions.
Le genre Tabanus, L., comprend des espèces assez
grandes, en général peu velues, de couleur noire, brune
· ou grisâtre. Les côtés de l’abdomen ont souvent des taches
ou des bandes, variant du blanc jaunâtre au jaune rouge.
Le dos présente parfois des taches interrompues.-La face
est large, tantôt carénée latéralement au-dessous de
Pinsertion des antennes, tantôt avec deux impressions
circulaires. — Latrompe est rectiligne; les palpes très
visibles, sont elaviformes et presque horizontaux chez le
male ; suhuliformes et presque verticaux chez la femelle.
Les antennes sont aussi longues ou à peine plus longues
que la tete; lesdeux premiers articles, courts, presque
égaux, le troisième allongé, à cinq divisions, dont la «
première est fortement échancrée, de manière à présenter '
parfois l‘aspect d’une forte dent. Chez les femelles, le iront
est large et présente le plus souvent dans son milieu des
tubérosités et des lignes noires saillantes, ou des taches.
Yeux gros, pubescents ou glabres, séparés chez les
femelles, se touchant presque chez les males, avec des
bandes ponrprées chez certaines espèces, surtout bien

F`
.. gp ..
apparentes à l’éiat frais ou vivant. -•·Pae d’ocelles, mais
parfois un tuberculeocellifère. - Gorselet gros, quaùran-
gulaire, à angles arrondis. —Abdomen aussi large ou un
peu plus large que le comelert, généralement terminé
plus en pointe chez les males. —'I‘ibias postérieurs sans
éjnes. —A«iles au repos à moitié ouvertes, sans taches ou
avec des traces de nébulosités dans leur milieu, ou avec
les nervures tachetées de brunâtre. — Toutes les cellules
postérieures ouvertes, avec la première parfois rétrécie,
rarement fermée. `
Ce genre comprend un grand nombre d’espèces dissé-
minées dans le monde entier ; chaque pays, chaque
climat, possède des especes particulières. Ge genre tres
difficile a été étudié avec soin par Mcsyen, Schiner, et par
Osœn-Sacken pour les Tabaniens du Nord de l'Amérique.
Pour faciliter la détermination d’espèces si nombreuses,
· ill a fallu chercher I établir des subdivisions ovusous-
genresi Zeller avait placé dans le genre Iïtérzbplectes tous
les Tabamem à. yeux velus, rejetant tous les autres dans
le genre Tuüuims proprement dit. Mi Ostcn-Saclœn, dans
son remarquable travail sur les Tahaniens américains, a
créé unantre soruegenre qu’il appelle Atyàotns; il se~base_
sur Pabsepce ou la présence du tubercules eeellifère,
caractere que personne avant ldi·i1’avait eneoresignalé et
qui rend de grands services quand on étudie legenre
dans son ensemble.
La pnhesceuce des yeux est tres visible chez les males,
mais parfois, chez les femelles, cettepubeseence tend à
disparaître et il faut une grande a1tentionpourl’aper-
cevoir; e’est ce qui arrive pour les especes françaises
du sous-genre Atylotu:. ll sera d’ailleurs facile de les
. reconnaître à leur taille moyenne, à leur pubescence

- 62 ..
en général jaunatre et à la bîfurcation de la quatrième
nervure longitudinale qui est appendiculée chez toutes
les espèces françaises.
l. Yeux nus, pas de tubercule 0cellifère.S. g.TAmNvs.L.
2. Yeux velus, surtout chez les mâles, pas de tuber-
cules ocelliières ..... S. g. A·rrx.0·r¤s. Os. S.
3. Yeux velus, tubercules ocellifères bien vi-
sibles ....... S, g. Tnnarormcrss. Zeller.
Sous-Gamin' THERIOPLEGTES, Zemin.
Tableau synoptique des Espèces.
L Jambes noires ............ 2
Jambes en partie noires et jaunes ..... 3
2. Tarses antérieurs des males munis dë soies
raides et allongées; front des femelles d'un noir
luisant au-dessus des antennes. n° L Mùuns, Mg.
Tarses antérieurs des males simples ; front des
fem. gris au-dessus des antennes.n• 2.Aw·spüus, Mg.
3. Ailes avec une grande tache brune dans leur mi-
A lieu. Dos du c0rselet`très velu . n° 3. Gsyas, Hbst.
Ailes sans taches ou avec quelques traces foncées
peu marquées. Dos du corselet peu velu .... 4 5
4. Bifurcation dela quatrième nervure longitudinale  
munie d'un appendice . . n• 7. 4. Notatus, Mg. `
Bifurcation sans appendice ........ 5
· 5. Abdomen à taches latérales rougeatres ; si elles
sont parfois peu apparentes, le ventre cependant
est rougeâtre ......... ` .... 6

F
- 63 ..
Abdomen sans taches latérales rougeatres; s’il en
existe quelques traces, le ventre est noir ou gris . 8
6. Antennes rougeàtres, extrémité du troisième
article noiratre ..... n• 4. Solstitùzlù, Mg.
Antermes rougeatres, avec les deux premiers
articles et l’extrémité du troisième presque entiè-
rement noirs ............. '1
7. Les taches latérales de l‘abdomen s’étendent jus-
qu’aux trois premiers segments et sont séparées par
une ligne dorsale noire assez large. n°5.Lw·ùlus,Fll.
Les taches latérales de l’abdomen s’étendent
jusqu'aux quatre premiers segments et parfois
plus loin; la ligne dorsale noire est plus étroite.
n• 6. Tropicus, L.
8. Abdomen noir, avec trois rangées de taches
blanchatres, dont les latérales sont ovalaires et
d’égale grandeur ..... n• 7. 4.Notatus, Mg.
Abdomen noir, avec trois rangées de taches
blanchàtres, dont les latérales des deux premiers
segments sont grandes et embrassent parfois les
segments presque tout entiers . n• 8. Püosua, Lw.
DE§cn|P'|·10N DEB E§PÈCEI·
N'• 1. Thor. mioans, mg.
Le male de cette espèce est facile à reconnaitre, car il
est le seul des espèces françaises et européennes dont
les tarses antérieurs sont munis de poils raides et
allongés. La femelle est tout aussi facile à déterminer,
‘ car elle est la seule du sous-genre Therioplectcs qui ait
les jambes entièrement noires et le front d’un noir luisant

.. 64 ..
au·dessus des antennes ; elle se distingue également des I
autres espèces par le ventre à pubescence grise, par les
derniers segments de Pabdomen qui sont marqués latéra-
lement de petites taches grises étroites; lapartie médiane
des bords des segments est marquée d’une petite tache
grise et les deux premiers segments ont deux larges
taches quadrangulaires de méme couleur, embrassant
les deux tiers de leur largeur. Longueur, 15Qà 1'7,mil1i- I
mètres. W W i
Cette espèce est surtout commune dans le Nord et dans i
l’Est, elle est plus rare dans le Centre et le Midi._ I
N• 2. '1'her. auripilus, Hg.  
Tarses antérieurs simples chez les males ;, front des
femelles gris au-dessus des antennes. Cette espèce pré-
sente deux variétés bien caractéristiques. Tantôt, elle est ·
toute noire, ou présente à peine quelques traces de pubes-
cence plus claire sur le bord des segments abdominaux.
(Var. Alerrimus, Mg,). Tantôt, elle est recouverte d’une
pubescence blanchâtre ou jaune dorée.(Var.Lugubrù,Zett.)
Cette pubescence est surtout apparente chez les males.
, Les femelles ont les segments abdominaux densément
recouverts de cette pubescence qui se transforme sur les
bords en une trange dopoils courts, dorés ou blanchatres. _
L’insecte, vivant ou irais, a les yeux verts avec deux ou
trois arcs pourprés.—Ailes grisatres; nervures de la moitié
basilaire _ brunes, stigma noiratre. Longueur, 15 à 17
millimètres.
Cette espèce se trouve dans les montagnes des Alpes _
et des Pyrénées, du moins je ne la possède que de ces
contrées montagneuses. I

..·. 65 -
N¤ 3. Thor. gigas, Herbst.
Ailes à tache brune bien visible sur leur milieu; stigma
et nervures brunatres.—Gorselet densément recouvert en
dessus de poils jaunes bruns. -Pubescence de l‘abdomen
gris jaunâtre, parfois blanchatre sur les deux premiers
segments, noire sur le segment médian et rouge plus ou
moins vif sur le segment anal. — Les yeux, chez l'insecte
vivant ou frais, sont verts ou violets, sans arcs. - Jambes
noires, tibias antérieurs à base jaune; intermédiaires et
postérieurs un peu épaissis et entièrement jaunatres.
Tarses bruns. Longueur, 22 a 25 millimètres.
Cette espèce se trouve un peu partout, mais elle est
assez rare ; c'est une des plus grandes du genre; elle
habite généralement les forets.
N• 4. Thor. solstlttalis, Hg.
Antennes rougeâtres à extrémité du troisième article
noire.—Yeux avec deux ou trois arcs pourprés bien visibles
à l’état frais. -Front des femelles gris, avec une petite
tubérosité noire à l’angle inférieur des yeux, et une
ligne noire s’étendant jusqu’au milieu.- Gorselet à trois
bandes grises longitudinales parfois peu visibles. — Abdo-
men largement rougeâtre sur les c0tés,jusqu’aux derniers
segments qui sont noiratres, ainsi que la ligne dorsale;
bords des segments marginés de jaunâtre avec une petite
tache de même couleur sur leur milieu. —Ventre grisâtre
ala base et à l’extrémité, rougeâtre au milieu.—Jambes
noires, tibias rougeatres entièrement ou en partie-Ailes
grisâtres à base un peu plus foncée, à stigma brunâtre.
Longueur, 17 A 18 millimètres.
5

- 55 _
_ ' Cette espèce est assez rare et se trouve surtout dans le
` Nord. ·
N¤ 5. mer. iumus, ru.
Antennes d’un noir plus ou moins foncé, à base du
troisième article largement rougeâtre. - Trompe noire, I
palpes fauves.- Dos du corselet d’un noir bleuatre à trois ·
stries grisatres bien visibles à l’état f'rais.—Abdomen à
taches latérales rougeatres s’étendant sur les trois pre-
miers segments; ligne médiane noire assez large, avec
une tache blanchâtre triangulaire à la marge inférieure
de chaque segment. — Yeux à l’état frais avec trois arcs i
pourprés,dont le supérieur occupe le milieu. — Front des _
femelles comme celui du précédent. — Jambes noires à I
tibias plus ou moins rougeatres. — Ailes grisàtres à base
d’un gris jaunâtre plus foncé ; stigma brunatre. Longeur, `
17 à l8 millimètres.
Cette espèce est commune partout.
Nota. — Schiner indique comme un des caractères
» 4 différentiels du Solstitùzlzls et du Lurùius, la callosité laté-
rale du mésothorax, qui serait rouge chez le premier, 1
noire chez le second. C’est un caractère inconstant et sans
, valeur; j’ai dans ma collection des Luridus qui ont cette
. callosité rouge et des Salstitùzlzls qui l‘ont noire. La colo-
· ration bien difl`érente des antennes me paralt un carac-
tère plus sérieux.
N¤ 6. Thor. tropious, L.
Differe du Luridm, par les taches rouges latérales de
l'abdomen qui s'étendent sur les quatre premiers segments. Ã
Les tibias sont plus rembrunis, les antérieurs et posté-  
` I

`F
— 67 - ’
rieurs noirâtres à1'extrémité.—Ventre à premier segment _'
noir, à deuxième avec une tache médiane noire, quadran· g
gulaire, à troisième et quatrième rouges, les suivants .
noirs. Longueur, l6 à I7 millimètres.
Assez rare; habite de préférence le Nord de la France.
g N° 7. Thor. quadrinotatus, Hg.
Cette espèce est variable, tantôt les antennes sont
toutes noires, tantôt la base du troisième article est
` rougeâtre; la quatrième nervure longitudinale est tantôt
appendiculée à sa bifureation, tantôt ne l’est pas. C’est le
seul Thenbplectes français qui présente parfois une nervure
appendiculée et dans ce cas il est facile de le reconnaitre.
Front des femelles à trois tubérosités d'un noir luisant,dont
la médiane est la plus grande.—Les yeux à l’état frais ont
deux ou trois arcs pourprés. - Corselet à stries grisâtres
parfois effacées. — Abdomen noir avec trois rangées de
taches blanchàtres dont les latérales sont ovalaires et
d’égale grandeur; bords des segments abdominaux mar-
ginés de blanchâtre. — Jambes noires à tibias fauves, sur-
tout à la base. — Ailes grisâtres à stigma noir brunâtre.
Longueur, 17 à I8 millimètres.
Commune, surtout dans le Nord et l’Est.
N° 8. Thor. pilosus, LW.
Antennes noires,présentant parfois une petite tache rou-
geâtre à la base des deux derniers articles. — Front des
femelles gris avec une tubérosité quadrangulaire à l'angle
oculaire et une ligne noire dans son milieu. -Yeuxàl’état
frais avec deux ou trois arcs pourprés.—Abdomen avec trois
rangées de taches blanchatres, dont les latérales des deux

I
î 68 ·
premiers segments s’étendent parfois presque sur le seg-
· ment tout entier ; les médianes sont plus petites, triangu-
laires, et situées sur le bord inférieur de chaque segment;
ces derniers marginés finement de blanchâtre. —Ventre
uniformément gris. —— Jambes noires,tibias fauves à extré-
mité parfois rembrunie. ——Ailes grisatres à base et bords
jaunes; stigma plus foncé. Longueur, 46 à 17 millimètres.
Rare, se trouve plus particulièrement dans le Nord et
l’Est.
Sous-Gamuz TABANUS, L.
Tableau synoptique des Espèces.
L Jambes toutes noires .... n° l. Ater,Rossi.
Jambes toutes ou en partie jaunes. ..... 2
2. Espèces à coloration noir brunâtre, avec des
bandes, des taches ou des dessins rougeâtres, sur
l’abdomen. — Yeux bandés dans une seule espèce
(Tcrgestshus). — Taille grande ....... 3
Espèces a coloration blanche ou grise, avec des
rangées de taches blanchâtres sur l‘abdomen, dont
le fond est parfois rougeâtre. -— Yeux en général
° bandés. —-Si les espèces sont petites, elles sont
étroites et allongées; si elles sont grandes, l'abdo-
men est court, épais, et les dessins d’un gris bien
tranché ............... 8
3. Yeux bandés . . . . n• 2. Tergestùms, Egg. l
Yeux simples ............ 4 _
4. Dessus de l'abdomen à rangée médiane de taches I

.. 6Q ..
blanchâtres, triangulaires, visibles surtout par
rétlexion, en examinant l’insecte d’arrière en avant. 5
Dessus de `l’abdomen sans rangée médiane de
taches blanchâtres, triangulaires ; le bord des seg-
ments seul plus clair, avec parfois une petite tache
ronde au milieu ............ '1
5. Antennes noires; ailes d’un noir gris; facettes
oculaires supérieures des 3 à peine plus grandes
que les inférieures . . . n• 3. Spodopterus, Mg.
Antennes noires; ailes d’un noir gris; facettes
oculaires supérieures des,} visiblement plus grandes
que les inférieures . . n° 11. Autumnalis, L. 5*.
Antennes brunes ou jaunâtres ; ailes d’un jaune
brunâtre .............. 6
6. Abdomen à bords latéraux, finement rougeâtres,
à coloration noire, dominante; ventre noirâtre. A
n• 4. Sudeticus, Zllr.
Abdomen à bords latéraux largement rougeâtres,
surtout sur les premiers segments; facettes ocu-
laires supérieures des d' égales aux inférieures;
ventre en partie jaune et noir. . n• 5. Bovùms, L.
Abdomen plus largement rougeâtre; facettes
oculaires supérieures des 3 plus grandes que les
inférieures; ventre entièrement rougeâtre, â l'ex·
ception des deux derniers segments qui sont brunâ-
tres;l'• cellule postérieure fortement rétrécie,parfois
fermée, surtout chez les Q . n• 6. Intemœdàœ, Egg.
7. Antennes rouges à extrémité noirâtre ....
n• 7. Fulvicormb, Mg.
Antennes à 3° article rouge brun, â extrémité A
noirâtre; les deux premiers articles d’un gris
foncé ........ n• 8. Infuscatus, Lw.

a 1
` I
I
—- 70 — ·  
8. L Triangle frontal, 6*, d’un noir luisant; front, Q ,  
immédiatement au-dessus des antennes, avec deux _
tubérosités d’un noir luisant. n• 9. Glaucopù, Mg.
Triangle frontal, 5*, grisâtre; front, 9 , grisâtre
avec les tubérosités ordinaires ....... 9
9. Antennes noires; yeux simples ...... 10
Antennes jaunes ou brunatres , jamais entiere-
ment noire ; yeux bandés ......... 11
10. Espèce assez petite, à abdomen étroit et al- `
longé. _. . . . .... n• 10. Cordzycr, Mg.
Espèce de forte taille, à abdomen large . . . =
` n• 11. Autumnalù, L. Q .
11. Bord postérieur des yeux, surtout chez le 8,
avec une rangée de cils assez longs, recourbés en
avant ....... n• 12. Maculicorms, Zh.
Bord postérieur des yeux sans cils bien appa-
rents, parfois nu ..... n• 13. Bromius, L.
M-B. — A la suite du Bromùu, je devrais placer le
Glauccsccns, Sehin, mais je ne puis le considérer que
comme une simple variété.
DEICRIPFION DEB E§PÈCE§·
mv 1. ·1·. am-, Rom.
Noir luisant; 3• article des antennes à échancrure den-
tiforme.—Front des femelles à reflets blanchatres, a tube-
rosités et lignes noires. -Corselet et écusson surtout chez
la femelle, à pubescence épaisse et blanchâtre —Dernier
segment de l’abdomen recouvert de poils blancs assez
longs. —Jambes noires. Longueur, 17 à 18 millimètres.
F" A r
1

.. 74 ..
Cette espèce du s.-g. TabamLs,est laseule dont les jambes
sont entièrement noires; elle est donc facile à reconnaitre.
Commune partout.
N• 2. T. tergestinus, Egg.
Yeux à deux ou trois arcs pourprés, bien visibles, sur-
tout àl l’état frais. — Antennes fauves à extrémité noire ;
front d'un gris jaunâtre, chez les femelles; une callosité ,
noire à l’angle inférieur des yeux et une ligne noire entre
ces derniers. — Corselet à bandes grisatres longitudinales.
— Abdomen légèrement acuminé, à bords latéraux rou-
geàtres. —ï Cette couleur varie, choz certains individus la
couleur rougeâtre se borne à quelques taches latérales;
chez d’autres, elle envahit presque tout l’abdomen, ne
laissant voir qu’une ligne médiane étroite noiratre, avec
une tache de poils blancs au bord de chaque segment. —
ventre d'un gris roux à extrémité noire.-Jambes noires ;
tibias antérieurs à base fauve; tibias intermédiaires et
postérieurs entièrement fauves. —Ailes grisatres à stigma
brun. Longueur, 17 à 18 millimètres.
Cette espèce est facile à reconnaître, elle est la seule
de ce groupe qui ait les yeux à arcs pourprés.
Commune, surtout dans le midi.
N° 3. T. spodopterus, Mg.
Antennes noires, parfois le 1•·‘ article un peu jaunâtre;
front gris, chez la femelle; front à ligne et tubercules
comme chez le précédent; espace interoculaire jaunâtre;
facettes inférieures des yeux chez les males à peine plus
petites que les supérieures. — Corselet à bandes longitudi-
nales de poils gris, assez fortement recouvert de poils noirs

1
et gris, plus longs sur le métathorax et l’écusson; bords ,
latéraux , près de l’inserti0n alaire , avec des touffes A
de poils jaunatres ; bords latéraux de l’abdomen rou-
geatres ; taches blanches médianes, triangulaires, bien
visibles sur chaque segment. — Ventre jaunâtre à bande
médiane noire.—Jambes noires; tibias fauves à extrémité
noiràtre, bien accusée, surtout aux tibias antérieurs. —
Ailes d’un gris uoiràtre. Longueur, IS a 20 millimètres.
` Commune, surtout dans le Nord. ·
Ne 4. T. sudetious, Zllr.
Cette espèce, décrite par Zeller, me parait si' fort res-
sembler à la précédente, que je me demande si elle n’est
X pas une simple variété; les antennes ont les deux premiers
articles fauves; les tibias sont parfois d’un jaune plus
clair, moins obscurs à l’extrémité; la couleur noire de
l’abdomen est plus préominente et les segments ventraux
sont noiratres marqués de blanc. A part ces différences, la
description du Sudetzbus est identique à celle du Spodop—
tems; la taille est un peu plus grande. Longueur, 21 à 26
maximum.
Rare dans le Midi, un peu plus commune dans le Nord.
N• 5. T. bovlnus, L.
Ressemble au Sudeticus, mais les bords latéraux de
Pabdomen sont franchement rougeatres. et cette coloration
embrasse,chez quelques individus,presque wutl’abdomen,
. ' ne laissant qu’une ligne médiane noire à tache triangu-
laire blanche sur chaque segment; les antennes sont
fauves à 3' article largement noir à l’extrémité, parfois à _
base seule légèrement fauve; facettes inférieures des yeux
g

.. 73 ..
des males aussi grandes que les supérieures`; le corselet a
des bandes de poils grisatres ; les segments ventraux sont
plus rouges et plus foncés. Longueur, 22 à 28 millimètres.
Commune partout.
,N° 6. T. intermedius, Egger.
Voisin du Bovinus, appartient au groupe qu’il forme
avec le Spodopterus et le Sudeticus. '
Mâle. — 1** et 2• article des antennes rouges, 3• rouge
à la base, noir brun à l'extrémité; les deux premiers arti-
. cles à pubescence courte et noire. — Yeux nus, à facettes
supérieures plus grandes que les inférieures. — Face et
. palpes d'un blanc gris a pubescence blanche; extrémité des
palpes avec quelques poils noirs. —- Gorselet et écusson
noirs, à duvet et pubescence gris; sur le corselet on re-
_ marque en avant l’origine de trois bandes plus claires.-
à Abdomen d'un brun rouge clair ; bord postérieur des
Q segments faiblement marginé de jaune et frangé ;v sur
'É les 2•, 3• ett4• segments, il existe une tache noire-Ventre
I entièrement jaune, à l'exception des·deux derniers seg-
? ments qui sont brunatres.—Guisses noires, base des tibias
antérieurs, tibias intermédiaires et postérieurs jaunes;
ï tarses brunatres surtout aux jambes antérieures. —Ailes
. brunatres à nervure plus claires; l•• cellule postérieure
T fortement rétrécie à son extrémité.
Femelle. — l" et 2• articles des antennes rougeatres,
le 3* en entier brunâtre foncé.—Yeux à facettes égales.-
Face et front jaune gris, ce dernier avec une tubérosité
noire luisante, qui se prolonge en arrière sons forme d’une
ligne de même couleur.-Palpes jaunes.—C0rselet et écus-
p son comme chez le 5, les bandes du corselet sont cepen-
W dant plus visibles. -Abdomen d'un rouge clair, avec une
I
I
I .
I
I
I
I
I L

·· 74 —  
tache noire sur le milieu de chaque segment, et une tache
blanche triangulaire.—Ventre, jambes et ailes comme chez
le 3 ; la 1'• cellule postérieure est parfois froncée. J'en
possède un individu chez lequel elle est même appendi-
culée. Longueur, t8 à 20 millimètres. L
Assez rare. J’ai reçu cette espèce comme venant de la
foret d’0rléans.
L N.-B. - Cette espèce se distingue du Bovinus, L., par
les facettes des yeux des 6 qui sont inégales, par la cou-
leur de l’abdomen d’uu rouge plus clair, par le ventre qui
est presque entièrement rouge, enfin par la l" cellule
postérieure des ailes qui est rétrécie, fermée ou appendi-
culée; elle se distingue également par ces caractères, du l
Spodopterus, Mg., et du Sudeticus, Zll. _
N· 7. ·r. mirioemis, mg.
Antennes rouges, 3° article rembruni à l’extrémité .—Front
_ jaune gris àpetite tubérosité et ligne noire chez la femelle.-
Gorselet sans bande à pubescence jaunatre bien apparente.
é —-Abdomen à taches latérales rouges, bien marquées, der-
nier segment noir; tous les segments marginés de poils
blanchatres au bord inférieur; pas de taches médianes
apparentes sur le milieu des bords des segments.—Ventre I
jaune en avant, noiratre en arrière; bord inférieur des
segments marginé de poils blancs et courts. — Jambes I
noires a tibias fauves, à l’exception des tibias antérieurs
dont l’extrémité est largement noiratre· Longueur, 18
à 20 millimètres. ' .
Peu commun. · g
N° 8. T. iniuscatus, Lœw. `
Antennes d’un rouge brun a base plus foncée, à extré- |
, I
  I

. - 75 ——_
mité noire.—Front aligne et tubérosités ordinaires.—Cor-
selet noir brun à duvet grisâtre. — Abdomen à bords laté-
raux étroitement fauves; bord inférieur des segments plus ·
largement marginés de poils blancs que dans l’espèce pré~
cédente.—Ailes grîsàtres, à base brune.—Ventre rougeâtre
. à extrémité noire.—Jambes noires; tibias fauves, rembru-
QI nis à Yextrémité, surtout aux tibias antérieurs. Longueur,
7 18 à 19 millimètres.
A Commun, surtout dans le Nord.
î; N• 9. T. glaucopis, Mg.
·· Gris blanchâtre ; antennes rouges ; yeux à arcs pourprés
surtout à l’état frais ; facettes inférieures chez le male
plus petites que les supérieures; triangle frontal des mâles
d’un noir luisant front des femelles immédiatement au-
dessus des antennes avec deux tubérosités d’un noir lui-
sant. —Gorselet grisâtre à bandes plus claires. —Abdomen
des males à taches latérales fauves ; celui des femelles
d’un noir gris ; vu par réflexion d’arriere en avant, il est
blanchâtre. — Jambes noires à tibias tout ou en partie
fauves ou rouges. —Ailes presque diaphanes, stigma bru-
nâtre. Longueur, 16 à 18 millimètres. ,
Rare, habite surtout le Nord.
N¤ 10. T. oordiger, Mg.
Antennes noires ; yeux dépourvus d’arcs pourprés;
facettes inférieures chez les males plus petites que les
supérieures; triangle frontal grisâtre ; front des femelles,
avec une callosité d’un noir luisant au-dessus de laquelle
s’en trouve une autre parfois bilobée, cordiforme. - Cor-
selet à bandes longitudinales grisâtres,parfois peu visibles.
. -Abdomen d’un gris noiràtre, à bords latéraux rougeâtres

1
Q
chez le male; avec 3 rangées de taches blanehatres, n’at·
teignant pas le bord inférieur des segments, les médianes
· triangulaires, les latérales un peu arrondies; bord infé- I
rieur des segments marginé de jaune. — Ventre gris-jau- *
natre, à bande médiane plus foncée. — Jambes noires, a
tibias jaunes, les tibias antérieurs jaunes seulement à la
base. Longueur, t6 à IQ millimètres.
Rare.
N• M. T. autumnalis, L. !
Antennes noires; front gris; au niveau de l’angle ocu- Ã
laire inférieur chez la femelle, une tubérosité d’un noir
_ luisant, suivie d’une ligne de même couleur ; les petites
facettes chez les males embrassent une grande partie de
la circonférence de l’œil, les grandes facettes ne se trou~ j
vent qu’au milieu.-Gorselet à bandes grises, bien visibles. i
— Abdomen noiratre a trois rangées de taches blanches I
bien distinctes; chez les males, les bords latéraux sont rou-
geatres, ainsi qu’une partie du ventre; les taches mé-
dianes sont les plus visibles. grandes, triangulaires; les
latérales sont plus allongées et atteignent ainsi que les
médianes le bord inférieur des segments. —Ventre gris à 4
' bande médiane noiratre chez les femelles; gris brunâtre à
bande médiane d’un noir brunatre chez les mâles; segments
légèrement marginés de blanc. - Jambes noires, tibias à `
base jaune, plus étendue chez les males. — Ailes grisatres,
stigma brunatre. Longueur, 22 à 24 millimètres.
Très commun, partout.
N• 12. T. mnculioornis, Ztt.
, Antennes en partie rouges et noires; front des femelles,
I

—— 77 ....
gris à tubérosité et ligne ordinaires; noir luisant. -—Yeux à
arcs pourprés bien visibles à l’état frais ; yeux des mâles
plus gros que ceux des femelles, à facettes inférieures plus
petites que les supérieures ; bord postérieur des yeux,
surtout chez les mâles, frangé de longs cils recourbés en
avant.—Corselet à bandes parfois peu visibles.-Abdomen
court, ovalaire, à deuxième segment rougeâtre latérale-
ment chez le male ; unicolore chez la femelle; trois ran-
gées de taches blanchâtres, les médianes assez grosses,
triangulaires, les latérales allongées et atteignant le bord
inférieur des segments.—Ventre grisâtre.—.Iambes noires,
tibias fauves,obscurcis à l'extrémité,surtout les antérieurs.
Longueur, I4 à !6 millimètres.
Commun, surtout dans les régions montagneuses.
N° 13. T. bromius, L.
Antennes en partie rouges et noires,mais cependant plus
rouges que chez le précédent. — Front des femelles gris,
à tubérosité et ligne d’un noir luisant.—Yeux avec un arc
pourpré à. l'état frais chez le mâle et les facettes inférieures
plus petites que les supérieures ; bord postérieur non
frangé de longs cils recourbés en avant.—Corselet à bandes `
grises bien visibles. — Abdomen allongé, un peu acuminé
chez le male, avec les côtés parfois d’un jaune rougeâtre;
3 rangées de taches d’un jaune gris, les médianes triangu-
laires bien accusées,les latérales allongées et atteignant le
bord inférieur des segments. — Ventre d’un gris noiratre.
;Jambes noires ; tibias fauves, à extrémité plus ou moins
noiratre. — Ailes un peu grisâtres, stigma brunâtre. Lon-
gueur, M à I6 millimètres. ` .
Très commun partout.  
a

I
' — 78 -
N.-B. —— Ici devrait se placer le Glauccscens, Schiner;
mais je n’ai pas jugé devoir Pindiquer dans le tableau sy-
noptique, car les différences qui le distinguent du Bromius
. sont si légères que je le considère comme une variété.
Voici ce qu’en dit l’auteur : « Gris, à reflet légèrement r
bleuatre, luisant; taches de l'abdomen peu apparentes,
snrtout les médianes. Cette espèce ressemble à la précé- l
dente et ne s’en distingue que par l’abdomen un peu plus
acuminé chez le male et par les taches blanchàtres de
l’abdomen qui sont moins apparentes. »
Je ne vois pas, dans cette description, de caractères ‘
spécifiques suffisants, et, n’en déplaise à la mémoire de feu i
Schiner, je ne puis Padmettre que comme une variété.
NOTE DE UAUTEUR. q
Je n’ai voulu placer dans le tableau synoptique du sous- ï
genre Tabanus, que les espèces que j’ai pu examiner. Il en
existe quatre qui sont signalées de France par les auteurs
et que je n’ai jamais vues. Je vais en donner la description
d’après les auteurs eux-memes, et celui qui sera assez
heureux pour les capturer, pourra facilement les inter-
caler dans le tableau, à. la place qu'elles devront occuper. .
T. montnmus, Mg.
Abdomine utrinque lurido ; vitta media nigricante ;
fronte feminœ tlavicante ; callo lineolaque nigris; antennis
nigris basi cinereis.
Face et palpes jaunatres ; front presque rougeâtre ;
tubérosité demi-circulaire, d'un noir luisant, et une ligne
de même couleur; antennes noires, l•' article gris, 3* un
•

.. 79 -
peu roussàtre à la base.-Corselet noir brunâtre, à bandes
grises indistinctes; cotés de la poitrine grisâtres. — Abdo-
men jaune brun, à large ligne médiane noirâtre, avec une
tache médiane jaune triangulaire sur chaque segment;
les segments sont marginés de jaune. — Ventre à bandes
foncées, mélangées parfois de jaune. —Yeux nus, verts à
trois bandes pourprées, dont la supérieure est située au
delà du milieu. Longueur, 18 à 20 millimètres.
T. grœous, F. ·
Semblable au Tropicus, L. ; palpes et face jaunatres;
front blanchâtre ; antennes fauves; dessus du 1·' article
et moitié postérieure du troisième noirs. — Thorax brun,
à bandes peu distinctes. - Abdomen à bande dorsale
étroite 3, large 9 ; premier segment noir,'à côtés ferru-
gineux. — Cuisses antérieures noires; les autres grises ;
jambes antérieures à moitié inférieure brune; postérieures
frangées de noir. Longueur, 17 à 18 millimètres.
, T. ruiipes, Mg.
Noiratre; palpes, face et front gris, ce dernier sans
taches; antennes ferrugineuses, quelquefois à extrémité ‘
·brune. — Yeux sans lignes. —— Thorax brunâtre. — Abdo-
men à reflets soyeux; les taches ferrugineuses. — Pieds
ferrugineux; hanches et base des cuisses noires; tarses
bruns. — Bord extérieur des ailes ferrugineux; première
cellule sous-marginale appendiculée. Longueur, 17 à 18
millimètres.
Du midi de la France.
T. bimaeulatus, Moq.
Abdomine nigro; segmentis duobus anticis macula
laterali fulva ; articulo tcrtio Qntennarum fulvo.

.. gg ..
· 9 , face jaune ; iront à tubérosité et ligne d'un noir
brillant; antennes noires, 3• article fauve à extrémité noire.
- Corselet noir à bandes peu marquées. — Les deux
premiers segments de l'abdomen ont une tache jaune sur
les c0tés,°celle du deuxième segment n’atteint pas le bord
postérieur; il n’existe`pas de traces de taches dorsales. -
Ventre noir a segmentation blanchâtre ; 3• segment ventral
avec deux petites taches jaunes au bord antérieur.-Cuisses
noires, tibias fauves, tarses noirs; balanciers bruns à tete
_ blanche.—Ailes un peu brunatres, avec la nervure margi-
nale jaunatre. Longueur, 13 à 14 millimètres.
Nord de la France. _
Sous-Gamuz ATYLOTUS, Osrmu-Sacxnu.
Caractères du Sous-Genre.
Le Genre Atylotus (awhmc, sans callosité) a été créé
par M. Osten-Sacken, dans son remarquable travail sur
les Tabanùles des Etats·Unis. Les insectes qui le compo-
sent ont en effet un facies particulier qui permet de les
reconnaître parfaitement. En voici les caractères princi-
paux.
Yeux pubescents surtout chez lesg; pas de tubercule
ocellifère; yeux proéminents ;chez le 8, tete grosse, très
. convexe antérieurement, plutot concave postérieurement;
ditïérence entre la grandeur relative des facettes des yeuxô ,
  toujours assez considérable; ligne de séparation de ces di-
  verses facettes toujours biei visible ; palpes Q dilatés à la
\ _ ___:

... 34 -
\ .
base; bifurcation de la 4• nervure longitudinale appendi-
culée, chez toutes les espèces, àl’exception du Plebqius, Fll.
Le Genre Atylotus, dont j’ai fait un Sous·Genre, ne
comprend que quatre espèces françaises, trois déjà con-
nues et une nouvelle. En voici les descriptions. ‘
A. iulvus, Hg.
Antennes rouges ; front Q gris jaunâtre avec une petite `
tubérosité noiratre au milieu; yeux gros, à facettes infé-
rieures chez le Q, plus petites que les supérieures.-Con
selet sans bandes.—Abdomen à bords latéraux jaunàtres, à
bande médiane noire, plus ou moins large,dilatée à l’extré-
mité, dernier segment noir. — Ventre jaune à bord posté- _
rieur noiratre. — Tout le corps est recouvert d’une pubes-
cence jaunâtre assez courte. — Jambes jaunes, base des
cuisses noire; métatarses intermédiaires et postérieurs
rembrunis ; tarses antérieurs et extrémité des tibias anté-
rieurs noiratres.-Ailes presque diaphanes, à base légère-
ment jaune ; bifurcation de la 4* nervure longitudinale
appendiculée. Longueur, 15 à 46 millimètres.
Très commun sur les fleurs en été, surtout dans le Midi.
A. rustalous, L.
Differe du Fulvus par les caractères suivants; la pubes-
cence générale est plus accentuée, la petite tubérosité du
front disparait parfois complètement. — Cuisses noires,
tibias postérieurs et intermédiaires fauves, à extrémités
· plus ou moins rembrunies; les antérieurs à extrémités lar-
gement noîres ; base des métatarses intermédiaires et
6

- gg ..
postérieurs fauves, les antérieurs noirs. Longueur, I5 i A
16 millimètres. \
Très commun sur les fleurs en été, surtout dans le Nord.  
A. nigriiaeies, Nov. Sp.
Cette espèce dont je ne possède malheureusement que
le male, est remarquable par sa couleur et, sa taille, qui
la distinguent des autres espèces. —Celles de France con-
nues jusqu’à ce jour sont d’un rouge fauve ou d’un gris
jaunâtre; elles sont de taille et de grosseur moindre.
8 ; yeux gros, proéminents, à pubescence bien visible; !
facettes inférieures sensiblement plus petites que les supé- I
rieures ; front jaune, glabre; face noire à pubescence fauve
assez allongée; palpes d’un jaune clair, ciliés de poils
presque blanchatres; dessous de la tete revétu de poils
longs et blanchâtres ; antennes jaunes, à 3* article peu
échancré àsa base,les deux premiers articles ciliés en des- .
sus et en dessous de poils noirs. — Thorax noir, recouvert
de poils serrés, gris et noirs sur le milieu ; d’un gris jau-
natre, plus fourrés sur les cotés et d’une tache de poils ·
blancs, en avant et en dessous dela base de l’aile; calus
huméral fauve; écusson noir, recouvert de poils gris et
noirs et muni à, son bord postéro-inférieur de poils jau-
nâtres allongés; poitrine noire recouverte de longs poils
gris. —Abdomen jaune rougeatre sur les cotés, à bande
médiane noire, quadrangulaire sur les 4 premiers seg-
ments, dilatée ensuite progressivement sur les autres Q
segments, jusqu’au dernier qui est noir ; pubescence
, courte et noiratre au milieu ; allongée et jaunatre sur les
côtés; bord inférieur des segments marginé de fauve. —
Ventre jaune rougeâtre, à bande noire médiane prononcée
sur les deux premiers segments, plus étroite sur les 3• et |•;
· I

F'
... œ -
derniers segments noirs largement marginés de jaune;
puhescence blanchàtre, plus épaisse et plus allongée au
bord inférieur des segments. —·Jambes rougeatres, pubes-
œntes; hanches noires; cuisses noires à la base jusqu‘au · l
tiers environ; times antérieurs noirs, les autres légère- I
ment rembrunis à l’extrémité; bord externe des tihias  
postérieurs fortement frangés de poils noirs d’égale lon- `
gueur. —Ailes diaphanes, à bord extérieur jaune, ainsi que |
le stigma qui est plus foncé; nervuro de la base et du bord ï
extérieur jaunes, les autres noires; bifurcation de la 4° `
nervure longitudinale appendiculée. Longueur, 18 milli-
mètres.
Cet insecte a été pris dans les environs de Bordeaux.
A. plebeju, Pll.
_ (le 1`abanus qui est rare est facile a reconnaitre, car il
est le seul des Atylotus français dont la biùircation de la
4• nervure longitudinale n’est pas appendiculée.
Noiràtre, a poils ceudrés épais ; antennes fauves, 3* ar-
ticle peu échancré; front sans taches;palpes jaunes; yeux
avec un seul arc pourpré bien visible, surtout sur l‘insecte
vivant ou frais; bord postérieur de la tete cilié de poils
· grisitres, visibles surtout chez le 5; faoe grise, à pubes-
cenee bianchttre; oorselet noiratre A pubescence grise
épaisse ; abdomen A pubescence grise, plus longue sur le
bord inférieur des segments. Chez _les 5, les bords laté-
raux des premiers segments sont parfois fauves, mais cette
coloration ne s’étend jamais sous le ventre; ce demier
est recouvert de poils gris jaunatres. ·-·- Jambes fauves ;
base des cuisses plus ou moins noire ; tibias antérieurs à
extrémité noirttre ;tarses antérieurs noiratres; mélatarses

I
i — 84 ——
2 intermédiaires et postérieurs fauves, les autres articles des ·
tarses légèrement rembrunis jusqu’au dernier qui est ,
noir; ailes diaphanes à nervures pales, plus foncées au
bord extérieur ; bifurcation dela ·l° nervure longitudinale
non appendiculée. Longueur, Il à 12 millimètres.
Très rare. —
GENRE HJEMATOPOTA, Me. A
 . I
Caractères du genre.
. Antennes horizontales, de trois articles ; le 3• à 4 divi-
sions peu distinctes; le l•' dilaté et velu, 3 ; tantôt pres- L
que conique, tantôt dilaté, mais glabre, 9 ; trompe et _ ,
palpes perpendiculaires, Q; horizontaux, 3; 2° article  
des palpes velu ; face sillonnée de chaque côté au niveau *
de la base des antennes, ponctuée sur les côtés; plus velue  
chez le 3 que chez la 9; front large, Q; les yeux se I
touchant presque 3 ; 9 , front, à bande transversale noire, i
» située immédiatement au-dessus des antennes ; avec trois 1
points noirs veloutés sur son disque; un gros, arrondi, de
chaque côté, et un autre plus petit, situé au milieu et '
. au-dessus des deux autres; bord postérieur de la tete
échancré entre les yeux; point d’0celles.—Ailes couchées,
parallèles au repos. Bifurcation de la 4• nervure longitu-
dinale, appendiculée.
Ces diptères ont, à l'ombre, un vol assez lourd; mais, _
sous Piniluence des rayons solaires ou d’un temps orageux,
leur vivacité devient extreme. Les femelles attaquent les

- 85 ...
animaux et se nourrissent de leur sang; c'est pourquoi on
les a appelés hœmatopotes ou buveurs de sang'; elles sont
fort incommodes dans nos forêts, où parfois elles rendent
nos animaux furieux. Les mâles sont plus pacifiques et
vivent du suc des fleurs. Les larves sont encore peu con-
nues. Je ne connais que la description de la larve et de la
nymphe de l’H. pluvùzlzls L. qui a été publiée par Fm`edrz2·h
Brauer dans les Mémoires de la Société de zoologie et de
botanique de Vienne en 1869. En voici la description.
Etude sur la larve de Pllœmatopota pluvialis L.
Les premiers états de ces insectes buveurs de sang
étaient jusqu’à ce jour inconnus. Dans une excursion que
je fis au mois de juin l869, à Langcnzersdor/Q je trouvai
près du talus du chemin de fer, dans un îlot de peupliers
blancs, dans un morceau de terre sèche, une larve blanche
de 20 millimètres de long sur 3 à 4 millimètres de large.
` Je ne l’examinai qu’à un faible grossissement et la
mis dans un tube pour la transporter à ma demeure.
Lorsque le soir, je voulus l‘examiner plus attentivement,
elle s’était malheureusement transformée en nymphe, de
sorte que je ne puis faire connaître que quelques carac- A
tères que me fournirent sa dépouille.
La larve est cylindrique, de l2 segments, y compris la
tète. Elle est entièrement différente du type des larves de
Tabanicmlzns. La lame membraneuse entrfouverte en ar-
rière est hérissée dans le milieu de longues arêtes, qui sont
soudées en avant avec la membrane médiane de la tete et
le labre. Ce dernier est étroit, un peu recourbé en arrière,
dilaté a l’extrémiI.é et cîlié latéralement. Les crochets,
recourbés en arrière, sont parallèles aux mandibules et

- 5 ...
ont le bord convexe et crenelé. Au·dessous et en partie
dans leur concavité se trouvent les machoires qui parais-
sent flexibles. Leur base est globuleuse et faiblement épi-
neuse; Pextrémité est en forme de doigt et en dehors se
trouve un palpe à deux articles d'égale longueur. Uarticle
terminal est dilaté et creusé en forme de cuillère. Au-
dessus et près des mandibules sont placées latéralement
les antennes dont les articles terminaux sont cylindriques.
` Le l•• est épais et long, le 2* co1u·t et étroit, ils sont sim-
ples. Il n’existe pas de poils à la base des antennes. Les
taches des yeux sont petites, plus apparentes peut-étre,
pendant la vie, situées en arrière du milieu de la tete.
Toute la tète est profondément rétractile; le corps est
d’un blanc pur, sillonné de nombreuses fossettes allon-
` gées, et portant latéralement et en-dessous,,depuis le P
jusqu’au l0• segment, de petites ampoules charnues;
chaque segment est muni de quatre de ces ampoules. Le
dernier segment a au-dessous une protubérance épaisse,
hémisphérique, et à son extrémité un petit cône muni
d’une ouverture perpendiculaire, laquelle est munie de
deux lèvres. Les lèvres sont de substance coriace, trans-
versalement sillonnées et conduisent chacune à une tra-
chée principale. Elles constituent donc les stigmates pos-
térieurs de la larve, pendant que les petits stigmates
antérieurs se trouvent en arrière du second segment.
L’ensemble de la structure de ces organes de la respire- 4
tion fait bien supposer que la larve n'a pas vécu dans ·
l’eau, ou ne l’a pas quitté pour se métamorphoser en  
nymphe; car, chez toutes les larves de Tabanides terres-
tres, les stigmates postérieurs sont disposés d'une façon
analogue , tandis que dans les larves aquatiques du
Tabamœ autumnalils et de l’HeZz:atoma pellucens, on remarque
*·-· .

.. 81 ..
que le dernier segment peut s’allonger fort loin en forme
de tuyau, et c’est seulement à l’extrémité de ce tuyau que
l’on remarque une fente.
La nymphe a l5 millimètres de longueur, elle est élan-
cée, ne porte point d’épines à l’extrémité de la tete, mais
seulement deux petites nodosités. La séparation des
jambes et fdes ailes se continue seulement jusqu’au bord
postérieur du premier segment du métathorax; les
autres segments, depuis le second jusqu’à l'avant-dernier,
portent une ceinture de poils. Le dernier est revetu d'une
petite fourche épaisse, dilatée, que l‘on remarque, la plu-
` part du temps encore, dans la peau de la larve.
Un male de cette mouche est éclos de la nymphe au
bout de I4 jours.
" Gette observation jette, sans aucun doute, un peu de
lumière sur ce que j’ai avancé sur la larve trouvée à
Konigsée,cette méme année. Mes recherches m'ont condui-
à la regarder comme une larve de Tabanide et peut-etre
serait·il permis maintenant de regarder cette larve, comme
la larve encore inconnue d'une espèce de C/zrysops. En
effet, les larves des autres especes de Tabanides: Tabanus,
Hzmatopota, Hexazoma, sont connues; la larve du Sylvùœ,
pourrait bien s‘éloigner quelque peu de celle des tabanic-
niens et en même temps, le genre Chrysops est tout à fait ·
différent à l’état d’insecte parfait. La larve en question
diffère d'une façon notable de celles de chacun des genres
ci-dessus énoncés.
L. Dufour, a donné (Ann. Soc. ent. 1862) une descrip-
tion détaillée et une figure de cette larve hypothétique,
mais il a conclu à tort que cette larve se rapportait à un
_ Scpedon. Cette opinion est impossible à admettre, car les
Sépédons doivent avoir une larve cyclorhaphe bâtie d’apres

1
- 88 -
le type des Muscides. —— D’après les recherches antérieures,
on `pourrait peut·étre rapporter cette larve aux üiptères
Lcptides ou Procépkales, bien qu’elle présente plus d’afii·
nités avec les Tabanides. _
Tableau synoptique des Espèaaa.
L Cuisses en partie jaunes et noires ...... 2
Cuisses noires avec ou sans reflets grisâtres . . 4
2. l" article des antennes à base largement jaunâtre,
à extrémité noiratre, n° I. Vamëgata·F.
1•* article des antennes noir ou brunâtre . . . 3 I
3. Antennes beaucoup plus longues que la tete.
n• 2 N:yr¢Z·0rmZ<s-n. Sp.
Antennes à peine plus longues que la tete.
n• 3 Bzyotzïn. Sp.
4. Antennes beaucoup plus longues que la téte.
n• 4 I talica-Mg.
' Antennes à peine plus longues que la tete.
n• 5. Pluvz2zlzk~L.
Ne 1.. H. variegata, P.
Les antennes de cette espece sont caractéristiques;
chez le 8, elles sont un peu plus longues que la tete, le
premier article très rcnilé et velu, le deuxième petit et
velu, le troisieme, allongé, glahre, à base rougeâtre; chez
la 9 , elles sont beaucoup plus longues que la tète; le
premier article est aussi long et à peine plus épais que le
troisième; mais, à son extrémité, il présente un étran-
glement qui semble former un article spécial et le fait
  .

- gg ..
paraître biarticulé. Les antennes ont le premier article
fauve à extrémité noire, le deuxième noiratre, le troisième
noir à base fauve. Corselet noiratre à deux bandes grises,
côtés jaunatres. Abdomen; C3'. Côtés des 2• et 3• seg-
ments, d’un jaune rougeâtre, parfois cette coloration se
trouve également sur le l•' segment et s’aperçoit par
réflexion sur les premiers segments ventraux; sur le mi-
lieu du 2* segment, une double tache noiratre ; sur le 3•;
une seule tache, qui s'étend parfois sur presque tout le
segment. Les autres segments sont noirs, à pubescence
jaune ou grise; tous les segments sont marqués de jaune
ou de gris, et sur les côtés cette coloration s’élargit sous
forme de taches; Q. La couleur rougeâtre des premiers
segments est presque indistincte, et cependant assez sou-
vent visible sur les côtés des segments ventraux corres-
pendants. Les segments sont plus fortement marginés de
jaune ou de gris et les taches latérales sont bien visibles.
Jambes fauves; base et extrémité des cuisses, extrémité
des tibias antérieurs, base, extrémité et anneau médian
des tibias intermédiaires et postérieurs, brunatres. Tarses
noirs; métatarses intermédiaires et postérieurs fauves.
` Longueur 12 à 13 millimètres.
Je doute que cette espèce soit française et je n'en donne
la descriptiion d’après Schùœr et Macquart que pour faire
mieux voir les caractères qui la différencient des deux
espèces suivantes, communes, dans nos Landes et que je ne
trouve décrites nulle part, Fabrz`cu:ls,(systema Antliatorum
1822, p. l09, n• 6), dit qu’elle vit à Tanger; Meigen la
cite du Manac, Macquart de la Barbarie; Schiner la décrit
dans sa faune, ce qui semblerait indiquer qu'elle habite
également l’Autricl1e, on pourra sans doute la trouver sur '
les côtes de la Provence.

... gg ..
N• 2. H. nigrieomis. Nov. Sp.
Differe de la Varùgata par les caractères suivants. `
Antennes noires ou brunes, base du 3• article plus claire;
cuisses antérieures passant du noir au brun clair. Abdomen
noir, à ligne médiane gris jaunâtre, élargie au bord infé-
rieur de chaque segment, mais surtout sur les deux pre-
miers ; bord inférieur des segments assez largement
marginés de la meme couleur ; ·I' segment et les suivants,
avec une tache gris jaunâtre de chaque coté, cette tache
bien visible sur le fond noir, parait comme enfoncée et
touche le bord inférieur du segment précédent; parfois sur
les premiers segments, on trouve des rudiments de ces
taches. Ventre grisâtre, bord inférieur des segments, lége-
rement marginé de jaunâtre. Longueur, I2 à I3 milli-
mètres.
Cette espèce, a été jusqu'à ce jour, confondue avec la
_ Varùgala, elle est commune dans nos Landes, je la pos-
sède également du nord, de l’est et du centre de la France.
· !€• 3. Bigoti. Nov. Sp.
Cette espèce se distingue des deux précédentes par les
antennes qui se rapprochent de celles de l’H. Pluvùzlù. Le
I•' article est du double aussi épais que le 3• et plus court
que lui, mais il n’est pas segmenté a son extrémité;
3° article à base fauve. Corps à pubescence blanchâtre sur
Pabdomen et les côtés du corselet, à pubescence fauve
sur le dos de ce dernier. La coloration des jambes est A
identique à celle du Nsyricomù, sauf que les cuisses anté-
· rieures sont d’un brun fauve, à reflets grisatres. Longueur
I2 à I3 millimètres.

... gg ..
Cette espèce se trouve dans nos Landes, mais elle est ·
plus rare que la précédente. Je la dédie au savant diptéro-
logiste français, mon collègue et ami, M. Bigot.
. N• 4. H. italien, Mg.
Antennes beaucoup plus longues que la tète; noires, lui-
santes çj'; parfois plus claires à la base du 3° article Q;
l•• article 9 , à peine plus épais que le 3• et plus long que
lui. 3, l" article très épais et pubescent. Abdomen noir,
segments marginés de blanc, avec deux taches arrondies,
de mème couleur, sur chaque segment; ventre à reflets
gris. 9 , d'une couleur plus claire; les taches manquent
souvent sur les premiers segments. Jambes noires, tibias
· antérieurs à base jaune, tibias intermédiaires et postérieurs
à deux anneaux jaunes et à métatarses de meme couleur.
Peu commun. Longueur, 12 à M millimètres. ,
N• 5. H. pluvialis, L.
'Antenues à peine plus longues que la tete; 3• article è
base jaune dans les deux sexes. 9 , l" article plus du
double aussi épais que le 3• et plus court que lui, segrnenté
à son extrémité, comme chez la Vanegata. 3, l•* article
épais et pubescent. La coloration générale est d’un gris
noir d‘ ; d’un gris blanc Q . Abdomen 3 rougeatrc
sur les 2* et 3° segments, cette coloration parfois visible
sous le ventre; segments marginés de blanc ou gris jaune,
avec deux taches rondes de méme couleur. Jambes noires;
tibias antérieurs à base jaune; tibias intermédiaires et
postérieurs à deux anneaux jaunes et à métatarses de
même couleur. _
Commun partout. Longueur, li a l millimètres.
` .;

- 92 ..
Gamm HEXATOMA, Me. '  
A l’aide du tableau synoptique des genres, on recon- ,
naîtra facilement le genre Hczcatoma. Ce genre ne comprend
` qu’une seule espèce française et mème, jusqu’à ce jour,
qu’une seule espèce européenne.
H. pelluoens, P. ‘ Z
Noir luisant, a reflets légèrement bleuàtres. Palpes «
bruns, face à pubescence grise ou jaune 9 ; antennes ·
paraissant avoir six articles, insérées sur une tubérosité 1
_ frontale noire. Front à pubescence grise ou jaunâtre, plus I
foncée en arrière, ayant sur son disque des impressions
sinueuses assez profondes. Les yeux ont des bandes pour-
prées à l’état vivant, qui disparaissent après la mort.
` Corselet et écusson à pubescence grise ou jaune. Les ,
deux premiers segments de l’abdomen sont recouverts de
poils blancs ou jaunàtres qui prennent sur les cotés une
teinte bleuatre. Dernier segment frangé de poils roux
assez longs. Ventre a bande médiane brune et à taches l
latérales blanches ou jaunes assez grandes, au milieu *
desquelles se trouve une petite tache noiràtre. Jambes
noires; base du tibia antérieur étroitement blanche ou
jaune; tibias intermédiaires et postérieurs blancs ou
jaunes à extrémité rembrunie, métatarses de ces derniers
jaunàtres. Ailes presque diaphanes à stigma très peu
coloré.
Assez rare partout, plus commun dans le nord. Lon-
gueur M à l5 millimètres.

- Q3 -
PANGONINIE.
Gsmuz PANGONIA, Lara.
Caractères du Genre.
(le genre comprend des espèces de grande taille, à colo-
ration brune ou noiratre avec des parties plus claires sur
l’abd0men. Face arrondie ne dépassant guère le bord infé-
rieur des yeux. Palpes courts; trompe tres longue, hori-
zontale, à lèvres terminales peu distinctes. Antennes aussi
longues ou à peine plus longues que la tete, 2* article
plus court que le 1**; 3* article à huit divisions, dont la
i'• est plus allongée que les suivantes. Front des Q sans
tubérosité ; yeux généralement nus. Trois ocelles saillants
quand ils existent, manquant complètement chez certaines
espèces. Corselet en ovale court, plus large en arrière
qu’en avant. Abdomen large et court, atténué a l‘extré-
mité. Tibias postérieurs munis d’une ou plusieurs épines
à leur extrémité. Ailes écartées au repos, foncées ou dia- .
phanes avec des taches ou des bandes. 4• nervure longitu-
dinale à bifurcation appendiculée; 1*• cellule postérieure
ordinairement fermée à l’extrémité.
Je ne connais que six espèces françaises, du genre
Pangonùx, et il ne m’est pas possible de les distinguer '
clairement, à1'aide d’un tableau synoptique. On peut ce- l
pendant les partager en deux sections, selon qu'elles ont
des ocelles ou qu’elles en sont dépourvues. Ho/fmezlster
· I

1
— 91 -— ·
avait créé, pour ces dernières, le genre P/ailoliche, dont il ·
me parait inutile de surcharger la nomenclature.
` Les Pangonia ocellées sont les suivantes :
Maculata. Rossi.
Marginata. F.
Micans. Mg.
Flava. Mg.
' Les Pangonia sans ocelle sont ,:
Variegata. Mcq. ' î
Picta. Icq. g
Voici leur description. ·  
' P. maonlata, Rossi. é
D'un jaune brun, plus ou moins foncé, a pubescence !
assez épaisse, d‘un gris jaunâtre. Antennes fauves; face
noire au-dessous des antennes, jaune à la partie infé-
rieure, à pubescence serrée, courte, jaunttre. Des oceiles.
-— Abdomen. 6* fauve, à. base tachetée de noir, avec de
larges bandes de meme couleur sur les trois derniers seg-
ments; Q noir, le l" segment à angles postérieurs
fauves, le 2• presque entierement fauve, ne laissant pa-
raître au miiieu qu’une tache triangulaire noire plus ou \
moins prononcée ; segments postérieurs densément recon- i
verts d’une pubescence jaunâtre. Ventre fauve à extré- I
mité noire 5* ; tout noir Q. Jambes fauves ; ailesteintées 1
de brunatre, à base jaune ; les nervures transverses sont I
recouvertes de taches brunes sous forme de bandes, qui '
envahissent parfois les nervures longitudinales voisines. ‘
Longueur 16 à 48 millimètres.
Rare. 4
I

.. 95 -
P. marginata, Fab.
` Corps d’un noir luisant; face, front et antennes noirs;
corselet à puhescence brunâtre, devenant presque d’un
rouge gris à l’épaule et aux angles postérieurs. l•* segment
de l'abdomen à trois taches de poils blancs ; 2• segment, à
tache médiane de même couleur et une autre latéralement,
longeant le bord du segment; le bord postérieur du 2•
segment ventral est entièrement 'marginé de polls blancs;
3° segment de l’abdomen, noir; 4* et suivants sur les
cotés, ainsi que le segment anal, bordés d’un duvet jaune
assez allongé, qui s’étend parfois sous le ventre. Ailes
d’un noir brun. Cellules médianes presque diaphanes
dans leur milieu. Cuillerons d’un brun jaunâtre; balancier
noir brunâtre; jambes d’un brun noir, à tibias parfois
plus clairs. Longueur, 18 a 20 millimètres.
Rare, nord.
P. mioans, Hg.
Corps d’un noir brunâtre; face et front grisatres ;
antennes fauves à 1** article brun et 3• à extrémité noi-
ràtre ; corselet à pubescence d’un gris roux, plus accen-
tuée à l’épaule et sur les cotés. l•* segment de l’ahdomen `
à pubescence jaunitre; 2• A trois grandes taches miroi-
tantes formées de poils tantôt blancs, tantôt dorés; 3•
largement marginé de poils blancs et dorés, avec une
tache triangulaire de poils blancs au milieu; derniers 1
segments, presque entièrement recouverts d'une pubes-
cence jaune dorée, bien visible surtout par réflexion. Les  
deux premiers segments ventraux, sont recouverts de poils '
blanchatres, les autres de poils d’un roux doré. Cette  

l
- gg ..
pubescence varie comme coloration , elle est plus ou
moins dorée, plus ou moins blanche. Ailes d'un brun
jaune. Jambes noires à tibias d’un fauve brun. Longueur,
48 à 20 millimètres.
Très commune dans le sud-ouest. · 4
r P. ilavn, Hg.
Corps d'un jaune brnnatre pale; face à pubescence
jaune ; iront plus pale. Antennes noires à 3* article jaune; U
palpes jaunes; pipette noire, presque aussi longue que le
corselet. Gorselet et abdomen, densément recouverts de
poils d'un jaune brun luisant 5 cuillerons jaune pale;
balanciers bruns à tète jaune. Ailes presque diaphanes, à
nervures d'un jaune pâle. Jambes fauves. Longueur, 18 à ·
20 millimètres.
Je ne connais pas cette Pangomb, qui a été trouvée
d’après Macquart, dans les environs de Lyon, par Baum-
hauer. Elle doit être très rare; elle ne se trouve, à ma
connaissance, dans aucun musée public ni auêune collec-
tion particulière.
P. varlegata, Hoq.  
A Noire. Face et front fauves, couverts de duvet blanc.  
Pas d’ocelles. Thorax a duvet grisatre et lignes blan- '
chatres; bord postérieur à poils blancs. Abdomen à légers
reflets bleus ; 2• segment à bord postérieur blanc, élargi 5
au milieu et sur les cotés ; 3• et·4• à tache dorsale blanche;
4• et suivants à bord postérieur blanc de chaque coté ; 2•
segment ventral bordé de blanc. Pieds antérieurs bruns.
Ailes un peu brunatres 5. Longueur, 16 à i8 millimètres.
Midi.

I
.. Q1 ...
P. Piota, Icq.
. Trompe noire, dépassant la moitié du corps. Palpes i
fauves. Face et front à duvet blanchâtre. Pas d'ocelles. Les
deux premiers articles des antennes fauves. Thorax noi-
ratre, à duvet jaunâtre. Une bande blanchâtre au-dessus
des ailes. Abdomen fauve ; une bande dorsale noire; une
tache dorsale blanche au 2• segment; un pointnoir de
chaque coté des autres; les trois derniers bordés latéra-
lement de blanc. Pieds fauves. Ailes brunâtres 3. `
Longueur, I5 à l6 millimètres. Midi.
Nota. - J'ai décrit les deux espèces précédentes d'après
les descriptions de Macquart, je ne les connais pas et
j'ignore meme si elles existent.
GENRE SILVIUS, Mg.
` Ce genre n’est représenté en France que par une seule
espèce qui est assez rare. En voici la description.
8. Vituli, P. I _
Jaune; palpes jaunes chez la Q , à extrémité noire
chez le 6; extrémité des antennes noirâtres. Front avec
une callosité noire arrondie 9 . Thorax d’un gris jau-
nâtre, abdomen jaune, à extrémité parfois rembrunie.
Jambes jaunes, extrémité des tibias antérieurs et tarses
rembrunis. Bord marginal de l'aile jaune, nervures plus _
pâles. Cuillerons et balanciers jaunes; ce dernier à tete
rembrnnie. Longueur, I2 à I3 millimètres.
7

- Q -
GENRE CHRYSOPS, xa.
Tableau synoptique des Espèces.
I . Bande alaire médiane avec une tache hyaline plus
ou moins arrondie ............ 2
Bande alaire médiane, sans tache hyaline . . . 4
2. Abdomen, d', avec une seule rangée de taches, `
jaunes; 9 a couleur foncée . . . ltalâeus, lg.
Abdomen: 6*, avec trois rangées de taches jaunes
sur tousles segments;9 decouleurplusdaire . . 3
Abdomen, dhavec trois rangées de taches sur tous
les segments, à Yexception du 3• qui u’a qu'une tache
médiane; 9 de couleur plus claire. Jlmmomlus, Rossi.
3. Cuisses jaunes, 9 . . Var. Perspâeülazris, Lw.
Cuisses noiràtres, 9 . . Var. Fencstratus, Fabr.
4. 1** article des antennes, épaissi.—-Jambes fauves.
R“ÃP”» Ms-
4* article des antennes simples ...... 5
5. Tibias noiratres ou brunatres . . Cœcutùms, L.
Tibias en partie fauves plus ou moins foncés . . 6
6. 2• segment de l'abdomen. jaune, avec une grande
tache quadrangulaire noire, 6* ; avec une petite
tache parfois isolée, 9 .... Quadratus, Mg.
2* segment_de l'abdomen jaune, avec deux taches
divergentes en arrière. Parfois ce segment est noir
avec les côtés fauves ..... Relùtus, Mg.

.. gg ..
Ghr. marmoratus, Rossi.
Noir, 3 ; d’un gris roussatre 9; antennes noires 3 ;
à base jaune 9; tubérosités faciales et maxillaires réunies
3 ; séparées Q; iront à deux tubérosités noires 9; cor-
selet des 3 à pubescence fauve sur les cotés, à deux
bandes étroites sur le dos ; corselet des Q à trois bandes
noires dont la médiane est linéaire ; une tache grise en
dehors de la bande latérale un peu au-dessus de l’insertion .
des ailes. — Ecusson brunâtre à reflet grisatre. -
Abdomen 3 avec une seule tache jaune sur le milieu du
3* segment; les taches latérales du 2• segment sont
larges, quadrangulaires et seconfondent avec la couleur
' jaune correspondante du segment ventral ; sur le 4' seg-
ment et les suivants, les taches sont rapprochées et se
confondent en arrière avec la bordure marginale. ——
Abdomen des Q , jaune, sans taches bien marquées, avec
des points et des lignes noires sur les trois premiers seg-
ments, les suivants marginés de noir àleur bord supérieur.
—— Ces dessins sont d'ailleurs assez variables ; ventre
presque entièrement grisâtre ; 3 ventre jaune à bande
médiane et extrémité noire. — Jambes noires, a tibias
intermédiaires, métatarses intermédiaires et postérieurs,
base des tibias antérieurs jaunes chez le 3 ; jambes
jaunes à base des cuisses, genoux et extrémité des tarses
noirs chez la Q .—Ailes foncées 3 ; plus claires 9 ; a bord
costal, bande médiane et apicale bruns. — Une tache
hyaline sur le milieu de la bande médiane, dans l’intérieur
de la cellule discoîdale. Longueur 10 à 12 millimètres.
Assez commun.

.. 400 -
NOTE DE UAUTEUR.
Ici se placent deux espèces, qu’il m’est impossible
' d’accepter comme valables, quelque soit le respect que
_ j’ai pour leurs auteurs. L’un le Persp:'cz'llarù, Lw., l'autre
le Fencstmtus. Fab. — La nomenclature est déjà assez
embrouillée, et on ne doit admettre une espèce que quand
elle présente des caractères invariables. Discutons donc la
validité de ces deux espèces.
Le Perspiczïlarzb, Lw, se distingue surtout du Mannoratus,
Rossi, par la présence, sur le 3• segment des 3, d’une
tache jaune latérale, et par la tache apicale des ailes qui
serait plus grande chez ce dernier. -—· Ces caractères sont
variables, les taches latérales disparaissent facilement, et I
je possède des séries qui permettent de passer d’une `
espèce à 1’autre. J’en dirai autant pour la tache apicale
de l'aile; voilà pour les males. Pour les femelles, la va-
riation est encore plus grande et les caractères qu’on a ‘
donnés pour les différencier n’ont aucune valeur, car la ,
coloration et la forme des taches varient à l’infini. — On '
peut cependant admettre le Perspicillanls, Lw., comme I
une variété du Marmoratus, Rossi. I
Examinons maintenant le Fcnestratus, Fab. - Meigen ï
donne la description du 8 qui se trouve dans le musée
royal de Copenhague. Cette description peut parfaitement
convenir aux deux espèces précédentes. Je possède une Q .
déterminée par Macquart lui-mème et qui ressemble en 1
tous points à celle du Mamwratus, sauf que la taille est
un peu plus grande et les cuisses noires à duvet grisâtre. .
Sont-ce là des caractères suftisants, je ne le pense pas, et _
je propose de ne considérer le Fenestratus Fabr., que
comme une seconde variété du Marmoratus. Ã
î` · L  

— 101 -—
Chr. italiens, Hg.
Gris, plus ou moins foncé ; antennes noires à articles .
grisatres en-dessous; bande médiane du corselet rétrécie
en arrière. - Ecusson noir; abdomen à deux rangées de
taches noires qui varient de forme et de grandeur, avec
un point noir sur les cotés de chaque segment 2 . ·— Chez
le 5, d’après Lœw, il existe une rangée médiane de taches
jaunes. — Jambes noires, base des tibias antérieurs et
tibias intermédiaires et postérieurs d'un jaune grisâtre.-
Balanciers brunatres. — Ailes noiratres, avec une tache
hyaline vers la base, deux autres petites vers le milieu et
une vers l’extrémité. Longueur 10 à 12 millimètres.
Très rare. Sud-ouest.
Je regrette de ne pas posséder un grand nombre d’in-
dividus de cette espèce, et je ne suis pas éloigné de
croire qu'on pourrait bien encore la considérer comme
une variété du Marmoratus, Rossi. ·
Chr. rutipes, Hg. .
Yeux verts, à taches pourprées, à l’état frais. - Face
jaunâtre 9 , front gris en avant, noiratre en arrière ;tubé-
rosités peu prononcées. — Antennes noires 6 ; jaunes
surtout en dessous Q. —- 1*** article renflé. — Corselet
noiratre à trois stries plus foncées, parfois peu distinctes,
la médiane plus étroite. — Bords latéraux à pubescence
jaunâtre. - Abdomen noir; 1•*’ segment à ligne jaune,
2• et les suivants avec trois taches jaunes triangulaires qui
se confondent parfois avec le bord postérieur du segment
qui est de meme couleur. — Coloration jaune plus

l
— 102 — ;
marquée et plus étendue chez la Q . — Jambes jaunes, .
base des cuisses rembrunie ; genoux noiràtres ainsi que  
l’extrémité des tarses ; les tibias antérieurs sont parfois  
largement noiratres à l’extrémité. - Ailes brunatres 3 ; g
un peu moins foncées Q ; avec les nervures fortement î
rembrunies. Longueur 8 à 10 millimètres.
Assez rare. Nord.
Chr. cœouttens, L.
3, Face à trois taches contigues. — Q Face jaune à.
. deux taches luisantes. Antennes noires à base du 1•* article
plus claire chez la 9 . — Thorax à deux bandes grises, .
sur le milieu et à pubescence fauve en dessous et sur les
cotés. — l" segment de l’abdomen noir, 3 ; à tache '
jaune latérale, Q; 2• segment, chez la 9 , à deux lignes Q
noires divergentes. Ventre jaune sur les cotés, anté-  
rieurement. — Jambes noires et parfois brunatres sur les u
tibias intermédiaires et les métatarses intermédiaires et ‘
postérieurs. - Ailes brunàtres 3 ; avec des tâches-
hyalines de chaque côté dela bande médiane Q .Longueur
10 à 11 millimètres. ` '
Très commun. — Partout. ,
Chr. quadratns, Hg.
Noir. — Antennes à base fauve, Q ; face et front à tuhé-
» rosités d'un noir luisant. —- Corselet à quatre bandes noi-
ràtres ou grisàtres, parfois effacées. Abdomen à 2•segment
jaune, avec une large tache noire quadrangulaire, 3 ; à
tache plus petite, presque arrondie, parfois isolée, 9 ;
à partir du 3• segment, la couleur est noire, le bord
inférieur de chaque segment est marqué de fauve. ——
ik

.. [03 -
Tibias intermédiaires et métatarses postérieurs fauves
bruns, 5 ; tibias postérieurs de meme couleur, Q ; ailes
brunàtres, gf ; bord eostal, bandes médianes et apicales
seules brunâtres, $2 ; le bord extérieur dela bande médiane
est un peu convexe. Longueur wa il millimètres.
Gommtm. — Surtout dans le Sud-Ouest.
Chr. reliotus, Hg.
Noir, peu luisant. - Face et front à tubérosités noires.
— Antennes noires, à |•* article fauve chez la Q . — Cor-
selet à bandes indistinctes, d' ;‘ visibles, 9; abdomen à
base jaune avec une tache noire échancrée en arrière
chez le 5*; avec deux taches soudées à la base et forte-
ment divergentes en arrière chez la 9 . — A partir du 3°
segment, l’abdomen est noiràtre, à taches jaunesmédianes L
et latérales plus ou moins prononcées chez le 6* ; bord
inférieur des segments marginé de la même couleur; sur
leur milieu, cette couleur s’étend presque jusqu’au seg-
ment précédent et présente parfois l’aspect d’une‘tuche
médiane.
Les deux premiers segments ventraux, sont jaunes à
tache médiane noire, les autres sont noiràtres, marginés
de jaune. - Jambes noires ;i base des tibias antérieurs,
tibias et métatarses intermédiaires et postérieurs, fauves.
— Ailes à bord~costal‘, bande médiane et apicztle brünatres.
Longueur 9 à 12 millimètres. ‘
p Assez commun dans le Sud-Ouest.
I

CATALOGUE SYHGHYIIOUE DES GENRES ET DES ESPÈCES.
TABANIDE. P•••~·
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_ hp. G. Intermedius, Egg .... 73
L mm", le- l • · · _ 63 7. Fu|vic0rnIs,lIg .... . 74
Mmmm, A ferrugincus, lg.
ûgmhu lg infuwc, Wlk.
I l
2. Am-apuus, Mg ..,,, 64 8· lnfuswus, Lv ...., 7L
lugubrü, zm_ 9. Glnucopis, Mg ..... 75
nigerrimus, Zell. l“"”I‘““‘• IF-
wmm, rg. MMM- Z"- I
,,;},50,,,, L gu,,gh_ I0. Gordiger, lg ..... 75  
:1. aigu. mm ...... ss ¤¢•`î¤M‘••î•· Uv- (
guy", pg latioornù, Z. ‘
ignolus, Rossi. Ii. Autnmnnlîs, L ..... 16
L. Solstltialis, Mg ..... 65 12. Macultcoruls, Z. . . . 76
tropicus, Lw. mgricmu, Egg.
5. Lnrldus, Fll. . . . . , 66 I3, Brcmîug, L. . , . , , 77
Iropicus, Soap. maculatu, Dog.
6. 1'ropicus, Fil. . . . . 66 Var. Glmœsœnn. Schin. . 79
luridau, law. glatma, lg.
7. Qundrinoutnn, Mg .... 67
8. Pilosnn, Lw ...... 67 —
— Iontums, lg ..... 78
s0¤s·0n¤nn nnuws, L. Gmcus, F . . . . . . 79
— R.u|Ipes,I(g. . . . · . 79
|. Mer, Rossi. . . .» . . 70 Bimnculntus, Icq .... 79
mordu, F. _
fumuu, Icq.
I

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soun-ann: rnnorus, 0. s. “b°"'f°'?°“'£tL"'
- varipemzu r.
1. Fllïllâ, MK. · · · · · si   Ol. _
“lP"f"‘1 °"‘”“· 2. Mminnm, F ..... sa
;'“"'”‘;bî°:""· Mustellala, F.
' °"°' ‘ mauriuma L.
2. nusucns, 1. ...... 81 œauwa l;mué_
“"“'·"“· F· s. Mums, Mg ...... sa
3. Nigrifnclcs, Nov .... 82 annu, lg.
. 4. Plebejns. F11; .... 88 L Fl"`, Mg. • · • · _ 96
mmm: H(EMA'l‘0P(Yl‘A, Mc.   ;:ï°8°:· M"! ·····  
- . 1 cq ......
1. Vu·Icgut;,F ...... 88 ’ -
2. Nigricornin, G0b. . . . 90 GENRE SILVIUS, MG.
3. Bigoü, Gob. . . . . . 90 ···
4. llnlirn, Mg ...... 01 1. Viluli, F ....... 97 .
Ekmgata, Esc. luth. ` "'
bnggcornm ycq_ _ GENRE CHRYSOPS, MG.
temoicomis, Icq. _
. gmndù Icq 1. Marmoralus, Rossi .... 09
. U ' ·
gymnonota, Brullé. ’ump“’ lg' .
5. mamans, 1. ...... 91   Lw
hgetomantis Sclvk. ' ‘
. mmm F’ 1«1s»m«,s¢1>p.
. œ, . ’ ü www > fenatratus, 1.11-.
g À Var. Perspiclllnris, Lw. . 100
1 GENRE HEXATOMA, MG. Var. Fcnentralus, F. . . 100
ï ma — 2. xmms, Mg. ..... 101
1 M“’ F" I 3. Rnüpen, Mg. .... 101
1 Mp L g` 0 ' 4. Cœwtiens, L ..... 10*2
' 1. 1>«1mœn1,1=· ...... 9‘Z l¤y¤M•. L
5 MMM, 5,,11,-, uidua1w,F. ‘
E bimacuhw, p_ yg_ 5. Qundmlus, Mg. .... 102
L —·—— pictus, lg.
L   ' p§(]ua[u;’ yg_
ï GENRE PANGONLM LTR• 6. R1!IîdU$,Mg. . . . . . 103
. — viduatus Fl!.
1 1. ltcululn, Rossi ..... 9-1 cœcu“e»;’ PL
I pmzmsm, r. ·· ‘
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I
\ -


			
LES GYRINIDES D’EUROPE.
Par M. le D' Reeiunanr.
La famille des Gyrewdœ est à la fois une des plus
naturelles et une de celles donit les espèces et les genres `
ont le plus d’aftlnité entre eux ; aussi est-il fort diflcile
de distinguer les dilïérentes espèces dont les caractères
sont souvent à peine perceptibles. On est obligé d'avoir
recours à de forts grossissements, tels que ceux des loupes
Stanhope, pour arriver, par exemple, à apercevoir la ·
ponctuation qui existe chez certaines espèces et que les
loupes ordinaires sont tout à fait insuftlsantes à faire
voir.
L’Europe est assurément la partie du monde la plus
pauvre en Gyrinides, car on n’y trouve que deux genres :
l• Gvnmus comprenant une douzaine d’espèces; 2• Onsc-
rocmws représenté par deux espèces seulement.
Je ne prétends point faire une monographie complète,
mais indiquer simplement les caractères de chaque espèce.
Quant àla synonymie, je la laisse à peu près de côté :
pour l’établir d’une façon bien certaine, il faudrait voir les
types qui ont servi aux descriptions des ditïérents auteurs,
ces descriptions étant généralement incomplètes et se
rapportant souvent à deux ou trois espèces.
Je commencerai Par donner un tableau dichotomique
' qui permettra de reconnaitre, au moins approxima-
tivement, les espèces; puis j’en donnerai des descriptions
plus détaillées.

i I
·— 408 —
I. - Labre transversal; dernier segment abdominal
court, arrondi et fortement déprimé .... Gvmws.
ll. - Labre triangulaire; dernier segment abdominal @
allongé, pyramidal et presque cylindrique. Oiuzcrocmws.
` GYRINUS·
1 z Prothorax et élytres bordés de jaune. . 2
' Non. ............ 3
Dessous du corps entièrement noir . . Strûztus.
2. : Dessous noir avec la poitrine et le seg-
ment anal d’un tesuicé rougeatre . . Concinnus.
_ Ecusson avec une petite carène mé- È
diane; élytres linementet densément I
3° réticulées ,......... Mùzutus. 4
Ecusson lisse, élytres non réticulées. . 4  
4 x Dessous du corps entierement testacé. Urînator. ·
° Non ............ 5
Dessous du corps entièrement noir . . 6 1
5 : Dessous du corps noir avec la poitrine
` et le segment anal d’un testacé plus ‘
· ou moins clair ........ l0
6 x Epipleures noirs, métalliques .... 7
' Epipleures ferrugineux ...... 8
v Angle externe dela troncature des ély-
tres arrondi; élytres pointillés très
lachement· et imperceptiblement 6*,
7. tres densément et visiblement Q . . Marina:.
Angle externe des élytres non arrondi, à ·
peine émoussé; élytres tout à fait
' lisses, dl et Q ........ Dejeani.
· n

.. [QQ ..
8 z Forme ovale, non allongée. . '. . . 9
' Forme très allongée, ovale ou parallèle. Bicolor.
9 t Taille moyenne ..... ` . . . Nüoticus.
` Taille petite ..... _ ..... Su/frùmz'.
Elytres très lachement et très tinement
l0. % pointillées dans les interstries . . . M
Elytres parfaitement lisses ..... 42
Forme ovale allongée, légèrement atté-
nuée de la base au sommet des ély- ·
H. tres ............ Caspius.
Forme très régulièrement ovale, non
atténuée en arrière ...... Colymbus.
Angle externe de la troncature des ély· .
tres non arrondi, à peine émoussé ; _
*2 forme allongée, ovale ou parallèle. . E’longatus..
' Angle externe largement arrondi et tout
à fait obsolète, forme courte, régu-
lièrement ovale ........ Natator.
ORECTOCHILU8.
Dessous du corps testacé ....... Villosur.
Dessous du corps noir, avec le milieu de la
poitrine et les segments abdominaux testacés. Bcllœrnl
I. Gmmus.
1. G. strùztus Fabr.; (stnyosus Aubé, fëatùms King.)-
Dessous du corps entièrement d’un noir métallique fort
brillant, avec les épipleures d’un testacé clair, les pattes
d’un testacé un peu plus brunâtre. Dessus du corps d’un
vert cuivreux, à reflets bleuatres et irisés suivant le jour

f - [IO -
É et suivant les individus, avec une étroite bordure jaune au
j · prothorax et aux élytres. Tete très finement réticulée,
j marquée de points espacés et de quelques rides ·irré-
gulières et obsolètes ; prothorax avec la meme réticulation
et une ponctuation plus forte et plus serrée, orné d'une
bande transversale d’un beau rouge cuivré et irisé;
élytres plus distinctement réticnlées, surtout dans les
sillons, à ponctuation assez serrée et bien nette, tronquée
au sommet dont l'angle externe est plus on moins accusé,
quelquefois nn peu saillant, et l’interne très arrondi;
marquées d'une stiie suturale et de dix sillons cuivrés
d’autant plus larges et plus profonds qu’ils sont plus
externes, les deux internes étant parfois entièrement
effacés ; ces sillons se réunissent deux à deux par une
anse postérieure ; intervalles légérement saillants en côte,
surtout les externes, les quatrième et sixième un peu plus
larges. Longueur ,6 1/2 à 8 millimètres.
Cette espèce se trouve dans toute l‘Europe méridionale,
dans la plus grande partie de l’Afrique, à Madagascar et à l
Bourbon. C’est à tort qu’Aubé la cite d’Austr·alie en
donnant pour syn0nymie· strigosus Fab. L’espèce de l
Fabricius diffère par la taille un peu plus petite, plus §
allongée, la troncature des élytres beaucoup moins mar- É
quée, la poitrine et le segment anal ferrugineux.
2. G. concinnus Klug.; (strùztus Aubé).'— Ditfère de
strûztus Fabr. par les caractères suivants: forme plus '
ovale, plus convexe, plus arrondie en arrière, poitrine et '
segment anal d’un testacé un pen ferrugineux; couleur
au-dessus d’un noir verdatre ou bleuatre, tres foncée ;
bande transversale du corselet moins visible; élytres à
angle externe de la troncature ar·rondi ; sillons d’un vert

—- ill —
claü §¤çn, torhmeut rétinnlés; intervalles externes
mats, fortement réticulés, excepté le huitième qui est
plus saillant et tres brillant. Longueur 6 I/2 A 7 milli-
metres. ,
Il habite les régions centrales et septentrionales de la
France et de l’Allemagne, la Turquie et plusieurs parties ·
de l'Afrique. ·
3. Gumuiwtus Fabr.; (ésholor 0liv.).- Ovale, assez convexe
. etun peu allongé. Dessous du corps entièrement testacé
ainsi que les pattes. Dessus d'un noir soinbre, parfois à
rellets bleuttres ou cuivreux sur les côtés qui sont plus
` brillants, avec une llne bordure d'un vert doré aux élytres
— et au prothorax, entièrement couvert d'une réticulation
ûne et très serrée, apparente surtout sur les élytres.
Carene de Pécusson faisant suite à un sillon longitudinal
du prothorax. Elytres à troncature un peu arrondie,
angle exteme obtus et très émoussé; points des séries
d'un beau bleu brillant, d’autant plus forts qu'ils ap-
partiennent aux séries les plus externes. Longueur 4 i
L millimètres I/4.
Cette description se rapporte au type. Dans une variété,
les segments abdominaux sont d'un brun noirttre ; dans
une autre, les élytres sont d'un brun ferrugineux en
arrière et le long de la suture. ·
Il se trouve en Europe et dans l’Amérique boréale ; il
préfère les eaux limpides et étendues, particulierement
au milieu des bois et forets.
4. G. mhawr Ill.; (lùteatus Steph. ; grzcus Brullé.). -·
Ovale et assez convexe. D’un beau noir luisant en dessus,
entierement testacé en dessous ; il est entièrement lisse,

— U2 —
sans aucune trace de ponctuation ni de réticulation ;
séries des élytres situées sur des bandes longitudinales
d’un brun chatoyant, formées de points extremement
petits et peu serrés sur le disque, plus forts et plus serrés
sur les côtés; portions latérales du prothorax et des
élytres plus ou moins cuivreuses. Longueur 6 à 7 milli-
mètres 1/2.'
Le G. variabilzs Aubé est une variété de cette espèce
caractérisée par la couleur brunâtre des élytres et les
stries internes tout à fait etïacées.
Cette espèce recherche les eaux courantes et limpides ; ‘
mais, quoique son habitat soit fort étendu, elle est géné-
ralement très localisée; elle se rencontre à peu près dans
toute l’Europe, surtout dans l‘Europe méridionale, en Al-
gérie, et probablement aussi dans une grande partie de
l’Afrique, car j'en possède un échantillon de l‘Ile-de-France,
de taille moyenne, qui ne diiïère en rien des nôtres.
5. G. marinus Gyll. — Ovale, peu allongé, d’une con-
vexité assez variable. Dessus du corps noir, plus ou moins
cuivreux ou bleuatre, parfois presque opaque; dessous
entièrement d’un très beau noir brillant à. retlets bronzés ;
pattes d’un testacé ferrugineux. Elytres ayant les stries
généralement très marquées, parfois presque canaliculées,
les internes souvent presque aussi fortes que les externes,
à points forts, rapprochés et bronzés; intervalles lache-
ment et à peine visiblement pointillés chez les çj', très
densément et finement ponctués, réticulés, chez les 2;
angles externes de la troncature très émoussés et arrondis.
Longueur 5 1/2 a 7 millimètres.
Espèce fort variable suivant les localités et aussi dans
la meme localité, se trouvant à peu près dans toute
1

— H3 —
l’Europe, surtout au centre et au nord. Dans les grandes
mares ou les grandes pièces d’eau très claire et renou-
velée, on prend généralement des exemplaires de grande
taille, à forme un peu déprimée, A strîes élytrales bien
marquées ; dans les petits cours d’eau, où il est souvent
très abondant, à Caen, à Amiens, par exemple, les indi-
vidus sont plus petits, plus convexes, plus brillants, `
souvent cuivreux, avec les stries internes moins profon-
dément marquées, parfois aussi d'un noir très foncé. Je
serais tenté de croire que le G. opacus Sahlb.; (xmas
Thoms.), est identique. Je ne connais pas le type, mais
tout ce que j’ai reçu sous ce nom présente tous les pas-
sages possibles avec le mamhus. _
La variété dorsahls Gyll. beaucoup plus rare, se distingue
par la coloration du dessus du corps qui est entièrement
opaque, avec les élytres plus ou moins rougeatres.
6. G.Dcjeam'Brullé ; (ameus Aubé ;`m'tens Sutl`r.).— Ovale,
, assez convexe. Dessus et dessous d’un noir bronzé fort
luisant; épipleures et segment anal parfois teintés de `
ferrugineux;`stries des élytres bien marquées, à points
rapprochés, les internes moins accusées; intervalles abso-
lument lisses sans aucune espèce de ponctuation. Lon-
gueur 5 millimètres 3/4 à 6 4/2.
Bien distinct de marinus par la troncature des élytres et
par les intervalles absolument lisses; du nüoticus par les ~
épipleures noirs.
Il habite l’Europe méridionale, la Corse, la Sardaigne,
le nord de l’Afrique et se retrouve à Madère.
7. G. Su/7i·iam'Scriba. — Ovale,un peu allongé,convexe,
dessus d’un beau noir luisant, largement cuivreux sur les
8

-- H4 —
cotés du prothorax et des élytres ; dessous noir avec les
épipleures et les pattes d’un testacé un peu ferrugineux.
Elytres marquées de séries de points forts assez espacés
et plus gros extérieurement, à peine tronquées à l’extré-
mité dont les angles externes sont obtus et tout à fait
émoussés. Chez plusieurs exemplaires les interstries sont
marqués de petits points d’une ténuité extreme. Longueur
4 3/4 à 5 millimètres.
Le G. Su/fnhni se distingue facilement à sa taille qui
excède à. peine celle du G. mùmtus et vit dans les eaux
· · courantes. On ne le connaissait guère que d’Allemagne,
lorsqu'il y a quelques années j'en pris quelques exem-
plaires en novembre dans les eaux limpides des tourbières L
à Mennecy—sur-Essonne ; plusieurs entomologistes, entre
autres MM. L. Bedel, Poujade, Sédillot et E. Simon, l‘y
ont également capturé.
8. G. nüoticus Walth. - Ovale, un peu plus large en
arrière qu’en avant, dessus d’un noir brillant, largement `
bronzé sur les cotés du prothorax et des élytres, étroi-
tement le long de la suture. Dessous noir avec le segment
. d’un ferrugineux obscur, la bouche, les épipleures et les
pattes d’un testacé ferrugineux. Elytres à stries formées
de points assez serrés, les internes beaucoup moins
accusés que les externes; angles externes de la troncature
obtus et émoussés; intervalles marqués de très petits
points visibles à une forte loupe. Longueur 6 millimètres.
Ditfère du Sujfnhni dont il est très voisin, par la taille
beaucoup plus grande, la forme non atténuée en arriere,
les stries des élytres à points plus serrés et la ponctuation '
bien nette des intervalles.
Cet insecte habite l’Egypte, la Syrie et certainement 2
s î

— H5 —-
aussi d'autres régions voisines. Je le mentionne ici, parce
qu’ayant été pris à Chypre , il pourrait fort bien se
retrouver dans l’ile de Crete.
9. G. bùwlor Aubé. — Forme très allongée, très variable
sans distinction de sexe: tantôt ovale, tantôt parallèle
ou meme comprimée et un peu étranglée. Dessous du
corps noir, poitrine et segment anal d’un ferrugineux
presque noir, épipleures et pattes d’un testacé ferrugineux.
Dessus d'un beau noir luisant, souvent bleuatre, plus ou
moins largement bronzé sur les côtés. Elytres très
allongées,uon atténuées en arriere où elles sont arrondies
` avec l’angle externetrès largement arrondi ; séries assez
bien marquées, à points médiocrement serrés,les-internes
plus faibles ; intervalles tout à fait lisses. Longueur *1 l/2
à 8 millimètres.
Bien distinct de l’elongatuc par la couleur noire du
· dessous du corps, la poitrine et le segment anal n’ayant
que tres rarement une légère teinte ferrugineuse, et par
la troncature élytrale qui est arrondie au lieu d’etre
carrée. Distinct du caspius par la forme plus allongée et
non atténuée en arrière, et surtout par les intervalles des
élytres absolument lisses.
Il recherche les eaux claires et d’une grande étendue et
se prend, entre autres endroits, à Enghien, aux environs
de Rouen, et dans les tourbières de l'Essonne ; il n'est`
jamais abondant comme les autres espèces avec lesquelles
il est mélangé.
IO. G. caspùn Ménétr.-Forme assez allongée, non pa-
rallèle, un peu amincie en arrière, ce qui fait que la plus
grande largeur du corps se trouve un peu en arrière des

— U6 -
épaules. Dessus d’un beau noir brillant, un peu cuivré sur
les cotés ; dessous d’un noir métallique, pattes et épi-
pleures d’un testacé un peu ferrugineux; bouche, poitrine
et segment anal d’un ferrugineux obscur. Elytres à angle
externe de la troncature très obtus et très émoussé, à
angle interne étroitement arrondi ; stries des élytres
formées de points réguliers et assez serrés, les internes
moins marqués ; intervalles très finement pointillés.
Longueur 7 1/4 à 7 3/4 millimètres.
Cette espèce, qui habite surtout les pays avoisinant la
mer Caspîenne et l’Asie mineure, se retrouverait aussi en ,
Espagne, d'après le catalogue de Munich, et serait la
même que le G. hzlspanicus Fald., in litt. Très voisin du
suivant, il s’en distingue principalement par la forme
moins régulièrement ovale, par la taille plus grande.
H. G. colymbus Er.; (libanus Aubé.)—Forme régulière-
ment ovale, peu allongée, non atténuée en arrière. Dessus
du corps d’un beau noir luisant, parfois étroitement cuivré
sur les cotés; dessous noir métallique, épipleures et pattes
testacées, poitrine et segment anal d’un ferrugineux très
foncé, presque noir. Elytres ayant les memes stries et la
mème troncature que l’espèce précédente, intervalles très
finement et plus ou moins densémcnt ponctués, cette
. ponctuation formée chez quelques individus de stries
courtes et obliques de dehors en dedans. Longueur 6 à 7
millimètres. ·
Il est certain qu’il faut rapporter à cette espèce le G. dis-
tinctus Aubé, dont la description ne diffère du reste en rien
de celui—là, si ce n’est par la ponctuation qui est souvent
très fine et qui peut avoir été méconnue d’Aubé, comme
celle du caspùas. Du reste tous les individus que j'ai

— H7 —
trouvés dans les collections étiquetés dùtinctus, étaient
soit des elongatus, soit des colymbus.
On trouve cette espèce dans la plus grande partie de
l’Europe; en France, en Allemagne, au Caucase et en
Syrie ; elle est très rare partout.
42. G. elongatus Aubé. — Forme et taille très variables:
tantôt ovale, médiocrement allongé ; tantôt très allongé,
parallèle et meme un peu étranglé au milieu du corps, il
n’est nullement atténué en arrière ou les élytres sont
coupées carrément. Dessous du corps noir, avec la bouche,
la poitrine, les trochanters et le segment anal d'un tes-
tacé rougeâtre clair, les épipleures et les pattes d’un jaune
clair. Dessus d’un beau noir, fort luisant, peu ou point
bronzé sur les côtés. Elytres tronquées carrément, à angle
externe obtus, peu émoussé, à stries bien marquées, for-
mées de points médiocrement serrés, les internes parfois
un peu obsolètes; intervalles absolument lisses, sans aucune
trace de ponctuation. Longueur 6 à 7 millimètres 3/4.
Var. angustatus Aubé. - Cette variété est constituée
par les individus de petite taille qui présentent des
formes aussi variées que le type avec lequel elle vit
constamment mélangée.
Cette espèce préfère les eaux saumatres et n’est guère
abondante qu’au bord de. la mer; M. E. Simon en a pris
un fort grand nombre au bourg d’Ault et elle se retrouve `
sur toutes les côtes de France et d’une grande partie de
l'Europe ; elle a été également prise dans la Lozère, et
sur plusieurs points, en Allemagne.
Le G. clongatus Aubé est bien ditïérent du bicolor Aubé
quoique beaucoup d’autres auteurs les aient confondus. La
synonymie bicolor Payk. , n’étant pas encore absolument

.. M3 -
sûre, je lui conserve le nom d’Aubé qui ne donne lieu à
aucune confusion.
13. G. natator Linné. — Forme régulièrement ovale, non
allongée et assez convexe. Dessous noir, avec la bouche,
la poitrine et le segment anal d’un testacé rougeâtre clair
ou quelquefois obscur ; épipleures et pattes jaune clair.
Dessus d‘un noir extremement brillant; bronzé sur les
côtés. Elytres arrondies à Pextrémité, avec l'angle externe
tout à fait émoussé et arrondi; séries à points médio-
crement serrés, les internes parfois entièrement obsolètes;
intervalles absolument lisses. Longueur 5 1/2 à 6 milli-
_ mètres I/2. ‘
Facile à distinguer par la forme courte et par la colo-
ration du dessous du corps qui est lamème que chez
Pelongatus.
La variété margùuztus Gerin- est caractérisée par la
poitrine et le segment anal d‘un ferrugineux presque noir;
la variété natator Germ., par le dessus du corps d’un noir
mat, avec les séries internes des élytres effacées. `
Espèce fort commune se trouvant par toute l‘Europe et
dans les eaux stagnantes et courantes.
`II. Onncromùnus.
L O. vülosus Müller; (Modeerf Marsh.).-Ovale, allongé,
fortement convexe, presque cylindrique, assez fortement
renllé au premier tiers des élytres. Dessous du corps d’un
testacé un peu ferrugineux, avec les pattes plus claires.
Dessus d’un noir brillant, fortement et peu densément

- 119 —
ponctué, à pubescence couchée et d’un gris clair;
quelques traces de sillons sur les côtés des élytres dont la
troncature est oblique, avec l'angle interne droit et
l’externe très obtus et émoussé. Dernier segment abdo— ·
` minal ferrugineui en dessus. Longueur ë`rùillimëti‘es `1/2. à
Get insecte, qui est nocturne, habite les ruisseaux et les
rivières dont le courant est rapide et l‘eau très battue ; le
jour il se cache sous les mousses au bord de l’eau et la
nuit il chasse les insectes en nageant très rapidement;
il '[Ilbnge moins que les Gyrùtus. On le 'redbdliirê dans la `
plus grande partie de l’Europe.
2. 0. Bellierilteiche. — Eiëtrèmement voisin du précé-
dent, dont il dilïere par les caractères suivants : corps un
peu moins allongé, un peu plus convexe; dessous noir
avec le milieu de la poitrine, les segments abdominaux et
les épipleures testacés ; dessus du segment anal noir ;
antennes presque entièrement noires ; tandis qu’elles ne V
le sont qu’au milieu chez le vülosus. Longueurô milli-
mètres 1/2.
Espèce bien distincte dela précédente, se prenant en
Corse et en Sardaigne.

I
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i

L’EXPOSlTION FORESTIÈRE
AU CONCOURS RÉGIONAL DZAMIENS
Par M. Rent VION.
Ce travail, qui date déjà de plusieurs années, mais qui s’est
trouvé retardé par suite de circonstances indépendantes de la
volonté du rapporteur, retrouve une quasi-actualité dans le pro-
chain retour à Amiens du Concours régional. Nous avons donc cru
pouvoir le publier, suivant le désir qu’en avaient témoigné autrefois
MM. les Membres du Jury, ainsi que les Organisateurs de l’Expo-
sition forestière.
L’une des plus importantes annexes du Concours ré-
gional de l875 était l’E:rpos£tion forestërc, organisée par
les soins de M. de Beaussire, conservateur des forets, et
installée A la Hotoie dans un chalet et dans deux pavillons
rustiques, construits tout exprès sur les dessins et sous la
direction de M. Thélu . sous-inspecteur des forets à
Boulogne.
L'Administration municipale avait parfaitement compris
tout l’intérét scientifique qu‘une telle exposition pouvait
, offrir. Aussi avait—elle voulu contribuer, par une subven-
tion, à en augmenter l'importance, et avaitrelle nommé,
d’autre part, une Commission chargée d'apprécier les ob-
jets exposés, et de présenter un rapport sur leur ensemble.

.. [22 -
Cette Commission, composée de MM. de Froissy, Garnier,
Leullier, Prouvost, Richer, Thuillier et lt. Vion, s’est
, réunie plusieurs fois; elle a pris connaissance des objets,
des mémoires et des plans exposés; gràce à l‘obligeance
de M. le Conservateur, et de MM. Thélu et de Jubaiwville,
elle a pu obtenir, de vive voix, un grand nombre d’utiles
éclaircissements : elle a profité également des notes expli-
catives dues à MM. de Jubainville et Bécourt, et insérées
à la suite du Catalogue de l'Exposition. i
La Commission est heureuse de rendre, tout d'abord,
hommage au savoir étendu et à la complaisance extrème
de MM. les Organisateurs de l’Exposition. Elle a trouvé
en eux des guides aussi obligeants qu‘inst.ruits, qui ont
beaucoup facilité la tâche du rapporteur.
. Il n'eût pas été facile, en effet, sans ce secou1·s et sans
celui d’un catalogue bien fait, de se reconnaitre au milieu
du grand nombre et de la variété des objets exposés. Le
catalogue a distribué l'Exposition en douze séries. Nous
croyons ne pouvoir mieux faire, pour en rendre compte,
que de passer en revue rapidement chacune de ees séries.
Si les exigences de Pemplacement n’ont pas permis de
s’astreindre rigoureusement, dans la disposition des ob-
jets, à l’ordre rationnel ainsi adopté, du moins, les na-
méros d'ordre, renvoyant à un catalogue libéralement _
distribué, les étiquettes, rédigées en termes clürs et pré-
cis, suftisaient amplement à guider le public désireuxàe
s’ii1struire. Ici, en e&`et, on peut le dire, tout était matiere
à instruction.
La premiere série, exposée tout entiere dans le chalet .
du milieu, comprenait les cartes, plans et dessins, ainsi
que les mémoires manuscrits ou déjà publiés. Gétait la
partie dogmatique par excellence, et il est regrettable

- lill —
qu’elle ne puisse pas rester accessible, d/une façon perma-
nents, aux regards du public et surtout aux recherches ·
des personnes qui prennent intérêt aux questions de sylvi-
culture.
` Les exposants étaient nombreux pour cette série 2
nous devons citer: M. Honoré, inspecteur des forets, et
M. Baudelot, sous·inspecteur, il Laon, pour la carte géelœ
gique du département de l’Aisne, et des foretsdu canton-
nemcnt de Laon; M. Fortier, sous-inspecteur à Villers-
Gotterets, et M. Gayet, inspecteur à Lille, dont les plans et
tableaux statistiques faisaient ressortir d’une manière ·
compléte tous les éléments qui permettent d'apprécier la
richesse et le revenu des forets de l’inspection de Lille;
M. Bouvart, inspecteur au Quesnoy, qui a présenté un
magnifique plan en relief, sur bois, de la foret de Mormal,
relief fort habilement exécuté de sa main, et qui 'a du a '
exiger de nombreuses opérations sur le terrain.
Une carte géologique de cette méme foret, accompa-
gnée d’un intéressant mémoire manuscrit et d‘échantillons _
à. l’appui, était exposée par M. Bécourt, sous·inspecteur au
Quesnoy. M. Badré, garde-général à Landrecies, présentait
une carte géologique du Bois-l’Éveque,et M. Cromback,
garde-général à Avesnes, un plan photographié dela foret
de Fourmies, habilement reproduit par un nouveau pro-
cédé. La comparaison de la situation des dunes de Saint-
Etienne et de Condette, en 1820, avant tout travail de L
‘ reboisement, et de leur état actuel, apres les plantations
faites avec habileté et persévérance par M. Adam, ressor-
tait parfaitement des deux plans exposés par M. .Tbélu,
sous-inspecteur à Boulogne, mais faisait désirer une notice `
complémentaire. La carte géologique de la foret de
Boulogne, du meme exposant, était bien ihite, et la grande

- gg; ...
variété des terrains du Boulonnais ajoutait beaucoup à ,
l’intérét qu’elle offrait. La carte géologique et forestière
de M. Chenu, garde-général à Saint-Omer, dressée pour
` tout Parrondissement, et accompagnée d’une notice inté~
ressante, faisait bien ressortir l’intluence du sol, au point
de vue de la culture des diverses essences. M. Chenu avait
également exposé le dessin au fusain d’un hétre de
200 ans, offrant un exemple de greffe par approche.
M. Doudoux, garde-général à Hesdin, présentait un
dessin de l’intérieur d’une mine, et deux photographies,
celle du chantier d’injection de traverses du chemin de
fer d’Arras à Etaples, et celle du gros chene de la forét
d‘Hesdin, remarquable non seulement par ses grandes
dimensions, mais par la régularité de sa tige et de sa
_ cime. M. de Fromont, sous-inspecteur àAbbeville, exposait
n une carte descriptive et géologique de la foret de Crécy,
accompagnée d’une notice donnant, sur Pexploitation et
le revenu de cette forét, d’intéressants renseignements.
M. d’Arbois de Jubainville, sous·inspecteur à Valen-
ciennes, mérite une mention toute spéciale dans notre
rapide exposé de cette première série; les volumes séparés l
et la nombreuse collection de mémoires publiés par lui
dans la « Revue des Eaux et Forets », dans les « Annales
Forestières », etc., le placent, sans contredit, au rang des
· sylviculteurs les plus distingués. Dès l860, son talent se
révélait dans une étude sur les taillis sous futaie, riche de
calculs et d’aperçus théoriques remarquables. En 186t, il
se livre à d’intéressantes et savantes recherches sur les
assolements forestiers. Son manuel du défrichement des
forets est un véritable traité, très complet et très remar-
quable,de toutes les opérations ayant rapport au défriche-
ment des bois et à la mise en culture des terres après

— l25 — ’
leur défrichement. Cet ouvrage devrait être dans la `
bibliothèque de tous les propriétaires de bois.-La meme
année (1865); M. de Jubainville publiait encore deux bro-
chures : l’une sur le règlement du balivage dans une _ A
foret particulière ; l'autre, dans laquelle l’auteur signalait
et faisait comprendre le danger d’une aliénation des forets
de l’État. · `
Sa note sur Pélagage des arbres forestiers, est une réfu-
tation des doctrines trop absolues professées par certains
auteurs en matiere d’élagage.
Le petit volume de 405 pages intitulé : Tarif pour le
cubage des bois , renferme une notice accompagnée de
tableaux numériques sur les méthodes abrégées à suivre
pour cuber les bois en grume. Ces méthodes comprennent
l’application de l’instrument appelé dendromètre.
La canne dendrométrique inventée par M. de Jubainville,
et qui figure parmi les instruments exposés dans la cin-
quième série, est une canne dont la tete recourbée pré-
sente deux ouvertures auxquelles on peut appliquer l’œil,
et qui déterminent ainsi, la canne étant tenue verticale-
ment, deux lignes de visée, l’une horizontale, l’autre qui
forme sur la première un angle de 45% — Pour s’en servir,
on s'éloigne du pied de l’arbre à mesurer, jusqu’a ce que
la ligne de visée à 45• vienne en raser la cime; on a ainsi
déterminé \un triangle rectangle zkocèle, dont le rayon
visuel forme Phypoténuse. 011 obtient alors facilement la
hauteur de l’arbre en mesurant la distance à laquelle on
se trouve de son pied, et en y ajoutant la hauteur de
Yinstrument au-dessus du sol. - Get instrument, facile à
porter, doit être d’un usage commode pour les agents fo-
restiers. ‘ ·
Sous le N• M, figuraient vzhgbdeux mémoires insérés par

.. ggg ..
M. de Jubainville dans les « Annales forestières » , la
« Revue des Eaux et Forets », le « Bulletin de la Société
forestière », le « Journal de l’Agriculture xi, de 1859 à 1875.
Ge sont des notices assez courtes, ainsi qu’il convient
dans des revues périodiques, mais toujours pleines de
faits, révélant les infatigables recherches du travailleur, sa
puissance d’assimilation, et la facilité avec laquelle il
manie le calcul algébrique, l’instrument par excellence de
la démonstration dans les sciences.
Ce sont d’abord, en 1859, des « Observations critiques
sur la méthode proposée par M. Bujon pour établir un
plan de balivage sous futaie », court, mais substantiel
_ travail, dans lequel M. de Jubainville prouve que l’hypo-
these de M. Bujon sur l’ini1uence du couvert des arbres
n’est pas conforme aux faits, et que d’ailleurs la marche
adoptée en partant de cette hypothèse n’est pas irrépro-
chable.
ll établit ailleurs, d’après les résultats obtenus dans les
taillis sous futaie de la foret de Vaucouleurs, les avantages
de l’exploitation à 15 ans, qui donne un revenu plus élevé
que les coupes aménagées à 30 années. — Des questions
de tout genre : l’Accroissement des futaies de chene dans
' les taillis ; — l’Acclimation et la domestication d’animaux
utiles et de gibiers étrangers sont rapidement mais
savamment traitées par lui. — Plus loin, c‘est une analyse
des études de M. Clavé sur l’Economie forestière ; -— c’est
i une étude de l’Inf1uence des forets sur le régime des eaux.
M. de Jubainville reconnaît, avec M. l’ingénieur Belgrand,
Faction régulatrice des bois résineux sur le régime des
eaux; l’intluence des bois feuillus serait, suivant lui,
beaucoup moins établie.
Une visite de M. de Jubainville à la charpente de la

— 127 -
Gathédrale d’Amiens lui permet d’affirmer que cette char-
pente est en chêne, et non en chdtazymer, ainsi qu’on le
prétend généralement. Il en conclut que la limite septen-
trionale de la végétation du châtaignier n’a pas varié, et
qu’elle se trouvait, autrefois comme auj0urd’hui, en deçà
d'Amiens. I
En 1869, il établit, par de nouveaux faits observés à
Saint-Amand, Piniiuence considérable du pin sylvestre
' pour absorber l’humidité d’un sol que les bois feuillus
n’avaient pas asséché. ·
Dans une seconde étude sur le taux de placement pour ‘ A
les coupes dont l’exploitation est ajournée, il analyse les
formules publiées à ce sujet, et établit celles dont l'emploi
est indispensable au sylviculteur qui veut se rendre compte
des résultats économiques de Pajournement de ses coupes. 4
ll revient encore sur ce sujet dans deux notes: l’une ·
pour relever une erreur de calcul dans la formule em-
ployée par M. Becquet ; l‘autre, pour discuter au point de
vue économique les avantages de hater ou de retarder l’ex-
ploitation des taillis, en distinguant avec soin l’intéret des ’
particuliers de celui des forets de 1’Etat. — Uexplication
du dendromètre inventé par lui ; — une note sur la récolte
des feuilles pour la nourriture des bestiaux, et sur le mal
de bro·u,·amené par le pâturage dans les bois ; —- une autre
signalant la destruction par les lapins de jeunes planta-
tions de pins; — enfin, la critique de certains errements
et l’indication de réformes utiles à adopter dans l‘B'stima-·
tzbn des bmlr sur pied, dans la Délivrance des bois de menthe;
dans le Recépage des plants et dans le calcul _de Plndemnité
pour fexpropnhtzbn des bois; tous ces travaux que nous
n’avons fait que signaler, et dont plusieurs mériteraient
une étude approfondie, font voir en M. de Jubainville un

- [28 -
penseur original, au savoir profond, à l’esprit souple et
_ varié. — G’est ainsi, du reste, qu’il s’est montré à nous,
dans des entrevues qui nous ont mis à meme de mieux
apprécier l’Expositi0n sous toutes ses faces. .
La 2• série figurant au catalogue, consistait en un ta-
bleau dressé par M. Chouffe, garde-général à Amiens, des
densités d’un grand nombre des échantillons de bois ex-
posés. C'est là un travail qui pourrait etre complété, et ·
qui présenterait un grand intéret, si l’on tenait compte,
· ainsi que M. Choutfe l’a fait dans ses annotations, de toutes
les circonstances qui peuvent influer sur la densité d'une
méme essence: Page de l’arbre, son état de vigueur ou de
maladie, la rapidité ou la lenteur de sa végétation, la
sécheresse plus ou moins grande du bois, et la composition
. du sol. Ici, tous les bois étaient fraîchement coupés, et
l’on aurait pu avoir d’excellentes données comparatives;
mais il est regrettable qu’il n’ait pas été possible de tenir
compte de la quantité variable d’écorce adhérente aux
divers échantillons, quantité qui devait sensiblement mo-
difier les résultats obtenus. C’est peut—étre à cette cause
que sont dus, en partie, des écarts (1) assez considérables
dans les chiffres trouvés. Ainsi, pour le chene, la densité
varie de 0,646 à 0,978; pour le hetre, de 0,759 à 0,962.
Néanmoins, ce tableau présente des données utiles à
consulter; il fait voir qu’il ne faut pas adopter, d’une façon
trop absolue, les nombres donnés par les tableaux en
usage. Pourle charme, par exemple, la Physique de Daguin
(1) Ces écarts n'ont, du reste, rien d‘anormal: voir Matthieu. (Note
de M. L. de Beaussirc). .
ia

- ggg -
donne (probablement d’après Biot) une densité moyenne
de 0,45 ; tandis que la moyenne calculée d'apri·s les
nombres de M. Gboulïe, est de 0,83 (I). Il est probable que
la densité 0.45 se rapporte à du bois de charme très sec;
mais de semblables diifércnces sont bonnes à constater.
La 3° série: Produits lzyncuxçifétat brut, était largement
représentée, puisque les bois envoyés ne formaient pas
moins de 587 échantillons distincts, adressés par t6 ex-
posants. MM. Baudelot, sous-inspecteur à Laon, Duchesne,
garde-général à Saint-Gobain, et Peitïer, garde-général à
Vervins, avaient envoyé toute une gamme de rondins en
coupes transversales et longitudinales, représentant]; ph;-
part des essences des forets de Marle, Samoussy, Vauclerc,
Saint-Gobain, Cioucy-Basse, Andigny et Val Saint-Pierre,
prises à divers ages, en taillis et en futaie.
Ils avaient, en outre, consigné les résultats numériques
du mesurage de tous ces échantillons, accompagnés de
renseignements sur la nature du sol, dans des tableau; `
comparatifs, qui ont paru fort intéressants à la Commis-
sion, et qui mériteraient certainement d’étre publiés.
MM. Dalexandre, garde-général à Hirson, Gayet, ins-
pecteur a Lille, et de Frobard de Lamette, garde-général
allazebrouck avaient exposé également des séries bien
choisies de bois d’essence et d’age variés, provenant des
foréts de Saint-Michel et de Phalempin; malheureusement,
ils n`avaient pas donné, comme leurs collègues précités,
ces tableaux résumant synthétiquement les résultats nu-
mériques, et qui otïrent le double avantage de rendre les
(1) Le charme trè: sec exposé en 1867 ll Paris avait une densité
variant de 0,799 à. 0,902 - Voir Matthieu.(not¢ dc ML. de Beaucaire). —
9

— l30 —
comparaisons plus faciles, et de pouvoir ètre conservés et
livrés à la publicité.
~M. Cromback, garde-général à Avesnes, présentait,
' entre autres échantillons de la foret de Fourmies, une
section transversale d’un chene de 1***25 de diamètre, sur
laquelle il avait tracé les lignes du sciage des bois de me-
nuiserie, et qui faisait voir que le déchet est parfois tout
à fait nul.
M. Bécourt, sous-inspecteur au Quesnoy, exposait une
‘ collection remarquable par la beauté et la grosseur des
échantillons présentés sous forme de coupes longitudinales
et transversales. Ces beaux chênes de la forêt de Mormal
sont vendus comme chênes du Hainaut.
M. Chenu, garde-général à Saint-Omer, exposait des
sections de chênes rouvres et pédonculés des forets de
· Tournehem, et Rihoult Clairmarais. Cette foret de Clair-
marais, par la nature glaiseuse de son terrain, convient
spécialement au chene pédonculé, et donne des bois d'une
très belle venue.
Les sections de hetre et de charme exposées par M. de
Froment, sous—inspecteur à Abbeville, prouvent bien que
la foret de Crécy est susceptible de donner également de
beaux produits. Mentionnons aussi les rondelles de hêtre
et les billes de frenc, de merisier et de bouleau provenant
de la forêt d’Hesdin et exposées par M. Doudoux, garde- _
général.
Derrière Pemplacement meme de l‘Exposition, les visi-
teurs admiraient de magnifiques troncs de chenes,de hetres
et de charmes, amenés à grands frais et à grand'peine
— en raison de leurs colossales dimensions —- de la forêt
de Villers-Cotterets. Exposés par MM. Allain, inspecteur,
Cousin, sous-inspecteur, et Fortier, garde—général àVillers- I

— 131 — '
Cotterets, ces arbres, dont la circonférence au milieu
variait de 1 à 3 mètres, et dont la longueur atteignait 18,
20, 27 et même 29 métres, étaient surtout remarquables
par la beauté et la nature saine de leur bois. Du reste, le
sol de la forêt de Villers-Cotterets, argil0·siliceux, et. parfois
un peu limoneux, conserve en permanence une certaine
fraîcheur, et se montre favorable au puissant développe- ,
ment de la végétation arborescente; aussi les arbres de È
cette forêt sont-ils remarquables par la régularité de leur A
croissance et la flexibilité de leur bois.
M. Thélu, sous-inspecteur à Boulogne, présentait des
‘ produits d’une importance toute particulière, puisqu’ils
offraient ce mérite d’avoir été obtenus dans les dunes de
Saint-Étienne et de Condette, autrefois absolument stériles, '
actuellement plantées en près de 30 essences différentes,
par M. Alexandre Adam. M. Adam a eu à lutter contre
des difficultés de toute nature: un sol vierge, la violence
des brises de mer, l’apreté du climat, la difficulté des
moyens de communication au milieu de sables mouvants, ·
etc. On aimerait à trouver, dans une notice historique sur
cette plantation, des renseignements précieux non seule-
ment pour la science forestière, mais aussi dans l’ordre '
économique. Les semis ont été faits en commençant par
la partie la plus éloignée de la mer; aujourd’hui encore,
ils s’arrétent à quelque distance de cet élément aussi per-
fide pour les plantations que pour les navigateurs.
Uexposition de M. de Jubainville constitue une série
, d’enseignements de l’ordre le plus élevé. Les échantillons
. de peupliers exposés mettent en lumière un fait physiolo-
* gique fort remarquable 2 c'est que le peuplier male pousse
plus vigoureusement que le peuplier femelle. Des sections
transversales de peupliers blancs, prises dans les memes

l
— 132 — i
conditions d'àge et de culture, offrent un diamètre de 0,42
~ dans l`arbre male, et de 0,26 seulement dans l'arbre fe-
melle. M. de Jubainville est, croyons—nous, le premier qui
ait signalé cette différence si importante. Si l’on prend
également en considération l’inconvénient sensible que
les peupliers femelles présentent, en dispersant aux alen-
· tours le duvet qui entoure leurs graines, duvet qui n’a pu
etre utilisé pour l’industrie,on voit qu’il y a tout avantage à
n’empl0yer dans les plantations que le peuplier mâle.
° La comparaison était aussi établie entre le' peuplier
blanc à croissance rapide, et la variété à croissance lente,
` si estimée comme bois de construction, et qui tend à dis-
paraître des environs d’Amiens. Le Gossus fait malheureu-
` sement de grands ravages dans cette essence, qui ne pros-
père bien que dans les terres fortes.
Le châtaignier n’acquiert tout son développement que
dans un sol profond, frais et sablonneux ; les spécimens
provenant de semis faits dans des terrains contenant plus
de 3 °/. de chaux étaient tout à fait chétifs. Il en est
de meme du pin maritime, qui ne profite pas dans un ter-
4 rain quelque peu calcaire. — Des échantillons de bois de
diverses essences, croissant dans un terrain qui a été
inondé par le débordement de la Scarpe, dans l’hiver de
1872, n’ont pas souffert d’une submersion de plus de six
mois. Le dépôt de limon laissé par les eaux lors de leur
retrait, s’est au contraire montré favorable à la croissance
, des arbres. ‘
L’exposition d’écorces de tilleul et de chene, faite par
MM. Baudelot, Duchesne, Peiifer, et Chenu, était aussi
fort instructive. L’écorce de chene sert pour le tannage
des ·peaux et la teinture; elle est meilleure quand elle
est prise tres jeune sur les sujets. L’écorce du tilleul est

— 433 —- .
employée à la confection des cordes destinées à être im-
mergées. Ces cordes olfrent [avantage de ne pas se raccour-
cir; on les utilise également comme liens pour les bottes de
paille ; elles remplacent le glui ou paille de seigle, et l’em-
portent surlui,en ce qu’elles peuvent servir plusieurs fois.
Pour profiter des écorces, il faut couper les bois à
l’époque de leur sève, ce qui occasionne pour le recru la  
perte de la sève de printemps.
La 4’“ série: Produits lzyneux travaillés, remplissait, à
elle seule, un des deux pavillons rustiques, et l’on peut
dire que toutes les essences, et toutes les industries fores- ·
_tières de la contrée y étaient largement représentées.
M. Baudelot avait envoyé une grande variété de produits
des forêts de Marle et de Samoussy : échantillons de chêne
scié sur maille, ou débité en planches, en lattes, en écha-
las ; spécimens des nombreux usages du tilleul : cercles,
cordes et liens d'écorces, voliges pour emballage, échelles,
jouets d’enfants ; cercles à tonneau en coudrier, en mé-
risier, en châtaignier, etc.
M. Duchesne exposait les bois des forets de Goucy et de
Saint-Gobain; le charme, façonné en merrains, pour ton-
neaux à huiles, en piquets, et en traverses de chemin de
fer. Le bois était sain et de belle venue; néanmoins,
comme traverses, le charme, méme injecté, est loin de
valoir le hêtre, que M. Duchesne avait exposé à l’état de
traverses, de lattes, et de merrains pour les tonneaux des-
tinés à renfermer des savons ou des salaisons; les tuyaux
de pompe en aune, les cercles et les claies en coudrier, `
les merrains, les lattes, les rais de voiture en frêne, les
jantes en orme champêtre ; enfin des chênes, d’une qualité
intermédiaire entre celle des chênes de Hainaut et des
1

- 435 ..
chênes de Picardie, façonnés en merrains, en planches, `
en lattes, en traverses de chemin de fer, formaient une
belle et riche collection.
M. Peitfer présentait les bois assez tendres, mais très
recherchés des forets d’Andigny et de Val-Saint-Pierre:
`le bouleau servant à la confection de sabots; le charme
employé à la fabrication délicate de rouleaux d’impression
- et de dents d’engrenage, et le chene, dont un beau spé-
cimen scié sur maille.
Des échantillons de charme pour formes de chaussures,
de bouleau pour la saboterie, et surtout de magnifiques
chênes en bois de Hainaut de la plus belle qualité, for-
mant une remarquable série de spécimens de sciage,
avaient été envoyés de la forêt de Saint-Michel par M. Da-
lexandre.
` Les produits de la forêt de Retz (exposant M. Cousin)
1 étaient fort variés; les bois, en général lisses, et d’un tissu
régulier: sabots en hêtre et en bouleau; bois de pompe;
traverses en chene et en hêtre; merrains en chene, en
hêtre et en charme; rais de voiture en chene et en frêne ;
boisseaux, jougs, bats, bois de brosserie, de layetterie, de
placage ; copeaux pour vinaigriers, bois de soufllets, de
forme, etc.
Les forets de Marchiennes et de Saint-Amand dont les
produits étaient présentés par MM. Cayet et de Jubainville
fournissent des bois très durs et très recherchés.
La marine a pris, en l875, dans la seule forêt de Saint-
Amand, 573 mètres cubes de chene pédonculé.
Les mines en emploient également beaucoup pour le
boisage des tailles et le cuvelage des puits dans les houil-
lères. Les notes du catalogue, pour lesquelles on ne saurait
trop féliciter MM. Bécourt et de Jubainville, nous four-

— 135 —
nissent à ce sujet des indications intéressantes. Le cuve-
lage d’un seul puits consomme pour une centaine de mille
francs de bois. — Le boisage consomme en moyenne pour
un franc de bois par tonne de houille extraite, soit pour
. 17 millions de francs en 1874 dans les houillières fran- j
çaises.
Les chemins de fer consomment annuellement 270,000
mètres cubes de traverses. Parmi les divers systèmes em-
ployés pourl’injection, le système Léger et Fleury-Péronnet
(injection à la créosote) paraît étre le plus efficace pour
la conservation du bois.
L’armement des places fortes n’emploie pas moins lar-
gement le bois: pièces de blindage, fascines pour gabions,
claies, piquets, chevalots, etc.
La fabrication de la poudre consomme le charbon de
bourdaine. Sous le n• *291, figurait une souche de bour-
daine exploitée hors des coupes en usance, et qui, par
suite, avait péri, dominée par le taillis environnant. ·
Lesol de la foret de Saint-Amand est généralement argi-
leux, et très fertile z le chene maigre y prospère bien, et le
bois en est fort estimé; le n• 292 permettait de comparer le
grain de ce bois avec celui du chêne gras, moins solide et ,
moins durable, mais qui croît dans les parcelles à sol  
pauvre. — Un échantillon de merrain pour seau, provenant
de la eulée d’un chêne, fournissait la preuve de Favantage
qu’il y aurait à exploiter par extraction de souche. Les I
arbres, dont on peut ainsi utiliser la culée, et dont le pied
est moins exposé à se fendre, acquièrent une plus-value
de 5 pour cent.
Le coudrier, débité en cercles, en lattes, en rais de voi-
ture, les jantes de roue en orme champêtre, le pin syl-
'vestre qui est cultivé dans une portion de la foret, débité

.. [36 ..
en bobines, et en gaulettes ; enfin le peuplier blanc, qui
se développe parfaitement à Saint-Amand et qui y atteint
I · jusqu’à 45 metres de hauteur, débité en corniche, ou fa-
  çonné en pate de bois, en carton, en papier; tout témoi-
È   de la variété des produits de cette magnifique foret,
1 et des soins éclairés qui président à sa conservation. _
i , Les forets de Nieppe et de Phalempin (exposants MM.
Cayet et de Lamette) offraient le chene exploité en
— planches de bateau, en feuillets de menuiserie, en lattes,
en corps de pompe, en rais de voiture; le frêne, façonné
en manches de fléaux, en dents de herse, en bois de
chaise, concurremment avec le mérisier et le hêtre; le
charme, en battes de fléaux, eten dents d’engrenage ; le
bouleau, en bobines pour filatures.
Nous nous arréterons un peu sur les beaux échantillons
de la forétde Mormal, exposés par M. Bécourt. Les sciages
approchaient de ceux présentés par M. Dalexandre; les
bois travaillés figuraient parmi les plus remarquables et
les mieux façonnés de l’expositi0n; ici, les fabricants eux-
mêmcs (MM. Déchy Carlier, Prévost Payen, Groix, Druart,
Basilaire, Baudez, Brasseur, Doby, etc.) étaient exposants,
et comme tels, portés sur le catalogue.
Le sol de la foret de Mormal est argilo-siliceux et de
formation quaternaire. Le chêne pédonculé—la seule espèce
de chêne qui y existe — entre pour 1/3 dans l’ensemble
des peuplements; il y donne, en général, ·un bois gras
qui, s'il est moins nerveux, et par la impropre aux cons-
tructions navales, présente, par contre, les qualités de ses
défauts, et forme un excellent bois d’industrie, se travail-
lant avec facilité. Il était débité en merrains, en rais de
voiture, en jantes, en instruments aratoires, en planches
de bateau, et en feuillets destinés à Vébénisterie. ·

— l37 —
Le hêtre, qui est l’essence la plus répandue dans la
forêt, était débité en merrains, en traverses, en piquets,
en lames, et en clisses de treillage, injectés au sulfate de
cuivre (1** procédé du D' Boucherie) ; en blocs de verrerie,
en attelles, en pelles, en boîtes, en telles, en plats, en
plateaux, en tabourets, en quilles, en boules, en cercles
pour tamis, en formes de chaussures et surtout en sabots,
produits supérieurement travaillés, quelques-uns même
sculptés avec art, de la maison Doby Élisée d’Englet`on-
taine. Les parties du hêtre impropres à l’industrie sont
converties en un excellent charbon, dit charbon de Fou.
L’orme, le frêne, Yérablesycomore, le bouleau, l’aulne,
le charme même, malgré sa densité, le peuplier blanc ou
Ypréau, et surtout le saule marceau servent ala confection 4
des sabots.Le frêne et l'aulne donnent d’excellentes pe1·ches _
pourles mines; le saule marceau etl’Ypréau fournissent des
perches qui conviennent parfaitement aux houblonnières.
M. Cromback présentait une collection très variée de
i chêne rouvre et pédonculé, de frêne et de hêtre, des forêts
de l’Abbé et de Fourmies, travaillés en tous genres, et
principalement en boissellerie (mesures de capacité en
, bois courbé à la vapeur), en articles pour peignages et fi-
latures zrouleaux, bobines, burettes, canettes et fuseaux;
en robinets pour distillerie; en copeaux de vinaigriers; en
manches d’outils, en pelles et en ustensiles de ménage
(telles, plats, barattes, boîtes, cuillères à .pot, soupières, _
soufllets) ; en éventails, en jouets d`enfants, etc.. _
Ljindustrie et la marine boulonnaises utilisent les bois
travaillés des forêts de Guines, Hardelot et Boulogne (ex-
posant, M. Thélu), ainsi que des forêts particulières, pour
la confection des tonneaux à salaisons, des perches à
mine et des agrès des bateaux de peche. Les bois de hêtre
L .-_ _. · ,

— 138 —
de la foret de Guines sont recherchés pour la fabrication
des merrains. On remarquait une belle collection de formes
de chaussures, à tous leurs états d'achèvement, d’embou-
choirs, de tire-bottes, etc., en bois de charme, et une
série complète d‘échantillons de porte-plumes, avec toutes
les phases de leur fabrication.
L’exposition de M. Chenu montrait que les produits des
forets de Tournehem, Rihoult et Clairmarais trouvent
principalement leur écoulement dans les galeries des
mines de houille du Nord et du Pas-de-Calais, pour le
boisage desquelles il est fait une énorme consommation
de perches et de piquets en grume.
La foret de Crécy (exposant M. de Fromont) fournit
beaucoup de bois de chauffage ; le chene y est débité en
verges et en lattes; le charme en douvelles et en ga-
. loches, le hêtre en douvelles, en dos de brosses, et même
en madriers pour pianos. M. Doudoux présentait, de la
foret d’Hesdin, des perches de mine en frêne et en mé-
risier, des douvelles en frêne et en chene, des traverses
de chemins de fer en hêtre, et des semelles de galoches
en orme et en bouleau.
Enfin, M. Fortier exposait des billes de chene de la foret
de Retz, accompagnées de leurs souches, afin d’attirer l’at-
tention sur les diverses méthodes qui peuvent être suivies
pour Pabattage des arbres. (Test là, on le conçoit, un sujet
d’étude important pour les personnes qui s’occupent d’ex-
ploîtations forestières.
Les Instruments et Outils, formant la 5' série, étaient
exposés dans le chalet rustique. Bien que le nombre n’en
fût pas très considérable, leur description détaillée sorti-
rait des limites d’un simple rapport. Nous nous conten-

. — 139 —
terons donc de mentionner la serpe émondoir et le che-
valet pour la confection des fagots, exposés par M. Baude-
lot; la scie d’abatage, le merlin, la hache, le rateau à
ramasser la faine, les balais de houx et de fragon pour le
mème usage, la corbeille, les passe-callots, les clisses en
osier et en fer exposés par M. Fortier; nous signalerons «
seulement les diverses formes de canne dendrométrique,
et le dendromètre en cuivre de M. de Jubainville, instru-
ments dont nous avons déjà donné la théorie ; le compas
forestier ordinaire, et le perfectionnement que M. de Ju-
bainville y a adapté et qui permet de régler par une vis ·
la branche mobile du compas, et de la rendre parallèle à
` la branche iîxe; la bèche-tarière,employée pour les plan-
tations dans les sols les plus durs; et les crampons d'éla-
gueurs, qui blessent parfois si rudement les arbres. — M.
Bécourt, en outre des outils de sabotier, de la charme
forestière, de la binette pour pépinière, et du sécateur, ·
exposait des tuyaux en béton, de différents types, ainsi
que les matériaux servant à leur construction. M. l’Ins—
pecteur Bouvard a imaginé, il y a plusieurs années, de .
remplacer les aqueducs en maçonnerie, qui coùtaient fort
W ` cher et se détérioraient rapidement, par des conduits en `
béton, qui présentent une solidité remarquable et semblent
. durcir avec le temps. Ils sont d’ailleurs peu coûteux, et fa-
. · ciles à établir. Les matières qui entrent dans la composi-
, tion de son béton, sont: le ciment de Portland, dans la
proportion de 26 •/,, et 18 •/. d’un sable siliceux bien pur.
- On mele et on triture avec de l’eau, de façon àformer une
bouillie très claire et bien homogène, puis on ajoute 56 °/.
de brique noire, bien cuite, cassée en fragments de la gros-
seur d’une noisette, et on mele de nouveau. C’est ce mé-
lange qu’on tasse fortement dans des moules, et qu’on
4 .

- un -
laisse sécher et durcir à l’air pendant une quinzaine de
jours. Les tuyaux, de 0"‘l5 à 0‘“50 de diamètre, avec des
parois d’une épaisseur proportionnée, reviennent de 3 fr.25
_ à 12 fr. 25 le mètre courant. — Un grand nombre de •ces
· nouveaux aqueducs existent actuellement dans la foret
  de Mormal. Les poteaux placés au centre des principaux
à carrefours sont formés de 4 tuyaux placés l’un sur l’autre,
maintenus par du béton que l’on a versé à l'intérieur, et
’ garnis d'une tete en bois munie des bras indicateurs. Ces
' poteaux sont inaltérables, tandis que ceux en chêne
! doivent etre remplacés tous les dix ans environ.
à N’oublions pas de faire mention d’une somme ou mesure
| servant au cubage des bois, et d'un instrument à peler la
I bourdaine, exposés par M. Chenu; et, eniln, d'un cadre
I formé par M. Cromback des principales essences du can-
I tonnement d’Avesne, groupées avec les outils d’abatage et
V _ des travail.
Les objets de la 6"" série (Particularités de végétation,
Curzbsüés forestuëres) étaient de ceux qui frappent par leur
·singulm·ité, et qu’on aime à revoir. L’esprit s’a1·rete vo-
lontiers sur ces bizarreries, ces lusus naturœ, dont la cause
première échappe souvent à toute investigation. D’où pro-
viennent ces loupes, ces broussins, ces excroissances, de
formes, de dimensions, de consistance même si variables? `
Qui a produit sur ce point une accumulation de matière
W ligneuse, de tannin, etc. ? Tantôt c’est une blessure, une
‘ frotture, un coup, amenant, comme dans le corps de l’ani-
` mal, un épanchement, un extravasement de' la sève;
I tantôt c’est une végétation parasite,c’est une piqûre d’in—
secte... Ici, souvent, l’etl‘et survit à la cause; il grandit
  hors de toute proportion avec elle, il l’enveloppe, la cache
I
I

- Mt -
en devenant lui-méme une cause de déviation ultérieure.
Les loupes des essences les plus variées, (fréne, érable,
bouleau, saule, aune, chene, hêtre ,tremble, orme, charme,
peuplier, cerisier, sorbier) étaient fort abondantes. MM. · ·
Honoré, Baudelot, Duchesne, Peiifer, Dalexandre, Cousin,
Cayet, Bécourt, Cromback, Chenu, Doudoux, de Fromont
en avaient exposé de nombreuses séries, la plupart en-
tières, et revétues de leur écorce, quelques·unes sciées,
polies d'un coté, vernies, et formant de beaux échantillons
dont les arts du placage et de la marqueterie auraient lar-
gement tiré profit. Certains de nos bois indigènes sont,
en elfet, susceptibles d'un très beau poli, et, sans parler
du buis, dont l'emploi dans les arts est connu de tout le
monde, on pouvait admirer les boites en cytise, en fusain,
et en if, exposées par M. Honoré.
La nature est variée dans ses bizarreries. Il y avait la de
singuliers exemples de greffe naturelle par approche; l’une
à angle droit, l'autre formant un véritable zig-zag. M. Du-
chesne, et surtout MM. Bécourt et Doudoux exposaient des
preuves frappantes des funestes effets que le chèvrefeuille
produit en enlaeant les tiges de ses spires ascendantes, qui
arrêtent Fécoulement de la sève, et font périr la plante
étouifée. Les bourrelets saillants que produit la sève
· accumulée à des intervalles réguliers, font rechercher ees
formes de cannes héliçoïdales. -—· Un autre genre enooto
plus bizarre d’excroissance, en forme de fuseau, et se
· répétant sur plusieurs points d'une branche de bouleau,
, était exposé par M. Bécourt, qui Yattribuait aux eifetxdq
la foudre. Sans doute, les violentes décharges de Pélectri-
cité atmosphérique peuvent produire dans un arbre
' d’étranges modifications ; mais nous ne croyons pas qu’on
ait jamais signalé un phéno ène analogue, et la chose

— 142 —
mériterait une étude sérieuse et approfondie — si toute-
_ fois ce n’est pas là une de ces affections parasitiques, en-
core si mal connues, et dont la 8‘“° série nous présentera
de nombreux exemples.
Mais auparavant, nous avons à passer en revue toute
une collection de maladies et de défauts des bois, qui fait
l’objet de la 7'*° série. Ge sont d’abord· des maladies dont
le froid est la principale cause : la gelivure, la roulure, la
cadranure, la lunure, et la pourriture. MM. Baudelot.
Duchesne, Peiifer, Dalexandre, de Jubainville, Thélu,
Doudoux et Ghenu exposaient un grand nombre de spéci-
mens montrant que ces maladies aiïectent principalement
les bois durs et surtout le chene, bien qu’on les rencontre
aussi sur le tremble, le bouleau et le peuplier. — La gclzl
vure produit des fentes tout à fait analogues à la dessicca-
tion, ce qui se conçoit facilement, puisque la gelée sépare,
sous forme de cristaux, l'eau qui imbibaitle tissu végétal,
et force ainsi les tlbres ligneuses à se rétrécir, et à se‘sé-
parer en larges fentes. La roulure accompagne souvent la
gelivure: c’est une fente circulaire, qui sépare les couches
concentriques du bois, et se prolonge verticalement plus
ou moins loin. Souvent, dans les chénes principalement,
les fentes produites par la gelée, et quise dirigent vers le
centre de l’arbre, forment entre elles un angle plus ou
moins grand: on a alors la cadranure, qui se combine
très bien avec les deux maladies précédentes. — Une
preuve évidente que ces accidents résultent de la
dessiccation nous était fournie, par pur hasard, dans
Pexposition méme. Une magnifique section de chene
destinée à présenter un tracé du débit sur maille, et
arrivée intacte à l‘exposition, avait été frappée par la cha-
I

T
— 143 —· .
leur, et présentait un exemple de cadranure et de roulure. ,
La nature des terrains , et Porientation influent
beaucoup sur ces maladies; ainsi, M. de Jubainville a
constaté — confirmant en cela un fait déjà relaté par Du-
' hamel du Monceau — que, dans la foret de Saint-Amand,
la gelivure est le plus répandue à l’aspect du Nord-Est, et
sur les terrains siliceux. Mais, comme le fait observer
l'habile sous-inspecteur de Valenciennes, à côté des arbres
frappés, beaucoup d’autres se montrent doués d'un tem-
pérament assez robuste pour rester sains, et l’on peut es-
pérer diminuer, à l’avenir, le nombre des arbres gélifs, en
ne choisissant, comme porte-graines, que des sujets exempts
` de gelivure.
La lunure, ou double aubier, est encore produite parla
gelée qui, ayant tué l’aubier, l'a empêché de se transfor-
mer ensuite en bois parfait. L’arbre continue de croître,
et les couches nouvelles, enveloppant la partie frappée,
dissimulent le défaut à l'extérienr, et préparent ainsi à
l’acheteur de 1'arbre sur pied une cruelle déception.
Les chancres et la pourriture sont fréquemment la suite
de ces atteintes du froid. Ils résultent quelquefois dela `
blessure d'une arme à feu, ainsi qu’en témoigne un échan-
tillon exposé par M. Bécourt. La terrible grzlsette ou pour-
riture sèche (dry rot des Anglais) suit quelquefois la géli·
vure. Elle est plus fatalement la conséquence de plaies
résultant du martelage ou d’un élagage vicieux. Les'échan-
tillons envoyés par M. d’Arbois de Jubainville ne laissent
aucun doute à cet égard. 42 cicatrices d’élagage, les unes
pensées au goudron de houille, les autres non pansées,
enlevées 4 ans, 8 ans, 13 ans, 15 ans meme après l’ampu·
tation, sont toutes frappées de grisette ou de double au-
bier. Le pansement au goudron n’a qu’une faible efficacité;

- gg ..
cependant. s'il ne prévient pas la carie. il en diminue du
moins les ravages. Pour éviter complètement ce danger,
il faut restreindre l'élagage aux jeunes arbres n'ayant
encore que des branches assez minces pour que les sur-
faces d'ampu tation puissent ètre promptement recouvertes.
· ll est toujours dangereux de couper de grosses branches.
dont les plaies d`élagage ne pourraient ètre cicatrisées en
trois années. Le bouleau 'spécimen 506 ne cicatrise pas
ses grosses plaies d'élagage : elles restent béantes ; il faut
donc éviter absolument sur cette essence l'amputation des
branches volumineuses.
I. de Jubainville a pu étudier ces résultats funestes de
Pélagagé dans la foret de Pinon gàisne). où I. le vicomte
de Gourval coupait à ses vieux chênes leurs plus grosses
branches, les trouvant gourmandes. Quinze ans après les
amputations, 96 •/. des chênes mutilés y sont atteints par
la grisette. — C’est d'ailleurs une erreur de croire que ce
grand élagage , détonrnant au prolit du tronc la sève
absorbée par les grosses branches. ait pour effet de hater
_ l’accroissement en diamètre du fùt des arbres. De deux
chênes voisins, l’nn élagué, l’autre non élagué, le second a
crû en diamètre deux fois plus que le premier (n•• 507
et 508).
Les crampons à l'aide desquels les élagueurs montent
sur les _arbres amènent un autre genre de dommages, dont
on comprendra bien Vimportauce, si l’0n songe qu’un
élagueur fait souvent une centaine de plaies sur le meme
arbre. Aussi, dans les forets de Saint-Amand et de Mar-
cl1iennes,l’usage des crampons est interdit aux élagueurs,
qui sont astreints à employer des échelles légères faites
en saule blanc.
Dans le pin sylvestre, les chicots des branches mortes
s- \
I
,|

F
l '
l
° — M5 —
qui rayonnent par verticilles, interrompent fréquemment
` la direction des fibres, et produisent ainsi des planches de
rebut et du bois de charpente sans force. En émondant
soigneusement les branches mortes, on arrive à obtenir
un bois net et exempt de trous. Get émondage, effectué
sans frais par des concessionnaires auxquels on délivre ces
branches, et qui payent même une redevance à l`État,
produira, dans les forêts de Saint-Amand et de Mar-
chiennes, une plus—value d'au moins 4 millions pour les
788 hectares couverts de pins.
Les plaies d’armes à feu sont à redouter pour les arbres,
auxquels elles causent des dommages sensibles; souvent
méme, comme dans Péchantillon exposé par M. Bécourt,
il en résulte un chancre qui peut faire périr l’arbre. Les
coups de foudre determinent souvent la pourriture ; aussi
doit-on sc hater d’exploiter les arbres foudroyés. Quel-
quefois, cependant, le tonnerre se borne à de moindres
dégâts. (Test ainsi qu’à l'exposition figurait un chene fou-
droyé, dans lequel le fluide, arrachant une bande d’écorce '
jusqu’à terre, est descendu en suivant le cambium et les
fibres de l’aubier; celles-ci étaient torses, et le sillon qui
les a suivies a décrit en spirale un angle total de 270*. .
Cette torsion des fibres est, elle-meme, un phénomène
très remarquable, et malheureusement assez fréquent
pour qu’il soit important de l’étudier et de chercher à y
porter remède. G’est ce qu’a fait M. de Jubainville. La
forêt de Saint-Amand ne se pretait d’ailleurs que trop fa-
· cilement à cette étude : 49 °/. seulement des chênes de
futaie y ont les fibres rectilignes ; 43 '/· sont affectés de
torsion à droite, et 8 •/, de torsion à gauche. — Les résul-
tats sont à peu près les memes à la forêt de Marchiennes.-
Ainsi, la torsion est moins fréquente à gauche dans les
IO

’ — 146 —
[ chènes. L’ang1e de torsion est en moyenne de M °, au
à maximum, de 60•, par mètre sur des chênes de taillis agés
T de vingt-trois ans; la moyenne est de 26• seulement sur
les chênes de futaie, qui sont des sujets de choix. - Dans
les jeunes pineraies, 90 °/,, des pins sylvestres ont les fibres
tordues, toujours à gauche, et sous un angle moyen de
l23• par mètre (226• au maximum). — Les sept dixièmes
des aunes ont les fibres tordues à droite, sous un angle
moyen de 42· (60* au maximum). —— Cinq dixièmes des
charmes ont les fibres torses, quatre dixièmes à droite, un
dixième à gauche; l’angle de torsion est en moyenne de
34• (au maximum de 53•). — La proportion est exactement
inverse pour les saules blancs. - Dans les érables-syco-
mores, trois dixièmes ont les fibres tordues à. droite, et un
dixième à gauche. - La torsion est moins fréquente en-
core chez les trembles: trois dixièmes ont les libres
tordues, tantôt à droite, tantôt à gauche, sous un angle qui
s’élève, en moyenne, à 27• par mètre, et au maximum, i
30•.—-Faut-il ajouter que Pemplacement mème de l'exposi·
tion (le quinconce de la Hotoie) permettait de constater que
la torsion des fibres n’est pas rare chez les marronniers?
Lorsque l’angle de torsion est considérable, les bois de-
viennent impropres à la fente; et mème pour d’autres
emplois, ils perdent une grande partie de leur force,
parsuite de la coupe de leurs fibres, lors de leur débit en
marchandises. — M. de Jubainville conseille de ne choisir
comme porte·graines pour les pépinières que les arbres à I
fibres rectilignes. Pratiquée avec persévérance, cette sé- —
lection produira dans les forets d’aussi admirables eflîets
que ceux obtenus par Robert Bakewell dans Yamélioration.
des animaux domestiques. Pour les semis de pin sylvestre,
il conviendra de ne plus employer que de la graine du
J

i I
- H7 —
pin de Riga à fibres rectilignes. Lors du bouturage du saule
blanc, il faudra cueillir les boutures sur des mères a fibres
rectilignes. '
L’excentricité du cœur, dont le n• 529 donnait un spé-
cimen, est un défaut qui diminue la qualité du bois, mais
qui, heureusement, est beaucoup plus rare que la torsion
des fibres. é 4 u
Des circonstances, inditférentes en apparence, peuvent
amener le dépérissement et la mort des arbres. G’est ainsi
qu’a la suite du défrichement de la partie sud du bois de
Wallers, tous les chênes pédonculés formant la futaie sur
la lisière sud du bois restant, périrent, jusqu’à une ving-
taine de metres de cette lisière. Environ 500 chênes pé-
rirent ainsi. G'est que le sol, autrefois tres humide, s’était
desséché depuis le défrichement; et les chênes pédon-
culés, qui trouvaient jadis ·à une faible profondeur dans
le sol toute l'humidité nécessaire a leur croissance,
n’avaient enfoncé leurs racines que jusqu’à Sûcentimètres,
et dépérissaient maintenant de sécheresse. i
La S" série (Parasites animauœ et végétaux) demande-
rait tout un volume pour étre traitée avec les détails
qu'elle comporte; mais elle exigerait, avant tout, des con-
naissances fort étendues, que la bonne volonté du rappor-
teur ne peut nullement remplacer. Espérons que M. de
Jubainville, qui avait envoyé plus des deux tiers des spé-
cimens exposés, entreprendra quelque jour un grand tra-
vail d’ensemble sur ce sujet qu’il posséde si bien, et sur
lequel il raisonne avec tant d’autorité. Mieux que beau-
coup d’autres, il pourrait se livrer a cette tache éminem-
ment utile, car il a étudié la nature su,r·le fait, et ·il est au
courant des savantes publications faites sur cette matière

i .. Mg ..
par les Allemands, et principalement par Robert Hartig.
Tel est le souhait que nous formions intérieurement, en
examinant les eiïrayants dégats et les étranges végétations
parasites, qui remplîssaient presque entièrement l’un des
_ pavillons rustiques. — Le polypore du peuplier, exposé
par M. Honoré ; les bizarres et monstrueux champignons
~ du bouleau, que M. Baudelot avait envoyés ; les polypores
du chêne, du charme, du hêtre, exposés par M. Duchesne,
ceux du chene et du tremble, exposés par M. Peitfer; ceux
du chêne et du bouleau, présentés par _M. Dalexandre ; le
champignon du hétre, envoyé par M. Cousin; celui du
chene, par M. Cromback, les agarics exposés par M. Chenu
et par M. Doudoux, en même temps qu‘un énorme Lyco-
perdon, — tous ces échantillons montrent bien quel mal
d’aussi gigantesques parasites doivent causer àleurs hôtes
forcés. Mais ces excroissances fongueuses, visibles de si
loin, et que redoute si fort l‘acheteur des arbres sur pied,
révèlent seulement le danger ; le mal est plus profond.
M. de Jubainville nous le fait toucher du doigt, en montrant
par des échantillons bien choisis et gradués, les phases de
la destruction du peuplier, du saule, du chêne et du bou-
leau, attaqués par les polypores. On voit le mycélium, qui
constitue en somme le véritable parasite, s'insinuant dans
l’arbre par une racine, ou, le plus souvent, par une plaie
d’élagage, et envahissant bientot le végétal tout entier,
dont il tue la partie interne en la rendant blanchâtre et
friable. Il faut exploiter au plus vite les arbres qui en sont
atteints ; on peut ainsi éviter, tout au moins, la multipli-
cation etfrayante des spores. On restreindrait aussi les
chances d’infection, en ne coupant plus les grosses branches
des arbres réservés dans les coupes.
Un autre champignon, beaucoup moins apparent, mais

— 149 —
tout aussi destructeur, le Trametcs radz2·z}1crda est une
espece nouvelle que M. de Jubainville a découverte sur les
pins de la foret de Marchiennes, en même temps que
Robert Hartig la rencontrait à Neustadt Eberswald, près
Berlin. M. de Jubainville a donné, dans le Bulletin de la
Société Lùméenne du Nordde la France (ll, une description
détaillée du Trameles 1·adz`cx}oe1·da et de ses dégâts, sur la-
quelle nous ne reviendrons pas: C'est aux racines des pins,
comme l’indique son nom, que ce champignon s'attaque ;
c’est sur l’écorce_gles racines et de la souche que s'épanouit
le réceptacle fructifère, et l’on conçoit que ce champignon
souterrain échappe facilement aux recherches. — Le re-
mède doit être énergique : arracher toutes les souches de
pin vivantes ou mortes, où le Tramcœs se multiplie,et isoler
par un fossé circulaire le canton infesté. '
C’est encore par le même moyen qu’il convient d’arrèter
les ravages du Rhàomorpha fragzlzs, qui commence à atta-
quer les pins sylvestres de la foret domaniale de Saint-
Amand. Le champignon pénètre dans la souche, sous la
forme sublerranea, et détermine un épanchement de résine
qui cimente la terre autour des racines ; sous la forme
subcorlzcalcs, le rhizomorpha tapisse les parois internes de
l'écorce, de ses filaments, d'un blanc neige à l'état frais,
qui percent l’écorce et viennent courir à. la surface.
Tout aussi terrible est le Cœnma pz`m`torquum, qui ravage
également les pineraies de Saint-Amand et de Marchiennes.
Les dégats que cette urédinée cause, surtout au mois de
juin, affectent une forme bizarre : elle tue les plants nais-
sants et les jeunes pousses des pins plus âgés, en défor-
(1) Bull. n• 32, février 1875, p. 207 et sq.

— IBO —
mant Yextrémité des rameaux, et en les contournant en
zig-zag ou en S. —— Il est urgent d’èxploiter les pins sur
lesquels pullule ce parasite, contagieux méme à distance.
M. de Jubainville a constaté aussi Vbabitation du Cœoma
sur le pin maritime, où elle était inconnue jusqu’à présent.
Une autre urédinée, l'zE'cûlù4m pini var. acicola s’attaque
aux aiguilles du pin sylvestre, qu’elle recouvre, au mois de
mai, de ses spermogonies foncées, leur donnant ainsi
l’aspect de la rouille. Il faut cueillir et brûler les aiguilles
malades, avant la dissémination des spores.
D’autres _champignons analogues attaquent l’if, dont les
aiguilles jaunissent d’ab0rd, et se maculent ensuite de
petites taches noires.
La nadelschütte des épicéas, maladie qui fait tomber les
aiguilles, et qui entraine parfois la mort de l'arbre, est
accompagnée de symptomes semblables. Elle est due pro-
bablement à un champignon de la famille desAscomycètes:
l'I1ypoderma macrosporum.
Les parasites animaux ne sont pas moins nombreux,
mais ils étaient moins largement représentés à l'exposi—
tion, le temps ayant manqué pour recueillir leurs dégats
et leurs larves. On voyait cependant tlgurer le's perfora-
tions du grand Capricorne ou Cerambya: he1·os,et les grands
trous creusés jusqu’au cœur de l'arbre par le Cossus, si
funeste aux peupliers plantés sur le bord des chemins ; les
Chrysomèles, qui endommagent les jeunes plants d’aunes
et de peupliers dont elles rongent toutes les feuilles g,
les chenilles du Bombya: neustria ou Livrée, dont on ne
peut se débarrasser qu‘en coupant et en brûlant les jeimes
rameaux entourés d'œufs non éclos ; les Scolytes, aux ga-
le1·ies multiples, qui tuent les ormes en interceptant la
circulation de la sève ; les Hylésines qui s‘attaquent au pin

-— IB! —
sylvestre, en coupent les jeunes pousses, dont le sol est
parfois jonché, et creusent de leurs galeries les pins
abattus. En écorçant le tronc des arbres exploités, on fait
· immédiatement périr ces insectes, et le bois demeure
intact.
La larve de la Pyrale des pousses ou tordeuse décapite
aussi les sommets des tiges de pin sylvestre; elle ronge
· l’intérieur des bourgeons, au printemps, lorsqu’ils com-
` mencent à s’allonger, et s`y transforme en chrysalide. Il
faut récolter et brûler ces pousses mourantes, pour faire
périr l’insecte, avant qu’il ait eu le temps de se transfor-
mer en papillon.
On détruira de même les galles produites sur l’épicéa
par la Psylle verte, hémiptère dont les dégats ne sont pas
d‘ailleurs extrèmement considérables. i
Ce n’est que par une étude approfondie de l’Histoire na-
turelle d'une région qu’on peut arriver à en bien connaître
les insectes et les végétaux nuisibles. C’est ainsi seulement
qu’on parviendra à constater à quelle époque, de quelle
maniere, avec quels secours on peut les combattre effica-
cement, et en restreindre, sinon méme en arréter com-
plètement les ravages. D’autre part, la connaissance pra-
tique du sol, tant dans sa composition intime, que dans
ses propriétés physiques, est indispensable à celui qui veut .
y perpétuer ou y introduire les essences végétales les plus
productives.
La 9• série avait pour objet de mettre ces vérités en
évidence, et les trois exposants : MM. de Juliainville,
Bécourt, et Badré, avaient largement travaillé à atteindre
le but. L’étude de la llore herbacée de la foret de Saint-

— 152 —
Amand avait permis au premier de classer les sols en cinq
catégories :
Sols très fertiles, que tapissent la primevère, la bardane,
l’arum et la bryone ;
Sols assez fertiles, où végètent les fougères male et fe-
melle, le lamium, la bugle, le stachys, l’euphorbe, l’épi-
lobe, et la nummulaire ;
Sols humùles, que recouvrent. la ficaire,la cardamine, la
spirée, Pangélique, la consoude et 1’eupatoire ;
Marois permanents ou temporaires, entourés des jones,
des carex, de la valériane, de la véronique beccabunga,
' de la menthe aquatique, et du plantain d’eau ;
Et Sols st'lz`ceua:, contenant moins de 3 •/,, de chaux, sur
_lesquels se montrent la bruyère commune, l’aire1le myr-
tille, et le genèt à balais.
M. Bécourt avait étudié géologiquement la foret de
' Mormal, et il avait joint une intéressante notice aux nom-
breux échantillons choisis dans la foret, dont le sol est
principalement quaternaire.
Les oiseaux et autres animaux de cette meme foret
avaient été recueillis et exposés par les soins de M. Badré.
Sa collection, comprenant tous les oiseaux des forets du
Nord de la France, était formée de spécimens de choix,
_ parfaitement empaillés.
La l0“° série (Travaux forestiers) renfermait une collec-
' tion de plans de routes, de pépinières, et de maisons fo-
restières d'un type uniforme, et parfaitement approprié
aux besoins des familles qui doivent les habiter, exposés
par MM. Honoré, Mangenot, de Lamette, Bécourt, (lotte, _
Doudoux, Lamarque, de Fromont, et Chenu.
u

— 153 —
La H‘°° série était plus variée: Plants, graùzes, produits
et procédés de sylviculture.
M. Fortier avait exposé tout un ensemble d’objets pré-
sentant les aixreécnts usages des faînes : fleurs et bourgeons ‘
du hétre, faînes, callots, huile provenant de deux récoltes v
différentes; plants de chêne d'une belle venue, provenant
de pépinières amendées par l’emploi de la criblure de
faîne. — Un mémoire fort détaillé sur la récolte des faînes
et la fabrication et les usages de l’huile complétait cette
intéressante collection.
Les objets divers exposés par MM. Cayet et de Jubainville
méritent bien de- nous arréter un instant. — Nous y trou-
vons d'abord comme preuve de l’influence de la prépara-
tion du sol, des plants de pin sylvestre de un an, produits
dans un terrain préalablement ameubli, et qui ont pris un
développement bien supérieur à celui d’autres plants du
méme age, venus dans un terrain non préparé. — L’avan-
tage de Yassolement dans les cultures d’essences non mé-
langées était, de méme, rendu manifeste par la compa— _
raison de pins sylvestres, semés en f862, et succédant à
la même essence, avec d’autres semis de pins, succé-
dant à des taillis de chene rabougris. Après treize ans de
culture, les premiers ont à peiue°atteint l mètre de han-
teur ; les seconds, semés à la même époque, sont parvenus
à la hauteur de 4 à 5 mètres! · l
Les massifs de pin sylvestre sont très exposés aux
incendies; l’accumulation des branches mortes au pied
des arbres est la principale cause de ces sinistres ,
que Vinflammabilité des bois résineux rend très redou-
tables. En faisant nettoyer et enlever ces branches par
des concessionnaires, on procure à l’Etat un léger revenu
supplémentaire, et on arrive à rendre les incendies beau-·

— B4 —
coup plus rares. Les échantillons exposés ne laissaient
pas de doute à cet égard; on y avait même fait figurer
un massif, nettoyé des branches mortes, et sous lequel
les aiguilles sèches ont brûlé sans causer de dommage.
Les engrais chimiques Georges Ville, essayés pour les
‘ pépinières, se sont montrés plus coûteux que profita-
bles. 0n a trouvé plus avantageux de semer, dans
l’année qui précède la plantation, des graines de lupin ou
de sarrasin, et d’enfouir les jeunes plantes avant leur ilo-
raison. On obtient ainsi un engrais vert, peu coûteux, et
très améliorant. Le lupin convient bien pour les terres si-
j licenses; il est plus fertilisant que le sarrasin, mais il ne
tient pas le sol aussi net des mauvaises herbes. — Pour
prutléger contre les mulots, les corbeaux et les sangliers,
les glands que l’on veut semer, on les revet d’une robe
de platre,qui dépiste complètement le ilair des animaux ù·u'
gi‘vores,sans nuire d’ailleurs, a la germination des glands.
Ainsi, le sylviculteur porte sur mille points son attention,
_ et ne néglige aucune des précautions indiquées par l’expé-
rielnce. Le succes ne s‘obtient qu’à ce prix. - Ces beaux
plants de chene, haute tige, ont été déposés dans un sol
bien frais, où le sable est lié par une quantité suillsante
diargile ; ils ont de cette façon échappé à la larve du han—
neton,·qui ravage les pépinières placées sur un sol léger et
meuble. —— Ces jeunes plants ont été blanchis à la chaux, et
cet:emiuit·peu coûteux a pu les préserver de la dent des la-
pins. -·-Ces saules blancs, qu’on exploite en tetards, étaient
Pessenoe la mieux appropriée au voisinage des mares, dont
le solapu ainsi étre rendu productif. - Gette superbe
vaiiété d”orme champêtre ne se reproduit pas fidèlement
par le semis; il faut la multiplier par le maroottage.—-Ouel-
qaefois, la pratique locale vient iuürmer ·des systèmes

... 555 ..
préconisés sur d’autres points, et amène à 'en rejeter
l’emploi. Voici des chénes pédonculés, plantés en butte,
suivant le systeme Manteufel, sur un terrain humide de la
foret de Saint-Amand ; en voici d’autres, du méme age et
de la même pépinière, plantés en meme temps, à coté des
précédents, suivant la méthode ordinaire, qui coûte moitié
moins: ils ont beaucoup mieux réussi, et ils ont poussé, l
en moyenne, de 1*98, les premiers n‘ayant poussé que de
1'“07.
Tous les résultats ne laissent d'ailleurs aucun doute
sur l’importance de la méthode en sylviculture. Ainsi,
les chénes provenant de semis naturels de 1862, bien
qu’ils aient été nettoyés ultérieurement, sont restés,
pour la croissance, fort en arriere de plants faits, deux
ans plus tard, sur le méme terrain. Ces derniers ont une
hauteur moyenne de 9 mètres, et donneront de superbes
baliveaux lors des prochains martelages, tandis que les _
plants de semis naturel ne pourront encore en fournir.
Ainsi encore, un essai comparatif de plantation en sous-
étage dans une pineraie, fait en 1848, a montré que des
trois essences chene 2 charme et hêtre, la dernière est la
seule qui prenne dans ces conditions un développement
rapide et prospère (elle est arrivée aujourd’hui à la taille
de.9 mètres). — L’avantage de Yécobuage est mis en évi-
dence par la comparaison de bouleaux provenant de semis
naturels advenus en août 1870 dans un canton tourbeux
qui venait d’etre partiellement écobué. C’est seulement
dans la partie écobuée, que les bouleaux se sont bien dé-
veloppés. — Ces terrains tourbeux n’étaient élevés que
de quelques décimetres au·dessus du niveau de la riviere
la plus voisine, distante encore de plusieurs kilomètres.
Pour les dessécher, M. de Jubainville imagina de les faire
1

-— 156 -
communiquer avec la rivière, au moyen d’un fossé à pla-
fond horizontal, et de 30 centimètres plus bas que la
· rivière. Le facile glissement de l’eau coulant sur de l’eau
suppléa à Pinsufiisance de pente, et les marais purent être
desséchés et assainis à peu de frais ; des travaux d’un
millier de francs environ donnèrent à ces terrains une plus-
value d‘au moins trente mille francs.
MM. Béeourt et Cotte exposaient des échantillons non
moins intéressants et dont la portée instructive était
beaucoup augmentée par les notes ajoutées au catalogue.
Cfétaient de magnifiques. glands de chene pédonculé de la
foret de Mormal, récolte de 1874, et des plants de 1 à 5
ans élevés en pépinière. Cette pépinière, de 12 hectares,
créée en 1866 dans la foret de Mormal, a fourni, dès le
début, de 800 000 à 900 000 plants chaque'année ; mais,
en 1870, elle a été attaquée et aux trois quarts détruite
, par les vers blancs. On essaya de divers moyens pour ar-
réter ces ravages. On fit placer, sur différents points de la
plantation, des tonneaux goudronnés intérieurement au
dedans desquels était une lampe allumée pour attirer
l’insecte ailé. On déposa ça et la des tas de funïier de
vache,que la femelle du hanneton recherche poury déposer
, ses œufs, et on les fit brûler après la ponte. On ramassa
à la main les larves ramenées à la surface du sol au mo-
ment des binages. Rien n’y fit. Il fallut agir sur le terrain
lui-méme. Les vers blancs trouvaient en effet dans la pépi-
nière le sol qui leur convenait, bien desséché par de nom-
breux fossés, et profondément ameubli. — On y ramena
la fraicheur en y comblant les fossés d’assainissement; de
plus on déposa, sur les semis et aux pieds des jeunes
plants, une épaisse couche de feuilles de hétre maintenue
avec un peu de terre. Depuis lors, la pépinière végète ad-

— 157 —
mirablement bien, et les vers blancs ont complètement
disparu.
La régénération naturelle du chene pédonculé se pro-
duit irrégulièrement et incomplètement à Mormal, en
partie à cause de la rigueur du climat, qui rend les glan-
dées assez rares, en partie à cause de l‘épuisement ou de
l'insufflsance des porte-graines. Il est donc nécessaire de
recourir aux repeuplements artificiels par semis ou plan-
tations. Mais il faut prendre garde que les jeunes plants
ne soient étoulfés par les` essences auxiliaires ; les chenes
languissent, en et‘fet, pendant les 4 ou 5 premières années
qui suivent leur plantation et ne se développent que vers
la sixième année. Dans les taillis de la foret de Mormal,
qui sont en grande partie peuplés de trembles, d’aulnes
et de charmes, il convient, au lieu d’et‘fectuer les planta-
tions de chênes dans les coupes en exploitation, de les
reporter dans les endroits favorables des coupes qui ne
doivent venir en tour que dans 4 a6 ans. Les chênes seront
ainsi bien repris au moment où la coupe viendra en ex-
ploitation, et ils pourront ensuite lutter avec avantage
contre les bois blancs.
(Test toujours et partout , en elfet, la grande lutte
pour l’existence, lutte aussi vive entre les végétaux qui se
disputent le sol, l’air et la lumière, qu’entre les animaux, `
qui s’entr’arrachent une même proie; plus impitoyable
encore chez les premiers, qui ne peuvent ni fuir, ni cher- ·
cher ailleurs la nourriture, mais qui sont üxés à la place
sur laquelle il faut vaincre ou mourir. Et quelles puissances
mystérieuses peut développer ce besoin de vivre ! La sève,
ce sang de l’arbre, se porte où il est besoin; elle s’accu-
mule ou prend un autre cours, se reforme, ou se modifie,
pour suppléer aux pertes, et réparer le dommage. C'est

— i58 —
sur cette vitalitéreconnue que repose le principe dela
taille des arbres, du pincement, du marcottage, et de
cette opération plus merveilleuse encore: le rccépage, qui
consiste à supprimer la tige d’un jeune arbre, et à le
mettre en demeure d’en former une nouvelle, plus jeune
et plus vigoureuse. Mais ici- les expériences de M. Bou-
vart, et les échantillons de M. Bécourt nous le prouvent
bien —— il faut procéder avec prudence, et il vaut mieux
épargner les plants de l‘année. Ils trouveront dans leur
tige, si on la laisse subsister, des matériaux concouranti
réparer les pertes des racines provenant du fait de la
transplantation ; et quand ils auront formé, dela substance
ainsi accumulée en réserve, les radicelles et le chevelu
qui leur manque, alors, àleur tour, les racines, plus fortes
‘ et plus étendues, puiseront largement dans le sol de quoi
reformer la tige enlevée par le recépage, la deuxième
anné'e,et pourront subvenir à son développement ultérieur.
_ On le voit, c’est toujours la nature qui opère : c’est le
sglviculteur qui soigne, et c’est Dieu qui guérit. Mais n'est-
ce donc rien que des soins intelligents, qui écartent sys-
tématiquement tout danger, tout obstacle au développe-
ment normal, et qui, doucement, mais sûrement, amènent
la guérison ou surveillent la convalescence. Pour en juger
tout le prix, il faut les comparer aux maladroits eiforts de
la routine et de l’empirisme, qui parfois activent le mal
en cherchant à s’y opposer, qui souvent entravent la
saine croissance, et sont eux-memes la cause de tout le
dommage. L'homme, en déllnitive, ne peut agir sur le
monde extérieur qu’avec les forces de la nature; il faut
donc qu'il en observe le jeu, qu'il en étudie les etfets, quil
apprenne à en reconnaitre les lois. Les expositions fores-
tières sont, pour le sylviculteur, un des plus puissants .
‘ I
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l
l
h .
V (
l
( — 159 — i
moyens dïnstruction; mais l’on peut dire que, si elles g
accroissent dans une large mesure, et surtout si elles ré- ·  
pandent et vulgarisent les conquétes de la science, elles §
n'en font que mieux comprendre la nécessité d’étudier ,
encore, d’étudier sans cesse, pour embrasser un champ .
. dont les limites, comme celles de l’horizon, s’éloignent et A
reculent pour ainsi dire, à mesure que le point d’observa-
tion est plus élevé.
L’Exposition était dignement complétée parles animaux
et les objets de vénérie disposés avec beaucoup de goût
dans le pavillon rustique. La vue était frappée,en entrant, ’
par un magnifique loup empaillé appartenant à Il. dg
Gomer, spécimen vraiment remarquable comme fourmrp
et comme préparation.
Les nombreuses tetes de sangliers qui tapissnient l’i¤té··
rieur étaient d’un aspect saisissant; les respectables dé··
fenses dont elles étaient armées en faisant de véritables
· trophées de chasse. Elles étaient envoyées par M. le comb
de Rubelles, lieutenant de louveterie à Presles (Aisne);
[ par M. le comte de Gomer, lieutenant de louvetarîe À
Courcelles (Somme) ; par M. le vicomte du Mai.sniel,d1Ap··
î plaincourt, lieutenant de louveterie à Abbeville; par M.
de Froment, sous-inspecteur des forets à Abbeville; et
par M. de Betfroy de la Grève, lieutenant de louveterie à
Cuisy-lès-Yviers (Aisne).
La collection de M. d’Applaincourt était des plus com-
plètes: tout l’attirail du louvetier, une panoplie d’armes
de chasse, ou l’on remarquait une excellente carabine;
des couples, des colliers, des piéges à loup, à renard, à
fouine ; des pieds de cerf, de sanglier, de loup, de che-
vreuil et de lièvre; une tète de solitaire, véritable type de
4  

n
· I
` — 160 —
l’animal surpris dans sa bauge ; une tete de cerf dix-cors;
deux tetes de brocards,donnant le bois à deux époques de .
. l’année. Rien n’y manquait, et les spécimens fort beaux
et d’une préparation soignée dénotaient bien la collection
d’un véritable amateur. j
`M. Cayet avait exposé un piége à lapin ; M. Chenu, un _ 4
très beau bois de daim. M. de Fromont avait envoyé une
tete de loup fort bien préparée, une tête de sanglier aux
superbes défenses,et une remarquable collection de pieds
d'animaux.
En terminant cet exposé, déjà bien long, peut·étre, et
cependant fort incomplet encore, d’une exposition si im-
portante et si remarquable, il nous sera permis d’ajouter
que, grace aux dispositions bienveillantes de M. le Conser-
vateur, et de l'Administration des Eaux et Forets, un cer-
tain nombre de spécimens de choix ont été donnés à la
Ville d'Amiens. Ces objets, qui se composent principale-
ment d’échantillons types des diverses essences de bois, et
de particularités végétales: polypores, loupes, etc., trou- . .
veront la place qu’ils méritent dans le Musée d’Histoire I
naturelle dont l'Administration municipale tiendra à bon-
neur de doter prochainement la Ville d’Amiens.

F
È
. NOTICE '
sun u. •
ntmets,
En reponse à la Circulaire
de Ill. le Ilinislre de Plnslruclixm publique du Il Juillet i88l,
Pan M. J. GARNIER, Prësùlenl.
[ .
La Société linnéennc du Nord de la France fut fondée ·
· en 1838 pour Vavancement et la propagation des sciences
naturelles.
G’cst un médecin d’Abbeville, Cazimir Picard, (1) qui eut
la pensée de réunir quelques personnes déjà. rapprochées
par le goût des memes études, et de leur proposer cette
fondation.
Un appel fut adressé aux amis des sciences naturelles
des départements dela Somme, de l’()ise, de l‘Aisne, du
Pas-de-Calais ct du Nord.
(1) Picard (Cazimir), né à Amiens le 17 décembre 1805, mortà
Abbeville le 13 mars 1841.
H
L

I
~ — 162 - _
Une première session s’ouvrit à Abbeville le 10 juin
. 1838 et fut close le 14.
Le règlement fut discutée et le projet rédigé pour étre 1
` soumis à l’examen d’une seconde session qui se tint à 9
Amiens du 12 au 15 juillet 1839. '
lie règlement y fut définitivement arrété.Le Ministre de 1
Plnstruction publique auquel il fut adressé l’approuva, et  
autorisa la Société par un arreté du 5 mai 1840. · ‘
La 3• session s’ouvrit à Arras le 24 août 1840, et la _ I
4• a Lille, le 7 septembre 1841.
Le temps s’y partageait en lectures de notes et de !
mémoires, en excursions, et en visites des collections
publiques et particulières. Q
La mort de Picard, qui n’eut point d’héritier de son l
zèle et de sa conliance dans l’avenir de l’institution, fut I
un coup mortel pour la Société dont il avait été l’à.me.
On acheva la publication des mémoires qui avaient été `
communiqués dans les sessions, et la dissolution eut lieu
en 1847. .
Quelques exemplaires des bulletins qui n'avaient point
été distribués furent partagés entre les derniers membres, `
qui regrettèrent toujours de n'avoir pu retrouver les
archives de leur Compagnie qu’ils croyaient seulement I
égarées dans la dernière périgrination. ·
On n’avait point tardé A reconnaitre ce que l’organisa- I
tion et Pexistence nomade de la Société avaient de défec— ‘
tueux, et nul doute que des réformes n’eussent été faites, l
si elle eût vécu. _ I
Quoi qu’il en soit, elle a laissé des bulletins, fort rares I
aujourd’hui, qui ne sont point sans valeur.
1° Société linnéenne du nord de la France.Gompte-rendu  
de la première session tenue a Abbeville en juin 1838. l
. _ 1

I
I — 163 —
Abbeville, 1838, Paillart. 1 vol. in-8°. 46 pages.
2° Bulletin de la Société linnéenne du Nord de la
France. Volume 1**.
Abbeville. 1840-1845. Paillart. 1 vol. in-8•. 380 pages et
8 planches. '
Ce volume contient, pour le département de la Somme :
Catalogue des Carabiques, par M. J. Garnier; Liste des
Lépid0ptères,parM.Dujardin; Histoire des mollusques ter-
restres et Huviatiles,parM. Picard (achevé parM. J. Garnier.)
On y trouve encore un mémoire très remarquable de
’ Picard sur les déviations ou, si l’on veut, les déformations
des coquilles du genre Unia dont il se sert pour rendre
plus facile la détermination des espèces; un Essai sur les
Nécrophages silphales du Nord dela France, par M. Mareuse ;
deux notes de M. Macquart sur les insectes diptères qui
nuisent aux céréales durant leur végétation ;`des observa-
tions de M. le baron de la Fons de Mélicocq sur les plantes
' rares et quelques monstruosités végétales par lui recueil-
lies dans l’Aisne et le Nord; des notes de M. Tillette de
Clermont-Tonnerre sur le Dacryomices urtzbœ Fries, sur la
, Pezàa fusarzbùles Berk .et sur la Sagùuz stricto ,· une autre
de M. Desmazières sur le Lophium elatum Fries; enfin une
notice de Picard sur la reproduction anormale des plantes
et principalement le Cresson de fontaine, Sùymbràsm nas-
turtiwm, par des feuilles séparées de la plante mère et par ·
des tragments de feuilles qu’avait déchiquetées la larve
d’une Frigane. Ces faits tous nouveaux, présentés à la
Société d'émulati0n d’Abbeville le 19 avril 1839, à la
Société linnéenne le 13 juillet, le furent à l’Académie des
sciences le 19 novembre par M. Turpin auquel avait été
communiquée cette découverte de Picard.

.. 45; ...
ll
Le l2 novembre 1865 des membres de 1’ancienne
Société réunis à des naturalistes nouveaux s’occupèrent
de la reconstituer, mais en Pétablissant sur les bases
nécessaires pour lui assurer une existence durable. Après
diverses réunions préparatoires, un projet de règlement,
lu et adopté le 3 décembre, fut présenté à M. le Gon-
seiller d’État Préfet de la Somme, qui Papprouva le 30 du I
meme mois. '
Le siège de la Société fut lixé à Amiens. La circonscrip-
tion resta la méme et partant le nom de Socùété lùméermc
du Nord dela France fut conservé. I
La Société a pour but, art. 2 : '
l° De répandre le goût des sciences naturelles et d'en
faciliter les progrès par tous les moyens possibles;
2** D’explorer tous les pays qu’elle embrasse sous les ·
rapports zoologiques, botaniques et géologiques;  
3° De réunir tous les matériaux nécessaires pour former .
une faune, une llore et une histoire géologique du pays. 4
4** De recueillir tous les produits naturels du pays pour
en faire une collection locale.
. Tout en poursuivant le méme but, on voulut l’atteindre
plus surement, par une meilleure distribution du travail.
Dans cette vue `les membres furent partagés en trois
. Comités : de géologie, de botanique et de zoologie. I
En 1876 la Société crut devoir faire à ses statuts et à
son règlement quelques modifications qui portaient sur-
tout sur Porganisation du bureau et la cotisation des _
membres.  

— 165 —
Ce nouveau reglement ainsi modifié, révisé et accepté
dans la séance du 12 février 1876, fut approuvé par le
Préfet le 17 février.
G‘est la règle qui nous régit aujourd’hui.
La Société, fidèle à. ses statuts, n’a cessé de travailler au
prollt de l’œuvre qu’elle a entreprise. Mais la plupart de
ses membres ne sont point des hommes de loisir, et ne
peuvent lui donner que le peu de temps que leur laissent
les devoirs professionnels qu’ils ont à remplir.
Quoi qu’il en soit, elle a organisé, chaque année, aux
, diverses saisons, des excursions pour lesquelles là Compa· ‘
' gnie du chemin de fer du Nord a bien voulu lui accorder
une réduction de prix, et elle a convié à ces courses lesjeu-
nes gens désireux de former des collections. Elle apu ainsi
ajouter beaucoup à la llore du département de la Somme
de Pauquy (l831) et aux catalogues de M. Eloy de Vicq et
_ de Brutelette (1865). La faune entomologique s‘est aug-
· mentée également, et la géologie de la Somme de M. Bu-
teux (1843-1864) a été révisée, corrigée et notablement
l développée par les recherches de MM. de Mercey, R. Vion,
, L. Carpentier, qui ont pu, par l'observati0n de faits nou-
veaux, expliquer théoriquement ce que M. Buteux n’avait
fait que constater.
Nous avons voulu propager dans les écoles le goût de la
botanique et de l'entom0logie, études trop négligées dans
les campagnes et dont l'utilité cependant est incontes-
table.
Sachant par expérience que la détermination des pre-
mières espèces recueillies et leur préparation offrent
des difficultés qui souvent rebutent les débutants, nous
avions disposé des collections de 200 plantes et de 150
insectes du pays, nommés exactement,préparés avec soin,

.. [66 ..
qui serviraient de types pour les commençants, et que
nous devions donner aux écoles pour le prix des boites
et du papier qu'il nous fallait acheter.
Nous voulions parla nous associer au désir du gouver-
nement et à ses etïorts pour répandre dans les écoles de
campagne les notions d’histoire naturelle qui leur man- I
quent. Nous nous sommes meme offerts pour nommer les ·
_ plantes et les insectes que les maîtres et les écoliers
auraient récoltés.
Les demandes n’ont point répondu à notre attente;
_ Pignorance et l’incurie ont été plus puissantes que notre
bonne volonté. Nous avons donc le regret de voir encore, 1
dans les concours scolaires et agricoles, donner des
` médailles à des fragments de plantes `mal choisis, mal
nommés, méconnaissables, qui n’ont. d’herbier que le nom,
et à des collections d'insectes mal piqués, mal soignés,
ramassés un peu partout, et qui ne donnent aucune idée
de l’entom0logie du pays.
C·’est également dans la méme pensée que nous avons
entrepris une collection des insectes utiles et nuisibles ·
de la Somme.
Grace au zèle de M: L. Carpentier, cette collection qui
s’accroît chaque jour est déja fort importante. A coté de
l’insecte dont nous donnons le nom scientifique et le
nom vulgaire, nous exposons un échantillon de ses pro-
duits utiles ou des ravages dont il est la cause, de sorte
i que celui qui voit l’insecte sait aussitôt pourquoi il le
doit redouter, et que celui qui n'a vu que les dégats et
les reconnaît, trouve près de la le malfaiteur dont il doit se
garder. Pour certains insectes, une légende seulement
accompagne le nom. Ce sera, nous sommes-nous dit, le
livre des ignorants; il frappera leurs yeux, il leur
 

— 167 —
apprendra quels sont leurs amis et quels sont leurs enne-
· mis, et donnera le désir d’étudier attentivement les évolu-
tions et les mœurs de ces petits étres qui sont quelquefois
la cause d’immenses désastres.
Nous avons eu la satisfactions de voir cette collection
encore à son début fort bien accueillie au concours
régional d’Amiens, en 1875; au concours du Gomice
d’Amiens, en 1876; et récompensée d’une médaille au ·
concours régional de Compiègne en 1877.
Le paragraphe 4 de l’art. 2 nous impose l’0bligation
derecueillir tous les produits naturels du pays pour
' une collection locale.
La Société n’a point négligé cette partie de sa tache;
les produits de ses herborisations et de ses chasses en
sont la preuve.
La ville possède de riches collections dont elle a remis
le soin à la Société. Malheureusement ces collections
transportées plusieurs fois dans les logements provisoires,
reléguées en dernier lieu dans un grenier où la poussière
et les intempéries des saisons s’ajoutent aux diverses
_ causes naturelles de destruction , ne peuvent recevoir
que des soins à peu près inutiles. Un local est promis
chaque année, et chaque année la dépense renvoyée à
l’année suivante. ll est done à craindre qu'au temps où le
local sera pret, le nombre des admissibles soit de beau-
‘ · coup diminué.Un muséum qui serait un complément d'ins-
truction pour les enfants de nos écoles fait donc défaut, et
nous attendons toujours, malgré nos espérances si sou-
vent déçues, qu’il nous soit donné de pouvoir enfin ins- .
taller ces collections dans un local convenable et digne
de leur valeur et de l’intérét quelles doivent offrir aux
amateurs d'histoire naturelle et aux simples curieux.
, 

- 168 _
— La Société, avons-nous dit, a poursuivi ses études ;
elle a publié 4 volumes de mémoires, et le 5• est sous
presse.
Nous citerons les travaux les plus importants de chacun
des volumes.
Tome l•*. 1866-1867. -156 p.
Etude sur Linnée, par M. René Vion.
` — Catalogue des plantes usuellesfavec une explication
des principaux termes de botanique, pour servir d’intro-
duction aux démonstrations commencées dans le jardin ·
de botanique (d’Amiens) le 27 juin 1754, sous les auspices
de Mgr le Duc de Chaulnes, Intendant de Picardie. (Repro-
duction d’un imprimé de 1751 devenu introuvable.)
- Note sur quelques insectes rares d’Algérie, par M.
Colty.
— Les insectes dans l`antiquité et au moyen·age.
Essai historique. (Conférence). Par M. J. Garnier.
— Quelques mots sur Pintelligence des animaux, parle
D' Lenoel.
, — Structure de la craie de Picardie, par M. N. de Mercey. `
Tome II. 1868-1871. 460 p., 3 planches.
- Monographie du genre Anthoplwm, par le D' Dours, .
précédé du Guide de la chasse des Hyménoptères, par
le D* Sichel.
- Clef dichotomique des Mousses d'après Mérat, par
M. Ch. Copineau.
·— De la motilité des Conferves, par M. J. Girard.
- Des aquariums, par M. Alphonse Lefebvre.

— l69 —
Tome IH. 1872-73. 230 p. a
— Catalogue synonymique des Hyménoptères de France,
par le D' Dours.
Tome IV. 1874-77. LXXV et 346 pages. 2 planches.
— Quelques mots sur le principe de la vie, par M. E. de
Vorges.
-— Sur la classification de la période quaternaire en
Picardie, par M. N. de Mercey.
. —- Note sur une base nouvelle de la gradation des ver-
tébrés proposée par M. Chamberlin, par M. R. Vion.
- Les métamorphoses des insectes, conférence de
M. Fr. Brauer. Traduit de l’allemand par M. Alfred
Lefevre.
—— Révision des espèces françaises de la famille des
Leptîdes, par M. le D' Gobert.
—- Les plantes intéressantes de la vallée de la Bresle et
de ses deux versants, par M. E. de Vicq.
— Quelques mots sur le Macropode de Chine, par
M. Alphonse Lefebvre.
-Description de l’Inoceo·amu.s Mantcllz`, par M. N. de
Mercey. `
— Catalogue des Coléoptères du département de la
Somme.
Pour entrer plus largement dans l’esprit de son pro-
gramme, agrandir le cercle de ses relations et les entre-
tenir plus actives avec ses correspondants, la Société a
décidé, en l872, la publication d’un bulletin mensuel.

— 170 -
Ce bulletin, dont le premier numéro parut en juillet
1872, et dont la direction a été conllée à M. René Vion,
. donne l’analyse des proces-verbaux des séances, la liste 1
des ouvrages reçus, les lectures del peu d’étendue, des
articles traduits de revues étrangères et des faits divers
d'histoire naturelle.
On y remarquera les études sur la géologie du canton
d'Amiens par M. N. de Mercey.
Deux années de ce bulletin forment un volume de 24
feuilles; 4 volumes sont publiés, le 5• s'achève.
Tome I• années 1872-1873.
— Il• — 187+1875. I
- III• — 1876-1877.
-— IV' —- 1878-1879. —
La Société sé compose de 71 membres résidants payant
une cotisation annuelle de 10 fr., de 32 membres non- A
résidants payant 7 fr., de 26 correspondants et de 5 hono-
raires qui ne paient point de cotisation.
Le revenu de la Sociétése compose du produit des coti- `
sations, d’une subvention de 200fr. du Conseil général de
' la Somme et d’une subvention de la ville de 300 fr. qui
doivent etre affectés à l’entretien des collections; eniln,
elle a reçu de M. le Ministre de l'Instructi0n publique, en
1878 et en 1879, une allocation de 300 fr.
M. le Ministre a bien voulu aussi lui accorder en 1878
quelques volumes d’histoire naturelle pour sa biblio-
thèque; elle serait heureuse que pareille faveur pût lui
etre accordée chaque année.

-— 171 —
Le nombre des Compagnies savantes avec lesquelles
correspond la Société linnéenne est considérable'; elle ne
compte pas moins de 100 Sociétés , avec lesquelles
elle échange ses publications; sa bibliothèque est donc
relativement assez riche; les divers articles traduits de
l’allemand, de l’anglais et de l’italien qu’elle a donnés
· dans ses mémoires et ses bulletins, montrent que les
volumes qu'elle reçoit ne sont point pour elle lettre morte.
Je crois, M. le Ministre, avoir répondu à tous les points
de votre circulaire, et je reste à votre disposition pour les
renseignements dont vous pourriez encore avoir besoin.
Je joins à ce rapport les règlements de 1839, de 1865
et de 1876.
Quant ànos mémoires et a nos bulletins, ils vous ont
été adressés régulièrement aussitot leur publication.
Veuillez agréer, etc .... _

NOTICE
SUI
· (]1=1A1>.LEs—JosE1>1=1 BUTEUX
PAR M. J. GARNIER,APrésident.
M. Burnux a tenu un rang assez distingué dans notre
pays pour qu'il soit permis de consacrer à sa mémoire
une notice et de rappeler les travaux aussi nombreux que
variés que son désir d`ètre utile et son amour incessant
de l’étude lui ont fait entreprendre.
Charles·Joseph Burnux naquit à Abbeville, le 2l janvier 4
1794, d'une famille des plus honorables de la bourgeoisie
qui compta parmi les siens plus d’un homme instruit.
Nous ne savons rien de ses premières années, mais
nous avons lieu de croire qu'ellcs furent une bonne pré-
paration à la tache qu’il s’imp0sa plus tard, au goût pour
les sciences qui ne cessa de l’animer.
Marié à M"•DosFossés, qui lui apporta en dot le domaine
de Fransart, il s`y fixa et s'occupa activement et sérieuse-
ment d’agriculture.
La considération dont il jouissait le fit bientot choisir
pour maire de sa commune, et ces fonctions lui furent
4 

— 173 -— ·
conservées par les sulfrages du Conseil municipal élu; il
fut aussi conseiller général de 1831 à 1847 ; il donna alors
sa démission.
Il reçut, en récompense de son dévouement et de ses
services, la croix de la légion d’honneur, le 25 mars 1864.
M. Buteux contribua puissamment à Vorganisation du
. Comice agricole de Montdidier dont il fut le premier prési-
dent; lors de la fusion des Comices, il prit une part active
aux travaux de celui d’Amiens. Les honneurs académi-
ques ne lui tirent point défaut; l’Académie d'Amiens (1832),
la Société d’Emulation d’Abbeville (1837), la Société des
` Antiquaires de Picardie(1836),la Société desAntiquaires,la
Société géologique et la Société botanique de France,
pour ne citer que les principales, s’honoraient de le
_ compter parmi leurs membres. Il fut l'un des fondateurs
de notre Société linnéenne ; et, lors de la réorganisation,
il fut appelé à présider la section de géologie.
M. Buteux, après avoir perdu sa femme et marié ses
filles, partagea son temps entre Fransart et Paris. Il allait
y chercher non des distractions frivoles, mais les moyens
d’instruction qui lui manquaient à' la campagne. Aussi le
rencontrait-on aux cours du Muséum et du Collège de
France, aux conférences scientifiques, et, lecteur assidu,
dans les bibliothèques. Plus tard, cédant aux exigences de
l’àge, il passa l’hiver dans le midi, demandant à une
températme plus clémente la forcc et la santé; mettant
en ordre les notes qu’il avait recueillies et dont il aimait à
faire proüter les sociétés avec lesquelles il entretenait des
relations justement appréciées. Cette vie simple, active,
intellectuellement occupée, conserva M. Buteux à ses amis
jusqu’à sa 83° année ; il mourut le 14 novembre 1876. ,
Ses travaux peuvent se diviser en trois séries ; ils ont

— 474 —
pour objet principal, en ell’et, Pagriculture, l’histoire
naturelle, et les beaux-arts.
Je vais essayer de vous les faire connaitre et de les
analyser aussi exactement qu'il me sera possible.
I. — Aeaucuvruan.
Son mémoire sur les moyens les plus propres à hâter
les progrès de l'agriculture dans le Santerre, qui nous
parait le premier qu’il ait publié, est inséré dans le tome .
I" (4*• série I835) des Mémoires de l'Académie d’Amiens,
à laquelle il l’avait adressé au mois de juillet 1832.
L’auteur pense qu’une esquisse rapide de l'état ancien
de Yagriculture fera mieux comprendre aux cultivateurs
l’utilité des réformes et leur fera mieux sentir la nécessité
de nouveaux progrès. Il présente donc cet historique
abrégé; montre ce qui a été fait; signale l’introduction
~ bienfaisante de l’alternat qui agrandit le sol en supprimant
les jachères; combat la culture des plantes oléagineuses .
qui ne produisent ni fourrage ni litière; demande l’augmen-= ‘
tation du bétail, l’emploi intelligent de la marne, l`usage '
de bons instruments. La cause de l’état stationnaire de
Pagriculture est pour lui l’ignorance, le défaut de commu-
nications, la dépopulation des campagnes. Le cultivateur
lit peu, dit-il, il n'a point coniiance dans les théoriciens
et en cela il a quelque peu raison. Ge qu'il voit le frappe
et l’instruit mieux.
M. Buteux n’est point partisan des fermes écoles qui
coûtent trop cher et n`enseignent point l’économie: qui
font des essais qui ne réussissent point toujours, et
emploient des méthodes dont souvent on n'oserait pas

— 175 —
conseiller l’usagc. Il croit pouvoir y suppléer en récom-
pensant les établissements agricoles de la région les mieux
conduits, dans lesquels la théorie s'allie sagement à la
pratique, dont les résultats heureux sont connus de tous,
et que chacun, dans le même milieu, apu apprécier et
juger. Déjà, vous le voyez, il proclamait l’utilité des
primes régionales que nos Comices agricoles ont si timi-
dément essayées et auxquelles le gouvernement ne s’est
associé qu’en 1857. M. Buteux pensait que du jour où une ·
' science et un art mettent en doute Pexactitude des mé-
thodes dont ils se servent, ils cessent d’etre stationnaires.
ll suffit de douter, en elïet, pour chercher, et la recherche
fait avancer vers la perfection.
M. Spineux, l'auteur d’un bon Manuel d’agricultu1·e
publié en 1841 aux frais de l’Académie et du Comice agri-
cole d'Amiens, avait donné, dans le Bulletin du Comice de `
1837, un article sur les Assolements qui appela de la part
de M. Buteux des observations auxquelles répondit M. Spi-
neux. M. Buteux ne fut point convaincu et répliqua. Ce
fut un débat très courtois entre deux hommes également
pratiques dont l’un plus radical attaquait de front ce qu’il
croyait une erreur, tandis que l’autre ne voulait point, en
heurtant trop les habitudes, compromettre un progrès.
Rien dans l’ord1·e moral, comme dans l'ordre physique, ne
se fait brusquement, disait M. Buteux, mais peu à peu.
La différence entre les deux opinions n'était pas si grave
qu’une concession de part et d’autre ne les flt s’accorder. ·
Tous deux veulent la suppression des jacheres, un moins
grand espace pour les céréales, plus de racines, plus de
prairies artificielles, des lors une augmentation du bétail.
Mais ils partent de principes contraires. L’habitant des
campagnes consommant beaucoup de pain, il semble alors

- ne - 1
à l’un qu’il y ait besoin de donner aux céréales une partie L
. de ce qu'on a gagné sur les jachères. L’autre trouve qu’il
consomme trop peu de viande, il veut donc donner plus
à l'élevage et à l’engrais du bétail.
En 1839, M.`Buteux, appelé à la présidence de l’Assem-
blée générale d'organisation du Comice de Montdidier,
ouvre la séance par un discours sur le sujet qu’il avait
déjà traité: les moyens les plus propres à amener le
. perfectionnement de l’agriculture. ll les divise en moyens
directs et indirects. Les derniers dépendent du gouverne-
ment qui doit assurer la tranquillité intérieure, de bons
_ rapports avec l’étranger, des voies faciles de communica-
tion. Les moyens directs sont pour lui les associations des
cultivateurs qui devront unir leurs elïorts et se commu-
niquer leurs connaissances et leurs besoins. Le gouver-
nement avait bien compris l’importance de ces associations
qui se multipliaient à cette époque; aussi encourageait-il
la création des Comices par les primes et les récompenses l
qu’il mettait a leur disposition. L’émulation, dit M. Buteux, `
fait des prodiges; l’exemple est plus puissant que les
meilleures leçons, qui ont toujours besoin d’etre confir-
mées par la pratique; ce n’est pas au loin, c’est chez soi
qu’il faut les chercher. Mais, ajoutait-il, la pratique ne
peut rien si elle n’est éclairée par la théorie: la bota-
nique, la chimie, la physique, la géologie, la mécanique
y ne sauraient donc rester étrangères à l’agriculture.
Plus tard il dédie à ce méme Comice, qui l'avait fait son
président, un petit traité sous le titre de Résumé d’agri-
culture.
Ce traité a le mérite de donner brièvement et nette-
ment les principes de l’art qu’il définit: l’art de retirer
d’un champ le produit le plus avantageux. Ce qu’il dit de

— H7 —- `
la terre, des opérations dont elle a besoin, des amende-
ments, des engrais, des labours, de l’alternat, est exposé ,
de telle façon que tout le monde peut le comprendre. La
théorie des engrais est établie sur les principes adoptés à
cette époque par les meilleurs praticiens. Il n’y parle
point du bétail ; la zootechnie n’est, à son avis, qu’une
partie accessoire de l'agriculture. Des notes historiques
complètent ce travail, et montrent qu’à la routine ont
succédé des opérations raisonnées qu’il ne faut point
confondre avec l’adoption empressée, irréiléchie, ruiueuse
souvent, de prétendues améliorations qui éloignent bien
plutôt qu’elles n’amènent les progrès. Il termine par un
tableau de celles qui ont été réalisées dans la Somme
depuis 40 ans, et que sont appelées à continuer les Gomices,
qui doivent avoir pour but de les provoquer et surtout de
les diriger. ‘
Son esprit pratique se montre encore dans un rapport
sur les primes à décerner par les Comices. Il n’est point
le partisan quand meme de tous les instruments amélio-
rés ; il n’estime que ceux d'une utilité réelle et bien cons-
tatée, et encore, si utiles qu’ils puissent étre ailleurs, s‘ils _
ne conviennent point au pays, il les repousse et ne leur
veut accorder aucune récompense. Mais il tient les bons
serviteurs en grande estime, les bergers principalement; g
il neveut point qu'on soit avare pour ces auxiliaires de
l’agriculture, s’ils sont habiles, consciencieux et dévoués.
Dans un article sur la conduite des bois (18334842),
· après avoir montré comment autrefois les propriétaires
laissaient tout faire à la nature et n'avaient d’autres règles ·
pour la coupe des futaies et des taillis que le nombre des
années et plus souvent encore leurs besoins, M. Buteux
trace sur Yaménagement des règles tirées de la physio-
l2

‘ — 178 -
logie végétale dont on ne doit s’écarter que dans des cir-
constances spéciales; il les confirme par des exemples et
des calculs qui prouvent que les revenus s'accroissent
avec une exploitation que dirigent la théorie et l'expé-
rience.
En 1847 M. Buteux publie un Traité de la conduite des
Arbres f1·u:`tz'ers, dans lequel il s’cst efforcé, dit·il,d’exposer
en termes clairs et précis les préceptes qu‘une étude
sérieuse des auteurs de jardinage les plus estimés et une
longue pratique lui font croire les meilleurs ; il vent aussi
étre méthodique. Les traités sur l'art de faire rapporter
aux arbres cultivés beaucoup de fruits ne manquent point
_ en effet, il le sait, mais' les uns sont trop étendus pour
que les jardiniers puissent les lire, les autres trop concis
_ pour être parfaitement clairs.
M. Buteux divise son livre en six chapitres dont les
titres suffiront à faire voir l’heureuse disposition: 1° Pré-
ceptes communs à tous les arbres fruitiers, quelle que
soit la forme qu’on leur donne; 2° Des arbres fruitiers en
espalier, la vigne exceptée, à laquelle il consacre le cha-
pitre III; 4° Des arbres en contre-espalier; 5• Des que-
nouilles ou pyramides, des gobelets ou entonnoirs; 6• De
ce qui peut nuire aux arbres fruitiers. On peut donc
trouver immédiatement le point dont on s’occnpe. Ajou-
tons que dans les chapitres 1V et V un paragraphe spécial É
I est consacré à chaque espece d’arbre, ce qui simplifie
encore la leçon dont on peut avoir besoin, leçon très
courte toujours, mais substantielle et suffisante. Des notes
placées à la fin complètent les indications fournies. On
sent dans tout ce travail l’homme qui a beaucoup vu, qui
a comparé les diverses méthodes et auquel la pratique a ·
permis de faire un choix.

—— 179 —
En 1853, dans une Note sur la vaine pâture, M. Buteux
critique vivement la loi do 1791, bonne peut—etre à. cette
époque, et la façon dont les Conseils municipaux l’inter·
prêtent et qui ne tend à rien moins qu’à diminuer le
nombre des moutons. Il propose donc de rentrer dans_le
droit commun et de supprimer la vaine pâture.
Je trouve dans des_ manuscrits sans date et qui me ‘
paraissent de la méme époque, une Note ayant pour titre:
Du Crédit agricole et des Fermes modèles. Il y conteste que
le manque de crédit soit un des principaux obstacles que
rencontre l’agriculture, comme lfaflirment les joumaux et
les économistes qui s`occupent des choses des champs
dans leur cabinet. C’est pour lui une vérité incontestable
pour le département de la Somme et les départements ·
voisins qu’il connait bien, que les agriculteurs ont de
l'argent, et qu': le placent utilement quand ils n’achètent
point de terre. Ila déjà combattu les fermes modèles. Il
voit à la portée de tous de véritables moyens de progrès.
La méthode consisterait dans une meilleure préparation
des fumiers, dans un. assolement mieux combiné, dans
l'achat de bons instruments et de bestiaux de bonnes
races. Les agriculteurs riches ont commencé, non parce
qu’ils sont riches, mais parce qu'ils sont plus éclairés;
quand ils réussiront, ce qui est certain, les petits voisins
qui les regardent faire ne tarderont point à les imiter.
L’exemple est toujours pour lui la meilleure leçon.
Dans une autre note : |C0nsàtératzbns sur l‘état de l'Agri-
culture et les moyens de l’amélzbrer, il revient sur Pinutilité
des institutions de crédit agricole qui ne prêtent qu’au
riche. Il trouverait plus utile la diminution des droits de
mutation dont on devrait d’abord déduire les dettes,
quand il s’agit de successions, et la réduction de ces

- 180 -- .
mèmes droits quand il s’agit d'échanges. Ce serait là un
véritable service rendu à l’Agriculture. Quant à Fenseigne-
ment agricole donné dans les écoles à des enfants de l2 à
43 ans, il en conteste l'utilité. Qu’ils apprennent à lire, il
comprendre ce qu'ils lisent, à bien écrire, à bien compter,
ils liront plus tard des traités spéciaux, s’ils doivent être
cultivateurs, mais surtout qu'on ne mette à leur disposi-
tion que des traités précis, bien faits, et qui s’appliquent à
la région.
Si M. Buteux s’est surtout occupé de la grande culture,
il n’a point, vous l’avez vu déjà, négligé les jardins. Sa
Notice sur la culture du Melon en est une nouvelle preuve.
C'est une instruction simple, méthodique, toute pratique
et suffisante pour un jardinier intelligent.
En l86l M. Buteux publia dans les Mémoires de la
Societé d' émulation d' A bbeville un remarquable travail
‘ sur les Jardùus d’agrémeht, dont il donna en 187l, une
seconde édition plus complète. M. Prarond qualifie cette
notice de brochure reposée, pacifique, mesurée, dans
laquelle il retrouve les manières sympathiques et pleines
d'aménité de l’auteur. Je ne saurais admettre qu’en partie
l’opinion de mon très savant et très spirituel collègue sur
les jardins d’agrément. .I'y trouve des recherches histori-
ques, des critiques habiles, judicieuses, et une manière
d’envisager les jardins paysagistes qui n’est pas neuve
assurément, mais qui ne manque point d’une certaine `
originalité. Quand je vois l’auteur dépenser dans ce travail
tant de goùt et de vues artistiques, je ne comprends pas
le paradoxe qu’il soutient au début, en bonne compagnie, «
d'ailleurs, celle de Quatremère de Quincy, que l’art de  
disposer les jardins n’est point du domaine des beaux- î
arts. Cet art, en effet, n’établit-il point le passage insen- I

- 181 —
sible qui relie l’architecture aux beautés naturelles, n’éta-
blit-il point le sentiment de l'harmonie dans les couleurs
et dans les formes ?
Il me semble que je puis placer aussi dans cette série
sa Note sur les laabitations, car il s’agit de conseils qu'il
adresse aux cultivateurs pour la construction de leurs
maisons qu'il veut simples, commodes, salubres, mais où
l`art peut aussi avoir sa part.
M. Buteux devait nécessairement s'0ccuper de l’impôt,
il intéresse trop les agriculteurs, et pèse assez lourdement
sur eux sous toutes les formes. ll critique tout d’abord, et
il a grandement raison, l`impôt des portes et fenetres qui
n'atteint ni le confortable ni le luxe, mais qui frappe
avec une inégalité choquante l’habitation du pauvre et du
petit ménager. Les contributions personnelles et mobi-
lières ont pour lui le même défaut. L’impôt sur les pro-
priétés batics pourrait, à son_avis, étre unique et s'étahlir
d’une façon fort simple, sur des bases précises et indiscu-
tables qui atteindraient tous les degrés du luxe. L'idée
m'a paru neuve et originale, je ne veux point la discuter
ici, mais je crois devoir la faire connaître. Pour toute
construction, il multiplie la longueur par la largeur et la
hauteur et le produit par 20 c. Si les boiseries et les
murailles sont peintes à l’extérieur, par 40 c. S’il y a
des plafonds et des enduits sur les parois par 80 c. Si les
plafonds sont ornés de moulures, si les parois sont lambris-
sées, par 1 fr. 60 c. Si les moulures sont peintes ct dorées,
3fr. 20 c. Si les cheminées sont en marbre, les parois
ornées et garnies de glaces, par 6 fr. 40 c. De sorte qu’nne .
maison ayant 8 m. de façade, 10 m. de profondeur et
9 m. de hauteur, soit 720 mètres cubes, paierait suivant I
sa richesse : 144 fr., 288 fr., 576 fr., 1,152 fr., 2,304 fr.

· 1
N
V H
-· 182 - î
ou 4,608 fr. Le luxe et le confortable seraient frappés et l
la constatation d'état facile à faire.
La politique touche de bien pres aux questions écono- n
miques. M. Buteux donne donc son opinion sur les droits i
électoraux. Ce petit écrit est daté de 1840, le cens était
de 200 fr. et l’opposition réclamait un abaissement et
l'adjonction des capacités. M. Buteux fait remarquer que
plus on descend, plus Pindifférence à voter est grande ;
quant aux capacités, que toutes figurent sur les listes,
car les hommes réellement capables ont, à Page où l’on
peut voter, acquis par le travail, le mariage et leurs écoj
nomies, l’obligation de payer le cens exigé ; quant à ceux
qui n’y sont point arrivés, il ne les saurait regarder
comme des capacités, et il ne voit dans ceux qui critiquent
qu’un souci plus généreux que judicieux pour ceux qui
ne votent point; et, de leur part, que l’opposition inhérente
à tout gouvernement représentatif. Il blâme les électeurs
qui n'usent pas de leur droit et l’extension pour lui ne
devrait avoir lieu qu’alors que les mœurs constitution-
nelles auraient fait plus de progrès, que de l’instruction
plus étendue serait née une appréciation plus éclairée
des devoirs et des droits du citoyen. Il admet le droit
électif pour les élections municipales dans les petites
communes où chacun se connaît; il n’en veut point pour
les grandes villes. Il est en cela partisan d’Aristote qui
dit que le gouvernement le meilleur est celui où les
classes moyennes dominent et possèdent le pouvoir; de
Voltaire qui dit que les hommes de fortune médiocre
sont en tous pays les meilleurs citoyens, puisqu’ils sont
_ au dessus de la pauvreté qui peut conduire à des
bassesses, de l’opulence qui nourrit presque toujours
l'ambition. C’était aussi la pensée de Louis XVI dans sa
\

- 183 -
lettre du 18 septembre 1791 à l’Assemblée constituante.
Enfin, dans une étude sur les diverses formes de gou-
vernements anciens et modernes, il regarde comme le
meilleur pour un grand pays la monarchie constitution-
nelle avec deux chambres ; il lui paraît même le seul pos-
sible, Phérédité du pouvoir le mettant à l’abri des troubles
inséparables d’une élection. Ces études, je vous l’ai dit,
sont déjà anciennes. Peut·etre notre collègue, avec son
bon sens, sa sagesse et son amour intelligent de la liberté, ‘
aurait-il modifié quelque peu sa manière de voir en pré-
sence des faits nouveaux qui se sont accomplis.
Je ne connais point son Mémoire sur la géographze, la
géologie et l’agrz`culturc du canton de Rosieres, qu’il commu-
niquait à l’Académie d’Amiens en 1833, mais j'ai tout lieu
de croire qu’il était le même que celui de 1832 modifié, et
que cette compagnie publia dans ses Mémoires en 1835.
ll. — Sciences NATURELLES. ·
M. Buteux préludait à ses travaux comme géologue,
quand il présentait à. l’Académie d’Amiens, en 1835, son
Mémoire sur une partie de la géologue de l'ar1·ondzssement de
Montdùlzer qui renferme des terrains tertiaires. Il y étudie
le Mont—Soul`flar|. et ses lignites, les argiles de Bus, de
Tilloloy-les-Roye, de Beuvraigne, d’Eméry, etc. ; essaie
de caractériser les silex qu’il y rencontre, et arrive à cette
conclusion que ces lambeaux de terrains tertiaires faisaient
partie d’une formation d’une étendue considérable que la
violence des eaux du dernier cataclysme aurait entière-
ment entraînée; que le cours des eaux devenu plus lent a
déposé les terrains de transport d’eau douce à surface

— 184 -
assez régulièrement horizontale, et que le diluvium, qui
ne présente aucune trace de stratification, a été formé en
meme temps mais par des eaux plus rapides. ,
Ce premier essai fut suivi de l'EsquzZsse géologzyue du
département de la Somme, que la meme Société publia en
l843. L'au|eur divise son travail en six chapitres dans
lesquels il traite successivement du terrain crétacé, du ter-
tiaire ou supercrétacé, du clysmien et de l’alluvien. Dans
le cinquieme il parle des couches aquifères ou nappes
d'eau, et dans le sixième il tire les conséquences géogé-
niques des faits qu’il a constatés. Après avoir cité les E
localités dans lesquelles il rencontre chaque terrain, il _
donne les coupes des plus remarquables, signale les dif-
férences les plus intéressantes et donne la liste des roches
et des fossiles qu’il y a recueillis ou qui lui ont été com-
muniqués. Comme cet ouvrage était tout nouveau, il ne
doute pas que la liste des roches et surtout des fossiles
ne soit considérablement augmentée par les recherches
ultérieures. Dans le chapitre des couches aquifères, il fait
voir comment, dans les lieux élevés et dans plusieurs
vallées, il serait nécessaire de percer à une profondeur
considérable pour avoir des eaux jaillissantes, tandis que
dans quelques autres un forage de 30 à 35 metres serait
suffisant. Enfin le dernier chapitre est un excellent résumé
des opinions qu'il a émises au cours de ses observations
sur la formation des terrains. Une carte permet de suivre
le géologue dans ses courses et de se faire une idée de la
distribution des terrains dans les localités qu’il a dû
explorer.
En l849 M. Buteux fit paraître une seconde édition de
W son livre qui se distingue par de notables améliorations.
Je citerai le premier chapitre: Cours d' eau et relief du
l
L
..1

— 185 —
sol. Au moyen de quatre lignes longitudinales et de cinq
lignes transversales qui indiquent les hauteurs au dessus
du niveau de la mer, l’auteur montre que la direction des
vallées aété creusée par de grands courants venus du
sud-est. Il a remplacé le nom de terrain clysmien par
celui d'alluvions anciennes et soigneusement établi ses
rapports avec les terrains voisins. Dans le chapitre des
alluvions modernes, la tourbe est l’objet d’une révision
complète et d'un intéret tout particulier. Il a supprimé
son chapitre des conclusions géogéniques pour les
placer, au fur et à mesure, dans les chapitres des terrains
auxquels elles s'appliquent. Les puits forés, les travaux
des chemins de fer, des recherches continues lui ont
fourni des documents nouveaux et ajouté à ses listes de
fossiles qu’il a rectitlées en plusieurs points.
_ A une époque que je ne saurais préciser, M. Buteux,
qui n’a cessé de travailler, donne un supplémentàson
Esquisse géologzgue qu’il met, par une longue série de
notes, au courant des découvertes modernes, et à laquelle
il joint une planche représentant quelques fossiles peu _
connus.
En l862, il remanie ce supplément, change les noms
qu’il avait adoptés par ceux qui sont en usage et ajoute
une carte des lieux explorés, laquelle comparée à la pre-
miere, celle de 4843, fait bien voir ses continuels progrès.
Enfin parut en 1864 une troisième édition entièrement .
refondue, pour laquelle M. Buteux a mis àproiit tout ce
qui avait été fait de recherches géologiques dans le dépar-
tement, et qu’il a ornée d’une planche oifrant une coupe
de la vallée comprise entre le Moulin·Quignon et Manche-
c0urt,vallée qu’ontillustrée les découvertes de M.Boucher
de Perthes. A cette édition il faut, pour la compléter,

- er — l
V ajouter une addition de quatre pages qui manque à la l
plupart des exemplaires. ` _
Antérieurement, en 1857, M. Buteux avait publié ses
Notzbns générales sur la Géologze du département de la Somme
dans les Mémozres de la Société d' émulation d' A bbevüle. C’est
une revue rapide, substantielle cependant, des terrains qui
composent le département, depuis le calcaire oolitique
· · gris des terrains jurassiques qu’ont rencontré les sondages
faits à Bouquemaison jusqu’à l’alluvion moderne.
· J ’ai parlé tout à l’heure de M. Boucher de Perthes et de
g ses déc0uvertes.Elles touchaient de trop près à la géologie, l
_` pour ne point intéresser vivement notre collègue. M. Bou-  
cher de Perthes qui n’était point géologue, avait, par une
heureuse intuition , reconnu le premier dans certains
silex le travail de l’homme et conclu à son existence dans
lesterrainsd’alluvionancienne,lediluvium,comme on disait `
alors, qui avait fourni ces silex. Quand, après quelques
années, cette opinion lut admise et ce ne fut point, vous
le savez, sans de grandes oppositions, une grosse question
s’agita. La détermination précise des terrains et de leur
date fut à l’ordre du jour. M. Buteux prit à cette discus-
sion une part très active. De là six brochures qu’il Ht
paraître en 1851, 1855, 1859, 1860, 1862 et 1863 dans
lesquelles il discute le classement précis de l’étage auquel  
appartiennent ces couches de silex, et qui donnèrent lieu
à une exposition fort habile de la succession des terrains l
` dans le département de la Somme, depuis l’éocène jus- F
qu’au terrain moderne. Je me contenterai de les citer  
sans entrer dans de plus grands détails. Je craindrais que I
mes faibles connaissances en géologie ne me tissent com-
mettre des erreurs là où j’essaîerais de donner des éclair-
cissements.
1

— 187 ——
M. Buteux avait préparé un précis de l’Hzbt0ù·c
de la géologie et de la minéralogie. ` _
ll laisse en manuscrit un Traité de botamyue et un Traité
de zoologie élémentaires.
Ces ouvrages n’apprennent rien de neuf; ils sont le fruit
de lectures sérieuses, intelligentes, d’excellents résumés
au niveau des connaissances du temps où ils furent
rédigés , et auraient tenu honorablement leur place
dans une encyclopédie à l'usage des gens du monde.
M. Buteux avait eu l’intention de les publier pour l’usage
des écoles primaires. Je l'en ai alors dissuadé, à moins ·
qu’il n’eût l’heureuse chance de trouver un éditeur qui
s’en chargeat, ce qu’îl ne trouva point. Quel que fût le
mérite de l’ouvrage, l'auteur n’avait point, en effet, ce qui
aide au succès, je dirai même ce qui l’assure, une posi-
tion officielle dans le personnel de l’instruction publique.
' III. —- BEAUX·AR'l‘S.
U Dans son Histoire des arts du dcssùs et de la danse qu’il
publia en 1836, M. Buteux a montré une érudition étendue,
des recherches patientes dont il relève le mérite par un
style simple et correct et surtout par les preuves nom-
breuses d’un goût exercé. Son but était de vulgariser par
des notions exactes, mais cependant générales, une his- .
toire trop peu connue, méme encore aujourd’hui. A-t-il
atteint le but qu’îl visait? Nous ne doutons point qu’une
lecture attentive de son livre ne mette à méme de préciser
les progrès de l’art du dessin dans les trois manifestations
dont il s’occupe, la sculpture, la peinture et Parchitecture,
depuis les temps les plus anciens jusqu’à nos jours. Il en

.. [88 -
indique nettement la marche, signale les artistes célèbres,
les chefs-d'œuvre qu’ils ont produits, énonce les règles
qu’ils ont observées, et ses considérations, aussi fines
que justes, peuvent etre considérées comme d’excellents
préceptes. Il s'appuie d’ailleurs sur les critiques les plus
autorisés, et sait choisir les citations, de sorte que s'il olfre,
comme lecture historique, beaucoup d'intéret, il n'en offre
pas moins au point de vue de l’esthétique, j’ajouterai
méme de l’exécution. Est-ce à dire qu’il n’y ait point
quelque réserve à faire; assurément oui. On y rencontre
des propositions qui pourraient paraître trop absolues, .
des parties qui auraient besoin de plus de développement.
Enfin le besoin d'une table s`y fait sentir. `
L’HzZstoz`re de la danse qui tient par tant de points aux ·
mœurs et aux coutumes, n’est pas traitée avec moins de É
talent. C’est, dans sa précision, une excellente esquisse
dans laquelle l’auteur montre les caractères particuliers
de la danse dans les divers pays, depuis la saltation laplus
primitive jusqu’à notre chrorégraphie moderne , si
savante et si harmonieuse.
Ge travail qui date,comme je l’ai dit, de 1836,a continué A
d’occuper les loisirs de M. Buteux qui le considérait comme
une ébauche. ll l’a repris plusieurs fois, pour le dévelop- ‘
per à l’aide des travaux modernes, et il en a laissé une copie I
préparée pour l’impression, où l’on trouve beaucoup de lec- l
tures.des appréciations et des observations trèsjudicieuses. I
ll en a détaché, pendant son dernier séjour à Hyères,
pour un journal de cette ville, un chapitre traitant de la '
gravure, qui eût iiguré avec distinction dans une encyclo- _
pédie. ’  
ll termine ce chapitre par un mot sur les procédés nou- Ã
veaux, la lithographie qui a reproduit si heureusement un I

— l89 — ‘
grand nombre d'œuvres de nos plus célèbres artistes, la
photographie et la photogravure que `le bon marché et la
perfection de leurs produits signalaient tout naturellement
à son attention. L’épreuve que nous en avons, présente
d’assez grandes différences avec le manuscrit, qui se
complète par une suite chronologique des principaux
graveurs italiens, français, allemands et autres qu’il n’a
pas cru devoir publier. On y remarquera surtout des
observations qui sont d’un curieux connaissant bien les
ressources des différents modes de gravures. ‘
En 1862, la Soczeté d' émulation d’Abbevz`lle publie un
mémoire de M. Buteux sur l’Applicatùm de l'archz'tecture
grecque aux églises. M. Buteux le fait précéder d'une'Hzs-
_ t0ù·e de l‘A rchitecture au moyen-âge. ll consacre un chapitre .
aux basiliques, aux églises byzantines, romanes, ogivales;
examine les caractères de chacune d’elles et s’arréte à
Parchitecture grecque qui se distingue de toutes par la
sagesse et la noble simplicité de ses disp0sitions.ll critique
la gothique qui n’0béit point au principe fondamental, la
stabilité. Il cite cependant les édifices de ce genre les
plus remarquables, en donne les dimensions, nomme les
architectes et trouve dans certains grandeur et beauté;
mais aucun pour lui ne vaut le temple grec où tout est
simple et mesuré. ll ne faudrait point cependant bâtir un
temple grec et dire : voilà une église. Car le temple grec
était la demeure d’un dieu, et l‘assemblée ne devait point
le remplir, comme les chrétiens leurs églises. Il faudrait
se pénétrer des principes de cet art et les appliquer à la
forme la plus convenable pour une église. Il y a là un _
excellent chapitre d‘esthétique ou, si vous aimez mieux,
de critique d’art dans lequel M. Buteux montre autant de
goût que d’érudition. Il analyse, en effet, la critique et
l

.. [90 ..
l'apologie et distingue avec une grande sûreté de juge-
ment le vrai du faux, les études sérieuses des idées pré-
conçues. Il est convaincu, avec M. de Clarac, que_ l'archi-
tecture grecque, combinée avec art, peut satisfaire à toutes
les exigences du culte chrétien, à toutes ses aspirations.
En 1873, il adresse à la même Société une Etude sur les
nouvelles églises construites à Paris et dans les envù•0ns.
Après un coup d'œil sur les églises construites antérieu-
rement à notre siècle, il examine celles qui l’ont été
depuis 1840 et qui offrent le plus d’intérét, au point de
vue de l'architecture dont l’histoire l’occupe toujours.
/ Cette étude est des plus curieuses et serait assurément un
excellent guide pour l’architecte qui voudrait se rendre
compte des ressources qu’oll`rent les différents genres, de
l’etl`et qu'ils produisent, des rapports nécessaires entre la
. largeur et la hauteur des édifices, en un mot des propor-
tions qui satisfont le mieux et aussi des conditions de
solidité et des prix de revient. Le complément qu'il a ·
donné en 1876 à ce travail ne modifie en rien ses idées
et ses appréciations, il fait connaître seulement quelques
monuments qui n’étaient pas achevés en 1873.
M. Buteux cependant, malgré son amour pour le style 1
grec qui donnerait, il n’en doute point, Pélégance aux
petites églises et le grandiose aux plus vastes, n’eèt point~
exclusif. Tous les genres lui semblent pouvoir être appro-
priés aux besoins du culte et présenter un véritable mérite '
sous le rapport des proportions, de la beauté et de l’élé~ (
gance des détails. Ce style ogival, je 1’ai dit, n’est point \
pour lui la perfection; il lui préfère le roman qui peut en
avoir toutes les qualités sans en avoir les défauts, et qui  
a le grand avantage de pouvoir étre perfectionné. Les  
critiques me paraissent justes et, comme toujours,l'œuvre I

· ' _ - 19t -
d'un homme qui sait voir, comparer et tirer des conclu-
sions des observations qu‘il a faites.
Je ne saurais oublier une note ayant pour titre: Des
divertzsscments et des costumes futurs, car elle tient à l’his—
toire des beaux-arts autant qu‘à celle de la civilisation.
M. Buteux y suit les transformations qu’ont subies les
divertissements dans le cours des ages, et qu’ont amenées
Pinégalité des conditions, l’éducation et le partage des
classes. Les memes causes ont produit le changement
dans les costumes et les ont soumis ensuite à l’empire du
luxe et de la mode. M. Buteux ne veut point supprimer les
divertissements, les réunions, dont il montre les défauts,
mais les moraliser par une éducation qui combinerait les i
parties essentielles de celle qu’indique·Platon. Il voudrait
des plaisirs simples, accessibles ·à tous, la vue de belles
lignes, de belles figures,·l’audition de beaux sons, une
gymnastique harmonieuse, tous les plaisirs enfin qui sont
le résultat d'un exercice intelligent du corps, de l’esprit et
du cœur.
Membre de la Société des Antiquaires de Picardie,
M. Buteux ne fut point un membre inactif. La Société lui
doit une notice sur quelques antiquités romaines et du
moyen-âge de Varrondissement de Montdidier. Il y étudie
la voie romaine qui va de Rodùzm, Roiglise, à Samara-
briba, Amiens, et fixe sur cette route, a St—Marc, l’empla-
cement de Setucz`. ll ne connaissait alors ni le travail de
dom Grenier ni la colonne de Tongres.
Cette notice et les observations de M. Rigollot enga-
gèrent la Société à faire des fouilles à St-Marc. M Blin de
Bourdon, propriétaire du terrain, et M. Buteux furent
chargés de ce soin et s’acquittèrent de cette tache avec
empressement. Les fouilles produisirent quelques poteries
· .1

_ gg; -
romaines, mais elles ne furent guère qu’un appoint à la
discussion, par M. Buteux, des distances indiquées sur
la Table de Peutinger et sur la colonne de Tongres, dis-
cussion par laquelle il établit la réalité de la position
qu’il avait assignée à Setuci dans sa première note.
Plus tard il donna une description des fonts baptismaux
de l'êglise de Fransart et enrichit nos collections archéo-
logiques de divers objets antiques qu'il avait recueillis
dans le Santerre.
Trop de rapports d’étude et d’amitié s'étaient établis
entre M. Buteux et M. Boucher de Perthes, pour qu’il
V ne consacràt point quelques pages à la mémoire du savant
_ qui avait fait d‘Abbeville sa patrie d’adoption et qu'il a si
richement dotée.
M. Buteux passe en revue les nombreux ouvrages qu'a
publiés M. de Perthes, et il en donne la liste. Un éloge
sincère des uns et une critique douce et bienveillante des
autres distinguent cette notice que la Société linnéenne
a donnée dans le second volume de ses Mémoires. r
J’ai terminé enfin cette étude sur un collègue qu‘ont
aimé tous ceux qui l'ont connu, et que M. Prarond a su
caractériser en quelques mots heureux, un savant, un
sage, un ami persévérant de la terre jusqu'en ses pro-
fondeurs mortes , et de ce qui peut en orner la face
vivante, jardins ou monuments.
Je la complète par une liste des travaux imprimés
et des manuscrits qu’a laissés M. Buteux et qui forment ·
une sorte d’encyclopédie, œuvre estimable d’un esprit ·
toujours sagement occupé. I
I

BIBLIOGRAPHIE.
I. Aeaxcutruns sr HORTICULTURE.
1..1832. Mémoires sur les moyens les plus propres à
bater les progrès de l’Ag1·iculture dans le Santerre. —
Mémoùes de l’Académze ¢l'Amzens. I" série. I. P. 187 à
200.
2. 1837. Observations sur les assolements proposés par
M. Spineux. — Bulletin du Comzce agrûrole de ferron-
dùsement d’Amtens. 1837. N• 4. 3 p. ·
3. 1838. Des assolements. Réponse à M. Spineux. —
Ibid. 1838. N• 4. ` 4
4. 1839. Discours sur les moyens qui paraissent les plus
propres à amener le perfectionnement de l’Agriculture.
-— Bulletùz du Comice agricole de Montdidier. 1839.
N' 2. 9 p. ·
5. 1839. Résumé d'agriculture dédié au Gomice agricole
de Montdidier, par un de ses Membres. — Montdidier.
1839. Radenez. 1 vol. in-8°. 32 p.
6. 1842. Dela conduite des bois. — Le Cultivateur de
la Somme, Bulletin central des Comices agrncoles
d’Amzens, Péronne, Doullens et Montdùher. 1842. N• 3.
P. 76 à 91.
7. 1847. Traité de la conduite des arbres fruitiers en
espalier, en contre-espalier, en gobelet ou entonnoir
et en quenouille ou pyramide. — Bulletùn de M So-
ciété d" horticulture du département de la Somme. 1846.
N•' 12-13. P. 325 à 395. 1 pl.
Tirage à part.
13

... gg; ..
Traité .... par M. Buteux, publié sous les aus-
pices de la Société d’horticulture du département de la
Somme. - Amiens. 4847. E. Yvert. 4 vol. in-8°.
p 74 p. 4 pl.
8. Du Crédit agricole et des fermes modèles. Ms. sans
date. 8 p. .
9. Considérations sur l'état de l’agriculture et les moyens
de l’améliorer. —— Ms. sans date. 40 p.
. 40. Culture du Melon. -— Ms. sans date. 8 p.
44. Des arbres de la Hotoie et de lasylviculture, men-
tionné dans le Bulletin de la Socùfté d'hortù.·ulturc de
Picardie. T. Vl. p. 434. _
42. Des jardins d’agrément. — Mém. de la Societé d'Emu-
latùm d'Abbev:7le. IX. (4864). p. 629 à 644.
Une nouvelle édition très augmentée fut publiée par
l’auteux· en 4874. _
i' Des jardins d’agrément,_ par M. Buteux. — Abbe-
ville. 4874. Briez, Paillart et Retaux. 4 vol. in-8•. 36 p.
II. Sciences mi·rumm.¤s.
43. 4833. Mémoire sur la géologie d’une partie du dépar-
tement de la Somme. —— 4835. Mémoires de l'Académœ
d'Amsbns. 4" série l. p. 4 à 28. 4 pl.
Tirage à part sous le méme titre.
Amiens. 4835. Duval et Herment. 4vol. in-8•. 34 p.
44. 4843. Esquisse géologique du département de la
Somme. —- lbid. V. P. 487 à 322. 4 tableau et 4 carte.
45. 4849. Esquisse géologique du département de la
Somme, par C.-J. Buteux. Nouvelle édition. - Paris.

— 195 -—
1849. P. Bertrand. (Montdidier. lladenez). 1 vol. in-8°.  
122 p. 1 pl. - Tiré à 200 ex.  
16. 1862. Supplément à l’Esquisse géologique du dépar- 1
tement de la Somme, ou additions et corrections. ·— r
Paris. 1862. L. Martinet. in—8·. 12 p. 1 pl.
17. 1864. Esquisse géologique du département de la
Somme, par C.·J. Buteux. - Abbeville. 1864. P.
Briez. 1 vol. in-8•. 136 p. 1 pl. .
18. 1865. Addition. —Abbeville. 1865. P. Briez. in-8•.4p.
19. 1862. Carte géologique du département de la Somme,
par M. Buteux. — Paris. 1862. Lithog. ·V. Janson.
1 feuille. in-P.
20. 1839. Observations sur la position assignée par M. Mel-
leville à l’argile plastique. —- Bulletùz de la Soczëlé
géologique de France. 6 mai 1839.
21. Réclamation au sujet de ses observations mal rendues
par le procès-verbal. — Ibid. 17 juin 1839.
22. 1842. Sur divers ossements trouvés dans les lignites
d'Amy (Oise). — Ibid. 2 mai 1842.
23. 1851. Sur des silex trouvés dans le diluvium de la
Somme. (Spongiaires). —Ibid. 17 nov. 1851.
24. 1855. Observations à propos du mémoire de M. Ri-
gollot sur les silex de Saint-Acheul. - lbid. 13 janvier
1855.
25. 1859. Note sur les silex travaillés trouvés dans le
diluvium, près d’Abbeville et d’Amiens. — Ibid. 21 nov.
1859. 4 p. avec coupes.
Tirage à part sous ·le titre:
Sur les silex travaillés trouvés dans le diluvium ou
i  

.· [Qu ···
terrain quaternaire, près d’Abbeville et d’Amiens ; par
M. Buteux. — Paris. 1859. Martinet. 7 p. Fig. et coupes.
26. 1857. Notions générales sur la géologie dw départe-
ment de la Somme. — Mém. de la Société tfémulalion
d'Ab6cvülc. T. VIII. (1857). P. 561 à 574.
Tirage à part:
' Notions .... , par M. Buteux. — Abbeville. 1857. P.
Brien. in-S'. 16 p.
Il faut y joindre : Errata. - Paris. 1857. Thunot. 1 p.
27. 1860. Note sur le diluvium de Picardie. — Bulletin de
la Société géolagryue de France. 19 nov. 1860. 1 p. .
28. 1862. Observations sur quelques opinions récemment ,
émises au sujet des silex travaillés du département de  
la Somme,. — Ibid. 17 nov. 1862. 4 p. ;
29. 1863. Note sur les terrains contenant des silex tra- :
vaillés, près d’Amiens et d’Abbeville. - Ibid. 16 nov.  
1863. 8 p.
Tirage A part:
N0te..., par M. Buteux. — Paris. 1863. Martinet.
in-8°. 8 p.
30. 1873. De l’origine des rideaux. — Bull. de la Soczété
linnéenne du Nord de la France. T. l. p. 121.
31. Précis de l'histoire de la géologie et de la minéralogie.
— Ms. (Analyse de l'artîcle Minéralogie du Dictionnaire
d’histoire naturelle de Déterville).
32. Traité élémentaire de botanique. — Ms. 2 cahiers. ‘
109 et 65 p. `
33. De la cellule. — Ms. 7 p.
34. Eléments de zoologie. — Ms. 65 p.
35. Précis historique de la chimie. — Ms. 25 p.

— .197 v
36. Astronomie. -— Ms. 150 p.
Je ne connais point le mémoire envoyé it l‘Académîe
d’Amiens, en 1833, intitulé:
37. Mémoire sur la géographie, la géologie et Vagriculture
du canton de Rosieres.
III. Beaux-Aars.
38. Précis historique et analytique des arts du dessin ;
suivi d’un précis de la danse ancienne et moderne, par
C.—J. B. (Buteux). —- Paris. 1836. Audot (Montdidier.
Radenez). 1 vol. in-8•. Il et 424 p.
Cet ouvrage qui n’était qu’une ébauche, disait l’au-
teur, a reçu de nombreux développements et forme une
série de volumes restés manuscrits. '
39. Des beaux-arts. 34 p. a
G’est une introduction au Précis des arts du dessin
qui comprend:
Histoire générale abrégée de Parchitecture. 4 vol. de
145415-107-122 p.; le t. I, traite de l’architecture
ancienne; le t. ll, de l’architecture grecque; le t. III,
de Parchitecture du m0yen—4ge, de celle des Maures,
· des Russes et des Turcs; le t. IV, de celle de la renais-
sance et des temps modernes.
Histoire générale abrégée de la peinture. 82 p.
Histoire générale abrégée dela sculpture. 108. -—
En tete une autre copie de l'introduction.
Précis historiqnedeladanseancienne etm0derne.32 p.
Précis de l'histoire de la gravure. Ms.
Extrait de ce mémoire, imprimé dans un joumal de
Nice, en 18757 '
De la gravure. s. n. n. l. n. d. Pièce in-8• de 12 p.

- gœ ..
Desdivertissements et des costumes futurs. Ms.
Des habitations. Ms. 2 p. t
Je n’ai pu trouver un mémoire qu'il adressait à V
l'Académie d’Amiens en 1833 sous le titre de:
Mémoire sur les anciens monuments d'Amiens et son
musée de sculpture.
40. De l’application de Yarchitecture grecque aux églises,
par M. Buteux. — Mémoires de la Société d' émulatùm
. d' Abbeville. 2° série. VII. p. 655 à 773.
Tirage à part sous le même titre.
Abbeville. 1852. Jeunet. 1 vol. in·8°.
41. Observations sur Parchitecture ogivale et l’application
de l’architecture grecque aux églises, par C.-J. Buteux.
_ — Paris. 1862. Dumoulin. Lithographie Goyer. 1 vol.
in-8•. 103 p. i
42. Des nouvelles églises construites à Paris et dans les en-
virons, par M. Buteux. - Ibid. 3° série. I. P. 461 à565.
Tirage à part:
Des nouvelles églises..., par G.·J. Buteux. — Abbe- `
· ville. 1873. Briez, Paillart et Retaux. 1 vol. in-8•. 106 p.
43. Complément à la notice sur les nouvelles églises de
Paris insérée dans les Mémoires de la Société d'ému- ·
lation d’Abbeville. 3* série. vol. I. Corrections et addi-
tions. — Abbeville. 1876. Briez, Paillart et Retaux.
Pièce in-8• 14 p.
_ IV. Vium.
44. Philosophie. Ms. 12 p. — Classification des connais-
sances humaines précédée de considérations géné-
rales sur la philosophie et son utilité.

.. [gg ....
45. Logique. Ms. 42 p. -Abrégé de l’histoire de la lo-
gique. — Critique des logiques de Port-Royal, de
S'Gravesende et de Condillac.
46. Politique. Ms. 43 p. — Examen des différentes sortes
de gouvernement.
47. Droit électoral. Ms. 35 p. _
D g 48. Mémoire sur la refonte du systéme des contributions
directes. Ms. 24 p. g ·
49. Précis de tactique terrestre et navale. Ms. 62 p.
50. De la grammaire. Ms. 9 p. ·
54. De la versification. Ms. 45 p.
52. 4837. Notice sur quelques antiquités romaines et du
moyen-age de l’arrondissement de Montdidier. -—
Mémoires de la Société d’archéologie du départenent de la
· Somme. T. I. P. 475 à 486.
53. 4839. Rapport sur les fouilles exécutées au hameau
de Saint·Marc. — Mémoires de la Societé des Antzl
quacres de Picardze. Ill. P. 237 à 247.
54. 4869. Notice sur Jacques Boucher de Qrévecœur de
Perthes, par M. Buteux. - Mémoires de la Société
linnéenne du Nord de la France. T. ll. P. 247 à 226.
Tirage à part sous le meme titre. `
Amiens. 4878. Lenoel-Hérouart. 4 vol. in-8*. 42 p.
' 3

  '
 

LA FAUNE DE CAYEUX-SUR·MER
ET DE SES ENVIRONS. `
Gayeux-sur-Mer, dont la vaste plage attire tous les étés
un grand nombre de baigneurs, mérite d’étre visité spé·
cialement par les entomologistes.
Les grands marais saumatres du Hable d`Ault, les
fossés et les mares souvent à sec de la molière, la laisse de
mer, les dunes qui s'étendent jusqu’au Hourdel et leurs
plantations de pins en font une des localités les plus
variées pour les recherches entomologiques dans notre
région.
Un de nos collègues, M. Decaux, de Neuilly-sur-Seine,
qui a fait depuis quelques années de nombreuses chasses
dans les environs de Cayeux, nous a donné la liste sui-
vante des coléopteres qu’il y a capturés. Mais, M. Decaux
ne séjournant dans ce pays que de juillet à octobre, un
grand nombre d’espèces printannières ont du lui échapper;
néanmoins le long catalogue que nous publions contient
beaucoup d’espèces intéressantes et sera consulté avec
fruit par les coléoptéristes qui voudront explorer cette
partie de notre département.

1
EXPLICATION DES ABHÉVIATIONS EMPLOYEES
RR. Très rare.
IR. Haro.
AH. Assez rare. `
AC. Assez commun. A
C. Commun.
CC. Très commun.
N. B. — La classification adoptée est celle du Catalogue de
M. ns Mmssm., édition de |863.

Giûindtll hybride L. CC. — Dans les dunes, avec la variété
Haritima Dcj.
G. gcrmanicn L. R. — Sous une javelle d’avoine.
· Omophron limbntum Latr. C. — Au bord des mares,
en arrossnt
Notiophsllus aquntious L. AR. — Au bord des mares, en
arrosant. '
N. palustrls Dufl. AR. - Au bord des mares, en arrosant.
N. biguttatus F. C. — Partout, au bord des chemins.
N. ruiipos Dej. R. - Sous des détritus. `
N. punctulntus Wesm. R. id.
Elaphms oupreus Duft. AC. —— Au bord des mares.
E. rlparius L. C. id.
Blothisa multipunctatn L. - Un exemplaire sur les bords
d’une mare, près de la mer.
Nobrtln bràviûbllis F. CC. — Sous les jsvelles.
Loistus spinibarbis F. C. —— Partout. —
L. iorrugineus L. R — Au bord d’un chemin.
Pmcmstes coriaœus L. C. — Dans les champs et au bord
des mares. —
Garabus cntenulntus Scop. RJ- Sur la route de Lanchères.
C. monilis F., variété, jamais le type. AR. — Dans les fossés
L desséchés.
G. cnnoallntus F. R. — Au bord des étangs, au Hàble d’eau.
G. lllrntus L. CC. — Dans les champs, sur les chemins.
G. purpurasoens F. AC. — Avec le précédent.
Odnoantlm molanuru L. R. — Septembre, en battant les
roseaux. A A
Brnchinun orcpitans L. CC. —- Sous les pierres.
B. explosions Duft. C. ~— Avec le précedent.
Dometrias unipunctatus Gmn. R. — En battant les
roseaux.

. ... 204 -
D. utriotpillui L. C. —- En battant les roseaux eten faucbant
au bois.
Dromius linesris Ol. C. — Avec le précédent. ` '
Bleohrus glnbratus Duft. R. - En fauahaut.
b Hotebletus ioveeln Gytl. AH. id.
. Lubin oyanoqephaln L. R. — Enfaucham qu bois du cap
Hornu, a Saint·Valery-sur-Somme. _
4 L. hœmorrhoidnlis F. B. — Avec la précédente.
Htsorout W•¢f·¤I·hi.lli Gyl. RR. — Un exemplaire, dans
I les dunes.
Glivhm louer L. AR. — En fauebant.
G. colluris Herbst. AR. id .·'·
Dysohirius thoracicus F. AC. — Au bord des mares, en
arrosant.
D. obscurus Gyl. AC ·— Au bord des mares, en arrosant.
I D. globosun Herbst. C. id. id.
D. annu; Dej. AC. id. D id.
D. snlinus Schm. R. — Au bord des mares, et sur la plage
au Hourdel.
` D. ÃEQIIDOÈÃPOIIIIÃI Dawx R. Au bord des mares, en arro-
. sant. · '
D. politus Dcj. R. - Au bord des mares, en arrosant, et sur
la plage, au Hourdel.
D. nitidus Dej. R. -—· Au bord des mares, en arrosant. l
D. olmlceus Br. BR. id.
Lorioen pilioomis F. C. id.
Pnnngœus cm:-major L. C.—En battant. les roseaux.
P. 4-pustulntus Smrm. RR. id.
Ghlœnius vostitus Pay}:. C. — Au bord des mares.
G. B0h1‘§¤ki Daft. B. id. ·
G. nigrieomis F. AC. id.
G. h0l0lGI'].0§‘|1B F. R. ·- Mai, au Bible d’Ault. ·
Badinter bipustulatus F. C. - Daîas les marais.
BNIQUI Gtphtlûitl L. AC. — Au bord des mares et dans
les champs.
\

I
- gg5 -
Btomh pumtcttun Pons. B. — Au bord des mares et dans
les champs.
Aninothctylus binotstus F. B. — Au bord des mares et
dans les champs.
Dianhromna garmanus L.R. -Auborddesmaresetdans
les champs.
Diohirotrichus pubesoens Payk. C. - Sous les détritus
au bord de la mer.
Harpnlun azureus lllig. C. — Sons les pierres.
H. rupicoh Sharm. R. — Bois du cap Homn, à Saint-Valery-
sur-Somme. .
H. punoticollin Payk. AC. — Dans les graines de carottes
sauvages.
H. miicornis F. C. — Sous les pierres.
H. œneus F. C. — Partout.
H. dittlnguetndul Du/Z. R. — Au bord d’un chemin.
H. ignavns Du]!. B. — Dans les dunes.
H. disooideus F. RR. — An bord d'nn chemin.
H. Cupius Stcv. C. — Sous les pierres.
H. tnrdus Er. B. id.
K. anxtus Daft. C. — An bord des fossés. _
H. Borvut Duft. R. -·· Dans les dunes.
K. picdpennis Daft. R. id.
Stenolophus Teutonus Schrank. R. — Dans les marais.
8.vespe1·t.lm1s Illig. R. id.
Aoupalpus meridianus L. C. id.
Parents aupres C. - Partout. ·
P. Koyi Gmnar. B. — Sous les pierres, dans les dunes.
P. vornalil Pons. C. - En battant les roseaux.
P. vnlguù L. C. - Dans les champs.
P. nigritn F. C. — En battant les roseaux.
P. anthraoini Illig. C. id.
P. mididn F. B. — Bois du cap Hornn, à Saint-Val•ry-sur-
Somme, avec la variété Concinna Sturm.
P. striola P. C. — Bois du cap Homn.
î

_ 205 -
F. fnrricola F. R. — Bois du cap Homu.
Amara ovntn Fisch. C. — Au bord des mares.
A. communis Panz. C. —Au bord des mnres,sous les détritus.
A. tr1vialisGyl. C. id. id.
.A. spreta Dej. C. id. id.
A. acuminnta Payk.C. id. id.
A. iamiliaris Duft. C. id. id.
A. lucidn Du/L R. — Sur le sable, dans les dunes.
A. tibinlis Payk. R. id.
A. iu1va.De Geer. R. id.
A. apricaria Payk. R. id. '
Éphodrul tsrricola Herbal. B. — Sous des pierres, dans un
hangerd. A
Gnlathus cisœloides Illig. C. - Partout.
G. fulvipos Gyl. R. - Dans les dunes.
G. mdanocephalus L. C. -Sous les pierres, les javelles.
G. mollis Marsh. C. id.
Anchomenus nngusticollis F. R. — Sous les détritus, les
jsvelles.
A. livoml Gyl. RR. — Sous les détritus.
A. prasinus Thunb. CC. id.
A. albipes F. AC.—Sous les détritus, et en battent les roseaux.
' A. ohlongus F. R. id.
A. mnrginntus L. C. — Au bord des mares.
A. 6-punctatus L. R. id.
A. pnrumpunotatus F. AC. id.
A. Austriacus F. R. id. ‘
A. viduus Panz. C. - En battant les roseaux.
A. micans Nicol. R. id.
A. pioeus L. R. id.
A. iuliginosus Pam. R. id.
Olisthopus rotunthtus Payk. R. — Bois du esp Hornu.
Pogonus chalceus Mars}:. C. — Au bord des mares, dans
les dunes.
Trechus minutus F. CC. - Sous les jnvelles.

Giilcnum làternle Curl. C. — Sur le sable, au bord dela mer. '
Tnchypus ihvlpos L. C. — Dans les champs.
Bembidium paludosum Pam. RH. — En béchant un
fossé dessèohé, dans le sable.
B. argentoolum Ahr. R. ·— En béchant. un fosse desseché,_
dans le sable. .
V B. ptmctuhtnm Drap. R. — En béchant. un fossé desséché,
dans le sable. · '
B. pdlidiptnno Illig. AC. — Au bord des mares. _
B. iricolor Bcdcl. AC. id.
_ B. lampros Hcrbst. C. id.
B. pusillum Gy!. R. — Sur la plage, au Hourdel.
B. norminnum Dej. R. - Avec le précédent. ‘
B. Bturmi Panz. RR. — Au bord des mares. `
B. nrticulntum Pam., C. id. _
B. 4·gutt.ntum F. R. id.
B. Lpustulntum Dej. RR. id.
B. Lmaouhtnm Doj. AC. ld.
B. nitidulum larsh. R. id. A
B. docomm Pam. B. id.
B. Brnxtllonlà Wesm. RR. — Au bord d‘un fossé, près de
la mer.
B. femoratum Sturm. R. — Au bord des mares.
B. coneinnum Steph. AC. id.
B. ustulatum. L. CC. A id. . .
B. obliquum Sturm. BR. id.
_ B. varium Ol. R. id.
B. tlammulatum Clairv. R. id.
B. iumigntum Du/t. R. id. ·
B. biguttatum F. C. — En battant les roseaux.
B. obtusum Stam. C. id. a
B. 8-strintum Gyll. B. - Sous des détritus, au bord de la mer.
` B. rufesoens Daj. R. id. id.
Tnohys bistrinta Du/1. R. — Au bord des mares.
Gybister Rœseli F. R. — Dans les mares. `
I
md

. — 908 —
Dythous mnrginnlin L. C. — Dans les mares.
D. oircumllcxu F. R. id.
D. punctulatus F. C. id.
Aoilius sulœtus L. C. id.
Hydnücus trunsvonniin F. C. id.
H. Hybncri F. R. id.
H. dncreus F. AR. id.
i Golymbotes iusons L. C. id. e
G. pulverosus Sturm. R. id.
. G. oelluic Payk. R. id. _
Hymn: ata- Da Gear. C. id. ·
I. obooums llemh. C. yid. ‘
I. hnottntus F. C. id.
. I. tnltginosnn F. C. id.
Aqtbus ag|11¤.•F. C. id.
A. uliginosus L. R. id.
A. Iemœnlin Pay}:. R. id.
A. Sturmi Gy!. R. id.
} A Ghilüllllbtlll Pam. R. id.
‘ A.`mn¤u1ntun L. C. id.
A. nbluvvintus F. R. id.
° A. didymun 0l. R. id.
A. paludosun F. R. id.
A. bipunotntnn F. R. id.
'A. oonsporms larsh. R. id.
A. bignttntus O!. BR. id.
· A. mpunzumu L. c. aa.
.— Notoms sperm: Iarsh. C. id.
. N. crusioornh F. C. id.
Inooophilus minutus L. C. id. ·
· Hyphydru twmgincns L. C. id.
, Hydropomn inoqulin F. C. id.
H. roticulatus F. C. id.
H. decorntus Gy!. RB. id.
' H. binnrinatus Glairv. RR. id.
"
O

.. ggg ...
H. gsminus F. C. Dans les nlafes'. A
H. unistrintus Svhrank. R. id.
H. dspressus F. R. id. '
H. Halensis F. R. id.
H. pioipes F. R. . id.
_ H. parallelogrammus A. R. id.
H. coniluoxu F. B. id.
H. dorsalis F. R. id. _
H. palustris L. C. id.
H. srythrocephalus L. AC. id.
H. planus F. C. ` id. ,
H. pubescemt Gy!. C. id. _ _
H. vlttuln Er. RR. id.
H. xanthôpus Steph. R. — Dans les marcskdans les fossés. A
H. momnonius Nicol. RB. id.
H. angustatus Sturm. R. b id.
H. linoatus F. C. id.
H. ilavipos Ol. RR. id.
' H. granulnris L. C. . id.
H. pictus F. C.· id.
H. lopidus 0l. RB id.
Polobius Hermanni F. AB. id.
Haliplus obliquus F. AR. id.
H. oonfinis Steph. AR. id.
. H. iulvus F. AR. ’ id.
H. ilnvicollis Sturm. R. id.
H. mucronatun Steph. AR. id.
H. variegatus Sturm. AR. id.
n. num; steph. nn. aa.
a H. miicollis De Geer. C. id. ·
H. linoatooollis Harsh. AC. id.
Gnemidotus cœsus Duft. AC. id.
Gyrihus nntator L. CC. id.
G. elongatus Aube. R. id.
G. minutus F. R. id.
14

— 210 —-
G. marinus Gyl. R. Dans les mares, dans les fossés.
Kydrophilus picaus F. C. id.
Hydroüs cnrnboides L. C. id.
Hydrobius oblnngus Hsrbst C. id.
H. iuscipes L. C. id.
Anncœna globulus Payk: C. id.
A. limbata F. C. id. `
A. bipustulata Harsh. R. id.
Philhydrns tastaoous F. AB. — Dans les mares.
P. maritimus Tiwms. R. id.
P. melanocephnlus Ol. R. id.
P. marginollus F. AB. ' I id.
P. oonrotatus Grcd. AR. id.
Helochares lividus Forst. C. id.
Laccobius minutus L. C. id.
L. nigriceps Tlwms. R. id.
L. alutacsus Thoms. B. id.
L. bipunctatus F. R. id.
Berosus signaticollis Charp. AR. id. .
B. luridus L. B. id. ·
B. aiiinis Brut. AR. id.
Limnebius papposus Nuls. AR. id.
Gyllidium seminulum Payk. R. id.
C Holophorus rugosus Ol. AR. Dans les dunes, sur le sable.
H. nubilus F. R. Dans les mures.
H. aquaticus L. Cl id.
H. œneipsmxis Thoms. C. id.
_ K. Mulsanti Bye. R. id.
H. granularis L. C. id.
Hydroohus brsvis Herbst. RR. id. ·
H. carinatus Gcrm. R. id.
H. elongatus Schal. C. id.
H. angustatus Gcrm. C. id.
Ochthebius margipallons Lat. AR. id.
0. marlnus Payk. C. id.

— 2H —
0. pygmœus F. CC. Dans les mares.
O. aaratus Steph. R. id.
Hydrœna riparia Kug. RR. lid.
Cyclonotum orbiculare F. C. id.
Sphœridlum soarabœoidos L. C. — Dans les bouses.
8. bipustulatum F. C. id.
Goroyon obsoletum Gyl. R. id.
G. hœmorrhoidale F. HR. id.
G. haemorrhoüm Gyl. AC. id.
G. anale Payk. R. · id.
G. pygmœum Illig. RR. id.
. G. littorale Gy!. C. id.
G. aquatioum Steph. R. id.
C. melanocephalum L. AC. id.
G. quisquilium L. AC. id.
C. unipunotatum L. C. id.
G. flavipes F. C. . id.
G. lugubre Payk. RR. id.
Mogastemum boletophagum Ilarsh. B. -— Sous les
détritus. ·
Gryptopleurum atomarium F. C: - Sous les détritus.
Ooypus ster Grav. R. — Sur le sable, au bord de la mer.
Necrophorus humttor Gum. H. — Dans un cadavre de
mouton.
N. vospillo L. AR. - Dans un cadavre de lapin.
N. vestigator Hcrsch. AR. id.
N. mortuorum F. H. — Dans un champignon, au bois du
cap Hornu. '
Silpha littoralis L. R. — Sur un cadavre de mouton.
S. thoracica L. R. -— Sur un cadavre, dans le bois.
S. rugosa L. C. id.
S. slnuata F. C. id. `
S. 'opaca L. AB. — Sous les détritus.
· 8. 4-punctatn L. AR. — Sur les jeunes chênes, au bois du _
D cap Hornu. Ã
A-

‘ — 2l2 —-
, 8. oarinata Illig. R. — Sur les soutes, dans le bois.
S. ratioulatu F. BR. — Dans les champs. ·
S. obscurs L. C. id.
S. lœvigata F. C. — Dans les dunes.
S. atrata L. AC. — Sous les détritus, dans le bois.
Gholcva angustata F. H. — Au vol, dans une soblière,
près de Saint-Valery. ·
Gatops iuscus Panz. R. — Dans les dunes.
G. Watsoni Spencc. R. id.
G. sorioeus F. R. — En fauchant dans les dunes.
Anistoma dubiu Pam,. R. id.
A. ciliaris Scht. RR. -— Dans les dunes, au vol, le soir.
A. Gaullci Bris. R. —— Dons les dunes, en fauchant.
A. ovalîs Sch!. HR. -- Dans le bois du cap Homu.
A. caloaraia Er. R. — Dans les dunes.
Amphioyllis globus F. RR. — Dans le bois Houdon ou du
cap Hornu.
A. globiiofmls Sahlb. RR. —- Dans le bois Houdon ou du esp
Hornu. ·
Agathidium DÃQHPOBHB Kug. R. — Dans le bois Houdon
ou du cap Hornu.
A. atrum Payk. Pl. — Dans le bois Houdon ou du cap Homu.
A. lœvigntum Er. R. id. id.
Clnmbus armadillo Dc Gear C. id. id.
Calyptomorus dubius Marsh. — En battant des fagots, au
bois du cop Hornu.
Ofthopcrns Btomus Gyl. B. — En battant des ihgots, au
bois du cap Hornu.
Triohopœryx tasoiculnris He:-bst. R. —— En battant des
fegots, au bois du cap Hornu.
Scaphidium 4-maculatum Ol. B. —- Bois du cap Homu,
sous des champignons.
Boaphisoma agarioinum L. R. — En fauchant.
8. boloti I'anz. B. id.
Histor bmaculatus L. C. - Dans les houses. ·

- 2l3 —
H. unioolor L. — Dans les débris végétaux. .
H. cadavorinus Hofm C. - Dans les débris végétaux, les
. bouses.
H sarbonarius Ilofm . C.-Dans les débris végétaux,les bouses.
H. purpurasoens Ilerbst. R. id.
K. stercorarius Hofm. B. icl. ·
H. 4-notatus Scrib. R. id.
H. 12·strintus .Schr¢mk. AC. id.
Caroînops corpusoulus Mars. R. — Dans une carrière de
sable, près de Saint-Valery.
Baprinus nitidulus Payk. C. - Dans les bouses, les
détritus.
S. spcculiicr Lat. RR. — Sur le sable dans les dunes.
B. œnous F· C. id.
S. virescons Payk. RR. — Au bord des fossés.
_ 8. orassipes Er. RR. ·— Sur le sable, dans les dunes. ·
B. rugiirone Payk. AR. id.
S. metallicus Herbst. R. id.
B. rotundatue Illig. RR. id.
Acritus punotum Aubé. H. — Sous les détritus.
Phalncrus corruscus Payk. CC. — Partout.
Olibrus corticalis Pan;. C. —- Partout en fuuchant.
0. œneus Illig. C. _ id.
0. bicolor F. C. id.
0. aiiinis Sturm. R. id.
O. pygmœus Sturm. R. id.
0. gemînus Iltig. R. id.
0. piceus Steph. C. id.
0. oblongus Er. H. id.
Ccrcus pedicularlus L. CC. —— En faucbant, au bord des
mares.
G. sambuci Er. R. — En fnuchant, au bord des mares.
C. ruülnbris Latr. H. id. `
Brachyptorus gravidus Illig. R. — En fauchant, nu bois
du cap Hornu.

—· 214 —
· B. pubssœns Er. R. — En fsuehsnt, au bois du cap Hornu.
B. urtioœ F. R. id.
Epurœa diiiusn Bris. BR. id.
E. œstiva L. C. id.
E. obsoleta F. C. id.
E. iloron Er. AR. id.
E. melmocephala Marsh. R. id. ·
Soronia grisea L. R. — Sous les détritus, au bois du cap
Hornu. V
Omositu colon L. H. -— Sur les petits cadavres. —
0. discoidea F. R. id.
Mcligcthcs ruüpes L. R. - En fauchzmt. _
· M. œneus F. C. L id.
M. viridescons F. C. id.
M. murinus Er. AR. id. _
H'. erythropus Gy!. AR. id.
Pooadius ierrugineus F. R. — Dans les champignons des
bois.
Gychramus lutous F. R. - Dans les champignons des bois.
' Gryptarcha strigata F. B. - En battant les détritus dans
les bois.
Bhizophagus depressus F. BB. - En battant les roseaux.
Bitoma crenata F. R. - En fsuchant au bois du cap Hornu.
Aglonus brunnous Gyl. R. — Sur un mur dans une cour.
Silvanus unidentatus F. AR. — En battent des fagots su
bois du esp Hornu.
S. similis Er. Pi. — En battant des fagots, au bois du cap
Homu.
Psammœchus bipunctatus F. R. —En battant les roseaux.
Telmntophilus sparganii Ahr. R. - En battant les roseaux
et en fauchent.
T. typhœ Fall. AC. - En battant les roseaux eten fauchaht.
T. obseurus F. R. id. ·
Gryptophagus Bcanious L. C. — Sous les détritus et en
fauchant.
ls i

» — 215 —
Àtomarîa. mcsomolas Ilerbsl. C. — Sous les détritus et en
fauchant. .
A. nigripcnnis Payk. R. — Sons les détritus et en fauchant.
A. attdoapilla Steph. Pl. id.
_ A. rulioornis Ilarsh. H. ` id.
Epistemus globosus Walt. Ft. id.
Lathridius lardarius De Gear. RR. id.
L. nngustioollis Hum. R. —- En battant les fagots au bois du
cap Homu.
L. nodüor Wcslw. R. — En battant les fagots au bois du
' cap Homu.
L. ruiicollis Marsh. RR. - Dans un herbier.
L. transvorsus Ol. R. - En fauchant.
L. minutus L. C. id.
· Cortioaria gibbosa Herbal. C. id.
G. iuscula Hum. C. id.
G. trnnoatella Illanh. R. id.
G. distinguenda Villa. R. id.
Myœtœa hirta Marsh. R. id.
Hyœtophagus 4·pust.u1at.us L. R. — Dans des champi-
gnons au bois du cap Hornu.
Byturus tomontosus F. C. — Sur les lleurs en fauchant.
Dormastes Prischi Kug. R. — Dans les petits cadavres
desséchés.
D.und¤lntus Brahm.R. — Dans les petits cadavres dessêchés.
D. lardarius L. C. — Dans les maisons et sous les écorces.
Attagenus pellio L. C. — Dans les parquets.
Anthrenus scrophularlœ L. R. —En fauchant sur les ileurs.
A. pimpinollœ F. R. id.
A. varius F. C. id.
‘ A. iuscus Ol. C. id.
Nosodondrbn hsoicularo 0l. B. — Dans de vieux arbres
pourris. _ '
Syncalyptn setigeru Illig. R. — Au bord des mares.
Byrrhus pilula L. AR. — Sur le sable.

— 216 — ..
B. ilotstlii F. H. — Sur le sable.
Cytilus vnrlus F. AR. — Sur le sable et sur des herbes
submergées.
Horychus ssneus F. RR. —- Sur le sable.
H. nitcns Panz. AH. _ 'id.
Simplocarla semistriata F. R. - En fauchant. sur les
luzernes.
Gooryssus pygmœus F. B. — Au bord des mares.
Pnrnus proliiaricornis F. C. -Do.ns les mares et les fossés.
P. griseus Er. H. id. _
Hetoroœrus iossor Kiesw. R. id.
H. hispidulus Kiesw. C. id.
H. obsolatus Cart. R. id.
H. lœvlgttus Panz. C. id. ·
H. iusculus Kicsw. AB. id.
H. mnritimus Guér. RR. id.
Sinodondron cylindricum L. R. — Dans un vieux saule
pourri.
Gopris lunaris L. C. — Dans les houses.
Onthophngus taurns L. R. id.
0. nutans F. R. id. '
O. vaocn L. R. id.
0. cœnobita Herbst. R. id.
O. iraoticornis F. C. id.
0. nuchioornis L. C. id.
O. ltmur F. R. — Sur lesable.
O. ovatus L. CC. — Sur le sable et dans les houses.
Aphodiul 0r‘r¤.ü¤¤s L. R. — Dans les bouses. t
A. subterrnneus L. CC. id. `
A,. fossor L. CC. id.
A. scybalarius F. C. id.
A. iœœns F. BR. I id. ‘
A. timetarius L. CC. id. ‘
A,. ator Dc Gear. R. — Sur le sable.
‘ . A. grantrius L. CC. — Dans les bouses.

— 2l7 —
A. sordidui F. R. — Dans les bouses.
A. rniescens F. R. id. .
A. plagintus L. RR. -· Sur le sable.
A. inquslnntus F. CC. - Dans les houses.
A. 4-rnaoulntus L. R. id. .
A. mmm-lus r. An. aa.
A. prodromus Brahm. C. id.
A. oontaminatus Horbst. C. id.
A. milpes L. R. id.
A. luridus F. et variété nlgrlpos F. R. — Dans les houses.
A. arenariun Ol R. —- Sur le sable.
· A. Bil! Herbst. AR. - Sur le sable, au vol le soir.
A. poroatus F. C. — Sur le sable.
Psammodius oœsns Pam. R. id.
P. sulccloollis Illig. AR. id.
P. porcioollis Illig. RR. id.
Egialla mia F. HR. — Sur le sable, le soir.
E. irnnnrin F. CC. — Sur le sable. _ —
Gootrupos Typhœus L. RR. -— Au vol, le soir.
G. spinigor Iarsh. C. id. . ‘ ‘.
. G. mutator llursh. C. id.
G. hypocrite Illig. AR. id.
Tm: porlatus Scriba. AR. - Dans une carrière de sable,
près de Saint-Valery.
Hnmiloplin 1'I1I‘i60ll. F. R. —- Sortant iles herbes, au vol.
Rhizotrogus œstivin 0l. C. —- Sur les pins maritinfes.
R. iusous Scop. R. id.
R. solstitialis L. AC. id.
R. ruioseens F. R. id.
Polyphylln tullo L. C. id. `
Helolontha vulgaris F. CC. — Partout.
Anomnln Frischi F. et ses variétés CC. — Sur les saules
marsault.
Phyllopertho. horticole L. CC. - Partout, sur les tleurs,
les arbustes.
l5

— M8 -
Cûtonin stintivù L. C. - Sur les fleurs.
G. nuratn L. C. id. ·
Gnorimus nobilis L. R. id.
Trichius abd0mina1isScht.R. id.
'Vtlgus hemipterus L. C. — Sur les fleurs, sur les routes.
Agrilus viridil L. R. — En battant les arbres, au bois du
cap Hornu.
° A. cœruleus Rossi. R. — En battant les arbres, au bois du
cap Hornu.
Truohys minute L. AC. — En battant les arbres, au bois
du cap Hornu.
Aphanisticus omarginntus F. RB. — En fnuchant dans
les dunes. `
Licon murinus L. CC. — En faucbant, sur les routes.
Elnür pomorum Geof. R. — Dans un saule pourri.
E. elongntulus 0l. R. id. '
Gardiophorus oiuereus Hcrbxt. R. - Sur le sable
llelanctus castnnipes Payk. R. id.
Limonius nigripos Gyl. R. -—· En fauchant.
L. parvulus Panz. R. id.
‘ Athens niger L. R. id. '
A.'hœm01'rh0ida1is F. R. id.
A. vittatus F. H. id.
A. longicollis Ol. R. id.
Gorymbites üssàuitus L. R. - En fauchant. dans les
marais.
C. holosecrioeus F. B. — En fnuchant dans les marais.
C. latus F. C. id.
Agrietes ustulatus Schal. R. id.
A. sputator L. R. id.
A. liueatus L. R. id.
A. obscurus L. H. - En fanchant et en battant les arbres.
A. nterrimus L. R. id.
a A. pallidulun Iltig. R. id.
A- Gallieus Lacd. R. id. a

1
— 219 -
§em·io0¤omn| marglnatus L. R. — En fsuchant et en
battant les arbres. .
Àdllltul pusillul F. R. — En fauohant et en battant les
arbres.
Helodes minutus L. R. — En fauehant et en battant les
arbres. °
Hioroctri tèsttooi L. RR. — En faucbant et en battant
les arbres.
Cyphon ooarotitus Payk.AC. — En fauchant et sous les
détritus:
G. variabilzls Thunb. AC. — En fauchant et sous les détritus.
G. pndi L. R. · ‘ id.
Scclrtns homisphœrimis L. AH. - En fauchant, au bord
des fossés.
Omalisnt suturalis F. R.—En fauchant, au bord des fossés.
Telephorus mations Fall. C. id.
T. obsourus L. H. — En fauchant et en battant les arbustes.
T. pulioarlus F. B. id.
T. nigrloans Hull. R. id.
T. lividus L. R. id.
T. Interdit Schrrmk. R. id.
Rhagonyoha melanura L. AC. id.
R. testacea L. AC. id.
R. pallida F. AC. id.
Halthinun punotatus Fourc. AR. id.
Ialaohius œneun L. RR. ·- En fauehunt.
I. bipustnlatut L. C. id.
I. viridls F. C. id.
H. marglnellns Ol. C. id.
Axinetarsus pulioarius F. AC. id.
Anthooomus eqnestrls F. AC. id.
A,. iasointus L. AC. id.
Gharopus pallipes Ol. AC. id.
Duytes oœrnleus F. AC. id.
D.plnmbçus Illig. AC.—En fauchant et en battant les arbustes.

.. Q20 ..
Deliehesoma nobile Illig. AC. — En fauchant et en battant
les arbustes. ·
Opilus domcstious Sturm. R. — Dans la cour, sur un fagot.
Clem: iermicarius L. H. id.
Trichodes ¤lv•arius F. AC. - Sur les fleurs.
G¤!‘y‘¤•t•¤ ¢8I"üxG'|I.| De Geer. AC. - Sur les ileurs et dans
un lapin desséché.
B. ruiloollis Ol. RR. — Dans un lapin desseché.
Apnte onpuoina L. AR. — Sous un chene abattu, au bois
du cap Hornu. .
Lyotus ctnnliculatus F. AR. — Sous un chene abattu, au
bois du cap Hornu.
Gin bolcti Scop. AC. — Dans les champiknons.
Anobium strintum Ol. C. -· Dans les maisons.
A. iulvioorna Sturm. AC. — En fauchant.
A. paniœum L. AC. — Dans les armoires à linge.
Xostobium tssscllntum F. AC. — Dans les parquets.
Ochina hoderœ Hull. R. — Dans un pied de lierre mort.
Ptinus ornttul Hull. R. —— En fauchant au bois du cap
Homu et au bois de Cize.
Blaps mucronata Latr. R. - Dans une cave.
· B. IÃIDUÉB Latr. C. - Dans les caves.
Asidi grises Ol. R. — Dans une carrière de sable, près cle
Saint-Valery.
Grypüous quinquslliun L. CC. -— Sur le sable.
Olocrntos gibbus F. H. — Sur le sable, au pied des plantes.
Opatrum sabulœum L. AC. — Sur les chemins.
“i¢l‘080Um tibiilt F. C. - Sur le sable.
Ehdonn ngriooln flerbst. C. — Dans les champignons.
Tonàbrin molitor L. C. - Dans les moulins à vent.
T. obsoums F. B. — Dans une cour.
Hclops pnllidus Curl. RR. — Dans les dunes sous les
racines d’Amm0ph£la.
H. stflitus Fourc. C. -—— Au pied des chênes, au bois du cap
Homu. A

"' m ?
Gisteln mlrina L. C. — En fauehent.
G. luperus Hsrbst. R. — En battant les chênes.
Cteniopus sulinreus L. C. - En feuahant sur les Beurs.
Lngrh ntripol lluls. R. — En fauchant et en bethel. les
osiers.
` L. hirtn L. C. - En fauchant et en battant les 0$i•rs.
Scrtptia fusoi Lalr. AC. — En fauchant.
Nowxus meneeeres L. C. — Sur le sable dans les dunes.
Anthious biunonlntus Itlig. R. —- Dans les racines
d’Amm0phila aranaria.
A. ilorilil L. B. — En fauchant. _ b
A. antherlnus L. R. id. ·
Herdelh ÈIOÃIÈI E C. — Sur les ileurs.
Anaspis irontnlis L. C. — En battant les arbustes, au bois
de Cize. .
A. Goolhoyi Hull. C. —·En battantles arbustes,eu bois deüine
A. ilava. L. R. id.
• A. macuhta Gcof. C. id. , ·
· Ileloë proseerabœus L. AH. - Dans les champs,
Gantharls velioatorh L. AR. ·-— Sur unjenne frêne.
Gdsmtri curulta L. AC. — En fmchant au bois de Cize.
G. lurida llarsh. AC. id. .
Gneorhinus gemimtus I·`. C. - Dans les dunes gr le _
sable. .
Stmphosomus ooryii F. C. — En battant les arbustes, eu
bois de Cîze. ·
S. obosus larsh. Q. — En battant les arbushs, au boiule Cine.
8. iabor Herbst. R. id.
Seinphilus murloatus F. R. id.
Sitones griseus F. C. — Sur le sable, et en faucbant les
luzerues.
8. llavesoens larsh. C. — Sur le sable, et en feuehmt les
luzemes.
B. s¤1o1h·0nsThunb. C.—Sur le sab|e,eten fauchant les lyzernee.
8. tibinlis Hcrbst. C. nd.

.·· 222 -
8. orinitui Ol. C. — Sur le sable, et en fauchant les luzernes.
8. Regenstdnennis Horbst. H. id. ,
8. putwtioollis Steph. AC. - Sur le sable st en fauchant. A
8. liueatus L. C. id. ·
S. humeralis Steph. AC. id.
` S. hispidulus F. C. id.
Hotallites Iris 0l. C. -· En battant les arbustes.
Polydrosus undatus F. C. id.
P. plaanitrons Gyl. C. id.
P. impressitrons Gy!. C.' id.
Tanymœus pallhtus F. C. — Sur le sable des dunes.
Otiorhynchus raucus F. AR. - Sous les détritus.
0. pioipes F. AC. — En battant les mérisiers, au bois de Cize.
,0. ligustici L. AC. —~ Courant sur le sable.
0. ovatna L. AC. id.
Psritelus griscus Ol. C. -- En battant les arbustes.
Omins pelluoidus Bohm. R. — Dans une carrière, près de
Saint-Valery. ' ·
Trachyphlœus squomulatus Ol. R.—Dans une carriere,
A près de Saint-Valery.
Phyllobtus œloaratus F. AC. — En battant les arbustes.
P. oblongus L. AC. id.
P. pyri L. AC. id. '
i P. botulœ F. AC. . id.
P. I11Iif0l'IDiB Iursh. AC. id.
' Hinyops vtdolcsus F. H. —— Dans une carrière, près de
Saint Valery. C ·
Iolyttl coronntus Latr. R. — Sur le sable des dunes.
Liolomul GVBÈUIIIB Clairu. B. — En battant les arbustes,
au bois du cap Hornu. .
Alophul triguttntus F. R. — En fauchant près du bois
du cap Homu.
Phytonomus punctntns F. C. — En ifauchant sur les
Iuzernes. ,
P. mmicin L. C. -— En battant les roseaux.

. .... 223 ..
P. poilu: F. avec la variété Julinl Suhl. AR. — En battant
les roseaux.
P. mnpioionun Hcrbst. AH. - Sur le sable des dunes.
P. ÈÃQIÉBIII Bohm. R. — En fauchaut sur les luzernes.
P. murinus F. C. id. '
P. varinbilin Bohm. C. id.
P. polygoni F. B. id.
P. males F. R. id. .
P. trilinoatus larsh. AC. id.
P. nigrirostris F. C. id.
Limobius dislimilzll Horbxt. R. — Sur le sable des dunes.
L. zàixtus mm. R. aa. .
Gleonus suloi.ro¢t.1·is L. C. id.
Bothynoderes albidus F. H. id.
Ltrinus jnooœ F. R. - Sur des chardons.
L. carlinœ Ol. R. id.
· Lixus parapleotians L. R. - En battant des roseaux. _
L. oribrloollîs Bohm. H. -Snr des chardons. _ .
L. bioolor 0l. RR. — Sur le sable des dunes.
L. iiliiormis F. R. — Sur des chardons.
Lopyrus oolon L. Pt. — En battent les arbustes, au bois du
cap Homu. '
Hylobius abiotis L. RR. - Sur une clôture.
Pissodos notatus F. AC. — En battent lespins.
Erirhinus bimaonlatus F. B.-Sous les débris de roseaux
et en battant.
E. solrpi F. C. — En battant les roseaux.
E. aoridulus L. C. id.
E. iestuoœ Hcrbst. CC. id.
E. Norois Payk. C. id. »
E. soirrhosus Gyl. R. id.
E. vora: F. AR. — En battant les arbustes.
E. mnonhtus llarsh. C. - En battant les saules marsault.
E.   Gyl. C. - En battant les arbustes.
E. donalis Horbu. R. id.

.. QQ; ... `
i©¢iB'\I.l pyraitêr Herbst. R — En battant les arbustes.
Bigous HEOIIIB Gyl. R. —- En fauchant sur les plantes au
bord des eaux.
B. Ptit Hcrbst. R. -Enfancl1a¤t sur les plantes au bord des eaux.
B. Auboi Cussac. RR. id. V _ _
· B. tessollatus Forst. R. id. A
B. lutulosus Gyl. BR. id.
B. oylindrus Payk. AR. id. _
' Tanysphyms lomnœ Payk. C. — En battant les roseaux.
Anoplus planturis Holm. C. - En battant les arbustes.
Un grand nombre d’espèces d‘A.pi0n.A L ·
Apodems coryli L. C. — En battant les noîsetîers.
` Attohbus curoulionoidcs L. C. — En battant les noisetiers
et les chénes.
Rhynchites œquatus L. R. —- En battant les noîsetîers et
les chênes. `
L R. cnecvirons larsh. R. —— En battant les nolsetîers et les _
chênes. .
R. oonicus lllig. C. — En battant les arbustes.
R. pauxillus Gcnn. C. id. ·
R. Germmlous Hcrbst. R. id. ‘
R. nnnus Payk. R. — En battant les arbustes, au bois du
cap Hornu.
R. pubcsœns Herbst. R. — En battant les arbustes.
l R. orphthnlmicus Steph. R. id.
R msgacophalul Gcrm. R. — En battant les arbustes, au
bois du cap Hornu.
R. botulœ L. R. — En battant les arbustes, au bois du cap
Hornu.
Hagdalinus corasi L. AB. — En battant les arbustes, au
bois du cap Horuu. ‘
H. momnonius Fald. R. — En battant les pins.
I. pnmi L. R. - En battant les arbustes. A
Bnlaniuus nuoum L. AC. - En battant les noîsetiers et les
chênes.
•

... 335 ...
B. glamdium Hana. R. - En battant les chênes.
B. turbntus Gy!. C. id.
B. villosns F. B. id.
B. cru: F. R. id.
' B. brasaieœ F. H. id.
B. POÉODIDBÉRIUI Fùchs. C. - En battant les chênes et en
fauchant. _
Àlulûllûmlll Ulm! Ds Gser. AC. — En battant les chênes
et en fauebant. .
A. pulioulnrins L. AC.-En battant les chênes et en fauchant.
' ~ A. tuba Herbe:. C. ` id.
Orchastss queroua L. C. - En battant les arbustes.
0. mins 0l. R. id.
0. melanbcephalns 0l. R. id.
O. alni L. AC. id.
0. ilzlois F. R. id.
0. ingi L. C. id. .
0.-10ta F. C. — En battant les saules maraault.
0. popult F. CC. id.
0. nvellanœ Donou. R. — En battant les arbustes.
0. mooi Herbe!. R. id. . `
O. erythrppus Germ. R. id. 4
0. IIBOÃI L. C. - En battant les saules marsault. _
0. stigma Gsm. C. id.
. Tyohius 5·p1m¤tttus C. — En fauchant.
. T. tomsntosus Hsrbst. C. id.
T. pioitostris F. C. id.
T. canus Ilerbst. AR. id.
T. viscariœ L. B. · id.
Gionua scrcplaulnriœ L. C. — Dans les marais et les bois,
sur la scrophulaire.
C. verbaux! F. C. — Dans les marais et les bois, sur la scro-
phulaire.
G. hortuhnus Iarsh. C. — Dans les marais et les bois, sur
la scropbulaira. a
16
· e l

n
.. Q ...  
G.bl•ttis·|n F.C.-Dans les msrsis et les bois, sur ls
serophulsire.
Gqvnlchelluslerbst. R. - Dsnslesbsis.
C. inxini Ds Gear. R. — En battent les frénes.
· Nmophyes lythri RB. -EnfsuchsnL
Gymnebon beoealmngc L. R. id.
G. unthirrhini Gems. R. id.
A¤•11esabstesIusB0hm.RR.-En bsttsntlesfsgomsu
bois lloudon.
Rnmphu llnvioomis Claire. C. — En hsttsntlesubustes.
llononyolms psendaeorl F. AC. — Dans les graines de `
l'Irù psesdawrus.
(h1iodesqnereusF.C.·— Enbsusntlseubusus.
C. mber larsh. AR. id. \
C. rnbiotmdus Payk. R. id. ‘
G. tnliginosus larsh. AB. id.
C subruius Herbst. AR. id.
G. 4·mao·n1nt¤s L. C. — En lîsnehsnt. sur les herbes sèches.
. G. exiguus 0l. R. — En fsuchent su bord des meres.
`G•¤i01‘hy¤¤lms iiorslis Payk. C. — Dms les boîsetles
munis, en fsuehsnt.
G.nig·rin¤.slarsh. AR. -Dmsles boisetlesmu·sis,en
· fmehent.
G. horrldus Pan:. R.—Dsns les bois et les mu·sîs,e¤ fsncbent.
G. troglodytes F. C. id.
G. erysimi F. C. id.
G. oontrnotus llarsh. C. id.
G. ooohleariœ Gyl. B. id.
G. assimilis Payls. C. — En Isuchsut sur les lusemes.
G. liturn F. C.—En fsuchsnt sur les luzernes et les chudons.
G. trimaonlatus F. C. id. id.
G. eohll F. AR. — Sur l'Echium vulgare.
C. lspaüoliarum Gyl. RB. -— En fsuchunt et en battent
les arbustes.
G. ctmpcstrls Gyl. RR. — En fsuchsnt, su bord des eut:.

l
u
_ gg; ... q
G. ohrysnnthuni Gsrm. RR. — Eu fauchant et en battant
les arbustes.
G. mdtnostiotus ldrsh. R. - En fauchant et en battant
les arbustes.
C. polltnarius Font. C. — En fauchant. _
C. raphani F. RR. id. ‘
C. dentieulatus Schrank. R. id.
G. macula-alba Herbst. R. id.
G. suluicollia Gy!. C. id.
G. pilosellus Gy!. RR. — Sur le sable.
C. qlndrldonn Panz. AC. — En tauchant et en battant les
arbustes. `
G. etricœ Gy!. R. — En fauchant et en battant les arbustes.
· Pocphagus sisymbrii F. AC. — En fauchant sur le
Sitymbrium patustrs. -
Phytohtlnn 'velatus Beck. AC. - En fauehant sur les plantes
· aquatiques.
P. l•¤00QtIt•r Iam}:. C. —— En fauchant sur les plantes
aquatiques.
P. notula Germ. AC. — En fauchant sur les plantes aquatiques.
P. 4-cumin Gy!. AR. id.
Rhinonens castor F. R. id. ,
R. ineonspeetus Ilerbst. C. id.
R. periœrpius F. C. id.
R. gutttlit Grav. avec la variété lubhsohtlu Gy!. R. —
_En Iauebant sur les plantes aquatiques.
R. albininotua Gy!. RR. - En fauchant, au Htble d'Au|t.
Baridius htieollin Harsh. R. — En fauchant sur les luzernes.
B. ouprirostrla F. RB. id.
B. pioicomil Iarsh. R. id.
B. T.•tIb¤m L. C. - En fsuehant, sur les herbes, près
des eaux.
Sitophilias grtnarhas L. C. — Dans les greniers.
Bhutuphagul pdnipordn F. H. — En battant les pins.
Hylednns iraxtni F. C. —· En battant les arbustes.
I ·  

I
- 228 —
Scolytus dcstruotor 0l. C. - Sous Pecorce des ormes.
8. mnltistriatus Iarsh. C. ‘ id.
Brachytarsus varius F. C. —— En fauchant et en battant
les arbustes.
Urodon ruiipos F. C. - Sur les résêdas._ ,
U. suturalis F. C. id.
Spermophagns oardui Bohm. C. - En fanchant.
Bmchus cisti F. AC. id.
B. pis! L. C. — En fauchant sur les vesces.
B. ruiimanus Bohm. R. — En fauchant sur les fèves.
B. sertatus Illig. R. id. ·
· B. luteicomls Illig._R. id.
B. nubilus Bohm. C. id. ·
B. atsr llarsh. AR. icl. _
Aromin mosohatn L. C. - Sur les saules. _
Gracilin pygmœa F. C. —— Dans un vieux panier d’osier.
G. brcviponnis Nuls. R. — Avec la précédente. Q
Snpordt oarcharias L. C. —· Sur les peupliers.
Oboren oculnta L. C. — Sur les saules marsault.
Donacia lemnœ F. C. ·— Sur les roseaux. ·
D. sagittariœ F. C. id.
D. linonris Ilopp. C. id.
Zeugophdrn subspinosa F. AR. — En battent les arbustes.
Z. ilavlcollit llarsh. R. id.
Lome cyanolla L. C. - En fauchant.
L. malnnopa L. C. id.
Griocorls merdigera L. C. — Sur les lis.
G. 12·pun¤tatt L. C.—·Dans les plants d'a.sperges montées A
graines.
C. nsparagi L. C. — Dans les plants cl’asperges montées à
graines.
Clythra Lpunctata L. R. - Sur les saules marsault.
Gryptooephalus aureolus Suf. AC. ·— En fauchant.
G. hypochœridis L. AC. id.
G. nitons L. R. — En Eauchant et on battant lesarbusfes.
. l

- 229 ..
G. morœi L. C. — En fauchant et en battant les arbustes.
G. vittatns F. C. id.
G. populi Suf. C. - id. ' .
G. pusillus F. C. id. ·
G. graoilis F. C. ° id.
G. labintus L. C. id.
Timaroha tenobricosn F. R. ·=· Sur les herbes, en fau- _
chant. _
T. ooriaria F. C. -—- Sur le sable. C ·
Clirysomela varians F. AR. -— Sur les fleurs d’Hypcricum
par/`oratum. '
G. hœmoptort L. C. — Partout à terre sur les pelouses.
· G. sangninolento. L. C. id. _
G. mirghmita L. RR. - Sur le sable des dunes.
C. instuosa L. C. — En fauchant sur les graminées.
C. GBPOGHI L. R. — En fauchant sur les graminées, près du
Hourdel.
C. polita L. C. - En fauchant sur les menthes.
G. iuœta F. C. —— Sur les fleurs d’Hypcricum pcrforatum.
Lina populi L. C. —— Sur les jeunes pousses de tremble. V
L. tremulœ F. C. id:
Gonioctena litura F. C. — En fauchant.
Gnstrophysn polygoni L. C. id.
G. raphnni F. AC. id.
Phœdon cochlearlœ F. C. —- Sur le Sxlsymbrium palustrc.
Phratora. vulgatissima L. C. - En battant les saules. C
P. vitellinœ L. C. id.
PI‘¤.s0¢u:ris phcllandrli L.· CC. - En battant les roseaux.
P. beccabungœ Illig. C. — En fauchant sur le Sisymbrium.
Adimonia tanaceti L. R. — Sur le sable des dunes.
A. interrupta Ol. AH. id.
A. sanguine: F. AR. — En fauchant et en battant les arbustes.
A. capreœ L. C. id.
Gnlaruoa nymphcœ L. C. — En fauchant sur les plantes
aquatiques. _

— 230 —
G. calùnrlonsis L. C. - En fmchunt sur les plantes aqua-
tî nes.
_ _ qürepidodera transvsrsa Marsh. C. '— En faucbnnt.
G. isrruginea Scop. C. id.
C. holxinas L. O. -— Sur les saule .
G. nurnta Uarsh. C. id.
. G. chloris Foud. C. id. ` `
C Hodoeri L. C. — En fauchsnt.
Graptodsra erucas Ol. R. « id.
. ` Aphthonn cyparissiœ Hofm.R. id. ·
A. cœrulea Hafm. C. id. ,
A. atrocœrnloa Stvph. AC. id.
L hilaris Steph. C. id. _
Sphœrodsrma cnrdui Gcbl. C. id.
8. tostnosn F. C. id.
Phyllotrsta atm llofm. C. id.
P. nigripes Panz. AC. id. _
P. ochripss Gem. AC. id.
P. nomomm Gy!. AC. id.
A P. vittula Redt. AC. id.
P. undulnta Kustch.- B. id.
_ Pleotroscolis dontipes Ifofm. C. id.
P. aridula Gyl. C. id. .
P. nridella Gyl. R. · id. A
Balnnomorpln rustica L. R. id.
Apteropedn cilinta 0l. B. id.
Thysmis bnllotœ larsh. R. id.
T. obliseratn Roma};. R. id.
T. pusilln Gyl. C. id.
T. dorsalis F. C. id.
T. suturnlis Iursh. FL. id.
T. oohrolsucn Ian]:. C. id.
Psylliodss ohrysoœphnh L. C. - En fsuchnnt et sur lo
sable.
P. hûrbacca Foud. C. - En fuuchsnt. ·

-· 23t —
P. iifinü Payk. C. — En fauchant.
P. olmloomen Ill:}. C, id.
P. Inteola Null. C. id.
Hispa atrn L. C. - En fauchant dans le bois.
Ciuidn murrœa L. C. — Sur l'Inula dysentarica.
G. rnbiginola Illig. C. — En fauchant.
G. vibox L. AC. _ ' id. :
' 0. smgninolenta Bohm. AR. id.
G. oblongn Illig. R. id.
G. nobilis L. C. id.
C. margarltneea Schal. R. id.
G. ncbulosi L. C. id.
C. iorruginen F. C. id.
G. equutrin F. C. id. .
G. hemisphœrlon Herbe:. R. id. —‘
Hippodnmh 13-psmntttt L. R. — En fauchant et en
battant les pins. L
Anisosticta 19-punetntn L. C. — Partout.
· Adonia mutabilts Scrib. C. id.
Adult: bipunctttt L. avec ses variétés. CC. — Partout.
Harmonia marginepnnotntn Schal. R. — En battant
les pins.
H. lmpustulita L. C. ·- Partout en battant les arbustes.
Coccinelle 14-pustulata L C. id.
G. vnrlabilia lllig. C. id. '
C. ibpunctnta L. AC. — En fauchant dans les dunes. _
G. 5-punctnta L. R. — En fauchant et cn battant les arbustes.
C. 7•p¤n¤t¤t¤ L. CC. - Partout.
Calvin 14·g¤tt.¤ta L. C. - En battant les arbustes.
Halylit 16-gnttnta L. AR. id.
H. 12·guttnta Poda. AB. id.
Thai ilpunctitn L. C. — En battant les pins. »
Propyleu 14·p¤n¤t¤t• L. C. — En battant les arbustes.
Hieraspis 12-puncrtntn L. C. id.
‘ Chilocerue bipustulntns L. C. id.
I
· I
4

    Ã
I
- ss: - 1
Exoohomua 4-pustnlatus L. C. — En battant les arbustes. `
Lasin globosa Schmid. C. —— En fauehant. et en battant les l
arbustes.
lysia oblongoguttata L. R. —- En battant les pins.
Soymnus pygmœns Gcof. C. - En faucbant et en battant
les arbustes. `
S. Apetzi Huis C. — Ea fauchant et en battant les arbustes.
8. Irontalis F. C. id.
S. disooidcun Illig. AB. -- En battant les pins. .
S. hœmorrhoidalis llerbst. R. - En fauchant et en battant
' les arbustes.
S. cipitatus F. C. — En fauchant et en battant les arbustes.
Rhizobius litura F. CC. - id.
Gacoidula soutellatn Hcrbst. C. — En fauebant sur les
· plantes des marais. ·
G. tutu Horbst. C. - En fauchant sur les plantes des marais.
I Aloxiâ pilon: Panz. C. — Au pied des arbres et dans les
mousses des bois.
F. DECAUX.

. LISTE DES MEMBRES
on 1.4
SOCIÉTÉ LINNÉENNE DU NORD DE LA FRANCE
_ au si nncnnnnn ma. ‘ `
MM.
Acv (Ernest n'), propriétaire, boulevard Malesherbes, 40, `
à Paris. - Géologie. A _
Amxsnnns (André·Pierre), ancien instituteur communal
protestant, à Liancourt (Oise). -·Botamgue. Géologie. =’
Ancinwn, parfumeur, rue Saintediarguerite, 3, à Amiens.
ÀUL‘!'··DUIISN|L (n’), propriétaire A Abbeville. —— Géologù.
¤ .
a ‘ Bwnom (Victor), percepteur, à Bornes (Somme). —
Zoologie. (lstnsltgie).
' Bsnm. (Louis), membre de la Société Entomologique de
France, correspondant de la Société Linnéonne de
Normandie, rue de l’0deon, B0, à Paris. - (lsteulsgie).
Non. - Les noms en grandes majuscules sont ceux des membres
honoraires.
Les noms procédés d‘un asterisques (') sont ceux des membres
correspondants.
4

— 234 -—
' Bnaacneaa (Henry-Moullin ou Couonai on La), rue des
Ecoles, 39, a Paris. - (leltlyslqie. Sylviesltsrs).
. ' Boisrm. (Alphonse), professeur à la Faculté de droit, rue
Monge, 2, à Paris. — Botomyue. Géologie.
Booùer (Jules), négociant, rue Porte-Paris, 24, à Amiens;
- Bolamyue.
Boumawr (Allred), négociant, rue du Camp des Buttes,
l8, à Amiens. ··— Géologie.
Bonnet (Eugène), banquier, à Corbie (Somme).—·Zoologzb.
(tlslésptètss st Lêpidoptlrss). — Botamyue. '
BRISOUT DE BARNEVILLE (Charles), ancien président de
la Société Entomologique de France, à Saint-Germain-
en-Laye (Seine-et-Oise). — (lstsnslqie).
" Cauoennas, Ministre d’Etat du Brésil, Directeur des
collections d'Histoire naturelle, à Rio-de·Janeiro.
Cauninnon (Georges), professeur à l’Ecole normale d’insti-
tuteurs, rue Saint-Jacques, 76, à Amiens.
Gansrrn (Philogene), médecin a Mailly de la Somme. —
_ Botamyuc.
Canon (Alexandre), propriétaire, membre du Conseil géné-
ral, vice-président du Comice agricole, à llumaisnil A
(Somme). —— Géologù.
Canon (Edouard), propriétaire, à Rubempré (Somme). —
Zoologù. Botanique. Géologie. [Membre permanent (4)].
Caarsmum (Léon), propriétaire, rue de la Pature, t6, à
Amiens. — Zoologie. (ls\•n•l•gie).—Géolog:e. (Fossiles de ·
la craie).
(l) Les membres permanents sont ceux qui se sont alranchis de
la cotisation annuelle moyennant une somme de l50 francs une
fois payée.

I
· . — 235 —
Caarnnrinn (Paul·Exnile), rue Saint-Jacques, a Amiens. -
Zoologie.  
' Canam (l’abbé A.)., professeur à l'Institution des Char-
treux, à Lyon (Rhône).
Caassaror (le comte Léon oa), âlt. Président honoraire du
Coniice agricole d‘Amiens, ancien maire, rue Saint-
Jacques, U0, a Amiens.
Cmvor-Nwnt, négociant, rue de la République, 32, a
Amiens. - Zoologie. Géologie.
Connvznnn (Armand), propriétaire, rue Saint-Fuscien, 32,
a Amiens.'— Zoologie. (tinilhologic).
Conzvaana-Daumas (Charles), propriétaire, rue d’Alger,
4, à Amiens. ·
Cormzav (Charles), juge au Tribunal civil, place Saint-
_ Michel, 7, à Beauvais (Oise). — Botamgue.
Conoina (Charles), propriétaire, rue Caumartin,23,àAmiens.
Cosssmvr (Eugene), ik, manufacturier, ancien député, rue
Saint-Martin, 7, à Amiens.
Cntouv (Arthur ns), docteur en médecine, rue Debray, 20,
a Amiens. -—Botamgue. Géologie. - [Membre permanent].
Daumi (Alfred), rue Neuve de Remicourt, 3, à Saint-
Quentin (Aisne). — Géologie.
Dananv (Alfred), avocat, rue Lamarck, 23, à Amiens. -
200109.2:. Botamgue. Géologae.
Daaan (Ferdinand), licencié es·sciences naturelles, maitre
de conférences a l'Universit.é d'Alger. — Zoologie.
Botamgue. Géologie.
Dsann (Henri), conducteur des Ponts-et-Chaussées, rue
Jean-sans-Peur, 50, a Lille (Nord). — Géologie.
DBCAlX•MA'I‘lFAB (Alphonse), propriétaire , membre du
Conseilmunicipal, rue Debray, (I3, a Amiens.

— 236 — `
DELABY (Edmond), propriétaire, rue Neuve, 10, à Amiens.
— Zoologie. (lrhmlogie).
Dnuumnn (Léon), artiste-peintre, Directeur de l’Ecole
communale des Beaux-Arts, rue Laurendeau,180. -
Zoologie. Botamgue. Géologie. •
Dsuuam; (Théophane), négociant, membre du Conseil
d’arrondissement et du Conseil municipal, rue Gresset,
49, à Amiens. ,
Dmanmov(Anthony),cultivateur,àWarloy-Baillon(Somme).
Dm.A·r·rnn-Lnnonx. (Paul·Emile), imprimeur de la Société,
rue de la République, 32, à Amiens.
Datum (Alfred), négociant, rue de Constantine, 17, à
Amiens. — Botamgue. Géologie. (liaénlegie).
' Dsnaounx. (Paul), propriétaire, rue de Verneuil, 40, à
Paris. — Zoologie. Géologze. (lisénlogie).
Dsiulmr (Alfred), négociant, faubourg de la Hotoie,
134, à Amiens. — Botqmgue.
Duuueur (Constant), ancien pharmacien, rue des Corde-
liers, 10 bis, à. Péronne (Somme). — Botamgue.
Dnsnnouirr(Edouard),ancienpharmacien,àNesle(Somme).
` — Bolaniqzle. ’ ·
Dnimu, docteur en médecine, membre dela Société Bota-
nique de France, rue Pierre·l’Hermite, 2l, A Amiens.-
Botamgue.
Dienou (Albert), notaire, rue des Corps-Nus—sans·Tete, 7, à
Amiens.
Dunois (Michel), négociant, rue Pierre l'Hermite, 24, à
Amiens. — Zoologie. (B|t0¤ol•gie). — Botamgue. Géologie.
Duron? (Edouard), ancien pharmacien, membre de l’Aca-
démie d’Amiens, boulevard de l’Est, 17, à Amiens. —
Zoologie. Botamguc.

- 237 —
Du Bossu.: (Fernand), rue Miroménil, 86, à Paris. -
Zoologie. Bolamgue. Géologie.
Du Rosenm (Hippolyte), propriétaire, rue Laurendeau. 76,
à Amiens. — Géologie, ·
‘ Fauvnx. (Albert), avocat, membre correspondant de
l’lnstitut impérial—royal géologique de Vienne, biblio-
thécaire de la Société Linnéenne de Normandie, membre ‘
T de l’Académie d’Hippône, des Sociétés entomologiques
de France, Stettin, etc. — Zoologie. (lutoulogie).
F01.u·:·r, professeur, rue ~Dom·Bouquet, 23, à Amiens.
Fonriwr (Philéas), professeur d'Histoire naturelle à l’Ecole
normale d'lnstituteurs, rue Berville, 20, à Amiens. ,
G1u.a·r J)enîs), banquier, rue Saint-Martin, 8, à Amiens. —
Zoologie.
G.41.1.¤·r (Eugene), Président de la Société industrielle, .
, ancien Président du Tribunal de Commerce, rue Saint-
Louis, 35, à Amiens. - Géologie.
Gauomwr (Ernest), propriétaire, esplanade de Noyon, 42,
à Amiens. -- Botamgue. Géologie.
Gauounsr (Léon), industriel, boulevard Longueville, 52, (
à Amiens. - Zoologie. Botanique. ,
Ganman (Jacques), ëlë, 0. (D, Conservateur de la Bibliothèque ·
communale, membre de l'Académie d’Amiens et de la .
Société des Antiquaires de Picardie, rue de la Répu- ;
blique, 48, à Amiens. —~ Zoologie. Botanique. Géologie. Ã
GARNIER (B.-L.), Secrétaire de l‘lnstitut historique et i
géographique du Brésil, à Rio-de-Janeiro. 4
‘ Gmane (Jules), propriétaire, rue Bossuet, 10, à Paris. —— 1
Botamgue. Géologie. (licrograplie). I
' Gumnnm (Jules) ëllë, Recteur honoraire, Directeur de
1
· I

... 333 -
l’Ecole supérieure des Sciences de Rouen, correspon-
' dant de l’lnstitut, a Rouen (Seine·lnférieure).
' Gonna! (Emile), docteur en médecine, membre de la
Société Entomologique de France, de Belgique, et de
plusieurs Sociétés savantes, à Mont-de-Marsan (Landes).
— Zoologie.   .
. Gone: (Ernest), pharmacien, rue Duméril, 7, à Amiens. —
Botanique. Géologce.
Goxmnn (Emile), véritlcateur des poids et mesures, rue
aux Pareurs, 39, a Abbeville. (Somme). — Botamgue.
' Gossnwr (J .). , Professeur d‘Histoire naturelle à la Faculté
des Sciences, membre de plusieurs Sociétés savantes, à
Lille (Nord). — Géologie.
Gniaa·(Auguste), propriétaire, membre de la Société des
Antiquaires de Picardie, rue Saint-Fuscien, 5, à Amiens.
· - Géologie.
Gaiman (Arsène), percepteur, à Coullemelle (Somme).-
Botamgue.
Humm (Léon n'), propriétaire, membre de la Société Ento-
mologique de France, rue Porte-Paris, 23, à Amiens. —
Zoologie. (I•I•I•|egie). —·Botamgue. Géologze.
' Hluurr (H.)., Professeur d'Apiculture au Luxembourg,
fondateur de la Société d’lnsectologie, rue Monge, 59,
I, Paris. -· Zoologie. (lnleneiegie appliquée).
' Humcason (Gabriel), libraire, rue Servandoni, A7, A Paris.
—Zo0log•e. (lal•••l•gi•).—Botamguc. (ùypteganie, Iierqnpiie).
Janvmn (Auguste), propriétaire, membre de la Société des
Antiquaires de Picardie et de l'Académie d’Amiens, bou-
levard du Mail, 73, a Amiens. — Zoologie. Botamgue.

EV
... 239 ..
Jossl, #, docteur en médecine, ancien Chirurgien en chef
de l’Hotel·Dieu, place Saint-Michel, I2, à Amiens.-
Zoologie.
? Lumnnn (Charles), pharmacien, membre dela Société
Entomologique de France et de plusieurs Sociétés
savantes, l’Arba, pres d’Algex·. -— Zoologie. Bolonigue.
Géologse. ' 4
' Laimeun, ingénieur de·la Compagnie du chemin de fer ·
du Nord, membre de l'Académie d'Amiens, rue de la
Tour, 60, il Passy-Paris. - Zoologze. (l•t•••l•gie).
Lassussz (Antonio), propriétaire, rue de Turenne, t25, à
` Paris. - Géologie. (lisénlqia).
Lsrssvns (Alphonse), propriétaire, membre du Conseil
mnnicipahbibliothécaire de la Société d'Horticulture de
’ Picardie, route de Paris, 7,. a Amiens. — Zoologie.
( (lcltlplogie. lqnariu).
Lsràvns (Alfred), négociant, °rue Saint·Geotl'roy, 4, à J
Amiens. — Zoologie. Botanique.
Lsuu (Maurice), proviseur du Lycée, membre de l’Aca-
démie d`Amiens. — Géologie.
Lsursnnun (Henri), propriétaire, membre de la Société des
Antiquaires de Picardie, à Epehy (Somme). — Géologie.
Lnnom. (Jules),¥, docteur en médecine ,professeur à l’Ecole
de Médecine d‘Amiens, membre de plusieurs Sociétés
savantes, rue de la République,3·t,à Amiens.—Zoologte.
Le Ricns (François), instituteur à Gézaincourt (Somme). —
‘ —· Zoologie. (lntouolegic). — Botamgue. Géologie.
' Léstmwc (Augustin·Joseph ns), docteur en médecine,rue
Voltaire, 40, à Brest (Finistère). - Zoologie. (lstonolsgis),
Lsususn (Louis), architecte de la ville, rue de l‘Aventure,
24, à Amiens. — Géologie.

- 340 .. .
Lzvom (Emile), propriétaire, rue Leroux, 9, à Amiens. -—
- Zoologie. (latanolqia),
Mwcnt, Jules, propriétaire, rue Lemerchier, 10, à Amiens.
l|ARMOTTAN,Député, docteur en médecine, rue Desbordes-
Valmore, 31, à Passy-Paris. — (latenalegia). · '
Masson (Alphonse), rue des Rapporteurs, 33, à Abbeville.
(latenolqie). ' i
' Msurrin (Alfred) , boulevard' Saint-Germain , 155 , à
Paris. - (lnlonologie). °
Munmscnsr (Eugène), #, Conseiller à la Cour, Président de
la Société d’Horticulture de Picardie, rue Saint-Domi-
nique, 36, à Amiens. — Zoologie. Botamgue.
Manou (Albert ns), propriétaire, membre de la Société
Botanique de France et de plusieurs Sociétés savantes,
A Cannes (Alpes-Maritimes). - Botamgue._(l2ryptçgaaic). -
_ q Géologie. ‘ ·
Mmes! (Napoléon ne), propriétaire, membre de la Société
Géologique de France et de plusieurs Sociétés savantes,
à Hyères (Var). — Géologie. (Palé•al•l•gio. Iiaéralegîe).
_ Mnnms (Jules Van), ancien représentant, à Poperinghe
· (Belgique). ` .
Momes (Auguste), docteur en médecine, professeur à
I’Ecole de Médecine d'Amiens, rue Porion, 11, à Amiens.
— Zoologie. (laatenie auprés).
Oasnr (Prosper), propriétaire, fondateur et organisateur
du Musée de Roye, à Roye (Somme). — Z oologùe. (lat•¤•.
logic. Cnléqtlrcs ea général. Gollectin spéciale ln (loléçtèru la désam-
' Icat le la Bene. Coackyliolqie aa général. hllcctiaa spéciale lu llqlilkt
temctracetlaviatilcala alépartencat ale la Sgnc).
I

— 241 —
‘ Ouvmn nn LA Mancnn (G.)., propriétaire, secrétaire
perpétuel de l’Académie d'Hippone, à la Manutention
militaire, à Amiens.
Pamnu (Alfred), docteur en médecine, professeur à l’Ecole
de Médecine d'Amiens, rue de Beauvais, 35, à Amiens.
-— Z oologze.
Pnranr (Emile), propriétaire, rue Saint-Fuscien, 63, à
· Amiens. — Botamgue.
" Pzmmr (Peter), docteur en médecine, professeur à l'Uni-
versité de Copenhague, membre de l’Académie royale
danoise des sciences (Danemarck).
Pânmour, entrepreneur, rue du Bastion, 3, à Amiens.
PETIT (Frédéric), négociant, membre du Conseil général et
du Conseil municipal, rue Laurendeau, 195, à Amiens.
PnuLr:v£: (Victor), docteur en médecine, professeur à
l’Ecole de Médecine d’Amiens, membre de l’Académie,
rue Lamarck, 15, à Amiens. - Zoologze.
Pmszmn (Charles), architecte, rue Saint-Dominique, 22, à
Amiens. — Géologie. (linéralegic).
Pissou (Auguste), greffier de justice de paix, rue Saint- ·
Fuscien, 108, à Amiens. —Zoologze. Botamgue. Géologie.
Poucns (Narcisse), âif, tilateur, ancien président de la
Société Industrielle, membre de l’Académie d'Amiens,
et de plusieurs Sociétés savantes, rue de Constantine,
6, à Amiens. — Géologie. (linénlogie).
Punnrxàcs (Jules), instituteur, à Vendhuille (Aisne). -
Zoologie. (hlmlogie). a
Qummum. (Célestin) · (P, directeur de l’Ecole normale
d’Instituteurs, rue Saint-Jacques, 76, à Amiens.
’ 17
 

— 242 -—
Raovwr, professeur d’agriculture, membre du Comice
agricole d’Amiens, rue d'Hei1ly, 5, à Amiens.—Zoolog:e.
Botanique. Géologie.
‘ Riteiueanr (Maurice), docteur en médecine, membre de
la Société cntomologique de France, rue de la Petite-
Cité, 49, àEvreux (Eure). —- (lntonologie).
Rerounmà (Auguste), propriétaire, rue Lamarck, 16, à
Amiens.
Rxcnsn (Marin-Pierre), docteur en médecine, professeur à
l’Ecole de Médecine d’Amiens, professeur du Cours com-
munal de Botanique, membre de l’Académie d’Amiens
et de plusieurs Sociétés savantes, rue Saint-Jacques, `
93, à Amiens. — Zoologie. Botamgue. (Phanérogmes et Crypto-
gaues de Romandie et le Picardie). —- Géologie.
Rousseau (Joseph), imprimeur, rue Saint—Fuscien, 46, à ·
Amiens.
Rousses-Frounr (Henri), propriétaire, petite rue des Augus-
tins, 4, à Amiens; - Botamgue.
' Sauvaee (Emile), docteur en médecine, membre de la
Société d’Anthropologie de Paris, de la Société géolo-
gique de France, rue Monge, 2, à Paris. — Zoologie.
(lnstonie comparée. Reptiles et poissons fossiles). — Géologie.
Scamisne (Ferdinand), géomètre, à Ham (Somme. —
Zoologie. (lntomlogio. lloléopltres do France etde ls Sono). - Bota-
mgue. (Flore de Fmoe).
Sesnms (Ernest), rue de la Pàture, 32, à Amiens. -
Z oologze. (lnlolologie. Lépidoptères).
Snrou (Eugène), ancien président de la Société entomolo·
gique de France, avenue du bois de Boulogne, 56, à
Paris. —- Zoologie. (lraclnidcs).

— 243 —
SONNLEITHUERN (le baron os), ex-ministre plénipoten-
tiaire d‘Autriche-Hongrie, membre de la Société géogra·
phique de Vienne et de la Société archéologique
d’Athènes, à Vienne (Autriche).
Smmwx (Albert), docteur en médecine, à Pasly-lès Sois-
sons (Aisne).
Txrrnomin (Georges), boulevard Longueville, 50,à Amiens.
' Tnaounu (0lry), ancien pharmacien, rue de la Tour, 78,
à Passy~Paris.
_ * Tuonm. (C.), $8, docteur en médecine, membre de la `
Société botanique de France, à Paris.
Tmrxsn (Jules), cultivateur, à Eaucourt-sur-Somme.
(Somme). — Botamyue. ·
Vacmsz (Alphonse), négociant, rue des Jacohins, 18, à
Amiens. — Botamyuc.
Vaomnz (Bénoni-Edouard), négociant, rue Lemerchier, 14,
à Amiens. —- Zoologie. '
° VALOIS (Alfred ms), SE, ancien consul général, membre
( correspondant de l'Académie d‘Amiens, à Amiens.
Vannsaux (Ernest), ingénieur civil, rue Saint-Pierre, 9, à
Eu (Seine-Inférieure). — Géologie.
' Vi-mnnvns, chef de bureau au Ministère de l’Instruction
‘ publique, a Paris.
Vsnmsn (Camille), propriétaire, rue Lemàtre, 4, A Amiens.
— Botanique.
Vico (Eloy os), propriétaire, membre de la Société bota-
nique de France et de la Société d'Emulation d’Abbe-
ville, place de Cérisy, 6, à Abbeville (Somme). — Bota-
nique. (Flore locale). ·
Visuor (Paul), architecte, rue Blasset, l0, à Amiens.

.. gg; ..
Viou (Michel), il, membre du Conseil municipal, de l’Aca·
démie d'Amiens et de plusieurs Sociétés savantes, rue
du Chemin-Vert., 27, à Amiens. - Zoologtb. Botamgue. ·
Géologie.
Vion (Rcné),§}. bibliothécaire-adj oint, membre de la Société
géologique de France, place au Feurre, t6. — Zoologie.
(Iatonelogio). — Botamgue. Géologie. (Paléaahlogie. Collections
géaéralea et locales). ·
Vonens (Alfred nn), 8%, ministre plénipotentiaire au Caire,
membre de la Société d’Archéologie de France, corres-
pondant. de l’Académie d’Amiens.
Wiemnn (Charles), propriétaire, rue de la Tannerie, 24, à .
Abbeville (Somme). — Zoologie. (tlraitbelogie et 0v•I•gic).·—
B<>¢¤¤¤Z1·w· t0m¢•s¤î¤)·
Membres décédés de 1877 A 1882.
Aneœuvnzs (le comte n'), propriétaire à Amiens. —
Géologie.
Bazin (Stéphane), maire, au Mesnil·Saint-Firmin, près de
Breteuil (Oise). — Zoologie. (lloléoptéres. lalanolagie appliquée).
Bmussxim (Ludovic ma) , 3%, conservateur des Forets,
membre de l'Académie d’Amiens. — Botamgue.
Bnu·r1·:r.m··rn (L. Blondin nn), propriétaire, membre de la
Société botanique de France et de la Société d’Emula·
tion d’Abbeville. — Botamgue. (Flore locale). G
l

... 245 -
Burma!. (Pierre), propriétaire à Nouvion-en-Ponthieu
(Somme). —— Botanique.
" Pmm., conservateur du Cimetière monumental, à Rouen
(Seine-Inférieure).
Roumer (Arsène), propriétaire, ancien élève de l’Ecole
des Mines, à Bovelles (Somme). —— Botamyue. Géologie.
Vmcnou, pharmacien, à Amiens. — Botamyuc. Géologie.
VOLLAND (Auguste), chef d’institution, à Nesle (Somme). —
Zoologie. (lutonlogic). - Botamyue. Géologxë.

LISTE
ons
SOCIETES COBRESPONDANTES "’.
 
FRANCE.
Abbevllle. — Société d’Emulation. (1797). (2)
Amlens. — Académie des Sciences, des Lettres et des
Arts, (1750).
Amiens. — Comicc agricole de Parrondissement. (1836).
Ainlcns. — Société d’Apiculture de la Somme. (1875).
_ Amiens. — Société des Antiquaires de Picardie. (1836).
Amlens. — Société d’H0rticulture de Picardie. (1841).
Amiens. —— Société Industrielle. (1861).
Amiens. — Société Médicale. (1803).
Angers. — Académie des Sciences et Belles·Lettres.
(1857).
Angers. ·— Société d'Études scientifiques. (1871).
Arrns. — Académie des Sciences,Lettres et Arts.(1817).
Autun. — Société Eduenne des Lettres, Sciences et Arts.
(1836).
(I) Cette liste ne comprend que les Sociétés qui adressent régu-
lièrement leurs publications à la Société Linnéenne du Nord de ln
France ·
(2) Date de la fondation de la Société.

- 247 —
· Auxerre. — Société des Sciences historiques et natu-
relles de l’Yonne. (1847). .
Besançon. — Académie des Sciences, Belles-Lettres et
Arts. (1752). '
Bézier;. — Société d’Etude des Sciences naturelles.
Bordeaux. - Association scientifique de la Gironde.
Bordeaux. — Société `des Sciences physiques et natu-
relles. (1853).
Bordeaux. -+ Société linlléclmc. (1818).
B0ul0gne•sul••1\|e|·. — Société AC&déIDiqt16.
, Brent. — Société Académique. (1858).
Caen. — Société linnéenne de Normandie. (1823). i
Cambrai. — Société d‘Émulation. (1804).
Cannea. —- Société des Sciences naturelles et histori-
ques, des Lettres et des Beaux-Arts de Cannes et de
l'Arrondissement de Grasse. (1867). i
Chambéry. — Académie des Sciences, Belles·Lettres
et Arts de Savoie. (1819).
Cherbourg. — Société des Sciences naturelles. (1852).
Clermonurerrann. — Académie des Sciences, Belles- 1
Lettres et Arts. (1827).
Dax. - Société Borda. '
Douai. — Société centrale d’Agriculture, Sciences et
Arts du département du Nord. (1799).
Eplnnl. - Société d‘Émulation des Vosges. (1825).
Grenoble. — Société de Statistique, Sciences natu-
relles et Arts industriels de l’Isère. (1838).
_ Havre (Le). — Société havraise d’Études diverses. (1833).
Llllo. — Société des Sciences, Agriculture et Arts du
département du Nord.
LIIIO. -·- Société géologique du Nord. (1870).

- 2],8 -
Llmegee. — Société des Sciences et Arts de la Haute- •
Vienne.
Lynn. - Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts.
(1700). _
Lyon. — Société d'Agriculture’, Histoire naturelle et
Arts utiles. (1761).
Lyon. — Société linnéenne. (1822).
Mneen. — Académie de Macon, Société des Arts,
Sciences, Belles-Lettres ct Agriculture. (1805).
Mereellle. — Société d'Etudes des Sciences naturelles.
Montpellier. — Académie des Sciences et Lettres.(1706).
Nancy. — Académie Stanislas. (1750).
Nancy. — Société des Sciences (ancienne Socùfté des
Sciences naturelles de Strasbourg). (1829).
Nnntee. — Société Académique de Nantes et du dépar-
tement de la Loire-Inférieure. (1789).
Nlee. —- Société centrale d’Agriculture, d’Horticulture et
d’Acclimatation de Nice et des Alpes-Maritimes. (1860).
NIc•.e· — Société des Lettres, Sciences et Arts des Alpes-
Maritimes. (1861). .
Nimes.- Société d’Étude des Sciences naturelles. (1871).
Parle. — Association scientitlque de France. (1864).
Perle. — Société zoologique de France. (1876).
Perle. — Société centrale d’Apicnlture et d'Insectologie ~
générale. (1856).
Peu. — Société des Sciences, Lettres et Arts. (1811).
Périgueux. —- Société d'Agriculture, Sciences et Arts
_ de la Dordogne. (1821).
Perpignan. — Société agricole, scientifique et litté-
raire des Pyrénées-Orientales. (1833).
Prlvne. — Société des Sciences naturelles et historiques
de l'Ardeche. (1861).

— 269 —
nelms. — Société d'Histoire naturelle.
Rouen. — Société des Amis des Sciences naturelles.
(1865).
soluuûclenoe. — Société d’Agriculture, Industrie,
Sciences, Arts et Belles-Lettres du département de la
Loire. (1822).
ssluuqueutlu. — Société Académique des Sciences,
Arts, Belles-Lettres, Agriculture et Industrie. (1825).
Semnr. — Société des Sciences historiques et naturelles.
(1842).
sens. — Société archéologique. (18H).
solssoos. — Société archéologique, historique et scien-
tifique. (1847).
Toulouse. — Académie des Sciences, Inscriptions et
Belles-Lettres. (1746). ·
Toulouse. — Société Académique hispano·portugaise.
Toulouse. - Société d’Histoire naturelle. (1866). `
Toulouse. — Société des Sciences physiques et natu- ·
relles. (1874).
Tours. - Société Académique d’Agriculture, Sciences,
Arts et Belles»Lettres du département de l'Indre-et-
Loire. (1761).
Troyes. — Société Académique d’Agriculture, Sciences,
Arts et Belles-Lettres du département de l’Aube. (1798).
Troyes. — Société Horticole, Vigneronne et Forestière.
voleueleuoes. — Société d’Agriculture, Sciences et
Arts. (1831).
Vitry-|o·Franç0|s. — Société des Sciences et Arts.
(1861).
L

I
-1
. - 250 — n
ALSACE-LORRAINE.
Celmnu-. — Société d'Hist0ire naturelle. (1859).
Metz. — Société d’I·list0ire naturelle de la Moselle. (l835).
ALLEMAGNE.
Bremen. — N aturwissenschaftliche Gesellschaft.
· Breslnn. — Verein für Schlesische Insectenkunde.
Bützow. — Verein der Freunde der Naturgeschichte in  
Mecklenburg.
cesse!. — Vereîn iür Naturkunde.
chemnltz. — Naturwissenschaftliche Gesellschaft.
nenni;. — Naturforschende Gesellschaft.
Dresden. — Naturwisseuschattliche Gesellschaft « Isis »
in Dresden.
mberreld. — Naturwissenschaftliche Verein.
m•nnumr¢·sm·n|e|n. — Senckenbergîsche_Natux·f0rs-
chende Gesellschaft in Frankfurt a. M.
Gerin:. — Naturforschende Gesellschaft.
Grentswem. — Naturwissenschaftliche Vereîn von Neu-
vorpommern und Rügen.
Belle un der Saule. — Naturwîssenschaftliche Verein
für Sachseu und Thüringen in Halle a. S.
h Hamburg. -— Verein .für Naturwissenschaftliche Unter-
haltung.
Hannover. — Naturwîssenschaftliche Gesellschaft.
Kënlgsberg. — Kcnîgliche physikalisch-Bkonemische
Gesellschaft in Kenîgsberg. —
Munster. - Zoologische section des Westfalischen Pro-
vînzialvereins für Wissenschaft und Kunst.

—- 25i —
nmugere. -— Verein für Vaterlandische Naturkunde in
Stuttgart.
Wlenbeden. - Nassauische Verein für Naturkunde.
Zw|çkg“·|¤·§gch|9n, — v8I'8iI1   N&tUI‘kUl`I¢O·
AUTRICHE.
nrnnn. - Naturforschender Verein.
nermenmeàae. — Siebenbürgîsche Verein iïir Natur-
wissenschaften.
Linz. - Verein für Naturkunde in (Esterreich ob der
Enns zu Linz.
Prog. - v6l‘BîD « Lotos ».
'rrlene. - Societa Adriatica di scienze naturali.
'vlïlcn. —- Kaiserliche Akademie der Wissenschaften.
Wien. — K. K. zoologisch-botanische Gesellschaft.
Wlen. - Vcrein zur Verbreitung der naturwissenschaft-
lichen Kenntnisse.
BELGIQUE. I
Bruxelles. -— Académie Royale des Sciences, Lettres et
Arts de Belgique. (1772).
Bruxelles.- Société Entomologique de Belgique.(i856).
Bruxelles. - Société Belge dc Microscopie.
Bruxelles. -— Société Royale malacologique. (l863).
Ixellembruxollom — Société Royale Lîlllléôllllc. (IS72).
ESPAGNE.
Mndrm. — Sociedad Espaîxola de historia natural.
A

— 252 —
‘ HOLLANDE.
narlem. — Société hollandaise des Sciences exactes et
naturelles. (1752).
DANEMARCK.
Copenhague. — Académie royale danoise des Sciences.
LUXEMBOURG.
Luxembourg. — Institut Royal Grand·Ducal de Luxem-
bourg.
ILES BRITANNIQUES.
Edlnburgb. — Edinburgh geological Society. (1834).
London. — Royal Microscopical Society.
Manchester. — Literary and philosopbical Society of
Manchester.
ITALIE.
Firenze. — Societa entomologica Italiana.
Genou. — Societa di letture e conversazioni scientiüche.
Milano. — Societa Italiana di scienze naturaii.
Modena. — Begia Academia di Lettre, Scienze ed Arti.
Modena. 5 Societa dei Naturalisti. _
Padova. — Societa Veneto-Trentina.
Pisa. — Societa Toscana di scienze naturali.

.. 253 -
NORWÈGE.
cnrnsuanna. - Université royale de Norwége.
RUSSIE.
Dorpac. — Naturforscher Verein.
nonsingrors. — Societes pro Faune et Flora Fennica.
Moscou. — Société impériale des N aturalistes de Moscou.
odessa. -— Société des Naturalistes de la Nouvelle- f
Russie.
SUISSE.
Basel. - Naturforschende Gesellschaft.
Born. — Schweizerische entomologische Gesellschaft.
Lausanne. — Société Vaudoise des Sciences naturelles.
Neufchâtel. — Société des Sciences naturelles de Neuf-
chatel.
ÉTATS-UNIS DÉAÈMÉRIQUE.
I
Boston (n|ass.). - Boston Society of natural History.
Cambridge (Mass.). — Cambridge entomological Club.
Madlson·(WIsc.). - Wisconsin Academy of Sciences,
· Arts and Letters.
Madison. (WIso.). — Wisconsin State Agricultural
Society. U
Nawhavan (Connect,). - Connecticut Academy of
Sciences.
lalom (Mass.). — Essex Institute.
lt»·L0uI• (lllsuouri). - Academy of Sciences.
J
4
I
1

- 254 — · 1
Washington (D. 0.). — Departement of Agriculture. \
'üfashlngton. — Smithsonian Institution.
Waahington. - U. S. Geological Survey.
CANADA.
London. «0n•.au•|o),— Canadian Entomological Society.
. ' BRESIL.
Buanoa·Ay¤·aa, — Sociedad cientilica Argentina.
Rio de Janolro. — Instituto historico e geographico
Brazileiro
lilo do Jnnolro. — Museu nacioual de Rio de Janeiro.
INDES ORIENTALES.
Bntnvla. — Société des Sciences physiques aux Indes
Néerlandaises.

TABLE ·
Mollusques recueillis au sud d’Amiens, par le R. P. E. `
Vamor, S. J. ............... 1
Révision des espèces françaises de la Famille des Taranidœ,
par M. le D' Gosswr ............ . 55 `
L’Expositi0n forestière au Concours régional d‘Amiens, par
M. René Vxou ............... 121
Notice sur la Société Linnéenne du Nord de la France,
rédigée en réponse 9. la circulaire de M. le Ministre de
l’lns|.ruction publique du 11 juillet 1881, par M. J. Ganzusn,
_ Président ........ . ....... 161
Notice sur Charles-Joseph Buteux, par M. J. Gzmmzn,
Président · ................ 172
La Faune de Cayeux-sur-Mer et de ses environs, par
M. Decaux ................ 201
Liste des Membres de la Société Linnéenne du Nord de la
France, au 31 Décembre 1882 .......... 233
Liste des Sociétés correspondantes ....... _ . . 216
' I

A `
AIRES. - IIP. DSLA’l'|'l\B·LHNOBL, RUB DE LA RÉPUBLIQUE, 32·
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MEMOIRES
s©c¤ETE ¤.mNEENNE

 
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1

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DE LA
SOCIÉTÉ LINNÉEN NE
DU NORD DE LA FRANCE.
` TOME s1x1ÈME
I884-I885
AMIENS
·r¥P00nAPmE DE DELATTRE-LENOEL
32, aux ma LA nûvvnnxoun, 32
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LA
svzs RAPPORTS AVEC LA runnncunosn sr nt oxrnrunniu
ne rjnouue nr uns Amuwx. _
ETUDE l1'lllS'l'0lBE NATURELLE E1' UE PATHULUGIE EUIPAREE
PAR `
A. LÉNIEZ.
 
PBÉFACE. A
· 0 puissante nature! 6 grande enchunteresso!
· Tout ce que j`aperçois m’attnche et m`intéresso. ·
LA HARPE.
Sans recourir aux données de la statistique, et sans
avoir besoin d'appuyer notre dire d’imposantes colon-
nes de ohitïres, nous pouvons atïirmer avec sécurité
que l’élevage des volailles constitue un élément impor-
tant de la richesse nationale. Depuis les vingt dernières
années principalement, cet élevage s’est développé
dans une assez large mesure pour devenir une branche
d’industrie considérable. ·
Grâce à l’impulsion féconde de nos comices agri-
A

u
cotes, de nombreuses expositions d`oiseaux de basse-
cour ont mis en évidenceles qualités brillantes et
solides de nos vieilles races gallines, et les ont fait
justement apprécier, même des amateurs étrangers.
Dans ce siècle de la vapeur, les communications
sont si rapides et les débouchés si faciles, que le
transport de nos poules et de leurs œufs s’eHectue
jusqu’aux limites de l’ancien et du nouveau continent.
Rien de ce qui intéresse une branche de commerce
aussi prospère ne saurait donc être iuditïérent.
Laissons de côté la beauté même du coq, sa fière
indépendance, son ardeur belliqueuse, qui l’avaient
fait adopter par nos ancêtres comme un emblème
vivant des qualités de leur race ; ne tenons pas compte,
si l’on veut, de ces oiseaux rares et précieux dont la
valeur marchande est parfois considérable; prenons
l’I1umble poule de race commune : son prix modique,
multiplié par le nombre formidable des individus,
donne une somme énorme, que l'agriculture ne sau-
rait négliger.
Si l'on considère les avantages et les bénétices que
les oiseaux de basse-cour procurent à l'économie
rurale, les produits divers qu’ils fournissent à l'indus-
trie et au commerce, et surtout les ressources pré-
cieuses qu’ils offrent à l’alimentation de l'homme, on
comprend que les maladies propres à cette espèce
animale doivent être étudiées avec soin.
'l`elles sont les raisons qui nous ont amené à écrire
cette monographie de la plus redoutable peut-être de

un
toutes ces maladies. Faut·il ajouter à ces motifs déter-
l minants l‘intérêt croissant que celui qui observe et `
qui étudie attache a l’objet de son étude, surtout quand
le sujet est ardu et présente encore des points impar-
faitement connus. Nous avons courageusement essayé
de faire pénétrer un peu de clarté dans ces mysté-
rieuses ténèbres, et, si nous n’avons pu parvenir à en
éclairer entièrement les profondeurs, nous avons du
moins la conscience d’avoir marqué soigneusement
les étapes de la route : c'est tout ce que nous permet-
tait notre modeste savoir.
Nos études sur la tuberculo-diphthérie remontent à
l'année 1879, époque où la maladie éclata avec une
violence inouïe dans la ferme du domaine d’Eu. Pour-
suivies pendant plusieurs années, d’al»ord dans cette
immense basse-cour où l’épizootie multipliait ses
victimes, puis dans les importants parquets de plu-
sieurs amateurs, et enfin dans notre poulerie trans-
formée en infirmerie pour la circonstance, ces études
ont été nombreuses et variées, riches de ces incidents
et de ces surprises, bonnes ou mauvaises, que la
nature réserve à ceux qui veulent la scruter.
Nous ne nous sommes pas borné à ces observations
personnelles, nous avons tenu à prendre connaissance
des travaux, du reste assez peu nombreux, des savants
français et étrangers qui ont traité de la question.
Nous avons puisé aussi largement que possible à cette
source, recourant toutes les fois que nous l’avons pu
aux travaux originaux. `
î

l\'
_ Si aujourd’hui notre tâche est accomplie, nous le
devons à la collaboration de notre ami, M. René Vxow,
d`Amiens.
Après nous avoir prêté l’appui de ses conseils judi-
cieux et donné le concours de son initiative, de ses
connaissances étendues et de son dévouement, ce
savant linguiste a coopéré grandement à notre œuvre,
cn traduisant pour nous et cn annotant les auteurs
étrangers qui se sont occupés de la tuberculo·diphtl1ério
des oiseaux.
Nous lui en adressons ici nos publics remercie-
ments.
A. Lemsz.
Eu, l" Mars ·|885.

CHAPITRE I.
Historique, nature et cause de la tuberculo-
dîphthérie.
On s’explique difficilement l’ostracisme auquel a été
condamnée jusqu’à ces derniers jours, la médecine des
oiseaux, qui forme cependant un des chapitres les plus
intéressants de leur histoire naturelle. ll y a quelques
années, on ne connaissait rien ou fort peu de chose
des maladies contagieuses qui ravagent les basses·c0urs,
les parquets et les volièrcs, au grand désespoir des
amateurs et des fermiers.
Grâce aux recherches de quelques savants, la pathologie
des oiseaux est entrée enfin dans le domaine de l’obser-
vation scientifique rigoureuse, et a jeté un jour nouveau
sur cette classe d’a/factions parasitaires auxquelles l'orga-
nisme humain et celui des divers animaux sont si fré-
quemment en proie.
Au premier rang des maladies parasitaires de nos
volatiles figure la tuberculo-diphthérie dont la gravité
ct la fréquence nous sont maintenant connues. L'histoirc
de cette maladie est toute récente: si elle n'a pas échappé
absolument à nos devanciers, ceux-ci, du moins, n’en ont
dit que fort peu de chose et en ont toujours méconnu
la véritable nature. Aussi lui ont·ils donné, dans les
quelques lignes qu'ils lui ont consacrées, les noms les

.. 2 ..
plus divers et les moins justiüés : on l'a, tour à tour,
appelée : angine croupale, couenneuse, croup des volailles,
chancre, muguet jaune, pépxe, phthisie parasitaire, diphlhérie,
tuberculose, grégarinœe, psomsperinose. Nous lui donne-
rons le nom de luberculo-dàzhthéne, nom qui, sans
exprimer, il est vrai, la nature parasitaire de l'ali`ection,
cn résume tout au moins les deux manifestations les
plus remarquables : la formation des tubercules, et celle
des fausses membranes.
Nous disons que la diphthérie était inconnue autrefois:
on en méconnaissait la nature, les symptomes, les qualités
contagieuses et l’on ignorait les moyens d’y remédier.
En elïet, au cours de nos recherches bibliographiques,
nous trouvons bien, en feuilletant les vieux livres qui
traitent de la fauconnerie et de l'oisellerie, des traitements
plus ou moins grotesques qui ont du etre préconisés pour
combattre cette maladie. Mais, de description, si courte
et si mauvaise soit-elle, il n’en est pas question: c'est
ainsi qu’un ancien auteur conseille sérieusement de saisir
la volaille pour lui traverser les naseaux d`une plume,
alln que la grosseur des yeux se vide par cette ouverture,
en prenant le soin, ajoute-t·il, de laver de temps en
temps la plaie avec du pourpier sauvage mèlé à du
lait de femme.
. Nous laissons de côté bon nombre de recettes semblables
ou plus bizarres encore, et, si nous avons exhumé une
de ces sottises, c`est. que malheureusement des remèdes
de ce genre ont encore cours aujourd'hui dans les
campagnes où l’on attribue parfois à des pratiques que
repousse la raison, une valeur plus grande qu ’à un traite-
ment curatif sérieux. ll se passera certainement de
longues années encore avant que les progrès de l’instruc-

... 3 ..
tion aient triomphé de cette naïveté déplorable qui va '
jusqu`à la croyance aux sorciers et aux malétices.
« Il est je crois sorcier. - Sorcier, je l’en défie. »
Tout cela est encore debout à la lin du xxx° siècle,
nous vous en donnons, lecteur, la plus complète assurance.
Nous avons lu à dilïérentes reprises, dans l’énonciatio11
des maladies de faisans, des choses plus sensées devant
se rapporter à la même question : il est dit, par exemple,
dans plusieurs livres ayant trait à l’élevage de ces oiseaux,
qu’une maladie qui attaque souvent les faisandcaux,
se caractérise à l’extérieur par l’écoulement d'une humeur
des yeux. Les auteurs reconnaissent à l’afl'eetion un
pouvoir contagieux et recommandent de donner plus
d’espace au logement, tout en séquestrant les oiseaux
atteints.
Mais à cela se borne leur observation.
C‘est alors qu'apparaît le poète à qui seul se révèlent.
toujours cachées pour nous derrière un voile épais, les
` merveilles que la science doit plus tard affirmer.
« Dans un monde inconnu, cherche à se maintenir,
» Se dérobe au présent et vit de l‘a.venir. »
Nous devons cet hommage à notre compatriote. M. le D'
S. Longchamp qui, doué de grandes facultés intuitives,
a entrevu, dans ces vers d'une si vigoureuse facture,
le rôle des infiniment petits sur lequel le génie de
M. Pasteur a jeté depuis une si brillante clarté :
» ljinsecte plus que nous de ce globe est le roi,
» Et malgré les savants de nos académies,
» ll sème la disette et les épidémies!
 

.. ,5 ...
n Pouvons·nous le traquer le microscope en main ‘!
» Lui imposer le poids de notre joug humain?
» Invisible à nos yeux, il naît en abondance,
» Et sa fécondité brave notre puissance!
» ll n'a pour destructeurs que ces antagonismes
» Poses par la nature au sein des organismes.
» ll livre au genre humain des combats éternels,
» Et devient le vainqueur des orgueilleux mortels. »
_ Raspail semble ètre le premier écrivain scientifique
qui ait pressenti la nature de cette maladie et qui l`ait
décrite succinctement, tout en l'attribuant à une cause
qui n'a que faire dans l`étiologie de la diphthérie (1).
Nous trouvons, en elfet, dans son histoire naturelle, la
description d’un cas pathologique qu’il a observé en 1838
sur des petits dindons d'expérience. Il y est dit que le
mal est caractérisé par des symptomes de langueur et de ·
marasme chez le sujet malade, auxquels symptômes
s`ajoul.e une hémiplégie commençante. Le corps de
l’oiseau est dénudé, et le peu de plumes qui ont com-
mencé à` pousser, est invaginé par groupes. L’amaigris-
sement des chairs est tel, qu’il a produit le plissement de
la peau.
Raspail a bien compris que tout cela n`est que la con-
séquence d’un mal plus essentiel, quand il avance que
la cause principale de tous les accidents morbides résidait
dans une grosse tuméfaction rouge, dénudée de plumes,
qui s'était développée comme une large paupière infé-
(1) P. V. Raspail. Hisloirc naturelle de la sanlé et de la maladie
chez les régélawr, che: les animaux en général, cl en particulier
chez l` homme.
L

rieure au-dessous de l'œil gauche d’un petit dindon. Si
maintenant, nous rapprochons le tableau que donne
ltaspail de cette tumeur, des descriptions que M. Mégnin
et nous, avons faites de la diphthérie péri-orbitaire ou
ophthalmique,nous reconnaîtrons sans peiné, à l’identité
des lésions, l'identité évidente de la maladie. ll est donc
' juste d’admettre qu’à Raspail appartient l'bonneur ¢l'avoir
le premier décrit la symptomatologie d’une des formes
de la diphthérie, et d`en avoir entrevu la nature parasi-
taire. Mais, où il se trompe, c`cst quand il l’attribue a
des poux qu’il vit sortir, selon son expression, des plumes
du dindonneau avec d'autres volatiles de toutes formes
et de toutes dimensions, après avoir arrosé avec de l`eau-
de—vie camphrée le corps de l’oiseau (l). Le mieux qu’il
crut remarquer pendant les huit jours de ce traitement
employé intus et extra, ne se maintint pas plus longtemps.
Le sujet dépérit de nouveau, redevînt triste et languis-
sant, ne touchant plus à sa nourriture, et, quatre jours
après, il était mort.
Pareil fait fut encore observé par lui, en 1843, sur un
dindon adulte qu’il dit, cette fois, avoir guéri en injeetant ·
de l`huile camphrée par les narines.
Raspailabien eu all'aire, dans les deux cas, àdes tumeurs
diphthéritiques, et s`il a vu des poux, c'est que ces para-
(I) Bien que n`attribuant pas la maladie it cette cause, nous
devons rapprocher Yntlirmation de Raspail d’une observation faite
par le l)* Piana qui a fréquemment trouvé, dans les poches
aériennes des poules mortes de la diphthérie, une grande quantité
de petits acares, ot qui attribue les petites concretions jaunùtres
du tissu connoctil`, à Venkystement <.I`une autre espèce d`acares,
qu’il Il même pris soin de figurer.
. 

.. 5 ...
sites vivaient tout simplement en compagnie des germes
spéciaux à la diphthérie, lesquels semblent les appeler
en atfaiblissant l‘organisme des oiseaux qu’ils ravagent.
Vient ensuite Dupont, vétérinaire de Bordeaux, qui a
eu occasion d’observer la même maladie pendant les
années 1854 et suivantes, et qui en a le premier bien
établi le caractère contagieux. L'auteur nous fait con-
naitre, dans sa courte relation, que l’afl`ecti0n avisité tous
les arrondissements du département de la Gironde, et
dépeuplé un grand nombre de basses·c0urs. Il avance,
ce que nous avons depuis plusieurs fois constaté, que la
diphthérie, abandonnée a elle-meme, est extremement
meurtrière, qu’elIe n’attaque pas d'emblée toute la popu-
lation ailée d’une basse·cour, ni tous les poulaillers du
quartier dans lequel elle se cantonne; que, tout au con-
traire, elle frappe à de petits intervalles, tète par tete, et
choisissant ses victimes parmi les plus beaux oiseaux.
Dupont est encore dans le vrai l0rsqu`il écrit que le
cadavre oublié d‘une victime suffit à la propagation de la
maladie, laquelle peut revenir périodiquement là où elle
a déjà sévi, tout en revètant un caractère épidémique;
seulement, il ne s’expliquc pas sur la cause de cette
périodicité qui est certainement due à la conservation,
dans les locaux habités par les malades, des contages
attendant de nouvelles conditions propices à leur déve-
loppement; il ne s’explique pas davantage sur le mode de
virulence qu’il considère comme un problème insoluble.
Nous aimons mieux dire avec Arago: « Celui qui,
aujourd’hui, en dehors des sciences mathématiques,
prononce le mot impossible, manque de prudence. »
Enfin Dupont est dans l’erreur quand il avance que la
durée moyenne de la diphthérie est de cinq à huit jours,

attendu que cela n'est vrai que pour une ou deux des 4
nombreuses modalités de la maladie qui, dans les cas les
plus fréquents, accorde à ses victimes des délais plus
étendus (I).
En l854, un éleveur anglais, John Baily, cite la
diphthérie des volailles comme étant une des aflections les
plus fatales et les plus funestes que l’amateur ait à com-
battre (2). Dans sa note qui, du reste, est très courte, il
lui donne pour causes le froid, l'humidité, la séques-
tration des oiseaux dans des milieux malsains, etc.;
et cependant l`auteur reconnait la contagiosité de cette
maladie: « Bien que, dit-il, je sois en désaccord avec
quelques savants et éminents amateurs, je n’hésite pas
lt affirmer qu'elle est contagieuse au plus haut degré. »
M. Baily parle ensuite d’un remède pour lequel il aurait
pris un brevet, remède qu‘il tient caché; de sorte que cet
observateur anglais ne nous apprend rien. `
Puis viennent M. Reynal et le D' Lanquetin qui, en
l863, out communiqué à l’Académie de médecine dc
Paris, une note très étendue sur la gale des pattes chez
les poules, dans laquelle figurent deux cas de tubercu-
lose du foie qu’ils ont à tort attribuée à la dermatose
acarienne (3).
_ M. Reynal décrit plus tard la maladie sous la dénomina-
(I) Dupont, vétérinaire. Note sur la tliphlherie fpizooliquc dass
poules. Recueil de médecine vétérinaire. 1866.
(‘Z) John Baily. Les Volailles. l.ondon. 1854.
(3) De la maladie parasitaire des oiseaux transmissible tt
fhomme et au cheval, par Reynal professeur à l'École vétérinaire
tl'Alfort et le D' Lanquetin médecin du bureau de bienfaisance de
Paris.

- 8 ..
tion: « Angine couenneuse de la volaille »; mais il n’en l
fait pas une maladie épizootique, ce qui est son véritable
caractère. ll en ignore la cause réelle, tout en recon-
naissant cependant que l’angine en question est bien
plutôt l'expression locale d’un état morbide général
qu'une affection pure et simple de la muqueuse des pre- ·
mières voies respiratoires et digestives. La description
des symptômes est instructive, bien que très restreinte.
Après avoir admis de fortes présomptions en faveur de la
contagion, et après avoir conseillé de séparer les volailles
malades aussitot qu`on aperçoit les premiers symptômes
de l’angine, M. Reynal a le tort de douter du pouvoir
contagieux de ce mal, en se basant sur des expériences
d’inoculation restées infructueuses. Si cet observateur
avait eu la pensée d’introduîre la matière virulente dans
les organes digestifs au lieu de se contenter des procédés
cutané et de rapprochement, il eût certainement mené à (
` bien ses expériences qui lui auraient donné une des pre-
mières places dans le groupe des vainqueurs de ce
tournoi scientifique (l).
Citons encore, pour mémoire, les courtes observations
de MM. Bénion, Billot et Pelletan sur le coryza contagieux
des gallinacés; (2) les notes de MM. Mayer et Michon
citées par M. Robin (3) touchant une poule qui avait en
dans l’intestin et dans le foie des tumeurs du volume `
(I) Nouveau dictiormairc de nuidecinc, de chirurgie cl d'/iygièms
vétérinaire par H. Bouley inspecteur genéral des Écoles Vétéri-
naires de France, et Raynal directeur de l'Éeole d'All'ort.
(*2) Bénion, Traité de l`Él¢vag¢ rl des maladies des animagnr cl
` oiseaux de bassœcour. IS79.
(3) C. Robin. Complex rendus de lu Soriélé de lliologir. ISGG.

_ g ...
d'une noisette, criant sous le scalpel; la note encore de
M. Gallois (l) qui reconnut, à l’ouvcrture d’un jeune
dindon, une altération profonde d’un cœcum rempli
d‘une matière tuberculeuse ; la note, toujours, du
D' Larcher sur la tuberculisation du foie chez un épervicr (
adulte (2). Signalons, en passant, le tubercule unique vu
par M. Ilayer sur le testicule d’un faisan, et la tuberculose
du foie constatée si souvent par M. Bénion qui s’exp1·imc
comme suit au sujet de cette affection : « La tuberculose
du foie n’est plus pour moi un fait douteux. De nom-
breuses autopsies m’ont surabondamment démontré
Pexistence dc cette production morbide. » Nous n’oublie-
4 rons pas de mentionner, afin d'ètre complet, la phthzlsie
du perroquet signalée par M. Percheron, la glossite
aphtheuse du même auteur (3), la stomatitc aphtheuse
décrite par M. Bénion, ainsi que les tumeurs i1bro·-plas-
tiques du bec et de la tète des oiseaux, bien exposées
par le mème, qui les a rencontrées chez presque tous les
gallinacés, mais surtout chez le dindon et chez la poule;
tumeurs dont il attribue la cause à l‘insalubrité ct à
l’humidité des poulaillers, au manque d’hygiène, en un
mot. L’auteur est dans le vrai lorsqu'il dit que la maladie ,
peutavoir une terminaison heureuse; mais il émet une
_ idée erronée, croyons-nous, quand il conseille d’attendre
le ramollissement des tumeurs, et d‘en profiter pour
les ouvrir et faire sortir le pus. -
Rappelons aussi brièvement la pharyngite des oies, que
(l)_Gall0is, Comptes rendus de la Société de Biologie. 1865.
(2) Larcher. Recueil vétérinaire. 1871.
(3) G. Percheron. Journal des fermes et des châteaux.
2

_ 40 ..
MM. Jules Delsol et Magnié ont rencontrée en t8'l2;
l’entérite couenneuse indiquée par M. Reynal, et décrite
pour la première fois par M. Bénion, qui a reconnu, avec
beaucoup de justesse, l’apparition presque toujours
simultanée de l’entérite pseudo-membraneuse et de
l’angine diphthérique. M. Bénion a vu que l’atfection
intestinale se montre plus souvent sur les sujets jeunes
et délicats, en raison, croît·il, de ce phénomène: « que
dans la jeunesse tout contribue à favoriser le suintement
de la matière tibrineuse sur la muqueuse et la coagulation
de cette méme matière sur la surface lésée. » S’il est vrai
que les jeunes organismes soient plus exposés à contracter
ce mal, cela tient uniquement à ce qu’i|s ont une plus
grande aptitude à servir d'habitat aux germes microbiens.
MM. Laboulbène et Lorain ont vu le croup chez une
poule (I); croup que les savants anglais James Long,
Lewis Wright et Tegetmeyer ont également décrit (2).
Dans une lettre que nous tenons de Pobligeance de
M. Santiago, secrétaire de l’Ecole vétérinaire spéciale de
Madrid, on peut voir qu’en Espagne aucun travailsérieux
n’a été publié sur la matière, si ce n’est quelques articles
de journaux sans trop d’importance. Le savant espagnol
ajoute que la diphthérie ne se présente d’ailleurs jamais
sous un caractère grave dans les basses·cours de son pays,
qu'elle se guérit très facilement par I'adoption de quelques
mesures hygiéniques.
La plupart des observations dont l’énumération précède
  [
(I) Uomptes rendus dc la Société de biologie.  
(2) Poultry for prixes and prof!. — The Illustrated book of
Poullry. - The Poullry Book.

.. H ...
sont courtes et incomplètes et ne reposent sur rien de
précis : la partie anatomique y est à peine signalée,
les symptomes sont restreints, et les auteurs se bornent
parfois à de simples prescriptions d‘hygiène et de traite-
ment dont quelques-unes ont, nous nous plaisons àle
constater, une valeur réelle. Aux yeux des écrivains
précités, toutes ces formes morbides sont des maladies
différentes désignées sous des noms empruntés pour
la plupart à la nosologie des affections humaines; tandis
que ce ne sont en réalité que des modalités, variant par
le siège et la gravité, d’une seule et méme affection:
la tuberculo-diphthérie des oiseaux.
Nous allons maintenant montrer par quelques citations
choisies, comment, dans les années actuelles, des notions
plus exactes ont été progressivement acquises et ont
enfin apporté à l'élucidation de l`histoire de la maladie
en question, des éléments plus certains. Ce sont nos
savants micrographes qui, armés d’instruments plus
parfaits, pourvus de méthodes plus précises, et éclairés
par l’expérience de leurs devanciers, ont fait à ce sujet
les découvertes les plus belles et les plus inattendues.
De cette ère nouvelle prennent date les expériences de
l’Ecole vétérinaire de Lyon en 1873, les recherches du
D' P. Piana qui s'est occupé très activement de la
diphthérie en 1876, lors d’une épizootie de ce genre qui
sévissait sur les volailles de la province de Bologne.
En 1877, c'est M. Mégnin, le vétérinaire militaire micro-
graphe qui a consacré avec une ardeur infatigable toute
son existence scientifique à l’étude des maladies parasi-
taires. Il reprend cette question, d’abord en 1877, puis
à la fin de 1879, puis encore en 1881 de concert, cette
fois, avec M. le professeur Gornil. En 1878, c'est le

... 42 ..
D' Nicati de Marseille, qui croit voir dans la diphthérie
des volailles l'anal0gue du croup humain et l’uue des
origines de ce dernier. La meme année, M. Rivolta, de
l`Université de Pise, publie sur la matière un travail
_ où figurent de nouvelles théories que nous développerons
, plus loin. Enfin, en l880, le professeur llrusasco, de l`Ecole
vétérinaire de Turin, écrit une brochure relative à. la
même question. Toujours en 1880, elle est étudiée par
nous, d’abord dans la basse-cour de M. le Comte de Paris,
puis dans les parquets de plusieurs amateurs, et en
dernier lieu dans notre poulerie changée en valét.udina·
1·ium d’étude pendant près de deux ans. C’est à l`époque
où tous ces faits se passaient à Eu que nous fûmes frappé
de l'intérèt que la question de la diphthérie comporte,
tant au point de vue scientifique qu’économique.
Nature et contagion de la tuberculo-diphthérie
des oiseaux.
ll ressort même de notre court exposé historique que
la connaissance 'de la nature de cette entité morbide
est de date toute récente. Tous les auteurs qui en parlent
considèrent chaque fois la chose comme nouvelle et
digne du plus grand intéret. Mais c'est à MM. Arloing
et Tiipier qu'est due la démonstration du parasitisme
de cette all`ection (l). Ayant reçu, en l87|, les issues
(I) Communication faite ù la section médicale de l‘Association
française pour l`avancement des sciences, par le D' Léon Tripier
et M. Arloing professeur ti l‘Ecole vétérinaire de Toulouse.

- 43 -
anormales d’un poulet, ils constatèrent sur le foie un
nombre considérable de granulations, plus des tumeurs
fixées sur l'intestin, lesquelles contenaient des foyers
remplis de matière caséeuse. Les tumeurs ayant été
soumises à l’examen microscopique, on crut reconnaître,
par cette inspection, la tuberculose ou la leucémie. G’est
alors que vint l`idée de tenter des expériences de transmis-
sion par les voies digestives: un coq, en bon état de santé,
qui reçut, par cette voie, la moitié des lésions, fut entre-
tenu pendant soixante-quinze jours, puis sacrifié, et l‘on
constata sur lui, des lésions identiques à celles du poulet.
M. le D' Arloing, professeur agrégé à la Faculté de
médecine de Lyon, a renouvelé les memes expériences
avec des résultats qui ont eu tous points confirmé les
premières. Dans une lettre à nous adressée, le Il avril l880,
ce savant nous dit: « Je suis d’autant moins surpris
` que vous constaticz que les oiseaux eux·mèmcs n'échap-
peut pas au mal, qu'ayant retrouvé la maladie sur le serin,
je l‘ai communiquée à dejeuncs moineaux en leur faisant
` manger le foie et la rate des serins. Ces dernières obser-
vations n’ont jamais été publiées. »
Des expériences d’un autre genre, mais devant con-
courir à la même démonstration, ont été faites par
, M. le D' Nicati, qui insiste sur le procédé opératoire
auquel il a cru devoir donner la préférence: à l‘exemple
d’Eberth,il inocule la cornée en pratiquant de nombreuses
incisions obliques devant constituer autant de petites
poches dans lesquelles sera reçue et fixée la graine à
cultiver. La matière inoculable est appliquée sur la cornée
et frottée au moyen de la paupière supérieure. La culture
a été faite, d’abord, sur les deux yeux d’un lapin, en
laissant le gauche au contact de l’air pendant qu’on

... M -
pratiquait, sur le droit, l’occlusion hermétique par trois
_ sutures palpébrales: au sixième jour, le premier est
transformé en une sorte d’abc`ès purulent, tandis que
dans le second, la cornée, moins intlltrée, n’oil`re pas
la plus petite trace d’hypopion.
M. Nicati pratique également une auto-inoculation
sur l'œil d'une poule malade, avec son propre virus,
et l’opération lui donne, au huitième jour, une fausse
membrane épaisse se levant sur la membrane nicti-
tante (l).
Les expériences de M. P. Piana ayant trait au meme
sujet sont aussi très concluantes : ce professeur introduit
chez trois poules saines provenant d’un poulailler non
infesté, et cela sous la peau, une petite quantité d`un
' caillot sanguin qu’il avait pris dans le cœur des poules
à peine mortes de l'épizootie. Les poules inoculées
moururent toutes les trois au boul. de dix-huit à vingt-huit
heures. Sur une autre poule, il opéra avec un lambeau
de mésentère chargé de psorospermies; elle mourut
trente-six heures après l’inoculation. Tous ces oiseaux
présentaient, à l’autopsie, les lésions que Pexpérimcntateur
avait étudiées dans les gallinacés morts de l’épidémie:
— exsudats interstitiels dans le foie, hémorrhagie et '
exsudats diphthéritiques dans l’intestin, etc. — Au point
ou avait été pratiquée l’inoculation sous la peau, M. Piana
reconnut, par l'inspection microscopique, que les cellules
lymphatiques étaient intlltrées de micrococci captifs unis
à beaucoup de micrococci libres, de différentes grandeurs;
parmi ces derniers, il en vit quelques-uns dont la dimen-
(I) Communication de M. le D' Nicati à l'Académie des sciences.
1878. In Marseille médical.

.... 45 ...
sion se rapprochait des globules blancs du sang, mais
qui en ditféraient cependant par un contour beaucoup
plus dégagé et par leur manière de résister à l‘acide
acétique.
D'autres animaux furent également soumis à l'expé-
rimentation: c'est ainsi que cinq cochons d’Inde et un
lapin moururent au bout de quinze à vingt-quatre heures.
L’autopsie ne montrait aucune lésion qui permîtà M. Piana
de se rendre compte de leur mort, si ce n’est que l’examen
microscopique du sang montrait beaucoup de cellules
épithéliales libres, en proie à la dégénérescence colloïde.
Lc même savant a voulu essayer de produire l’infection
au moyen de l‘absorption intestinale, en abreuvant
quelques poulets avec de l'eau contaminée par la matière
contenue dans le tube digestif, et en leur faisant avaler
des portions de mésentère, du foie, des caillols de sang,
le tout provenant d'autres poulets morts de l'épizootie:
les résultats qu’il obtint, furent négatifs.
M. Piana échoua encore en faisant manger à quatre
poussins, le contenu de l'intestin d’une poule morte de
Vépidémie, intestin qu’il avait conservé pendant quelques
jours, et dans lequel il s’était, paraît-il, développé beau-
coup de corpuscules de forme analogue aux psoros-
permies du mésentère. Malgré cette dernière série d’in-
7 succès, l’auteur de la brochure a la prudence du sage: il
ne nie pas absolument, comme ont eu tort de le faire
d’autres observateurs, la contagion par voie d’infection;
il se contente de dire que, si l’infection se produit au
moyen de l’absorption intestinale, il faut le concours des
plus mauvaises conditions d`hygiène (1).
(I) Riccrclœ s0pr’una epizoosia dei Gallinacci ossorvala nelle

.. 45 ..
En 4878, 79 et 80, M. Brusasco, de Turin, réussit à `
transmettre la maladie à des poules, soit en les faisant ,
cohabiter quelques jours, avec des oiseaux malades, soit É
· par l'inoculation des exsudats qu’il portait sur la con-
jonctive des sujets sains. Il a pu encore déterminer sur
des lapins, des kératîtes pseudo-membraneuses, tout
comme Vassiloff et Eberth avaient produit des kératites
diphthéritiques, également sur des lapins inoculés avec les
produits du croup humain. A cette occasion, M. Brusasco
fait la remarque très judicieuse, que c’est dans les
couches les plus profondes de l`exsudat, qu’on trouve le
plus grand nombre de micrococci, germes qui ne circu-
lent pas seulement dans le sang des oiseaux malades.
Enfin, le pouvoir contagieux de la diphthérie, si
évident déjà, a été de nouveau contrôlé avec un plein
succès, en 1880, par M. le D' Michellet d’Eu, et par nos
. propres expériences. M. Michellet, à qui nous avions fait
remettre un pigeon mort de diphthérie dans le pigconnier
du domaine d’Eu, nous écrivit, à la date du 20 novembre
1880, la lettre suivante:`« Le 27 mars l880, dans la
matinée, j’ai inoculé à une poule de race commune et
bien portante, gros comme un grain de millet de matière
caséeuse prise sur le foie du pigeon mort, la veille, de la
diphthérie. La poule a été laissée en liberté dans une
basse-cour où elle était nourrie avec de l’avoine et du
pain trempé. Les premiers temps, elle ne sembla rien
éprouver; mais vers le 8 ou 9 juin, elle commença à
provincia di Bologna, por Gien Pietro dottor Piana, Assistonte alla
Scuela veterinuria dell'Università di Bologna. 1877. -· (Traduit par
R. Vion).

.. yy -
etre triste, mangea beaucoup moins; elle restait couchée
sur le fumier et semblait complètement sourde; enfin, le
17 juin, on la trouva morte dans le poulailler.
« J’ai fait l’autopsie le même jour: sa maigreur était
extreme; il y avait sous la peau, une quantité de petites
productions blanches et dures. Au niveau de la piqûre,
une grosse masse blanche et dure. Le foie était ramolli et
était farci de granulations blanches, de la grosseur d’un
grain de millet. ll n’y avait rien dans le cœur ni dans les
intestins; la lésion la plus remarquable siégeait dans un
rein qui était de la grosseur d’un gros œuf de pigeon:·le
tissu était ramolli, très congestionné et farci de matières
blanches. Le rein a été envoyé immédiatement à
— M. Ranvier, professeur d’hist0logie au collège de France, _
afln qu’il pût l’examiner au microscope. A la même
époque, j'avais fait manger a une autre poule, le foie
entier du pigeon qui m’avait servi à inoculer la poule
dont je viens de parler. Au bout de quatre mois, cette
poule, semblant bien portante, fut replacée dans la basse-
cour avec les autres; il y a quelques jours, elle mourut;
mais ignorant que c’était elle qui avait été soumise à
l’observation, elle fut jetée sans être examinée. »
De notre coté, nous fîmes absorber, le 6 novembre
_ 1880, à un pigeon en bonne sauté, par ses voies diges·
i tives, les matières recueillies dans les organes d’un
diudonneau mort, le même jour, de cette affection. La
matière inoculable avait été prise dans les mucosités et les
fausses membranes pbaryngiennes,et au sein des lésions
hépatiques. Le 5 décembre, l’oiseau mourut sans avoir
ofl`ert de symptômes maladifs extérieurs bien tranches.
L’autopsie, pratiquée immédiatement, révéla dans le foie,
le rein droit, le méseutère et les intestins, la tuherculi—

/
.. gg ..
sation diphthérique. Le même jour, un second pigeon,
deux pinsons et un moineau reçurent, par les memes voies,
chacun une portion de ces débris, sans négliger d’y
joindre —suivant, en cela, l’exemple de MM. Arloing
et Tripier — les mucosités nasale, buccale, pharyngienne
et bronchique.
Le troisième jour qui suivit l’opération, nous trouvàmes
un pinson mort au fond de la cage, le corps couché sur
le réservoir à eau, où il avait sans doute essayé de se rafraî-
chir. Il n‘y avait pas de tumeurs à l’intérieur, mais on
constatait un jetage abondant par le nez, et la présence
d‘une fausse membrane grisâtre et très adhérente sur le
coté droit de la base de la langue. Sans nul doute, ce
premier sujet a succombé aux suites de Yingurgitation
des produits de la diphthérie; sans nul doute encore,
il est bien mort de cette maladie.
Huit joursaprés,le deuxième pinson mourut,et l'examen
le plus minutieux du cadavre fouillé dans tous ses organes
ne nous fit rien découvrir d‘intéressant: l`oiseau est très
maigre, les muscles sont atrophiés et décolorés, le cœur,
les poumons et le foie ont perdu leur couleur normale
pour en revêtir une relativement pale. Le sang que char-
rient les vaisseaux est pauvre et dépourvu d’une portion
notable de ses globules rouges. En un mot, anémie et
consomption dues, croyons-nous, à la séquestration
dans une petite cage, placée exprès dans un endroit
obscur, d’un oiseau que nous nous étions procuré au
moment des neiges, et qui était habitué à la vie de liberté
à laquelle les oiseaux adultes sont soustraits si difficile-
ment sans danger.
Une semaine après, ce fut le tour du moineau, et le
lendemain, c’était le pigeon dont on constatait aussi la

.. gg -
mort: tous deux ont des tumeurs dans le foie ct les
intestins, et chez le moineau, la cavité abdominale s’oil`re
sous l’aspect d'une masse informe, grisâtre, comme
arborescente, sous laquelle sont englobés et disparaissent
les organes du tronc.
Le 20 novembre de la méme année, une poule fut
inoculée sur la cornée de l'œil droit, au moyen d’un petit
couteau lancéolaire : nous faisons — selon le procédé
employé par M. le D' Nicati — plusieurs incisions dans
lesquelles sont déposés avec soin, par application et frotte-
ment, la surface profonde et le mucus d`une fausse
membrane provenant du pharynx d'une autre poule qui
vient d’ètre sacrifiée. Rien n’est changé dans cet œil,
les premier, deuxième et troisième jours qui suivent
· l’opération, si ce n’est un larmoiement très marqué que
l’on peut attribuer surtout aux manœuvres qu’on lui a fait
subir. Le quatrième jour, les vaisseaux de la cornée sont
légèrement injectés, et l‘injection augmente les jours
suivants. L’œil pleure plus abondamment, il est cons-
tamment fermé par Pagglutination des paupières et le
gonflement de la membrane nictitante. Au niveau des
incisions, la cornée est recouverte par une fausse mem-
brane jaune d'or que nous détachons, au huitième jour
d de l’expérience, des parties sous-jacentes, non sans diffi-
' eulté. La cornée ainsi mise à nu, est le siège d`une ulcé-
ration assez profonde. Nous la traitons, cela par simple
curiosité, au moyen d’instil|ations de laudanum suivies
d’insufflations de calomel; vingt jours après, cet ulcère
disparaît pour laisser, comme seule trace de son passage,
une cicatrice linéaire peu marquée qui doit être sans effet
nuisible sur la vue de l’oiseau.
Le 20 novembre encore, nous inoculons sous la peau

... 3) .. ,
d'une poule, au niveau du cou, et sous l’aile d'une autre
poule, des matières croupales choisies avec soin. Dans le
courant de juillet l88i, les deux oiseaux sont sacrifiés
sans montrer à l’autopsie aucune des lésions de la maladie.
La propriété contagieuse de la diphthérie étant démon-
trée expérimentalement, il restait un problème plus
diflleile à résoudre; une question nouvelle s’imposait
tout naturellement. Quelle est l’essence de l’atl`ection
ainsi inoculée ?
Pour y répondre, M. Arloing lit, en l8`I3, l’envoi d‘un
poulet diphthéritique, à M. le professeur Balbiani. Ce
dernier, ayant examiné les lésions au microscope,n’hésita
pas à les regarder comme parasitaires: d'après lui, les
tumeurs sont formées de parasites ressemblant beaucoup
à la Gregarina falci/ormis que le D' Eimer a rencontrée
chez les souris. Elfectivement, MM. Arloing et Tripier,en
poursuivant leurs études dans Tœsophage et dans l’intestin
de l’oiseau dont les tumeurs avaient été examinées par
  Balbiani, tombèrent sur un parasite qu`ils purent
suivre depuis l’état de liberté jusqu’à celui d`enkyste-
ment. ll s’est présenté à eux sous la forme d'une cellule
aplatie, ovalaire, allongée, à contenu granuleux et pos-
sédant un noyau clair central. Une sorte de trompe ou
de ventouse existe aux extrémités du grand diamètre. `
Sur des coupes perpendiculaires des parois œsopha-
giennes, les observateurs ont pu voir les parasites che-
minant par troupeaux de trois à six individus et même
davantage à travers l'épithélium. Arrivés dans le tissu
conjonctif sous·épithélial et parfois aussi dans les cou-
ches profondes de Vépithélium, les troupeaux se disper-
sent; et alors chaque parasite isolé éprouve une série de
transformations, qui, d’après ees auteurs, doivent aboutir

- gg ..
à des formes jeunes: c`est ainsi quc,d’après MM. Arloing
et Tripier, l‘ovale diminue, que le noyau disparaît et que
le contenu, devenu plus obscur, se sépare peu à peu de
l’onveloppe a l’une des extrémités du grand diamètre. En
même temps, Penveloppe s'épaissit, devient comme
tibreuse; le contenu augmente proportionnellement, et,
dans le point où celui-ci s`est séparé de la paroi, appa-
raissent de petits corps arrondis très réfringents et se
colorant fortement par le carmin. Ce sont là très proba-
blement les formes jeunes qui vont ensuite, cheminant
par groupes par les lymphatiques ou par les vaisseaux,
établir dautres colonies ailleurs, en manifestant leur
action par la présence de nouvelles tumeurs. Quant aux
anciens kystes de Pœsophage, leur contenu s'éclaircit,
les granulations deviennent plus lines, les parois revien-
nent sur elles-mêmes: en un mot, ils ressemblent aux
masses arrondies du poumon, du foie et des exsudats
intestinaux (t).
M. P. Piana semble vouloir admettre parmi les causes
de la diphthérie, la présence d’Aca:·us qu’il a rencontrés
chez les galtinacés malades, acarus vus aussi par MM.
Cervini (2), Vizioli (3), Rivolta (4), Gerlach (5).
Pour M. Piana, les corpuscules virulents qu`on ne peut
regarder ni comme des éléments morphologiques, ni
' comme provenant de ceux—ci, à cause de leur structure,
de leur résistance à l’action des réactifs les plus puissants
(t) Arloing et Tripier. Loc. cit. Recueil de mèdec. vétèr. l879.
(2) Gazzetta medico·veterinarîa. l8’H.
(3) Giornale d’unat0mia flsiologice. Pisa. 1810.
(li) ll medico veterinario. Torino. 1870. t
(5) Magnzzin fur die gesammte Thierhoitkunde. l859. _
g

.. gg ..
et à la putréfaction, à cause aussi de leur manière de se
colorer par le carmin, —·ces corpuscules sont des etres
constitués par un élément cellulaire simple : ce sont des
parasites particuliers que M. Piana groupe parmi les
psorospermies ditïérant d'espèce avec les cellules oviformes
rangées parmi les grégarincs par M. Balbiani, et que ce
savant regarde comme l’état adulte des premiers.
Soumis au microscope, dit·il, un lambeau de mésentère
qui est coloré en vert, montre que cette coloration est
produite par une quantité de corpuscules de forme
_ variable entre la forme sphérique, l’ovoîde et la pyri—
forme, ayant ordinairement un diamètre de 0“,0l0 à
0“,020 jusqu’à 0'"',070; ils contiennent dans leur inté-
rieur beaucoup de granules de grandeur variable et de
couleur passant du vert sombre au noir. Dans quelques
cas enfin, les granules contenus dans ces corpuscules ne
présentent pas de couleurs aussi variées, mais tous sont
d’une couleur olivàtre pale ou bien encore tous sont
noirs.
Dans quelques corpuscules, outre les granules, on
trouve encore, dit M. Piana, une ou plusieurs petites
sphères incolores entourées d’une matière noiràtre, et
dans quelques autres sont enfermés un ou plusieurs
corpuscules d'aspect granuleux et de couleur brune.
Dans le mésentère se trouvent encore, en proportion
plus ou moins grande, des granules libres semblables
` à ceux contenus dans les corpuscules, et de petits cor-
puscules qui ont, eux aussi, des granules distincts. Ces
éléments se trouvent situés dans l‘épaisseur du mésentère,
attendu que ni avec la pince, ni en raclant le mésentère,
on ne peut les avoir isolés.
La disparité des caractères que présentent les plus

... Q3 ..
petits de ces corpuscules, avec les cellules du conjonctif
du mésentère et avec les cellules lymphatiques dont ils
n’atteignent pas, du reste, les dimensions, paraît prouver
à Vexpérimentatcur que ces petits corpuscules et ceux
qui ont des dimensions plus grandes, ne proviennent pas
des éléments propres du mésentère ou de l’inflltration de
pigmentdans ces memes éléments ou dans les cellules lym-
phatiques. M. Piana en a été persuadé encore davantage
en examinant le mésentère d’une poule qui présentait
une infiltration de pigment dans tout le tissu conjonctif'.
Dans ce cas, les granules de pigment remplissaient les
cavités plasmatiques de manière à oll`rir exactement
l’aspect qu’on obtient en traitant le mésentère par la
solution de nitrate d'argent ou par celles de sulfate de fer
et de ferro-cyanure de potassium.
Pour mieux rechercher la nature de ces corpuscules,
le savant italien a entrepris, avec le concours de M. le pro-
fesseur Ercolani, quelques expériences que nous allons
maintenant rapporter: l‘acide acétique pur, l'ammoniaque
liquide et une solution de potasse caustique à 25 °/,,
n’0nt pas d‘action apparente sur lesdits corpuscules;
ces réactifs servent toutefois a les rendre plus distincts
en rendant plus transparent le tissu conjonctifdans lequel
ils se trouvent emprisonnés. Les acides nitrique, sulfu-
rique et chlorhydrique les privent, pour ainsi dire instan-
tanément, dc la matière colorante, ils n’en altèrent pas
d’ailleurs sensiblement la forme si on les laisse agir
pendant peu de temps, ou si on les emploie étendus.
L’alcool, l’éther et l’huile essentielle de térébenthine
et de girofle ont également presque toujours pour effet
de les décolorer complètement; toutefois, cet effet ne

.. Q4 -
se produit pas lorsque les corpuscules ont tousles granules
qu'ils renferment colorés en noir intense.
La teinture neutre ou peu ammoniacale et la teinture
` acidulée de carmin les colorent légèrement et d’une façon
homogène; après y avoir séjourné, ils peuvent ètre privés,
mème par l'acide acétique, de la matière colorante qui
leur est propre.
La glycérine n’a, sur le moment, aucune action sur les
corpuscules dont il s’agit; mais si on les y laisse immergés l
pendant longtemps, leurs granules moins intensément
colorés, deviennent incolores. Enfin, un lambeau de
mésentère rempli de ces corpuscules qu’on a fait macérer
dans l’eau, montre les corpuscules se conservant inaltérés
pendant longtemps, meme quand tous les éléments
du mésentère sont détruits par la pntréfaction.
A l’examen microscopique des mucosités du tube
intestinal, on trouve beaucoup de cellules épithéliales,
ainsi que des granules immobiles, fréquemment de cou-
leur bronzée, qui peuvent etre regardés comme de jeunes
psorospermies à cause de la ressemblance qu’ils olfrent
avec ceux du mésentère (l).
M. Pauliki exprime une opinion analogue àcelle de
l`auteur précité. Ainsi, dans la seconde partie de ses
observations d’anatomie pathologique, faites dansle jardin
zoologique de Hambourg, il décrit des corpuscules sem-
blables aux corpuscules si bien décrits par M. Piana.
Il les a vus dans les poumons d’un Ccbus capucinus mort
de pneumonie caséeuse, et dans le poumon et l'estomac
d’un Ccrcopit/u.•cus cùzcomolagus. M. Pauliki regarde les
(I) D' P. Piana. loc. cit. — (Traduit par R. Vion).
 

- 25 ..
corpuscules comme une forme de psorospermie, qu'il
désigne sous le nom de Ps07·0spermium viride, et il se sert
des caractères qu`ils présentent pour combattre avec
raison l‘opinion de ltololï et de Lang, qui veulent consi-
dérer les psorospermies comme un produit pathologique ·
de l’organisme (I).
Vient, en l8`l8, M. Rivolta qui émet une idée analogue
à l’idée exprimée par M. Piana. ll ressort clairement d’un
travail de ce savant professeur de l’Université de Pise,
qu'il y a lieu de maintenir en pathologie les deux appel-
lations grégmünose et pserospermose, lesquelles n’auraient
pas la même valeur et correspondraient a deux espèces
parasitaires dill`érentes. A son avis, quand on se trouve
en présence de ces etres très inférieurs dont Hœckel
a fait son règne des Protùtes, etres qu’il est très difficile de
distinguer les uns des autres et de ranger parmi les végé-
taux ou les animaux, ce sont les maladies qu’il engendrent
qui doivent guider pour une part le classilicateur: en
dautres termes, à des maladies dilférentes doivent corres-
pondre des facteurs dilïérents, et la pathologie, dans ce
cas, est d'un secours énorme à la zoologie ; c`es|. ainsi
que : 1• les psorospermies ovales ou rondes, siègent
toujours dans les cellules épithéliales de l`intestin, tandis
que les grégarines s`établissent constamment dans le tissu
connectif sous—muqueux; 2° que rencontrant des poules
qui hébergent des milliers de psorospermies dans leur
intestin sans présenter de grégarines; 3° voyant enfin,
inversement, des poules et des oiseaux nourrir des gré-
garines sans psorospermies; on doit en conclure que les
grégarines n'ont pas, comme le croient la plupart des
(I) Magazzin für die gesammte Thierheilkunde. 1862.
3
ag

... 26 ..
naturalistes, de rapport avec les psorospermies qui se
rencontrent dans les cellules épitbéliales de l’intestin.
Citons encore, à ce sujet, l‘opinion de lll. Eimer: « On a
enfln dans ces derniers temps, dit-il, décrit comme des
fourreaux de psorospermies ou bien comme des psoros-
permies, les prétendus corpuscules de Rayney ou vésicules
de Miescher, qui affectent la forme de saucisses ou de
fuseaux, se composent d'une enveloppe et d’un contenu
diversement constitué, atteignent une longueur de l'"‘
et même plus, et se rencontrent habituellement dans les
muscles des mammifères, principalement des porcs et de
plusieurs ruminants. La nature de ces formes n'est pas
moins contestée que celle des prétendues psorospermies
ovoïdes. Uaccumulation de ces etres dans les muscles r
de leur hôte, peut amener la paralysie des extrémités
inférieures, des éruptions cutanées, un amaigrissement
complet, et finalement méme la mort. Les pseudo-
navicelles amènent encore la dégénérescence des organes
dans lesquels elles sont agglomérées; toutefois, comme
elles habitent presque exclusivement des animaux verté-
brés, les lésions qu'elles déterminent ne sont pas d`une
extrème importance.
» Il est, par contre,de conséquence plus grave, que les
psorospermies des poissons produisent dans la peau de
leurs hôtes et sur leurs branchies, une éruption vésicu-
leuse — pemphigus — et que, la où elles arrivent à la
segmentation, elles peuvent amener une dégénérescence
caséeuse, laquelle à son tour a pour résultat un amai-
grissement du corps tout entier. Cette dégénérescence
d’organes intérieurs, liée à une multiplication rapide du
tissu conjonctif, est aussi la suite de l'agglomération sur
ce point de nombreuses psorospermies ovoîdes, et c’est
  I

' — 27 —
un phénomène qui a été souvent observé et décrit sur le
l foie du lapin. Cet organe peut se trouver entièrement
détruit par le parasite et amener ainsi la mort de l‘animal.
Ces memes organismes produisent aussi, dans le canal
intestinal de divers mammifères, des altérations qui ont
souvent des suites mortelles. »Comme ces parasites ont
été également observés chez l’homme, — observations
dont M. Eimer atteste l'exactitude —- ils méritent de
fixer particulièrement notre attention.
_'l`oujours d’après M. Eimer, les prétendues psorosper-
miss ovoïdes ou sphériques ne doivent pas étre envisa-
gées comme des germes de grégarines,ni par conséquent
comme les homologues des psorospermies des poissons
et des pseudo-navicelles. ainsi que le veut Lieberkühn;
mais il faut les regarder comme des grégarines arrivées
au repos, et desquelles, après une segmentation préa-
lable, sortiront des psorospermics. — M. Eimer émet, en
parlant ainsi, une opinion analogue à celle de Walden-
burg (1).
M. Rivolta, comme M. Piana, est donc en opposition
' formelle avec MM. Balbiani, Arloing et Tripier. Dans le
travail publié en l869, par le professeur Rivolta, sur la
maladie des lapins et des gallinacés qu‘il a dénommée
psm·ospe7·m0sc, l'auteur expose ainsi les faits touchant
le développement des psorospermies des lapins, faits qui
ont démontré comment, dans l‘intérieur de chaque pso-
rospermie, au moment où leur col se rétrécit, il se forme
de petits corpuscules ou micrococci psorospermiques,
(I) Eimer. Uobcr die ei oder kugclfôrmigcn sogmannlcn Ps0r0s·
permicn der Wirbelllaicre. — (Traduit par R. Vion).
 

(
L. Q8 a.
lesquels sont mis en liberté et retournent dans le tube
digestif du lapin où, après avoir subi quelques modillca-
tions successives, ils deviennent autant de psorospermies.
Nous allons reproduire les principaux passages de la
relation si intéressante de M. Rivolta: « Les psorospermies
étant sorties du corps de la manière indiquée, et tombées
dans un milieu chaud et humide, tel que celui que leur
offrent les étables et les clapiers, en l’espace de 24, 40,
60 heures, survient la segmentation de leur nucléus, et
d`un nucléus, il se forme quatre nucléi globuleux qui
après quelques jours deviennent ovoldes. Ces quatre cor-
puscules ovoides ont un pôle acuminé avec une espèce
d’élévation, et un pole arrondi; ils présentent à leur
centre un nucléole. Après quelques jours, il se forme
dans l‘intérieur des corpuscules ovoïdes dont il est parlé,
2, 3 ou 4 corpuscules brillants. Si dans chaque corpus-
— cule, il se formait toujours 4 corpuscules brillants,
chaque psorospermie devrait contenir t6 de ces corpus-
cules, mais habituellement il ne s`en forme que 8, 12 ou
45. Ainsi done, toute psorospermie sortie du corps d'un
animal et ayant rencontré des conditions favorables,
engendre des globules brillants,tantot homogènes,tantot
granuleux, et qui, sous un grossissement de cinq cents
diamètres, apparaissent comme un point ou comme un
gros mierococcus (l). »
D’après l'auteur précité et d'après M. Piana, on peut
constater que des faits à peu près semblables se produisent
pour les psorospermies des poules; on pourrait donc
(i) P. Rivolta. Dei Parassili vcgclali. Torino |873.— (Traduit par `
R. Vion).

.. 29 ..
admettre - telle est l’opinion italienne — qu’il arrive
quelquefois que leurs micrococci, entrés dans le tube
digestif, sont absorbés et déterminent la dissolution du
sang avant d’avoir eu occasion de se développer dans le
mésentère. Ces observateurs croient le cas d'autant plus
problable que,à leurs yeux, il est indispensable que le
germe de ces psorospermies suive la voie de la circulation
du sang ou de la lymphe, pour aller s'établir dans le
_ mésentère où se développent ordinairement les psoros-
permies. Ils pensent cependant, en ce qui touche les
psorospermies du mésentère, que la formation des micro-
cocci a lieu lorsqu’ils se trouvent encore dans l‘animal
qui les héberge, et que ce sont précisément les granules
memes qui y sont contenus, tandis que ces petits globules
resplendissants et les corpuscules que quelques·unes
de ces psorospermies contiennent encore, sont simple-
ment des micrococci qui ont commencé leurs phases de
développement dans l’lntéricur de ces memes psoros-
' permies.
En l878, parait une nouvelle observation de M. ltivolta
sur la grégarinose.
Nous allons reproduire les passages de cette note qui
nous intéressent, et nous verrons qu‘il faut etre bien subtil
, pour ne pas reconnaître, dans les lésions décrites, celles
qui constituent notre tuberculo-diphthérie.
En 1873, le professeur Rivolta avait déjà remarqué sur
les parois intestinales de quelques poules malades dont
il avait fait l‘autopsie, de petites ponctuations blanchatres
de la grosseur d`un grain de pavot, dans Fintérieur
desquelles l‘examen microscopique lui avait fait voir
des agglomérations de grégarines enkystées. En l878,
il a pu continuer ses observations sur les volailles de

.. 30 -
l‘lnstitut agricole de Pise, qui sont devenues malades
à leur tour. A l’autopsie de l’une d’elles, il n'a trouvé
aucune lésion dans les appareils circulatoire et respira-
toire, mais l'intestin étaitparsemé des memes ponctuations
blancbatres, si nombreuses qu‘il n`eùt pas été possible de
trouver l‘espace de 0***,01 qui n‘en fût couvert. En les
incisant et en examinant la matière blanchâtre qui
les constitue, on y rencontrait des amas d‘utricules ou _
kystes de navicelles, kystes ronds ou ovales, isolés ou
agglomérés, d'un diamètre de 0***,048 à 0**,0400 pour les
premiers et de 0····,080 pour les seconds. Leurs parois
étaient formées par une très fine membrane et chacun
d’eux était rempli d'éléments allongés, droits ou légère-
ment convexes. Une extrémité était plus aiguë que l’autre,
leur contenu granuleux, leur longueur allait de 0··••,0|425
à 0¤•,0lM0. Ainsi donc, on était en présence, dit M.
Rivolta, de colonies de grégarines enkystées dans le tissu
conjonetifsous-muqueux, et dont la présence et la pullu-
lation avaient amené une inflammation intestinale, de la `
diarrhée et finalement la mort.
Voici encore, en l8`I8, le méme professeur italien qui,
sous le titre: « Une forme de croup chez les poules, produite
par un infusoire, » donne une description qui se rapporte
entièrement à la diphthérie telle que M. Mégnin et nous
l’avons décrite dans les formes buccale, laryngienne,
pharyngienneet œsophagienne. Mais, cette fois, M. Rivolta
croit en trouver la cause dans un nouveau parasite qui
n’aurait rien de comm un avec la psorospermie : il a trouvé,
en cherchant sous les exsudats et à travers les cellules
épithéliales et les leucocytes, des milliers et des milliers
d’infusoires, en forme de cellules ovales, qui se mouvaient A
avec une rapidité si grande que Yexpérimentateur avait
ha

.. 35 ...
peine à les examiner. Le nombre prodigieux de ces infu-
soires réunis en colonies à travers les cellules épithéliales,
ne laissait plus à M. Rivolta de doute sur la cause des
lésions par lui observées. Il luiparut certain queleurmulti-
plication sous les cellules épithéliales avait détaché celles-
ci de la muqueuse, et qu‘une irritation s`était produite,
qui avait en pour conséquence la formation de plaquettes
croupales. Ces infusoires sont, dit ce professeur, ovales
ou discoîdes, de couleur pâle, d’une longueur de 0¤*·*,0l425
à 0•"*,05`I0 avec une extrémité obtuse et l`autre plus aiguë.
A Vextrèmité obtuse se trouve un iilament très mobile
presque aussi long que l’infusoire entier; l‘autre extrémité
se prolonge en une sorte de queue qui se divise en trois
parties. Cette queue manque chez quelques individus.
Près de l`extrèmité obtuse se remarque une ouverture
circulaire. C’est à l'aide du ülament antérieur que se
meuvent ces infusoires.
M. Rivolta les a rapportés au genre Ccrcomonas et en a
formé l’espèce (fercomonas gallinœ. Il a trouvé de ces pa-
rasites en très grand nombre dans 1‘intestin malade.
Voici, du reste, ce qu‘il en dit: « Les parasites continuent
à se mouvoir encore pendant quelques heures après la
mort; puis ils perdent leur mouvement et deviennent
difficilement reconnaissables. Examinés vingt·quatre
heures après la mort, ils avaient commencé à s’altérer
et avaient perdu leurs prolongements antérieur et pos-
térieur. Pour essayer de conserver ces infusoires, je me
suis servi de liquides divers. Dans une solution étendue
de bichromate ammoniacal, ils cessent bientot de se
mouvoir, ils s'allongent presque du double de leur
longueur normale, l’ouverture de l’extrémité obtuse —
probablement la bouche — disparait, le ilabellum anté-

.. 32 ..
rieur s’incline de ce coté. Dans une solution alcoolisée, ils
meurent subitement et se présentent comme une masse
de cellules munies de noyaux, avec ou sans prolon-
gements antérieur et postérieur. Dans une solution
étendue de bichromate dc potasse, ils meurent bientot
aussi et se présentent sous forme de cellules arrondies,
granuleuses, avec noyau et nucléole. Il en est de méme
avec la glycérine.
» Il résulte donc de ce que je viens d‘exposer que, pour
ètre vus, ces parasites doivent ètre examinés sous les
fausses membranes qui les contiennent, immédiatement
apres la mort de l’animal; -·- vingt-quatre ou quarante-
huit heures après, il est trop tard, et ils ont changé
d’aspect. - Comme conclusion, je dirai: une espece
d’infusoire que j’ai dénommée « Cercomonas gallinœ »
peut vivre et se multiplier, non seulement dans l’intes\in
des poules et des jeunes pigeons, mais encore sous la
muqueuse de la bouche, du pharynx, de l'œsophage, du
jabot et du ventricule succenturié. Dans ces régions, en
s’insinuant entre les cellules épithéliales et dans les
glandules à mucus, cette cercomonade détermine une
irritation et la formation de petites plaques comme on
en voit dans le croup. Il y aurait donc ainsi, chez les
jeunes volailles et chez les jeunes pigeons, une forme
croupale produite par un parasite. Cette forme croupale
se distinguerait de l‘autre en ce que, ici, les plaques exsu—
datives n’auraient que fort peu d‘adhérence avec la
muqueuse, et se détacheraîent avec la plus grande
facilité, ce qui n’est pas le cas dans le croup ordinaire. »
Pour un autre auteur encore, M. le D' Nicati, la cause
de la diphthérie des oiseaux réside dans des germes qu'il
nomme bactéries. Mais cette dénomination est insuf-

.. 38 -
' fisante, et comme le fait très judicieusement remarquer
M. Cornevin dans une de ses critiques scientifiques,
l`expression est trop vague pour qu'on puisse l’employer
sans y ajouter un qualificatif. ll faudrait dire si la
bactérie est globuleuse, si, au contraire, elle est filiforme
comme dans le genre Bacillus, hélicoïde comme dans le
genre Spirillum. Si, dans le cas présent, les bactéries de
M. Nicati, étaient globuleuses, elles appartenaient a une
espèce voisine du Micrococcus dipht/tericus.
Or, les microcoqucs, bien que placées dans la famille
des Bactériacées (Algues), ont des points communs de res-
semblance avec certains infusoires(monades, flagellates)
classés dans Fembranchement des Protozoaires.
La confusion a donc été possible entre les bactéries du
D'. Nicati et les Cercomonas gallinœ du D' Rivolta.
, Peut-ètre, au reste, y avait-il simultanément des
organismes différents. La chose n‘est pas impossible,
et nous croyons avoir aperçu, nous-meme, dans les tuber-
cules et le pus d'un poumon de dindon — préparé, il est
vrai, depuis quelques jours — des vibrions et des bacilli.
Mais nous avons vu précédemment dans les obser-
vations du méme savant, datant de f869 et de i8`I8, et
ayant trait a une maladie de mème apparence, qu`il
appelle ces affections « grégarinose » et « psor0sper·
mose, » selon que les germes siègent dans les cellules de
de l'épithélium ou dans le tissu connectif sous-muqueux
intestinal. Il est en cela d'un avis conforme à M. Piana
qui veut que la grégarine ne soit pas la psorospermie, et
qu`elles produisent toutes deux des maladies diffé-
rentes (l). C’est ce que n’admettent pas, nous le savons,
(1) D'autres observateurs italiens se sont encore occupés de la
L

, MM. Arloing, Tripier et Balbiani et nous avons vu que
M. Eimer et d'autres naturalistes allemands regardent ·
ces psorospermies ovoïdes comme constituant l’état
adulte des grégarines.
En |88l, c’est un professeur de Berlin,M. Lôffler, qui,
au cours d‘une épidémie diphthérique sur les pigeons,
_ entreprend une série d‘expériences qui semblent établir
la nature éacillaire de cette contagion. (l)
ll vit dans les masses exsudatives du bec et des bron-
ches, des micrococci et des bâtonnets de grandeur
variable, mais généralement longs et étroits, arrondis à.
leur extrémité et groupés. Le foie présentait des bâton-
nets semblables situés dans les vaisseaux.
ll a inoculé, avec cette substance, des pigeons sur la
muqueuse dela bouche et du pharynx, et il a fait des
cultures avec des bacilles du foie, sur la gélatine peptone.
Avec les bacilles du foie, il a obtenu une seule espèce de
bacille dénuée de mouvement.
Il a inoculé à quatre pigeons, des cultures pures des
bâtonnets précédents, et il a toujours obtenu une inflam-
mation avec une fausse membrane.
Deux de ces pigeons ont guéri et deux autres sont
morts, avec des phénomènes généraux. On y a trouvé des
foyers de pneumonie contenant des bacilles semblables
dîphthéric; nous citerons, pour mémoire seulement, leurs noms
qui sont: D' Vicenzo Colucci de Citanuova (Calabre), D' P. Luatti
des sources de Monte Pulciano, Dr Giovanni Codi de Mantoue, dont
les travaux ne font que confirmer ceux de leur compatriote sans
apporter do nouveaux élements à l`élucidation de cette question.
(I) Lofller Geeammt. Abhandl 1884.

.. 35 ...
` à ceux qu'on avait inoculés, et des foyers hépatiques
contenant les memes bacilles.
Les cultures pures de bâtonnets, inoculées à la peau,
produisent une inflammation avec nécrose; sur la mu-
queuse buccale, une fausse membrane diphthéritique
identique à la diphthérie spontanée des pigeons.
ll a inoculé des cultures pures de bacilles dans le
muscle pectoral de plusieurs moineaux; ceux-ci sont
morts trois jours apres. La partie inoculée s'est transfor-
mée en masses jaunes contenant un nombre incroyable
de bacilles. Chez l‘un de ces moineaux, il y avait des
bâtonnets dans le sang, dans le foie, dans le poumon;
les deux autres n’en présentaient pas.
Les expériences faites sur le cobaye et sur le chien
n’ont généralement donné aucune intoxication.
Chez le lapin, _il s'est développé de la rougeur inflam-
matoire au point inoculé ; un des deux lapins est mort
avec une péritonite fibrineuse et un gonflement de la
rate, dans le sang de laquelle il y avait beaucoup de
' bâtonnets ; le sang de la rate a donné lieu à des cultures
pures. Sur les coupes de la rate, on trouvait des bâton-
nets disposés en petits foyers comme ceux du typhus.
Parmi les souris inoculées, quelques-unes sont mortes:
l’une d’elles, morte vers le septième jour, avait la rate
gonflée et brune; le foie était marbré de taches brunes
et blanches ; il y avait des bacilles dans le sang du foie.
Les taches blanches hépatiques étaient constituées par
des travées de cellules hépatiques nécrosées, dont les
noyaux ne se coloraient plus au picro-carmin. Les capil-
laires de ces îlots blancs contenaient beaucoup de bacilles.
Dans les pièces qui avaient séjourné dans l‘alcool, les
_ parties nécrosées présentaient des pertes de substance.
iL

- 3 -
Unesecondesourisinoculéeaveelesangdelapremière, \
est morte au bout de sept jours, avec les memes lésions.
Pour s’assurer que les bâtonnets de la souris sont les
mêmes que ceux des pigeons. I. Lôlller a inoculé des
bâtonnets de la souris, sur la muqueuse buccale du
pigeon; trois jours après, la muqueuse du pigeon a
montré des plaques pseudo- membraneuses, et dix jours q
après. un exsudat. La pseudo-membrane s`est détachée
le quatorzième jour. A la suite dela mort, arrivée spon-
tanément, on a trouvé des bacilles dans le foie et le
poumon.
Une souris inoculée avec le foie de ce dernier pigeon,
est morte au bout de cinq jours.
Cette revue, que nous venons de faire, des expériences
si curieuses de lt. Lôfller, est très démonstrative au point
de vue de la nature parasitaire et contagieuse de la
maladie du pigeon. Mais, ce virus vivant, il le voit sous
un autre état que ses devanciers: pour lui, c'est une
bactérie ou mieux c'est un baeille. Laissons de côté, pour
le moment, ce point en litige; nous y reviendrons plus
tard.
M. Lüfller avance que, chez le pigeon, c`est surtout la
base de la langue, la muqueuse du pharynx et les angles
du bec qui sont atteints, tandis que, chez le poulet, on
observe plutôt la diphthérie sur le voile du palais, la
muqueuse nasale et la conjonctive. Cette remarque con-
corde parfaitement avec nos propres observations; mais,
au point de vue de la nature du mal, nous n'attachons à
ce fait aucune importance.
Le professeur berlinois ajoute que la pseudo-membrane
du poulet repose directement sur le tissu eonjonctif, de _

.. 31 ..
telle sorte ·qu'elle est difficile a détacher, et quc_cette
opération met à découvert des érosions saignantes; tandis
que, chez le pigeon, elle se délacherait assez facilement
sans qu'il y ait ni érosion ni ulcération. Si M. Lôffler a
établi une ditïérence entre l'attache des fausses membra-
nes des pigeons et celle des gallinacés, s’il a vu que
l’enduit morbide de la poule adhère fortement à la
muqueuse et ne peut qu’avec peine en etre enlevé méca-
niquement, alors que los fausses membranes des pigeons
se détachent spontanément, c'cst, à n'en pas douter,
qu'il les a comparés à des périodes dilïérentes de la
maladie, et que les pseudo-membranes des pigeons ont
été observées longtemps après leur formation. M. Itivolta
commet une semblable erreur quand il considere la
cercomonadc comme produisant une forme croupale —
chez les poules — qui se distingue de l‘autre, en ce
que, ici, les plaques exsudatives n`auraient que fort peu
d’adhérence avec la muqueuse et se déchireraient avec
la plus grande facilité, ce qui n’a pas lieu dans le croup
ordinaire — toujours chez les poules.
A ces deux savants, nous répondrons que, dans la
diphthérie étudiée à Eu et dans les environs, il nous a été
donné de voir les pseudo-membranes, les unes tres atta-
A chées aux tissus sous·jaccnts, surtout quand la maladie
prenait une marche rapide, les autres s'en séparant
au contraire fort aisément, ce qui n`était pas rare dans
la forme lente et intestinale.
M.Lüfiler dit encore que, chez les pigeons, il y a souvent
du catarrhe intestinal; — ce fait ne leur est pas particulier,
et nous l’avons vu également sur les poules. — Il ajoute
que la température augmente de près d‘un degré, —
phénomène physique absolument conforme à celui qui
î

- 38 ..
se passe chez les gallinacés où la chaleur s'acerolt d`abord,
pour diminuer ensuite.
M. Lôftler veut que la guérison soit plus commune
chez les pigeonncaux que chez les poulets; - cette
assertion est très contestable, surtout si l’on s'en rapporte
à M. Mégnin qui a vu si souvent les jeunes pigeons mourir
asphyxiés par du mucus et des masses d’exsudats qui
obstruaieut leurs premières voies digestives.
Entln, Fexpérimentateur allemand, n’ayant pas réussi
à produire sur des poulets un empoisonnement général
en les inoculant avec des cultures de bâtonnets provenant
des pigeons, en conclut que l`at1`ection n’est pas idenl
tique dans les deux espèces. - Tel n’est pas notre avis;
et ce qui a lieu de nous surprendre le plus dans le résultat
des expériences dell Lô|`iler,c`est qu`il ait pu transmettre
la maladie des pigeons à des souris, puis la reporter sur
d’autres pigeons, tandis qu’il a échoué dans ses opéra-
· tions tentées sur les poulets dont les organismes otfrent
cependant une bien plus grande analogie.
Pour en terminer avec cette longue énumération, nous
citerons entin, les recherches si savantes de MM.V.C·ornil
et P. Mégnin (l).
. Les préparations — de tubercules récents — colorées
avec le violet de Bâle simple, ou en solution d‘Ehrlich,
puis traitées pendant quelques minutes avec la solution
d’iodure de potassium iodé, ou par le bichlorure de
mercure, puis décolorées par l‘alc0ol et l’essence, et
(I) Mégnin et Comil. Mémoire sur la lubcrculosc el la dipluhérie
chez les gallinacés. Société de Biologie de Paris, séance de
novembre t88·t.

.. 39 ..
montées dans le baume, leur ont montré une quantité
considérable de bacilles allongés, minces, qu`ils ont
rapportés dans leurs premiers examens aux bacillcs de
la diphtbérie; mais les memes préparations colorées de
la méme manière, puis décolorées avec l’acide nitrique
au tiers, leur ont montré les memes bacillcs, d'oi1 ils ont
conclu qu’il s’agissait de la tuberculose et nou de la
diphthérie.
La disposition et le siège des bacilles dans les cellules
étaient — d‘après ces micrographes — tout·à·l`ait en
rapport avec les lésions de la tuberculose. C‘est ainsi que,
sur les coupes obtenues après la coloration au violet
d'Ehrlieh, décolorécs par l’aeide nitrique, puis colorées
par le picro-carmin pour avoir une double coloration,
traitées ensuite par l`alcool et l‘esscnce de girofle, montées
dans le baume, ils ont vu que les bacilles étaient le plus
souvent situés dans des cellules rondes ou ovoldcs ou
sphéroïdales. Ces cellules en contenaient un plus ou
moins grand nombre. D'après ces savants, elles consti-
tuaient ordinairement de petits amas de trois ou quatre
cellules, soit situées très manifestement dans un vaisseau,
soit dans le tissu réticulé. Ces cellules, du volume de 10 à
I2 ou lâ micromillimètres, ne possédaient généralement
qu’un seul noyau, mais il y en avait quelquefois deux.
MM. Cornil et Mégnin virent que ces bacilles étaient pres-
que tous grenus; ils présentaient de petits grains colorés,
quelquefois plus gros que les bâtonnets memes; ils virent
aussi parfois un grain isolé ou deux grains isolés comme
des dzplococci. Les deux expérimentateurs constatèrent
que les grains sont colorés absolument dela méme façon
que les baeilles, et, pour eux, ils sont assurément de
la méme nature. ` '

_ gg _
ll y aurait également quelques cellules plus volu-
mineuses qui renferment plusieurs noyaux, et qu’on
peut assimiler aux cellules géantes de la tuberculose
· humaine. Elles en ditféreraient cependant en ce que les
noyaux ne sont pas aussi régulièrement disposés que dans
cette derniere. — Pour plus amples renseignements lt ce
sujet, voir cette importante communication.,
MM. Cornil et Mégnin ont fait des coupes de la tuber-
culose chronique de la poule, qui, colorées doublement
par le violet d’Ehrlich et la safranine, présentaient,
disent-ils, des lésions tellement nettes et prononcées,
qu’il était facile de reconnaitre la couleur des bacilles à
l`œil nu ou à un grossissement de l0 à I2 diamètres.
« Sur ces coupes, à un faible grossissement, les
bacilles étant très bien colorés en violet, on voit des
taches arrondies, soit ai la partie centrale d‘un tubercule
calcaire, soit à la fois au centre et dans des zones corti-
cales ou des stries violettes. Les bacilles ainsi colorés
paraissent situés dans des fentes du tissu ou dans
lintérieur des vaisseaux. Autour des stries et des cavités,
on observe une zone colorée en brun foncé par la
surcharge du violet et de la safranine. C’est la portion
calcaire de la masse tuberculeuse qui forme toujours
une seconde zone autour des bactéries. A la périphérie
de cette zone calcifiée, on a un tissu inflammatoire,
comme au pourtour de toute tumeur. » — Se reporter,
pour plus de détails, aux documents originaux.
Avec de plus forts grossissements, MM. Cornil et _
Mégnin ont vu les bacilles de la tuberculose qui sont
accumulés au milieu des tubercules calcaires, comme
dans une culture, en amas réguliers, en contact les nus
des autres en si grand nombre que, des fentes ou
A u

.. 4; ..
scissures du tissu dans lesquelles on les trouve, ils
sortent et deviennent libres au bord de la coupe où `
ils sont entraînés par les manipulations nécessaires à
la coloration et au montage des préparations:
« Ils sont là, aux bords de la préparation, isolés ou
aceolés en touffes, sans qu‘0n voie de cellules à coté
d’eux. De meme, dans les fentes du tissu, sur les coupes,
ils sont accumulés suivant des figures irrégulières, tantôt
en bandes, rarement en forme d’S comme cela a lieu
dans les cultures où ils se développent en liberté, sur
· le sérum gélatinisé de Koch, par exemple. Ces bacilles ne
sont pas compris dans des cellules. Il est probable qu‘i|s
se sont primitivement développés dans des cellules, mais
que les cellules ont été détruites et ne sont plus visibles.
Ils sont agglomérés en nombre tellement considérable
qu'ils sont difficiles à voir isolés au milieu des masses
colorées qu'ils forment. Ils sont tous bien colorés par le
violet d'Ehrlich. »
MM. Cornil et Mégnin ont vu dans les fausses mem-
branes diphthéritiques, des micrococci et des bacilles; et
ils ont retrouvé ces bactéries dans tous les faits de
diphthérie des oiseaux qu'ils ont examinés, que leur
siège fût sur les membranes muqueuses ou sur la peau.
Les bacilles siègent surtout à la surface et dans l’inté-
rieur des fausses membranes, sous forme d’amas de
bactéries en ilots zoogléiques ou isolés :
· « Nous avons examiné —~ disent-ils — un fait de
diplithérie de la muqueuse intestinale du faisan. La
fausse membrane assez épaisse,formée de couches de
fibrine, adhérait par places à la muqueuse intestinale. .
Celle—ci était mortitiée dans sa presque totalité, mais on
pouvait cependant y reconnaître la figure des glandes
4
L

.-. 42 -
en tube et des villosités intestinales. Le tissu conjonctif
° de la muqueuse était inilltré de sang. La muqueuse
était normale. Les bacilles de la diphthérie melés à
quelques microcoques existaient à la surl`ace des fausses
membranes, dans les villosités et dans le conduit des
glandes en tube. Ces conduits présentent un canal limité
par des cellules épithéliales nécrosées. Dans leur intérieur,
on voit des bacilles disposés en séries linéaires dirigées
dans le sens longitudinal. C’est le seul endroit de la
muqueuse elle-même où on les trouve, ear il n’y en
a pas dans le tissu conjonctif, autour des glandes, ni dans
le tissu plus profondément situé. »
Si on résume cette savante communication, on voit
qu’il en ressort plusieurs conclusions :
l° Les cellules contenant le bacille de la tubercu-
lose ne sont pas, comme chez l’homme, des cellules
géantes.
2° Les foyers tubereuleux anciens, caséeux ou calcaires,
contiennent autant de bactéries que les lésions d`0rigine
récente.
4 3° Le bacille de la tuberculose, chez la poule, diffère
peu de celui de la tuberculose de l’homme 2 il est seule-
ment plus petit, tout en alfectant à peu près la mème
forme; et e`est surtout par sa disposition au milieu des
tissus que, d`après MM. Cornil et Mégnin, on pourra
le reconnaître.
/t° Les lésions diphthéritiques sont produites par deux
espèces d’organismes: « un mierocoque et un bacille
qui séjournent surtout àla surface des fausses membranes
' ou dans l`intérieur des glandes de la muqueuse. » On a
pu, par des cultures pures de ces bactéries, déterminer
de la diphthérie chez les animaux de même espèce.

- gg ..
De ces multiples exposés, il résulte une question fonda-
mentale qui peut se poser ainsi :' ‘
Y a-t-il, comme l’avance M. llivolta, trois maladies
diphtbériques des oiseaux produites par trois animalcules
différents et appelés par lui: « Cercomonas gallinz, gréga-
rme et psorospermie, » ou bien y a-t-il, comme le veut
M. Piana, deux affections déterminées, l‘une par la
psorospcrmic, l'autre par la grëgarine; ou encore doit-on
scinder la maladie pour en faire deux entités morbides
distinctes: l'une,dzphthérùz des gallinacés, ayant pour cause
des bacilles et des microcoques, et l’autre, tuberculose des
oiseaux, qui serait do nature exclusivement bacillazrc ,·
ou enfin, doit-on considérer l`afl`eetion comme unique et
produite en toutes occasions par le même parasite?
ll y a quelques années, alors que la microbie, loin d’ètre
cette science admirable dont M. H. Bouley a fait, à la
séance des cinq Académies, l'éloge chaleureux qu’on q
connaît; alors que la microbie était conspuée et traitée
ironiquement de microbiatrie; ou bien alors que les
savants de l’une ou l‘autre médecine commençaient, tout
en la discutant, à y accommoderleuresprit, sans cependant
vouloir admettre, comme sûrement réalisables, les expé-
riences de laboratoire faites par M. Pasteur: alors, disons-
nous, qu’on admettait la pluralité des germes venant
concourir à déterminer dans Porganisme animal, par
leurs effets combinés, un état morbide bien caractérisé;
alors la réponse à une telle question eût été plus facile.
On pouvait tourner la difficulté en se servant d’uu bon
argument, et dire par exemple, que l'exsudat diphthé-
ritique, comme tout produit infectieux, est susceptible de
recéler plusieurs sortes de microzoaires ou microphytes;
que, par conséquent, le parasite ne constitue pasle carac-
L

.. ,54 ...
tère essentiel du mal, que l’essence de ce dernier doit etre
plutôt recherchée dans le caractère infectieux, hétéro-
morphe, de l’exsudat lui-meme, des éléments qui le
constituent, éléments amorphes — fibrine, albumine et
mueine, — et morphologiques — leucocytes, hématies
et cellules épithéliales. — Dire encore que tous ces germes
ne sont probablement que la résultante de l'état morbide,
et non la cause efficiente de la maladie.
Mais aujourd’hui que la lumière est faite, et que nul
ne peutnier le role immense joué par un microbe spécial
à chaque maladie: les deux charbons, le choléra des
poules, la septicémie, la tuberculose, la péripneumonie
des betes bovines, le rouget des porcs, etc.; nous ne nous `
dissimulons pas qu'il devient bien difficile de répondre
a la question posée, s’il est vrai que le contage essentiel
du mal diphthériquo doive etre un organisme unique
et spécifiquement déterminé. Nous allons cependant
tenter d‘y répondre brièvement, en réclamant toute
l`indulgence du lecteur; car nous déclarons, avec la plus
entière franchise, que nous ne sommes pas assez versé
dans l’étude des etres inférieurs pour trancher hardiment
et définitivement la question. Tout au contraire, notre
réponse sera timide et prudente comme elle doit l`etre dans
un problème aussi délicat, problème qui ne serait pas indi-
gue de fixer davantage l'attention des savants spécialistes.
S`il est vrai qu'il y a, comme le dit M. Rivolta,
deux espèces de croups parasitiques chez l'oiseau, il
faut admettre une analogie entre ces faits et les expé-
· riences de MM. Arloing, Cornevin et Thomas sur le virus
du charbon symptomatique, virus constitué par uu A
microbe différent du microbe du charbon bactéridien.
Mais il peut se faire aussi que M. Rivolta se soit trompé

- 55 -
pour plusieurs raisons: la première est qu'un germe
peut varier de volume et d’aspcct, d`abord selon la
phase de son évolution à laquelle on le saisit, ensuite
selon l’espèce animale et meme selon le milieu dans
lequel il végète. De plus, il est permis de se demander
s’il n’y aurait pas là un cas encore mal connu d’alter·
nance morphologique.
M. Eimer, qui a fait de ces différentes formes une étude
approfondie, écrit au début de son travail: « On n'a
pas pu jusqu'à présent arriver à être d'accord sur cet
organisme, et les opinions émises sont si différentes, que
des observateurs éminents ne l'ont plus, dans ces der-
niers temps, reconnu comme une forme animale, mais
cn ont fait un produit pathologique, tandis que d’autres
le considèrent comme un œuf de vers; d’autres encore
comme une phase du développement d’un parasite
encore inconnu. » ll est donc possible que les micro-
parasites variés que signale M. Rivolta ne soientque
les différentes formes d’un même ètre. S’il en est
ainsi, on s‘explique facilement les deux maladies signalées
par le professeur italien, de même qu’on aurait la clef
des opinions si diverses exprimées par les médecins
de l’h0mme sur la cause déterminante du croup infantile.
Ajoutons encore, pour être complet, que des zoolo-
gistes de grande valeur veulent que les pseudo-navicelles
ou psorospermies qu`on trouve dans le corps des gréga- '
rines, ne soient que des spores d’un champignon qui se
présente, dans une de ses phases de développement, à
l’état amœbiforme d’abord, puis plasmodial; et que,
dans leurs études si complètes et toutes récentes,
MM. Van Beneden et Giard affirmentqueles psorospermies
ne sont que des formations parasites des grégariues dont
J

(
- 46 -
elles dérivent et ne diüèrent que par l'habitat: les gréga- i
rines vivant dans des cavités où elles sont libres, tandis i
que les psorospermies sont des parasites intra-cellulaires.
, Voici comment, d'après ces auteurs, se ferait la trans-
formation des grégarines: On admet généralement aujour-
d’hui, depuis les travaux de Stein et de Lieberkühn, que ,
Yenkystementdes grégarines est le point de départ d’une
série de phénomènes que ces savants indiquent, mais au
sujet desquels ils nous invitent à faire des réserves:
après avoir sécrété la membrane qui l‘enkyste, le proto-
plasma se diviserait, soit par segmentation totale de
sa substance, soit par une suite de gemmations de la
surface seule, en un grand nombre de petites sphères
protoplasmiques qui s’isolent bientôt les unes des autres
et s’enveloppent d’une membrane. Ces corpuscules
prennent des formes très variables, mais ressemblant
toutes à de petites diatomées fusiformes, d'oî1 le nom de
pseudo-navicelles qui leur a été donné. Dans l`intérieur
des pseudo-navicelles — ou psorospermies — le proto-
plasma se divise ensuite en un nombre variable de
corpuscules nommés corpuscules falci/`ormes, àcause de
leur forme qui rappelle celle d’une faulx ou d`une
faucille ou du croissant de la lune.
D‘après ces auteurs encore, les corpuscules falciformes
pourraient, une fois mis en liberté, ou bien se trans-
former directement en grégarines, ou bien, c‘est l‘opinion
' la plus répandue, se transformer en corpuscules amœbi-
formes. M. Van Beneden admet que les cytodes géné-
rateurs résultent de la transformation du protoplasma
sorti des pseudo-navicelles, ou en d’autres termes que
les pseudo-navicelles, dont Vexislence est facile à cons-
tater dans le kyste des grégarines, sont bien réellement
¢_L

... 47 ..
un produit de la segmentation du protoplasma de la gré-
. garine, et que les cytodes générateurs en proviennent.
· Mais la ne s’arrètent pas les controverses: on a vu
plus haut que des théories nouvelles ont surgi: ce sont
les théories bacillaùwzs de MM. Lôffler, Cornil et Mégnin. A ·
En présence des affirmations de ces hommes considé-
rables dans la science micrographique, quelle doit etre
notre attitude? Devons-nous laisser au temps le soin
d'élucider les points litigieux de cette question; ou
devons-nous, — après avoir brùlé ce que nous avons
adoré, — suivre avec confiance la bannière de ces illustres
savants; faut-il, au contraire, sortir des rangs pour engager
le combat, et nous exposer ainsi aux coups de ces terribles
jouteurs ?
D’abord, il faut convenir que nous sommes trop engagé
dans le débat pour pouvoir nous en désintéresser, - ce
serait une coupable défection; — ensuite, accepter
comme vraie une théorie contraire à nos convictions,
c’est commettre un acte d’abaissement auquel se refuse
notre caractère. Nous aimons donc mieux combattre,
et si nous succombons, notre lutte n’aura pas été stérile,
car nous aurons — par notre résistance — contraint nos
adversaires à de nouveaux efforts pour soutenir leur
opinion et en faire éclater l`évidence.
Pour nous, il y a des germes qui jouent dans la patho-
génie de la tuberculo·diphthérie des oiseaux, le rôle
prépondérant. Cela doit nous suffire. Si les micrographes
ne s’entendent pas pour caractériser ces organismes,
leur divergence de vue peut tenir à ce qu'ils n’ont pas
tous poussé aussi loin la culture de ces etres vivants,'ou
encore à ce qu’ils les ont recueillis dans des milieux variés,
ou meme qu‘ils les ont étudiés sous les deux états de
 

.. 48 -
spores et de germes par/`aits. De la des différences dans les
résultats obtenus, qui n‘0nt pour le clinicien qu`une
importance secondaire.
Ouvrons, il ce sujet, une courte parenthèse: un seul
fait parmi tantd’autres qu ’on pourrait également invoquer,
démontre bien que dans l'état actuel des connaissances,
_ il y a toujours un voile jeté sur un coin du tableau micro-
bien. Comment,en effet,peut-on comprendre que, d'après
un éminent histologiste, on ne trouve pas de bacilles
dans la tuberculose chronique humaine, et que, suivant
lui, la disparition de ces bacilles dans les produits tuber-
culeux anciens s’expliquerait par le fait qu'ils sont
transportés et rejetés ensuite au dehors avec les produits
d’excrétion, ou encore que les bactéries tuberculeuscs
cessent de trouver dans ces lésions les éléments propres
àleur développement, etque mème, leur vitalité ne pouvant
plus s’y entretenir, elles se résolvent en fines granulations
et disparaissent. Tandis que M. Cornil nous montre les
bacilles des oiseaux vivant dans les foyers tuberculeux
anciens, caséeux ou calcaires, en aussi grand nombre
que dans les lésions d’origine récente.
Pourquoi cette différence et sur quoi repose-t-elle?
est-il vraiment admissible que les microbes des oiseaux
soient moins difficiles pour leur gîte et leur nourriture que
leurs collègues de l`h0mme? Cette thèse est insoutenable.
Mais bâtons-nous de fermer cette parenthèse pour
reprendre la suite plus directe de nos études.
Si nous nous occupons surtout des ravages causés par
les microbes au sein des organismes, c'est-à-dire des
fausses membranes, des exsudats et des tubercules,
voyons la raison clinique qui autorise à controverser
les assertions de MM. Cornil et Mégnin.

- 49 ..
Pour eux, la diphthérie des oiseaux n‘est pas leur
tuberculose: - les baeilles ne sont pas les memes, et aux
bacilles diphthériques, à qui sans doute l‘isolcment
cléplaît, on voit de nombreux microcoques faire un
imposant cortège. —Cepeudant, ils reconnaissent que
les expériences de M. Lôftler montrent que la diphthérie
peut avoir des manifestations tuberculiformes dans le foie
ou le poumon; ils reconnaissent encore que la tuberculose
et la diphthérie sont souvent concomitantes sur les
individus infectés. De sorte que, l‘opinion de ces savants
viendrait-elle même à prévaloir, on conviendrait toujours
avec nous que les deux maladies sont, non seulement des
sœurs jumelles, mais bien de véritables sœurs siamoises
que le scalpel du plus habile prosecteur ne parviendra
jamais à séparer complètement.
_ Mais nous allons plus loin: à nos yeux, tous ces symp-
tomes, toutes ces lésions sont la résultante d`une seule
individualité. Comment en serait-il différemment quand,
au cours des nombreuses épizooties dont nous avons été
le spectateur attentif, il nous a été donné d’assister au
développement de toute la cohorte des faits pathologiques
dont parlent les auteurs qui ont décrit l’angine couen—
neuse, croupale, le croup, la pharyngite psendo-membra-
neuse, l'intlammation eroupale et diphthéritique de la
muqueuse des premières voies respiratoires et digestives,
le muguet, la pépie, le chanere, la grégarinose, la pso-
rospermose, la tuberculose et la diphthérie? Chaque fois
- et cela a des époques variées et dans des milieux
différents, — on trouve, parmi les malades, des oiseaux
tuberculeux, d’autres diphthériques et tuberculeux en
même temps, et d‘autres diphthériques seulement.
On voit d’ici poindre une objection: « Ce sont, nous

.. 50 -
dira·t»on, des cas de diphthérie sous ses deux manifesta-
tions: forme membraneuse et aspect tuberculiforme. »
Cela est possible et même certain. Seulement pour nous,
la forme tubereuleuse de la diphtbérie n‘est pas autre
chose que la tuberculose: toutes deux se manifestent
dans les memes conditions, elles peuvent naître isolément
ou frapper de nombreux oiseaux; l’une et l‘autre ont une
seule symptomatologie, une structure anatomique et
histologique identique; elles siègent dans les mêmes
milieux; elles nuisent dans les mêmes proportions au
fonctionnement des organes, et produisent également
des accidents invariablement mortels; I’une et l’autre
sont parasitaires — et, d'après MM. Cornil et Mégnin,
toutes deux bacillaires; — la leur comme la nôtre est
transmissible et inoculable par les memes voies, par
des moyens expérimentaux analogues, non seulement
aux oiseaux, mais encore à d’autres animaux; dans les
deux cas, la maladie transmise aux animaux peut être
reportée sur des oiseaux sains et y revêtir les caractères
communs d'origine. `
Et, après cela, l'on voudrait que ces deux tuberculoses
ne fussent pas identiques.0ù est la différence? Nulle part!
Aussi, à nos yeux, toutes ces affections dont nous nous
sommes constitué le modeste historien, ne sont que des
formes variables, des modalités diverses d’une seule et
unique maladie, véritable protée qui ne cesse d’ètre
et de demeurer la tuberculo—dip/zthérze.
Voyons enfin l'étiologie, et nous aurons terminé tout
ce qui a trait à ce chapitre.
Les longs développements donnés aux paragraphes
précédents nous dispensent d’entrer dans beaucoup de
considérations sur les causes de la maladie, objet de cette

... 5j -
étude. Et il résulte des faits articulés plus haut que le
germe`qui la produit est un animalcule appartenant
au monde infini des infiniment petits, mais grand par les
désordres dont il est l’inévitable agent, véritable virus fixe,
atome enfin, dont l’existence est pleinement démontrée.
Comment cc principe morbigène pénètre-t-il dans
le sujet sain pour le_contaminer‘?
La démonstration de la contagion médiate et immédiate,
par Pexpérimentation, étant bien évidente, l'esprit reste
encore hésitant, et il demande pour sa complète satis-
faction, que cette œuvre de destruction se fasse encore
sous les seuls efforts de la nature; c'est ainsi qu'il
se rendra un compte exact de la façon dont se propage,
dans les basses-cours, la très grave entité morbide qui
nous occupe. ·
Voyons donc si la difI'usion de la diphthérie des oiseaux
malades a ceux qui sont bien portants et vivent dans
le méme milieu, peut encore étre niée. L’observation
clinique attentive nous autorise à répondre non, sans
hésiter; voici quels sont les faits qui militent en faveur
de cette maniere de voir : Nous estimons qu’au moment
où elle sévissait dans la ferme du parc àEu, c'était
la contagion qui jouait dans l’expansion de cette maladie
aux poules, pigeons, dindons et moineaux, le principal
rôle; si, en effet, il y avait eu seulement coincidence, on
aurait bien certainement constaté, à la même époque ou
à des époques voisines, d’autres cas de diphthérie dans les
environs de cette ferme, puisque les conditions climate-
riques étant les memes pour toute la région, les causes
banales ordinaires tirées de la pathologie générale, exis-
taient pour toutes les volailles. Or, les renseignements
que nous avons minutieusement recueillis de tous cotés,

- 52 ..
ne nous ont absolument rien appris d'af'flrmatif' sur
ce point. ll y a bien eu quelques on—dit; mais les nom-
breuses autopsies que nous avons pratiquées sur les
oiseaux du pays, nous ont donné la certitude que ces
oiseaux avaient succombé à diverses afl`ections n'ayant
rien de commun avec celle-ci.
En supposant mème que la diphthérie régnante fût
générale dans la ville, le canton, l'arrondissement ou
même le département, ce ne serait pas encore une
preuve en faveur de la coïncidence; ce serait tout simple-
ment, à nos yeux, la marque évidente d’une contagion, ·
qui, comme la tache d'huile, grandit toujours, et de spo-
radique devient enzootique pour revétir enfin la forme
épizootique, dernière expression de la gravité des mala-
dies contagieuses.
Mais il n'en fut pas ainsi dans ce cas spécial, la
diphthérie s’étant bornée à exercer ses ravages sur
uu seul point, sans s'étendre ailleurs.
ll nous est impossible de dire quel a été le début
de l`invasion du fléau dans la basse-cour en question,
pour deux raisons que voici : l° à notre première visite,
il y avait, parmi les malades, des poules et des pigeons
sans que les gens de la ferme pussent nous dire quels
avaient été les premiers atteints; 2° il ne nous a pas
été donné de connaître l’état sanitaire des difl`érents
parquets et basses—cours d'où provenaient les oiseaux
souvent renouvelés pour les besoins de la consommation.
L'origine du mal est donc tout à fait obscure, et c’est
uniquement en nous basant sur notre croyance en la non-
spontanéité des maladies contagieuses, —croyanee qu’au-
cun fait bien constaté n’est venu infirmer jusqu`à ce
jour -· que nous dirons ici: jamais, au grand jamais,
Q

- 53 _
la diphthérie n‘a pu naître sans qu’un oiseau étranger
qui la possède, l’ait importée la où on l‘observe, peut- A
être depuis des jours et peut-étre même depuis des mois,
attendu que le contage diphthéritique est très résistant.
ll a donc dû en étre ici comme partout ailleurs, et
il en sera de meme dans tous les ages et dans tous
les temps. Si un doute était encore permis, il faudrait
admettre que les germes spécifiques sont le produit
de la maladie, le résultat d'une élaboration de l`orga—
nisme, le fait d’une génération spontanée; il nous
semble que, loin d’en ètre ainsi, il est acquis aujourd’hui
que les virus ne se développent pas de toutes pièces dans
l`organisme, sous l'influence des causes générales et
communes, par l`eti'et d'une simple modification des
tissus et des liquides de l'économie. Le domaine de
la spontanéité ne se resserre-t—il pas de plus en plus ? et
presque tous les médecins et vétérinaires ne sont-ils
pas d’aecord sur ce point? la plupart de ceux memes qui,
par tradition peut·étre plus que par conviction, se sont '
constitués les derniers défenseurs de la doctrine dite de
l’hété:·ogénie, en sont arrivés, par une subtilité de langage,
à dire que ce qu‘ils entendent par maladie virulente spon- ·
tanée, c'est la maladie survenant sans qu'il y ait eu
contagion directe d’individu malade à individu sain.
~ Un seul fait s`est passé à Eu, qui eût pu faire croire à
la spontanéité de la diphthérie : une des dernières
victimes du fléau a été un jeune dindon dela grande race
américaine, provenant d'un œuf rapporté depuis peu, œuf
· qui ne sortait pas d'un foyer infecté. — M. le Comte de
Paris, qui a eu la bienveillance de s’en enquérir près d'un
médecin de qui il tenait ect œuf, nous l'a affirmé.-
L'œuf a été couvé en dehors du poulailler infecté,

_ 54 ..
'par une poule bien saine, laquelle est encore vivante
et couveuse aujourd’hui. Le dindonneau était né posté-
rieurement aux faits pathologiques signalés plus haut.
L’oiseau a toujours été de faible constitution; et, en
le comparant aux autres de même age que lui, on a
toujours pu le considérer comme un avorton appelé
il mourir jeune. Cette prophétie s'est accomplie, puisqu’il
est mort à trois mois et demi, d’une phthisie parasitaire
bien constatée; — c‘est, en effet, avec les organes de
cet oiseau que nous avons pu produire la maladie sur
notre premier pigeon d'expérience.
Si nous avions pu croire à la spontanéité des contagions,
c'était peut—étre le moment de l'invoquer : comment
admettre, en effet, que ce dindonneau ait été le seul
contaminé, quand la poule qui a eouvé l'œuf dont il
dérive, quand les dindons ses voisins et les dindonneaux
de son age et de même provenance, lesquels vivaient
_ autour de lui, et qui jouissent encore actuellement d’une
santé florissante, ont été tous indemnes de la maladie?
A cela, nous répondrons qu’il est probable, pour ne pas
dire certain, que la phthisie l’a atteint au moyen des
` germes laissés par les malades à `la surface du sol, et
qu’elle l`a frappé isolément, parce que, seul, il était
souffretcux et afl`aibli (I).
Les microbes, une fois transmis à un premier oiseau,
ne sont pas restés inactifs; ils se sont multipliés chez
(I} Depuis, d'autres dindons ont succombé à la memo affection,
et cela àdes époques variablement échelonnées. C'étaient les frères
du précédent. Seulement celui·ci, gràce à sa faiblesse, est mort
promptement, tandis que les autres ont résisté plus d'un an. Ce fait
est donc une confirmation éclatante de la théorie de la contagion.

- 55 ..
l`animal contaminé, ear ils sont animés. et jouissent
de la vie; puis, apres avoir subi les transformations que
nous savons, ils ont été rejetés par les oiseaux avec les
jetages et produits de déjection de toutes sortes mêlés
aux aliments et aux boissons, — aux boissons surtout -—
pour étre absorbés enfin par les oiseaux sains buvant et
mangeant aux mêmes vases que les malades.
Nous allons encore essayer de donner une nouvelle
preuve de cette infection: pendant les premiers temps
qui suivirent le développementdu lléau, nos investigations
nous firent considérer comme un vaste foyer de contagion
suspendu sur la tète des poules, les quelques centaines
de pigeons qui peuplaient les étages supérieurs du
poulailler infecté. Partant de cette idée, nous engageames
M. le Comte de Paris à donner des ordres pour exécuter ’
la totale destruction des pigeons malades et sains, ce
qui fut fait. ll y eut aussitôt décroissance notable dans le
nombre des poules malades.
Restaient encore dans ce cercle contagieux, dont le
pigeon avait été le facteur le plus actif, restaient encore
les moineaux continuantàvivre dans le faite des batiments
abandonnés. Mais ils n‘y rencontraient plus les pigeons,
cette proie si facile à envahir par le micro-germe. Aussi,
la petite colonie des moineaux, qui auparavant avait
largement payé son tribut aux atteintes du mal, et semé
ses cadavres dans tous les coins, ne tit·elle plus de grandes
pertes. Deux des leurs furent encore trouvés morts dans
le voisinage de la basse-cour; mais les petits granivores
n`eurent plus d’action sur les poules, gràce également à
la guerre sans merci qu'on leur faisait chaque jour.
L’épizo0tie, bien que considérablement ralentie dans
sa marche, ne laissa pas que de faire encore, de loin en

-- 55 -
loin, quelques victimes parmi lesgallinacés grands et petits.
ll devait en etre ainsi pour deux raisons: t° les conditions .
d`hygiène étaient mauvaises; 2° il n‘est pas téméraire
— d`al`firmer que plusieurs oiseaux atteints, dont le mal
tout intérieur ne se révélait pas au dehors, avaient toute
la latitude et tout le temps d’imprégner de leurs germes
les organes d'autres sujets.
Quelques poules moururent donc àdiiférents intervalles,
et aussi quelques dindons de la grande race américaine,
qui vivaient en liberté dans le même milieu, et pour
lesquels on est en droit cl`invoquer la contagion. Nous
l’invoquons encore, cette contagion, pour des petits
oiseaux, alors que nous avions rassemblé dans notre
propre basse-cour, un certain nombre de poules et dindons
diphthéritiques, dans le but d'étudier de plus près cette
forme morbide.
(Test ainsi que deux moineaux furent trouvés gisant
dans la cour de notre habitation; ils étaient morts de
diphthérie. Un mois plus tard, le 29 Mars 4880, étant
en compagnie de MM. B. d’lmbleval et Verrier fils,
la conversation roulait sur ce sujet, quand est venu
s`abattre à nos pieds — comme pour confirmer nos
dires ·— un moineau au pennago hérissé. L’oiseau fut
saisi, tué et ouvert, ce qui permit de constater que
le bec et le foie étaient farcis d’exsudats flbrineux. _
La basse-cour une fois débarrassée de ses hôtes mala- ‘
des, il n’y eut plus de moineaux infectés.
Non seulement la diphthérie se communique de près, '
mais encore,cette contamination se fait à distance. Pour
le prouver, nous citerons le passage d`uno lettre de
Madame Belliard qui nous écrivait à ce sujet: « Il y
a quatre ans, une basse—cour éloignée de la mienne de

- 51 ..
plus de cent mètres, m`a communiqué la maladie, et ma
basse-cour l‘a, à son tour, transmise àune maison voisine
éloignée seulement d’une trentaine de mètres de chez
moi. Cette transmission n'a eu lieu qu’un an après que la
contagion sévissait chez moi. Je noterai cette particula-
rité que les deux basses-cours ne renfermaient que
des poules de race commune. »
La période d’incubation de ce virus nous paraît bien
difficile à déterminer; nous avons bien eu quelquefois la
preuve qu`elle peut étre courte : deux ou trois jours
suftisent alors au développement du mal; malgré cela.
nous pensons qu’il ne doit pas toujours en ètre ainsi, et
il y aurait, à notre sens, à préciser plus exactement
la durée de cette phase de la maladie.
Sous le rapport de la réceptivité, on trouve de grandes
variations suivant les ages: les très jeunes sujets, jusqu'à
l`àge de quinze jours environ, la contractent peu ou pas;
passé les premiers temps de l‘existence, on peut avancer
qu’en général, les jeunes oiseaux sont plus exposés que les
betes adultes ou vieilles, aux atteintes de la diphthérie.
L'atl‘ection est·el|e héréditaire ?
Rien ne s‘oppose à ce que cela soit. Et cette idée,
si clle est juste, concorderait avec les expériences faites
par M. Pasteur, il y ai quelques années, sur les maladies
des vers à soie : la muscardinc et la /lac/zerie, ainsi qu'avec
les observations de clinique nombreuses rapportées par
les auteurs vétérinaires de tous les pays, observations
qu’il est permis d'invoquer à l’appui de l_’hérédité de la
tuberculose chez les grands animaux domestiques.
Du reste, ce qu’à notre sens il faut comprendre
par l'/nérédzïé, c’est bien plutot l’aptitudc à la culture du
microbe, que l'hérédité de Faifection elle-mème,qui agit
5

.. 58 ...
seulement en préparant le terrain et en le rendant
propre a la multiplication des germes. En envisageant
ainsi les choses, on peut très bien considérer la tuberculo-
diphthérie comme héréditaire.
ll nous paraît aussi bien démontré par les nombreux
faits qui se sont développés sous nos yeux, que l`humidité
du sol et du logement est très favorable à l`entreticn du
conlagium diphthéritique. Nous en donnons pour preuve,
la disparition complète de la maladie, laquelle n'a plus
fait de victimes après que la colonie des gallinacés a
été transportée plus loin, sur un sol plus sec et bien
gazonné. Le poulailler était alors provisoire et construit
en planches dans un milieu convenable; c'est lui qui rem-
. plaçait le poulailler infecté lequel était vaste, il est vrai,
mais d'une construction vicieuse, ne recevant qu'imparfai—
tement la lumière, et de plus, mal situé au pied d'une
colline boisée, par conséquent froid et humide. Ce
premier poulailler était encore précédé d'un abri où
les courants d'air se donnaient rendez-vous, et faisaient
frissonner, jusque dans leurs dernières plumes, tous ces
malheureux volatiles. Depuis, on a substitué au poulailler *
provisoire en planches, une habitation définitive dont
nous aurons à nous occuper plus loin.

- 59 _. .
CHAPITRE Il.
Symptomatologie.
A quoi reconnaît-on la tuberculo-diphthérie?
Les formes que cette maladie affecte sont extrèmement
variées. Nous avons constaté les symptômes les plus
dissemblables, et l’on n'en sera point étonné si l’on songe
que ces symptomes doivent leur diversité non seulement,
aux processus multiples d‘une afI'ection qui s’attaque àdes
organes différents, mais encore aux particularités propres
aux espèces animales atteintes.
Aussi, avons-nous cru devoir, pour la plus grande clarté
du récit, classer dans un cadre spécial chacune des
variétés d’oiseaux soumises à notre investigation.
Nous pourrons ainsi passer en revue plus méthodique-
ment, dans chaque cadre, les divers symptômes plus
spécialement propres à l’espèce animale que nous envisa-
gerons. Remarquons, toutefois, que tout sujet malade
n'est pas fatalement condamné à subir la longue série
des phases de la maladie.
· Espèce Poule.
Si vous jetez un premier coup d'œil dans une basse-cour
envahie par la tuberculo-diphthérie, le spectacle auquel
vous assistez est assez curieux, tant sont différents d’aspect
tous ces volatiles. .
La petite colonie au sein de laquelle vous venez de
jeter l’ell`roi , se met aussitôt en branle, et l’on voit
4

... 60 ..
immédiatement que, parmi ces oiseaux, il en est beaucoup
qui présentent de réels symptômes maladifs: Les uns
cherchent à s’échapper elopin-clopant, les autres courent
en secouant péniblement leurs ailes traînantes. lei, ils
vous reçoivent avec force éternuements; là, ces oiseaux
vous montrent un œil ou les deux yeux gonflés ; et plus
loin fuient, toussant et crachant, quelques pauvres
étiques.
Au milieu de tout cela, vivent tranquillement, comme
insouciantes du danger qui cependant les menace, des
poules nombreuses, lesquelles, courant et voletant à votre
approche, semblent se moquer et de vous et de la maladie.
Sécurité hélas! trop souvent trompeuse, car il est bien
certainement beaucoup de ces pauvrettes chez qui le
microbe a déjà commencé son œuvre. Et maint oiseau
qui a conservé sa pétulante gaieté et même son embou-
point, peut etre frappé plus ou moins grièvement par
la diphthérie.
Les uns sont atteints superfîciellement, et l’att`ection
peut étre curable, si l’observateur a Yheureuse chance
de s’en apercevoir à temps. C'est aussi chez eux que le
mal peut passer inaperçu jusqu’au moment de les faire
figurer sur la table du maître.
Chez d'autres, le contage qui les mine a pu gravement
compromettre leur existence, avant qu’ils paraissent s’en
douter : un instinct d’un ordre supérieur, une cause l
morale captive et absorbe toute leur attention. La poule
couveuse est dans ce cas. Nous savons tous, en effet,
avec quelle sollicitude elle consacre tous ses instants aux
œufs qui lui sont confiés et aux poussins qui en dérivent.
Ici encore, le mal peut étre dissimulé par l’ardeur que
met la mère adoptive dans son œuvre de dévouement.
L

- 5g -
« De l'œil et de la voix, conjurant la tempête,
» Elle frémit, va, court, vole, rien ne l’arrete. »
Enfin, la diphthérie peut rester longtemps à l'état latent
et ne se manifester que plus tard. Delà l'erreur accréditée
parmi les éleveurs de volailles au sujet de la spontanéité
de cette affection, à laquelle tous sont tentés d’ajouter foi.
Nous avons également vu quelques volatiles de nos
' basses-cours devenir étiques à la longue, sans cause
extérieure bien appréciable. Ils vivent de la sorte pendant
de longs mois et même durant une demi·année pour
périr, au terme de leurs maux, dans le plus affreux
marasme. C’est à cette dernière forme morbide que la
phthisie parasitaire doit son nom.
Tout ce qui précède ne s'applique, du reste, qu'aux
exceptions, et le plus ordinairement la maladie suit une
marche, sinon toujours plus rapide, du moins beaucoup
plus appréciable. ,
Disons tout d`abord que, dans la grande généralité des
cas, les symptômes précurseurs de la diphthérie sont
assez difficiles à distinguer des symptomes communs aux
affections simplement inflammatoires. Cependant, ils ont
généralement un caractère plus intense. C’est pourquoi,
les premiers indices de la maladie présentés par les oiseaux
diphthéritiques pourraient étre, dès le début, confondus
avec les signes apparents d'un catarrhe nasal ou rhume, —
s’ils n’étaient beaucoup plus violents dans leur manifesta-
tion extérieure (I). C’est à cette violence du mal que l'on
(l) Notre avis est qu‘il existe chez les oiseaux, tout comme chez
l‘h0mme et les animaux domestiques, un coryza purement inflam-
matoire, véritable catarrhe nasal naissant spontanément, comme

.. 62 ..
doit attribuer la sidération, l’état fébrile et la température
élevée du corps de l’oiseau contaminé. Les sujets atteints
de rhinite diphthéritique laissent échapper des narines un
. jetage d’abord transparent, mais qui ne tarde pas à
devenir plus ou moins opaque, et d’une odeur particulière-
ment fétide et rcpoussante. Un ou deux jours après
l‘apparition de ce jetage, les narines en sont totalement
obstruées, et leurs orifices sont fermés par la dessiccation
_ des matières qui s'en écoulent. En pressant cette région
entre les doigts, on en fait sortir facilement un liquide
· incolore et spumeux. — Comme les volailles respirent
toutes les affections du même ordre, sous Pintluence de causes
banales: froid humide, pluies persistantes, courants d'air, change-
ment de milieu, habitations basses, étroites, malpropres, en un mot
malsaines.
Ce coryza, dont le caractère est souvent bénin, peut revêtir des
formes graves et même mortelles qui l’ont fait confondre, it tort,
avec le catarrhe diphthéritique; il n'a de commun avec lui que |`appa-
rence, et il en est bien différent quant au fond : le coryza inflam-
maloirc n‘est pas plus transmissible qu'il n'est parasitaire.
(fest it cette confusion des deux maladies que nous croyons devoir
rattacher l‘erreur répandue parmi les éleveurs qui généralement
admettent le développement sprmlané de la diphthérie: M. Bouche-
reaux, entre autres, nous écrivait · qu'il est t· ès difficile de transporter
des Crève-Cœur, des La Flèche et des poulets du Mans dans un
rayon dc plus de cinquante lieues sans qu`ils prennent la diplithérie,
surtout. s‘ils ont un espace restreint. · D'accord, quand la contagion
règne au lieu de départ ou d`arrivée; mais si le contage n’existe pas,
ce ne peut être assurément un voyage qui le crée; et, dans ce ras,
la maladie qui se développe sur les oiseaux émigrants, est une maladie ·
de nature purement inflammatoire, pouvant frapper simultanément
un plus ou moins grand nombre dcsujets, parce que tous se trouvent
dans les memes conditions de prédisposition morbide, sans etre pour
cela sous Pintluence d'une contagion.

... 63 ...
habituellement parle nez en tenant le bec fermé, il s'en
suit qu’elles éprouvent, même dans les premières périodes
du mal, une grande difficulté à respirer. — C’est alors
que l'on voit des oiseaux dont les voies respiratoires
antérieures sont malades, éternuer souvent tout en
secouant brusquement la tète pour se débarrasser des
mucosités qui les génent; ces mucosités peuvent étre '
, expulsées, étant associées à des fausses membranes ct à
des matières séreuses quelquefois sanguinolentes. Si nous
nous reportons un instant à I’anatomie de l'appareil
respiratoire des oiseaux, nous voyons que les narines,
percées sur la valve supérieure du bec, sont dépourvues
d’ailes membraneuses et mobiles. Les cavités nasales
qu’elles font communiquer avec l'intérieur, s’ouvrent dans
le pharynx par une fente longue et étroite située en arrière
de la voûte palatine et dépourvue de voile du palais.
De mème, il résulte de cette disposition anatomique que,
chez ces animaux, les cavités nasales communiquent
largement avec les cavités orbitaires.
Tout cela explique l‘envahissement rapide des produits
sécrétés vers les yeux et le pharynx, ainsi que la turges-
cence consécutive et prompte des tissus muqueux dans
ces memes régions.
Les yeux, bientôt engagés, deviennent pleureurs et
gonflés, et on voit perler au coin de l'organe visuel une
ou plusieurs bulles analogues à la matière écumeuse qui
se fait jour aux orifices mandibulaires du bec. —- Ces
bulles sont dues à l‘air qui, arrété dans son passage
à travers le nez, passe dans le conduit lacrymal pour
venir aboutir aux angles des paupières.
Ici peut s‘arréter la maladie, et alors deux ordres de
phénomènes se manifestent: nous avons, en efl`et, constaté
 

... 64 -
que les poulets après avoir montré les premiers symptômes
du mal, paraissaient se rétablir; puis, après quelques
jours ou quelques semaines de cette trève, ils mouraient
brusquement.
Dans d`autres cas, beaucoup plus nombreux, les
symptomes précédemment décrits s'accentuaient au lieu
· de s’éteindre: aux jetages séreux et méme sanieux du nez
succèdent alors des éternuements, des quintes de toux,
dont le_ vomissement est quelquefois la suite. Vient-on à
presser la gorge de l’oiseau, il s’échappe abondamment
du bec, un liquide d'une odeur pénétrante et fort désa-
gréable. La respiration est grande, la toux est rauque et
comme rentrée, les sons s’éteignent complètement dans
la gorge. Si, prenant l'oiseau, on l'approche de l’oreille,
il est facile de percevoir distinctement le sifflement
laryngo-trachéal,etde reconnaître la fé tidité de son haleine.
Tout accuse chezlui une dyspnée progressive accompagnée
de sulfocation; il écarte le bec avec difficulté; la cyanose
a envahi sa crète et sa muqueuse buccale. Et le malade
qui est triste, abattu, avec la queue et les ailes basses,
le pennage en désordre et la crète tombante. gît couché
sur le sol et de préférence exposé au soleil, comme inca-
pable de se mouvoir. C’est là qu‘il meurt promptement
par asphyxie. — Cette forme nasale et pharyngienne de
la diphthérie, dans laquelle on trouve des fausses mem-
branes épaisses qui garnissent les commissures du ber.
la langue et le fond du palais, tout en adhérant assez
intimement aux tissus sous-jacents, n'est autre que
l’angine couenneuse de certains auteurs. La muqueuse
des premières voies digestives et respiratoires est alors
rouge et injectée, souvent recouverte d’un ulcère àsurface
granuieuse et saignante.

_ 55 ..
Cette inflammation se propage, tantôt du côté du larynx
et de la trachée, tantôt du côté de Vœsophage et de
l’intestin.
La durée de la maladie considérée sous cette forme,
varie suivant l’étendue et le siège des exsudats, suivant
aussi l'importance des phénomènes inflammatoires que
ces memes exsudats ont déterminés. En général, la mort
de l‘oiseau survient dans le court espace de vingt-quatre
à quarante-huit heures (f). -— Enfin, nous terminerons
ce qui a trait à l’all”ection considérée sous la formc catar-
rhale, en ajoutant que, sur un certain nombre de sujets
atteints, la mort survenait sans qu’on eût pu constater
aucun symptôme, attendu la rapidité presque foudroyante ·
que prenait quelquefois la marche de cette maladie. ·
M. le D' Pietro Piana, de Bologne, a pu faire la même
remarque: « Beaucoup de poulets, dit·il, furent trouvés
morts dans le poulailler et plusieurs poules dans le nid
où elles étaient allées pour pondre, sans avoir auparavant
manifesté aucun symptôme (2). »
Sous l'influence du même travail morbide, on voit,
chez un certain nombre de volailles, se manifester d‘autrcs
altérations: c’est ainsi que la diphthérie peut débuter
par une véritable pépie. L'oiseau cn est-il affecté, il
(l) Quelques vétérinaires, entre autres M. G. Percheron, disent
avoir observé l'anginc aiguë choz les oiseaux. Rien ne s‘oppose à
ce que cela soit; cependant, comme nous n`avons jamais vu cette
maladie, nous éviterons d'en parler, de crainte de propager un fait
· encore insulüsamment prouvé.
(*2) Ilcchrrclirs sur une épizootie de gallinaréx, observée dans la
province de Bologne, par le D' J. P. Piana, assistant à la chaire
dïmatomie pathologique vétérinaire de l`Universite de Bologne. —-·
(Traduit par R. Vion).
4

- 55 -
s`échappe dc son bec entr’ouvert une sécrétion glaireuse
assez abondante, sorte de bave filante que les au tres poules
prennent plaisir à becqueter. La muqueuse buccale est
décolorée, blafarde ou méme teintée de bleu; et, la pointe
de la langue, les bords et les faces de cet organe, sont
plus ou moins enduits d’une matière pultacée se présentant
sous l`aspect d’une membrane blanc·jaunatre épaisse
d’euviron un demi-millimètre.
On a trop communément l‘habitude de confondre ce
produit pathologique avec la pointe cartilagineuse, dure
et blanchâtre qui entoure normalement Pextrémité libre
de la langue, chez les oiseaux granivores et les petits
· gallinacés : confusion qu’il est possible d’éviter, si surtout
on veut bien admettre avec nous, qu’il est assez rare que
cette couche desséchée et mortifiée de l’épiderme lingual,
recouvre la pointe de la langue, précisément cn raison
de la production de nature cornée qui la revêt naturelle-
' ment. G'est donc plutot à la baseret sur les faces de
l’organe que Yobservateur doit rechercher la pellicule
pathologique.
`Des enduits de nature semblable tapissent parfois la
face interne des mandibules et méme le fond de la gorge.
La poule malade de la pépie, est sujette à des baille-
ments fréquents, secoue la tete à chaque instant et refuse
toute nourriture, ou ne prend les aliments solides qu’avec
difficulté. Aussi, pour les déglutir, est-elle contrainte de
faire de grands efforts, qui se traduisent à l’extérieur par
des mouvements de sortie et de rentrée du cou, joints
à une grande élévation de la tete rejetée brusquement
en arrière. L'avidité pour les liquides est au contraire
extrème 2 les poules malades sont fréquemment aux
abreuvoirs où elles restent longtemps à boire, et cela

... 67 ..
à plusieurs reprises. Nous en avons meme vu qui, placées
sous un robinet d’où l’eau tombait goutte à goutte,
ouvraient démesurément le bec pour la mieux recevoir;
ainsi se suicidaient ces malheureuses volailles, trop incon-
scientes pour comprendre que le mieux momentané
qu`elles semblent éprouver, est plus apparent que réel,
et les conduit fatalement à la mort.
Tous les gallinacés frappés de pépie, font entendre un
petit bruit rauque dïexpectoration, dont le son particulier
permet de distinguer leur mal. Nous en avons même
entendu pousser des cris plaintifs, pour la production W
desquels ils écartent avec difficulté les deux parties
du bec.
L’oiseau peut mourir de la pépie (l) diphthéritique
(l) La pépie, on le sait, est Vnpanage pathologique des espèces
allées. Son nom vient du cri plainlif imitant le mot pip, que font
entendre les oiseaux malades. ll existe une pépie simplementinllam—
matoire que nous avons décrite, en IB74, dans nos « Causerie: agri-
coles. » Maiscelle-ci diffère essentiellement de la pépie diphthéritiquc, l
laquelle est due à la présence d`un animalcule microscopique, tandis
que la première n`est que le symptôme d’une alïection des voies
respiratoires ou digestives: d`une stomatite, d’une angine, d`une
entèrite, d`une bronchite ou d`une pneumonie.
Bien que l`oiseau alfecté d`une pépie inflammatoire, puisse égale-
ment succomber, nous n'hésitons pas à afllrmer que la maladie,
considérée sous cette forme non parasitaire, est souvent moins grave.
ll est également rare d‘y observer les végétations mamelonnées qui
accompagnent si souvent la diphthérie, végétations à marche rapide-
ment envahissante, et qui menacent d'obstruer l‘entrée de la trachée,
' de soulever la langue, laquelle,semblable alors au tablier levé d`un
pont à bascule, ferme la glotte et empèche la déglutition.
La pépie diphthéritique n‘est autre que le chancrc, le mugucljaunc
et le scorbut des éleveurs; elle seule peut ètre ulcéreuse comme
MM. Pelletan et Bénion l`0nt avancé, tout en méconnaissant sa
'  

... gg ..
comme on l'a vu périr sous les coups de la maladie
catarrhale. llémes symptômes, méme lin.
Si les formes nasale ou buccale, telles qu'elles viennent
d'ètre décrites, n’ont pas sufli pour tuer le sujet, ou
s'il n’est pas guéri, et que l’épizootie prenne une marche
moins rapide, nous assistons encore au déroulement
de nouveaux symptomes.
C’est ainsi que la matiere sécrétée par les muqueuses
hypérémîées, gagne les yeux, les remplit de larmes,
et agglutine plus ou moins complètement les paupières.
Alors, apparaissent souvent dans la cavité orbitaire, la
gauche surtout, mais quelquefois la droite ou méme les
deux, des tumeurs poussant l’œil au dehors ou le refou-
lant au fond de l'orbite en produisant l'occlusion des
paupières. Ces voiles membraneux sont entlés, et laissent
échapper de leurs bords luméliés, injectés et garnis de
granulations blancbàtres, des pleurs abondants ou même
un mucus épais qui se coagule sur les plumes de l’oiseau
en les maculant. La tumeur extra ou intra-oculaire,
de dimensions variables, gontle la tète, et, sous forme de
loupe purpurine, peut atteindre les dimensions extremes
d’une olive et même d'une noix. Si on pince la tumeur
latéralement, elle ne donne lieu à aucune réaction de la
part de l'animal qui la porte : son insensibilîté propre est
donc manifeste. Mais vient-on à la comprimer sur sa base,
on voit le facies du sujet exprimer la douleur par suite de
véritable nature; elle seule peut être accompagnée de tumeurs libro-
plastiques du bec et dela tete, qui se développent surtout chez les
jeunes sujets, autour des oritlcos des voies respiratoires et de
l`isthme du gosier, et même sous les caroncules de la tète des
oiseaux malades; elle seule, eutln, est virulente, tandis que l`autre
n'est même pas armée d‘un pouvoir miasmatique infectieux.

... gg ..
l‘état inflammatoire des tissus sous·jacents à cette pro-
duction tuberculeuse.
Puis, les habitudes générales de l`espèce se modifient,
et l’0n peut observer, sur ces mêmes oiseaux, des boiteries
d’un seul membre ou quelquefois des deux: la poule en
station est moins vive et moins agile; elle s’appuie en
vacillant sur une patte, tenant l'autre en écharpe ou
cachée sous l'aile, à la façon du flamant qui se repose. Si
_ on vient à la poursuivre, elle, qui d'abord pouvait courir
et voler, fuit avec une démarche plus ou moins chance-
lante, et sur une seule patte, cn traînant l'autre paralysée:
enfin, elle tombe épuisée après une course de fort peu de
durée.
Mais, n`avez·vous pas confondu cette claudication avec
d`autres hoiteries dues à des causes toutes différentes?
Telle est l`objection qui peut nous etre faite. A cela, nous
répondrons qu‘il n’y a pas ici de rachîtisme, puisque, loin
d'etre déviés, les rayons du membre boiteux ont conservé i
intégralement leur direction normale. De plus, le rachi-
tisme est une affection du jeune age, tandis que les
malades boiteux par nous observés, étaient tous dans
leur seconde année. Ce n’est pas davantage le rlzumatîsme
aigu ou chronique, ou même la goutte, attendu qu'il y a
absence complète, autour des tarses et des phalanges,
de ces tumeurs douloureuses, lesquelles sont le propre
de ces sortes d`al1`ections : tumeurs renfermant, on le sait,
du pus concret, des sels calcaires ou des urates alcalins.
A peine avons-nous vu, sur quelques sujets malades,
cette exubérance de la sécrétion écailleuse de l'épiderme
des pattes, qui constitue la gale, et qui était la, du reste,
tout simplement par concomitance.
Il faut donc bien admettre que la faiblesse des membres
41a

-- 10 ...
de ces oiseaux, leur marche pénible et un peu traînante,
leurs boiteries souvent très accusées, et enlln, dans les
cas extremes, la paralysie qui brode sur le tout, en
un mot, que tous ces signes pathognomoniques ont pour
cause et unique cause, la tuberculo-diphthérie.
Nous avons, du reste, trouvé à l'autopsie de plusieurs
sujets, des tubercules et fausses membranes qui, en
raison de leur siège, devaient, en exerçant une pression
sur les divisions nerveuses des membres, produire, en _
partie ou en totalité, les phénomènes sus-indiqués.
L'oiseau ainsi boiteux peut encore fuir à notre appro-
che, et vivre pendant des semaines et même des mois
entiers dans cet état misérable, en butte aux tracasseries
et aux mauvais traitements des volailles qui l‘ent0urent.
Sa marche se ralentit enfin, il se traîne, tordu sur lui
meme, s'amaigrit beaucoup, puis il est en proie à
une diarrhée verte ou jaune qui achève de l’épuiser. Les
plumes sont ternes et hérissées, et celles qui entourent
l`anus sont maculées et adhérentes entre elles.
C’est ainsi qu’arrivée au dernier paroxysme du mal, la
poule reste accroupie le long des murs du poulailler, ou
près des grilles de l`enclos, où elle se laisse approcher,
quelquefois meme prendre. La tin de ses tourments est
proche, et, cachée dans quelque coin, elle ne tarde pas à
expirer. — Nous ne saurions trop insister sur ce point,
que la victime n’est pas rigoureusement condamnée à
passer par la tllière de toutes ces inlirmités avant d’attein-
dre le terme fatal. La durée et la gravité de la maladie
varient en raison du siège et de l'extension du processus
morbide : c`est ainsi que quelques oiseaux meurent
promptement et comme foudroyés ; d’autres succombent
à la forme nasale seule; d’autres encore sont aveugles
 

... 7; -
par les tumeurs oculaires, sans pour cela étre aftligés de
jetage par le nez et le bec. ll en est aussi chez lesquels
la boiterie est le seul signe maladif; entln, pour ne rien
omettre, nous ajouterons que plusieurs maigrissent et
meurent après avoir conservé fort longtemps toutes
les apparences de la plus parfaite santé.
Il est cependant des cas exceptionnels où la marche
ordinaire des choses est tout a fait changée. Signalons,
en passant, le croup qui se manifeste rarement seul chez
les oiseaux. Nous avons cependant vu trois jeunes faisans
être frappés par lui exclusivement, avec une violence
telle, qu’iIs succombèrent cn deux jours aux attaques de
cette forme peu commune de la diphthérie.
Nous ne trouvons pas ïhémiplégie dans nos notes, mais
M. Mégnin l’a vue être déterminée par une tumeur com-
primant les lobes du cerveau.
Quelques exemples d'hydropisie ont été recueillis sur
notre carnet; et entln, nous avons rencontré deux fois
Vépilepsie.
L’étude de cette dernière forme de la maladie n’est
pas sans offrir quelque intéret; aussi croyons·nous devoir
nous y arréter un instant : Une belle poule de Houdan,
âgée de plus d'un an, a de singulières allures qui néces-
sitent son transfert dans la cour d`inilrmerie où sont
’ séquestrés, avant l’abattage, les oiseaux malades. Cette
poule est en bon état apparent de santé: les plumes
sont lustrées, l’œil est vif, la crète et la langue se
montrent d'un beau rouge, le corps et les pattes restent
indemnes de toute lésion. La bête est seulement très
sauvage, tombe quand on la poursuit et se livre, étant
couchée sur le coté, à des mouvements tout à fait désor·
donnés.

.. 7;) ..
On s‘en préoccupe peu pendant les premiers jours.
Mais, voyant la persistance avec laquelle ces phénomènes
se produisent chaque fois qu'un être humain entre dans la
cour, nous attachons enfin plus d‘imp0rtance à ce fait
singulier, et une étude attentive du sujet démontre
clairement que nous sommes en présence d’une poule
épileptique : l‘oiseau, qu’on excite, tombe tantôt sur un
côté, tantôt sur l`autre, et se livre, dans cette position, à
des mouvements violents des pattes et des ailes, a des
torsions cloniques du cou et des membres.
L’accès dure à peine une minute, puis, tout rentre
dans l'ordre : la poule, qui a peu à peu repris l'usage de
ses sens, étire tour à tour ses ailes et ses pattes et
reprend tranquillement ses paisibles occupations.
Après quelques jours de ce petit manège, les accès
saccentuent davantage. En même temps vient pointer,
sur l`œil droit du volatile, une petite bosse de nature
diphthéritique qui nous engage de suite à en faire le
sacrifice. — La poule ayant donc été occise, nous
recherehâmes dans le cerveau la cause possible du mal.
Ces recherches furent vaines.
En tout cas, l‘autopsie révéla dans les autres organes
du gallinacé, la présence de nombreux nodules para- _
sitaires. Il serait peut-ètre bon d'ajouter qu‘il n’y avait
sur la tete aucune lésion qui pût expliquer ces accidents
nerveux: ni trace de fracture récente ou ancienne, ni
exostose des os du crâne.
Si on rapproche cette observation incomplètemcnt
scientifique, de l’exemple cité par M. Mégnin, dans
le journal l‘Acclimatation, d’une famille de faisans dorés
épileptiques pour cause de diphthérie, on voudra peut-
etre admettre, pour ces deux mêmes faits, une origine

— 73 ——
identique. Nous hésitons d'autant moins à conclure ·
à cette parité, que nous avons, depuis, observé un pigeon
épileptique, et nous avons eu l’heureuse chance de
trouver cette fois des corpuscules cérébraux dont nous
reparlerons plus loin.
Espèce Pigeon.
Constatons tout d’abord qu’aucun des jeunes pigeons
peuplant le vaste colombier de la ferme du domaine d’Eu,
où ont commencé nos études, n’est frappé par la maladie.
Seuls, les pigeons de la seconde année sont atteints
et succombent à cette affection.
Ceci diffère entièrement de ce qu‘ont observé les .
auteurs qui se sont occupés de la même question, puis-
qu’il est dit, dans leurs courtes relations, que les pigeon-
naux meurent souvent étouffés par les fausses membranes
qui se développent dans les premières voies respiratoires
et digestives. Nous voyons là tout simplement la preuve
que la diphthérie ne respecte rien, frappe en aveugle et
les sexes et les âges sans établir aucune distinction. Il ne
nous a pas été donné de voir, par cela mème, l’occlusion
complète des deux orifices du jabot dont parle notre
savant ami M. Mégnin. En revanche, nous avons souvent
constaté la forme cutanée citée par le même auteur chez
les pigeons surtout, mais aussi chez les gallinacés grands
ou petits, et encore chez les oiseaux de volière.
On reconnaît que ce passerigale est contaminé à
certains signes extérieurs qui ne peuvent pas tromper:
l’oiseau est triste, sa physionomie est étrange, son bec
est sale et ses plumes sont hérissées; il boite un peu et
saute alternativement sur une patte et sur l'autre, mou-
6

_ 74 ..
vement qui paraît ètre dù à une sensibilité générale de
A son corps.
Un ou deux jours après Yapparition de ces premiers
symptômes, on le voit traîner les ailes, sa marche est
hésitante et automatique; il éprouve, une fois à terre. de
grandes difticultés pour reprendre son vol. Si, après de
grands efforts, l’oiseau y parvient, son vol est peu soutenu,
et il retombe brusquement sur le sol où il reste un
instant sans pouvoir changer de place, comme anéanti.
Néanmoins, l’oiseau mange encore et boit constam-
ment.
Lorsqu'il éternue et ouvre le bec, comme c'cst le cas
le plus fréquent, on observe chez la presque totalité des
malades, des traces de pépie sous forme de croùtes aux
V commissures du bec et de vernisjaunàtre sur la muqueuse
palatine et a la base de la langue. Vient encore un jetage
abondant par les cavités nasales, véritable coryza qui
produit chez l’oiseau des éternuements souvent répétés.
L’animal se frotte sur tous les obstacles qu‘il rencontre
et meme sur ses camarades; il se frotte aussi les yeux
avec la patte, espérant ainsi chasser la démangeaison qui
l'importune.
Chez les trois quarts au moins des sujets malades, l'un
des yeux, ou même parfois les deux, sont démesurément
gonflés. Les paupières forment, sur le côté de la tête, une
véritable bosse dans laquelle on constate la présence
de fausses membranes jaune d‘or qui, tapissant, au dedans
et au dehors, la membrane nictitante, ont plus ou moins
provoqué de l’exorbitisme. C’est presque toujours l`œil
gauche qui est transformé ainsi — pourquoi? on n'en
sait rien. -— Si, par exception, les deux yeux sont atteints,
l’oiseau aveugle reste, pendant trois ou quatre jours,

- 75 ..
immobile dans l`endroit même où la cécité l’a frappé ; il
s`y laisse mourir d`inauition. ·
Le pigeon dont la vue estintacte, ou quin’estque borgne,
résiste plus longtemps. Sa soif est inextinguible, et,
cramponné sur le bord du réservoir à eau, il y enfonce à
chaque instant le bec; quelquefois même il y plonge
entièrement la tete; — plusieurs se sont ainsi noyés.
Enfin, le malheureux pigeon succombe après s'etre
blotti, dans quelque coin, pendant huit ou dix jours.
Espèces Hoineau, Pinson, Serin, Chnrdonneret
et Verdier. _
Tous ces petits granivores, une fois malades, faisaient
ce qu’on appelle communément le gros dos.
Les uns, au nombre de cent cinquante environ, vus
seulement en liberté, n’oi1`raient guère d’autres symp-
tomes ; mais les autres, qui étaient en cage, se pressaient
sur leur perchoir qu'évacuait bientôt le plus faible
en tombant lourdement sur le plancher de la petite
habitation.
Examinés de près, les oiseaux de volière qui sont
malades, présentent presque toujours la cavité buccale
encombrée de mucosités ou gorgée de graines auxquelles
la constriction de la gorge n’a pas permis de passer; —
dans un cas semblable, un exsudat ayant obstrué le
larynx et fermé l‘ouverture supérieure de ce conduit,
l'oiseau était mort promptement par asphyxie.
Les plumes autour de l’anus et des pattes, ainsi que la .
région digitée, sont souillées par la matière des déjec-
tions; les muscles sont atrophiés, surtout si la mort s’est
un peu fait attendre. Quant aux autres symptomes,
i

I
.. 76 ..
ils nous ont paru être analogues à ceux qui ont été U
décrits pour le pigeon. Aussi n’y reviendrons·nous pas.
Espèce Dindon.
Jusqu’à ce jour, environ quatre-vingt dindons, dindes,
et un très grand nombre de dindonneaux diphthéritiques
nous ont passé par les mains.
Parmi eux, un seul dindon adulte appartenant à la
grande race américaine, — race que M. le D' Michon a
obtenue par la sélection dans les croisements successifs
du dindon sauvage de ce pays avec la belle espèce cuivrée
de France, —- mourut asphyxié par un amas de pseudo-
membranes qui avait envahi l'arbre broncbique, l'œs0-
phage et le ventricule succenturié. Chez lui, la maladie
fut de courte durée ; aussi conserva-t-il jusqu’à sa mort
un embonpoint très satisfaisant.
Il n’en fut pas de même chez les autres dindons, où le
mal revétit des caractères tout différents, que nous allons
rapidement passer en revue.
Il en est deux qui, affectés de tumeurs oculaires, sous-
mandibulaires et tarsiennes, guérirent après un assez ~
long traitement. Quant aux autres, bien qu’opérés des
mêmes tumeurs, ils végétèrent longtemps, tout en con-
servant leur appétit ordinaire; puis, ces oiseaux, dont `
Vamaigrissement fut long et progressif, s’éteignirent
sans secousse, ayant atteint le paroxysme de la maigreur.
L'autopsie révéla dans leurs cadavres toutes les lésions
du foie, des reins et des intestins qui sont liées à cette _
forme de la diphthérie. '
ll est encore plusieurs de ces oiseaux qui, envahis
par des lésions similaires, en périrent, tout en ayant

.. 77 ..
conservé jusqu’au dernier moment un grand état de
. graisse; — c‘est ainsi qu’on en a vu du poids de neuf
kilogrammes.
La grande généralité des dindonneaux mourut du
coryza et de la pépie diphthéritique.
Comme conclusion, on doit dire qu‘il faut se détier
beaucoup des dindons dans une basse-cour, précisément
parce que cette espèce, qui est de nature robuste, résiste
et peut vivre longtemps avec ses organes profondément
ravagés, tout en semant les germes de la contagion autour
’ d'elle, et cela sans qu’on se doute de la terrible épizootie
qui couve, et qu’on sera impuissant à combattre quand
une fois elle aura partout jeté ses profondes racines.
Espèce Faisan.
Plusieurs centaines de faisandeaux succombèrent à la
· forme nasale et buccale de l’épizootie; et sur cinquante
r faisans adultes également contaminés, se sont montrés
tous les symptômes et toutes les lésions que nous avons
étudiés sur les poules frappées par cette meme entité
morbide.
Nous venons d'examiner successivement le mode
d`action de la tuberculo-diphthérie sur les individus isolés
des dilférentes espèces volatiles; voyons maintenant
comment elle agit sur un groupe plus ou moins nombreux
de ces memes individus.
En d’autres termes, quelle est la marche suivie par
cette contagion ?
Ici, encore, nous retrouvons la même variété d’action,
le méme caractère mobile, insaisissable, d’une atfection
dont il est bien difficile de préciserles traits distinctifs. La
L

.. 78 ... ,
gravité meme du mal est loin d’etre constante: ici, le
fléau tue sans pitié, et en fort peu de temps, ceux qu’il
attaque; là, au contraire, il les ménage et parait les
frapper à regret : semblable au chat qui caresse et pelote
les souris, il joue longtemps avec ses malheureuses
victimes, et ce n’est que par degrés qu’il décèle son
horrible présence.
Ailleurs, le mal se montre plus bénin; il ne fait .
qu‘effleurer les oiseaux, et les amateurs vigilants peuvent
en arreter assez facilement les progrès. Ainsi, cette
épidémie, étudiée en des lieux différents, présente égale-
ment dans sa marche de notables différences.
Lorsque la maladie se manifeste dans une basse-cour
ou un parquet, elle peut n’atteindre qu’une seule volaille
sans aucunement toucher aux autres — exemple une
poule de Houdan qui est morte d'une phthisie parasitaire
invétérée, dans la basse-cour de M. Ehrmann, au chateau
de Rieux, sans qu’on ait eu à constater, depuis, un second ‘
fait de ce genre. - Il arrive parfois que durant les
premiers jours, elle ne frappe qu’un petit nombre d`indi·
vidus; les jours suivants, au contraire, presque tous les
hôtes du poulailler en sont atteints, et meurent fatale-
ment sans distinction d’àge ni de sexe.
D’autres fois, la diphthérie progresse plus lentement
et enlève, pour ainsi dire, les malades par lots: après
plusieurs cas constatés dans une colonie d’oiseaux, il s'eu
. produit d’autres le jour suivant, d‘autres encore le jour
d‘après, et ainsi de suite, jusqu’à la destruction complète
de la gent volatile. De telle sorte qu’il faut six semaines
, ou deux mois pour faire disparaitre une agglomération
d'environ cent cinquante gallinacés.
Enfin, et nous n'hésitons pas à l’aftlrmer, la diphthérie,
I

.. 79 ...
dans la grande généralité des cas, suit une marche telle-
ment insidieuse , qu’elle induit en erreur profonde
beaucoup d'amateurs, lesquels croient, bien à tort, à son
retour périodique.
' L’épizootie eudoise et d’autres exemples dont nous
avons été, depuis, le témoin, nous ont pleinementconiirmé
dans cette opinion : à la ferme du parc d‘Eu , la
diphthérie ayant tué, aux derniers jours de l‘année 1879,
de nombreux sujets, sembla faire tréve pendant un mois
ou deux, et deux ou trois victimes seulement, sur six
cents sujets, tant poules que pigeons, marquèrent, à
chaque quinzaine, les étapes du fléau. On tint avec raison
peu compte de ces pertes, plus minimes encore quand
un ciel plus clément nous apportait la sécheresse. —
Semblable en cela à bien des affections épidémiques, la
diphthérie disparaissait tout à fait, ou à peu près, par
le beau temps, pour rc-paraître avec les jours pluvieux.
Nous en étions là, assistant sans crainte à toutes ces
phases bonnes ou mauvaises de l'état hygiénique, toujours
sous le coup des influences telluriennes, quand vint
le mois d’Avril 1880, avec ses pluies froides, torrentielles,
qui détrempent le sol des cours où les poules prennent
d'ordinaire leurs ébats, pluies qui font frissonner jusque
dans leurs dernières plumes tous ces malheureux vola-
· tiles.
Alors, le vent de la diphthérie souftla comme un
ouragan, et, en moins de deux septenaires, plus de deux
cents cadavres jonchèrent le sol. Et, cependant, dans ces
jours néfastes, comme aux jours précédents, les memes
mesures commandées par les circonstances furent prises
sans délai : on séquestre et on sacrifie les malades, rien
n’y fait. Seul, le soleil d’été et ses rayons bienfaisants

... gg -
ont la puissance de mettre un terme à cette effrayante ·
hécatombe.
Tel est, au point de vue symptomatologique, le résultat
de nos études personnelles. Elles ont porté, on le voit,
sur des espèces d'oîseaux fort différentes. Beaucoup
d’autres peuvent être atteints de diphthérie; et,M. Mégnin
· que ses travaux tout spéciaux mettent au rang des
premiers ornithologistes de France, dit l’avoir observée
sur un grand nombre d’espèces indigènes et exotiques.
Les volailles de basse-cour, les oiseaux de parquet, de
colombier et de volière, tous y sont exposés, à des degrés
fort diflérents, il est vrai. G‘est ainsi que nous voyons
placées en tète des divers groupes d’oiseaux, comme
étant plus particulièrement vouées à cette maladie, les
espèces rares et précieuses, tandis que les betes de race
commune y résistent, au contraire, davantage. M. Mégnin
fait également figurer dans sa longue énumération, les
oiseaux de proie, et signale le fait d'une femelle de Grand-
Duc, morte de cette affection fl).
(I) - Viennent d'abord les faisons d’espèces rares et précieuses,
dorés, argentés, vénérés, Amherst, Swinhoé, prélats, tragopans,
puis les pigeons indigènes des différentes races; les poules Japo-
naises, Cochinchinoises, Crève-Cœur, Houdan, La Flèche, puis
communes, les colins de Californie, les perdrix rouges et grises;
les faisans ordinaires; les dindons et les pintades; les canards
d`espèces rares, carolins, mandarins etc; les canards communs;
les petits oiseaux de volière, parmi lesquels, en première ligne,
ont figuré les canaris, puis les bengalis, les perruches, et en der-
nière ligne, les parvores, les moqueurs, les veuves, les paddas,
etc., etc. Jusqu‘à présent, nous n‘avions pas eu l'occasion de cons-
tater Vexistence de cette affection sur des oiseaux de proie; mais,
par une lettre d’un de nos correspondants, possesseur d'une magni-
 

... 3] ..
Nous ajouterons, enlln, pour terminer ce chapitre,
quelques réflexions inspirées par les faits qui se sont
déroulés devant nous.
S'il est vrai que tous les oiseaux sont aptes à contracter
la diphthérie, il en est certainement chez qui elle doit
exercer bien rarement ses terribles elfetsz exemple, les _
llque collection d’oiseaux qui est ravagée en ce moment par la
diphthérie, nous avons appris qu`une femelle de Grand·Duc vient
aussi de mourir de cette affection.
• Plusieurs lapins en ont été aussi atteints. ·
P. Mteum (loc. cit.).
M. R. d'Imbleval a bien voulu, dans une lettre datée du l9 janvier
l88l, nous donner son appréciation sur le méme sujet. Elle nous
est d`autant plus précieuse, qu'elle émane d‘un de nos amateurs les
plus compétents. Cette appréciation la voici:
· La race de Campine argentée - dite « pond tous lesjours » — est
on ne peut plus sujette il la diphthérie. .l‘avais, il y a deux ans, un
assez bon lot de ces volailles, lot composé de un coq et cinq poules.
Les poussins qui, en naissant, étaient vigoureux et sains, ne tar-
daient pas à montrer les symptômes de la maladie qui devait bientot
les tuer.
• M. Fréchon, de Blangy, qui ne possède que des Campines, a eu
le meme désagrément que moi. Tous ou premue tous ses jeunes
sujets sont morts de la dlphthérie, et surtout a Page de huit jours
à un mois. Depuis, semblables faits se sont plusieurs fois reproduits
chez moi, aussi ai-je éliminé de ma basse·cour la race de Campine.
• Parmi les autres races que j‘ai eues ou que j‘ai encore, celles
qui se sont trouvées a peu près dans les memes conditions que la
précédente, sont les Dorkings, les Crève-Cœur et les Legliorn. Celles
qui ont eu ensuite à soullrir de cette maladie, sont les petites poules
naines, dites poules perdrix. Chez les autres, telles que Cochinchi-
noises fauves, Coucous blancs et noirs, Langsham, Brahmapoutra,
Nègre soie et du Japon, Padoue doré, Padoue hollandais, Padoue
argenté, Espagnole, Bréda, Wallikiki, la Flèche, Boudan, Bentam
citronné, Bentam coucou, Java, Malais, etc., j‘ai eu peu ou point
L

- 82 -
perruches et les canards. Dans une étude que nous avons
faite, en I873, de ces psittacidés rassemblés en grand
nombre dans la volière d’un amateur, il ne nous a pas été
donné de constater un seul cas de mort du à cette maladie,
et, cela pendant trois ans.
de diphthérie. Cependant je dois ajouter,_pour être vrai, que les
Houdan et les la Flèche y sont un peu plus sujettes que les autres. ·
R. IYIIBLKVAL, Château de Romesoil (Seinwlnférieurc).
Nous avons cru devoir, pour la plus grande édification du lecteur,
faire suivre la lettre déjà si complète de M. d`lmbleval, de plusieurs
lettres émanant d`autres éleveurs, et, ayant trait au mème sujet.
Les voici: « Vous me faites l‘honneur, dit M•• Belliard, de mo
demander ce que je pense de la diphthério au sujet des races les
plus aptes b. la contracter. Je vous dirai que certaines races sont
plus sujettes que d‘autres a contracter cette maladie: Je citerai en
première ligne, les Campines, les Crève-Cœur, les Dorkings, les
Hambourg, les la Flèche. Au contraire, les Breda et la poule soie
du Japon, semblent réfractaires à la diphthérie. Aussi, les poules de
Bréda mises par moi avec deux la Flèche atteintes de la maladie,
n‘en ont contracté aucun germe; tandis que, sur quatorze Brahmas,
trois ont péri; sur huit Campines, trois sont mortes, et sur dix Ham-
bourg, trois encore ont succombé. Un seul coq de Bresse a été pris
de légers symptomes, tandis que deux autres coqs de,Bresse et
quatorze poules n'ont rien éprouvé. Pas une poule du Japon, sur
vingt-deux sujets, n'a été malade; deux Dorkings argentés, sur cinq,
sont morts.
M" Bstnrann, éleveur ù Mont-Jean (Haine-cl·L0ire).
Un éleveur de Houdan, M. Ch. Boursier, a bien voulu également
nous prèter le concours de son expérience pratique. · Pour éviter
cette terrible maladie, dit-il, il ne faudrait plus élever nl la Flèche,
ni Crève-Cœu r, et autres races délicates chez lesquelles la diphthérie
est à l`état endémique. Les races les plus rustiques sont bien moins
sujettes à l‘épidémie, et on peut même les en garantir tout a fait
en prenant certaines précautions.
Ch. Bounsisn, éleveur, à Houdan.

... ,83 -
Dans l’observation d’aujou1·d’hui, nous relevons de
meme, avec satisfaction, que les canards y sont aussi bien
réfractaires, puisque sur cent et quelques canards de
ditl'érentes races, de tout age et de tout sexe, séparés des
poules malades par une simple grille, et vivant au milieu
des pigeons, moineaux et dindons contaminés, aucun n'a
subi les atteintes du lléau , — cela dans le domaine
d’Eu (1).
Voici encore ce qu'en pense M. Bouehereaux, de Choisy·le-Roi :
· Il est dilïlcile, avance-t-il,de transporter des Crève-Cœur, la Flèche
et poulets du Mans dans un rayon de plus de cinquante lieues,
sans qu'ils prennent cette maladie, surtout s`ils ont un espace
restreint. ‘
Boucnaamux, éleveur.
Le méme fait a été constaté par un américain, M. Daniel, éleveur,
Etat du Maine, lequel s'exprime ainsi à ce sujet: · J‘ai remarqué
que chez les poules élevées par plaisir d‘amateur, la maladie était
presque toujours fatale. Ainsi, parmi mes Leghorns bruns élevés
exclusivement pour concours, un jeune coq échappa seul, bien
qu‘enI‘ermé avec les plus malades qui comprenaient presque tous
les oiseaux de race. · (Traduit par li. Vionl.
Il nous a semblé très à propos de faire connaître l'opinion de ees
éleveurs de volailles sur la question délicate des races plus ou
moins exposées à contracter la maladie. Nous voyons qu‘en général,
à part quelques nuances, ces opinions concordent.
Cela intéresse au plus haut point l'agriculture. Les hommes
compétents y verront peut·étre des croisements it opérer, pour
modiller le sang de certaines races, fortilier leur organisme, et leur
donner ainsi une force vitale de résistance plus grande à l‘action
destructive de ces intlniment petits qu`on appelle microbes.
(1) M. d`Imbleval partage entièrement cet avis, et il nous écrivait,
il y a peu de temps, que, parmi ses nombreux palmipédes, aucun
n'a jamais été malade: · J`ai, dit-il, des canards de Duclair, de
Rouen, d‘Aylesbury, de Pékin et du Labrador; des oies de

.. gg ..
Ajoutons encore que les oiseaux à l’état d’entière
liberté, n’en sont pas même exempts. C‘est ainsi que
de nombreux moineaux et un pigeon ramier viennent de
nous en fournir un exemple frappant.
Nous réserverons a un autre chapitre la question de
savoir si des animaux autres que la gent volatile peuvent
recevoir la maladie par contagion ou inoculation, et
succomber à ses attaques.
Toulouse, d'Egypte, oies Bernaches, pas un seul cas de maladie.
Chez mes canards de luxe, je n‘ai jamais non plus éprouvé de
pertes. Ma petite collection, quant a ces dernières races, se com-
pose de canards mandarins, canards de la Caroline, Casarka rutila,
tadorne ordinaire. Joignez à. cela des sarcelles d`hiver, d'é¤e, des
milouins,morillons, foulques, canards siflleurs. - Jamais, au grand
jamais, aucun de ces oiseaux, tout en vivant au milieu des volailles
même malades, n‘a eu le moindre symptôme de diphtliérie. — Je
ne crois pas que les canards soient susceptibles de contracter
la diphthérie; à moins, toutefois, qu'ils ne soient placés dans de
très mauvaises conditions d'hygiène ; et, encore ne l'ai-je jamais vu. ·
R. o`Iusi.avu..

.. 35 ..
CHAPITRE III.
Examen du cadavre. - Anatomie pathologique
et histologie.
Le corps de l’oiseau qui a succombé à la tuberculo-
diphthérie est loin d’otl`rir toujours les memes caractères
apparents. Le cadavre peut présenter un embonpoint
normal ou bien étre réduit à la plus extreme maigreur :
c'est ainsi que nous avons fait l'autopsie d’oiseaux, les
uns notablement amaigris, les autres en bon état de
graisse, présentant tous, cependant, au même degré, A
les organes intérieurs : poumons, foie, reins, etc., trans-
formés en des masses exsudatives. Et cette observation
ne nous est pas particulière. M. Mégnin nous écrivait, à
ce sujet, au mois d’Avrîl 1880, qu'il avait constaté la
diphthérie sur des volailles très grasses et en bonne
santé, et sur d’autres très maigres et meme affectées
concurremment d‘autres maladies.
L’épidémie peut donc frapper les plus beaux sujets,
sans entraîner fatalement Pémaciation et le dépérisse- `·
ment. C’est ce qui explique comment, dans les expositions
gallines, les jurys de concours ont pu primer des oiseaux,
alors que ceux-ci offraient cependant les signes de l’inva-
sion diphthéritique; décisions qui ont fait jeter les hauts
cris aux reporters des journaux agricoles anglais.
L’aspect des chairs, chez ces memes cadavres, n’otl`re
souvent rien qui les ditférencie d’autres cadavres prove-
nant de poules saines, lesquelles auraient été sacrifiées

.. 86 -
pour les besoins de l`alimentation. D’autres fois, cepen-
dant, les muscles des premiers sont décolorés, ou en
proie à la dégénérescence graisseuse.
ll n‘en est pas ainsi quand le sujet a succombé à la
forme intestinale: dans ce cas, la région de l'abdomcn
revêt, aussitôt après la mort, une couleur obscure, signe
certain d'un commencement de putréfaction.
Si de cet examen superficiel, on passe à 1'étude détaillée
des altérations morbides, on voit qu'elles sont caractéris-
tiques et à la fois nombreuses et variées. Ces altérations
se manifestent déjà dans les couches superficielles de la
peau, du tissu cellulaire et des muscles (l) (2), et il n'est
(I) C’est ii la présence de ces nodules diplithéritiques sous-cutanés
que M. Mêgnin attribue l`erreur des auteurs allemands Gerlach et
Müller, qui disent avoir trouvé la teigne faveusc chez les pigeons.
Pour M. Mégnin, il y aurait confusion évidente; pour lui, le laws
produit par l‘Acho1·i0n Srhœnleinii n`existe pas chez les oiseaux;
la teigne pclade seulement, teigne causée par le Microsporon
Audouini, découvert par Gruby, serait l'unique maladie de ce genre
qui leur serait commune avec nous.
(2) Nous avons, jusqu`à ces derniers temps, mis en doute dans
nos écrits — Tableau historique de la rarrtnc, parA. Léniez, l876 —
la variole des oiseaux, que nous n`avons jamais rencontrée malgré
les recherches nombreuses faites it ce sujet; et chaque fois, nous
avons pu constater que les oiseaux soi·disant varioleux étaient bien
et uniquement aflectèsde tuberculosdiplnthéritiques venant atileurer
la peau. ll y a quelques mois encore, nous en rèférions ii M. Mégnin
qui nous répondait : · Je suis qu‘il est question, dans certains livres,
de la variole des oiseaux de basse-cour. Je suis comme vous, bien
que, depuis cinq ans, j'aie fait l`autopsie de plus de trois mille
oiseaux morts de différentes maladies, je n'ai pas encore vu une
vraie variole: j'ai vu cependant souvent une véritable éruption
exsudative qui est assez fréquente, meme chez les oiseaux de volière,
et qui pour moi n'est qu'une forme de la diphthérie. ·•
 

. .. 87 ...
pas rare d’observer une dermite diphthéritiqne ou de .
trouver le _tissu connectif sous-cutané, spécialement
celui des cuisses, de la poitrine et du cou, parsemé
de petites concrétions de couleur jaune paille, générale-
ment de forme ovoïde, les unes presque imperceptibles
à l'œil nu, tandis que les autres atteignent le volume
d‘un grain de blé on même d’une noisette. Les dimensions
Nous sommes cependant aujourd`hui moins allirmatif qu`autrel‘ois,
non pas en nous basant sur les descriptions de la petite vérole des —
oiseaux faites par plusieurs auteurs (Slegman, ivîiquel, Pangoue,
Lafosse), descriptions que nous croyons pouvoir rattacher à la fomie
cutanée de la maladie dont nous poursuivons ici l'étude; mais
notre hésitation est née de la connaissance d‘une communication
faite, en l8'il, à l`Académie des sciences, par M. Jolyet, note dans
laquelle ce savant relate Tétiologie et la pathogénie de la variole
du pigeon obtenue par l`inoculation. D`après M. Jolyet, la pustu-
lation il la peau ne serait qu'un des modes d`élirnination du virus,
qui peut manquer et être remplacée par une autre voie d`èlimina·
tion : c`est. de la sorte que, sur un certain nombre de pigeons vacci-
nés, l‘éruption cutanée fit complètement défaut, alors que tous les
phénomènes morbides s‘accomplissaient comme a l‘ordinaire,et que,
souvent, la mort de l’animal en était la conséquence. Or, l`autopsie ·
aurait révélé à M. Jolyet une véritable pustulation intestinale: et
il a pu, par des procédés de culture, dans du bouillon de pigeon,
_ voir des microbes,soit des pustules,soit du sang, formerdes liquides
successifs de culture, qui, ineculés, auraient produit |`atl‘ection
variolique.
Encore une fois, nous dirons que les expériences de M. Jolyet
doivent nous imposer une grande réserve, et, si nos propres obser-
vations cliniques ne nous permettent pas d`accepter sans contrôle
les preuves données en faveur de la possibilité d‘une variole chez
les oiseaux, nous reconnaissons qu'il n‘est plus permis d‘en nier
l‘existence d‘une façon absolue, en présence des conclusions de
· M. Jolyet. ,,
_ g

... gg _
en sont beaucoup plus considérables encore chez le
dindon, où nous avons recueilli des tumeurs de l’aile
grosses comme une chataigne. — Le D' Piana, qui a
rencontré également ces concrétions, du moins celles
d’un petit volume, dans le tissu connectif sous-cutané
de la majeure partie des poules mortes de l’épizootie,
les attribue à l’enkystement de tout petits acares.
Quelquefois les follicules plumeux sont rouges et
enflammés dans les parties voisines des coucrétîons, et
sécrètent une matière poisseuse exactement semblable
aux fausses membranes internes.
On voit aussi fréquemment des nodules diphthéritiques
dans la trame des muscles et dans le tissu conjonctif
inter-musculaire : c‘est surtout la masse de chair consti-
tuée par le grand et le petit pectoral qui est le siège de
ces sortes de lésions.
Si, localisant davantage, nous passons à la tète, nous
observons dans la grande généralité des cas, des tumeurs
péri et intra-orbitaire, des exsudations intra-nasales
dont les effets sur le vivant sont décrits aux chapitres
Symptômes et Traitement, avec tous les développements
_ nécessaires.
Disons seulement, ici, qu’en incisant les tumeurs on
voit qu`elles sont formées d’une gangue qui se désagrègc
plus ou moins facilement, gangue tantôt pulpeuse, tantôt
ferme, dure et comme crétacée: elle est recouverte d’une
très mince enveloppe lisse, parfaitement moulée sur les
parois de la cavité qui la contient. La couleur de l’exsudat
chez les poules, pigeons et petits oiseaux, est souvent
jaune d’or; chez les dindons et chez les faisans, elle est
gris blanchâtre, bien que l’inverse puisse aussi se pré-
senter dans des cas plus rares.

.. gg ..
Dans plusieurs exemples recueillis par nous, les
exsudats des fosses nasnles s’étaient développés jusque
dans l’organe visuel, et avaient produit des cavités
monstrueuses en distendant outre mesure la peau de la
joue. (Voir Pl. I, fig. 1.)
Nous avons rarement vu la cavité où loge l’exsudat
contenir quelque liquide et otfrir des traces de décom-
position purulente. ll doit en etre ainsi, puisque le pus
des oiseaux est concret, sinon toujours, au moins dans
l`immense majorité des cas. Aussi, est-il bien entendu
qu’il ne faut pas confondre avec des tumeurs diphthéri-
tiques les excroissances de meme aspect trouvées
quelquefois sur la tète et sur les pattes des oiseaux:
excroissances dues à une cause traumatique simple —
coups de bec, piqûres d’épines ou heurts quelconques,
sans aucune intervention du moindre élément infectieux.
M. Mégnin, consulté par nous à ce sujet, nous écrivait
àla date du 7 septembre 1881: « ll est très vrai que
les produits simplement inflammatoires, chez les oiseaux,
sont généralement concrets et qu’il ne se forme pas de
pus comparable à celui des quadrupèdes.
» Sur les milliers d’oiseaux morts de dilférentes
maladies qui me sont envoyés chaque année, je n’ai
encore trouvé qu’une fois —- chez un cardinal gris —
des abcès à contenu liquide; et encore, ici, ce contenu
n’était composé que de granulations moléculaires nageant
dans une sorte de sérum; il n’y avait pas de globules
' de pus, bien que des leucocytes existassent dans le sang.
» Une blessure d’épine aune patte de poule donne
naissance à des fausses membranes ou à un produit
inflammatoire jaune, concret, tout à fait analogue, à
l’œil nu, à celui de la diphthérie. Le microscope seul
7

... 90 -
permet de distinguer la différence par l’absence des
germes caractéristiques de la diphthérie des volailles. »
Il est exact, comme le dit avec tant de justesse M. Mé-
gnin, que ces deux sortes de produits exsudatifs se
ressemblent extérieurement chez l'oiseau, lequel a une
tendance normale, naturelle, à la formation des exsudats
plastiques, exsudats dont on n’a pas toujours étudié avec
assez de soin la constitution intime.
Peut—etre aurait·on alors reconnu que, dans l'exsudat
simple, les principes chimiques — albumine, fibrine
‘et mucine, — et les éléments morphologiques — leuco·
cytes, hématies et cellules épithéliales ou autres —
s’éloignent peu de leur constitution, de leur organisation
normale, tandis que, dans l`exsudat spécial ou infectieux,
ces memes éléments chimiques ou morphologiques sont
profondément modifiés dans leur nature intime et dans
leur constitution. C·'est dire, en d'autres termes, qu’il
faut avoir toujours en mémoire qu’on ne doit pas
diagnostiquer l’existence d’une maladie contagieuse
d‘après les symptomes et les lésions seulement, mais
bien d’après sa transmissibilité; de la sorte, on ne con-
fondra pas les affections pseudo-diphthéritiques avec la
maladie croupale.
Vient-on à ouvrir la bouche du volatile, on trouve
souvent a la face interne et A la commissure des deux
mandibules, qui en sont comme tapissées, des fausses
membranes blanches, jaunes ou grises, d’une épaisseur
et d’une étendue des plus variables. Il n'est pas rare non
plus de trouver la langue tuméfiée et recouverte d’un
enduit pultacé, sorte de peau molle d’un blanc jaunâtre
ou foncé qui peut garnir un seul point de Porgane,
ou bien en couvrir entièrement les faces et les cotés.
L

- gg ..
Nous avons encore vu cette matière végéter largement
et remplir la cavité buccale, tout en prolongeant ses
racines jusque dans le fond de la gorge.
Chez quelques rares malades, le produit morbide prend
une couleur brunâtre, et coule sous la forme d’une
bouillie fétide qui doit constituer ce que M. Peter a
appelé pour l’homme « la dzphthérie coulantc. » La mu-
queuse ainsi recouverte d’une couche plus ou moins
épaisse de ce vernis à l`apparence gommeuse, peut ètre
pale, épaissie et inflltrée, ou bien encore gonflée, rouge,
ulcérée et partiellement détruite; elle peut, d'autre part,
malgré la présence des exsudations, n'etre pas sensible-
ment modifiée dans son aspect et sa composition.
C'est surtout lorsque le sujet a succombé à une mort
rapide, qu’il est urgent d’examiner, avec le plus grand
soin, le larynx et les bronches. On trouve alors la mu-
queuse plus ou moins couverte de pseudo·membranes
de la couleur ordinaire à ces sortes de productions
pathologiques : c`est bien le croup ressemblant en tous
points au croup observé dans l'espèce humaine. L’inspec~
tion dela gorge des volatiles morts ainsi brusquement,
fait voir la muqueuse injectée et parsemée de grains,
de plaques ou de bandes diphthéritiques. Ce sont parfois
l des pellicules si fines qu’elles pourraient passer inaper-
çues; parfois aussi, l’exsudat, affectant la forme d'un
boudin, obstrue l’ouverture du larynx et prend dans
le conduit aérien la forme et la disposition des organes
qu’il recouvre.
La fausse membrane est ordinairement lisse et comme
humectée à sa surface libre; la face adhérente présente
une apparence tomenteuse, qui tient à la présence d’une
j

n
r
i — 92 —
  multitude de petits prolongements par lesquels elle
È adhérait plus ou moins à la muqueuse sous-jacente.
L D’après le D' Virchow, la fausse membrane du croup
i ou de l'angine pseudo-memhraneuse serait de nature
_ flbrineuse, sans processus et sans micro-germes; elle se
I détacherait de la muqueuse sans laisser de traces, tandis
; que, sous la fausse membrane diphthéritique, la muqueuse
est nécrosée. Nous n’avons pas qualité pour apprécier si
~ ces nuances suffisent pour différencier ces diverses affec-
tions chez les humains; mais nous pouvons affirmer
qu‘on les rencontre associées dans la diphthérie des
oiseaux, sans que cela autorise à scindcr la maladie.
Disons encore, à ce sujet, que l‘examen des exsudats
ne nous a pas révélé chez l'oiseau, comme cela a été con-
staté pour l’homme, une différence de coloration des
fausses membranes qui seraient d'un blanc creme dans
· les voies respiratoires et d'un gris plus foncé dans les
voies digestives.
Mais la diphthérie siégeant exclusivement dans le
larynx, c`est-à—dire, constituant le véritable croup est fort
rare chez les oiseaux: nous n’en devons que peu d’exem-
ples à nos recherches personnelles; et M. Mégnin, à qui
cependant les sujets d’expérience ne manquent pas, dit
aussi n'avoir constaté que rarement ces sortes de lésions.
Il cite seulement une poule de Houdan qui est morte
étouffée dans des conditions analogues, et encore avait-
elle en même temps la trachée et les bronches remplies
d’exsudats. On peut donc admettre comme une vérité,
que, pour l`oiseau aussi bien que pour l’homme, toutes
les fois que le croup existe, c’est-à-dire qu’il y a diphthé-
rite laryngée, on doit, en même temps, trouver les mêmes È
lésions dans la trachée et l‘arbre bronchique. ll va sans ·

... 93 ...
dire que la distribution n'est pas égale dans les deux
bronches, que le produit infectieux peut prédominer
d'un côté, n'exister méme que d’un seul côté.
Les bronches, les bronchioles et leurs divisions peuvent
étre revetues intérieurement de fausses membranes qui,
dans certains cas, les obstruent sous la forme d’un cylin-
dre plein. Les poumons sont alors généralement œdéma-
teux, leurs vaisseaux sont gonflés de sang, et l'on trouve
dans la trame pulmonaire plus ou moins congestionnée
ou même hépatisée, des tubercules iîbrino·albumineux
dont la dimension peut varier de la tete d’une épingle
au volume d’une bille de billard, comme nous en avons
recueilli un exemple sur un dindon américain: le poumon
droit avait acquis ce volume et pesait 205 gr., tandis que
le lobe gauche n’olfrait à la vue qu’une masse caséeuse à
peine grosse comme une olive. (Voir Pl. VII, ilg. 3.)
Chez d’autres sujets appartenant à la meme espèce, les
deux lobes pulmonaires étaient transformés presque
entièrement en matiere morbide: une portion très infime
de l’organe maintenait seule le fonctionnement de l'hé—
matose.
Du reste, hàtons-nous d’aj0uter que la tuberculisation
générale des deux poumons est chose rare: presque
toujours, l’un des organes est indemne de diphthérie;
V tandis que l'autre en est littéralement farci. Le lobe
gauche a le triste privilège d‘etre ordinairement le plus
atteint des deux.
Les poches aériennes montrent aussi, parfois, les memes
lésions, et il existe dans ces divers réservoirs thoraciques
ou abdominaux, droits ou gauches, ou méme dans tous
à la fois, des traînées pointillées, variables d’étendue;
g

.. gg ...
les unes ont l’apparence de ponctuations isolées (I),
d'autres, très étendues et nombreuses, tapissent la face
interne des sacs aériens, dont elles peuvent rendre les
parois ridées et cartilagineuses.
Si, poursuivant l'examen, nous passons au tube diges-
tif, nous voyons les fausses membranes envahir le
pharynx et le ventricule succenturié : c’est alors une
véritable pharyngite de nature particulière, avec produc-
tion à la surface de la muqueuse, de pseudo—membranes
assez semblables a de petits fragments de lait caillé;
elles se répandent sur Yépithélium qui protège les folli-
cules muqueux, pour nous apparaitre sous forme de
petites éminences arrondies ou allongées. Comme partout
ailleurs où leur présence est décelée, les unes sont dissé-
minées et isolées, tandis que les autres se réunissent sous
forme de taches plus grandes et irrégulières. Si elles sont
très consistantes, leur adhérence est grande; sont—elles
au contraire ramollies, elles s’enlèvent facilement et
s’écrasent sous la plus légère pression des doigts (2).
(I) Le D' Piana (ouvrage clté, page 7) mentionne dans les poches
aériennes des poules mortes de la diphthérie, une petite espèce
dülcarus, a la présence de laquelle il n‘attache pas d‘ailleurs une
importance absolue.
(2) Que l'invasion soit complète ou incomplète, les productions
qui l'accusent résultent toujours d‘une exsudation tlbrineuse,
laquelle s‘est produite aux dépens du réseau vasculaire des tissus
muqueux, et s'est coagulée à la surface de Fépithélium tout en
emprisounnnt des éléments épithéliaux, de la matière grasse, des
produits dinllammation, elc... D‘al>ord minces, pelliculeuses, puis
plus épaisses et opaques, les pseudo-membranes offrent, sous ce
dernier aspect, une assez grande résistance et ne se déchirent pas
facilement.
On a cru, jusqu‘a ces derniers temps, qu‘elles étaient constituées

.. 95 -
M. Mégnin écrit que les jeunes pigeons succombent.
fréquemment a la diphthérie du jabot (Maladies des
oiseaux, causes, nature, traitements par P. Mégnin, lauréat
de l‘Institut). « La matière, dit·il, tapisse cette poche, ·
empeche la sécrétion des glandules mucipares et salivaires
de ce réservoir, en ferme quelquefois les deux orifices, et
l'oiseau meurt promptement de faim. »
par de la llbrine coagulée ou du mucus concret. Mais il résulte
des travaux de Laboulbene, lequel a étudié la fausse membrane
humaine dans ses deux principaux sièges, le larynx et le pharynx,
qu‘elle est formée : l· par de la ûbrine amorphe parsemée de lines
granulations moléculaires animées du mouvement brownien; 2* de
la llbrine offrant l'aspect de llbrilles gréles, étroites, parallèles et
entrecroisées ; 3• de la matière grasse formée de globules arrondis,
ambrés, de dimensions variables, solubles dans I‘éther ou la téré-
benthine; ·i• des éléments épithéliaux à des degrés divers de déve-
loppement; 5** des végétaux sous forme de spores et de mycélium;
6• de vibrioniens du genre bactérie, surtout reconnaissables à
leurs corps llliformes et raides; 7* des globules du pus et des glo-
bules granuleux, leucocytes hyperlrophiés, emprisonnés dans la
matière amorphe et les ilbrilles.
D'autres travaux, dont les uns tout récents, semblent confirmer
les résultats des expériences du D' Laboulbène : citons, entre '
autres, MM. Bouchut, Empis, Isambert, Rindileisch, Robin, Thomas,
Verdeil et Wagner, qui, à part quelques nuances, émettent, à ce
sujet, des idées analogues.
D'après le D' Aufrecht, la fausse membrane serait composée de
travées de llbrine qui contient des mierococcus en grand nombre,
des vacuoles remplies de leucocytes. La muqueuse sous-jacente
serait hypérémiée et parsemée également de leucocytes.
M. Cornil nous apprend que, plus on se rapproche de la face
profonde, moins on trouve de microbes et plus de ilbrine. Toujours
d‘après lui, il n’y a plus do cellules éplthéliales au point d'implan-
tation de la fausse membrane, car elles sont tombées avant sa

.. 96 ..
Il ne nous a pas été donné de contrôler ce fait, n‘ayant
jamais eu, comme nous le disons ailleurs, de jeunes
pigeons malades dans le vaste colombier qui nous a servi '
· d'étude; aussi, les oiseaux sur lesquels nous avons observé
la pharyngite et la stomatite glandulaire, avaient-ils
en meme temps d'autres organes envahis parla tuberculo-
diphthérie.
Le ventricule musculaire ne présente aucune lésion,
et les nombreux gésiers que nous avons ouverts ne nous
ont rien révélé. M. Mégnin n’a pas été plus heureux
formation. La pseudo-membrane est ainsi en rapport immédiat
avec le chorion dela muqueuse, qui lui-méme est modillé dans
ses couches et dans ses vaisseaux. Ces derniers renferment des
micrococcus et des bacillus; leur paroi altérée laisse passer en
meme temps les éléments du sang qui contribuent à former la
fausse membrane, et c'est pourquoi on y trouve des globules
sanguins déformés.
M. Galtier s`est également occupé de la constitution des fausses
membranes chez les animaux, — comme il n‘établit pas de distinc-
tions, nous croyons qu`il a surtout en en vue les grandes espèces
domestiques. - D`après ce professeur vétérinaire, l'examen micros-
_ copique ferait reconnaitre dans les parties supertlcielles de Vexsudat
croupal, des microcoquos au milieu d’une masse llbrineuse, granu-
leuse, ainsi que de nombreuses cellules épithéliales plus ou moins
altérées. Les couches moyennes et profondes auraient un aspect
très nettement tlbrillaire, et on rencontrerait, en outre, dans leur
épaisseur, les éléments suivants: microcoques, cellules épitlxéliales,
globules du sang et globules du pus.
En supposant que la fausse membrane exsudative des oiseaux
tuberculo-diphthéritiques, n`ait pas une composition aussi com-
plexe, il n`en est pas moins vrai qu'elle est également le résultat
de fagglomération d‘éléments à peu près identiques, dont la com-
position exacte serait fort intéressante it connaître, au point de vue
surtout de la pathologie comparée.

. — 97 -
dans ses recherches, et la raison qu’il en donne est des
plus physiologiques: « ll n'y a pas, dit cet auteur, de
forme gastrique de la maladie, parce que la muqueuse
parcheminée du gésier est trop résistante pour se laisser
pénétrer par les germes-contages. »
Mais si la poche stomacale des oiseaux est indemne
de tout désordre de ce genre, il est loin d’en être ainsi
des intestins souvent envahis, à des degrés différents,
par les produits anormaux de la phthisie parasitaire.
Et c’est vraiment dans cette portion du tube digestif
que siègent les lésions les plus évidentes: en beaucoup
de points de la surface extérieure, l’intestin est devenu
rouge par injection vasculaire, spécialement dans l’anse
duodénale. A l’intérieur, il ne contient généralement
qu’une mucosité noire ou brunâtre, c'est—à—dire, une
matière diarrhéique et dyssentérique dans laquelle nagent
des produits exsudatifs.
L’intestin, étant vidé de son contenu, présente des
altérations variables, car le siège des fausses membranes
n’est pas toujours le meme, et on peut en dire autant
de la quantité de ces productions morbides : ici, ce sont
des exsudats très limités dans leur extension, et qui
apparaissent comme des granulations d’une substance
gélatineuse, jaunâtre ou grise, les unes circonscrites
et isolées, les autres réunies en longues traînées puncti-
formes sur différents points de la muqueuse intestinale.
A ces plaques viennent parfois s’ajouter d’autres lésions:
exemple, les cœcums dont un seul ou les deux sont
malades et peuvent renfermer des tumeurs parfois énor-
mes, enchàtonnées dans la muqueuse qui les recouvre
intérieurement. C’est dans cos organes que nous avons
vu des exsudats de la grosseur d’un grain de melon,d’une

.... gg -
olive et meme d'un petit œuf, environnés de toutes parts
par un nombre prodigieux de corpuscules miliaires.
Leur composition est la meme que celle des fausses
membranes.
De toutes ces tumeurs, les unes sont incrustées dans
les tissus ramollis et ulcérés; d’autres, presque libres,
adhèrent à peine à la muqueuse et s‘en détachent au
moindre attouchement. Meme remarque pour le duodé-
num et le rectum. Nous avons conservé et reproduit par
le dessin, un morceau de la dernière portion intestinale
d’un dindon, gonflée et totalement obstruée par un véri-
table bouchon diphthéritique de couleur blanc grisâtre
et dur comme du bois. (Voir Pl. Il, fig. 5.)
A la présence de telles lésions spécifiques peut se _
rattacher et se rattache souvent une inflammation intes-
tinale consécutive, véritable entérite dont les indices
certains sont : la congestion et le gonflement de la
muqueuse sur laquelle on observe encore fréquemment
des hémorrhagies grandes et petites, et des ulcérations,
plutot à l'anse duodénale que partout ailleurs.
L’aspect du mésentère est fort intéressant: on le voit
ayant conservé sa couleur normale, et, malgré cela, plus
ou moins chargé de pseudo-membranes flottantes, qui le
font ressembler à un filet de pèche auquel pendraient
, quelques poissons retenus dans ses mailles; ou encore,
il est couvert d’exsudats très petits qui lui donnent l'appa-
rence d’un lambeau de linge fin mouillé, puis plongé dans
des perles qui y adhèrent de toutes parts. ll peut aussi
étre semblable à une feuille de carton, tant ses parois ont
été durcies par la maladie.
On voit dans certains cas, le mésentère obscurci par
une teinte vert-bouteille ou noire, couleur qui est due au

... QQ ..
sang poisseux charrié par les vaisseaux; il en résulte un
gonflement et un ramollissement du tissu mésentérique,
ainsi que les lésions évidentes d’une péritonite, laquelle
est caractérisée par des épanchements de sérum et de
fibrine plastique dans la cavité abdominale.
Le système circulatoire n`échappe pas davantage à.
l’envahissement des germes: nous lisons, en effet, dans
nos notes recueillies près du cadavre, qu’une grosse
tumeur ovoïde a envahi le péricarde, et prolonge la pointe
du cœur pour la souder aux parois de la poche aérienne
qui l’enveloppe. (Voir Pl. VI, fig. l.) — Les surfaces
externe et interne des oreillettes peuvent etre également
recouvertes d’un enduit plàtreux qui en dissimule et la
forme et la couleur (l). Rien de semblable n’a été relevé
dans nos observations concernant les ventricules dont
nous n’avons pas cependant négligé d'inciser le tissu.
Dans les cas de tuberculo-diphthérie du cœur, la face
interne du péricarde et les profondeurs du muscle car-
diaque lui-meme étaient presque toujours parsemées de
petites ecchymoses. Le sang contenu dans le cœur et
dans les principaux vaisseaux était épaissi et de couleur
brunâtre, tachant les doigts comme de la sépia (2).
(l) Des concrétions cardiaques ont été aussi constatées dans la
diphthérie humaine — forme croupale — par Werner, Winkler,
Richardson, Barry, Wels et Smith (Gazelle des Ilopilaux).
(2) Mémes remarques ont été faites en médecine humaine. De
plus, les observateurs ont vu que ce sang communique aux organes
qui en sont imprégnés une teinte sale caractéristique (voir Millard
et Peter: thèse 1859, et Lorrain et Lépine: Nouv. Dicl. de méd. et
de chir.) M. Regnard croit meme à une asphyxie spéciale aux
diphthéritiques et M. F. Mosler cite dans sa communication faitc

... gw -
Si du cœur, on passe au foie, l’esprit reste confondu à
l'aspect des dégats innombrables causés par les microbes
à la surface et dans les profondeurs de cet important
viscère: l`ouverture du cadavre faite très soigneusement
montre, dans les cas extremes, les deux lobes du foie con-
sidérablement augmentés de volume. Leur hypertrophie
est parfois telle que nous avons vu l’organe remplir les
deux tiers de la cavité abdominale, après avoir refoulé
tout ce qui génait son expansion. Chez un dindonneau,
le poids du foie était de 420 gr. (Voir Pl. V.)
La couleur du foie malade est un mélange de brun, de
jaune (l) et de vert noiràtre; son tissu est friable et se .
déchire a la moindre traction. Nous avons vu ce viscère
étre parsemé de petites taches blanches, véritables ponc-
tuations sablonneuses, les unes en relief, les autres déce-
lant seulement leur présence par un changement de
au Congrès des naturalistes et médecins allemands de Leipzig,
1872, deux cas de collapsus, l'un sur une jeune lille qui montrait a
' fautopsie une dilatation générale du cœur, un anévrisme partiel
et une dégénérescence graisseuse des fibres musculaires du même
organe; l'autre sur un garçon qui, avec des lésions identiques,
montrait, en plus, un caillot volumineux dans le ventricule gauche,
et un autre moins important dans le droit.
(I) La couleur jaune du foie, l`organe étant normal, a été signa-
lée pour la première fois, croyons-nous, par M. Piana, qui, dans une
note a ce sujet, s`exprime ainsi: · Le foie, dans les poules qui
pondent, a. une couleur jaune et un volume presque triple de celui
qn’il présente chez les poules qui ne sont point dans ces conditions,
ce qui tient a ce que les cellules hépatiques sont inültrées d‘une
grande quantité de graisse; dans les poussins, le foie est pareille-
tment jaune pour la méme raison. • - Cette remarque doit mettre
en garde les observateurs dans févaluation du volume ct de la
couleur de cet organe. .

- tOi -
couleur sur la surface unic de l‘organe ; nous l‘avons
vu encore recouvert de grosses plaques jaune grisâtre,
qui enlevaient au foie son aspect primitif pour le trans-
former en une sorte de masse verruqueuse qui n’a rien
· d`analogue en pathologie comparée (Voir Pl. Ill.);
il s'est entln montré à nous sanguinolent et déchiré
dans sa trame et son enveloppe parle développement
énorme du tissu parasitaire, qui avait rompu les vaisseaux
` hépatiques, pour produire une hémorrhagie dont était
mort brusquement l’oiseau malade. En pratiquant des
sections sur l'organe atteint, on aperçoit, agglomérés
ou disséminés dans la profondeur des lobes, les memes
tubercules de dimension variée qui, selon leur nombre
et leur volume, ont parfois simplement modifié ou souvent
complètement détruit la trame organique. (Voir Pl. V.)
La vésicule biliaire peut se montrer aussi, bien que
beaucoup plus rarement, tapissée extérieurement de
fausses membranes.
Viennent les reins; chez eux, l‘aspect change, et si les
lésions environnantes n’étaient pas là pour édifier
l'observateur, il croirait assez avoir atïaire à une dégéné-
rescence graisseuse de l'organe, analogue à ce qu'on
constate dans la maladie de Bright, chez les humains.
Les deux reins sont bien rarement malades à la fois,
et un seul exemple de ce genre nous a été révélé par
l'autopsie d’un moineau. Le tissu du rein est décomposé
en partie ou même en totalité; sa surface est inégale
et mamelonnée, et sa trame grisâtre est entourée de
petites taches irrégulières, comme cellulcuses. Inutile
d’aj0uter qu’au milieu de ce tout si bizarre, la substance
normale interne a presque complètement disparu.
l

.. mg ..
De même que M. Mégnin, nous avons pu constater
la présence des produits morbides dans l’appareil repro-
ducteur du male et de la femelle.
Pour en finir avec cette longue énumération, nous
dirons qu’ayant ouvert un certain nombre de cranes
d’oiseaux, nous avons rencontré, une seule fois, à la face
supérieure du cerveau, chez un pigeon, des nodules
diphthéritiques qui étaient sans doute la cause des accès
épileptiques auxquels l’oiseau était en proie.
Si maintenant nous considérons dans leur ensemble
la boîte crânienne et les trois cavités splanchniques,
nous trouvons les appareils qui s’y abritent, plus ou
moins garnis extérieurement et intérieurement de pro-
duits morbides identiques : fausses membranes adhérentes
ou libres et même flottantes, nodules, tubercules, tumeurs,
vastes arborisations, dépôts énormes, quelquefois très
durs, qui agglutinent entre eux les divers organes pour
les confondre en une masse informe qui n’a plus rien
de viscéral. Si à cela nous ajoutons des congestions, des
hémorrhagies et des hydropisies concomitantes, nous
aurons tracé le fidèle tableau des ravages causés par
la tuberculo-diphthérie, à la surface et dans les profon-
deurs de l'organisme malade.
Toutes ces lésions ne se sont évidemment pas montrées
à nous sur le méme sujet: chez 1’un, la peau et les yeux
sont seuls atteints; chez l’autre, les voies respiratoires
sont uniquement compromises; celui-ci n’est frappé que
dans la région antérieure ou postérieure de son tube
digestif; celui-là dans ses organes cérébral, circulatoire,
urinaires et reproducteurs.
Mais il n’en est pas moins vrai que, sous cette grande
diversité de formes, on retrouve toujours la même maladie.

-— 103 —
Histologie.
Depuis Bichat, ce génie créateur de l’anatomie géné-
rale, que de progrès se sont accomplis dans les sciences
histologiques !
Le microscope seul a fait naître de tels prodiges; aussi,
est-ce vers la microscopie que se portent aujourd'hui
tous les regards, et c’est par elle que depuis quelques
années, une pléiade de savants, personnitiés en M. Pasteur,
ont jeté un jour tout nouveau sur les affections conta-
gieuses.
Sous cette féconde impulsion, de merveilleuses décon-
vertes ont eu lieu, de nouvelles mesures préventives ou
curatives ont été inaugurées, et il est permis d'espérer
qu’un jour viendra où les maladies virulentes pourront
étre arrêtées dans leurs ravages. ll faudra, pour cela, ·
qu’on connaisse plus parfaitement encore Forganisation,
les changements de forme et d`habitat, de ces germes
microscopiques, animalcules ou cryptogames, de ces
microbes — pour nous servir du mot de Sédillot — qui
sont les causes essentielles des maladies contagieuses (l).
(l) M. Pasteur a su donner une éme et un corps à la théorie
parasitaire qu‘a entrevue Raspail, cet homme si méconnu par ses
contemporains et à qui la postérité seientitique rendra certaine-
ment la justice que méritent ses remarquables travaux.
La découverte de la Panspcrmic, œuvre impérissable de M. Pasteur,
avait été pressentis par d‘autres savants, comme nous le dit M. le
D' H. Guénean de Mussy dans une étude magistrale servant
d'introdnction au traité de Murchison= •• Ce n'est pas d‘aujourd'hui
que les observateurs des faits de la nature ont été séduits par
l‘anal0gie que présente le développement de certaines maladies

- l(l4 —
Et il ne sera pas moins nécessaire de posséder des notions
exactes sur la conformation normale et sur les modifi-
cations pathologiques des tissus lésés par la présence
de ces mêmes germes, ct réagissant contre leur envahis-
sement: tel est le but de Fhistologie patlzologzyue. `
Nous avons dû nous contenter des renseignements
malheureusement assez peu nombreux, puisés dans les
avec les procédés de la fermentation. La multiplication rapide
de l‘élément virulifère, chez l`individu affecté, devinée longtemps
avant d`avoir été constatée, et la transmission de ce méme élément à
un individu sain, offrent une ressemblance si frappante avec l'acti0n
du levain, que le D' William Parr a adopte pour désigner les
maladies infectieuses, le terme significatif de zymolîques.
« Robert Boyle, praticien anglais, qui consacra toute sa vie et
ses grandes richesses, it l`étude des sciences physico~chimiques
par la voie expérimentale, écrivait, il y a plus de deux siècles,
cette phrase mémorable: · Celui qui comprendra ii fond la nature
des ferments et les fermentations, sera probablement, beaucoup
plus que ceux qui l`ignoreni, capable de se rendre un compte clair
de certaines maladies qui ne seront peut-être jamais complètement
comprises sans qu'on pénètre dans la doctrine des fermentations. ·
(H. Guéneau de Mussy, Aperçu de la théorie du germe conlagc.)
L‘homme providentiel que semble avoir deviné l‘horoscope de
Robert Boyle, il a été donné au Génie de la France de Penfanter:
c'est Louis Pasteur qui partage, avec Vi‘ctor‘Hugo et Ferdinand de
Lesseps, le privilège bien rare cl`étre entré vivant dans l'immortalité !
Lui seul a su découvrir l`identité des organismes ferments avec
les corpuscnles que le professeur Tyndall nous montre suspendus
dans les milieux qui nous entourent; lui seul a démontré, avec la
meme rigueur, la ressemblance des germes ferments avec les
éléments flgurés de la contagion, qui, lancés dans la circulation
d’un organisme sain, l‘inI`ectent par un processus analogue à la
fermentation, en multipliant à l`inflni ces éléments, lesquels ne
tardent pas a transformer leur proie en un nouveau foyer
d'infection.
À

— IO5 —
auteurs compétents qui ont pu étudier des organes d’oi-
seaux transformés par la tuberculo-diphthérie. Nous les
reproduisons donc in-extenso. Aussi bien constituent-ils
une partie fort intéressante du sujet qui nous occupe.
M. le professeur Rivolta, de Pise, parlant des exsudats
trouvés par lui dans Pœsophage, le jabot et le ventricule
succenturié d`un pigeon malade, dit: « Ces exsudats·
i variant de la grosseur d`un grain de millet à celle d'une
fève, étaient formés de cellules épithéliales, de granula-
tions, de cellules blanches ressemblant aux leucocytes,
et de quelques globuhes sanguins. »
Le Ds Robin, le père de la micrographie en France, a
étudié le foie de poules tuberculeuses, et voici en quels
termes il s’exprime : « Le microscope nous a montré, dit-
il, que les organes malades avaient la structure suivante :
les granulations se composent, dans les deux organes
hépatiques, d`une sorte de gangue de matière amorphe
homogène, finement granuleuse ; l`acide acétique gonfle
cette matière et y met en évidence quelques granulations
graisseuses.
» On y trouve aussi quelques rares cellules épithéliales
analogues à celles du foie, mais plus petites et plus gra-
nuleuses.
» Dans le foie le plus volumineux, les petites tumeurs
d’aspect tuberculeux et du volume d`un pois environ, ont
une enveloppe grisâtre, demi·transparente, formée d'une
trame fibreuse à fibres fortement cohérentes et difficiles
à dissocier; elles sont empàtées dans une substance
amorphe, homogène, assez tenace et élastique.
» Le contenu enkysté est composé :
t° d’uu assez grand nombre de cellules épithéliales,
_ granuleuses, friables, presque toutes sans noyau ;
8

... W5 ..
2° d’un grand nombre de fragments irréguliers, granu-
leux, qui, par leur aspect, semblent provenir de la rupture
et de la dissociation de ces cellules;
3° de cristaux losangiques de cholestérine ;
4° d'aiguilles très lines, courtes, analogues, par leur
aspect, aux aiguilles isolées de l`acide margarique;
5• de gouttes d'une huile incolore, de dimensions
variables.
» Tous ces éléments sont plongés dans une matière
amorphe, très friable, irrégulièrement granuleuse, à peu
près entièrement soluble dans l’acide acétiquc, sans
dégagement de gaz.
» Les masses d’aspect tuberculeux que nous avons
trouvées dans le plus petit des deux organes, nous ont
offert, sous le microscope, les particularités suivantes: elles
sont en plus grande partie formées par une trame grisa-
tre demi~transparente, de même structure que la paroi
enkystée de l’autre face; quant à sa substance friable,
jaune, assez dure, enkystée par petites masses éparses
dans cette trame, elle nous a oll’ert également la méme
structure que le contenu des kystes précédents; seule-
ment la coloration jaune vif de cette substance est due à
de nombreuses gouttes d'une huile d’un jaune orangé vif,
sous le microscope; en outre, les cristaux en aiguilles
analogues à ceux de l’acide margarique y sont extrème-
ment nombreux, tandis que ceux de cholestérine y sont
beaucoup plus rares que dans la substance des kystes
décrits précédemment. »
Le D' Pietro Piana, assistant à la chaire d’Anatomie
pathologique à l‘Ecole vétérinaire de l`Université de
Bologne, a consacré, dans un ouvrage déjà cité, une page .
  V

— l0‘l -
importante à l`examcn microscopique des tissus altérés
par la diphthérie :
« Dans les sections transversales microscopiques de
l'intestin en correspondance avec les foyers hémorrha·
giques, on voit, dit-il, les villosités agglutinées par le
sang extravasé, et la muqueuse infiltrée de beaucoup de
petits noyaux ayant tous les caractères de ceux des glo-
bules rouges.
» Dans les coupes semblables pratiquées sur les points
où, dans quelques cas, on observait des exsudats diphthé-
ritiques, indépendamment de l'iniiItration des dits
noyaux, qui est alors beaucoup plus grande, on voit
la couche des glandes de Lieberkühn déplacée en haut
par l’exsudat interstitiel, lequel contient aussi un très
grand nombre des noyaux dont il vient d’étre question, I
comme en renferme également la masse d’exsudat qui
se trouve au·dessus des villosités. .
» Les villosités intestinales, dit-il encore, se montrent
dépouillées de leur revetement épithélial, et celles de
l'anse duodénale ont tous leurs capillaires gonflés de sang.
Ce sang est à l’état de dissolution. En elïet, les inllltra-
tions des nucléi des globules rouges, les exsudats inter-
stitiels et diphthéritiques, sont des altérations qui se
V trouvent étroitement en rapport avec la substance proto-
plasmatique des globules rouges et avec la dégénérescence
et la disjonction des cellules épithéliales des vaisseaux. »
(Traduit par R. Vion.)
Citons, en dernier lieu, les études histologiques de
MM. V. Gornil et P. Mégnin, (l) qui ont été faites sur
(I) Loc. cit.

l
l
_ mg -
des tubercules récents et chroniques provenant du foie
d’un faisan et d’une poule. l
Ces savants nous apprennent qu'à un grossissement
de vingt diamètres environ, on voit sur les coupes de
l l'organe, des masses relativement transparentes, lobulées,
g parsemées de petits points opaques. En outre de ces
grandes masses, il existe de petits points semi-transparents
qui entourent de petites zones les vaisseaux interlobu-
laires du foie.
Avec un plus gros grossissement- deux cents dia-
mètres ·-, on voit que le tissu nouveau est formé par q
des tîbrilles qui se colorent mal par les réactifs colorants, l
et qui ressemblent à une sorte de tlbrine feutrée et
réticulée; les fibrilles sont séparées par des cellules rondes
dont les noyaux ne se colorent pas nettement ou même
ne se colorent pas du tout.
. Au milieu de ce tissu, on constate des vacuoles et des
travées canaliculées qui appartiennent à des vaisseaux
dont les parois sont reconnaissables, bien qu’altérées
et transformées, leurs cellules propres ayant subi la
même décoloration que le tissu voisin. Dans leur intérieur,
on voit des cellules rondes ou épithéliales plus ou moins
volumineuses; mais il n’y a pas vestige de cellules
hépatiques. — C’est en colorant ces préparations que les
deux expérimentateurs ont rencontré les bacilles.
Dans le tubercule chronique, le tissu calcilié qui se
trouve autour des fentes contenant les bacilles, est très
fortement coloré par le violet seul, et la couleur devient
brun violet foncé quand on a teinté le pinceau avec
la safranine. Cos histologistes nous montrent ce tissu
aréolaire formé de faisceaux ou fibres transparentes
hyalines très colorées par le violet et la safranine, ayant  
l
1

·- los — Ã
une apparence réticulée. Dans les espaces que laissent  
entre eux ces faisceaux, ils ont trouvé des boules hyalines *
colorées de la même façon. Sur les préparations minces,
ces boules hyalines sortent parfois de leur loge et
se trouvent au bord de la préparation. Elles_ sont de
· 'volume variable, pouvant atteindre de 0,008*** à 0,0i0¤··,
et régulièrement sphérique. D'après MM. Cornil et
Mégnin, il n`y aurait pas un seul noyau ni une cellule
ayant conservé sa vitalité et susceptible de se colorer,
dans toute cette zone calcitiée. ` `
I .

- HO —
CHAPITRE IV.
Parallèle entre la tuberoulo-diphthérie des oiseaux,
le oroup humain et les diphthérites animales,
d’une part; la phthisie de l’homme et des animaux,
de l’autre.
Loin de nous la pensée de vouloir parler de tout à
propos de tout. Mais, n’est-il pas vrai que, dans les choses
de la science, tout se lie et s’enchaîne, et qu’une décou-
verte est toujours grosse d’une nouvelle découverte ? Oui, ·
les découvertes s’engendrent d‘elles-memes sous le souffle
de l’esprit; et, comme l’a dit un jour un prince de la
science, M. H. Bouley de l‘lnstitut, dans son langage
_ brillamment imagé: « Quand une fois une déchirure a
été faite à la robe d’Isis, c‘en est fait de la résistance de
cette déesse ; toujours et nécessairement cette déchirure
s’élargira, et il faudra bien qu’elle finisse par laisser
exposé à tous les regards ce qu’elle s’était obstinée à
tenir caché si longtemps (l). »
C’estparce que nous sommesïapotre convaincu d’une si
grande vérité, que nous venons tenter dc mettre ici en
parallèle la diphthérie des oiseaux, aujourd'hui mieux
connue, avec d’autres maladies de l'homme et des ani-
maux, dont elle est en quelque sorte le trait d‘union, au
point de vue de la médecine comparée.
(I) Rapport sur les travaux de M. Pasteur, fait à la société des
Agriculteurs de France, par H. Bouley, président de l‘Acudémie
des sciences.

— ill ——
Lorsque, il y a vingt ans, s’ouvrit l’ère des discussions à
l’Académie de médecine de Paris, touchant les origines
et l’essence de la vaccine, le monde savant était loin de
se douter qu’un jour viendrait, où serait acquise la cer·
titude que la plupart des espèces animales sont suscepti-
bles de contracter la variole. Bien peu croyaient que ces
memes espèces eussent chacune une variole qui leur est
propre et se rapproche à différents degrés de la petite
vérole humaine considérée commetype.
. Il fallait, pour que cette vérité fùt démontrable, que
MM. H. Bouley et Lafosse eussent découvert ce que l’on
‘ avait si longtemps ignoré : la véritable nature de la
variole équine.
Le reste suivit de près.
Oui, c’est par Pexpérimentatiou et aussi par le parallèle
établi entre les maladies vaccinogènes sidiverses de mani-
festation extérieure, qu'on est arrivé à démontrer péremp-
toirement qu'elles sont une dans leur essence et variables
seulement de formes suivant les organismes sur lesquels
elles s’implantent.
Or, les études microscopiques expérimentales ne peu-
vent qu’ètre l'apanage du petit nombre; et le monde
médical n’ignore pas que les savants français et étrangers
qui s’y livrent avec ardeur, sont entrés à pas pressés
_ dans un grand mouvement scientifique qui est le présent
et qui sera bien certainement l’avenir. `
Tous ces hommes de progrès, pour qui le travail est
une loi, ont voulu et su se rappeler les paroles de Bacon: ~
« En médecine, l’expérimentation appuyée par la
raison, est au savoir réel ce que la pierre de touche est
au plus précieux des métaux.
Elle décèle la vérité. »

— H2 —
Nous aussi, voulons chercher la vérité. Nous la cher-
chons, non par l’expérimentation, mais par la simple
observation qui se mesure mieux avec les faibles res-
sources de notre modeste savoir. Nos moyens d‘action
sont fort limités, ce n‘est pas une honte d’en convenir.
Ils n’en sont pas moins admis. .
Aussi, ne craignons—nous pas d’émettre encore cette
vieille idée: que si la médecine repose dans de larges
proportions sur la méthode expérimentale et sur la
microbiologie — seconde Hébé qui infuse à Hercule une
jeunesse nouvelle, — elle est encore et toujours: science
dbbservation. _
C'est donc en nous basant principalement sur les
études cliniques, que nous classerons ici, dans une
meme famille, la diphthérie des oiseaux, le croup humain,
la diphthérie humaine et les diphthérites animales ; tout
en admettant les liens de parenté les plus étroits entre
cette même tuberculo-diphthérie de la volaille, la phthisie
humaine et celle de nos animaux domestiques.
Toutes ces atfections constituent, à nos yeux, des
individualités seulement ditïérentes d’un même groupe
de maladies.
Voyons d’abord les diphthérites.
La diphthérie de l’homme, d'après Bretonneau, est un
genre de maladie caractérisée par la tendance à la for-
mation de fausses membranes qu’on observe sur les
muqueuses et meme sur la peau. D‘après lui encore, la
diphthérie affecte plus particulièrement la muqueuse de
la bouche et des gencives, celle du pharynx, du larynx
et des voies urinaires (l).
(I) Bretonneeu. Traité des diphthérites. 1828.

- ua -
La définition de Trousseau (l) se rapproche très sensi-
blement de la précédente : « La diphthérie, dit-il, est
une maladie spécifique par excellence, contagieuse de sa
nature, dont les manifestations se font du côté des mem-
branes muqueuses et du coté de la peau, présentant là,
comme ici, les memes caractères, etc., etc. »
Etant donné qu'une définition est ce qui explique le
plus brièvement et le mieux une chose, ne voit-on pas
déjà un rapprochement frappant entre ce qui précède et
quelques-unes des modalités de la diphthérie des oiseaux
auxquelles s’appliquerait fort bien la meme définition (2).
Il n’est donc pas téméraire de s’associer entièrement
(I) Trousseau. Clinique médicale de l`H6lcl·Dieu.
(2) Nous sommes amené lt parler ici incidemment du croup, ce
que nous ferons prudemment, vu les opinions diverses des célé-
brités médicales qui se sont le plus occupées de cette question
importante de pathologie. A part quelques nuances, on constate
parmi les auteurs qui ont traité du croup, deux camps différents:
dans l'un sont rangés les médecins pour qui le mot croup répond
à l‘idée de laryngite dîphthéritique; dans l’autre figurent les prati-
ciens qui reconnaissent un croup diphthéritique et un autre qui
ne l'cst pas. Aux yeux de ces derniers, la fausse membrane crou-
pale peut naître sous d’autres influences que la diphthérie; et pour
ces auteurs, le croup appartiendraitù plusieurs sortes d’entités
morbides, et doit étre défini simplement: « une laryngite pseudo-
membraneuse. »
En supposant même qu‘il en soit ainsi, cela ne nuirait aucune-
ment à la thèse que nous soutenons, attendu que, laissant toute
autre affection croupale de côté, nous n'avons en vue, pour établir
le parallèle, que le croup dont le caractère microscopique essentiel
consiste dans une pellicule de nature diphthéritique. Cc qui veut
dire encore que le croup des oiseaux, tel que nous l‘étudions ici,
ne sera pas confondu avec le faux croup humain, croup spasme-
dique ou laryngito striduleuse que l‘immense majorité des méde-
 

— H4 —
à la doctrine de Trousseau, au sujet de 1’unité du venin
diphthéritique, et de dire avec lui: « Quelles que soient
ses manifestations locales, quelles que soient ses formes
générales, la diphthérie est une de sa nature. »
Nous n’établirons pas davantage de différence, aussi
` bien en nous basant sur les symptômes que sur l'anat0mie
pathologique, entre la diphthérie des oiseaux localisée
dans les premières voies respiratoires et digestives, et la
diphthérite buccale, le croup et l’angine couenneuse
de l`espèce humaine.
Pour ce qui est du croup, le volatile, comme l‘enfant,
présente d‘abord des troubles laryngés, des suffocations
bientôt suivies de dyspnée par asphyxie, laquelle est
accompagnée de coma ou de convulsions finales.
Qui n’a vu se débattre, hélas! ces doux enfants
Qu’étreint le croup féroce en ses doigts étouffante?
' Ils luttent; l'ombre emplit lentement leurs yeux d’ange,
Et de leur bouche froide, il sort un rale étrange,
Et si mystérieux, qu’il semble qu’on entend,
Dans leur poitrine, où meurt le souffle haletant,
L’all`reux coq du tombeau chanter son aube obscure!
Victor Huoo.
cins regarde comme une simple phlegmasie locale, une affection
purement catarrhale. .
Tout ce qui concerne lo vrai croup est applicable à l‘angine
couenneuse de l‘homme, en tant qu’on veuille bien admettre avec
Coulon (De Fangine coucnncusc cl du croup. 1867), Trousseau
(Clinique médicale de l’Hâtcl·Dicu t. 1. p. 4ll), MM. Roger et Peter
(Dicl. encycl. des Sciences médic. art. angine diphlhérilique) et ·
MM. Rindfleisch et Aufreeht (Assemblée des nal. et méd. allem.
session de Magdebourg, l883}, que dans tous les cas, l‘angine
couenneuse n‘est autre que l’angine diphthéritique. _

— H5 —
Dans les deux espèces encore, l‘haleine est fétide,
la déglutition difficile; la voix est altérée, — car il y a ·
un cri croupal comme on admet une voix caractéristique
de la maladie; — il peut y avoir rejet de fausses mem-
branes et le croup peut se compliquer de coryza et
d’angine couenneuse.
La surdité diphthéritique a été établie pour l'enfant
(D' Weber) (l), et pour l'oiseau (Léniez).
Les lésions anatomiques sont également identiques
quant à leur nature, leur siège et les complications qui
en sont parfois la conséquence: mêmes fausses mem- ,
' branes, les unes granuleuses et lenticulaires, disséminées
sur le tissu muqueux, les autres se montrant sous des
formes plus étendues de plaques, de bandes et même
d'un revetement continu, — véritable tuyau de substance
membraniforme blanc, souple, élastique, consistant,
qui adhère facilement à la muqueuse, ou même ne lui
est qu'appliqué, s‘étendant ainsi de l’orifice du larynx
aux dernières divisions des bronches. (Bretonneau. l8l8).
Or, semblable revêtement morbide a été enregistré plus
d’une fois au cours de nos études sur les oiseaux.
Les sièges ordinaires de ces exsudats ont été bien
définis dans l’espèce humaine: ce sont particulièrement
la base de l'épiglotte, les ligaments aryténo-épiglottiques,
la partie postérieure ou inter-aryténoïdienne, dans les
ventricules, à la face supérieure des cordes vocales (2).
Nos remarques personnelles, quant à l’oiseau, ont été
moins minutieuses, et nous ne pouvons établir à ce sujet,
aucun parallèle.
(l) British Medical journal.
(2) Archambault. Dirlian. encycl. des sciences médicales.
 

— M6 —
Dans les deux espèces, la muqueuse sur laquelle s’im— I
— plante la fausse membrane, offre des caractères analogues: _
elle peut paraître saine, c’est-à—dire, n’étre modifiée que
dans son épithélium aux dépens duquel s’est constitué
le produit pathologique; d'autres fois elle est tuméllée;
MM. Rilliet et Barthez (l) l‘ont vue ainsi sur plusieurs
de leurs malades humains. La muqueuse peut encore
etre érodée et tachée d'un rouge très foncé, elle peut être
aussi hémorrhagique, — la diphthérie sous la forme
intestinale nous a offert chez l‘oiseau des cas de ce genre,
et nous avons en plus observé des saignements du nez
ou du bec ayant une similitude remarquable avec l’hé- (
morrhagie nasale qui a été parfois constatée chez l'enfant.
Les complications du croup de l’enfant ou de l’oiseau
sont parallèles: memes manifestations cutanées fréquentes
chez le second et beaucoup plus rares chez le premier.
Néanmoins, on les y rencontre et cela sans que la peau
ait été au préalable dénudée (2). Un auteur contemporain
émet une opinion semblable: « La diphthérie, dit-il,
peut évoluer vers la peau indemne de toute lésion
antérieure et s’y manifester sous forme de pustules de la
grosseur de boutons de variole, à base rouge et enflammée,
à sommet légèrement aplati, â couleur jaunâtre, et rem-
plies d'un liquide séro-purulent, qui ne tardent pas à
s'excorier, formant ensuite une surface grisâtre tapissée _
de plaques diphthéritiques (3). »
Les fausses membranes dans le pharynx, les exsudats
(l) Barthez. Mémoire sur la diphthérie.
(2) Starr. Transaction philosophique. 0/ the mqrbus slranguta·
torius. 1750.
(3) Perrin. Contribution à Pélude de la diphthério cutanée
essentielle ou primitive. t8'l9.
 

- 117 —
dans les bronches et dans le cœur sont communs
à 1’homme ct à l’oiseau. Uendocardite diphthéritique a
été admise par MM. Bouchut et Labadic-Lagrave : le pre-
mier de ces deux savants ne lui reconnaît cependant pas
un caractère de spécificité et en fait une simple consé-
quence de l'état fébrile. Mais tous deux la reconnaissent
pour la véritable cause des concrétions fibrîneuses ou
végétations miliaircs qui tapissent surtout la face la plus
interne des valvules. Or, on a pu voir, dans un autre cha-
pitre, que les dépots tibrineux cardiaques sont assez
fréquents chez l'oiseau.
On a constaté, chez l‘homme, la dégénérescence
granulo·graisseuse des muscles du cœur : myoeardite
diphthéritique et cronpale (Bouchut) (1), et (Labadie-
Lagrave) (2) ; et aussi des muscles du larynx (Callan-
dreau) (3). Cette dégénérescence ne nous a pas échappé
à l’examen des cadavres de volailles, poules et dindons ;»
mais il ne faut chercher ces lésions ni dans le cœur,
ni dans le larynx, mais bien dans les masses de chair qui
recouvrent la région sternale.
La paralysie peut accompagner le croup infantile :
S. Bard, Trousscau, Tavignot, Archambault (4), Vulpian,
H. Roger (5), Maingault (6), Barthez, Coulon (7), Mac-
(I) Bouchut. De Ia myacardile et de l'cnd0car¢lile dans l'angine
enurrm. el dans le craup. In Gazette des hopitaux. I872.
(2) Labadie-Lagrave. Des complications cardiaques du cioup cl
· de la diphlhérie. Thèse de Paris. 1873.
(3) Callendreau. Contribution à l’élude du croup. Thèse. Paris. 1873.
(4) Archambault. Du croup, leçons cliniques. ln Union médic. I877.
(5) Roger. Ilecherches clin. sur la paralysie diplilhérilfque. 1862.
(6) Maingault. De la paralysie dip/il/térilique. liec/ierclœs clin.
sur les causes, la nature el le lrailemrnt de celle a//eclion. 1860.
(7) A. Coulon. Loc. cit.

— H8 —
kensie (I); pour ec dernier, la paralysie est une myélite
légère, parenchymateuse et interstitielle, altérant les
racines et les nerfs, et supprimant l’action trophique des
cellules des cornes antérieures. On a pu voir précédem-
ment que la paralysie, comme tous les accidents cérébraux
qui accompagnent la diphthérie dans les volatiles, est
souvent due à la pression exercée par les exsudats sur
l’appareil nerveux. Cela a été constaté par M. Mégnin et
nous sur les poules. Chez ces oiseaux encore, les myosal-
gzbs fréquentes que nous avons relatées, s’expliquent par
une migration du parasite qui est transporté par les
canaux sanguins et lymphatiques, dans les dilférentes
régions où il se fixe pour y provoquer la douleur. Or, le
D' Ott (2) ne rapporte pas à une autre cause les phéno-
mènes semblables observés sur les enfants diphthéri-
tiques. Quantaux pigeons dont les membres chancelaient,
on peut attribuer leur mal à lintoxication de l‘économie
par le principe morbide, ainsi que Trousseau l’admet
en médecine humaine.
Le croup, dans les deux espèces, est également très
grave — Washington , pour citer la plus éminente
victime, a été enlevé en quelques heures par la diph-
thérie. - De même qu'on peut guérir, par des moyens
analogues, la pépie parasitaire des poules et la diphthérie
siégeant dans la bouche de l‘bomme et des animaux, de
même aussi le croup chez tous, résiste-t-il trop souvent
à tous les moyens chirurgicaux et médicamenteux con-
nus: En médecine humaine, on admet (Archambault) A
(1) Mackensie. Diphthcria, ils nature and lrealmcnt var. et loc.
ezpr. l88t. Traduction par G. Richelot.
(2) Frag. med. Womhens et Lyon médical.

—— ll!) —
comme constituant un fait assez rare, la guérison du
croup, alors que l‘imprégnation de toute l‘économie par
le principe actif ne s'est pas encore constituée. Un résultat
aussi heureux n’a jamais été obtenu par nous, en soignant
les oiseaux, dont lc croup était toujours compliqué de
désordres dans la trachée et les bronchcs,qui ont amené
invariablement la mort du sujet.
Semblables en cela aux très jeunes oiseaux, les enfants
à la mamelle sont rarement affectés du croup (1) (Home
H65). Semblables encore aux poussins et aux pigeonneaux
(Mégnin), les enfants, j.usqu’à l‘àge de l2 ans ,payent un
· tribut plus large au fléau que les adultes, lesquels, lors··
qu’ils sont exceptionnellement atteints, le sont presque
toujours moins grièvement que les enfants (2). -— Ceci
est vrai d'une façon générale, sauf toutefois pour le milieu
hospitalier (D' Léniez, de Maubeuge).
Analogie complète aussi entre l`angine diphthéritique
ou couenneuse humaine et la forme pha1·yngée constatée
par nous chez les volailles adultes, et rencontrée si sou-
vent chez les jeunes pigeons par M. Mégnin: des deux
côtés, il y a frissons, dégoût pour les aliments, difficulté
de la déglutition et vomissements. La gêne de la respira-
tion est caractérisée de part et d'autre par l`ouverture de
_ la bouche ou du bec. Le coryza peut accompagner
la maladie, ainsi que les gonflements extérieurs de la
gorge qui correspondent aux gonflements internes. Chez
l‘oiseau, comme chez l’enfant, Pexsudation Iibrineuse a
(l) Home Francis. An lnquiry into the nature and cure 0/` the ·
croup. — Trad. p. F Ruette. ISO!).
(2) D' Maymon. La Diphlhéric chez l’adulle. 188l.
 

— t20 -
une grande tendance à envahir de proche en proche les 1
parties traversées par l‘air : fosses nasales, larynx et
bronches.
En pathologie humaine, on fait une distinction entre
l’angine diphthéritique simple et l’angine maligne, —
distinction impossible à établir en vétérinaire, pour ce
qui concerne les oiseaux, bien entendu. — MM. Roger et
Peter (I) ont reconnu que, dans la première forme mor-
bide, la muqueuse est toujours intacte au-dessous de la i
fausse membrane. L'important pour nous, c'est que l'on
admette que, dans la forme maligne ou toxique, le
travail de phlogose va jusqu'à l’érosion et même l'ulcé-
ration des surfaces (Bretonneau), ainsi que cela a été
constaté dans l‘cspèce oiseau (Léniez, Mégnin).
Disons encore que cette entité morbide se termine
parfois par la guérison, soit que les fausses membranes
aient été rejetées ou résorbées naturellement (Roger et
Peter); soit, ce qui est plus fréquent pour l`oiseau,
qu’elles aient été enlevées par 1’opérateur. L’all`ection peut,
au contraire, tuer les sujets, non seulement par Venvahîs-
sement des autres organes par le produit, mais encore en
restant limitée à la région pharyngée, pour ce qui est
des lésions visibles, bien entendu. Dans ce cas, la maladie
tue par infection même de l'organisme, ainsi que
Trousseau l`a démontré pour l`espèce humaine (2). Plu-
sieurs cadavres d‘oiseaux présentaient des exsudats pha-
ryngés peu étendus, incapables par conséquent d`obstruer
les voies digestives; les sujets avaient donc dù succomber
(I) Roger et Peter. Dial. encyclop. dr: sciences média. Art.
Angine diphlhérilique. I866.
(2) Trousseau. Loc. cit.
 

1
— 12l - .
à l`inl`ection dont parlent Trousseau et Virchow (4). '
Pour MM. Roger et Peter, une première atteinte de I
diphthérie pharyngée ne crée pas l'immunité. Des obser-
vations semblables n‘ont pas été relevées pour les volailles,
au cours de nos études personnelles; malgré cela, notre
intime conviction est que l’animal guéri peut de nouveau
contracter la maladie. M. ll. d’lmbleval nous en a, du
reste, cité quelques exemples.
Au cours d'une épidémie, l'angine couenneuse peut
faire plusieurs victimes, disparaître pendant quelques
mois, puis se reproduire avec plus de violence (Bri-
bosia) (2). De même avons—n0us vu, pendant l’épizootie
cudoise, le poison diphthéritique ne pas quitter entière-
ment la place, mais cesser momentanément d’agir, sous
l'inllnence de causes telluriennes.
Disons, pour terminer ce qui a trait à l’angine couen-
neuse, qu'elle peut dégénérer en croup (Roger et Peter),
et que, pendant sa durée, les productions diphthéritîques
sont susceptibles d'envahir les losses nasales (Trousseau,
Garnier) (3) ; deux complications dont l’oiseau n’est pas
exempt.
Nous venons de voir, par ce qui précède, que la diph-
thérie, envisagée dans l’espèce humaine, peut envahir les
muqueuses laryngée, pharyngienne, nasale et buccale ;
, elle peut encore se montrer dans d’autres régions, tout
comme pour l'oiseau, chez qui les membranes muqueuses
(l) E. Bouchnt. Nouveaaa: éléments de palhologic générale, de
séméiologic cl de diagnostic.
(2) Bribosin. Académie de méd. de Belgique. Juin 1884.
(3) Garnier. Comptes rendus de [ail: de diphlhéric observés d
l'hôpit¤l Sninte·Engénie. l859.
9

I
- i22 —
sont aussi le principal support du produit infectieux,
bien que les viscères, les muscles et la peau puissent
recevoir les memes exsudats. Chez l’un et l‘autre des |
etres que nous considérons, on rencontre le mal dans la '
trachée, les bronches et leurs ramifications, sur la langue,
dans la bouche et dans l'œsophage, — particulièrement ·
sur les sujets très jeunes, pour ce qui est de l’œso-
phage —— (M. Mégnin le dit pour le pigeon, et Trousseau
pour l’enfant).
La diphthérie décèle sa présence sur la muqueuse
palpébrale, au niveau des orifices naturels, à l'union de
la peau et d’une muqueuse, sur la peau intacte — oiseau
et homme, bien que très rarement chez ce dernier, ou
sur la peau accidentellement dépouillée de son épiderme
— homme et oiseau.
La fausse membrane de l’homme, d’après M. Lorain (1),
peut envahir le grand angle de l'œil : alors, la conjonc-
tive tout entière s`injecte, les paupières se tumétlenl, et
une sécrétion jaune s`établit. ll résulte encore de l‘enva-
hissement du canal nasa], un larmoiement qui, rapporte
M. Lorain, ne manque jamais dans ce cas. Eh bien!
n'est—ce pas là tout ce que nous avons vu et si longuement
décrit en parlant plus particulièrement des pigeons ?
L’immunité des muqueuses à l'abri du contact de l’air,
vis-à-vis des fausses membranes diphthéritiqucs, a été
notée chez l`homme par Empis (2) et lsambert (3), comme
(I) Loraln et Lépine. Nouveau dictionnaire de médecine et de
chirur. Art. diphthérie. l869.
(2) Empis. Etude sur la diphlhérie, d’après une épidémie de
celte maladie à t`/iôpilat Necker. In Gaz. med. l850.
(3) Isambert. Des affections dip/ztliériliques et spéciatenunl de
ïanginc maligne observée à Paris en 1855. In Arch. gén. de méd. I857.
\

I
I
I
— l23 -
elle a été prouvée expérimentalement par MM. Nicati (I)  
et Pietro Piana (2), par rapport aux oiseaux et aux  
lapins. É
Ainsi que pour les modalités: croup et angine diphthé- Ã
ritique, les fausses membranes considérées dans les autres
régions et les lésions par elles déterminées, sont analo-
gues dans les deux espèces. ll en est de meme de la colo-
ration brune ou noire du sang et de la teinte pale des
téguments, teinte qui serait due à l`intoxication générale.
L’oiseau, comme l’enfant, peut porter unc simple tache
spécifique facilement curable. La forme cutanée de quel-
ques pigeons et la pépie plus ordinaire aux poules, en
sont les exemples les plus frappants; de méme que,
chez les humains, le petit exsudat de l'amygdale.
Si, dans les oiseaux, la généralisation des fausses
membranes est encore plus évidente, il n’en est pas
moins vrai que, chez l`homme, la diphthérie peut égale-
ment revêtir une forme infectieuse par l'intoxication plus
ou moins rapide de l’économic. C’est pourquoi, de méme
que nous l‘avons vue tuer les oiseaux en 48 heures, de
même aussi elle peut être foudroyante et tuer 1'enfant
dans un laps de temps aussi court. Le contraire, c’est—à-
dire la forme lente, se rencontre encore chez tous deux,
quoique plus fréquemment chez les volailles; néanmoins,
I' MM. Barthez, Wims, lsambert et Cadet de Gassicourt (3)
citent des cas où la maladie sur l’homme aurait duré
plusieurs mois. L’all`ection peut encore étre tellement
atténuée dans ses manifestations, qu’on la désigne en
(l) Nicati. Loc. cit.
(*2) Pietro Piana. Loc. cit.
(3) Revue mensuelle des maladies de l'ent‘ance.
I
I *u
I

- gg; -
médecine sous le nom de diphthéroîde (Lorain, Gubler,
Lasègue), nom qui s'appliquerait très bien à des formes
cutanées bénignes observées surtout chez les pigeons.
Nous avons vu, en parlant des poules, des accidents
sur les reins; or, en médecine humaine, M. Brault (I)
admet, comme autrefois Béhier, et aujourd‘hui MM. Sanné,
Archambault et Mackensie, la possibilité d'une complica-
tion urémique dans la diphthérie, par anurze complète. Ce
serait une néphrite parenchymateuse infectieuse, comme
celle de l’oiseau et produisant l'albuminw·ie (2) que
MM. Wade, Abeille, G. Sée, Sénator, Frenkel et tant
d’autres ont reconnue chez l’homme.
· La paralysie hémiplégique a aussi été constatée comme
dans le croup.
De toutes les lésions multiples trouvées chez l’enfant
atteint du croup, par MM. Millet, Barthez, Millard, Peter,
nous n’avons retrouvé, à l'autopsie de l'oiseau, que la
congestion pulmonaire et la pneumonie —- une seule
fois eaverneuse renfermant une matière noiràtre très
odorante.
Enfin, la diphthérie peut accompagner d’autres mala-
dies: c’est ainsi que dans l’espèce humaine on la voit
venir insidieusement compliquer une affection préexis-
tante: rougeole, scarlatine, fièvre typhoîde (Lorain et
Lépine). Pendant l'épizootie galline à Eu, nous avons vu
(I) Brault. Société de biologie. Séance de février |880.
(*2) Bouchut et Empis. Mémoires sur Falbuminuric dans le croup
ol les maladies couenneuses. Comm. ü I'Acad. des sciences. t858. —-
Ganse. Observal. d'ang. coumn. et de croup av. allmminurie. t8ô9.
l

— 125 —
de méme plusieurs volailles etre affectées coneurremment
· de gale (l) et de phthisie parasitaire.
La diphthérie des oiseaux peut revetir une forme spora-
dique: exemple la poule de Houdan du chateau de Rieux;
elle peut etre endémique comme nous le constatons
depuis quatre ans dans plusieurs basses-cours où elle
sévit en permanence, quoique sur un très petit nombre
d’individus à la fois. Or, le eroup humain est aussi spora-
dique (Bretonneau) (2); il serait endémique à Paris (3).
Sur l’une comme sur l'autre espèce, la maladie peut
revêtir la forme épidémique; — Bard, Bretonneau et
Home l’ont dit pour l’enfant; Dupont, MM. Mégnin, _
Piana, Brusasco et nous l’avons dit pour l’oiseau.
L`époque à laquelle règnent de préférence les maladies
croupales sur les deux espèces, apporte aussi son contin-
gent de lumiere pour l’élucidation de la question pen-
(I) Cette présence simultanée de deux parasites bien distincts: ,
acarus et bacillus, est intéressante à plus d‘un titre. Elle a été
remarquée par M. Piana qui figure, comme nous l'avons dit, deux
espèces d'acarus trouvées, l'une_dans le tissu conjonctif sous-cutané,
l’autre dans les poches aériennes de poules diphthéritiques, et qui,
sans se prononcer positivement, incline a attribuer ll ces acares
— un rôle plus ou moins important dans la production de la diphthérie.
Déjà, en l840, Raspail avait attribué positivement à des acares
la cause et le développement de la maladie. Les éleveurs américains
ont remarqué la pullulation des acares dans les poulaillers envahis
par le diphthérie. Enfin, dans les expériences récentes sur l‘inocu·
lation de la tuberculose à des lapins, M. Villemin a trouvé les deux `
poumons remplis de granulations parasitaires dans chacune
desquelles était un acarus.
(2) Bretonneau. Traité de la diphlhéric.
(3) Peter. Loc. cit.
4

l
— 126 —
dante : c’est ainsi que la diphthérie (homme et oiseau)
est plus fréquente de Novembre à Mai, pendant la période
où règnent les affections catarrhales. _
Comment s’engendre la diphthérie?
En médecine humaine on semble ètre affirmatif pour
admettre l’apparition quelquefois spontanée de l`angine
diphthéritique sous l'inf1uence de causes générales cos-
miques ou somatiques; mais on l’est moins quand il s’agit
du croup; et enfin, on ne l’est plus du tout pour la
diphthérie envisagée sous toutes les autres formes.
Quant aux oiseaux, nous n’osons qu’avec une extrème
' réserve émettre une opinion; et cependant, ce grand
problème : comment se forme un foyer dïnfection? ne
semble-t-il pas etre résolu par cette découverte impéris-
sable qu'on a appelée la Panspermie ? Ne voit-on pas avec
les yeux du co1·ps, sous le champ du microscope, comme
on voit avec les yeux de l'esprit, dans l‘immensité de la
nature, cette innombrable cohorte d`ètres vivants répandus
. en tous lieux. « Ils sont là, dit M. Bouley, prets à l'action,
et s’y mettent des que se rencontrent pour eux les con-
ditions favorables aux manifestations de leur vie. »
G'est alors que, multipliés à l`infini, pleins de vigueur
et d‘entrain, ils entrent en lutte avec nos organismes
comme avec ceux des betes, leur portent de rudes coups
et sèment partout la maladie. Car, dans les corps où ils
pullulent, vient s’ajouter à leur action propre, celle des
diastases qui sont les produits de leur activité vitale.
Il doit en etre ainsi dans la diphthérie des oiseaux;
et nous pensons que les cas qui semblent naître sponta-
nément sont probablement toujours provoqués par des
germes depuis longtemps inactifs et oubliés, ayant leur

- H7 —
source dans des cas antérieurs, germes qui deviennent
militants à leur tour sous l’action de causes extérieures
encore imparfaitement expliquées.
Laissons là ce sujet qui est encore aujourd’hui et plus
que jamais à l’étude, pour faire l’examen de la maladie
une fois engendrée.
A part quelques exceptions de plus en plus clairsemées,
tous les savants, tous les praticiens semblent d’ziccord
pour admettre la contagion. On ne peut plus malheureu-
sement nier auj0urd’hui que la diphthérie humaine soit
contagieuse : n’a-t-on pas vu des sujets atteints de cette
maladie la communiquer aux personnes qui vivaient
dans le même milieu, ou à ceux qui les soignaient, et les
médecins périr ainsi victimes de leur dévouement? Ce
sont là des contagions directes, médiates ou par infection,
constatées et relatées par les auteurs (Guersaut (1),
Barthez, Blache, Lorain et Lépine, Rilliet, Trousseau,
Mackensie). _
En quoi consiste le poison diphthéritique, ou mieux,
quel est le germe qui, par sa multiplication, le fait naître?
Rappelons d'ab0rd que, depuis les immortels travaux
de Bretonneau, la spécificité de la diphthérie humaine ou
animale paraît admise par la généralité des médecins et
vétérinaires français et étrangers, et que nous croyons
' avoir établi la spécificité de la même entité morbide chez
les oiseaux.
Si donc on veut bien admettre comme démontré le
déterminisme de Pélément vzbant qui constitue la virulence
(I) Guerseut père. Dictionnaire de médecine. Art. Angine rouen- `
Muse et croup.

` - l28 —
de la diphthérie de l'oiseau, serait—il vrai que la diphthé-
rie fût produite chez l’homme par un autre organisme ?
D’après Hallier, le parasite serait un cryptogame qu’il
appelle Diplosporium fuscum, et qui, par son leptothrix
spécial dont les granulations ont germe, formerait un
tissu feutré que l’on trouve dans les pseudo-membranes
croupales.
Pour Letzerich, le mal serait causé par les spores d’un
champignon, le Zygodcsmus fuscus (1). _
Hueter et Tommasi croient que l’a!1`ection est produite
par de petits organismes dont ils n‘ont pu déterminer,
d’unc manière précise, la nature animale ou végétale (2).
Des vibrzbniens des genres baclerùnn et viàrio ont été
signalés par Robin et Laboulhène.
(]Ertel pense que le contage de la diphthérie est un
organisme extremement petit, auquel il donne le nom
de Micrococcus dip/zlheriœ. Lorsque ces organismes sont
en petit nombre, ils se rencontrent généralement par
paires, et rarement en une chaîne. Mais, |orsqu’ils sont
très nombreux, il est difficile de déterminer s’ils sont ou
non reliés entre eux. lls sont incorporés dans une enve-
loppe gélatineuse et massés en une colonie. L’acide
acétique rend la masse plus claire, et permet de distin-
guer le groupement par deux et la forme en bâtonnets.
Ces germes pénètrent l’épithélium. On les trouve
surtout dans la bouche et dans la gorge; ils peuvent etre
transportés par l’air, par le contact direct, par la salive,
(I) Letzerich. Bcilragc xür Kcnnlnisse dor Diphl/ncrilis.Vi1·chow's
archiv. 1868.
(2) Tommasi and Hueter. Tuber Diphlharilfs Centralblatt iïir die
med. Wissenschallen. 1868.

— l29 -
ou par le contact d’un grand nombre d’objets : assiettes,
· verres, vetements, linge, jouets, etc. Leur activité est
favorisée par une déchirure à la peau qui permet le
contact direct avec le sang et les tissus. L'auteur admet
que ce micrococcus est distinct spécifiquement de ceux
qui produisent d'autres maladies infectieuses (1).
M. Cornevin, appelé à s’occuper du croup humain en
analysant le travail du D' Nicati, se demande si le parasite
véritablement spécifique ne serait pas le Microeoccus
diphtherùws de Claus. S’il en était ainsi, nous serions en
présence d’un micrococcus qui s’éloignerait peu de la
grégarine et de la psorospermie trouvées par les savants
italiens sur les oiseaux contaminés.
Le D' Klebs a désigné d’abord un microsporon, puis
un bacille comme porteurs du virus.
M. Lôftler a trouvé des bacilles à qui il attribue un
certain role dans le développement de la diphthérie;
mais on ne peut les considérer comme typiques, attendu
que les inoculations produisaient des allections de dilïé- ·
rente nature (2).
M. Cornil parle de micrococci et surtout de bacilli
très nombreux, disposés en zoogloca (3).
Micrococci aussi, pour MM. Wood et Formad de Phila-
delphie (4), qui ont découvert dans le sang etles organes
(l) Journal of (he royal microscopical society; d'après une étude
c Zür Aëlinlogie der Infections krankheilen. » (Traduit par R. Vion).
(2) Troisième congrès de méd. int. de Berlin.
(3) Association française pour Yavancement des sciences. Congrès
annuel tenu à Alger, I3 avril l88l.
(4) Proceedings de l‘Aeadémie des sciences de Philadelphie. |88l.
(Traduit par R. Vion).
4

- I30 —
des enfants malades, des micrococci libres ou bien réunis
en masses. Ces expérimentateurs ont montré l`urine des 4
malades pleine de micrococci qu'ils ont cultivés. Ils se
multipliaient rapidement jusqu’à la 5° ou 6°, et quelque-
fois la l0• génération. Ceux qui étaient recueillis sur
1’exsudat de la langue, n'allaient pas au—delà de la 3•
transplantation. Les docteurs américains concluent que
ce sont les memes germes à différents états.
_ Un des travaux les plus complets, qui à notre connais-
sance aient paru sur ce sujet, est celui de M. Talamon (l).
L’organisme provenant de cultures faites sur des lapins,
se présente à 1’état de complet développement sous
forme de mycéliums et de spores. Les mycéliums sont
tantôt allongés, tantôt courts. Les spores sont de deux
espèces: les unes rondes ou ovales ont été appelées par
Yexpérimentateur, spores de germination; et les autres
rectangulaires, lesquelles représenteraient les derniers
termes de développement du champignon, et que M. Ta-
. lamon appelle des conirlies.
Vient ensuite M. Emmerich (2), plus explicite que son
(I) Talamon. Microbe de la aliphlhérie. Société anatomique
de Paris. l88l.
(2) Emmerich. Congrès d`I1ygiène do la Haye. Rapport sur la
dip/ilhérie de l'h0mme cl du pigeon. l884. — (Traduit par R. Vion).
Les observations de M. Emmerich seraient mieux placées dans
le chapitre « Historique », où elles auraient pu fournir matière
ii une discussion contradictoire. Mais, toutes récentes encore, elles
ne sont venues ii notre connaissance que lorsque la première partie
du travail était déja livrée a Yimpression. Elles sont cependant
d'une importance telle, que nous avons tenu à en faire une rapide
analyse.
`
  I

— l3l —
compatriote M. Lôffler, sur la nature exacte de l'agent
de la diphthérie.
, Ayant fait l’examen de cadavres diphthériés, il a réussi
à découvrir des champignons dans la muqueuse modifiée
parla diphthérie, et dans les membranes des hommes
et des pigeons frappés par cette maladie.
Ces champignons ont pu être isolés, et ils ont produit
« positivement et sans exception, » par leur inoculation
sur la muqueuse des animaux d`expérience, une diphthé-
rie typique et véritable, de même espèce que la diphthérie
de l’homme et du pigeon. M. Emmerich les a classés
dans le genre bacterium, au sens de Cohn, et leur a donné
le nom de bactéries de la diphthérie. Ces bactéries se pré-
sentaient comme des coques allongées ou de courts
bâtonnets renflés, généralement deux fois aussi longs
que larges; elles variaient de grosseur jusqu’au double
et au triple; les plus longues, que, d'après l’observateur,
on pourrait figurer comme des bâtonnets, présentaient
généralement un légerétranglement impliquant la réunion
de deux articles.
Mais là ne s‘arrètent pas les affirmations de l’expéri-
mentateur, il va beaucoup plus loin. Ecoutons-le, du
reste; il y a pour nous, on le comprendra, un véritable
plaisir à l’entendre: « Un fait de la plus grande impor-
' tance est que les bactéries de la diphthérie humaine sont
absolument ùlentzyues avec celles de la diphthérie du pigeon,
aussi bien pour la forme et la dimension, que par
rapport aux formes qu’elles présentent dans les milieux
de culture artificielle les plus différents, solides etliquides,
et aussi sous le rapport de leur action sur les animaux.
« Cette conformité va si loin, que les cultures pures
des bactéries de la diphthérie humaine sur des substra-
_  

— l32 —
tums alimentaires solides — gélatine, pomme de terre,
etc.-, ne présentent pas la plus petite divergence ou ·
différence avec celles de la diphthérie du pigeon, de sorte
que ni le pro/ane, m'le savant de profession ne sont capables
de les distinguer les unes des autres. »
Enfin, M. Thomas n’a retrouvé aucun des champignons
décrits comme spécifiques de la diphthérie (l).
Réservons donc cette question de haute science que
pourront seuls résoudre les savants rompus à l’étude
des etres inférieurs.
Disons seulement ici qu’il est très possible que l'his·
toire naturelle du microbe générateur de la diphthérie
humaine ne soit pas, jusqu'à présent, tracée d'une
manière satisfaisante ; et s'il n‘y a pas encore unanimité
d’opinion sur les caractères vraiment distinctifs de ce
virus, cela peut tenir à ce que la muqueuse malade,
toujours en contact avec l’air, doit être le siège d’un
grand nombre de germes.
Le croup de l’homme est-il inoculable?
lci encore, les avis se multiplient: des observateurs veu-
lent que la diphthérie soit inoculable, d`abord d’h0mme
à homme, ce que Bergeron a avancé sous quelques
réserves (2). Hueter et Tommasi disent avoir réussi à
transmettre la maladie à des lapins (3).
On trouve dans le livre de M. Galtier, la méme idée
ainsi énoncée: « Le croup de l'enfant est transmissible
(I) Académie de médecine. - Séance du l0 Mei l88l.
(2) Bergeron. Mémoires de la société des Hôpitaux.
(3) Huster et Tommasi. Loc. cit.

— l33 —
au lapin et à d’autres animaux (l). » D'après le même
_ auteur, on a pu transmettre le croup des veaux à d’autres
veaux, aux oiseaux, aux lapins et aux moutons.
Voici encore M. Talamon (2) qui cite huit faits positifs
d‘inoculation: Tous sont des cas d'angine toxique, de
diphthérie vraie, soit purement pharyngée soit avec
extension au larynx et à la trachée. Uexpérimentateur a
inoculé sur la muqueuse nasale et buccale, ou fait ingérer
les matières contenant le germe infectieux à six lapins,
deux cobayes, quatre grenouilles, un coq, quatre pigeons.
Les six lapins sont morts au bout de six, huit, dix, dix-
huit jours. Le premier est mort au bout de six jours avec
un gontlement énorme du cou, tout à fait comparable,
dit l’auteur de la note, à l’œdème diphthéritique. Ce
gontlement était formé par une infiltration séreuse de
tissu cellulaire, et la culture de cette sérosité aurait
redonné le microbe avec des conidies caractéristiques.
Le lapin mort au bout de dix-huit jours, après injection
de liquide contenant le microbe, avait une pleurésie
tibrineuse double avec épanchement ; le liquide épanché
aussi bien que les fausses membranes ont redonné, par
la culture, l'organisme inoculé; chez tous les lapins
d’ailleurs, souvent avec le microbe seul, d’autres fois par
la culture, M. Talamon reproduisait le germe, constam-
· ment dans la sérosité du péritoine, très souvent dans
le péricarde, souvent aussi dans les reins.
Sur les quatre pigeons, l’opérateur a réussi à repro-
(1) Gnltier. Traité dc: maladies contagieuses et de la police
sanitaire des animaux domestiques. l880.
(2) Talamon. Loc. cit.
U  

— I3/4 —
duire les fausses membranes diphthéritiques par le badi-
geonnage de l'intérieur du hec avec le produit de culture. _
Il a pu ainsi développer, au bout de vingt-quatre heures,
une épaisse membrane qui tapissait les deux côtés du bec,
lalangue,le palais etl'arrière·gorge. Cette fausse membrane
était d’un blanc jaunâtre et formée comme les fausses
membranes pharyngiennes et amygdaliennes de l'homme,
de cellules épithéliales, de graisse, de micrococcus et de
bactéries ; il y avait fort peu de conidies rectangulaires ;
mais en cultivant cette fausse membrane, celle-ci redon-
nait constamment l'organisme. M. Talamon n`y a pas vu
de tlbrinc. Deux des pigeons sont morts au bout de trois
jours ; l’un avait l‘entrée du pharynx aussi recouverte de
fausses membranes ct la trachée pleine d'un mucus épais
dont la culture reproduisait le microbe. Les liquides du
péritoine et du péricarde cultivés également, le repro-
duisaient aussi. Mais, comme chez le lapin et la grenouille,
le sang du cœur n`en contenait pas. Le troisième pigeon
est resté malade une huitaine de jours ; les fausses mem-
branes se sont détachées d’elles-mêmes et il a guéri. Le _
quatrième était encore en observation au moment où la
note a paru.
M. Talamon ne sexplique pas sur la nature et sur
l’origine de ce champignon.
Les D" Formad et Wood, ayant pratiqué des inocula—
tions analogues sur des animaux, sous la peau, dans
les muscles, sur la trachée, obtinrent toujours une exsu-
dation grisâtre, une vive inflammation et la mort en
quelquesjours. Dans quelques cas, les fausses membranes
s’étendaient du point inoculé jusqu’à la bouche. Le sang
et les organes internes montraient les micrococci qui
s’attaquent aux globules blancs et s’y meuvent d’un .
i

— l35 —
mouvement vibratile. Ces corpuscules changent d`appa·
rence,‘ perdent leurs granulations et finissent par éclater;
il s’en échappe une masse transparente, irrégulière ,
pleine de micrococci. Ces savants en concluent que la
maladie produite dans le lapin par l`inoculation, est la
diphthérie. lls ont pu la transmettre d`un lapin à un
autre lapin (1).
Enfin, la série de toutes ces observations est digne-
ment couronnée par celles de M. Emmerich, qui viennent
corroborer notre opinion et l’appuyer de preuves expéri-
mentales dont la valeur n’échappera à aucun de nos
lecteurs.
ll s’est servi de la méthode de culture de Koch: comme
substratum nutritif, il a employé la gélatine peptone
‘ de bouillon, le sérum du sang, le sérum du jus de viande
sucré, les pommes de terre et l’agar-agar (gélose de Payen).
Pour acquérir une idée de l`espèce, du nombre et de
l'extension du champignon, le savant bavarois a entrepris,
dans chaque cas de diphthérie qui se présentait- huit
, sur l'homme et six sur le pigeon -— des cultures pures
des champignons prédominants. Mais en meme temps,
il a inoculé les cultures encore impures qu’il obtenait,
en première génération, par le transport de portions de
muqueuses et de particules membraneuses, sur les
différents substratums artificiels, en partie sous la peau,
en partie sur la muqueuse des animaux d'expérience.
Cette méthode, d'après M. Emmerich, préserve d’erreur,
et dirige immédiatement l’attention sur les microbes
pathogènes et essentiels, tandis que les champignons
(l) Wood et Formnd. Loc. cit. - (Traduit par R. Vion).

— 136 —-
accidentels, inolfensifs ou dus à la putréfaction, sont
séparés des premiers.
ll aurait été également redevable de la découverte
du champignon diphthéritique à deux circonstances :
d’abord le nombre et la disposition de ces champignons
dans la muqueuse malade de l‘homme et du pigeon, l
et dans les dépôts qui la recouvrent; et ensuite,le passage
de ces champignons dans le sang et dans les organes
des animaux infectés, des cultures encore non épurées.
« J’ai réussi, dit-il, partant de la muqueuse et des
membranes diphthéritiques, à l’aide de cultures de géla-
tine, sous l'objectif, de dilution d'une colonie isolée
de ces mêmes champignons dans de l’eau stérilisée, et
d`un nouveau transport d’une portion minime de ces
champignons dilués, sur de la gélatine fraîche, à obtenir,
d'après les méthodes connues, des cultures pures des
champignons qui, dominant en nombre dans les mem-
branes, étaient aussi passés dans le sang et dans les
organes d’animaux infectés par des cultures non encore
puriflées.
'» Il était encore plus facile de pratiquer des cultures
pures sur gélatine peptone de bouillon de viande, par
transport du sang et des portions d’organe des animaux
susdits.
» Pour ce qui concerne la forme des champignons
essentiels de la diphthérie de l'homme et du pigeon,
il ne faut pas les représenter comme des coques ni comme
des bâtonnets, et il est beaucoup plus juste, à l’exemple
de Koch, de les compter dans le genre bacterium. »
Dans un autre passage de sa remarquable dissertation,
M. Emmerich nous dit voir dans le fait de l’identité des
bactéries diphthéritiques de l’homme et du pigeon, une

— t37 —
nouvelle et très importante preuve que les champignons
· trouvés et isolés par lui sont la cause réelle et unique `
de la diphthérie; et sous ce nom, il comprend — comme
nous le faisons aussi- non seulement les altérations
pathologico-anatomiques de la muqueuse, mais encore
l’ensemble des symptômes cliniques qui les accompa-
gnent, c’est-à-dire,1a'maladie épidémique qui reste la '
même depuis des siècles.
Les déclarations de M. Lôffler, qui prétend avoir trouvé
dans la diphthérie de l'homme, dans celle du pigeon,
des poules et des veaux, quatre micro-organismes diffé-
rents, doivent, à priori, donner à penser. L’inconnue
de ce problème — véritable rocher de Sisyphe de la
médecine — ne se dégage pas des dires du savant berlinois
qui semble laisser indécise la question de savoir si les
bacilles cultivés par lui sont ou non l`agent de la
diphthérie. _
S`il éprouve un certain embarras, ou pour mieux dire,
un embarras certain à trancher la question, il n’en est
pas de même de M. Emmerich, quand il écrit: « Mes
constatations, qui ont assuré l‘identiLé de la diphthérie
de l’homme avec celle des animaux, ou tout au moins
du pigeon, se trouvent en accord avec les faits cliniques
ct épidémiologiques, et avec ceux de l`anatomie patho-
logique comparée; ils s‘harmonisent avec les faits établis
au sujet des micro-organismes spécifiques de ces maladies
infectieuses qui, comme Vintlammation de la rate et la
tuberculose, surviennent chez l’homme et chez les
animaux. »
L‘habile professeur est un de ceux qui ont la prétention
très louable, à coup sûr, de donner à la science médicale
un caractère positif; aussi, ses recherches sont-elles
10

- [38 ..
surtout expérimentales. Il conclut des résultats que lui
ont donnés ses méthodes, qu'il doit arriver souvent que '
des animaux soient infectés par des hommes atteints
de diphthérie et par leurs produits morbides, et inverse-
ment, que des hommes soient infectés par des animaux
diphthéritiques. M. Emmerich appuie son opinion sur
une série d`exemples frappants de transport de cette
maladie de l`homme aux animaux, d’où il tire cette
conclusion que « la dzphthérxe des volaüles est pour beau-
coup dans l' extension si rapide de Ia dz)zhlhérze sur toute
la terre. »
Il est très vraisemblable, d'après lui, que le « substralum
ectogène naturel des bactéries dzphthériligues » est le sol
de la terre; ce serait sans doute pour cette cause, que
les pigeons et les poules occupés à picorer sur la terre
toute la journée, sont si communément atteints de
diphthérie. ·
On trouve encore, exposées par ce savant, des idées
très justes comme celle-ci : « Les différences accessoires
que présentent la diphthérie de l`homme et celle des
animaux, par rapport aux altérations pathologico-anato-
miques, s'expliquent naturellement par les différences de
structure dela muqueuse. ll en est de meme dans la
tuberculose et dans finflammation de la rate, maladies
dans lesquelles les différentes espèces d'animaux offrent
des produits morbides très différents, bien que ces
produits soient engendrés par les memes bacilles. »
Nous avons tenu à citer longuement les résultats obte-
nus par ces expérimentateurs, résultats qui semblent
complets et apportent un singulier appoint pourcombattre
les assertions de MM. Peter et Roger, pour qui Pangine
diphthéritique, pas plus que les autres formes de diph-

— 139 -
thérie, n`a pu encore étre inoculée; et aussi, les contes-
tations de Trousseau et de M. Peter, lesquels nient
absolument la possibilité des inoculations d`homme à
homme, — expériences négatives qu`ils ont eu le courage
et le dévouement de tenter sur eux-memes.
Moins heureux que ces deux médecins, le D' Gustin,
appelé à faire l’autopsie d`une femme morte de diphthérie,
se tit une piqûre qui fut l’origine de la transmission de
la maladie caractérisée, chez lui, par des lésions diphthé-
ritiques du larynx, constatées au moyen du laryngoscope.
Pour ce qui est de la diphthérie des oiseaux, nous
n`hésitons pas à avouer que nos essais de transmission
ont échoué sur un chien, animal auquel nous avons fait
manger de grandes quantités d’exsudats et de fausses
membranes, sans que sa santé en ait été aucunement
ébranlée, et cela depuis plus de deux ans. MM. Pietro
Piana et Brusasco n'ont pas été plus heureux en opérant
également sur plusieurs sujets de l'espèce canine.
Mais, en revanche, ces observateurs, ainsi que le D'
Nicati, ont réussi à transmettre l'exsudat diphthéritique
des poules aux lapins. »
Alors que la diphthérie ravageait les poules à Eu,
M. le Comte de Paris ayant eu l’0bligeance de nous faire
- remettre un lapin trouvé mort dans le parc avoisinant le
poulailler infecté, nous avons trouvé le foie de ce lapin
farci de tubercules semi-transparents ne laissant aucun
doute sur la nature du mal qui l'avait emporté.
Ajoutons encore qu‘au cours de cette même épizootie
eudoisfe, des légions entières de rats et dc souris ont dû
vivre impunément au milieu des oiseaux contaminés,
car on n’a jamais trouvé dans le plus petit coin, aucun
4

— HO —
de leurscadavres portant la plus légère trace de cette
maladie.
Dans le courant de janvier 1883, nous avons fait man-
ger à un chat- adulte et bien portant — de grandes
quantités d'exsudats. L'animal n’avait pas cessé d’ètx·e en
bon état de santé apparente pendant un an, quand, au
commencement de |884, se montrèrent quelques symp-
tomes fugaces d’une maladie interne mal caractérisée :
troubles digestifs, toux légère et amaigrissement. Après
trois semaines de ce malaise dû sans doute à une pre-
miere poussée tuberculeuse, tout rentra dans l’ordre, et
l’animal vécut encore pendant de longs mois en conser- l
vant un état d’embonpoint très satisfaisant. ·
A Vers la mi·février l885, des symptomes de phthisie,
cette fois bien accusés, se sont de nouveau manifestes :
tristesse, appétit capricieux, soif ardente, poil terne et
piqué, amaigrissement rapide, paleur des muqueuses
palpébrale et buccale, toux avortée et douloureuse,
vomissements, diarrhée et mort survenue dix jours après
l`apparition des prodromes de la maladie.
A l‘autopsie, on constate, à la surface du foie, trois
taches blanches exsudatives de la grandeur d’une lentille.
Une ulcération sanguinolente a détruit en partie l`épi-
thélium muqueux du larynx. Dans les poumons, les
lésions sont plus nombreuses sinon plus variées: petits
grains confluents`, sphériques, blanc grisâtre et translu-
cides, répandus à profusion dans Porgane qui, ne fonc-
tionnant plus que fort imparfaitement, a amené la mort
du sujet par asphyxie.
Evidemment toutes ces lésions sont fort anciennes
et remontent probablement à l’apparition des premiers
symptomes observés. Quant à la dernière poussée du

— Hi —
mal, elle n’a dû fixer notre attention qu’a Ia·période
· ultime de la maladie, à’ cause de la nature vigoureuse
du sujet contaminé.
Et, s`il n’est pas de pleine évidence que l'afl`ection soit
due à l'ingestion des exsudats provenant des oiseaux
tuberculeux, on peut, tout au moins, admettre de fortes ·
présomptions en faveur de cette hypothèse, vu d'abord la
grande rareté de la tuberculose chez le chat, et vu ensuite
les conditions d’hygiène particulierement bonnes dans
lesquelles l’animal a vécu.
Disons aussi que M. Galtier rapporte des faits de conta-
i mination — sans doute par infection ou contagion
médiate — de la diphthérie d’une espèce animale à
l'autre. Enfin, les D" Nicati et Cozzolino ont vu le croup
humain et la diphthérie des volailles régner en même
temps et dans un même milieu; et Bareyre, cité par .
M. Zundel, a signalé un cas de coexistence de la maladie
dans l’espèce humaine et dans l'espèce bovine.
Nous trouvons relatées dans la Revue médicale, les deux
observations suivantes qui méritent d’etre signalées:
l° « Tous les veaux nés dans une ferme des environs
de Berlin succombèrent dans la première semaine de
leur existence, à une affection diphthéritique qui put etre
inoculée directement à des agneaux nouveau=-nés. Les
bovidés adultes résistèrent à la contagion. Par contre,
l‘intendant de la ferme et la femme qui soignaient les
veaux, furent atteints de l’angine spécifique. »
2* « Un tripier, habitant un village très salubre du
pays de Caux, avait pour habitude de jeter dans une mare
voisine de sa maison, les détritus et les eaux chargées
de matières animales qui avaient servi aux lavages qui
se pratiquent dans son métier.
·

- l42··-
» Cette mare devint bientôt tellementinfècte, que les
chevaux, surpris par l’odeur, s'emport.aient quelquefois
en passant dans le chemin qui longeait ce réservoir.
' » Les voisins s’en étant plaints, la mare fut vidée, mais
les eaux en furent répandues à titre d'engrais, sur les
terres d’un cultivateur des environs. Bientot éclata dans
le village une terrible épidémie de diphthérie qui débuta
par la famille de ce fermier, et ne prit tin qu’au bout
de six mois, après avoir fait de nombreuses victimes.
» Le tripier, cause de tout le mal, étant allé habiter
un autre point du territoire de la commune, ne tarda pas
à retomber dans ses errements passés. ll construisit près
de sa nouvelle demeure une seconde fosse, dans laquelle
les eaux chargées de détritus croupirent de plus belle.
Au bout de onze ans, ce réservoir fut vidé et le contenu
en fut, comme la première fois, employé en arrosages.
» Nouvelle épidémie suivant la même marche que
la première. Mais, l’administration municipale étant
intervenue pour faire cesser les arrosages, les ravages
se limitèrent et les victimes furent moins nombreuses. _»
(Test bien à tort que l'auteur de cette seconde note
attribue à des « émanations putrides » la diphthérie
qu’il a observée.
ll, faut en voir la cause dans les débris, àcoup sûr
dip/nt/zériés, des betes sacriiiées par le tripier, débris qui,
répandus sur le sol, augmentaient dans d`énormes
proportions les chances de pénétration des germes au
sein de Porganisme humain.
Aussi conseiller0ns·nous: l° de surveiller autant que
possible l‘état des animaux el. oiseaux domestiques et
leur introduction dans les habitations; 2** de rechercher
toutes les traces des épizooties diphthéritiques pour

·· H3 M
procéder àleur destruction immédiate; 3* de prohiber
la vente des animaux et oiseaux domestiques atteints de
cette affection.
De notre côté, ayant pris des informations près des
plus anciens médecins de la localité, ils nous ont appris
qu'à Eu et dans tout le pays environnant, le croup
humain était presque inconnu depuis une quarantaine
d’années, et qu'une nouvelle apparition de cette maladie
a coïncidé avec les faits observés par nous sur les oiseaux.
Ces Messieurs croient devoir en attribuer la cause aux
mouvements de terrain considérables qu’ont nécessité,
à cette époque, les grands travaux de chemin de fer.
lis pensent qu’on peut invoquer encore comme cause
très directe de la propagation du croup dans nos parages,
le roulement beaucoup plus accusé des voyageurs que
les voies ferrées nous amènent de toutes parts, pendant
la saison balnéaire principalement.
C‘est ainsi que l'on est en droit de rattacher également
|'apparition de la diphthérie des oiseaux au transport
des volailles de luxe, presque inconnues dans notre
région avant Yétablissement des chemins de fer.
Du reste, il n‘est pas essentiel (du moins tel est notre
humble avis) qu`il y ait concomitance dans la manifes-
tation de ces diathèses pour qu’on ait le droit de conclure
à leur identité.
On a dit, dans le but de rejeter cette parenté ou plutot
cette identité, on a dit que l‘homme peut manger impu-
nément des volailles mortes de cette maladie. Cela est
vrai, et nous avons pu nous en convaincre sur nous-
meme. Mais l’objection reposant sur cette indemnité
a peu de valeur, attendu que l`homme mange les oiseaux. `
infectés alors qu'ils sont cuits, et que le feu purilie fort
‘ g

.. gg ..
probablement les aliments en annihilant le pouvoir con-
tagieux des germes diphthéritiques, comme il le fait
d`autres virus plus actifs et plus meurtriers encore que
celui-ei.
Ge qui doit contribuer à le prémunir encore contre le
danger possible d’une infection, c’est que l'h0mme ne se
nourrit généralement pas des viscères de ces oiseaux,
qui sont les sièges de prédilection des produits caséeux
qu’on ne rencontre qu'exceptionnellement dans leurs`
muscles.
Nous voyons, en résumé, combien les avis sont parta-
gés sur un point: à savoir si la diphthérie humaine est
inoculable, d’abord dans l‘espèce el. ensuite dans les
espèces animales. Nous sommes pour i'at`firmative, vu les
résultats positifs d’inoculation obtenus par quelques
observateurs, vu aussi l’analogie complète qui existe
entre les symptômes et l'anatomie pathologique de
la diphthérie de l’homme et celle de l‘oiseau, maladies
dont nous nous sommes efforcé de faire ressortir le,
parallélisme.
ll y aurait, en définitive, pour aftirmer ou infirmer
scientifiquement nos dires, à tenter à ec sujet de nouvelles
expériences qui sorviraient de contrôle à celles de MM.
Talamon et Emmerich. ·
Si le virus des diverses espèces animales est différent
de `1`une à l'autre, il mourra comme meurt tout virus
que l’on cherche à transporter sur un terrain qui ne
lui est pas accessible. En admettant ce cas extreme, le
parallèle établi entre ces diverses individualités morbides
' aurait encore quelque valeur, car, si véritablement elles
constituent des affections impossibles à transformer l`une

- 145 -
dans l`autre, elles n’en restent pas moins pour le clinicien
des races modifiées d’un seul genre de maladies.
Mais loin de voir échouer l’opérateur, nous espérons
au contraire le voir mener à bien son entreprise, sans
qu‘on ait besoin d’invoquer pour cela l'identité absolue
des différents virus mis à l‘étude dans cette monographie.
N’est—ce pas ainsi que se comporte le cow-pox par
rapport à la variole ? On l’inocule à l'homme et il le pro-
tège contre les atteintes de sa propre variole. Et cepen-`
dant chacune de ces deux entités procède d`un virus
particulier, car toujours la variole naîtra de la variole et
· n’engendrera que la variole, comme la vaccine ne peut
naître que d’elle·méme et ne saurait engendrer qu'elle-
_ meme.
`Ce rapprochement semble nous ouvrir une nouvelle
voie, celle du pouvoir prophylactique de la diphthérie
animale cultivée, à l'égard du croup humain.
On verra ainsi s’étendre et se réaliser dans sa plus
large acception, cette prophétie de Jenner : « La vaccina-
tion sera le fil d’Ariane qui nous guidera dans le laby-
rinthe des maladies contagieuses. »
Tels sont les motifs qui nous font classer dans une
méme famille toutes les diphthérites. C’est dire aussi
que nous y groupons la diphthérie des animaux domes-
· tiques qu‘il faudrait etre bien subtil pour ne pas rappro-
cher complètement de l’all`ection qui nous occupe plus
particulièrement ici.
Les longs et peut être trop longs développements que
nous venons de donner au paragraphe précédent, nous
dispensent d'unc nouvelle description, si courte soit-elle,
de la maladie envisagée chez les espèces bovine, ovine,
caprine, canine, féline, chez les rongeurs et chez les

.. M5 ...
sauriens, tous animaux chez lesquels on a constaté à
diverses époques, l`intoxication diphthéritique (I).
Nous renvoyons pour la description du croup, aux
` ouvrages spéciaux traitant de la matière; nous ferons
seulement ici ressortir les faits communs et à l’homme
et aux animaux, faits qui nous ont échappé chez l’oiseau :.
c’est ainsi que chez les veaux et les moutons, la diph-
thérie peut se compliquer de symptômes et de lésions
pleurales ou même de gangrène pulmonaire. — Cette.
# dernière lésion s‘explique si l’on se rappelle que, l’intro—
duction de I’air étant moindre dans les poumons, ceux-
ci deviennent de plus en plus un milieu favorable au
développement de la septicémie dont les germes sont
anaérobies. — Comme chez l'homme, les animaux sont. —
exposés au développement des fausses membranes à
(l) Les auteurs vétérinaires qui se sont occupés du croup chez
· les gros animaux domestiques, sont assez nombreux, mais aucun
n'a donné une description complète de la maladie; il y aurait
il faire, à ce sujet, de nouvelles études. Ces auteurs, les voici,
en suivant l'ordre chronologique : Vieillard, Bouin, Gohier, Semiglia,
Mousis, Lam ya, Gellé, Bernard, Barrère, Delal‘ond,Cruzel, M. Reynal
et MM. Zundel etGaltier. Ajoutons à cette liste, les noms de Jucquart
qui a fait, en l839, une observation de croup avec stomatite et
trachéite pseudo-membraneuse, constatées il l`autopsie, sur un bea
eonslricler (ln compte rendu des séances dela Société de Biologie);
les noms de Neumann, Rivolta, Eimer et Rololf qui veulent que
la psorospermie soit une maladie du lapin, sans doute analogue à,
la diphthérie des oiseaux, car cette maladie serait produite, d'après
Leukart, par le coccidium oviforme, parasite des cellules hépatiques
et de Vépithélium intestinal du lapin, parasite qui constitue avec
les grégarines le groupe des sporozoa; citons encore le nom de
Eimer qui a reconnu chez les rats et chez les souris, la présence
de la gregarina /`alci/‘0rmis. `

— M7 ~—
·la muqueuse génito·urinaire et aussi sur les portions de
Yenveloppe cutanée dépouillée accidentellement de son
épiderme. — Cela se remarque assez souvent au cours
` d’une épizootie, dans l`espace inter-digité et sur le bour-
·relet qui limite la partie supérieure des onglons. — On
voit encore, chez les jeunes veaux surtout, la tete, la
gorge, l`encolure et le pourtour des ouvertures naturelles
ètre le siège de tuméfactions considérables qui siègent
dans le tissu cellulaire, tuméfactions qui, semblables
- à celles de l‘espèce humaine, sont le résultat de l'exsu-
dation.
· Quant aux autres symptomes et lésions, l’identité
est complète avec ce que nous avons observé cliezles
oiseaux. .
En définitive, il résulte de cet exposé, que, dans toutes
les espèces animales, la diphthérie est toujours l’expres·
sion locale d'un état morbide général ; ses lésions patho-
·gnomoniques sont la formation de fausses membranes et
le développement de nodules pseudo-membraneux ; c‘est
une affection spécifique, se montrant sous les formes
sporadique, endémique et épidémique; elle est conta-
gieuse et inoculable. Il ne reste plus à trouver, comme
cola a été fait pour l'oiseau, que le facteur tangible de la
contagion. ,
Nous avons dit, au début de ce chapitre, vouloir faire
entrer la tuberculwdiphthérie des oiseaux dans la même
famille que la phthisie de toutes les espèces animales;
nous avons dit qu’au point de vue de la médecine com-
parée, l‘entité tuberculo-diphthérique semblait être le
·trait d‘union qui reliait entre elles deux formes morbides
cependant distinctes: croup humain et çroup animal,
»tuberculose de_l`homme_et tuberculose des animaux. J
 

.. 443 ...
. Celte idée sera sans doute accueillie par l'incrédulité,
peut-etre méme soulèvera—t-elle quelques tempêtes bien-
tôt apaisées,_quand on saura que, sans prétendre à l’iden-
stité absolue de ces affections — ce qui serait par trop
généralisafeur et par trop téméraire — nous reconnais-
sons seulement entre elles une très étroite parenté ; et si
nous nous trompons, notre erreur du moins ne sera pas
sans excuse, car la clinique et l'anat0mie pathologique
se sont déja trouvées en complet désaccord avec les
sciences expérimentales et micrographiques.
Voyons rapidement quelles sont les analogies frap-
pantes qui relient entre elles ces diverses entités morbides.
Notre intention n’est pas de tenter ici une description
de Ia phthisie, car ce serait par trop sortir du cadre que
nous nous sommes tracé. Le but que nous poursuivons
—sera atteint, si nous parvenons à esquisser un rappro-
chement — par l'énoncé de quelques points de contact
saillants —entre des maladies qui semblent se confondre,
chez l’oiseau, en une seule affection que l’on peut appeler
par cela meme: tuberculo-dzphthé1·zë.
Et d‘abord, qu’est-ce que la phthisie ?
Avant de répondre à la question, il est bon de dire que
nous n'avons en vue, pour établir le parallélisme, que la
phthisie sous les formes tuberculeuse et granuleuse, sans
nous occuper, bien entendu, des autres maladies qui
rentrent dans la meme appellation, mais ne sont pas
comme elle de nature spécifique. .
— Cette restriction étant faite, on peut définir la phthisie
tuberculeuse — comme l’ont fait quelques auteurs -—
une maladie générale, virulente et contagieuse, s'annon-
çant par des symptomes du côté de l’appareil respiratoire,
du système ganglionnaire, de l’appareil digestif et d‘autres

— 149 —-
appareils; maladie caractérisée par des in|lammations·
nodulairestuberculiformes, par des lésions d‘intlammation p
proliférative et dïnflammation exsudative , et par sa
transmissibilité (l).
La phthisie de l‘homme comme celle des animaux
serait donc une maladie de tout Porganisme caractérisée
par Fenvahissement tuberculeux plus ou moins étendu.
(l) Nous n'avons nullement'la pensée de vouloir nous immiscer
dans les grandes discussions que soulève la science actuelle, dis-
cussions où l`on voit les opinions formulées ct soutenues avec
un si grand talent par nos savants qui émettent les idées les plus
contradictoires sur la nature de la tuberculose: La tuberculose
est-elle une déchéance organique (Peter)? a- t-elle une unité
anatomique sans qu`on puisse lui définir un produit spécifique
(l)u Castel)? est-elle infectieuse par un principe morbide organisé
(J. Guérin)? est-ce une maladie parasitaire et infectieuse, non
diathésiqae et non héréditaire (Grandcher)? cette hérédité serait-
elle au contraire une de ses propriétés (Damaschino, Cowplaml,
Parrot, Landouzy, Blache, Ferrand)? Si l`on veut bien admettre
Yhérédité, on sera frappé avec nous de la liaison qui existe entre
la phthisie et le croup, liaison dont parlent MM. Rilliet et Barthez
- Traité sur les maladies des en/`anls—qui donnent comme cause
du croup la phthisie préexistante chezles parents: opinion qui nous ·
a été confirmée par les observations personnelles des docteurs
Léniez, Bocquet, Reuflay et Testevin. N'a·t-on pas confondu avec
Fhérédité, la contagion utérine (Galtier)? La phthisie tuberculeuso
peut-elle naitre spontanément en ayant pour point de départ l‘ané·-
mie, qui se transformerait en leucocythémie et finalement en tuber-
culose; cn d'autres termes, a·t~elle pour origine la continuité de la
misère physiologique (Bouchardat)? est·ce une infection purulente
(Colin)? est-elle spontanée (Lebert, Piorry, Pidoux, Empis, Chauf-
fard, Conheim, Niemeyer, Rinflesch, Mesqnrr)? doit·on nier la
spontanéité (Villemin, Mortin, Kiener, Chauveau, Galticr, Peueli,
Toussaint, Koch, Parrot, Saint-Cyr, Cornil, Landouzy, Valni, Labbé,

1
— 150 —
Ses lésions principales sont des ulcérations du voile du
palais, un état crétacé de tous les ganglions lymphatiques i
de l‘économie, la tuberculisation des organes parenchy-
mateux des cavités abdominale et thoracique.
Comme ensemble, on reconnaît déjà une liaison mar-
quée entre ces faits et ce qui se passe chez les oiseaux
qui succombent ala forme lente et tnberculiforme de
la diphthérie, ainsi que c’est le cas le plus ordinaire chez
l'espèce dindon. — On a pu facilement se rendre compte
des débuts du mal chez quelques dindons, débuts qui
ont été marqués par l`apparition d`exsudats oculaires.
On vient de voir que le tubercule est la lésion pré-
dominante de la phthisie. Or, ce produit pathologique
_ a, dans les diverses espèces, les formes et les dimensions
les plus variées: granulations, nodosités, masses i1·ré·
gulières, bosselées, tourmentées, de couleur jaune ou
blanc grisâtre, caséenses, plàtreuses ou crétacées, dont
la coupe est grenue et souvent cloisonnée; — nous
laissons aux histologistes le soin de nous apprendre si, à
l‘exemple du tubercule humain, le tubercule de l`oiseau
est limité dans son extension, ce qui fait que les masses
exsudatives, loin d`être dues à Vaccroissement de Yexsudat
Debove)? lo contraire serai;-il vrai, et la tuberculose n'est-elle ni
spécifique ni contagieuse (Colin, Empis, Frankel, Lydtin, Niemeyer
Pidoux)?
· Sans vouloir répondre ii toutes ces questions et sans chercher
à concilier toutes ces opinions, qui laissent encore planer sur elles
un dcsideratum incontestable qui subsistera pcut·étre encore long-
temps, nous dirons avce M. il. Bouley que la tuberculose est
« frmrlion d'un élément vivant ·· qui est la condition nécessaire et
exclusive des manifestations symptomatiqucs et anatomiques par
lesquelles elle so caractérise.

>
— lül —
. primitif, se1·aicnt tout simplement dues à la fusion de
plusieurs granulations ayant leur siege dans des points
rapprochés; ce qui, sauf erreur de notre part, a été
prouvé, quant au tubercule humain. Le tubercule de la
phthisic (homme et animaux), comme cclui de la diph-
thérie (oiseaux), se rencontre dans les memes organes:
œil (Gérin, Poncet, Roze), larynx, trachée, bronches,
poumons, bouche ou bec, pharynx, œsophage, estomac —
enfant — (Gazin, 4880); intestins — enfant — (Cazin,
Papavoine, Willigk, Wilson, Fox, Steiner, Parrot, Rilliet, _
Barthez). D’après plusieurs de ces observateurs, les
tubercules intestinaux peuvent etre éliminés comme
nous l`avons vu chez quelques gallinacés. Dans les deux
espèces, il peut y avoir, sur la muqueuse du larynx et du
pharynx, des tumeurs qui offrent les caractères des
agglomérations tuberculenses sans traces d`ulcérations
(Krauser et Schnitzlers pour l`homme, et nous pour
l`oiseau). On rencontre ces produits morbides dans le foie,
les reins (Potain) et les organes génitaux (Féréol), où
des masses tuberculeuses peuvent comprimer et détruire
en partie les éléments de ces organes. `
S`il est très rare de rencontrer des tubercules ailleurs
qu’aux endroits précités, il est cependant possible de
trouver des granulations tuberculiformes épidermiques
observées parfois chez l’enfant et chez l’adulte (Ch. Robin
et Bouchut); on en trouve aussi dans le tissu cellulaire
du bœuf (Galtier), à la face interne de la peau des lapins
inoculés, dans le tissu adipeux, à la surface et dans
l’intérieur des muscles, chez des lapins d’expérience
(Colin); tubercules encore dans l’endocarde et a la face
interne du péricarde. Or, les tubercules des oiseaux ont
des sièges analogues; mais nous n’en avons pas rencontré

— l52 —
dans le système osseux de ces mèmes oiseaux, alors ,
qu’on a constaté la présence des productions tubercu-
leuses dans les os et dans les articulations des malades
, humains (Lannelongue, Lancereaux, Nélatoa, Audaille,
Poulet, Terrier) et des betes sacriliées pour la boucherie
(Degive, Van Hertsen, Schütz, Lydtin) (1).
Les complications survenant dans les deux maladies
correspondent: œdèmes dans le tissu conjonctif sous-
cutané, lésions de la muqueuse intestinale caractérisées
par l`hypertrophie des glandes et des villosités et la con-
gestion, quelquefois mème l'ulcération dela muqueuse.
(I) Qu`est—ce que le tubercule? est-il Fexpression matérielle de
la déch·*ancc organique tuberculeuse (Peter)? est·ce une néoplasie
caséeusc, nodulairc, caractéristique de la tuberculose (Granrlclier)?
doit-il être considéré comme un corps étranger (Laënnec)'! est-ce
un produit d'inllammatioa (Broussais)? est·ce le résultat d`un trouble
nutritiI` ayant pour principe une cachexie quelconque (Damaschino}?
doit-on le considérer comme une inflammation spéciale, peut·étre
specillque (Thaon)? ou doit·on le classer parmi les lésions avancées
ou ultimes des maladies constitutionnelles, sans appartenir en
propre it chacune d'elles (Ferrand)? les granulations et le tuber-
culo no sont-ils que les deux degrés d'une seule et mème maladie
(Laënncc, Boucliut, Dance, RuI`z,Gerliaid, Piet, Vnlleix, Becquerel,
Barnier, Rilliet, Barthez)? le tubercule n`est-il qu`une simple lésion
(Ed. Labbé)? ou est·ce le produitanatomique de la phthisie pulmonaire?
est-il le résultat d'une néoformation vasculaire, d'une accumulation
de cellules lymphatiques, d'une prolifération de cellules endotlié- ·
liales?
Pour nous, comme pour M. H. Bouley, le vrai tubercule, celui
· de la plitliisie, est: · l`expressi0n d’une irritation locale causée par
la pullulation sur place d'éléments vivants qui sont les agents de
la virulence de la tuberculose, et donnent seuls à cette maladie
son caractère spécifique. ·
 

— H3 — .
Le péritoine peut être phlogosé et tuberculisé; il peut
enfin y avoir péritonite avec épanchement — homme —
(Villemin, Féréol, Fernel, Virehow). Or, M. Mégnin et
nous avons souvent rencontré des poules atteintes de
phthisie péritonéale.
En tant que symptômes, il n’y a pas l’ombre d’une
dilférence entre les effets généraux de la tuberculose de
l l’homme ou des animaux et la phthisie parasitaire de la
volaille: des deux cotés, il y a une période de début
obscure et latente qui peut durer longtemps, douze mois
et plus chez l'homme et huit mois chez l’oiseau; c'est
ainsi que certains tuberculeux humains peuvent vivre
plusieurs années avec toutes les apparences de la santé et
ne voir leurs tubercules se révéler par aucune manifesta—
tion extérieure. Suivant l’expression si juste du D' Ver-
neuil, ce sont des tuberculeux en puissance. Sont en
puissance aussi les animaux d’abaltoir qui montrent des
lésions tuberculeuses incontestables, et dont la viande
a le plus bel aspect; sont en puissance encore ces belles
volailles qui ont conservé jusqu'à leur mort - naturelle
ou accidentelle — un grand état de graisse impliquant
les meilleures qualités alibiles de leur chair. f
Ne semble—t·il pas que, chez tous ees etres, l'organisme
a, par suite d'une première inocuiation, cessé de consti-
tuer un milieu de culture favorable au développement
de l’élément vivant de la tuberculose?
N'est-il pas vrai que, dans une telle situation, les
` instincts génésiques des malades sont plus développés:
que. chez la vache, par exemple, les chaleurs s’accentuent,
de même que, chez la poule, un échaulfement inexplicable
augmente les produits de la ponte?
Ces symptômes peu marqués et fort équivoques, sont _
ll
i

— lüi ——
. susceptibles d’entrer dans une période de paroxysme sous
l`influencc de causes extérieures ou individuelles. — Les I
volailles du domaine d'Eu en ont fourni un exemple
frappant au moment des grandes pluies printanières.
Vient ensuite la toux constatée dans les deux maladies;
la gene de la respiration est manifeste surtout au moindre
effort du sujet malade; les jetages par le nez ou la bouche
et la fétidité de l`halcine sont observés, ainsi que des
claudications à cause parfois inexplicable. Autant de
symptomes qui s`aggravent lentement; de même que les
poils des animaux phthisiques se piquent, de meme le É
plumage des oiseaux se hérisse, perd tout son brillant È
et la mue ne s’efl`ectue plus. La nutrition est amoindrie,
les malades maigrissent rapidement, on leur voit les os
(les côtes chez l’homme ou les animaux, et le stcpnum
chez l`oiseau). C’est alors qu’on remarque ordinairement
des diarrhées plus ou moins persistantes, diarrhées dues
à une atonie du tube digestif, ou encore à une altération
des intestins; alors aussi le ventre se gonfle et contraste
par son volume avec la maigreur décharnée du corps.
Les muqueuses sont pâles ou bleuàtres, l`appétit devient
capricieux ou irrégulier,la calorification baisse; l’h0mme,
comme l`oiseau ou l’animal, tombe dans le marasme et
la consomption, et ne tarde pas à atteindre le but fatal.
Nous n‘avons jamais vu chez l`oiseau la maladie être
enrayée par l'enkystement des exsudats ; mais nous
avons vu la mort être aussi la conséquence d’hém0rrha—
gies pulmonaire ou intestinale et venir à la suite de
convulsions, d`accès d`épilepsie et de paralysies analogues
aux accidents constatés chez les enfants affectés de
méningite granuleuse ou tuberculeuse (Bouchut, Péter, I
Raynaud, Rendu, Chantemesse).
— l

— 155 —
La phthisie humaine s’améliore dans les altitudes
(Gauster) (l). Or, nous n'av0ns jamais constaté la tuber-
culo-diphthérie de la volaille sur le sommet des collines
du pays que nous habilms. Nous u'y avons pas vu
davantage la tuberculose des vaches, tandis qu‘clle règne
à l’état endémique dans les deux vallées de la Bresle et
de l’Yères qui coupent longitudinalement les plateaux
de la même région.
Uétiologie de la phthisie est soumise à l'élernel|o
scission qui séparera longtemps encore ceux qui ont foi
dans la Panspermie et ceux qui n`y croient pas. Nous
sommes avec les premiers, car admirateur passionné des
idées de M. Pasteur (2) et adepte convaincu de l’excellence
de ses doctrines, nous croyons fermement que les conta-
gions en général et la tuberculose en particulier sont
des maladies micro-parasz'taz'1·es.
. La phthisie, une fois développée, est-elle contagieuse?
Les idées émises sur cette question se partagent en deux
(l) Gauster. Collège média. de Vienne. Séance d'a1·ril l88?.
(·Z) On ne saurait trop exalter ce grand homme dont le nom est
si illustre dans les annales de la science universelle et pour qui
sonnent bien haut les trompettes de la renommée.
La conception de sa doctrine, loin d‘ètre une simple vue de
l'esprit, est assise solidement sur la base rigoureuse et inébranlable
de l`expérimentation.
Ce n'est pas un système, c`est une méthode!
Or, · la méthode est le levier des découvertes, - a dit Bacon.
De là, cette découverte merveilleuse, la Panspermie qui a fait
le tour du globe en · s'imposant aux plus réfractaires — selon
Vexpression de M. Bouley — par la force mème de son évidence. ·
De là aussi les résultats inespérés de ces vaccinations qui,
pour nous servir du langage élevé du 1)* Vulpian • jettent un éclat
incomparable sur notre pays. · ·

I
- 156 —
courants bien distincts: les uns contestent la contagiosité
et les autres l’aftirment. Ccs derniers s‘appuient pour
exprimer leur opinion sur des études cliniques d’abord :
c'cst ainsi qu’en médecine humaine on reconnaît que
la tuberculose peut revêtir les allures d’une maladie
· infectieuse; (du Castel, Grandcher, Vallin, Kiener, Ville- ,
min) (1); (Bergeret, Debove, Musgrave-Clay, Hyades,
Corradi, Vallin, Jorissenne, 1`eissier), placent au- dessus
des causes prédisposantes et occasionnelles une cause
supreme, la contamination. Les expériences de Tap-
pciner (2), de Berteau (3), de Giboux (4), ont prouvé ‘
la nocuité de l`air expiré par les plithisiques; — inocula-
tion mésologique dont la preuve n'est pas encore faite
pour l'oiseau.
( _ La tuberculose est transmissible entre époux (Morton,
Verneuil, Babes, Corail, Fernet (5), Guérin, Devay (6),
Damaschino, Mac-Dowell, Weber (7).
Pasteur est avec ces hommes - dont parle un grand penseur, \
M. V. Duruy — · qui, de temps en temps, laissent tomber du haut
de leurs études austères, quelques vérités pratiques que Findustria, `
Vagriculture et la médecine recueillent, comme celles qui se sont
échappées des mains de Papin, d‘Ampère et de (lhevrenl. •
Puisse ce livre être compté parmi les plus petites pierres du
monument que le monde savant voudra élever ii la gloire immor-
telle de Louis PAs·n:un, ce bienfaiteur de l'humanité dont le puissant
génie a su dompter la rage :
La rage! Ah! que ce monstre impur disparaisse du monde!
(I) Recueil de méd. vélér. par H. Bouley et Reynnl. 1869.
(2) Tappeiner. Arch. für. anal. 1878.
(3) Dculsc/t arch. für Klin méd. 18Sl.
(4) Bulletin de l'Académic des sciences. 1878-1882.
(5) Société méd. des hôpitaux. Séance de décembre. 1884.
(6) Devay. Traité spécial de Vhygiène des familles. 1858.
(7) Drilisli mcd. journal.
` I

' — l57 —
MM. Landouzy et H. Martin, par des expériences
remarquables, ont provoqué des tuberculoses généra-
lisées au moyen de l’in0culation de fragments de poumons
sains de fœtus de phthisiques, de parcelles de placenta
non altéré mais issu d’une femme tuberculeuse (l).
Eniln le D' Gonheim a introduit de la matière caséeuse
— comme nous-même l'avons fait chez l’oiseau — dans
la chambre antérieure de l’œil d'animaux, et il a assisté
à la tuberculisation progressive de l`iris et de la choroîde
d’abord, puis à sa généralisation dans tous les visceres. ·
Chez les animaux, on a vu la maladie se propager
et régner pour ainsi dire épizootiquement (Galtier); des
cas de contagion par cohabitation (Kiener), par les bois-
sons et les aliments, ont été signalés (Cruzel) (2).
ll paraîtrait mème, que des étables où auraient séjourné
des sujets phthisiques et qui n’auraient pas été désinfec-
tées, ont pu transmettre la maladie aux animaux sains
qu`0n y introduisait (Ftîchling, Krünitz, Zangger et
Lydtin (3, 4).
La phthisie de l‘homme ou des animaux (5) est-elle
inoculable?
(1) Revue de méd. 3* année. 1884.
(*1) Traité des maladies de l‘espèce bovine.
(3) Rïchling. Dissertation d‘utilité générale. 1774.
(4) Krünitz. Encyclopédie. Berlin. 1787.
(5) La phthisio existe aussi chez tous les animaux: c'est ainsi
que le bœuf peut etre frappé de tuberculose dont les caractères
principaux et essentiels demeurent les memes que dans l'espèce
humaine. ·
Le singe estsouvent, très souvent tuberculeux, surtouten captivité
où cette affection est une des causes les plus fréquentes de sa mort.
Pour ce qui est du cheval, nous avouons n'avoir jamais constaté

— l58 — «
La démonstration expérimentale de la contagiosité de  
' la tuberculose n'a pas encore nsservi tous les Suffrages : A
les principaux défenseurs de cette thèse sont MM. Ville-
min, Martin, Kiener, Chauveau qui ont pu transmettre
de visu la maladie dans Vespece. Du reste, les avis des auteurs
qui se sont occupés de cette question pathologique, sont tres
partagés: c'cst ainsi que Adam, Gcrlach, Lydtin et Zundel ne
reconnaissent pas la phthisie chez le cheval, tandis que d`autres et
parmi eux Gotti, Héring, Hagen et Muller veulent bien l'admettre
dans des cas cependant fort rares; à côté de ces observateurs, il
en est qui au contraire la veulent fréquente, tels sont Borhauer, ,
Delafond, d'Arbeval, Dupuy et Gurlt. î
Plus récemment, en 1884, M. le professeur Trasbot de l'Ee0le '
vétérinaire d`Alfort, a fait une communication à la Société centrale Ã
de médecine vétérinaire, sur un cas de tuberculose chez le cheval, ‘
démontrée par l’examen liistologique des lésions. Les tubercules
contenaient des cellules géantes caractéristiques et un grand nombre
de bacilles spéciaux ii cette affection, décelés par le procédé de
coloration d`Erlich, et par le réactif special à ce microbe, l'acide
nitrique au tiers, qui ne le décolore plus lersqu’il a subi l‘action du
violet de Bùle, tandis qu'il décolorc tous les autres.
Cette o` servation jointe ii celles de M. le professeur Koch de
Berlin, semble démontrer que la vraie tuberculose équine existe,
et que : · cette forme morbide parait tenir, chez le cheval, le milieu
entre celle du bœuf et celle de l’l1omme. · (Iferur für Thicrheil·
lrundc amd T/iîerzuc/il. Vienne, ISS4).
Il est donc probable que beaucoup de prétendus cas de morve
chronique, jugés comme tels jusqu`à présent, n'étaient pas autre
chose que des manifestations de la tuberculose.
Celle-ci est rare chez les carnassicrs, cependant Perroncito,
Roustan, Ercolani, Kebs et Koch en ont rapporté quelques cas.
S`il ne nous a pas été donne de 1`obsewer comme eux sur des lions
et des panthères, nous |‘avens vue plusieurs fois sur des animaux
plus modestes, chez le chat et chez le chien; il y a quatre ans, ce
fait s`est encore presente à nous sur un chien de chasse grilfon
L

—- 159 —
la maladie de l'homme aux animaux: le premier, le
second et le troisième en inoculant et introduisant dansles
organes digestifs - de chiens, chats, lapins et cobayes —
le jetage, les crachats desséchés provenant de personnes
phthisiqucs ; le quatrième expérimentateur a opéré
par injections hypodermiques et vasculaires sur des
veaux, des chevaux et des lapins. Des médecins grecs
Demct, Paraskera et Zallonis vont plus loin et disent
avoir tuberculisé un homme en l’inocnlant avec la matière `
appartenant lt M. le D' Lemarchand du Tréport, que nous avons rendu
témoin des lésions caractéristiques qui avaient envahi, sous forme
de tuberculisation, les poumons de ce sujet. -· Ceci est en oppo-
sition formelle avec tous les écrits des pathologistes, qui ont été
unanimes à nier la possibilité d‘un pareil fait. lls admettent seu-
lement chez le chien la tuberculose inoculée, qu‘ils n'auraient
encore obtenue que très diilicilement et avec une dose de poison
considérable.
L`espèce ovine ainsi que l`espèce caprine ne sont qu'cxception-
nellement atteintes de phthisie : tout au moins d'.·\rboval, Delwart,
Lafosse et Lydtin l`ont atlirmé, tandis que MM. Roll etVillemin la
nient; — ajoutons que nous ne l‘avons jamais observée.
La tuberculose du lapin et du cobaye est évidente.
La phtliisie des reptiles, des poissons, des mollusques, des crus-
tacés et des insectes aurait été signalée par Harisson et Newport;
la cause de cette affection serait peut-ètre la grégarine dont plu-
sieurs espèces ont été rencontrées dans les animaux à sang froid;
la plus grande du genre, assez fréquente dans l‘intestin du homard,
a été récemment étudiée par M. Van Beneden. Enfin, il appert des
expériences récentes de M. Toussaint, que la tuberculose existe
réellement chez le porc où elle se présenterait ordinairement avec
des caractères analogues aux caractères que manifeste la phthisie
galopante de l‘espèco humaine; c‘cst donc avec raison que Spinola,
Albrecht, Rolotl`, Schütz, Sanner, Bollenger, Trasbot, Mandel,
Lydtin et Koch l`ont admise.
 

- 459 _
tuberculeuse — crachats — provenant d’un phthîsique,
expérience qui date de 1869. Des faits accidentels du
même ordre ont été cités par M. Verneuil: Laennec et
un interne des hôpitaux qui se sont inoculé la tuber· '
culose en pratiquant des autopsies. Dans ces dernières
années, la transmissibilité de la tuberculose a été obtenue
par le lait (Peuch. l880), par les aliments (Galtier), le
jus de viandes chauffées, les viandes crues, la salive, le
mucus nasal et l’urine (H.Toussaint. l88t; Arloing. 1884).
A l’étranger, meme succès par Vingestion des chairs
d’animaux tubcrculeux (Harms, Hœckel, Gunther, Zün,
Allemagne. i87t-1872).
Il résulte de l'énoncé de ces faits, que les preuves
cliniques et expérimentales de la contagiosité de la tuber-
I culose sont aujourd`hui assez nombreuses pour qu’on
puisse conclure, avec tous ces savants, que la phthisie
est transmissible par dilférentes voies : inoculations
directes, injections sous~cutanées et ingestions digestives.
Quel est l‘agent actif de la virulence ?
Pour M. Chauveau, cet agent serait constitué par des
granulations analogues à celles de la morve. Suivant
M. le professeur Toussaint (I) de l’École vétérinaire de
Toulouse, le microbc dc la phthisie serait un micrococcus
qu’il aurait obtenu par semis dans certains liquides
_ favorables à cette culture. M. Koch (2), de Berlin, a
également reconnu la nature vivante de la tuberculose,
(I) Toussaint: « Sur le parasitisme de la tuberculose. » Commu- —
nication a |'Institut. Académie des sciences. l88l.
(*2) H. Bouley. La nature vivante de la contagion. Leçons do
pathologie comparée professées au Muséum. t882-i883.

— tôt —
et il a démontré d’une façon irréfragable qu'on peut culti-
ver et ensemencer le contage qui lui est spécifique. Mais
ce contage, il l`a vu sous la forme de bacilles, c`est-à-dire
de baguettes morphologiquement semblables à celles du
charbon. Il pense que c’est dans un état embryonnaire et
sous forme de spores que ce virus pénètre dans l'orga—
nisme pour s’y développer et donner naissance à la
bactérie ou bacille tuberculeux.
La rigoureuse exactitude des faits constatés par le
D' Koch a été affirmée par M. le professeur Cornil, qui
les a contrôlés de concert avec M. le D' Babes.
Le même bacillus a été rencontré depuis —— dans les
organes, dans les liquides de l'économie ou dans les
crachats desséchés des malades — par un certain nombre
de cliniciens distingués, entre autres MM. P. Guttmann,
Charnley, Smith, Siredey, Malassez, Benda, Baguiski
(1), G. Sée, Debove (2) et Bollenger. Ce dernier a reconnu
la présence des bacilles de Koch dans le parenchyme
pulmonaire et le sue laiteux des glandes mammaires
d’une vache atl`ectée de la pommelière. Et ces petits
vampires y sont nombreux, car il paraît qu’un millimètre
cube de poumon tuberculeux contient cinq milliards de
de ces bacilles.
Cette contradiction entre les faits avancés par les
expérimentateurs Toussaint et Koch n`est peut-être
qu’apparente, et il est à présumer que la conciliation
résultera de ce que le microbe de la tuberculose peut se
(I) Société de méd. Berlinoise. Séance de Nov. t883.
(*2) Debove. De la tuberculose parasitaire. Cours professé à
l'Hôpital de la Pitié. I883.
L

— i62 —
montrer sous deux formes distinctes, expressions des
deux phases de son évolution. « Quoi qu`il en advienne,
dit M. Bouley, de la solution de cette question, un fait
demeure avec toute sa signification, à savoir: la trans-
mission de la tuberculose par lînoculation des éléments
vivants que l’on fait sortir des produits tuberculeux, par
Yensemencemcnt dans des milieux de culture appropriés,
des matières qui les constituent. »
Nous abordons, non sans hésitations, le point le plus
délicat de notre parallèle que nous scindons en deux
questions. La première est celle-ci : existe-t—il chez
l’oiseau de véritables lésions tuberculeuses, dans le sens
qu`il convient d'attacher à ce mot, et ces lésions appar-
tiennent-elles à la tubercule-diphthérie des oiseaux ?
ll est une loi de pathologie générale qui dit que « les
produits morbides ne révèlent pas toujours la nature
d’une maladie. » En elïet, n`est-il pas démontré, dans
l'espèce humaine, que la granulation et le tubercule sont
deux produits de structure dilférente et cependant de la
même nature, — ce qui fait qu'en supposant mème des `
dissemblances histologiques marquées entre la composi-
· tion du tubercule de l'oiseau et celle du même produit
humain ou animal, on 11'aurait pas encore la preuve de
leur dissemblance pathologique.
G'est en se basant sans doute sur la seconde partie de
cette loi ainsi énoncée : « Des produits ayant méme
structure comme le pus, Pépithélium, le tissu libro-
plastique et les fausses membranes, se produisent sous
l’in!luence de causes toutes dillérentes et dépendent de
maladies n'ayant entre elles aucun rapport de nature ni
de causalité » — c‘est, répétons-nous, en se basant sur ce
principe médical, qu’un célèbre docteur s’élève contre

- lf}3 —-
la tendance qu’ont les anatomo-pathologistes vétérinaires,
à prendre toute production morbide qui a la forme d’uu
petit nodule gris ou jaune, comme une manifestation
de la tuberculose. « On ne saurait trop, dit-il, combattre
cette opinion que la tuberculose résulte d`une sécrétion
d’une substance spécifique, se révélant par les caractères
d’une consistance spéciale à laquelle on a donné les
qualifications de caséeuse et de tuberculeuse.
» L’aspect caséeux, loin de caractériser cette produc-
tion morbide, est le résultat de la transformation régres-
sive exercée sur toutes sortes de produits pathologiques.
Au lieu d‘ètre un état initial, il est au contraire un des
derniers termes de l'évolution du tubercule. »
Nous admettons sans peine avec cet éminent professeur,
que la matière caséeuse n’est pas le signe évident de la
phthisie. On aurait tort d'affirmer, par cela meme, que
certaines affections (l) sont identiques à la tuberculose,
ou méme appartiennent à la même famille, il n’en est
rien ; _et ces maladies qui ressortissant à des causes locales
dont les désordres sont proportionnés au nombre et à
l'importance des organes envahis, ces maladies ne relèvent
pas de la grande entité morbide qu'on appelle phthisie
tuberculeuse.
(l) Pncumoslrongylie des bétes ovines;Slrongylux/ilnria (Landrin
et Marchand, 1868). Ilranchile ecrmineuse du veau et du porc;
Slrongylus mirrucus et Slrongylus paradozus ou elongalus (Cohn,
lS66). Phlliisie vermîncuse du chat; nématoide (Cohn, l868).
Cac/irzîe icI¢‘r0-rermineuse du mouton; Disloma IupaIicum(Zundel).
Citons encore comme appartenant à Vespece humaine, une maladie
analogue, Oligoéniie pernfcieusc des travailleurs du St-Gothard;
ankylostomc ou Doclnniizs duodenalîs (Dubini).
g

- gg; ..
Les noyaux kystiques que leurs parasites déterminent
sont, des noyaux de pneumonie provoqués par les néma- 4
toïdes, des résidus de kystes acéphalocystiques, du muco-
pus accumulé dans les ampoules bronchiques, tous
produits susceptibles de régression; ce sont, en un mot,
des tubercules helminthûmyues non inoculables.
A ces maladies, nous accordons à peine le nom géné-
rique de pseudo-p/zthzlsics.
Mais est-on en droit de tenirà l'égard du tubercule  
_ de l'0iseau, pareil langage? Nous répondrons par la ‘
négative: Si, en effet, rien n'autorise dans l’état actuel
de la science, à différencier anatomiquement l’exsudat
diphthéritique de la volaille, de celui dont la cause est
simplement inflammatoire , on n'ignore pas non plus
que le tubercule proprement dit de l’homme ou de l’ani- .
mal « n'est pas histologiquement différent du tubercule
qui se constitue autour de l'épîne irritante que représente
un stronglc, ou un œuf, ou une larve de filaire des
vaisseaux. » (H. Bouley). _
Mais où la différence fondamentale se manifeste entre
ces divers processus, c`est quand on tente de les inoculer
à des individus sains: l’opération réussit avec le tubercule
de la phthisie humaine comme avec celui de la phthisie
des oiseaux, et l'on fait sortir des animaux qui ont subi
l‘in0culation, une maladie identique à celle qui leur a été
transmise, tandis qu’on échoue dans toutes les tentatives
analogues faites avec le tubercule traumatique, inflamma-
toire ou helminthiasique.
C‘est là que se trouve le critérium qui seul permet
de les distinguer.
Ceci dit, passons à la deuxième partie de la question
qui, du reste, complète et explique la première. Cette

... 455 ..
question, la plus brûlante du chapitre Parallèle, peut
se poser ainsi : La tuberculo-diphthérie de l‘oiseau est-elle
sa vraie phthisie, comme la tuberculose de l‘homme et
des animaux est la phtbisie vraie de ces espèces?
Réponse 2 oui! '
Nous sommes, en effet, en présence de deux maladies
générales, contagieuses, inoculables, virulentes et para-
sitaires. `
Elles sont générales — quoique pouvant se localiser
dans un organe ou un appareil d'organcs — et l’on a vu
que les effets du mal ne sont pas toujours proportionnés
ni en rapport avec l’étendue des troubles fonctionnels
des organes atteints.
Elles sont contagieuses; non seulement la clinique
l’enseigne, mais des preuves plus convaincantes de cette
contagiosité sont fournies par les expériences positives
d`inoculation, lesquelles ont permis de faire pulluler les
. éléments de la maladie alors qu'on les plaçait dans un
milieu favorable à leur culture. La maladie expérimen-
tale s'obtient dans les deux cas par des moyens identiques,
et en se servant des produits similaires.
Elles ne sont ni l`une ni l'autre de simples dispositions
morbides manifestant leurs effets sous les premières
influences venues : elles relèvent au contraire <l’un agent
unique, spécifique et virulent. Cette virulence est partout `
dans les organismes infectés, et ce caractère commun de
diff`usion de la propriété virulente établit entre ces
maladies des rapports de similitude très étroits.
Enfin, s'il est vrai que l'une et l’autre de ces deux
affections sont parasitaires, et en plus toutes deux bacil-
laires, on ne peut plus invoquer pour les différencier,
comme on eût pu le faire autrefois, le parasitisme de la

— 460 — A
tuberculo·diphtl1érie des oiseaux et la nature diathésique j
—— dans le sens ordinaire du mot—~de la phthisie humaine
ou animale.
En ajoutant à ces jalons do parallèle, les analogies
symptômatiques et anatomo-pathologiques signalées plus
haut, analogies qui, prises isolément, ne fournissent assu-
rément pas une base suffisante de comparaison, mais É
qui, jointes aux autres preuves, constituent alors un fort
appoint pour les renforcer, en réunissant lc tout en un
faisceau compact, Vobservateur attentif saisira, nous le
pensons du moins, un air de famille entre les maladies
qui sont l‘objet de cette étude. j
La tendance aux recherches de pathologie comparée
se manifeste de plus en plus; nous demandons donc
qu'on veuille bien considérer cette étude comme une
faible manifestation de cette tendance : car tout est
exposé trop sommairement pour pouvoir fournir des
éclaircissements bien utiles à l'important objet auquel elle
se rapporte.
Le moment n’est peut—étre pas venu pour ces deux
maladies, — dont l`une a été si peu étudiée jusqu’à
ce jour ·- de les comparer avec fruit, comme l`on com-
pare les affections vaccinales, charbonneuses, rabiques,
typhoïdes et autres de 1‘homme et des animaux. Du reste,
nous revendiquons en faveur de la tuberculo-diphthérie
des oiseaux et de la tuberculose humaine ou animale,
non l'identité, mais seulement une intime parenté,
et nous reconnaissons que c’est aux recherches précises
de la microscopie qu'il appartient de dire le dernier mot
sur cette matière délicate.
  V

— IG? —
CHAPITRE V.
Pronostic. — Hygiène et Traitement.
Celui qui a vu, comme nous, à différentes reprises, la
tuberculo-cliphthérie exercer ses ravages, n’l1ésite pas à
en proclamer toute la gravité.
Elle est grave de par son essence meme; et son pouvoir
contagieux, aujourd'hui bien démontré, la classe au nom-
bre de ces maladies infectieuses et parasitaires qui font
encore actuellement le désespoir du thérapeutiste.
Sans doute, elle ne foudroie pas ses victimes ainsi que
le font le choléra et la septicémie, mais elle ne les tue pas
moins sûrement ; et si parfois son action est assez
prompte, le plus souvent elle procède avec lenteur; faisant
pénétrer ses germes au sein des organes internes, elle
apporte à leur fonctionnement un obstacle invincible. et
entraîne ainsi fatalement la mort.
Aussi doit—0n tout mettre en œuvre pour éviter l`inva—
sion d`un tel fléau, et le meilleur moyen, à coup sùr, est
l`application raisonnée des regles de l`hygiene. Car, c'est
ici ou jamais le cas de mettre en pratique ce vieux pro-
verbe : « ll vaut mieux prévenir que guérir. »
Nous savons que les fermiers et les petits métayers ne
voudront pas, ou méme ne pourront pas s'astreindre à
des dépenses relativement considérables. En pareil cas,
parler d’une installation plus hygiénique, d'ime meilleure
disposition des locaux, serait s`attirer pour unique
réponse, un haussement d’épaules significatif. ll vaut

— 168 ——·
mieux ne leur demander que de simples mesures de pru-
dence et se contenter de leur dire « qu’ils doivent, autant
que possible, ne pas négliger les soins de propreté dans
leurs poulaillers et leurs pigeonniers. » Ces locaux sont
souvent, en effet, infectés par les émanations d’épaisses
couches d'immondices laissées à demeure, afin, suivant
le dire de ces braves gens, d’entretenir la chaleur du
local. D'un autre côté, on tient toutes les ouvertures
closes pendant la nuit, ce qui est nécessaire dans les
constructions actuelles, pour préserver les oiseaux de
l`invasion des animaux carnassiers ; de sorte que, d'une
part à cause de l’exhalaison des immondices, de l`autre
par suite de l‘accumulati0n d'un nombre trop considéra-
ble de volatiles, l’air se trouve extrèmement vicié. Or, il
ne faut pas oublier que c'est précisément dans de sem-
blables conditions d’habitation malsaine, que les orga-
nismes subissent l'invasion des agents infectieux.
Il ne serait pas non plus exorbitant de prescrire aux
ménagères un lavage général à l'eau bouillante des per-
choirs, des murs et du sol, lavage qu’on ferait suivre
d'un blanchiment à la chaux. Ces opérations pourraient
être effectuées deux fois par an etrenouvelées plus souvent
en cas de maladie.
Si, en outre de ces précautions élémentaires (nettoyage
des immondices et lavagecomplet des locaux), le fermier
` a le soin de distribuer à ses hotes emplumés une nourri-
ture saine et une eau propre ; si, de plus, il fait chaque
année du sang neuf, par le renouvellement de tous ses
oiseaux, il aura grande chance d‘éviter toutes les maladies
dont il a tant à redouter.
Nos conseils s’adressent-ils, au contraire, à des ama-
teurs, ce qui était impraticable pour le fermier devient

— 469 —
ici chose faisable. non seulement parce que l‘amateur
favorisé de la fortune, met son plaisir à créer un pou-
lailler modèle, mais parce qu`avec des oiseaux de prix,
ces mesures seront encore les plus propres à sauvegarder
ses intérêts.
Veut-on mettre les volailles dans les meilleures condi-
tions, pour que les maladies sous les formes endémique
ou épidémique ne les atteignent pas, ou, tout au moins,
pour qu’elles les frappent moins cruellement, il est
urgent de fortifier leur organisme, lequel résistera alors
beaucoup mieux aux influences morbides de tout ordre
qui les entourent trop souvent.
Nous dirons, d’une façon générale, que les locaux des-
tinés aux oiseaux domestiques doivent étre spacieux, à
ouvertures larges, pour laisser pénétrer des flots d‘air et
de lumière si utiles à tous les etres vivants. Ces memes
ouvertures, qu`011 pourra ouvrir et fermer à volonté,
seront exposées au sud-est, afin d’éviter les vents froids
du nord et les chaleurs torrides du midi. Le poulailler
doit ètre pourvu de ventilateurs construits de façon à
assurer l’écl1ange avec l'air extérieur, tout en évitant de
donner accès aux belettes et aux renards, ces ennemis
héréditaires de la gent volatile. Le choix de l’emplace-
ment où sera construite la petite habitation, n‘est pas
_ non plus indifférent: et le poulailler, le pigeonnier et la
volière seront situés.à l'abri des courants d'air et de
l'humidité. Un auvent bien conditionné les entourera, et
c'est là que l’oiseau qui n'aime pas à rester enfermé aux _
heures de la lumière, viendra prendre ses ébats, pendant
les jours de pluie et de neige, et chercher, durant l’été,
le moyen de se soustraire à un soleil trop intense. Des
cours vastes, sablées ou gazonnées, entoureront les
l2
i

— HO —
locaux, cours que l`amateur disposera ingénieusement
· de façon à séparer les espèces et les âges, cours enfin
plantées d'arbres où les oiseaux aiment tant à percher.
Cette question des milieux est d’une importance telle
que nous croyons devoir lui consacrer, ici, un chapitre
spécial où seront brièvement décrits, à titre de modèles,
deux établissements gallinophiles : le poulailler de la
ferme du domaine d’Eu appartenant à M. le Comte de
Paris, poulailler que l'on peut considérer sans emphase
comme parfait, au point de vue du confort et de l‘hy-
giene; et ensuite les parquets de l’élevage de ltomesnil,
où l`on reconnaît, à chaque pas, la main expérimentée de
l’amateur distingué qui en est le propriétaire.
Le poulailler du Parc est une annexe de la ferme du
méme nom, annexe entièrement isolée des autres cons-
tructions.
Plus d’un hectare de terrain est exclusivement réservé
à la gent volatile, dans un magnifique vallon protégé
contre la violence désastreuse des vents de mer par les
collines boisées qui le dominent. Dans un espace aussi
étendu, les oiseaux sont véritablement en liberté, et l`0n _
combat ainsi les dangers toujours inhérents aux grandes
agglomérations.
Un grillage à claire-voie, d'unc hauteur de deux
mètres, forme enceinte autour de ce parc et en interdit
complètement l'accès aux animaux carnassiers qui ont,
pour les hôtes de nos basses-cours, une tendresse dan-
_ gereuse.
La superficie du parc est unif`ormément gazonnée à
l`exception toutefois d'unc petite allée de service qui est
recouverte ai dessein de sable et de gravier de mer, dont
les poules fout une ample provision nécessaire à leurs

I
— VH —
besoins physiologiques. Sur cette immense pelouse, les
poules et surtout les poussins prennent de l'exercicc : on
les voit courir à la recherche des vers et des insectes et
becqueter souvent l'herhe qui doit les rafraîchir. Trois
arbres magnifiques, un platane et deux hêtres, forment,
en trois points différents, de délicieuses oasis au frais
ombrage. Les volailles qui recherchent volontiers, aux
heures les plus chaudes des journées d`été, ce )9·a'gus upa- ·
cum dont parle Virgile, préfèrent de beaucoup ces refuges
bien aérés à l`abri qu’elles peuvent également trouver à
l‘intérieur du poulailler.
L'habitation occupe le milieu du parc. Elle représente
un quadrilatère dont le grand axe est dirigé obliquement
du nord-est au sud-ouest. Nous ne vanterons pas les
beautés architecturales de cette construction : la splen- ‘
deur de Yenisemble, le merveilleux des détails, le pitto-
resque qu'ofl`re son toit rouge tranchant sur le beau vert
de la pelouse. Ce que nous tenons à faire ressortir, ici,
c’est l'entente des règles de l’hygiène qui a présidé
minutieusement aux soins d'une telle installation. ,
Par suite de sa forme rectangulaire, la construction
présente quatre faces : deux petites et deux grandes. Des
deux petites, l`une regarde le nord-est et l’autre le` sud-
ouest. Leur longueur est de cinq mètres. Elles sont pré-
cédées chacune d’un abri faisant corps avec le poulailler.
lfabri est un carré parfait de six mètres de côté ; son sol
est cimenté, et de grandes cloisons mobiles lîentourent
pour protéger au besoin les oiseaux contre la pluie ou ·
la neige, alors qu`au moment du repas les gallinacés
s’y réunissent.
On a percé dans le mur extérieur, à chaque extrémité
du poulailler, une fenétre grillée ; immédiatement au-

—— H2 —
dessous est disposé un robinet procurant l'eau qui sert
à des usages multiples; plus bas encore et au niveau du j
sol, a été placé un petit abreuvoir fort ingénieusement
conçu, où les poules trouvent une eau pure incessamment
renouvelée.
Le poulailler est long de seize metres : des deux
grandes faces, l’une, qui regarde la mer, est munie de
quatre fenetres grillées et garnies de volets, plus trois
grandes portes s’ouvrant toutes sur les chambres de ce
local. Les portes sont pleines et servent pour le nettoyage
des appartements et la cueillette des œufs.
Dans le même mur sont encore percées trois ouvertures 1
réservées au passage des oiseaux; elles sont pourvues g
d’une trappe qui glisse dans deux rainures et peut, au 1
moyen d'un ressort, rester fixée àla hauteur voulue pour
maintenir lib1·e la circulation des poules.
Un auvent fait saillie sur toute la longueur de l`habita-
tion, de telle sorte qu’un passage à see est ainsi ménagé
aux volailles pour aller prendre sous les abris la nourri-
ture qui leur est préparée.
Nous voyons déjà par cet agencement extérieur, que
tout a été combiné pour donner à la maison qu'oceupent
les gallinacés la meilleure exposition qui leur convienne:
celle du sud-est. i
Constatons également combien la disposition intérieure
est ingénieusement comprise. Un couloir fait le tour des
· cotés et du fond du poulailler; il forme ainsi comme une
seconde enveloppe, et entretient un courant d’air qui
sèche et assainit toutes les murailles.
En dedans du même vestibule se trouve l’habitation
proprement dite, divisée en trois compartiments dont un
` I
I
l

— 173 —
grand et deux petits, ces derniers réservés plus particu-
lièrement à l'élevage des poussins.
Chacun de ces compartiments a une issue sur une cour
spéciale, et ils peuvent communiquer entre eux par des
portes qui restent ordinairement fermées. Sur la paroi
du fond et sur les parois latérales des poulaillers, sont
ménagées, dans l`intérieur du mur, un grand nombre
de niches destinées à recevoir les paniers en osier ou
pondoirs pour les œufs. De plus, les compartiments sont
munis de ventilateurs apportant dans ce milieu un air
qui ne se vicie jamais.
Les oiseaux ont encore une infirmerie située a une
grande distance de la basse-cour, où sont mises en qua-
rantaine les poules suspectes de maladie.
En résumé, tout prouve que cette installation est belle
et bien comprise dans son exposition, son étendue, et ses
dispositions intérieures ; les poules y sont logées d’u`ne
façon conforme àleur santé et à leur genre de production.
Si à cela on joint les mesures d'hygiène les mieux
observées: paille fraîche pour recouvrir le sol, soins de
propreté renouvelés chaque matin, on comprendra com-
bien des oiseaux placés dans de telles conditions
doivent étre robustes et offrir des forces de résistance à
l’action destructive des germes morbides de toutes
sortes, contre lesquels leurs organismes ont à lutter
pour ainsi dire incessamment.
La basse-cour de M. R. d`lmbleval n’est pas moins
intéressante à visiter :
Signalons d’abord la bonne installation des parquets
disposés de façon à éviter l’encombrement des oiseaux,
encombrement qui est bien certainement la cause la plus
favorable au développement des maladies contagieuses.

- H4 —
L’élève des poussins telle qu’elle est pratiquée à Romes-
nil, mérite surtout d'etre mentionnée. Qu'on se figure
toute une série de boîtes d’élevage disséminées dans une
allée charmante, au milieu d’un ravissant petit parc.
G'est là, loin de tout bruit extérieur capable de troubler
les poussins dans leur douce quiétude, que les mères
sont enfermées, tandis que les petits peuvent aller courir,
prendre leurs ébats sur l’herbe, et aussi sur une allée
sablée où ils aiment tant à sautiller. Le moindre mur-
mure insolite vient-il à se manifester, on entend bientôt
les cris d'appel des poules et, vite, tous les poussins pas-
· sent au travers des barreaux de chaque cage pour y
chercher un refuge contre les animaux du voisinage. Le
soir, les boîtes sont fermées jusqu'au lendemain matin.
Inutile d‘ajouter que la nourriture et la boisson sont
mises avec soin à la portée des oiseaux.
ll y a encore à Romesnil plusieurs poulaillers destinés
à l‘élevage, où le confort s`unit à Vélégance pour le plus
grand bien—être de leurs hôtes.
Quiconque s`occupe des questions gallines, n`ignore
pas que, depuis quelques années surtout, les construc-
teurs s'ingénient à perfectionner avec un art infini les
appareils d’élevage destinés à aider puissamment l`œuvre
de la nature. Nous citerons, entre autres, la « couveuse »
de M. Bouchereaux qui fonctionne de manière à satisfaire
les amateurs les plus difficiles: avec elle, il est possible
de donner aux œufs le degré de chaleur qui leur convient,
de régulariser cette chaleur, de la rendre humide et enfin
de l’aérer d`une façon constante et naturelle. G’est apres
un examen attentif de ce mécanisme, après l’étude de
son fonctionnement et surtout à la suite des résultats
qu’i1 donne, que nous avons cru devoir modifier notre

— 175 — '
opinion, instinctivement défavorable à tout système arti-
ficiel d`incubation. Nous n'hésitons pas aujourd’hui à
déclarer ce procédé très commode dans bien des cas, et
surtout quand il s'agit de repeupler une basse—cour,
après le passage d’une maladie contagieuse. L`incubation
artificielle n‘ofl`re toutefois des avantages sérieux qu’à la
condition de confier les appareils employés a des per-
sonnes soigneuses, intelligentes et expérimentées.
Les poussins, une fois éelos, ont encore besoin de toute
la sollicitude de l`éleveur. C’est alors que la « sécheusc »
et la « mère artificielle » de M. Voitellier viennent
prendre soin des jeunes sujets trop délicats pour etre
abandonnés impunément à eux·mèmes. L‘amateur a—t-il
recours aux soins naturels de la poule, il peut également
se servir avec avantage des boîtes d`élevage de M. Bou-
chereaux. _
Quand les poulets, arrivés à l`âge de six semaines ou
deux mois, sont assez forts pour se défendre, on les
laisse en liberté avec leur mère qui conduit partout sa
petite famille. lit enfin, lorsqu`ils ont cinq ou six mois, il
faut leur permettre (l’Cfli.t`(’l' dans le poulailler commun.
Notre seul but étant de tracer ici les grandes règles de
l'hygiène, nous n’insisterons pas davantage sur la bonne
installation des volailles ; nous engageons seulement les V
propriétaires de ces oiseaux a rompre avec les habitudes
générales, en s’occupant mieux des soins de propreté si
souvent négligés; le renouvellement de l`eau est indis-
pensable à. la santé, principalement pour les poules de
race pure. En temps ordinaire, l’eau fraîche suffit. Dans
le cas de maladie, c’est bien différent, et la prudence
exige alors que la boisson soit médicamenteuse et rendue
fortifiante par l’addition du sulfate de fer.
 

‘ — U6 —
ll convient aussi d'apporter a la distribution des
aliments, une attention constante. la nourriture des
volailles doit étre composée de substances saines et
alibiles, varier selon leur age. être molle et faite en pàtée
quand il s’agit de l’oll’rir aux poussins, ètre dure et formée
principalement de pain, petit blé, chèuevis, sarrasin,
orge et avoine, |orsqu'elle doit servir aux adultes.
Chez les gallinacés élevés en liberté ou placés dans
une immense basse·cour, il est inutile de présenter aux
oiseaux des matières animales qu’ils peuvent se procurer
sous forme de limaces, de vers et d’iusectcs de toutes
variétés. Au contraire, les met-on en parquets pendant
l‘été, on fera bien de leur distribuer de la viande cuite
pendant toute cette saison (l). Faire encore usage de
calcaire si utile à la formation des œufs, de verdure
donnée à titre de rafraîchissant, de puratifs au bicarbo-
nate de soude administrés aux oiseaux de luxe pendant
les sécheresses de l'été. '
Supposons maintenant que, malgré tous ces soins,
une maladie contagieuse quelconque ait régné dans une
de ces colonies sautillantes, voyons comment ou doit
s`y prendre pour en éviter le retour.
La désinfection des locaux est la première chose à
laquelle il faudra songer. Pour la meneràbien, oula
divisera en une série d`0pératious faites successivement
et avec méthode : c'est ainsi qu`ou ouvrira d’abord portes
(l) Ne pas abuser d'une nourriture trop animale qui pourrait
développer lo picage, maladie terrible caractérisée par la tendance
qu'ont les poules à se piquer et à déplumer aussi leurs compagnes.

— H7 —
et fenetres le plus largement possible, de façon à faire
tourbillonner l‘air jusque dans les derniers recoins du
foyer d’infection; — l’air agit surtout en facilitant l'oxy-
(lation des matières virulentes et en accélérant leur
dessiccation.
Uexpérience de nos devanciers nous a appris que l’cau
bouillante et la vapeur d`eau constituent, comme moyen
de désinfection, une des plus puissantes ressources,
et leur pouvoir désinfectant devra toujours etre accru
par l’addition d’agents chimiques, dont les meilleurs
sont — dans l'espèce —— le chlore, les chlorures et hypo-
chlorites alcalins, le soufre et certains de ses composés,
surtout l’acide sulfureux qui est un antiferment par excel-
lence, l’acide phénique, le phénate de soude et les phénols,
l’acide salicylique qui est le meilleur agent antifermen-
tatif connu et n'a que l‘inconvénient de coûter un peu
cher, — aussi peut-on le remplacer par le salicylate
de fer d`un prix beaucoup moins élevé. Enfin, le sulfate de
fer, le goudron, la chaux, le chlorure de chaux, le
carbonate de soude ct le borate de soude, trouveront
également leur place parmi les agents désinfectants utiles.
A notre avis, le procédé de désinfection auquel on doit
accorder la préférence, serait celui-ci : enlever toutes
les immondices qui recouvrent le sol, faire passer la
brosse jusque dans les plus petites anfractuosités de
l'appartement, gratter les mangeoires, les auges et les
perchoirs, gratter aussi les boiseries, les murs et le sol;
et, après avoir bien balayé le tout, laver à l’eau bouillante
contenant en dissolution du carbonate de soude. Puis,
un temps d'arrèt de quelques jours pendant lesquels
on aura seulement recours à l’aérati0n permanente.
Ce délai passé, l'éleveur amateur lavera de nouveau à
ï

— HB -
grande eau phéniquée composée au centième (l). La
dernière opération consistera en fumigations de chlore
dégagé par l‘action d`un acide fort sur le chlorure de
chaux (2). Il est bien entendu qu‘avant cette opération,
le local aura été bien calfeutré et légèrement humecté.
Ces fumigations seront prolongées pendant plusieurs
heures et renouvelées trois ou quatre fois à plusieurs
jours d'intervalle. C’est alors seulement que les parois
de l’habitation pourront être badigeonnées à un mètre dc
· hauteur avec de l'acide phénique un peu dilué et ensuite
blanchies à la chaux qu`on étendra jusque sur les par-
ties supérieures des parois. Puis, le local sera aéré et mis
cn séquestre pour n'ètre occupé par une nouvelle colonie
d’oiseaux que un ou deux mois après la disparition du
fléau. Nous ne croyons pas ètre exagéré ni pusillanixnc
en demandant un aussi grand délai, car nous basons nos
dires sur une observation minutieuse des faits, qui nous
porte à considérer le virus de la diphthérie des oiseaux
—celui qui nous occupe dans ce moment — comme très
~ résistant. Les auteurs qui ont avancé le contraire —
quant aux grands animaux, puisqu`ils se sont pen ou
point occupés des petits —- nous paraissent s`ètrc trom-
pés; et nous pouvons affirmer que le contage de la
diphthérie des oiseaux ne se détrnitpas l`acilement,meme
quand on l’attaque par des agents puissants.
(l) D`après les expériences de Boxter et celles de MM. Gosselin
et Bergeron, l‘acide phénique serait le produit désinfectant par
excellence.
(*2) Le dégagement de chlore — que l‘on obtient en faisant agir .
le bioxyde de manganèse sur l`acide chlorhydrique — ne serait pas
plus coûteux et offrirait, dans certains cas, Favantage d‘être plus
lent et plus persistant.
 

· — 179 —
ll est aussi nécessaire de s’occuper de la cour dont on
défoncera le sol à une profondeur de 0'“50 cent., sol que
l’on retourne et couvre de gazon, comme cela a été pra-
tiqué à Eu sur une grande échelle. Mais les expériences
de M. Pasteur sur la conservation des germes des affec-
tions carbunculaires, semblent démontrer que ce labour
serait insuffisant en cas de diphthérie, maladie dont la
semence morbigène est aussi tenace que la bactérie;
et au bout de trois à quatre mois — même après avoir
pris soin de semer de la graine et de la laisser lever, —
il serait encore excessivement dangereux de remettre
des volailles sur le mème terrain, si, au défoncemcnt du
sol on n'avait pas ajouté des arrosages désinfectauts (I).
Après avoir laissé ainsi le terrain vide pendant un ou
deux mois, on peut acheter, avec sécurité, un nouveau
stock d’oiseaux. Si on les prend adultes, il ne faut pas
négliger de s’assurer dc l’état sanitaire de la basse-cour
d'où proviennent les volailles que l’on veut acheter.
Il suffit, en eifet, d'un lot ou même d'un seul oiseau
étranger introduit dans un parquet pour y importer les ‘
germes des maladies contagieuses en général, et de la
tuberculo-diphthérie en particulier. On choisira, autant
que possible, des sujets robustes, et non consanguins qui
seront achetés à des amateurs connus. '1`out sujet de santé
douteuse doit etre retourné à son vendeur aussitot son
arrivée à l’élevage, à moins qu’il ne soit atteint d’uno
(I) Le rôle même que M. Pasteur attribue aux vers de terre
ramenant à la surface du sol le germe des bactéries charbonncuses
enfouies à une certaine profondeur, doit étre encore ici une source
V plus grande d`inquiétude, puisque les poules se nourrissent volon-
tiers de larves et de lombrics.

.. gg) ..
all'ection simplement aigue contractée pendant la route.
Dans ce cas, il est évident que le vendeur est irresponsable.
Chaque volaille nouvelle venue dans la basse-cour
sera l'objet de soins spéciaux: on lui badigeonncra les
yeux, les narines et le bec avec de l‘eau phéniquée dans
la proportion d'une cuillérée à café pour un litre d‘eau.
Lorsqn’une contagion a ravagé les hôtes d’un poulailler,
d'un colombier ou d'une volière, il est préférable de
les repeupler avec des œufs au lien d'y introduire des
oiseaux jeunes ou adultes qui pourraient étre les agents
viruligènes d'une maladie spécifique. (Test pourquoi
M. Mégnin —qni a bien voulu, au cours del’épizootie
eudoise, nous aider de ses lumières, — nous écrivait
lt la date du 4 avril 4880: « ll faut avoir bien soin de
ne repeupler une basse-cour qu’au moyen de couvées
obtenues avec des œufs préalablement lavés au phénol
étendu, car la diphthérie est si générale en France main-
tenant, qu’il faut craindre d'acheter des oiseaux adultes. »
Ce nettoyage des œufs estd`autant plus utile que leur
coque peut ètre maculée par des matières excrémenti~
tielles contenant quelques micro-germes. L’acide sulfu-
rique tres étendu d'eau, au millième par exemple,
convient aussi fort bien pour cette opération.
Prenons maintenant un oiseau diphthéritique; quel est
le traitement qu`il convient de lui appliquer?
La maladie dont il est frappé est loin d‘etre toujours
cnrable, et, de même qn’on ne guéritque très exception-
nellement — si tant est qu`on la guérisse — la phthisie
humaine ou animale, de même l'oiseau chez qui la forme
tuberculeuse dc la diphthéric a envahi les poumons,
le foie, les reins et les organes de la reproduction,d0it
etre considéré comme irrémédiablement perdu : le milieu

- l8t —
intérieur de son organisme est devenu impropre à l’entre·
tien de la vie, par la pullulation à l`infini des éléments de
la maladie, et c'est ce qui le voue au cycle fatal. Aussi
tout effort de la part du thérapeute demeure stérile,
, et cela se comprend, quand on réfléchit que le parasite
recélé dans les profondeurs des parenchymes est, à n’en
pas douter, inaccessible à l’acti0n des agents médicamen-
teux. Fùt-il méme détruit par ces agents, qu’il resterait
toujours, au fond des organes essentiels à la vie, des
traces indélébiles de son passage, sous forme de tumeurs
variables de volume et de consistance, mais apportant,
dans tous les cas, un obstacle invincible au fonction-
nement régulier de ces appareils.
ll n‘en est plus ainsi quand les lésions sont localisées
dans une partie accessible aux instruments: la maladie
envisagée sous jcette forme est curable, elle l’est parce
que les tumeurs par elle déterminées, peuvent être
atteintes par le bistouri etles caustiques médicamenteux.
Cela est vrai; mais, hàtons-nous de le dire, pas dans tous
les cas, attendu que, parmi les nombreux sujets qui nous
ont servi d’étude, bien que la forme cutanée, nasale
ou linguale ait été souvent observée, il n’était pas rare
de rencontrer en même temps les organes internes
des oiseaux envahis par les parasites. Ici, comme précé-
demment, la perte de l’animal était certaine, ce n‘était
qu’une question de temps; et l`opération, si bien faite
fût-elle, devait fatalement avorter.
Aussi, dirons-nous: tuez immédiatement une volaille
contaminée, à moins qu’elle ne soit de grande valeur,
car le risque d'infecter toute la basse-cour est con-
sidérable.
Voulez·vous, au contraire, condescendre à lui donner
î

— 182 —
vos soins? armez—vous alors de courage et de patience,
l‘opé1·ation étant loin d’ètre agréable à cause de l'odeur
infecte et sui generzk que dégagent les tumeurs; et
de plus, vous etes exposé a la recommencer plusieurs
fois avant de réussir.
Quelques précautions préliminaires doivent précéder
le traitement, et, avant toute chose, l‘amateur se péné-
trora bien de cette vérité: qu`il est en présence d`une
contagion, par conséquent que tout malade devient un
foyer de multiplication pour le contage, qu'étant mis I
en contact avec des oiseaux sains, il les contamine et ·
que ceux—ci, devenus malades à leur tour, transmettent
l’all`ection autour d'eux et l'étendent à peu près en pro-
gression géométrique. Partant de ce fait indéniable
qu'un individu contaminé est un foyer viruligène, tout
le monde comprend qu'il est bon, en premier lieu,
dele séquestrcr dans un milieu isolé et aussi loin que
possible des animaux reconnus sains; Yisolement sera
aussi fait autour de ces derniers, s‘ils ont eu le moindre
rapport avec le premier; et ce serait une sage méthode
que de confier les sujets malades aux soins d’une personne
qui nïapprocherait qu’eux.
L’oisean diphthéritique étant placé dans un endroit
~ bien sec à l’abri des courants d’air, il faut songer à
aider la nature pour permettre au système organique de
regagner sa puissance vitale perdue; c'est le plus sûr
moyen d'éviter que la maladie prenne le dessus sur 4
un organisme déprimé dans sa vitalité. On atteint ce but,
ou, du moins, l'on s`en rapproche de très près, par
l‘emploi d’une bom1e nourriture et par l’usagc modéré
` et raisonné de quelques stimulants: il convientde donner
de la panade au lait, au son ct aux graines écrasées, un

— t83 —-
peu de viande de cheval ou du cœur de bœuf haché, de
l’ceut' cuit, le tout présenté à l’0iseau sous forme de pro-
vende, de façon à exiger peu d`eli`orts pour être digéré.
Combinant, avec cette nourriture spéciale, l`emploi jour-
nalier de la poudre anti-diplzthéritique préconisée par
M. Mégnin, l'eau ferrée au moyen du sulfate ou du sali-
cylate de fer, la fleur de soufre, le vin de quinqnina,
la poudre de gentiane, tous toniques que l‘on peut alter-
ner et qui ont pour but de réveiller les forces du sujet
épuisé, on aura tout fait pour rendre l`oiseau réfractaire,
ou à peu près, à l’action des germes de toutes sortes
dont un corps débile est facilement la proie.
Pour faire accepter plus sûrement les agents pharma-
ceutiques aux poules, pour ne pas les tracasscr, ni les
elïaroucher, on mélangera les toniques à la pàtée sus-
indiquée : il est utile quand on opère sur des granivores,
tels que pigeons, tourterelles et oiseaux de volière,
de choisir, comme adjuvants des toniques, les graines
dont l‘oiseau qu’il s’agit de soigner se montre plus parti-
culièrement friand.
L’0iseau étant ainsi placé dans de bonnes conditions
d’hygiène, on peut entreprendre sur son individu — et
cela avec plus de chance de succès — les petites opéra-
tions que nécessite son état maladif.
ll est une opération qui n’est un secret pour personne
et que se plaisent à pratiquer, tant bien que mal, les
ménagères s’armant pour la circonstance de ciseaux,
d'épingles, de petits os aiguisés et autres instruments
plus ou moins fantaisistes. C’est ce que, dans le langage
ordinaire, on appelle: ôter la pépie. Une telle opération
a certainement du bon, mais il faut s'attacher à la faire s
avec discernement. Lorsque nous parlions, il y a déjà
 

- gg; ...
une douzaine d’années, de la glossiœ inflammatoire des
poules, nous insistions sur ce fait anatomique qu`il
existe,à l'extrémité libre de la langue des gallinacés,
un petit appendice corné que la nature prévoyante a placé
là pour faciliter à l'oiseau la préhension des aliments.
ll est permis de l‘aider, cette bonne nature, mais encore
doit·on respecter ses œuvres et bien se garder de détruire
cette production toute naturelle, pour ne s‘attaquer
qu`aux plaques blanc-jaunâtre qui recouvrent, comme
d'un enduit, les faces et les côtés de la langue, sur une
étendue fort variable. Afin d’évitcr de blesser l`appendice
lancéolé cité plus haut, l`opérateur soulèvera, puis excisera
la pseudo-membrane avec la lame bien aiguisée d'un
petit canif ou d’un bistouri ad hoc. ll en résultera une
plaie dc peu d’importance, qui peut être abandonnée
à elle-meme pendant quelques minutes, et Yhémorrhagie
consécutive aidera au détachement des germes parasi-
taires. Cela fait, on touche légèrement la plaie avec un
pinceau suffisamment doux ou avec les barbes d’une
plume trempée soit dans du vinaigre, soit dans du jus
de citron. — L’une et l`autre de ces substances exercent
sur la blessure une simple irritation substilutive, et,gràce
à leurs propriétés caustiques et anti-septiques, elles
arrêtent la décomposition'des tissus enflammés, par
conséquent la résorption purulente qui pourrait en être
la conséquence. — On peut encore employer, en pareil
cas, les lavages de l`intérieur du bec avec une solution
de 50 eentigrammes de sulfate de zinc étendus dans
100 grammes d'eau.
ll est également de bonne pratique d’écouvillonner
la gorge de l’oiseau, plusieurs fois par jour, pendant
quelques instants, avec de l'extrait de gentiane vinaigre.
 

_. [85 ...
Dans les cas fort graves, alors que la gorge entière est, —
comme nous l’avons vu plusieurs fois, — remplie de
la sécrétion morbide formant un tampon qui étrangle
l’oiseau, nous préconisons d’appliquer avec un pinceau
doux, dans cette gorge malade, une solution de chlorure
de s’oude (1), après avoir enlevé préalablement les pro-
duits de la sécrétion. Pendant quelques jours, le malade
opéré mange moins librement, aussi faut-il aider la
déglutition en distribuant au volatile des patées molles.
Lorsque la maladie se traduit à l'extérieur par un vio-
lent catarrhc nasa], nous la eombattons en injectant
dans les narines, soit la solution concentrée de chlorure
de soude, soit le sulfate de fer étendu d’eau. - Il ne
faut pas oublier que les narines de l’oiseau communi—
quent a Fextérieur par de très petites ouvertures non
dilatables, de sorte qu’il est presque impossible d’y intro-
duire quelque choseyaussi est-il mieux d`ouvrir large- ,
ment la bouche du patient, ce qui permet de découvrir
les fentes de la voûte du palais. — Ayant au préalable
armé du liquide médicamenteux une petite seringue
recourbée, à ampoule de caoutchouc devant contenir le
spécifique, on fait pénétrer l’cxtrémité du tube dans
l`angle antérieur de la fente et on injecte doucement en
dirigeant avec soin la canule de dedans en dehors.
L’eau vineuse, phénolée, acidulée par l’acide chlorhy-
drique, sulfatée par le sulfate de cuivre, nous a aussi
rendu de bons services.
(I) Dans une note spéciale sur l'ac!i0n du chlorure de soude,
le D' Kunzc, de N ew-York, rapporte qu`une grande masse d'exsudat,
placée dans cette substance, a été promptement dissoute, ce que
l'aeido le plus concentré n‘a pu faire. - (Traduit par R. Vion).
I3
L

— l86 -—
Bien que la maladie qui s’ofl’re ainsi à. notre examen,
soit localisée, on ne doit pas perdre de vue qu`il s`agit,
dans l’espèce, d`une affection générale nécessitant un
traitement de tout l’individu. Or, le chlorate de potasse
et le borate de soude mélangés à parties égales consti-
tuent les meilleurs éléments de cette médicamentation.
On en fera dissoudre 8 grammes dans un litre d`eau, et
cette boisson sera présentée à tout sujet malade.
S`abstenir de l’cau ferrée ou phéniquée pour les oiseaux
soumis à cc traitement.
Si on pulvérise soi-même les deux sels, il est préférable
de les manipuler séparément, le chlorate de potasse
détonant lorsqu’on le pulvérise mélangé à beaucoup
d`autres corps. Du reste, la quantité indiquée se dissou-
(Ira très facilement sans pulvérisation préalable. — Le
chlorate de potasse, employé en médecine humaine dans
les angines et préconisé contre le croup, cautérise
lentement les fausses membranes. C'est en outre un
oxydant qui peut hématoser le sang noir si abondant
dans la diphthérie. Le borate de soude ou borax, qui
s`emploie contre le muguet des enfants, est une des
substances_ qui agissent le mieux contre les organismes
microscopiques. — Citons encore l’acide salicylique, le
phosphate de soude, l`hyposulfite de soude, le sulfure de
calcium, Varséniate de fer, comme étant des substances
actives sur lesquelles peuvent reposer nos choix.
Avons-nous affaire à des tumeurs extra ou intra-ocu-
laires, ou sous-cutanées de la tète, du tronc et des mem-
bres, le traitement local exigé doit être encore chirur-
gical et thérapeutique. ll faut non seulement extirper
les tumeurs, mais parfois encore les déraciner. - Nous
employons à dessein cette dernière expression, car il est

- t8'7 —
diflîeile de concevoir quelque chose de plus persistant
que le pus concret des oiseaux, lorsqu`il s’est une fois
formé. ll adhère souvent à tous les points qu`il touche,
aussi fermement que les mollusques adhèrent aux rochers,
· et il faut l'arracher ou le brûler jusqu’à la dernière trace.
Nous avons recueilli dans nos notes, au cours de notre
petite chirurgie oiseline, des centaines dbbservations les
plus variées touchant les modes d’implantation et formes
d'attache de ces exsudats plastiques: les uns sont petits,
granuleux et placés dans l`angle oculaire d`oii ils s`échap·
peut à la moindre pression; d’autres, très volumineux,
sont aussi peu adhérents et s’énucléent, avec la plus
grande facilité, de l'épaisseur de la paupière où ils sont
enfermés. ll suffit, pour en débarrasser l'animal, d'inciser
franchement la peau au niveau de la tumeur, pour
tomber sur une masse de couleur jaune d'or qui se
détache comme le ferait une amande de son enveloppe.
— Cet exsudat est ordinairement globulcux. — D`autres
fois, il s’extirpe plus difficilement a cause des racines
bifurquées qui en garnissent le pourtour et qui pénètrent
dans toutes les ani'ractu·>sités des muscles et des os de
la face.
ll n‘est pas rare de rencontrer des tumeurs incrustées
dans la cornée lucide et jusque dans l`organe visuel,
tumeurs qui laissent, après l’opération, des taies étoilées
marquant la trace de leurs points d'implantation. Enfin,
nous en avons vu plusieurs dont l‘adhérence avec l’œil
était telle qu'en extrayant l’une, on arrachait l'autre
malgré les plus minutieuses précautions. —· Cfest ainsi
que l’oiseau guérissait de la diphthérie, tout en restant
borgne.
La tumeur, quel qu’en fût le siège, était formée d`une
i

.. 188 ..
gangua grenue recouverte d’une très mince enveloppe
lisse et parfaitement moulée sur les parois de la cavité i
qui la contenait. La couleur de l’exsudat, pour les poules,
les pigeons et les petits oiseaux, est souvent jaune d'or;
pour les dindons et les faisans, elle est gris-blanchâtre, ·
bien que l’inverse puisse aussi se présenter dans des cas
plus rares. - Grise, jaune 'ou blanche, elle n`en exhale
pas moins une odeur infecte qui est capable de décourager
les plus vaillants, surtout quand la tumeur se reproduit
cinq, six et sept fois, comme nous en avons eu tant
d'exemples sous les yeux.
Les nodosités situées sous la peau de la tête, du cou,
du tronc, des ailes et des cuisses, seront traitées de la
meme façon et on se gardera bien d'attendre le ramol-
lissement, Yabcédation et la résorption des tumeurs,
toutes choses sur lesquelles il est absolument impossible
de compter.
L’opération terminée, il est urgent de cautériser les
tissus avec soin: quand Vhémorrhagie est trop violente et
menace les jours du patient, le perchlorure de fer est i
versé à pleins bords dans la poche morbide. En tous
autres cas, il faut cautériser la plaie avec le crayon de
nitrate d’argcnt ou avec la solution très concentrée de ce
sel. Plusieurs fois, alors que la poche était vaste, nous
avons badigeonné les parois de cette bourse avec le pin-
ceau trempé dans la teinture d'iode ou la liqueur de
` Villate, puis nous avons bourré la poche malade d'alun
calciné bien pulvérisé. Dans des cas analogues mais plus
bénins, nous recommandons de faire usage du collyre
suivant, dont la formule convient surtout aux petits
oiseaux de volière, et qu’on peut employer chaque jour
pendant un temps variable, selon les besoins:

— t89 —
Sulfate de zinc l gr.
Sulfate de cuivre 0 50
Laudanum de Sydenham 2
Eau de coing ou de rose 30
lüau—de-vie camphrée 45
L‘oiseau, une fois guéri, doit encore être tenu à part
pendant une quinzaine de jours, tout en ayant soin de
ne pas l'exposer brusquement à un air froid et humide;
enfin, il est bon de choisir une belle matinée pour le
, remettre dans les conditions ordinaires.
Attendu que les divers traitements essayes par nous
ou prônés par les autres observateurs qui se sont occupés
de la même question, n’ont pas toujours donné des résul-
tats certains, il nous paraît sage d'engager les personnes
qui voudraient nous suivre dans cette voie, à essayer —
en cas d’insuccès par les moyens précédents — les subs-
tances antiparasitaires les plus connues et les mieux
appréciées, ainsi que les principaux traitements tentés
journellementsurnosmalheureuxenfantsdiphthéritiques,
— car il n'est pas un seul de nos lecteurs qui ignore le
grand nombre de victimes dévorées tous les jours par ce
monstre plus insatiable que le Minotaure antique.
On pourra peut—être par ce moyen sauver un stock
plus considérable de volatiles malades, en apportant un
remede plus elïicace à une véritable peste qui fauche
chaque année, sur son passage, un grand nombre d‘oiseaux
utiles, et cause à l’agriculture des pertes incalculablcs.
ll est en outre possible,_et cela seul doit nous engager
à tenter de tels essais, que l'on arrive ainsi à reconnaître
l’efücacité réelle de quelque substance pure ou mélangée,
qui pourrait etre, à son tour, introduite dans la pharma-
eopée humaine. A ce tàtonnement judicieux, que l'on
I3'

- [90 ...
craindra moins d’excrcer in anima vilz', est peut-etre
réservée la gloire d'aboutir à un remède qui combatte
efficacement le croup infantile.
'I`ellcs sont les raisons qui nous amènent à énumérer
ici quelques-unes des formules pharmaceutiques dont
on préconise plus particulièrement l'emploi :
Alcoolature de coca pulvérisée et appliquée sur la
muqueuse malade.
Attouchements avec la glycérine iodée, la glycérine
créosotée, ou avec une solution légère de chlorure de
zinc. (Joal.)
Solution alcoolique de tannin, ou cet astringent joint
aun mucilage de gomme arabique dans la proportion
de 1 partie de tannin sur 10 parties de mucilage, qu’on
injecte sur les plaies envahies. _ (Ria.)
Perchlorure de fe1· administré localement et àl’inté-
rieur. (Gigot.)
lnhalation de vapeurs d’acide chlorhydrique, de chlore
et d'ammoniaquc. Onction de pommade au sulfure de
potassium. ` (Coulon.)
Injection dans la trachée de quelques gouttes de
la solution suivante :
Sulfate neutre d'atr0pine 5 centigr. ; eau distillée 30 gr.
ou encore :
Chlorate de potasse 3 gr. ; eau i50 gr.
Faire avec cette solution des injections toutes les
6 heures dans le nez, en ayant bien soin de chauffer
légèrement. (Couzot.)
Traitement dosimétrique par le sulfure de calcium
(Fontaine). D‘après lui, le parasiticide par excellence
serait le soufre, ou mieux l'acide sulfhydrique àl'état
naissant. (Test donc le sulfure de calcium donné en gra-

— t9l —
nules qui, introduit dans les profondeurs de l'économie,
dégage ce gaz.
Outre l‘emploi de ce remède, M. Fontaine recommande,
comme traitement local, le jus de citron à l`exclusion
de tout topique minéral.
Solution éthérée de tolu qui formcrait un vernis sur
la surface morbide, et, en la soustrayant au contact de
l’air, exercerait une influence antiseptique. (Mackensie.)
Application locale de papaïne, substance qui produirait
la dissolution et la digestion des fausses membranes
croupales. (Bouchut et Wurtz.)
Eau de chaux, à laquelle on reconnaît un pouvoir
dissolvant sur la couenne diphthéritique.
(Kuchennemester, Biermer et Sanné, Dujardin—Beaumetz.)
Chlorate de soude en solution. (Isambert et Barthez.)
Brome et bromure de potassium. (Ozanam.)
Toucher les fausses membranes toutes les quatre heures
avec un pinceau trempé dans le mélange suivant : acide
lactique t0 gr.; eau distillée 30 gr. (Kingsford.)
Traitement par le polygala. (Bard.)
Badigeonnages avec un pinceau trempé dans le mélange
de : camphre pulvérisé 25 gr., phénol 92 gr., alcool l gr.
(Soulé.)
Emploi deux fois par jour du mélange suivant : acide
· tannique 3 gr., glycérine pure 36 gr. (Herbert.)
Soufre sublime insufilé toutes les heures dans le fond
de la gorge. (Stuart.)
Potion à donner par cuillérée à bouche, d’heure en
heure : bromure de potassium 4 gr., brome 30 centigr.,
décoction de guimauve l20 gr., sirop simple 30 gr.
(Redenbacher.)
Chlorate de potasse. (Herpin.)

. — 192 ——
Eau de chaux 450 gr., sesqnichlorure de fer de 1 à 3 gr.,
acide phénique de 1 à 3 gr., miel rosat 60 gr.; badigeonner
ou gargariser toutes les demi—henres avec cette solution.
(Lollé.)
Hyposulfites de chaux et de magnésie.
(Polli, Piétra-Santa, Bouley.)
Arsenic et ses composés, employés à petites doses
contre les atlections miasmatiques.
(Crudeli, Ricehi, Piacentini.)
A titre de désinfectants, l’eau de chlore nouvellement
préparée, l‘eau de brome, l`ean diode 2 0/0, la solution
de permanganale de potasse 5 0/0, et la solution d`acide
osmique 1 0/0, qui détruiraient les microbes les plus
résistants, c'est-à-dire les spores des bacilles du sang de
rate. (Koch.)
Le sulfate de cuivre et le chlorure de zinc en solution
au 20 0/0. Leur pouvoir neutralisent est subordonné à
deux conditions essentielles : le mélange intime et le
long contact de ces sels avec la substance à désinfecter.
(Colin.)
Traitement de la tuberculose: chlorure de sodium 10
gr., bromure de sodium 5 gr., iodure de potassium 1 gr.,
eau distillée 100 gr. ; une cuillerée à café tous les matins
dans une tasse de lait. (Potain.)
Diphthérie, sous-sulfate de fer. tMedin0—Preston.) -
Inhalations d'aride tlnorhydrique répétées 5 fois on
24 heures. (Bergeron.)
Fnmigations par les vapeurs de goudron et de térében—
thine par lc procédé Delthil.
Applications locales d’une solution concentrée d`acide
salicylique. (Ory.) l
Médicaments applicables à la pbthisie: l`iode, I'arsenic
1
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—- ·193`+
et leurs dérivés, les benzoates, la ucréosote, la térében-
thine, le soufre et ses composés, le chlorure de sodium _
et les alcalins. (G. Sée.)
Essence de térébenthine administrée de temps en
temps à la dose d’une cuillérée à café. (Josefowiez.)
Un nouvel antiseptique, l‘aseptol, étudié par M. Vigier.
La quinoline à titre de désinfectant. (Donath.)
Badigeonnages faits avec une solution de résorcine
dans la glycérine, dans la proportion de 3 gr. par 30 gr.
de véhicule. (Le Blond.)
Gosmoline à la dose de 0 gr. 5 décigr.,'seule ou addi-
tionnée à la crème de soufre. (L. Bird.)
Iodoforme. (Voje, lesemann.)
Teinture d'ac0nit. (Scheen.)
Acide borique. (Goodhart.)
Bichlorure de mercure en injections sous-cutanées ou
en badigeonnages.
(Hugo, Schulz, Herr, Rudolph, Canstatt, Thallon.)
Nous ne voulons pas terminer ce travail, exposé déjà
bien long, et cependant encore incomplet, d’une des plus
_ redoutables maladies des oiseaux, sans exprimer un
espoir qui, nous en avons la confiance, ne restera pas
déçu.
Le bruit qui, dans ces dernières années, s’est fait autour
du nom de M. Pasteur, ne permet plus à personne
d’ignorer ses recherches délicates et ses remarquables
découvertes. Adversaire convaincu dc l’hétérogénie, M.
Pasteur s`est attaqué aux maladies virulentes et conta-
gieuses, et il a prouvé jusqu’à l’évidence qu’ellcs sont
causées par Penvahissement et la multiplication de petits `
4;

— 494 —
etres organisés spéciaux, plantes ou animalcules infé-
rieurs auxquels a été donné le nom de microbes.
On sait que les résultats de ses études admirables
de précision et de rigueur, lui ont permis dfélever quel-
ques uns de ces microbes dans des milieux appropriés,
et, par des transplantations,habilement calculées, de
les modifier peu à peu, d'en atténuer l'activité vitale et `
la virulence, à tel point que l’inoculation de ces germes
alïaiblis détermine des atïections relativement bénignes,
et toujours moins meurtrières, et rend même souvent
l'animal réfractaire à la maladie inoculée.
Eh bien! nous ne désespérons pas de voir un jour M.
Pasteur prendre en main la question de la tuberculo-
diphthérie des oiseaux, et résoudre, pour elle, le problème
déjà résol-u pour un certain nombre de maladies des
animaux domestiques. Pas plus que les bactéries du
typhus et du· charbon, ou les microbes du choléra des
‘ poules et de la rage, les parasites de la diphthérie ne
résisteront à ses elïorts.
Nous nous estimerons heureux, quant à nous, si nos
recherches ont pu préparer la voie à suivre, et épargner
quelque fatigue aux hommes qui ont consacré leur vie
au progrès et à l’extension de la science.

PLANCHES
Avec texte explicatif.
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· Pmncne I.
Figure 1. —· Les lettres A,B et C montrent des
cxcroissances de nature diphthéritiqne chez un coq
de race Dorking, lequel a été opéré et guéri par les
procédés relatés au chapitre: Traitement.
La présence du parasite avait manifestement déter-
miné une hypertrophie papillaire sur les caroncules
et la crête.
Figure 2. — Les lettres D,E et F indiquent des
pseudo-membranes extraites avec succès chez une
poule. Ces exsudats, de couleur jaune paille, avaient
envahi la commissure du hec et la base de la langue,
où ils adhéraient assez intimement pour nécessiter
l’empl0i de l’instrument tranchant.
44

' Puuwcus ll.
Figure 1. — Tête de jeune dindon où l’on voit une
tumeur sous-palpébrale A, ayant atteint la dimension
d’une olive, tumeur rouge et dénudée de plumes, qui
a refoulé l’œil dans le fond de la cavité orbitaire.
Figure 2. — Cette figure représente l’intérieur B de
. la tumeur faciale précédente. C’est une cavité anfrac·
tueuse dans laquelle était logée une masse caséeuse B'
de couleur jaune d’or, arrondie dans son pourtour, a
l’exception du bord antérieur qui est bifurqué. L’exsu·
dat est composé d’une gangue grenue, pulpeuse ,
recouverte d’une très mince enveloppe lisse et parfai-
tement moulée sur les parois de la poche qui conte-
nait ce produit diphthéritique. (Cette forme est curable.)
Figure 3. — Plume invaginée du même dindonneau.
Figure 4. — Foie de moineau criblé de tubercules
jaune d’or E, très en relief sur la surface de l’organe.
A droite, une tumeur plus volumineuse, grosse comme
une noisette, adhère, par sa base, au sommet de ce
viscère. (Forme incurable.)
Figure 5. — Morceau de la dernière portion intesti· .
nale d’un dindon, démesurément gonflée et totalement
obstruée par un véritable bouchon exsudatif, de cou-
leur blanc-grisâtre, et dur comme du bois.
Figure 6. — Tête de moineau où l’on a pratiqué une
large incision latérale qui permet de voir un amas de
fausses membranes F, tapissant la langue et obs-
truant la gorge de l’oiseau. (Forme curable.)
Figure 7. — Membrane des poches aériennes tho-
raciques d’une poule Houdan, recouverte de nodules
G, jaunes et peu adhérents.

 
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Pmucum Ill.
Figure 4. — Foie entier d’un dindonneau mon-
trant, à sa surface et dans sa trame, de petites granu-
lations et des plaques jaune-grisâtre, qui lui ont
enlevé son aspect primitif pour le transformer en une
masse sanguinolcnte fortement vcrruqueuse. (Forme
incurable.)

PLANCHE IV.
Figure 4. — On voit les deux cœcums d’un dindon,
l’un vide et normal, l’autre A, tapissé intérieure-
ment d'abcès caséeux. La lettre A’ montre un des
plus. volumineux exsudats qui étaient fixés sur cette
paroi de l'intestin. (Forme incurable.)
Figure 2. — Rate d’un animal de même espèce,
garnie de deux plaques exsudatives, I’une B, allongée,
et l’autre B', lenticulaire; plus cinq granulations de
nature semblable. (Forme mortelle, mais à évolution
très lente.)
Figure 3. — Anse intestinale et lambean de mésen—
tère d’nne dinde, où l’on trouve les mêmes produits
C, C' et C", disséminés dans toute la région. (Forme
incurable.)
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Digitizêd by GOOSIC

\\_i""—————·BLA§Q§E V.
Figure 4. — Lobe droit d’un foie appartenant à
un dindon de trois mois. `
On y a fait une large section qui permet de cons-
tater la décomposition presque complète du tissu
normal,dont le réseau est rempli d'une matière jaune-
grisàtre, très dense, grenue, dure et criant sous le
scalpel. La portion saine du foie est réduite à une
coque enveloppante de peu d’épaisseur.
L’odeur sui generis qu’exhale cette pièce anato-
mique est des plus repoussantes.
I
4

Ptxncus VI.
Figure 1. — Cœur de dindon présentant des con-
crétions A sur la face externe des oreillettes, sortes
d’enduits plâtreux quien dissimulent et la forme et
la couleur.
La lettre B indique une tumeur ovoïde qui adhère
à la face externe du péricarde, et fixe la pointe de
l’organe aux parois de la pochcvaérienne envelop-
pante.
Figure 2. - Section faite dans un lobe pulmonaire
de dindon, de façon à montrer la trame du poumon
congestionnée et même hépatisée autour de plusieurs
granulations B et B’, à peine grosses comme une tête
d'épingle, et semées çà et là dans le tissu respiratoire.
Figure 3. -— Face interne des oreillettes d’un cœur
envahies par des pseudo-membranes analogues à
celles qui figurent au n° l.
Figure 4. - Tumeur piriforme qui surmontait le
poumon gauche d’une dinde.- Les parties profondes
du processus morbide sont diversement colorées et
fortement grenues. Au dehors comme au dedans, ser-
pentent de nombreuses veinules gorgées de sang.
Figure 5. — Lambeau de mésenlère d’un oiseau,
coloré en vert et garni de quelques nodules diphthé-
ritiques dont la présence a déterminé la décomposition
des tissus. (Toutes les formes que comporte cette
planche sont incurables.)

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Pmucns VII.
Figure 4. - Palais d’un dindon recouvert par des
pseudo-membranes A jaune d’or, de forme et de
dimensions variées.
La lettre B montre le même produit incrusté dans
le pharynx et l’œsophage. (Cette forme est curable.)
Figure 2. - Testicules d’un dindon adulte, forte-
ment congestionnés, où l’on voit des plaques C et D
jaune sale, jointes à d’autres exsudats piriformes.
Figure 3. — Poumon droit d’un dindomtranstbrmé
en une tumeur monstrueuse EF - grosse comme
une bille de billard — gris·rosé, jaunâtre, sillonnée
à sa surface par de nombreux vaisseaux injectés,
tumeur dont l’intérieur est crétacé. Son poids est de
C 205 grammes. La lettre C indique la portion minime
de l’organe, qui seule est restée perméable à l’air.
(Les deux dernières formes sont incurables.)

Pmvcnn VIII.
Vue d'ensemble de l’intérieur d’un pigeon conta-
miné par la tuberculo-diphthérie.
A. Lésions dans le jabot. ·
B. -— les muscles.
C et C'. — les poumons.
D. — V le cœur.
E. — le foie. A
F. g -— Vabdomen. ·
G. — les intestins.  
Des lésions analogues ont été maintes fois rencon-
trées chez les poules, les pigeons ou les petits oiseaux,
alors que nous poursuivions avec tant de persévé-
rance nos études sur la diphthérie.
Nous avons préféré faire surtout figurer ici l’ana-
· tomie pathologique du dindon, anatomie très riche
en exsudats dont le volume parfois considérable per-
met de mieux apprécier leur forme, leur couleur, leur
densité et leur constitution intime.

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TABLE DES MATIERES `
' Pages.
Pntncs ................. I
Cmwnss I. -— Historique, nature et cause de la tuberculo-
diphthèrie .......... 1
— II. — Symptomatologie ......... 59
— Ill. —— Examen du cadavre. Anatomie pathologique
et histologie .......... 85
— IV. ·-· Parallèle entre la tuberculo-dîphthérie des
oiseaux, le croup humain et les diphthé~
rites animales, d'une part; la phthisie de
l'homme et des animaux, de l’autre . . 110
— V. — Pronostic. Hygiène et Traitement .... 167
Areas. - Texte explicatif des planches ..... 195
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15

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CATALOGUE
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ALGUES MARINES
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NORD DE LA FRANCE
Fnnmmxxn DEBRAY
DOCTEUR ÈS·SCIENCES,
l‘|\OF|ISSEU|'\ A L’ÉCOLE DEB SCIENCES |')’A|.G!-IR.
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' AVANT·PB,OPOS.
Nous énumérons dans le Catalogue qui va suivre,
à l'exception des diatomées, toutes les algues marines que
nous avons rencontrées sur la partie du littoral comprise
entre Dunkerque et l‘extrémité occidentale des côtes du
Calvados. Sur ce sujet il n’est paru, à notre connaissance,
qu’une liste fort incomplète des algues de Wimereux,
publiée par M. Moniez. A nos observations personnelles
nous avons joint quelques indications que nous avons pui-
sées dans l’herbier Desmazières, propriété de la Société
des Sciences de Lille, otdansl’herbier Chauvin, déposé à la
Faculté des Sciences de Caen. M. le professeur Morière a
bien voulu nous permettre de consulter cette seconde col-
lection, mais nous n’avons malheureusement pu, faute de
temps, en feuilleter qu’une partie. Notre travail, précisé-
ment à cause du petit nombre des recherches antérieures,
sera forcément imparfait, et de nombreuses additions
pourront y etre faites ultérieurement. » `
Je dois ici remercier M. Bornet qui a bien voulu me
conseiller et mettre à. ma disposition les ressources de sa
parfaite connaissance des cryptogames. M. Giard, profes-
seur à la Faculté des Sciences de Lille, et M. Delage,
professeur à la Faculté des Sciences de Caen, m‘ont
offert dans leur laboratoire une excellente installation
pour mes recherches. Je suis heureux de leur en n1ani—
fester ma reconnaissance, ainsi qu’à M. Van Ryck qui,
j

.. 303 ..
Iorsqu`il était commissaire de marine à St-Vaast-la-
Hougue, a mis à ma disposition un bateau pour aller dra-
guer surles rochers de Grandcamp.
Nous croyons ètre utile aux hotanisles qui voudront se
livrer à l'étude des algues marines dans ces mêmes
régions, en leur indiquant les livres qu’ils consulteront
avec fruit pour la détermination des espèces :
J. Agardh. Species, genera et ordines Algarum.
Crouan. Florule du Finistère.
Harvey. Phyeologia britanniea or a history 0/' Britzslt '
Seaweeds.
Kützing. Species Algarum. ·
' Tabula? phyeolngieze oder A hbildungen dcr
Tange.
Le Jolis. Liste des algues marines de Cherbourg.
Les herbiers suivants pourraient également leur rendre
des services :
Herbier Ehauvlm i Déposés à la Faculté des
— amouroux. _ _
\ Sciences de Caen.
— Lenormand. ·
— Desmazièrcs. Déposé à la Faculté des
Sciences de Lille.
Exsiccata Grouan, Algues marines du Finistère (1).
— Rabenhorst, Die Algen Ew·0pa`s (1).
— Hauck et Richter. P/zycotheea um`versalzs(2).
(I) Épuisé, mais peut se retrouver encore quelquefois dans le
commerce.
(2) Sur le point de paraître.

- 20; -
La flore marine varie beaucoup suivant la nature chi-
- mique des roches et leur désagrégation plus ou moins
rapide; suivant qu’elles sont en gros blocs ou forment
une nappe uniforme, suivant que la localité est plus ou
moins abritée ou exposée aux tempêtes, suivant que la
configuration de la côte favorise on non un dépot de
vase, que des courants d’eau douce traversent ou non la
plage. — Nous croyons utile de donner ici une descrip-
tion succincte de la côte.
La partie du littoral que nous nous sommes proposé -
d‘explorer présente une plage de sable de Dunkerque à
Sangatte, près Calais.
En face de Sangatte on trouve la craie marneuse à
laquelle succède presque immédiatement la craie glau-
conieuse. Ce dernier étage se continue jusqu’à l’entrée
des dunes de Wissant, point où le gault le remplace.
Au nord—ouest comme au snd—est de Wissant, la plage
est presque uniquement sablonneuse, et ce sable se con-
tinue jusqu’au Gris-Nez, où apparaissent les grès Portlan-
diens.
L'assise portlandienne, composée de grès et de cal-
caires plus ou moins siliceux, aflleure sur la plage
jusqu'au sud de Wimcreux. (Test à cette assise qu'appar-
tiennent les rochers de la Pointe-aux-Oies, de la Rochette,
’ de Croji, et en grande partie aussi ceux de la Crèche.
A la Crèche apparait l’argile Kimmeridjienne, à Ostrca
virgule, qui se continue jusqu’au sémaphore du Portel.
Dans cette assise, on rencontre quelques bancs calcaires
' qui ont résisté àla mer, et se retrouvent en quelques
points de la plage. Le Portlandien reparaît du Portel au
cap d’Alprecht.
Du cap d’Al¤recht jusqu’un peu au-delà d’Equihem.
À

_ mg ..
nous retrouvons l'argile Kimmeridjienne; au sud d'Equi-
hem, la plage est uniformément sablonneuse jusqu'à
Ault, au sud de l'embouchure de la Somme.
Les falaises reeommencent à Ault et la plage redevient
rocheuse. Ces roches de craie blanche s’étendent jusqu’au
cap d’Antifer avec quelques courtes interruptions en des
points ou la plage redevient sablonneuse; elles appartien-
nent aux couches caractérisées par les Micraster ou par
l'ln0ceramus labialus.
. Au cap d'Antîfer apparaîtla craie glauconieuse, puis
le Gault à Saint—Jouin, et le Kimmeridjien à Cauville. De
chaque coté de l'embouchure de la Seine, on rencontre
des couches d‘argile appartenant à ce dernier étage.
A Trouville apparait l’0xl`ordieu, représenté par un cal-
caire marneux. Enfin les roches que l’on rencontre sur la
plage à partir de Luc jusqu`à Grandcamp appartiennent à
la grande oolithe.
De Dunkerque à Grandcamp, nous rencontrons des
plages sablonneuses, rocheuses et argileuses.
Les plages de sable sont absolument stériles, à moins ·
que le sable ne soit fortement vaseux, et alors on y trouve
surtout des Phycochromacées. La plupart des plantes
marines ne peuvent se fixer sur ce sol motivant. Il est bon,
cependant, de se rcndre_ sur ces plages pour visiter les
ports, les estacades et les digues qui ofl`rent aux algues
un support fixe. La récolte n’y est généralement pas
riche et se borne souvent aux Ulva entermnozyi/za et lactuca,
au Porphyra laciniata, aux Fucus scrratus et vcsîculosus ....
Sur les plages rocheuses, la végétation varie avec la
nature de la roche et pour une même roche avec la

.. 203 ..
disposition de la plage. Les flaques, et surtout les courants
d'eau de mer, sont généralement plus riches que les par-
ties environnantes; en effet, dans ces points, l’algue a
moins à souffrir à marée basse du soleil pendant l’été, du
froid pendant l‘hiver, et en toute saison de la pluie, qui,
comme eau douce, désorganîse les tissus de beaucoup
d’entre elles.
Les rochers de nos cotes sont, comme nous l’avons vu
plus haut, formés de grès et de calcaires siliceux ou
argileux appartenant à la période jurassique, ou bien de
U calcaire plus pur appartenant à la période crétacée.
Les terrains argileux se désagrègent rapidement au
contact de la mer et rendent la plage vaseuse. Les argiles
se rencontrent aux environs de Boulogne et auprès de
l’embouchure de la Seine; elles nuisent au développement
des plantes par l’abondance de leurs particules en suspen-
sion dans l'eau, et de plus ne leur fournissent pas un
support qui leur permette de se fixer.
En aucun point de toute l'étendue des côtes à laquelle
nous limitons ce travail nous n‘av0ns rencontré de
· Zostères. L’absence de ces phanérogames marins entraîne
celle d’un grand nombre d’espèces qui ont leur habitat
spécial dans les prairies que forment ces plantes, le plus
souvent fixées sur leurs rhizômes ou sur leurs feuilles.
p Certaines algues sont très communes dans toute l’éten·
due de la région que nous décrivons; ce sont, dans
la zone supérieure, les (/(va, la Porp/zyra lacfmhta,
le Fucus vesiculnsus et la Laurcncia pinnatifïrla; cette
dernière se trouve également très abondamment dans
les autres zones; dans les zones moyenne et inférieure
ce sont F ucus serratus, Ceramium rubrum, C/wndrus crxlspus,
 

.. gg; ..
Cystoclonium purpurascenr et T hamnùiium florùlulum ; ce
dernier recouvre d'un tapis uniforme de grandes étendues
de rochers sur lesquels il maintient une épaisse couche
de sable; et, plus particulièrement dans la zone inférieure,
nous trouvons partout abondamment Polyides rotundus,
Delmeria hypoglossum et cntin C allitlmmnion Tumeri
bien plus commun encore au nord de notre région que
vers sa partie méridionale.
Certaines algues, excessivement abondantes dans la
région s'étendant d’Etretat àFécamp et mème auxPetites-
Dalles, se retrouvent, mais moins abondamment, dans
le Calvados, tandis qu’elles manquent complètement, ou
à peu près complètement, dans le reste de la Seine-
Inférieure, sur les côtes du Pas-de-Calais et du Nord ;
ce sont: Gfmzania furcellata (t), C allithammbn tetricum,
Ptüola elegans, Sclulzymenia edulis (2), Grateloupia fîlicina
(3), Hydrolapathum sanguineum, Nitophyllum Gmelini (4),
Delesseria alata (4). Nous n'avons trouvé le Delesscria
amczfolia que dans le Calvados; le C/zylocladia rc/lexa,
habite, en outre de cette région,les alentours de Fécamp.
Les (falliblepharzk cilùzta, Nilophyllum laceratum,
Dasya coecinea, Polysxphonia nigrescens, Corallina offer`-
nalis semblent se plaire plus particulièrement sur la craie
et présentent sur ce terrain, où on les rencontre partout
assez